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Après des décennies d’affrontements et de guerres meurtrières, Palestiniens et Israéliens tentent de faire la paix à Oslo en 1993, malgré la forte poussée du Hamas à Gaza. La poignée de main Yasser Arafat-Itzhak Rabin semble ouvrir une nouvelle ère. Mais ce sera de courte durée. À partir des années 2000, dans les deux camps, c’est le temps des faucons, des extrémistes religieux qui préfèrent la guerre à la paix, réduisant la Palestine à un territoire émietté.
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00:00:16Gaza, baignée par la Méditerranée, vit au rythme des urgences quotidiennes,
00:00:22tandis que le destin de ses habitants s'apprête à basculer.
00:00:45A Gaza, on a un mouvement de résistance nationaliste palestinien, mais teinté de vert,
00:00:55un mouvement islamiste, un mouvement qui sera influencé par les idées des frères musulmans
00:01:03venus d'Égypte et qui va mettre en place Harakit Hamas,
00:01:09ou le mouvement islamique de la libération de la Palestine, Hamas.
00:01:19Ce mouvement est né sur une crise économique profonde,
00:01:24une crise qui est due à la cherté des produits alimentaires.
00:01:32Quand la population a faim, quand la population n'a plus d'emploi,
00:01:36c'est un terreau fertile pour le développement de tous ces mouvements islamistes.
00:01:44Le Hamas va s'inspirer des méthodes des frères musulmans qui sont très simples,
00:01:49qui sont de faire d'abord de l'action sociale, avant de faire de l'action idéologique.
00:01:54Donc on va distribuer à manger, on va ouvrir un dispensaire,
00:02:00on va faire de l'alphabétisation, on va s'occuper des veuves ou on va s'occuper des orphelins,
00:02:05ce qui fait qu'elles se tissent des relais plus profonds de la population, y compris parmi les femmes.
00:02:12Par contre, le programme politique du Hamas n'est pas le même que le programme de l'OLP.
00:02:16Le Hamas, c'est un État islamique qui doit vivre selon les lois islamiques.
00:02:23Entre 1967 et 1987, le nombre des mosquées double.
00:02:31Mais Israël n'y voit pas d'inconvénient, puisque c'est tout bénéfice pour Israël,
00:02:37puisque ça fait un contrepoids à l'OLP, et qu'à l'époque, l'ennemi pour Israël, c'est bien
00:02:44l'OLP.
00:03:01C'est à Alger, ville symbole de la lutte anticoloniale,
00:03:05que Yasser Arafat, héros de toute une génération de résistants, prend tout le monde de court.
00:03:14Le leader de l'OLP se présente devant le Conseil national palestinien,
00:03:18le Parlement en exil, qui représente les Palestiniens du monde entier
00:03:22et les réfugiés de Cisjordanie, de Gaza, du Liban, de Syrie, de Jordanie et d'Irak.
00:03:54La décision d'Arafat en 1988, c'est un coup de poker.
00:04:00C'est un changement de paradigme total.
00:04:03La charte de l'OLP est maintenant caduque, a dit le leader de l'OLP.
00:04:08Cette charte prévoyait notamment la destruction de l'État d'Israël.
00:04:11L'abandonner, c'est faire un pas de plus vers la paix.
00:04:14Al-Metar, caduque.
00:04:19Mais qu'est-ce que caduque signifie ?
00:04:21Vous pouvez le traduire de la Russie.
00:04:29Le coup de poker d'Arafat, c'est de se dire
00:04:31qu'on abandonne la revendication sur la Palestine historique.
00:04:36On abandonne 78% de la Palestine historique,
00:04:40c'est-à-dire tout le territoire d'Israël.
00:04:41Et on va aujourd'hui se battre pour les 22% restants,
00:04:45c'est-à-dire Cisjordanie et bande de Gaza.
00:04:46Il se dit que si je reconnais Israël dans les frontières de 49-67,
00:04:52on me reconnaîtra comme autorité souveraine sur la Cisjordanie et Gaza.
00:05:01À l'ONU, 78 États reconnaissent l'existence de la Palestine.
00:05:18Mais la nouvelle position de l'OLP qui légitime les frontières d'Israël
00:05:22est perçue comme une trahison totale.
00:05:24Un coup de poignard dans le dos pour beaucoup de Palestiniens,
00:05:27à commencer par le Hamas.
00:05:40Sur la scène politique, un nouvel homme fort s'impose.
00:05:43Il incarne une gauche travailliste pour qui,
00:05:45après plus de 40 ans de violence et de guerre,
00:05:48l'heure est à la négociation.
00:05:49Pour la première fois depuis la création de l'État hébreu,
00:05:52la paix est envisagée entre Palestiniens et Israéliens.
00:05:56Yitzhak Rabin, il fait partie de cette famille de jeunes nés en Israël,
00:06:03qui ne doivent rien à la diaspora,
00:06:05dont l'éthos va se constituer du fait même de naître en Palestine mandataire,
00:06:13en Palestine juive, puisque c'est bien sûr.
00:06:16Lui, il est né à Jérusalem, il passe à Tel Aviv.
00:06:19Il est le fils de militant socialiste.
00:06:22Sa mère, on l'appelle Rosa Larouge.
00:06:25Il va entrer dans l'unité d'élite de la Ghana.
00:06:32Il va gravir les échelons.
00:06:35Il est le chef d'état-major qui apporte,
00:06:39pendant la guerre des Six Jours,
00:06:40la grande victoire israélienne sur tous les fronts.
00:06:44Il est aussi le ministre de la Défense de la première intifada.
00:06:47Et en 1992, il remporte les élections.
00:06:51Il remporte les élections.
00:06:53Et dès son discours d'investiture, en juin 1992,
00:06:58il tend la main aux Palestiniens.
00:06:59J'ai fait clair que le partenaire avec qui nous devons négocier,
00:07:05le partenaire avec qui nous devons atteindre l'accord,
00:07:10le partenaire avec qui, sur son futur,
00:07:14les négociations seront les palestiniens dans les territoires.
00:07:27Les Président de la Libération Palestine
00:07:28Ladies and gentlemen, Mr. Arafat,
00:07:30Chairman of the Executive Council of the Palestine Liberation Organization,
00:07:34His Excellency Yitzhak Rabin, Prime Minister of Israel,
00:07:38The President of the United States.
00:07:47Huit mois après les premières négociations secrètes démarrées à Oslo, en Norvège,
00:07:51Yasser Arafat redevient l'acteur majeur de l'avenir de la Palestine.
00:07:58On sort là d'un grand tabou parce que jusqu'en 1992-93,
00:08:04l'OLP c'était officiellement pour les Israéliens une bande de terroristes
00:08:09avec lesquelles il était hors de question de parler.
00:08:11Arafat était le diable en personne.
00:08:13Donc c'est un pas quand même qui est franchi, qui est loin d'être négligeable.
00:08:20Nous l'avons vécu comme une formidable avancée, comme révolutionnaire,
00:08:28avec à terme la solution définitive du problème palestinien.
00:08:33C'est comme ça que nous l'avons vécu.
00:08:38Palestiniens et Israéliens signent un accord historique, connu sous le nom d'Accord d'Oslo.
00:08:43Le monde entier salue cette promesse d'une réconciliation possible entre les deux adversaires historiques.
00:08:49Yasser Arafat, l'insubmersible, figure ainsi sur la photo finale
00:08:53réaffirmant son leadership politique sur les scènes internationales.
00:09:01Mais si le cliché et la poignée de main Arafat Rabin sont entrés dans la légende,
00:09:06derrière les sourires de circonstances, des désaccords majeurs persistent.
00:09:12Oslo reflète le déséquilibre des forces à l'époque.
00:09:16Après la perte de leur présence au Liban en 1982,
00:09:21les forces militaires palestiniennes ont été dispersées.
00:09:27Ils savaient donc, Arafat en particulier et l'OLP en général,
00:09:32qu'ils devaient se réinstaller en Palestine s'ils voulaient continuer sur leur lancée.
00:09:39Ces accords étaient donc un compromis, un compromis historique,
00:09:43par lequel l'OLP reconnaissait l'État d'Israël.
00:09:46Et l'État d'Israël n'a reconnu que très peu de choses.
00:09:53Les accords d'Oslo, qu'est-ce qu'ils disent ?
00:09:55Ils disent, on va mettre une autonomie palestinienne en place pendant cinq ans,
00:10:00à l'issue desquelles on va discuter de tous les sujets sans exclusion,
00:10:07donc y compris la question des réfugiés de Jérusalem, etc.
00:10:10C'est tout ce que dit Oslo.
00:10:12Il n'y a pas écrit dans la déclaration de principe,
00:10:16quoi que ce soit concernant les implantations,
00:10:18quoi que ce soit concernant les frontières, les réfugiés, etc.
00:10:23Je me souviens, c'était Éric Rouleau, qui avait été le correspondant du Monde,
00:10:27qui avait eu cette phrase qui était juste.
00:10:29Il disait, Arafat a signé des accords comme on monte dans un taxi
00:10:36sans donner l'adresse finale.
00:10:38Le statut définitif des territoires,
00:10:41tout le monde imagine que ce sera un État palestinien,
00:10:44mais en fait, il n'y a pas de garantie.
00:10:47Personne, dans les accords d'Oslo,
00:10:49ne prononce pas le terme, l'expression d'État palestinien.
00:11:01Le Hamas s'oppose aux accords d'Oslo
00:11:03pour des raisons, je dirais, à la fois idéologiques et politiques.
00:11:06Idéologiques parce que le Hamas considère que la Palestine est un bien inaliénable.
00:11:12C'est une terre qui ne veut pas être concédée, c'est une terre islamique.
00:11:16Mais l'opposition est aussi clairement politique à la démarche de l'OLP.
00:11:20D'abord, le Hamas considère qu'Arafat a entièrement capitulé.
00:11:23Ces accords laissent en suspens ou écartent sciemment
00:11:27les questions qui sont des questions clés pour le Hamas,
00:11:29qui sont notamment la question des réfugiés,
00:11:31puisque le Hamas fait de cette question une question centrale.
00:11:36Cette question concerne alors plus de 3 millions de réfugiés palestiniens
00:11:39et leurs descendants,
00:11:40qui revendiquent leur droit au retour en Palestine
00:11:42au nom de la résolution 194,
00:11:45adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU
00:11:47au lendemain de la création de l'État d'Israël en 1948.
00:11:50Elle stipule que les réfugiés souhaitant rentrer chez eux
00:11:54et vivre en paix devraient pouvoir le faire
00:11:56ou recevoir une compensation.
00:12:12Gaza, désormais sous influence politique des islamistes,
00:12:15devient le premier territoire autonome,
00:12:17siège de la nouvelle autorité palestinienne que dirige Yasser Arafat,
00:12:21comme prévu par les accords d'Oslo.
00:12:28Après 30 ans d'exil,
00:12:29c'est donc en terrain miné qu'il atterrit.
00:12:56Il y a ces palestiniens de l'exil
00:13:01qui vont revenir et qui vont placer leurs hommes
00:13:06aux fonctions les plus hautes,
00:13:09aux fonctions clés du gouvernement
00:13:13et qui, progressivement, vont être mal vus
00:13:17par certains Palestiniens de l'intérieur
00:13:19puisqu'ils vont être accusés de corruption,
00:13:22de collusion, de népotisme, de clientélisme.
00:13:25Ce qui se passe quand Arafat rentre en Palestine,
00:13:28c'est aussi qu'il est confronté à des nouveaux mouvements
00:13:31qu'il ne connaît pas,
00:13:34qu'il ne comprend pas,
00:13:35ce panarabisme laïque, socialiste, révolutionnaire
00:13:38qui est remplacé petit à petit
00:13:39par des nouveaux militants
00:13:41qui sont des militants islamistes
00:13:43qui ont leur propre agenda,
00:13:44leur propre sincérité,
00:13:46leur propre dynamique, leur propre énergie
00:13:47et qui sont clairement, eux, à la conquête.
00:13:56Dans le sillon de Yasser Arafat,
00:13:58les retours se font au compte-gouttes,
00:13:59au bon vouloir des autorités israéliennes.
00:14:03Seuls 50 à 100 000 Palestiniens reviennent à Gaza,
00:14:06à Jéricho et en Cisjordanie.
00:14:11Je suis né au Koweït en 1981,
00:14:14puis j'ai passé mon enfance dans un camp de réfugiés.
00:14:19Tout ce que je savais de la Palestine
00:14:21venait des bandes dessinées.
00:14:22L'Organisation de libération de la Palestine,
00:14:25l'OLP,
00:14:27publiait des bandes dessinées
00:14:28destinées aux enfants
00:14:29pour leur parler de la Palestine.
00:14:38Dans les BD qu'on lisait,
00:14:41les visuels et les histoires
00:14:43parlaient de jeunes enfants
00:14:44poursuivis par l'armée,
00:14:48cachés dans les arbres,
00:14:52trompant les soldats,
00:14:53fuyant,
00:14:54se cachant dans les montagnes,
00:14:56distribuant des tracts,
00:15:00menant des manifestations,
00:15:02sacrifiant leur vie
00:15:02pour protéger les autres,
00:15:05allant en prison
00:15:06sans trahir personne.
00:15:10C'était comme un lieu
00:15:11où tout le monde était solidaire,
00:15:12un pour tous,
00:15:13tous pour un.
00:15:16Il n'y avait pas de héros désignés.
00:15:20Les héros étaient sans visage,
00:15:22sans nom.
00:15:42Nous avons eu la chance de revenir,
00:15:44ce qui pour moi était un voyage magique.
00:15:49« C'était un choc,
00:15:50car en tant que réfugié,
00:15:51tu rêves toujours
00:15:52de retourner en Palestine.
00:15:54Tu as tous ces slogans,
00:15:56nous voulons retourner chez nous.
00:15:58Mais être réellement à la frontière
00:16:00et pouvoir y être
00:16:01en deux ou trois heures,
00:16:02c'était un moment iconique
00:16:04dans ma vie. »
00:16:13Amr Chomali s'installe à Ramallah,
00:16:15siège de l'autorité palestinienne
00:16:17et de l'OLP.
00:16:21La Cisjordanie qu'il découvre
00:16:23est un territoire totalement morcelé.
00:16:30130 000 colons,
00:16:31soit près de 5% de la population israélienne,
00:16:34occupent des terres illégalement
00:16:35selon le droit international.
00:16:39Plus de 150 colonies
00:16:41se dressent sur les crêtes,
00:16:42formant de véritables citadelles
00:16:44surplombant les villes
00:16:46et les villages palestiniens.
00:16:54« J'ai consacré 10 ans
00:16:56à un recensement cartographique
00:16:58complet de la Cisjordanie
00:16:59et de la Palestine historique.
00:17:09J'ai fait un travail de terrain
00:17:11sur les villages détruits
00:17:12et abandonnés,
00:17:13ainsi que sur les nouveaux villages
00:17:15et les colonies.
00:17:17Cette recherche a permis
00:17:18de publier en 1991
00:17:20la première carte
00:17:21de la Palestine historique
00:17:22et une autre carte
00:17:24qui représente
00:17:24une Palestine fragmentée,
00:17:26encerclée par Israël
00:17:27et ses routes.
00:17:28À 40 ans,
00:17:30Khalil Tafadji
00:17:31participe aux réunions
00:17:32entre Israéliens
00:17:32et Palestiniens
00:17:33définissant les contours
00:17:35de la Palestine d'Oslo.
00:17:37Mais il doit d'abord expliquer
00:17:38à Yasser Arafat
00:17:39la réalité géographique
00:17:41de cette Palestine
00:17:42qu'il est en train de négocier.
00:17:48En 1995,
00:17:49lors d'une réunion à Jéricho,
00:17:51nous sommes restés enfermés
00:17:52pendant trois heures.
00:17:57J'ai vu sur le visage
00:17:58de Yasser Arafat
00:17:59qu'il ne savait rien.
00:18:03Il semble que les cartes
00:18:04qu'on lui avait envoyées
00:18:05ne montraient pas la réalité.
00:18:08On lui faisait croire
00:18:09qu'il allait vers la paix
00:18:10ou au moins vers une promesse
00:18:12de paix.
00:18:15À la fin de ma présentation
00:18:16qui a duré une heure et demie,
00:18:18j'ai dit clairement
00:18:19il n'y a pas d'État palestinien.
00:18:22Il m'a répondu
00:18:23si, il y en a un.
00:18:25Je lui ai dit
00:18:26peut-être sur un papier
00:18:27dans ta poche,
00:18:28mais en tant que technicien cartographe,
00:18:30je peux te dire
00:18:30qu'il n'y en a pas.
00:18:33Les cartes et les colonies
00:18:34ne permettent pas
00:18:35la création d'un État palestinien.
00:18:39A la fin,
00:18:40j'ai vu qu'il était
00:18:40très tendu.
00:18:45Il est tombé
00:18:46dans le piège d'Oslo.
00:18:48Le mot «colonie »
00:18:49n'a pas été défini clairement.
00:18:52Ils pensaient
00:18:53qu'ils allaient démanteler
00:18:54les colonies,
00:18:56mais nous leur avons dit
00:18:57clairement
00:18:57ce sont des villes,
00:18:58ce ne sont pas des colonies.
00:19:03Le problème,
00:19:04c'est que les négociateurs
00:19:05n'étaient pas des experts.
00:19:07Ils ne savaient pas
00:19:08ce qu'était une colonie
00:19:09dans la réalité.
00:19:15Les accords d'Oslo,
00:19:16ce sont le reflet
00:19:18de la dépossession
00:19:18palestinienne
00:19:19de son territoire.
00:19:21Oslo permet une chose.
00:19:22Il permet à la puissance occupante
00:19:24de contrôler
00:19:25de manière légale
00:19:26une partie du territoire palestinien
00:19:28avec un découpage
00:19:29de la Cisjordanie
00:19:29en trois zones.
00:19:30La zone A,
00:19:32qui sont les sept
00:19:33grandes villes palestiniennes,
00:19:34donc Ramallah,
00:19:35Jénine,
00:19:36Bethléem, etc.,
00:19:37dans laquelle sont établies
00:19:39à peu près 20%
00:19:40de la population palestinienne.
00:19:41C'est 20% de la Cisjordanie.
00:19:43Donc la zone A,
00:19:44qui est sous contrôle
00:19:45civil et militaire
00:19:46de l'autorité palestinienne.
00:19:51La zone B,
00:19:53qui est sous contrôle civil
00:19:55de l'autorité palestinienne,
00:19:56mais sous contrôle militaire
00:19:57de l'État d'Israël,
00:19:59dans laquelle sont établis
00:20:0060% à peu près
00:20:01de la population palestinienne,
00:20:02et c'est 20%
00:20:03de la Cisjordanie.
00:20:03Et la zone C,
00:20:06qui représente 60%
00:20:07du territoire de Cisjordanie
00:20:08et qui est sous le contrôle
00:20:10civil et militaire
00:20:11exclusif
00:20:12de l'armée israélienne.
00:20:14Il y a la plupart
00:20:15des colonies israéliennes
00:20:15qui sont établies dessus,
00:20:16mais c'est aussi
00:20:17sur cette zone-là
00:20:18que sont contenues
00:20:19la plupart des ressources
00:20:20naturelles palestiniennes.
00:20:22Donc Oslo a permis
00:20:23finalement
00:20:24un découpage territorial
00:20:26de l'État de Palestine,
00:20:27a permis de justifier
00:20:28le contrôle militaire
00:20:29israélien.
00:20:30Et au-delà de ça,
00:20:32avec la création
00:20:33de l'autorité palestinienne,
00:20:34ce qu'elle fait,
00:20:35c'est qu'elle crée
00:20:35une administration palestinienne
00:20:36sous tutelle,
00:20:37sous son contrôle.
00:20:48Le Hamas
00:20:49va se manifester
00:20:50bruyamment,
00:20:52violemment
00:20:52contre le processus
00:20:54d'Osslon.
00:21:07Le Hamas
00:21:09va se mettre
00:21:10à commettre
00:21:12des attentats suicides
00:21:13et c'est une innovation.
00:21:27parce que le Hamas,
00:21:28le djihad islamique
00:21:30commettent
00:21:30des attentats suicides,
00:21:32les Israéliens
00:21:32de plus en plus souvent
00:21:34bouclent les territoires.
00:21:41Donc ça a des effets
00:21:42très lourds
00:21:43sur l'économie,
00:21:45donc sur le niveau
00:21:45de vie des Palestiniens
00:21:47et puis sur
00:21:51leur possibilité
00:21:51de circuler
00:21:52pour des raisons
00:21:53diverses et variées.
00:21:54Ça peut être
00:21:55pour des raisons
00:21:55de santé,
00:21:56ça peut être
00:21:56pour des visites familiales,
00:21:58ça peut être
00:21:59le désir
00:21:59d'aller à Jérusalem.
00:22:00En fait,
00:22:01à partir de 1994,
00:22:04les Palestiniens
00:22:04et surtout ceux de Gaza,
00:22:06ils sont interdits
00:22:07de sortir du territoire.
00:22:19En Israël,
00:22:20la société
00:22:21se fracture.
00:22:23Le parti travailliste
00:22:24d'Itsak Rabin
00:22:25avec 44 députés
00:22:26sur 120
00:22:27au Parlement israélien
00:22:28peine à gouverner.
00:22:36On a en Israël
00:22:38une extrême droite
00:22:40de plus en plus
00:22:42vaillante
00:22:43qui manifeste
00:22:44contre les accords
00:22:45d'Oslo,
00:22:47accompagnée de la droite,
00:22:48du Likoud,
00:22:50qui considère
00:22:51qu'Itsak Rabin
00:22:55met en danger
00:22:56Israël.
00:23:01et considère
00:23:03que Rabin
00:23:03est un traître.
00:23:04Alors Rabin
00:23:05est dessiné
00:23:06sur des photos,
00:23:08sur des portraits
00:23:09avec une keffie
00:23:10palestinienne,
00:23:11mais pire encore,
00:23:12il apparaît
00:23:13avec l'uniforme nazi.
00:23:17Donc ça devient
00:23:17un ennemi.
00:23:25C'est dans ce climat
00:23:26de tension
00:23:27et de haine
00:23:28que la plus grande
00:23:28manifestation
00:23:29pour la paix
00:23:29de l'histoire
00:23:30d'Israël
00:23:31est organisée.
00:23:32Une immense foule
00:23:33se réunit
00:23:34place des rois
00:23:35pour soutenir
00:23:36Itsak Rabin
00:23:36qui, malgré les menaces,
00:23:38se présente
00:23:39devant ses partisans
00:23:39du dialogue
00:23:40israélo-arabe.
00:23:45Je veux dire
00:23:46que je me souviens
00:23:51que je me souviens
00:23:52que je veux
00:23:53vous remercier
00:23:54à tous
00:23:55et à tous
00:23:56qui se trouvent
00:23:59ici
00:24:07Madame, Monsieur,
00:24:08bonsoir.
00:24:09Le Premier ministre
00:24:10israélien
00:24:10Isaac Rabin
00:24:11a été assassiné
00:24:12ce soir
00:24:12à Tel Aviv.
00:24:13Il a été atteint
00:24:14de trois balles
00:24:15tirées par une arme
00:24:15automatique.
00:24:16L'auteur des coups
00:24:17de feu
00:24:17a été aussitôt arrêté.
00:24:19C'est l'homme
00:24:20à la chemise bleue
00:24:21plaqué contre le mur
00:24:22par les policiers.
00:24:23Igal Amir,
00:24:24l'assassin du Premier ministre
00:24:25israélien,
00:24:26est membre
00:24:26de l'extrême droite
00:24:27nationaliste,
00:24:28religieuse,
00:24:30raciste
00:24:30et théocratique,
00:24:31opposée à toute forme
00:24:32de cohabitation
00:24:33avec les palestiniens.
00:24:35C'est là
00:24:36qu'on a découvert
00:24:40l'importance,
00:24:41la force de frappe,
00:24:42la nocivité,
00:24:43ce segment
00:24:45du peuple juif
00:24:46et du mentionniste
00:24:48et à quel point
00:24:50il était efficace
00:24:52et effrayant.
00:24:53C'est terrible à dire
00:24:54mais Igal Amir
00:24:55a visé juste.
00:24:56Il a visé juste
00:24:57et ça a marché.
00:24:58C'est-à-dire
00:24:59qu'il a réussi
00:24:59à abattre
00:25:01sans doute
00:25:02le seul
00:25:02qui du côté israélien
00:25:03pouvait faire accepter
00:25:05une forme
00:25:07de dialogue
00:25:09avec les palestiniens.
00:25:11Dialogue
00:25:11dont on ne sait pas
00:25:12ce qu'il aurait donné.
00:25:13Mais ce qui est certain,
00:25:14c'est qu'après 1995,
00:25:16après la mort
00:25:16d'Yitzhak Rabin,
00:25:18la Serafat
00:25:18n'a plus
00:25:19d'interlocuteurs.
00:25:28Le processus d'Oslo
00:25:29en fait
00:25:29est déjà mort.
00:25:36Dans les deux camps,
00:25:37la voix des partisans
00:25:38de la paix
00:25:39semble plus inaudible
00:25:40que jamais.
00:25:41Après l'échec
00:25:42d'ultimes négociations
00:25:43à Caen David
00:25:44exitent les colombes.
00:25:51Place aux faucons
00:25:52qui souhaitent
00:25:53désormais
00:25:53occuper le terrain.
00:25:57Ariel Sharon,
00:25:58le chef
00:25:58de l'opposition
00:25:59de droite,
00:25:59déclenche les hostilités
00:26:01par une provocation
00:26:02inédite.
00:26:03Il se rend
00:26:03sur l'esplanade
00:26:04des mosquées,
00:26:05troisième lieu
00:26:05saint de l'islam.
00:26:09Ouvert à tous
00:26:10les visiteurs,
00:26:10même aux Israéliens,
00:26:11selon un règlement
00:26:12strict,
00:26:13c'est la présence
00:26:14d'un service d'ordre
00:26:14musclé et armé
00:26:15qui dérange
00:26:16les Palestiniens,
00:26:17administrateurs
00:26:18de ce vaste espace.
00:26:20Pour les musulmans,
00:26:21cette présence
00:26:22est une offense.
00:26:24Le geste
00:26:25est considéré
00:26:26comme un blasphème.
00:26:31La nouvelle
00:26:31se propage
00:26:32comme une traînée
00:26:32de poudre
00:26:33dans toute la Palestine
00:26:34occupée.
00:26:37La seconde intifada
00:26:38vient de commencer.
00:26:43Cette deuxième
00:26:45intifada,
00:26:46c'est la méthode
00:26:47du Hamas
00:26:48et du djihad islamique,
00:26:49c'est l'attentat suicide.
00:26:52Et là,
00:26:52avec l'attentat suicide,
00:26:56on sort
00:26:59de la figure
00:27:01du martyr
00:27:02victime
00:27:03pour passer
00:27:05aux martyrs
00:27:07victorieux.
00:27:08L'idée
00:27:08que les Palestiniens
00:27:10et en particulier
00:27:11les musulmans
00:27:12sont prêts
00:27:14à sacrifier
00:27:15leur vie
00:27:16pour la cause
00:27:17palestienne,
00:27:17pour la nation
00:27:18palestinienne.
00:27:20Alors que
00:27:21de l'autre côté,
00:27:22on a des Israéliens
00:27:23qui tiendraient
00:27:24à la vie,
00:27:25qui sont attachés
00:27:25à la vie terrestre.
00:27:27Donc,
00:27:27on va sacrifier
00:27:28notre vie
00:27:29pour enlever
00:27:30la leur.
00:27:31Et c'est pour ça
00:27:32qu'à la faveur
00:27:33de la deuxième intifada,
00:27:34ce sont non seulement
00:27:35les islamistes
00:27:36qui commettent
00:27:37des attentats suicides,
00:27:38mais c'est aussi
00:27:39la branche armée
00:27:40du Fatah
00:27:42qui va se convertir
00:27:43à la méthode
00:27:44des attentats suicides
00:27:45et en perpétrer
00:27:47elle aussi.
00:27:48C'est un enchevêtrement,
00:27:50c'est un enchaînement
00:27:52et c'est cet engrenage-là
00:27:53qui conduit
00:27:55à un surcroît
00:27:56de violences
00:27:57réciproques,
00:27:59disproportionnées,
00:27:59bien sûr,
00:28:00mais chacun
00:28:00avec ses moyens,
00:28:02chacun franchissant
00:28:03en quelque sorte
00:28:04sa ligne rouge.
00:28:05C'est la méfiance
00:28:07réciproque
00:28:07qui l'emporte,
00:28:08je dirais,
00:28:09globalement.
00:28:17Ainsi,
00:28:18Israël impose
00:28:18une séparation physique.
00:28:21Désormais,
00:28:21un mur de béton géant
00:28:22de 6 à 8 mètres de haut
00:28:24et de plus de 700 kilomètres
00:28:26de long
00:28:26encercle
00:28:27les territoires occupés.
00:28:29Ce mur
00:28:30ne suit pas
00:28:31le tracé
00:28:32de la ligne verte.
00:28:33C'est-à-dire
00:28:34qu'il permet
00:28:34d'annexer
00:28:35Jérusalem-Est
00:28:36parce que le mur
00:28:37contourne
00:28:38une large partie
00:28:39de Jérusalem-Est
00:28:40et permet d'empiéter
00:28:41quand on regarde
00:28:42le tracé,
00:28:43sur une large partie
00:28:44du territoire palestinien
00:28:45afin d'accaparer
00:28:47et de faire sienne
00:28:48un certain nombre
00:28:49de colonies israéliennes
00:28:50qui font désormais partie
00:28:51du territoire israélien.
00:28:55Ce tracé
00:28:56viole le droit international
00:28:57parce qu'il ne suit pas
00:28:58les lignes reconnues
00:28:59internationalement
00:29:00de démarcation
00:29:01et parce qu'il permet
00:29:02à Israël
00:29:02de fragmenter
00:29:04et d'encercler
00:29:04encore plus
00:29:05les communautés palestiniennes.
00:29:24Ariel Sharon a pris cette décision
00:29:26sur la base
00:29:26de cinq stratégies.
00:29:30D'abord,
00:29:31contrôler les ressources en eau,
00:29:32notamment les nappes souterraines.
00:29:37ensuite intégrer à Israël
00:29:38les plus grandes colonies
00:29:39et leurs habitants
00:29:40situés derrière le mur.
00:29:46Troisièmement,
00:29:47rendre toutes les villes
00:29:48palestiniennes vulnérables
00:29:50au niveau militaire
00:29:50afin que les soldats israéliens
00:29:52puissent les boucler
00:29:53en quelques instants.
00:29:57Quatrièmement,
00:29:59contrôler le passage
00:30:00vers l'aéroport Ben Gurion
00:30:01en empêchant toute présence
00:30:03palestinienne.
00:30:06Et enfin,
00:30:06permettre à Israël
00:30:07de contrôler totalement
00:30:08la Cisjordanie
00:30:09sans y être physiquement présents.
00:30:23Là, en fait,
00:30:24ce qui s'installe
00:30:25avec la construction du mur,
00:30:27ça ressemble à des postes frontières,
00:30:29ça ressemble quelquefois même
00:30:30à des terminaux d'aéroports
00:30:32avec des scanners
00:30:33pour faire passer les sacs,
00:30:36les bagages, etc.
00:30:37avec des chemins dédiés
00:30:39aux palestiniens,
00:30:41d'autres éventuellement
00:30:42pour les VIP,
00:30:44d'autres pour les étrangers.
00:30:46Tout un système
00:30:47de contrôle,
00:30:49de surveillance,
00:30:50d'enfermement
00:30:53des palestiniens.
00:31:05Ils nous observent de haut.
00:31:07De haut,
00:31:08dans le sens
00:31:09où ils nous regardent
00:31:10par en haut,
00:31:10physiquement.
00:31:11Ils surveillent
00:31:12les communautés palestiniennes
00:31:14par drone.
00:31:16Ils regardent la carte
00:31:17et disent
00:31:18« D'accord,
00:31:19nous allons séparer
00:31:20Bethléem de Ramallah.
00:31:21Nous allons placer
00:31:22le mur ici. »
00:31:25Ils ont tracé
00:31:26des lignes
00:31:26qui changent
00:31:26non seulement
00:31:27le paysage
00:31:28mais aussi
00:31:28la perception
00:31:29de l'espace.
00:31:32Donc,
00:31:33tu ne reconnais
00:31:33plus la Terre.
00:31:35Ma famille habitait
00:31:36à Bethléem,
00:31:37moi à Ramallah.
00:31:39Et pour aller
00:31:40de Ramallah à Bethléem
00:31:41sur une carte
00:31:42sans le mur,
00:31:43tu passes par le sud,
00:31:44par Jérusalem,
00:31:45qui était autrefois
00:31:46la route romaine
00:31:47empruntée par les palestiniens
00:31:49et les villageois
00:31:50pendant des millénaires.
00:31:51« Aujourd'hui,
00:31:53quand nous allons
00:31:53de Ramallah
00:31:54à Bethléem,
00:31:55nous devons aller
00:31:56vers l'est,
00:31:56vers Jéricho,
00:31:58puis vers le sud,
00:32:00puis encore plus au sud,
00:32:01puis remonter vers le nord.
00:32:03C'est tellement confus
00:32:04pour un natif
00:32:05de ne plus reconnaître
00:32:06la géographie terrestre.
00:32:10Je crois que c'est aussi
00:32:11une manière
00:32:11de te pousser
00:32:12à sentir
00:32:13que tu es un étranger. »
00:32:20Ce système de cloisonnement
00:32:22se double
00:32:22d'une mainmise d'Israël
00:32:23sur la vie des palestiniens,
00:32:25jusque dans leurs
00:32:26moindres faits et gestes.
00:32:40aujourd'hui,
00:32:41de sa naissance
00:32:42à sa mort,
00:32:43un palestinien
00:32:44est contrôlé
00:32:44par Israël.
00:32:46Cela signifie,
00:32:48et c'est les accords d'Oslo
00:32:49qui ont fixé le cadre,
00:32:50avec notamment
00:32:50l'article 28,
00:32:51qui établit
00:32:52que l'État civil
00:32:54palestinien
00:32:54est sous le contrôle
00:32:56de l'autorité palestinienne,
00:32:58qui est créée
00:32:58dans le cas
00:32:59des accords d'Oslo.
00:33:00L'autorité palestinienne
00:33:01va délivrer
00:33:01les documents
00:33:02d'État civil,
00:33:03va enregistrer
00:33:03les numéros d'identité
00:33:04d'un palestinien
00:33:05qui vient de naître.
00:33:06Sauf que,
00:33:08avant d'inscrire
00:33:09un palestinien
00:33:09dans le registre
00:33:10d'État civil,
00:33:10il doit informer
00:33:11l'État israélien.
00:33:12Cela lui permet,
00:33:13par exemple,
00:33:13d'avoir un contrôle
00:33:14sur qui sort
00:33:15et qui rentre
00:33:15en Palestine.
00:33:16Cela lui permet
00:33:17d'avoir un contrôle
00:33:17au barrage
00:33:18et au checkpoint
00:33:18quand il y a
00:33:19des reconnaissances faciales.
00:33:20L'Israël voit
00:33:21qui est le palestinien
00:33:22en face de lui.
00:33:33Depuis la seconde intifada,
00:33:35les chars israéliens
00:33:37bouclent les villes
00:33:37palestiniennes
00:33:38de la zone A.
00:33:40Dès le 29 mars 2002,
00:33:41ils pénètrent
00:33:42dans Ramallah.
00:33:44Yasser Arafat,
00:33:4573 ans,
00:33:46est à la tête
00:33:47d'une autorité
00:33:48palestinienne
00:33:48corrompue,
00:33:50népotique,
00:33:51rejetée par une large
00:33:52partie de la population.
00:33:54Dix ans après Oslo,
00:33:55le vieux chef
00:33:56ne pèse plus rien
00:33:57face aux Israéliens.
00:33:59Ariel Sharon
00:34:00avait décidé
00:34:01de le mettre
00:34:02hors jeu,
00:34:03considérant
00:34:04qu'il était
00:34:04responsable
00:34:05ou complice
00:34:06de l'intifada,
00:34:08des attentats suicides,
00:34:09ce qui n'a pas été
00:34:11prouvé.
00:34:14Et donc,
00:34:16il avait progressivement
00:34:18isolé,
00:34:19d'abord en l'empêchant
00:34:20de voyager
00:34:20à l'étranger,
00:34:22ensuite en l'empêchant
00:34:23de quitter la Cisjordanie,
00:34:25ensuite Ramallah,
00:34:26et puis finalement,
00:34:26il s'est retrouvé
00:34:27reclus
00:34:28dans son bureau
00:34:29de la Moukata,
00:34:31assiégé
00:34:31par les forces
00:34:33israéliennes.
00:34:38Après deux ans
00:34:39de confinement
00:34:39contraint
00:34:40dans son quartier
00:34:41général,
00:34:42Yasser Arafat
00:34:43voit sa santé
00:34:43décliner.
00:34:44Il meurt
00:34:45dans des circonstances
00:34:46qui feront polémique
00:34:47le 11 novembre 2004,
00:34:49dans un hôpital
00:34:50militaire français
00:34:50après avoir été
00:34:51évacué de Ramallah.
00:34:58Il est remplacé
00:34:59par son bras droit,
00:35:01Mahmoud Abbas.
00:35:02C'est Mahmoud Abbas
00:35:04qui prend sa suite
00:35:05à la tête
00:35:06de l'OLP,
00:35:07à la tête
00:35:07de l'autorité
00:35:08palestinienne,
00:35:08il va être élu
00:35:09président
00:35:10de l'autorité
00:35:11palestinienne.
00:35:13Mais on peut dire
00:35:15que Mahmoud Abbas
00:35:17n'a pas du tout
00:35:18le talent
00:35:21de Yasser Arafat.
00:35:23Il a un charisme
00:35:25très faible,
00:35:25donc il ne réussit
00:35:27pas vraiment
00:35:27à séduire
00:35:28les palestiniens.
00:35:33Mahmoud Abbas
00:35:34sous tutelle internationale
00:35:35et israélienne,
00:35:36le Hamas
00:35:37n'en veut pas.
00:35:38Les palestiniens
00:35:39sont amers
00:35:40vis-à-vis
00:35:40de cette autorité
00:35:41palestinienne
00:35:41incapables
00:35:42de leur apporter
00:35:43les bénéfices
00:35:44d'un processus
00:35:44de paix
00:35:45qui s'annonçait
00:35:45prometteur.
00:35:53C'est alors
00:35:53qu'à la surprise générale,
00:35:55Ariel Sharon,
00:35:56devenue
00:35:57Premier ministre,
00:35:58décide unilatéralement
00:35:59le démantèlement
00:36:00des 21 colonies
00:36:01israéliennes
00:36:02présentes à Gaza
00:36:03depuis 1967
00:36:06et le départ
00:36:07des 8000 colons
00:36:08de l'enclave.
00:36:14Cette décision politique,
00:36:16saluée par la communauté
00:36:17internationale,
00:36:18ressemble fort
00:36:19à un jeu de dupes.
00:36:23C'est la première fois
00:36:24en 2005
00:36:25qu'Israël se retire
00:36:26d'un territoire
00:36:26palestinien occupé.
00:36:28Ce désengagement
00:36:29est en fait
00:36:29une manière
00:36:30d'imposer
00:36:33une forme
00:36:34d'occupation
00:36:35par d'autres moyens
00:36:35puisque la bande de Gaza
00:36:37va à partir de ce moment-là
00:36:38être encerclée,
00:36:40c'est-à-dire
00:36:40que l'espace aérien,
00:36:42l'espace maritime,
00:36:43l'espace terrestre
00:36:44est tout à fait empêché.
00:36:46Les Palestiniens
00:36:47n'ont pas du tout
00:36:48de marge de manœuvre
00:36:49pour circuler.
00:36:50Il est quadrillé
00:36:52et j'allais dire,
00:36:53ce qui est aussi
00:36:54important de souligner,
00:36:55c'est que ce territoire
00:36:57est mis sous tutelle
00:36:59d'un point de vue
00:37:01des infrastructures
00:37:02et de l'autonomie
00:37:03puisqu'il est dépendant
00:37:05en fait d'Israël
00:37:06à tout point de vue
00:37:07pour l'électricité,
00:37:09etc.
00:37:09Donc en fait,
00:37:10à partir de 2005,
00:37:12ce désengagement
00:37:13n'était pas du tout
00:37:14une manière
00:37:14de concéder
00:37:15une quelconque forme
00:37:16d'autonomie,
00:37:17il était au contraire
00:37:19une manière
00:37:20de reconfigurer
00:37:21on va dire
00:37:22le système colonial
00:37:23différemment.
00:37:26Gaza,
00:37:27qui était pourtant
00:37:28le premier territoire
00:37:29autonome palestinien,
00:37:30n'en reste pas moins
00:37:31un territoire occupé
00:37:32depuis 1967.
00:37:34Vingt ans après Oslo,
00:37:36l'enclave est devenue
00:37:37une prison à ciel ouvert
00:37:38dans laquelle s'entassent
00:37:39désormais 1 500 000 personnes,
00:37:42transformant cette bande
00:37:43de terre en l'une
00:37:44des régions les plus
00:37:45densément peuplées
00:37:45de la planète.
00:37:56Lors des élections
00:37:57législatives,
00:37:58les premières depuis
00:37:58dix ans,
00:37:59le leader du Hamas,
00:38:00Ismaël Agnès,
00:38:0144 ans,
00:38:02est donné vainqueur.
00:38:17Le Hamas les remporte
00:38:18à la loyale.
00:38:2174 députés pour le Hamas,
00:38:2345 députés pour le Fatah.
00:38:26Le Hamas l'emporte
00:38:27non seulement à Gaza
00:38:28mais aussi en Cisjordanie,
00:38:29presque partout
00:38:29en Cisjordanie.
00:38:31C'est un peu moins net
00:38:32à Bethlehem et à Ramallah,
00:38:33mais c'est extrêmement net
00:38:34l'État est bronze,
00:38:35extrêmement net
00:38:35à Naplouse.
00:38:44Ismaël Agnès devient
00:38:45premier ministre
00:38:45à la tête d'un gouvernement
00:38:47dominé par le Hamas.
00:38:56Et là,
00:38:57la communauté internationale
00:38:59va prendre une décision
00:39:00gravissime.
00:39:01La décision
00:39:03qui est prise,
00:39:04c'est de dire
00:39:04que le Hamas
00:39:05est un mouvement terroriste,
00:39:06non seulement
00:39:07sa branche militaire,
00:39:09ce qui peut tout à fait
00:39:10s'entendre,
00:39:10mais également
00:39:11sa branche politique.
00:39:12Donc on ne discute pas
00:39:13avec la branche politique
00:39:13du Hamas
00:39:14parce que c'est
00:39:14un mouvement terroriste.
00:39:15On va empêcher
00:39:18Ismaël Agnès
00:39:19et le Hamas
00:39:20de gouverner
00:39:20par tous les moyens.
00:39:23S'appuyant
00:39:24sur ses alliés occidentaux,
00:39:26Mahmoud Abbas
00:39:27fomente alors
00:39:28un coup d'État
00:39:28contre les islamistes.
00:39:33Mais le secret
00:39:34est mal gardé.
00:39:37Le Hamas
00:39:38pourchasse
00:39:39les membres du Fatah,
00:39:40dont beaucoup sont tués,
00:39:41et déclenche
00:39:42une guerre civile.
00:39:50Après 17 ans
00:39:51de présence,
00:39:52le Fatah
00:39:53n'a plus
00:39:53aucun pouvoir
00:39:54à Gaza.
00:39:55Et donc,
00:39:56en 2007,
00:39:57on a cette scission
00:39:58entre la Cisjordanie
00:40:00qui reste gouvernée
00:40:01par l'autorité
00:40:01palestienne
00:40:02de Mahmoud Abbas
00:40:03qui continue
00:40:04la coopération
00:40:05sécuritaire
00:40:06avec Israël
00:40:07et la bande
00:40:09de Gaza
00:40:09qui est gouvernée
00:40:11par le Hamas.
00:40:27Si je suis élu,
00:40:28non seulement
00:40:29je protégerai
00:40:30les colons,
00:40:30mais je poursuivrai
00:40:31la colonisation
00:40:32dans les territoires.
00:40:35C'est dans ce contexte
00:40:36que Benyamin Netanyahou,
00:40:38le chef du Likoud,
00:40:39devient premier ministre.
00:40:41Bibi,
00:40:42comme ses partisans
00:40:43l'appellent,
00:40:43est le digne héritier
00:40:44de son père.
00:40:46Il prône
00:40:47un sionisme radical
00:40:47et la théorie
00:40:49dite du mur de fer,
00:40:50selon laquelle
00:40:51la force précède la paix
00:40:53et jamais l'inverse.
00:40:55Il devient ainsi
00:40:56l'architecte
00:40:56de la colonisation
00:40:57massive de la Cisjordanie
00:40:59et de Jérusalem-Est,
00:41:00avec le soutien
00:41:01de l'extrême droite
00:41:02qui gouverne avec lui.
00:41:05L'extrême droite israélienne,
00:41:06c'est une extrême droite
00:41:07suprémaciste,
00:41:08c'est-à-dire que,
00:41:10et ce n'est pas
00:41:10un discours,
00:41:11ce n'est pas construit.
00:41:13Véritablement,
00:41:14ils ne supportent plus
00:41:16d'avoir,
00:41:18y compris sous les yeux
00:41:20des Palestiniens.
00:41:21C'est quelque chose
00:41:21qui les heurte
00:41:23dans leur conception,
00:41:25dans leur identité
00:41:27de juifs,
00:41:28messianiques,
00:41:30théocratiques.
00:41:31ils ont complètement abandonné
00:41:34le projet sioniste initial
00:41:36qui était la mise en sécurité
00:41:38des juifs menacés
00:41:39par l'antisémitisme
00:41:40en diaspora.
00:41:41La question de la sécurité
00:41:43est devenue accessoire.
00:41:45Ce qui compte pour eux,
00:41:46c'est la rédemption
00:41:47et la restauration
00:41:48d'une royauté biblique
00:41:50fantasmée.
00:41:53s'accaparer toute la terre
00:41:55de la Palestine biblique
00:41:56devient le cœur
00:41:57de la politique
00:41:57de la nouvelle administration
00:41:59Netanyahou,
00:41:59dont l'armée
00:42:00est l'outil principal.
00:42:04Pour affaiblir le Hamas
00:42:06et mettre fin
00:42:07aux prises d'otages
00:42:08d'Israéliens,
00:42:09elle mène quatre guerres
00:42:10meurtrières à Gaza,
00:42:12désormais totalement asphyxiées.
00:42:21Dans l'enclave,
00:42:22le visage d'Ismaël Agnié
00:42:24est remplacé par celui
00:42:25d'un homme
00:42:25que les Palestiniens
00:42:26appellent le boucher.
00:42:28Yahya Sinouar,
00:42:30condamné à vie
00:42:30pour le meurtre
00:42:31de Palestiniens
00:42:32soupçonnés
00:42:32de collaboration
00:42:33avec Israël,
00:42:34est libéré en 2011
00:42:35à la faveur
00:42:36d'un échange de prisonniers.
00:42:45Yahya Sinouar
00:42:46devient le pivot
00:42:47du mouvement islamiste.
00:42:48Il coordonne
00:42:49la branche politique
00:42:50et la branche militaire,
00:42:51les brigades Al-Qassam.
00:43:12Yahya Sinouar
00:43:13a cette stratégie
00:43:14d'imposer,
00:43:15y compris par la force
00:43:16au récalcitron
00:43:17au sein du Hamas,
00:43:18la réconciliation palestinienne.
00:43:19L'autorité palestinienne
00:43:20n'est plus considérée
00:43:22par le Hamas
00:43:23comme un moyen
00:43:26d'accéder
00:43:26à une quelconque
00:43:27forme de légitimité.
00:43:29Et le Hamas sait
00:43:30que la légitimité
00:43:31des Palestiniens,
00:43:32il peut la retrouver
00:43:33par la lutte armée.
00:43:34Et c'est la lutte armée
00:43:35qui permet en fait
00:43:36d'unifier les Palestiniens
00:43:37qu'il a d'ailleurs
00:43:38toujours permis
00:43:39et qui a permis
00:43:39à l'OLP
00:43:40de gagner sa légitimité
00:43:41également dans les années 70.
00:43:44Donc à cet égard,
00:43:45le Hamas
00:43:46suit aussi l'exemple
00:43:47de l'OLP
00:43:47des années 70
00:43:48en mobilisant
00:43:49la lutte armée
00:43:50comme un outil
00:43:51capable d'unifier
00:43:52les Palestiniens.
00:43:58En Israël,
00:43:59sous la pression
00:44:00de l'extrême droite,
00:44:01la loi se durcit
00:44:02pour les Palestiniens.
00:44:09Dans un parlement
00:44:10clairsemé,
00:44:11les députés
00:44:12instaurent
00:44:12l'état-nation
00:44:13du peuple juif.
00:44:18La loi fondamentale
00:44:19de 2018
00:44:20qui a été adoptée
00:44:21par la Knesset,
00:44:21le parlement israélien,
00:44:22qui fait du peuple juif
00:44:23finalement le seul peuple
00:44:25qui a le droit
00:44:25à l'autodétermination
00:44:26dans le territoire israélien,
00:44:29en fait finalement
00:44:30traduit l'absence
00:44:31de caractère démocratique
00:44:32de l'état d'Israël
00:44:34parce que finalement
00:44:35il fait une division,
00:44:36il fait une séparation
00:44:37et il classe
00:44:38les communautés
00:44:39entre elles.
00:44:43Cette loi fondamentale,
00:44:44elle encourage
00:44:45la poursuite
00:44:45de la colonisation
00:44:46et de l'occupation
00:44:47du territoire palestinien
00:44:48qui passe par
00:44:49le soutien
00:44:50aux infrastructures
00:44:51pour les colons,
00:44:52par des routes
00:44:53spécialement conçues
00:44:53pour eux,
00:44:54par un système
00:44:55d'eau et d'égout
00:44:56qui est conçu
00:44:57spécialement
00:44:58pour les colons,
00:45:00par l'accaparement
00:45:01des ressources naturelles
00:45:01qui sont détournées,
00:45:03notamment l'accès à l'eau
00:45:04et qui sont redirigées
00:45:06pour les colons israéliens.
00:45:07Donc elles participent
00:45:08d'un ensemble
00:45:08du système
00:45:09de l'occupation
00:45:10et de la colonisation
00:45:11israélienne.
00:45:24La Cour internationale
00:45:25de justice,
00:45:27elle dit
00:45:27qu'Israël manque
00:45:29à ses obligations
00:45:30internationales
00:45:31d'un point de vue
00:45:32de l'apartheid
00:45:32et de la ségrégation
00:45:33raciale,
00:45:34parce qu'elle donne
00:45:35deux éléments
00:45:37pour appuyer son propos.
00:45:38Elle dit
00:45:39qu'il y a d'abord
00:45:39une séparation physique
00:45:41aujourd'hui en Palestine
00:45:42entre les colons israéliens
00:45:44et les palestiniens.
00:45:46Et la Cour dit
00:45:47qu'à cette séparation physique,
00:45:48il y a une séparation juridique.
00:45:50Cette séparation juridique,
00:45:52elle est liée à une chose.
00:45:53Aujourd'hui,
00:45:54en Cisjordanie,
00:45:55on a deux législations
00:45:56distinctes qui s'appliquent.
00:45:57Une législation civile
00:45:58pour les civils,
00:46:00les colons israéliens
00:46:01qui vont dépendre
00:46:02des tribunaux civils israéliens
00:46:03et de l'autre,
00:46:04on a un droit militaire
00:46:06qui est à l'œuvre
00:46:06pour les palestiniens
00:46:07de Cisjordanie,
00:46:08à l'exception de ceux
00:46:09de Jérusalem Est.
00:46:16C'est le temps des faux soyeurs
00:46:18qui enterrent définitivement
00:46:19la Palestine.
00:46:20À peine élu,
00:46:22Donald Trump entame
00:46:23sa lune de miel avec Israël.
00:46:37Une décision qu'aucune autre chancellerie
00:46:39ne suivra,
00:46:40le statut de Jérusalem
00:46:41comme capitale étant politiquement
00:46:43et juridiquement contesté
00:46:44depuis la création
00:46:45de l'État d'Israël.
00:46:51Les États-Unis ont décidé
00:46:53que Jérusalem sera cette capitale
00:46:55faisant fi
00:46:56de tout ce qui avait été décidé,
00:46:59tout ce qui avait été pensé auparavant
00:47:00en disant que Jérusalem
00:47:02est une capitale
00:47:03pour les deux populations.
00:47:05Eh bien non,
00:47:05maintenant c'est devenu
00:47:06la capitale
00:47:07de l'État israélien.
00:47:09À partir du transfert
00:47:11de l'ambassade
00:47:13des États-Unis
00:47:14de Tel Aviv
00:47:16à Jérusalem,
00:47:17les Palestiniens
00:47:18vont initier
00:47:19des marches populaires
00:47:21aux frontières
00:47:21avec Israël
00:47:23qui étaient un peu
00:47:24sur le modèle
00:47:24des printemps arabes.
00:47:26Il va y avoir donc
00:47:27toutes les semaines
00:47:28des marches
00:47:29qui devaient durer
00:47:30en fait un mois et demi
00:47:32et qui ont fini par durer
00:47:33plus d'un an.
00:47:34Plus d'un an
00:47:35parce qu'elles ont été
00:47:36assez vite
00:47:37prises,
00:47:38encadrées
00:47:38par le Hamas
00:47:40qui gouverne
00:47:41donc la bande de Gaza
00:47:42mais aussi d'autres
00:47:43factions politiques.
00:47:57Si Noir,
00:47:58à partir de ce moment-là
00:47:59va comprendre
00:47:59que l'encadrement
00:48:00de ces marches
00:48:01ne doit pas se faire
00:48:02sous l'égide du Hamas
00:48:03uniquement.
00:48:04Et donc,
00:48:05c'est une étape importante
00:48:06dans sa prise de conscience
00:48:08qu'il ne faut pas
00:48:09parler au nom du Hamas,
00:48:10il ne faut pas parler
00:48:10au nom des Palestiniens.
00:48:11Donc tout ce qui se fera
00:48:13d'un point de vue
00:48:14de l'organisation politique,
00:48:15des mobilisations,
00:48:16de la résistance armée
00:48:17doit se faire
00:48:18de manière collégiale
00:48:20avec les autres factions.
00:48:39A Jérusalem-Est,
00:48:41les Palestiniens sont désormais
00:48:43confrontés aux colons
00:48:44qui souhaitent s'emparer
00:48:45de leur maison
00:48:45rue par rue.
00:48:47Car la Ville Sainte
00:48:48est au cœur
00:48:48de la stratégie de conquête
00:48:49de l'extrême droite israélienne.
00:48:56Saisie,
00:48:57la Cour suprême
00:48:58se prononce
00:48:58en faveur des colons,
00:49:00soutenus par la police
00:49:01et l'armée.
00:49:31Sous-titrage Société Radio-Canada
00:49:31Sainte-Canada
00:49:33Sinoir va saisir cette occasion,
00:49:36va comprendre le caractère inédit
00:49:39de cette configuration
00:49:40qui mobilise tous les Palestiniens
00:49:42de la Palestine mandataire
00:49:44en se disant
00:49:46« Je vais initier une confrontation
00:49:48et c'est à ce moment-là
00:49:49que je dois lever le fusil. »
00:49:55Et c'est la première fois
00:49:57que les brigades Al-Khassam
00:49:59vont apparaître
00:49:59comme les seules capables
00:50:01de défendre Jérusalem
00:50:02et le Hamas
00:50:04comme le seul parti,
00:50:06la seule organisation
00:50:07capable de s'inscrire
00:50:10dans l'aspiration des Palestiniens
00:50:12qui est une aspiration
00:50:13de libération nationale.
00:50:19Sur la scène internationale,
00:50:20le nouvel ordre mondial
00:50:22est dicté par les Américains.
00:50:24À leur côté,
00:50:25les Israéliens ont signé
00:50:26un an plus tôt
00:50:27des accords controversés
00:50:29avec les riches monarchies du Golfe,
00:50:31les Accords d'Abraham.
00:50:33Ensemble,
00:50:34ils redessinent
00:50:35un Proche-Orient clinquant
00:50:36dans lequel les Palestiniens
00:50:38n'existent tout simplement plus.
00:50:48Il y a un sentiment
00:50:49d'isolement.
00:50:52Les Palestiniens ont le sentiment
00:50:53d'être trahis
00:50:54par de nombreux régimes arabes,
00:50:58en particulier
00:50:59les riches monarchies pétrolières
00:51:01du Golfe
00:51:01qui ont signé
00:51:02les Accords d'Abraham
00:51:03avec Israël.
00:51:11Ils se sentent trahis
00:51:13par les puissances européennes
00:51:14qui soutenaient l'idée
00:51:15d'une nation palestinienne
00:51:16à la sortie
00:51:17des Accords d'Oslo.
00:51:24Par les Américains
00:51:26qui soutiennent totalement
00:51:27l'armée israélienne
00:51:28et la poursuite
00:51:29de la colonisation.
00:51:33C'est une recette
00:51:35qui renforce l'isolement,
00:51:37mais c'est aussi une recette
00:51:38qui prépare
00:51:39une explosion à venir.
00:51:43Pendant des années,
00:51:44et dans le plus grand secret,
00:51:46Yahya Sinoar
00:51:47conçoit un plan militaire
00:51:48jamais imaginé auparavant
00:51:49contre Israël.
00:51:51Cette stratégie
00:51:52est basée sur la terreur,
00:51:54mais aussi sur la conviction
00:51:55de pousser les Israéliens
00:51:56à commettre
00:51:57les pires crimes de guerre.
00:52:01Une opération
00:52:02élaborée au mépris
00:52:03de la vie
00:52:04des Palestiniens eux-mêmes.
00:52:06Yahya Sinoar,
00:52:08qui est un homme
00:52:09extrêmement déterminé,
00:52:11il a cette croyance
00:52:14dans la puissance
00:52:15palestinienne
00:52:16et dans cette capacité
00:52:18à renverser la table
00:52:20et à penser
00:52:22que les Palestiniens
00:52:25pourraient vraiment,
00:52:27à un moment donné,
00:52:28vaincre Israël
00:52:31et renverser complètement
00:52:32la situation.
00:52:37A l'aube,
00:52:397000 combattants
00:52:39de la branche armée
00:52:40du mouvement islamiste
00:52:41traversent la frontière
00:52:42depuis Gaza
00:52:43en provoquant
00:52:44une multitude de brèches
00:52:45dans le mur
00:52:46qui les sépare d'Israël.
00:52:48Ils attaquent
00:52:49simultanément
00:52:49des bases militaires israéliennes,
00:52:51des kibbutz,
00:52:52des zones résidentielles
00:52:54et surgissent
00:52:55au cœur
00:52:55du festival de musique
00:52:56Nova.
00:52:57L'attaque,
00:52:58qui fait 1240 morts
00:53:00et 251 otages,
00:53:02terrorise 7,5 millions
00:53:04de juifs israéliens
00:53:05et sidère le monde entier.
00:53:07L'intention
00:53:09a été
00:53:10de traumatiser
00:53:11les Israéliens,
00:53:12de les rendre insécures
00:53:13à l'intérieur
00:53:14de leur propre État.
00:53:16Donc là,
00:53:17le Hamas
00:53:17a voulu
00:53:18sortir
00:53:19de cet État
00:53:22de léthargie
00:53:23dans lequel
00:53:24baignait
00:53:25la cause palestinienne
00:53:26et réveiller
00:53:28les Palestiniens
00:53:30mais aussi
00:53:30le monde entier
00:53:31en perpétrant
00:53:32cette attaque
00:53:33terrible,
00:53:35cruelle
00:53:36et le Hamas
00:53:39avait très certainement
00:53:39anticipé
00:53:40la riposte israélienne.
00:53:48La réponse israélienne
00:53:50est inédite
00:53:51et la plus meurtrière
00:53:52de l'histoire
00:53:53de la Palestine.
00:53:5671 000 Palestiniens
00:53:58dont plus de 80%
00:53:59de civils
00:54:00ont été tués.
00:54:02La guerre à Gaza
00:54:03devient un symbole mondial
00:54:04du crime de guerre.
00:54:06Les opinions publiques
00:54:07du monde entier
00:54:08adoptent le terme
00:54:09Palestine
00:54:09comme un étendard.
00:54:24en juillet 2024
00:54:25en juillet 2024
00:54:26à l'AE
00:54:26la Cour internationale
00:54:28de justice
00:54:28accuse Israël
00:54:30de violer la charte
00:54:31des Nations Unies
00:54:31sur le génocide.
00:54:44Chaque état de la planète
00:54:45a des obligations
00:54:46pour prévenir
00:54:47et réprimer
00:54:48un génocide
00:54:48même si ce génocide
00:54:49n'est pas commis
00:54:50sur son territoire.
00:54:51Et donc l'Afrique du Sud
00:54:52dit à la Cour internationale
00:54:53de justice
00:54:54à notre sens
00:54:54il y a actuellement
00:54:55un crime de génocide
00:54:56qui est commis
00:54:57par Israël
00:54:58contre les Palestiniens
00:55:00de Gaza
00:55:00en tant que partie
00:55:01substantielle
00:55:02d'un peuple
00:55:03qui doit être protégé
00:55:04qui est le peuple
00:55:05palestinien.
00:55:06La Cour internationale
00:55:07de justice
00:55:08va rendre
00:55:08un certain nombre
00:55:09d'ordonnances
00:55:11elle va rendre
00:55:12trois ordonnances
00:55:13dans cette affaire
00:55:14en janvier
00:55:15en mars
00:55:16et en mai
00:55:182024
00:55:18et à chaque fois
00:55:19elle dit la même chose
00:55:20elle dit
00:55:21on constate
00:55:22qu'un risque
00:55:22imminent
00:55:23et réel
00:55:24et de génocide
00:55:26est en cours
00:55:27dans la bande de Gaza
00:55:28on ne se prononce pas
00:55:28sur le fond
00:55:29on ne dit pas
00:55:29s'il y a un génocide
00:55:30ou pas
00:55:30on dit qu'il y a
00:55:31un risque
00:55:31de génocide
00:55:32et de préjudice
00:55:33irréparable
00:55:55inculpé pour corruption
00:55:56fraude
00:55:58et abus de confiance
00:55:59par la justice
00:55:59de son propre pays
00:56:01Benjamin Netanyahou
00:56:02est alors poursuivi
00:56:03par un mandat
00:56:04d'arrêt international
00:56:08tout comme Yahya Sinoir
00:56:10également poursuivi
00:56:11par la Cour pénale internationale
00:56:14le chef du Hamas
00:56:15meurt le 16 octobre 2024
00:56:17tué par un drone
00:56:18de l'armée israélienne
00:56:19dans le sud
00:56:20de la bande de Gaza
00:56:26L'enclave est quasiment rayée
00:56:28de la carte
00:56:28le 10 octobre 2025
00:56:30après deux ans
00:56:31et trois jours
00:56:32de guerre
00:56:33le cessez-le-feu
00:56:34est signé
00:56:41dans le cadre du conflit
00:56:43israélo-palestinien
00:56:43à aucun moment
00:56:45le conseil de sécurité
00:56:46n'a adopté des sanctions
00:56:47à l'égard d'Israël
00:56:48ou de groupes armés
00:56:49palestiniens
00:56:50qui font l'objet
00:56:53de violations
00:56:53du droit international
00:56:54il y a un état
00:56:56qui bloque aujourd'hui
00:56:57la plupart des résolutions
00:56:58dans lesquelles
00:56:59des sanctions
00:56:59pourraient être prises
00:57:00c'est les Etats-Unis
00:57:01d'Amérique
00:57:01qui sont un allié
00:57:02de l'état d'Israël
00:57:03à aucun moment
00:57:04les Etats-Unis d'Amérique
00:57:06disent
00:57:06nous allons reconnaître
00:57:07l'état de Palestine
00:57:08en lui permettant
00:57:09d'adhérer
00:57:09aux Nations Unies
00:57:10par exemple
00:57:11si les Etats-Unis
00:57:13ont un droit de blocage
00:57:15157 pays
00:57:15sur 193
00:57:16ont reconnu
00:57:17l'état de Palestine
00:57:18y compris la France
00:57:20et le Royaume-Uni
00:57:21membres eux aussi
00:57:22du conseil de sécurité
00:57:25cette histoire
00:57:26ne pourra jamais
00:57:26être oubliée
00:57:28chaque enfant palestinien
00:57:29grandit avec l'image
00:57:30de la Palestine historique
00:57:32même à travers
00:57:33les symboles
00:57:34par exemple
00:57:34les pendentifs
00:57:35en forme de carte
00:57:36c'est toujours
00:57:37la Palestine historique
00:57:38du Jourdain à la mer
00:57:41c'est tout le problème
00:57:42car pour un Israélien aussi
00:57:44la vision de son pays
00:57:45va du Jourdain à la mer
00:57:50que reste-t-il du territoire
00:57:52palestinien
00:57:53de cette terre
00:57:54meurtrie
00:57:55constellée
00:57:56et si disputée
00:58:01de quoi la Palestine
00:58:02est-elle encore le nom ?
00:58:06et sur ce territoire
00:58:08il y a 15 millions d'habitants
00:58:09il y a 7 millions et demi
00:58:10de juifs israéliens
00:58:11il y a 7 millions et demi
00:58:12de Palestiniens
00:58:16les Palestiniens sont là
00:58:18ils ne sortiront pas
00:58:19de l'histoire
00:58:19la disparition des Palestiniens
00:58:23n'est pas
00:58:25un scénario
00:58:29envisageable
00:58:30ça n'arrivera pas
00:58:31la seule chose
00:58:32que les historiens
00:58:33peuvent dire
00:58:33c'est
00:58:34ça n'arrivera pas
00:58:35un scénario
00:58:37comparable
00:58:37à ce qui s'est passé
00:58:39pour les Indiens d'Amérique
00:58:40ou pour les aborigènes
00:58:42d'Australie
00:58:42n'arrivera pas
00:58:48même si la terre rétrécit
00:58:50l'occupation israélienne
00:58:52n'est pas la première
00:58:53à toucher la Palestine
00:58:56hier je lisais un livre
00:58:58pour enfants
00:58:58à ma petite fille
00:59:00on parlait des pharaons
00:59:01puis des romains
00:59:02qui sont arrivés
00:59:03puis le Cléopâtre
00:59:05elle m'a dit
00:59:06pourquoi ont-ils occupé
00:59:07l'Egypte
00:59:07et comment les Égyptiens
00:59:08s'en sont-ils débarrassés
00:59:10pourquoi nous n'avons pas
00:59:11aidé les Égyptiens
00:59:12à se débarrasser des Romains
00:59:14je lui ai répondu
00:59:15c'était il y a très longtemps
00:59:18puis je lui ai dit
00:59:19que les Romains
00:59:19ont également occupé
00:59:20la Palestine
00:59:21elle était choquée
00:59:22elle m'a dit
00:59:23promets-moi papa
00:59:24que nous n'occuperons
00:59:25jamais la terre des autres
00:59:26je lui ai dit
00:59:27oui
00:59:27je l'espère bien
00:59:34j'en m'a dit
00:59:43En tâtae
00:59:48Chou
00:59:50Fee khalbi
00:59:53Ilâ
00:59:55Bâbâ
01:00:05Yabâ
01:00:07Yabâ
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