- il y a 6 semaines
Droits de douane, 1er-Mai, Europe ... La semaine d'Arnaud Montebourg à découvrir en intégralité sur la chaîne YouTube de BFMTV
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Il est 19h sur BFM TV comme chaque vendredi, c'est l'heure de Made in Montebourg, votre rendez-vous
00:06pour restaurer la souveraineté française, européenne, bien mise à mal ce soir Arnaud Montebourg par Donald Trump.
00:12Bonsoir.
00:13Bonsoir Paola.
00:14Vous êtes ancien ministre de l'économie, aujourd'hui retiré de la vie politique, entrepreneur. Comment allez-vous Arnaud ?
00:20Mieux que la France.
00:21Mieux que le monde aussi j'espère.
00:22Et mieux que le monde Paola, mieux que le monde.
00:24Et néanmoins vous travaillez le 1er mai Arnaud, on aura l'occasion justement de débattre, de savoir s'il faut
00:28travailler plus ou moins.
00:29On va discuter de cette affaire.
00:31On va discuter de cette affaire, mais d'abord les mots de Donald Trump très durs envers les Européens qui
00:36ne sont, je cite, pas très très intelligents.
00:39Il a eu des mots très forts envers l'Allemagne cette semaine en disant je vais retirer mes troupes américaines
00:44justement de l'Allemagne.
00:47Est-ce qu'il faut le prendre au sérieux ce président Donald Trump qui lève le point aujourd'hui et
00:51qui semble dire à l'Europe vous m'avez lâché, je vais me venger ?
00:55Les décisions qui ont été prises jusqu'à présent d'augmentation des droits de douane contre l'Europe sont très
01:00unilatérales et très dures.
01:03Aujourd'hui il vient d'annoncer 25% sur les véhicules électriques.
01:06C'est une mesure spécialement dédicacée pour le chancelier allemand qui a expliqué que le problème de Donald Trump c
01:12'était pas d'entrer en guerre, c'était d'en sortir.
01:13C'est vengé sur son, puisque c'est un homme qui ne connaît que la vengeance, sur son Twitter.
01:20Et aujourd'hui les 25% sur les véhicules électriques c'est clairement pour BMW, Mercedes et Volkswagen.
01:27Donc la vengeance est tombée tout de suite.
01:29C'est-à-dire on va rappeler les mots du chancelier qui dit une nation entière est humiliée par les
01:32dirigeants iraniens, en particulier ses soi-disant gardiens de la révolution.
01:36Le problème avec ce type de conflit n'est pas d'y rentrer c'est d'en sortir.
01:39Et là, 3-4 jours après, boum !
01:42Alors il faut prendre un peu de relativité sur cette affaire.
01:46D'abord, pourquoi ? Parce que la Cour suprême a rendu illégaux tous ces droits de douane édictés sur X,
01:52premièrement.
01:52Deuxièmement, elle considère qu'elles ne sont pas fondées juridiquement.
01:57Et donc les entreprises qui ont été victimes ont la possibilité juridiquement d'aller plaider devant les tribunaux américains pour
02:02obtenir la restitution du trop-perçu.
02:05Quand même, dans la première vague, les droits de douane qui ont pesé sur les entreprises européennes, c'était l
02:10'antise compris,
02:11on n'était pas très loin de 11-15 milliards, entre 11 et 15 milliards.
02:15Là, les Allemands ont déjà payé 6 milliards de trop à cause de ces droits de douane.
02:19Donc si vous voulez, on arrive à un contentieux qui va s'envenimer de plus en plus entre les États
02:25-Unis et deux rives de l'Atlantique.
02:26Et ce qui est en train de se passer avec l'OTAN, c'est exactement la même chose.
02:30Après les accusations de Rubio, de Trump, l'OTAN, c'est un peu le cachet d'aspirine dans le verre
02:36d'eau Trumpy,
02:37ce qui est en train de se dissoudre lentement au fur et à mesure de la perte de confiance des
02:41Européens,
02:41et au fur et à mesure des appels à la cessation de la coopération dans le cadre de ce traité
02:47par les Américains.
02:48Il y aura une facture, parce que les Américains, comme l'a dit Joska Fischer, ancien ministre des Affaires étrangères
02:55allemande,
02:56de Gerhard Schröder, il y a 25 ans, mais il était brillant, il était visionnaire, il mérite d'être cité.
03:02Il a dit, c'est la plus grande réussite diplomatique de l'histoire des États-Unis que l'OTAN,
03:08parce qu'on a réussi à avoir deux continents couplés pour être surpuissant.
03:12Il est en train de couper ça, donc en fait, qu'est-ce qu'il fait ?
03:14Il est en train de se couper une jambe et un bras.
03:16Donc ça va être très difficile pour l'unijambiste américain qui va suivre,
03:21de tenir le choc sur les décennies à venir en étant isolé contre le reste du monde.
03:26Et est-ce que nous aussi, on n'est pas en train de se couper un jambe, une jambe, un
03:30bras,
03:30voire même un parapluie américain qui nous protège, Arnaud ?
03:33Alors moi, j'ai envie de dire que quand on a fait l'accord avec les États-Unis,
03:36ça a été très bénéfique pour les Trente Glorieuses,
03:39ça a endigué le communisme dans sa poussée après-guerre,
03:43ça a permis le couplage économique entre les deux rives transatlantiques,
03:47mais aujourd'hui, cette alliance est à notre détriment.
03:49Nous sommes les perdants de cette alliance.
03:50Donc nous, on va faire repousser une jambe et un bras qui nous manquent.
03:54C'est plutôt ça qui est intéressant. Pourquoi ?
03:56Parce qu'on va enfin se prendre en main.
03:58C'est fini les petits garçons aux culottes courtes qui vont demander l'autorisation à Daddy Trump,
04:02comme aurait dit ce pauvre secrétaire général de l'OTAN, M. Rutte.
04:06Un nom à ne pas retenir.
04:07Enfin, ça va faire mal quand même, parce qu'en Allemagne, il y a 35 militaires américains qui sont stationnés.
04:1335 000.
04:15Il dit aussi, effectivement, l'Italie ne nous a apporté aucune aide
04:19et l'Espagne a été odieuse, absolument odieuse.
04:21Est-ce que si jamais on retire les soldats américains d'Allemagne, d'Espagne, d'Italie,
04:26qui va nous protéger contre Vladimir Poutine, par exemple ?
04:28Nous-mêmes, c'est une chance pour l'Europe.
04:30Il faut le voir comme une opportunité.
04:32On va construire à nouveau notre destin ensemble.
04:36Et franchement, il était temps.
04:38Combien de fois nous avons eu des débats pendant les 30 dernières années sur...
04:42Comme le général de Gaulle avait refusé d'entrer dans le commandement intégré de l'OTAN.
04:45Vous vous souvenez de ça ? C'était en 1966 déjà.
04:48Eh bien, nous allons enfin, j'allais dire, trancher le noeud gordien.
04:52Et ça a trop traîné.
04:54Donc maintenant, qu'est-ce qu'il faut faire ?
04:55C'est à nous de nous organiser.
04:58De nous organiser. Et néanmoins, on le voit bien.
05:01On est complètement soumis à l'Amérique, à cette guerre que nous n'avons pas choisie.
05:07C'est un peu la douche froide pour l'économie française et européenne.
05:10Mais la France est quand même bien dans le rouge.
05:12Regardez cette croissance qui est annoncée par la Banque de France.
05:15Pour la France, c'est un zéro pointé.
05:18Alors l'Allemagne, c'est 0,3.
05:200,6 pour l'Espagne, l'Italie.
05:21Enfin, quand même, on est dans le rouge.
05:24Et l'inflation dans la zone euro vient de franchir la barre des 3% en avril.
05:28Est-ce qu'on va vers ce mot que tout le monde déteste ?
05:30C'est-à-dire la stagflation.
05:32Et dites-nous ce que ça veut dire exactement.
05:34Ça veut dire que vous n'avez plus de croissance.
05:36Et vous avez une inflation forte.
05:38C'est-à-dire qu'au lieu de faire l'arbitrage entre le chômage et l'inflation,
05:43vous avez les deux.
05:43C'est la double peine.
05:45Et effectivement, tous les voyants viennent de passer au rouge en Europe, en France,
05:49mais également dans le monde.
05:50puisqu'on est à croissance 0,1 moyenne de l'Union Européenne.
05:55La France est à zéro.
05:56L'inflation, on était au mois de février en France à 0,9.
06:00En mars, on est 1,7.
06:02Et pour la première fois, le FMI et son chief economist viennent dire
06:07« Attention, on peut avoir, s'il y a prolongation du blocage d'Hormuz encore pendant 3 mois,
06:13on peut avoir une croissance mondiale à 2%, ce qui est rarissime,
06:16ce n'est pas arrivé depuis je ne sais combien de décennies.
06:19Et une inflation à 6%.
06:21Donc en fait, les ravages de la politique de M. Trump, c'est une récession mondiale
06:26qui va payer le premier.
06:27Donc il est obligé d'accepter d'avoir perdu cette guerre qui, excusez-moi, a été quand même un gagnant.
06:34Alors, en attendant, est-ce que c'est les Français qui vont le payer avec leur pouvoir d'achat ?
06:38Écoutez, la présidente de la CGT, Sophie Binet, justement, qui disait
06:43« Avec cette croissance à taux zéro, il va falloir penser à augmenter les salaires. »
06:47Il faut d'abord un coup de pouce immédiat au SMIC.
06:50En plus de l'augmentation du SMIC qui devrait arriver en juin ou en juillet,
06:54il faut 5% d'augmentation immédiate.
06:57La deuxième mesure, c'est qu'il faut indexer tous les salaires sur les prix.
07:01Ça n'est plus possible que nous vivions ce déclassement massif
07:05où, comme le patronat refuse de négocier, les salaires n'augmentent pas et ne suivent pas les prix.
07:10« Nous exigeons l'ouverture de négociations dans l'ensemble des entreprises, dans l'ensemble des branches. »
07:16Qu'en effet, l'ancien ministre de l'économie ?
07:18Est-ce qu'il faut penser à augmenter le SMIC ?
07:20En tout cas, il va falloir que les salaires suivent.
07:25Ça, c'est inévitable.
07:26D'ailleurs, c'est le cas avec l'augmentation automatique.
07:27Le SMIC, c'est une augmentation automatique.
07:30Mais seulement pour les SMICards.
07:31Qu'est-ce qui se passe pour les autres ?
07:32Donc, c'est ça le sujet qui va devoir être traité.
07:35Parce qu'aujourd'hui, quand vous faites un plein de gasoil,
07:38pour un Français qui est obligé d'aller travailler avec,
07:41il ne va pas en vacances, il ne part pas en week-end, il s'est restreint.
07:44Qu'est-ce qu'il fait ?
07:45En fait, c'est une semaine de supermarché qui passe à l'as.
07:49Donc là, on arrive dans une situation extrêmement grave.
07:52Donc, la question des salaires va être posée.
07:54Il faudrait, je crois, une concertation européenne sur le sujet pour que tous les pays européens suivent.
07:59Ça éviterait des désinflations compétitives,
08:01qu'on se fasse la concurrence sur le dos des travailleurs et des salariés, par exemple.
08:05Vous voyez ce que je veux dire ?
08:06Donc ça, c'est une revendication.
08:08qui devrait être traitée de façon européenne.
08:11Ne serait-ce que pour traiter le problème de l'inflation européenne et de la perte de croissance.
08:15Nous sommes le 1er mai, Arnaud, aujourd'hui.
08:17La fête du travail.
08:18Et justement, vous vouliez alerter sur ce que vous appelez la job apocalypse,
08:23c'est-à-dire l'arrivée de l'intelligence artificielle.
08:24Une nouvelle qui ne vous a pas échappée,
08:26Meta, qui est donc la maison mère de Facebook,
08:28annonce le licenciement de 8000 salariés.
08:30C'est 10% de ses effectifs pour financer ses investissements.
08:33C'est-à-dire qu'on vire des humains pour financer des logiciels.
08:37Est-ce que l'intelligence artificielle, ça vous fait peur ?
08:39Et est-ce que les Français doivent craindre pour leur emploi ?
08:41Alors, l'intelligence artificielle, l'IA, tout le monde s'en sert, tout le monde adore,
08:47mais chacun commence à avoir peur.
08:49Ce qu'on appelle la job apocalypse, c'est le fait qu'on n'a pas idée la quantité d
08:55'emplois qualifiés,
08:56pas cette fois-ci d'emplois déqualifiés ou peu qualifiés,
09:01mais d'emplois qualifiés pour des diplômés, des gens qui ont des situations acquises,
09:05comme disait ma grand-mère, des bonnes situations,
09:07qui vont se retrouver en difficulté dans des proportions considérables
09:11et cette dégradation va arriver à une vitesse extraordinaire.
09:14Alors, aujourd'hui, il y a un changement de civilisation depuis deux petites années
09:18et c'est rien à l'échelle de l'humanité.
09:19L'intelligence artificielle, c'est votre médecin personnel,
09:22c'est votre avocat personnel, c'est votre documentaliste personnel,
09:25c'est même le compagnon d'infortune pour vos insomnies ou votre psychanalyste.
09:29Mais je pense à ce jeune cadre diplômé dans un groupe du CAC 40
09:34qui reconnaissait il y a peu devant moi en riant qu'il n'a plus rien à faire dans son
09:38travail
09:38car il fait travailler l'intelligence artificielle à sa place,
09:41mais il comprend immédiatement qu'ils sont 30 dans son service
09:44et que peut-être dans deux ans ils seront plus que 5.
09:46Et donc c'est ça la job apocalypse et elle a commencé.
09:51Comment Anthropik, qui a créé Claude, qui marche le feu de Dieu,
09:56reconnaît dans un récent rapport qu'il y aura 40% des tâches,
10:00des cols blancs qui vont être affectés par l'IA ?
10:02Donc les avocats, les juristes ?
10:04Alors les métiers c'est simple, c'est les métiers du chiffre, du droit, du conseil,
10:08de la création, la publicité, le design, de l'informatique, de la traduction,
10:13tous ces métiers de service.
10:14Les hommes politiques aussi ?
10:15Non, ceux-là on en a besoin pour la démocratie, Paola.
10:17Mais souvent leurs discours vont être faits par la machine
10:22et non plus par leurs assistants.
10:24Mais la COFAS, pour la France, a dit qu'on a 27 millions d'emplois salariés en France.
10:30Il dit qu'il y a 5 millions d'emplois qui sont exposés.
10:33Le commissariat au plan France Stratégie, il dit 4 millions d'emplois.
10:37Donc les chiffres commencent à se resserrer entre les optimistes et les pessimistes.
10:41Alors regardons les chiffres de l'apocalypse mondiale de l'IA.
10:45C'est quoi ?
10:45Goldman Sachs estime que l'IA pourrait automatiser les tâches
10:50équivalentes à 300 millions d'emplois dans le monde.
10:52– Ah oui, là on parle d'une vraie apocalypse.
10:54– McKinsey, c'est entre 400 et 800 millions et 75 millions tout de suite.
10:59Amazon vient de supprimer, et regardez les chiffres,
11:0230 000 emplois en col blanc.
11:04McKinsey vient de supprimer 5 000 postes.
11:06Meta, vous venez de le dire, 8 000.
11:07Et le français Capgemini, premier plan social lié à l'IA,
11:12c'est 2 400 postes, 7% de ses effectifs, 35 000 salariés.
11:16Aujourd'hui, une enquête informelle déclare que 39% des dirigeants
11:21licencient par anticipation de l'arrivée de l'intelligence artificielle
11:24et il y a un ralentissement observable de l'embauche des jeunes diplômés
11:28de 15% qui paient le prix de l'IA.
11:31Alors il y a eu des optimistes, mais ils commencent à disparaître.
11:34Il y avait Davos, vous connaissez tous ces gens formidables
11:37qui se réunissent dans les montagnes suisses, le World Economic Forum,
11:40ils avaient dit, en 2020, ils avaient dit, ça créera plus d'emplois que ça en détruira.
11:44Oui, comme la révolution industrielle, finalement.
11:46Exactement. D'ailleurs, l'ordinateur personnel a créé 16 millions d'emplois aux Etats-Unis.
11:52Mais alors là, ils disent, non, non, finalement, on change un peu notre analyse.
11:55Il y aura 83 millions d'emplois détruits, mais seulement 69 créés.
11:59Donc on est à 14 millions.
12:00C'est moins que Goldman Sachs, toutes autres prévisions.
12:03Mais vous voyez bien que le pessimisme commence à arriver.
12:05Alors il y a une première conséquence que je veux ici analyser,
12:08c'est les signaux à bas bruit que nous analysons
12:10parce qu'on voit l'arrivée des problèmes et il faut les traiter avant qu'ils n'arrivent vraiment.
12:14Tous les centres de calcul, c'est-à-dire ce qu'on appelle les data centers,
12:18improprement d'ailleurs, ce ne sont pas des centres de données,
12:20c'est des centres de calcul très puissants,
12:21ceux qui font tourner l'IA de notre vie quotidienne et les autres pour l'enregistrer.
12:25Oui, il faut savoir qu'à chaque fois qu'on utilise ChatGPT ou Claude,
12:28effectivement, ça part dans des data centers pour des gros calculs.
12:31Ces centres de calcul sont devenus aux Etats-Unis un point de crispation dans les populations.
12:37Aujourd'hui, vous avez des populations qui manifestent contre l'installation des data centers.
12:40Pourquoi ? Parce que ça consomme, il faut dire pourquoi, parce que ça consomme énormément.
12:44Pour beaucoup de raisons, c'est intéressant.
12:45Et donc, il y a des gens qui manifestent contre l'intelligence artificielle aux Etats-Unis.
12:49La protestation populaire a commencé.
12:52Écoutez bien, alors ils se plaignent de quoi ?
12:54Un, ils nous pompent notre eau, on n'en a pas assez pour boire.
12:56Deux, les factures électricité explosent.
12:58Et trois, ils nous piquent notre job.
13:00C'est comme ça qu'ils disent.
13:00Ils vont détruire nos emplois.
13:02Alors, il y a même un Etat, le Maine, c'est un Etat démocrate, qui vient de décider et de
13:07voter un moratoire sur l'installation des infrastructures.
13:09Et il y a beaucoup d'autres Etats qui, par contagieux, envisagent de le faire.
13:12Alors, vous avez de l'autre côté la Silicon Valley américaine, avec les fous Elon Musk et Jeff Bezos,
13:18qui sont les techno-solutionnistes ultra, qui disent « c'est pas grave, on va les envoyer dans l'espace
13:23».
13:24Et Elon Musk a demandé à la NASA l'autorisation d'envoyer un million de data centers et de centres
13:30de calcul,
13:30se servir de l'énergie solaire, pour tourner de façon permanente en orbite basse autour de la Terre.
13:37Vous voyez, on en est.
13:38En vérité, nous sommes, nous, en Europe, en retard sur les investissements qui nous permettent de contrôler l'IA.
13:45Mais nous sommes en avance sur les destructions d'emplois.
13:47Alors, il y a aujourd'hui un scénario noir qui est en train de s'installer.
13:50À mesure que les agents de l'intelligence artificielle sont capables de remplacer les humains,
13:55les entreprises coupent dans les effectifs, améliorent leurs marges, réinvestissent dans l'IA.
13:59Et vous avez un comportement rationnel dans les entreprises qui détruit l'économie.
14:04Donc, vous avez une explosion sociale qui est possiblement programmée.
14:09Personne ne pourra, cher Paola, faire l'économie d'une proposition de changement majeur
14:13sur ce que doit être le travail dans la civilisation de l'IA au XXIe siècle.
14:17Comment il doit être rémunéré quand les gains de productivité sont capturés par le capital ?
14:22J'attends, et nous attendons de pied ferme, les propositions des candidats aux élections l'année prochaine.
14:27Ça devrait être dans tous les programmes présidentiels pour 2027.
14:31Alors, avant qu'on continue cette émission, Arnaud Montebeau,
14:33puisque dans un instant, vous serez face à Prisca Thévenot,
14:36ancienne porte-parole du gouvernement, pour parler des super profits de Total Energy,
14:39il faut qu'on parle de vous, puisque votre nom est apparu dans une ou deux publications,
14:44justement, où certains socialistes vous reprochaient d'avoir basculé à l'extrême droite.
14:50C'est le cas ?
14:51Ben non, je suis un orphelin, en vérité.
14:54Un orphelin politique, c'est-à-dire que j'ai rompu intellectuellement avec la social-démocratie,
15:01pour des raisons simples, c'est qu'ils ont accompagné la mondialisation financière
15:06qui nous a fait tant de mal, ils ont participé à la construction européenne
15:10qui nous plombe aujourd'hui, ils ont abandonné beaucoup de gens,
15:14la nation, les frontières, je considère que ce sont des questions fondamentales,
15:18qu'ils ont de la souveraineté étrangère à l'ensemble de la gauche, j'allais dire, socialiste,
15:25qui était ma famille politique depuis de très nombreuses années.
15:28Ça ne fait pas de moi quelqu'un d'extrême droite,
15:30ça fait quelqu'un, comme d'ailleurs 50% des Français, un orphelin politique,
15:39c'est-à-dire que je suis sans affiliation.
15:40D'ailleurs, si on cherchait à me mettre dans une case,
15:43je dirais que je suis un chevetementiste de droite et un séguiniste de gauche,
15:47c'est-à-dire une sorte de post-gaulliste cherchant républicain social,
15:51cherchant une voie pour notre pays,
15:53mais qui ne peut pas se résumer dans les propositions actuelles.
15:56Donc, l'ERN me pose un problème de valeurs et de principes,
16:00il charrie tout le problème du racisme,
16:03LFI me pose un problème de valeurs et de principes,
16:06il charrie tout ce qu'on voit sur l'antisémitisme,
16:10où est la proposition politique, aujourd'hui, qui peut me convenir ?
16:14Je n'en ai pas. Voilà.
16:15D'accord.
16:16C'est ma position personnelle.
16:17Ce qui ne vous pose pas de problème,
16:19mais ce qui pose des problèmes à certains,
16:21c'est que deux de vos entreprises,
16:23on va les rappeler l'une sur le nucléaire
16:24et l'autre qui relance la filière des amendes en France,
16:26sont donc financées par le milliardaire Pierre-Édouard Sterrin.
16:29Il faut rappeler qu'il est,
16:30c'est un homme d'affaires dont les idées sont très, très marquées à droite,
16:34qui pense qu'il dit vouloir en France plus de bébés de souche européenne.
16:38Ça, ça ne vous pose pas de problème ?
16:40C'est sa responsabilité.
16:41D'abord, moi, j'ai 12 entreprises,
16:43j'ai créé 12 entreprises avec 30 associés.
16:45Donc, j'en ai deux avec M. Sterrin, c'est vrai.
16:48M. Sterrin, il a les opinions qu'il croit devoir défendre.
16:52Ça ne m'engage pas et ça n'engage certainement pas les entreprises que je dirige
16:55dans lesquelles il est associé,
16:57dans lesquelles il est minoritaire ou majoritaire, peu importe.
17:01En tout cas, dans l'entreprenariat,
17:06nous faisons avec des gens qui ont des opinions différentes.
17:08Dans l'entreprise, vous ne demandez pas les opinions des salariés.
17:12Donc, vous dites qu'il n'est pas infréquentable ?
17:14C'est surtout que ce n'est pas le sujet.
17:17Moi, je ne fais pas de politique dans les entreprises.
17:19L'amende française, quand on la relocalise,
17:23elle ne fait pas de politique.
17:24Elle n'a pas de bulletin de vote,
17:25elle n'a pas de couleur politique.
17:26En revanche, la France en a besoin.
17:28Et s'il y a des gens qui ont des idées différentes,
17:30qui peuvent s'unir dans l'entreprise,
17:32c'est la beauté de l'œuvre entrepreneuriale que de les unir.
17:35La politique, elle passe son temps à fracturer,
17:37à faire des sectes.
17:37La secte Moon, la secte de l'ordre du Temple Solaire.
17:41Il ne faut pas se parler, il faut s'entretuer.
17:43Non, dans l'entrepreneuriat, dans l'entreprise,
17:46dans la création de valeurs économiques,
17:48on unit des gens qui ont des opinions très différentes
17:51et qui font ensemble.
17:53Et néanmoins, je reviens sur Pierre-Edouard Sterrin,
17:54mais c'est vrai qu'il a quitté la France,
17:56qu'il vit désormais en Belgique,
17:57et pourtant qu'il finance des idées d'extrême droite.
18:00Tout en ne se rendant pas aux convocations de l'Assemblée nationale.
18:04Est-ce que ce n'est pas contraire à vos valeurs,
18:06aux valeurs de la République, du patriotisme ?
18:08C'est totalement contraire à mes valeurs.
18:09Alors, je lui ai dit d'ailleurs, je suis le contraire de ce que vous êtes,
18:12et je lui ai rappelé qu'il était le contraire de ce que j'étais.
18:15Et alors ?
18:16Et quand on a dit ça, il a sa responsabilité, j'ai la mienne,
18:20je suis responsable de mes idées,
18:22et nous sommes responsables d'une entreprise ensemble.
18:24Et je vais vous dire, j'ai marqué ma désapprobation,
18:27je lui ai fait le reproche d'être l'exilé fiscal.
18:31Il m'avait dit, je rentre.
18:32Il ne l'a d'ailleurs pas fait.
18:33Je le lui ai reproché une deuxième fois.
18:35Il ne l'a pas fait, je ne peux pas lui contraindre,
18:36je ne suis pas la police fiscale de l'État, Mme Puerhari,
18:40vous comprenez ?
18:40Bon, donc, l'entrepreneuriat, l'entreprise est transpartisan.
18:45L'économie est transpartisane.
18:47C'est pour ça qu'on est là.
18:48La souveraineté, elle appartient à tous les Français.
18:52Voilà, ce n'est pas un truc de facho.
18:54Ça appartient à tous les Français parce qu'on en a besoin, tout simplement.
18:57Donc vous dites, il y a des bonnes idées à l'extrême droite,
18:59il y a des bonnes idées à gauche aussi.
19:01Mais on m'a reproché d'avoir signé un appel contre les dérives fédéralistes
19:05de l'Union européenne, un appel à référendum.
19:07Oui, alors je rappelle quand même qu'il était signé par Nicolas Dupont-Aignan
19:10et qu'il y avait aussi le conseiller du Rassemblement national, Jérôme Saint-Marie.
19:14Enfin bref, beaucoup de personnes liées au Rassemblement national.
19:16Il y en avait deux, mais ceux qui rappellent ça ont oublié de dire
19:20qu'il y avait quand même Pierre Mazot,
19:22ancien président du Conseil constitutionnel nommé par Jacques Chirac,
19:25qui avait Marcel Gaucher, grand philosophe républicain,
19:28Madame Bechtel, qui est la présidente de la fondation de Jean-Pierre Chevènement, mon ami,
19:33Jean-Claude Mailly, ancien secrétaire général de Force Ouvrière
19:36et Marie-Noëlle Lindemann, ancien ministre d'Eonel Jospin.
19:39Donc vous dites, vous êtes un homme libre, vous n'êtes pas un homme acheté.
19:42Merci beaucoup de le rappeler pour moi.
19:44Merci pour cette mise au point, Arnaud Montebourg.
19:46On passe à la question, à ce débat, ce duel qui va nous occuper ce soir.
19:51Faut-il taxer les super profits de Total Energy ?
19:55Total Energy a publié ses résultats.
19:585,8 milliards de dollars de bénéfices au premier trimestre,
20:02une progression de 51%.
20:04Comment ? En achetant la totalité des cargaisons de pétrole
20:07qui ne passaient pas par le détroit d'Ormus.
20:09Certains pensent qu'ils ont spéculé, voire profité de la guerre.
20:12Bonsoir Prisca Tevenot.
20:13Bonsoir.
20:14Vous êtes député, ancienne porte-parole du gouvernement Attal,
20:16Macroniste de la première heure.
20:17Je rappelle que vous avez rejoint En Marche dès le lancement du parti.
20:20Est-ce que Total, pour vous, est un profiteur de guerre ?
20:23La question qui se pose derrière ce que vous énoncez,
20:26c'est comment on fait pour que la crise énergétique
20:29n'impacte pas plus le pouvoir d'achat des Français ?
20:32Je pense qu'on n'est pas là pour essayer de trouver des coupables
20:34et des sanctions absolument immédiates et rapides,
20:38mais plutôt comment on réduit la facture énergétique des Français
20:41avec une crise qui dure maintenant depuis 60 jours, je crois, un peu plus même.
20:45La question des super profits, elle n'est pas nouvelle.
20:47Elle a été déjà posée il y a près d'un an et demi.
20:50Elle a été finalement redébattue à l'Assemblée nationale sur chacun des budgets depuis.
20:55Et elle pose deux questions.
20:56Elle pose la question de la durée de la mise en place de ces super profits,
20:59des secteurs ciblés sur ces super profits.
21:02Est-ce qu'il s'agit vraiment d'un effet de rente
21:04ou d'une situation qui amène à une crise exceptionnelle ?
21:08Sur ça, le problème que nous avons pu voir au cours des dernières années,
21:11c'est que quand on met en place une taxe,
21:13super profit, ça voudrait dire une taxe qui arrive
21:16et qui devra avoir une date de fin,
21:18et en tout cas une date à laquelle on arrête de la mettre en place,
21:21ça ne s'arrête jamais.
21:23Et donc se pose la question...
21:24Attendez, je vais... Bon, alors je vais finir ma phrase.
21:26Et donc se pose la question ensuite
21:28de comment on continue à garder notre activité
21:30et comment on ne fait pas peur à des acteurs économiques,
21:32dans leur globalité,
21:34pour venir continuer à investir en France,
21:36pas simplement pour le plaisir de la France,
21:37mais parce que derrière, ça crée de la croissance
21:39et ça crée de la croissance
21:41qui permet de financer notre modèle social.
21:42Entendu, Prisca Thévenot,
21:44effectivement une taxe qui pourrait être sans limite.
21:46Bon, alors ?
21:47Bon, alors, j'ai laissé, madame,
21:49pour terminer sa phrase,
21:50je suis désolé, je n'aime pas interrompre,
21:52mais Paola me demande de vous interrompre.
21:54Alors je m'exécute gentiment.
21:56Entendu.
21:585 milliards de plus en un mois,
22:00plus 51% sur 2025.
22:03Quand vous regardez les actionnaires,
22:04très intéressant,
22:06en capitalisation,
22:07les 117 grandes compagnies pétrolières,
22:09ce n'est pas seulement total,
22:09c'est tout le monde,
22:11c'est plus 29%,
22:11en capitalisation,
22:13on est à 1 000 milliards.
22:14Donc attention,
22:15là, qu'est-ce que a dit Patrick Pouyanné ?
22:17Qu'il faut respecter.
22:18C'est un grand chef d'entreprise,
22:20très doué.
22:20Il a dit,
22:23nous avons la plus forte croissance de dividendes
22:25parmi les majors pétrolières.
22:26Bon, donc en fait,
22:27cette affaire-là,
22:28c'est pour les actionnaires.
22:30Vous dites, il faut que ça aille aux Français.
22:31D'ailleurs,
22:33il y a un plan de...
22:34parce que toute la loi de finances
22:35qui, d'ailleurs, n'a pas été votée,
22:37elle a été votée péniblement,
22:38vous savez, Madame la députée,
22:40dans des conditions très difficiles,
22:41elle est par terre.
22:42Pourquoi ?
22:42Parce que la guerre,
22:43c'est plus 6 milliards.
22:44Donc, il faut trouver 6 milliards.
22:46Est-ce que vous pensez
22:46qu'on va les demander aux Français ?
22:48Ça va être difficile.
22:49Est-ce qu'on va les demander à Total ?
22:50On pourrait leur demander.
22:51D'ailleurs,
22:52ce n'est pas qu'à Total,
22:52c'est Chevron,
22:53c'est Shell,
22:54c'est BP,
22:54c'est Exxon,
22:55c'est tous.
22:56Alors,
22:56comment se fait-il qu'on ne fait rien ?
22:59Vous ne voulez pas déposer
23:00une proposition de loi ?
23:01Parce que,
23:02pour une fois,
23:03le RN et le Parti Socialiste
23:04sont d'accord.
23:05Il ne manque plus que les Macronistes.
23:07Non, non,
23:07ce n'est pas pour une fois
23:08que le RN et la gauche sont d'accord.
23:09Ah, ce n'est pas pour une fois,
23:10ils sont souvent d'accord.
23:11Oh oui, économiquement,
23:12c'est la même chose,
23:13c'est Blambonné.
23:14Ah, c'est la même chose, d'accord.
23:15Ils disent la même chose
23:15pendant les budgets.
23:16Vous avez suivi,
23:17vous êtes un ancien ministre
23:17de l'économie,
23:18vous suivez encore
23:19attentivement
23:20la question politique en France.
23:22Notamment, regardez,
23:23il y a 2 ans, 3 ans,
23:24là, il y a quelques semaines
23:25pendant le budget
23:26qu'on a débattu,
23:27ils votaient la même chose
23:28systématiquement.
23:29Le RN est de gauche économiquement,
23:31je ne sais pas comment le dire autrement,
23:32à part aussi simplement
23:33que cette phrase.
23:34Maintenant, ce que vous dites,
23:35moi, je ne suis pas au gouvernement,
23:36je suis députée.
23:36Je pourrais,
23:37je vais vous dire deux choses
23:38et vous allez peut-être
23:39être un peu surpris,
23:39mais je pourrais déposer une loi,
23:40etc., etc.
23:41Je vais vous dire,
23:42quand on pose des lois,
23:42le gouvernement ne suit pas
23:43et nous empêche
23:44d'aller au bout de notre loi.
23:45On l'a vu sur le 1er mai,
23:46nous sommes aujourd'hui le 1er mai.
23:47Donc, je ne vais pas commencer
23:48à faire des promesses en l'air
23:49alors que je sais que derrière,
23:50si le gouvernement a envie
23:51d'arrêter un processus législatif,
23:53il l'arrête.
23:54Deuxièmement,
23:55j'ai envie de vous dire,
23:56parler effectivement à la gauche.
23:57Aujourd'hui,
23:58tout ce que la gauche demande,
23:59le gouvernement dit oui.
24:00Donc, moi,
24:01je suis profondément libérale économiquement.
24:03Je ne vais pas commencer à mentir
24:04et je ne vais pas commencer à mentir
24:05aux Françaises et aux Français.
24:07Ce que je dis,
24:07c'est qu'attention,
24:08le principe de la taxe pour la taxe
24:10a toujours des effets pervers au final
24:12et on finit par s'en mordre les doigts.
24:14En revanche,
24:14est-ce qu'il faut aider les Français
24:15dans cette crise
24:16avec des aides ciblées,
24:18très précises et immédiates,
24:20pas en créant de la paperasse
24:21et de la norme
24:22à non plus finir
24:23qui finira par déboucher
24:24dans 3 ou 4 semaines ?
24:25Je suis d'accord,
24:26tout ça, c'est très bien.
24:27D'ailleurs,
24:27il y a eu des baisses de prix
24:29du côté de chez Total.
24:30Tout ça, on connaît,
24:31c'est éphémère,
24:31c'est discrétionnaire.
24:32Le sujet,
24:33c'est quand même
24:34qu'il y a une lettre
24:35de 5 ministres de l'économie,
24:36Italie,
24:37Allemagne,
24:37Espagne,
24:38Autriche,
24:38Portugal,
24:39où est la France,
24:40qui dit
24:40qu'ils veulent un prélèvement
24:41sur les groupes énergétiques
24:42exceptionnels ?
24:43Où est la France ?
24:44Et là-dedans,
24:45vous avez
24:45deux gouvernements socialistes,
24:47un gouvernement extrême droite,
24:48un gouvernement conservateur,
24:50libéral,
24:50celui de Friedrich Merck.
24:52Que disent-ils ?
24:53Je la cite.
24:53Ceux qui tirent des profits
24:56des conséquences de la guerre
24:57doivent faire leur part
24:58pour alléger la charge
24:59pesant sur le grand public.
25:01Ils disent exactement
25:01ce que vous préconisez.
25:02Pourquoi le gouvernement
25:03de Sébastien Lecornu
25:05n'est pas signataire,
25:06ou M. Lescure,
25:08n'est pas signataire de cette lettre
25:09pour que nous ayons
25:10une mesure
25:11qui permette
25:12d'éviter
25:13des prélèvements supplémentaires
25:14sur les Français,
25:15puisque la loi de finances,
25:15il faut la refaire.
25:16On a perdu le bénéfice
25:18des efforts
25:19qui avaient été
25:20difficilement consentis.
25:22Et donc maintenant,
25:23qui va payer
25:24la crise ?
25:25Total pourrait,
25:27mais pas que Total en fait.
25:28Tous les Européens,
25:30toutes les compagnies
25:31énergétiques européennes.
25:33Qu'est-ce que vous en dites ?
25:34Moi je vous dis
25:35que je suis parlementaire,
25:36je ne suis pas au gouvernement.
25:37Évidemment,
25:38par exemple,
25:39on recevait il y a un instant
25:40une députée écologiste
25:42et sociale
25:42qui a fait une proposition
25:43de loi.
25:44Il y a des députés
25:45qui se mobilisent
25:46justement pour défendre
25:47le pouvoir d'achat
25:48des Français.
25:49Est-ce que vous pensez
25:50comme mot de région ?
25:51Attendez,
25:51vous plaisantez,
25:52quand vous me dites
25:52dans la même phrase...
25:53Non,
25:53on a reçu...
25:54On ne plaisante pas beaucoup ici.
25:55Mais on aime bien plaisanter,
25:56mais là c'est pas ça.
25:57Moi j'aime bien finir
25:57mes phrases quand même.
25:58Mais il y a un sujet
26:00quand même qui est assez impressionnant.
26:00Quand on dit
26:01dans la même phrase
26:02qu'il y a une députée écologiste
26:03qui est venue,
26:04elle est en train de se battre
26:05pour défendre le pouvoir d'achat
26:06des Français,
26:07je viens de vous dire
26:07il y a à peine 5 minutes
26:09que quand on les met
26:10face à leur devoir,
26:12c'est-à-dire de voter
26:12à l'Assemblée,
26:13ils votent main dans la main
26:14des impôts
26:15et des taxes supplémentaires
26:16pour tout le monde.
26:17Pas pour les super-riches,
26:18pas pour les extra-riches,
26:19pour tout le monde.
26:20Donc vous dites
26:20que vous ne pouvez rien faire
26:22en tant que députée aujourd'hui.
26:23C'est ça que vous dites
26:24si ça ne sert à rien
26:25de proposer une loi
26:25parce que de toute façon
26:26elle ne passe pas ?
26:26Ce n'est absolument pas
26:27ce que j'ai dit.
26:28Mais ne laissez pas croire
26:29par une question
26:29que la gauche serait
26:30la grande défenseuse
26:31des classes populaires
26:33et que d'un seul coup
26:33par magie
26:34parce qu'ils auraient proposé
26:35une loi,
26:35on oublierait ce qu'ils font
26:36toute la journée.
26:36C'est-à-dire qu'ils passent
26:38leur temps à taxer les Français
26:39et tous les Français.
26:40Et je le dis assez simplement,
26:41c'est ça.
26:42Vous avez parlé
26:43il y a un instant.
26:44Oui, allez-y Arnaud.
26:45On a la dette Macron.
26:47C'est 1198 milliards,
26:50c'est-à-dire une hausse
26:50de 54%,
26:51plus 21 points de PIB
26:53en 10 ans,
26:548 ans.
26:56Le coût de ça...
26:57Les trois premières années,
26:58vous vous souvenez quand même ?
26:59Oui, je m'en souviens.
27:00On a réduit le déficit
27:01comme jamais.
27:02C'est formidable.
27:03Non, c'est important.
27:03Là, il y a 1198 milliards de...
27:05Du A, on décompose ?
27:07On décompose cette dette.
27:08Et ça coûte par an,
27:10et d'ailleurs le surcoût
27:11de cette dette en intérêt,
27:13c'est 3,6 milliards.
27:14Monsieur le ministre,
27:15décomposant ensemble cette dette ?
27:16Non, mais ça a déjà été fait,
27:18on le sait.
27:18Simplement, elle est là.
27:19On peut la décomposer,
27:21mais vous pouvez la couper
27:21en morceaux,
27:22elle fera toujours.
27:22Il faut l'expliquer aussi.
27:23Qu'est-ce qui s'est passé ?
27:24Vous allez pouvoir l'expliquer.
27:26Mais pour l'instant,
27:27si je peux finir ma phrase,
27:28que vous interrompez également,
27:29je le vois,
27:31eh bien le surcoût de la dette
27:32dans la crise depuis deux mois,
27:33c'est 3,6 milliards.
27:34Bien sûr.
27:35C'est un problème.
27:35Donc ça veut dire qu'aujourd'hui,
27:37la progression de la charge de la dette
27:38absorbe tous les efforts budgétaires.
27:40Donc il n'y a plus de marge de manœuvre
27:41et il faut refaire le budget.
27:43Donc le sujet, c'est
27:44est-ce qu'on va prendre
27:45aux compagnies pétrolières
27:46cette part nécessaire ?
27:47C'est ça mon sujet.
27:48Plutôt que de demander aux Français.
27:50Ou alors peut-être qu'on devrait
27:51effectivement retirer.
27:52Ah, vous êtes d'accord.
27:54Formidable.
27:54Alors je vous coupe.
27:55C'est l'heure du moment
27:58où je vous interromps aussi
27:59pour vous demander
27:59si peut-être il ne faudrait pas
28:00supprimer des jours fériés.
28:01C'était l'idée de François Bayrou,
28:03par exemple.
28:04Vous avez parlé du 1er mai
28:05il y a un instant,
28:07Prisca Thévenot.
28:07Eh bien on va en parler
28:08avec Stéphane Manigold
28:09qui nous rejoint ce soir
28:10et qui est notre génie
28:12du Made in France
28:13et qui milite pour que
28:13ceux qui veulent bosser
28:15le 1er mois
28:16puissent ouvrir
28:17sans avoir une amende
28:18de 750 euros
28:19comme le réclame
28:21effectivement
28:22pas vraiment le réclame
28:23Sophie Binet
28:24mais en tout cas pour elle
28:25eh bien le travail
28:26c'est sacré.
28:28Pour le 1er mai
28:29pas question
28:30qu'on nous vole
28:31notre journée.
28:32Le 1er mai
28:33ça n'est pas une journée
28:34à fort potentiel commercial
28:35comme disent les macronistes.
28:37C'est la journée
28:38de lutte internationale
28:39pour les droits
28:40des travailleurs
28:41et des travailleuses.
28:42Elle doit rester
28:43fériée, chômée
28:44et rémunérée.
28:45je pense que
28:46c'est aussi
28:47ce contexte particulier
28:48cette année
28:49qui fait que
28:49nous sommes toutes et tous
28:50rassemblés ici
28:51pour dire
28:52pas touche au 1er mai.
28:53Et aujourd'hui encore
28:54certains boulangers
28:56en ouvrant leur commerce
28:57ont pris des amendes.
28:59On sera en ligne
28:59avec un boulanger
29:00qui a pris une grosse amende
29:02tout à l'heure
29:02et il y a un détail savoureux
29:04Stéphane Manigold
29:05que vous avez soulevé
29:05c'est-à-dire que
29:06pendant que certains
29:06commerces artisanaux
29:08ferment
29:08sont obligés de fermer
29:10McDonald's
29:11tournent à plein régime.
29:12C'était l'objet
29:12d'une tribune du Figaro
29:13que vous avez publié.
29:15Bonjour par là
29:15Monsieur le Ministre,
29:16bonjour Madame la Ministre.
29:17Bonjour.
29:18Je suis très heureux
29:19de venir un 1er mai
29:20travailler
29:20parce que
29:21quand on prend du plaisir
29:22ça fonctionne tout seul
29:23et nos salariés
29:25aujourd'hui
29:26sont pays double
29:26donc ils sont très heureux.
29:27Mais ce qui me consterne
29:28en fait
29:28dans le débat
29:29de Madame Binet
29:30notamment
29:31c'est le dogmatisme
29:32à tout prix.
29:33Les usines à burger
29:35les usines à malbouffe
29:36qui je le rappelle
29:38la Cour des Comptes
29:39chaque année
29:40crient
29:40dans un désert
29:41politique absolu
29:43que la malbouffe
29:44coûte entre 12 et 18 milliards
29:46chaque année.
29:47Je rajoute à cela
29:48qui ne vous a pas échappé
29:50vous êtes peut-être
29:51déjà allé
29:52dans un fast-food
29:53récemment
29:54ils ont supprimé
29:56des emplois
29:56au profit de bornes.
29:58Donc en réalité
29:59le 1er mai
30:00où nous artisans
30:01qui employons du monde
30:02avec l'intelligence
30:03de la main
30:04on paye nos salariés doubles
30:05et avec le plaisir
30:06quand on laisse
30:07des politiques
30:08s'installer
30:09pour dérouler
30:11le tapis rouge
30:11au marge
30:13au super profit
30:14monsieur le ministre
30:15de la malbouffe
30:16américaine
30:17Burger King
30:18Tacos
30:18etc.
30:19Vous savez quel est
30:20le chiffre d'affaires
30:21de McDonald's
30:22dans ce qu'on ose appeler
30:23encore le pays
30:24de la gastronomie
30:25qu'est la France
30:25le chiffre d'affaires
30:27de McDonald's
30:27en France
30:28c'est 6,5 milliards
30:30c'est la première
30:31implantation hors
30:32Etats-Unis
30:32de McDonald's
30:33mais vous vous rendez
30:33compte qu'avec
30:346,5 milliards
30:35on parle de super profit
30:37moi j'aimerais
30:37qu'on arrête
30:38de taper sur
30:38les entreprises françaises
30:39et qu'on se concentre
30:40là où il y a de l'argent
30:40à aller chercher
30:41moi je propose
30:42par exemple
30:42de rehausser la TVA
30:44la taxe sur la valeur
30:44ajoutée
30:45sur tous ces
30:47enseignes de malbouffe
30:48de la remettre
30:49à 20%
30:49ce sont des prestataires
30:50de services
30:51au fond
30:52ils assemblent
30:53du pain
30:53des steaks hachés
30:54du fromage
30:55pardon mais
30:57l'agriculture française
30:58ne se résume pas
30:59la pomme de terre
31:00au steak haché
31:00à la salade
31:01fort heureusement
31:02vous on vous a qualifié
31:04j'ai du bain
31:04d'une France
31:04parce que
31:05vous êtes parti de rien
31:06et vous avez réussi
31:07à employer
31:08combien de personnes ?
31:09180 salariés dans le groupe
31:11et mes premiers actionnaires
31:12sont les salariés
31:12et combien d'étoiles Michelin ?
31:135 étoiles
31:14on fait par contre
31:15deuxième groupe
31:15le plus étoilé de Paris
31:17mais on a des bistrots aussi
31:18oui oui
31:19bon ben voilà
31:20de rien
31:21réussir ça
31:22ça mérite quand même
31:23un petit coup de chapeau
31:24bon ça veut pas dire
31:26tout ce que vous dites
31:26est parole d'évangile
31:27c'est pas ça
31:28mais c'est intéressant
31:29qu'on comprenne
31:30qu'en effet
31:31il y a un arbitrage
31:32pour le salarié
31:33entre le pouvoir d'achat
31:34je veux travailler
31:35peut-être le 1er mai
31:36si on m'y autorisait
31:38et le congé forcé
31:40et il y a un certain
31:41nombre de commerces
31:42il y a des préfectures
31:43qui autorisent
31:44l'ouverture des boulangeries
31:45d'autre part
31:46il y a 50 contre 50
31:47c'est-à-dire
31:47la moitié du territoire français
31:49il n'y a pas
31:49un droit unifié
31:50parce que c'est une loi
31:51qui date de 1919
31:53et on n'arrive pas
31:55à obtenir
31:55une unification du droit
31:57une sécurité juridique
31:58conséquence
31:59vous avez des boulangers
32:00qui se font verbaliser
32:01à Laval
32:01et d'autres
32:02qui se font encourager
32:03à Verdun
32:04comment c'est possible
32:04donc vous avez raison
32:06monsieur Manigold
32:06donc je veux vous dire
32:07votre publication
32:08dans le Figaro
32:09nous a alerté
32:10avec Paula
32:11parce que nous avons considéré
32:13qu'il y avait là
32:14quelque chose d'absurde
32:16et qu'on marchait sur la tête
32:17parce qu'on a une rubrique
32:18on marche sur la tête ici
32:19donc c'est vous
32:20qui nous l'illustrez
32:21mais non seulement
32:22on marche sur la tête
32:23mais le 1er mai
32:24est devenu
32:24le grand méchant flou
32:26pourquoi ?
32:26parce que finalement
32:28on a un lecornu
32:30qui à la suite
32:30de la tribune
32:31dont vous parlez
32:33prend position
32:33alors il prend position
32:34en disant
32:35finalement
32:37les artisans
32:38j'aime bien
32:38le fait qu'il emploie
32:39le mot artisan
32:40pour être franc avec vous
32:40les artisans boulangers
32:41et les artisans fleuristes
32:42pourront ouvrir
32:43mais je veux vous dire
32:44à quel point
32:45nous sommes
32:46dans un pays
32:47où au fond
32:47on est infichu
32:50d'écrire un texte
32:51moi je me souviens
32:51lorsque vous étiez
32:53député
32:53jeune député
32:53j'avais 17 ans
32:54lorsque vous êtes
32:54en relation nationale
32:55et je vais vous faire
32:56une conférence
32:56j'étais l'un de mes chouchous
32:57parce que j'aimais beaucoup
32:58votre qualité oratoire
33:00et à 17 ans
33:01on est plutôt à gauche
33:02donc j'étais plutôt à gauche
33:04et je vais vous dire
33:05le texte
33:06il est farouchement mal écrit
33:07parce que
33:08je vais
33:08au boulanger qui nous écoute
33:09là je vais vous donner
33:10la solution
33:10si vous voulez ouvrir
33:11le 1er mai
33:11en toute égalité
33:12vous avez ce qu'on appelle
33:13en France
33:13le code APE
33:14vous changez simplement
33:15votre code APE
33:16en restauration traditionnelle
33:18comme la malbouffe
33:18de McDonald's
33:19vous pouvez vous appeler
33:21boulangerie
33:21puisque l'appellation
33:22dispose que
33:23quand vous vous appelez
33:24boulangerie
33:24vous pétrissez
33:25et accusez votre pain
33:26sur place
33:27ce qui ne change pas
33:27à partir du moment
33:28où les commerces
33:29sont devenus hybrides
33:30c'est-à-dire que
33:30le chiffre d'affaires du pain
33:31n'est plus la valeur
33:33du chiffre d'affaires
33:34et bien ils peuvent changer
33:35de code APE
33:35ouvrir en toute égalité
33:37je viens de vous démontrer
33:38l'absurdité
33:39de cette maladie normative
33:42qu'est la France
33:43la castration
33:44de ces artisans
33:45moi je souhaite
33:46que l'artisanat respire
33:47vous avez parlé tout à l'heure
33:48d'intelligence artificielle
33:49qui est le réceptacle
33:51absolu
33:52de ces cols blancs
33:53qui vont être balayés
33:55dans moins de 10 ans
33:57par l'intelligence artificielle
33:58si ce n'est
33:59l'intelligence de la main
34:00il faut protéger
34:01ce terroir
34:02et c'est certainement
34:02pas que l'industrie
34:03de la friture
34:04et de la malbouffe
34:05qu'on protégera
34:05le terroir
34:05merci Stéphane Manigol
34:06une réaction
34:07Prisca Thévenot
34:08c'est le grand méchant
34:09flou
34:09je sais bien
34:10que vous ne portez plus
34:10la parole du gouvernement
34:11mais quand même
34:12vous êtes macroniste
34:12de la première heure
34:13est-ce que c'est ça
34:14finalement
34:15macroniste
34:15ce flou
34:16aujourd'hui du 1er mai
34:17mais vous plaisantez
34:18j'espère
34:18non
34:19on a apporté
34:20avec Gabriel Attal
34:21une loi précisément
34:22pour sortir
34:23de ce grand méchant flou
34:24pour reprendre vos termes
34:26monsieur Manigol
34:27on l'a apporté
34:28pour justement
34:28arrêter d'être
34:29dans un flou
34:29artistique et juridique
34:31pour des artisans
34:32boulangers
34:33bouchés
34:34et alors qui a voté contre
34:34et vous a battu
34:35madame
34:35alors là je vais vous refaire
34:37le petit cheminement
34:38législatif
34:38en deux petites secondes
34:39excusez-moi
34:40c'est qu'on est arrivé au bout
34:41et qu'en fait
34:42on s'est fait abandonner
34:44lâchement en race campagne
34:45par le gouvernement
34:45qui n'a pas voulu mettre en place
34:47que vous connaissez
34:48une commission mixte paritaire
34:49on va convoquer le gouvernement
34:51la prochaine fois
34:52monsieur
34:53je sais que vous aimez bien
34:54me couper la parole
34:55mais je vais juste finir
34:55parce que c'est important
34:56pour éclairer
34:56les gens qui nous écoutent
34:58le plus important
34:59c'est les gens qui nous écoutent
35:00non vraiment
35:00je vais finir ma phrase
35:02on peut toute la journée
35:04expliquer que le parlement
35:05c'est pas faire
35:05c'est bruyant etc
35:06quand le parlement
35:08veut légiférer
35:09qu'on le laisse légiférer
35:10et les commissions mixte paritaires
35:12sont convoquées
35:12pas par le parlement lui-même
35:13par le gouvernement
35:14vous le savez
35:15en vertu de la séparation des pouvoirs
35:16et donc oui
35:17on aurait pu éviter
35:18ce qui s'est passé aujourd'hui
35:18on aurait pu l'éviter
35:20on aurait dû l'éviter
35:20on avait déjà ce débat
35:22l'année dernière
35:22et merci
35:23pourquoi on l'a pas réglé
35:24enfin je ne sais pas
35:25il aurait fallu pour le coup
35:28que le gouvernement
35:29arrête d'avoir peur
35:30et de Sophie Binet
35:31et de la gauche mélenchonisée
35:32et se fasse
35:33et bien justement
35:33on va l'écouter
35:34Jean-Luc Mélenchon
35:35parce que très intéressant
35:36merci d'avoir été avec nous
35:37ce soir
35:38très intéressant
35:38d'entendre que
35:39finalement il y a deux visions
35:40de l'économique
35:41ceux qui veulent travailler
35:42plus se lever tôt
35:44et ceux et bien
35:44qui pensent que le 1er mai
35:45c'est sacré
35:46comme Jean-Luc Mélenchon
35:47il a d'ailleurs
35:49déclamé aujourd'hui
35:49un nouveau slogan
35:51au lieu qu'on soit
35:54en train de le faire
35:55et d'obliger les puissants
35:57à écouter la voix du peuple
35:59et que demandent
36:00tous ces manants
36:01que veulent ces gueux
36:04travaillez moins
36:05et gagnez davantage
36:06oui oui
36:07exactement
36:08alors ça
36:09ils ne peuvent pas
36:09le comprendre
36:10et c'est d'ailleurs
36:12pour eux
36:12tellement insupportable
36:14que ce 1er mai
36:15et cette date
36:16qu'est-ce que vous croyez
36:18que c'est
36:18sinon comme un drapeau
36:20comme un cri
36:22comme un message
36:23qui s'est déployé
36:25à travers le temps
36:26depuis 1889
36:29voilà on connaissait
36:30travailler plus
36:30pour gagner plus
36:31désormais c'est
36:32travailler moins
36:33pour gagner davantage
36:34bonsoir Clémentine Autain
36:35vous êtes députée
36:36de la Seine Saint-Denis
36:37cofondatrice
36:38du mouvement
36:39l'après
36:39vous avez donc quitté
36:40la France insoumise
36:41et néanmoins
36:42est-ce que vous êtes d'accord
36:43avec votre ancien leader
36:44c'est possible
36:44travailler moins
36:45pour gagner davantage
36:46toute la gauche
36:47et les écologistes
36:49défendent le maintien
36:50de ce 1er mai
36:51qui est le seul jour férié
36:53échaumé
36:53et ce depuis 1947
36:55donc oui
36:56nous y tenons
36:57et supprimer un jour férié
36:59il faut se le dire
36:59c'est intensifier
37:00le travail
37:01c'est nuire
37:02au temps de repos
37:04aussi à la synchronisation
37:05de nos vies
37:06et c'est enfin
37:08s'attaquer
37:08à l'histoire
37:09du mouvement ouvrier
37:10un symbole immense
37:11puisque le 1er mai
37:12et j'étais tout à l'heure
37:13dans la manifestation
37:14c'est aussi le jour
37:15de mobilisation
37:16des travailleuses
37:16et des travailleurs
37:17à l'échelle internationale
37:19alors dans un instant
37:20je vais vous laisser répondre
37:21à Arnaud Montebeau
37:22mais Jean-Luc Mélenchon
37:22propose aussi
37:23de rajouter des jours fériés
37:257 jours fériés supplémentaires
37:26dont le 16 janvier
37:28en référence
37:28à la publication de 82
37:30de la 5ème semaine
37:31de congé payé
37:32le 4 février
37:33en commémoration
37:34du vote
37:35en l'abolition
37:36de l'esclavage
37:37bref il y en a énormément
37:387 jours fériés
37:39le 8 mars
37:40ça vous êtes d'accord
37:42tous les deux
37:42il faudrait plus
37:43ou moins de jours fériés
37:44la France
37:45est dans la moyenne européenne
37:47il y a entre 10
37:47et 13 jours fériés
37:49dans tous les pays européens
37:50on est à 11
37:51on est à 11
37:52on est une grande puissance économique
37:54je pense qu'on peut faire mieux
37:55on est une grande puissance économique
37:57en train de s'écrouler
37:57c'est ça le problème
37:59certes
37:59et non mais c'est ça le problème
38:00ça je suis bien d'accord
38:01sur le fait que
38:02c'est ça le problème
38:03c'est qu'il va falloir quand même
38:04qu'on paye
38:06nos retraites
38:06notre modèle social
38:07rembourser la dette
38:09et donc comment on fait
38:10si on ne travaille pas
38:10et on travaille moins
38:11deux éléments
38:12pour répondre à ça
38:14le premier c'est que
38:15en réalité
38:16quand on a fait les 35 heures
38:17et vous vous en souvenez
38:19c'est le dernier moment
38:20où on a
38:22mis sur
38:23enfin
38:24permis de faire reculer
38:25le chômage
38:26et donc en faisant reculer le chômage
38:27c'est aussi des gens
38:28qui dans l'emploi
38:29permettent de cotiser
38:31pour venir
38:34consolider notre modèle social
38:35ça c'est la première chose
38:36et la deuxième
38:37vous en parliez tout à l'heure
38:38c'est de mettre à contribution
38:39les rentiers
38:40dans ce pays
38:41et les rentiers
38:41ce sont toute une série
38:43de grands groupes économiques
38:44qui font des profits
38:46faramineux
38:46des gains de productivité
38:47qui ne vont jamais
38:48dans la poche des salariés
38:49qui ne vont même pas
38:49dans l'investissement
38:51dans l'appareil productif
38:52et je pense que ça
38:53vous y êtes sensible
38:54et donc ce dont on a plus
38:55les moyens aujourd'hui
38:56c'est d'avoir des groupes
38:57comme Total
38:58qui font des profits
39:00sur le dos de la guerre
39:02et sur le dos des vaches à lait
39:03que nous sommes devenus
39:04et je crois que c'est là
39:06qu'il y a la possibilité
39:08de transformer
39:09notre économie
39:10pour la mettre au service
39:11des accords sur l'affaire Total
39:12parce que c'est des rentes
39:13de guerre inadmissibles
39:15et qu'en plus
39:15ça peut être traité
39:16de façon européenne
39:17et on regrette que la France
39:18ne soit pas joint
39:19aux autres pays
39:19qui l'ont demandé
39:20mais là on a
39:22en 1965
39:25il y avait 4 actifs
39:27pour un retraité
39:28en 25
39:29c'est-à-dire l'année dernière
39:30c'est 1,7 pour un retraité
39:34donc on n'est plus assez
39:34pour travailler
39:35donc il faut qu'on
39:35se remette à travailler
39:36et notre taux d'emploi
39:38global
39:39est de 68%
39:40en Allemagne
39:4178%
39:42ça veut dire qu'on n'est pas
39:42assez nombreux
39:43à travailler
39:44donc non seulement
39:45on n'est pas assez nombreux
39:46pour payer tout ça
39:48mais en plus
39:50on a remboursé
39:51ce qu'on a payé par la dette
39:52puisqu'on n'était pas
39:53assez nombreux pour le payer
39:53donc comment on fait ?
39:55Il y a plusieurs éléments nouveaux
39:57d'abord travailler
39:58pour quoi ?
39:59pour produire quoi ?
40:00et je pense qu'il faut aussi
40:02raisonner
40:02dans le cadre
40:03d'une crise climatique
40:04qui impose
40:05que ce que nous produisons
40:06soit protecteur
40:07des limites de la planète
40:09donc déjà je pense
40:09qu'il faut aussi
40:11qu'on raisonne
40:11dans un nouveau champ
40:13qui est celui
40:14du 21ème siècle
40:15et qui nécessite
40:17un changement
40:17dans ce pour quoi
40:18on produit
40:20et combien
40:20quelle est la masse
40:21aussi de ce que nous produisons
40:22donc ça c'est un premier élément
40:23qui est nouveau
40:24vous avez parlé tout à l'heure
40:25de l'IA
40:26c'est aussi un autre élément
40:27qui est tout à fait nouveau
40:28ça c'est le problème
40:29qui arrive en plus
40:30qui va être très destructeur
40:30c'est bien anticipé
40:31c'est bien anticipé
40:32pour moi un état
40:33alors vous avez des propositions
40:33à ce sujet ?
40:34moi je suis pour un état
40:37planificateur
40:37qui est capable
40:38d'anticiper
40:38justement
40:39les transformations
40:40et pas de les subir
40:41donc qu'est-ce qu'on fait
40:42de l'IA ?
40:42est-ce qu'on le maîtrise ?
40:44dans quelle mesure
40:44il va transformer
40:45notre rapport à l'emploi ?
40:47est-ce qu'il va nous permettre
40:47de gagner du temps
40:49et donc de mieux
40:49le partager ?
40:51ces questions-là
40:52il faut les ouvrir
40:53mais moi je suis
40:54pour que les progrès
40:55technologiques
40:56ne se transforment pas
40:57en catastrophes
40:58pour l'emploi
40:59en catastrophes
41:00pour les relations humaines
41:02et c'est aujourd'hui
41:03ce qui est en train
41:03de se passer
41:04parce que c'est le système
41:05capitaliste
41:06qui décide
41:06de ce qu'on fait l'IA
41:07et non pas
41:08nous toutes et tous
41:10dans justement
41:11une approche
41:12démocratiquement décidée
41:13on va falloir rentrer
41:14dans le détail un jour
41:15bien sûr
41:15rentrer dans le détail
41:16surtout
41:16et prendre un exemple concret
41:18je vous le propose
41:18Arnaud
41:19et je vous le propose
41:20Clémentine Autain
41:20puisque ce matin
41:21il y a un boulanger
41:23en Isère
41:24qui a voulu ouvrir
41:25sa boutique
41:26et le Premier ministre
41:27Sébastien Lecornu
41:27lui avait dit
41:29il n'y aura absolument
41:30pas de problème
41:31le gouvernement
41:31avait assuré
41:32que vous pourriez
41:32ouvrir avec vos salariés
41:34bonjour
41:34bonsoir Eric
41:36et mieux
41:36qu'est-ce s'est-il passé
41:38ce matin
41:38à 8h30
41:41bonjour
41:43à 8h30
41:44j'ai deux inspecteurs
41:45du travail
41:46qui sont entrés
41:47dans la boutique
41:48et qui m'ont dit
41:49que théoriquement
41:51je n'avais pas le droit
41:52d'ouvrir
41:53ce jour
41:54je n'avais pas le droit
41:55d'avoir de salarié
41:56et qu'on aurait dit
41:58qu'on avait eu
41:59l'accord du Premier ministre
42:00et ils m'ont dit
42:01que comme ce n'était
42:02pas une loi
42:03qui avait été votée
42:04je n'avais pas le droit
42:06vous avez 5 salariés
42:08monsieur
42:08à combien s'élève
42:10cette amende
42:11que vous allez devoir
42:11peut-être payer
42:13on ne sait pas
42:14on a entendu dire
42:16que l'amende
42:17c'était 750 euros
42:18par salarié
42:20c'est ça
42:21par salarié
42:22et quand on multiplie
42:23par le nombre de salariés
42:24ça va faire une somme
42:26c'est important quand même
42:28je crois que vous avez eu
42:29le Premier ministre
42:29au téléphone
42:30Sébastien Lecornu
42:31que vous a-t-il dit
42:32et pourquoi
42:33est-ce que vous avez tenu
42:34à ouvrir votre boulangerie
42:38bah oui
42:38j'ai eu Sébastien Lecornu
42:40qui m'a appelé
42:40à midi et demi
42:42pour me soutenir
42:43et pour me dire
42:44qu'il nous soutenait
42:46dans cette
42:47dans cette démarche
42:48et que
42:50il m'a dit
42:51que s'il y avait
42:51il y aurait eu une amende
42:52et bien
42:53il ferait tout le nécessaire
42:54pour qu'on ait
42:56et pas à la payer
42:57Clémentine Attin
42:58je vous vois effectivement
42:59les yeux
42:59extrêmement choqués
43:01je suis extrêmement choqués
43:02d'abord
43:02je veux dire
43:04que la loi
43:05doit s'appliquer
43:06et qu'un Premier ministre
43:07garantisse à quelqu'un
43:08que
43:09la loi ne va pas l'être
43:11est quand même
43:11un problème
43:12dans le rapport
43:12à l'état de droit
43:14dont
43:14les responsables
43:16politiques
43:16doivent être les garants
43:17donc je suis choquée
43:19de la même manière
43:19d'ailleurs
43:20qu'un communiqué de presse
43:21avait été émis
43:22par le gouvernement
43:24disant que
43:24en gros
43:25la loi ne serait pas
43:26respectée
43:27la loi actuelle
43:28ne serait pas respectée
43:29qui permet aux artisans
43:30boulangers
43:31de travailler
43:32mais pas aux salariés
43:33de travailler
43:34le 1er mai
43:35et c'est sous la pression
43:37de mon groupe
43:38et des syndicats
43:39qui ont déposé
43:40un recours
43:40et ils ont dû
43:41reculer
43:42mais c'est quand même
43:42extrêmement grave
43:44alors je voudrais quand même
43:44signaler que
43:45si on regarde les chiffres
43:47c'est 22 boulangeries
43:48sanctionnées sur
43:4935 000 enseignes
43:50donc en réalité
43:52c'est infime
43:54ce qui vous arrive
43:54monsieur
43:55c'est infime
43:55parce qu'il y a peu
43:56d'inspecteurs du travail
43:57parce que
43:58la loi n'est
43:59en réalité
44:00pas vraiment respectée
44:01et quand il y a
44:02une verbalisation
44:04il y a rarement
44:05la sanction
44:05qui arrive derrière
44:06et néanmoins
44:06on punit Arnaud Montebourg
44:08d'abord
44:09je veux vous adresser
44:09monsieur
44:10mes salutations
44:11mes encouragements
44:12vous êtes un boulanger
44:14qui avait écouté
44:14le premier ministre
44:15qui a dit
44:16il n'y aura pas de verbalisation
44:17cette année
44:17c'est tombé sur vous
44:18il y en a eu 22
44:19bon
44:20moi je vais vous dire
44:21je ne suis pas du tout choqué
44:22contrairement à Clémentine Autain
44:23que le premier ministre
44:24fasse respecter
44:24ses engagements juridiques
44:26d'abord
44:26parce que cette histoire
44:27de boulangerie
44:28on n'y comprend rien
44:29depuis 1919
44:31c'est un cirque incroyable
44:32vous avez des départements
44:33où on verbalise
44:34les départements
44:35on verbalise pas
44:35les préfets autorisent
44:36les préfets n'autorisent pas
44:37donc qu'est-ce qu'attend
44:39le parlement
44:39pour se mettre d'accord
44:40sur quelque chose
44:41d'assez simple
44:41la boulangerie
44:42c'est un bien nécessaire
44:43des tas de cafés à Paris
44:45vous êtes allés
44:45cet après-midi
44:46certainement
44:46Clémentine Autain
44:47prendre un café
44:48qui sont ouvertes
44:49parce que c'est la continuité
44:51des besoins essentiels
44:53c'est comme ça
44:53que dit la loi
44:54depuis un siècle
44:55et bien c'est
44:56la boulangerie à Grenoble
44:57est aussi nécessaire
44:58qu'à Paris
44:58je ne sais pas où
44:59donc les salariés
45:01qui arbitrent
45:02et franchement
45:02la proposition de loi
45:03les salariés peuvent dire
45:05je travaille pas
45:06je travaille
45:07mon salaire est doublé
45:08et dans certains secteurs
45:10on peut l'admettre
45:10mais vous vivez
45:11dans quel monde
45:12où il y a du volontariat
45:13mais le rapport salarié
45:15est un rapport
45:15de subordination
45:16Arnaud Montebourg
45:17et vous le savez
45:18vous êtes subordonné
45:19vous n'êtes pas dans un rapport
45:20d'égal à égal
45:21si vous avez un patron
45:22qui vous dit
45:22je veux ouvrir le magasin
45:23monsieur Clément
45:24je termine
45:25les salariés de monsieur
45:26étaient volontaires
45:27mais comment pourrait-il
45:28ne pas l'être ?
45:29vous pensez qu'on est
45:30dans un rapport
45:30d'égalité
45:31quand les chaînes
45:32écoutez monsieur
45:33je termine
45:33monsieur dit
45:33mes salariés
45:34voulaient travailler
45:35qu'est-ce qu'il en est
45:36de vos salariés monsieur ?
45:38qu'est-ce qu'ils vous ont dit ?
45:39ce serait bien
45:40qu'ils s'expriment
45:40je n'étais d'accord
45:41pour travailler
45:41je ne les ai jamais
45:42obligés à travailler
45:43mais vous savez pourquoi
45:44ce monsieur
45:45dit une chose essentielle
45:47le travail d'abord
45:48c'est pas le bagne
45:49et surtout
45:50c'est une famille
45:52c'est pas une usine
45:54donc on revient
45:55à l'ancienne
45:56c'est-à-dire
45:56on travaille quand on veut
45:57c'est nos limites
45:58mais il y a des limites
46:00le salaire est doublé
46:01les horaires sont connus
46:03il y a des contrôles
46:04mais arrêtez
46:06vous vivez dans un monde
46:07qui n'est pas
46:08la réalité du rapport salarial
46:09qui est un rapport
46:10de subordination
46:11quand vous aurez
46:12Interflora
46:13Marie Blacher
46:14toutes les grandes chaînes
46:15qui vont ouvrir
46:16il n'y aura pas
46:17de
46:17comment dire
46:18de choix libre
46:19des salariés
46:20de venir
46:21ou de ne pas venir
46:22donc soit on veut
46:23remettre en cause
46:24casser cette affaire
46:25des jours fériés
46:26on ne bouge pas
46:27nos salariés
46:27à travailler
46:29écoutez-le
46:29ça c'est le vrai monde
46:30merci
46:31non le vrai monde
46:32je vais vous dire
46:33quel est le vrai monde
46:33c'est que les gens
46:34aujourd'hui
46:34ils sont tellement pris
46:35à la gorge
46:36avec des salaires si bas
46:37les boulangers
46:38ils ont des problèmes
46:39c'est l'énergie
46:39c'est pas le 1er mai
46:40et donc effectivement
46:41si on ne règle pas
46:42le problème de l'énergie
46:43et des salaires
46:43merci Clément Cinotan
46:45effectivement
46:45le choix de Montrain
46:47c'est d'aller travailler
46:47et merci à vous
Commentaires