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La Palestine, espace géographique connu depuis l’Antiquité, n’a jamais été une terre sans peuple. Trois fois sainte, elle est un sanctuaire pour les trois quarts de l’humanité, traversée par une myriade de peuples et d’ethnies qui y ont laissé leurs traces. Une terre riche et foisonnante sur laquelle règnent des grandes familles. Longtemps sous l’égide des Ottomans, la Palestine doit affronter les appétits des Empires russe et austro-hongrois, le colonialisme français et britannique, et le projet sioniste, jusqu’à ce que ce petit territoire finisse par perdre son nom.

Réalisé par : Alain Lewkowicz
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00:01...
00:18Toute mon enfance, j'ai grandi en entendant mon père et mes oncles
00:21parler de la belle époque de leur jeunesse à Haïfa.
00:31Je leur demandais toujours, vous n'avez pas de photos, pas de documents ?
00:41Cette histoire ne concerne pas seulement ma famille, mais celle de tout un peuple.
00:45Quelle est l'histoire du peuple palestinien ?
00:58La Palestine, la Terre sainte, est importante pour des milliards de personnes.
01:03Donc le monde entier est impliqué dans l'écriture de notre histoire.
01:10Même si on ne porte pas d'armes, notre vie de palestinien est un combat constant,
01:14du jour de notre naissance jusqu'à notre mort.
01:21Aujourd'hui, la Palestine est l'un des derniers États colonisés et occupés de la planète.
01:29Les diplomaties, la géopolitique, la pseudo-réal politique ne cessent de se cogner sur la Palestine
01:35et sur les Palestiniens depuis plus d'un siècle.
01:39Parce qu'en permanence, la Palestine, son destin, c'est d'être oblitérée, oubliée, ensevelie.
01:46Et en fait, elle est toujours là.
01:53startedete soutenir avec tant que personne qui se cognez lui,
02:06et elle ne Rigole heights.
02:07Et là, s'il se cogne un décembre,
02:08Et là,ղ konsoucated Slovenace,
02:33La Palestine, c'est un territoire qui est défini très anciennement.
02:54La Palestine, c'est le territoire qui est entre la Phénicie et l'Égypte, c'est-à-dire
03:00entre le Liban et l'Égypte.
03:02Donc c'est une partie de la Syrie, la Syrie étant en gros le Proche-Orient, mais c'est
03:07toujours borné par deux pôles, l'Égypte, donc à partir de Gaza, et le Liban, la Phénicie,
03:13à partir de Tyre, Beyrouth, plus au nord, et puis le fleuve Jourdain à l'est.
03:24Après le fleuve Jourdain, plus à l'est, c'est le désert, ça porte plein de noms, ça peut
03:33être l'Arabie, ça peut être… voilà.
03:35Mais en gros, la Palestine, c'est la plaine côtière, les collines, une ligne de crête,
03:41et ensuite une descente vertigineuse jusqu'au fossé jordanien.
03:48Cette région du monde a été nommée de nombreuses manières, mais à cause des gens
03:55qui vivaient ici, de toute religion, on les a appelés les Palestiniens.
04:06« Il y a eu les Cananéens, les Jebuséens, puis bien sûr les Romains, les Hébreux, les
04:14Byzantins, les Omeyades, les Fatimides, les Mamluks, les Ottomans. »
04:25« Ainsi, à travers toutes ces périodes, les gens avaient des identités très liées
04:29à leurs identités locales. »
04:32« Notre famille est présente à Jérusalem depuis la fin de la période des croisades. »
04:55« Avant cela, notre lignée remonte à Khali ibn al-Walid, le guerrier islamique,
05:02et à ses descendants. »
05:05« Donc vous aviez les Husseini, les Khalidi, les Dajani, et toute une série d'autres familles. »
05:16« Les Khalidis se sont rapprochés en particulier des tribunaux. »
05:22« Mon arrière-arrière-grand-père, dans les années 1800, a occupé le deuxième poste
05:26judiciaire le plus important de l'Empire ottoman. »
05:30« Tous étaient des savants, des juges, des greffiers, etc. »
05:37« En 1841, la Palestine, après dix ans sous domination égyptienne,
05:42repasse sous le contrôle de l'Empire ottoman, qui domine le Proche-Orient. »
05:47« Ce territoire est majoritairement peuplé d'arabes, musulmans et chrétiens,
05:51et de juifs, qui cohabitent sans heurts. »
05:55Les grandes familles arabes cultivées et aisées qui structurent l'organisation de la société palestinienne
06:00dépendent directement de l'administration ottomane,
06:03elle-même placée sous l'autorité du sultan de Constantinople, l'actuel Istanbul.
06:09« Il faut s'imaginer ces élites palestiniennes ouvertes sur le monde, polyglottes,
06:16bien plus polyglottes que les bourgeoisies françaises de la même époque.
06:20C'est des gens qui lisent les journaux dans six ou huit langues,
06:25qui sont capables d'avoir de la correspondance avec des correspondants en Russie, aux États-Unis,
06:31en Allemagne, en France, évidemment, en Italie, en Grèce, dans toutes ces langues-là.
06:40Cette élite palestinienne, au tout début du XXe siècle,
06:44parce qu'ils sont ottomans, ce sont des gens qui circulent.
06:47Youssef Ziyal Khalidi, à un moment, il est au fin fond du Kurdistan,
06:51il y passe trois ans, et comme il s'ennuie un peu,
06:54il va rédiger le premier dictionnaire kurde-arabe.
06:58Ensuite, il est à Vienne, il enseigne l'arabe,
07:01et il rédige un dictionnaire allemand-arabe.
07:05Son neveu, Ruhi, il enseigne l'islamologie à la Sorbonne,
07:09il apprend les techniques de vinification à Bordeaux,
07:12il revient ensuite à Jérusalem, il est élu député,
07:16il va devenir vice-président du Parlement ottoman à Istanbul.
07:19Enfin, il faut se rendre compte de qui on parle.
07:24Nous faisons partie de la région appelée Grande-Syrie,
07:29qui inclut la Jordanie, la Palestine, le Liban et la Syrie.
07:35On dit aussi que nous sommes shami, comme on dit en arabe.
07:39Shami signifie appartenir aux croissants fertiles ou à la Grande-Syrie.
07:46C'est une autre couche d'identité qui fait partie du tout,
07:50ce tout étant le monde arabe, le monde islamique, si vous voulez,
07:53mais aussi une identité régionale liée à la ville et aux pays de Palestine.
08:06Dans cet espace géographique, cette terre sainte depuis 5000 ans,
08:11vivent juifs, chrétiens et musulmans.
08:18Jérusalem, cité céleste, véritable ville-monde,
08:22est devenue au fil des siècles la destination de pèlerins en provenance du monde entier,
08:27poussés par cette foi et cette piété inébranlables qui les habitent.
08:52On pourrait dire que Jérusalem, c'est presque le précipité de l'histoire et de l'identité palestinienne.
09:00Les palestiniens savent qu'ils habitent depuis toujours le berceau commun des trois monothéismes.
09:07C'est là que ces monothéismes ont émergé.
09:10Le judaïsme avec le premier temple de Jérusalem,
09:16et qui fait partie de l'histoire palestinienne.
09:19Salomon, c'est une mémoire juive,
09:21mais Slimane, c'est une mémoire musulmane,
09:25et une mémoire palestinienne, et une mémoire chrétienne aussi.
09:28Le christianisme, évidemment, dans ces mêmes villes.
09:33Bethléem, ville de naissance de David et de Jésus.
09:37Hébron, avec le tombeau réputé des patriarches.
09:42Et puis l'islam, le voyage nocturne du prophète, ça se passe à Jérusalem.
09:46Donc, je pense que les palestiniens, aujourd'hui,
09:51ils ont la claire perception qu'ils ont, d'une certaine manière,
09:57la responsabilité de cette terre sainte.
10:00C'est comme quand on dit ville sainte,
10:02ça veut dire que la terre en elle-même est une forme de sanctuaire.
10:22Sous-titrage Société Radio-Canada
10:36Au milieu du XIXe siècle, les grands empires se partagent un monde stable,
10:41dominé par les Austro-Hongrois, les Russes et les Ottomans.
10:48Les grandes puissances coloniales, en tête desquelles les Britanniques et les Français,
10:53étendent leur influence et leur territoire.
10:59Éclipsé des imaginaires depuis la fin des croisades au XIIIe siècle,
11:02la Terre sainte s'impose alors au cœur des préoccupations d'un Occident
11:06fracturé entre catholiques, protestants et orthodoxes.
11:13Au XIXe siècle, en Palestine,
11:16un grand mouvement de fouilles archéologiques se déploie
11:18à la recherche des vestiges de la Bible.
11:21Les missions religieuses et les archéologues occidentaux creusent partout.
11:25Les textes sacrés dans une main,
11:27la truelle dans l'autre,
11:28pour exhumer les lieux saints positionnés
11:30sur une profusion de cartes publiées alors.
11:35C'est une Palestine biblique,
11:37fabriquée de toutes pièces qu'ils dévoilent,
11:39avec la preuve par le terrain.
11:45Au début, les populations arabes ne comprenaient pas exactement
11:48les objectifs des missions religieuses venues de l'étranger.
11:53Était-elle venue pour le pèlerinage au lieu saint de Nazareth,
11:57Tiberiade, Jérusalem et Bethléem,
11:58ou avait-elle un autre objectif ?
12:01Avec le temps, elles ont réalisé que ces missions
12:04voulaient fonder des écoles, des monastères et des hôpitaux
12:07pour servir la population,
12:08tout en diffusant leurs propres idées.
12:17Donc, il y avait des enjeux religieux
12:19entre les pays.
12:20Plus une puissance possédait d'institutions religieuses
12:23et de présence sur place,
12:24plus elle pouvait peser sur la société locale
12:26et asseoir son pouvoir dans la région.
12:29C'était une intense compétition
12:31entre puissance coloniale via l'évangélisation.
12:35Cela montre à quel point les lieux saints
12:36pouvaient être une source de tensions
12:38et de rivalité internationales.
12:41peut-être que les lieux saints
12:51pouvaient être essentielles sur le terrain, en tout cas.
12:56Et évidemment, à partir du 19e siècle,
12:58ça devient une affaire majeure
13:00de politique internationale.
13:10L'apparition du bateau à vapeur va aiguiser les appétits
13:13des grandes puissances européennes.
13:16Toutes veulent contrôler les nouvelles routes commerciales.
13:19Le canal de Suez, ouvert en 1869,
13:22permet d'éviter le long contournement du continent africain.
13:25Les ports de Palestine, Gaza, Jaffa et Haïfa
13:29deviennent des pôles d'attraction économiques,
13:32les portes d'entrée du Proche-Orient.
13:41Haïfa disposait d'un vieux port ottoman en activité.
13:44Ce port facilitait le commerce,
13:46l'apportation et l'exportation.
13:50Les produits agricoles comme le blé,
13:52le coton et la laine y étaient acheminés.
13:59Les paysans de Marj ibn Amer
14:01ou de Hauran en Syrie
14:02y apportaient leur récolte.
14:05Le port était alors
14:06un centre économique dynamique.
14:08Quand on parle des commerçants,
14:09on parle de deux types de commerçants.
14:12Il y avait les petits commerçants
14:13venus des villages
14:14et les grandes figures économiques
14:16et politiques de la ville.
14:23Le deuxième facteur
14:24était le chemin de fer
14:25reliant la Syrie à Haïfa.
14:28Ce train,
14:29connu sous le nom
14:29de chemin de fer du Hijaz,
14:31facilitait le transport.
14:34Cela entraîna
14:35un afflux massif
14:36de travailleurs vers Haïfa
14:37qui venaient pour y vivre
14:38et y travailler.
14:39à Haïfa,
14:39à Haïfa,
14:40à Haïfa,
14:40à Haïfa,
14:41à Haïfa.
15:02Le principal produit agricole
15:04et économique était l'orange.
15:08à Haïfa au 19e siècle,
15:10on ne sait pas exactement comment,
15:12mais les Palestiniens ont développé
15:13un nouveau type d'orange.
15:16C'était une orange à peau épaisse.
15:19Et ce type d'orange créé à Jaffa
15:21était spécial parce que sa peau épaisse
15:23lui permettait de se conserver longtemps.
15:26Cela a permis aux habitants de Jaffa
15:28d'exporter des oranges vers l'Europe.
15:32Au 19e siècle,
15:34Jaffa vendait chaque année
15:352 millions de caisses d'orange
15:37à la Grande-Bretagne
15:37et plusieurs centaines de milliers
15:39à la France.
15:46Les oranges ont changé
15:47l'histoire de cet endroit.
15:51Avec cette prospérité,
15:53un mode de vie bourgeois est apparu.
15:56Les riches ont acheté des terres,
15:58construit des maisons
15:58et développé leurs affaires.
16:02Haïfa est aussi devenu
16:03un pôle d'attraction
16:04pour les communautés étrangères.
16:06Il y avait un quartier allemand entier
16:08ainsi que des communautés françaises,
16:10italiennes et russes.
16:14Ces communautés ont largement contribué
16:17au développement de la ville.
16:18Des écoles et des institutions
16:20ont été fondées.
16:21Une nouvelle société urbaine
16:23et moderne s'est formée.
16:28La Terre Sainte attire
16:30certains des plus célèbres
16:31écrivains voyageurs,
16:32comme l'américain Mark Twain
16:33ou l'officier de la marine française
16:35Pierre Lottie.
16:38Il écrit
16:39« L'arrivée à Jaffa
16:42n'a pas détruit l'émotion
16:43que donne l'approche
16:44de la Terre sacrée.
16:45Et pendant qu'en soi
16:46naît cet état d'âme spécial,
16:48le chemin de fer,
16:49brutalement,
16:51fauche toutes les belles fleurs
16:52de la piété religieuse,
16:53dessèche les pures sources
16:55de la poésie. »
16:58Pierre Lottie,
16:59quand il est en Palestine,
17:00il veut se promener dans la Bible.
17:02Bon, ça nous parle,
17:02c'est comme les touristes aujourd'hui
17:04qui veulent visiter une carte postale.
17:07Le monde entier souhaite désormais
17:09se rendre en Palestine,
17:11destination mythique et mystique.
17:13Avec la naissance
17:14de la première agence de voyage,
17:16la célèbre compagnie britannique Cook,
17:18entre 2 000 et 5 000 visiteurs
17:20s'y rendent chaque année.
17:22La carte postale y fait son apparition.
17:25Bon baiser de Jérusalem,
17:27salutations de Bethléem,
17:29souvenirs de Jaffa.
17:31Les images illustrées
17:32de cette Terre florissante
17:33et prospère
17:34parcourent la planète.
17:39Les photographes français
17:41ou les photographes américains
17:43ou britanniques
17:45qui vont venir,
17:45ils vont mettre en scène
17:47des images
17:48qui vont être
17:50pour la plupart
17:51fabriquées dans des studios.
17:53Et donc,
17:54on a la fabrique
17:55d'une figure de palestinien
17:57qui est celle
17:59du bon arabe.
18:02D'un arabe
18:03qui, pour les femmes,
18:05elles vont être
18:06dans leur habit traditionnel
18:08et on va fabriquer
18:11un décor
18:12où il va y avoir
18:13toujours un palmier,
18:14toujours une tente.
18:16Cette image
18:17est fabriquée
18:18par l'occidental
18:19pour correspondre
18:20à un récit
18:21qui conforterait
18:23l'Européen
18:24ou l'Américain
18:27dans...
18:28Voilà,
18:28c'est une terre
18:29qui est habitée
18:30mais ils sont gentils,
18:31c'est des bons arabes
18:32et ils ne vont pas
18:34nous déranger
18:35puisqu'ils ne sont pas
18:36très nombreux.
18:58Les images qu'on va avoir
19:00en Occident
19:01ou de cet Orient,
19:02c'est un Orient
19:03qui est figé,
19:05qui est désertique
19:07où on a des tribus,
19:09des chameaux.
19:12Les villes
19:14et la dynamique urbaine
19:16est effacée complètement
19:17de ce récit orientaliste
19:20qui va vendre
19:21la Palestine
19:23comme étant
19:24une terre sans peuple.
19:25une terre
19:27qui est restée
19:29dans un moment
19:31biblique
19:32et qui n'attend
19:33que
19:34les civilisateurs
19:36pour construire
19:37un projet
19:38étatique solide.
19:43Dans le vaste territoire
19:44de la Grande Russie,
19:45l'assassinat du tsar
19:47Alexandre II
19:47déclenche une vague
19:48d'antisémitisme.
19:51Dans des centaines
19:52de villes
19:52d'Europe de l'Est
19:53où vivent
19:53d'importantes communautés
19:54juives,
19:55les pogroms
19:56provoquent des morts
19:56et des blessés
19:57en masse.
20:01Deux millions
20:01de juifs
20:02s'exilent
20:02vers les Etats-Unis.
20:0330 000 juifs
20:04optent pour la Palestine,
20:06terre de promesses
20:07et d'un avenir
20:08sans persécution.
20:14C'est la toute première
20:15immigration juive
20:16en Palestine,
20:17la première alia.
20:20Le retour à Sion,
20:21berceau du judaïsme.
20:24Sion qui incarne
20:25le lien entre Dieu
20:26et le peuple juif.
20:27Sion,
20:28à l'origine
20:29du mot sionisme,
20:30ne cessera
20:31d'être synonyme
20:32de cet Israël biblique
20:33d'où les juifs
20:33auraient été chassés,
20:35dispersés
20:35et que Dieu leur promet
20:37de leur rendre un jour.
20:40Ces juifs
20:41se définissent
20:42comme des colons agricoles.
20:46Ce qui arrive,
20:48ils se débrouillent mal.
20:50C'est des Romains
20:51ou des Ukrainiens,
20:53enfin,
20:53ils viennent de l'Empire russe
20:55ou de Roumanie.
20:55Ils n'ont aucune culture
20:57agricole
20:58et ils périclètent
21:00tout de suite.
21:02ils vont frapper
21:03à la porte
21:04d'Edmond de Rothschild.
21:07Edmond de Rothschild
21:08est le fils cadet
21:08du baron
21:09James de Rothschild,
21:10fondateur de la branche française
21:11de la banque du même nom.
21:14Il est l'un des plus grands
21:15mécènes de son temps.
21:18Afin de permettre
21:18l'installation
21:19des premiers colons juifs
21:20en Palestine,
21:21il y acquiert
21:22pas moins de 25 000 hectares
21:24de terre.
21:25Edmond de Rothschild
21:26s'est perçoit assez vite
21:28que ses colonies agricoles,
21:30elles ne sont pas
21:31économiquement rentables.
21:32Donc,
21:32elles vivent
21:33des subventions
21:34que lui-même accorde.
21:35En fait,
21:35il fait de l'agriculture
21:37subventionnée,
21:37Edmond de Rothschild.
21:39Et finalement,
21:41il adopte
21:42le mode
21:43que les Arabes
21:44pratiquent
21:45depuis déjà
21:45plusieurs décennies,
21:46des agrumes.
21:55Et donc,
21:57les colonies agricoles
21:58d'Edmond de Rothschild
21:59utilisent une main-d'oeuvre arabe,
22:01mais aussi
22:02des spécialistes arabes.
22:03Parce que ça fait déjà
22:05plusieurs décennies
22:06que les paysans arabes
22:08du littoral
22:08connaissent
22:09toutes les techniques
22:10de traitement
22:11de l'horticulture,
22:12des vergers,
22:13etc.
22:15Pour arriver
22:16à ne plus être
22:17déficitaire,
22:18ça ne peut fonctionner
22:19qu'avec des agriculteurs
22:22arabes.
22:24Mais dans la Palestine
22:25ottomane,
22:26les terres en jachère
22:27sont rares.
22:28Les acquérir
22:29s'apparente
22:29à un véritable
22:30casse-tête administratif.
22:32La propriété privée
22:34ne fait pas partie
22:35de l'horizon commun
22:38du droit ottoman
22:40et donc
22:40du droit palestinien.
22:42La terre,
22:44elle est possédée
22:45par celui
22:45qui la travaille.
22:46L'olivier,
22:47il est possédé
22:47par celui
22:48qui taille l'olivier
22:48et qui récolte
22:49les olives.
22:50Les collines,
22:51elles sont possédées
22:53collectivement
22:54par les bergers
22:55qui font parcourir
22:56leurs brebis
22:57ou leurs chèvres
22:58ou leurs moutons.
22:59Un ensemble
23:00de lois
23:01a été mis en place
23:01dans le cadre
23:02d'un projet
23:02de réformes
23:03administratives
23:04appelé
23:04les Tanzimat.
23:05L'un de ces règlements
23:07concernait
23:07l'enregistrement
23:08des terres,
23:08ce qu'on appelle
23:09encore aujourd'hui
23:10le cadastre.
23:11Toute personne
23:12possédant une terre
23:13devait l'enregistrer
23:13au cadastre
23:14et payer une taxe foncière.
23:15Or, la majorité
23:16des propriétaires
23:17étaient des paysans
23:18qui n'avaient pas
23:18les moyens financiers
23:19de payer cette taxe.
23:20Ils ont donc cherché
23:21des acheteurs palestiniens
23:22plus fortunés
23:23qui pourraient payer
23:23à leur place.
23:24C'est ainsi
23:25que les riches commerçants
23:26arabes sont intervenus.
23:27Ils ont dit aux paysans
23:28« Je paie la taxe,
23:30tu continues à cultiver
23:31la terre,
23:31mais désormais
23:32je suis le propriétaire. »
23:33C'est ainsi
23:34qu'une grande partie
23:34des terres
23:35a été transférée
23:36aux mains
23:36de ces grandes familles.
23:38Deuxième élément,
23:38l'Empire Ottoman
23:40lui-même a vendu
23:40des terres.
23:41Mais qui pouvait acheter
23:42ces terres d'Etat ?
23:44Ceux qui avaient de l'argent.
23:45Et qui avaient de l'argent ?
23:46Des familles venues
23:47de Beyrouth,
23:48de France,
23:48d'Italie et d'ailleurs
23:49qui ont ainsi acquis
23:50d'immenses propriétés.
23:52A la fin de la période
23:53ottomane,
23:54lorsque le mouvement
23:54sioniste a commencé
23:55à chercher des terres
23:56à acheter en Palestine,
23:57il a trouvé
23:58ces familles commerçantes,
23:59des investisseurs
24:00sans attachement profond
24:01à la terre.
24:02Elles avaient acheté
24:031000 m2 pour 1 euro
24:04et le revendaient
24:05pour 8 euros,
24:06réalisant ainsi
24:07un profit considérable.
24:16Il y a un ressentiment
24:18des villageois,
24:20des paysans
24:20pendant la période
24:21ottomane,
24:22un ressentiment
24:23vis-à-vis des grandes familles
24:25qui sont accusées
24:28par certains
24:29d'avoir vendu
24:30leur terrain
24:32au mouvement
24:33sioniste.
24:37À la fin du XIXe siècle,
24:39les Juifs
24:40qui se sont installés
24:41en Palestine
24:42ne possèdent alors
24:42que 2% des terres.
24:53Théodore Herzl,
24:54juif issu
24:55de la bourgeoisie
24:56aisée de Budapest,
24:57trouve une solution politique
24:58à la question juive
24:59en Europe,
25:00marquée selon lui
25:01par un antisémitisme
25:02structurel
25:03et durable.
25:06L'objectif du sionisme
25:07est explicite,
25:08la création
25:09d'un État juif.
25:11Le premier congrès
25:12sioniste
25:12à Bâle,
25:13en Suisse,
25:13c'est là que
25:14Théodore Herzl
25:14va forger
25:15ce qui fait
25:16le cœur
25:17du programme sioniste
25:18qui est
25:18la mise en sécurité
25:20des Juifs
25:21de diaspora
25:22menacés
25:22par l'antisémitisme.
25:25Ensuite,
25:25on a énormément
25:27d'acceptions
25:28différentes
25:28de ce projet,
25:31mais
25:31cette question
25:32de la sécurité,
25:34c'est la seule chose
25:35qui fait véritablement
25:36consensus.
25:37Ce qui justifie
25:38le projet sioniste,
25:39c'est que
25:40les Juifs de diaspora
25:42menacés par l'antisémitisme
25:43soient plus en sécurité
25:46dans le territoire
25:48choisi par les sionistes
25:49qu'en diaspora.
25:54Youssouf Ziyal Khalidi,
25:55il était député maire
25:57de Jérusalem,
25:58maire d'abord,
25:59député à la Chambre
26:00des députés ottomanes
26:02élu en 1776,
26:04et c'est sans doute
26:05pas un hasard
26:05si c'est lui
26:06qui,
26:06le 1er mars 1899,
26:09est le premier
26:10palestinien
26:10à réagir explicitement
26:12à la suite
26:14du congrès de Bâle.
26:16Constantinople,
26:16le 1er mars 1899,
26:19à l'attention
26:19de Théodore Herzl.
26:22Monsieur,
26:23je me flatte de penser
26:25que je n'ai pas besoin
26:26de parler de mes sentiments
26:27envers votre peuple.
26:28Tous ceux qui me connaissent
26:29savent bien
26:30que je ne fais
26:30aucune distinction
26:31entre Juifs,
26:33Chrétiens et Musulmans.
26:35Que l'on cherche
26:36un endroit quelque part
26:37pour la malheureuse
26:38nation juive,
26:39rien de plus juste
26:40et équitable.
26:41Mais au nom de Dieu,
26:43qu'on laisse tranquille
26:44la Palestine.
26:48La phrase est très forte
26:49et très simple,
26:51en fait,
26:52très frontale.
26:53Mais c'est pour dire
26:54la Palestine est en paix
26:55et avec le projet sioniste
26:58elle sera en guerre.
27:00Voilà,
27:01c'est une parole prophétique.
27:02On est le 1er mars 1899.
27:04Théodore Herzl lui répond
27:05six semaines plus tard.
27:07Il est à Vienne,
27:08Herzl,
27:09à l'époque.
27:10Il est journaliste,
27:11il travaille
27:11dans un journal viennois.
27:12et il lui répond,
27:15il le remercie
27:16d'abord pour son courrier
27:17et il lui dit,
27:19si ce n'est pas possible
27:20en Palestine,
27:21on le fera ailleurs.
27:28Dès 1903,
27:30Théodore Herzl étudie
27:31la proposition
27:32que lui font
27:32les Britanniques,
27:34celle d'un refuge
27:34temporaire situé
27:35en Afrique de l'Est.
27:40Les sionistes,
27:41partisans d'un projet
27:42de retour en Terre Sainte,
27:43s'y opposent.
27:45Les Palestiniens
27:47comprennent alors
27:47que c'est leur existence même
27:49en tant que peuple
27:50qui est menacé.
27:52Au Parlement notamment,
27:54vous avez des débats
27:55extrêmement durs
27:56sur la question
27:58sioniste,
27:58puisque les députés
28:00arabes,
28:01en particulier ceux
28:01de la Palestine,
28:02soulèvent le dossier.
28:04Les sionistes,
28:05ils sont pleins
28:05de bonnes paroles
28:06et de gentillesse
28:07quand ils parlent
28:08aux Arabes,
28:09mais les Arabes,
28:10ils lisent la presse
28:11européenne
28:13et ils reprennent
28:14la presse européenne,
28:15ils dépêchent la presse
28:16et donc ils voient
28:16que dans les congrès sionistes
28:17on veut un État juif
28:19en Palestine
28:19et pas du tout
28:20les gentillesses
28:22que les émissaires sionistes
28:23leur disent.
28:28La Palestine,
28:30perméable aux idées modernes,
28:31connaît dans le même temps
28:32un réveil intellectuel,
28:33une prise de conscience
28:34identitaire
28:35qui se heurte
28:36aux institutions ottomanes
28:37qui entendent
28:38tout turquiser.
28:40À l'aube du XXe siècle,
28:42les peuples
28:43des provinces arabes
28:44se soudent
28:44autour de leur identité.
28:55Au déclenchement
28:56de la Première Guerre mondiale,
28:57la fracture est totale.
29:00L'Empire ottoman
29:01s'allie aux Allemands.
29:03Les Arabes, eux,
29:04se battent
29:05contre les troupes turques
29:06aux côtés des Français
29:07et des Anglais.
29:10En échange,
29:11Paris et Londres
29:12promettent la création
29:13d'une grande nation arabe.
29:17en 1917,
29:19les pertes sont abyssales.
29:22Désormais,
29:23seule l'entrée en guerre
29:24des États-Unis
29:25dirigée par Woodrow Wilson
29:26pourrait faire basculer
29:28le rapport de force.
29:34Wilson est isolationniste.
29:36Il est élu sur
29:38l'idée,
29:39la conviction
29:40qu'il n'enverra pas
29:41des soldats américains
29:42en Europe.
29:44Et donc,
29:45il faut le convaincre.
29:46Et comme il faut le convaincre,
29:47il faut convaincre aussi
29:48l'opinion.
29:49Et les plus récalcitrants
29:51à l'entrée en guerre
29:53sont les Irlandais,
29:55on ne va pas se mettre
29:56du côté des Britanniques,
29:57et les Juifs
29:58qui ont émigré
29:59depuis les années 1880
30:01et qui sont déjà
30:01une population
30:04significative,
30:05je ne sais pas
30:05si elle a beaucoup d'influence,
30:06mais en tout cas,
30:06elle est là.
30:07Et elle dit
30:08pas question
30:09de s'allier au Tsar.
30:10C'est à cause de lui
30:11qu'on a eu
30:12tous nos malheurs,
30:13etc.
30:13Donc,
30:13pas question
30:13de s'allier au Tsar.
30:14Et concernant
30:17les Juifs américains,
30:19on leur dit ceci.
30:21si vous acceptez
30:22de passer
30:24de l'autre côté,
30:25c'est-à-dire
30:25de consentir
30:26à l'entrée en guerre
30:27de vos enfants
30:29et de vos soldats
30:30dans cette guerre
30:31aux côtés
30:31des Britanniques
30:33et des Français,
30:34on soutiendra
30:35l'idée
30:36d'un foyer national
30:37juif.
30:38Et là,
30:39ils disent
30:39ah,
30:40ok,
30:41pourquoi pas.
30:42Les Britanniques,
30:44ils se disent
30:44voilà,
30:44là,
30:45sur le Moyen-Orient,
30:47on est nickel.
30:49On soutient
30:50la revendication
30:51nationaliste arabe
30:52et on soutient
30:53la revendication
30:53nationale juive.
30:54Et on se dit
30:55avec ça,
30:57on obtiendra
30:58le consentement
30:58de Wixson
30:59et effectivement,
31:00Wixson a pu.
31:06La Grande-Bretagne
31:07appuie officiellement
31:08le projet sioniste,
31:09soutenu par le très
31:10conservateur secrétaire
31:12britannique aux affaires
31:12étrangères,
31:13Lord Arthur James Balfour.
31:19Lord Balfour,
31:20qui est protestant,
31:21voit dans le retour
31:22des Juifs en Terre Sainte
31:23un signe de la réalisation
31:24des prophéties bibliques.
31:28Dans une lettre,
31:30connue sous le nom
31:30de déclaration Balfour,
31:32adressée à la branche
31:33britannique de la famille
31:34Rothschild,
31:34il écrit
31:35« Le gouvernement
31:39de sa majesté
31:40envisage favorablement
31:41l'établissement
31:42en Palestine
31:43d'un foyer national
31:44pour le peuple juif
31:45et emploiera
31:46tous ses efforts
31:47pour la réalisation
31:48de cet objectif,
31:49étant entendu
31:50que rien ne sera fait
31:51qui puisse porter atteinte
31:52aux droits civils
31:53et religieux
31:54des communautés non-juives
31:55existantes en Palestine.
32:03Que dit la déclaration
32:05Balfour ?
32:06Elle affirme
32:07que le peuple juif
32:07a un droit historique
32:08sur la Palestine.
32:10La déclaration
32:11ne reconnaissait pas
32:11qu'il y avait
32:12un peuple en Palestine.
32:14Elle les qualifiait
32:15comme personnes
32:16de confession
32:16non-juive.
32:18A cette époque,
32:19en 1917,
32:21les Palestiniens
32:22représentaient
32:2294%
32:24de la population,
32:25tandis que les Juifs
32:26ne représentaient
32:27que 5%.
32:29Mais la déclaration
32:30donne l'impression
32:31que les Juifs
32:32étaient majoritaires
32:33et que les Palestiniens
32:34pourtant natifs du pays
32:35étaient une minorité.
32:39Il est clair
32:40que la société palestinienne
32:41s'est immédiatement
32:42opposée à cette déclaration.
32:4911 décembre 1917.
32:52Les Britanniques,
32:53aidés par les troupes arabes
32:54du prince Faysal,
32:55entrent à Jérusalem
32:56après deux mois
32:57de combats acharnés
32:58contre les armées ottomanes.
33:02En octobre 1918,
33:04les Ottomans reconnaissent
33:05leur défaite
33:05et renoncent
33:06à leur province
33:07du Proche-Orient.
33:09La question se pose,
33:10qu'est-ce qu'on fait
33:11de ce qu'on appelle
33:12à l'époque
33:13les provinces arabes
33:14de l'Empire ottoman ?
33:17Les partisans
33:18de la révolte arabe,
33:19notamment Faysal,
33:21dit,
33:23argant de la promesse
33:23qui lui a été faite,
33:24dit,
33:24ben voilà,
33:25sur les ruines
33:26de l'Empire ottoman,
33:27on crée
33:28un royaume arabe,
33:30unifié.
33:32Les Britanniques
33:33et les Français
33:33vont dire,
33:33écoutez,
33:34non,
33:34finalement,
33:35non,
33:37un royaume arabe
33:39unifié,
33:39c'est compliqué.
33:42Et donc,
33:43ce qu'ils vont faire,
33:43c'est tout simplement
33:44d'établir
33:46dans cette région
33:47qui était
33:47depuis cinq siècles
33:49sous l'Empire ottoman,
33:51de dessiner
33:52des frontières
33:54et de dessiner
33:56sur la carte
33:56des entités
33:58qui vont
33:59être élevées
34:01au statut
34:01de mandat,
34:02pas de colonie,
34:03mandat voulant dire
34:05que la France
34:06et la Grande-Bretagne
34:07y exercent
34:08l'autorité
34:09pour préparer
34:10les peuples
34:11à leur autodétermination
34:12et à leur indépendance.
34:16On dit,
34:18alors,
34:19vous les Arabes du Liban,
34:20un jour,
34:21vous serez des Libanais,
34:22vous les Arabes de Syrie,
34:23vous serez des Syriens,
34:24les Arabes d'Irak,
34:25vous serez des Iraquais,
34:27quand les Arabes
34:28de Palestine
34:29disent,
34:30ah oui,
34:30et donc nous,
34:31un jour,
34:31on aura un Palestine.
34:32Ah non,
34:33là,
34:34il y a un autre projet
34:35et le projet,
34:36c'est de fonder,
34:37alors attention,
34:38ça c'est très important de dire,
34:40la déclaration de Balfour
34:41ne dit pas un état judo,
34:42elle dit un foyer national judo.
34:45Mais d'un autre côté,
34:46elle le dit dans des termes
34:49qui, bien entendu,
34:50vont secouer
34:52la population autochtone
34:53arabe de Palestine
34:54qui, effectivement,
34:55est politisée,
34:56c'est politisé au cours
34:57de la Première Guerre mondiale,
34:58il y a cette bourgeoisie,
35:00il n'y a pas que des paysans
35:01qui n'y connaissent rien
35:02et qui n'ont d'attachement
35:03à la terre
35:04que leur petit village.
35:06Ils disent,
35:06attends,
35:07attends,
35:07et nous,
35:07là,
35:07mais pourquoi,
35:08on est moins bêtes
35:10que les Arabes du Liban
35:11qui vont devenir libanais ?
35:14Et là,
35:15il faut bien comprendre,
35:17les Britanniques
35:19comprennent,
35:19si j'ose dire,
35:20ce jour-là
35:22qu'ils ont mis le pied
35:23dans une fourmilière.
35:29La Palestine est confiée
35:30aux Britanniques
35:31par la Société des Nations,
35:33première organisation internationale
35:35créée pour maintenir la paix
35:36après la Première Guerre mondiale.
35:40Ce mandat leur permet
35:42d'installer une importante administration
35:43qui maille tout le territoire.
35:50Les investissements
35:51qu'ils réalisent
35:51sont colossaux.
35:54La Palestine se modernise
35:56avec l'eau courante
35:57et l'électricité,
35:58la voiture à essence,
36:00le téléphone
36:01et le transport aérien.
36:09Mais pour la première fois,
36:11les Britanniques instaurent
36:12une distinction
36:13entre les populations.
36:18Sur les cartes d'identité
36:19du mandat britannique,
36:20on va se mettre
36:21à écrire
36:21juif,
36:25chrétien ou musulman.
36:27Ils vont jouer
36:28de cette confessionnalisation
36:29des identités.
36:30Ils vont encourager
36:32une première phase
36:34d'islamisation
36:35de la cause palestinienne,
36:37notamment en faisant monter
36:39en visibilité
36:41Haj Amin al-Husseini
36:42qui devient le grand moufti
36:44de Jérusalem.
36:44On lui invente
36:45une fonction
36:46qui n'existait pas.
36:47Il n'y avait pas
36:47de grand moufti
36:48à Jérusalem.
36:51et Haj Amin al-Husseini
36:53va développer
36:54un nationalisme
36:55palestinien
36:56religieux,
36:58islamique,
36:59islamisant
36:59qui cherche en fait
37:00à mobiliser
37:01les musulmans
37:03palestiniens
37:04contre le projet sioniste
37:06à partir
37:06de motifs
37:09strictement religieux.
37:12Cette figure
37:13sera discréditée
37:14après la seconde guerre
37:15mondiale
37:16à cause de ses liens
37:16avec le régime nazi.
37:20Face au nationalisme
37:21arabe musulman
37:22et au nationalisme
37:24chrétien,
37:24les immigrés juifs
37:25qui s'installent alors
37:26en Palestine mandataire
37:28se qualifient
37:28de sionistes
37:29socialistes
37:30et laïcs.
37:35sont les colonies
37:37coopératives
37:38de Palestine
37:39où un idéalisme
37:41est lié
37:42avec un idéalisme
37:44social
37:44et le travail
37:45de chaque homme
37:46et femme
37:46est dirigé
37:48à un objectif
37:49social
37:49et non
37:50à un objectif
37:50personnel.
37:52De ces colonies
37:52coopératives
37:54vont,
37:55sans doute,
37:56nouvelles formes
37:57d'organisation humaine
37:58valable
37:59à l'église juive
38:01et instructive
38:03à l'ensemble du monde.
38:06Ces socialistes juifs
38:07vont être confrontés
38:09à une contradiction
38:11énorme
38:11et ça fait,
38:13je veux dire,
38:13ça peuple
38:14les colonnes
38:15de leurs journaux
38:15et de leurs revues.
38:16C'est,
38:17d'un côté,
38:18on est des internationalistes,
38:20donc c'est la classe ouvrière
38:22qui est notre référent,
38:23parce qu'ils sont très gagnés,
38:24c'est l'époque,
38:25par les îles socialistes,
38:26et de l'autre côté,
38:28on est des nationalistes
38:29juifs,
38:30c'est-à-dire qu'on a
38:30une préoccupation,
38:31c'est de permettre
38:32à ce foyer national,
38:34qu'on n'appelle pas d'ailleurs
38:35encore foyer national,
38:36de se constituer.
38:37Et là,
38:38c'est vrai que
38:40dans ce dilemme
38:42entre la dimension
38:44internationaliste
38:44et la dimension
38:46particulariste,
38:47ils vont opter
38:49provisoirement,
38:49vous savez,
38:49c'est toujours comme ça
38:50qu'on sort d'une dialectique
38:52aussi compliquée
38:52en disant,
38:54provisoirement,
38:55il faut réserver
38:56le travail
38:57aux employés
38:59juifs.
39:01La raison de leur venue,
39:02c'était l'idéologie
39:03sioniste.
39:04Plus de terres,
39:05moins d'arabes.
39:07C'est une vision
39:08purement coloniale,
39:09à 100%.
39:10Le déracinement
39:11total du peuple
39:12palestinien,
39:14pour le remplacer
39:15par des colons juifs
39:16sur cette terre.
39:21A partir du moment
39:22où les premières
39:24colonies sionistes
39:25ou les premiers
39:27kiboutts,
39:28les premiers
39:28moshav,
39:30considèrent
39:31qu'il faut
39:31arrêter d'embaucher
39:33les Palestiniens
39:33et qu'il faut faire
39:34travailler exclusivement
39:35les migrants
39:36juifs sionistes,
39:39qui donc vont
39:40installer ensuite
39:41des clôtures
39:42autour de leurs kiboutts,
39:43qui vont installer
39:44des miradors,
39:47il va y avoir
39:48une coupure
39:48très concrète,
39:50très quotidienne
39:50entre le projet sioniste
39:52et les populations
39:53palestiniennes locales.
39:58Dans cette Palestine
39:59mandataire,
40:00favorable aux projets
40:00sionistes,
40:01les colonies de
40:02peuplement se développent.
40:04A la fin des années
40:0520,
40:05le nombre de juifs
40:06a presque doublé,
40:07passant de 84 000
40:09en 1922
40:10à 156 000
40:11en 1929.
40:15des pères de famille
40:16qui veulent nourrir
40:17leurs enfants.
40:18Quand ils se rendent compte
40:19que le projet sioniste
40:21non seulement
40:23ne leur apporte plus
40:24de travail,
40:25mais en plus
40:25risque de leur
40:26prendre leur terre,
40:28ils deviennent
40:29une population
40:31nationaliste,
40:31c'est-à-dire
40:31qu'ils considèrent
40:34que leurs intérêts
40:36sont contradictoires
40:37avec ceux du projet
40:38sioniste
40:38et que donc
40:39il faut se battre
40:40pour une Palestine
40:41libre et indépendante.
40:50En août 1929,
40:53des émeutes
40:54éclatent devant
40:55le mur occidental,
40:57côté la Maharavi,
40:58que les chrétiens
40:58appellent le mur
40:59des lamentations,
41:00la vieille ville
41:00de Jérusalem.
41:01Les jeunes palestiniens
41:03s'opposent
41:04au fait
41:05que
41:06les juifs
41:07qui prient
41:07très régulièrement
41:08devant ce mur
41:09depuis le XVIe siècle
41:10à peu près,
41:11laissent pendant la nuit
41:13des chaises,
41:14des paravents,
41:16des armoires
41:17dans lesquelles
41:17sont conservés
41:18les livres saints.
41:19Donc,
41:20d'une certaine manière,
41:22s'approprient
41:23de plus en plus
41:24ce petit périmètre
41:25de prière.
41:29On a des bagarres
41:31dans toute la vieille ville,
41:32puis dans toute la ville
41:32de Jérusalem,
41:33puis dans toute la Palestine,
41:35avec des scènes
41:36extrêmement violentes
41:37que l'on peut qualifier
41:38de pogroms,
41:39notamment à Hébron.
41:40On a des familles
41:41juives d'Hébron
41:42qui sont massacrées
41:44à l'arme blanche
41:45par les palestiniens
41:46d'Hébron
41:48qui sont égorgés.
41:49On a des palestiniens
41:51qui sont tués
41:55beaucoup par armes à feu,
41:57par les milices sionistes,
42:00par les britanniques également.
42:02À l'arrivée,
42:02on en a entre 250 et 300 morts,
42:04à peu près autant
42:05de juifs
42:06que d'arabes.
42:10C'est la première explosion
42:12de violence meurtrière
42:1550 ans après
42:16la première alia
42:17en Palestine.
42:21Cette explosion de violence
42:22est sans doute symptomatique
42:24d'un long attentisme
42:25des Palestiniens
42:26qui ont sans doute
42:27longtemps considéré
42:28qu'ils pourraient s'accommoder
42:29non seulement, évidemment,
42:31d'une présence juive
42:32en Palestine,
42:32qui a toujours été le cas,
42:33mais également
42:34d'un projet sioniste
42:35limité à quelques implantations,
42:38à quelques colonies, etc.
42:39À la fin des années 1920,
42:41ils se rendent compte
42:42que le projet sioniste
42:43est véritablement
42:45le projet d'un foyer national,
42:47peut-être même
42:47d'un État juif
42:48en Palestine,
42:49ce qui, évidemment,
42:51de leur point de vue,
42:52du point de vue des Palestiniens
42:53de Palestine,
42:54est absolument inacceptable.
43:06Les Britanniques envoient
43:07des commissions d'enquête
43:08après les émeutes
43:09et découvrent
43:10que la Palestine
43:11est surpeuplée.
43:13Et donc,
43:14s'il est surpeuplé
43:15par rapport, évidemment,
43:17aux conditions du temps,
43:19si la Palestine
43:20est surpeuplée,
43:22il faudrait qu'on freine
43:23des migrations juives,
43:24qui est déjà très faible.
43:26Et c'est ce que concluent
43:27les experts britanniques.
43:30Et comme les mouvements sionistes
43:32sont très influents
43:32dans la classe dirigeante britannique,
43:34les conclusions des experts
43:36sont rejetées.
43:37Ce qui donne le sentiment
43:39aux Arabes palestiniens
43:40que quoi qu'ils fassent
43:41sur le terrain,
43:43ils seront toujours
43:44désavoués par Londres.
43:48Donc ça,
43:49c'est la situation
43:50jusqu'à 1931.
43:58En Allemagne,
44:00l'accession au pouvoir
44:01d'Adolf Hitler
44:02et de son parti nazi
44:03en décembre 1933
44:04et l'instauration
44:06des premières lois antisémites
44:07poussent les Juifs
44:08à rejoindre massivement
44:09la Palestine.
44:12Les communautés juives
44:14sont rejetées d'Allemagne,
44:17sont persécutées en Pologne,
44:18sont effacées,
44:20anéanties,
44:21écrasées,
44:22tuées en masse.
44:24Et tous les récits
44:25qui étaient là
44:26et qui avaient établi
44:28une propagande
44:30d'une terre sans peuple
44:30prennent tout leur sens
44:32pendant cette période-là.
44:35pioneers et réfugiés
44:37des pays de l'oppression
44:39où les Juifs sont libres
44:41de être
44:42quelque chose
44:43mais les Juifs.
44:44Les jeunes et les jeunes,
44:45ils vont maintenant
44:46vers une terre
44:47qui les accepte
44:49comme sa propre
44:50et pas seulement
44:51comme étrangers
44:53pour être tolerés.
44:54ont décembre,
44:55les nuifs,
44:56les précais
44:56des pales de la Ghetto,
44:57les proussins
44:58de leurs propres
44:59faules
44:59de leurs propres
44:59voies.
45:00demain,
45:01ils vont marcher
45:02vers leurs travail
45:03dans les Juifs
45:03des setidän
45:04de construire
45:05des routes
45:06pour construire
45:06des dianes.
45:08Ils vont waslarer
45:09des vies
45:09et deviner
45:10la vie
45:11de la plus
45:12la plus actions
45:13de la haure
45:14out des osseux
45:15des douces
45:15de la terre
45:15pour récolter
45:17d'un land
45:17de la palestine
45:18à la terre
45:18l'avenue
45:19de laessose
45:27Le mouvement s'amplifie.
45:29Les nouveaux arrivants sont animés par la réalisation d'un projet colonial de peuplement totalement assumé.
45:37Comme le souligne David Ben-Gurion, futur dirigeant de l'État hébreu,
45:42les Arabes de Palestine ne renonceront jamais volontairement à leur pays.
45:46Le colonialisme sioniste doit donc s'imposer par la force.
45:56En 1936, la population juive en Palestine, que l'on compris, est passée de 8% à 35-36%.
46:07Un tiers du pays est devenu juif.
46:10C'est alors que la résistance aux colonies juives s'est transformée,
46:15passant d'une résistance économique régionale à une résistance politique et idéologique.
46:21Une tentative de transformer le pays.
46:24D'un territoire promis par la Société des Nations pour l'autodétermination,
46:29vient un conseil représentatif ou une sorte de parlement,
46:33en une colonie juive contre la volonté de la population autochtone.
46:42C'est pourquoi les révoltes ont éclaté à travers le pays
46:46et sont devenues un soulèvement populaire qui a duré 3 ans.
46:58Ça a commencé par la plus longue grève de l'histoire moderne.
47:03Toute la Palestine était en grève pendant 6 mois en 1936.
47:10Et ça ne va pas marcher.
47:12C'est-à-dire que la grève est proclamée,
47:15l'économie continue de fonctionner.
47:18C'est-à-dire que la démonstration qu'ils auraient voulu faire,
47:24elle n'aboutit pas réellement, elle n'aboutit pas vraiment.
47:27C'est-à-dire que la Palestine, je dirais le potentiel économique des Juifs
47:32fait que, ok c'est sans doute plus dur, une grève c'est une grève,
47:35mais que dans le rapport de force, les Juifs arrivent à marquer le coup, je dirais.
47:41Et donc ça va basculer de la grève économique,
47:45mais qui n'obtient pas de résultats politiques immédiats,
47:48à des émeutes, à des émeutes de plus grande envergure.
48:22Les grandes familles vont jouer un rôle,
48:25comme par exemple Abdelkader Hussainia en 1936-1939,
48:29lors de la grande révolte arabe,
48:32va ôter son chapeau à l'occidental
48:36et son costume à l'occidental
48:37pour mettre le kéfillé,
48:39qui va devenir le kéfillé des paysans,
48:43et qui va devenir le symbole de la résistance palestinienne,
48:47et qu'il est toujours aujourd'hui
48:49le symbole de la lutte du peuple palestinien
48:52pour la préservation de son identité et de son territoire.
49:13Empêtré dans le bourbier palestinien,
49:15dont il peine à évaluer l'ampleur,
49:17les Britanniques envoient à Jérusalem Lord William Peel,
49:20chef de la commission qui porte son nom,
49:23la commission Peel.
49:25Pour la première fois,
49:27une commission va dire
49:28les Britanniques doivent partir.
49:34Et écoutez bien,
49:36à l'époque,
49:37le plan Peel dit qu'est-ce qu'on peut faire,
49:39exactement ce qu'on va redire en 1947.
49:41ou un seul État,
49:42ou deux États.
49:44Et ils parviennent à la conclusion
49:45qu'un seul État,
49:47ça va être la catastrophe.
49:50Les Palestiniens,
49:51les plus modérés d'entre eux,
49:52disent « Ok pour une coexistence,
49:54mais pas d'immigration,
49:56plus d'alliables. »
49:59Et donc,
50:00on procède,
50:01pour la première fois,
50:02à un découpage,
50:03à une partition de la Palestine.
50:08Le mufti de Jérusalem dit « Non,
50:11l'opposition est ferme,
50:12c'est à nous et c'est tout. »
50:15Il y a des réunions jusqu'en 1939.
50:16Jusqu'en 1939,
50:17les Britanniques réunissent
50:18les Juifs et les Arabes de Palestine
50:20pour dire « Essayez de vous entendre,
50:21la guerre est proche,
50:22ça c'est imminent. »
50:25Eh bien non,
50:26la direction palestinienne
50:27met encore son veto.
50:30L'échec des négociations
50:31débouche sur la publication
50:32d'un livre blanc.
50:34dont les conclusions
50:34sont sans équivoque.
50:35Et pour la première fois,
50:37en défaveur des sionistes.
50:40La Palestine compte alors
50:41450 000 Juifs.
50:43Les Britanniques décident
50:44de freiner leur émigration.
50:46Le rapport précise
50:47que seuls 75 000 d'entre eux
50:49pourront rentrer en Palestine
50:50dans les cinq ans à venir,
50:52tandis que l'achat de terre
50:53leur est désormais interdit.
50:57Et donc,
50:58si les nationalistes palestiniens
50:59prennent le livre blanc
51:00de 1939 au mot,
51:01ils peuvent se dire
51:02« Bon, ben,
51:03on va pouvoir créer
51:04cette Palestine souveraine
51:06et démocratique. »
51:07Il y aura 20 à 30 %
51:09de Juifs sur ce territoire,
51:11concentrés d'ailleurs
51:12dans certaines zones,
51:13plutôt en Galilée,
51:14pleine littorale,
51:15autour de Jérusalem.
51:18On sera évidemment souverains
51:20puisqu'on sera largement majoritaires,
51:22non seulement en nombre,
51:23mais aussi en propriété foncière,
51:25etc.
51:25Pour les nationalistes palestiniens,
51:28ça apparaît enfin
51:28comme la juste réponse
51:29à leurs revendications
51:31et c'est sans doute
51:32la préparation
51:32d'un futur État
51:33palestinien
51:34libre et démocratique.
51:37Un espoir anéanti
51:39et des revendications
51:40rendues caduques
51:41par l'histoire
51:42avec un grand H.
51:45En envahissant la Pologne
51:46le 1er septembre 1939,
51:49Adolf Hitler déclenche
51:50la Seconde Guerre mondiale.
51:56Elle fait près de 80 millions
51:58de morts.
52:00La destruction des Juifs
52:01d'Europe est l'un des buts
52:03du nazisme.
52:056 millions de Juifs
52:07sont exterminés
52:07pendant la Shoah.
52:10Les images du génocide
52:12provoquent une onde de choc
52:13et retournent
52:14les opinions publiques
52:15internationales
52:15en faveur de la création
52:17d'un État juif
52:17en Palestine.
52:24Ce n'est pas
52:24la mauvaise conscience
52:25liée à l'extermination
52:27des Juifs
52:28qui va jouer un rôle.
52:30Ce sont
52:30les problèmes
52:31humanitaires
52:32posés par les survivants
52:35quand ils sont
52:35de Pologne,
52:36de Hongrie,
52:37de Roumanie
52:37et d'Allemagne.
52:39Les Juifs de France
52:41déportés
52:41ils reviennent en France.
52:43Il y a un État de droit
52:43et on revient en France.
52:44Nous on ne peut plus
52:45revenir en Pologne.
52:46On ne peut plus revenir
52:48en Allemagne.
52:50de surcroît
52:51on a
52:52un cousin,
52:53un oncle
52:54qui lui a eu la bonne idée
52:55d'aller en Palestine
52:56dans l'entre-deux-guerres
52:56parce qu'il y a des Juifs polonais
52:57qui sont partis
52:58entre 1922
52:59et 1939.
53:03Et puis pour nous
53:04l'Europe
53:04c'est un cimetière.
53:07Il ne faut pas oublier
53:08la Pologne
53:09ce n'est pas la France.
53:11375 000 Juifs
53:12moins 75 000
53:13à la fin de la guerre.
53:14Là c'est
53:153 300 000 Juifs
53:16il n'en reste que 300 000.
53:183 millions de Juifs
53:19sont partis.
53:21Donc ça veut dire que
53:22statistiquement parlant
53:23tous survivants
53:24il a toute sa famille
53:25décimée.
53:26Il se dit
53:27qu'est-ce que je reconstruis
53:27sur place ?
53:29Moi je veux aller
53:29en Palestine.
53:33Les Palestiniens
53:34de Palestine
53:35ils ne perçoivent pas
53:36la portée
53:37que va avoir
53:38la découverte
53:39des camps de concentration
53:40à la fin
53:41de la Deuxième Guerre mondiale.
53:43ils ne peuvent pas
53:44l'apercevoir
53:45ça n'est pas
53:46leur responsabilité
53:47c'est pas une histoire
53:48palestinienne.
53:49Donc là c'est vrai
53:49qu'on a des chronologies
53:51qui se disjoignent
53:53complètement.
53:55L'Organisation
53:56des Nations Unies
53:57née au lendemain
53:58du conflit mondial
53:59s'exprime alors
54:00en faveur
54:01de la création
54:02d'un État juif.
54:04Les rêves
54:05d'une Palestine arabe
54:05unifiée
54:06sont balayés
54:07par les vents
54:07de l'histoire.
54:11En 1947
54:12les Britanniques
54:13sont un peu
54:13gênés.
54:15Qu'est-ce qu'on fait ?
54:16Et donc
54:17on va proposer
54:17des plans de partage.
54:19Donc il y a eu
54:19le plan de partage
54:20de 1947
54:21entre un État
54:23arabe
54:24en Galilée
54:24en Cisjordanie
54:25et sur la bande de Gaza
54:28et le reste du territoire
54:30était accordé
54:31aux populations
54:32juives
54:33qui avaient le droit
54:34donc de
54:35créer l'État d'Israël.
54:37Jérusalem
54:38selon ce plan
54:39de partage
54:40serait sous tutelle
54:41internationale
54:42puisque c'est la ville
54:43trois fois sainte
54:44et qu'elle est disputée.
54:45Il y a eu
54:46un projet alternatif
54:47mais qui n'a pas du tout
54:48été voté
54:49c'est un État
54:50binational.
54:55Les Palestiniens
54:56étaient évidemment
54:58pour un État
54:59binational
54:59dans le sens
55:00où ils étaient
55:00pour un État
55:01unique en Palestine
55:02dans lequel
55:05coexistaient
55:05cohabitaient
55:06des chrétiens
55:07des musulmans
55:08et des juifs.
55:08Donc c'était
55:09un État binational
55:10sauf que ça ne s'appelait pas
55:10comme ça.
55:32On met d'abord au vote
55:33le plan de partition.
55:36Les organisations sionistes
55:37évidemment font pression
55:38pour le plan de partition
55:39parce qu'ils savent bien
55:40que dans le cadre
55:41de l'État binational
55:42ils seraient très largement
55:43minoritaires.
55:44Later, Russia
55:45supported the United States
55:46on the partition
55:47recommendation
55:48while Arab states
55:49threatened reprisals
55:50as the Holy Land's future
55:52hangs in the balance.
55:54We will proceed
55:56the whole call
55:58You all know
56:00how to vote
56:03Those who are in favor
56:06will say yes
56:07Those who are against
56:08will say no
56:09And the abstainers
56:11always they know
56:13what to say
56:20Le plan de partage
56:21de la Palestine
56:22est voté
56:23par l'Assemblée Générale
56:23des Nations Unies
56:24La résolution 181
56:27est adoptée
56:27à 33 voix pour
56:2913 contre
56:30et 10 abstentions
56:3343% de la Palestine
56:35mandataire
56:35revient à un État arabe
56:36de Palestine
56:37et 55%
56:39à l'État juif
56:40Jérusalem
56:41est confiée
56:42à la tutelle internationale
56:44Les Palestiniens
56:45ils sont 70%
56:47ils possèdent 85%
56:48du territoire
56:49ils sont dispersés
56:50sur l'ensemble
56:51de la Palestine
56:51et on leur dit
56:52signez au bas
56:54de ce contrat
56:54et vous aurez
56:5545%
56:56de votre territoire
56:57c'est juste
56:59inacceptable
57:00à l'inverse
57:01les sionistes
57:02ils possèdent
57:0310% du sol
57:04et on leur dit
57:05signez là
57:06vous aurez
57:0655% du territoire
57:08il n'y a aucune raison
57:10qu'ils le refusent
57:11ce plan de partage
57:13de l'ONU
57:13les Palestiniens
57:14et l'ensemble
57:15des pays arabes
57:16de la région
57:16le rejettent
57:17unanimement
57:34J'avais 4 ans
57:40on a commencé
57:42à comprendre
57:44on a compris
57:45qu'on était devenu
57:46des réfugiés
57:47pour savoir
57:48qu'on a pris
57:49des réfugiés
57:53de la région
57:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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