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  • il y a 14 minutes
Regardez « On refait le monde » avec Bertrand Martinot, économiste, expert associé à l'Institut Montaigne, Bruno Coquet, docteur en économie, expert du marché du travail, fondateur du cabinet UNO études et Conseil, David Beaurepaire, directeur délégué de HelloWork et Moussa Camara, président de l'association Les déterminés.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 28 avril 2026.

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Transcription
00:02Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Anne-Sophie Lapix.
00:07On ne boude pas son plaisir quand on a une bonne nouvelle ?
00:10Alors oui, le chômage a un peu baissé au premier trimestre, mais pas d'emballement, il est plutôt stable.
00:15Et surtout, les jeunes ne sont pas sortis d'affaires.
00:18Près de 20% des 15-24 ans sont à la recherche d'un emploi.
00:22Des non-diplômés, des peu-diplômés et même des sur-diplômés.
00:26Pourquoi ? Est-ce que les entreprises ne jouent pas le jeu ?
00:29On en débat avec nos invités.
00:31Bertrand Martineau, économiste, expert associé à l'Institut Montaigne et co-auteur de l'ouvrage Le Travail et la Solution,
00:37aux éditions Hermann.
00:38Bonsoir.
00:38Bonsoir.
00:39Bruno Coquet, docteur en économie, expert du marché du travail, fondateur du cabinet UNO, études et conseils.
00:47Bonsoir.
00:47Bonsoir.
00:48David Beaurepère, directeur délégué de Hello Work, qui est au téléphone.
00:52Bonsoir.
00:53Bonsoir.
00:54Et Moussa Camara, président de l'association Les Déterminés.
00:57Bonsoir.
00:58Bonsoir.
01:00On refait le monde sur RTL.
01:03C'est exactement ce que le client recherche.
01:05Curium vitae est excellent.
01:06Rien à dire sur le bilan des compétences.
01:08Le seul détail gênant, c'est que vous soyez actuellement sans emploi.
01:13À vrai dire, c'est pour ça que je suis là.
01:15Non, j'entends bien.
01:15Mais pour le client, l'aspect demandeur d'emploi a une connotation plutôt négative.
01:20Je comprends.
01:20Mais il faut être logique que si j'avais un travail, j'en chercherais pas.
01:22Je veux dire, vous savez la logique aujourd'hui.
01:26Je vais me faire embaucher ailleurs et j'en viens vous voir après.
01:30Et oui, c'est ça les entretiens d'embauche quand on est jeune.
01:33Vous avez peut-être reconnu les inconnus dans le film Les Trois Frères.
01:36Alors, comment se faire recruter quand on travaille et quand on ne travaille pas, quand on n'a pas d
01:42'expérience parce qu'on est jeune ?
01:43Est-ce que vous avez la réponse, Bertrand Martineau ?
01:45Non.
01:46Non ?
01:47Ça ne marche pas, c'est ça ?
01:48Non, puis c'est du cas par cas.
01:50Ça dépend de l'entreprise, ça dépend du jeune, ça dépend du secteur, de sa formation.
01:53Ça dépend de la psychologie du recruteur, du fait que c'est un bon recruteur ou pas un bon recruteur
01:57parce qu'il y a des bons et des mauvais.
01:59Voilà, donc ça dépend vraiment de beaucoup de choses.
02:01Boussa Camara, des entretiens d'embauche ubuesques comme ceux-là, c'est le quotidien de beaucoup de jeunes ?
02:06C'est le quotidien de beaucoup de jeunes, mais c'est surtout l'éloignement des opportunités professionnelles.
02:10Et nous, avec Les Déterminés, c'est ce qu'on fait depuis dix ans.
02:13C'est un peu plus des milliers de jeunes qu'on a accompagnés vers l'emploi qui ne se projetaient
02:18pas forcément vers des métiers.
02:20Et le fait de les préparer à l'emploi, de leur faire découvrir l'environnement professionnel, finalement, ça marche.
02:26Ça marche et plus de 70% d'entre eux retrouvent un contrat soit en CDD, en CDI, parcours d
02:31'évolution de carrière au sein des entreprises avec lesquelles on travaille.
02:35Dans plein de secteurs d'activité en France, ça recrute.
02:37C'est juste que malheureusement, les gens ne sont pas connectés.
02:40Ça ne se rencontre pas en fait.
02:41Ça ne se rencontre pas.
02:42Alors, on va voir ce qui marche dans un instant.
02:44Et d'abord, on va commencer par regarder les chiffres.
02:45En 2025, 19,8% des 15-24 ans étaient au chômage.
02:516,9% des 25-49 ans.
02:55Les jeunes sont clairement plus frappés que les autres par le chômage, Bruno Coquet ?
03:00Alors, le problème, c'est que le taux de chômage est un mauvais indicateur.
03:04Alors, pourquoi ? Parce qu'en fait, ils mesurent les gens, enfin les jeunes en l'occurrence, qui sont au
03:09chômage parmi ceux qui cherchent un emploi, qui sont actifs.
03:12Or, la plupart des jeunes sont en études.
03:15Et ceux qui sont sur le marché du travail sont souvent les moins diplômés et les moins qualifiés.
03:20Et donc, parmi eux, ils sont beaucoup au chômage.
03:23Donc, en économie, on a un autre indicateur qui consiste à regarder la part de la tranche d'âge au
03:29chômage.
03:31En ne s'occupant pas de ce que font, s'ils sont en emploi ou en études, les autres.
03:35Et là, on est à peu près à 8% dans la moyenne européenne.
03:38Ça ne veut pas dire que c'est bien.
03:39Mais en tout cas...
03:41Parce que selon le premier indicateur, on est quand même largement au-dessus de la moyenne européenne.
03:45Ah oui, mais c'est la catastrophe, justement.
03:46Parce que nous, les jeunes qui sont sur le marché du travail, surtout avant 25 ans, sont souvent ceux qui
03:54sont les moins employables.
03:56Et donc, du coup, il y a une majorité de peu employables.
03:59Et donc, une forte proportion de chômeurs.
04:01Mais si on les ramène à quelque chose de...
04:05Enfin, au nombre de jeunes dans la tranche d'âge, c'est pas bien, mais c'est plus raisonnable.
04:10Si on se compare à l'Allemagne, en France, on a le sentiment que les jeunes, ce sont les premiers
04:16dont on se débarrasse quand il y a une situation économique compliquée.
04:20Pas forcément en Allemagne.
04:21On garde davantage les jeunes.
04:22Pourquoi ? C'est culturel ?
04:24C'est parce qu'on se dit qu'on a investi dans le jeune, on va le garder ?
04:27Oui, alors, d'abord, je ne suis pas tout à fait d'accord.
04:30Je pense que le taux de chômage des jeunes, avec le biais très important qui vient d'être signalé, a
04:35quand même un intérêt.
04:35C'est-à-dire que c'est quand même bien de savoir, parmi les jeunes qui cherchent du travail, parce
04:39que les autres, ce n'est pas très intéressant de savoir s'ils sont au chômage ou pas.
04:41Ils ne sont pas au chômage.
04:42Parmi les jeunes qui cherchent du travail, il est intéressant de savoir quels sont ceux qui sont en galère et
04:46qui n'arrivent pas à trouver du travail.
04:48Et effectivement, il y a un biais.
04:50C'est généralement les moins diplômés qui se retrouvent sur le marché du travail.
04:54Mais c'est vrai aussi, cet indicateur est important aussi, parce qu'il révèle aussi la difficulté des jeunes à
04:59trouver un premier emploi et à le conserver quand ils en ont un.
05:04avec l'enchaînement des CDD, en principe, qui amène à une récurrence du chômage aussi, parce qu'entre deux CDD,
05:10en général, on est au chômage.
05:11Donc, ça explique quand même cet indicateur qui est effectivement anormalement élevé en France, beaucoup plus qu'en Allemagne,
05:17puisqu'en Allemagne, pour répondre à votre question, il est trois fois moins élevé.
05:19On est plutôt à 6-7% de chômage des jeunes, alors qu'en France, on est à 20, en
05:24fait.
05:25Et donc, pour répondre à votre question, effectivement, les entreprises ont tendance à se débarrasser des jeunes parce que c
05:31'est moins coûteux de se débarrasser pour eux.
05:32Ils ont moins investi aussi.
05:34Mais surtout, l'ajustement ne se fait pas sur les ruptures.
05:37Il se fait sur le fait qu'ils n'embauchent pas.
05:39C'est-à-dire que quand il y a un ralentissement économique, un peu comme aujourd'hui, ou un gel,
05:43un petit peu, une incertitude, etc.,
05:45on ne va pas faire des licenciements massifs.
05:47On va juste moins embaucher.
05:49Et qui est le plus concerné par le fait que les embauches sont gelées ?
05:54Évidemment, c'est les jeunes, puisque par définition, ils sont plus fréquemment sur le marché du travail que les autres,
05:58puisque parmi eux, il y en a beaucoup qui sont pour la première fois sur le marché du travail.
06:01Donc, tout ça s'explique parfaitement.
06:03Et dans tous les pays, comme en France, c'est les jeunes qui sont les premières victimes d'un ralentissement
06:10économique.
06:11Et inversement, quand la croissance est très forte, c'est le chômage des jeunes qui diminue le plus
06:15parce que la première chose que font les entreprises, c'est d'embaucher.
06:18Et ils se tournent généralement vers les jeunes.
06:20Donc là, on est dans une passe vraiment difficile.
06:22Tout ça étant accentué par le fait qu'ils sont beaucoup en contrat court et qu'une entreprise qui a
06:26des difficultés,
06:27la première chose qu'elle fait, c'est de ne pas renouveler les contrats courts.
06:29Et donc, du coup, ils sont surexposés à ça.
06:31Vous, à Camara, vous avez déjà eu des jeunes que vous accompagnez qui étaient embauchés en autre chose que des
06:36contrats courts.
06:38Bien évidemment.
06:40Oui ? Vous avez parfois réussi à décrocher des CDI ?
06:43Constamment, on arrive à décrocher des CDI parce que, en fait, c'est le travail de long terme.
06:48Ce que les entreprises veulent, elles veulent des jeunes opérationnels qui sont formés
06:52et qui peuvent évoluer au sein de l'entreprise.
06:54Et en faisant ça, une entreprise, elle n'investit pas que sur un jeune.
06:57Elle investit aussi sur sa performance, sur sa croissance et tout, etc.
07:00Ce qui manque, au-delà du chiffre, parce qu'on parle beaucoup de chiffres et tout par rapport au chômage
07:04des jeunes,
07:05déjà, parfois, le chiffre, ça peut être trompeuil.
07:08Parce qu'aujourd'hui, quand on regarde les nouvelles règles de chômage,
07:10nous, on a plein de jeunes qui, parfois, ont été radiés sans raison et tout, etc.
07:14Et ça peut aussi...
07:15Sans raison ?
07:15Sans raison, parce que, voilà, il y a des nouvelles règles de sanctions par rapport aux jeunes.
07:21Et nous, on travaille beaucoup avec France Travail parce que...
07:23Les règles de sanctions, c'est quoi ? C'est la durée ?
07:25C'est la durée, c'est...
07:26La durée de...
07:27Parfois, le renouvellement, parfois, ils ne connaissent pas bien aussi leurs droits.
07:31Et du coup, il y a tout ce travail, nous, qu'on fait avec, notamment, France Travail,
07:34pour leur permettre de savoir comment ça fonctionne.
07:36Nous, de toute façon, tous les jeunes qu'on forme et qu'on accompagne, on les inscrit automatiquement à France
07:41Travail
07:41parce qu'on travaille en collaboration pour, en fait, à l'arrivée, les sortir.
07:45Et c'est des sorties positives.
07:46Et derrière, pour répondre à cette question, nous, je vais vous donner un exemple concret.
07:50On fait un travail où, depuis maintenant, 2019, on travaille avec les hôtels du groupe Accor, Ayat, etc.
07:58où ils vont recruter des jeunes qui sont en décrocheurs, qui sont totalement en décrochage scolaire,
08:01qui n'ont forcément même pas de formation dans les métiers de l'hôtel et de l'instauration.
08:06On va les chercher.
08:07On les prépare à l'environnement de l'entreprise.
08:09L'entreprise les forme au métier.
08:11Et derrière, ils les recrutent en CDI, parcours d'évolution de carrière.
08:14Aujourd'hui, on a des jeunes qui travaillent dans des grands hôtels parisiens ou en France.
08:19Ils ont pris des responsabilités.
08:21Aujourd'hui, certains sont managers.
08:23Et tout à l'heure, j'avais un rendez-vous à un très grand hôtel à Paris.
08:28J'ai vu un des jeunes qu'on a formé.
08:30Aujourd'hui, il est chef de rang.
08:31Donc, c'est aussi ça qu'on voit au quotidien.
08:34C'est vrai que la restauration, l'hôtellerie, ce sont des secteurs...
08:37Pas que !
08:39Ils cherchent à recruter, mais il y a plein de secteurs où ils veulent, les entreprises,
08:43c'est d'avoir des jeunes qui peuvent évoluer, qui sont performants.
08:47On évoquait évidemment la différence entre les jeunes qui sont peu formés et ceux qui sont très formés.
08:52Même si, David Beaurebert, il y a des jeunes surdiplômés aussi qui ont de plus en plus de mal à
08:59trouver un emploi.
09:01Oui, tout à fait.
09:02Après, je voulais revenir sur deux points.
09:03Il y a quand même un élément important, ce sont les réformes, notamment de l'alternance et du financement de
09:07l'alternance.
09:08On va y venir à l'alternance.
09:09Oui, dans les solutions.
09:11Et qui ont un impact également sur l'emploi des jeunes.
09:14Et également sur le fait que pour qu'ils puissent être recrutés, les entreprises, très souvent, recrutent parce qu'il
09:19faut remplacer une personne qui part.
09:20Beaucoup plus que sur des créations de postes.
09:23Et le contexte actuel, le contexte économique, fait qu'il y a également moins de confiance de la part des
09:27personnes en poste pour pouvoir changer de poste et donc démissionner.
09:31Et donc, par rebond, ça offre moins de possibilités pour des jeunes diplômés, justement, d'entrer sur le marché du
09:36travail.
09:37Mais est-ce qu'ils sont victimes, les jeunes diplômés, de l'IA ?
09:41On parle beaucoup, évidemment, du risque de voir disparaître des emplois assez qualifiés.
09:46Ce qui est une première.
09:47Jusque-là, c'était plutôt les emplois peu qualifiés qui disparaissaient avec l'IA.
09:50Est-ce qu'il y a ce phénomène ?
09:52Alors, bon, il y a pas mal d'études qui ne disent absolument pas la même chose sur ce sujet
09:57-là et les impacts de l'IA, en tout cas sur les emplois à venir.
10:00Ce que l'on peut commencer à percevoir, c'est que ça n'aura pas d'impact sur les métiers
10:07qu'on va qualifier de col bleu ou que l'on qualifiait de col bleu auparavant ou de col rose.
10:10Donc, tous les métiers qui sont plutôt des métiers où les personnes doivent être, non pas derrière un ordinateur, mais
10:16qui vont plutôt être sur un site de production, dans le BTP ou les services à la personne, par exemple.
10:20En revanche, effectivement, sur des métiers typés diplômés, on voit une différence entre des métiers plutôt experts, là où on
10:27va avoir plutôt tendance à avoir des recrutements qui vont plutôt s'accentuer,
10:30et ce qui va être appelé des white-collar routine ou des métiers un peu routiniers de cadre et qui,
10:36là, en l'occurrence, peuvent être impactés assez fortement dans les années à venir sur des métiers qui sont finalement
10:41avec des responsabilités limitées.
10:42Alors, on va essayer d'aider les jeunes à travailler. Ça fait des dizaines d'années que le gouvernement cherche
10:47un contrat miraculeux.
10:48Qu'est-ce qui ne marche pas dans la politique d'emploi en direction des jeunes en France ? Pourquoi
10:52on n'y arrive pas vraiment ? On en débat après l'essentiel de l'info avec Nathalie Michet.
11:20Les salariés des boulangeries et des fleuristes pourront-ils vraiment travailler ?
11:25Sous-titrage Société Radio-Canada
12:35Bertrand Martineau, économiste, expert associé à l'Institut Montaigne.
12:39Bruno Coquet, docteur en économie, expert du marché du travail et fondateur du cabinet UNO.
12:45David Bourreper, directeur délégué de Hello Work.
12:48Et Moussa Camara, président de l'association Les Déterminés.
12:52On refait le monde sur RTL.
12:55C'est compliqué parce qu'on ne s'attend pas à ça en sortie d'études, avec un bon master,
12:59avec des bonnes moyennes, des bonnes notes.
13:01On ne s'attend pas forcément à ça, d'avoir des refus, c'est compliqué, on perd petit à petit
13:05confiance.
13:06Après, je sais que le bac plus 5 m'a aidé pour trouver certains stages et trouver plus rapidement.
13:10Mais en sortie d'études, au final, on se dit pourquoi avoir fait deux ans de plus alors qu'au
13:14final, en sortant de licence, j'aurais été dans le même cas.
13:17Voilà, témoignage d'une jeune diplômée Bac plus 5, passée effectivement du stage à l'emploi.
13:24Bruno Coquet, c'est le grand saut ?
13:27Oui, alors entre le stage et l'emploi, il y a l'apprentissage maintenant.
13:30Vous savez, en fait, il y a beaucoup moins de stagiaires qu'avant.
13:33Pourquoi ? Parce qu'il y a eu une bonne loi en 2018 qui a développé l'apprentissage et puis
13:38énormément d'aides.
13:40Donc nous, le taux d'emploi...
13:41Ça coûte une fortune, effectivement. C'est avec ce quoi ? 20 milliards par an ?
13:44Un peu plus, oui.
13:45Un peu plus que 20 milliards par an.
13:47Jusqu'à 25 milliards en 2024.
13:49Pour un million de contrats, en gros, c'est ça ?
13:51Oui, pour un million d'apprentissage en cours d'apprentissage.
13:53Alors, ils sont quand même deux fois plus nombreux qu'en 2019.
13:56Donc du coup, il y a un effet de volume aussi des gens.
13:59Il n'y a pas qu'un effet de coût unitaire qui est très fort,
14:01même si on est passé par une phase où c'était un coût extrêmement élevé.
14:05Ça, ça a permis d'augmenter le taux d'emploi des jeunes.
14:08Pourquoi ? Parce que l'étudiant devient salarié.
14:12Un apprenti, c'est un salarié de droit commun.
14:13Et donc, ça, ça permet d'assurer une meilleure transition, effectivement,
14:18entre la période de formation initiale et le travail,
14:23sachant que beaucoup d'apprentis sont recrutés dans l'entreprise qui les a formés.
14:27Et s'ils ne le sont pas, évidemment, ils peuvent présenter une expérience professionnelle.
14:32Et puis, ils ont quand même les codes du travail, arriver à l'heure, etc.
14:38Et donc, du coup, ça favorise quand même l'insertion en emploi.
14:42Mais au départ, l'apprentissage, c'était destiné à des personnes moins formées, des étudiants moins formés.
14:47On a élargi au fur et à mesure à des Bac plus 3, Bac plus 4, Bac plus 5.
14:51Est-ce que c'était si nécessaire que ça ?
14:54Est-ce qu'il n'y a pas un effet d'aubaine pour les entreprises qui, effectivement,
14:57auraient dû embaucher, peut-être en stage, en CDD, ces jeunes ?
15:01Et finalement, c'est de la main-d'oeuvre pas chère.
15:06Le point, c'est que c'est une politique qui est très insérante pour les jeunes peu qualifiés,
15:12peu diplômés, sortis prématurément du système scolaire.
15:15Là, on voit toute l'utilité, c'est ça que je veux dire.
15:17Est-ce que c'est aussi utile, aussi nécessaire pour les très diplômés ?
15:20Du coup, historiquement, l'aide, elle est toujours ciblée sur ces personnes-là
15:23parce que c'est différenciant pour l'insertion en emploi.
15:26Pour les étudiants du supérieur, c'est pas différenciant.
15:28C'est le diplôme qui est différenciant.
15:29C'est pas la façon de l'avoir obtenue, même si l'apprentissage, c'est très bien.
15:33Et ce qu'on a fait après le Covid, c'est qu'on a déciblé les aides.
15:36C'est-à-dire, on les a accordées à tout le monde.
15:37Et évidemment, ça a créé un appel d'air pour les étudiants du supérieur,
15:41pour lesquels c'était très bien, mais qui n'en avaient pas besoin.
15:43Et donc, du coup, ça a reporté la sélection qui, auparavant, se passait à l'entrée en emploi.
15:49Elle a été reportée avant l'entrée en apprentissage.
15:52Et on a sélectionné, du coup, ceux qui avaient le plus de chances d'entrer en emploi.
15:55On les a sélectionnés à l'entrée en apprentissage.
15:58Donc, on dépense beaucoup d'argent et avec un résultat médiocre à long terme,
16:02en termes d'insertion en emploi, puisque si on regarde hors apprentissage,
16:07le taux de chômage des jeunes, enfin, le chômage des jeunes,
16:09le nombre de jeunes qui font la queue devant France Travail, n'a pas baissé.
16:14Tous les gains que l'on a obtenus sur le chômage des jeunes,
16:17c'est justement pas sur ces jeunes qui étaient en difficulté
16:19et qui auraient dû être pris dans l'apprentissage.
16:21Et pour eux, les aides sont même plus basses qu'en 2019,
16:25parce qu'entre-temps, il y a eu un peu d'inflation, le SMIC a augmenté.
16:27Et comme on a baissé l'aide, parce qu'on l'a donnée à tout le monde,
16:32du coup, on se retrouve avec des aides moindres aujourd'hui.
16:34Bertrand Martineau ?
16:35Je suis tout à fait d'accord avec ce qui vient d'être dit.
16:38Dans le supérieur, l'intérêt de l'apprentissage, il n'est pas tout à fait négligeable.
16:42Ce n'est pas sa dimension insérante.
16:44Vous prenez une école d'ingénieurs,
16:45les écoles d'ingénieurs, elles n'ont pas attendu l'apprentissage
16:47pour faire faire l'essentiel de la troisième année d'école d'ingénieurs
16:50en stage et dans l'entreprise.
16:51Elles n'ont pas de problème de rapport à l'entreprise.
16:53Quand vous êtes élève à l'ESSEC ou à l'GEZ,
16:55pas besoin d'apprentissage pour découvrir l'entreprise.
16:57Donc l'intérêt de l'apprentissage dans le supérieur,
16:59il faut dire les choses comme elles sont.
17:00C'est un coût, évidemment,
17:02d'avoir un surdiplômé à bas coût pour l'entreprise.
17:05Et puis, pour le jeune et sa famille,
17:08c'est des études gratuites et rémunérées.
17:11Bon, il faut le dire.
17:11Donc les 25 milliards dont parle Bruno Gauguet,
17:13ils ne vont pas dans la nature,
17:15ils vont bien quelque part, effectivement.
17:16Donc ça permet à des jeunes et à des familles
17:18de faire des études de haut niveau gratuitement.
17:21Gratuitement, payées par l'État.
17:23Par la collectivité.
17:24Ça ne vient pas, ce n'est pas d'argent qui...
17:25Donc c'est très bien, sauf que...
17:28Est-ce qu'on a les moyens, ça ?
17:29Est-ce qu'il ne faut pas mieux cibler ?
17:30Alors, ça renvoie à un débat sur les finances publiques.
17:31Il faudrait effectivement cibler.
17:33Si c'est un problème de pouvoir d'achat
17:35et d'ascension sociale,
17:36il vaudrait mieux utiliser un système de bourse.
17:37Ça coûterait moins cher et ce serait mieux ciblé.
17:40Donc, on a quand même un problème
17:42de ciblage, effectivement, de l'apprentissage.
17:44L'apprentissage, il doit être ciblé,
17:46effectivement, plutôt sur les métiers
17:48de premier niveau de qualification.
17:49Pourquoi ? Non pas parce que par essence,
17:51ils sont plus faciles à faire par apprentissage.
17:54Tout simplement, comme disait Bruno Coquet,
17:56c'est là, effectivement,
17:57où la vertu insérante de l'apprentissage
17:59est le plus important
18:00parce que c'est des gamins
18:01qui sont souvent en difficulté,
18:03qui ont peu de capital social,
18:04peu de capital relationnel.
18:06Et puis, c'est là aussi
18:08qu'il faut aider davantage les entreprises
18:10parce que ce sont des gamins
18:12qui ont parfois des problèmes de comportement
18:14qu'il faut aider, qu'il faut encadrer
18:16parce que l'apprentissage est extrêmement exigeant
18:17pour un gamin qui a 18, 19, 20 ans.
18:19Il faut souvent quitter sa famille,
18:21il faut trouver un logement,
18:22il faut vivre d'un côté
18:24avec un CFA, un autre côté,
18:26et puis une entreprise.
18:27Il faut se lever tôt le matin.
18:28C'est des horaires très durs
18:30parce que c'est le même diplôme
18:31que ceux qui ne le font pas par apprentissage.
18:33Donc, c'est deux fois plus dur.
18:35Donc, il faut des gamins très résilients,
18:37très costauds.
18:38Il faut une entreprise
18:38qui mette les moyens pour les...
18:40Voilà.
18:40Et donc, c'est tout à fait normal
18:41qu'on mette le paquet
18:42en termes de finances publiques.
18:43Pour, effectivement,
18:44un gars qui fait un master en commerce
18:46ou un master en marketing
18:48ou en intelligence artificielle,
18:50la valeur ajoutée de l'apprentissage
18:52est quand même moins évidente,
18:53effectivement.
18:54Sauf à considérer que,
18:56comme je disais,
18:57c'est un moyen de financer
18:58des études gratuitement
18:59et de rémunérer des jeunes,
19:00ce qui est très bien.
19:01Mais ce n'est pas ça
19:02la finalité de l'apprentissage.
19:03J'ajoute un petit point
19:04avant de laisser parler Moussin.
19:05Le point, c'est qu'il faut avoir en tête
19:07qu'aujourd'hui,
19:07on a à peu près 75 000 jeunes
19:09qui sortent sans diplôme
19:10et sans qualification
19:11de l'enseignement secondaire.
19:13Et on a 400 000 entrées
19:15en apprentissage,
19:16bac et infrabac.
19:19Donc, là aussi,
19:20le ciblage y pose problème.
19:21C'est-à-dire qu'il faut faire attention
19:24à ne pas concentrer
19:24sur quel diplôme je prépare,
19:26sachant qu'il y a des étudiants
19:27du supérieur
19:28qui reviennent
19:29préparer un CAP.
19:30Ceux-là,
19:31les aider,
19:31c'est discutable.
19:32Et en revanche,
19:33la cible historique,
19:34on l'a laissé tomber.
19:35Elle n'a pas baissé
19:36en termes de chômage.
19:37Et donc,
19:37c'est ça le problème
19:38du ciblage.
19:39Moussa Camara,
19:40vous,
19:40les jeunes que vous aidez,
19:42ils ont quel niveau de diplôme ?
19:43Est-ce qu'il y a
19:44beaucoup d'apprentis ?
19:46Moi,
19:46je rejoins un peu
19:47ce qui a été dit.
19:48Et en fait,
19:48les jeunes qu'on aide,
19:49c'est des décrocheurs.
19:50La plupart sont diplômés aussi.
19:54Mais voilà,
19:55ils ont fait des filières
19:56professionnelles,
19:57des orientations
19:58qu'ils n'ont pas forcément
19:59choisies,
20:00mais qu'ils ont subies.
20:01Et on voit aussi,
20:02parfois,
20:04la capacité qu'on n'a pas
20:05à utiliser aussi
20:06le lycée professionnel.
20:07Parce qu'on voit
20:08énormément de jeunes
20:09qui arrivent,
20:09même pour un stage,
20:10ils galèrent.
20:11Une alternance a été compliquée.
20:13Et on le voit que ça sert.
20:14En fait,
20:14l'alternance...
20:15Oui, c'est ça,
20:16parce qu'on dit l'alternance
20:16comme si c'était...
20:17Mais ce n'est pas si facile
20:18que ça de trouver une alternance.
20:19C'est simple.
20:20Et en plus,
20:20le fait qu'on a distribué
20:21des ailes à tout le monde,
20:22ceux qu'on voulait toucher
20:24avec cette mesure,
20:25on n'a pas réussi
20:26à les toucher.
20:26Ça a créé encore plus
20:29d'inégalité
20:30pour ces jeunes
20:31qui avaient besoin
20:31d'une alternance.
20:32Maintenant,
20:33le travail qu'il y a à faire,
20:34c'est comment on arrive
20:35à mieux orienter,
20:37à mieux sensibiliser
20:39et surtout accompagner
20:40ces jeunes
20:40avant le décrochage.
20:41Donc, il y a un travail
20:42qui est en amont.
20:43Il y a un travail aussi
20:44qui est après.
20:44Parce qu'aujourd'hui,
20:46quand vous voyez,
20:46la dernière fois,
20:47j'intervenais
20:49dans un lycée professionnel.
20:51On parlait d'IA
20:52tout à l'heure
20:52pendant la pause.
20:54Ils se forment
20:55à des métiers techniques.
20:56Eux, on sait que dans 10 ans,
20:56ils auront encore du boulot.
20:58Donc, l'avenir,
20:58il est aussi
20:59dans ces filières professionnelles
21:00qu'on a longtemps dévalorisées
21:02pour plein de raisons.
21:04Mais aujourd'hui,
21:05ces jeunes-là
21:06qui se forment
21:07dans les métiers techniques,
21:08que ce soit
21:08dans la production,
21:10dans la mécanique,
21:11dans l'énergie, etc.,
21:12demain,
21:12ils auront des métiers
21:14qui vont être
21:15super bien payés
21:16et qui vont être
21:17vraiment utiles.
21:18Donc, il faut encourager.
21:18Et on va en parler
21:19de ces filières
21:20qu'on peut encourager.
21:20Il faut les encourager.
21:21Et l'apprentissage
21:22permet aussi aux entreprises
21:23de faire confiance
21:24à des jeunes
21:25qu'on n'aurait pas fait confiance.
21:26David Beaurepère,
21:27pardon,
21:28tout à l'heure,
21:28vous vouliez parler
21:29de l'apprentissage.
21:30Je vous en ai empêché
21:31parce que c'est maintenant
21:32qu'on le fait.
21:33Qu'est-ce que vous vouliez nous dire ?
21:35Oui, non, mais je voulais
21:36compléter également le propos.
21:37Il y a quand même
21:38un sujet important
21:39d'orientation.
21:40C'est-à-dire qu'en fait,
21:40au-delà même de l'apprentissage,
21:41il y a un sujet d'orientation
21:42de ces jeunes
21:44qui, post-collège
21:45ou post-lycée,
21:47en fait, se dirigent,
21:48on va dire post-lycée,
21:49sur des formations
21:50qui sont certes
21:51à Bac plus 3,
21:52voire à Bac plus 5,
21:53mais qui forment
21:54beaucoup trop de personnes
21:55sur des métiers
21:56sur lesquels
22:00et à côté de ça,
22:01nous avons des secteurs entiers,
22:02des pans entiers de métiers
22:03sur lesquels
22:04il y a des difficultés
22:04de recrutement
22:05depuis des années
22:06et des besoins
22:07qui sont pérennes
22:07ou dans des bassins
22:09d'emploi aussi
22:10sur lesquels
22:11il y a des difficultés
22:11de recrutement
22:12et finalement,
22:12on a un sujet
22:13qui est un petit peu en amont
22:14et qui permettrait
22:16à de nombreux jeunes
22:17finalement de trouver
22:19un canal
22:19pour s'insérer
22:20dans le monde du travail
22:21et là,
22:22il faudrait traiter
22:23en amont ce sujet-là
22:24plutôt que de former
22:25des jeunes,
22:26finalement,
22:26de financer des formations
22:28et qui amènent
22:29des gamins
22:30un peu dans le mur.
22:31Est-ce que finalement,
22:32le problème du chômage
22:33des jeunes,
22:33c'est aussi un problème
22:34d'orientation ?
22:35On en débat après la pause.
22:41Cette émission vous plaît ?
22:43Abonnez-vous au podcast
22:44sur l'appli RTL.
22:47Anne-Sophie Lapix,
22:48on refait le monde
22:49jusqu'à 20h sur RTL.
22:52Comment aider les jeunes
22:53à travailler ?
22:54A quel genre de métier
22:56faut-il les préparer ?
22:57L'orientation,
22:58c'est aussi une question importante.
23:00On en débat avec nos invités.
23:01Bertrand Martineau,
23:02économiste,
23:03expert associé
23:04à l'Institut Montaigne,
23:05co-auteur de l'ouvrage
23:05Le travail et la solution,
23:07édition Hermann.
23:08Bruno Coquet,
23:09docteur en économie,
23:11expert du marché du travail
23:12et fondateur du cabinet
23:13UNO, études et conseils.
23:15David Beaurepère,
23:16directeur délégué
23:17de Hello Work
23:17et Moussa Kamara,
23:19président de l'association
23:20Les Déterminés.
23:21On refait le monde
23:22sur RTL.
23:24Je m'appelle Yanis,
23:26j'ai 21 ans
23:26et je recherche
23:27dans le secteur
23:27de la communication,
23:29du marketing digital.
23:30J'ai envoyé
23:30beaucoup de CV,
23:31beaucoup de lettres
23:32de motivation.
23:34J'ai dû envoyer
23:35300, 400 CV
23:36et pour rien trouver,
23:38ça fait mal.
23:40Bertrand Martineau,
23:41communication,
23:42marketing digital,
23:43ça ne fait pas partie
23:45des secteurs d'avenir ?
23:47Si, c'est un secteur
23:48qui embauche maintenant.
23:49Il faut voir au cas par cas
23:51en quoi consiste son diplôme,
23:53qu'est-ce qu'il sait faire,
23:54je ne sais pas.
23:55La vérité,
23:56c'est qu'il y a quand même
23:57beaucoup de diplômes,
23:58que ce soit Bac plus 3
23:59ou Bac plus 5,
24:00où il y a quand même
24:00beaucoup à boire
24:01et à manger.
24:01On fait miroiter
24:02des choses à des jeunes.
24:03Parfois,
24:04c'est des études très chères
24:06par des instituts privés
24:08qui font payer très cher.
24:10Voilà,
24:10la vérité,
24:11c'est que tous les diplômes
24:12ne sont pas de qualité.
24:13Ensuite,
24:13qu'il y ait des...
24:14Et comme vous disiez d'ailleurs,
24:17il y a des formations
24:18beaucoup plus techniques
24:18et beaucoup plus pratiques
24:20qui assurent un bien meilleur
24:21avenir professionnel
24:22que certaines études
24:23de Bac plus 3,
24:24Bac plus 5
24:25qui sont payantes
24:25mais qui sont un peu...
24:27qui ne correspondent pas
24:28à des compétences
24:29vraiment valorisables.
24:30Donc,
24:30il faudrait regarder
24:31exactement quelles sont
24:32les compétences.
24:33Est-ce qu'il ne faut pas
24:33fermer des filières ?
24:35Est-ce qu'il ne faut pas
24:36fermer des filières ?
24:36Je me pose la question.
24:38Vous pensez à quoi ?
24:39Il y a des filières
24:39où vous voyez que personne
24:40n'arrive à s'en sortir ?
24:41Il y a des filières
24:41où moi,
24:42parfois,
24:42je vois des jeunes
24:42ils se lancent dans ces filières.
24:43Je sais qu'à l'arrivée,
24:46le boucher d'emploi,
24:47il est très faible.
24:47Vous pensez à quoi,
24:48par exemple ?
24:49Vous pouvez nous donner
24:49un exemple ?
24:49Du commerce international,
24:51ça va être des filières...
24:52Ça dépend du diplôme,
24:53c'est ça ?
24:53Ce n'est pas que
24:53des grandes écoles ?
24:54Ça dépend des diplômes.
24:55C'est des jeunes
24:55qui vont avoir un BTS
24:56en commerce international.
24:58Surtout quand tu n'as pas
24:59de réseau,
25:00tu ne viens pas forcément
25:00d'un milieu aisé.
25:02Il faut ramer
25:03pour pouvoir aller
25:03trouver un job derrière
25:04et ils sont en galère.
25:05Marketing, communication,
25:06moi, des CV comme ça,
25:07on en reçoit tout le temps.
25:09Toujours, toujours,
25:10on en reçoit tous les jours.
25:11Et en fait,
25:12à un moment donné,
25:13on se retrouve bouchés
25:14parce que ces jeunes-là,
25:15s'ils ne s'orientent pas forcément
25:16et pour ça,
25:17pour moi,
25:18les solutions,
25:19il faut mettre déjà
25:19le paquet dans l'orientation.
25:21On a un conseiller
25:22pour 500 élèves
25:24dans les collèges
25:25ou dans les lycées parfois.
25:26Alors vous,
25:27justement,
25:27c'est quoi pour vous
25:28les secteurs
25:29qui embauchent
25:31pour des formations
25:32qui ne sont pas forcément
25:33très longues ?
25:33Pour moi,
25:34il y a les secteurs
25:35des métiers industriels,
25:37qui sont des métiers d'avenir.
25:38C'est des métiers de science,
25:39d'industrie.
25:41Ça va être aussi,
25:41aujourd'hui,
25:41on a parlé du digital et tout,
25:43tout ce qui est cybersécurité,
25:45il y a tout ça et tout.
25:45C'est des métiers
25:46sur lesquels on peut apprendre
25:47aujourd'hui,
25:48se former.
25:49Et nous,
25:50on le voit quotidien,
25:51c'est ce qu'on fait,
25:51même dans les métiers
25:52de la communication
25:53et de la publicité.
25:55Il y a aussi
25:57un renouvellement
26:00de la manière
26:01dont on a travaillé
26:02il y a des années
26:02parce que tout
26:03est en train d'évoluer.
26:04Et même quand on parlait
26:05d'industrie,
26:05c'est l'industrie
26:06c'est pas zola,
26:07c'est-à-dire aujourd'hui,
26:08il y a maintenant
26:08ces robotiques.
26:10Moi, je rentre dans des usines,
26:12à l'époque,
26:13quand je pensais à l'usine,
26:14je pensais à nos parents
26:15quand ils travaillaient à l'usine,
26:16ils se sont cassés le dos et tout.
26:17Aujourd'hui,
26:18c'est différent.
26:19C'est qu'aujourd'hui,
26:19il y a beaucoup de robotiques,
26:21il y a beaucoup d'ingénierie,
26:23ça a évolué.
26:24Donc,
26:24c'est des métiers aussi
26:25dans lesquels
26:25on peut aussi
26:26trouver une vocation,
26:28commencer au plus bas
26:29niveau de l'échelle,
26:32évoluer avec le temps
26:32et prendre des responsabilités.
26:34Donc,
26:34ça existe aussi,
26:35ces parcours de réussite,
26:36il faut juste
26:37les mettre en avant,
26:39montrer que c'est possible
26:39et aussi informer,
26:41faire des journées
26:42portes ouvertes
26:42pour les parents
26:43pour qu'ils découvrent aussi
26:46ces métiers
26:47qui existent
26:47depuis très longtemps
26:47auxquels on a associé
26:49une mauvaise image
26:51ou une image veillissante.
26:52David Beaurepère,
26:53vous qui êtes directeur
26:54délégué de Hello Work,
26:55alors quels sont pour vous
26:56les secteurs d'avenir ?
26:58Alors,
26:59je voudrais être
26:59un petit peu rassurant
27:00quand même
27:00parce qu'actuellement
27:01sur Hello Work,
27:01nous avons plus de 900 000
27:03offres d'emploi
27:03en France,
27:04à pourvoir.
27:05C'est quoi ces offres ?
27:06C'est quoi justement ?
27:07Non mais justement,
27:08c'est là où pour dire
27:09qu'en gros,
27:10les entreprises recrutent
27:11en France.
27:11Et si on s'intéresse
27:12aux secteurs
27:13qui sont les plus en tension,
27:14donc les secteurs
27:15pour lesquels il a
27:15le plus d'offres
27:16et finalement
27:17le plus faible
27:18nombre de candidats,
27:19on va retrouver
27:20les secteurs
27:20des services à la personne,
27:21mais également
27:22les services aux entreprises,
27:23construction immobilier,
27:24la santé,
27:25et l'industrie,
27:26c'était mentionné
27:26tout à l'heure,
27:27le secteur de l'énergie,
27:28là on a le secteur
27:29évidemment de l'armement
27:30et de la défense
27:31qui prend le pas,
27:33de façon un peu plus limitée,
27:35le secteur de transport
27:35et logistique,
27:36même si là actuellement
27:37le secteur souffre
27:38un tout petit peu.
27:39Donc voilà,
27:40si on sort
27:41de ces focales
27:42sur les métiers
27:43communication,
27:43marketing,
27:44médias,
27:45etc.,
27:45il y a de nombreux
27:46autres secteurs
27:47qui continuent de recruter,
27:48qui ont des besoins
27:49partout en France,
27:50donc on est loin de...
27:52Il faut sortir un petit peu
27:52de la focale
27:53grandes écoles
27:54ou écoles de commerce
27:54ou focus communication,
27:56médias, marketing,
27:57et à côté de ça
27:57beaucoup d'emplois en France,
27:58beaucoup d'entreprises
27:59qui recrutent
28:00et c'était le cas
28:02l'année dernière,
28:02ça continue d'être le cas
28:03actuellement.
28:04Bruno Coquet,
28:05ça veut dire aussi
28:06qu'il faut changer
28:06la formation aujourd'hui
28:08pour accéder
28:08à ces nouveaux métiers
28:10et à ces secteurs d'avenir ?
28:12Alors il y a l'éducation
28:13et la formation...
28:13Parce qu'on est bien formés
28:14en fait,
28:14c'est ma question.
28:15L'éducation
28:15et la formation professionnelle.
28:17Le point c'est que
28:18avec des décennies
28:20de chômage de masse,
28:22l'État a proposé
28:23aux entreprises
28:24de financer
28:25leur formation professionnelle,
28:27voire de la faire.
28:28Donc ça c'est
28:29un premier problème,
28:30la formation professionnelle
28:31malgré tout
28:32elle se fait dans l'entreprise.
28:33L'éducation,
28:34elle prépare
28:35les jeunes
28:35à faire quelque chose
28:37et puis après
28:37si ça se trouve
28:38ils vont faire
28:38tout à fait autre chose
28:39et des choses
28:39très différentes
28:40dans leur vie
28:41mais avec juste
28:42de l'expérience
28:42et de la formation professionnelle.
28:44Croire qu'on peut
28:45substituer
28:46par de l'éducation,
28:47du théorique,
28:48un apprentissage
28:49de formation professionnelle,
28:51c'est une erreur.
28:52La deuxième chose
28:53c'est que
28:54factuellement
28:55on peut dire
28:55que plus on a
28:56de gens
28:57diplômés,
28:58qualifiés
28:59qui sont arrivés
29:00sur le marché du travail,
29:01plus la productivité
29:02individuelle a ralenti.
29:03Donc
29:04si on est un économiste
29:05on se dit
29:06c'est un mauvais investissement.
29:08Donc on arrête
29:09tout de suite.
29:10Alors on ne va pas
29:11arrêter tout de suite
29:11parce que c'est quand même
29:12très bien
29:13mais on voit bien
29:13que le message
29:14qu'on pouvait avoir
29:15il y a 20 ou 30 ans
29:16en disant
29:17diplômez-vous
29:17au maximum
29:18et ça va vous sauver
29:20et ça va vous procurer
29:21un emploi toute notre vie
29:22est faux.
29:23Aujourd'hui
29:23c'est un message
29:25profondément inadapté.
29:26Être souple.
29:27Comment ?
29:27Il faut être souple.
29:28Il va falloir...
29:29Et surtout
29:30la stratégie
29:31de la France
29:32en matière d'éducation
29:33c'est plus égale mieux.
29:36Ça ne suffit pas.
29:37Donc
29:38à un moment donné
29:39ça doit mener au travail
29:40et il faut avoir
29:42une éducation
29:43qui soit suffisamment variée
29:45et qui puisse recevoir
29:46pas mal de formations professionnelles
29:48tout au long de sa vie professionnelle.
29:50Oui et qui est cohérent
29:51avec le fait
29:51qu'on acquiert
29:52un peu d'expérience
29:53et on sait mieux
29:53ce qu'on veut faire
29:54ce qui évite
29:55de passer du temps
29:55à faire des choses
29:56qu'on n'a pas envie de faire.
29:57Bertrand Martineau ?
29:58Oui, j'abonde tout à fait.
29:59Ce qui compte
30:00c'est les compétences
30:01ce n'est pas la course au diplôme
30:02c'est-à-dire que
30:02quelqu'un qui a un bac plus 5
30:04ce n'est pas impressionnant en fait.
30:06D'abord
30:06il y a des diplômes
30:07même bac plus 5
30:08qui ne sont pas bons.
30:09Oui, c'est sûr.
30:10Il faut vous dire les choses.
30:11Ce n'est pas parce qu'ils sont coûteux
30:13on va mettre les pieds d'emploi
30:14il y a des écoles de commerce
30:15qui sont très coûteuses
30:16et dont le diplôme
30:17ne vaut pas grand-chose.
30:18Alors quand vous avez préparé
30:20cette école
30:20que vous avez bossé
30:21que vous avez payé beaucoup
30:22et que vous avez bénéficié
30:23d'un enseignement
30:23de très mauvais niveau
30:24et qu'à la sortie
30:25vous avez des compétences
30:26très faibles
30:26et que vous auriez
30:27un bien meilleur job
30:28en vous étant orienté
30:32totalement ailleurs
30:33c'est extrêmement frustrant.
30:35Ça fabrique des jeunes diplômés
30:36parfois surdiplômés
30:37qui sont frustrés.
30:38Donc la question
30:39ce n'est pas le diplôme
30:40c'est les compétences
30:41et les compétences
30:42elles vont évoluer ensuite
30:44tout au long
30:45dans l'entreprise
30:46et dans l'entreprise
30:46qu'on se forme
30:47mais il faut des compétences initiales
30:48des compétences à la fois comportementales
30:50et puis des compétences
30:51hardes, techniques, théoriques.
30:53C'est intéressant
30:53ce que vous dites
30:54sur les compétences comportementales
30:56on en parle de plus en plus
30:57c'est cette espèce
30:58de mentalité de souplesse
31:00qu'on recherche aujourd'hui
31:00quasiment au-delà des CV.
31:02Alors elles sont effectivement
31:04très importantes
31:05mais il ne faut pas non plus
31:07négliger les compétences dures
31:10parce que c'est quand même
31:11le noyau
31:11de l'identité professionnelle
31:15et c'est ce qui va permettre
31:16ensuite d'évoluer.
31:18Un ingénieur
31:19il doit avant tout
31:20être un bon ingénieur technicien.
31:21Si en plus
31:22c'est un bon communicant
31:23s'il sait parler au client
31:24s'il sait expliquer
31:25un système informatique
31:26à quelqu'un qui n'y connaît rien
31:27c'est beaucoup mieux.
31:28Enfin à la base
31:29il faut quand même
31:29qu'il soit bon
31:30c'est comme un dentiste
31:31c'est très bien
31:32qu'il sache communiquer
31:33et qu'il sache être
31:35quelqu'un d'empathie
31:36d'empathie etc
31:36mais enfin
31:37si vous ne metz pas
31:39la mâchoire
31:40dans un salle d'état
31:41c'est quand même mieux
31:41quand même à la base.
31:43Et bien c'est pareil
31:43sur la plupart des métiers.
31:45Donc ce qui compte
31:46ce n'est pas la course au diplôme
31:47mais effectivement
31:47il y a eu un emballement
31:48depuis les années 80
31:49avec la course au bac
31:51à 80%
31:52ce qui fait que maintenant
31:52comme disait un ancien
31:53ministre de l'éducation
31:54Luc Ferry
31:54pour ne pas avoir le bac
31:55il faut demander
31:56une dérogation
31:57au ministre de l'éducation nationale.
31:59Bon
31:59ce n'est pas
32:00la bonne méthode
32:01effectivement
32:02il faut parler de compétences
32:03et là on a effectivement
32:04des gamins
32:05qui n'ont parfois pas le bac
32:06qui ont des compétences
32:07et qui sont plus employables
32:08que des gamins
32:09qui ont fait
32:10qui ont bac plus 3
32:11ou bac plus 4.
32:12Et donc
32:13et alors
32:13ça c'est tout à fait vrai
32:15tous les gens d'entreprise
32:16le disent
32:16le problème
32:17c'est que ça ne se traduit pas
32:18forcément au niveau
32:19de l'orientation.
32:20Moussa Kamara disait tout à l'heure
32:21qu'avec son expérience
32:22il sait très bien
32:22qu'il y a des diplômes
32:23ou des orientations
32:24où le gamin
32:25il a 8 chances sur 10
32:26de se retrouver au chômage
32:27ou de galérer
32:28peut-être
32:29vous vous le savez
32:30mais le gamin
32:30lui il ne le sait peut-être pas
32:31on ne lui a pas dit peut-être
32:32voilà
32:33et donc c'est tout un travail
32:34à faire
32:34au niveau de l'éducation nationale
32:36qui aujourd'hui
32:37n'est pas fait effectivement.
32:39Et bien voilà
32:39en tout cas
32:39ça laisse pas mal d'espoir
32:41ce débat
32:42merci beaucoup
32:42d'être venu
32:43dans le studio d'RTL
32:45pour débattre
32:45donc de l'emploi des jeunes
32:48demain
32:48Thomas Soto
32:49recevra
32:49Daniel Ball
32:50président du Crédit Mutuel
32:52et président
32:52de la Fédération Bancaire
32:53Française
32:54s'il y a des CV
32:56à laisser peut-être
32:57quant à Céline Landreau
32:58elle accueillera
32:59Frédéric Pommier
33:00journaliste, auteur du livre
33:01Derrière les arbres
33:02et puis voilà
33:03il est l'heure de retrouver
33:04André Dussolier
33:05bonsoir André
33:06quelle histoire
33:06allez-vous nous raconter ce soir ?
33:08Bonsoir Anne-Sophie
33:09ce soir je vais vous raconter
33:11James Dean
33:11un comédien libre
33:13et insaisissable
33:14marqué par la fureur de vivre
33:16à tout de suite
33:17sur RTL
33:18Merci André
33:18à tout de suite
33:25Merci d'écouter RTL
33:27Merci d'avoir regardé cette vidéo !
33:30Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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