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  • il y a 6 minutes
Ce lundi 8 juin, Alexis Karklins-Marchay, directeur général délégué d'Eight Advisory, était l'invité d'Annalisa Cappellini dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Ils ont analysé la situation économique américaine, entre bons chiffres de l'emploi et accélération de l'inflation. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On s'attendait à des bons chiffres sur l'emploi américain, on a été servi.
00:04Alexis Kathleen, ce marché, bonjour, directeur de la déléguée d'Advisory.
00:08172 000 créations nettes d'emploi, c'est le double de ce qui était attendu par les analystes.
00:13Oui, le marché du travail aux Etats-Unis est solide, c'est d'ailleurs l'élément le plus positif de
00:18l'économie américaine actuellement,
00:20avec ces bons chiffres de l'emploi que vous avez cités.
00:22Il y a eu aussi d'ailleurs une révision à la hausse également des deux mois précédents, presque 100 000
00:27emplois supplémentaires.
00:28Donc le marché du travail dans sa globalité se tient bien, ce qui veut dire que le taux de chômage
00:31reste globalement stable.
00:33On est à 4,3%. 4,3% c'est vraiment dans l'échelle depuis un an, on est entre
00:374,3, 4,4, 4,5 depuis un an.
00:40Les inscriptions hebdomadaires au chômage restent bien contenues.
00:44En fait, c'est ce qui fait dire à la Fed aujourd'hui, nous sommes dans un moment particulier, la
00:48Fed dans son dernier beige book,
00:49c'est un de ses rapports de conjoncture, ses points de conjoncture, qui explique qu'aujourd'hui les employeurs américains
00:54hésitent à embaucher,
00:55mais ils hésitent aussi à licencier. Il y a une petite expression américaine qui passe très bien, c'est «
01:00low hire, low fire ».
01:02C'est-à-dire vraiment, on recrute peu, mais on licencie peu, on est dans ce moment une forme de
01:06stabilité.
01:07Et on pensait pourtant voir l'impact de l'intelligence artificielle dans certaines grosses boîtes, c'est pas ce qu
01:12'on voit.
01:13Alors il y a un double effet, c'est-à-dire que l'intelligence artificielle tire la croissance aujourd'hui.
01:18Les investissements dans l'infrastructure tirent la croissance. Et on le voit d'ailleurs, à la fois quand on regarde
01:23l'indicateur manufacturier,
01:25qui est à un niveau tout à fait élevé et continu, on est mois après mois, on est sur des
01:28niveaux élevés,
01:29et puis même plus généralement, même les services aussi tirent bien.
01:32En revanche, ça a un effet sur l'emploi.
01:34C'est-à-dire que 40% des emplois qui ont été supprimés au mois de mai 2026,
01:40ont été dans la tech, et on explique ces licenciements massifs dans ce secteur-là,
01:45alors que d'autres sont beaucoup plus dynamiques, justement par l'impact de l'intelligence artificielle.
01:50Annalisa ?
01:50Est-ce que globalement, on peut dire que c'est un moment économique plutôt positif pour Donald Trump,
01:54malgré la tension sur le pétrole, ou il faut nuancer ?
01:56Alors, il y a les choses positives, vraiment, on l'a dit, l'emploi, la croissance économique se tient.
02:00On est plutôt sur des niveaux annuels, actuellement, on peut les imaginer autour de 2%,
02:04c'est plutôt moins que, on a l'habitude de voir aux Etats-Unis, on est plutôt à 2,5
02:07-3% sur une année normale.
02:09On est plutôt sur 2%, on imaginait 2,5% au début d'année.
02:13Mais entre-temps, évidemment, guerre en Iran, et ça, ça fait le lien avec l'élément le plus négatif,
02:20aujourd'hui, de l'économie américaine, c'est l'inflation, c'est le sujet qui inquiète.
02:25Alors, vous prenez tous les indicateurs d'inflation, que ce soit des indices de prix à la consommation,
02:30des indices de prix à la production, quel que soit le panier, quel que soit le niveau d'observation,
02:34vous avez aujourd'hui une remontée forte de l'inflation, notamment dans les prix à la production.
02:40Ça, c'est le plus inquiétant, probablement, parce que c'est souvent un indicateur avancé
02:43de ce qui va se passer derrière sur la consommation.
02:46On le sait, il y a eu deux chocs exogènes.
02:48Le premier choc, c'est évidemment le conflit en Iran,
02:52quand le prix de l'essence augmente de 30 à 40% sur un an,
02:56ça joue nécessairement sur la consommation.
02:58Puis, il y a un deuxième choc, il est plus structurel d'ailleurs qu'exogène,
03:01ce sont les fameux droits de douane.
03:03Certes, ils ont été réduits, certes, la Cour suprême a fait en sorte
03:06qu'ils ne soient pas complètement appliqués,
03:08mais n'empêche que les prix des intrants industriels, aujourd'hui, remontent.
03:12On a, aujourd'hui, vraiment aux États-Unis, des anticipations d'inflation des ménages
03:16qui ne sont pas bonnes, la consommation des ménages s'érode, vraiment.
03:20Les indices, il y a un indice le plus suivi qui mesure la confiance des ménages,
03:26qui est l'indice Michigan, on est à un plus bas depuis 74 ans,
03:32depuis que l'indice existe.
03:33Il y a une vraie inquiétude du ménage américain,
03:35ça ne se voit pas encore dans la consommation,
03:37mais ça pourrait se voir dans les prochains mois.
03:39Qu'est-ce qu'il peut faire, Kevin Warch, avec tout ça ?
03:40Parce que lui, qui avait pour mandat de ne pas monter les taux,
03:43ça me paraît, il y a tous les ingrédients, là.
03:45C'est vraiment le worst job in the world, le pire job qu'il y a en ce moment,
03:48parce que, d'un côté, on ne peut pas baisser les taux,
03:51on le dit, il y a l'inflation qui repart à la hausse,
03:53et puis le taux de chômage qui est plutôt bas et l'emploi qui se tient,
03:57donc difficile, dans ces conditions, de baisser les taux d'intérêt,
04:01et dans le même temps, attention, avec cette confiance des ménages qui s'érode,
04:04difficile de les monter également.
04:06Effectivement, la mission de Kevin Warch,
04:07qui est devenu président il y a quelques semaines seulement,
04:10et qui fera son premier grand meeting mi-juin,
04:12il sera très scruté, ce premier meeting,
04:14est dans une situation difficile,
04:16les marchés attendent une très légère hausse des taux,
04:19peut-être 25 points de base d'ici la fin de l'année 2026,
04:22voilà, on est sur une fine, fine crête là.
04:26Donald Trump lui dit qu'il s'en fiche des élections de mi-mandat,
04:29je le cite,
04:31est-ce que vous pensez qu'il peut se le permettre politiquement, économiquement ?
04:33Alors, il a le contrôle du parti qui est total,
04:37on l'a vu récemment avec les primaires qui se sont organisées,
04:41pour les midterms qui arrivent,
04:43Donald Trump a mis des candidats contre les sortants républicains,
04:50qui s'opposent à lui, et il gagne.
04:52Il gagne, pas partout, mais il gagne.
04:54On a vu notamment le sénateur, un sénateur du Texas sortant,
04:57John Cornyn, on a vu le sénateur de Louisiane,
04:59Bill Cassidy, qui s'était opposé,
05:02vraiment frontalement, à Donald Trump.
05:04Donc, il garde le contrôle du parti,
05:06ça montre qu'il a quand même envie
05:09de ne pas perdre ses midterms,
05:10il voit bien les sondages,
05:11il a beau ligner, il a beau dire que ce sont des statistiques
05:14qui sont complètement bidons,
05:15la réalité c'est qu'aujourd'hui, on s'attend à une vague démocrate,
05:17à la Chambre, c'est quasiment certain,
05:19au Sénat, on verra,
05:20mais ce qui est clair, c'est qu'aujourd'hui,
05:22ces midterms sont une échéance majeure,
05:24parce que c'est une question de liberté.
05:26Donald Trump est challengé par des frondeurs républicains au Congrès.
05:31Sur des votes, notamment sur des affaires de financement.
05:34Sur des histoires de financement,
05:35on sait qu'il est très critiqué pour le financement,
05:37notamment de sa salle de balle à la Maison Blanche,
05:39il est aussi critiqué pour le fonds d'indemnisation
05:41qu'il voulait lever après l'attaque du Capitole du 6 janvier 2021.
05:48Donc, il est critiqué, il est contesté.
05:51Lui dit, je passe outre, je suis le président,
05:53je fais ce que je veux.
05:55Ce n'est pas si simple.
05:56Les États-Unis restent quand même une puissance,
05:58même si parfois elles perdent certains éléments,
06:00reste une puissance, certes, bien sûr,
06:02mais aussi un élément de contre-pouvoir.
06:04Merci beaucoup Alexis.
06:05Kerklinz Marchand est venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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