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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo

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00:00:0019h face à l'info, bonsoir à tous. Au sommaire ce soir, un deuxième soldat français est mort des suites
00:00:08de ses blessures au Liban sous mandat de l'Infinule.
00:00:12Une mission de paix, une embuscade revendiquée comme une attaque délibérée dans une zone où la guerre a remplacé la
00:00:20paix.
00:00:20Face au Hezbollah, que font encore nos soldats dans une mission sans moyens ni mandats adaptés ? Entre présence historique,
00:00:29impuissance stratégique et risque d'escalade, la France doit désormais trancher, rester ou peut-être protéger autrement ? L'analyse
00:00:39de Michel Fayad.
00:00:40De Maurice Barrès à Boilem sans salle, une même question traverse le siècle. Peut-on être un grand écrivain et
00:00:48être de droite ? Entre mise à l'écart, disqualification morale et soupçon permanent, certains auteurs semblent condamnés à l
00:00:57'ombre.
00:00:58Faut-il y voir un simple débat littéraire ou le signe d'une vie intellectuelle dominée par une seule vision
00:01:04du monde ? L'édito de Mathieu Bocoté.
00:01:07Oui. Les chiffres rostatent sur les comptes publics pour 2025 de la zone euro sont tombés cet après-midi. La
00:01:13France est sur le podium des pires élèves.
00:01:16Deuxième dépense publique, la plus élevée. Deuxième déficit le plus élevé. Troisième endettement public le plus élevé.
00:01:24Si notre déficit public a reculé, mais avec des impôts qui augmentent, les dépenses elles aussi sont en large augmentation,
00:01:33le regard de Marc Menand.
00:01:34Les négociations pourraient reprendre vendredi, a annoncé Donald Trump cet après-midi. Le président américain a prolongé le cessez-le
00:01:42-feu, mais derrière la calmie.
00:01:44La tension reste maximale. Blocus, sanctions, menaces. Aucun camp ne veut céder, mais aucun ne veut non plus relancer la
00:01:52guerre.
00:01:52Entre guerre d'usure et bras de fer diplomatique, cette trêve ressemble surtout à une pause stratégique. Qui cédera le
00:01:59premier ?
00:01:59Ou combien de temps ce fragile équilibre peut-il tenir ? Le décryptage de Charlotte Gornelès.
00:02:06Quand Dominique de Villepin et Éric Zemmour s'affrontent, ce n'est pas seulement un débat d'idées, c'est
00:02:10une bataille pour définir notre histoire.
00:02:12Entre repentance coloniale et récits de reconquête, deux visions de la France se posent derrière cette querelle sur les réseaux
00:02:21sociaux.
00:02:21Une question, quel passé voulons-nous assumer ? Et quel avenir voulons-nous écrire ? L'édito de Mathieu Bocoté.
00:02:28Et puis, menacé de mort, il a quitté l'islam.
00:02:32Ce soir, nous recevons Majid Oukacha, qui publie « Ce que je détestais dans l'islam quand j'étais musulman
00:02:40».
00:02:40Dans ce témoignage intime, il revient pour la première fois sur son enfance, marqué par un tiraillement entre culture occidentale
00:02:48et éducation islamique.
00:02:50De ses premiers pas à la mosquée, à ses questionnements d'adolescents, il raconte un parcours singulier,
00:02:56où le doute et la réflexion l'ont conduit à remettre en cause ses croyances.
00:03:01Un récit personnel qui interroge aussi, au-delà de son histoire, la place de la religion et du multiculturalisme dans
00:03:09notre société.
00:03:11Majid Oukacha est l'invité de Face à l'info ce soir.
00:03:14Voilà, une heure pour tout se dire et sans tabou, c'est parti !
00:03:30La France pleure, ce deuxième soldat mort au Liban.
00:03:36Le caporal-chef Anisset Girardin est décédé des suites de ses blessures quatre jours, après la mort du sergent-chef
00:03:45Florian Montorio dans la même embuscade.
00:03:48Deux soldats tués au même endroit, dans la même opération.
00:03:52Michel Fayad, est-ce l'accident de trop ou le signe que la mission de la Finule est devenue intenable
00:03:58?
00:03:59Déjà, ces deux soldats français étaient en mission pour neutraliser les engins explosifs
00:04:06qui étaient improvisés sur la route menant à un poste de la Finule
00:04:11et qui étaient isolés depuis plusieurs jours en raison des combats.
00:04:15Ils étaient vraiment en mission pour la population, pour le pays et pour la Finule aussi.
00:04:21Mission de paix ?
00:04:22Absolument.
00:04:23Et ils ont été visés, donc le sergent-chef Montorio est mort sur le coup.
00:04:30Donc la caporal-chef, elle, a été transportée en France et est morte de ses blessures.
00:04:35La Finule a parlé d'attaques délibérées.
00:04:39Et donc déjà, il y a quelques temps, trois casques bleus indonésiens avaient également été tués.
00:04:45Donc c'était fin mars.
00:04:46Mais le Hezbollah n'attaque pas parce qu'il est fort.
00:04:49Il attaque parce qu'en fait, il est acculé.
00:04:51Il est acculé parce qu'aujourd'hui, il y a des négociations qui sont ouvertes entre Israël et le Liban.
00:04:56Il est acculé parce qu'aujourd'hui, toute la population libanaise réclame son désarmement.
00:05:00Et il est également acculé parce qu'il est accusé d'être le responsable de ces assassinats.
00:05:08Puisque, en réalité, vous savez, la région où ces soldats ont été tués,
00:05:13vous voyez sur la carte, le village de Al-Randouriyé.
00:05:17C'est un village qui est loin de Saïda, qui est la capitale du Liban Sud,
00:05:21où se trouvent d'autres organisations armées que le Hezbollah.
00:05:24Mais Al-Randouriyé, que vous voyez sur la carte, donc au milieu, au centre du Liban Sud,
00:05:30vous voyez clairement qu'il n'y a à cet endroit que le Hezbollah et ses alliés pour tuer, pour
00:05:36faire une opération pareille.
00:05:38Très bien vu sur la carte, ici, en effet.
00:05:40Oui. Ensuite, vous savez, la Finul, elle a été créée en 1978.
00:05:46Elle compte aujourd'hui 7500 soldats qui regroupent 47 nations.
00:05:51Le contingent français compte à peu près 700 membres.
00:05:55Ils sont chargés, en réalité, de protéger la ligne bleue.
00:05:59Là, sur la carte, elle est plutôt en blanc, c'est-à-dire que c'est la frontière entre Israël
00:06:03et le Liban.
00:06:05Et tout cela repose, en fait, sur la résolution 1701 de l'ONU,
00:06:10qui date de 2006, suite à la guerre précédente entre Israël et le Hezbollah.
00:06:15Et donc, en fait, à l'époque, il fallait pour la Finul de garantir le cessez-le-feu
00:06:22qui avait été signé entre Israël et le Liban.
00:06:24Mais c'était un cessez-le-feu qui était accepté à l'époque par le Hezbollah.
00:06:28Mais les choses ont changé.
00:06:30Mais le cadre qui avait été défini, donc, il y a 20 ans, n'est plus du tout le même
00:06:33aujourd'hui.
00:06:34Le cadre n'est plus le même.
00:06:36Juste un zoom sur cette force de la Finul.
00:06:39On voit quand même que la France, il y a 47 pays qui participent à la Finul,
00:06:44parce qu'on se pose beaucoup de questions.
00:06:46La France a un contingent plutôt élevé.
00:06:49Absolument.
00:06:49D'ailleurs, la France a envoyé quelques soldats supplémentaires.
00:06:52Donc, aujourd'hui, la France se rapproche des 700 soldats.
00:06:56Et vous voyez, l'Indonésie dont je vous ai parlé tout à l'heure a été visée début mars.
00:07:01Donc, vous voyez, on a tapé le principal contingent.
00:07:05Et puis, on a frappé la France, que la France peut aider le plus la Finul et peut aider le
00:07:09plus le Liban.
00:07:10Et ensuite, ce qui est important, je pense, à dire, c'est que la résolution 1701 de l'ONU,
00:07:17qui consistait donc à maintenir ce cessez-le-feu entre Israël et le Liban,
00:07:21et à constater le désarmement du Hezbollah au Liban Sud, n'a jamais été appliquée.
00:07:27Et il est aussi important de dire que le Hezbollah, lui, n'est pas tombé du ciel par hasard au
00:07:33Liban Sud.
00:07:33Ça date de 1985, quand la résistance chrétienne libanaise, elle, n'a plus de soutien,
00:07:41n'a plus la capacité de maintenir le contrôle d'une partie du Liban Sud.
00:07:45Et à ce moment-là, le fatah d'Arafat s'est engouffré, et avec lui, le Hezbollah.
00:07:51Donc, le Hezbollah est rentré au Liban Sud grâce au fatah de Yasser Arafat.
00:07:56Ensuite, il faut revenir sur le fait de pourquoi est-ce que le Hezbollah a attaqué ces soldats français.
00:08:03Bien sûr, pourquoi est-ce qu'ils nous ont visés ?
00:08:05Voilà, pour moi, il y a trois messages.
00:08:07Le premier, c'est un message à la finule, pour lui dire qu'elle ne doit pas avoir de vocation
00:08:12de s'inscrire dans la population libanaise pour rendre des services que le Hezbollah, lui, souhaite rendre service.
00:08:18C'est-à-dire qu'il veut conserver ce lien, lui, avec les chiites, il ne veut pas être remplacé.
00:08:24Il y a également un message à la France pour lui dire qu'il n'y a aucune possibilité de
00:08:29résoudre le problème au Liban sans passer par lui.
00:08:33Et le troisième, c'est à l'armée libanaise qu'elle ne pourra jamais être seule, contrôlant le Liban Sud.
00:08:39Lui, il sera toujours là pour lui mettre les bâtons dans les roues.
00:08:43Ensuite, il faut revenir sur le fait que le président de la République libanaise, Joseph Aoun,
00:08:48et Nawaf Salam, le premier ministre, qui était d'ailleurs hier à Paris, pour rencontrer Emmanuel Macron,
00:08:55sont eux aussi un peu les mains liées avec le Hezbollah.
00:08:59Aux côtés du président Joseph Aoun, son conseiller est un membre du Hezbollah, un ancien ministre des Travaux publics.
00:09:06Et dans le gouvernement de Nawaf Salam, il y a deux ministres du Hezbollah.
00:09:09Donc le Hezbollah est extrêmement lié à eux, mais eux souhaitent quand même désarmer le Hezbollah,
00:09:16faire déployer l'armée libanaise, rendre le Liban souverain et réaliser la paix avec Israël.
00:09:23Il y a aussi le fait qu'aujourd'hui, le Hezbollah, en fait, essaye de maintenir un contrôle,
00:09:32alors que le Liban essaye de se dégager et d'être souverain.
00:09:35Ça s'est déjà vu à plusieurs reprises au Liban, en 1983, quand le Liban avait signé la paix avec
00:09:40Israël,
00:09:41le 17 mai 1983, le Liban pensait, si vous voulez, retrouver sa stature, sa souveraineté, etc.
00:09:47Et le Hezbollah est né à ce moment-là et a participé à la cassure de cet accord.
00:09:53Ensuite, il y a eu, en 1990, quand il y a eu un gouvernement qui a rassemblé la majorité des
00:09:59Libanais derrière lui,
00:10:00et la communauté internationale a autorisé les chars syriens à prendre le contrôle des régions libanaises.
00:10:08Et le Liban est tombé à ce moment-là.
00:10:11Maintenant, la réponse française.
00:10:14Vous savez qu'hier, Emmanuel Macron a exigé, pas hier, mais depuis ce week-end,
00:10:19a exigé que l'État libanais lui remette immédiatement les coupables de ces attentats.
00:10:26Mais comment est-ce que l'État libanais va arrêter ces gens ?
00:10:30C'est impossible. Il ne peut pas aller dans le Liban Sud.
00:10:32On a rarement vu des enquêtes concernant le Hezbollah aboutir.
00:10:35Bien sûr, et encore plus quand c'est au Liban Sud qui échappe au contrôle de l'État libanais.
00:10:40Et la France, vous savez, ne peut pas aussi dire qu'elle veut retirer ses soldats.
00:10:44Ce serait un nouvel abandon pour le Liban.
00:10:47Ces deux morts interviennent alors qu'un cessez-le-fait est entré en vigueur.
00:10:50On en parlera dans un instant avec Charlotte Dornelas.
00:10:52Comment expliquer que des casques bleus soient visés précisément à ce moment-là ?
00:10:58Et que vaut encore l'État libanais dans cette situation ?
00:11:02Oui, en fait, le Hezbollah veut montrer qu'il a toujours la main,
00:11:05qu'on essaye de l'écarter, mais c'est toujours lui qui a le contrôle sur le terrain,
00:11:10qu'il n'est pas concerné par les négociations entre Israël et le Liban,
00:11:13qu'il ne les acceptera pas, qu'il les rejetera.
00:11:16Et également pour le gouvernement libanais, il est face à une contradiction.
00:11:21D'un côté, il veut la paix avec Israël, il veut désarmer le Hezbollah.
00:11:24Mais de l'autre, comme je l'ai dit, le Hezbollah est imbriqué en son sein,
00:11:27avec ce conseiller auprès du président, ses deux ministres,
00:11:29cette quinzaine de députés, et puis même le fait que la Sûreté générale,
00:11:33qui est l'organe de renseignement au Liban, soit sous le contrôle du Hezbollah.
00:11:37Emmanuel Macron recevait, vous le disiez, le Premier ministre libanais hier.
00:11:42Ses déclarations sont-elles à la hauteur ?
00:11:44Avec ses trois soldats français tués en six semaines,
00:11:47la France n'était pas déjà peut-être prise dans un engrenage, un engrenage régional ?
00:11:53Oui, moi je reconnais les propos d'Emmanuel Macron comme positifs sur un aspect,
00:11:58c'est quand il dit qu'il souhaite le retrait israélien,
00:12:01il souhaite le désarmement du Hezbollah,
00:12:02il souhaite que le Hezbollah donne les responsables de ses attentats.
00:12:07Mais en même temps, moi j'ai quatre critiques à lui faire.
00:12:09La première, ça concerne le fait qu'il parle d'un désarmement du Hezbollah par les Libanais.
00:12:15C'est bien sur le principe, mais comment les Libanais vont le désarmer ?
00:12:18Il faut renforcer l'armée libanaise,
00:12:19donc ne pas parler du renforcement de l'armée libanaise,
00:12:22c'est comme s'ils se lavaient les mains de ce désarmement du Hezbollah.
00:12:25Et ça c'est très dommage, parce que c'est le rôle que la France doit jouer.
00:12:28La deuxième critique que j'aurai, c'est le fait qu'il dit que la France est prête à rester
00:12:33engagée auprès de la finule.
00:12:35Mais la question c'est quelle est la mission de cette finule ?
00:12:37Aujourd'hui, elle ne peut pas assurer un cessez-le-feu, elle est dans une mission défensive.
00:12:41Quelle est sa place ? Quel est son rôle ?
00:12:43On a proposé notamment pour les villages chrétiens qu'elle se déploie.
00:12:46La troisième critique, c'est le fait qu'il n'ait même pas parlé de l'accord du 17 mai
00:12:511983,
00:12:52qui est l'accord qui avait été signé entre Israël et le Liban,
00:12:55qui garantissait la souveraineté territoriale du Liban.
00:12:57Quand on entend aujourd'hui que peut-être que le territoire libanais peut être annexé en tout ou en partie
00:13:03par Israël,
00:13:03là, l'accord aurait pu être utilisé par la France pour s'imposer.
00:13:08Et une dernière chose...
00:13:08Et la quatrième critique...
00:13:09Oui, et c'est fini.
00:13:10C'est le fait qu'il ait dit qu'il était satisfait de la participation américaine,
00:13:15mais en fait, les États-Unis ont remplacé la France.
00:13:17Donc comment on peut se satisfaire de l'effacement de la France ?
00:13:19On marque une pause, on revient dans un instant, on fera un tour de table dans un instant avec les
00:13:24mousquetaires,
00:13:25sur effectivement le rôle de la Finule, le rôle de la France.
00:13:29La Finule et la France qui doivent s'arrêter d'ici décembre, que doit faire la France ?
00:13:33Doit-elle aller plus loin ? Doit-elle s'impliquer ?
00:13:35Quel impact aura ce deuxième meurtre, assassinat d'un soldat français de la Finule ?
00:13:43On revient dans Face à l'Info.
00:13:47Dans un instant, on reparlera de ce deuxième soldat français de la Finule qui a été tué au sud de
00:13:52Liban.
00:13:53On fera un tour de table avec les mousquetaires.
00:13:55D'abord, Mathieu Bocoté, revenons à l'actualité en France.
00:13:58On parle beaucoup depuis hier d'une attaque lancée contre Boislem-Sensal, on dit.
00:14:03Et qui vint, qui vendait peu, ça fait sourire.
00:14:06Au talent discutable, ça fait sourire.
00:14:09Sur une journaliste du Monde qui a été invitée sur la 5 sur le service public,
00:14:12cette déclaration me fait sourire, mais peut-être choque plusieurs.
00:14:16Et elle n'est pourtant pas si étonnante, selon vous.
00:14:19Alors, ce qui est fascinant, c'est l'entreprise.
00:14:21Ça fait partie de la vie, on pourrait dire, la vie littéraire, la vie intellectuelle.
00:14:26Mais pourtant, ça dit quelque chose de l'état du pays.
00:14:28Donc, Boislem-Sensal, jusqu'à son arrestation écrivain admiré, écrivain reconnu.
00:14:34Ensuite, avec son arrestation écrivain trouble, on ne voulait pas s'y associer
00:14:38alors qu'il avait été kidnappé par le régime algérien.
00:14:41Depuis sa libération, on en parlait l'autre fois,
00:14:43il est la cible d'une entreprise de destruction méthodique
00:14:46de la part d'une bonne partie de la République des Lettres.
00:14:48Et on nous dit donc, c'était sur la 5, c'est hier, je crois,
00:14:51on nous dit, vous savez, Boislem-Sensal, c'est un écrivain plutôt mauvais
00:14:54et qu'il ne vend presque pas.
00:14:56Ça, c'est génial.
00:14:56Il ne vend presque pas.
00:14:57Plusieurs ont rappelé que pour un de ses bouquins, il a vendu 400 000.
00:15:00J'espère, un jour, ne vend presque pas autant que ça.
00:15:03France ne salue pas mal.
00:15:05Donc, il ne vend presque pas.
00:15:06Un écrivain avec un talent approximatif, on ajoute au fil du temps...
00:15:11On peut dire quand même aux téléspectateurs que quand on vend déjà 5 000 livres,
00:15:15on est content.
00:15:15Baisse-salaire, 3 000, ne l'oublions pas.
00:15:17D'accord.
00:15:18Donc, non, non, 400 000, ça fait beaucoup.
00:15:20Donc, deuxième élément, on nous dit, par ailleurs,
00:15:22c'est le portrait qui s'est dessiné ces dernières semaines,
00:15:24c'est aussi un traître.
00:15:25C'est un traître à Gallimard, donc il a quitté Gallimard
00:15:28et ça ne se fait pas.
00:15:28C'est, par ailleurs, un écrivain gros, nul et coûteux
00:15:31qui, en plus, on nous dit finalement,
00:15:34est-ce qu'il n'a pas été persécuté pour des raisons légitimes
00:15:37parce qu'il est d'extrême droite à ce qu'on nous dit.
00:15:39Alors là, on se dira, c'est une autre de ces entreprises de diabolisation,
00:15:43mais on pourrait poser la question autrement,
00:15:45est-ce qu'il est possible tout simplement d'être un écrivain
00:15:47aujourd'hui marqué « à droite » et être considéré comme un grand écrivain ?
00:15:52Ou est-ce que le fait de passer à droite fait de vous
00:15:54un écrivaillon, une figure mineure du paysage littéraire ?
00:15:58Et je me permettrai de faire un petit détour historique
00:16:00pour voir comment cette entreprise de disqualification
00:16:03des écrivains mal étiquetés ne date pas d'hier.
00:16:06Premier nom, et là, je ferai scandale et je m'en excuse,
00:16:09Maurice Barès.
00:16:10Début du 20e siècle, Maurice Barès, c'est le prince des lettres.
00:16:13C'est le grand écrivain reconnu par tous.
00:16:16Tous l'admirent, de gauche, de centre, de droite.
00:16:18C'est un écrivain reconnu, même si on connaît par ailleurs
00:16:21un engagement politique très marqué et plus que décevant.
00:16:24J'y reviendrai dans un instant.
00:16:25Pourquoi grand écrivain ?
00:16:26On pourrait dire qu'il y a plusieurs livres chez lui,
00:16:28mais notamment le roman de l'énergie nationale
00:16:30où il raconte l'aventure boulangiste
00:16:32à la manière d'un homme qui y a cru.
00:16:34Et aussi un très grand livre,
00:16:36La colline inspirée, qui est une méditation,
00:16:38c'est un roman sur la spiritualité,
00:16:40un roman tout à fait bouleversant de Maurice Barès.
00:16:43C'est aussi, ne l'oublions pas, un polémiste.
00:16:46C'est un politique qui sera élu parlementaire.
00:16:48C'est un nationaliste de l'action française.
00:16:50Et c'est un homme qui s'est abîmé, disons-le,
00:16:53dans l'affaire Dreyfus.
00:16:54C'est un homme qui, au moment de l'affaire Dreyfus,
00:16:55ne s'est pas rangé du bon côté
00:16:57et qui s'est véritablement abîmé
00:16:59dans un antisémitisme plus que répréhensible.
00:17:02C'est un homme qui, par ailleurs,
00:17:03a cherché la rédemption.
00:17:04Au moment de la Première Guerre mondiale,
00:17:06il fait un livre,
00:17:06Les diverses familles spirituelles de la France, 1917.
00:17:09Il réintègre, après les avoir exclu,
00:17:12les Juifs dans la condition nationale française.
00:17:14C'est un livre presque d'excuses à sa manière.
00:17:16Pourquoi je mentionne tout ça ?
00:17:18Parce qu'au tout début du 20e,
00:17:19c'est un grand écrivain.
00:17:21Et cette réputation va durer longtemps.
00:17:24Je me permets de dire,
00:17:25le général de Gaulle dit, en 40, je crois,
00:17:27il écrit au fils de Barès,
00:17:30« Votre père, je n'en doute pas,
00:17:31aurait été des nôtres. »
00:17:33C'est intéressant, ça.
00:17:34Donc, on connaît déjà,
00:17:35on connaît la part terrible de l'affaire Dreyfus,
00:17:37et pourtant, ça n'empêche pas de Gaulle
00:17:38de dire « grand écrivain et grand patriote ».
00:17:41À partir des années 70,
00:17:43il devient peu à peu incitable.
00:17:44Et à partir des années 80,
00:17:46lorsqu'on en parle,
00:17:47quand on est obligé d'en parler,
00:17:48on dit à un écrivain de peu de talent,
00:17:49au style pompier,
00:17:50au style lourd,
00:17:52au style écrasant,
00:17:53est-ce que c'était véritablement
00:17:54un grand écrivain
00:17:54ou est-ce que ce n'était pas
00:17:55une illusion collective,
00:17:57ce Maurice Barès ?
00:17:58Deuxième exemple,
00:17:59les Hussards.
00:18:00Les Hussards,
00:18:00ce courant littéraire d'après-guerre,
00:18:02on va dire début 50 jusqu'au début des années 60,
00:18:05c'est l'époque du progressisme obligatoire
00:18:07en littérature.
00:18:08La littérature doit être engagée,
00:18:10elle doit être existentielle,
00:18:11et c'est tout marxiste.
00:18:12Et que disent les Hussards,
00:18:14donc Roger Limier,
00:18:15Michel Déon,
00:18:16Jacques Laurent,
00:18:17Antoine Blondin,
00:18:18que disent-ils ?
00:18:19La littérature peut être autre chose,
00:18:21elle peut être légèreté,
00:18:22la vie ne s'épuise pas dans la politique,
00:18:24la vie a sa grandeur en elle-même,
00:18:26la vie n'est pas qu'un engagement militant,
00:18:27et ne pas être dans la révolution,
00:18:29c'est déjà être à droite.
00:18:30Ne pas chanter les gloires du marxisme,
00:18:32c'est déjà être réactionnaire.
00:18:33Et bien qu'est-ce qu'on dira,
00:18:34assez rapidement,
00:18:35parce qu'il y a un talent littéraire
00:18:36exceptionnel chez les Hussards,
00:18:37on dira franchement,
00:18:38c'est des écrivains assez mineurs
00:18:39qui ne comptent pas,
00:18:40des stylistes à bas prix
00:18:41dont on pourra vite se passer,
00:18:44ils seront oubliés
00:18:44dans l'histoire de la République des lettres,
00:18:46ils n'étaient pas engagés à gauche,
00:18:48ils ne méritaient pas d'être aimés.
00:18:50Jean Raspail,
00:18:51Jean Raspail,
00:18:51écrivain dont on va souvent parler ici,
00:18:54exceptionnel,
00:18:54il est reçu un prix de l'Académie française,
00:18:55je me permets de le mentionner,
00:18:56il est connu pour le camp des saints,
00:18:58mais il est connu aussi
00:18:59pour toute une oeuvre
00:19:00absolument exceptionnelle,
00:19:01non seulement des récits de voyage,
00:19:03des romans,
00:19:03c'est un grand écrivain,
00:19:04mais parce que marqué à droite,
00:19:06on dira toujours,
00:19:06un écrivain de peu de talent,
00:19:07l'homme des récits de voyage,
00:19:09franchement une figure assez mineure,
00:19:10est-ce qu'il vaut vraiment la peine
00:19:11d'être lu ce Jean Raspail,
00:19:12par ailleurs il vaut la peine
00:19:13de mener régulièrement
00:19:14des enquêtes contre lui
00:19:15pour le diaboliser,
00:19:16encore tout récemment
00:19:16dans le magazine Aime le monde,
00:19:18petite histoire,
00:19:19petite info sur Jean Raspail,
00:19:20avant hier,
00:19:21son livre Le camp des saints
00:19:22qui a été récemment retraduit en anglais
00:19:24a été banni d'Amazon aux États-Unis
00:19:26avant d'être rétabli
00:19:27parce qu'il y a eu une campagne
00:19:28pour rétablir Jean Raspail
00:19:30dans ses droits.
00:19:31Vous me direz là,
00:19:31vous me citez seulement
00:19:32des infréquentables,
00:19:33franchement Mathieu,
00:19:33faites un effort.
00:19:34Vous faites les questions
00:19:36et les réponses,
00:19:36je peux rester ?
00:19:38Je me suis improvisé
00:19:40une question inattendue
00:19:41et c'est Denis Tzillinac,
00:19:43Denis Tzillinac,
00:19:44écrivain magnifique,
00:19:45franchement une plume magnifique,
00:19:46une plume de la mélancolie,
00:19:48une plume de la nostalgie,
00:19:49marqué à droite,
00:19:50pourquoi ?
00:19:51Pour chiracisme,
00:19:52franchement le chiracisme
00:19:53ce n'est pas exactement
00:19:54la dérive réactionnaire intégrale,
00:19:56parce qu'il était marqué chiracien,
00:19:58il fut considéré agréable
00:20:00l'écrivain de province
00:20:01sans envergure,
00:20:02mais il ne comptait pas vraiment.
00:20:04Et est-ce que c'est le sort
00:20:05qu'on réservera à Kamel Daoud
00:20:06demain, soit dit en passant,
00:20:07qui a été condamné aujourd'hui
00:20:08par le régime algérien,
00:20:09trois ans de prison,
00:20:09je ne me trompe pas,
00:20:10voilà un homme
00:20:11qui est accusé
00:20:13de ne pas être
00:20:13dans le bon côté de l'histoire,
00:20:15sera-t-il abandonné
00:20:15comme Boilem Sansal l'a été ?
00:20:17Comme quoi tout cela
00:20:19éclaire peut-être
00:20:20de juste manière
00:20:21le sort de Boilem Sansal
00:20:22aujourd'hui.
00:20:23Et en quoi cette histoire
00:20:25nous dit quelque chose
00:20:26sur ce qu'on appelle
00:20:27la République des lettres aujourd'hui ?
00:20:29Ah ben voilà,
00:20:30ça la République des lettres.
00:20:31Donc en France,
00:20:31la littérature,
00:20:32ce n'est pas simplement
00:20:33un domaine parmi d'autres
00:20:34de la connaissance humaine,
00:20:35c'est une institution,
00:20:36on pourrait dire,
00:20:37spirituelle et cléricale.
00:20:38C'est le lieu
00:20:39où se pense la nation
00:20:40dans son identité
00:20:41la plus élevée.
00:20:43Depuis 1945,
00:20:44on peut dire que
00:20:45la littérature
00:20:46doit être à gauche
00:20:48pour être légitime.
00:20:49Et là,
00:20:49je vais vous donner
00:20:50quelques exemples.
00:20:51Et le fait d'être à gauche
00:20:52et soutenir des régimes
00:20:53de terreur,
00:20:55ce n'est pas un souci.
00:20:56En fait,
00:20:57si vous soutenez
00:20:58de mauvaises idéologies à droite,
00:20:59vous serez marqué à jamais,
00:21:00si vous soutenez
00:21:01les régimes terroristes
00:21:02qui tuent par millions,
00:21:03ce n'est pas grave
00:21:03si vous êtes de gauche.
00:21:04Quelques exemples
00:21:05parmi tant d'autres,
00:21:06Aragon,
00:21:07magnifique écrivain
00:21:07qui dira le contraire,
00:21:09mais un petit peu communiste
00:21:10quand même tendance
00:21:11Joseph Staline.
00:21:12Jean-Paul Sartre,
00:21:13formule parmi tant d'autres,
00:21:15tout anticommuniste
00:21:16est un chien.
00:21:17Autre formule de Sartre,
00:21:18lorsqu'il dit
00:21:19la peine de mort
00:21:20pour raisons politiques
00:21:21est absolument légitime,
00:21:22qui a soutenu lui aussi
00:21:23les régimes de terreur.
00:21:25Simone de Beauvoir,
00:21:26que tout le monde
00:21:26aime citer aujourd'hui,
00:21:28texte de 1954
00:21:29que j'aime bien citer,
00:21:31je la cite,
00:21:32la vérité est une,
00:21:33seule l'erreur est multiple,
00:21:35ce n'est pas un hasard
00:21:36si la droite
00:21:37professe le pluralisme.
00:21:38Donc, on est devant
00:21:40de ces écrivains
00:21:41qui ont,
00:21:43malgré le fait
00:21:44d'avoir eu
00:21:45des positions politiques
00:21:46absolument discutables,
00:21:47ne suffit pas
00:21:47à vous discréditer.
00:21:49Est-ce à dire
00:21:49que le fait d'être de gauche
00:21:50vous donne une forme
00:21:51d'onction morale,
00:21:52vous donne une forme
00:21:53de supplémentaire
00:21:54en littérature
00:21:54qui vous permet
00:21:55de ne pas être responsable
00:21:56de vos déclarations,
00:21:57on pourrait le penser.
00:21:59Mais on oublie
00:22:00à quel point
00:22:00jusqu'au début des années 80,
00:22:02même je dirais fin 80,
00:22:03il y a eu
00:22:03une grande diversité
00:22:05éditoriale en France,
00:22:06même dans les maisons
00:22:06d'édition les plus
00:22:07mainstream.
00:22:09Et là, je vais vous citer
00:22:09deux intellectuels
00:22:10qui, dans les années 80,
00:22:12pouvaient faire paraître
00:22:13des livres
00:22:14dans les grandes maisons
00:22:14d'édition
00:22:15et qui, aujourd'hui,
00:22:15seraient condamnés
00:22:16à la marge.
00:22:17Ou des intellectuels
00:22:18engagés en politique.
00:22:19Jean-Yves Le Gallou,
00:22:20que nous connaissons,
00:22:21qui est une figure
00:22:22qui est à la fondation
00:22:23Polémia,
00:22:24qui est associée
00:22:24au Front National,
00:22:25ensuite au Rassemblement
00:22:26National.
00:22:26À l'époque,
00:22:27dans les années 80,
00:22:28au Club de l'Horloge,
00:22:30il publie au livre
00:22:30La Préférence Nationale.
00:22:32La Préférence Nationale,
00:22:34un livre qui a eu
00:22:34une influence importante,
00:22:35et publie ça
00:22:36chez Albain Michel
00:22:37en 1985.
00:22:38On en pense ce qu'on veut,
00:22:39mais La Préférence Nationale
00:22:41fut d'abord publiée
00:22:42chez Albain Michel.
00:22:43Aujourd'hui,
00:22:43Le Gallou publie
00:22:44dans des maisons
00:22:45d'édition
00:22:45beaucoup plus marginales.
00:22:46Alain de Benoît,
00:22:47qui a été publié
00:22:48en 1986,
00:22:50Europe-Tierre-Monde,
00:22:51chez Robert Laffont.
00:22:52C'est assez intéressant.
00:22:53Donc, chez Laffont,
00:22:54des auteurs
00:22:54qui, aujourd'hui,
00:22:56seraient condamnés
00:22:56à la périphérie
00:22:57et à la marge
00:22:58étaient autrefois
00:22:59acceptés
00:23:00dans l'institution
00:23:01littéraire
00:23:02de référence.
00:23:04Inversement,
00:23:04inversement,
00:23:05aujourd'hui,
00:23:06on a des figures
00:23:07qui, en fait,
00:23:08confisquent l'espace
00:23:09de la légitimité littéraire.
00:23:10Je vais en citer deux,
00:23:11par exemple,
00:23:11Virginie Despentes
00:23:12ou Annie Ernaud,
00:23:13pour des raisons
00:23:14qui m'échappent,
00:23:15en quelque sorte,
00:23:16on les traite
00:23:16comme des grands écrivains,
00:23:17des grands auteurs,
00:23:18des autrices,
00:23:18je pense,
00:23:18on dit.
00:23:19Mais pourquoi?
00:23:20Parce qu'elles sont de gauche.
00:23:22Et le fait des deux hautes,
00:23:23c'est comme une compétence littéraire.
00:23:25Votre plume peut-être
00:23:25un peu décevante,
00:23:26mais si vous êtes de gauche
00:23:27et que vous êtes
00:23:27du bon côté de l'humanité,
00:23:29on vous donnera
00:23:34par la grande librairie
00:23:36et revenu sur la polémique
00:23:38grâce à en expliquant
00:23:39son comportement,
00:23:41elle ne veut pas
00:23:42être publiée
00:23:43dans la même maison
00:23:44que l'éditeur
00:23:45Jordan Bardella.
00:23:46Qui comprend?
00:23:47Ça éclaire un peu
00:23:48la polémique.
00:23:49Peu importe
00:23:50ce qu'on pense
00:23:50du détail de cette...
00:23:51C'était déjà le cas.
00:23:53Oui, bien sûr.
00:23:55Peu importe
00:23:56ce qu'on pense
00:23:56du détail de cette polémique
00:23:57qui concerne
00:23:58un univers particulier,
00:23:59je note une vidéo
00:24:00qu'a relayée hier
00:24:01la grande librairie
00:24:02dans la grande émission
00:24:03de l'édition littéraire
00:24:04et qui nous explique
00:24:05le point de vue
00:24:06de Virginie Despentes.
00:24:07Elle nous explique
00:24:08ce qui s'est passé.
00:24:09Je la cite.
00:24:09Ce n'est pas une guerre,
00:24:11c'est de la prédation.
00:24:13Si c'est le même mot
00:24:14que quand il s'agit
00:24:15de prédation sexuelle,
00:24:16c'est que c'est
00:24:16le même mécanisme,
00:24:18abuser de son pouvoir
00:24:19pour dépouiller l'autre
00:24:20de son humanité.
00:24:21On parle ici
00:24:22du remplacement
00:24:23d'un éditeur,
00:24:24on parle ici
00:24:25de la propriété
00:24:27d'une maison d'édition.
00:24:27On peut penser
00:24:28ce qu'on veut
00:24:28de la controverse,
00:24:29je ne savais pas
00:24:30que le départ
00:24:30d'Olivier Nora,
00:24:31aussi talentueux soit-il,
00:24:32consiste à abuser
00:24:33de son pouvoir
00:24:34pour dépouiller
00:24:35l'autre de son humanité.
00:24:36Ça me semble
00:24:36un peu excessif
00:24:37parce que sinon,
00:24:38comment on va parler
00:24:38du goulag
00:24:39ou des différents génocides ?
00:24:40C'est la même catégorie,
00:24:42en dépouiller l'autre
00:24:42de son humanité,
00:24:43quoi qu'il en soit.
00:24:44Et là, elle nous dit
00:24:45pourquoi,
00:24:45parce qu'elle ne veut pas
00:24:45de Nicolas Diaz
00:24:46dans sa collection.
00:24:48Mon texte n'aura pas
00:24:49la même couverture
00:24:50que celui de l'éditeur
00:24:51de Bardella.
00:24:52Est-ce que c'est clair ?
00:24:53Je ne serais pas contaminé
00:24:54par l'affreux éditeur
00:24:55de Bardella.
00:24:57Voyant cela,
00:24:57voyant cette déclaration
00:24:58à la lumière de l'histoire,
00:25:00je dirais qu'on est,
00:25:00chez Virginie Despentes,
00:25:02devant le sectarisme
00:25:03le plus bête,
00:25:03l'esprit d'anathème,
00:25:04la volonté de départager
00:25:06l'humanité
00:25:06entre les humains
00:25:06légitimes et les autres.
00:25:08C'est une logique
00:25:08de bannissement,
00:25:09de mise à mort sociale.
00:25:10Nous ne laisserons pas
00:25:11les gueux entrer
00:25:12dans notre univers.
00:25:12La gauche domine
00:25:13la vie intellectuelle
00:25:14non pas parce qu'elle est meilleure,
00:25:15mais parce qu'elle ose
00:25:16le terrorisme moral
00:25:17de ce point de vue.
00:25:18C'est une hégémonie
00:25:19qui repose
00:25:20sur l'écrasement des autres.
00:25:24Merci, Mathieu Bocoté.
00:25:27On a fait un peu
00:25:28d'international,
00:25:28un peu de culture,
00:25:29un peu d'économie
00:25:30maintenant avec Marc Menand.
00:25:32Je vous prie
00:25:33de bien vouloir
00:25:34accueillir François Pierat,
00:25:36directeur de l'Hexagone
00:25:37qui vient nous rejoindre,
00:25:38qui est l'invité
00:25:38de Marc Menand
00:25:39puisqu'on a eu
00:25:40de nouveaux chiffres,
00:25:42Marc,
00:25:42cet après-midi
00:25:43sur la situation
00:25:44de la France.
00:25:45On est très bien placé,
00:25:47on est deuxième,
00:25:48on est les poulies d'or,
00:25:49mais c'est quand on part
00:25:50à l'inverse,
00:25:51vous voyez ?
00:25:52Ce sont des chiffres
00:25:54Eurostat
00:25:54qui ont été publiés
00:25:55cet après-midi
00:25:56sur les comptes,
00:25:58les dépenses publiques
00:25:59de la zone euro.
00:26:01Voilà,
00:26:01alors je vais les résumer.
00:26:03Dépenses publiques,
00:26:0457,2% du PIB,
00:26:08la dette publique,
00:26:09115,6% du PIB,
00:26:13la moyenne en Europe,
00:26:14c'est 87,6%,
00:26:17déficit public,
00:26:195,1%,
00:26:20on est deuxième
00:26:21derrière la Belgique,
00:26:22qui est à 5,2%.
00:26:25Voilà les chiffres,
00:26:25cher François Pirard,
00:26:28je ne me trompe pas,
00:26:29c'est bien ça.
00:26:30C'est exactement ça,
00:26:31c'est un constat
00:26:32qui est accablant,
00:26:33on sait tous
00:26:33qu'il y a une crise
00:26:34budgétaire en France,
00:26:35ces chiffres permettent
00:26:36de remettre ça
00:26:37en perspective
00:26:37et de se rendre compte
00:26:38que cette crise
00:26:39n'est pas le lot
00:26:41de tous les pays
00:26:42qui nous entourent,
00:26:42bien au contraire,
00:26:43c'est une singularité,
00:26:45une exception française,
00:26:46et aujourd'hui,
00:26:47ce qu'on voit,
00:26:47c'est qu'en fait,
00:26:49aucun pays
00:26:49ne fait pire que nous.
00:26:50Parce que même
00:26:51si on regarde
00:26:51les deux seuls pays
00:26:53qui sont davantage
00:26:54endettés que nous,
00:26:55la Grèce et l'Italie,
00:26:56aujourd'hui,
00:26:57ils ont mis un coup
00:26:58de frein.
00:26:58Ce sont des pays
00:26:59qui font attention
00:27:00à leur endettement,
00:27:01la Grèce est aujourd'hui
00:27:02en excédent budgétaire.
00:27:04Oui, mais à quel prix ?
00:27:05Parce que la Grèce,
00:27:06moi j'ai lu un papier
00:27:07la semaine dernière
00:27:07où j'étais catastrophé
00:27:10pour le quotidien
00:27:11du grec moyen.
00:27:12Apparemment,
00:27:13ils ont à peu près
00:27:14800 euros par mois
00:27:16pour vivre
00:27:17et les fins de mois
00:27:19ne sont même pas
00:27:20les fins de mois
00:27:20que l'on craint.
00:27:21C'est la moitié du mois.
00:27:23Alors,
00:27:23est-ce que si on appliquait
00:27:24la même chose en France,
00:27:25on ne serait pas là
00:27:26dans un effondrement total ?
00:27:28Je pense qu'il y a
00:27:29trois choses
00:27:29dans ce que vous dites.
00:27:30La première,
00:27:31déjà,
00:27:31c'est la comparaison
00:27:32avec la Grèce.
00:27:33La Grèce,
00:27:34comme la France,
00:27:35à certaines époques,
00:27:36vivait au-dessus
00:27:37de ses moyens.
00:27:37En revanche,
00:27:39c'est la deuxième chose,
00:27:40ce n'est quand même
00:27:40pas non plus
00:27:41dans les mêmes proportions.
00:27:42En Grèce,
00:27:43en 2008-2009,
00:27:45grosso modo,
00:27:45pour 100 euros
00:27:46qui rentrait
00:27:47dans les caisses publiques,
00:27:49l'État
00:27:49et les administrations publiques
00:27:50ont dépensé 140.
00:27:52En France,
00:27:53pour 100 euros
00:27:53qui rentrent,
00:27:54on en dépense 110.
00:27:55Évidemment,
00:27:56c'est un problème.
00:27:56Si vous êtes un ménage français
00:27:58que vous gagnez
00:27:582000 euros par mois,
00:28:00que vous en dépensez
00:28:002200,
00:28:01ad vitam aeternam,
00:28:02évidemment qu'il y a
00:28:03un problème.
00:28:03Mais en Grèce,
00:28:04le problème était plus élevé.
00:28:06Et puis après,
00:28:07en fait,
00:28:07il y a aussi le fait
00:28:09que quand vous faites ça,
00:28:10en fait,
00:28:11vous vivez
00:28:11dans une réalité virtuelle.
00:28:12Vous vivez à crédit,
00:28:14vous vivez dans un monde
00:28:16qui n'est pas réel.
00:28:17C'était le cas en Grèce,
00:28:19dans des proportions
00:28:19bien plus élevées
00:28:20qu'en France.
00:28:21Et c'est le cas
00:28:21aujourd'hui en France.
00:28:22Et évidemment,
00:28:23que le jour
00:28:24où il faut revenir
00:28:25à nos moyens,
00:28:27le retour à la réalité
00:28:28est brutal.
00:28:28Alors dans les économies,
00:28:30on en parle toujours.
00:28:31Alors soit,
00:28:33on élimine
00:28:33un certain nombre,
00:28:34on dégraisse le mammouth,
00:28:36comme on disait
00:28:37à une époque,
00:28:38ou alors on augmente
00:28:39les impôts.
00:28:40Mais tout ça,
00:28:40on a l'impression
00:28:41qu'il n'y a pas
00:28:41de véritable recette.
00:28:42En l'occurrence,
00:28:43il y a aussi
00:28:44des dépenses imprévues.
00:28:45Mais est-ce qu'on a
00:28:46les moyens
00:28:47de tenir un certain rang ?
00:28:48Est-ce qu'on n'est pas
00:28:48prisonnier de notre image ?
00:28:50Actuellement,
00:28:51nous avons une force navale
00:28:53qui est donc
00:28:56au Moyen-Orient.
00:28:57Ça nous coûte
00:28:58des sommes gigantesques.
00:29:00Est-ce qu'on a encore
00:29:01les moyens
00:29:01de mener
00:29:03une telle politique ?
00:29:04Alors,
00:29:05il y a une tentation
00:29:06qui est très française,
00:29:07qui est celle
00:29:08de couper
00:29:08sur le régalien.
00:29:09C'est ce qu'on a fait
00:29:10pendant des années
00:29:11avec les résultats
00:29:13qu'on sait.
00:29:13Aujourd'hui,
00:29:14quand on compare
00:29:14la dépense publique
00:29:15poste par poste
00:29:16en France
00:29:17par rapport
00:29:17à d'autres pays,
00:29:18on dépense plus
00:29:19que les autres
00:29:20en protection sociale,
00:29:21on dépense plus
00:29:21que les autres
00:29:22en santé,
00:29:23en loisirs.
00:29:25Il n'y a que
00:29:25deux postes de dépense
00:29:26sur lesquels
00:29:27on dépense
00:29:28à peu près autant,
00:29:29voire moins que les autres.
00:29:30C'est tout ce qui est
00:29:32ordre public,
00:29:32donc grosso modo
00:29:33la police,
00:29:33et grosso modo
00:29:34tout ce qui est
00:29:35justice-prison.
00:29:36La défense,
00:29:37on dépense un peu
00:29:38plus que les autres,
00:29:38mais il n'a échappé
00:29:39à personne
00:29:39que la France
00:29:40est une grande puissance.
00:29:41Donc si on en vient
00:29:43aussi à couper
00:29:43sur l'exercice
00:29:45de notre puissance,
00:29:46en fait,
00:29:47on sacrifie
00:29:48peu à peu
00:29:48toutes nos missions
00:29:49régaliennes
00:29:50au profit
00:29:51de la protection sociale
00:29:52qui représente
00:29:52la moitié
00:29:53de nos dépenses
00:29:54et donc au profit
00:29:54de notre confort,
00:29:56notre petit train de vie.
00:29:57Alors petit train de vie,
00:29:59on pense
00:30:01à faire bonbons,
00:30:02me dirait mon ami
00:30:03Mathieu.
00:30:04Or,
00:30:04on sait aujourd'hui
00:30:05que 70% des cancers
00:30:07sont liés
00:30:08à la malbouffe,
00:30:09que nous avons donc
00:30:11une sorte,
00:30:12le diabète,
00:30:14etc.
00:30:15Globalement,
00:30:16la majorité
00:30:17des maladies
00:30:18dont nous sommes victimes
00:30:19sont liées
00:30:20à nos comportements.
00:30:21Est-ce qu'au lieu
00:30:22de demander,
00:30:23et après ça creuse
00:30:25le trou
00:30:25de la sécurité sociale,
00:30:27est-ce qu'au lieu
00:30:27de demander toujours
00:30:28de faire des économies
00:30:28au niveau de l'État,
00:30:29il n'y a pas
00:30:30une responsabilité
00:30:31de tout un chacun
00:30:31dans le questionnement
00:30:33de son quotidien ?
00:30:34Il y a sûrement
00:30:35une responsabilité
00:30:36tout un chacun
00:30:37dans son quotidien,
00:30:39mais vous le dites
00:30:40vous-même,
00:30:40c'est une responsabilité
00:30:42individuelle.
00:30:43Or là,
00:30:43notre sujet,
00:30:44c'est un problème
00:30:44de responsabilité
00:30:45collective,
00:30:46puisque c'est celui
00:30:46de la dépense publique,
00:30:48et aujourd'hui,
00:30:50faire manger davantage
00:30:51de brocoli
00:30:52aux jeunes Français...
00:30:53Deux questions
00:30:54pour terminer,
00:30:54pardon.
00:30:54Est-ce que la France
00:30:55a toujours été
00:30:56le mauvais élève
00:30:56de la dépense publique,
00:30:57oui ou non ?
00:30:58Non,
00:30:59absolument pas,
00:31:00et ça,
00:31:00c'est une idée reçue.
00:31:02La France a toujours été
00:31:03un peu la cigale
00:31:04de l'Europe.
00:31:05Oui et non,
00:31:06aujourd'hui,
00:31:07on est depuis
00:31:07de nombreuses années
00:31:08plutôt sur le podium
00:31:09des pires déficits
00:31:10publics de la zone euro,
00:31:11c'était très rarement
00:31:12le cas avant.
00:31:13Si on regarde
00:31:13avant 2016,
00:31:15ça ne nous est arrivé
00:31:15qu'une seule fois,
00:31:16c'était en 2007,
00:31:18on était deuxième.
00:31:19Depuis,
00:31:20c'est quasiment constant,
00:31:22huit années
00:31:22sur les dix dernières.
00:31:24Donc depuis 2017,
00:31:25aucun pays
00:31:26de la zone euro
00:31:26ne s'est endetté
00:31:27autant que la France
00:31:28à part la Finlande.
00:31:29À part la Finlande
00:31:30qui a 1300 km
00:31:31de frontières
00:31:31avec la Russie,
00:31:32rappelons-le.
00:31:32Et dernière question
00:31:33en dix secondes,
00:31:33est-ce qu'il y a une issue
00:31:34à cette situation ?
00:31:35Bien sûr,
00:31:36on peut toujours
00:31:37privilégier
00:31:37une cure
00:31:40de désintoxication
00:31:41progressive
00:31:42plutôt qu'une thérapie
00:31:44de choc
00:31:45aux urgences.
00:31:45Merci beaucoup,
00:31:46Marc Menand,
00:31:47merci beaucoup,
00:31:48bon brocoli,
00:31:49merci beaucoup
00:31:50François Pierard,
00:31:51directeur de l'ESD-Agonne,
00:31:52d'avoir été avec nous.
00:31:53Nous accueillons
00:31:54notre second invité,
00:31:57Majid Ukacha,
00:31:58qui est notre invité.
00:32:00Cet homme,
00:32:01on l'avait déjà reçu
00:32:01il y a quelque temps,
00:32:03il est menacé de mort,
00:32:05il est très courageux,
00:32:07je lui ai demandé
00:32:08est-ce que je pouvais
00:32:09annoncer sa venue,
00:32:10il m'a dit
00:32:10pas tout de suite,
00:32:11ne me posez pas de questions
00:32:12sur où j'habite,
00:32:13pas de questions ici.
00:32:14Il faut faire attention
00:32:16avec vous ce soir,
00:32:18parce que vous êtes un apostat,
00:32:20parce que vous êtes menacé de mort.
00:32:22Mais vous avez osé sortir ce livre,
00:32:24ce livre,
00:32:25quand j'étais musulman,
00:32:28ce que je détestais dans l'islam
00:32:29quand j'étais musulman.
00:32:31Donc vous êtes un ex-musulman
00:32:33connu depuis dix ans
00:32:35pour votre critique publique
00:32:36acerbe des textes sacrés islamiques.
00:32:39Pourquoi avoir choisi aujourd'hui
00:32:41de délaisser l'analyse théologique pure
00:32:44pour raconter pour la première fois
00:32:47votre propre enfance ?
00:32:50Eh bien, c'est vrai que j'ai habitué
00:32:53le public ces dernières années
00:32:55à travers mes derniers ouvrages
00:32:56à finalement faire une critique
00:32:58des textes sacrés
00:32:59de mon ancienne religion,
00:33:01l'islam,
00:33:02parce que je souhaitais démontrer
00:33:04à la société française
00:33:05que l'islam est incompatible
00:33:07avec les libertés,
00:33:09les lois occidentales,
00:33:11les modes de vie occidentaux.
00:33:13Et c'est vrai que j'ai commencé
00:33:14à faire ce travail il y a dix ans.
00:33:16J'ai été un des premiers ex-musulmans
00:33:18qui ont osé montrer leur visage
00:33:21médiatiquement et faire une critique
00:33:22des textes sacrés islamiques.
00:33:23Absolument.
00:33:24Parce que, en fait,
00:33:25je trouvais anormal
00:33:27que dans la France
00:33:28dans laquelle j'étais né,
00:33:29France, pays européen,
00:33:31pays de liberté d'expression,
00:33:32pays des lumières
00:33:34aux racines chrétiennes
00:33:35et aujourd'hui laïques,
00:33:36il y ait cette espèce
00:33:37d'omerta sociale et intellectuelle
00:33:39qui vous extrême-droitise
00:33:41si jamais vous voulez
00:33:42critiquer l'islam publiquement.
00:33:43Et je ne parle même pas
00:33:44des risques, effectivement.
00:33:45Et du coup, voilà,
00:33:47j'ai eu l'idée
00:33:47d'écrire ce livre
00:33:48parce qu'en fait,
00:33:50finalement,
00:33:50depuis ces dernières années
00:33:51de militantisme,
00:33:52j'ai habitué les gens
00:33:53à raconter ce que l'ex-musulman
00:33:54que je suis à présent
00:33:55pense de l'islam
00:33:56mais je n'avais jamais raconté
00:33:57jusqu'alors
00:33:58quel type de musulman
00:33:59j'avais été
00:34:00dans mon enfance,
00:34:00effectivement.
00:34:02Ce livre
00:34:02semble être écrit,
00:34:04être le récit
00:34:05d'un décalage,
00:34:06d'une sorte de malaise
00:34:08identitaire permanent
00:34:09entre ces deux cultures,
00:34:11occidentales et islamiques.
00:34:12Et je me rappelle,
00:34:12lorsque vous étiez venu ici,
00:34:13vous nous aviez révélé
00:34:15justement ce malaise identitaire,
00:34:17on en avait parlé
00:34:17dans lesquels vous avez grandi,
00:34:19quel genre de croyant
00:34:21à la fois musulman
00:34:22et occidentalisé
00:34:23étiez-vous
00:34:24avant vos 18 ans ?
00:34:27Effectivement,
00:34:28en fait,
00:34:29j'ai eu de la chance
00:34:30parce que, bon,
00:34:31déjà comme 99%
00:34:32des musulmans
00:34:33dans le monde,
00:34:33même pas seulement en France,
00:34:35j'ai d'abord cru
00:34:36en l'islam et en Allah
00:34:37tout simplement
00:34:38parce que par éducation familiale,
00:34:40donc par endoctrinement
00:34:41depuis l'enfance,
00:34:42mais de 0 à 8 ans,
00:34:44avant que je mette
00:34:44un premier orteil
00:34:46sur une moquette
00:34:47de mosquée,
00:34:49j'ai eu de la chance
00:34:50parce que je n'avais
00:34:50jamais réellement reçu
00:34:52d'éducation théologique
00:34:53à l'islam.
00:34:54Or,
00:34:54de 0 à 8 ans,
00:34:55un enfant,
00:34:56il va construire
00:34:56les bases de sa personnalité
00:34:58pratiquement jusque
00:34:58dans le restant de sa vie,
00:34:59en tout cas,
00:35:00les bases fondamentales
00:35:01et on ne m'avait jamais
00:35:02trop parlé
00:35:03d'enfer,
00:35:04de paradis,
00:35:05de mécréants,
00:35:06si bien que je n'avais pas
00:35:06un monde binaire
00:35:07et manichéen en tête
00:35:08et je peux vraiment
00:35:09certifier que de 0 à 8 ans,
00:35:10c'est ma bonne intégration
00:35:12à la France
00:35:12qui a développé
00:35:13ma personnalité occidentale
00:35:14entre mes professeurs
00:35:15à l'école,
00:35:16entre les livres
00:35:16de la bibliothèque,
00:35:17entre les programmes
00:35:18de la télévision,
00:35:19si bien qu'en fait
00:35:20j'étais armé psychologiquement
00:35:21comme un parfait enfant
00:35:22occidental
00:35:23qui avait développé
00:35:25le doute,
00:35:25l'esprit critique,
00:35:27qui avait développé aussi
00:35:28tout simplement
00:35:28la liberté individuelle,
00:35:29l'idée de penser
00:35:30par soi-même
00:35:31et pas être un mouton
00:35:31suiviste
00:35:32et peut-être que
00:35:33quand j'ai commencé
00:35:34à découvrir la mosquée
00:35:35avec d'autres enfants
00:35:36dans des cours de religion
00:35:37et bien peut-être
00:35:37qu'en fait
00:35:38j'ai pu plus facilement
00:35:40m'indigner du contenu
00:35:41que me transmettait
00:35:43peut-être l'imam
00:35:43parmi les autres enfants
00:35:44justement grâce
00:35:45à cette personnalité
00:35:46occidentale.
00:35:47C'est intéressant
00:35:48parce que vous racontez
00:35:49dans votre livre
00:35:50ce premier contact
00:35:51avec la mosquée
00:35:53à l'âge de 8 ans
00:35:54que vous avez vécu
00:35:55comme un traumatisme,
00:35:56c'est intéressant
00:35:57quand même,
00:35:58que vous ayez vécu
00:35:58ce contact,
00:35:59premier contact
00:36:00avec la mosquée
00:36:00comme un traumatisme
00:36:02alors qu'à l'école
00:36:03on vous enseignait
00:36:04l'école publique
00:36:05la laïcité
00:36:06à la française
00:36:07pourquoi ça a été
00:36:08un tel choc
00:36:08à 8 ans ?
00:36:09C'est le contraste
00:36:10entre ces deux univers
00:36:11c'est-à-dire que
00:36:12quand du jour au lendemain
00:36:12même si c'était
00:36:13quelques heures par semaine
00:36:14je vais à la mosquée
00:36:15qui est une contre-école
00:36:16par rapport à l'école publique
00:36:17laïque
00:36:18déjà le premier choc
00:36:19c'est parce que
00:36:20tous les loisirs occidentaux
00:36:22que j'avais appris
00:36:22de 0 à 8 ans
00:36:23je raconte bien ça
00:36:24dans mon livre
00:36:25à savoir
00:36:26aimer des loisirs simples
00:36:28pour enfants
00:36:28c'est-à-dire par exemple
00:36:31pardon ?
00:36:32je dis à la régie
00:36:33de remontrer votre livre
00:36:34pendant que vous parlez
00:36:36en tout cas
00:36:36les loisirs
00:36:37que j'avais appris
00:36:38à aimer moi
00:36:38dans mon enfance
00:36:39par exemple
00:36:40tout bête
00:36:41des instruments de musique
00:36:42les films du cinéma
00:36:43les peintures
00:36:44les statues au musée
00:36:45les fêtes d'anniversaire
00:36:47la mixité garçon-fille
00:36:48quand j'arrive à la mosquée
00:36:49et que cet imam
00:36:50nous explique
00:36:51en plus un imam
00:36:52qui venait du Maghreb
00:36:54et qui venait
00:36:55avec ses méthodes
00:36:55rudes et rudimentaires
00:36:56puisqu'il avait également
00:36:57des bâtons pour nous frapper
00:36:58c'était le contexte
00:36:59des années 90
00:36:59il nous explique
00:37:00que tous les loisirs occidentaux
00:37:02qu'on a appris à aimer
00:37:02instruments de musique
00:37:04représentation picturale
00:37:05sous forme de peinture
00:37:06de statues
00:37:07mixité garçon-fille
00:37:08même si c'est un spectacle
00:37:10du genre
00:37:11un film hollywoodien
00:37:12qui présente une fille
00:37:13dévoilée à un garçon
00:37:14qui se parle
00:37:15les anniversaires
00:37:16tout ça s'est pêché
00:37:17dans l'islam
00:37:17et il avait raison
00:37:18d'ailleurs du point de vue
00:37:19des lois rigides
00:37:19de la religion islamique
00:37:21donc c'est un premier choc
00:37:22déjà effectivement
00:37:22intellectuel et moral
00:37:24et aussi peut-être
00:37:24un choc un peu esthétique
00:37:26quelque part
00:37:26puisque moi j'avais l'habitude
00:37:27de l'école primaire française
00:37:29technologique moderne
00:37:30on a des tables
00:37:31des chaises
00:37:32il y a un rétroprojecteur
00:37:33qui diffuse des films
00:37:34sur le tableau
00:37:35on a des ardoises
00:37:36on a des microscopes
00:37:37on a des petits appareils
00:37:39technologiques
00:37:39sur les côtés
00:37:40on a une bibliothèque
00:37:41avec des livres
00:37:41avec des images
00:37:42qui nous instruisent
00:37:43et à la fois nous divertissent
00:37:44si je puis dire
00:37:45en tant qu'enfant
00:37:45et quand du jour au lendemain
00:37:47je vais à la mosquée
00:37:48déjà on me met une jellabat
00:37:49sur le dos
00:37:49j'avais pas trop de souvenirs
00:37:50de vacances en Algérie
00:37:52par le passé
00:37:53j'avais déjà vu ça
00:37:54dans des reportages
00:37:54où c'est certaines personnes
00:37:55d'extérieur
00:37:56mais la première fois
00:37:56qu'on m'en met une
00:37:57j'avais l'impression
00:37:58que c'était un déguisement
00:37:59quasiment
00:37:59on est déchaussé
00:38:00assis à même le sol
00:38:01sur un tapis
00:38:02une nuée d'enfants
00:38:03à vos souhaits
00:38:06devant l'imam
00:38:07j'avais l'impression
00:38:07que c'était presque
00:38:08un groupe de hippies
00:38:09quelque part
00:38:10et en plus cet imam
00:38:12qui nous menaçait
00:38:13avec un bâton
00:38:13effectivement
00:38:14si on répondait pas bien
00:38:15aux questions
00:38:15on avait pas de livres
00:38:16avec des images
00:38:17on avait des livres
00:38:17écrits aussi petits
00:38:19que le code civil
00:38:19pour adultes
00:38:20c'était très austère
00:38:21et en fait
00:38:22quand je suis plongé
00:38:22dans cette mosquée
00:38:23un peu du jour au lendemain
00:38:24pour ces cours
00:38:25d'initiation à la religion
00:38:26parmi d'autres enfants
00:38:27j'avais l'impression
00:38:28d'un côté rétrograde
00:38:29d'un côté retour en arrière
00:38:31et j'étais plongé
00:38:32presque dans le décor
00:38:33de tous ces reportages
00:38:36que j'avais eu l'habitude
00:38:36de voir à la télé
00:38:37sur les écoles du tiers-monde
00:38:38vous savez
00:38:38avec les enfants
00:38:39assis à même le sol
00:38:40vêtus de
00:38:41comme on dit
00:38:42de boubous
00:38:42de pagnes
00:38:43de vêtements rudimentaires
00:38:44il y avait un côté
00:38:45passéiste
00:38:46voilà même dans l'esthétique
00:38:47en elle-même
00:38:48et je vous parle même pas
00:38:49effectivement du savoir
00:38:50qui nous était transmis
00:38:51qui était absurde
00:38:53et qui me paraissait inutile
00:38:54de part
00:38:55encore une fois
00:38:55ma personnalité
00:38:59très occidentalisée
00:38:59qui était soucieuse
00:39:00de la science
00:39:01soucieuse de l'idée
00:39:02de preuve
00:39:02soucieuse de plein
00:39:04de valeurs morales
00:39:05et la mosquée
00:39:06nous enseignait
00:39:07le total contraire
00:39:08on en saurait
00:39:09mais c'est votre vie
00:39:10qui est en jeu
00:39:11on en saurait
00:39:12mais lorsque vous avez
00:39:13quitté le plateau
00:39:14la dernière fois
00:39:14vous avez eu aussi
00:39:15des menaces de mort
00:39:16c'est à dire que
00:39:17on en parle avec légèreté
00:39:19mais c'est un sujet
00:39:20qui devient
00:39:21un sujet de vie
00:39:22ou de mort
00:39:22pourquoi lorsque vous étiez
00:39:24un enfant différent
00:39:26vous pensez
00:39:28que vous étiez
00:39:29un enfant différent
00:39:30lorsque vous étiez
00:39:31dans la communauté islamique
00:39:32pourquoi ?
00:39:33déjà j'ai toujours eu
00:39:34un sentiment
00:39:35je le raconte dans ce livre
00:39:36un petit peu
00:39:37un sentiment de solitude
00:39:38parmi les musulmans
00:39:39c'est vrai
00:39:40je ne pensais jamais
00:39:41comme la plupart
00:39:42des musulmans
00:39:43autour de moi
00:39:43et même je leur enviais
00:39:45parfois cette forme
00:39:46d'insouciance
00:39:48à croire en des règles
00:39:50à appliquer des règles
00:39:51sans trop se poser de questions
00:39:52moi j'étais le gamin
00:39:53un peu bizarre
00:39:53qui pose des questions
00:39:54à l'imam
00:39:55j'étais celui
00:39:56qui veut chercher
00:39:56à comprendre
00:39:57ce qu'on lui demandait
00:39:58seulement d'apprendre
00:39:59de restituer
00:40:00par coeur
00:40:00sans trop réfléchir
00:40:03et effectivement
00:40:04jusqu'à un certain point
00:40:05j'étais capable
00:40:05d'appliquer des règles islamiques
00:40:07que la plupart d'entre vous connaissent
00:40:09croire en un seul Dieu
00:40:10ne pas manger de porc
00:40:11faire le ramadan
00:40:12faire la prière
00:40:12pourquoi ?
00:40:13parce que toutes ces règles
00:40:14finalement sont à peu près
00:40:15compatibles
00:40:15avec l'humanisme
00:40:16des lois occidentales
00:40:18vis-à-vis desquelles
00:40:19croire en un seul Dieu
00:40:20c'est juste une activité
00:40:21de l'esprit
00:40:21ça n'a pas de conséquences
00:40:22matérielles dans le monde
00:40:24ne pas manger de porc
00:40:25c'est comme une allergie
00:40:26alimentaire sélective
00:40:27le ramadan
00:40:28c'est comme un jeûne intermittent
00:40:29un mois dans l'année
00:40:30et les cinq prières par jour
00:40:32c'est comme du stretching
00:40:33sur tapis
00:40:34en djellaba
00:40:35sur cinq séances quotidiennes
00:40:36mais quand l'imam
00:40:39nous demande
00:40:39d'appliquer d'autres règles
00:40:41complètement absurdes
00:40:42dans l'islam
00:40:42et j'en raconte vraiment
00:40:43pas mal dans ce livre
00:40:44ne serait-ce que par exemple
00:40:45l'interdiction de boire debout
00:40:47sinon il faut vomir
00:40:48tout ça c'est des ordres
00:40:49du prophète Mohamed
00:40:49mais que la plupart d'entre vous
00:40:50ignorent totalement
00:40:51l'interdiction de boire
00:40:52un verre d'eau
00:40:53aussi petit soit-il
00:40:54en une seule fois
00:40:54il faut décoller deux fois
00:40:56ses lèvres du verre
00:40:57donc boire en trois fois
00:40:58pas en deux fois
00:40:58ni en quatre fois
00:40:59c'est par raisonnement circulaire
00:41:01le prophète Mohamed l'a dit
00:41:02donc il faut le faire
00:41:03parce que le prophète Mohamed l'a dit
00:41:04quand vous vous chaussez
00:41:05vous mettez d'abord
00:41:06votre chaussure droite
00:41:06puis votre chaussure gauche
00:41:07par contre
00:41:08quand vous vous déchaussez
00:41:09vous enlevez d'abord
00:41:10la chaussure gauche
00:41:10puis la chaussure droite
00:41:11et moi je faisais partie
00:41:12des gamins
00:41:13qui avaient une résistance
00:41:14psychologique
00:41:14parce que j'avais été éduqué
00:41:16justement à l'occidentale
00:41:17vous faisiez partie
00:41:20des gamins qui résistaient
00:41:22il n'empêche que
00:41:23c'est un point de vue fascinant
00:41:25dans votre livre
00:41:27c'est en voulant
00:41:27devenir meilleur musulman
00:41:29que finalement
00:41:30vous avez quitté l'islam
00:41:32oui effectivement
00:41:34il y a un moment donné
00:41:35dans ma vie
00:41:36où j'ai voulu
00:41:38davantage m'intéresser
00:41:39au texte sacré islamique
00:41:41durant mon adolescence
00:41:42parce qu'en fait
00:41:44je voulais être
00:41:45un musulman
00:41:46peut-être un peu plus
00:41:47accompli
00:41:48assidu
00:41:49cohérent
00:41:50et aussi il y a eu
00:41:50le contexte des attentats
00:41:51du 11 septembre 2001
00:41:53du jour au lendemain
00:41:54ma religion d'alors
00:41:55était devenue
00:41:56la religion violente
00:41:57la religion qui fait peur
00:41:58la religion
00:41:59de terrorisme
00:42:00et je voulais vérifier
00:42:01par moi-même
00:42:02à la fois à travers
00:42:03des études historiques
00:42:04et théologiques
00:42:04mais aussi
00:42:05tout simplement
00:42:06en étudiant entièrement
00:42:07le Coran
00:42:08dans une approche différente
00:42:09de l'approche partielle
00:42:11que j'avais eu jusqu'alors
00:42:12dans un but purement cultuel
00:42:13et je me suis rendu compte
00:42:14en étudiant entièrement
00:42:15les textes sacrés islamiques
00:42:17qu'en réalité
00:42:18l'islam validait
00:42:19les pires lois possibles
00:42:20à savoir
00:42:21l'esclavage
00:42:22le mariage
00:42:23des petites filles impubères
00:42:24la violence conjugale
00:42:25envers les épouses
00:42:26désobéissantes
00:42:27envers leur mari
00:42:27le viol de captifs
00:42:28de guerre
00:42:29l'interdiction de croire
00:42:30en d'autres religions
00:42:31et j'ai été cohérent
00:42:33dans ma démarche
00:42:33parce qu'en fait
00:42:33je suis parti d'un principe
00:42:34tu prends tous tes textes religieux
00:42:36ou t'en prends aucun
00:42:38mais il y a trop de musulmans
00:42:39aujourd'hui
00:42:40dans le monde
00:42:40selon moi
00:42:41qui sont des musulmans
00:42:41à la carte
00:42:42qui ne prennent
00:42:43que les seuls textes
00:42:44qui les arrangent
00:42:44et tous les textes
00:42:45violents d'Allah
00:42:45et du prophète Mohamed
00:42:46ils n'en veulent pas
00:42:47ils les écartent
00:42:48d'un revers de la main
00:42:48et moi c'est une attitude
00:42:49que je n'avais pas
00:42:50et dans cette forme de cohérence
00:42:51du coup j'ai quitté
00:42:52l'islam
00:42:52c'est hérétique en tout cas
00:42:54dans le cadre de l'islam
00:42:55si on ne respecte pas
00:42:56tous les textes
00:42:56c'est hérétique
00:42:57ah oui on est condamné
00:42:58même à mort
00:42:58dans les hadiths
00:42:59du prophète Mohamed
00:43:00c'est décrit ainsi
00:43:01effectivement
00:43:02dernière question
00:43:04donc on a bien compris
00:43:05comment l'étude
00:43:07des textes sacrés
00:43:08de l'islam
00:43:09ont agi
00:43:09comme un déclic
00:43:10mais dernière question
00:43:12vous portez un regard
00:43:13très critique
00:43:13sur le concept
00:43:14de multiculturalisme
00:43:16est-ce que pour vous
00:43:17l'occident
00:43:18et l'islam
00:43:19vous connaissez
00:43:20très bien les textes
00:43:21sont vraiment
00:43:23irréconciliables
00:43:23alors le multiculturalisme
00:43:25entre des cultures
00:43:26qui ont des troncs communs
00:43:28et qui se respectent
00:43:29un minimum
00:43:29ça peut aller
00:43:30mais effectivement
00:43:32dans mon travail
00:43:33dans tous mes ouvrages
00:43:34précédents
00:43:34où je fais une analyse
00:43:36méthodique
00:43:36de tous les textes
00:43:37sacrés islamiques
00:43:38je confirme
00:43:39qu'effectivement
00:43:39l'islam est une religion
00:43:40violente et liberticide
00:43:41qui n'est absolument
00:43:42pas compatible
00:43:43avec nos modes de vie
00:43:44avec nos lois
00:43:45et depuis tout petit
00:43:46j'ai eu l'habitude
00:43:46de voir des musulmans
00:43:47invités sur des plateaux télé
00:43:48qui sont présentés
00:43:49comme des musulmans
00:43:50bien intégrés
00:43:51des musulmans
00:43:52mais en fait
00:43:53aussi bien intégrés
00:43:54soient-ils
00:43:54déjà j'avais remarqué
00:43:55que le point commun
00:43:56c'est que c'était
00:43:57des musulmans
00:43:57souvent qui ne brillaient
00:43:58pas en société
00:43:59pour leur application
00:44:00de l'islam
00:44:01ils étaient invités
00:44:02sur les plateaux télé
00:44:02pour célébrer
00:44:03leurs exploits sportifs
00:44:04culturels, artistiques
00:44:05ou scientifiques
00:44:07et même
00:44:07j'ai envie de dire
00:44:08presque
00:44:08ils tenaient souvent
00:44:09des discours
00:44:10contraires à l'islam
00:44:11quand ils demandaient
00:44:12par exemple
00:44:12de respecter
00:44:12la liberté de croyance
00:44:14ou les autres religions
00:44:14ce qu'Allah ne veut pas
00:44:16et ce que je voudrais
00:44:16simplement dire
00:44:17c'est que
00:44:17c'est pas aux musulmans
00:44:19aussi pacifistes soient-ils
00:44:20et nuls n'en doutent
00:44:21qu'il y en a
00:44:21qui existent en France
00:44:22et qui sont bien intégrés
00:44:23c'est pas eux
00:44:24de définir ce que l'islam
00:44:25est ou n'est pas
00:44:25c'est Allah qui définit
00:44:27dans le Coran
00:44:28en premier
00:44:28en tout cas
00:44:29ce que l'islam
00:44:29est ou n'est pas
00:44:30et moi
00:44:31une religion
00:44:31qui
00:44:32je donne juste
00:44:32un ou deux exemples
00:44:33à peine
00:44:34qui valide par exemple
00:44:34la violence conjugale
00:44:36contre les épouses
00:44:36des obéissantes
00:44:37surat 4 verset 34
00:44:38ou qui interdit
00:44:40la liberté de conscience
00:44:41de croire en une autre religion
00:44:42surat 4 verset 56
00:44:44surat 48 verset 13
00:44:45rien que ça
00:44:46pour moi
00:44:47ça discrédite définitivement
00:44:48l'islam
00:44:49désolé de casser
00:44:49un peu l'ambiance
00:44:50avec ce constat
00:44:51un peu choc
00:44:52mais en réalité
00:44:53voilà
00:44:54c'est la thèse
00:44:55que je défends
00:44:56et surtout encore une fois
00:44:57moi j'ai commencé mon travail
00:44:58il y a maintenant 10 ans
00:44:59parce que mon objectif
00:44:59c'est de faire vivre
00:45:01cette critique de l'islam
00:45:02dans le débat public
00:45:03même les musulmans eux-mêmes
00:45:04qui n'ont été habitués
00:45:06que dans les années 90
00:45:06avant internet
00:45:07que d'un point de vue
00:45:08comment dire
00:45:09d'apologie d'islam
00:45:10entre leur famille
00:45:11leur quartier
00:45:11leur mosquée
00:45:12ils ont droit d'entendre
00:45:13un point de vue critique
00:45:13c'est ce que je m'évertue
00:45:15à essayer de faire
00:45:16depuis des années
00:45:17et c'est d'ailleurs
00:45:17ma devise que j'ai
00:45:18depuis des années
00:45:19je l'ai toujours dit
00:45:19aussi longtemps
00:45:21qu'il sera dangereux
00:45:21de critiquer l'islam
00:45:22il sera nécessaire
00:45:23de critiquer l'islam
00:45:24le jour où ce sera plus dangereux
00:45:25ce sera un simple loisir
00:45:27il n'y a pas de soucis
00:45:28je passerai peut-être
00:45:28à autre chose
00:45:29mais pour l'instant
00:45:30si c'est dangereux
00:45:31c'est nécessaire
00:45:31c'est ma devise
00:45:32c'est votre premier livre
00:45:34c'est mon quatrième livre
00:45:35votre quatrième
00:45:36c'est le premier
00:45:37un peu du genre
00:45:38c'est la première fois
00:45:39que je me raconte
00:45:40un petit peu personnellement
00:45:41vous racontez votre vie
00:45:43Majid Oukacha
00:45:44merci infiniment
00:45:45d'avoir bravé
00:45:46les menaces de mort
00:45:47d'avoir bravé
00:45:48merci pour votre courage
00:45:49pour la première fois
00:45:51vous vous racontez
00:45:52votre enfance
00:45:53pourquoi vous avez quitté l'islam
00:45:55vous osez le dire
00:45:57et puis on partage
00:45:58avec vous
00:45:59en tout cas
00:45:59les questions
00:46:00qu'on peut se poser
00:46:01au quotidien
00:46:02dans notre société occidentale
00:46:04par rapport à l'islam
00:46:05merci encore
00:46:06pour votre édition
00:46:07merci pour votre invitation
00:46:07merci à tous
00:46:08merci
00:46:09et bonne chance
00:46:10pour votre livre
00:46:11qui sort aujourd'hui
00:46:12effectivement
00:46:13merci infiniment
00:46:14on continue avec vous
00:46:16Charlotte
00:46:16si vous voulez rester avec nous
00:46:17ou bien vous êtes libre
00:46:18de partir
00:46:19c'est comme vous
00:46:20c'est quoi le sujet
00:46:21alors restez
00:46:22vous le serez
00:46:24restez
00:46:24vous le serez
00:46:25parce qu'on va partir
00:46:26sur la guerre en Iran
00:46:28le front de la guerre en Iran
00:46:30finalement
00:46:30Charlotte Ornella
00:46:31c'est une forme de
00:46:32statu quo
00:46:33que l'on voit
00:46:34en ce moment
00:46:35entre
00:46:36guerre et paix
00:46:37que Donald Trump
00:46:38a prononcé
00:46:39unilatéralement hier
00:46:40alors
00:46:40il espère
00:46:41une reprise des négociations
00:46:43vendredi
00:46:43mais où en est-on
00:46:44à l'heure qu'il est
00:46:46alors
00:46:46à l'heure qu'il est
00:46:47c'est-à-dire dans 5 minutes
00:46:49je ne sais pas
00:46:49mais en tout cas
00:46:50il y a 5 minutes
00:46:52non mais
00:46:53les deux pays
00:46:54on s'est quitté hier soir
00:46:55on a vu
00:46:57comment dire
00:46:57l'évolution
00:46:58des positionnements
00:47:00de l'Iran
00:47:00et des Etats-Unis
00:47:01les deux pays
00:47:02s'étaient à nouveau
00:47:02promis l'enfer hier
00:47:04après toute une période
00:47:05d'attentisme
00:47:06qui viendra
00:47:07qui ne viendra pas
00:47:08au Pakistan
00:47:09pour reprendre
00:47:11cette salve
00:47:11de négociations
00:47:12ils ont laissé
00:47:13planer le doute
00:47:14c'est le moins qu'on puisse dire
00:47:15sur la reprise
00:47:15des négociations directes
00:47:17avant que les délégations
00:47:18finissent par annoncer
00:47:19ne pas se rendre au Pakistan
00:47:20mais hier c'était un peu lunaire
00:47:21quand même
00:47:21on disait
00:47:22J.D. Evans
00:47:23est-ce qu'il est dans l'avion
00:47:23est-ce qu'il est ou pas dans l'avion
00:47:25les Iraniens
00:47:26mettent moins de temps
00:47:27on se pose des questions
00:47:28et finalement
00:47:28personne n'est parti
00:47:30au Pakistan
00:47:30alors la première chose
00:47:32quand même
00:47:32et à mon avis
00:47:32qui nécessite une immense prudence
00:47:34c'est qu'on comprend
00:47:35quand même
00:47:35par les réactions
00:47:36des uns et des autres
00:47:37que nous ne savons pas
00:47:37grand chose
00:47:38de l'état des négociations
00:47:39c'est évidemment
00:47:40le Pakistan
00:47:40qui est à la manœuvre
00:47:41le Pakistan qui se déplace
00:47:43ce qui a été en Iran
00:47:44il y a quelques temps
00:47:45et par les réactions
00:47:46des uns et des autres
00:47:47ne serait-ce que
00:47:48le comportement
00:47:49dans le détroit d'Hormuz
00:47:50on sait qu'on ne sait pas tout
00:47:52au minimum
00:47:53ce qui nécessite
00:47:54évidemment de rester prudent
00:47:55mais de ce que l'on sait
00:47:57l'Iran a finalement renoncé
00:47:59jugeant que les Etats-Unis
00:47:59avaient des exigences
00:48:01impossibles à accepter
00:48:02et considérant
00:48:03le blocus naval
00:48:04vous savez
00:48:04le blocus du blocus
00:48:06imposé
00:48:07comme une violation
00:48:08du cessez-le-feu
00:48:08qui avait été conclu
00:48:10entre les deux pays
00:48:10donc la levée
00:48:12de ce blocus
00:48:12était réclamée par l'Iran
00:48:13ainsi que la levée
00:48:15des sanctions
00:48:15et un cessez-le-feu
00:48:16total et réel
00:48:17au Liban
00:48:18qui a été remis
00:48:19comme une condition
00:48:20à l'inverse
00:48:21les Etats-Unis
00:48:21ont renoncé
00:48:22faute d'interlocuteurs
00:48:23ils ont expliqué
00:48:24que Gidevans
00:48:24n'était pas parti
00:48:25parce que l'Iran
00:48:26n'était pas arrivé
00:48:28aux négociations
00:48:29mais ils ont également
00:48:30renoncé à leur
00:48:30énième ultimatum
00:48:32concernant les ponts
00:48:33et les centrales électriques
00:48:35dimanche
00:48:35Donald Trump
00:48:36reparlait à nouveau
00:48:37de cet ultimatum
00:48:38qui avait
00:48:38souvenez-vous
00:48:39avant le premier
00:48:41cessez-le-feu
00:48:42on va dire
00:48:42il promettait
00:48:43de détruire
00:48:43la civilisation
00:48:44ce qui avait rendu
00:48:45Mathieu
00:48:45complètement fou
00:48:46Donald Trump
00:48:47avait finalement
00:48:48prolongé
00:48:49le cessez-le-feu
00:48:50enfin avait prononcé
00:48:51le cessez-le-feu
00:48:51il l'a également
00:48:52prolongé hier
00:48:53expliquant
00:48:54attendre
00:48:54je cite
00:48:55une proposition
00:48:55unifiée
00:48:56des autorités iraniennes
00:48:57et insistant
00:48:58de son côté
00:48:58sur l'état
00:49:00de division
00:49:01au sein
00:49:02de l'Iran
00:49:02alors non seulement
00:49:04enfin on découvre pas
00:49:05aujourd'hui
00:49:06et j'espère
00:49:07que les américains
00:49:08non plus
00:49:09que les iraniens
00:49:10sont durs en négociation
00:49:11les européens avaient obtenu
00:49:12un accord au bout de 5 ans
00:49:13de négociation
00:49:13et sans guerre
00:49:16mais en général
00:49:17et ce que l'on sait
00:49:18des personnes
00:49:18qui ont négocié
00:49:19avec les iraniens
00:49:20c'est que le guide suprême
00:49:21jusqu'à maintenant
00:49:21tranchait
00:49:22entre différentes visions
00:49:23il y a beaucoup de personnes
00:49:25qui connaissent très bien
00:49:26les rangs
00:49:26qui expliquent que c'est des visions
00:49:28différentes et stratégiques
00:49:29plus que de véritables divisions
00:49:31aujourd'hui au sein du commandement
00:49:32moi je n'en sais rien
00:49:33je ne sais pas quel est l'état
00:49:34des forces en présence
00:49:36mais je vous dis ça
00:49:37parce qu'aujourd'hui
00:49:38évidemment le guide suprême
00:49:39n'a pas l'air des informations
00:49:41que l'on a en état
00:49:42de trancher
00:49:43en effet ces discussions
00:49:44est-ce que c'est ça
00:49:45ou est-ce que c'est un véritable désaccord
00:49:47on ne le sait pas
00:49:48aujourd'hui
00:49:49il y a donc un cessez-le-feu
00:49:50qui semble tenir
00:49:51depuis hier
00:49:52même s'il y a des accusations
00:49:53réciproques
00:49:54ici et là
00:49:55mais il reste
00:49:56le blocus du détroit d'Hormuz
00:49:57d'un côté
00:49:58et des ports iraniens
00:49:59de l'autre
00:49:59chacun remarquait
00:50:01avant
00:50:02l'arrivée éventuelle
00:50:03des négociateurs
00:50:06en Iran
00:50:06qu'aucun des deux camps
00:50:07n'avait réellement intérêt
00:50:09à la reprise des combats
00:50:12avant la négociation
00:50:13c'est toujours vrai
00:50:14mais personne n'a véritablement
00:50:16intérêt non plus
00:50:16à ce statut quo
00:50:17qui risque pourtant
00:50:18de se prolonger
00:50:19car aucun des deux
00:50:21n'est prêt
00:50:21à signer
00:50:22n'importe quel accord
00:50:23c'est ce qui apparaît
00:50:24de manière évidente
00:50:25depuis hier
00:50:26ni les Etats-Unis
00:50:27ni l'Iran
00:50:28ne sont prêts
00:50:28à signer
00:50:29le premier accord
00:50:29qui passe
00:50:34vous aurez le mot
00:50:34de la fin de l'émission
00:50:35dans un instant
00:50:36réfléchissez à une petite
00:50:37phrase de fin
00:50:38Charlotte Donner
00:50:39si aucun des deux
00:50:40n'a intérêt à cette situation
00:50:41que faut-il en attendre
00:50:43dans les prochains jours ?
00:50:45Honnêtement
00:50:45ce cessez-le-feu
00:50:46ne nous l'indique pas
00:50:47clairement
00:50:47qu'est-ce qui va se passer
00:50:48dans les prochains jours
00:50:49on ne le sait pas
00:50:49mais on peut essayer
00:50:50de comprendre
00:50:51avec toujours
00:50:52beaucoup de prudence
00:50:53pourquoi ce cessez-le-feu
00:50:54est accepté malgré tout
00:50:55pourquoi il est prononcé
00:50:56par Donald Trump
00:50:56et pourquoi il est
00:50:57malgré tout respecté
00:50:59c'est le jeu de la patience
00:50:59dans une guerre d'usure
00:51:00évidente
00:51:01mais ce qui est
00:51:02un peu original
00:51:03depuis hier
00:51:03c'est que la guerre d'usure
00:51:04est voulue par les deux parties
00:51:05ce qui est en général
00:51:07pas le cas
00:51:08du côté iranien
00:51:09le chef de la diplomatie
00:51:10a expliqué
00:51:10le ministre des affaires étrangères
00:51:12que je cite
00:51:12l'Iran sait comment
00:51:13neutraliser les restrictions
00:51:14défendre ses intérêts
00:51:15et résister aux intimidations
00:51:17on en avait déjà parlé
00:51:19évidemment
00:51:19les iraniens
00:51:20alors le gouvernement
00:51:21évidemment
00:51:22le régime iranien
00:51:22évidemment
00:51:23mais même la population
00:51:24en effet
00:51:25est beaucoup plus patiente
00:51:26devant les restrictions
00:51:27ça fait 47 ans
00:51:28qui vivent
00:51:28sous sanctions
00:51:29plus ou moins
00:51:31drastiques
00:51:32mais les Etats-Unis
00:51:33sont persuadés
00:51:34et ça c'est sorti
00:51:34vraiment dans toute la presse
00:51:35avec les différentes visions
00:51:36dans la presse américaine
00:51:37que le blocus affaiblit
00:51:39considérablement
00:51:40l'économie iranienne
00:51:41aujourd'hui
00:51:41et que certes
00:51:43pendant la guerre
00:51:43la révolte n'existe pas
00:51:45mais qu'en effet
00:51:46le prolongement
00:51:46de cette crise économique
00:51:47pourrait affaiblir
00:51:48considérablement le régime
00:51:50notamment par le biais
00:51:51de sa population
00:51:52et il faut pour cela
00:51:53de la patience
00:51:54or du côté américain
00:51:55l'impatience existe
00:51:57depuis le premier jour
00:51:58de manière évidente
00:51:59dans la base américaine
00:52:01autour de Donald Trump
00:52:03et on voit les divisions
00:52:04apparaître
00:52:04notamment dans la presse
00:52:05ces derniers jours
00:52:06de manière un peu plus évidente
00:52:08et les Etats-Unis
00:52:09ne savent pas
00:52:10neutraliser les restrictions
00:52:12pour reprendre le mot iranien
00:52:13de la même manière
00:52:15ni les Etats-Unis
00:52:16ni le reste du monde occidental
00:52:17qui est touché
00:52:18évidemment
00:52:18par le blocus
00:52:19du détroit d'Hormuz
00:52:19qui a des conséquences mondiales
00:52:21difficiles à supporter
00:52:22on en parle tous les jours
00:52:23et même si Trump
00:52:25a affirmé hier
00:52:25avoir le temps
00:52:27son comportement
00:52:28depuis le début de la guerre
00:52:28prouve objectivement
00:52:29quotidiennement le contraire
00:52:31Donald Trump
00:52:32qui continue à affirmer
00:52:33que le régime a changé
00:52:34ou qu'il est à l'agonie
00:52:36économiquement
00:52:36extrêmement fragilisé
00:52:38est-ce qu'il faut le croire ?
00:52:39Sur le changement de régime
00:52:40c'est objectivement pas le cas
00:52:41Donald Trump
00:52:42nous a dit régulièrement
00:52:43il y a un changement de régime
00:52:44un affaiblissement
00:52:45la question peut se poser
00:52:46avec la prudence
00:52:48de gens qui n'ont pas accès
00:52:49directement à la situation
00:52:50en Iran
00:52:51le changement de régime
00:52:52il n'est pas effectif
00:52:52il y a un changement
00:52:53des têtes du régime
00:52:54mais du régime lui-même
00:52:55les Iraniens seraient dans la rue
00:52:57s'il y avait un changement de régime
00:52:58c'est à mon avis
00:52:59la meilleure preuve
00:53:00le journaliste du Figaro
00:53:01Georges Malbruno
00:53:03cite aujourd'hui
00:53:04une source à Téhéran
00:53:05qui affirme que l'Iran
00:53:06est dirigé depuis le début
00:53:07de la guerre
00:53:07par un conseil
00:53:08des commandants militaires
00:53:09d'une douzaine de membres
00:53:10avec une précision
00:53:12qui vous laisse imaginer
00:53:13la solidité quand même
00:53:14de ce régime
00:53:15chaque membre
00:53:16de ce conseil
00:53:17des commandants militaires
00:53:18qui gère la guerre
00:53:19depuis le premier jour
00:53:19ils ont chacun
00:53:21six successeurs
00:53:22qui sont prêts
00:53:23ils en ont six
00:53:24chacun
00:53:24à prendre le relais
00:53:25formé
00:53:26pour le poste
00:53:28qu'ils ont aujourd'hui
00:53:29il y a donc
00:53:30contrairement à ce que
00:53:31certains affirment
00:53:31une gestion en Iran
00:53:33rationnelle de la guerre
00:53:34ça fait un mois et demi
00:53:36que ça dure
00:53:37rationnelle
00:53:38ne veut pas dire
00:53:39bonne
00:53:39mais elle est rationnelle
00:53:41et il y aurait
00:53:42selon le renseignement américain
00:53:43cette fois-ci
00:53:43de grosses réserves
00:53:44notamment en munitions
00:53:45du côté iranien
00:53:46alors que la question
00:53:47se pose du côté
00:53:49américain
00:53:49avec une presse plus libre
00:53:51c'est peut-être aussi pour ça
00:53:52qu'on sait plus de choses
00:53:52du côté américain
00:53:53je le précise quand même
00:53:55ensuite se pose la question
00:53:56de la partie défiante
00:53:57de la population iranienne
00:53:58qui se repose à nouveau
00:53:59avec cette crise économique
00:54:00en gardant à l'esprit
00:54:02malgré tout
00:54:02qu'un régime se renforce
00:54:04nécessairement
00:54:04dans une guerre pareille
00:54:06surtout avec les deux ennemis
00:54:08qui sont présentés
00:54:09comme le petit
00:54:10et le grand Satan
00:54:11ce qui a un écho
00:54:12dans une partie
00:54:13de la population iranienne
00:54:14évidemment
00:54:14mais pour l'instant
00:54:16les Etats-Unis
00:54:16je vous le disais
00:54:17table sur la situation économique
00:54:18on parle beaucoup
00:54:20des vagues de licenciements
00:54:21en Iran
00:54:21en raison de la guerre
00:54:23aujourd'hui
00:54:23d'où la nécessité
00:54:24sans doute
00:54:25de la levée des sanctions
00:54:26qui est absolument
00:54:28imposée par le régime iranien
00:54:29dans les discussions
00:54:30mais les plus durs
00:54:32en Iran
00:54:32pourraient vouloir
00:54:33prolonger la guerre
00:54:34précisément parce qu'elle
00:54:35tue la contestation
00:54:36en interne
00:54:36et en même temps
00:54:37si je puis me permettre
00:54:38ils n'ont pas tellement
00:54:39intérêt à ce que ça dure
00:54:40puisque une fois
00:54:41la guerre terminée
00:54:42si la situation économique
00:54:43est plus catastrophique
00:54:44encore qu'elle l'était
00:54:45initialement
00:54:46les manifestations
00:54:47n'en seront que plus
00:54:48nombreuses
00:54:48puisque rappelons quand même
00:54:49que à l'origine
00:54:51les manifestations
00:54:52qui ont eu lieu en Iran
00:54:53l'étaient pour des raisons
00:54:53sociales et économiques
00:54:55en résumé
00:54:56le temps imposé
00:54:57dans cette situation
00:54:58ne joue pas forcément
00:54:59en faveur de l'Iran
00:55:00ni des Etats-Unis
00:55:00ce qui impose
00:55:02de facto
00:55:02un risque d'escalade
00:55:04intacte
00:55:04Avant la chronique
00:55:06coup de poing
00:55:06de Mathieu Beaucoté
00:55:07sur la passe d'armes
00:55:08entre Dominique de Villepin
00:55:10Éric Zemmour
00:55:10avant le mot de la fin
00:55:11de notre invité vedette
00:55:13Majid Oukacha
00:55:14pour son livre
00:55:16qui je pense
00:55:17plaira beaucoup
00:55:18ce que je détestais
00:55:19dans l'islam
00:55:20quand j'étais musulman
00:55:21en tout cas
00:55:21et qui plaira à certains
00:55:22pas à d'autres
00:55:23bien évidemment
00:55:24avant d'avoir
00:55:25votre mot de la fin
00:55:26rappelons ce soldat
00:55:28qui a été tué
00:55:29ce deuxième soldat français
00:55:30de la Finule
00:55:31qui a été tué
00:55:32avec ses réactions
00:55:33du chef de l'Etat
00:55:34Emmanuel Macron
00:55:35qui a déclaré
00:55:37qu'il est mort
00:55:38pour la France
00:55:38la nation
00:55:39qui rendra demain
00:55:40un hommage
00:55:41à l'adjudant
00:55:42Florian Montorio
00:55:43mortellement touché
00:55:44elle adresse également
00:55:45ses pensées
00:55:45les plus sincères
00:55:46et sa profonde compassion
00:55:47à la famille
00:55:48Bruno Rotaillot
00:55:49la France perd
00:55:50un deuxième soldat
00:55:52le caporal-chef
00:55:53Anissé Girardin
00:55:54blessé par des combattants
00:55:56du Hezbollah
00:55:57la France doit parler
00:55:58clair
00:55:59et agir
00:55:59exiger
00:56:00justice
00:56:01nous dit
00:56:02Bruno Rotaillot
00:56:03Marine Le Pen
00:56:04qui dit que la France
00:56:05pleinement engagée
00:56:06au sein de la Finule
00:56:07ne saurait tolérer
00:56:08la multiplication
00:56:09de telles attaques
00:56:10visant des soldats
00:56:11Jordan Bardella
00:56:13pour qui
00:56:14ces crimes de guerre
00:56:15ne devront pas
00:56:18rester impunis
00:56:19Fabien Roussel
00:56:20qui souligne
00:56:21que la France
00:56:22doit s'opposer
00:56:22fermement à Israël
00:56:24pour stopper
00:56:24cette guerre
00:56:25et construire
00:56:26la paix au Liban
00:56:26et Jean-Luc Mélenchon
00:56:28qui dit que la France
00:56:29doit autoriser
00:56:30la riposte
00:56:31de ses militaires
00:56:32quand ils sont
00:56:33agressés
00:56:34quel que soit
00:56:35l'agresseur
00:56:36voilà ce qu'on pouvait dire
00:56:38sur ce dossier international
00:56:40Mathieu Bocoté
00:56:40il est important
00:56:41de s'arrêter aussi
00:56:42sur la politique française
00:56:43et cette passe d'armes
00:56:44entre Dominique de Villepin
00:56:46et Éric Zemmour
00:56:47était passionnante
00:56:48d'ailleurs
00:56:49s'ils veulent venir
00:56:50débattre ici
00:56:51le plateau
00:56:52leur est dédié
00:56:53Dominique de Villepin
00:56:54a publié
00:56:55un petit texte
00:56:56pour venir
00:56:56sur la colonisation
00:56:58et la décolonisation
00:56:59texte auquel
00:57:01Éric Zemmour
00:57:01a répondu
00:57:02et cette querelle
00:57:03a une signification
00:57:05sur le cadre
00:57:06de la présidentielle
00:57:07à venir
00:57:07et texte auquel
00:57:08Villepin a répondu
00:57:09ensuite
00:57:09comme quoi
00:57:10il ne cesse
00:57:10c'est du ping-pong
00:57:11alors point de départ
00:57:12Dominique de Villepin
00:57:13tout occupé
00:57:14a occupé
00:57:15le créneau
00:57:15du macrono-mélenchonisme
00:57:17ce nouvelle doctrine
00:57:19intervient sur la question
00:57:20qui n'est pas si actuelle
00:57:21que celle de la colonisation
00:57:22et que dit-il
00:57:23je le cite
00:57:23et si l'Europe
00:57:25en colonisant le monde
00:57:26s'était aussi abîmée
00:57:27elle-même
00:57:28et si le travail
00:57:29de décolonisation
00:57:29commençait d'abord
00:57:30à l'intérieur
00:57:31dans notre regard
00:57:32dans nos mots
00:57:33dans nos habitudes
00:57:34de pensée
00:57:36très très neuf
00:57:37comme propos
00:57:37il ajoute
00:57:38en transformant
00:57:39les peuples en objets
00:57:40les terres en butins
00:57:41l'Europe s'est
00:57:42en sauvagée
00:57:43alors deux choses ici
00:57:45premièrement
00:57:46nous nous sommes
00:57:47abîmés
00:57:48dit-il
00:57:48très bien
00:57:49ensuite nous n'avons pas
00:57:50fini le travail
00:57:51d'autocritique
00:57:52je pose deux questions
00:57:53à cela
00:57:54est-ce que les arabes
00:57:55se sont abîmés
00:57:56en colonisant
00:57:57le Maghreb
00:57:58est-ce que cette doctrine
00:57:59de l'auto-abîmement
00:58:00par la colonisation
00:58:02s'applique aussi
00:58:03aux arabes
00:58:03au Maghreb
00:58:03ou ça s'applique seulement
00:58:04aux européens
00:58:05ou à la France
00:58:06est-ce que l'islam
00:58:07s'abîme en colonisant
00:58:08l'Europe aujourd'hui
00:58:09deuxième élément
00:58:10jusqu'où devrions-nous
00:58:11pousser l'autocritique
00:58:12on avait l'impression
00:58:13qu'on avait été assez loin
00:58:14et bien pas assez
00:58:15selon Dominique de Villepin
00:58:16Zemmour répond
00:58:17de manière assez moqueuse
00:58:18en disant
00:58:19miroir au miroir
00:58:20dis-moi qui est le plus beau
00:58:21dis-moi qui est le plus grand
00:58:22le plus intelligent
00:58:23le plus généreux
00:58:24et il se moque en fait
00:58:25de l'autocongratulation
00:58:27morale de Dominique
00:58:28de Villepin
00:58:29il lui dit globalement
00:58:30vous ignorez l'histoire
00:58:31du monde
00:58:31vous ignorez
00:58:32les rapports de force
00:58:33vous avez une vision
00:58:34fantasmée de l'histoire
00:58:35pour accuser en fait
00:58:36l'Europe et la France
00:58:37pour une raison
00:58:38vous visez le vote
00:58:39issue d'une certaine
00:58:40communauté dans l'immigration
00:58:41et vous croyez la gagner
00:58:43avec ce discours
00:58:44diabolisant
00:58:44par rapport à l'histoire
00:58:45de la colonisation française
00:58:47Villepin répond
00:58:48il dit non non
00:58:49je suis conscient
00:58:50que je n'ai pas envie
00:58:51que l'Europe devienne
00:58:52une colonie demain
00:58:52je ne veux pas
00:58:53qu'elle devienne
00:58:54une colonie numérique
00:58:55des États-Unis
00:58:56une colonie de la Chine
00:58:57ou des USA
00:58:57dit-il
00:58:58il ne dit rien
00:58:59de l'immigration
00:58:59ou de l'islam
00:59:01alors on est devant
00:59:02ce que Tocqueville
00:59:03appelait la politique littéraire
00:59:04on a des grandes visions
00:59:05qui s'affrontent
00:59:05et pourtant cette politique
00:59:06littéraire n'est pas vaine
00:59:07alors cette querelle
00:59:08n'est pas vaine
00:59:09dites-vous
00:59:09mais pourquoi
00:59:10dernier mot
00:59:10parce que la politique
00:59:11n'est pas simplement
00:59:12gestion du quotidien
00:59:13parce que ce sont
00:59:14des grandes visions
00:59:15qui s'affrontent
00:59:16parce que les hommes
00:59:16sont mûs par des passions
00:59:17et une identité
00:59:18et pas que par le souci
00:59:19du quotidien
00:59:20quel est le récit
00:59:22Villepiniste de la politique
00:59:23c'est Mélenchon
00:59:24sans la révolution
00:59:24c'est la conquête
00:59:25sans le communisme
00:59:26c'est la soumission
00:59:27de la bourgeoisie
00:59:27au nom du réalisme démographique
00:59:29ça c'est le Villepinisme
00:59:31Zemmour de l'autre côté
00:59:32propose un autre récit
00:59:33celui de la reconquête française
00:59:34en espagnol
00:59:35je crois qu'on dit
00:59:37Merci beaucoup
00:59:38Mathieu Bocoté
00:59:40Majid Oukacha
00:59:41merci beaucoup
00:59:42d'avoir été notre invité
00:59:44on va remonter
00:59:44votre livre
00:59:45c'est la première fois
00:59:46que vous parlez
00:59:46de votre enfance
00:59:47de votre parcours
00:59:48qui est poignant
00:59:49très intéressant
00:59:50ce que je détestais
00:59:52dans l'islam
00:59:53quand j'étais musulman
00:59:55je vous laisse
00:59:55le mot de la fin
00:59:56c'est vrai que c'est difficile
00:59:57je peux réagir
00:59:59j'imagine
00:59:59un peu ce que
01:00:00non sur votre livre
01:00:01ah vraiment sur mon livre
01:00:02oui oui
01:00:03sur votre livre
01:00:03s'il fallait retenir
01:00:04quelque chose
01:00:05une chose de votre livre
01:00:06une chose de mon livre
01:00:08c'est vrai que
01:00:09c'est complémentaire
01:00:10à mes travaux précédents
01:00:11dans lesquels je faisais
01:00:12une critique théorique
01:00:14des versets du Coran
01:00:15ce qui est important
01:00:15effectivement
01:00:16mais là j'ai voulu raconter
01:00:18de l'intérieur
01:00:19effectivement
01:00:19ce que ça fait
01:00:21d'avoir grandi
01:00:22dans un pays occidental
01:00:24non islamique
01:00:25d'avoir grandi
01:00:26dans une double culture
01:00:27vraiment contradictoire
01:00:29avec deux idéologies
01:00:31qui chacune
01:00:32contredit l'autre
01:00:33on présente souvent
01:00:34le multiculturalisme
01:00:35comme un enrichissement
01:00:36moi j'ai vécu
01:00:37à l'échelle de l'individu
01:00:39que j'ai été
01:00:39dans mon enfance
01:00:40un multiculturalisme
01:00:42qui rend des fous
01:00:43un multiculturalisme
01:00:44contradictoire
01:00:45et effectivement
01:00:46merci beaucoup
01:00:48pour ce livre
01:00:49et ce témoignage
01:00:50puissant
01:00:50sur votre offense
01:00:52excellent sujet de programme
01:00:53merci Magie Dukacha
01:00:55et Pascal Praud
01:00:56l'heure dépend de
01:00:56restez avec nous
01:00:57et c'est parti
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