- il y a 7 mois
Regardez "On refait le monde" avec Bruno Jeudy, directeur délégué de "La Tribune Dimanche", Mickael Moreau, journaliste et auteur du livre "Sa majesté nomme" (aux éditions robert Laffont), Pauline Théveniaud, journaliste au service politique de RTL, et Jean-Philippe Derosier, constitutionnaliste.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 11 février 2026.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 11 février 2026.
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00:00Jusqu'à 20h, Anne-Sophie Lappix refait le monde sur RTL.
00:06Si j'étais président de la République, je nommerais bien sûr Mickey Premier Ministre.
00:14Voilà, c'est Gérard Lenormand qui nommait donc Mickey Premier Ministre à l'époque le pouvoir de nomination des présidents.
00:20On sait qu'il est peut-être très important, notamment en France.
00:24La nomination surprise de Amélie Monchalin pour présider la Cour des Comptes a suscité quelques remous.
00:30D'autant qu'elle est la ministre des Comptes publics qui a préparé le budget 2026, que la Cour va devoir passer au crible.
00:37N'y aurait-il pas un petit conflit d'intérêts ? Le président est-il en train de placer ses copains avant de partir ?
00:42Et abuse-t-il de son pouvoir de nomination ? Est-ce qu'il faut restreindre ce droit ?
00:46On en débat dans Refait le Monde avec nos invités.
00:49Bruno Jeudy, directeur délégué de la Tribune dimanche. Bonsoir.
00:53Bonsoir Anne-Sophie.
00:54Mickaël Moreau, journaliste et auteur du livre « Sa Majesté nomme », paru le 5 février aux éditions Robert Laffont. Bonsoir.
01:00C'était le bon moment, je crois, pour une parution.
01:03Pauline Théveniot, journaliste au service politique de RTL. Bonsoir.
01:07Et Jean-Philippe Derosier, constitutionnaliste, titulaire de la chaire d'études parlementaires à l'Université de Lille. Bonsoir.
01:14Bonsoir.
01:15Alors, on refait le monde sur RTL.
01:17Amélie de Monchalin a été nommée comme première présidente de la Cour des Comptes.
01:21Et ça ne pose pas de conflits d'intérêts parce que la structure et l'organisation inhérentes à la Cour des Comptes, le fait qu'elle repose notamment sur des décisions collégiales.
01:30Amélie de Monchalin ne travaillera pas seule.
01:33Fondre cette indépendance qui continuera.
01:35Il s'agit de la porte-parole du gouvernement, Maude Bréjon, qui défendait cette nomination d'Amélie de Monchalin, qui a réveillé la colère des politiques, relancé la polémique sur la République des Copains.
01:48Il faut dire que c'est un cas d'école, Amélie de Monchalin, d'abord parce qu'elle est actuellement ministre des Comptes publics, qu'elle va contrôler.
01:55Est-ce que d'abord, vous pouvez nous rappeler ce que fait la Cour des Comptes, Jean-Philippe Derosier ?
01:59Alors, la Cour des Comptes a une double mission, un petit peu à l'instar d'un autre organisme qu'on connaît aussi bien, qui est le Conseil d'État.
02:07C'est-à-dire qu'elle a des fonctions de conseil et des fonctions juridictionnelles.
02:12Elle a des fonctions juridictionnelles à l'égard de tout ce qui est, effectivement, compte public au niveau de l'État.
02:19Et des fonctions de conseil sur l'évaluation des politiques publiques, c'est-à-dire qu'elle rend des avis, de l'expertise sur différents sujets.
02:27Et souvent, lorsque l'on parle de la Cour des Comptes, c'est parce qu'elle a rendu un rapport sur la gestion dans un certain secteur de l'administration.
02:35Et qu'elle pointe soit un dysfonctionnement, soit elle préconise des économies qui peuvent être faites.
02:44Et effectivement, par ailleurs, c'était notamment Pierre Moscovizi qu'il faisait souvent.
02:49Qui était jusqu'ici le président de la Cour des Comptes.
02:51Jusqu'à présent, il est devenu président de la Cour des Comptes européenne.
02:54Et il indiquait lorsque la perspective de déficit risquait d'avoir et d'engendrer des difficultés économiques particulières
03:04ou n'était pas crédible.
03:06Donc, il y a ce rôle de vigilance et d'expertise à l'égard de l'État pour tout ce qui est l'emploi des données publiques.
03:12Et elle est indépendante, la Cour des Comptes ?
03:15Elle est totalement indépendante, oui. Il y a un corps de ce qu'on appelle les conseillers référendaires à la Cour des Comptes,
03:22qui sont les magistrats de la Cour des Comptes, où on accède par voie de concours administratif,
03:27très souvent par la voie de l'ENA, où il y a des élèves qui y rentrent tous les ans.
03:34Et par des voies de nomination également, puisque comme c'est de l'expertise dans tout ce qui est fonctionnement de l'État,
03:40fonctionnement de l'administration, il arrive que des fonctionnaires qui ont servi l'État dans un certain domaine
03:45se retrouvent en fin de carrière, nommés à la Cour des Comptes, pour valoriser leur expertise passée
03:51et le mettre au profit de ces avis que la Cour des Comptes va rendre.
03:54Et ce n'est pas rare que des politiques soient à la tête de la Cour des Comptes ?
03:58C'est même très fréquent, si on remonte sur les derniers qui ont exercé ces fonctions.
04:03On le vient de le dire, avant Amélie de Montchalin, c'était Pierre Moscovici, qui avait été ministre,
04:07et notamment ministre de l'Économie, entre autres.
04:11Avant lui, c'était Didier Migaud, qui également n'avait pas été ministre à cette époque-là,
04:16mais c'était distingué par la rédaction de la LOLF, la fameuse Constitution Financière,
04:21la loi organique relative aux lois de finances, et avant Didier Migaud, c'était Philippe Séguin.
04:25Donc ça, ce n'est pas l'arrivée d'une politique, mais bon.
04:27Est-ce que le poste actuel d'Amélie de Montchalin devait lui interdire d'accéder à la Cour des Comptes cette année, Pauline ?
04:34Cette année, je précise, là, tout de suite.
04:37Formellement, non, rien ne l'interdit dans les textes.
04:39D'ailleurs, cette nomination a pu être effective en Conseil des ministres tout à l'heure.
04:43Après, la question qui se pose derrière, c'est celle du conflit d'intérêt,
04:48et qu'il n'y a pas, par exemple, d'obligation de passer devant la haute autorité pour la vie publique,
04:53comme ça peut être le cas pour les reconversions dans le privé.
04:55Donc, formellement, il n'y a rien.
04:56Mais elle se pose la question du conflit d'intérêt,
04:58puisqu'elle va être amenée à examiner le budget qu'elle a elle-même concocté.
05:04Par ailleurs, elle commençait déjà à préparer le budget 2027,
05:07dont elle connaît les coulisses, la confection.
05:12Et puis, c'est une partie de son travail.
05:14Elle était évidemment très impliquée.
05:15Et c'est bien ce sur quoi appuie l'opposition.
05:18C'est-à-dire, voilà, il n'y a pas de texte qui l'interdit,
05:21mais il y a manifestement un conflit d'intérêt.
05:24Ce qui serait intéressant, c'est de savoir si la haute autorité de la vie publique
05:27avait à se prononcer sur cette question.
05:29Est-ce que ce serait validé ?
05:31Michael Moreau, Amélie de Montchalin, c'est surtout une grande fidèle d'Emmanuel Macron ?
05:37C'est une proche, oui.
05:37Une proche et une fidèle, parce qu'elle l'accompagne depuis le début ?
05:40Oui, elle était marcheuse dès 2017, un peu comme Richard Ferrand,
05:44qui a été nommée à la tête du Conseil constitutionnel il y a un an.
05:47C'est ça aussi qui peut poser question,
05:51parce que c'est en plus à plusieurs mois, à quelques mois d'une élection présidentielle,
05:55et c'est un poste inamovible.
05:59C'est un poste inamovible parce que ça permet de renforcer aussi l'indépendance
06:03et pour que ce poste soit indépendant.
06:07Ça rappelle aussi une précédente polémique controverse.
06:11En 2012, en pleine campagne présidentielle de 2012,
06:15on était même encore plus proche de la présidentielle,
06:17Nicolas Sarkozy avait souhaité, avait voulu nommer un autre poste inamovible.
06:23Le directeur de la Caisse des dépôts, il avait voulu nommer son plus proche collaborateur,
06:26le secrétaire général de l'Elysée, qui était Xavier Muscat.
06:29Ça avait fait tellement polémique que Nicolas Sarkozy, finalement,
06:31ayant en accord avec Xavier Muscat, avait souhaité renoncer à cette nomination.
06:35Il avait institué un intérim et même déclaré, annoncé,
06:40qu'il gelait toutes les nominations importantes le temps de l'élection présidentielle.
06:44Alors, ça fait polémique là aussi.
06:45On va écouter Éric Coquerel, de LFI, demander le changement de décision d'Emmanuel Macron.
06:55Jamais personne n'est passé de la tête du ministère des Comptes Publics
06:59à la tête de la plus haute autorité censée contrôler les comptes de la nation.
07:03Jamais une personne, si mot auparavant ministre des Comptes Publics,
07:06n'a donné à l'automne un avis sur le budget qu'elle a elle-même préparé.
07:09Difficile d'être davantage juge et parti.
07:13Comment ne pas s'interroger sur un cadenassage des institutions indépendantes avant 2027 ?
07:18Il est très en colère, Éric Coquerel.
07:21Bruno, je dis, il a raison d'être en colère.
07:23Il a raison d'être en colère et ce n'est pas une surprise.
07:26C'est l'un des principaux opposants à Emmanuel Macron.
07:29Il n'y a pas que lui.
07:30Il n'y a pas que lui.
07:31Et en plus, Éric Coquerel, c'était un des principaux opposants à Émilie de Montchalin,
07:34par ailleurs, puisqu'il est rapporteur de la loi de finances à l'Assemblée,
07:38président de la commission des finances à l'Assemblée nationale.
07:40Donc, il y a une logique et ce n'est pas une surprise.
07:43Après, dans ce qu'il dit, il y a des choses qui sont absolument exactes.
07:47Mais, au fond, Emmanuel Macron ne fait qu'appliquer aussi la Constitution,
07:52puisque la Constitution le lui permet.
07:53Le général de Gaulle a voulu qu'en France,
07:56et c'est l'objet de l'excellent livre de Mickaël,
07:58que Emmanuel Macron applique l'article 13 de la Constitution.
08:04C'est inscrit dans la Constitution, qui permet de faire toutes ces nominations.
08:07Elles sont très nombreuses, dont la nomination du premier président de la Cour des comptes.
08:14Là où ça pose problème, ça a été pointé,
08:16c'est qu'elle va, en quelque sorte, juger un budget
08:18qu'elle a largement participé à sa présentation et à son adoption.
08:24Elle peut aussi se déporter.
08:25C'est aussi une institution collective.
08:29Je pense qu'à mon avis, elle se déportera pour le budget 2026 et pour le budget 2027,
08:35si tant est qu'il soit saisi, voté, parce qu'on sera dans une année présidentielle.
08:40On a vu la difficulté en 2026.
08:41Mais c'est un gros morceau de son travail, non ?
08:43C'est un gros morceau de son travail.
08:44Mais comme elle est nommée, j'allais dire, inamovible,
08:47que pendant les deux premières années, elle n'intervienne pas sur le budget,
08:50il y a encore d'autres choses à faire.
08:53Je pense que c'est une possibilité.
08:55Après, honnêtement, il y aura toujours des polémiques sur les nominations.
08:59Je ne vais pas faire le vieux journaliste politique,
09:02mais c'était pareil avec Hollande, c'était pareil avec Nicolas Sarkozy,
09:06c'était pareil avec Jacques Chirac.
09:08Je ne veux pas dire qu'on se console parce que c'est à chaque fois pareil,
09:12mais je constate que toutes ces nominations, quand ils sont en poste,
09:16eh bien, ces institutions, ces femmes et ces hommes à la tête d'institution,
09:22ils sont plutôt professionnels et indépendants.
09:26En tous les cas, il y a peu de cas de présidents d'institutions de ce niveau
09:31qui aient vraiment été pris la main dans le sac et être absolument partiaux.
09:37Oui, je voudrais apporter deux précisions
09:41pour aller totalement dans le sens de ce que dit Bruno Jeudy.
09:43C'est vrai que cette nomination peut paraître problématique,
09:48peut paraître problématique,
09:49parce qu'effectivement, on passe du ministère des Comptes publics
09:51à la Cour des Comptes, supposé contrôler les comptes publics,
09:54Éric Coquerel, dans l'apparence, a raison.
09:57Mais il y a eu des nominations qui ont promu des proches
10:02qui n'avaient pas forcément toute compétence pour exercer les fonctions
10:04qu'ils étaient appelés à exercer.
10:06Foncer à quoi ?
10:07On ne veut pas faire de dénonciations,
10:09mais il suffit de regarder des nominations qu'Emmanuel Macron a pu faire.
10:14Il est dit au Conseil constitutionnel, cher professeur.
10:16J'ai l'impression que vous parlez de Richard Ferrand, c'est ça ?
10:19Pas forcément, mais même avant, il y en a eu d'autres avant Richard Ferrand
10:23et qui ont été nommés par Emmanuel Macron.
10:26Les anciens ministres.
10:27Voilà, les anciens ministres.
10:28De toute façon, au Conseil constitutionnel, je me permets la parenthèse,
10:30au Conseil constitutionnel, toutes les nominations d'Emmanuel Macron
10:32sont des nominations qui sont passées par le ministère de l'aménagement du territoire.
10:36C'est assez iconoclaste, mais voilà, pour être nommé au Conseil constitutionnel,
10:39il faut être passé par ce ministère-là.
10:40Non, mais ce que je voulais dire, c'est qu'Emmanuel Montchalin est quand même compétente,
10:44reconnue sur ces sujets.
10:46Et jeune et femme en plus, c'est vrai que c'est une première.
10:48C'est la première femme, tout à fait, c'est la première femme à exercer ses sujets.
10:50Oui, ça c'est à noter.
10:52Et puis, vous dites, ça va être une grosse partie de son travail.
10:56Oui et non, une grosse partie de son travail, ça va être de gérer cette Cour des Comptes,
11:01d'être la première représentante de la Cour des Comptes,
11:03de piloter le travail de la Cour des Comptes,
11:06mais ce n'est pas elle qui va aller écrire l'avis sur le budget 2027.
11:09Il y a des conseillers référendaires.
11:10Si je peux me permettre, M. le Professeur,
11:12moi, la chose qui me surprend le plus, ce n'est pas la nomination d'Emmanuel Montchalin,
11:16c'est qu'on ait gardé cette inamovibilité qui fait qu'elle a 40 ans,
11:20ce qui est très bien, mais elle peut rester en poste 28 ans.
11:23Et là, pourquoi on n'a pas réformé ce point-là ?
11:26J'allais y venir, effectivement, ça c'est une véritable interrogation,
11:30et il y en a une autre que j'ajouterais,
11:31c'est que généralement pour les plus hautes fonctions,
11:33et c'est le cas pour le Conseil constitutionnel,
11:35le Parlement doit rendre un avis par le biais des commissions compétentes,
11:39et c'était le cas pour les nominations au Conseil constitutionnel,
11:41c'est la commission des lois.
11:42Il peut s'opposer le cas échéant à cette nomination,
11:45et pour la Cour des comptes, ce n'est pas le cas.
11:46Donc là, effectivement, il y a peut-être un vide juridique,
11:49et quelque chose à explorer pour rendre plus exemplaire ce type de nomination.
11:54Et puis on va voir qu'il y a aussi d'autres nominations qui sont sur le feu,
11:56ce qui donne l'impression qu'on est en train de recaser tout le monde avant le départ,
12:01puisque c'est dans un an, l'élection présidentielle.
12:04On en parle après la pause et après le rappel des titres d'Alban de France.
12:09Marine Le Pen va-t-elle pouvoir se présenter à la présidentielle de 2027 ?
12:26Elle sera fixée le 7 juillet à 13h30.
12:30C'est ce qu'indiquait la présidente de la Cour d'appel de Paris,
12:32où elle est jugée dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front National,
12:36une peine de 5 ans d'inéligibilité a été requise contre elle.
12:41Fabrice Edan, diplomate français cité à plusieurs reprises dans les documents liés à l'affaire Epstein,
12:46réagit par la voix de son avocate.
12:48Il conteste l'entièreté des accusations portées à son encontre.
12:52Un homme armé d'un couteau, menaçant avec un chauffeur de bus,
12:56maîtrisé par la police cet après-midi dans le 13e arrondissement de Paris,
12:59d'abord avec un taser, puis avec un pistolet touché à l'abdomen.
13:03Son pronostic vital est engagé.
13:05Et puis les écoles de l'Aude et des Pyrénées-Orientales vont rester fermées.
13:09Demain, la tempête Niels va balayer une grande partie de la France
13:12avec trois départements en vigilance rouge,
13:1533 en orange, de la Bretagne à la Corse en passant par les Alpes.
13:19Merci Alba, non en tout, à 20h.
13:20A tout à l'heure.
13:23La nomination d'Amélie de Montchalin suscite des remous,
13:29mais d'autres nominations sont à venir.
13:32Est-ce qu'Emmanuel Macron est en train de verrouiller le pouvoir,
13:35les institutions en plaçant ses fidèles au cas où, par exemple,
13:38le RN remporterait la prochaine présidentielle ?
13:40On en débat avec nos invités.
13:42Bruno Jeudy, directeur délégué de la Tribune dimanche,
13:44Mickaël Moreau, journaliste et auteur du livre
13:46« Sa Majesté nomme », aux éditions Robert Laffont,
13:49Pauline Théveniot, journaliste au service politique de RTL
13:52et Jean-Philippe Derosier, constitutionnaliste,
13:55titulaire de la chaire d'études parlementaires à l'université de Lille.
13:59Bien, je constate que les petits accords entre amis se perpétuent.
14:02Amélie de Montchalin, amie proche et fidèle de notre cher président,
14:05nommée la Cour des comptes.
14:06Eh bien, nous ne sommes plus à un conflit d'intérêts près.
14:08On ne change pas une équipe qui gagne, plutôt qui perd.
14:11A bon entendeur ?
14:12Cette nomination, moi, ne me dérange absolument pas.
14:15Tous les présidents de la République nomment qui ils veulent.
14:19Conseil constitutionnel, à la Cour des comptes.
14:21Moi, je suis content qu'on ait enfin une femme qui va présider cette Cour des comptes.
14:26Donc moi, celle-là ne me choque pas.
14:29Et voilà les avis partagés des auditeurs de RTL.
14:32Mickaël Moreau, quelles sont les nominations des mois à venir
14:35qui vont être scrutées et sensibles ?
14:37Celle qui va être très regardée, c'est le Conseil d'État.
14:39C'est au printemps, puisque c'est une autre institution gardienne de l'État de droit.
14:45Ça va être très regardé à quelques mois d'une élection présidentielle.
14:49Et ça, c'est qu'Emmanuel Macron ou il faudra qu'il ait aussi l'approbation ?
14:52C'est le même principe que le premier président de la Cour des comptes.
14:55C'est le président, c'est Emmanuel Macron.
14:58Il va y avoir le gouverneur de la Banque de France,
15:01la succession qui n'était pas prévue de François Villeroy de Gallo,
15:04puisqu'il parle plus tôt que prévu.
15:05C'est-à-dire qu'il devait être nommé par la personne qui allait succéder à Emmanuel Macron,
15:10finalement, partant plus tôt, démissionnant plus tôt.
15:14C'est Emmanuel Macron qui va devoir choisir.
15:17Donc ça, ça va être vraiment les postes les plus scrutés.
15:19Après, il y a des postes qui vont être aussi très médiatiques,
15:21notamment par exemple dans le domaine de la culture.
15:23Qu'est-ce qui va se passer pour la présidence du Louvre ?
15:25Puisque le mandat actuel de Lance Descartes termine après l'été.
15:28Il y a l'IMA aussi, Jacqueline.
15:29Il y a l'Institut du monde arabe.
15:31Et puis, ça va être aussi très regardé les nominations à venir,
15:34puisqu'on est en période, finalement, de fin de règne.
15:36Et toutes les périodes de fin de règne présidentielle,
15:39jusqu'ici, par le passé, se sont soldées par un certain nombre de recasages.
15:44Est-ce qu'Emmanuel Macron va faire la même chose ?
15:46Sachant qu'Emmanuel Macron, jusqu'ici, avait essayé de revendiquer,
15:49avait toujours revendiqué d'avoir, disait-il,
15:52moins fait de recasages que ses prédécesseurs.
15:54Il en a fait quand même, mais moins qu'un...
15:56Finalement, même qu'un François Mitterrand ou qu'un Jacques Chirac.
15:59Ouais, il y a eu des moments où c'était quasi industriel,
16:02notamment dans les périodes de fin de règne.
16:04Avec aussi des grosses polémiques.
16:06Il a fait moindre recasages, mais vous dites dans votre livre...
16:08Il en a fait quand même.
16:08Il a fait beaucoup de nominations.
16:10Il aime ça.
16:11Il adore ça.
16:11Il y passe du temps.
16:12Il reçoit les gens à l'Élysée.
16:15C'est un job à plein temps, en fait.
16:16C'est sans doute le président de la République
16:17qui s'implique le plus dans les nominations.
16:19Même si tous les présidents de la République
16:22tiennent beaucoup à ce pouvoir de nomination,
16:24lui, il reçoit même sur un certain nombre de postes,
16:26sur beaucoup de postes.
16:27Il y a des milliers de postes qui dépendent du président de la République.
16:30Et il y a un certain nombre de postes.
16:31Il y a beaucoup de postes pour lesquels il reçoit personnellement des candidats.
16:34Ce qui ne se faisait pas avant.
16:35Il dirige lui-même les castings.
16:37Par exemple, on parlait de la présidence du Louvre.
16:41C'est lui qui a choisi Laurence Descartes
16:42en recevant lui-même les différents candidats.
16:45Il s'implique jusqu'à des postes qui sont même moins,
16:48qui paraissent moins si importants, si cruciaux.
16:51Comme par exemple, Christophe Castaner,
16:53qui était ministre de l'Intérieur,
16:54m'a raconté qu'Emmanuel Macron lui avait bloqué
16:56des postes de sous-préfet.
16:58Donc parfois, il dit non aussi, en fait.
17:00Il ne fait pas que suggérer des...
17:01Il bloque des gens qui...
17:02Il choisit, il peut bloquer.
17:04Il tient beaucoup à ce pouvoir de nomination.
17:09Ça permet aussi, quand il reçoit des gens,
17:10de délivrer des feuilles de route,
17:12puisque ce sont aussi souvent des personnes
17:13qui ensuite doivent appliquer sur certains postes,
17:16finalement, la feuille de route de l'exécutif.
17:19Et tous ceux qui sont reçus, très souvent,
17:21sont persuadés, ressortent persuadés de l'entretien,
17:23les yeux dans les yeux avec Emmanuel Macron,
17:25qui vont être nommés.
17:26Ce qui provoque aussi quelques...
17:27Ce qui a provoqué des déceptions.
17:29Jean-Philippe de Rosier, c'est un pouvoir très stratégique,
17:32le pouvoir de nomination du président.
17:34Oui, parce que, en début de règne,
17:38eh bien, ce sont les personnes avec qui on va travailler.
17:40Je reprends la formule de Mickaël.
17:43Qui vont nous accompagner,
17:46avec qui on va devoir collaborer,
17:47parce que le président nomme aux plus hautes fonctions.
17:50Donc, évidemment, ce sont des personnes
17:52qui seront ses interlocuteurs.
17:54Et, potentiellement, en fin de règne,
17:58c'est penser à la suite,
18:01avoir, le cas échéant, le sens de l'État,
18:03par rapport à ce qui peut arriver après,
18:05que ce soit dans l'hypothèse d'Emmanuel Macron
18:07ou dans les hypothèses passées aussi,
18:08pour le cas de François Mitterrand, de Jacques Chirac,
18:12et également, bien sûr,
18:15de façon de récompenser
18:18ceux qui ont servi le président de la République
18:21de façon plus ou moins fondée,
18:24je le dis encore une fois.
18:25Il y a des nominations qui peuvent surprendre
18:27et d'autres qui, sous le regard,
18:30effectivement, critique,
18:32peuvent susciter la polémique,
18:33mais, en réalité, se justifient par la compétence.
18:36Et Amélie de Montchalin me semble plutôt relever
18:37de la seconde catégorie.
18:38Bruno Jeudy, dans le cas du gouverneur
18:40de la Banque de France,
18:41bon, ça a été une surprise, quand même,
18:42ce départ de François Villeroy de Gallo,
18:45là, ça va être extrêmement stratégique
18:47comme nomination.
18:48Oui, c'est une nomination très importante.
18:50D'abord, c'est une démission surprise.
18:52Et là, effectivement, on peut y voir,
18:54alors, M. Villeroy de Gallo a expliqué
18:57qu'il voulait aller prendre la présidence
18:59des apprentis d'Auteuil,
19:00mais on peut aussi y voir,
19:03c'est un grand commis de l'État,
19:05un haut fonctionnaire,
19:06peut-être, l'idée de préparer 2027.
19:09Parce que derrière tout ça,
19:10d'ailleurs, le tableau qu'a dressé Mickaël,
19:13on voit qu'il y a sans doute,
19:14de la part d'Emmanuel Macron
19:15et du pouvoir en place actuellement,
19:18l'idée de préparer un État
19:20qui, demain, pourrait être dirigé
19:22par le Rassemblement National.
19:23Et on voit bien que les nominations,
19:25c'est quand même des gens
19:26qui sont proches d'Emmanuel Macron,
19:29dont on peut estimer qu'ils vont être solides
19:34face à un pouvoir politique hostile.
19:37Et de ce point de vue-là,
19:38on peut s'interroger sur la profondeur
19:41de ces nominations.
19:42C'est-à-dire, est-ce qu'Emmanuel Macron
19:43prépare une éventuelle arrivée
19:46du Rassemblement National
19:47et nomme des gens
19:48qui vont tenir les leviers
19:52du fonctionnement de l'État ?
19:55La nomination du gouverneur
19:57de la Banque de France
19:58est une nomination très importante.
19:59De ce point de vue-là,
20:00M. Ville-Roy de Gallo,
20:01en anticipant, quelque part,
20:03son départ,
20:04permet à Emmanuel Macron
20:05de le nommer,
20:05alors que ça aurait dû être
20:06son successeur.
20:07Donc, on voit bien que là,
20:08c'est un élément important.
20:09Si on ne compagne
20:10si c'est passé aux Etats-Unis...
20:11Il est indéboulonnable,
20:12le gouverneur de la Banque de France.
20:13C'est-à-dire qu'un nouveau président
20:14ne peut pas le...
20:15Non, bien sûr.
20:16Pardon.
20:16Inamovible.
20:17On voit bien ce qui se passe
20:17aux Etats-Unis, par exemple.
20:18Aux Etats-Unis,
20:19on voit bien qu'il y a eu
20:20une bataille entre le président
20:21des Etats-Unis
20:22et le président de la Fed.
20:24Donc, à un moment,
20:26il peut y avoir aussi
20:27des hommes en place
20:29sur des institutions
20:30qui défendent l'État,
20:33qui ont une autre vision,
20:33sans doute,
20:34par rapport aux politiques.
20:35C'est un peu ce qui peut se passer
20:36peut-être après 2027
20:37en cas de victoire
20:38du Rassemblement National
20:38ou de LFI,
20:41enfin, on va dire,
20:42des partis
20:43qui sont totalement...
20:44Ils veulent renverser la table un peu.
20:45Pauline Thévinio,
20:46c'est un peu le soupçon
20:47en ce moment.
20:47C'est, voilà,
20:48il est en train
20:48de verrouiller les institutions.
20:51C'est le soupçon
20:51de la part de ses opposants
20:52et c'est assumé
20:54par toute une partie
20:55de ses partisans.
20:56On parlait de François
20:57de Villeroi de Gallo.
20:58Il y a un député
20:59Renaissance qui m'a dit
21:01qu'il trouvait ça chevaleresque,
21:02ce qu'il avait fait.
21:04Et alors,
21:04très officiellement,
21:05à l'Élysée,
21:06on va vous dire
21:06que bien sûr que non,
21:08que le président
21:09use simplement
21:10de son pouvoir constitutionnel
21:11et que c'est dangereux
21:12d'un point de vue démocratique
21:14de remettre
21:14ce pouvoir
21:16et cette légitimité.
21:17en cause.
21:19Mais en coulisses,
21:20en off,
21:21il y a plusieurs soutiens,
21:22plusieurs proches
21:23du président
21:23qui m'ont dit
21:25évidemment qu'il procède
21:26à des nominations
21:27très politiques
21:28parce qu'on ne sait pas
21:29qui vient après.
21:31Je vais même vous livrer
21:31ce que ce même député
21:33Renaissance
21:33dont je parlais à l'instant
21:34me disait.
21:36verrouiller l'appareil
21:37d'État
21:37avant de partir
21:38mais bien sûr,
21:40j'attends ça de lui.
21:41Notre rôle,
21:41c'est de préparer
21:42si jamais,
21:43alors lui citait l'ERN,
21:44arrive au pouvoir
21:45pour qu'il puisse faire
21:46le moins de,
21:46pardon,
21:47c'est son terme,
21:47de conneries possibles
21:48et je trouve ça très bien
21:50que le président
21:50s'organise dès maintenant.
21:52Donc effectivement,
21:53au-delà du soupçon
21:54des opposants,
21:55il y a des soutiens
21:56du président
21:56qui ont ça en tête
21:58et je vais vous dire
22:00au moment de la dissolution
22:01de 2024
22:02quand l'ERN
22:04était en si forte dynamique
22:05et que beaucoup
22:06ont cru qu'il allait
22:08avoir la majorité
22:09à l'Assemblée,
22:10certains ministres
22:11à l'époque
22:11avaient aussi anticipé
22:12par exemple,
22:13je me souviens
22:14en distribuant,
22:15en décaissant des fonds
22:17pour des subventions
22:17pour des associations
22:18dont il craignait
22:19qu'elles soient moins bien traitées
22:21si l'ERN
22:21arrivait au pouvoir.
22:22Mais alors,
22:22autant on entendait
22:23quand Emmanuel Macron
22:24disait qu'il voulait
22:25empêcher l'arrivée
22:26au pouvoir
22:27du Rassemblement National.
22:29Autant là,
22:30si le Rassemblement National
22:31arrive démocratiquement
22:32et est élu
22:33à la tête du pouvoir,
22:34est-ce que c'est compréhensible
22:36qu'il puisse empêcher
22:37le Rassemblement National
22:39décidément
22:40d'appliquer ce pouvoir ?
22:41Le nom a changé
22:44mais l'idéologie reste...
22:44Oui, je suis désolée
22:45je ne le fais pas exprimer.
22:46On peut continuer
22:46à l'appeler Front National
22:47en tout cas moi je le fais.
22:50C'est aussi la logique
22:52de la dénomination
22:53et de la façon
22:54dont l'administration
22:55est construite.
22:56Après,
22:57si le Front National
22:59ou l'extrême droite
23:00utilisons un terme plus neutre
23:01arrive au pouvoir
23:03et qu'elle est portée
23:05par une majorité
23:05elle peut faire
23:06les réformes qu'elle veut
23:07et éventuellement
23:07réformer le statut
23:09de la Banque de France
23:09pour changer
23:10cette nomination-là.
23:12Parce que là,
23:12les hommes nommés là,
23:13qu'est-ce qu'ils peuvent
23:14empêcher concrètement
23:14dans le programme du RN ?
23:16Ils ne peuvent pas empêcher.
23:18Ce sont des garants
23:20des institutions
23:21à la tête desquelles
23:22ils et elles sont
23:24et ces institutions
23:26elles-mêmes
23:26sont garantes
23:27du fonctionnement
23:28de l'État.
23:28La Cour des comptes
23:29par ses avis
23:30sur l'évaluation
23:30des politiques publiques
23:31et l'emploi
23:32des deniers publics.
23:34Le Conseil d'État
23:35par son double rôle
23:36également d'expertise juridique
23:38auprès de l'État
23:39et de contentieux administratifs
23:40donc de contrôle
23:41de l'action de l'État.
23:43Je précise d'ailleurs
23:44qu'effectivement
23:45la nomination
23:46du vice-président
23:47du Conseil d'État
23:47est une prérogative présidentielle
23:49mais ce n'est jamais
23:51un profil politique
23:52c'est toujours un profil
23:53d'ailleurs on doit être
23:54conseiller d'État
23:54ce qui n'est pas le cas
23:55de la Cour des comptes
23:56où on n'est pas obligé
23:57d'être membre de la Cour des comptes.
23:58Et donc
23:58le prochain
24:01sera conseiller d'État
24:03il sera choisi
24:04par le président
24:05de la République
24:05il y a des noms
24:06qui circulent
24:07il y en a un en particulier
24:08celui du Président
24:10de France
24:11Marc Guillaume
24:12qui est conseiller d'État
24:14effectivement
24:14même si actuellement
24:15il est préfet
24:16mais on peut
24:17ne pas être préfet
24:19et être préfet
24:19mais on ne peut pas
24:21être vice-président
24:22du Conseil d'État
24:23sans être conseiller d'État
24:24voilà
24:25donc
24:25ils ne peuvent pas
24:26véritablement empêcher
24:28une politique
24:29quelle qu'elle soit
24:30mais
24:30ils sont là
24:32pour veiller
24:32sur les piliers de l'État
24:34et sur notre Constitution
24:35sur notre droit
24:36et si notre droit évolue
24:38et bien
24:39leur veille
24:40évoluera d'autant.
24:42Alors est-ce qu'il faut voir
24:42dans les choix d'Emmanuel Macron
24:43la volonté aussi
24:44de laisser une trace
24:45de faire perdurer
24:46le macronisme
24:48en attendant
24:48est-ce qu'il faut
24:49revoir finalement
24:50ce pouvoir de nomination
24:52qui est très large
24:53du président
24:53on en parle juste
24:54après la pause.
24:55Jusqu'à 20h
24:56Anne-Sophie Lapix
24:57refait le monde
24:58sur RTL
24:59Anne-Sophie Lapix
25:03on refait le monde
25:04jusqu'à 20h
25:05sur RTL
25:05Emmanuel Macron
25:07prépare-t-il l'avenir
25:08et même son avenir
25:09en nommant des proches
25:10des soutiens
25:11à des postes importants
25:12stratégiques
25:13c'est une accusation
25:14de son opposition
25:15est-ce que cela tient debout ?
25:17Si c'est le cas
25:17est-il urgent de limiter
25:18et d'encadrer
25:19ce pouvoir de nomination ?
25:20On en débat
25:21dans Refait le Monde
25:22avec nos invités
25:23Bruno Jeudy
25:24directeur délégué
25:25de la tribune dimanche
25:26Pauline Théveniot
25:27journaliste
25:28au service politique
25:29de RTL
25:30et Jean-Philippe Dorosier
25:31constitutionnaliste
25:32titulaire
25:32de la chaire
25:33d'études parlementaires
25:34à l'université
25:35de Lille
25:36imposer des fidèles
25:38pour peser toujours
25:39et mieux revenir
25:41ça pourrait être
25:42une stratégie
25:43pour préparer
25:442032
25:45Bruno Jeudy ?
25:47Là on est dans la fiction
25:48franchement
25:49je sais que
25:50plusieurs conseillers
25:52autour du président
25:52agitent ça
25:53comme un élément
25:55un caillou
25:56posé
25:57dès aujourd'hui
25:58dès maintenant
25:58pour pouvoir
26:00revenir en force
26:02non pas dans
26:03la présidentielle
26:06il y a eu déjà
26:07des sous-entendus
26:08quand même
26:09d'Emmanuel Macron
26:09il a semé aussi
26:10des petits cailloux
26:11lui-même
26:11je connais ça
26:13je connais l'histoire
26:14de la cinquième
26:14toute personne
26:16surtout lui
26:16qui en plus
26:17va partir très jeune
26:18forcément
26:19ils ont tous
26:19plus ou moins envie
26:20de se faire réélire
26:21pour les deux derniers
26:22c'est évident
26:23puisqu'en plus
26:23il y en a un
26:24qui a perdu
26:24l'autre qui n'a pas
26:25pu se représenter
26:26dont là on parle
26:27de François Hollande
26:29les deux précédents
26:30Jacques Chirac
26:31et François Mitterrand
26:32étaient plus âgés
26:33et malades
26:34et donc eux
26:35ils n'allaient pas
26:35se représenter
26:36Giscard a passé
26:37le reste de sa vie
26:38à espérer pouvoir
26:39se représenter
26:39ça n'a pas marché
26:40je ne sais pas
26:41si Emmanuel Macron
26:42sera encore capable
26:42de faire mieux
26:43que tous les autres
26:44mais il a déjà fait
26:45deux mandats
26:46ça ne se termine pas
26:47très bien
26:47on ne se demande pas
26:48s'il peut gagner
26:49on se demande s'il peut
26:50avoir envie de se représenter
26:50et essayer de créer
26:53les conditions
26:53réponse simple
26:54avoir envie de se représenter
26:55sûrement
26:56pouvoir le faire
26:58ça m'étonnerait
26:59est-ce que du coup
27:00il n'use pas quand même
27:01de son pouvoir de nomination
27:02tout simplement
27:03parce qu'il le peut
27:04et qu'il a perdu
27:05tous les autres
27:06il use de son pouvoir
27:09de nomination
27:09parce qu'il n'a pas le droit
27:10d'abord et avant tout
27:12c'est sa compétence
27:14je rappelle que
27:15ce n'est pas une compétence
27:16totalement discrétionnaire
27:17parce qu'elle est subordonnée
27:18au contre-saint
27:19et que donc
27:20le premier ministre
27:21et le cas échéant
27:22les ministres responsables
27:24doivent avaliser
27:26la nomination
27:27il a un premier ministre
27:29qui est plutôt acquis
27:32à la cause macroniste
27:33donc ça ne pose pas
27:35trop de problèmes
27:35mais ce sont des
27:36c'est un point
27:37qui a pu soulever
27:38des véritables difficultés
27:39à l'époque de cohabitation
27:41notamment entre Jacques Chirac
27:42et Lionel Jospin
27:43par exemple
27:44mais donc déjà
27:46ce n'est pas totalement discrétionnaire
27:48et il a effectivement
27:49le droit de procéder
27:50à un certain nombre
27:50de nominations
27:51il ne peut pas
27:53limoger
27:53mais si un poste
27:56devient vacant
27:56soit par départ volontaire
27:58soit par fin de mandat
27:59soit par limite d'âge
28:00il faut bien
28:02qu'il pourvoie
28:03au remplacement
28:04et indépendamment
28:06de qui prendrait sa suite
28:08et bien sûr
28:09si c'est l'extrême droite
28:10je pense qu'il a même raison
28:12d'exercer ce droit
28:13dès à présent
28:14mais indépendamment
28:15de cela
28:15je ne trouverais pas normal
28:17par exemple
28:17là
28:19nous sommes au mois
28:19de février 2026
28:21qu'il attente
28:22jusqu'à mai 2027
28:24juin 2027
28:25pour que
28:26la première présidente
28:27ou le premier président
28:28de la Cour des Comptes
28:29soit nommée
28:29il faut pendant ces 15 mois
28:31qu'il y ait quelqu'un
28:32et donc
28:32il exerce ce droit maintenant
28:34pour pouvoir
28:35remplacer Pierre Moscovici
28:37qui a été appelé
28:38à d'autres fonctions
28:38et que la Cour des Comptes
28:39puisse continuer de fonctionner
28:40Pauline Théveniot
28:41c'est le droit
28:42le plus important
28:43qui lui reste aujourd'hui
28:44puisqu'on sait
28:45qu'il n'a pas de majorité
28:46que ses pouvoirs
28:48sont un peu limités
28:49oui c'est un pouvoir
28:51et c'est une prérogative
28:52évidemment
28:52éminemment stratégique
28:54et
28:55qu'il aime
28:57il faut le dire
28:58on en parlait tout à l'heure
28:59avec Mickaël Moreau
29:00un de ses anciens conseillers
29:03me racontait
29:03qu'au tout début
29:04de son quinquennat
29:05il recevait lui-même
29:07les directeurs
29:08d'administration
29:09avant qu'il soit nommé
29:10en conseil des ministres
29:11pour voir s'ils étaient
29:12en accord avec le projet
29:13etc
29:14il ne l'a pas mis en application
29:15mais au tout début
29:16de son élection
29:17il avait rêvé
29:18et même annoncé
29:19qu'il mettrait en place
29:20une forme de spoil-système
29:21à la française
29:22il faut rappeler ce que c'est
29:24le spoil-système
29:24c'est américain
29:25le spoil-système
29:26et Trump en a bien usé
29:27il faut rappeler ce que c'est
29:28et c'est l'idée
29:29que quand un nouveau pouvoir
29:31arrive
29:32et bien
29:32il change
29:33les têtes de l'administration
29:36pour avoir une administration
29:37qui est raccord
29:37avec la politique
29:38qui est menée
29:40pour finir sur l'anecdote
29:42il a finalement
29:42assez rapidement
29:43arrêté de recevoir
29:44tous les futurs directeurs
29:45d'administration
29:45parce que clairement
29:46il n'avait pas le temps
29:47un président de la république
29:47n'a pas le temps
29:48de faire ça
29:48et aujourd'hui
29:51finalement
29:51autour de lui
29:52on a une réponse
29:52aussi assez simple
29:53à faire aux opposants
29:54c'est que s'ils veulent nommer
29:56il y aura des élections
29:57présidentielles en 2027
29:58et ils n'ont qu'à
29:59les gagner
30:00et ils auront
30:01exactement
30:02le même pouvoir
30:03de nomination
30:03qui est celui prévu
30:04par la constitution
30:06et qu'il est légitime
30:07et ce pouvoir de nomination
30:09il est plus important
30:10en France
30:11qu'ailleurs
30:11c'est quelque chose
30:12de très français
30:13ou du coup
30:14je me retourne vers vous
30:15alors oui et non
30:19je crois que dans l'étude
30:21que Michael Moreau a fait
30:22il évalue à environ 5000
30:25le nombre de nominations
30:26qu'elle procède le président
30:27c'est pas exactement
30:27le nombre d'ailleurs
30:28c'est ça qui est assez étonnant
30:29parce qu'il le dit
30:30on n'a pas le chiffre exact
30:32oui oui exactement
30:33personne ne sait vraiment
30:34personne ne sait vraiment
30:35mais c'est beaucoup
30:35elles sont assez nombreuses
30:37et les pièges me semblent
30:38effectivement correspondent
30:39alors dans les 5000
30:40il y a beaucoup de nominations
30:41qui sont ce que j'appellerais
30:42des nominations administratives
30:44c'est à dire des nominations
30:45le président de la république
30:45n'a aucune marge de manœuvre
30:47par exemple les professeurs
30:48des universités comme moi
30:49sommes nommés par décret
30:51du président de la république
30:52mais parce qu'on gagne un concours
30:53et le président de la république
30:54nous nomme
30:54et donc parmi toutes ces nominations là
30:57il n'est pas surprenant
30:58que ce soit le premier représentant
30:59de l'état
31:00celui qui exerce la magistrature suprême
31:01donc le chef de l'état
31:02président de la république
31:03en France
31:03qui y procède
31:06je ne pense pas
31:08qu'il y ait de grosses différences
31:09par rapport à nos étrangers
31:10sur le nombre
31:11en revanche
31:12en revanche
31:12là où il y a potentiellement
31:15une différence
31:15c'est sur ce qu'on appelle
31:16les nominations plus politiques
31:17comme celle d'Amélie de Montchalin
31:18où là
31:19le président de la république
31:20a une marge de manœuvre
31:21peut choisir quelqu'un
31:22en fonction de son profil
31:23en fonction de son parcours
31:24et
31:26eh bien
31:26eu égard
31:27au positionnement politique
31:28du président de la république française
31:29il a une latitude
31:31qui est bien plus grande
31:32que le président de la république allemande
31:34par exemple
31:34là ça va être le chancelier
31:35qui va lui dire
31:36qui est-ce qu'il va nommer
31:37même si c'est lui
31:37qui formellement
31:38signe le décret de nomination
31:40on sait que le choix
31:41viendra du chancelier
31:42c'est-à-dire du chef du gouvernement
31:43et pas du chef de l'état
31:45en tout cas
31:46ça donne un peu l'impression
31:47aussi qu'il y a un effet de cour
31:48qu'il vaut mieux
31:49être dans l'entourage
31:50du président
31:51pour être
31:51pour être nommé
31:52à un poste important
31:53pour le jeudi
31:54sûrement
31:55mais c'est notre constitution
31:56de la 5ème république
31:58qui donne
31:58cette
31:59article 13
32:00effectivement
32:00cette particularité
32:02d'un président
32:02de la république
32:04qui a beaucoup plus
32:04de pouvoir
32:05que la plupart
32:06des présidents
32:06de la république
32:08en Europe
32:09où l'exécutif
32:10est plutôt dominé
32:11par le chef
32:12de gouvernement
32:13en France
32:14le président
32:14de la république
32:15il a cette particularité
32:17d'avoir beaucoup
32:17de pouvoir
32:18donc beaucoup
32:19de nominations
32:19il peut dissoudre
32:21l'Assemblée Nationale
32:22enfin voilà
32:23il a aussi
32:24c'est la 5ème
32:24qui a été conçue
32:25par le
32:26tel que l'avait imaginé
32:28le général de Gaulle
32:28et encore une fois
32:29aujourd'hui
32:30j'entendais
32:31beaucoup de gens
32:32de droite
32:33s'élever
32:34contre les nominations
32:35d'Emmanuel Macron
32:36mais enfin bon
32:36les présidents de droite
32:37ont à peu près
32:38fait la même chose
32:38et surtout
32:39encore une fois
32:39c'est le général de Gaulle
32:40qui a couché ça
32:41noir sur blanc
32:42dans la constitution
32:42avec l'article 13
32:43et qui fait qu'aujourd'hui
32:44Macron applique
32:46ce que la constitution
32:48lui demande de faire
32:49et de nommer
32:49le premier président
32:50auprès de la cour des comptes
32:51alors bon effectivement
32:52Mélène Montchalin
32:53c'est une proche
32:54mais honnêtement
32:55la liste des proches
32:55nommée par François Hollande
32:57par Nicolas Sarkozy
32:58et les prédécesseurs
32:59est à peu près aussi longue
33:00donc il n'y a pas de débat en fait
33:01si il y a débat
33:02dis-je à la fin d'un débat
33:04non mais il y a débat
33:05Sophie mais c'est intéressant
33:06parce que c'est aussi
33:07le débat autour de nos institutions
33:08et on sait que les français
33:09finalement quand ils sont
33:10interrogés sur la cinquième
33:11ils sont plutôt attachés
33:13à la cinquième
33:13et ils sont aussi
33:14attachés à l'élection
33:15du président de la république
33:16au suffrage universel
33:18et avec les pouvoirs
33:19qu'il a
33:19je n'en déplaise
33:21aux insoumis
33:22qui voudraient une sixième république
33:23elle n'est pas populaire
33:24leur sixième république
33:25mais l'élection présidentielle
33:26le montre
33:26c'est l'élection
33:27la plus pélicitée
33:28c'est là où les français
33:29se déplacent le plus
33:29ils y sont attachés
33:30et jamais un candidat
33:32qui avait dans son programme
33:34la remise en cause
33:35du système
33:35et notamment l'élection
33:36du président
33:36ou les pouvoirs du président
33:38n'a atteint le second tour
33:39parfois il s'en rapproche
33:40Jean-Luc Mélenchon
33:40vous l'avez dit
33:41mais il n'a jamais été qualifié
33:42au second tour
33:42donc ne parlons même pas
33:43de son élection
33:44ça montre bien
33:45en effet je pense
33:45à contrario
33:46que les français
33:47sont plutôt attachés
33:48à ce modèle
33:48de la cinquième république
33:50il n'y a qu'un référendum
33:50qui pourrait renverser ça
33:51et c'est parce que
33:53c'est un référendum
33:53qui a instauré l'élection
33:54au suffrage universel
33:55il n'y a que par référendum
33:57qu'on pourrait remettre ça
33:57en cause
33:58et peut-être derrière
33:59changer de constitution
34:00et j'ajoute que
34:01c'est plus que le texte
34:03constitutionnel
34:04c'est une pratique
34:05de la constitution
34:06c'est une adhésion
34:08à ce processus politique
34:09de l'élection présidentielle
34:11tendant à désigner
34:12non pas
34:13le magistrat suprême
34:14mais le décideur premier
34:16le premier décideur politique
34:18pour le confirmer
34:21la constitution
34:21de la quatrième république
34:22donc une époque
34:23où le président
34:24n'avait pas de pouvoir
34:24avait la même disposition
34:26dans son texte
34:27le président de la république
34:28nomme aux emplois
34:29civils et militaires
34:30et pourtant
34:31il n'avait pas ce point
34:32il va y avoir
34:34un débat présidentiel
34:35l'année prochaine
34:36donc on verra aussi
34:36peut-être que les candidats
34:37comme ça fait énormément
34:38polémique
34:39à quasiment chaque nomination
34:40maintenant
34:41peut-être que les candidats
34:42auront des propositions
34:43en la matière
34:44qui ne nécessitent pas
34:45forcément de grandes réformes
34:46souvenez-vous
34:47Nicolas Sarkozy
34:48lui il avait institué
34:49qu'il allait nommer
34:51le premier président
34:52de la cour des comptes
34:52dans l'opposition
34:53il avait nommé
34:54Didier Migaud
34:54et par la suite
34:56c'est ce qui avait perduré
34:58jusqu'à aujourd'hui
34:59donc on verra aussi
35:00ce que les candidats
35:02à l'élection présidentielle
35:03ont à proposer
35:04comme évolution
35:04il a aussi instauré
35:05le fait que
35:06le président de la commission
35:09des finances
35:09est choisi
35:10parmi les opposants
35:12à l'assemblée nationale
35:15ce qui est le cas
35:16ça a été instauré
35:17et pour le coup
35:18c'est respecté depuis
35:19donc oui
35:20il y a l'usage aussi
35:21qui est fait
35:21des pouvoirs
35:23encore une fois
35:23le débat présidentiel
35:25devra trancher ça
35:25on verra bien
35:26ce que proposeront
35:26le candidat du RN
35:28le candidat et les filles
35:29on a à peu près une idée
35:30qui est de la 6ème république
35:31mais les autres
35:31s'entendent plutôt
35:32pour conserver la 5ème
35:34merci beaucoup
35:35je crois que vous vouliez
35:35nous parler d'un podcast
35:36avec la chaire
35:38d'études parlementaires
35:38nous faisons un podcast
35:40bimensuel
35:42et le dernier numéro
35:43sorti hier
35:44il porte sur
35:44les fractures françaises
35:46produites par le Cévi-Pof
35:48et les invités étaient
35:49Wally Bordas
35:50et Bruno Cotteres
35:51qui répondent au micro
35:52de Bérangère Bont
35:53sur justement
35:55le désamour du parlement
35:56et comment y remédier
35:57donc précipitez-vous
35:58sur le site
35:59de la chaire
35:59d'études parlementaires
36:00et bien voilà
36:00comme ça c'est dit
36:01merci beaucoup
36:02demain
36:02Marc-Olivier Fogiel
36:03accueillera Nicolas Taverneau
36:05qui connait bien cette maison
36:06et qui vient d'annoncer
36:07sa démission
36:07de la Ligue de football
36:09professionnelle
36:09il est l'heure
36:10de retrouver
36:11André Dusselier
36:12qui va vous raconter
36:13la vie de Michel Serrault
36:15sur RTL
36:16RTL
36:18votre radio
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