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Quarante ans après la pire catastrophe nucléaire de l'histoire, cette enquête révèle les mécanismes d'un mensonge d'État. Dernier volet : à la conférence de l'Agence internationale de l'énergie atomique de Vienne, en août 1986, l'URSS se défausse de sa responsabilité, invoquant des erreurs humaines commises par le personnel de la centrale.
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00:00...
00:21Pour empêcher à long terme le rejet de particules radioactives dans l'environnement,
00:25il a finalement été décidé de construire un soi-disant sarcophage autour du réacteur détruit.
00:34Avant que le sarcophage puisse être terminé,
00:37il a fallu dégager les matériaux radioactifs tombés sur le toit de l'unité numéro 3.
00:42C'était un endroit parmi probablement les plus dangereux au monde.
00:47Au-delà d'une minute, la dose pouvait devenir mortelle.
00:53La seule solution a été d'y envoyer des hommes pour dégager ces matériaux à la main.
01:03Ces hommes ont fini par se surnommer eux-mêmes des robots humains.
01:15Les autorités leur ont dit « Votre pays vous appelle ».
01:19C'est le moment de faire preuve de patriotisme,
01:23de faire votre devoir, de vous sacrifier.
01:53Pendant la phase de nettoyage qui a suivi la cathophage,
01:56j'étais lieutenant dans la 25e brigade de défense chimique.
02:04J'avais pour mission de dégager le bâtiment et les alentours.
02:10Le plus impressionnant a été le nettoyage du toit du réacteur numéro 3.
02:18La première fois que je suis arrivé là-bas, j'étais gonflé à bloc, sûrement à l'adrénaline.
02:24J'étais dans une sorte d'état second.
02:29Il fallait attendre des heures avant de se déployer.
02:33On suait à grosses gouttes.
02:42On devait s'équiper d'une tenue de protection avec deux feuilles de plan
02:48et deux masques à gaz industriels très lourds
02:51qui étaient censés nous protéger des poussières radioactives.
02:56C'est tout ce qu'on avait.
03:17Il devait sortir sur le toit,
03:21prendre un morceau de graphite
03:25et courir pour le jeter du toit
03:27et revenir.
03:29Tout ça en une minute.
03:31Ça, c'était le travail le plus dangereux
03:33parce que c'était des débris de graphite
03:35hautement contaminés.
03:40Quand on montait enfin au niveau du toit,
03:43on entrait dans un petit bunker
03:46et là, une porte s'ouvrait sur l'enfer.
03:49C'est comme ça qu'il l'appelait.
04:00On avait le cœur qui battait à toute vitesse.
04:07Et l'esprit, dans un état d'extrême agitation.
04:22Il fallait que je ramasse le plus de débris possible
04:25pour les jeter en bas, du haut du toit.
04:28C'était le seul objectif.
04:32Je ne pensais à rien d'autre.
04:40Il y avait quelqu'un avec un chronomètre
04:43et ces hommes avaient 30 à 45 secondes devant eux
04:46avant d'atteindre leur dose maximum de radiation.
04:52Il y avait non seulement des débris énormes,
04:55très lourds,
04:56mais aussi des fragments du cœur du réacteur
04:59qui avaient fondu dans le bitume du toit
05:01et qui étaient, pour ainsi dire, soudés.
05:11Ce bitume était très difficile à tailler.
05:16J'étais habité par une rage terrible.
05:20J'aurais presque pu me jeter au sol
05:22et l'arracher avec mes dents.
05:26Tellement j'avais envie de mener à bien
05:28la mission qu'on nous avait confiée.
05:44Ensuite, je ressentais
05:46un immense soulagement.
05:55J'ai eu une réaction physique très bizarre.
06:00Comme si j'avais un gros rhume.
06:03Je n'arrivais plus à respirer.
06:08J'en ai parlé aux autres.
06:11Certains ont eu des maux de tête atroces immédiatement.
06:14Presque tout le monde souffrait de quelque chose.
06:23Ils ont envoyé là-bas des milliers d'hommes
06:26qui recevaient leur dose limite de radiation
06:28avant de repartir chez eux,
06:30après avoir fait ce qu'ils pouvaient.
06:36En tout, j'ai fait six sorties sur le toit.
06:40Je n'ai jamais été aussi épuisé physiquement,
06:43mais aussi émotionnellement, mentalement.
07:10Beaucoup des personnes qui ont vraiment liquidé
07:12les conséquences de l'accident,
07:14sont déjà enterrées.
07:18Ils lègent à la terre.
07:45Le sarcophage, on l'a construit en plusieurs mois.
07:57Les décombres de l'unité numéro 4 ont été séparées du reste de la centrale.
08:06Le sarcophage, nous l'avons terminé le 30 novembre.
08:14Hans Blix est arrivé en hélicoptère.
08:20Je me souviens très bien de Nikolai, le responsable du projet.
08:26Je lui ai demandé s'il voulait voir le sarcophage.
08:30Oui, bien sûr.
08:33C'était un ouvrage impressionnant, réalisé en partie avec des engins télécommandés.
08:40Mais sa durée de vie était limitée.
08:44Et on s'est très vite rendu compte que le sarcophage ne représentait pas un abri sûr pour cette matière
08:55radioactive.
08:58Ce sarcophage a servi au moins autant à la propagande qu'à la protection contre les radiations.
09:07Se faire prendre en photo devant le sarcophage, c'était un geste politique.
09:15Il s'agissait de montrer au monde que la sécurité était assurée.
09:24Ça leur permettait de dire qu'ils avaient mis un point final à la catastrophe de Tchernobyl.
09:29Une fois de plus, l'Union soviétique avait triomphé d'un ennemi implacable.
09:43A partir de 1988, on a vu apparaître des maladies dont on n'avait jamais entendu parler.
09:57Elles étaient incurables.
09:59On pouvait seulement lutter contre leur progression.
10:16Ce n'est plus ma voix.
10:19Mais ça me fait plaisir d'entendre celle que j'avais à une époque,
10:22avant ma bataille contre le cancer.
10:29Je ne regrette pas d'être allé là-bas, et je ne le regretterai jamais.
10:36J'en ai fait des cauchemars, oui.
10:39J'ai eu pas mal de problèmes de santé aussi.
10:44Mais ma mission là-bas a été essentielle.
10:47Ma présence a eu un impact.
10:51Tchernobyl a fait de moi un homme.
10:53Et ça pour toujours.
11:00Selon les estimations récentes, ce sont entre 600 000 et 800 000 hommes
11:04qui ont été envoyés à Tchernobyl pour procéder à ce nettoyage.
11:08Sans leur dévouement, les effets de la catastrophe seraient sûrement encore pires que ce qu'ils sont aujourd'hui.
11:17Les liquidateurs étaient des gens héroïques, courageux, dévoués à leur pays, l'Union soviétique.
11:26S'il faut garder une chose de toute cette propagande, c'est bien ça.
11:31Le sens du sacrifice des soviétiques n'est pas un mythe.
11:34C'est une réalité.
11:39Le monde entier, et pas seulement le peuple soviétique, doit beaucoup à leur courage.
11:46En conséquence, leur gouvernement leur devait la vérité sur ce qui a entraîné la catastrophe.
12:15L'opinion publique internationale
12:19était très impatiente d'entendre de la bouche des responsables soviétiques
12:22ce qui s'était vraiment passé.
12:25Quelles étaient les causes de l'accident ?
12:27Quelles mesures d'urgence avaient été prises
12:29et comment les travaux de nettoyage avaient été menés ?
12:35La IEA pensait qu'elle devait venir en aide à ces pays membres après un tel accident.
12:40Mais aussi que le monde devait en tirer les enseignements.
12:45J'étais présent à la conférence de Vienne.
12:48Tout le monde en attendait beaucoup.
12:51C'était une période de grand bouleversement pour l'URSS.
12:54Avec Gorbatchev, la Perestroïka, la Glasnost.
12:58On attendait un esprit d'ouverture.
13:02Dans la communauté scientifique internationale,
13:05on se demandait ce que les soviétiques allaient dire.
13:08S'ils allaient jouer carte sur table.
13:17A Vienne, la personne chargée de présenter le rapport de l'Union soviétique sur la catastrophe
13:23était Valéry Légassov.
13:27C'était l'un des principaux responsables de la commission gouvernementale
13:31dépêchée sur place depuis Moscou
13:33dans les heures qui avaient suivi l'explosion.
13:43Légassov est resté sur place pendant des semaines
13:45pour diriger certaines opérations de nettoyage
13:48et par la suite, enquêter sur les causes
13:51qui allaient rester ultra confidentielles.
13:56A Vienne, Valéry Légassov s'était préparé
14:00à présenter ce qui s'était passé
14:01d'un point de vue technique.
14:04Je me souviens avoir demandé
14:06combien de temps il avait prévu de parler.
14:09Ils m'ont répondu
14:10environ cinq heures.
14:12J'ai dit, mais ce n'est pas un congrès de parti.
14:15Mais ils ont insisté.
14:17Ça prendrait beaucoup de temps.
14:21Légassov a passé en revue
14:22tout le rapport écrit.
14:23Ça a duré deux ou trois jours.
14:27Pour résumer,
14:28l'explication des soviétiques
14:29revenait à dire que la catastrophe
14:31était due à un essai qui avait mal tourné.
14:35En creux, on comprenait
14:37que la conception même du réacteur
14:39était défectueuse,
14:40en tout cas d'un point de vue occidental.
14:44Elle n'avait pas pris en compte
14:46les questions de confinement
14:47du matériau radioactif,
14:49ni les normes de sécurité
14:51en vigueur à l'Ouest.
15:01On était à un moment
15:02où le régime,
15:03avec Gorbatchev,
15:04était salué
15:05pour remettre la science
15:06au premier plan
15:07et la propagande en sourdine.
15:09Il était prêt
15:10à reconnaître
15:11certaines erreurs.
15:25Le rapport pointait aussi
15:28implicitement
15:29la responsabilité des opérateurs
15:32qui auraient commis des erreurs.
15:43La plupart des occidentaux
15:44étaient prêts à les croire.
15:46Le problème,
15:47c'est qu'ils n'avaient accès
15:49qu'à une partie de l'information.
15:51On ne leur avait pas tout dit.
15:54Les spécialistes canadiens,
15:57americains et britanniques,
15:59ont senti qu'il y avait un hic.
16:01Pas du ouf.
16:03Experten et journalistes
16:04insistent.
16:051.
16:06Qui sont les responsables
16:08pour ce qui est
16:09difficile de l'experiment ?
16:102.
16:10Deuxièmement, n'est-ce qu'un moderne contrôle système
16:13aussi un comportement humain humain ?
16:47Avec le temps, Legasov a essayé de mettre en œuvre les réformes
16:52qu'il jugeait nécessaires pour améliorer le fonctionnement
16:55du secteur nucléaire soviétique.
17:04Enfin un homme qui semblait tenir les promesses de la glasnost.
17:09Mais ce n'est qu'après Tchernobyl qu'il a compris à quel point
17:14le secteur nucléaire soviétique était régi par la loi du silence
17:17et la corruption.
17:21Le pouvoir avait peur d'admettre que tout n'était pas en ordre
17:26dans notre programme nucléaire.
17:30Legasov a sombré dans la dépression, dans le désespoir.
17:36Sa santé avait beaucoup souffert de son exposition aux radiations
17:39et il avait pris conscience que l'URSS était pourri jusqu'à l'os.
17:47Certains le voient comme un héros.
17:49Il a fini par se suicider.
17:54En se suicidant,
17:56Legasov a rejoint les dizaines de milliers de victimes de Tchernobyl.
18:16A Vienne,
18:17les soviétiques n'ont pas dit toute la vérité
18:19sur ce qui s'était vraiment passé.
18:23Quand j'ai commencé à lire le rapport,
18:25j'avais encore des cheveux.
18:27Ils se sont dressés sur ma tête
18:30parce qu'ils étaient bourrés de mensonges.
18:32Ils ont accusé le personnel,
18:35moi y compris.
18:36Il était assez évident que l'URSS
18:39organiserait un procès
18:40pour rejeter la responsabilité
18:42sur ses opérateurs
18:43plutôt que sur le réacteur défectueux.
18:47On s'attendait à la peine capitale.
18:50Qui consistait en quoi à l'époque ?
18:53On était fusillés.
19:14Un an après la catastrophe,
19:16il était clair que les autorités soviétiques
19:18avaient décidé de faire porter
19:20toute la responsabilité aux opérateurs.
19:24Il était compréhensible
19:26de vouloir demander des comptes
19:27aux responsables de l'accident.
19:30Mais qui était vraiment en cause ?
19:34Les employés qui travaillaient
19:36à la centrale ce soir-là ?
19:39En une courte de courte,
19:41en un bâtiment dans le centre de chernobyl,
19:43six men ont été en train aujourd'hui
19:44chargés avec violences de sécurité
19:46qui causent l'accident de l'horreur nucléaire.
19:49Les défendants face à plus de 12 ans
19:51en prison si ils sont convictés.
20:12Le juge a signifié très clairement
20:14qu'il ne tiendrait compte
20:16d'aucune déclaration
20:17pouvant contredire la version officielle.
20:20C'était le dernier procès-spectacle
20:24de l'Union soviétique.
20:42Il leur fallait des boucs émissaires,
20:44en l'occurrence les opérateurs.
20:54L'erreur humaine a été trouvée
20:56et ces gens ont été jugés,
20:59ils ont été trois parmi eux,
21:01ont été condamnés à 10 ans de prison.
21:07Oui, ils ont accusé le personnel.
21:09Moi aussi, j'ai été opérateur.
21:17J'ai travaillé à la centrale
21:19avant l'accident
21:19pendant presque 13 ans.
21:44J'ai été convoqué en tant que témoin.
21:47Je n'ai toujours pas compris
21:49si j'étais témoin de la défense
21:50ou témoin à charge.
21:54Ils m'ont posé des questions techniques,
21:57je ne sais plus à quel sujet.
21:59Sur les réserves opérationnelles, je crois.
22:01Après, ils en avaient fini avec moi.
22:03Je suis sorti du tribunal
22:05et je suis parti.
22:10Oui, j'ai l'impression que l'accident
22:12n'était pas uniquement dû
22:14à des erreurs du personnel.
22:16Les opérateurs ont commis des erreurs, certes,
22:20mais les autorités cachaient quelque chose.
22:22C'était évident.
22:30Après avoir quitté Tchernobyl,
22:33Steinberg a fait partie
22:34d'une commission indépendante
22:35qui a rouvert l'enquête
22:37sur la catastrophe.
22:43J'ai des amis qui sont morts
22:44il y a longtemps.
22:48Mais peu importe,
22:49nous devions boucler cette enquête.
22:56L'objectif était clair.
22:58Découvrir la vérité.
23:00Rétablir la justice.
23:03C'est ce qu'on voulait.
23:10Pendant l'accident,
23:11les données de fonctionnement
23:13du réacteur avaient été enregistrées.
23:17Mais dans les heures
23:18qui avaient suivi la catastrophe,
23:19toutes ces données
23:21avaient été saisies,
23:22ramenées à Moscou
23:24et classées confidentielles.
23:42Il y avait deux ou trois documents
23:44essentiels à notre enquête.
23:48Il nous fallait les données
23:50de l'oscillogramme.
23:51Elle montrerait à quel moment
23:53le réacteur était devenu incontrôlable
23:55et quand les opérateurs
23:57avaient tenté de l'arrêter.
24:02Le concepteur en chef
24:03et le directeur scientifique
24:05de l'Institut
24:05qui ont conçu et construit
24:07le réacteur
24:08nous en ont refusé l'accès.
24:12Le KGB a fait classer
24:15secret défense
24:15les vraies raisons
24:17de l'accident de Tchernobyl.
24:19La version officielle
24:20selon laquelle
24:21seuls les opérateurs
24:22étaient responsables
24:23ne pouvait pas être contredite.
24:25C'était interdit.
24:36Il a fallu passer
24:37par la Cour suprême.
24:40Les avocats nous ont dit
24:41que les documents
24:42qu'il nous fallait
24:43étaient détenus
24:44par le tribunal
24:44qui avait mené l'enquête
24:45et tenu le procès
24:46c'est-à-dire
24:47la Cour suprême.
24:51J'ai donc téléphoné
24:52à son vice-président
24:53et il nous a accordé
24:54l'accès à la pièce
24:55où ces documents
24:56étaient stockés.
25:01Nous avons trouvé
25:02les documents nécessaires.
25:04Nous avons travaillé
25:06sur place
25:06pas à pas.
25:07Ça nous a pris
25:08un an et demi.
25:14L'oscillogramme
25:15contenait bien des preuves.
25:18C'était clair.
25:20Quelque chose
25:20d'extraordinaire
25:21s'était produit.
25:22Mais ils ont décalé
25:23les données
25:24de 6 secondes.
25:29Ça leur a permis
25:30d'affirmer
25:31que le personnel
25:31avait enfreint
25:32des règles.
25:38Ils ont falsifié
25:40les données ?
25:41Oui.
25:56Les découvertes
25:57de Steinberg
25:58et des autres enquêteurs
25:59ont fini par mettre
26:00en lumière
26:01les véritables causes
26:02de la catastrophe.
26:08« Nous avons réussi.
26:11Nous avons réuni
26:12les preuves
26:13et tout est devenu limpide.
26:15Les données montraient
26:17que le réacteur
26:18était devenu incontrôlable
26:19après la tentative
26:20des opérateurs
26:21de l'arrêter.
26:26ces nouvelles découvertes
26:29tendaient à disculper
26:30les opérateurs
26:31et pointaient
26:32de graves défauts
26:33de conception
26:33du réacteur lui-même.
26:39Tchernobyl tournait
26:40avec des réacteurs
26:41de type RBMK,
26:43une technologie
26:44exclusivement soviétique
26:45qui n'avait rien à voir
26:46avec ce qu'on produisait
26:47à l'Ouest.
26:52Ces réacteurs
26:54sont très volumineux
26:58avec un cœur
26:59de 14 mètres
27:00de diamètre
27:01et 7 mètres de haut.
27:04C'est énorme
27:06comparé aux réacteurs
27:07occidentaux
27:08dont le diamètre
27:09fait à peine
27:093 ou 4 mètres.
27:13Ces réacteurs
27:14ne possèdent pas
27:15moins de 1700 canaux
27:17contenant des barres
27:18de combustible
27:19en uranium
27:20destinés à produire
27:21la chaleur
27:21qui fait bouillir l'eau
27:22et la transforment
27:24en vapeur
27:24pour produire
27:25l'électricité.
27:28C'est si vaste
27:29que c'est un peu
27:30comme s'il y avait
27:31deux réacteurs,
27:32un en haut
27:33et l'autre en bas.
27:38Un opérateur
27:39de réacteurs
27:40RBMK
27:41doit contrôler
27:42environ 16 000 paramètres.
27:45Imaginez la quantité
27:46d'informations
27:47qu'il faut avoir
27:48en tête.
27:50C'était un problème.
27:55Le seul moyen
27:56de réguler
27:57le réacteur
27:58ce sont
27:58les barres
27:59de contrôle.
28:01On les insère
28:03dans le cœur
28:03pour faire baisser
28:04la puissance
28:08et inversement
28:09on les retire
28:11pour l'augmenter.
28:19Les opérateurs
28:20se servent
28:21de ces barres
28:22de contrôle
28:23pour régler
28:24le niveau
28:24de la réaction
28:25en chaîne.
28:28C'est comparable
28:29au frein
28:30et à l'accélérateur
28:31d'une voiture.
28:35Dans des conditions
28:36de fonctionnement
28:37normales,
28:37le cœur
28:38doit contenir
28:3926 à 30 barres.
28:42Ces mêmes barres
28:43de contrôle
28:44servent aussi
28:45à stopper
28:45les réacteurs RBMK.
28:49Le système
28:50d'arrêt d'urgence
28:51d'un RBMK
28:51qu'on appelait aussi
28:52AZ-5
28:53dans la terminologie
28:54soviétique
28:55permet de mettre
28:56rapidement le réacteur
28:57à l'arrêt
28:58en cas de problème.
29:00Avec le système
29:01AZ-5,
29:02on insère
29:03en même temps
29:04la quasi-totalité
29:05des barres restantes
29:06dans le cœur
29:07du réacteur.
29:09Pour le mettre
29:10à l'arrêt
29:10en toute sécurité
29:23pendant des essais
29:25en 1983,
29:27des ingénieurs
29:28d'une autre centrale,
29:29celle d'Ignalina,
29:30avaient découvert
29:31une anomalie problématique
29:33dans le fonctionnement
29:34du système AZ-5.
29:38Lorsqu'un nombre
29:39réduit
29:40de barres de contrôle
29:41sont insérées
29:42dans le cœur
29:42du réacteur
29:43et qu'on active
29:44le système
29:45d'arrêt d'urgence,
29:46cela peut provoquer
29:48une réaction
29:48d'emballement
29:49conduisant
29:50à la fusion
29:51et à l'explosion
29:52du cœur.
30:02Les concepteurs
30:03et les responsables
30:04du ministère
30:05de l'industrie
30:06qui avaient développé
30:07les réacteurs
30:07RBMK
30:08étaient conscients
30:09de ces défauts
30:10de conception
30:10bien avant l'accident.
30:16Ils avaient commencé
30:17à prendre des mesures
30:18pour améliorer
30:19le système
30:20d'arrêt d'urgence.
30:22L'unité numéro 4
30:24de Tchernobyl
30:24était sur la liste
30:26des réacteurs
30:26à modifier.
30:29Mais il était prévu
30:30d'attendre
30:31le prochain arrêt
30:32programmé
30:32pour faire
30:33ces ajustements.
30:36Et les opérateurs
30:37sur place
30:38n'ont jamais été informés
30:39de ce défaut
30:40de conception.
30:59Ce jour-là,
31:01les opérateurs
31:02devaient faire
31:02un essai
31:03sur le réacteur
31:04en cas de perte
31:05d'alimentation extérieure.
31:10L'équipe de nuit
31:11arrive.
31:13Et là,
31:14ces hommes apprennent
31:16qu'ils devront
31:16réaliser cet essai.
31:18Ils n'ont pas pu
31:19anticiper,
31:20ils ne connaissaient
31:20pas bien
31:21le protocole du test.
31:29Ils ont eu
31:30beaucoup de mal
31:30à amener
31:31le réacteur
31:31à un niveau
31:32de puissance
31:32qui rende
31:33le test possible.
31:39Ils ont retiré
31:40du cœur
31:41du réacteur
31:42numéro 4
31:42l'équivalent
31:44de 203
31:45des 211
31:46barres de contrôle.
31:50Ce qui l'a rendu
31:52très instable
31:53et extrêmement réactif
31:56au moindre changement
31:57dans les commandes.
32:05au début du test,
32:07le réacteur
32:08est déjà
32:08comme un fusil
32:09chargé.
32:10Il n'y a plus
32:10qu'à appuyer
32:11sur la gâchette.
32:18Dans le protocole,
32:21la fin du test
32:22consiste à actionner
32:24le bouton AZ-5
32:25pour replonger
32:26les barres
32:27afin de stopper
32:28le réacteur.
32:33Ils actionnent
32:34le bouton
32:34à 1h23 du matin.
32:48Il y a eu
32:49quelques secondes
32:50de silence.
32:57Et après,
32:58un grondement,
32:59un bruit de tonnerre.
33:03La poussière
33:04est tombée
33:05du plafond.
33:21C'est un autre défaut
33:24de conception
33:24dans les barres
33:25de contrôle
33:26qui a provoqué
33:27l'explosion.
33:29Elles sont constituées
33:30d'un matériau,
33:31le bord,
33:32qui ralentit
33:33la fission
33:34dans le réacteur.
33:36Mais dans ces barres-là,
33:38l'extrémité inférieure
33:40contenait du graphite
33:41qui lui accélère
33:42la réaction.
33:45Quand ces barres
33:46qui avaient été
33:47entièrement retirées
33:48sont réinsérées,
33:49le graphite pénètre
33:50dans le réacteur.
33:54Ce qui,
33:55dans des circonstances
33:56normales,
33:57ne pose pas
33:58de problème en soi.
34:00Mais dans ce cas précis,
34:02le cœur était déjà
34:03dans un état
34:04d'instabilité tel
34:05que la moindre
34:06fluctuation de puissance
34:07pouvait provoquer
34:08l'emballement du réacteur.
34:15Le déclenchement
34:16du système AZ-5
34:17lance l'insertion
34:19simultanée
34:20de toutes les barres
34:21de contrôle.
34:22Or,
34:23le graphite
34:24provoque
34:24l'augmentation
34:25de la puissance
34:26dans le fond
34:27du réacteur.
34:29La puissance
34:30baisse
34:30dans la partie haute,
34:31mais augmente
34:32à toute vitesse
34:33dans la partie basse
34:34et c'est la catastrophe.
34:42En une demi-seconde,
34:44la puissance
34:44a été multipliée
34:45par 10 000.
34:47Le combustible
34:48a été expulsé
34:49et la température
34:50a atteint
34:5140 000 degrés.
34:56Le réacteur explose
34:58et entraîne
35:00la destruction
35:01du bâtiment.
35:07C'est un peu
35:08comme si
35:08au volant
35:09d'une voiture
35:09vous appuyez
35:10sur les freins
35:11et que la voiture
35:12accélère
35:13au lieu de freiner.
35:17Selon la version
35:18officielle soviétique,
35:19dans la panique,
35:20les opérateurs
35:21auraient actionné
35:22le bouton AZ-5
35:23pour essayer
35:24de stopper
35:24le réacteur.
35:27C'est une falsification
35:29délibérée.
35:32En réalité,
35:34les niveaux
35:34étaient stables
35:35jusqu'à ce qu'on
35:36appuie sur le frein.
35:47Plus personne
35:49ne pouvait le contester.
35:51nous avons prouvé
35:52que le fait
35:53d'appuyer
35:53sur le frein
35:54a convoqué
35:55l'explosion.
36:04Établir la vérité,
36:06c'est bien.
36:08Mais les responsables
36:10n'ont pas été punis.
36:16ils ont emprisonné
36:17d'autres personnes,
36:18des innocents.
36:22C'est au concepteur
36:23du réacteur
36:24qu'il fallait demander
36:24pourquoi il a explosé.
36:28La nuit de l'accident,
36:30les opérateurs
36:31de l'unité numéro 4
36:32n'avaient aucune idée
36:33de ce qu'ils allaient
36:34provoquer
36:34en déclenchant
36:35le système
36:36d'arrêt d'urgence.
36:37Ils étaient
36:38ébahis eux-mêmes
36:40parce qu'ils
36:41ont fait
36:42exactement
36:42ce qui était
36:43prescrit
36:44de faire.
36:47Ce réacteur
36:48avait été conçu
36:49par des personnes
36:50qui étaient
36:51au sommet
36:51de l'appareil
36:52scientifique soviétique.
36:56Quand il a fallu
36:57désigner les coupables,
36:59on avait le choix
37:00entre ces gens-là
37:02ou de vulgaires
37:03techniciens ukrainiens.
37:07Évidemment,
37:08c'est aux opérateurs
37:09qu'on a fait porter
37:10le chapeau.
37:15Les défauts de conception
37:17étaient tels
37:17qu'ils ne pouvaient
37:19pas réussir leurs tests.
37:21Ce jour-là,
37:22il y a eu tout un faisceau
37:23de circonstances
37:23qui ont rendu
37:24la catastrophe inévitable.
37:29La question centrale,
37:31c'est jusqu'où on élargit
37:32le cercle des responsabilités.
37:35Bien sûr,
37:36l'accident a eu lieu
37:37à un moment précis,
37:38dans un lieu précis.
37:41Mais ce moment
37:42et ce lieu
37:42sont pris
37:43dans un contexte
37:44politique et technologique
37:45plus large.
37:49en gros,
37:50cela pose la question
37:51des risques
37:52que nous,
37:52humains,
37:53sommes prêts
37:53à accepter
37:54lorsqu'on a recours
37:55à certaines technologies.
37:58avec la multiplication
38:00des enquêtes
38:01sur ce qui s'était
38:02vraiment passé
38:03et sur les défauts
38:05de conception
38:06du réacteur,
38:09les citoyens soviétiques
38:10ont été confrontés
38:12au fait
38:12que leur pays
38:13n'était finalement
38:14pas autant leader
38:15dans les technologies
38:16de pointe.
38:18Les défaillances
38:19révélées par l'accident
38:20de Tchernobyl
38:21ont privé
38:22les soviétiques
38:23d'un de leurs
38:24derniers motifs
38:25de fierté.
38:26Nous sommes aujourd'hui
38:28ici tellement
38:28il y a et il y a
38:30et il y a
38:31et il y a
38:33la grande pédale
38:34de notre pays
38:35c'est Tchernobyl
38:36mais non la plus
38:37la plus importante
38:37parce que
38:38si nous ne
38:39ne pas avoir
38:40une vraie
38:41de la France
38:41il y a
38:42Cernobyl
38:42est
38:43et il y a
38:44et il y a
38:55Sous-titrage Société Radio-Canada
39:36C'était le chaos. Les gens perdaient leur emploi, ils n'avaient plus rien à manger.
39:42Ça a été très humiliant pour des millions de Russes.
39:44Nous avons réellement rencontré cette force qui est la énergie de l'énergie qui est en contrôle.
39:54Gorbatchev a dit que pour lui, la catastrophe de Tchernobyl avait précipité la chute de l'Union soviétique.
40:05De fait, la politique de désinformation menée par Moscou à cette occasion a contribué à renforcer les mouvements indépendantistes,
40:14particulièrement dans les républiques soviétiques les plus à l'ouest.
40:41La première tentative pour confiner le bâtiment du réacteur détruit
40:45était une structure construite dans la précipitation à l'été 1986.
40:53Elle n'était pas étanche et pas aussi solide qu'elle aurait pu l'être.
41:11En s'effondrant, elle aurait pu réactiver certains débris radioactifs
41:16qui auraient provoqué de nouveaux rejets de particules dans l'air.
41:21Et c'est pour ça qu'on a construit ensuite un deuxième sarcophage,
41:26un deuxième abri, beaucoup plus sûr avec l'aide de l'Europe.
41:38La construction de la nouvelle arche de Tchernobyl a commencé en 2010.
41:46Avec une contribution internationale massive.
41:49Pas moins de 40 pays et organisations ont participé au financement et à la conception de cette structure.
41:56C'était une opération très coûteuse.
41:59On parle de près de 2 milliards de dollars.
42:16Cette arche a été conçue pour être mobile.
42:19Elle a été construite en retrait du site du réacteur
42:22et acheminée sur des rails au-dessus du bâtiment d'origine.
42:48Les travaux de construction de l'arche ont été longs et laborieux.
42:53Ils ont pris fin six ans plus tard, en 2016.
43:10L'Ukraine, à la différence de l'ex-URSS, est très désireuse de s'intégrer à la communauté internationale.
43:16Elle ne veut pas être isolée.
43:24J'étais debout sur un toit de Kiev pour faire un direct pour CNN.
43:39Nous avons été choqués d'apprendre que la Russie avait décidé d'attaquer l'Ukraine à Kiev.
43:45On venait d'entendre les premières explosions de ce conflit.
43:48Les soldats russes ont dit qu'ils ont pris le contrôle du pouvoir de chernobyl
43:53au nord de l'Ukraine, le site de l'horreur nucléaire du monde.
43:57Les militaires disent que les membres de l'équipe sont restés.
44:00Il y a une confrontation de l'équipe potentiellement dangereuse
44:04sur ce réacteur nucléaire.
44:06Cela pourrait couper toutes sortes de matériaux horribles radioactifs
44:10et causer cette massive catastrophe
44:13pour se répéter de nouveau.
44:17Les soldats russes ont littéralement
44:19labouré toute la zone d'exclusion.
44:25Ils ont creusé des tranchées dans la forêt,
44:27ce qui est vraiment inconscient.
44:29Ces hommes ont absorbé des quantités de radiation phénoménales.
44:37Avec des conséquences sur leur santé
44:39qui sont exactement du même ordre
44:41que celles qu'ont connues les victimes
44:42de la catastrophe de 1986.
44:47Les liquidateurs étaient logés et nourris,
44:50si j'ose dire,
44:51mais je crois que l'État soviétique
44:55n'a pas réellement pris soin d'eux
44:58et surtout n'a pas réellement pris soin de malades.
45:03Et je suppose qu'ils ne traiteront pas
45:05beaucoup mieux les soldats
45:07qui reviendront de l'Ukraine.
45:13Peu de temps après,
45:14les Ukrainiens ont reconquis
45:16la zone d'exclusion de Tchernobyl.
45:21Les Russes ont dû se battre
45:23pour chaque mètre carré
45:24de ce territoire qu'ils voulaient annexer.
45:39Vous regardez le footage
45:41que a Russian drone
45:43avec un haut-explosive
45:46warhead
45:59L'arche de confinement
46:01construite au-dessus du réacteur détruit
46:03a été gravement endommagée
46:04par une frappe de drone.
46:08La guerre d'agression
46:09de la Russie contre l'Ukraine
46:10nous a une fois de plus fait prendre conscience
46:12du risque que les installations nucléaires
46:14présentent en cas de conflit militaire.
46:42L'accident lui-même est terminé,
46:44mais ses effets perdurent.
46:47On devra compter avec eux
46:49pendant de longues années.
46:52Comme toute grande catastrophe,
46:54l'accident de Tchernobyl
46:56a certainement influencé
47:01l'attitude envers le nucléaire.
47:05Pendant 20 ans,
47:06on n'a pas construit
47:07de nouvelles centrales nucléaires,
47:09ou que ce soit en Europe.
47:14En Allemagne,
47:15la catastrophe de Tchernobyl
47:16a eu pour effet de renforcer
47:18le mouvement politique écologiste
47:20et la mobilisation
47:21contre les centrales nucléaires.
47:26À ce jour,
47:27bien sûr,
47:27l'énergie nucléaire
47:28est la première source
47:30de l'électricité en France.
47:36En France,
47:37la question de savoir
47:38si la catastrophe de Tchernobyl
47:40a eu des effets sur la santé
47:42est aujourd'hui encore
47:43un sujet de débat très vif.
47:54« Quand ma famille
47:56a quitté Tchernobyl,
47:57j'étais encore enfant,
47:59mais j'ai vécu des situations
48:00auxquelles peu d'adultes
48:02sont confrontés.
48:05Aujourd'hui,
48:07on a l'impression
48:08que l'histoire se répète.
48:10Nous sommes de nouveau
48:12forcés de quitter notre maison.
48:14Quand les Russes
48:16ont lancé leur invasion
48:17en 2022,
48:18nous avons quitté l'Ukraine
48:20pour le Luxembourg,
48:21où nous habitons actuellement.
48:27J'espérais pouvoir offrir
48:29autre chose à mes enfants,
48:30mais ça n'a pas été possible.
48:35Je leur dis toujours
48:37qu'il faut être adaptable
48:38et résilient.
48:43Je crois que les Ukrainiens
48:44ont prouvé qu'ils l'étaient.
48:59Cet accident a eu
49:00un impact psychologique
49:02sur tout le monde.
49:04Il y a eu un avant
49:05et un après.
49:12On croyait notre gouvernement
49:14et nos scientifiques
49:15qui nous disaient
49:16que tout irait bien.
49:20On n'avait pas conscience
49:21des risques
49:22qui pesaient sur nous.
49:28Je pense que l'héritage
49:30de Tchernobyl,
49:3140 ans plus tard,
49:32ne persiste pas uniquement
49:33dans les mémoires.
49:35Les cicatrices
49:36sont bien visibles.
49:39Toute cette toxicité radioactive
49:40a provoqué des pics
49:42de cancer de la thyroïde.
49:44Quand on voyage
49:44en Ukraine aujourd'hui,
49:46on voit beaucoup de personnes
49:47qui étaient là en 1986
49:48au moment de l'accident.
49:53Ils ont tous
49:54une petite cicatrice
49:55dans le cou.
49:56On a dû leur retirer
49:57une partie de la thyroïde
49:58qui était cancéreuse.
50:04Je me souviens
50:05qu'on apprenait
50:06la mort de telle
50:07ou telle personne,
50:08amis, voisins
50:09ou collègues,
50:11de jeunes personnes
50:14à cause des radiations.
50:16Mais les médecins
50:17n'en parlaient pas.
50:18C'était une guerre silencieuse.
50:24Pour vous,
50:25quelle est la leçon
50:27qu'on peut tirer
50:27de cette catastrophe ?
50:32Pas facile.
50:35Qu'est-ce que je peux dire ?
50:38Les accidents naturels
50:41se répètent.
50:44une fois qu'on a observé
50:46le tsunami,
50:47on va savoir
50:48comment va se passer
50:49le tsunami suivant.
50:52Mais les catastrophes
50:53industrielles
50:54sont toutes uniques.
50:57Il est très important
50:59de tirer
51:00toutes les leçons
51:01de Tchernobyl.
51:04mais cela ne veut pas dire
51:07que nous pouvons
51:09prévoir
51:10quelle peut être
51:11la prochaine catastrophe
51:12liée au nucléaire.
51:15Si je devais donner
51:17un conseil
51:17à mes petits-enfants,
51:19toujours dire la vérité.
51:20Quelle que soit
51:22la gravité
51:22de la situation,
51:23le mensonge
51:24et la dissimulation
51:26ne font qu'aggraver
51:27les choses.
51:33Je pense que l'histoire
51:34de cette catastrophe
51:35est toujours riche
51:37d'enseignements
51:38aujourd'hui.
51:39parce que
51:40les causes
51:41de l'accident
51:42sont liées
51:43au fait
51:43que ce régime
51:44et cette société
51:45avaient complètement
51:47perdu de vue
51:48la vérité.
52:15A l'occasion
52:18de cette catastrophe
52:19on a tous compris
52:21que lorsqu'un régime
52:22sert ses propres intérêts
52:23au lieu de servir
52:24le peuple,
52:25c'est là
52:26qu'il commence
52:26à perdre pied.
52:28Le ciment moral,
52:30c'est la vérité.
52:49c'est la vérité.
52:59C'est la vérité.
53:00C'est la vérité.
53:03C'est la vérité.
53:04C'est la vérité.
53:05C'est la vérité.
53:05C'est la vérité.
53:06C'est la vérité.
53:06C'est la vérité.
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