00:00On s'attendait à des bons chiffres sur l'emploi américain, on a été servi.
00:04Alexis Kathleen, ce marché, bonjour, directeur de la déléguée d'Advisory.
00:08172 000 créations nettes d'emploi, c'est le double de ce qui était attendu par les analystes.
00:13Oui, le marché du travail aux Etats-Unis est solide, c'est d'ailleurs l'élément le plus positif de
00:18l'économie américaine actuellement,
00:20avec ces bons chiffres de l'emploi que vous avez cités.
00:22Il y a eu aussi d'ailleurs une révision à la hausse également des deux mois précédents, presque 100 000
00:27emplois supplémentaires.
00:28Donc le marché du travail dans sa globalité se tient bien, ce qui veut dire que le taux de chômage
00:31reste globalement stable.
00:33On est à 4,3%. 4,3% c'est vraiment dans l'échelle depuis un an, on est entre
00:374,3, 4,4, 4,5 depuis un an.
00:40Les inscriptions hebdomadaires au chômage restent bien contenues.
00:44En fait, c'est ce qui fait dire à la Fed aujourd'hui, nous sommes dans un moment particulier, la
00:48Fed dans son dernier beige book,
00:49c'est un de ses rapports de conjoncture, ses points de conjoncture, qui explique qu'aujourd'hui les employeurs américains
00:54hésitent à embaucher,
00:55mais ils hésitent aussi à licencier. Il y a une petite expression américaine qui passe très bien, c'est «
01:00low hire, low fire ».
01:02C'est-à-dire vraiment, on recrute peu, mais on licencie peu, on est dans ce moment une forme de
01:06stabilité.
01:07Et on pensait pourtant voir l'impact de l'intelligence artificielle dans certaines grosses boîtes, c'est pas ce qu
01:12'on voit.
01:13Alors il y a un double effet, c'est-à-dire que l'intelligence artificielle tire la croissance aujourd'hui.
01:18Les investissements dans l'infrastructure tirent la croissance. Et on le voit d'ailleurs, à la fois quand on regarde
01:23l'indicateur manufacturier,
01:25qui est à un niveau tout à fait élevé et continu, on est mois après mois, on est sur des
01:28niveaux élevés,
01:29et puis même plus généralement, même les services aussi tirent bien.
01:32En revanche, ça a un effet sur l'emploi.
01:34C'est-à-dire que 40% des emplois qui ont été supprimés au mois de mai 2026,
01:40ont été dans la tech, et on explique ces licenciements massifs dans ce secteur-là,
01:45alors que d'autres sont beaucoup plus dynamiques, justement par l'impact de l'intelligence artificielle.
01:50Annalisa ?
01:50Est-ce que globalement, on peut dire que c'est un moment économique plutôt positif pour Donald Trump,
01:54malgré la tension sur le pétrole, ou il faut nuancer ?
01:56Alors, il y a les choses positives, vraiment, on l'a dit, l'emploi, la croissance économique se tient.
02:00On est plutôt sur des niveaux annuels, actuellement, on peut les imaginer autour de 2%,
02:04c'est plutôt moins que, on a l'habitude de voir aux Etats-Unis, on est plutôt à 2,5
02:07-3% sur une année normale.
02:09On est plutôt sur 2%, on imaginait 2,5% au début d'année.
02:13Mais entre-temps, évidemment, guerre en Iran, et ça, ça fait le lien avec l'élément le plus négatif,
02:20aujourd'hui, de l'économie américaine, c'est l'inflation, c'est le sujet qui inquiète.
02:25Alors, vous prenez tous les indicateurs d'inflation, que ce soit des indices de prix à la consommation,
02:30des indices de prix à la production, quel que soit le panier, quel que soit le niveau d'observation,
02:34vous avez aujourd'hui une remontée forte de l'inflation, notamment dans les prix à la production.
02:40Ça, c'est le plus inquiétant, probablement, parce que c'est souvent un indicateur avancé
02:43de ce qui va se passer derrière sur la consommation.
02:46On le sait, il y a eu deux chocs exogènes.
02:48Le premier choc, c'est évidemment le conflit en Iran,
02:52quand le prix de l'essence augmente de 30 à 40% sur un an,
02:56ça joue nécessairement sur la consommation.
02:58Puis, il y a un deuxième choc, il est plus structurel d'ailleurs qu'exogène,
03:01ce sont les fameux droits de douane.
03:03Certes, ils ont été réduits, certes, la Cour suprême a fait en sorte
03:06qu'ils ne soient pas complètement appliqués,
03:08mais n'empêche que les prix des intrants industriels, aujourd'hui, remontent.
03:12On a, aujourd'hui, vraiment aux États-Unis, des anticipations d'inflation des ménages
03:16qui ne sont pas bonnes, la consommation des ménages s'érode, vraiment.
03:20Les indices, il y a un indice le plus suivi qui mesure la confiance des ménages,
03:26qui est l'indice Michigan, on est à un plus bas depuis 74 ans,
03:32depuis que l'indice existe.
03:33Il y a une vraie inquiétude du ménage américain,
03:35ça ne se voit pas encore dans la consommation,
03:37mais ça pourrait se voir dans les prochains mois.
03:39Qu'est-ce qu'il peut faire, Kevin Warch, avec tout ça ?
03:40Parce que lui, qui avait pour mandat de ne pas monter les taux,
03:43ça me paraît, il y a tous les ingrédients, là.
03:45C'est vraiment le worst job in the world, le pire job qu'il y a en ce moment,
03:48parce que, d'un côté, on ne peut pas baisser les taux,
03:51on le dit, il y a l'inflation qui repart à la hausse,
03:53et puis le taux de chômage qui est plutôt bas et l'emploi qui se tient,
03:57donc difficile, dans ces conditions, de baisser les taux d'intérêt,
04:01et dans le même temps, attention, avec cette confiance des ménages qui s'érode,
04:04difficile de les monter également.
04:06Effectivement, la mission de Kevin Warch,
04:07qui est devenu président il y a quelques semaines seulement,
04:10et qui fera son premier grand meeting mi-juin,
04:12il sera très scruté, ce premier meeting,
04:14est dans une situation difficile,
04:16les marchés attendent une très légère hausse des taux,
04:19peut-être 25 points de base d'ici la fin de l'année 2026,
04:22voilà, on est sur une fine, fine crête là.
04:26Donald Trump lui dit qu'il s'en fiche des élections de mi-mandat,
04:29je le cite,
04:31est-ce que vous pensez qu'il peut se le permettre politiquement, économiquement ?
04:33Alors, il a le contrôle du parti qui est total,
04:37on l'a vu récemment avec les primaires qui se sont organisées,
04:41pour les midterms qui arrivent,
04:43Donald Trump a mis des candidats contre les sortants républicains,
04:50qui s'opposent à lui, et il gagne.
04:52Il gagne, pas partout, mais il gagne.
04:54On a vu notamment le sénateur, un sénateur du Texas sortant,
04:57John Cornyn, on a vu le sénateur de Louisiane,
04:59Bill Cassidy, qui s'était opposé,
05:02vraiment frontalement, à Donald Trump.
05:04Donc, il garde le contrôle du parti,
05:06ça montre qu'il a quand même envie
05:09de ne pas perdre ses midterms,
05:10il voit bien les sondages,
05:11il a beau ligner, il a beau dire que ce sont des statistiques
05:14qui sont complètement bidons,
05:15la réalité c'est qu'aujourd'hui, on s'attend à une vague démocrate,
05:17à la Chambre, c'est quasiment certain,
05:19au Sénat, on verra,
05:20mais ce qui est clair, c'est qu'aujourd'hui,
05:22ces midterms sont une échéance majeure,
05:24parce que c'est une question de liberté.
05:26Donald Trump est challengé par des frondeurs républicains au Congrès.
05:31Sur des votes, notamment sur des affaires de financement.
05:34Sur des histoires de financement,
05:35on sait qu'il est très critiqué pour le financement,
05:37notamment de sa salle de balle à la Maison Blanche,
05:39il est aussi critiqué pour le fonds d'indemnisation
05:41qu'il voulait lever après l'attaque du Capitole du 6 janvier 2021.
05:48Donc, il est critiqué, il est contesté.
05:51Lui dit, je passe outre, je suis le président,
05:53je fais ce que je veux.
05:55Ce n'est pas si simple.
05:56Les États-Unis restent quand même une puissance,
05:58même si parfois elles perdent certains éléments,
06:00reste une puissance, certes, bien sûr,
06:02mais aussi un élément de contre-pouvoir.
06:04Merci beaucoup Alexis.
06:05Kerklinz Marchand est venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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