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  • há 3 horas
Humans are highly social beings and the influence of those around us on our perception, decisions, and general behaviour is far greater than we realise. Whether it's social stress, our tendency to conform or the so-called "wisdom of crowds" - in this episode, neuroscientist Albert Moukheiber looks at the social brain.

Director: Vincent Amouroux
Transcrição
00:07Our brain doesn't work like a control control,
00:10which would be content to treat the information received from all our senses
00:14and to make us react in consequence,
00:16in the way the most rational, the most logical way.
00:19Our brain filter, predict, interprets and reconstruct the reality.
00:28But another factor is incontourable for its function,
00:32the others.
00:34The research in cognitive science shows that at any age of life,
00:37in the real life or virtual world,
00:41our social brain governs,
00:43to play with us.
00:45You're playing with me.
00:52Episode 2. Mon cerveau et les autres.
01:04Je suis Albert Mouckebert,
01:06docteur en neurosciences cognitives et psychologue clinicien.
01:09Et je suis accompagné de ma fille Mina
01:11pour aborder cette question fondamentale,
01:14notre rapport à l'autre.
01:21Nous ne sommes pas des êtres isolés,
01:24autonomes dans nos pensées et dans nos décisions.
01:27Nous sommes en constante interaction avec nos congénères.
01:34Comme les abeilles dans leurs ruches,
01:37les étourneaux volant en nuées,
01:39ou les moutons se regroupant pour se protéger,
01:42nous dépendons les uns des autres.
01:44Nos cerveaux sont façonnés pour la coopération,
01:47nos sociétés structurées pour la vie en groupe.
01:50Notre épanouissement dépend de la richesse
01:53de nos relations interpersonnelles.
01:57On est des animaux sociaux et on est tout le temps
01:59en train d'essayer de prédire que pensent les autres,
02:02qu'est-ce qu'ils vont penser de moi,
02:03comment est-ce que je suis perçu,
02:05comment est-ce que je pourrais faire plaisir à quelqu'un.
02:07Un endroit qui peut très bien illustrer ces processus,
02:10qui vont former nos comportements,
02:11nos actions, nos décisions,
02:13c'est par exemple un marché de Noël.
02:17Dans un marché de Noël,
02:19on se met à la place de nos proches
02:21pour choisir leurs cadeaux.
02:22On fait la queue devant les stands.
02:24On est poli, on se sourit.
02:27Ça paraît anodin.
02:29Mais plus qu'on ne l'imagine,
02:31la présence de l'autre influence nos comportements,
02:34nos pensées,
02:35nos émotions,
02:36nos décisions.
02:37Et ce, dès notre venue au monde.
02:42Contrairement à d'autres mammifères,
02:43le bébé humain reste pendant ses premières années
02:46totalement dépendant des autres.
02:49Pour comprendre la nécessité des interactions
02:52pour le développement cognitif de l'enfant,
02:54nous sommes allés voir Lucie Rose,
02:57docteur en psychologie.
02:59Ses recherches portent sur le comportement prosocial,
03:01le rôle clé de l'altruisme et de l'empathie
03:04dans le développement de l'enfant.
03:06Quand on naît,
03:08on a besoin, en tant qu'être humain,
03:09d'avoir des soins très rapprochés de la part de l'adulte
03:11pour assurer notre survie,
03:12parce qu'on n'est pas autonome.
03:16On a besoin d'aide pour manger,
03:18pour les soins corporels,
03:20pour aller d'un endroit A à un endroit B.
03:22Et c'est là aussi que très tôt
03:25se mettent en place ces relations humaines
03:27et cette appétence pour les émotions des autres,
03:30les visages des autres.
03:34Et pour identifier rapidement
03:36ceux qui vont assurer notre survie,
03:39notre cerveau nous joue à un petit tour
03:41dont nous avons tous fait un jour l'expérience,
03:43sans réaliser à quel point il est fondamental.
03:47On va le voir avec Lucie Rose,
03:49qui fait une expérience avec ma fille Mina,
03:52âgée de 3 ans et demi.
03:54Alors, Mina, là, je vais te demander
03:56de regarder cette image.
03:58Alors, est-ce que cette photo,
03:59elle te fait penser à quelque chose ?
04:00Oui.
04:00Elle te fait penser à quoi ?
04:02À des yeux.
04:03D'accord.
04:04Mais donc, t'as vu des yeux ?
04:06Oui.
04:06La prochaine image.
04:08Qu'est-ce que tu vois ?
04:10Quelque chose qui ressemble à un fantôme.
04:12Un fantôme ?
04:14Oui.
04:14Tu vois comme un visage de fantôme ?
04:16Oui.
04:17Oui.
04:18Et maintenant, cette image-ci.
04:21Elle me fait penser à des yeux et une bouche.
04:24Elle te fait penser à des yeux et une bouche ?
04:27Oui.
04:27Je vois des pâtons qui sont comme des yeux
04:30et un bout de bois qui est comme une bouche,
04:34mais c'est pas très bien placé.
04:37Une bouche pas très bien placée,
04:39un fantôme et des yeux dans la neige,
04:41si ma fille ne peut s'empêcher de voir un visage
04:44dans toutes ses photos,
04:45c'est parce que son cerveau est programmé pour cela.
04:48Plusieurs expériences ont montré que,
04:50dès ses premières semaines de vie,
04:52un nourrisson va porter prioritairement son attention
04:55sur des formes évoquant le visage humain.
04:57On peut lui présenter des étoiles,
04:59un arc-en-ciel ou des voitures,
05:00c'est vers le smiley qu'il préférera se tourner.
05:04Notre capacité à percevoir des visages
05:07n'est pas uniquement cruciale pour notre survie,
05:09elle nous sert aussi à poser les bases de notre cognition sociale.
05:13Parce que reconnaître les visages, c'est le premier pas
05:16dans le fait de pouvoir inférer l'état mental d'une personne
05:19et notamment ses émotions.
05:22Est-ce qu'il est triste ?
05:22Ça se voit sur son visage.
05:24Est-ce qu'il est heureux ?
05:24Ça se voit peut-être sur son visage.
05:26Et on sait que la reconnaissance des émotions sur le visage
05:30intervient dans la première année de vie,
05:31donc c'est extrêmement précoce par rapport à tous ces mécanismes
05:34de cognition sociale qui se mettent en place par la suite.
05:37Et donc c'est un vrai avantage qui nous permet
05:39de rentrer petit à petit en interaction.
05:42Avant même d'avoir un an, le nourrisson est capable
05:45de développer toute une batterie d'expressions
05:47qui lui permettent d'interagir et d'obtenir l'attention
05:50des autres humains.
05:57Le psychologue américain Edward Tronick a montré dès les années 1970
06:01combien ces signaux sociaux étaient vitaux
06:04en étudiant les interactions mère-enfant.
06:07Ces gestes, ces mimiques, sont autant de signes
06:11d'une synchronisation de l'enfant avec sa mère.
06:14Cette coordination leur permet d'installer
06:16une forme de dialogue.
06:26Mais si la mère rond l'échange, en affichant un visage inexpressif,
06:31l'attitude du bébé change immédiatement.
06:53Cette expérience, aussi dérangeante que révélatrice,
06:57démontre combien ces interactions précoces sont primordiales
07:01pour le nourrisson.
07:03Sans rapport à l'autre, on sait aujourd'hui
07:06que même si les besoins physiologiques d'un bébé sont assurés,
07:10son développement restera incomplet.
07:14Cela dit notre dépendance aux autres.
07:19Mais pour qu'une interaction prenne son plein potentiel,
07:22il faut être capable de comprendre ce que l'autre pense,
07:26ses désirs, ses intentions.
07:30On appelle ça la théorie de l'esprit,
07:32la capacité à se représenter les états mentaux d'autrui.
07:37C'est une étape majeure dans le développement de l'enfant.
07:40Pour l'évaluer, les spécialistes comme Lucie Rose
07:42utilisent un test conçu dans les années 80,
07:45le test de Sally et Anne.
07:48C'est une expérience qui a été créée à la base
07:50pour comprendre le rôle de la théorie de l'esprit dans l'autisme,
07:53mais qui finalement aujourd'hui a une utilisation un peu plus large
07:57dans la psychologie du développement,
07:59pour comprendre à quel âge les enfants arrivent à passer cette étape,
08:02de comprendre qu'une autre personne peut avoir des croyances
08:06qui sont différentes des nôtres, mais aussi différentes de la réalité,
08:09et raisonner par rapport à cette connaissance justement de la fausse croyance.
08:14Pour comprendre ce concept de la théorie de l'esprit,
08:17nous avons reproduit le test de Sally et Anne avec Roméo qui a 3 ans
08:20et un hippopotame qui fait une sieste dans l'une de ses boîtes.
08:24C'est un peu fatigué.
08:26Est-ce qu'il peut continuer sa sieste ?
08:27Oui.
08:28D'accord, je vais remettre dans la boîte.
08:30Je vais aller chercher de l'eau parce que j'ai très soif et je reviens, d'accord ?
08:36Pendant mon absence, l'hippopotame va être changé de boîte,
08:40ce que je ne suis pas censé savoir.
08:41Là, Albert est parti.
08:44Donc je le mets ici.
08:46Bonne sieste, hippopotame.
08:47L'objectif est de voir si Roméo peut adopter mon point de vue.
08:51Je referme cette boîte.
08:52On appelle Albert ?
08:53Albert !
08:55Alors, à ton avis,
08:57Albert, il va aller chercher l'hippopotame dans quelle boîte ?
09:01Dans celle-là ?
09:03Je vais chercher ici ?
09:05Ici ?
09:06Et où ?
09:07Il est encore impossible pour Roméo d'envisager que je ne peux pas savoir où est l'hippopotame,
09:11que je n'ai pas accès aux mêmes informations que lui.
09:14Donc je regarde ici ?
09:18Et ici ?
09:19Il ne peut pas encore se mettre à la place de l'autre.
09:23D'ici quelques mois, Roméo aura franchi ce cap du développement de la cognition sociale
09:27et saura produire sans difficulté la réponse correcte.
09:31Les recherches ont en effet montré que c'est en moyenne entre 4 et 6 ans
09:35que les enfants acquièrent la capacité à se représenter le point de vue d'autrui.
09:41Alma, 5 ans, a acquis la théorie de l'esprit.
09:46Elle s'amuse à me piéger en connivence avec Lucie Rose.
09:50S'instaure alors un jeu social.
09:53Pourquoi il est allé le chercher là, à ton avis ?
09:55Parce qu'il ne savait pas.
09:58C'est intéressant comment on a vu avec l'âge, la progression ?
10:02On teste la théorie de l'esprit, mais ça nous permet de voir énormément de choses,
10:05que ce soit l'attention sociale aux autres
10:08et l'interaction qui se met en place chez les plus petits en rigolant,
10:12chez les plus grands par cette surprise, ce petit tour partagé.
10:17Ça nous permet de voir à quel point toute la cognition sociale est impliquée dans cette tâche
10:22et à travers les âges, elle devient de plus en plus complexe, réfléchie et presque stratégique.
10:28Cette capacité va s'affiner en grandissant.
10:31Elle s'enrichit de nos expériences de vie,
10:34accompagne notre développement cognitif
10:36et nous permet de devenir un animal social complet.
10:39Raisonner à partir du point de vue de l'autre permet d'améliorer nos échanges
10:43et de chercher cette coordination qui nous est indispensable.
10:48Mais même si nous sommes capables d'imaginer ce que l'autre ressent,
10:51ce qui se passe dans son cerveau reste, par définition, inaccessible.
10:56Et cela peut nous jouer des tours.
10:58Bonjour à tous et à toutes.
11:01Merci encore d'être là.
11:03Car cela crée une incertitude fondamentale qui pèse sur notre rapport à l'autre
11:07et influence nos interactions sociales.
11:10Je ne sais pas si vous savez, mais dans notre cognition sociale,
11:12on a trois ordres de pensée.
11:15On a ce qu'on appelle les pensées du premier ordre,
11:17c'est qu'est-ce que je pense de moi ?
11:18Est-ce que je pense que je suis quelqu'un de bien, de pas bien,
11:21de sympa, de colérique, de calme ?
11:23On a ce qu'on appelle les pensées du second ordre,
11:25c'est qu'est-ce que je pense des autres ?
11:26Est-ce que je pense que vous êtes un public sympathique ?
11:30Et puis il y a ce qu'on appelle les pensées du troisième ordre.
11:32Les pensées du troisième ordre, c'est qu'est-ce que je pense que les autres pensent de moi ?
11:36Et pour comprendre l'importance de ces pensées du troisième ordre,
11:38the regard of others on me, there is a very effective exercise
11:43the public prise of words in public
11:45Is there someone in the room who wants to talk for 1-2 minutes
11:51in front of everyone?
11:55Very quickly
11:56and like most of the time when I realize this test
11:59the or the volontaire perd his moyens
12:01And here I am in the fac for the neurology
12:07and it's extremely difficult to speak
12:10Yes, but thank you
12:11if it doesn't work, thank you
12:15I know it's hard to say that's going to be difficult
12:16Thank you
12:18Bravo, thank you
12:21We're going to pass to our second experience
12:24Parler in public, it's s'exposer
12:25prendre the risk of ridiculizing
12:27and fear of being potentially rejected by the group
12:30I can start imagining that people think
12:33that I'm not interested
12:35Voir in their eyes
12:36a sort of negative judgment
12:37where they are convinced of being there
12:39or they find, I say, banalities
12:43These thoughts of the third order
12:44which can sometimes be parasitic
12:45they can put in a body and cognitive
12:49that we all know and call the stress
12:52In these situations
12:53on a beau avoir conscience
12:55qu'une partie of our body
12:56joue en nous, contre nous
12:58on is incapable of reacting
13:04To understand what happens
13:05at the level of physiological and cognitive
13:08we are going to see
13:09one of the best specialists
13:10of stress
13:12At the University Côte d'Azur
13:14the Dr Jacques Barrick
13:15studied with his team
13:16the effects of what we call
13:18the mal du siècle
13:22It is true that stress
13:23in our modern society
13:24has a connotation
13:26a negative connotation
13:26but in fact
13:27the stress is essential
13:28to life
13:28If we dive into
13:30the pioneering work
13:31of Hans Selyer
13:33a physiologist
13:34who has spent many years
13:35to define the conditions
13:36of stress
13:37to try to understand
13:38the mechanisms
13:39and the reactions
13:39that were induced
13:40for him
13:41his definition
13:42was that it was
13:43a reaction
13:43to defense
13:44of our organism
13:45it will therefore
13:46promote the survival
13:48of an individual
13:48within a group
13:49within an environment
13:51We talk about
13:52reaction of stress
13:53a reaction instinctive
13:56that most animals face
13:57to a imminent danger
13:58which is expressed
13:59in three ways
14:00the fuite
14:02the combat
14:03or the immobilization
14:07the immobilization
14:08or freezing
14:09in English
14:09is a state of hyper-vigilance
14:12which allows
14:12normalement
14:13to react
14:13in the most adaptable
14:15but also
14:16to make us lose
14:17our moyens
14:17like for the speech
14:18in public
14:20it is precisely
14:21this comportment
14:22that is what
14:23is Jack Barrick
14:24he gives us
14:25an experience
14:26with his team
14:27with his members
14:28of his team
14:30he will confront
14:32to a particularly
14:33stressant
14:44face à un serpent
14:47la réaction
14:48ne se fait pas
14:48attendre
14:51respiration
14:52accélérée
14:53pupilles dilatées
14:54muscles crispés
14:59le rythme cardiaque
15:02atteint plus
15:03de 150 battements
15:04par minute
15:04au lieu de 60
15:05à 65
15:06en moyenne
15:07au repos
15:09ces signaux
15:10vont déclencher
15:11des réactions
15:11cascade
15:13qui vont mobiliser
15:14ce que l'on appelle
15:15des messagers chimiques
15:17et donc ces messagers chimiques
15:19vont permettre
15:19de coordonner
15:20une réponse
15:21de notre organisme
15:22face à une situation
15:23particulière
15:25l'organisme déclenche
15:27une réaction de stress
15:28nos volontaires
15:29ne vont ni tenter
15:31de fuir
15:31ni de combattre
15:32le serpent
15:33ils vont s'immobiliser
15:34c'est ça l'état
15:35de freezing
15:37mais ce qui est étonnant
15:39c'est la réaction
15:40de ces mêmes volontaires
15:41soumis à un danger
15:42d'une toute autre nature
15:43on va commencer cette expérience
15:44messieurs
15:45cette fois ci
15:46l'agence stressant
15:47n'est autre
15:47que notre équipe de tournage
15:49bonjour
15:50bon
15:51les volontaires
15:52doivent répondre
15:52sans y avoir été préparés
15:54à des questions scientifiques
15:56sur leurs sujets d'études
15:58des sujets qu'ils connaissent
15:59parfaitement
16:01c'est des gens
16:02qui ont déjà passé
16:02des euros
16:03des euros pour un entretien
16:04des euros à l'école doctorale
16:05donc il y a une prise de parole
16:06pendant leurs études
16:07tout le monde
16:08a un minimum
16:09un bac plus 5
16:09avec des années plus ou moins
16:11avancées dans le doctorat
16:11donc la prise de parole
16:13elle est là
16:14mais elle est souvent contrôlée
16:15on est préparés
16:16mais cette situation
16:17elle était nouvelle
16:19être interviewés
16:20ne représente aucun danger
16:22mais nos volontaires
16:23se retrouvent
16:23dans le même état physiologique
16:25qu'avec le serpent
16:26les regards potentiels
16:28de milliers d'inconnus
16:28les placent
16:29dans la situation
16:30d'être jugés négativement
16:32et donc
16:32d'être potentiellement
16:33exclus du groupe
16:35pour notre cerveau
16:36c'est une menace
16:37quasi similaire
16:38à celle d'un prédateur
16:42chez nos cobayes
16:43le rythme cardiaque
16:44ne cesse d'augmenter
16:45ils vont une nouvelle fois
16:46se figer
16:49et cette réaction
16:50de freezing
16:51va directement altérer
16:52leur capacité cognitive
16:54j'ai passé d'autres questions
16:56par exemple
16:56est-ce qu'il y avait
16:57un lien entre
16:58les diacognitifs
16:59et le stress
17:03on a vu que les personnes
17:04ne trouvaient pas forcément
17:05les mots
17:05alors que ces étudiants
17:07travaillent au laboratoire
17:08ils connaissent
17:08ils ont déjà entendu l'étude
17:09et donc on a vu que
17:11cette phase de stress
17:12leur empêchait
17:13d'aller récupérer
17:14de l'information
17:15qu'ils avaient déjà consolidée
17:17donc là on a vu que le stress
17:19allait diminuer
17:20leur capacité cognitive
17:21et ils se retrouvaient
17:22un petit peu
17:22on va dire la bouche bée
17:23devant ces questions
17:25auxquelles ils avaient
17:25les réponses
17:26mais n'étaient pas capables
17:27de les restituer
17:28donc là le stress
17:28pour le coup
17:29était mésadapté
17:30la recherche a révélé
17:32depuis longtemps
17:32que le freezing
17:33lorsqu'il devient récurrent
17:34peut évoluer
17:35en trouble pathologique
17:37en étudiant le cerveau
17:39de souris
17:39soumise à un stress
17:40Jacques Baric
17:41et ses collègues
17:42ont fait récemment
17:43une autre découverte
17:44ce que nous avons apporté
17:45comme pièce au puzzle
17:46en plus
17:47c'était l'identification
17:48d'une nouvelle structure
17:49cérébrale
17:50qui vient moduler
17:51cette réponse
17:52de freezing
17:53Un réseau cérébral
17:54capable d'agir
17:55sur un état de freezing
17:56prolongé
17:56c'est un mécanisme
17:58qui était jusque-là
17:58inconnu
18:01Pour nous il était important
18:02d'en comprendre
18:03sa modulation
18:04parce que dans ces cas-là
18:05on peut imaginer
18:06et développer
18:07des outils
18:07qui vont nous permettre
18:09de potentiellement
18:10contrôler
18:10ou au moins diminuer
18:11cette réaction freezing.
18:14La voie a de nouvelles pistes
18:15thérapeutiques
18:15pour soigner les formes
18:17sévères d'anxiété chronique
18:18de stress post traumatique
18:19et de phobie sociale
18:21Ne pas être exclu par les autres
18:29est un enjeu majeur
18:30pour chacun d'entre nous
18:32sans que nous en ayons
18:33toujours conscience
18:34nous mettons en place
18:35des stratégies
18:36pour faire partie
18:37activement du groupe
18:39une de ces stratégies cognitives
18:41une de ces stratégies cognitives
18:41est le conformisme social
18:43pour l'illustrer
18:44regardez cet attroupement
18:46vous avez peut-être déjà
18:48connu cette situation
18:49à 6
18:51quelqu'un s'arrête
18:52et se met à fixer un point
18:53sans y réfléchir
18:55vous faites
18:55la même chose
18:58vous pouvez le tester
18:59avec des amis
19:00vous n'avez pas besoin
19:01d'être nombreux
19:02pour qu'une grande majorité
19:03des passants
19:04se mettent à vous imiter
19:05maintenant je ne vois plus
19:06mais je pense qu'il est derrière
19:08c'est le principe
19:09de la preuve sociale
19:11si les autres le font
19:12c'est qu'ils ont sûrement
19:13une bonne raison de le faire
19:15bah c'est pas un lézard
19:16c'est beaucoup trop gros
19:17cela nous pousse
19:18à adopter le même comportement
19:20quand nous avons fait le test
19:21certains passants
19:22ont même cru voir un animal
19:24alors qu'il n'y avait rien
19:25moi j'y connais rien
19:25un serpent perso
19:28cette expérience
19:28a été conçue
19:29par un groupe
19:30de scientifiques américains
19:32considérés comme
19:32les pères fondateurs
19:33de la psychologie sociale moderne
19:36profondément marqués
19:37par la machine totalitaire nazie
19:38ils ont mis au coeur
19:39de leur recherche
19:40la question du conformisme
19:41pour mesurer l'influence
19:43du groupe
19:43sur l'individu
19:51Leur mentor
19:52Solomon H
19:53a publié en 1951
19:55les résultats
19:56d'une expérience
19:56sur le conformisme social
19:58qui a fait couler
19:59beaucoup d'encre
19:59elle montrait
20:01que pour se conformer
20:02au reste du groupe
20:0235% des participants
20:04étaient prêts
20:05à donner une mauvaise réponse
20:07c'est vraiment
20:08une expérience
20:09qui est souvent citée
20:10pour expliquer
20:11qu'on ne réfléchit pas
20:13qu'on est un peu
20:13des moutons
20:14et qu'on suit tout le monde
20:15je vous demandais
20:16de vous mettre là
20:18quelle est notre tendance
20:19au conformisme aujourd'hui
20:21c'est la question
20:22que nous nous sommes posés
20:22en reproduisant
20:23l'expérience de H
20:26l'expérience
20:27c'est assez simple
20:28on va dire
20:29c'est un test
20:30de perception
20:31et de proportion
20:32comment est-ce qu'on compare
20:33des objets entre eux
20:34en l'occurrence
20:35nos objets aujourd'hui
20:35c'est des barres
20:36donc là vous avez
20:37ce qu'on appelle
20:38une barre témoin
20:39et des barres cibles
20:40vous devez trouver
20:41quelle est la barre
20:41qui correspond à la barre témoin
20:42donc ça peut être A, B, C
20:44vous allez marcher
20:45à la lettre qui correspond
20:46et vous allez faire ça
20:47à tour de rôle
20:48et on va faire ça 6 fois
20:49et après ça sera fini
20:50l'exercice est très simple
20:53sans aucune difficulté
20:54sauf que dans ce groupe
20:56tous sont complices
20:57excepté une personne
20:59et c'est elle
21:00que nous observons
21:01l'expérience commence
21:04les complices
21:05et notre cobaye
21:05donnent les mêmes réponses
21:06logiques et cohérentes
21:08une fois
21:11deux fois
21:12trois fois
21:13tout va bien
21:14jusqu'à ce changement
21:16de barre témoin
21:23cette fois ci
21:24tous nos complices
21:25donnent la même
21:26mauvaise réponse
21:30la confusion se lie alors
21:32sur le visage du cobaye
21:38j'ai effectivement un temps
21:40d'hésitation
21:41et une remise en question
21:42de mes propres perceptions
21:44il y a forcément
21:45une hésitation de
21:46est ce que je vais pas répondre
21:47comme les autres
21:47et tant pis
21:48mais je crois
21:49que j'ai préféré
21:50faire confiance
21:51dans mes propres perceptions
21:52et je sais pas
21:53si au fond
21:54je sais pas
21:55si ça aurait été
21:55si facile que ça
21:56je pense que ça aurait
21:57été plus violent
21:58de pas tomber sur le
21:59vraiment résultat
22:00que les autres
22:02on a répété
22:03l'expérience de H
22:04avec d'autres personnes
22:07aucun de nos cobayes
22:08n'est allé jusqu'à
22:09se conformer au groupe
22:10en donnant la mauvaise réponse
22:12mais on a pu observer
22:14chez chacun d'entre eux
22:15que la divergence au groupe
22:16crée des signes d'incertitude
22:19c'est vrai qu'à partir
22:20du moment où tout d'un coup
22:21on devient le seul
22:22à avoir des résultats
22:23différents
22:24c'est toujours un petit peu
22:25troublant
22:26on se sent un peu à poil
22:28je sais pas comment dire
22:29il y a un petit côté
22:30vulnérable
22:31oui exactement
22:32on se sent très isolé
22:33très vulnérable
22:34c'est pas hyper confortable
22:40en fait les autres
22:41c'est pas des participants
22:41c'est nos complices
22:42vous vous êtes le seul participant
22:44c'est pour ça qu'on fait
22:45l'interview avec vous
22:46les autres ont leur a dit
22:47quelle réponse donner
22:48bah maintenant je me sens bien
22:50vous vous sentez mieux
22:51on se sent tellement mieux
22:53quand on fait comme les autres
22:56dans la vie de tous les jours
22:57il n'est pas facile
22:58de se retrouver seul
22:59face au groupe
23:01quand le coût cognitif et social
23:02est trop élevé
23:03on préfère se conformer
23:04même quand on n'est pas d'accord
23:06on appelle ça
23:07la conformité normative
23:09cette conformité normative
23:11on l'explique de plusieurs manières
23:12la pression du groupe
23:13c'est ce qu'on voit souvent
23:14par exemple dans les mouvements
23:15de groupes
23:16à l'adolescence
23:17on n'a pas envie de sortir du lot
23:18je sais pas je vais au cinéma
23:19on regarde tous un film
23:20je regarde le film
23:21je pense qu'il est pas top
23:22mais en sortant de la salle
23:23je réalise que tout le monde
23:24l'a trouvé génial
23:25je me dis bah je vais dire
23:26que c'est génial
23:27pour pas froisser le groupe
23:29nous pouvons nous conformer
23:31pour le meilleur
23:31par politesse
23:32par amitié
23:33par amour
23:34mais la conformité normative
23:36peut aussi mener au pire
23:38vers des comportements à risque
23:45suivre le groupe
23:46peut s'avérer dangereux
23:47pour soi et les autres
23:50cela peut transformer
23:51un après match de foot en émeute
23:56ou un bizutage étudiant potache
23:58en fait divers tragiques
24:05cette tendance à la conformité
24:07nous rend aussi particulièrement vulnérables
24:09à certaines manipulations
24:11des esprits mal intentionnés
24:13n'hésitent pas à abuser
24:14de cette faiblesse
24:15à laquelle notre cognition sociale
24:17nous expose
24:18une célèbre arnaque
24:20l'illustre très bien
24:22mesdames messieurs
24:23rouge qui gagne
24:24noir qui perd
24:24d'accord rouge qui gagne
24:25vous avez peut-être
24:27entendu parler du bonto
24:30un conseil
24:31n'essayez pas d'y jouer
24:33car vous n'avez pas
24:34la moindre chance de gagner
24:37un groupe
24:37s'est formé autour
24:38d'un meneur de jeu
24:39et comme on l'a vu
24:41un attroupement
24:42agit comme un aimant
24:44une passante
24:45curieuse
24:45s'approche
24:47mais ce groupe de joueurs
24:48est en fait
24:49une équipe de complices
24:51qui maîtrise parfaitement
24:52les ressorts
24:53de notre psychologie sociale
24:55prudente
24:56la passante
24:57se contente d'abord
24:58d'observer
24:58une première complice
25:00mise
25:00qui gagne madame
25:01la rouge qui gagne
25:02noir perd
25:03vous gagnez 40 hein
25:04allez c'est un jeu simple
25:05rouge qui gagne
25:06le bonter manipule les cartes
25:08de façon simple
25:09on pose
25:10retournez
25:10retournez
25:11la carte rouge
25:12et facile à trouver
25:15la passante
25:16a l'impression
25:17d'avoir compris
25:17le truc
25:19c'est bien
25:19c'est bien
25:20on recommence
25:22la même complice
25:23mise à nouveau
25:24allez je rejoue
25:25allez on rejoue
25:26rappelez-vous
25:26rappelez-vous
25:27la manipulation des cartes
25:29est toujours aussi simple
25:30mais cette fois-ci
25:31la joueuse
25:32perd sa mise
25:33alors qu'il était facile
25:34de suivre la carte rouge
25:35on pose devant la rouge
25:36on pose devant la rouge
25:36les arnaqueurs savent alors très bien
25:38ce qui se passe dans le cerveau
25:39de leur victime
25:40elle se dit
25:41moi
25:42j'aurais réussi
25:44mais elle hésite encore
25:47un autre complice
25:48va alors lui forcer la main
25:49en la faisant jouer
25:50à sa place
25:51je vais laisser poser un peu
25:52je te donne ça
25:54tu mises à ma place
25:58projetée au coeur du jeu
25:59la passante se trouve
26:01soudain au centre
26:01de la tension
26:03soumise au regard du groupe
26:04et au stress qui en découle
26:05sa perception de la situation
26:07est modifiée
26:08et lui fait oublier
26:09sa prudence initiale
26:11on retourne
26:14poussée par les encouragements
26:15de tous les complices
26:16elle décide alors
26:17de miser son propre argent
26:19elle cède à la pression
26:20du groupe
26:24à ce moment là
26:25le bonheur change sa manière
26:27de mélanger les cartes
26:28d'une façon
26:29qui n'a plus rien à voir
26:30avec celle à laquelle
26:31le cerveau de la passante
26:32s'était habitué
26:37les arnaqueurs ont su créer
26:39tout un environnement social
26:40pour influencer
26:41et piéger leurs victimes
26:43ils maîtrisent parfaitement
26:44notre tendance
26:45à la conformité
26:50ce genre d'escroquerie
26:52n'est pas le seul danger
26:53auquel nous expose
26:54notre cerveau social
26:56car on ne se contente
26:57pas seulement de suivre
26:58le groupe
26:58on se conforme aussi
27:00en permanence
27:01aux normes sociales
27:02et culturelles
27:02qui régissent nos sociétés
27:05on est nombreux
27:07on ne se connaît pas
27:09ce sont ces règles
27:10qui nous permettent
27:10de vivre tous ensemble
27:13il y a des règles explicites
27:14comme le code de la route
27:15qui nous permet de circuler
27:17en relative harmonie
27:19il y a des conventions
27:20des conventions plus implicites
27:21comme se faire la bise
27:22deux, trois ou quatre fois
27:23ou pas de bise du tout
27:25pour se dire bonjour
27:26selon l'endroit
27:26où on se trouve
27:28un socle de représentation
27:29et de croyances communes
27:30qui s'impose à nous
27:31de manière automatique
27:32sans qu'on y réfléchisse
27:36mais certaines de ces
27:37croyances collectives
27:38ont des effets néfastes
27:40et délétères
27:42c'est le cas des stéréotypes
27:44sociaux
27:44qu'ils soient racistes
27:46antisémites
27:47homophobes
27:47ou sexistes
27:48c'est le sujet de recherche
27:52d'Isabelle Régnier
27:53professeure au laboratoire
27:55de psychologie cognitive
27:56de l'université
27:57Aix-Marseille
27:58avec son collègue
27:59Pascale Huguet
28:01elle est l'autrice
28:02de plusieurs études
28:03sur les effets
28:03des stéréotypes sociaux
28:05sur nos processus
28:06cognitifs
28:06et nos performances
28:08les stéréotypes sociaux
28:09ce sont des croyances
28:11qui sont partagées
28:12à des degrés divers
28:13au sein d'une société
28:14d'une culture
28:15et ces croyances
28:16portent sur des traits
28:17de personnalités
28:18des compétences
28:19voire des incompétences
28:21qui caractériseraient
28:22certains individus
28:23en raison de leur
28:24appartenance groupale
28:34on met aussi de la valeur
28:36sur les groupes
28:37et les catégories
28:38certains groupes
28:39sont jugés plus positifs
28:40certaines catégories
28:41plus positives
28:42que d'autres groupes
28:43ou d'autres catégories
28:48ce sont des constructions
28:50sociales et culturelles
28:51et qui sont transmises
28:53par la société
28:54par différents canaux
28:56plus ou moins subtils
28:57ce serait un peu bizarre
28:58de faire des filles
28:59en garagiste
29:00les parents
29:01l'école
29:02la télévision
29:04même les ouvrages scolaires
29:05transmettent encore
29:07aujourd'hui
29:07les stéréotypes sociaux
29:08et notamment
29:09les stéréotypes de gens
29:14vous se dire
29:14allez
29:15on est en train
29:16de s'en débarrasser
29:17erreur totale
29:18erreur
29:20de nombreuses études
29:21ont montré les effets
29:22très concrets
29:23des stéréotypes sociaux
29:24que ce soit
29:25les discriminations
29:26dans l'accès à l'emploi
29:27au logement
29:28ou dans les interactions
29:30quotidiennes
29:30malgré la loi qui les condamne
29:33malgré les efforts
29:34collectifs et individuels
29:35pour les déconstruire
29:36en luttant
29:37contre les préjugés
29:37ces stéréotypes
29:39continuent
29:39d'influencer en profondeur
29:41nos pensées automatiques
29:42et nos comportements
29:44pourquoi
29:45parce que
29:46face à la complexité
29:47du monde social
29:48notre cerveau crée
29:50des raccourcis mentaux
29:51qui nous permettent
29:52de réagir rapidement
29:53ils cherchent
29:54l'efficience
29:55avant la nuance
29:57en effet
29:58notre environnement
29:59est extrêmement complexe
30:00et nos ressources cognitives
30:01sont néanmoins limitées
30:02or les stéréotypes
30:04nous permettent
30:04de simplifier
30:05efficacement
30:06notre environnement
30:07en attribuant
30:08des caractéristiques
30:09similaires
30:10à des groupes
30:11les hommes
30:11les femmes
30:12les jeunes
30:14les âgés
30:15donc
30:16ils nous permettent
30:17de simplifier
30:18notre environnement
30:18de façon assez efficace
30:21Créer des catégories
30:23est un moyen
30:23de rendre le monde
30:24plus accessible
30:25mais ces clichés
30:26créent des hiérarchies
30:27entre différents
30:28groupes humains
30:29et cela pose un autre problème
30:31dont on n'a pas conscience
30:34les stéréotypes
30:36affectent directement
30:37les performances cognitives
30:38de ceux qui en sont l'objet
30:40les scientifiques
30:41ont mis en lumière
30:41ce phénomène
30:42longtemps passé sous les radars
30:43qu'on appelle
30:44la menace du stéréotype
30:49prenons un exemple
30:51le stéréotype tenace
30:52selon lequel
30:53les filles seraient moins douées
30:54que les garçons
30:55dans les matières scientifiques
30:57on pourrait penser
30:58que ce stéréotype
31:00est vieillot
31:00et dépassé
31:02pourtant
31:02nous allons voir ensemble
31:04combien il est encore présent
31:07aujourd'hui
31:08on va faire un nouvel exercice
31:09un nouvel exercice
31:10de dessin
31:11aujourd'hui je vais vous faire passer
31:13un test pour évaluer
31:14l'aptitude des élèves
31:15en géométrie
31:16une classe de cinquième
31:17a été divisée en deux
31:19une moitié
31:20est avec son professeur
31:21d'art plastique
31:22et pense être évaluée
31:23en dessin
31:24il va falloir que vous
31:25observiez ce dessin
31:26l'autre moitié
31:27est dans la classe de mathématiques
31:28et pense être évaluée
31:30en géométrie
31:30je vous demanderai
31:31de bien observer
31:32cette figure géométrique
31:32puisque après
31:33je vais la ramasser
31:34les disciplines sont différentes
31:36mais il s'agit
31:37du même test
31:38reproduire de mémoire
31:39une figure
31:40qu'ils ont observée
31:41pendant une minute trente
31:43alors l'observation est terminée
31:44je vais refaire la figure géométrique
31:46sur la feuille blanche
31:47c'est bon
31:48vous retournez
31:49vous cachez le modèle
31:49et vous faites le dessin
31:52les résultats ont été assez bluffants
31:54lorsque le test est présenté
31:56comme un test
31:56de mathématiques
31:57géométrie
31:58les filles
31:59l'ont moins bien réussi
32:00que les garçons
32:01cet effet ne se retrouve pas
32:03en dessin
32:03c'est même un effet inverse
32:04puisque les garçons
32:05sont en difficulté
32:06par rapport aux filles
32:07dans la condition dessin
32:09bon c'est terminé
32:10vous posez les crayons
32:11vous retournez votre feuille
32:13donc les performances
32:14sont complètement inversées
32:15alors même qu'il s'agit
32:17du même test
32:17qu'il est tout aussi difficile
32:18dans les deux cas
32:19ce qui change
32:20c'est la façon de le présenter
32:21et donc de faire croire
32:23à la nature des compétences
32:25qui vont être évaluées
32:26chez les filles
32:26et chez les garçons
32:28pour ces enfants
32:29le simple fait de dire
32:31géométrie
32:31ou art plastique
32:33active la menace du stéréotype
32:36mais on retrouve cette menace
32:38à tous les âges
32:38avec des conséquences
32:40insoupçonnées
32:42j'oublie ce que j'ai fait
32:44hier
32:44où j'ai lu un bouquin
32:46et puis je ne me rappelle
32:47plus de quoi il s'agit
32:48donc ça vous inquiète
32:49bah oui parce que
32:50chez les personnes âgées
32:52de nombreuses erreurs
32:53de diagnostic
32:53ont été identifiées
32:55lors de tests de dépistage
32:56de la maladie d'Alzheimer
32:57j'ai eu toute ma vie
32:59une excellente mémoire
33:00certains patients
33:01sont soupçonnés
33:03d'être sur le chemin
33:04d'Alzheimer
33:05alors qu'ils ne le sont pas
33:06on est pas en train de parler
33:07de 2-3% d'erreurs
33:08on est en train de parler
33:09de beaucoup plus
33:10puisque la littérature
33:11scientifique internationale
33:12sur le sujet montre
33:13que les erreurs
33:14de type faux positifs
33:15peuvent monter à 30%
33:16et de la fleur
33:17la jonquille
33:18donc maintenant
33:19je reprends la fiche
33:21défauts positifs
33:22associés à nos représentations
33:24négatives du vieillissement
33:25qui lie troubles de mémoire
33:26et maladies d'Alzheimer
33:28du jeu
33:29le domino
33:30du fait de cette activation
33:32automatique
33:32du stéréotype
33:33en mémoire
33:34le stress supplémentaire
33:35qui en découle
33:36les pensées interférentes
33:38qui vont circuler
33:39dans la tête
33:40oh là là
33:40pourvu que j'y arrive
33:41pourvu que je n'échoue pas
33:42etc.
33:43vont venir mobiliser
33:44une partie
33:45des ressources cognitives
33:46c'est-à-dire une partie
33:47des ressources
33:48mnésiques
33:48et attentionnelles
33:49qui sont pourtant nécessaires
33:51pour résoudre
33:51des tâches complexes
33:52la conclusion c'est que
33:53si le test est vraiment compliqué
33:55et bien toutes ces ressources
33:56qui auraient été nécessaires
33:57pour le réussir
33:58ne sont plus là
33:59elles sont mobilisées
34:00par ce stress
34:00cette peur de l'échec
34:02la conclusion
34:02c'est une contre-performance
34:04et donc
34:04de façon presque ironique
34:06une confirmation
34:07du stéréotype
34:08il faut savoir que ces tests
34:09sont un peu stressants
34:10le stress
34:11peut nuire à la concentration
34:12et faire baisser
34:13les résultats au test
34:14mais ce qu'ont démontré
34:15Isabelle Régnier
34:16et ses collègues
34:17c'est qu'il est possible
34:18d'agir pour désamorcer
34:19la menace du stéréotype
34:21dans les cas
34:22des faux diagnostics
34:23d'Alzheimer par exemple
34:25diffuser une courte vidéo
34:26avant le dépistage
34:27suffit à limiter
34:29les pensées interférentes
34:31les gens qui perdent
34:31régulièrement leurs clés
34:32ou ne retrouvent pas
34:33leur voiture dans un parking
34:35pensent qu'ils sont atteints
34:35de cette maladie
34:36comme dans le cas du test
34:37qu'on a fait passer aux enfants
34:39on réalise à quel point
34:40la manière dont les choses
34:41nous sont présentées
34:42est déterminante
34:44elle vient activer
34:45ou inhiber
34:46le recours à cette grille
34:47de lecture omniprésente
34:49que sont les stéréotypes
34:50qui façonnent nos comportements
34:52sans que nous en ayons conscience
34:55la prise de conscience
34:57est une étape indispensable
34:59préliminaire
34:59mais elle ne suffira pas
35:03il est important de former les gens
35:06de former les étudiants
35:08les étudiantes
35:09les enseignants
35:10les personnes
35:11qui prennent des décisions importantes
35:13pour que ces personnes comprennent
35:15comment ces stéréotypes
35:17influencent le fonctionnement cognitif
35:19pour ensuite
35:20donner des clés
35:21sur la manière
35:22de neutraliser
35:24au mieux
35:24ces stéréotypes
35:30Abandonner ces croyances
35:31collectives toxiques
35:32est d'autant plus important
35:33que les stéréotypes sexistes
35:35racistes
35:36ou homophobes
35:37prospèrent dans un espace social
35:38devenu aujourd'hui incontournable
35:41les réseaux sociaux
35:44les géants du numérique
35:46qui ont conçu ces applications
35:47n'ont qu'un seul objectif
35:49capter notre attention
35:51et nous garder au maximum
35:52sur leur plateforme
35:55leur but est purement lucratif
35:57nous vendre des produits
35:59ou monétiser nos données personnelles
36:02pour cela
36:02comme des joueurs de Bonto
36:04ils sont prêts à exploiter
36:05toutes nos failles cognitives
36:07notre tendance au conformisme
36:08notre quête d'approbation
36:10ou nos stéréotypes sociaux
36:14Internet
36:15les réseaux sociaux
36:16ces mondes digitaux
36:17dans lesquels on passe énormément de temps
36:19sont un contexte
36:20très particulier
36:21pour notre architecture cognitive
36:22on y trouve
36:24des informations
36:24de très bonne qualité
36:25ou de moins bonne qualité
36:27et qui essayent parfois
36:28d'exploiter
36:29certaines failles
36:30de notre architecture cognitive
36:33Ce nouvel espace
36:34d'interaction sociale
36:35fonctionne comme
36:36une sorte de supermarché
36:37de la validation
36:38où l'on peut venir
36:39chercher la confirmation
36:40de toutes nos croyances préalables
36:42on parle de biais de confirmation
36:44ou de raisonnement motivé
36:47Le raisonnement motivé
36:49c'est quand vous avez
36:49une opinion préconçue
36:51donc vous avez la conclusion
36:52de votre raisonnement
36:53et vous allez réorganiser
36:54l'épreuve disponible
36:55pour prouver que vous avez raison
36:58imaginez que vous êtes fan
36:59d'une équipe de foot
37:00et lors d'un match
37:01vous estimez que votre équipe
37:02a été lésée par l'arbitre
37:04lors d'un pénalty
37:08Vous allez aller sur les réseaux sociaux
37:10vous allez tomber
37:10sur plein d'articles
37:11probablement écrits
37:12par d'autres fans
37:13de vidéos
37:14de statistiques
37:15d'analyses
37:16qui montrent que
37:17effectivement vous avez raison
37:18que cet arbitre
37:19a vraiment une dent
37:20contre votre équipe
37:31Pour comprendre ce qui se joue
37:32derrière nos comportements en ligne
37:34nous sommes allés voir Hugo Mercier
37:36les recherches de ce spécialiste
37:38du raisonnement humain
37:39portent sur les mécanismes cognitifs
37:41qui nous permettent d'évaluer
37:42les informations
37:43que les autres nous communiquent
37:46Le biais de confirmation
37:47joue un rôle plutôt positif
37:48en fait dans le raisonnement humain
37:50dans le sens où
37:51lorsque nous raisonnons
37:53lorsque nous produisons
37:54des arguments
37:54en effet nous avons ce biais
37:55de confirmation
37:56qui va faire que nous trouvons
37:57surtout des arguments
37:58pour notre côté
37:59mais cela n'est pas un problème
38:00dans un cadre conversationnel
38:04lorsque je suis en train
38:04de débattre avec quelqu'un
38:06je vais avoir un biais de confirmation
38:07lorsque je donne des arguments
38:09donc j'ai mon point de vue
38:09je vais surtout trouver
38:10et donner des arguments
38:11pour ce point de vue
38:14mais lorsque mon collègue
38:16par exemple
38:16me donne des arguments
38:17pour son point de vue
38:18là je vais les évaluer
38:19de manière relativement objective
38:21de telle manière
38:22que si les arguments sont bons
38:24je vais changer d'avis
38:26le problème
38:27c'est que les réseaux sociaux
38:28ne proposent pas
38:29un cadre conversationnel apaisé
38:31bien au contraire
38:33les contenus outranciers
38:34sont souvent valorisés
38:36par les algorithmes
38:37favorisant les petites phrases
38:38et la pensée binaire
38:40exprimés en un nombre réduit
38:42de caractères
38:42ou une image choc
38:44une différence de la vie en ligne
38:46par rapport à la vie de tous les jours
38:47est que nous sommes confrontés
38:49à beaucoup beaucoup plus de gens
38:50à beaucoup plus d'informations
38:51à beaucoup plus de médias
38:52on pourrait dire
38:53c'est une bonne chose
38:54on va être confrontés
38:55à des idées contradictoires
38:56et malheureusement
38:57en fait souvent
38:58les personnes
38:59ou les idées
39:00de l'autre bord politique
39:01par exemple
39:02auxquelles nous sommes confrontés
39:03sont les plus extrêmes
39:04les plus outrageantes
39:05les plus idiotes parfois
39:08et ce qui va ensuite
39:09créer une forme
39:10de polarisation
39:11où chacun va se mettre
39:11à vraiment détester les autres
39:12en pensant qu'ils sont représentés
39:14par les personnes
39:15les plus extrêmes
39:16de l'autre groupe
39:16alors qu'en fait
39:17les gens sont beaucoup plus similaires
39:19que ce qu'on pense
39:21les algorithmes utilisés
39:22déforment donc notre rapport
39:24à l'autre
39:24jusqu'à avoir l'impression
39:25qu'on ne partage plus rien
39:27de commun avec de nombreuses personnes
39:29consacrant l'impossibilité
39:30d'un débat constructif
39:32c'est un cercle vicieux
39:33car plus les positions
39:35se polarisent
39:35moins on souhaite
39:37la contradiction
39:37et plus on cherche
39:38une validation
39:39de ce qu'on pense
39:40et aime déjà
39:43je pense qu'il y a un frein
39:44assez important
39:45au fait que nous acceptions
39:46des idées nouvelles
39:47alliées à notre statut
39:49lorsque nous sommes connus
39:50comme défendants
39:51à certains points de vue
39:52il peut être assez difficile
39:53pour nous de changer d'avis
39:54parce qu'il y aura
39:55un coût social
39:56si tout d'un coup
39:57je veux dire en fait
39:58non non je m'étais complètement planté
40:00il peut y avoir un bénéfice
40:01à garder notre opinion initiale
40:03plutôt qu'à en changer
40:05et potentiellement
40:05à être perçu comme quelqu'un
40:06qui sait pas exactement
40:07ce qu'il dit
40:09sur les réseaux
40:10sur les réseaux
40:10on préfère donc avoir tort
40:11plutôt que de s'enrichir
40:13d'idées nouvelles
40:13juste pour ne pas
40:14perdre la face
40:17le comportement en ligne
40:18semblerait donner du crédit
40:20à l'hypothèse suivante
40:21plus nous sommes nombreux
40:22plus nous sommes idiots
40:26c'est ce qu'a voulu prouver
40:27scientifiquement
40:28un statisticien britannique
40:30du nom de Francis Galton
40:32en se rendant en 1906
40:34dans une foire au bétail
40:37fervent eugéniste
40:38il cherchait à démontrer
40:39la stupidité des foules
40:41pour cela
40:42il a organisé un concours
40:43où les participants
40:44devaient deviner
40:45le poids exact d'une vache
40:46après avoir recueilli
40:48plus de 700 réponses
40:49surprise
40:51il découvre que
40:52la moyenne des estimations
40:53est incroyablement proche
40:54du résultat réel
40:56c'est la naissance
40:57du concept de sagesse
40:59des foules
41:00largement étudié depuis
41:02il y a eu beaucoup
41:03beaucoup de recherches
41:04dans notre domaine
41:05des sciences cognitives
41:06des neurosciences
41:06sur cette idée de
41:08est-ce que quand on est
41:09en groupe
41:09on s'améliore
41:11vraiment
41:12et ce que ça pose
41:13comme question
41:13c'est l'intelligence collective
41:15est-ce que les groupes
41:16arrivent à faire mieux
41:17que les individus
41:20Marwa Elzen
41:21est docteure en neurosciences
41:23cognitives et comportementales
41:24elle s'intéresse plus
41:25particulièrement
41:26aux prises de décisions
41:27collectives
41:28Bonjour à tous
41:32nous
41:32nous avons profité
41:33d'une de mes conférences
41:34pour reproduire
41:35le principe de l'expérience
41:36de Galton
41:37le but cette fois
41:38n'est pas de deviner
41:39le poids d'une vache
41:40mais de répondre
41:41à un quiz de culture générale
41:43la première phase en fait
41:44il y aura deux questions
41:45et vous allez répondre
41:47vraiment individuellement
41:49essayez de pas du tout
41:50vous influencer
41:50et puis surtout
41:52n'allez pas chercher
41:54dans des moteurs
41:54de recherche
41:55la réponse
41:56parce que sinon
41:57ça va vraiment
41:58tout gâcher
42:00dans cette phase
42:01tous les participants
42:02doivent donner une réponse
42:03sur leur téléphone
42:04en réfléchissant seul
42:07première question
42:09dans combien de pays
42:11le vote est-il obligatoire
42:13vous avez une idée
42:16quand on fait la moyenne
42:18des réponses
42:18on arrive à 43,7
42:23deuxième question
42:25combien de pays
42:26permettent des référendums
42:27au niveau national
42:32la moyenne des réponses
42:33données par le public
42:34est 54,9
42:38passons maintenant
42:39à la deuxième phase
42:40de l'expérience
42:41ok alors là
42:42on va vous demander
42:43de vous mettre
42:44en petit groupe
42:45de 3 à 5 personnes
42:47essayez de vous mélanger
42:48avec des personnes
42:48que vous connaissez pas
42:49bouger un peu
42:50c'est bien de marcher bouger
42:54dans cette phase
42:55les participants
42:56doivent répondre
42:56aux mêmes questions
42:57mais en groupe
42:58ils doivent donner
43:00une réponse
43:00faisant consensus
43:03on va faire rencontrer
43:04des gens
43:05qui ne se seraient
43:07peut-être pas parlé
43:07dans un autre contexte
43:09pour discuter ensemble
43:11de réponses
43:12à des questions
43:13effectivement
43:14ça fait
43:14ça crée un débat
43:173, 2, 1
43:19tous les groupes
43:19ont répondu
43:20c'est bon ?
43:22à l'issue de ces échanges
43:24la moyenne des réponses
43:25des groupes
43:26est 27,4
43:27pour la première question
43:28et 40,8
43:30pour la deuxième question
43:32or les bonnes réponses
43:33sont 22 et 41
43:36le résultat est sans appel
43:38les réponses collectives
43:39sont bien meilleures
43:40que les réponses
43:42individuelles
43:45les études ont montré
43:46que quatre groupes
43:47de cinq personnes
43:48obtiennent des résultats
43:49systématiquement meilleurs
43:51que ceux obtenus
43:52individuellement
43:52par des centaines de personnes
43:56chaque individu du groupe
43:58partage sa réflexion
43:59avec les autres
44:00les différentes hypothèses
44:02sont discutées
44:03argumentées
44:04se met en place
44:06un véritable raisonnement
44:07collectif partagé
44:09mais pour atteindre ce résultat
44:11la première étape
44:13où chacun réfléchit seul
44:14est indispensable
44:19cela est aussi valable
44:21dans notre vie quotidienne
44:26si on arrive par exemple
44:27à une réunion
44:28on n'a pas du tout réfléchi
44:30au sujet en place
44:31ce jour-là
44:32et que certaines personnes
44:34qui prennent souvent la parole
44:35commencent à donner leur avis
44:36en fait on est influencé par eux
44:38et on va plus s'exprimer
44:40et pouvoir vraiment donner
44:42notre voix
44:43on va être dans une dynamique
44:45qui va finalement
44:45pas améliorer le groupe
44:48il y a d'autres conditions
44:50à réunir
44:51pour qu'on soit plus intelligent
44:52en groupe
44:52l'envie d'échanger
44:54la bonne foi
44:55l'ouverture d'esprit
44:56un but commun
44:57et des profils diversifiés
44:59et donc ça c'est un facteur
45:01très important
45:02de l'intelligence collective
45:03c'est que pour que des groupes
45:05fonctionnent mieux
45:06il faut de la diversité
45:08plus on met des gens
45:09qui viennent de milieux différents
45:10qui ont des expertises différentes
45:12sur des sujets
45:15mieux
45:16ils vont
45:17faire en tant que groupe
45:19ces critères
45:20qui font l'objet
45:20d'un large consensus scientifique
45:22dessinent les contours
45:23d'un raisonnement
45:24collectif optimal
45:26ils ont été appliqués
45:27lors des conventions citoyennes
45:28qui se sont tenues en France
45:30sur des sujets
45:30comme le climat
45:31ou la fin de vie
45:33ce qui a permis
45:33à des citoyens tirés au sort
45:35éclairés par des experts
45:37de rendre des conclusions
45:38de très grande qualité
45:40mais au-delà de la méthodologie
45:42il y a une autre condition
45:43essentielle
45:44pour qu'une intelligence collective
45:45émerge
45:46ce qui fait que ça fonctionne bien
45:48c'est comment on communique
45:49notre confiance
45:50donc ça c'est vraiment des études
45:52qui ont démontré ça
45:53et donc il faut savoir bien
45:54communiquer sa confiance
45:55en tant qu'individu
45:57pour qu'au niveau du groupe
45:59on s'améliore dans ses décisions
46:02la confiance est cruciale
46:04c'est même un pilier central
46:05de notre cognition sociale
46:07depuis que nous sommes enfants
46:08nous apprenons des autres
46:10en les imitant
46:11ou en écoutant leurs conseils
46:12c'est ce qu'on appelle
46:13l'apprentissage social
46:17la confiance joue un rôle crucial
46:19dans la constitution
46:20de nos connaissances
46:21et ce que ça veut dire
46:23faire confiance
46:23ça veut dire faire un pari
46:24sur quelqu'un
46:26ça veut dire vraiment
46:27que si jamais vous me dites
46:28quelque chose
46:28qui se trouve ensuite être faux
46:32je vais vous en vouloir
46:33je vais vous demander des comptes
46:36et donc à cause de ça
46:37les humains ont évolué
46:38un ensemble de mécanismes cognitifs
46:41qui leur permettent
46:41d'évaluer les informations
46:42qui leur sont communiquées
46:44quand quelqu'un nous dit quelque chose
46:45on va toujours être
46:46d'une certaine manière
46:47dans une posture un peu
46:48de défiance en fonction du contexte
46:49en fonction de la personne
46:51et c'est cela qui nous empêche
46:53de nous faire manipuler constamment
46:55comprendre
46:56comprendre quand
46:56et dans quelles conditions
46:58accorder notre confiance
46:59est donc indispensable
47:01confiance dans les autres
47:03mais aussi confiance
47:04dans les machines
47:06car aujourd'hui
47:07nos interactions sociales
47:08ont aussi lieu
47:09avec des agents non-humains
47:12robots
47:13chatbots
47:14IA
47:14compagnons numériques
47:18Accordons-nous notre confiance
47:20aux machines
47:20comme nous l'accordons aux humains
47:21Sommes-nous plus méfiants
47:23ou plus crédules ?
47:25Ces questions
47:25sont au coeur des recherches
47:27de Laurence de Villers
47:30Ses travaux sont précurseurs
47:32sur les dimensions sociales
47:33et affectives
47:34des interactions
47:35entre humains et robots
47:37Elles s'intéressent en particulier
47:39aux jeunes générations
47:40qui naissent et grandissent
47:41dans un monde saturé par la technologie
47:45Ils utilisent quotidiennement
47:47leurs téléphones
47:48les réseaux sociaux
47:49sans savoir du tout
47:50comment la machine
47:51va influencer
47:52ou pas
47:52leur façon de se comporter
47:55On veut savoir
47:56quelles sont les conséquences
47:57de ces outils
47:57comment ils vont influencer
47:59ou non
48:02Et on veut le faire
48:03dès l'école
48:04à ces jeunes
48:05parce que ces machines
48:07restent magiques
48:08opaques
48:08et c'est important
48:09qu'on démystifie
48:10Salut
48:10Je suis Pepper
48:12Tu vas jouer avec moi
48:14Comment ça va ?
48:17Ça va ?
48:19Laurence de Villers
48:20et ses équipes
48:20ont conçu une expérience
48:22avec 200 enfants
48:23de plusieurs écoles
48:24et centres de loisirs
48:25pour tester la confiance
48:26qu'ils accordent aux machines
48:27Ton but
48:28c'est de partager les billes
48:30entre les deux bols vides
48:32On l'a construit
48:33une méthodologie
48:34sous forme de jeu
48:35avec des billes
48:36et le principe
48:37c'est de leur demander
48:38combien ils en gardent pour eux
48:39combien ils vont donner aux autres
48:41un jeu sur l'altruisme
48:42Le but de la machine
48:44c'est de les faire changer la vie
48:47La première chose
48:48que font les enfants
48:49c'est de répartir les billes
48:51de façon égale
48:51ce qui révèle
48:53une forme d'altruisme spontané
48:55Tu as pris cinq billes
48:56pour toi
48:57Moi, si on me demande
48:59j'en prendrais moins
49:00Veux-tu changer ton choix ?
49:09Les enfants se conforment immédiatement
49:11à la suggestion de la machine
49:13Veux-tu changer ton choix ?
49:18L'équipe de Laurence de Villers
49:20a voulu comparer
49:21l'influence du robot
49:23à celle de l'humain
49:24On a vu que les enfants
49:26changeaient plus facilement d'avis
49:28devant des robots
49:29ou un Google Home
49:30ou une machine qui parle
49:31plutôt que devant un humain
49:33Alors on aurait pu imaginer le contraire
49:34mais non !
49:35Ils font confiance à la machine
49:36Est-ce que tu as aimé jouer aux billes ?
49:39Oui
49:41Les enfants accordent davantage
49:43leur confiance à un robot
49:44qu'à un humain
49:47Or, pour la première fois
49:49dans l'histoire de l'humanité
49:50avec le développement
49:51de l'intelligence artificielle
49:53la machine peut nous faire croire
49:55qu'elle interagit comme nous
49:59Cela bouleverse les fondements
50:01de nos relations sociales
50:04Je pense qu'il ne faut pas
50:05sous-estimer en fait
50:07l'évolution
50:08que ça a sur l'humain
50:10Moi je parle beaucoup
50:11de co-évolution
50:12humain-machine
50:14Les IA conversationnelles
50:15notamment avec leurs modèles
50:17de langage
50:17leurs neurones artificiels
50:19et même leurs hallucinations
50:20peuvent se comporter
50:22comme des humains
50:22et endosser des fonctions sociales
50:24Elles dialoguent
50:25se trompent
50:26s'excusent
50:27plaisantes
50:28et parfois elles nous mentent
50:30Toujours disponibles
50:32elles donnent l'illusion
50:33d'une attention
50:33d'une empathie
50:35l'illusion
50:36du lien
50:38Aujourd'hui
50:39il nous faut apprendre
50:40à mettre en doute
50:41la confiance automatique
50:42que nous avons toujours
50:43accordée à la technologie
50:46Historiquement
50:47on a toujours eu tendance
50:48à faire confiance
50:49à nos instruments
50:50et nos outils technologiques
50:51Par exemple
50:52si je dois faire un calcul
50:53complexe
50:53je vais sortir mon téléphone
50:54ouvrir la calculette
50:56taper les chiffres
50:57une fois que j'appuie sur égal
50:58le chiffre qui s'affiche
50:59je vais lui faire confiance
51:00je ne me dirai jamais
51:01il faudrait que je doute
51:02de ce chiffre
51:03de la même manière
51:04si je suis en train
51:04de conduire ma voiture
51:05et je suis en train
51:06de rouler à une certaine vitesse
51:08il suffit juste que je regarde
51:09mon compteur de vitesse
51:10pour que le chiffre s'affiche
51:11et je ne vais jamais douter
51:12de ça
51:13je ne vais jamais me dire
51:14peut-être que je suis en train
51:14de rouler à 80 km heure
51:16alors que le compteur de vitesse
51:17en affiche 120
51:19A l'heure de l'IA
51:20cette confiance historique
51:22dans la machine
51:23risque de nous jouer
51:24des tours
51:25car cette nouvelle technologie
51:26a des biais
51:27des failles
51:27elle peut nous manipuler
51:30le défi auquel nous faisons face
51:31est collectif
51:32nous devons mettre en place
51:34un système d'évaluation
51:35de la fiabilité de la machine
51:38la machine sera toujours incertaine
51:40elle va répondre toujours
51:41des probabilités
51:43comment vivre avec l'incertain
51:44je crois que c'est cela
51:46qu'il faut mettre devant la scène
51:48on ne pourra pas certifier tout
51:50il faut donc que l'humain
51:52soit en capacité de réfléchir
51:53pour avoir un avis étayé
51:55sur ce qu'il peut faire confiance
51:57ou pas à la machine
52:00la confiance a toujours été
52:02le ciment invisible
52:03de notre espèce
52:04elle tisse nos liens
52:05fond de nos sociétés
52:08mais à l'heure où les machines
52:10nous font croire qu'elles pensent
52:11ou les algorithmes décident
52:13pour nous
52:14cette confiance vacille
52:16il faut en reposer les bases
52:18ensemble
52:20un chemin escarpé mais nécessaire
52:22se dessine devant nous
52:25comprendre les mécanismes
52:27de notre cognition
52:28questionner nos automatismes
52:30individuels et collectifs
52:32est un préalable
52:33pour transmettre l'essentiel
52:36une capacité à raisonner avec les autres
52:38à nous faire de nouveau confiance
52:41pour que les générations futures
52:43n'héritent pas seulement
52:45d'outils technologiques puissants
52:47mais d'un raisonnement critique
52:49d'une boussole capable de les guider
52:51dans le tumulte du monde à venir
52:56contrairement à ce qu'on pourrait croire
52:57le raisonnement critique
52:58c'est pas penser par soi-même
52:59c'est comme disait Gaston Bachelard
53:01c'est penser contre son cerveau
53:03et donc avec le cerveau des autres
53:05en fait une des idées les plus dangereuses
53:07qu'une personne pourrait avoir
53:08c'est de se dire
53:08si tout le monde était comme moi
53:10le monde irait mieux
53:11on a besoin plutôt d'être
53:13les garde-fous les uns des autres
53:15de créer un sol commun de réalité
53:17à partir duquel on peut débattre
53:19de manière constructive
53:21et idéalement
53:22arriver à cette définition
53:23de réfléchir
53:24et qui dit que réfléchir
53:26c'est juste une manière élégante
53:27de dire changer d'avis
53:30et qui dit qu'il y a une autre
53:31c'est une manière élégante
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