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La Palestine historique n’est plus — désormais divisée, fracturée. En 1948, l’État d’Israël est créé. Le projet sioniste l’emporte sur l’idée d’une grande nation arabe. 850 000 Palestiniens (sur les 1,2 million qui vivent alors en Palestine) prennent les routes de l’exil, en direction des camps installés dans les pays arabes alentour, créant un désordre régional. Mais la résistance s’organise, incarnée par un homme : Yasser Arafat et son organisation, l’OLP.
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00:03...
00:17On a quitté la Palestine après le massacre de Der Yassine.
00:21On entendait les combats près de chez nous.
00:23On entendait les tirs en descendant sous l'escalier,
00:27là où on se cachait pendant les affrontements.
00:36On entendait les tirs en descendant sous l'escalier de Der Yassine.
00:39Dans le petit village arabe de Der Yassine,
00:41situé à 5 km à l'ouest du centre-ville de Jérusalem,
00:45des miliciens juifs assassinent près de 120 hommes,
00:48femmes et enfants palestiniens.
00:56La Palestine est à feu et à sang depuis l'annonce du plan de partage par l'ONU.
01:04Partout, des milices sionistes bien armés,
01:07soutenus à l'extérieur par les communautés juives d'Occident,
01:10s'opposent aux villageois nationalistes palestiniens mal équipés.
01:25Quand ma mère a compris qu'on tuait les filles et les mères à Der Yassine,
01:29elle a eu peur et nous a emmenés au Liban.
01:41Une voiture nous attendait devant la maison.
01:44Une roquette est tombée dessus.
01:47Pendant ce temps-là, je demandais
01:49« Et Tamara ? Est-ce qu'elle part aussi ? »
01:53Tamara, c'était une petite fille juive qui habitait à côté.
01:57Elle était comme nous, une enfant palestinienne.
01:59J'ai demandé à ma mère « Tamara va partir avec sa mère avant nous ? »
02:05Ma mère, elle a dit « Non. »
02:09J'étais triste. Je jouais toujours avec Tamara.
02:12On était voisins.
02:20On voyait des foules de gens marcher.
02:24Je n'oublierai jamais cette image.
02:27Des gens fuyaient.
02:29Certains portaient leurs enfants.
02:31D'autres tiraient leurs filles par la main.
02:35Cette scène est encore gravée en moi.
02:40Jusqu'à aujourd'hui, je me demande
02:42« Où est Tamara ? »
02:46La nouvelle de ce massacre
02:48perpétré à Der Yassine
02:50et dans d'autres localités
02:51se propage dans les villes et les villages
02:53et terrifie les populations.
02:55Pour ne pas subir le même sort,
02:57300 000 Palestiniens
02:59prennent les routes de l'exil
03:01sous l'œil passif des Britanniques.
03:03Les Britanniques savent très bien
03:05que ça va mal finir
03:06et parce qu'ils savent que ça va mal finir,
03:07ils s'en vont.
03:09Il y a quand même une...
03:10Ils disent,
03:11ils l'annoncent à l'avance,
03:12ils disent
03:13« Le 15 mai 1948,
03:14à la mi-journée,
03:15le dernier soldat britannique
03:18aura quitté le territoire
03:19et c'est le cas.
03:20Ils quittent le port de Haïfa
03:22le 15 mai à la mi-journée. »
03:24Arthur Creech-Jones,
03:26British colonial secretary,
03:28avec dramatic suddenness,
03:29annoncez
03:29la décision de son gouvernement
03:31de donner son mandat
03:32et de remercier son troops.
04:00Ben Gurion anticipe, en fait,
04:02le 14 mai
04:04et décide de proclamer
04:06la souveraineté
04:07d'un nouvel État
04:08qui s'appelle l'État d'Israël
04:09sur les frontières
04:10définies par le plan de partage.
04:12Ce faisant,
04:12il sait très bien,
04:13puisque les Palestiniens
04:14ont refusé ce plan de partage
04:15pour des raisons évidentes
04:17et logiques,
04:17il sait très bien
04:18que la guerre
04:19va être déclenchée
04:20dans les heures qui suivent.
04:32A 62 ans,
04:34David Ben Gurion,
04:35immigré juif polonais,
04:37ferventionniste de gauche,
04:38devient le tout premier chef
04:40de l'État d'Israël.
05:05Je ne me souviens même pas d'Israël
05:07comme nom.
05:09On ne disait pas ça.
05:10On disait juste
05:12« Les Juifs ont pris le pays ».
05:16À peine né,
05:18l'État d'Israël est contesté.
05:20Au lendemain de sa proclamation,
05:22les pays arabes
05:23qui n'ont pas approuvé sa création,
05:25l'Égypte,
05:26la Syrie,
05:26le Liban,
05:27l'Irak
05:28et la Transjordanie,
05:29l'actuelle Jordanie,
05:30passent à l'offensive.
05:31La toute première guerre
05:33israélo-arabe
05:34est déclenchée.
05:43Pendant la guerre,
05:46en 1948,
05:48j'avais deux ans.
05:51Ma famille vivait
05:52dans le quartier Ajami.
05:54Jaffa était bombardé
05:59du nord,
06:00du sud
06:01et de l'est
06:03par le groupe Stern,
06:04le groupe Léhi
06:05et la Haganah,
06:06les trois composantes
06:07des milices israéliennes.
06:15Puis les groupes armés
06:17coupèrent l'approvisionnement
06:18en eau.
06:19Ils coupèrent l'électricité,
06:21donc les gens
06:22commencèrent à partir.
06:23Nous,
06:24nous sommes partis au Liban.
06:29La toute nouvelle armée
06:31israélienne
06:31est composée
06:32d'organisations
06:33comme la Haganah,
06:34très offensive.
06:58Les palestiniens
06:59sont chassés par la guerre.
07:01Sur les 1 200 000 palestiniens
07:04recensés en 1947,
07:05800 000 ont fui
07:07ou ont été expulsés.
07:16Partout,
07:16les familles s'entassent
07:17aux frontières
07:18dans des camps de fortune.
07:19Au Liban,
07:20en Syrie,
07:21en Transjordanie,
07:22en Cisjordanie
07:23et à Gaza,
07:25à leur territoire
07:25sous administration égyptienne.
07:34La Palestine,
07:35cet espace géographique
07:37connu depuis les temps antiques,
07:39vient de disparaître.
07:40Et avec elle,
07:41son nom.
07:45A Rode,
07:46lors des négociations
07:47de l'armistice,
07:48les pays arabes défaits
07:49cèdent un peu plus
07:50de territoire palestinien
07:51au tout nouvel état
07:52d'Israël vainqueur.
07:55Les frontières d'Israël
07:56se redessinent
07:57le long d'une ligne
07:58de cessez-le-feu,
07:59tracée grossièrement
08:00au feutre vert
08:01sur la carte,
08:02connue depuis
08:02sous le nom
08:03de ligne verte.
08:05Au lieu des 55 %
08:06prévus par le plan
08:07de partage,
08:08Israël contrôle désormais
08:10près de 78 %
08:11du territoire
08:11de la Palestine mandataire.
08:21Jérusalem est coupée
08:22en deux.
08:23La partie ouest
08:24est occupée
08:24par les Israéliens
08:25et Jérusalem-Est
08:27est occupée
08:27par les Jordaniens,
08:28privant les Juifs
08:29de l'accès
08:30à la vieille ville
08:30et aux murs
08:31des lamentations.
08:34C'est une catastrophe
08:35dans tous les sens
08:36du terme,
08:37c'est le désastre,
08:38pas uniquement
08:39pour les Palestiniens,
08:40mais pour tous
08:41les pays arabes
08:42de la région,
08:43puisque le projet
08:45du nationalisme arabe
08:47a échoué
08:48et en contrepartie,
08:49le projet
08:50d'un nationalisme juif
08:51a lui réussi.
08:59Et donc,
09:00les Palestiniens
09:00vont se construire
09:01sur cet événement
09:02traumatique
09:03qui est appelé
09:04la Nakba.
09:06On a l'engloutissement,
09:08l'effacement,
09:09l'éclatement aussi
09:10d'une société
09:13et la naissance
09:14du problème
09:14des réfugiés.
09:23Face à la catastrophe
09:24humanitaire,
09:25l'ONU confie
09:26la gestion
09:27des centaines
09:27de milliers
09:28de Palestiniens réfugiés
09:29dans des camps
09:29à l'UNRWA.
09:34Le mandat
09:35de l'agence est clair.
09:36Loger les familles,
09:37les nourrir
09:38et leur prodiguer
09:39des soins.
09:52Chaque famille
09:53possède aussi
09:54une carte
09:54qui,
09:55si elle permet
09:55de bénéficier
09:56des aides d'urgence,
09:57représente bien plus.
09:59Elle fait office
10:00de papier d'identité
10:01et devient la preuve
10:02que ces réfugiés
10:03sont palestiniens.
10:08Les enfants
10:08sont scolarisés
10:09dans d'immenses tentes
10:10de fortune
10:11mal éclairées.
10:12L'enseignement
10:13est dispensé
10:13par les Palestiniens
10:14eux-mêmes.
10:16C'est cette génération
10:17de la Nakba
10:18et de l'exil
10:19qui formera bientôt
10:20le terreau
10:21du nationalisme
10:21palestinien.
10:25« A l'école,
10:28on sortait manifester
10:29trois jours par an.
10:31Le 15 mai,
10:33jour de la Nakba,
10:37le 2 novembre
10:38pour la déclaration
10:39Balfour,
10:41le 29 novembre
10:43pour le plan
10:44de partage
10:44de la Palestine.
10:51nos professeurs
10:52nous expliquaient
10:53la signification
10:53de ces dates.
10:55Ces jours-là,
10:56on n'allait pas
10:57à l'école.
11:01On sortait dans la rue
11:02en criant
11:02« on veut retourner
11:04en Palestine ».
11:07Il y avait
11:07d'autres slogans
11:08qu'on répétait
11:09souvent comme
11:09« donnez-nous
11:11des armes,
11:11on veut retourner
11:12en Palestine ».
11:15On scandait
11:15ces slogans
11:16« c'est comme ça
11:17qu'on nous formait ».
11:28Les gens allaient
11:29parfois parler
11:29à la radio
11:30pour donner leur nom,
11:32celui de leur village,
11:34de leur famille,
11:36dans l'espoir
11:37que ceux à l'extérieur
11:38les entendent.
11:41Mais il n'y avait
11:42pas de communication
11:43directe.
11:48On ne se connaissait
11:49même plus.
11:50On était partis
11:51et restés dehors.
11:54Et ceux qui étaient
11:55restés en Palestine
11:56étaient encerclés
11:57sous régime militaire.
12:05En 1949,
12:07seuls 160 000 Palestiniens
12:09restent sur le territoire
12:10du tout nouvel État israélien.
12:13Ces Palestiniens
12:14acquièrent
12:15la citoyenneté israélienne.
12:16Ils sont appelés
12:17les Arabes israéliens.
12:24« La plupart des Palestiniens
12:26qui sont restés
12:26à l'intérieur d'Israël
12:27étaient en fait
12:28des agriculteurs,
12:30car seuls
12:30les villages palestiniens
12:31avaient survécu
12:32à l'expulsion
12:33et à la destruction.
12:34et la destruction.
12:41Et la première mesure
12:43que l'État
12:43d'Israël
12:44a mis en place
12:44a été le régime
12:45militaire d'une part
12:46et la confiscation
12:47de leurs terres.
12:51Et si l'on vous
12:53confisque vos terres
12:54en tant qu'agriculteur,
12:55comment vivre
12:56dans ces conditions ?
13:00En réalité,
13:02Israël a ajouté
13:03un traumatisme
13:03supplémentaire
13:04aux Palestiniens
13:05restés en Israël,
13:06car ils ont dû
13:07chercher
13:07de nouvelles professions
13:08pour survivre.
13:13La majorité
13:14des Palestiniens
13:15ont donc été
13:16contraints
13:16de travailler
13:16pour les nouveaux
13:17colonisateurs.
13:21Je me souviens
13:23que 99%
13:24des hommes
13:24de mon village
13:25et de ma région
13:25travaillaient
13:26sur des chantiers.
13:28Ils ont en réalité
13:29construit
13:30des villes israéliennes
13:31pour les Juifs.
13:36L'idée
13:37qu'Israël
13:39est un miracle
13:41masque
13:41comment ce miracle
13:42est arrivé.
13:45Les pertes
13:46de 1948
13:47en terres,
13:48en bâtiments,
13:49en équipements.
13:50Bon,
13:50l'équipement,
13:51ce n'était pas ça,
13:52mais les terres,
13:52les bâtiments,
13:54les routes,
13:55l'eau potable,
13:56l'irrigation
13:57d'un pays entier,
13:59tout ça gratuitement.
14:04Évidemment,
14:05ça va bien marcher,
14:06ça va coûter
14:06moins cher à produire
14:07que si on devait
14:08payer pour tout ça.
14:12C'est un actif.
14:15Imaginez la différence
14:16entre construire
14:17une maison
14:18en payant la terre
14:19ou construire
14:20une maison
14:20sans payer la terre.
14:23Tout ça a donné
14:23à Israël
14:24un avantage extraordinaire
14:25au fil du temps
14:26parce que c'est
14:27une valeur accumulée.
14:31la valeur approximative
14:33en dollars
14:34d'aujourd'hui
14:34des actifs
14:35perdus
14:35en 1948
14:36et de la perte
14:38d'accès
14:39à ces actifs
14:42est de 750 milliards
14:44de dollars.
14:50Les élites
14:50et les riches
14:51palestiniens
14:52évitent les camps.
14:53Ils se réfugient
14:54dans les capitales
14:55des pays arabes limitrophes,
14:56Amman,
14:58Beyrouth
14:58ou Damas.
15:17Ils sont devenus
15:19plus ou moins
15:19intégrés économiquement
15:20dans ces pays
15:21mais pas en termes
15:22de citoyenneté
15:23car le Liban,
15:25la Syrie,
15:26l'Egypte
15:26et l'Irak
15:27ont refusé
15:28la citoyenneté
15:29aux palestiniens.
15:32Ils pensaient
15:32qu'il y aurait
15:33bientôt des négociations
15:34puis la paix
15:35et que les palestiniens
15:37pourraient rentrer
15:37chez eux
15:38dans leur pays.
15:45La famille Mansour
15:46a été expulsée
15:47de Haïfa
15:48en 1948
15:49par le port.
15:51Ils ont pris
15:52un bateau
15:52jusqu'à Tyre
15:53au Liban.
15:56mon père
15:57ne pouvait plus
15:57retourner
15:58à Haïfa
15:58voir sa maison.
16:01Il a fallu
16:02trois ans
16:02avant qu'on lui
16:03permette
16:03d'y aller.
16:07En 1951,
16:08il est retourné
16:09à Haïfa
16:09et a découvert
16:10une famille juive
16:11installée
16:12dans sa maison.
16:15Ils ont perdu
16:16la maison.
16:18Elle avait été
16:19déclarée
16:21propriété
16:21des absents.
16:24La loi
16:25des absents
16:25de 1951
16:26qui a été adoptée
16:27par Israël,
16:28elle participe
16:30finalement
16:31de la dépossession
16:31palestinienne
16:32et de l'exil
16:33forcé des palestiniens.
16:34Cette loi,
16:35elle dit
16:36que les palestiniens
16:37qui se trouvaient
16:38en dehors
16:38des frontières
16:39de l'État d'Israël
16:39sur un territoire
16:40hostile à Israël
16:41dans le contexte
16:42de la création
16:43de l'État d'Israël
16:44perdent possession
16:45de son bien.
16:46C'est contraire
16:46à toutes les règles
16:48du droit international
16:49et la plupart
16:50de ces biens
16:51qui ont été
16:52accaparés
16:52par le gouvernement
16:53israélien
16:53sont revenus
16:54à des Israéliens.
16:59Le nombre
17:01de localités
17:03palestiniennes
17:04détruites
17:04ou effacées
17:05est d'environ
17:05600
17:06villes
17:07et villages.
17:19Le principal procédé
17:21qu'ils ont utilisé
17:21pour dissimuler
17:22les ruines
17:23des villages palestiniens
17:24et empêcher
17:25le retour
17:25d'éventuels réfugiés
17:26était de planter
17:27des arbres
17:28et des forêts.
17:39Ce sont en fait
17:41des forêts coloniales.
17:45Dans ces forêts,
17:46il y avait
17:47des dizaines
17:48de villages palestiniens
17:49qui ont été
17:49totalement détruits.
17:53Le deuxième objectif
17:59était de créer
18:00un paysage
18:00plus européen
18:01que celui
18:02de la Palestine
18:03ou de l'Orient.
18:15L'effacement
18:16de la présence
18:16palestinienne
18:17au cours
18:17des années 50
18:18renforce
18:19le nationalisme
18:20arabe émergent.
18:29C'est au Caire
18:29qu'ils incarnent
18:30le plus fortement.
18:36Le président
18:36de la toute nouvelle
18:37république d'Egypte,
18:38Gamal Abdel Nasser,
18:40devient le porte-voix
18:40des Arabes
18:41et des Palestiniens.
19:03Nasser, en 1956,
19:06va donner de l'espoir
19:08aux populations palestiniennes,
19:09de l'espoir
19:10aux populations arabes
19:11et il va être porteur
19:13d'une idée
19:14comme quoi
19:15on combat
19:16l'impérialisme,
19:17on combat également
19:18la présence
19:20d'Israël
19:21sur le territoire
19:22palestinien
19:23et on doit
19:24libérer la Palestine
19:26en s'unissant.
19:27Donc, c'est l'union
19:27des pays arabes
19:28qui va pouvoir
19:29libérer la Palestine.
19:31Et la résistance
19:33palestinienne
19:34ou le mouvement
19:34national arabe
19:35et palestinien
19:36à ses débuts,
19:38qu'elle soit à l'intérieur
19:39ou à l'extérieur
19:40ou dans l'exil,
19:41est très influencée
19:44par ce panarabisme.
19:47Sous l'impulsion
19:48de Nasser,
19:49l'OLP,
19:50l'Organisation de la Libération
19:52de la Palestine,
19:53voit le jour.
19:56Elle regroupe
19:57l'ensemble
19:57des organisations
19:58palestiniennes en exil.
20:03Très vite,
20:04un jeune dirigeant
20:05palestinien
20:06de 35 ans
20:06s'impose
20:07au sein
20:07de l'OLP.
20:08C'est la naissance
20:09d'un mythe.
20:10Il s'appelle
20:11Yasser Arafat.
20:14Yasser Arafat,
20:15il est originaire
20:15d'une famille
20:16de Jérusalem
20:18qui avait déménagé
20:20au Caire.
20:20Il est né au Caire
20:21en 1929.
20:22Il a grandi
20:23à Jérusalem
20:24dans les années 1930.
20:25Il a assisté
20:26à l'âge
20:27de 7-8 ans
20:28à la grande insurrection
20:29de 1936-1938.
20:31Il vivait
20:32à l'époque
20:33juste au-dessus
20:34du quartier maghrébin
20:34à proximité immédiate
20:36du mur occidental
20:37et donc
20:37de la mosquée
20:38à l'Aqsa.
20:40Donc,
20:40quand Yasser Arafat
20:41dit son attachement
20:42à Jérusalem,
20:43son attachement affectif,
20:44c'est sans doute
20:44pas usurpé.
20:47Arafat étudie
20:48au Caire
20:49puis s'installe
20:50au Koweït
20:50où il devient
20:51un homme d'affaires
20:52prospère.
20:53Mais il n'en oublie
20:54pas moins la Palestine
20:55et fonde
20:56son propre parti politique.
20:58Le Fatah,
20:59reconquête en arabe.
21:00Un parti
21:01qui pose l'acte fondateur
21:03de l'identité politique
21:04palestinienne moderne.
21:07Son discours trouve écho
21:09auprès des jeunes palestiniens
21:10qui rêvent
21:11de devenir des fédéines,
21:12des combattants.
21:37palestiniens.
21:38Les états arabes de la région
21:41instrumentalisent la cause
21:42palestinienne
21:43pour leurs propres intérêts.
21:44Yasser Arafat
21:45en est immédiatement conscient,
21:46il faut le dire,
21:47et tout son combat
21:48à partir de 1964,
21:49ça va être
21:49d'autonomiser
21:51la cause palestinienne,
21:53de repalestiniser,
21:54pourrait-on dire,
21:55la cause palestinienne,
21:56de l'arracher
21:57à ses états arabes voisins.
21:58C'est l'affirmation
21:59d'un projet politique
22:01qui a longtemps été mûri,
22:03qui a longtemps été réfléchi,
22:05qui a longtemps été déçu
22:08par les décisions arabes
22:10qui ont été prises à sa place
22:12et qui maintenant devient
22:13maître de son propre destin
22:16et de son propre projet
22:17de reconquête.
22:20Cette stratégie passe
22:21par la lutte armée.
22:22Dans les années 1960,
22:24les fédéines palestiniens
22:25exilés en Jordanie,
22:27en Syrie
22:27et en Égypte,
22:29mènent des centaines
22:30de micro-attaques
22:31aux frontières d'Israël.
22:49L'État hébreu
22:50qui anticipe
22:51une attaque imminente
22:52de l'Égypte
22:53prend les devants.
22:55À l'aube du 5 juin,
22:56l'opération Focus
22:57est lancée.
23:04Israël applique ainsi
23:05sa doctrine militaire.
23:06Porter la guerre
23:07sur le territoire ennemi
23:08avant qu'il ne la porte
23:09sur le vôtre.
23:12En à peine 6 jours,
23:14le petit pays
23:15de 2 300 000 habitants
23:16paralyse les armées
23:18de près de 40 millions
23:19d'arabes.
23:24Les blindés frappés
23:26de l'étoile de David
23:27pénètrent dans le Sinaï,
23:28sur le plateau du Golan Syrien,
23:30à Gaza,
23:32en Cisjordanie.
23:55A 10 heures,
23:56l'officier qui dirige
23:57l'opération déclare par radio
23:59le mont du Temple
24:00est entre nos mains.
24:04Dans la vieille ville,
24:05les chefs militaires
24:06Yitzhak Rabin
24:07et Moshe Dayan
24:08font détruire
24:09le quartier maghrébin
24:09et libèrent
24:10le mur des Lamentations,
24:12principal lieu de prière
24:13du judaïsme
24:14dont les Juifs israéliens
24:15étaient privés d'accès
24:16depuis 20 ans.
24:21Cette victoire place Israël
24:23au rang de puissance militaire
24:25au Proche-Orient.
24:27Israël prend le contrôle
24:29de Gaza,
24:29du Sinaï,
24:31du plateau du Golan,
24:32de la Cisjordanie
24:33et de Jérusalem Est,
24:35qu'on appelle désormais
24:37les territoires occupés.
24:42Environ 300 000 Palestiniens
24:43ont fui
24:44ou ont été expulsés
24:45de Cisjordanie.
25:10Cet exil est vécu
25:11comme une nouvelle Nakba
25:12qui est nommée Naksa.
25:17L'armée israélienne
25:18impose une occupation militaire
25:19sur toutes ces nouvelles conquêtes,
25:21comme à Hébron,
25:22une des villes
25:23les plus anciennes
25:23du Proche-Orient,
25:24elle-même trois fois sainte
25:26avec la présence
25:27du tombeau des patriarches.
25:31en 1967.
25:32En 1967, Israël a occupé Évron.
25:35On dormait.
25:38Et l'armée est arrivée.
25:42Ils ont frappé,
25:44ils ont pris mon père dehors
25:46et ils l'ont frappé.
25:47Ils ont frappé tous mes cousins
25:49tout autour,
25:51pas moi.
25:52on a été très effrayés,
25:54très terrorisés.
25:55Et c'était parce qu'apparemment
25:57un fil de communication
25:59de l'armée israélienne
26:01qui passait dans la rue
26:02en face de chez nous
26:03a été coupé.
26:05Donc, c'est une punition collective.
26:08Ils ne savent pas qui c'est.
26:10Donc, ils punissent tout le monde.
26:13Et je ne sais pas
26:14si vous pouvez imaginer
26:16quelqu'un de 15 ans
26:17ou moins,
26:19ou plus même,
26:20qui voit son père
26:21qui est frappé
26:22juste à côté,
26:23juste dehors
26:25et qui rentre
26:27au bout de, je ne sais pas moi,
26:28un quart d'heure,
26:29une demi-heure
26:29avec plein de sang
26:30sur le visage.
26:32Donc, j'ai pris mon père
26:34entre mes bras
26:34et j'ai juré,
26:37je lui ai juré
26:38que je vais le venger.
26:39C'était ma première réaction.
26:41Et dès,
26:43à l'aube,
26:44je suis sorti
26:45à la campagne
26:46en espérant
26:47trouver des fédayines.
26:50Les fédayines,
26:52ces combattants palestiniens,
26:53sont regroupés
26:54autour de Yasser Arafat
26:55dans le camp de Karameh
26:56près du fleuve Jourdain
26:57en Jordanie.
27:00De ce quartier général,
27:01ils organisent attentats
27:03et incursions armées.
27:17Le camp de Karameh
27:19est sous le feu israélien.
27:21La riposte militaire
27:23menée par Israël
27:23se veut éclair.
27:2515 000 soldats,
27:26déblindés,
27:27une artillerie lourde
27:29et un soutien aérien.
27:31Mais les fédayines
27:32palestiniens résistent
27:33pendant 19 heures.
27:35Du jamais vu.
27:42Et malgré la défaite
27:43militaire qu'ils subissent,
27:45leur héroïsme est célébré
27:46dans tout le monde arabe.
27:52Karameh,
27:53qui signifie dignité,
27:55devient la première
27:55grande victoire
27:56symbolique palestinienne.
28:03Après la guerre,
28:05tous les palestiniens
28:06ont entendu
28:06parler de Karameh
28:07et des milliers
28:08voulaient rejoindre
28:09le mouvement
28:10et tenter de revenir
28:11à la palestinienne.
28:12Et qu'est-ce que tu as fait
28:13avant que tu as rejoint
28:14Al-Fattah ?
28:15C'est là
28:20où tout le monde
28:22a retrouvé
28:23les fédayines
28:24et je crois
28:25que les organisations
28:28palestiniennes
28:29de résistance
28:30ont été ouvertes
28:32à tout le monde.
28:33Deux jours au lendemain,
28:35au lieu qu'il y ait
28:35quelques centaines,
28:36on est devenu
28:37des dizaines de milliers.
28:39C'était vraiment
28:39un phénomène.
28:40Et donc,
28:41je suis resté
28:41dans la résistance
28:43depuis cette époque-là.
28:44à 17 ans,
28:46on a envie
28:47de faire la guerre,
28:49de libérer la Palestine
28:51par la force.
28:53Pour les palestiniens,
28:55c'est le sentiment
28:57de se dire
28:57mais en fait,
28:58on peut,
28:59avec des techniques
29:00de guérilla,
29:01en fait,
29:05gêner l'ennemi
29:08et symboliquement,
29:10en tout cas,
29:11mais symboliquement,
29:11ça peut avoir
29:12des effets politiques,
29:13contrecarrer
29:14ces plans.
29:16Ce que n'ont pas réussi
29:17à faire les armées arabes,
29:19nous,
29:19on va pouvoir le faire
29:20avec des moyens
29:20bien moindres.
29:22Ces personnes
29:23sont devenues
29:24la base sociale
29:24du mouvement
29:25de guérilla
29:25qui est apparu
29:26après la défaite
29:27de 1967.
29:36le mouvement national palestinien
29:38doit désormais compter
29:39sur ses propres forces,
29:41il doit se structurer,
29:42il doit développer
29:43des méthodes
29:44de communication politique,
29:46des méthodes
29:47d'éducation
29:47et de formation
29:48aussi de ses militants.
29:51C'est très concret,
29:52ça veut dire
29:52des camps d'entraînement,
29:54ça veut dire
29:55des cours d'alphabétisation
29:56dans les camps de réfugiés,
29:58ça veut dire
29:58des cercles militants
29:59et des cercles politiques.
30:02En 1967,
30:03j'ai dit à ma mère
30:04« je pars en Jordanie
30:06pour m'entraîner ».
30:07Le rôle du camp,
30:09ce n'était pas seulement
30:10d'apprendre
30:10à porter une arme.
30:12Il fallait être aussi
30:13politiquement conscient
30:14de l'idée de la libération
30:15et de croire
30:16qu'elle était possible
30:17parce que d'autres peuples
30:19avaient gagné auparavant.
30:27On étudiait
30:28la révolution algérienne
30:29et la révolution cubaine
30:31encore à ses débuts.
30:33On a commencé
30:34à parler d'impérialisme,
30:36de capitalisme.
30:39On apprenait
30:40que le monde
30:40était divisé en deux,
30:43capitaliste
30:43et socialiste.
30:46On étudiait aussi
30:47la révolution russe,
30:49la révolution chinoise.
30:53À la fin des années 60
30:54et au début des années 1970,
30:56ça va donner naissance
30:57au mouvement palestinien
30:58tel qu'on le connaît
30:59à partir de ce moment-là,
31:01c'est-à-dire un mouvement
31:01qui est très bien structuré
31:03politiquement,
31:04idéologiquement.
31:05Et la charte de l'OLP
31:06de 1964,
31:08légèrement retouchée
31:08en 1968,
31:09elle est très claire.
31:10Il s'agit de créer
31:11un État de Palestine
31:13souverain,
31:14démocratique
31:15et indépendant
31:16dans lequel
31:16tous les habitants,
31:18qu'ils soient juifs,
31:19qu'ils soient chrétiens,
31:19qu'ils soient musulmans,
31:20cohabiteront.
31:21Ce qui,
31:22dans la logique
31:23de ces révolutionnaires laïcs,
31:26n'est pas absolument absurde.
31:31depuis la fin de la guerre
31:32des Six Jours,
31:3317 000 Palestiniens,
31:35hommes,
31:35femmes et adolescents,
31:37sont incarcérés
31:38dans les prisons israéliennes,
31:39en rétention administrative,
31:41sans inculpation
31:42ni procès.
31:46En réponse,
31:48Yasser Arafat,
31:49de son nom de guerre
31:50Abu Ammar,
31:51légitime l'action violente.
31:53Le terme terrorisme
31:54devient synonyme
31:55de résistance,
31:56de lutte révolutionnaire.
32:03Leïla Khaled
32:04a rejoint
32:05le FPLP
32:06de Georges Abash
32:06à sa création
32:07deux ans plus tôt.
32:09Le groupe terroriste
32:10marxiste,
32:11membre de l'OLP,
32:12vient juste après le FATA
32:13en nombre de combattants.
32:18Leïla Khaled
32:19s'entraîne
32:19dans un camp
32:20au Liban
32:20quand elle est mise
32:21à l'épreuve
32:22par son instructeur.
32:30Il m'a demandé
32:31« Es-tu prête à mourir ? »
32:37« Es-tu prête
32:40à détourner un avion ? »
32:42« C'est quoi
32:42toutes ces questions ? »
32:44« Pourquoi voulons-nous
32:46détourner un avion ? »
32:47Il a répondu
32:48« Pour faire libérer
32:50les prisonniers palestiniens
32:51des prisons israéliennes. »
32:55J'ai trouvé
32:55l'idée forte
32:56« Libérer
32:57des prisonniers
32:58par la force. »
33:02Il a dit
33:02« Tu mèneras
33:03l'opération
33:04avec un camarade
33:05mais c'est toi
33:06qui la dirigera. »
33:08J'ai accepté.
33:10Je devais transporter
33:1110 kilos d'explosifs
33:12dans une valise,
33:13un pistolet
33:14et une grenade.
33:16Le pistolet
33:17à la ceinture
33:17et la grenade
33:18dans ma poche.
33:22Leila Khaled
33:22prend la tête
33:23du premier détournement
33:24d'avion
33:24de l'histoire
33:25de la lutte palestinienne.
33:27Le vol
33:28TWA
33:28Rome-Athènes
33:29avec à son bord
33:30116 passagers.
33:35Après une demi-heure
33:36de vol,
33:37on s'est approché
33:38du cockpit.
33:41Je devais d'abord
33:42parler au capitaine
33:43et je lui ai dit
33:44« Nous sommes
33:45de l'unité
33:46Che Guevara.
33:48Tu fais tout
33:49ce que je dis
33:50et tu ne fais rien
33:51d'autre. »
33:53Je devais lui dire
33:53ça calmement
33:54car il avait peur
33:55bien sûr.
33:57J'avais la grenade
33:58dans la main
33:59sans goupilles.
34:02Alors,
34:03il a parlé
34:04à la tour
34:04de contrôle.
34:08Il leur a dit
34:09« Ici,
34:10ici le nouvel équipage.
34:11Le code
34:12est
34:12Front populaire
34:14Palestine
34:15Libre et Arabe.
34:18Si vous ne répondez pas,
34:20l'avion explosera. »
34:23Ils ont fini
34:23par répondre.
34:25J'ai dit au pilote
34:26« Tourne autour
34:27de la Palestine. »
34:30Puis je lui ai dit
34:31« Emmène-nous
34:33à Haïfa. »
34:34« Mon camarade
34:36et moi,
34:36nous sommes nés
34:37à Haïfa
34:37et nous n'avons
34:39pas le droit
34:39d'y aller. »
34:48« Le pilote
34:50a entendu
34:50qu'on demandait
34:51la libération
34:51des prisonniers.
34:54Entre-temps,
34:55j'ai changé
34:56le plan de vol
34:58et nous avons pris
34:59la destination
34:59de Damas,
35:00en Syrie.
35:07On a atterri
35:09à Damas.
35:09On ne voulait
35:10tuer personne.
35:14On a fait
35:15descendre
35:15les passagers
35:16par la glissière
35:16d'évacuation
35:18et j'ai posé
35:20la valise
35:20d'explosifs
35:21pour déclencher
35:22l'explosion
35:22après notre décès. »
35:27Ce premier détournement
35:28ne permet pas
35:29la libération
35:30des prisonniers
35:30palestiniens.
35:31Mais il donne
35:32au Fedayin
35:32une notoriété
35:33sans précédent.
35:34Leila Khaled
35:35participe
35:35à plusieurs
35:36actions-commandos.
35:38Elle utilise
35:39la chirurgie
35:40esthétique
35:40pour modifier
35:41son visage.
35:42Elle est arrêtée
35:43à Londres
35:43en septembre
35:441970.
35:50Incarcérée
35:50pendant quelques semaines,
35:51elle est échangée
35:52contre des otages
35:53occidentaux
35:54prisonniers
35:54du FPLP.
35:56À 25 ans,
35:57elle devient
35:58une figure médiatique
35:59de la résistance
35:59palestinienne.
36:26En Cisjordanie,
36:28occupée par Israël
36:29depuis 1967,
36:30les Palestiniens font face
36:32à un nouveau défi.
36:35La colonisation des terres
36:36par un courant messianique
36:37du judaïsme.
36:41À Hébron,
36:43le rabbin Moshe Levinger
36:44décide de réinstaller
36:45les Juifs
36:45qui en ont été chassés
36:46après la révolte
36:47de 1929.
36:55Il profite de la Pâques juive
36:57et réserve des chambres
36:58avec son bloc
36:59des fidèles,
36:59le Gouché Monim,
37:00dans un hôtel
37:01palestinien
37:02du centre-ville.
37:06Ils n'en repartiront plus.
37:11Shimon Peres,
37:12ministre adjoint
37:13de la Défense,
37:14négocie avec Levinger
37:15et ses partisans.
37:19La gauche
37:20travailliste et laïque,
37:21alors au pouvoir,
37:22trouve un compromis
37:23pour éviter
37:23une confrontation
37:24directe avec
37:25ses religieux,
37:26de plus en plus
37:26influents
37:27dans la société
37:27israélienne.
37:33Ceux-ci quittent
37:34le centre-ville
37:35d'Ebron
37:35pour s'installer
37:36à quelques encablures
37:37seulement,
37:38créant ainsi
37:38l'une des premières
37:39colonies en Cisjordanie
37:40occupée.
38:05Après 1967,
38:07un nouveau phénomène
38:08est apparu,
38:09la fusion
38:10entre politique
38:10et religion.
38:12La Cisjordanie,
38:13appelée dans la tradition
38:14juive Samarie
38:15et Judée,
38:16est considérée
38:17par les sionistes
38:18comme une région
38:18mentionnée dans la Torah
38:19et d'autres textes
38:20historiques.
38:22C'est pour cette raison
38:24qu'ils veulent s'emparer
38:24de cette région
38:25en s'appuyant
38:26sur des références
38:27millénaires.
38:29A partir de là,
38:30la distinction
38:31entre partis politiques
38:32et idéologies religieuses
38:34s'est progressivement
38:35effacée.
38:37contre les pensées
38:38et les pensées
38:38de la religion
38:38et les pensées
38:39avec les autres.
38:42Golda Mer,
38:43la toute nouvelle
38:44première ministre
38:45israélienne
38:46issue des rangs
38:46de la gauche
38:47socialiste et laïque
38:48enfonce le clou.
38:50Dans une interview
38:51accordée à des
38:51journalistes britanniques
38:52en juin 1969,
38:54elle déclare
38:55« Il n'y avait pas
38:56de Palestiniens.
38:57Ce n'est pas comme
38:58s'il existait un peuple
38:59palestinien que nous
39:00serions venus déposséder
39:01de sa terre et chasser.
39:03Ce peuple n'existait
39:04tout simplement pas. »
39:07Cette déclaration
39:07vient nourrir le roman
39:08national israélien
39:09et fait l'effet d'une bombe
39:11chez les dirigeants
39:12palestiniens.
39:14Golda Mer,
39:15qui est née
39:15en Russie,
39:17a le droit
39:17de vivre ici,
39:18dans cette région.
39:19en Jerusalem
39:19plus que moi.
39:21Vous acceptez
39:22comme un être humain ?
39:24Comme un être humain ?
39:26Vous acceptez ?
39:27Je me demande
39:28de tout le monde.
39:31Et en espèce de ça,
39:33je dis que
39:34nous vivons ensemble.
39:37Égalité,
39:39paix et justice.
39:50En Jordanie,
39:51l'arrivée massive
39:53de combattants
39:53et de réfugiés
39:54palestiniens
39:55aux côtés
39:55de Yassar Arafat
39:56déstabilise
39:57l'équilibre démographique
39:58du royaume,
39:59puisque les Palestiniens
40:00représentent désormais
40:0160% de la population
40:03et que les faits d'Aïn
40:04utilisent le territoire
40:05comme base arrière
40:06d'action terroriste
40:07à dimension internationale.
40:22Autant de menaces
40:23pour le roi Hussein,
40:24qui le 17 septembre 1970
40:26lance une vaste offensive
40:27contre les camps palestiniens.
40:58Entre 3 000 et 10 000 palestiniens
41:00sont tués par les Jordaniens.
41:02L'OLP est vaincue militairement
41:04et expulsée.
41:10Ces combats,
41:12connus sous le nom
41:13de Septembre Noir,
41:14donnent leur nom
41:14à un groupe armé secret.
41:21Ce nom va faire le tour du monde
41:22deux ans plus tard
41:23lors des Jeux Olympiques de Munich.
41:41Pour la première fois,
41:43les Jeux Olympiques
41:43sont transmis en direct
41:46partout dans le monde.
41:49Et donc,
41:51toute la population mondiale
41:54qui a un poste de télévision
41:56à les URIV
41:57sur ce qui se passe
41:58à Munich.
42:14On va voir
42:15des hommes masqués
42:17qui se revendiquent
42:18être palestiniens
42:19et qui veulent réclamer
42:21la libération
42:22des prisonniers palestiniens.
42:25Bien sûr,
42:25c'est un acte terroriste,
42:26c'est un acte violent
42:27et c'est un acte
42:28qui va avoir des morts.
42:29Mais ils ont visibilisé
42:32de manière impressionnante
42:35la cause palestinienne.
42:37Mesdemoiselles, messieurs,
42:38bonjour.
42:38À Munich,
42:39dans le village olympique,
42:41les otages israéliens
42:42détenus par 5 commandos palestiniens
42:45attendent toujours
42:46d'être fixés
42:46sur leur sort.
42:47Pour la première fois,
42:49on parle de la Palestine,
42:51des palestiniens
42:53dans les foyers
42:55en France
42:55
42:57le monsieur
42:58et madame Bernard
42:59sont en train
43:00de manger leur dîner
43:01et ils disent
43:02« Qui, il est palestiniens ?
43:03Qu'est-ce qu'ils font ?
43:03C'est qui ? »
43:06Onze sportifs
43:07sont assassinés.
43:08Cinq terroristes
43:10de Septembre Noir
43:10seront tués
43:11et trois capturés.
43:14La violence
43:15comme acte révolutionnaire
43:16devient l'arme
43:16des palestiniens.
43:19Les attentats
43:19se succèdent
43:20sur le sol
43:21de l'État hébreu.
43:21Les civils israéliens
43:22ont une quarantaine
43:23de morts
43:23et 70 blessés.
43:25C'est l'addition tragique
43:26par satellite
43:27de recevoir les images.
43:28D'après ce que l'on peut savoir
43:29à présent,
43:30l'autobus
43:31qui a explosé
43:31près d'une country club,
43:33une bombe
43:33placée dans une camionnette
43:35a explosé
43:35à 200 mètres
43:36du bâtiment central
43:37de la gare d'autobus.
43:38Les deux occupants
43:39de la camionnette
43:39sont morts,
43:40deux Arabes israéliens
43:41et il y a trois blessés légers.
43:57En 1974,
43:59Yasser Arafat
44:00est invité
44:00à prononcer
44:01un discours
44:02à l'Assemblée générale
44:03des Nations Unies.
44:04C'est une date
44:05historique
44:06parce que c'est
44:07la première fois
44:07que l'Organisation
44:08de libération
44:08de la Palestine
44:09que Yasser Arafat
44:10représente en tant
44:11que président
44:11obtient un statut
44:13d'observateur.
44:14Elle a enfin
44:15un statut politique
44:17et juridique
44:18pour les Nations Unies.
44:20Ça veut dire
44:21que la question
44:21palestinienne
44:22est mise
44:23au cœur
44:23de l'activité
44:24de l'Assemblée générale
44:25des Nations Unies.
44:27Yasser Arafat
44:28est ovationné,
44:30c'est pas le Conseil
44:31de sécurité
44:31qui l'applaudit.
44:32C'est l'Assemblée générale
44:33et c'est
44:34beaucoup de pays
44:36fraîchement décolonisés.
44:38C'est plus la même
44:38Assemblée générale
44:39que celle de 1947.
44:40Cette Assemblée générale
44:41de l'ONU
44:42qui a été profondément
44:43renouvelée
44:43veut aussi montrer
44:45aux puissances occidentales
44:46qui étaient aussi
44:48les puissances coloniales
44:49qu'elles soutiennent
44:51en fait
44:51une cause
44:52d'émancipation.
44:53Applaudissements
45:28Yasser Arafat
45:29quand il prend la parole
45:30à l'Assemblée générale
45:30il commence un peu
45:31finalement
45:32à établir,
45:34à construire
45:35les contours
45:35d'une future stratégie
45:36de légitimation
45:38de l'action palestinienne
45:39sur la scène internationale
45:40et l'Assemblée générale
45:41le comprend.
45:44L'Organisation
45:45des Nations Unies
45:45se sent
45:47à bon droit
45:49responsable
45:49de ce conflit
45:50qu'elle a généré,
45:51qu'elle a paramétré
45:52elle doit donc
45:53trouver
45:53les voies et moyens
45:55de le régler
45:56ou en tout cas
45:57de le faire
45:57progresser.
45:59La première chose
46:00pour ça
46:00c'est d'avoir
46:01des interlocuteurs
46:03et donc
46:03la stratégie
46:04de l'ONU
46:05ça va être
46:06petit à petit
46:07de faire accepter
46:09aux Israéliens
46:09que l'OLP
46:10est
46:11l'interlocuteur
46:12palestinien.
46:14Ce qui n'était
46:14évidemment pas
46:15le projet israélien
46:17les Israéliens
46:17préféraient largement
46:18discuter avec
46:19les Égyptiens
46:20ou avec des Syriens
46:20ou avec des Jordaniens
46:23plutôt qu'avec
46:24une organisation
46:26qui défendait
46:27le principe
46:28de l'autodétermination
46:29et le principe
46:30de l'autonomie politique
46:32des Palestiniens.
46:35Il y a quand même
46:36une mémoire du droit
46:37c'est-à-dire qu'en 1947
46:38l'Assemblée générale
46:39de l'ONU
46:40a voté
46:40deux droits
46:43le droit
46:43aux Juifs
46:44de Palestine
46:45d'avoir un État
46:45et le droit
46:47et le droit
46:47aux Palestiniens
46:48d'avoir un État.
46:50Un de ces droits
46:52n'a pas été suivi
46:53d'effet.
46:54Donc
46:55il faut trouver
46:56les voies et moyens
46:57qu'il y ait un État
46:58pour les Palestiniens.
47:06Depuis son départ forcé
47:07de Jordanie
47:08c'est au Liban
47:09que Yasser Arafat
47:10a établi
47:10sa base militaire
47:11et politique.
47:12Un véritable État
47:14dans l'État
47:14qui déstabilise
47:15l'équilibre confessionnel
47:16du pays.
47:19Depuis 1975
47:20la Suisse du Proche-Orient
47:22est plongée
47:23dans une guerre civile
47:24entre chrétiens
47:25et musulmans.
47:26La présence massive
47:28de réfugiés palestiniens
47:29dans les camps
47:29et l'implantation
47:31de l'OLP
47:31exacerbe les tensions.
47:35Beyrouth
47:36la capitale
47:37est divisée en deux.
47:39A l'ouest
47:40les 15 000 combattants
47:41palestiniens
47:42et les forces de gauche
47:43pro-palestiniennes.
47:44A l'est
47:45les milices chrétiennes
47:46de Bachir Jemayel
47:48soutenues par l'armée
47:49israélienne
47:49qui encercle la ville.
47:52Depuis Beyrouth Ouest
47:54l'OLP coordonne
47:55les attaques
47:56menées par les Fédayines
47:57contre Israël.
47:59L'État hébreu
48:01répond
48:01par une attaque
48:02d'envergure.
48:03L'opération
48:04Paix en Galilée.
48:09Le siège a commencé
48:11le 4 juin
48:111982.
48:13Khadija
48:13Abashneh
48:14a 20 ans
48:14et vient de s'engager
48:16aux côtés
48:16des Fédayines.
48:18Elle a rejoint
48:19l'unité du cinéma
48:20palestinien
48:20pour mettre
48:21l'image
48:22au service
48:22de la lutte.
48:25Leur arme
48:26des caméras.
48:30Ce jour-là
48:31on a fini
48:32le montage
48:32vers 14h30
48:33et on est parti
48:34rapidement
48:35la monteuse et moi.
48:41Les avions israéliens
48:42ont attaqué
48:43des quartiers
48:43de Beyrouth.
48:47Le lendemain
48:48nous n'avons pas
48:49pu y retourner.
48:50La route
48:51avait été détruite.
49:02La première chose
49:03qui préoccupait
49:04le groupe de jeunes
49:05qui a fondé
49:05la cellule
49:06de photographie
49:07et de cinéma
49:07c'était le manque
49:08total d'archives
49:09sur sa propre histoire.
49:16Alors son objectif
49:17principal
49:18c'était de documenter
49:19tout ce qui se passait
49:20pendant la révolution.
49:53Le siège de Beyrouth
49:54a duré
49:55plus de 80 jours.
49:56C'était très difficile.
49:58L'eau et l'électricité
50:00étaient coupées
50:00presque tout le temps.
50:05Nous
50:06on était
50:07dans Beyrouth
50:07ouest
50:08totalement encerclés.
50:12La direction
50:13palestinienne
50:14refusait
50:15d'être assujettie
50:15à un régime.
50:18Elle voulait
50:19rester maîtresse
50:19de ses choix.
50:2714 de nos
50:29refusé
50:30ont été
50:31complètement
50:31détruits.
50:333
50:34villes
50:35de
50:37Beyrouth
50:38aussi
50:39ont été
50:40détruits
50:40par
50:40de
50:41bombarder
50:41et
50:41chalent.
50:4330,32 villes
50:45Libanais
50:46aussi
50:48ont été
50:49détruits.
50:51Plus de 1
50:53mille
50:54de
50:54refusés,
50:56Libanais
50:57et
50:57Palestiniens.
51:19Dans Beyrouth Ouest, les Fedayin déposent les armes, acculées et défaites.
51:33Yasser Arafat négocie son évacuation.
51:37Le 30 août 1982, escorté par les militaires français, c'est en chef de guerre, à la tête de ses
51:44combattants en armes, que le leader palestinien ménage sa sortie du Liban, après 12 années de présence.
51:49« Toute la résistance, les forces de l'OLP ainsi que les membres du Conseil national palestinien qui représentaient l
51:57'organisation devaient partir tous ensemble.
52:03Mais grâce au dialogue, à la résistance acharnée et à la stratégie de Yasser Arafat, le retrait s'est fait
52:09comme un repli militaire avec les combattants qui montaient à bord des navires en armes et en tenue de combat.
52:16« Eux sont partis dans d'autres pays arabes. La direction, elle, est partie en Tunisie. »
52:44L'accord signé entre l'OLP, Israël, le gouvernement libanais et l'ONU garantissait la sécurité des réfugiés palestiniens restés
52:52sur place.
52:57Élu président le 23 août 1982, Bachir Jemayel est assassiné trois semaines plus tard.
53:04Pour ses partisans des milices chrétiennes, ce meurtre porte la marque des Palestiniens.
53:13Animés par la vengeance, ils entrent dans les camps de Sabra et Shatila, alors sous contrôle israélien.
53:32Le massacre dure deux jours.
53:35Selon les sources, entre 800 et 3500 civils, hommes, femmes et enfants, sont tués.
53:53A Beyrouth désormais, les Palestiniens cachent leur identité, même les chrétiens.
54:11Du côté maternel, dans la maison de ma grand-mère, il y avait une armoire dans laquelle ils avaient mis
54:17toutes leurs affaires.
54:19Il y avait des photos, des photos d'avant, des photos du mariage de mes grands-parents, des photos où
54:26ma grand-mère était déguisée en bédouine dans le Mont Carmel juste avant son mariage.
54:31Et donc tous ces objets-là, cette culture palestinienne, on essayait de la masquer.
54:41L'armée israélienne confisque les archives en 1982 quand ils pénètrent à Beyrouth.
54:48Ils brûlent des archives familiales, ils piétinent des photos.
54:52C'est une volonté d'effacement, de négation, d'annihilation, de trace d'une population qui aurait existé sur ce
55:01territoire.
55:04C'est tout un pan de l'histoire et de la mémoire collective palestinienne qui disparaît.
55:16Pour la direction de l'OLP, l'exil succède à l'errance.
55:21À plus de 3600 kilomètres de ses bases et de son peuple, Yasser Arafat va traverser un désert de cinq
55:28longues années,
55:29déconnecter des réalités des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza.
55:53Dans la bande de Gaza, enclave palestinienne de 365 kilomètres carrés,
55:58les Israéliens, qui l'occupent depuis 1967, imposent aux 566 000 habitants un régime militaire strict
56:05et un quotidien fait d'humiliation répétée.
56:10Expropriations, arrestations arbitraires sur fond de chômage de masse.
56:18En décembre 1987, la situation y est particulièrement explosive.
56:35On va voir des enfants jeter une pierre, un caillou, sur une mer-kava, sur un tank.
56:47On a une désobéissance civile qui se met en place,
56:50une désobéissance qui sera menée par les femmes et par les enfants,
56:55où on va rejeter un peu le politique.
57:02On est à 20 ans de l'occupation des territoires,
57:05de la conquête par Israël de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.
57:10Donc on a ces gens qui ont 20 ans, qui n'ont connu que l'occupation israélienne.
57:16La première intifada est une surprise pour Israël,
57:20mais aussi pour l'OLP à Tunis,
57:22qui ne s'attendait pas à cette révolte en provenance des territoires.
57:29Reclus dans son exil maghrébin, le lion palestinien est habile,
57:34laissant apparaître une maîtrise parfaite des événements
57:36qui se déroulent dans les territoires occupés.
58:05Vous optez pour la lutte aujourd'hui,
58:06envisagez-vous néanmoins un jour
58:08de participer à une conférence internationale
58:10sur la paix au Proche-Orient
58:11sans reconnaître au préalable l'état d'Israël ?
58:14En tout cas, nous avons cette conférence internationale,
58:21pour atteindre une compréhensione,
58:24une longue durée,
58:27une paix,
58:29nous n'allons pas néanmoins
58:32dans la conférence internationale avec les phénomènes.
58:45Plus que ses adversaires historiques israéliens,
58:47le commandant, comme l'appellent ces hommes,
58:50va devoir désormais affronter une menace puissante.
58:53Un ennemi de l'intérieur, né de cette intifada,
58:55que le monde entier découvre sous l'acronyme
58:58Hamas.
59:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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