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Our brain uses mental shortcuts so that we can filter the countless stimuli in our environment and react to them. However, this strength of the brain is also its weakness. Using optical illusions and magic tricks, Albert Moukheiber demonstrates in the first episode of the two-part documentary that what we think is real is not always real.
Director: Vincent Amouroux
Director: Vincent Amouroux
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00:08Our brain is often compared to a control system,
00:11which will be able to treat the information received from all our senses
00:15and to react in the way the most rational, the most logical way.
00:25We will discover together that it is far as simple.
00:32Aujourd'hui, un champ pluridisciplinaire qu'on appelle les sciences cognitives,
00:37regroupant entre autres les neurosciences, la psychologie, la linguistique,
00:42l'anthropologie, la philosophie ou encore l'intelligence artificielle,
00:46s'est penché sur nos fonctionnements, nos perceptions, nos prises de décisions,
00:50que ce soit à un niveau individuel ou collectif.
00:56Grâce à leurs recherches, nous allons découvrir un tout autre cerveau.
01:00Un cerveau qui filtre, qui prédit, interprète, reconstruit la réalité
01:05et même nous joue des tours.
01:16Épisode 1. Moi et mon cerveau.
01:28Épisode 1. Moi et mon cerveau.
01:32Je vous propose de me suivre pour prendre conscience des capacités insoupçonnées de notre cerveau.
01:40Si je suis dans une fête foraine, c'est parce que cet univers magique,
01:43qui joue avec nos sens, nos perceptions, joue particulièrement avec notre cerveau.
01:50Tous ces bruits, ces lumières, ces odeurs ne seraient qu'une incroyable cacophonie
01:59sans les centaines d'opérations qui se produisent dans notre cerveau à chaque instant.
02:04C'est ce qu'on appelle les processus cognitifs.
02:08Ces mécanismes qui permettent de traiter les informations qui nous parviennent
02:12pour réagir face à une situation, faire des choix, résoudre des problèmes,
02:18interagir avec les autres.
02:20Bref, mener nos vies d'êtres humains.
02:23Mais notre cerveau ne nous retranscrit pas fidèlement le monde.
02:27Il n'y a rien de plus dangereux que de penser que nous avons accès à la réalité.
02:32Le cerveau n'est pas un organe passif qui va juste recevoir l'information,
02:36mais plutôt un organe qui va venir extrapoler, prédire les informations manquantes.
02:44Nous percevons bien sûr la réalité, mais ensuite nous devons reconstruire un monde en trois dimensions,
02:49le monde tel qu'il est réellement, mais pas tel qu'il est directement perçu par les yeux.
02:55Le cerveau, c'est un filtre qui va sélectionner et même déformer l'information extérieure.
03:03Dans notre monde aux multiples interactions, comprendre le fonctionnement de notre cerveau,
03:08ses forces et ses faiblesses, est vital.
03:16On vit dans un monde très complexe.
03:18On est en permanence bombardés par des tonnes d'informations.
03:21En parallèle de ça, on a des ressources cognitives et cérébrales très limitées.
03:25Pourtant, on arrive à fonctionner.
03:27Pour pallier ce manque de ressources, notre cerveau est en permanence en train de filtrer une partie très importante de
03:33ces informations.
03:39Par exemple, pour m'écouter, vous avez forcément mis de côté un grand nombre d'informations données par vos sens.
03:46Les bruits ambiants, la matière du siège sur lequel vous êtes installé, votre respiration, votre cerveau est confronté simultanément à
03:54un grand nombre d'informations.
03:56Mais il ne peut pas toutes les retenir. Comment alors les sélectionnent-ils ?
04:02Pour le comprendre, il faut repartir à la base même de notre contact avec le monde, notre perception, qui n
04:09'est pas aussi fiable qu'on pourrait le croire.
04:14Yves Rossetti est professeur de physiologie à la faculté de médecine de Lyon.
04:19Il travaille sur les liens entre nos perceptions et nos actions.
04:24Nous n'avons pas accès à la réalité.
04:27Ce à quoi nous avons accès, c'est l'effet du monde qui nous entoure, de la matière et de
04:33l'énergie qui nous entoure sur nos récepteurs.
04:35C'est-à-dire que même si j'ai désespérément l'illusion que je vois un objet devant moi, que
04:42je vous vois là, en face de moi,
04:44ce que je perçois dans mon cerveau, c'est uniquement l'effet que vous produisez sur ma rétine.
04:51Le système visuel est un bon moyen de comprendre comment nous percevons le monde qui nous entoure.
04:57Notre rétine est composée de photorécepteurs qui captent la lumière, la transforment en signaux électriques qui sont envoyés via le
05:07nerf optique jusqu'au cerveau.
05:08L'image est alors recomposée de manière quasi instantanée au sein du cortex visuel,
05:14en mobilisant différents réseaux de neurones qui se chargent respectivement de la forme, de la couleur, de l'orientation, du
05:22mouvement.
05:25Nos yeux captent, mais ils ne captent pas tout.
05:29Notre cerveau compense les faiblesses de notre perception en réajustant en permanence les informations qui ont impacté notre rétine.
05:38En fait, nos capteurs de couleur sur la rétine sont principalement concentrés dans notre vision centrale.
05:44Au fur et à mesure qu'on s'éloigne, ces capteurs deviennent de moins en moins présents.
05:47De telle manière, notre vision périphérique devrait nous apparaître en noir et blanc.
05:53C'est votre cerveau qui va colorer votre vision périphérique.
05:57Il complète les informations manquantes pour que tout votre champ visuel soit en couleur.
06:02C'est l'une des nombreuses recompositions qu'il effectue sans que nous en ayons conscience.
06:08Si je vois deux droits de parallèle, jamais je ne pourrais avoir deux droits de parallèle sur ma rétine.
06:14Mes rétines sont des hémisphères, donc deux droits de parallèle ça n'existe pas sur cette rétine.
06:18Comment je fais pour conclure à partir de ces images courbées qui s'éloignent et qui se rejoignent ?
06:24Comment je fais pour conclure qu'il s'agit de lignes parallèles ?
06:26C'est uniquement mon expérience, mon déplacement autour des objets, mon action, mon expérience de la réalité qui me permet
06:33progressivement d'apprendre ce que c'est que ce concept de parallèle.
06:38Affiner notre perception du réel pour avoir la vision la plus cohérente du monde qui nous entoure fait partie intégrante
06:44de notre développement.
06:46À notre naissance, on voit double, on a deux yeux, on perçoit deux images qu'on n'assimile pas encore.
06:53C'est une fois qu'on commence à interagir avec des objets que notre cerveau va faire la connexion entre
06:59les deux pour les superposer et ne créer qu'une seule image.
07:04C'est vraiment un exemple de l'apprentissage que l'on doit faire et que l'on perd par exemple
07:09sous l'effet de l'alcool où on se va avoir double parce qu'on a plus ce mécanisme qui
07:12va réaligner nos deux images.
07:24Vous l'aurez compris, vous ne voyez pas seulement avec vos yeux mais aussi avec votre cerveau.
07:30Il traite ce qu'il reçoit comme informations visuelles, il les compare avec ce qu'il connaît déjà du monde
07:35qui l'entoure, avec son expérience du réel,
07:38pour produire en une fraction de seconde des images cohérentes qui prennent tout leur sens.
07:43Et cela fonctionne très bien.
07:46Malgré les ombres, les reflets, même si une partie d'un objet est cachée, on identifie rapidement de quoi il
07:53s'agit.
07:55Cela ouvre aussi la porte à certaines illusions d'optique.
08:04Au-delà de leur dimension ludique, les illusions d'optique sont devenues des outils privilégiés utilisés par certains chercheurs en
08:11sciences cognitives,
08:13comme Yves Rossetti.
08:16Les illusions d'optique, à la fois, nous permettent de comprendre quels sont les mécanismes de la perception,
08:22c'est-à-dire qu'elles permettent d'explorer la perception.
08:24Ce sont des outils scientifiques qui sont utiles aux neuroscientifiques, aux sciences cognitives,
08:28aux spécialistes de la perception en psychologie expérimentale.
08:31Et au-delà de ça, elles nous permettent de nous révéler notre véritable relation au monde.
08:40On appelle ce genre de peinture un trompe-l'œil.
08:44Mais en réalité, c'est aussi notre cerveau que l'artiste trompe.
08:48C'est un trompe-l'œil.
09:06Cette Schnur, die ich da benutze, das ist mein Lineal für alle Senkrechten im Bild.
09:10Das Bild geht von einem Punkt so strahlendförmig auseinander,
09:13wie so'n Trichter nach außen.
09:22Diese Linien, die jetzt so auseinander gehen, sind wieder gerade.
09:25Genauso, wie wir Senkrechten als Senkrechten empfinden.
09:28Aber tatsächlich gehen die, wenn man sie verlängert, auf die Füße des Betrachters hin.
09:33Das ist aber auch ein schöner Part, den ich sehr mag an dieser Technik,
09:36dass dann so'n Aha-Effekt beim Betrachter kommt,
09:39wenn er dann wirklich den Punkt hat, auf einmal so, oh, jetzt kommt die Illusion.
09:45Wir haben eine Anamorphose.
10:02Wir haben die Anamorphose.
10:06Wir haben eine Anamorphose.
10:25Eine Anamorphose ist eine Illusion d'optique,
10:27die nur von einem einzigen Punkt.
10:28Wir sehen, dass die Illusion nicht mehr aussehen.
10:32Wir sehen, dass die Illusion nicht mehr aussehen.
10:33Wir sehen, dass die Texturen nicht mehr aussehen.
10:34Wir sehen, dass unsere Anamorphose ist eine sehr gute Analogie.
10:37Wir sehen, dass wir unsere Kognition nicht mehr aussehen.
10:57Wir sehen.
11:00Wir sehen.
11:02Wir sehen.
11:04Wir sehen.
11:05Wir sehen.
11:07Wir sehen.
11:08Wir sehen.
11:09Wir sehen.
11:09Wir sehen.
11:09Wir sehen.
11:14Wir sehen.
11:16Wir sehen.
11:17Wir sehen.
11:18Wir sehen.
11:19Wir sehen.
11:20Wir sehen.
11:31Wir sehen.
11:32Wir sehen.
11:33Wir sehen.
11:39Wir sehen.
11:46Wir sehen.
11:47Wir sehen.
11:47is that these two squares, the square A and the square B, are really exactly the same.
11:54If, for example, we take this square, we cut the square A and we superimpose it on the square B,
12:00they are really exactly the same. What we see here is that our brain is not
12:05interpreting this image by a projection point by point of what it is, but rather
12:10to do a certain number of mental operations, which are first the fact that we are in an
12:15echiquet. So that means that in an echiquet, in a global way, there is always an
12:18alternance between the square noir, blanc or gris foncé, gris clair.
12:22Secondly, when we look at the square B, we compare the square
12:26which is around which are in effect more foncés, so we have a perception
12:29more contrast. And thirdly, there is a cylinder, here, which
12:34projects an ombre. And so we know, by experience, that something
12:37which is in the ombre is more clear than it appears.
12:40What is fascinating is that even if we know that the two
12:43cases are objectively the same color, it is the same gris, we
12:47are still in the illusion.
12:50Savoir is not enough.
12:52And so this is, again once again, an indication extremely
12:56interesting and puissant to show that our brain will act
12:59rather like a sort of statistician intuitive who will come to
13:03do a lot of mental operations very quickly, which will make that
13:06what we see is rather a sum of plenty of predictions, rather than a
13:09exact projection of what is around us.
13:14Beyond the reconstruction of the world, a major element
13:16added to our knowledge about the function of our brain.
13:20The prediction, which is revealed to be one of the central and
13:25main operations of our cognition.
13:31You have surely already done the experience of
13:33an escalator in pan and manquer of you casser the figure.
13:39Decryptons pas à pas ce qui se passe.
13:43The brain perceives the escalator and makes a prediction.
13:47Un escalator, a priori, ça bouge.
13:49Je dois donc adapter ma marche à la vitesse anticipée de l'escalator.
13:55Mais comme il est en panne, ma prédiction était fausse.
13:58Je perds un peu l'équilibre, je corrige et je le monte comme un escalier.
14:13Quand je vois ces objets qui viennent vers moi, pas besoin de réfléchir pour prédire leur trajectoire
14:19et avoir le réflexe de me décaler pour les éviter.
14:22C'est cette fascinante capacité d'anticipation qui fait le miel des magiciens.
14:32Les magiciens jouent en permanence avec les prédictions que fait notre cerveau à chaque instant,
14:37pour nous surprendre et nous divertir.
14:39On va le voir avec l'illusionniste et magicien Moula.
14:46Tu connais ça ?
14:48Ecoute, tu vas me montrer.
14:49C'est très simple.
14:50On a l'impression que si je prends une carte violette ici,
14:53que je la pose ici sur la table qui est juste ici,
14:58on a l'impression que j'ai posé une carte violette sur la table.
15:00Pourtant, on ne peut pas analyser qu'en fait, j'ai posé une carte verte.
15:07La magie, c'est quelque chose qui m'intéresse depuis très longtemps,
15:10avant même les neurosciences.
15:11Parce qu'il y a cette notion de...
15:14de mouvements qui sont hyper suggestifs
15:17et à un moment, on va pas aller jusqu'au bout,
15:20on va laisser le spectateur continuer le mouvement dans son cerveau
15:23pendant que nous, on le prend à contre-pied.
15:25Et cet effet de contre-pied, c'est ça qui fait la magie.
15:32Mais pour que la magie opère,
15:34il faut au moins avoir intégré des règles physiques
15:36les plus élémentaires de notre monde.
15:41Vous allez le comprendre avec Moula,
15:43qui a bien voulu se prêter à une expérience pas facile.
15:47Faire des tours de magie à deux bébés d'âges différents.
15:50Comment va réagir le premier qui n'a que dix mois ?
15:54C'est bon ?
16:05C'est bon.
16:13C'est bon.
16:19because the child has not been acquired.
16:22I could make him appear a train, a meter of him.
16:25I think it would be normal.
16:31This time, Moola has his turn face to this child of 15 months,
16:35so 5 months more than the previous baby.
16:50Progressivement, l'enfant va se laisser avoir par le tour.
16:55Car les bébés, entre 4 et 18 mois en moyenne,
16:58acquièrent certaines des règles qui régissent notre monde.
17:03Cet enfant a compris les règles de la gravité.
17:07Que normalement, quand on lâche un objet,
17:10il est attiré vers le sol et non vers le ciel.
17:15Il a aussi acquis la règle de la permanence des objets.
17:19Il sait que même si un objet n'est plus dans son champ de vision,
17:23il existe encore hors de sa vue.
17:25L'enfant est capable de s'en faire une représentation mentale,
17:29de prédire où devrait se trouver l'objet,
17:32et donc d'être surpris et amusé quand le magicien le fait disparaître.
17:38La magie prend toutes ses règles à contre-pied
17:41et nous confronte à une rupture brutale de cohérence du réel.
17:48Visiblement, nous ne sommes pas les seuls à être surpris
17:51quand un tour vient contrecarrer nos prédictions.
17:56Ces modèles prédictifs, nous les partageons avec d'autres êtres vivants.
18:13Ce qui se passe, c'est qu'on a des a priori sur le monde.
18:19Un a priori, en science cognitive,
18:22désigne l'état physiologique, les connaissances ou les hypothèses
18:26que nous avons avant une action ou une perception.
18:33Par exemple, vous êtes assis dans un train à quai.
18:36Le train à côté du vôtre démarre,
18:38mais vous avez l'impression que c'est votre train qui bouge.
18:41Parce que, lorsque vous êtes dans un train en marche,
18:44vous avez l'habitude que l'extérieur défile devant vos yeux.
18:47Cela prendra quelques secondes pour vous ajuster
18:50et que vous réalisiez que votre train n'a absolument pas bougé.
18:54Et ces a priori ont une place centrale
18:57dans la manière dont on comprend les choses.
18:59On va le voir un peu plus en détail
19:01avec l'exemple de cette danseuse qui est en train de tourner.
19:07Dans quel sens tourne cette danseuse ?
19:10Faites le test entre vous.
19:12Vous n'allez peut-être pas être d'accord.
19:16Voici une nouvelle danseuse à droite
19:17qui tourne dans le sens des aiguilles d'une montre.
19:20Regardée à droite puis au centre,
19:23notre danseuse se cale sur celle de droite
19:25et tourne dans le même sens qu'elle.
19:29Mais lorsqu'une autre danseuse apparaît à gauche,
19:32notre danseuse se met à présent à tourner
19:34dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.
19:38Affichons maintenant les trois danseuses.
19:41Regardée à droite puis au centre,
19:43notre danseuse tourne comme celle de droite.
19:45Regardée à gauche puis au centre
19:47et notre danseuse tourne à présent dans le sens inverse.
19:51Que s'est-il passé ?
19:52Quand on regarde la danseuse du centre,
19:55notre cerveau est incapable de déterminer un sens de rotation
19:58car il lui manque une information,
20:00un marqueur de profondeur
20:01qui montre quelles jambes, quels bras passent devant l'autre.
20:05Alors notre cerveau choisit,
20:07on va dire arbitrairement, un sens.
20:09Ça dépend de chacun.
20:10En revanche, sur les danseuses de droite et de gauche,
20:14aucune ambiguïté.
20:15Le sens de rotation est évident.
20:17Du coup, lorsque vous regardez les danseuses à gauche ou à droite,
20:21vous allez former un a priori à partir de leur sens de rotation
20:24que vous allez appliquer à la danseuse du centre.
20:28Cette illusion nous permet de réaliser concrètement
20:30combien ces a priori orientent, complètent
20:33et donnent du sens à nos perceptions.
20:39Et maintenant, avec tout ce que vous avez découvert depuis le début du film,
20:43votre cerveau peut-il encore vous jouer des tours ?
20:45Pour y répondre, voici un nouveau tour de magie.
20:50Attention, regardez bien.
20:52C'est très dur de voir toute la magie dans cette vidéo.
20:55Et je vous signale qu'il n'y a pas de trucage de post-production dans cette séquence.
21:00J'ai ici un jeu de cartes.
21:03Un jeu de cartes rouge
21:05et imprimé avec différentes cartes.
21:07Et je vais vous demander de vous concentrer sur la première carte du jeu.
21:12Ici, le 2 de pique.
21:14Attention, regardez bien.
21:151, 2 et 3.
21:18Et là, le 2 de pique devient totalement blanc.
21:23Comme mon t-shirt.
21:25Mais rappelez-vous,
21:26toutes les autres cartes du jeu sont bel et bien imprimées.
21:30À part le 2 de pique.
21:32Mais si on refait le même mouvement,
21:34juste là.
21:351, 2, 3.
21:38C'est maintenant
21:40pas seulement le 2 de pique qui devient blanc.
21:43Mais c'est
21:46toutes les cartes du jeu.
21:48Alors je sais ce que vous allez me dire.
21:50Vous allez me dire que
21:51je vous montre actuellement que les faces du jeu.
21:54Mais si on regarde de l'autre côté,
21:57toutes les cartes sont bel et bien devenues blanches.
22:01Mais j'ai une question à vous poser.
22:03Est-ce que vous avez remarqué
22:05que mes lunettes se sont transformées
22:09et qu'elles n'ont même plus de vert ?
22:11Avez-vous remarqué que
22:11j'avais un t-shirt blanc
22:13et que j'ai maintenant un t-shirt noir ?
22:16Et qu'en plus,
22:18le 2 de pique
22:19est dans mon dos ?
22:28Si vous vous êtes fait à voir,
22:30ne vous inquiétez pas.
22:31C'est la preuve que votre cerveau fonctionne très bien.
22:34On appelle ça la cécité au changement.
22:38Vous deviez vous concentrer sur le tour.
22:40Vous n'aviez donc pas les ressources attentionnelles nécessaires
22:43pour percevoir le changement de vêtements ou de lunettes.
22:47Votre cerveau fait cela en permanence.
22:49Il ne prend en compte qu'une partie de la complexité de ce qui l'entoure.
22:53C'est comme si vous étiez plongé dans l'obscurité
22:55et que votre attention était une lampe torche
22:58qui éclaire seulement une petite partie du réel.
23:01C'est l'un des secrets de son efficacité.
23:09Notre cerveau ne se contente pas
23:11de filtrer les informations.
23:13Il reconstruit le monde.
23:14Il le prédit.
23:19Toutes ces découvertes
23:20nourrissent la recherche sur la compréhension
23:23de nos fonctionnements,
23:24nos apprentissages
23:25et nos prises de décisions.
23:28C'est exactement ce qu'étudie Stefano Palminteri
23:31dans son laboratoire de neurosciences cognitives.
23:35Quels mécanismes de la cognition
23:36sont impliqués dans nos prises de décisions ?
23:39Nous, les êtres humains,
23:41mais c'est vrai aussi pour beaucoup d'animaux,
23:42nous sommes exposés à probablement
23:44des millions de micro-décisions par jour.
23:47Donc vous voyez que dans notre cerveau,
23:49il doit mobiliser beaucoup de ressources.
23:51Une solution très répandue
23:53au sein de l'évolution
23:54à travers différentes espèces,
23:55aussi chez l'être humain,
23:57pour résoudre ce problème
23:58d'énormes traitements d'informations,
24:00c'est d'automatiser le plus possible
24:03certains nombres de tâches.
24:05Donc ce qu'on fait,
24:05c'est que quand quelque chose
24:06devient un petit peu habituel,
24:08on peut la passer en pilote automatique.
24:11Pour convertir une tâche,
24:13une action, en automatisme,
24:15nous passons tous par une phase d'apprentissage.
24:18Un bébé, par exemple,
24:19va mobiliser énormément d'énergie
24:21pour parvenir à faire toute la série d'opérations
24:24qui lui permettront de manger en autonomie.
24:27Saisir la cuillère,
24:28viser sa bouche,
24:30cela passe par une série d'essais-erreurs
24:32au travers de laquelle il va affiner son geste.
24:35On appelle cela un apprentissage par renforcement.
24:40Quand cette phase sera passée,
24:42il pourra manger sans quasiment y penser.
24:50Tout apprentissage se concrétise dans le cerveau
24:53par la création de nouveaux réseaux de neurones
24:55qui s'interconnectent et se renforcent
24:57à chaque fois qu'ils sont sollicités
24:58par cette activité nouvelle.
25:01Au fur et à mesure qu'ils se renforcent,
25:03l'activité devient un automatisme.
25:11Ce qui se passe dans notre cerveau,
25:13entre nos neurones,
25:14ressemble un peu à ce qu'on appelle en urbanisme
25:16les lignes de désir.
25:18Ces chemins que les usagers tracent
25:20parce qu'ils sont plus courts ou plus pratiques
25:22pour rejoindre un arrêt de bus
25:23ou la cantine du lycée
25:24et qui ne cessent de se renforcer
25:26à mesure qu'on les emprunte.
25:30Un des avantages,
25:31c'est quand on est en pilote automatique,
25:32notre espace mental est libre
25:34pour faire quelque chose d'autre.
25:35C'est par exemple,
25:36chaque matin,
25:37quand je prends mon vélo pour aller au travail,
25:39je fais ces chemins
25:40de façon complètement automatique
25:42et pendant ces chemins,
25:43j'ai le temps mental,
25:44j'ai l'espace mental
25:45pour pouvoir planifier
25:46ou ajuster ma journée.
25:57Pour faire du vélo,
25:58mon cerveau est en train
25:59de faire plein d'opérations.
26:01Il faut calculer
26:02où je mets mes bras,
26:03mon oreille interne,
26:04mon centre de gravité.
26:06Mais malgré toutes ces opérations complexes,
26:08je peux faire autre chose.
26:09Je peux vous parler,
26:10je peux peut-être décrocher mon téléphone,
26:12discuter,
26:12ne faites jamais ça.
26:14Ces automatismes que j'ai acquis
26:16s'appellent des heuristiques.
26:17Ce sont des choses
26:18qui sont bien ancrées en moi
26:19à tel point
26:20que ça ne me coûte
26:20quasiment plus d'effort.
26:22Le problème,
26:22c'est que parfois,
26:23les règles du jeu changent.
26:24Mais ces heuristiques,
26:25ces automatismes ancrés en moi,
26:27très utiles en général,
26:28deviennent des obstacles
26:29dont il est difficile de se défaire.
26:38Changeons un peu les règles du jeu.
26:39On a ici un vélo
26:40qui paraît être identique à l'autre,
26:42en un peu plus petit.
26:43Mais si vous regardez
26:44un peu de plus proche,
26:46ce vélo est un peu particulier.
26:47On a ici des rouages
26:48qui font que
26:49si je tourne le volant à gauche,
26:50la roue va à droite
26:51et inversement.
26:53On pourrait imaginer
26:54que ça devrait être très facile
26:55de faire de ce vélo.
26:56Je fais du vélo depuis très longtemps,
26:57je sais comment en faire.
26:59Et ça ne devrait pas être très dur
27:00de corriger
27:01le côté vers lequel
27:02je dois tourner le volant.
27:03Sauf que,
27:04si j'essaye de le faire,
27:06vous allez remarquer
27:07que c'est beaucoup plus compliqué
27:08que ce qui m'y paraît.
27:09Je suis vraiment incapable
27:11de faire quelques centimètres,
27:13en tout cas moins d'un mètre,
27:15dessus.
27:16Ce qui se passe,
27:16c'est que ces heuristiques,
27:17qui sont très ancrées en moi,
27:19deviennent un obstacle majeur
27:20à ma capacité
27:21à changer,
27:23changer de comportement
27:24ou changer d'opinion.
27:25Et je ne suis pas le seul
27:26qui est incapable
27:28de faire cela,
27:29ni le seul
27:30à surestimer
27:31ma capacité à réussir.
27:33Ce qu'on va faire,
27:33c'est qu'on va aller essayer
27:34de demander à des personnes
27:36de faire l'expérience avec nous
27:37et de tester
27:38ce vélo inversé.
27:48Presque !
27:48Vu que vous avez l'air
27:49d'être bon en équilibre,
27:50est-ce que vous acceptez ?
27:51Essayez de faire ce vélo-là.
27:53C'est un vélo
27:53qui est un peu particulier.
27:54Quand on tourne à droite,
27:55ça va à gauche.
27:55Quand on tourne à gauche,
27:56ça va à droite.
27:59Ah ouais,
28:00c'est complètement
28:01contre nature, en fait.
28:04C'est pour un documentaire
28:07sur le cerveau.
28:08J'en ai pas de cerveau, moi.
28:10Alors vous allez peut-être
28:10réussir.
28:11Parce que si vous en avez un,
28:12vous n'allez pas réussir.
28:14Concentration.
28:20Je pense que vous avez
28:20un cerveau.
28:24Ça vous fait mal, hein ?
28:30Désolée de m'être moquée
28:32que je ne faisais pas au canal.
28:35Mais pourquoi vous avez
28:36inventé un vélo comme ça aussi ?
28:37Quelle idée.
28:44Le YouTuber écossais
28:46Mike Boyd
28:46a décidé d'apprendre
28:48le vélo inversé
28:49de manière intensive
28:50en pratiquant
28:51plusieurs heures par jour.
28:53L'ironie du sort,
28:54c'est qu'une fois
28:55qu'il a réussi
28:55à en faire,
28:56il lui a fallu
28:57un certain temps
28:58de désapprentissage
28:59quand il a voulu
29:00se remettre
29:00sur un vélo normal.
29:05En fait,
29:06cet avantage
29:07que j'avais
29:07lorsque je faisais
29:08du vélo normal,
29:09pouvoir faire autre chose,
29:11pouvoir faire des choses
29:11complexes sans même
29:12y penser,
29:13devient un obstacle
29:14quand je passe
29:15à un vélo inversé.
29:17Si dans notre vie quotidienne
29:18il n'y a pas beaucoup
29:19de vélos inversés,
29:20dans nos pensées,
29:21dans nos comportements,
29:22cela arrive
29:23beaucoup plus souvent
29:24que ce qu'on croit.
29:25Tout comme l'apprentissage
29:26du vélo nous a permis
29:27de développer
29:28un automatisme psychomoteur,
29:30nous développons
29:31au cours de notre vie
29:32des automatismes
29:33de pensée
29:33qui nous permettent
29:35de prendre des décisions
29:35rapides
29:36et très souvent efficaces.
29:42Mais ces automatismes
29:43de pensée,
29:44qui sont adaptés
29:45dans la plupart
29:45des situations,
29:46peuvent s'avérer
29:47complètement inadaptés
29:48dans d'autres contextes.
29:50Ces automatismes
29:51qui ne fonctionnent pas
29:52toujours,
29:53on les appelle
29:54des biais cognitifs.
30:02Un biais peut donc
30:03être bénéfique
30:04ou néfaste.
30:05Cela va dépendre
30:06du contexte.
30:08Par exemple,
30:09le biais
30:10de simple exposition.
30:11Plus nous sommes exposés
30:13à quelque chose
30:13ou quelqu'un,
30:14plus il devient probable
30:15que nous l'apprécions.
30:18On a tendance ainsi
30:19à considérer
30:20que ce qui est familier
30:21est signe de sécurité
30:23et de fiabilité.
30:25C'est un très bon moyen
30:26pour que nos voisins
30:27deviennent nos amis.
30:30Dans un autre contexte,
30:31les marques
30:32peuvent en tirer profit
30:34en nous surexposant
30:35à de la publicité
30:36pour nous inciter
30:37à préférer leurs produits
30:38sans même y réfléchir.
30:41Ce concept
30:42de biais cognitifs
30:43a été développé
30:44dans les années 1970
30:45par les psychologues
30:47Amos Tversky
30:48et Daniel Kahneman.
30:51Leurs travaux
30:52sont une étape clé
30:54dans l'histoire
30:54des sciences cognitives.
30:56Ils contribuent
30:57à faire tomber
30:57le mythe de l'humain rationnel
30:59qui déciderait
31:00de manière froide
31:01et calculée.
31:03Contrairement
31:04à ce que le terme
31:05biais sous-entend,
31:06les biais cognitifs
31:07sont loin d'être
31:08des défauts.
31:09Sans eux,
31:10il nous serait impossible
31:11de vivre
31:11dans un monde complexe.
31:13Ils sont le fruit
31:14de notre évolution
31:15et d'une adaptation
31:16à un contexte
31:18que nous avons longtemps
31:19perçu comme menaçant.
31:22Notre perception
31:23a été développée
31:24dans un monde dangereux
31:25où il y avait
31:26des animaux prédateurs
31:28qui risquaient
31:28de nous dévorer.
31:29Donc, il fallait
31:30prendre des décisions rapides.
31:32Il vaut mieux
31:32prendre des décisions
31:34fausses
31:35mais bonnes
31:35pour la sauvegarde
31:36de l'espèce,
31:37comme de préférer
31:38voir un tigre
31:38même si ce n'est pas
31:40forcément vraiment un tigre,
31:42pour avoir un excès
31:43de prudence
31:44qu'on pourrait appeler
31:44aussi un biais cognitif
31:46du coup,
31:46mais qui a un intérêt
31:47de sauvegarder l'organisme.
31:49Et donc,
31:49les biais cognitifs,
31:50c'est un petit peu pareil.
31:51Face à la grande complexité
31:52qui nous entoure,
31:53on essaie de trouver
31:54des façons
31:55de conclure rapidement
31:57pour pouvoir décider rapidement.
32:02Pour illustrer cela,
32:04suivons ces deux jeunes volontaires
32:05qui vont être confrontés
32:06à une expérience
32:07stimulant la manifestation
32:08de certains biais cognitifs.
32:11Ils ne savent pas
32:12que nous les conduisons
32:13pour une marche
32:14en pleine forêt,
32:15de nuit.
32:17Et vous allez voir
32:18combien la peur
32:18est révélatrice
32:19de mécanismes de pensée
32:20très ancrés.
32:22Alors,
32:23vous allez marcher,
32:25seul.
32:26Tu marches.
32:28Ok.
32:28J'ai pas le droit
32:29à dévivre,
32:30rien.
32:30Ok, d'accord.
32:31Allez, c'est parti.
32:33Ils ont un profil
32:34plutôt citadin.
32:35Ils n'ont aucune expérience
32:37de marche
32:37dans la forêt la nuit.
32:40Deux caméras infrarouges
32:41fixées à un gilet
32:43vont nous permettre
32:44de les suivre.
32:45Merci.
32:46A tout à l'heure.
32:49Ellie et Tania,
32:50ces deux jeunes volontaires,
32:52partent chacun
32:52de leur côté
32:53avec comme seul guide
32:54une petite lampe torche.
32:57Ils vont naviguer
32:58dans un environnement nouveau
32:59plein d'incertitudes
33:00qu'ils vont devoir
33:02rapidement apprivoiser,
33:04observer leurs réactions.
33:07On va te mettre
33:08deux caméras.
33:09Et tu vas marcher.
33:10Et voilà.
33:13Ça me fera
33:13des petits souvenirs.
33:16Oh là là,
33:16mon Dieu, c'est...
33:20Je vois plus rien
33:21derrière moi.
33:22C'est tout noir.
33:23Ah, putain.
33:24C'était quoi, ça ?
33:35C'est une moto, je suis désolée.
33:38Super loin en plus.
33:42Je croyais que c'était du vent,
33:43je ne sais pas,
33:44un truc qui venait
33:44de là-bas, là.
33:45C'est quoi ?
33:46C'est quoi, ça commence à faire flipper, là ?
33:50J'étais sur mes gardes.
33:52Donc on appelle cet état
33:53l'état d'hypervigilance.
33:54On est dans une sorte
33:54de vigilance accrue
33:56où n'importe quel son,
33:57n'importe quel truc
33:59nous interpelle.
34:00Oui.
34:00On a tendance
34:01à interpréter le pire scénario
34:02parce que notre cerveau
34:03se dit
34:03si je me prépare
34:04pour le pire,
34:05je peux y faire face
34:06et si je me trompe,
34:07ça va.
34:08Oui.
34:08Alors que si je me dis
34:09mais non, c'est rien
34:10et qu'il y a quelque chose,
34:11je ne suis pas prêt.
34:12Oui, prêt pour réagir.
34:13Et du coup, je paye le prix.
34:14C'est une sorte de principe
34:15de précaution généralisée
34:18dans des situations d'incertitude.
34:20Pour un guide forestier
34:22habitué à marcher en forêt la nuit,
34:24la situation n'aurait rien
34:25d'exceptionnel.
34:27Ses automatismes de pensée
34:28se sont adaptés
34:29à ce contexte
34:30qui lui est familier.
34:31A l'inverse,
34:32nos volontaires,
34:33en état d'hypervigilance,
34:35sur-analysent
34:36et sur-réagissent
34:37à cet environnement
34:38qu'ils perçoivent
34:39comme menaçant.
34:40J'ai envie de courir
34:41mais j'ai peur.
34:46Oh non, j'ai des frissons.
34:50Oh putain !
34:55Je crois que je vais crier
34:56un bon coup.
34:58Je vais me dire
34:59que je vais marcher tout seul
35:00dans la nuit en forêt
35:01avec tous les films d'horreur
35:03que j'ai dû assimiler
35:05dans la jeunesse
35:06ou même
35:07ce n'est pas commun.
35:08Vu que la forêt,
35:09le soir,
35:09c'est un peu tous les films d'horreur,
35:11il y a aussi un billet
35:11de disponibilité
35:12où vous imaginez encore plus
35:14des scénarios catastrophes
35:15parce que vous dites
35:16que c'est ce qui se passe
35:17d'habitude.
35:18Sans aucune expérience
35:19des randonnées nocturnes,
35:21les seuls a priori délits,
35:22c'est-à-dire les seules informations
35:24auxquelles il peut se rattacher,
35:26proviennent des films d'horreur.
35:28Pour stabiliser rapidement
35:29cette situation inédite pour lui,
35:31il associe donc
35:32ce qu'il est en train de vivre
35:33à ses films.
35:34C'est ce que l'on appelle
35:35le biais de disponibilité.
35:48Le biais de disponibilité,
35:49c'est privilégier automatiquement
35:51des informations
35:52qui sont plus facilement disponibles.
35:55Soit parce qu'elles sont plus récentes,
35:57soit parce qu'elles nous ont marquées.
35:59Alors que les informations
36:00qui seraient peut-être plus pertinentes
36:02demandent plus d'efforts
36:03pour y accéder.
36:05Ce biais peut être bénéfique
36:06en cas de réaction urgente,
36:08en présence d'un danger potentiel,
36:10par exemple,
36:10mais dans la vie quotidienne,
36:12il peut fausser mon raisonnement.
36:15Un autre exemple
36:16de biais de disponibilité,
36:17c'est un ami qui vous demande
36:19de recommander
36:20la meilleure pizza de votre ville.
36:21Vous avez plus de chances
36:22de recommander une pizzeria
36:23où vous avez été plus récemment
36:25plutôt que la meilleure pizza
36:27de votre ville
36:27où vous êtes allé peut-être
36:28il y a des années
36:29et qui n'est plus vraiment disponible
36:30dans votre esprit.
36:34Faisons une expérience ensemble
36:35avec un autre biais
36:36assez connu
36:37qu'on appelle
36:38le biais du survivant.
36:40Allez-vous être biaisé ?
36:43Pendant la Seconde Guerre mondiale,
36:45plusieurs avions
36:45rentraient avec des impacts
36:47de balles sur leur fuselage.
36:49Regardez cet avion
36:50où sont représentés
36:51les impacts des tirs ennemis.
36:54Où décideriez-vous
36:56de renforcer le blindage ?
37:00La réponse qu'ont donnée
37:01les ingénieurs à l'époque
37:03a été de protéger
37:04les zones
37:04où il y avait
37:05le plus de points rouges,
37:06le plus d'impact.
37:08Ces ingénieurs
37:09se sont basés
37:10sur les avions rentrés
37:10à bon port,
37:11les survivants.
37:13La bonne réponse,
37:14elle,
37:14a été trouvée
37:15par un mathématicien
37:16qui a pensé différemment.
37:18Il s'est dit
37:18si les avions reviennent,
37:20c'est que les zones touchées
37:21ne les empêchaient pas
37:22de revenir.
37:23A l'inverse,
37:25les avions touchées
37:25à d'autres endroits,
37:26en l'occurrence
37:27le cockpit et les moteurs,
37:29n'étaient pas revenus.
37:30Il en a conclu
37:31que les zones vitales
37:32de l'avion
37:32étaient les zones
37:33sans impact de balle.
37:35En faisant un pas de côté,
37:37le raisonnement
37:38de ce mathématicien
37:39n'a pas été soumis
37:40au biais du survivant.
37:42Et donc,
37:43le biais du survivant,
37:44c'est cette tendance
37:45qu'on peut parfois avoir
37:46de se concentrer
37:46sur les réussites
37:47et d'oublier les échecs.
37:48Par exemple,
37:49lorsqu'une personne
37:50va vous vanter
37:51un nouveau régime
37:52qu'elle est en train de faire
37:53et pour qui ça marche
37:54relativement bien,
37:54tout en ignorant
37:55toutes les personnes
37:56qui sont en train
37:57d'essayer le même régime
37:58et pour qui ça ne marche pas du tout.
38:00Et donc,
38:00ce qui est important
38:01lorsqu'on veut évaluer
38:02les chances de réussite
38:03de quelque chose,
38:04c'est de se focaliser
38:05sur toutes les tentatives,
38:07y compris celles
38:08qui ont échoué.
38:09On pourrait penser
38:10que l'idéal serait
38:11de ne pas avoir
38:12de biais cognitifs.
38:13En réalité,
38:14les sciences cognitives
38:16nous montrent
38:16que cela n'est ni possible
38:17ni souhaitable.
38:19Bien au contraire,
38:20ils sont une brique
38:21inhérente à notre cognition
38:23et à notre capacité
38:24de raisonnement.
38:26Les biais cognitifs
38:27sont complètement inévitables
38:28dans le sens
38:29où le cerveau humain
38:29a des contraintes
38:30assez fortes.
38:31Donc,
38:31c'est une puissance de calcul
38:32qui est très importante
38:33pour un morceau de matière,
38:35mais ça reste
38:35une puissance de calcul
38:36très limitée.
38:38Hugo Mercier
38:39est directeur de recherche
38:40au CNRS.
38:41Il travaille sur les mécaniques
38:43du raisonnement
38:43et leurs performances.
38:45Justement,
38:46l'utilisation des biais
38:47permet à cette puissance
38:48de calcul limitée
38:49d'arriver à des résultats
38:50très satisfaisants.
38:51Par exemple,
38:52on parle beaucoup
38:53en ce moment
38:53des résultats
38:53en effet incroyables
38:54de l'intelligence artificielle.
38:55Et si je demande
38:56à ChadGPT
38:58ou à un autre
38:58large language model
39:00de me pondre un essai
39:01sur un sujet donné,
39:03il va me pondre
39:03un essai
39:04d'assez bonne qualité.
39:06Mais ceux-là
39:07en consommant
39:07autant d'électricité
39:08qu'une petite ville
39:09et en ayant eu accès
39:10à tout Internet,
39:11alors qu'un bon étudiant
39:12en ayant lu deux papiers
39:12va pondre un essai
39:13de qualité supérieure
39:14avec une puissance
39:15de calcul
39:16qui est infiniment inférieure.
39:18Et donc ça,
39:18c'est justement
39:19parce que l'étudiant
39:20va utiliser un ensemble
39:20de raccourcis
39:21qui vont lui permettre
39:22d'arriver à un résultat
39:23tout à fait satisfaisant
39:24tout en ayant des ressources
39:25infiniment inférieures
39:26à celles d'un ChadGPT,
39:29par exemple.
39:31La recherche a identifié
39:32des dizaines,
39:33voire des centaines
39:34de biais
39:34selon leur catégorisation.
39:36Et ces biais
39:36ne sont pas juste
39:37des biais isolés.
39:39Ils s'enchevêtrent
39:40les uns les autres
39:41en permanence.
39:42En fait,
39:42il y a plusieurs manières
39:43de diviser les biais
39:44et certains chercheurs
39:45défendent même l'idée
39:46qu'il y a certains biais
39:47qui sont plus fondamentaux
39:48que d'autres.
39:50Un exemple,
39:51le biais d'optimisme.
39:53Le biais d'optimisme,
39:54c'est une tendance
39:55à surévaluer
39:56la probabilité
39:57d'événements positifs
39:58par rapport
39:59aux événements négatifs.
40:00Par exemple,
40:02en vous mariant,
40:03vous mettez de côté
40:04qu'une union sur deux
40:05se solde par un divorce.
40:07Et cela s'applique même
40:08aux avocats spécialisés
40:10dans les divorces,
40:10alors qu'ils sont plus au fait
40:12de cette dure réalité statistique.
40:21Ce que Stefano Palminteri
40:23et son équipe ont révélé,
40:24c'est que ce biais d'optimisme
40:26était ancré profondément
40:27dans notre cognition
40:28et nos prises de décisions
40:29et influençait notre façon
40:31d'appréhender le monde
40:32dès notre plus jeune âge.
40:35Nous avons essayé
40:36de retrouver
40:37l'étincelle même
40:39du biais d'optimisme
40:40dans des processus cognitifs
40:41d'apprentissage
40:42par renforcement
40:43qui est la force
40:44la plus répandue
40:45et la plus simple
40:46d'apprentissage
40:46qu'on peut trouver
40:47dans toutes les phases
40:48de la vie
40:49dans l'être humain.
40:50Et c'est aussi quelque chose
40:51que pratiquement
40:53tous les animaux font.
40:56L'apprentissage
40:57par renforcement
40:58fait partie intégrante
40:59de nos vies.
41:01Souvenez-vous
41:01de cet enfant
41:02qui apprenait
41:02à manger à la cuillère.
41:03Il va recevoir
41:05différents retours
41:06ou feedback du réel.
41:08S'il rate sa bouche,
41:09il ne peut pas manger.
41:11C'est ce qu'on appelle
41:12un feedback négatif.
41:13S'il parvient
41:14à viser sa bouche,
41:16le feedback
41:16est évidemment positif
41:17puisqu'il arrive
41:18à se nourrir.
41:20L'apprentissage
41:21par renforcement
41:22capture rien de plus
41:23que toutes les situations
41:24comportementales
41:25dans lesquelles
41:26on modifie nos décisions
41:27pour approcher
41:28des récompenses,
41:30des choses
41:30qui nous font plaisir
41:31et éviter
41:32des feedbacks négatifs.
41:33Donc des choses
41:33qui nous font de la peine
41:34ou qui ne sont pas
41:35bonnes pour nous.
41:42Pour étudier
41:43le biais d'optimisme
41:44en laboratoire,
41:45Stefano Palminteri
41:46a imaginé
41:47une expérience
41:48basée sur l'apprentissage
41:49par renforcement
41:50qui va soumettre
41:51des participants
41:52à des feedbacks
41:53positifs et négatifs.
42:01Alors dans cette tâche,
42:03vous avez au choix
42:03des pictogrammes.
42:05Vous allez devoir choisir
42:06entre l'un ou l'autre
42:07et chaque pictogramme
42:09est associé
42:09à un gain
42:10ou une perte d'argent.
42:12La valeur de ces symboles
42:14elle est inconnue
42:15mais le sujet
42:16est capable
42:16de choisir
42:17entre ces deux symboles.
42:19Nous,
42:19en tant qu'expérimentateurs,
42:21on contrôle
42:21la valeur
42:22qui est montrée
42:23au sujet.
42:25Les feedbacks
42:26dans cette expérience
42:26sont le gain
42:27ou la perte d'argent.
42:30Le joueur va forcément
42:31chercher la règle
42:32cachée derrière
42:32ces pictogrammes.
42:34Il pense être évalué
42:35sur sa capacité
42:36à trouver la règle
42:37mais c'est tout autre chose
42:39que cherche à mesurer
42:40l'équipe de scientifiques.
42:44Ce qui nous intéresse
42:46à comprendre
42:46c'est à quel point
42:47le sujet est réactif
42:48aux récompenses
42:49ou aux punitions.
42:51Les données enregistrées
42:53grâce à un électroencéphalogramme
42:55révèlent des pics d'intensité
42:56correspondant
42:57aux victoires du participant.
42:59Les gains provoquent
43:00une activité cérébrale
43:01plus importante
43:01que les pertes.
43:06Les mouvements oculaires
43:07des participants
43:08sont eux enregistrés
43:09grâce à un eye tracker,
43:11un tracker oculaire.
43:14Ce que constate
43:15l'équipe de Stefano Palminteri
43:16en réunissant
43:17et en comparant
43:18les mesures obtenues,
43:19c'est que les participants
43:21fixent plus longtemps
43:21leurs yeux
43:22sur l'affichage
43:23de leurs gains
43:24que sur celui
43:24de leurs pertes.
43:26Une fraction de seconde
43:27déterminante
43:28pour démontrer
43:29que notre cerveau
43:30sous-estime les échecs
43:31et surévalue
43:32les réussites.
43:33C'est le principe
43:34du biais d'optimisme.
43:38Un biais cognitif,
43:39c'est comme un filtre
43:40qui va filtrer
43:40les informations.
43:42Par exemple,
43:42un sujet reçoit
43:43trois punitions
43:44à la suite,
43:45trois feedbacks négatifs
43:46à la suite.
43:47Son cerveau,
43:47il va en filtrer
43:48et le sujet
43:49va se comporter
43:49comme s'il avait reçu
43:50juste un feedback négatif.
43:51Pour défaire
43:53l'effet
43:53du récompense,
43:55il faut entre deux
43:56et trois feedbacks négatifs.
43:57Donc un sujet
43:58typiquement
43:58qui ne serait pas biaisé,
44:00il aurait aussi
44:01chance de changer
44:02de comportement
44:02quand il reçoit
44:04une récompense négative
44:05ou quand il reçoit
44:05une récompense positive.
44:07Par contre,
44:07un sujet,
44:08par exemple,
44:08avec un biais d'optimisme,
44:10il deviendrait plutôt
44:10insensible
44:11au feedback négatif.
44:14Le but
44:14de cette expérience
44:15est de vous montrer
44:16que le biais d'optimisme
44:18est essentiel
44:18dans notre développement.
44:20Sans lui,
44:21on serait incapable
44:22de se relever
44:23après un échec
44:24ou de persévérer
44:25dans un apprentissage.
44:30Le fait d'avoir
44:31un biais d'optimisme,
44:32le fait de négliger
44:33en quelque sorte
44:34ces occurrences
44:35dans lesquelles
44:36on ne reçoit pas
44:37tout à fait
44:37les résultats
44:38qu'on attendait,
44:39ça fait qu'on peut
44:40par exemple
44:40maintenir un niveau
44:41de motivation
44:41plus élevé
44:42et il y a plein
44:43de situations
44:44dans lesquelles
44:44sans cet optimisme
44:46on n'y arriverait pas.
44:51On a besoin
44:52de ce biais d'optimisme
44:53pour se construire,
44:55évoluer
44:55mais aussi
44:57dans nos relations
44:57aux autres.
44:59J'ai besoin
45:00de me dire
45:01que mes amis
45:01sont les meilleurs
45:02amis du monde
45:03pour continuer
45:04à cultiver
45:05une relation privilégiée
45:06avec eux
45:07quitte à oublier
45:08nos disputes
45:09et leurs défauts.
45:13Mais dans le même temps,
45:14ce biais d'optimisme
45:15peut être une malédiction.
45:17Au casino par exemple,
45:19si vous vous focalisez
45:20sur toutes les fois
45:20où vous gagnez
45:21et négligez
45:22la somme de vos pertes,
45:23vous risquez
45:24de finir
45:24complètement fauché.
45:35Comment dès lors
45:36prendre des décisions ?
45:38Maintenant que l'on sait
45:39que nos perceptions
45:40et notre cognition
45:41sont soumises
45:42à nombre d'automatismes,
45:43de prédictions,
45:44de biais.
45:46En fait,
45:47nous avons aussi
45:48une petite voix
45:48dans notre tête
45:49avec laquelle
45:50nous débattons
45:51en permanence.
45:52Par exemple,
45:53je suis sur ces montagnes russes
45:55et cette petite voix
45:56me dit
45:56que je n'aurais peut-être
45:57pas dû y aller.
46:06Cette petite voix,
46:07on l'appelle
46:08métacognition.
46:09Ce sont les pensées
46:10que l'on a
46:10sur nos propres pensées.
46:12La métacognition
46:13joue un rôle
46:14dans ce qu'on appelle
46:15le contrôle métacognitif,
46:17c'est-à-dire
46:18notre capacité
46:19à délibérer
46:19sur la pertinence
46:21de nos pensées automatiques.
46:25Le contrôle métacognitif
46:27a été un facteur clé
46:28dans le développement
46:29de nouvelles thérapies
46:30en psychologie.
46:32Quand je suis anxieux,
46:33par exemple,
46:34et que je me dis
46:35automatiquement
46:35que ça va mal se passer,
46:37je peux me raisonner
46:38grâce à ma métacognition.
46:40Elle est essentielle
46:42à nos prises de décisions
46:43et grâce à elle,
46:44il est possible
46:45de ne plus subir
46:46nos pensées
46:47et nos émotions automatiques.
46:50Elle est aussi
46:51d'une grande aide
46:52pour les sportifs
46:53de haut niveau.
47:05Dans le sport,
47:07on l'a tous vécu.
47:08Cette métacognition
47:09joue un rôle central
47:10pour se motiver,
47:12se dépasser.
47:13Qui ne s'est pas déjà dit
47:14alors qu'il n'en pouvait plus
47:15« Allez, encore un effort,
47:17tu vas y arriver ».
47:20Chloé Lantier
47:21est une coach mentale
47:22spécialisée dans l'ultra-trail,
47:24des courses
47:25de très longue distance.
47:27Pour elle,
47:28la métacognition
47:29est une question centrale.
47:31Elle peut être
47:32une aide précieuse
47:33et c'est ce qu'elle enseigne
47:34à ses athlètes.
47:37À chaque fois qu'on va faire
47:38quelque chose de plus difficile,
47:39on anticipe
47:40que ça va être très difficile.
47:43On anticipe
47:44qu'on ne sera pas capable
47:45de le faire.
47:46La perception
47:47de notre effort,
47:48premièrement,
47:48elle est mentale.
47:50Deuxièmement,
47:51elle est physique,
47:51mais parfois,
47:52elle peut être très physique,
47:53mais il faut se servir
47:54du mental.
47:57Pour Chloé Lantier,
47:58comme pour de nombreux
47:59sportifs de haut niveau,
48:00il faut trouver
48:01des astuces mentales.
48:02Grâce à notre métacognition,
48:04on peut changer
48:05notre perception
48:06de l'effort à fournir
48:07sur une grande distance.
48:10Quand je commence
48:11la race,
48:12je ne pense pas
48:13à la toute distance
48:14ou à la quantité
48:15de l'élevation.
48:18Dans la race,
48:19je pense juste
48:19à la prochaine station
48:20de l'aide.
48:23Parce que le tout
48:24est trop grand,
48:25trop drôle,
48:27trop déroulant.
48:28Et je pense
48:29que peut-être
48:30je ne pourrais pas
48:31continuer.
48:41Vous pouvez vous considérer
48:43comme quelqu'un
48:43de réfléchi,
48:44comme cet athlète,
48:45usant tout le temps
48:46de votre métacognition
48:47et vous dire
48:48que vous n'avez pas
48:49de pensée automatique.
48:50Et pourtant,
48:52personne n'y échappe.
48:58Faisons ensemble
48:59un dernier tour.
49:05Vous connaissez tous
49:06les Rubik's Cube
49:07et vous savez
49:08que quand on mélange
49:09un Rubik's Cube,
49:10c'est assez compliqué
49:10de le remettre en place.
49:11Là, je mélange
49:12mon Rubik's Cube.
49:12Imaginez que vous m'avez
49:13dit stop là.
49:15J'ai un Rubik's Cube
49:15qui est mélangé
49:16et c'est difficile
49:17de le remettre en place.
49:17Sauf que là,
49:18j'ai un sac magique
49:19avec moi qui fait
49:20que si je prends
49:21mon Rubik's Cube
49:21qui est mélangé
49:22et je le mets
49:23dans mon sac magique,
49:24ce qui se passe,
49:25c'est quelque chose
49:26d'assez particulier.
49:26Il suffit juste
49:27que je le remue un peu
49:28pour que mon Rubik's Cube
49:30ressorte résolu.
49:32Et ma question pour vous,
49:33c'est comment j'ai fait ?
49:41Sans doute,
49:42la majorité d'entre vous
49:43est en train de se dire
49:44que c'est tout simple,
49:44j'ai un deuxième Rubik's Cube
49:46dans mon sac.
49:46Mais en vérité,
49:47je n'ai pas un deuxième Rubik's Cube.
49:48Ce sac est complètement vide.
49:49Vous pouvez le voir,
49:50je peux l'écraser.
49:51Ce que j'ai fait
49:51est beaucoup plus simple
49:53mais nécessite
49:53beaucoup plus d'entraînement.
49:54C'est que je suis capable
49:55de mélanger des Rubik's Cube
49:57à une main
49:57et puis de les résoudre
49:58en une main.
49:59Et ce que je fais,
49:59c'est qu'en mettant
50:00le Rubik's Cube dans mon sac,
50:01je le résous.
50:02Il était déjà résolu
50:03quand j'étais en train
50:04de remuer le sac.
50:07Ce qui est important
50:08dans ce tour
50:08n'est pas le tour
50:09en tant que tel.
50:09Ce qui est important
50:10c'est cette hypothèse
50:11que vous avez eue
50:11que j'ai un deuxième Rubik's Cube
50:13dans mon sac.
50:13Et pour la voir,
50:14vous n'avez pas réfléchi.
50:15Vous ne vous êtes pas dit
50:16« Tiens, comment est-ce qu'il a fait ? »
50:18Elle est apparue automatiquement.
50:19Dans la vie quotidienne,
50:20nos pensées automatiques
50:21sont très utiles.
50:22C'est ça qui nous permet
50:23de fonctionner.
50:24Mais parfois,
50:24c'est important
50:25d'apprendre à en douter.
50:28Et de prendre conscience
50:29de nos automatismes de pensée.
50:33C'est vraiment
50:34un dilemme philosophique
50:35fondamental
50:35de chaque instant.
50:37Savoir
50:37quel est le niveau
50:38d'automatisme
50:39que je souhaite mettre
50:40dans ma vie
50:40parce que ce niveau
50:41d'automatisme
50:42détermine ma liberté.
50:43A chaque instant de notre vie,
50:45nous avons le choix
50:46entre réagir à un stimulus,
50:49c'est-à-dire produire
50:51une réaction automatique
50:52à ce stimulus,
50:54ou bien poser une décision
50:57intentionnelle
50:57pour répondre à ce stimulus.
51:01Alors, le dilemme,
51:02c'est que dans le premier cas,
51:04nous pouvons répondre
51:05de façon extrêmement rapide,
51:06mais automatique.
51:08Donc, nous ne sommes plus
51:09maîtres de nos actions.
51:10Nous sommes vécus
51:11par notre système cognitif,
51:13en quelque sorte.
51:14Et dans le deuxième cas,
51:15c'est extrêmement coûteux
51:16en attention,
51:17en temps,
51:18en réflexion.
51:19Et donc,
51:20ça nous fait perdre
51:21énormément de temps
51:22et ça nous donne
51:22la possibilité
51:23de faire moins de choses.
51:24Est-ce que je suis intentionnel ?
51:26Est-ce que c'est moi
51:26qui pose cette décision ?
51:28Ou est-ce que j'accepte
51:28que c'est un automatisme ?
51:34Entre nos pensées automatiques
51:36et notre métacognition,
51:38entre nos prédictions
51:40et nos biais,
51:42maintenant,
51:42vous savez que notre cerveau
51:43nous joue quelques tours.
51:46Mais notre cerveau,
51:47c'est nous.
51:51L'ensemble de ces mécanismes
51:52contribuent à forger
51:54notre subjectivité.
51:57Nous avons chacun et chacune
51:58un point de vue différent
51:59sur le monde.
52:02Nous sommes chacun et chacune
52:04créateurs et créatrices
52:05d'un monde singulier.
52:08Par exemple,
52:09si vous croisez
52:10cette personne dans la foule,
52:12comment allez-vous
52:13interpréter son état d'esprit ?
52:15Certains d'entre vous
52:16la verront très sereine,
52:18ayant des pensées
52:19très positives
52:20et réconfortantes,
52:21tandis que d'autres
52:22percevront un jugement
52:23négatif dans son regard.
52:25Nos interprétations
52:26de la réalité
52:27peuvent donc être
52:28aux antipodes.
52:30En dépit de cela,
52:31on doit composer
52:32les uns avec les autres,
52:34parce que nous sommes
52:35des animaux ultra-sociaux,
52:36totalement interdépendants.
52:38Les autres influencent
52:40nos façons d'agir
52:41et de raisonner
52:41bien plus que nous
52:43en avons conscience.
52:46Un nouveau chapitre
52:47s'ouvre alors,
52:48où ce sont les autres
52:49qui nous jouent des tours.
53:21Sous-titrage Société Radio-Canada
53:32Sous-titrage Société Radio-Canada
53:41Sous-titrage Société Radio-Canada
53:44Sous-titrage Société Radio-Canada
53:48Sous-titrage Société Radio-Canada
53:49Sous-titrage Société Radio-Canada
53:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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