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  • há 2 dias
Quarante ans après la pire catastrophe nucléaire de l'histoire, cette enquête révèle les mécanismes d'un mensonge d'État. Deuxième volet : sommés de s'expliquer, les Soviétiques ripostent (zone d'exclusion autour de la centrale, décontaminations massives, mobilisation de volontaires chargés d'enfermer le réacteur sous un sarcophage de béton), mais le mensonge, lui, s'épaissit.
Transcrição
00:43Tout le monde voulait savoir ce qu'il se passait
00:45et l'Union soviétique ne divulguait aucune information.
00:57Nous avons présenté les faits qui nous étaient connus.
01:03Par le biais de la CIA, la force d'intervention avait réussi à se procurer des images satellites
01:09de la situation autour de la centrale.
01:25Il y a eu une importante émission de matériaux irradiés, ce qu'on a appelé le nuage radioactif.
01:33Cette sorte de nuage se déplaçait dans l'atmosphère et faisait le tour de la planète.
01:41Une fois qu'il était en mouvement, on ne pouvait plus rien faire.
01:46Ces radiations allaient toucher le monde entier.
02:22C'était un lundi matin.
02:28Je suis arrivé au bureau, comme d'habitude, vers 9-10 heures,
02:31quand on a reçu des câbles annonçant que les Suédois avaient révélé un accident nucléaire en Union soviétique.
02:39Sauf que les Soviétiques n'en avaient pas parlé.
02:43On a immédiatement interrogé nos contacts sur place.
02:47Mais on s'est heurté à un silence radio.
02:52Donc, le lundi soir 28 avril, on a tous regardé leur bulletin d'information de 21 heures, appelé Vremia,
03:00pour voir quelle allait être leur réponse.
03:23Je me souviens d'avoir chronométré l'émission.
03:26L'accident nucléaire ne faisait pas l'ouverture du journal, mais arrivait au bout de 25 minutes.
03:33Du genre, « Ah, au fait, on a eu un accident nucléaire. On s'en occupe.
03:38Pour l'instant, ça devrait vous suffire, à vous et au reste du monde. »
03:41Info suivante.
03:43C'était ahurissant.
03:55Il faut se rappeler qu'en 1986, l'Europe était encore divisée et dominée par la rhétorique de la guerre
04:04froide.
04:09Dans le même temps, Mikhaël Gorbatchev, avec sa politique de glasnost et de perestroïka,
04:15c'est-à-dire de transparence et d'ouverture,
04:17œuvrait déjà au rapprochement entre Europe de l'Est et de l'Ouest.
04:25Malgré tous ces efforts, l'Union soviétique a en réalité très peu communiqué dans les premiers jours qui ont suivi
04:30l'accident.
04:35Face à n'importe quel problème, en particulier s'il était embarrassant, comme une énorme catastrophe,
04:41le réflexe des bureaucrates soviétiques consistait à le dissimuler, le temps de trouver une solution.
04:47C'est assurément le cas pour Tchernobyl.
04:50Je ne crois pas que c'était la panique la raison pour laquelle elle voulait cacher Tchernobyl du monde.
04:56C'était purement idéologique.
04:59Le monde ne se rend pas compte que le régime communiste peut commettre une bévue pareille.
05:13Cette fuite radioactive, c'était du jamais vu.
05:19Tous les scientifiques nucléaires que nous avons pu joindre émettaient l'hypothèse d'une possible fusion du cœur nucléaire.
05:27Dans le cœur, le combustible chauffe au point de fondre et de couler jusqu'au fond du réacteur,
05:33qu'il risque de traverser pour atteindre les sols en dessous.
05:37Voilà ce qu'on appelle une fusion du réacteur.
05:39C'est une situation dangereuse, car le matériau radioactif qui était dans le cœur est sorti de son confinement.
05:52Les gens dans l'espace, qui sont immédiatement décembre du réacteur,
05:55sont maintenant potentiellement décembre de l'éveu radioactif.
05:58C'est ce qu'ils disent, c'est un fallout, rien d'autre que d'une nucléaire bombe.
06:03Avec Partièles, qui peuvent être décembre pour plus de mille ans.
06:25Toute l'Europe de l'Ouest était exposée aux retombées radioactives.
06:30Mais d'un pays à l'autre, les gouvernements en ont tiré des conséquences très différentes.
06:36En Allemagne, en effet, les autorités ont pris un peu plus au sérieux qu'en France les dangers potentiels.
06:44On s'inquiète dans plusieurs pays européens.
06:47Par exemple, en Allemagne, à Francfort, les autorités de la région de Hesse
06:50ont décidé de suspendre les rencontres sportives dans les stades en plein air
06:54en raison des risques de contamination des pelouses.
06:59Ce qui inquiétait particulièrement les gens était de savoir quels aliments ils pouvaient encore consommer sans danger.
07:15En Allemagne, on a interdit pendant quelques temps la consommation de lait et surtout baie, champignons, certains légumes verts.
07:28La population est inquiète et bouleversée.
07:31Elle sait que les retombées radioactives pourraient être dangereuses pour la santé.
07:35C'est une outrage que la Union soviétique n'est pas discutir quelque chose qui est affectant la plupart de
07:43la population de la population mondiale.
07:45J'ai suivi dans Washington est Lee Thomas, le chef de l'équipe de l'équipe spéciale de l'équipe
07:50de l'équipe de Tchernobyl.
08:13L'Union soviétique ne nous a jamais rien communiqué.
08:18On aurait dit que la fonction du gouvernement était de dépeindre l'image qu'il voulait donner et non pas
08:24la réalité du terrain.
08:31Je me souviens du représentant de la CIA au sein de la force d'intervention.
08:36Il était relativement jeune et en mesure de nous fournir de bons renseignements.
08:43La force d'intervention de M. Lee Thomas voulait être informée quotidiennement des progrès de l'extinction de l'incendie.
08:51Les soviétiques disaient que la situation était sous contrôle.
08:54Mais nos images satellites montraient que le feu faisait toujours rage.
08:59Des hélicoptères survolaient la zone pour tenter de l'étouffer.
09:08Ils larguaient du sable, mais aussi pleins de bords, de plomb et de dolomites.
09:13Des matières qui rejettent du dioxyde de carbone quand elles sont chauffées.
09:22Il y avait beaucoup d'inquiétudes.
09:24Dans toute l'Ukraine, on rassemblait du bord pour ce réacteur.
09:32Imaginez six hélicoptères qui opèrent en même temps.
09:35Le premier s'envole, le deuxième atterrit, le troisième s'approvisionne, le quatrième largue.
09:47Le plus inquiétant, c'était l'incendie dans le cœur du réacteur,
09:51où il restait la plus grande quantité de matière radioactive.
09:56Et ces éléments radioactifs montent où ?
09:58Dans l'atmosphère.
10:00Ce qu'on ignore, c'est où ils vont retomber.
10:29Je m'appelle Marv Dickerson,
10:31et à l'époque de l'accident de Tchernobyl en 1986,
10:35je travaillais au Lawrence Livermore National Laboratory.
10:49Les gens pensaient que les réacteurs ne subiraient pas d'accidents
10:54et que si cela arrivait, les émanations resteraient localisées.
10:58Nous, nous pensons qu'il pourrait y avoir des accidents aux conséquences bien plus vastes.
11:06Ce nuage radioactif ferait le tour de la Terre.
11:10Il y aurait des retombées partout sur son passage
11:15et personne ne pouvait mesurer l'impact sur la santé des populations
11:20que ça allait produire.
11:26Le nuage radioactif était constitué de deux éléments différents.
11:32D'abord, l'explosion initiale a projeté de la radioactivité
11:36à plusieurs milliers de mètres de haut.
11:38Ensuite, l'incendie, en consommant des matières radioactives,
11:42a produit de la fumée qui a libéré des radionucléides dans l'atmosphère.
11:48Toutes ces particules allaient rester en suspension
11:50à des milliers de mètres du sol.
11:53Selon l'altitude, les vents peuvent souffler dans différentes directions.
11:59Le nuage supérieur a traversé le nord de la Chine, le Japon,
12:03et on a mesuré une petite quantité de radioactivité
12:07au-dessus de l'état de Washington.
12:10La partie inférieure, créée par l'incendie,
12:13elle a survolé l'Europe.
12:17Puis, le 30 avril, le vent a changé de direction.
12:23Alors qu'il soufflait plein nord,
12:25il a opéré pratiquement un demi-tour.
12:27Et a charrié la radioactivité vers Kiev.
12:37Je n'aurais pas voulu être au sud de la centrale,
12:40aux alentours de la ville.
12:47À la CIA, on essayait de savoir
12:49comment les choses se passaient chez les Soviétiques.
12:53à Kiev, malgré l'accident nucléaire survenu
12:56à quelques kilomètres au nord,
12:58ils essayaient de continuer à vivre normalement,
13:01étant donné que les dirigeants du pays
13:03voulaient montrer que la situation était sous contrôle.
13:08Alors qu'ils auraient dû se mettre à l'abri,
13:11ils ont organisé un défilé.
13:14Comme chaque année en URSS pour le 1er mai.
13:21C'était une grande démonstration de force militaire,
13:26pour ainsi dire.
13:29Avec des chars, des missiles et des soldats.
13:35Le tout retransmis à la télévision.
13:37La grande parade du 1er mai
13:39à travers l'Union soviétique.
14:01Le défilé était déjà organisé.
14:06Puis tout à coup,
14:08on apprend que le vent a tourné vers Kiev
14:10et que la ville est devenue très dangereuse.
14:17Le soir du 30 avril,
14:19le niveau de radiation à Kiev a explosé,
14:23des centaines de fois supérieur à la normale.
14:28Tscherbitsky passait tout son temps
14:29au téléphone avec Gorbatchev.
14:37Gorbatchev lui criait
14:38« Vous semez la panique.
14:40Vous êtes alarmiste. »
14:43Il disait la même chose au comité municipal
14:46qui lui téléphonait pour lui demander
14:48« Comment on peut faire une chose pareille ? »
14:51« Il y a eu un accident. »
14:53« On ne peut pas dire aux gens
14:54d'aller assister à une parade. »
14:58« Près d'une semaine après l'accident,
15:03les soviétiques n'avaient toujours donné
15:05aucune explication détaillée
15:07qui s'approche un tant soit peu de la vérité
15:09sur ce qu'ils savaient de la gravité du problème.
15:13Ils disaient à la population de Kiev
15:15qu'elle ne courait aucun danger.
15:26Le 1er mai arrive.
15:28Tscherbitsky dit
15:29« J'attends au téléphone
15:31et Gorbatchev ne répond pas. »
15:35Là, nous avons compris
15:36qu'il ne servait à rien de négocier
15:38et que le défilé aurait lieu.
15:45L'atmosphère était tendue.
15:50Ils étaient tous là à sourire.
15:53Ils ne pouvaient pas se permettre
15:55de faire la tête.
16:03On m'a demandé d'assister à la parade
16:06parce qu'il y avait des rumeurs
16:08sur ma mort.
16:10« Il faut montrer aux gens
16:12que vous êtes vivants. »
16:15J'étais aux côtés du gouvernement.
16:22Les responsables locaux du parti
16:24savaient déjà qu'il ne fallait pas
16:26laisser sortir les enfants.
16:28Donc il fallait en trouver
16:29à qui personne n'interdirait de venir.
16:33Ils sont allés les chercher
16:35dans des orphelinats spécialisés.
16:40Ils ont été placés en fil.
16:42Ils ont défilé rapidement
16:44puis sont rentrés.
16:51Mon opinion sur ce point
16:52n'a pas changé.
16:54Il ne fallait pas faire venir
16:55des enfants.
17:10J'étais stupéfait en regardant
17:12le reportage ce soir-là.
17:15On y voyait des citoyens
17:16danser dans les rues.
17:17Le message était
17:19« Ici, on fait la fête.
17:20Circuler, il n'y a rien à voir. »
17:25Ils vivaient à 130 kilomètres
17:26de la centrale
17:27et le gouvernement
17:28ne disait pas un mot.
17:32Plus tard,
17:33l'opinion publique
17:33s'est indignée.
17:35Comment ont-ils pu organiser
17:36une parade sous les radiations ?
17:38Je ne comprends toujours pas
17:40pourquoi ils ont tenu à le faire.
17:53Au début,
17:54l'opération visant
17:55à recouvrir le réacteur
17:56de matériaux largués
17:57depuis des hélicoptères
17:59avait l'air de fonctionner.
18:00Le niveau de radiation
18:02au-dessus du réacteur
18:03semblait baisser.
18:06Mais le 1er mai,
18:08ils ont constaté
18:09avec horreur
18:10que le taux de radioactivité
18:11et la température
18:12commençaient à grimper.
18:16Les scientifiques sur place
18:18craignaient
18:18qu'une nouvelle réaction
18:19en chaîne
18:20se déclenche
18:20à l'intérieur des ruines
18:21du bâtiment du réacteur.
18:26Ils redoutaient
18:27une nouvelle explosion.
18:33Tchernobyl est un cauchemar.
18:35On n'a pas fini
18:37d'en subir les conséquences.
19:01C'est une photo
19:03que j'ai prise
19:04à l'hôpital numéro 6
19:06de Moscou.
19:09Il s'agit d'un pompier
19:10placé en chambre stérile
19:12pour éviter
19:13toute infection mortelle.
19:18À l'époque,
19:21j'étais professeur
19:22de médecine
19:23à l'université
19:24de Californie
19:25à Los Angeles.
19:30Nous avions une grande
19:32expérience
19:32dans le traitement
19:33des patients
19:34en vue de venir
19:35à bout du cancer
19:36à l'aide
19:37de fortes doses
19:38de radiation.
19:40J'ai voulu proposer
19:41mon aide,
19:42mais je ne savais pas
19:44comment ce serait perçu.
19:48l'ambassadeur soviétique
19:50à Washington
19:50m'a appelé
19:51pour me dire
19:52que M. Gorbatchev
19:54voulait que je me rende
19:55à Moscou.
19:57Alors j'ai fait
19:58mes bagages
19:58et je suis monté
19:59dans un avion.
20:04Les deux pilotes
20:05et moi,
20:05nous étions les seuls
20:06à partir dans cette direction.
20:09Tout le monde
20:09fuyait Moscou.
20:15Dès le lendemain,
20:17nous avons commencé
20:18à faire un tri
20:19parmi les ingénieurs
20:20et les soldats du feu
20:21qui avaient été envoyés
20:22là-bas.
20:27L'hôpital de Pripyat
20:29n'était pas suffisamment
20:30équipé pour traiter
20:31des blessures
20:32du genre
20:32et de la gravité
20:33rencontrées
20:34sur les premiers patients.
20:36Les plus grièvement
20:38atteints
20:38ont été transférés
20:39par les airs
20:40à Moscou.
20:43Plus de 200 opérateurs
20:45de la centrale,
20:46pompiers
20:47et autres victimes
20:48de l'accident
20:48ont été envoyés
20:50à l'hôpital numéro 6.
20:52Cet établissement spécialisé
20:54avait été construit
20:56et équipé
20:56pour le traitement
20:57des personnels
20:58de l'industrie nucléaire.
21:14Ils m'ont emmené
21:15au huitième étage.
21:17Là,
21:18le KGB est arrivé.
21:20Fermez la porte à clé.
21:23Je leur ai dit
21:24« Comment je peux écrire
21:25à ma famille ? »
21:28Une infirmière est venue.
21:30Je lui ai demandé
21:31du papier
21:31pour leur écrire
21:32où j'étais.
21:34Au bout de quatre jours,
21:36je ne la revois
21:37toujours pas.
21:39J'ai demandé
21:40à une autre infirmière.
21:41Elle est passée où ?
21:42Ils l'avaient renvoyée.
21:47Ils voulaient dissimuler
21:48toute l'histoire.
21:50Le réflexe des soviétiques
21:52de garder le secret
21:53sur ce genre d'événements
21:54était affligeant.
22:03On nous faisait passer
22:05toutes sortes d'examens.
22:06Gastriques,
22:08neurologiques.
22:09Les médecins vérifiaient tout.
22:11Je comptais les lames de parquet,
22:13les carreaux sur les murs.
22:15Les jours s'écoulaient.
22:18À un moment,
22:19je me suis regardé
22:21dans le miroir.
22:22J'avais perdu des cheveux.
22:24J'ai voulu arranger
22:25ma moustache.
22:26J'ai eu une moustache
22:27depuis la troisième,
22:28ma grande fierté.
22:30Quand je l'ai prise comme ça,
22:32les poils me sont restés
22:33entre les doigts.
22:34J'en ai pleuré.
22:39Les effets néfastes
22:41de l'exposition aux radiations
22:42n'apparaissent pas tout de suite.
22:47Une semaine ou dix jours
22:49après avoir été irradiés,
22:51les pompiers ont commencé
22:52à perdre leurs cheveux.
22:58Ça détruit les cellules
23:00de la moelle osseuse.
23:01Ça abîme la peau
23:02et le système gastro-intestinal.
23:08Dans les cas extrêmes,
23:11ça affecte les systèmes
23:13cardiovasculaires
23:14et nerveux centraux.
23:18On ne peut pas aider
23:19les gens qui ont reçu
23:21de très hautes doses
23:21de radiation.
23:24Ils meurent irrémédiablement.
23:30Derrière ma porte,
23:31il y avait toujours
23:32un agent du KGB.
23:37Une ophtalmologue
23:38est venue me voir.
23:42Elle a regardé
23:43autour d'elle
23:45« Je vous apporte
23:46un journal.
23:47Lisez un peu. »
23:50Puis elle m'a montré
23:51des photos.
23:53Six pompiers
23:54qui sont morts.
24:00Les pompiers
24:01les plus atteints
24:02étaient ceux
24:03qui étaient allés
24:03sur le toit
24:04du bâtiment du réacteur
24:05immédiatement
24:06après l'explosion
24:07et qui de ce fait
24:08avaient été
24:09les plus exposés
24:09aux radiations ionisantes.
24:13« Je vois ces six collègues.
24:17Ignatenko,
24:19Kibenok,
24:20Pravik.
24:22On était amis.
24:24On allait en boîte
24:25ensemble.
24:27Je n'aurais jamais cru
24:28qu'on vivrait une chose
24:29pareille
24:29et que je ne les reverrais plus.
24:35J'ai voulu garder
24:36le journal
24:37en souvenir
24:38mais elle m'a dit
24:41pas un mot
24:42aux agents du KGB.
24:46Elle a repris
24:47le journal
24:48et m'a souhaité
24:49un bon rétablissement.
24:55Parmi les plus
24:56de 200 premiers
24:57patients
24:57envoyés
24:58à l'hôpital
24:58numéro 6,
24:5928 sont décédés
25:01dans les semaines
25:01et les mois
25:02qui ont suivi.
25:05J'étais profondément
25:06impressionné
25:07par ces pompiers.
25:09La situation
25:10aurait pu être
25:10bien pire
25:11si ces hommes
25:12n'avaient pas
25:12sacrifié leur vie.
25:17Parfois,
25:18le soir
25:19du 26 avril,
25:20je me mets
25:21à pleurer.
25:23Voilà.
25:4012 d'entre nous
25:42ont été envoyés
25:43à Moscou.
25:45On est 6
25:46à avoir survécu.
25:48les autres
25:49vivent
25:50dans nos souvenirs.
26:05Après une dizaine
26:06de jours
26:07de vols
26:07ininterrompus
26:08pour tenter
26:08de l'étouffer,
26:09l'incendie
26:10dans le cœur
26:10du réacteur
26:11s'est enfin éteint.
26:14Quelques jours
26:15plus tard,
26:16la température
26:17du cœur
26:17a mystérieusement
26:19commencé à monter
26:20avant de retomber.
26:21Aucun scientifique
26:23ne comprenait
26:23pourquoi.
26:28Après le grand silence,
26:30Moscou
26:30a invité
26:31le directeur général
26:32de l'Agence
26:33internationale
26:34de l'énergie
26:34atomique,
26:35l'AIEA,
26:36geste qui a créé
26:37une certaine surprise
26:38selon les propres mots
26:40de l'invité,
26:40M. Hans Plix.
26:48L'ambassadeur russe
26:49auprès de l'AIEA
26:50m'a appelé
26:51pour nous inviter
26:52en URSS
26:54où nous serions
26:55pleinement informés
26:55au sujet
26:56de l'accident.
26:58On nous a demandé
26:59si nous voulions
27:00aller à Tchernobyl
27:01et j'ai répondu
27:02bien sûr.
27:06Nous avons survolé
27:08la centrale
27:09en ruine.
27:10Nous regardions
27:12évidemment
27:12par les fenêtres
27:13de l'hélicoptère.
27:14Le spectacle
27:16était désolant
27:16et dramatique.
27:18On pouvait voir
27:20l'étendue
27:20du désastre.
27:41Frantz Blix
27:42était intelligent.
27:43Il savait
27:43qu'il risquait
27:44d'être exposé
27:45au-dessus du réacteur.
27:46Mais il est revenu
27:47avec la confirmation
27:48que oui,
27:49l'incendie initial
27:50était éteint.
27:53Ça avait son importance.
27:57Nous étions
27:57les premiers témoins
27:58impartiaux
27:59de ce qui s'était passé.
28:00Et le monde entier
28:02attendait cette information
28:03avec impatience.
28:16L'ambiance
28:17était assez tendue
28:18dans la salle.
28:20électrique.
28:21C'était le premier
28:22scientifique meutre
28:23à être témoin
28:24de ce qui était
28:25probablement
28:26la pire catastrophe
28:27nucléaire de l'histoire.
28:31de ce qui s'est passé.
28:32Nous avons hâte
28:33très francs
28:34et très ouvertes
28:35discussions
28:36avec les ministres
28:37et avec les experts.
28:39Les députés
28:40disaient qu'ils étaient
28:41bien satisfaits
28:42avec la information
28:43qu'ils avaient donné.
28:44On la base
28:44de ça,
28:45l'adresse de l'Amer
28:48n'est-ce qu'il s'est passé.
28:53La réaction de la chaine n'arrêtait immédiatement après l'accident et n'a jamais commencé à nouveau.
29:00Les températures de fuel sont mesurées maintenant, nous sommes dit, sont significativement abaixo de la pointe de placer et sont
29:09diminuées.
29:11Le équipe de l'Union a prévu ses remarques en disant que la plupart des détails étaient donnés par les
29:16soviens.
29:16Ce que nous pouvons vous donner, c'est seulement ce que nous avons apprécié dans quelques jours.
29:22Les soviétiques disaient au monde et à Hans Blix de l'AIEA que tout allait bien.
29:31D'un autre côté, les autorités soviétiques, sans le reconnaître publiquement, étaient très inquiètes que la fusion du cœur du
29:38réacteur se poursuive.
29:49Il redoutait vraiment que le combustible nucléaire, qui était extrêmement chaud, coule au fond de la structure du réacteur,
29:56qu'il fasse fondre l'acier et la fondation en béton et qu'il atteigne la nappe phréatique.
30:04Une fusion non maîtrisée du cœur nucléaire mettrait en danger l'alimentation en eau de 30 millions de personnes,
30:11mais aussi l'agriculture dans toute cette partie de l'Europe, et pour des décennies.
30:17C'était donc un moment décisif pour le haut commandement soviétique.
30:31Sur les images satellites, nous avons observé qu'ils avaient fait venir des mineurs pour creuser un tunnel sous le
30:37réacteur.
30:42Notre chef a dit qu'il y avait eu un accident et qu'on devait y aller.
30:53Je ne savais pas ce qui s'était passé à Tchernobyl.
30:59On nous avait donné une mission, creuser un tunnel.
31:13Les mineurs devaient creuser un tunnel de 130 mètres de long,
31:18jusqu'à un point où ils pourraient construire un immense échangeur thermique.
31:26Cet échangeur était censé refroidir la terre sous les fondations du réacteur,
31:31afin d'empêcher qu'une fusion n'atteigne la nappe phréatique.
31:38C'était un plan particulièrement ambitieux,
31:40qui a mobilisé plus de 400 mineurs 24 heures sur 24 pendant un mois.
31:47Il fallait creuser environ 13 mètres par jour
31:50pour que le magma radioactif n'atteigne pas les nappes d'eau souterraines.
31:56L'atmosphère était tendue.
32:09Ce qu'on demandait à ces mineurs était assez incroyable.
32:13Ils devaient se rendre sur un chantier extrêmement dangereux
32:16pour, au fond, se sacrifier.
32:23Dans le tunnel et partout ailleurs,
32:28les responsables disaient que le niveau de radiation était normal.
32:37On avait une sorte de goût métallique et sucré dans la bouche.
32:47Mon subconscient me disait qu'il fallait creuser ce tunnel le plus vite possible.
32:56Ils creusaient souvent avec de simples outils manuels.
33:00Ils avaient peur de trop fragiliser les fondations
33:02et que l'ensemble s'effondre sur eux
33:05et les enterrent vivants.
33:29nous aussi, en tant que caméraman,
33:33on a entendu qu'il y avait eu un accident et on a décidé de se porter volontaire pour filmer
33:39sur place nos images peuvent être considérées comme de la propagande
33:56c'était comme à la guerre ça tirait on filmait il n'y avait pas de balles qui filait
34:04mais on savait qu'il ne fallait pas rester là trop longtemps
34:11le récit des soviétiques mettait en avant l'héroïsme et la bravoure des mineurs
34:15sans fournir aucune information scientifique sur les dangers auxquels ils pouvaient être exposés
34:26on nous a donné un travail et nous l'avons fait notre mission était accompli
34:35l'opération a été une réussite l'échangeur thermique a été construit à l'intérieur de la chambre et il
34:43était prêt à être lancé mais on ne l'a jamais allumé
34:52la température à l'intérieur du bâtiment diminué progressivement et la crainte d'une contamination
34:58de la nappe phréatique s'est dissipée donc tout le travail et le sacrifice des mineurs
35:04n'ont été qu'une perte de temps je ne comprenais pas du tout ce qu'était la radioactivité et
35:14pourquoi
35:14c'était dangereux
35:18seulement deux ans plus tard un de nos collègues est décédé
35:24quelques années après un deuxième est mort
35:33là on a vraiment commencé à comprendre qu'on avait bien fait de creuser le plus vite possible
35:43aujourd'hui 70% dégâts nous ont quitté
36:00l'inquiétude que suscitait la fusion du coeur avait fini par s'évanouir mais le bâtiment du réacteur
36:08lui restait éventré une fois les premières opérations des pompiers terminés il fallait
36:21décontaminer autant que possible toute la zone car il restait trois autres réacteurs qui devaient
36:27être reconnectés au réseau rapidement
36:31c'était l'idée que le système communiste est un peu infaillible qu'il est plus fort qu'il est
36:37vainqueur
36:38il y avait même un slogan l'homme soviétique est plus fort que l'atome ce qui est bien sûr
36:44une totale absurdité
36:48michael gorbatchev a décidé que d'ici la fin de l'année les ruines de l'unité 4 devait être
36:54recouverte de façon permanente par ce qu'on a appelé le sarcophage
37:11la construction du sarcophage représentait un défi de taille car c'était de nouveau une mission
37:17totalement inédite il fallait travailler dans un environnement qui continuait à dégager un niveau
37:23de radioactivité extrêmement élevé le secteur le plus contaminé se trouvait à proximité immédiate
37:31du réacteur dans ce qu'ils appelaient la zone spéciale il fallait maintenant se concentrer sur
37:42le nettoyage de ces rejets radioactifs sans précédent aux alentours du réacteur ils ont décidé de retirer
37:50la couche supérieure du sol et de l'évacuer avec des bulldozers dont la cabine était blindée
37:55afin que les opérateurs puissent y travailler
38:00dans un rayon de 30 km ils ont retourné le sol et créé ce paysage lunaire
38:08nous ne pouvions pas voir quelle était l'efficacité de telle mesure mais au moins c'était la bonne chose
38:14à faire
38:15et ce n'était qu'un début
38:20sur près de 5000 kilomètres carrés la terre les feuilles des arbres les bâtiments tout était
38:28dangereusement contaminé par de la poussière radioactive
38:38les autorités soviétiques ont fait quelque chose de totalement inédit elles ont évacué plus de 100
38:45mille personnes de la région et délimiter une zone d'exclusion
38:53certains villages ont été tellement contaminés qu'il a été décidé de les raser et de les enseveler
39:04ils ont fait venir des milliers d'ouvriers des quatre coins de l'URSS et leur ont dit
39:08vous recevrez quelques centaines de roubles et c'est tout au boulot servez la cause soviétique
39:35au milieu de l'été 1986 les environs de la centrale commençaient à ressembler à un champ de bataille
39:4340 000 personnes ont été placés dans des camps autour de la centrale
39:50dans la terminologie officielle soviétique on parlait de la liquidation des conséquences de
39:58l'accident de tchernobyl les gens qui s'occupaient de la liquidation s'appelaient des liquidateurs c'était
40:06les militaires mais l'union soviétique a aussi mobilisé des ouvriers des ingénieurs parce que les
40:17tâches ont été multiples
40:33le nettoyage était en grande partie expérimentale ils aspergeaient les bâtiments avec des
40:41canons à eau ils ont même utilisé de la purée de betteraves mélangé à de l'eau pour essayer d
40:51'empêcher
40:52la poussière de voler tous les animaux ont été cherchés et ceux qu'on a pu trouver ont été euthanasiés
41:05c'était un défi colossal au bout du compte il était impossible de détruire les radionucléides on ne
41:15pouvait que les déplacer au départ on manquait de dosimètres pour vérifier les niveaux de rayonnement
41:25personne ne savait donc précisément la quantité de radiation absorbé par la population
41:45j'ai pris ma décision dès les premiers jours après l'accident
41:50je me suis rendu au bureau militaire et j'ai dit je veux y aller je voulais aider mon pays
42:04les occidentaux ont du mal à imaginer à quel point les soviétiques étaient engagés
42:10prêts à sacrifier leur propre santé jusqu'à leur vie
42:38quand on a pénétré dans l'un des bâtiments principaux de
42:41la centrale c'était comme si les gens étaient partis en laissant tout en plan
42:47j'ai erré à l'intérieur et je suis entré dans un petit couloir jaune
43:01d'un coup j'ai réalisé que la couleur du sol et des rebords de fenêtres venait de ce qu
43:08'ils
43:09étaient recouverts de centaines voire de milliers de papillons jaunes
43:15j'ignore comment ils se sont retrouvés là mais ils étaient tous morts
43:23j'ai regardé à travers la vitre et j'ai vu un type qui travaillait à une centaine de mètres
43:28du réacteur numéro 4 un soudeur il était assis là et travaillé avec application dans le calme
43:40il était probablement exposé au niveau de radiation le plus élevé qu'on puisse imaginer
43:47je suis presque sûr qu'ils s'y flottait un air
43:52c'est resté gravé dans ma mémoire durant des années cette manière dont quelqu'un parvient à
43:57surmonter sa propre peur
44:05qui étaient les liquidateurs des gens qui avaient conscience des conséquences sur leur
44:14santé mais qui sont restés quand même
44:23on a appelé mes parents pour la liquidation de la catastrophe de tchernobyl
44:29après avoir été évacués de la ville voisine de la centrale ils devaient revenir
44:36et comme nous n'avions aucun endroit où loger nous avons été déplacés dans un camp pendant six
44:42mois sans nos parents j'avais 8 ans nos cheveux étaient pleins de radiation alors on nous les a
44:54coupés ils étaient vraiment très courts je me souviens qu'après ça les autres enfants nous
45:02surnommait les hérissons de tchernobyl ils nous disaient de retourner là bas j'avais simplement
45:11envie d'être réconforté d'être protégé je voulais être avec ma famille
45:21voici des lettres que nous avons écrites à ma mère
45:26ma très chère maman je pleure tous les jours parce qu'on nous frappe ici
45:33s'il te plaît viens nous récupérer dès que tu peux on ne supporte pas d'être
45:40d'être ici sans toi c'est trop dur excusez moi
45:58l'opération de nettoyage dans la zone d'exclusion s'est poursuivie mais il devait encore construire ce
46:06sarcophage cette tombe en béton pour confiner le coeur du réacteur
46:12Gorbatchev a donné aux scientifiques et aux ingénieurs moins de quatre mois pour
46:16accomplir l'un des projets d'ingénierie les plus dangereux et les plus ambitieux de l'histoire
46:36les soviétiques ont d'abord tenté de couvrir le bâtiment du réacteur détruit avec les moyens dont ils
46:41disposaient à savoir des grues téléguidés et des pompes à béton télécommandés que l'on pouvait mettre en oeuvre très
46:48rapidement
46:48vous
46:50j'ai travaillé pour la centrale nucléaire de chernobyl durant 13 ans ma mission était de mener à bien la
47:11construction du sarcophage et de redémarrer le réacteur numéro 1
47:17il faut de l'électricité sans électricité les usines sont à l'arrêt
47:22à l'origine le fameux sarcophage a été conçu pour durer 50 ans mais en réalité il n'y avait
47:29aucune garantie qu'il résiste aussi longtemps car il était construit sur des fondations
47:33détruites au début c'était vraiment le chaos
47:42le problème c'était que les liquidateurs étaient soumis à un niveau extrêmement élevé de radiation
47:49ils ne pouvaient rester que très peu de temps à proximité du réacteur
47:56leur travail s'avérait donc une course contre la montre et un effort physique très éprouvant parce qu'ils devaient
48:02pratiquement courir
48:08mon équipe a absorbé des doses de radiations conséquentes pour faire baisser la radioactivité sur le site il fallait nettoyer
48:17le toit
48:22le toit de l'unité numéro 3 était couvert de débris projeté par la force de l'explosion du réacteur
48:28numéro 4
48:31c'était une sorte de parcours d'obstacles radioactifs
48:39il y avait des morceaux de graphite du réacteur de combustible nucléaire là-haut il n'était pas possible de
48:46rester en sûreté plus de quelques minutes ou quelques secondes près de certains débris sans recevoir une dose mortelle
48:54c'était un paramètre à prendre en compte dans la construction du sarcophage alors ils ont décidé d'utiliser des
49:00robots
49:20le premier a été importé d'allemagne de l'ouest pour une somme colossale il était conçu spécialement pour affronter
49:27les
49:28risques de radioactivité ils avaient aussi quelques robots fabriqués par l'union soviétique et initialement destiné à l'exploration de
49:35la surface de la lune
49:45les robots devaient simplement pousser les débris par dessus le toit et les faire tomber dans les ruines du réacteur
49:52numéro 4
49:58et le tout devait ensuite être recouvert par le sarcophage
50:14le niveau de radiation était tel que ces robots ne tenait pas
50:30ils en avaient totalement perdu le contrôle il devenait donc inutile
50:54les ingénieurs et les scientifiques responsables de l'opération se retrouvaient au pied du mur ils n'avaient plus le
50:59choix
51:00ils devaient envoyer des êtres humains dans l'un des endroits les plus dangereux de la planète
51:29Aux Surprises
51:30Aux Surprises
51:31Aux Surprises
51:32Sous-titrage FR ?
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