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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo
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00:00:00Ma chronique.
00:00:01Vous êtes allée chez le coiffeur et vous vous la racontez.
00:00:04Il est 19h, ravie de vous retrouver ma chère Audrey.
00:00:08Je suis fautif.
00:00:10Les infos du soir Audrey.
00:00:13Bonsoir à tous.
00:00:14Le détroit d'Ormuz est au cœur de la guerre.
00:00:1720% du pétrole mondial, je le rappelle, transite par cet endroit.
00:00:20Suite au blocus imposé par les Etats-Unis,
00:00:23le commandement central américain a annoncé
00:00:26que plus de 10 000 marins, marines et aviateurs américains
00:00:29exécutent la mission de bloquer les navires entrants et sortants
00:00:32des ports iraniens au cours des 24 premières heures.
00:00:35Aucun navire n'a réussi à franchir le blocus américain, selon eux.
00:00:39Les premiers pour parler entre le Liban et Israël ont débuté.
00:00:43Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio,
00:00:45a appelé à saisir une occasion historique en vue d'une paix durable au Liban.
00:00:49Ce sont les premiers pour parler direct entre les deux pays depuis 1993.
00:00:54Des représentants du Liban et d'Israël sont présents,
00:00:57mais avec un grand absent, le Hezbollah,
00:00:59ce qui réduit bien sûr les perspectives d'accord.
00:01:02En France, l'Assemblée nationale a rendu hommage à Cécile Collère et Jacques Paris.
00:01:07Ils ont été libérés après plus de trois ans de détention arbitraire en Iran.
00:01:11Leur portrait avait été installé sur les grilles du Palais Bourbon le 25 mars 2025
00:01:15et ont été donc retirés ce matin.
00:01:18Le ministre de l'Intérieur veut interdire le concert du rappeur américain Kenny West
00:01:23en raison de ses propos antisémites.
00:01:25Laurent Nunez se dit très déterminé.
00:01:27Le concert est prévu le 11 juin au Stade Vélodrome à Marseille.
00:01:31Le ministre étudie toutes les possibilités pour interdire l'unique concert en France du rappeur.
00:01:36Et enfin, l'Espagne lance officiellement ce mardi un vaste plan de régularisation de sans-papier.
00:01:42Près d'un demi-million de personnes pourraient en bénéficier,
00:01:45selon le Premier ministre Pedro Sanchez.
00:01:47Merci ma chère Audrey.
00:01:50Au sommaire ce soir, rencontre historique entre Israël et le Liban
00:01:54sous l'égide des Américains à Washington.
00:01:5740 ans que les pays ne s'étaient pas rencontrés officiellement.
00:02:01Le Liban réclame un cessez-le-feu, mais Israël demande le désarmement du Hezbollah,
00:02:07le décryptage de Charlotte Dornelas.
00:02:09D'ailleurs, c'est sur ces négociations historiques qu'interviendra notre invité,
00:02:13Samy Gemayel, député et chef du parti KATEB, un parti souverainiste anti-Hezbollah.
00:02:18Il appartient à l'une des familles politiques maronites les plus influentes du Liban.
00:02:23Nous lui demanderons quelle est la position du Liban vis-à-vis des négociations avec Israël.
00:02:29Au regard de la relation historique avec la France,
00:02:31comment se fait-il que la France soit absente de ces négociations à Washington ?
00:02:35Les participants auraient-ils refusé la présence de la France ?
00:02:41Samy Gemayel répondra aux questions de Charlotte Dornelas.
00:02:46La passe d'armes entre Donald Trump et le pape aurait-elle des conséquences sur son électorat ?
00:02:52De quoi le face-à-face entre les deux hommes est-il le nom ?
00:02:56En quoi révèle-t-il un choc de vision irréconciliable ?
00:02:59D'un côté, la logique de puissance, de force et d'ingérence.
00:03:03De l'autre, une mission spirituelle fondée sur la paix et la fraternité.
00:03:08Ce n'est pas qu'un conflit d'hommes, mais une opposition entre réalisme politique et idéal chrétien.
00:03:14L'édito de Mathieu Bocoté.
00:03:17Face à l'envolée des prêts du carburant, le gouvernement veut plafonner les marges des distributeurs.
00:03:23L'exécutif cherche à éviter les surprofits en cette période de guerre en Iran.
00:03:27Le mécanisme prévu vise à maintenir les marges à leur niveau d'avant le déclenchement du conflit.
00:03:33Mais pendant ce temps, comment comprendre qu'en Italie, Allemagne, Portugal, Suède, Pologne, Grèce, Irlande,
00:03:43ces pays baissent le prix du carburant, sauf en France, le regard de Marc Menon.
00:03:49La Hongrie célèbre encore la défaite de Viktor Orban.
00:03:54Cette défaite signe-t-elle la fin du conservatisme européen ou sa transformation ?
00:04:00Si Viktor Orban avait vu juste sur l'immigration et l'identité, ce sont ses dérives qui l'ont affaibli.
00:04:08La droite de demain sera-t-elle identitaire, libérale, démocratique ?
00:04:13Devra-t-elle se reconstruire sans excès ni dépendance dans un cadre européen renouvelé ?
00:04:18L'édito de Mathieu Bocouti.
00:04:21Et puis Nicolas Provo-Monti sort son tout premier livre.
00:04:24Le directeur de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie nous a réservé l'exclusivité
00:04:28pour son livre qui sort demain avec Immigration, mythes et réalité.
00:04:33Il démonte point par point les mythes les plus répandus sur l'immigration en France.
00:04:39La France a-t-elle, oui ou non, toujours été un pays d'immigration ?
00:04:42N'y a-t-il vraiment pas plus d'immigration aujourd'hui qu'hier ?
00:04:46L'immigration est-elle tellement réellement indispensable pour sauver les retraites et combler les emplois en tension ?
00:04:52L'immigration a-t-elle un impact positif sur l'emploi, les finances publiques, l'école, le logement, la santé,
00:04:58la sécurité ?
00:04:59Le livre inédit sur les mythes et réalités de l'immigration en France
00:05:04avec Nicrolab Provo-Monti pour son premier livre dans Face à l'info ce soir.
00:05:09Une heure pour tout se dire avec nos mousquetaires et sans tabou.
00:05:14Et c'est parti !
00:05:27D'abord ce matin, Boalem Sansal était l'invité de la matinale de Public Sénat
00:05:32face à un homme retenu et emprisonné pendant un an dans les geôles algériennes.
00:05:37La journaliste qui l'a interviewée a eu l'indécence, on peut dire ça, de demander à l'écrivain publié
00:05:43chez Grasset
00:05:45s'il n'était pas, je cite, d'extrême droite.
00:05:48Écoutez cet échange et on fait un tour de table.
00:05:51Et vous lisez les questions qui se posent parce que vous avez rejoint Grasset qui est dirigé par Bolloré.
00:05:56Vous donnez des interviews à plusieurs médias d'extrême droite.
00:05:59Grasset n'est pas dirigé par Bolloré.
00:06:01Grasset est sous le contrôle de Bolloré.
00:06:03L'actionnariat.
00:06:06Vous donnez des interviews à plusieurs médias d'extrême droite.
00:06:09Est-ce que juste Boalem Sansal, vous êtes en train de glisser vers une droite radicale, vers l'extrême droite
00:06:14?
00:06:14Pas du tout.
00:06:15Moi je suis Boalem Sansal, j'ai ma ligne.
00:06:19Je ne suis ni de ceci ni de cela.
00:06:22Que comprendre Gabriel Cluzel ?
00:06:24Moi je me demande s'il y a un otage par le passé,
00:06:27parce qu'il faut se souvenir qu'il a passé des mois et des mois dans des geôles algériennes,
00:06:32a été si mal traité à son retour.
00:06:36C'est quand même assez hallucinant.
00:06:38Je ne crois pas qu'on aurait dit à Solzhenitsyn la même chose, disons-le.
00:06:44Et là, parce qu'il a changé d'éditeur, c'est interdit.
00:06:47Je ne sais pas, c'est nouveau, c'est d'extrême droite de changer d'éditeur ?
00:06:49Il faut le dire parce qu'il y a beaucoup d'écrivains dans leur vie qui ont changé d'éditeur.
00:06:53Donc c'est vrai que c'est proprement ahurissant.
00:06:55Alors maintenant, Grasset, c'est d'extrême droite, voilà, sachez-le.
00:06:59Donc c'est quand même, on va très très loin, très très loin.
00:07:03Mathieu Bocoté, ensuite Marc et Richard.
00:07:05Alors pour la petite histoire, Grasset, si je ne me trompe pas, est l'éditeur historique de BHL,
00:07:09Bernard-Henri Lévy, de Pascal Bruckner et de tant d'autres.
00:07:13Donc je comprends pour cette journaliste de public, c'est là que passer chez Grasset,
00:07:16c'est passer à l'extrême droite avec Bernard-Henri Lévy.
00:07:20Première, ou avec Pascal Bruckner, première question.
00:07:23Deuxième élément, je note, et là-dessus j'aurai un petit désaccord avec Gabriel,
00:07:28que oui, on l'a fait à Solzhenistin ça aussi.
00:07:30Dès lors que le dissident n'est pas le bon.
00:07:32On s'imagine un dissident idéal dans nos têtes.
00:07:34Donc c'est normalement une forme de progressiste de centre-gauche en culotte courte
00:07:37qui répète ce qu'on entend dans l'Ibé.
00:07:39Et là on tombe avec Solzhenistin, rappelez-vous à l'époque,
00:07:41il était patriote russe et orthodoxe, profondément chrétien, profondément orthodoxe.
00:07:46Le dissident n'était pas le bon.
00:07:48Dès lors, on l'a fascisé.
00:07:49Qu'est-ce qu'on voit avec Boilem sans salle ?
00:07:53Eh bien ce n'est pas exactement le dissident idéal qu'on pourrait trouver selon l'Ibé.
00:07:58Donc qu'est-ce qu'ils font ?
00:07:58Ils le fascisent, ils le diabolisent, ils cherchent à le détruire.
00:08:01Donc c'est une entreprise presque consciente de destruction de sa réputation.
00:08:06À partir de quelle base ?
00:08:07Parce qu'il est contaminé.
00:08:09Il touche ceux qu'il ne devrait pas toucher.
00:08:11Il accepte d'échanger avec Philippe de Villiers.
00:08:13Il se retrouve donc chez Grasset, chez Bollorien, de guillemets.
00:08:16Là, vous devez prononcer ça avec la musique de Star Wars la plus terrifiante.
00:08:19Donc on peut être Wagner, pourquoi pas ?
00:08:21Alors quoi qu'il en soit, on est véritablement dans une logique de destruction de réputation classique à gauche.
00:08:26Marc Menand, vous qui avez beaucoup défendu Boilem sans salle aussi.
00:08:29Bah oui, mais justement, il faut l'avoir lu.
00:08:32Apparemment, elle ne l'a pas lu.
00:08:33C'est-à-dire qu'on est là confronté à l'inculture.
00:08:36Alors quand malheureusement, on n'a pas les éléments intellectuels,
00:08:40on cherche à faire le buzz.
00:08:43Et là, ce qui est quand même terrible,
00:08:45c'est que quand vous mettez l'étiquette Bolloré sur Grasset,
00:08:49Grasset est dirigé depuis des années par un homme
00:08:52qui est loué dans le monde de l'édition qui s'appelle Pierre Nora.
00:08:57J'ai cherché, j'ai fouiné, il est toujours le patron, il est toujours le boss.
00:09:01À partir de là, entre des gens qui mettent de l'argent
00:09:04pour acheter des sociétés et puis la réalité de la société
00:09:08sont des choses totalement différentes.
00:09:11Je ne pense pas qu'à M. Nora, on puisse imposer quoi que ce soit.
00:09:15Et que M. Nora ait choisi d'avoir dans son écurie,
00:09:20si je puis utiliser ce terme, Boilem sans salle,
00:09:23eh bien c'est servir sa maison d'édition.
00:09:26Et Boilem sans salle, avec quelques différents,
00:09:28avec son éditeur Guillemard,
00:09:30il s'en est expliqué, estimant,
00:09:32que Gallimard avait été un peu mou dans sa défense
00:09:35en étant conciliant vis-à-vis du pouvoir algérien.
00:09:39Charlotte Dornelas, Boilem sans salle, est-il d'extrême droite ?
00:09:44Je précise que Pierre Nora a quitté les éditions Grasset,
00:09:48mais simplement...
00:09:49Olivier Nora, Pierre Nora et Pierre Nora.
00:09:51Oui, Olivier Nora.
00:09:52Oui, aujourd'hui, Olivier Nora.
00:09:54Pardon, Olivier Nora.
00:09:54Merci Mathieu.
00:09:57Je vais donner simplement un livre qui a été publié chez Grasset
00:10:01sans que cette question ne soit posée aux auteurs.
00:10:03C'est Une nuit en France.
00:10:05Vous vous souvenez de ce livre sur l'affaire Crépole
00:10:06qui a été encensé partout dans la presse
00:10:08mais qui n'a pas trouvé de lecteur ?
00:10:09Eh bien, c'était édité chez Grasset.
00:10:11Je crois que personne, aucun journaliste au monde
00:10:14n'a posé la question du positionnement de Bolloré
00:10:16par rapport à l'affaire Crépole
00:10:17ou par rapport au positionnement d'extrême droite des auteurs.
00:10:20Donc, on comprend par le biais de cette question
00:10:23qu'en effet, le but est de tuer Boilem Sansal,
00:10:26tuer symboliquement, évidemment, Boilem Sansal
00:10:28qui, en sortant des geôles algériennes,
00:10:31continue à tenir le même discours sur le pouvoir algérien
00:10:33qu'on nous avait expliqué qui n'était pas le bon
00:10:35pendant la détention de Boilem Sansal.
00:10:37Donc, il ne s'est pas rangé au récit officiel
00:10:41sur sa propre détention
00:10:42et ça, ça ne lui est pas pardonné.
00:10:45Merci beaucoup pour ce regard
00:10:47à propos de Boilem Sansal,
00:10:49jugé, je cite, d'extrême droite.
00:10:51Dans un instant, on parlera de ce moment historique
00:10:54qui se passe à Washington
00:10:55où Israël et le Liban se rencontrent.
00:10:58On aura un intervenant très spécial,
00:11:01M. Gemmael, qui interviendra du Liban sur ce sujet
00:11:04avec peut-être des révélations ce soir.
00:11:07On en parle dans un instant.
00:11:08D'abord, Mathieu, à côté,
00:11:09le choc entre le pape Léon XIV et Donald Trump
00:11:13était-il prévisible ?
00:11:14À tout le moins, il se déroule sous nos yeux.
00:11:17Faut-il y voir un choc de personnalité
00:11:18ou de philosophie ?
00:11:20Sommes-nous sous une forme nouvelle, inédite,
00:11:22devant une querelle entre le pape et l'empereur
00:11:25qui s'en tirait peut-être le plus abîmé de cette polémique ?
00:11:29Alors, on est témoin d'une querelle.
00:11:30Alors, si on veut être méchant,
00:11:31on dira qu'on est devant une querelle d'Américains.
00:11:33C'est-à-dire deux visions différentes de l'Amérique
00:11:36qui s'affrontent.
00:11:37Mais puisque nous sommes devant deux hommes
00:11:39qui ont des fonctions absolument différentes,
00:11:41qui sont porteurs de visions du monde
00:11:43aussi absolument différentes,
00:11:44il faut aller au-delà de ce duel version Far West
00:11:47entre deux hommes importants sur la scène du monde.
00:11:50Alors, le point de départ, on le sait,
00:11:51c'est à propos de l'intervention en Iran.
00:11:54Et le pape en a appelé à la paix,
00:11:55ce qui est plutôt traditionnel chez un pape.
00:11:58C'est assez étonnant que le pape en appelle à la guerre,
00:12:01sauf à la guerre sainte, il y a quelques siècles,
00:12:02il y a longtemps.
00:12:03C'est plus vraiment à la mode aujourd'hui.
00:12:06Donc, Trump est assez sévère en endroit du pape.
00:12:08Et que dit-il, notamment sur son réseau social,
00:12:10« Truth Social », il dit « Je ne suis pas un grand fan
00:12:13du pape Léon XIV, très libéral. »
00:12:15Il est très libéral, il est même, comme on dit
00:12:17en politique américaine, « soft on crime ».
00:12:19Donc, il n'est pas ferme dans la volonté
00:12:21de lutter contre la criminalité.
00:12:23Je ne savais pas que le pape Léon XIV
00:12:25était « soft on crime », comme on dit, mais bon.
00:12:28Ensuite, Trump lui reproche de faire joujou
00:12:30avec un pays qui souhaite se doter de l'arme nucléaire.
00:12:33Ça, alors, c'est déjà autre chose.
00:12:34Il peut considérer que le pape est suffisamment conscient
00:12:37du danger représenté par l'arme nucléaire
00:12:38si elle était possédée par l'Iran.
00:12:40Ça, c'est déjà autre chose.
00:12:41Mais il va plus loin, il dit « il est proche
00:12:43des gens de Barack Obama et de la gauche radicale ».
00:12:45Et là, il termine, « je ne veux pas d'un pape
00:12:47qui critique le président des États-Unis
00:12:48car je fais exactement ce pour quoi j'ai été élu. »
00:12:51Bon, alors, Donald Trump peut ne pas vouloir
00:12:54que les gens le critiquent, mais il se peut
00:12:55que les gens veuillent le critiquer des fois.
00:12:57C'est ce qu'on peut appeler
00:12:57les désaccords normaux en démocratie.
00:13:00Et il y a eu ce petit moment
00:13:01qui va participer à cette querelle.
00:13:02On l'a vu lorsque Donald Trump a partagé
00:13:05une image que plusieurs ont jugée blasphématoire
00:13:07où il était dans une position soit de Dieu,
00:13:10soit du Christ, soit à la manière
00:13:12à tout le moins prenait la place du Créateur
00:13:14à la manière d'un grand Thomas d'urgence au monde.
00:13:16Certains, chez les chrétiens, ont été vexés par cela.
00:13:18Beaucoup même.
00:13:19Mais sur un point que j'aimerais leur rappeler,
00:13:21évidemment, l'esprit Charlie.
00:13:22On est prêt à tout représenter,
00:13:23même des choses comme celle-là.
00:13:25Cela dit, le pape a répondu.
00:13:27Il a dit qu'il n'a pas l'intention
00:13:28de débattre avec Donald Trump.
00:13:29Nous ne sommes pas devant une querelle
00:13:31où deux chefs décideraient d'échanger des arguments.
00:13:34Il ajoute qu'il s'inscrit dans la tradition de l'Église
00:13:37parmi les bienheureux des artisans de la paix.
00:13:40C'est la formule dans l'Évangile.
00:13:41Et il ajoute qu'il n'a pas peur de Donald Trump.
00:13:45Mais le « n'ayez pas peur »,
00:13:46c'est autrefois une formule de Jean-Paul II
00:13:47à propos des peuples dominés par le communisme.
00:13:50Donc, c'est une forme de clin d'œil à Donald Trump,
00:13:52comme si finalement les figures inquiétantes
00:13:54étaient passées de l'Est à l'Ouest.
00:13:55Je ne dis pas que je suis d'accord avec lui ici.
00:13:57Je me contente de recenser les choses.
00:13:59Alors, qu'est-ce qu'il y a derrière cette querelle?
00:14:01Il y a deux philosophies, deux tempéraments.
00:14:03Donald Trump d'abord.
00:14:05On le sait, on l'a compris, ce n'est pas un isolationniste.
00:14:07Tous ceux qui nous disaient
00:14:08« Président de la paix », « Président de la paix ».
00:14:10Manifestement, il a tout fait pour qu'on comprenne
00:14:11que ce n'était pas son registre.
00:14:13On peut être d'accord ou non, encore une fois.
00:14:15Mais la paix n'est pas le langage premier de Donald Trump.
00:14:18Ce n'est pas un néoconservateur non plus.
00:14:20Il faut le dire, ce n'est pas quelqu'un
00:14:21qui souhaite imposer par les bombardiers
00:14:23la démocratie partout à travers le monde.
00:14:25On est plutôt devant quelqu'un
00:14:26qui croit tout simplement
00:14:27à un empire américain hégémonique dans le monde.
00:14:31Certains en Europe se reconnaissent là-dedans.
00:14:33Ils se voient une forme d'empire occidental
00:14:34avec sa capitale à Washington.
00:14:35Mais on est devant une volonté impériale classique
00:14:38presque britannique,
00:14:39mais désormais un empire britannique
00:14:41déployé à la grandeur du monde
00:14:42avec le drapeau américain,
00:14:45impérial donc,
00:14:46avec une volonté de vassaliser ses alliés.
00:14:48On a eu l'occasion de le constater en Europe.
00:14:50Et on peut croire là-dedans
00:14:51qu'après 30 ans ou 40 ans
00:14:52d'humanitarisme progressiste
00:14:54dans la politique étrangère américaine ou ailleurs,
00:14:56dans le discours, pas dans les faits,
00:14:58il y a chez Trump une forme de jouissance de la force.
00:15:00Une jouissance de la force, c'est-à-dire
00:15:01« Je suis le plus fort,
00:15:03j'ai les moyens d'imposer ma volonté,
00:15:04il y en a marre des différentes organisations internationales
00:15:07qui contenaient ma légitime volonté
00:15:08d'imposer par la force
00:15:10les désirs et les aspirations des États-Unis. »
00:15:13Dès lors, le pape, qu'il se taisent,
00:15:15qu'il se taisent,
00:15:16c'est le vestige d'un monde ancien.
00:15:19Trump croit aussi au droit de conquête,
00:15:21un droit de prédation.
00:15:22On l'a vu avec le Groenland,
00:15:24mais ça va plus loin.
00:15:25Il croit au choc des empires.
00:15:26Et au choc des empires, on a compris,
00:15:28et Charlotte nous le disait très justement hier,
00:15:29qu'à travers l'Iran,
00:15:30la question, c'est le choc avec la Chine.
00:15:32C'est le choc avec la Chine,
00:15:33c'est-à-dire une volonté d'affronter la Chine
00:15:35qu'il voit comme le grand rival
00:15:36dans le siècle qui vient.
00:15:38Le président américain, je l'ai dit,
00:15:39croit à la force,
00:15:40on l'a vu en Iran,
00:15:41et il croit que la force est capable
00:15:43peut-être de faire tomber un régime,
00:15:44pas pour le démocratiser,
00:15:45mais pour transformer le pays
00:15:47en pays allié.
00:15:48Certains se demandent
00:15:49si Trump n'est pas devenu,
00:15:51n'est pas passé de César à Néron.
00:15:54C'est une inquiétude pour certains.
00:15:57Oui, non, continue.
00:15:58Je vais envoyer un petit SMS à Gabriel.
00:16:00Ah ben d'accord, excusez-moi.
00:16:03Donc, et de l'autre côté,
00:16:04le pape a une toute autre vision des chambres.
00:16:06C'est l'homme de la concorde universelle.
00:16:08À tout le moins,
00:16:09il y a cette aspiration
00:16:09de réconcilier les hommes
00:16:11à travers la figure de l'amour christique.
00:16:15C'est son rôle.
00:16:16Oui, exactement.
00:16:16Il croit la pacification des âmes.
00:16:18Par ailleurs,
00:16:18puisqu'il croit,
00:16:19comme tous les catholiques,
00:16:21au péché originel,
00:16:22il sait que la réconciliation des hommes
00:16:24n'est pas possible en ce monde.
00:16:26Il sait que nous sommes condamnés
00:16:27toujours à la tentation de la division,
00:16:28de la fracture du conflit.
00:16:30Il n'en demeure pas moins
00:16:31qu'il dit,
00:16:32mon rôle est de parler un autre langage
00:16:33que celui de la force.
00:16:35C'est le langage de la réconciliation des hommes,
00:16:37la capacité,
00:16:38avec cette attention spirituelle,
00:16:40à ne pas ouvrir les portes de l'enfer.
00:16:42Alors, chez les catholiques,
00:16:43il ne faut pas l'oublier,
00:16:44il y a une théorie de la guerre juste
00:16:45qui existe.
00:16:46Mais il ne faut pas en abuser non plus.
00:16:47Ils ne croient pas manifestement,
00:16:49à tort ou à raison,
00:16:50que nous sommes dans une situation
00:16:50de guerre juste aujourd'hui.
00:16:52À travers sa fonction,
00:16:53il faut aussi l'oublier
00:16:53qu'il est aussi le patron
00:16:55d'une institution
00:16:55qui est à peu près là
00:16:56depuis 2000 ans.
00:16:57Une institution qui se veut
00:16:59dans la continuité
00:17:00et de l'histoire universelle
00:17:01et de l'histoire occidentale.
00:17:02Et de ce point de vue,
00:17:03le choc entre le pape
00:17:04et Donald Trump,
00:17:05c'est un choc,
00:17:06ça réédite de manière nouvelle,
00:17:07je l'ai dit,
00:17:08la querelle entre le pape
00:17:09et l'empereur
00:17:10en deux rapports différents au monde,
00:17:11en deux autorités
00:17:12qui veulent surplomber
00:17:14les hommes
00:17:15d'une manière ou de l'autre.
00:17:16Et Donald Trump
00:17:16croit n'avoir,
00:17:17je crois comprendre,
00:17:18il croit qu'il n'y a
00:17:19qu'une seule autorité légitime
00:17:20en ce monde et en ce domaine
00:17:21et c'est la sienne.
00:17:22G.D. Evans,
00:17:24catholique lui-même,
00:17:25a affirmé
00:17:25que le pape devrait
00:17:27davantage parler de morale
00:17:29que de politique.
00:17:30Pardon ?
00:17:32Je m'en portais.
00:17:34Ah oui, madame.
00:17:34Il s'est dit
00:17:35qu'il doit parler
00:17:36davantage de morale
00:17:36que de politique.
00:17:37Ah oui, que de politique.
00:17:38Non, non, je vous en prie.
00:17:39Je vous remercie infiniment.
00:17:41Est-ce que ce n'est pas
00:17:41un conseil étonnant,
00:17:43Mathieu,
00:17:43de la part d'un catholique
00:17:45affiché comme Vance ?
00:17:46Alors, je me suis posé
00:17:47la question moi aussi.
00:17:48Je me suis dit franchement,
00:17:49de temps en temps,
00:17:50quand les papes parlent
00:17:50trop de politique,
00:17:51ça m'énerve un peu.
00:17:52Mais là, je me suis dit
00:17:53que j'étais un sale hypocrite.
00:17:54Pourquoi ?
00:17:55Parce que quand les papes
00:17:56disent ce que je veux
00:17:57entendre politiquement,
00:17:57je suis très heureux
00:17:58qu'ils le disent.
00:17:59Et quand ils disent autre chose
00:18:00que ce que je veux entendre,
00:18:01ils m'exaspèrent et j'aimerais
00:18:02qu'ils se contentent
00:18:02dans le domaine du spirituel
00:18:03et de la foi.
00:18:04Donc, prenons l'exemple.
00:18:05Jean-Paul II,
00:18:06son hostilité au communisme,
00:18:08quand il va dire
00:18:09n'ayez pas peur,
00:18:10quand il participe
00:18:11à la libération
00:18:12des peuples d'Europe,
00:18:13de l'Est,
00:18:13du joug communiste
00:18:14et soviétique.
00:18:15Franchement, on ne voulait pas
00:18:16de faire de la politique
00:18:16à sa manière à ce moment-là.
00:18:17Je pense que c'est
00:18:18une contribution exemplaire
00:18:19à la liberté des hommes
00:18:20au 20e siècle.
00:18:21Benoît XVI,
00:18:22lorsqu'il s'inquiétait
00:18:22pour la déchristianisation
00:18:23de l'Europe
00:18:24et qu'il avait le souci
00:18:25de l'identité du vieux monde,
00:18:26du vieux continent,
00:18:27est-ce qu'on lui en voulait ?
00:18:28Je ne crois pas.
00:18:29Le pape François,
00:18:30quand il sermonnait
00:18:30tout le monde
00:18:31sur la question migratoire
00:18:32et qu'il expliquait
00:18:33que l'avenir du monde
00:18:33était à l'extérieur de l'Europe,
00:18:35franchement, sur ce coup,
00:18:35j'aurais aimé qu'il se tase.
00:18:36J'étais très heureux
00:18:37que les deux premières fois,
00:18:46il serait peut-être bon,
00:18:47je leur prends la formule,
00:18:48de ne pas ouvrir
00:18:48les portes de l'enfer.
00:18:49Est-ce qu'on peut
00:18:50véritablement lui en vouloir ?
00:18:51En ces matières,
00:18:52je constate que nous aimons
00:18:53le pape lorsqu'il est d'accord
00:18:54avec nous
00:18:54et nous le souhaitons discret
00:18:56lorsqu'il ne l'est pas.
00:18:57C'est très humain,
00:18:57mais sa fonction est différente
00:18:59de la nôtre.
00:19:00Mathieu,
00:19:00vous avez une question inattendue.
00:19:02On sait qu'on trouve
00:19:03autour de Donald Trump
00:19:04des hommes habités
00:19:05par une psychologie apocalyptique
00:19:08qui guette la fin des temps.
00:19:10Est-ce que cela peut avoir
00:19:11peut-être une conséquence
00:19:12sur sa politique, selon vous ?
00:19:13Je crois.
00:19:14La tentation apocalyptique
00:19:15de la droite américaine
00:19:16n'est pas nouvelle.
00:19:17Rappelez-vous,
00:19:17la droite religieuse
00:19:18des années 80-90
00:19:19était habitée par cela.
00:19:20Mais là,
00:19:20elle est d'une forme nouvelle.
00:19:22On est devant des gens,
00:19:23des intellectuels.
00:19:23On en a déjà parlé d'ailleurs ici.
00:19:24Rappelez-vous,
00:19:25c'était Les Lumières Noires.
00:19:26Il y a un livre
00:19:27qui est paru récemment
00:19:27il y a quelques semaines
00:19:28sur ce stage chez Gallimard.
00:19:31Cette idée que l'ordre du monde
00:19:33serait cadenassé,
00:19:34verrouillé, étouffé
00:19:35et qu'il faudrait le balayer,
00:19:37le libérer
00:19:37pour que les forces créatrices
00:19:39et chaotiques
00:19:39fassent renaître
00:19:40autre chose,
00:19:41évidemment pilotée
00:19:42par la force américaine.
00:19:43Il n'est pas interdit
00:19:44de croire que lorsqu'il y a
00:19:45justement cette tentation
00:19:47de tout balayer
00:19:47pour qu'un chaos formateur
00:19:49fasse naître
00:19:50un nouvel ordre,
00:19:51il n'est pas interdit
00:19:51de croire qu'à travers
00:19:52cette période,
00:19:53nous pourrions connaître
00:19:54la tentation de l'abîme
00:19:55et même de la catastrophe.
00:19:56Il n'est peut-être pas inutile
00:19:57dans un tel contexte
00:19:58que le Saint-Père
00:19:59nous rappelle à l'ordre
00:20:00à sa manière
00:20:00en nous disant
00:20:01qu'il serait bien
00:20:01que les hommes
00:20:02ne s'entretuent pas
00:20:02sur Terre tout le temps.
00:20:05Merci Mathieu.
00:20:06Dans un instant,
00:20:07Samy Jemayel,
00:20:08député libanais
00:20:10en direct
00:20:10depuis le Liban
00:20:11sur cette question,
00:20:13cette visite,
00:20:14cette rencontre historique.
00:20:15On l'aura dans un instant.
00:20:17On marque une pause
00:20:17et on revient.
00:20:20Dans un instant,
00:20:21nous parlerons
00:20:22avec Charlotte Dornelas
00:20:24de cette rencontre historique
00:20:26entre Israël
00:20:27et le Liban
00:20:27sous l'égide
00:20:28des Américains
00:20:29à Washington
00:20:29et nous aurons
00:20:31Samy Jemayel
00:20:32qui est député libanais
00:20:33en direct du Liban
00:20:35justement
00:20:36pour pouvoir réagir
00:20:37et se poser la question
00:20:38du rôle de la France
00:20:40ou du non-rôle
00:20:41de la France
00:20:42dans ce sujet.
00:20:43D'abord,
00:20:44Marc Menand,
00:20:45face à l'envolée
00:20:46des prix du carburant,
00:20:47le gouvernement
00:20:48veut plafonner
00:20:49les marges
00:20:50des distributeurs.
00:20:51L'exécutif cherche
00:20:52à éviter les surprofits
00:20:53en cette période
00:20:54de guerre en Iran.
00:20:56Mais,
00:20:57pendant ce temps,
00:20:58qu'est-ce qu'on observe ?
00:20:59Les différents pays
00:21:01autour de nous,
00:21:01Espagne,
00:21:02Allemagne,
00:21:02Portugal,
00:21:03Suède,
00:21:03Pologne,
00:21:03Grèce,
00:21:04Irlande,
00:21:04baissent les prix du carburant
00:21:06sauf en France
00:21:07que comprendre.
00:21:09Alors déjà,
00:21:11l'information de cet après-midi,
00:21:14bloquer les marges,
00:21:16ne croyez pas
00:21:17que ça fait en sorte
00:21:19qu'à un moment,
00:21:20il y ait un prix maximum
00:21:21de l'essence.
00:21:22C'est-à-dire que l'essence,
00:21:24elle est liée
00:21:25aux déclarations
00:21:26de Donald Trump.
00:21:27C'est pourquoi,
00:21:28aujourd'hui,
00:21:29déjà,
00:21:29que savoir,
00:21:31que savoir par rapport
00:21:32à l'achat
00:21:33des tonnes
00:21:35de barils de pétrole
00:21:37par chaque compagnie,
00:21:38puisque chaque jour,
00:21:40ça varie.
00:21:41Quand Donald Trump
00:21:42dit,
00:21:42attention,
00:21:43je prends telle mesure,
00:21:44ça bondit,
00:21:45on monte jusqu'à 110 euros,
00:21:47le baril.
00:21:47Et puis ensuite,
00:21:48cet après-midi,
00:21:49on était en dessous
00:21:50des 100 euros.
00:21:52À partir de là,
00:21:53selon l'instant
00:21:54dans la journée
00:21:55où vous achetez,
00:21:56c'est le jeu de la bourse,
00:21:57ce n'est pas du tout
00:21:58la même façon
00:21:59de compter
00:22:01ses bénéfices
00:22:02et de faire en sorte
00:22:03qu'il y ait
00:22:03un prix
00:22:04dans le réseau
00:22:06de distribution.
00:22:07Alors,
00:22:08là,
00:22:08je pourrais
00:22:09vous assommer
00:22:10de chiffres.
00:22:11Je vais tenter
00:22:12de ne pas entrer
00:22:13dans cette logique-là.
00:22:15Remarquons que même
00:22:16si aujourd'hui,
00:22:17il n'y a pas eu
00:22:18de véritable mesure
00:22:19de prise,
00:22:20c'est quand même
00:22:21pathétique
00:22:21d'une certaine manière
00:22:22parce qu'on avait
00:22:22l'impression
00:22:23que le Premier ministre,
00:22:25j'ai beaucoup d'estime
00:22:25pour lui,
00:22:26mais la semaine dernière,
00:22:28il disait,
00:22:28mais nous,
00:22:29on a quand même un truc,
00:22:31c'est qu'on a décidé
00:22:32depuis longtemps,
00:22:33mais on n'a pas été
00:22:34assez rapide,
00:22:35on aura dorénavant
00:22:37l'électricité.
00:22:38C'est-à-dire que
00:22:39en faisant du tout électrique,
00:22:41il suffit de dire
00:22:42je fais du tout électrique,
00:22:43vous avez les centrales
00:22:45qui poussent
00:22:45comme des champignons,
00:22:47vous avez partout
00:22:47des distributeurs
00:22:48et puis de là,
00:22:50qui se débrouillent
00:22:50avec leur pétrole,
00:22:51on n'est pas
00:22:51de ce monde-là.
00:22:52Non mais vous vous rendez compte,
00:22:54voilà ce qu'ont entendu
00:22:55les gens
00:22:56qui au quotidien
00:22:57se retrouvent
00:22:58devant ce yo-yo
00:23:00à la pompe
00:23:01et les plus touchés
00:23:02étant forcément
00:23:03les professionnels,
00:23:04mais quand on dit
00:23:05les professionnels,
00:23:06alors bien sûr,
00:23:07il y a les agriculteurs,
00:23:08bien sûr,
00:23:09il y a les routiers,
00:23:09bien sûr,
00:23:10il y a les pêcheurs,
00:23:10quelques petites mesurettes
00:23:12et quand ils regardent,
00:23:13ils disent,
00:23:13oui mais ça flambe
00:23:14de 60 centimes
00:23:16et nous,
00:23:17on nous fait
00:23:17une petite ristaud
00:23:18de 10 centimes.
00:23:19Il est évident
00:23:20que le compte
00:23:21n'y est pas,
00:23:21mais il y a tous ceux
00:23:22qui sont en province,
00:23:26ils sont là
00:23:26dans des endroits
00:23:27où il n'y a pas de taxi,
00:23:29où il n'y a rien,
00:23:30où ça doit vous coûter
00:23:31une fortune
00:23:31pour aller
00:23:32d'un point
00:23:33à un autre
00:23:33et vous n'allez pas
00:23:34aller à vélo,
00:23:36le temps de Bourville,
00:23:37c'est bien,
00:23:37mais quand vous avez
00:23:3830 kilomètres à faire
00:23:39ou 50 kilomètres
00:23:40pour aller
00:23:41de votre village
00:23:43à la ville
00:23:43près de laquelle
00:23:44vous êtes situé,
00:23:45il est évident
00:23:46que c'est impossible.
00:23:47Donc là,
00:23:48on oublie quand même
00:23:50du côté du gouvernement
00:23:51que ce type de grogne
00:23:53qui paraît,
00:23:54oh allez,
00:23:54presque superfétatoire,
00:23:56eh bien,
00:23:57ça débouche sur quoi ?
00:23:59Rappelez-vous le gring-gring ?
00:24:00Il y a quelques années,
00:24:01on a appelé ça
00:24:02les gilets jaunes.
00:24:04Et là,
00:24:04on sent qu'il y a
00:24:05quelque chose
00:24:06qui est en train de monter.
00:24:07Alors d'un côté,
00:24:08il y a une forme de fatalisme.
00:24:09Oui,
00:24:10une forme de résilience.
00:24:10Voilà,
00:24:11c'est ça.
00:24:12On a laissé comme ça,
00:24:14alors on se débrouille,
00:24:16sur Internet,
00:24:17on se connecte,
00:24:18est-ce qu'il peut y avoir ?
00:24:20On fait taxi,
00:24:22on se retrouve à plusieurs
00:24:23en fonction de l'endroit
00:24:24où on va,
00:24:24etc.
00:24:25C'est la démerde.
00:24:26Mais la démerde,
00:24:27ça ne peut pas durer
00:24:28comme ça des années.
00:24:30Alors,
00:24:31que peut-on constater
00:24:32dans tout ça néanmoins ?
00:24:34C'est que nous ne sommes pas
00:24:37l'essence la plus chère.
00:24:38C'est-à-dire que même
00:24:39si d'autres ont pris
00:24:40des mesures,
00:24:41les Pays-Bas,
00:24:42le Danemark,
00:24:43l'Allemagne,
00:24:44aujourd'hui,
00:24:45ont un litre
00:24:46et d'essence
00:24:46et de guassoil
00:24:47qui coûtent
00:24:48beaucoup plus cher que nous.
00:24:49Même si l'Allemagne,
00:24:51ayant pris des mesures hier,
00:24:52a réduit l'écart
00:24:54de telle sorte
00:24:55qu'ils ne sont plus
00:24:56que quelques millicentimes,
00:24:58si je puis dire,
00:24:59au-dessus de notre passage
00:25:01à la pompe.
00:25:02reste que
00:25:04dans le trafic
00:25:06tel qu'il s'organise
00:25:07aujourd'hui,
00:25:09il est difficile
00:25:10d'être véritablement optimiste.
00:25:12Alors,
00:25:13est-ce que le gouvernement
00:25:14qui pleure,
00:25:15il dit,
00:25:15mais nous,
00:25:16on est tellement endettés,
00:25:17on ne peut pas se permettre ça ?
00:25:18Mais l'Italie,
00:25:19elle est encore plus endettée
00:25:20que nous.
00:25:21La Grèce,
00:25:22elle est encore plus endettée
00:25:23que nous.
00:25:24Ah oui ?
00:25:25Alors là,
00:25:25on joue les mathématiciens.
00:25:27Vous vous mettez devant
00:25:27le grand tableau,
00:25:28vous affichez,
00:25:29vous dites,
00:25:29c'est vrai que la dette,
00:25:30est allée supérieure à tout,
00:25:32mais nous,
00:25:32en valeur pure,
00:25:33eh bien,
00:25:34c'est nous qui avons le plus
00:25:36et comme on doit rembourser
00:25:37une somme plus importante
00:25:39relativement,
00:25:40eh bien,
00:25:41ça signifie qu'on ne peut pas
00:25:42se permettre la moindre fantaisie.
00:25:43est-ce que quand on a pratiquement
00:25:463 400 milliards d'euros de dettes,
00:25:55est-ce que 1 milliard,
00:25:56c'est ce que ça va coûter à l'Italie ?
00:25:59Les mesures qui ont été prises en Italie,
00:26:00elles vont coûter sur deux mois
00:26:021 milliard 500 millions.
00:26:04Est-ce que véritablement,
00:26:07ça mettrait en péril
00:26:11notre système monétaire,
00:26:13notre présence sur les marchés ?
00:26:15Non,
00:26:16il y a sans doute
00:26:16des petites mesures à prendre,
00:26:17même s'il est vrai
00:26:18qu'aujourd'hui,
00:26:19eh bien,
00:26:20c'est avant tout
00:26:21vers le pape
00:26:23et les positions
00:26:24qu'il a prises
00:26:24qu'il faut se tourner
00:26:25en espérant que demain,
00:26:27M. Trump aura la sagesse
00:26:29de rentrer dans les rangs
00:26:31et que le monde retrouvera
00:26:32un minimum de tranquillité.
00:26:34ça nous évitera
00:26:36un coup de pompe.
00:26:38Un coup de pompe,
00:26:39on regardera tout ça.
00:26:40On suit évidemment
00:26:41jour après jour
00:26:43Immigration,
00:26:44mythes et réalités,
00:26:45le tout premier livre
00:26:46de Nicolas Provomonti
00:26:47qui nous rejoint
00:26:48dans un instant
00:26:50et qui démontre
00:26:50point par point
00:26:51les mythes
00:26:52les plus répandus
00:26:53sur l'immigration
00:26:54en France.
00:26:55Il sera interrogé
00:26:56par Gabriel Cluzel.
00:26:58Il nous arrive
00:26:59dans un instant.
00:27:00D'abord,
00:27:01Charlotte Dornelas,
00:27:02la réunion préparatoire
00:27:04aux éventuelles négociations
00:27:06entre le Liban
00:27:07et Israël
00:27:08a donc lieu
00:27:09aujourd'hui.
00:27:10Que faut-il
00:27:11en atteindre ?
00:27:12On parle de réunion
00:27:13historique.
00:27:14Oui, absolument.
00:27:15La réunion a lieu,
00:27:16c'est une réunion préparatoire
00:27:18aux éventuelles négociations.
00:27:19Elle a lieu
00:27:20entre l'ambassadrice du Liban,
00:27:21l'ambassadeur d'Israël
00:27:22et l'ambassadeur
00:27:23des Etats-Unis au Liban
00:27:24avec la participation
00:27:26de Marco Rubio
00:27:26quand même
00:27:27qui a posé
00:27:28sur la photo
00:27:29et c'est dans son ministère,
00:27:30dans son secrétariat d'Etat
00:27:31que se passe
00:27:32cette rencontre.
00:27:34Le but
00:27:34qui a été affiché
00:27:35par les partis
00:27:36en présence,
00:27:37établir un cadre général
00:27:38pour les négociations
00:27:39et un calendrier
00:27:40pour ces négociations.
00:27:42Or,
00:27:42les mots du secrétaire d'Etat,
00:27:44donc Marco Rubio,
00:27:44laissent imaginer
00:27:45l'ampleur de la tâche.
00:27:46Je vous cite
00:27:46ce qu'il a dit.
00:27:48Nous comprenons
00:27:48que nous travaillons
00:27:49contre des décennies
00:27:50d'histoires,
00:27:50de complexités
00:27:51qui nous ont menées
00:27:52à ce moment unique
00:27:53et à cette opportunité.
00:27:54Il a absolument raison,
00:27:55c'est des décennies d'histoires
00:27:56qui vont être posées
00:27:58sur la table.
00:27:59Je sais que certains
00:28:00d'entre vous
00:28:00posaient des questions
00:28:01sur les cessez-le-feu,
00:28:02c'est une des exigences
00:28:03du Liban.
00:28:04Il s'agit de bien plus
00:28:05que cela,
00:28:05il s'agit de mettre fin
00:28:06de manière permanente
00:28:07à 20 ou 30 ans
00:28:08d'influence du Hezbollah
00:28:09dans cette partie du monde
00:28:11avec les conséquences
00:28:12pour Israël
00:28:13et pour le Liban.
00:28:14Alors,
00:28:15c'est un but commun,
00:28:16ça c'est certain,
00:28:17entre les parties
00:28:18qui sont présentes
00:28:18avec une tension certaine
00:28:20en particulier
00:28:21pour le Liban.
00:28:21Évidemment,
00:28:23le président libanais
00:28:24a reçu un défilé
00:28:25de soutien
00:28:26de plusieurs formations politiques
00:28:28pour cette initiative
00:28:29de négociation directe
00:28:30avec Israël,
00:28:32preuve d'une volonté
00:28:33libanaise de paix réelle,
00:28:35une volonté qui existe
00:28:36depuis des années
00:28:37et des années,
00:28:38disons-le.
00:28:39Mais le secrétaire général
00:28:40du Hezbollah
00:28:41a quant à lui appelé
00:28:42l'État libanais,
00:28:43vous le disiez hier
00:28:43en fin d'émission,
00:28:44a annulé les négociations,
00:28:46jugeant que c'était
00:28:48une capitulation
00:28:49de l'État libanais
00:28:49devant les exigences
00:28:50d'Israël
00:28:51et menaçant
00:28:52plus ou moins directement,
00:28:53à terme un peu caché,
00:28:54d'une éventuelle crise interne,
00:28:56c'est-à-dire potentiellement
00:28:57une guerre civile,
00:28:58il faut comprendre les mots,
00:28:59et menace
00:29:00qui a été directement formulée
00:29:02par l'Iran.
00:29:04En disant,
00:29:04si vous ne reconnaissez pas
00:29:05le rôle de la résistance,
00:29:07parce que vous savez
00:29:07que c'est le nom de l'axe
00:29:08entre l'Iran
00:29:09et le Hezbollah,
00:29:10ça risque d'avoir
00:29:11des conséquences graves
00:29:12sur le Liban.
00:29:13Et par ailleurs,
00:29:14c'est évidemment
00:29:15un gros risque,
00:29:16d'autant que l'Iran,
00:29:17en plus de ses menaces
00:29:18à peine voilées,
00:29:19mais un point d'honneur
00:29:20à lier le dossier libanais
00:29:21au sien.
00:29:23Et pourquoi est-ce
00:29:24que c'est un problème ?
00:29:25Parce que si le Hezbollah
00:29:26refuse tout accord
00:29:27par principe
00:29:28dans les négociations
00:29:30directes,
00:29:31cela signifie potentiellement
00:29:32la poursuite
00:29:33des combats
00:29:34par le Hezbollah
00:29:35sur décisions iraniennes
00:29:37en fonction
00:29:38du front iranien
00:29:39et non pas
00:29:39de la situation libanaise
00:29:41et non des décisions
00:29:42officiellement souveraines
00:29:43de l'État libanais.
00:29:44Donc on en revient
00:29:46inévitablement
00:29:47à cette question,
00:29:48évidemment,
00:29:48sans parler
00:29:49de son désarmement
00:29:50qui se pose
00:29:52déjà difficilement
00:29:53en temps normal,
00:29:53mais encore moins
00:29:54sous le feu.
00:29:55Avec Amine Gemayel,
00:29:57députée libanais.
00:29:59C'est son père, Amine,
00:30:01pardon,
00:30:02qu'on a en visio
00:30:03dans un instant.
00:30:04On lui posera
00:30:04des questions justement
00:30:06et son regard
00:30:06et notamment
00:30:07du rôle et du non-rôle
00:30:09peut-être de la France.
00:30:10Mais d'abord,
00:30:10une autre question,
00:30:11Charlotte Dornelas,
00:30:13que sait-on
00:30:13des exigences
00:30:14des deux parties
00:30:15à la veille
00:30:16de ces négociations ?
00:30:17Le Liban a insisté
00:30:18sur le préalable
00:30:19à ces négociations
00:30:20qui est pour eux
00:30:21le cessez-le-feu.
00:30:22On le sait jusqu'à maintenant,
00:30:23Israël s'y oppose.
00:30:24Alors j'ai vu là,
00:30:25il y a quelques minutes,
00:30:26le ministre israélien
00:30:26de la Défense
00:30:27expliquer que le Hezbollah
00:30:28n'était plus une menace
00:30:29stratégique pour Israël.
00:30:31Je ne sais pas
00:30:31si ça a un rôle,
00:30:32cette déclaration
00:30:33à la veille des négociations.
00:30:35En tout cas,
00:30:35jusqu'à maintenant,
00:30:36Israël s'oppose
00:30:37au cessez-le-feu
00:30:38en disant, eux,
00:30:39que le désarmement
00:30:40du Hezbollah
00:30:41par l'État libanais
00:30:42ou par eux-mêmes
00:30:42doit être effectif
00:30:44afin d'assurer
00:30:44la sécurité
00:30:45de la frontière
00:30:45nord d'Israël
00:30:46avant que cet accord
00:30:48soit signé.
00:30:49Il y a un encouragement
00:30:50d'Israël
00:30:50sur les décisions
00:30:51relatives au monopole
00:30:52des armes à Beyrouth.
00:30:53Vous savez,
00:30:53le gouvernement libanais
00:30:54avait pris une décision
00:30:56pour étendre
00:30:56le monopole
00:30:57des armes légitimes
00:30:58par l'État libanais
00:30:59et par l'armée libanaise
00:31:00à Beyrouth.
00:31:01Mais quel avenir
00:31:02pour cette décision
00:31:03au-delà de Beyrouth ?
00:31:04La guerre,
00:31:05aujourd'hui,
00:31:05elle se poursuit
00:31:06de manière intensive
00:31:07dans le sud du Liban
00:31:08avec une incursion
00:31:08à terre
00:31:09de l'armée israélienne.
00:31:11C'est évidemment
00:31:11une question
00:31:12qui va se poser
00:31:12d'autant que
00:31:13plusieurs sources diplomatiques
00:31:15ont laissé entendre
00:31:15qu'Israël voudrait
00:31:19acter son engagement
00:31:20dans ce désarmement
00:31:21par trois biais.
00:31:22D'abord,
00:31:22une zone tampon.
00:31:23Vous savez,
00:31:23dans le sud,
00:31:24il y a une bande
00:31:25dans laquelle
00:31:27ce serait une zone tampon
00:31:28qui n'appartiendrait
00:31:29plus directement au Liban.
00:31:30Une zone ensuite
00:31:31d'opérations militaires
00:31:32d'Israël
00:31:33en vue du désarmement
00:31:34effectif du Hezbollah.
00:31:35Et enfin,
00:31:36l'engagement
00:31:37de l'armée libanaise
00:31:38sur le désarmement
00:31:39du Hezbollah
00:31:39sur le reste
00:31:40du territoire libanais,
00:31:42condition préalable
00:31:42au retrait israélien
00:31:44du Liban.
00:31:45Donc,
00:31:45on retrouve
00:31:46notre gouvernement libanais
00:31:47pris entre le Hezbollah
00:31:49et l'armée israélienne
00:31:50sur la propre question
00:31:51de sa souveraineté
00:31:52tout simplement.
00:31:53Et évidemment,
00:31:55du côté libanais,
00:31:56ces exigences.
00:31:56Pourquoi est-ce que
00:31:57c'est important
00:31:57pour le gouvernement libanais ?
00:31:58Parce que ces exigences,
00:31:59elles accroissent
00:32:00le risque de décrochage
00:32:01d'une partie
00:32:02de la population,
00:32:03notamment dans le sud du Liban
00:32:04ou parmi les déplacés
00:32:05du sud du Liban
00:32:06en raison de la poursuite
00:32:07de la guerre
00:32:08et de la perte objective
00:32:09de cette souveraineté libanaise
00:32:11sur une partie
00:32:12de son territoire.
00:32:13Évidemment,
00:32:13l'équation est
00:32:14excessivement difficile.
00:32:15Très intéressant,
00:32:16vous parlez de souveraineté.
00:32:18Justement,
00:32:19Samy Jemayel
00:32:20fait partie
00:32:21du parti
00:32:22Kateb
00:32:23qui est un parti
00:32:24souverainiste
00:32:24anti-Hezbollah.
00:32:26Il est actuellement
00:32:27présent
00:32:28au gouvernement
00:32:29à travers
00:32:29le poste-clé
00:32:30d'un ministre
00:32:31de la justice
00:32:32affilié
00:32:32au Kateb.
00:32:34Samy Jemayel,
00:32:35bonsoir,
00:32:36vous êtes donc
00:32:37député
00:32:37chef du parti
00:32:38Kateb.
00:32:39Première question,
00:32:40ensuite,
00:32:41Charlotte Dornelas
00:32:41prend le relais.
00:32:42Quelle est la position
00:32:43du Liban
00:32:44vis-à-vis
00:32:44de ces négociations
00:32:45avec Israël ?
00:32:48Bonsoir à vous
00:32:50et merci
00:32:51de faire entendre
00:32:53notre voix
00:32:53aux Français.
00:32:55C'est une période
00:32:57très importante
00:32:58dans l'histoire
00:32:58du Liban
00:32:59et pour la première fois
00:33:01depuis 40 ans,
00:33:0345 ans,
00:33:05le Liban
00:33:06s'engage
00:33:06dans des négociations
00:33:07directes
00:33:08avec Israël
00:33:10pour mettre fin
00:33:12à 50 ans
00:33:14de conflits armés
00:33:17qui ont détruit
00:33:19le Liban,
00:33:20qui ont détruit
00:33:22le sud du Liban,
00:33:23qui ont créé
00:33:25une instabilité
00:33:26constante au Liban.
00:33:27Et nous espérons,
00:33:29en tant que gouvernement,
00:33:31en tant que
00:33:32tous les souverainistes,
00:33:34tous ceux qui aiment
00:33:34le Liban,
00:33:35nous espérons
00:33:36que ces négociations
00:33:37réussissent.
00:33:39nous soutenons
00:33:40notre président,
00:33:42nous soutenons
00:33:43notre premier ministre,
00:33:44nous soutenons
00:33:44l'État libanais
00:33:46dans sa quête
00:33:48de sa souveraineté,
00:33:50cette souveraineté
00:33:51qui a été perdue
00:33:52depuis déjà
00:33:53des dizaines d'années.
00:33:55Et aujourd'hui,
00:33:56les Libanais
00:33:56sont en pleine bataille
00:33:58pour recouvrir
00:33:59leur souveraineté
00:34:00et pour décider
00:34:01de leur avenir.
00:34:02Nous ne voulons plus
00:34:03de guerre au Liban,
00:34:04nous voulons la paix,
00:34:05nous voulons en finir
00:34:07avec des décennies
00:34:08de malheurs
00:34:09dans ce pays
00:34:10et il est temps
00:34:11pour tous les Libanais
00:34:12de tourner une page
00:34:13et d'ouvrir
00:34:14une nouvelle page
00:34:15pour que le Liban
00:34:16redevienne
00:34:17la Suisse du Moyen-Orient.
00:34:18C'est notre objectif,
00:34:20c'est ce que nous voulons.
00:34:21Il y a beaucoup
00:34:22d'obstacles devant nous
00:34:23qu'il va falloir dépasser.
00:34:25L'objectif
00:34:26pour nous
00:34:26de ces négociations,
00:34:28c'est trois choses.
00:34:29Premièrement,
00:34:30certainement,
00:34:31un cessez-le-feu.
00:34:32Deuxièmement,
00:34:33un désarmement
00:34:34du Hezbollah.
00:34:35Troisièmement,
00:34:36un retrait
00:34:36d'Israël
00:34:37du Liban.
00:34:39Ce sont
00:34:40les trois objectifs
00:34:42de notre parti.
00:34:44C'est l'objectif
00:34:44affiché
00:34:45de l'État libanais.
00:34:47Maintenant,
00:34:48certainement,
00:34:49nous avons
00:34:50un grand problème,
00:34:51c'est que
00:34:51le Hezbollah
00:34:52refuse
00:34:54tout processus
00:34:57qui soit
00:34:58indépendant
00:34:58de l'Iran
00:34:59et indépendant
00:35:00de sa volonté.
00:35:01L'Iran
00:35:02veut
00:35:03continuer
00:35:04à prendre
00:35:04le Liban
00:35:05en otage.
00:35:06Le Hezbollah
00:35:07veut continuer
00:35:08à servir
00:35:09l'Iran
00:35:09à partir
00:35:10du Liban
00:35:11et continuer
00:35:13à transformer
00:35:14le Liban
00:35:15en une base
00:35:15militaire
00:35:15iranienne
00:35:16avancée.
00:35:17Très bien,
00:35:17on a bien compris.
00:35:19Et surtout,
00:35:20les trois points
00:35:20que vous demandez.
00:35:21Donc,
00:35:21cessez-le-feu,
00:35:22désarmement
00:35:23du Hezbollah,
00:35:24retrait d'Israël
00:35:25du Liban.
00:35:26Charlotte Dornelas.
00:35:27Oui,
00:35:28Samy Jemayel,
00:35:28vous évoquez
00:35:30légitimement
00:35:30la question
00:35:31de la souveraineté
00:35:31du Liban.
00:35:32C'est déjà
00:35:32la question
00:35:33qui se posait
00:35:33en 1983
00:35:34quand votre père
00:35:35avait négocié
00:35:36un accord de paix
00:35:37avec Israël
00:35:38qu'il avait obtenu
00:35:39mais qui n'a jamais
00:35:39été enterriné.
00:35:41Votre père
00:35:41a pris la parole
00:35:42ces jours-ci
00:35:43expliquant que c'était
00:35:44notamment en raison
00:35:45de pressions régionales
00:35:46et même internationales.
00:35:47On comprend bien
00:35:48même dans ce que
00:35:49vous venez de nous expliquer
00:35:49que les pressions
00:35:50sont immenses aujourd'hui.
00:35:52Qu'est-ce qui a changé
00:35:52et qu'est-ce qui pourrait
00:35:53aujourd'hui
00:35:54faire que cet accord
00:35:56soit non seulement signé
00:35:57mais enterriné ?
00:35:59Beaucoup de choses
00:36:00ont changé.
00:36:01En 1982
00:36:02il y avait
00:36:02c'était encore
00:36:03la guerre froide
00:36:04il y avait
00:36:06l'Empire soviétique
00:36:07qui ne voulait pas
00:36:08entendre parler
00:36:08de cet accord
00:36:09il y avait
00:36:10le Liban
00:36:12était occupé
00:36:12par l'armée syrienne
00:36:15les pays arabes
00:36:16étaient contre
00:36:17un accord
00:36:19séparé
00:36:19du Liban
00:36:20avec Israël
00:36:21toutes ces données
00:36:22ont changé
00:36:22aujourd'hui
00:36:23il n'y a plus
00:36:24d'Empire soviétique
00:36:25les Libanais
00:36:26sont tous
00:36:27derrière leur état
00:36:27pour ces négociations
00:36:30à part le Hezbollah
00:36:31les pays arabes
00:36:32soutiennent le Liban
00:36:33la communauté internationale
00:36:35soutient le Liban
00:36:37la population
00:36:39libanaise
00:36:39est soudée
00:36:40sur ce point-là
00:36:41mis à part
00:36:42bien sûr
00:36:42le Hezbollah
00:36:43et ses partisans
00:36:45donc
00:36:46les données
00:36:47ont totalement changé
00:36:48aujourd'hui
00:36:49tout ce qui est demandé
00:36:50c'est que
00:36:50le gouvernement
00:36:52libanais
00:36:52continue
00:36:54face de son mieux
00:36:56pour essayer
00:36:56d'obtenir
00:36:57le meilleur accord
00:36:58possible
00:36:58et le tout
00:36:59deviendra
00:37:00au niveau
00:37:00de l'exécution
00:37:01parce qu'il sera
00:37:02demandé au gouvernement
00:37:03libanais
00:37:04de prendre des actes
00:37:05qui ont rapport
00:37:06avec le désarmement
00:37:07du Hezbollah
00:37:07et c'est là
00:37:08où le grand défi
00:37:10sera
00:37:10sur le désarmement
00:37:12et sur l'action
00:37:13du gouvernement
00:37:14libanais
00:37:15et là
00:37:16c'est la difficulté
00:37:17et là
00:37:17il faudra aussi
00:37:18demander le soutien
00:37:20de la France
00:37:21le soutien de l'Europe
00:37:22le soutien des Etats-Unis
00:37:24au gouvernement libanais
00:37:25à l'armée libanaise
00:37:26pour que
00:37:30et certainement
00:37:32à Islamabad
00:37:32il va falloir également
00:37:34que les Etats-Unis
00:37:35fassent pression
00:37:36sur l'Iran
00:37:36pour faciliter
00:37:41ce désarmement
00:37:42et voilà
00:37:44c'est une opportunité
00:37:44Alors justement
00:37:45Samy Gemayel
00:37:46vous avez noté
00:37:47un point fort
00:37:48le soutien de la France
00:37:49Charlotte Dornelas
00:37:50Oui
00:37:51la France a répété
00:37:52se tenir aux côtés
00:37:53du Liban
00:37:54notamment ces derniers jours
00:37:55et devant la situation
00:37:57libanaise
00:37:57comment expliquez-vous
00:37:58son absence
00:37:59en tout cas apparente
00:38:00dans ses négociations
00:38:01et en tout cas
00:38:02son absence objective
00:38:03à la table des négociations
00:38:05malgré ses liens
00:38:06historiques
00:38:07avec le Liban
00:38:07et son engagement
00:38:08dans la situation
00:38:10libanaise
00:38:11C'est le veto
00:38:12israélien
00:38:14C'est-à-dire ?
00:38:15Tout simplement
00:38:17Les Israéliens
00:38:18ne veulent pas
00:38:19d'un rôle
00:38:22de la France
00:38:23dans ce cadre-là
00:38:24ça c'est
00:38:25un rapport
00:38:26dans les relations
00:38:27entre Israël
00:38:29et la France
00:38:29donc nous
00:38:30on n'est pas
00:38:31on n'est pas
00:38:33dans les secrets
00:38:33des dieux
00:38:34à ce niveau-là
00:38:35donc il va falloir
00:38:36demander au gouvernement
00:38:37français
00:38:37pourquoi
00:38:38mais d'après
00:38:39nos informations
00:38:40c'est que
00:38:42c'est Israël
00:38:43qui ne veut pas
00:38:44que la France
00:38:45joue un rôle
00:38:46à ce niveau-là
00:38:46c'est ce qu'on a
00:38:48compris
00:38:49Alors justement
00:38:50vous disiez
00:38:50que la France
00:38:51pouvait vous aider
00:38:53notamment
00:38:53enfin aider le Liban
00:38:54notamment dans le processus
00:38:55de désarmement
00:38:56du Hezbollah
00:38:56c'est un engagement
00:38:57qui avait été pris
00:38:58notamment par le Hezbollah
00:38:59en 2024
00:39:00il y avait déjà
00:39:01un cessez-le-feu
00:39:01qui avait été négocié
00:39:02avec Israël
00:39:02cessez-le-feu
00:39:03qui n'a pas été respecté
00:39:04par personne d'ailleurs
00:39:05qu'est-ce que la France
00:39:07en particulier
00:39:08et pour ce qui nous intéresse
00:39:09mais de manière générale
00:39:10qu'est-ce qui pourrait changer
00:39:10et que cette fois-ci
00:39:11soit la bonne
00:39:12par rapport à 2024
00:39:14et à cette guerre
00:39:15qui dure en fait
00:39:15depuis plus longtemps
00:39:16évidemment que le 2 mars
00:39:17Dernière question
00:39:18Merci beaucoup
00:39:19La France
00:39:20a une relation historique
00:39:22avec le Liban
00:39:23qui date de plusieurs siècles
00:39:24et la France
00:39:26a toujours soutenu le Liban
00:39:27et nonobstant
00:39:30les négociations actuelles
00:39:32entre Israël
00:39:33et les Iraniens
00:39:34etc
00:39:35la France doit
00:39:36de continuer à avoir
00:39:37cette relation privilégiée
00:39:38avec le Liban
00:39:39en soutenant
00:39:40l'armée libanaise
00:39:41elle le fait déjà
00:39:42et nous sommes très reconnaissants
00:39:44vis-à-vis de la France
00:39:45pour l'aide militaire
00:39:47qu'elle a apportée à l'armée
00:39:48mais elle n'est pas suffisante
00:39:49il faut faire plus
00:39:50il faut aider
00:39:51l'état libanais
00:39:52il faut aider
00:39:53le président
00:39:54le premier ministre
00:39:55dans toute cette période difficile
00:39:57et se tenir aux côtés du Liban
00:39:59donc la France
00:40:01pour nous
00:40:01c'est notre grande soeur
00:40:03et nous comptons toujours
00:40:04sur son aide
00:40:05et sur son apport
00:40:06Merci beaucoup
00:40:07Samy Gemayel
00:40:09d'avoir répondu
00:40:09aux questions
00:40:10de Charlotte Dornelas
00:40:11dans Face à l'Info
00:40:12merci infiniment
00:40:13de vous être rendu
00:40:14disponible
00:40:15pour réagir
00:40:16à cette rencontre
00:40:17historique
00:40:18entre le Liban
00:40:19et Israël
00:40:21merci infiniment
00:40:22maintenant on va accueillir
00:40:24Nicolas Provomonti
00:40:26je vous prie de bien vouloir
00:40:27vous installer
00:40:28entre temps
00:40:28il y a quelqu'un
00:40:29sur les réseaux sociaux
00:40:30qui demande
00:40:30est-ce qu'on peut voir
00:40:31les petits dessins
00:40:31de Gribouille
00:40:32de Marc Menon
00:40:36qui est une Gribouille
00:40:37c'est comme ça
00:40:37qu'il réfléchit
00:40:38Marc Menon
00:40:38Nicolas Provomonti
00:40:39c'est un honneur
00:40:40de vous recevoir
00:40:41c'est Gabriel Cusel
00:40:42qui va vous mener
00:40:44à l'interview
00:40:45puisque c'est la première fois
00:40:46que vous écrivez un livre
00:40:49vous sortez ce livre
00:40:50et c'est un honneur
00:40:50puisqu'il sort demain
00:40:51et nous avons l'exclusivité
00:40:53de votre entretien
00:40:54aux éditions
00:40:55Fayard
00:40:56Immigration
00:40:57Mythe
00:40:57et Réalité
00:41:00donc vous y proposez
00:41:02une radiographie complète
00:41:03et accessible
00:41:04de la réalité
00:41:05de l'immigration en France
00:41:06sous forme de réponse
00:41:07aux principaux mythes
00:41:09entre guillemets
00:41:10répandus sur ce sujet
00:41:11alors ce que l'on peut entendre
00:41:12dans certains médias
00:41:13et chez les politiques
00:41:14mais auxquels
00:41:15nos spectateurs
00:41:16se trouvent sans doute
00:41:17aussi confrontés
00:41:18dans leurs conversations
00:41:19privées
00:41:20personnelles
00:41:21familiales
00:41:21amicales
00:41:22alors première question
00:41:23d'abord
00:41:24pourquoi avoir écrit
00:41:26ce livre ?
00:41:27Écoutez
00:41:28d'abord Gabriel
00:41:29parce que l'immigration
00:41:30aussi omniprésente
00:41:31qu'elle soit
00:41:31dans l'esprit public
00:41:32reste le sujet brûlant
00:41:34le sujet clivant
00:41:35par excellence
00:41:36dans le débat public
00:41:38il me semble
00:41:38que ça tient beaucoup
00:41:39à deux tensions fondamentales
00:41:41d'abord une tension démocratique
00:41:43on le sait
00:41:44les français n'ont jamais
00:41:45été aussi opposés
00:41:46à l'immigration
00:41:46dans son ampleur
00:41:47et sa nature contemporaine
00:41:48qu'ils ne le seront aujourd'hui
00:41:49il y a à peu près
00:41:50un sondage par mois
00:41:50sur la question
00:41:51et on a toujours
00:41:52entre deux tiers
00:41:52et trois quarts
00:41:53des sondés
00:41:53qui estiment
00:41:54que les niveaux
00:41:55d'immigration
00:41:55sont trop élevés
00:41:56d'une part
00:41:57et d'autre part
00:41:58il n'y a jamais eu
00:41:59autant d'immigration
00:41:59en France qu'aujourd'hui
00:42:00quels que soient
00:42:01les indicateurs
00:42:01qu'on retient
00:42:02c'est un constat
00:42:03qui est absolument incontestable
00:42:04et puis il y a
00:42:05une deuxième tension
00:42:06qui me semble
00:42:07cette fois-ci
00:42:08liée au réflexe
00:42:09d'occultation des faits
00:42:10depuis plusieurs décennies
00:42:12maintenant
00:42:12où vous évoquiez
00:42:13les responsables politiques
00:42:14et une partie
00:42:14du commentaire médiatique
00:42:15il me semble
00:42:16que ces sphères-là
00:42:16ont cherché
00:42:17à entourer
00:42:18la réalité de l'immigration
00:42:19dans un coton
00:42:20de mythe
00:42:20rassurant précisément
00:42:21il n'y a pas plus
00:42:22d'immigration en France
00:42:23aujourd'hui qu'hier
00:42:24l'immigration rapporte
00:42:25au pays
00:42:26l'immigration n'a pas
00:42:27ou quasiment pas
00:42:28d'impact
00:42:28sur la vie quotidienne
00:42:29des français
00:42:31et quand on prend
00:42:32un peu de recul
00:42:33on se dit qu'il y a
00:42:33finalement peu d'autres
00:42:34sujets dans le débat public
00:42:35on aura opposé
00:42:36de manière aussi
00:42:37systématique
00:42:37d'une part
00:42:38l'expérience concrète
00:42:40quotidienne
00:42:40des gens ordinaires
00:42:41sur ces sujets
00:42:42et d'autre part
00:42:43une forme de savoir
00:42:45quasiment aristocratique
00:42:46une expertise officielle
00:42:47qui semble s'être donné
00:42:48pour mission presque religieuse
00:42:50de convaincre les français
00:42:52qu'ils ne voyaient pas
00:42:52vraiment ce qu'ils voyaient
00:42:53sur ces sujets
00:42:54d'immigration
00:42:54et c'est évidemment
00:42:55à rebours de cette approche
00:42:57que s'inscrit mon livre
00:42:58j'ai essayé de donner
00:42:59à connaître les faits
00:43:01sans tabou
00:43:01sur cette question
00:43:02de l'immigration
00:43:02d'une manière
00:43:04que j'ai voulu aussi claire
00:43:05et accessible que possible
00:43:06pour que chacun
00:43:07puisse se saisir de ce sujet
00:43:08qui est évidemment
00:43:09un sujet politique
00:43:10par excellence
00:43:10Alors parmi les principaux mythes
00:43:13auxquels vous attaquez
00:43:14dans ce livre
00:43:14se trouve
00:43:16l'idée
00:43:17selon laquelle
00:43:17l'immigration
00:43:18serait aujourd'hui
00:43:19bénéfique pour la France
00:43:20qu'elle rapporterait
00:43:21au pays
00:43:21c'est toujours
00:43:21ce mantra
00:43:22l'immigration
00:43:23est une richesse
00:43:24pour la France
00:43:25et c'est une vision
00:43:26qui reste très répandue
00:43:28dans la classe politique
00:43:29et dans une partie
00:43:30du commentaire médiatique
00:43:32quel que soit
00:43:33du reste
00:43:34les chiffres
00:43:34que l'on puisse apporter
00:43:35c'est vrai ou faux ?
00:43:36Écoutez
00:43:36ça peut être vrai
00:43:37dans certains pays
00:43:38il y a effectivement
00:43:38des pays développés
00:43:39à travers le monde
00:43:40dans lesquels
00:43:41les flux migratoires reçus
00:43:42ont un impact positif
00:43:43sur le plan économique
00:43:44et sur le plan budgétaire
00:43:45notamment
00:43:46très clairement
00:43:46ça n'est pas le cas
00:43:47en France
00:43:47nos politiques d'immigration
00:43:49génèrent un coût net
00:43:50pour les finances publiques
00:43:51il n'y a pas une seule
00:43:52bonne estimation
00:43:53à l'euro près
00:43:53parce qu'évidemment
00:43:54beaucoup de choses
00:43:54dépendent des méthodes
00:43:55à l'observatoire de l'immigration
00:43:57on a pu estimer ce coût net
00:43:58de l'ordre de 40 milliards
00:43:59d'euros par an
00:44:00pour les finances de l'Etat
00:44:01et de la sécurité sociale
00:44:02ça tient d'abord et avant tout
00:44:04à la nature de l'immigration
00:44:05qu'on reçoit en France
00:44:06et notamment au fait
00:44:07que nous avons
00:44:08l'une des immigrations
00:44:09les moins au travail
00:44:11les moins en emploi
00:44:12de toute l'Europe
00:44:13vous voyez
00:44:14vous avez à peine
00:44:1543%
00:44:16des immigrés
00:44:17extra-européens
00:44:18récents en France
00:44:19qui sont en âge
00:44:20de travailler
00:44:20et qui travaillent vraiment
00:44:2143%
00:44:23c'est 25 points de moins
00:44:24que la population générale
00:44:26et évidemment
00:44:26ça implique des profils
00:44:27d'immigration
00:44:28qui en moyenne
00:44:29contribuent moins
00:44:30aux recettes publiques
00:44:32mais qui consomment
00:44:33plus de dépenses publiques
00:44:34et il faut dire aussi
00:44:35que nos politiques d'immigration
00:44:36ont cet impact-là
00:44:36sur beaucoup d'aspects
00:44:38de notre vie collective
00:44:39de nos dispositifs
00:44:39de solidarité
00:44:40sur le logement bien sûr
00:44:42les immigrés sont en moyenne
00:44:43trois fois plus souvent
00:44:44en logement social
00:44:45que les non-immigrés
00:44:45sur le système de santé
00:44:47sur le système éducatif
00:44:48aussi
00:44:48on a maintenant
00:44:49plus d'un élève
00:44:50de CM1 sur 5
00:44:51qui ne parle jamais
00:44:52ou quasiment jamais
00:44:53le français à la maison
00:44:54donc on voit évidemment
00:44:55toutes les difficultés
00:44:56qui sont induites
00:44:57pour l'enseignement
00:44:59et puis ce qui est assez frappant
00:45:00c'est que plus on descend
00:45:01dans les niveaux de précarité
00:45:02ou plutôt plus on monte
00:45:03dans l'urgence
00:45:04de la prise en charge
00:45:05et plus la surreprésentation
00:45:06de l'immigration est forte
00:45:07vous avez la moitié
00:45:09des bénéficiaires
00:45:10de l'aide alimentaire
00:45:10en France
00:45:11qui sont des immigrés
00:45:12vous avez 40 à 60%
00:45:13des places d'hébergement
00:45:14d'urgence de l'État
00:45:15qui sont occupées
00:45:16par des étrangers
00:45:17en situation irrégulière
00:45:19donc ça a évidemment
00:45:20des implications très fortes
00:45:21il y a plus de 60%
00:45:22de ces demandes d'hébergement
00:45:23qui ne sont pas satisfaites
00:45:24mais au-delà
00:45:24de ces enjeux-là
00:45:25et ces enjeux qui sont économiques
00:45:26budgétaires
00:45:27qui sont importants
00:45:28il est évident que l'immigration
00:45:29n'est pas seulement
00:45:30un objet ou un sujet économique
00:45:32c'est aussi un facteur
00:45:34de bouleversement culturel
00:45:36démographique
00:45:36dont je traite aussi
00:45:37bien sûr dans le livre
00:45:39on a maintenant en France
00:45:40plus de 30% des naissances
00:45:41qui sont issues
00:45:42d'au moins un parent
00:45:43nés en dehors de l'Union Européenne
00:45:45donc c'est une transformation
00:45:46sans précédent du pays
00:45:47qui a des implications totales
00:45:49parce que l'immigration
00:45:49c'est aujourd'hui
00:45:50un fait social total
00:45:51qui a des impacts
00:45:52sur tous les aspects
00:45:53de la société française
00:45:54Alors il y a un point
00:45:55sur lequel vous insistez
00:45:57dans le panorama
00:45:57que vous faites
00:45:58de l'immigration
00:45:59c'est qu'il y a
00:46:00des immigrations
00:46:00différentes en France
00:46:02avec des résultats
00:46:02d'intégration
00:46:03qui sont eux-mêmes
00:46:04différents
00:46:04mais alors vous écrivez
00:46:06notamment que
00:46:06l'immigration algérienne
00:46:07se situe
00:46:08je cite
00:46:09au cœur
00:46:09du malaise migratoire
00:46:11français
00:46:11est-ce que vous pouvez
00:46:12nous en dire plus ?
00:46:13Oui alors
00:46:14c'est d'abord le cas
00:46:15parce que factuellement
00:46:16l'immigration algérienne
00:46:17est celle qui connaît
00:46:19aujourd'hui la population
00:46:19la plus nombreuse en France
00:46:21on peut estimer
00:46:22qu'il y a une diaspora
00:46:22d'origine algérienne
00:46:24en France
00:46:24sur trois générations
00:46:25d'un petit peu moins
00:46:26de 3 millions de personnes
00:46:27dont 900 000 immigrés
00:46:28au sens strict
00:46:29c'est-à-dire des gens
00:46:30nés algériens en Algérie
00:46:31dont la moitié sont arrivés
00:46:32depuis l'an 2000
00:46:33parce qu'on se fait souvent
00:46:34une image de l'immigration
00:46:35algérienne
00:46:35comme la plus ancienne
00:46:36des immigrations
00:46:37extra-européennes
00:46:38mais c'est aussi un phénomène
00:46:38récent qui se poursuit
00:46:40et d'ailleurs les Algériens
00:46:41restent aujourd'hui
00:46:42la principale nationalité
00:46:43qui bénéficie
00:46:44des titres de séjour
00:46:45valides en France
00:46:46devant les Marocains
00:46:46et ce qui est assez amusant
00:46:48d'ailleurs c'est que
00:46:48malgré la rhétorique
00:46:50anti-française
00:46:50des dirigeants d'Alger
00:46:52qui ne se tarient pas
00:46:53c'est le moins qu'on puisse dire
00:46:54il demeure vraiment
00:46:55une spécialisation française
00:46:57de l'immigration algérienne
00:46:58puisque la France
00:46:59accorde à elle seule
00:47:00les deux tiers
00:47:01des nouveaux titres de séjour
00:47:02chaque année
00:47:02pour des Algériens
00:47:03dans toute l'Union Européenne
00:47:04donc il y a une forme
00:47:04de fascination
00:47:05de répulsion semble-t-il
00:47:07il y a aussi tout le continent
00:47:08de l'immigration irrégulière
00:47:09de toute évidence
00:47:10les Algériens
00:47:11sont la première nationalité
00:47:12la plus nombreuse
00:47:13parmi les clandestins en France
00:47:14en tout cas
00:47:14ils sont les plus nombreux
00:47:15parmi les étrangers
00:47:16interpellés en situation irrégulière
00:47:18avec d'ailleurs
00:47:19une hausse de 50%
00:47:20l'an dernier
00:47:20mais au-delà
00:47:21de ces enjeux quantitatifs
00:47:22si on parle tant
00:47:23de l'immigration algérienne
00:47:24c'est aussi en raison
00:47:25de sa nature
00:47:25c'est-à-dire qu'elle symbolise
00:47:27non pas à elle seule
00:47:28parce qu'elle n'a pas
00:47:29le monopole
00:47:30des difficultés d'intégration
00:47:31mais elle représente
00:47:33des enjeux plus globaux
00:47:35pour l'intégration
00:47:35de l'immigration en France
00:47:36on évoquait
00:47:37le logement social
00:47:38on a la moitié
00:47:39des immigrés algériens
00:47:40qui vivent en logement social
00:47:41le taux de chômage
00:47:42des immigrés algériens
00:47:43c'est le double
00:47:44du niveau moyen
00:47:45on parle beaucoup
00:47:46du lien entre
00:47:46immigration et insécurité
00:47:47il y a plus d'Algériens
00:47:49écroués en France
00:47:50que d'étrangers
00:47:51issus de tous les pays
00:47:52de l'Union Européenne réunis
00:47:53ce nombre d'Algériens écroués
00:47:54qui a d'ailleurs
00:47:54plus que doublé en 10 ans
00:47:55et donc ça pose évidemment
00:47:57beaucoup de questions
00:47:57et d'autant plus
00:47:58que vous le savez
00:47:59et j'en parle un peu
00:48:00dans le livre
00:48:00l'immigration algérienne
00:48:02continue de bénéficier
00:48:03d'un régime dérogatoire
00:48:04très favorable
00:48:04tant à son installation
00:48:06que à sa vie quotidienne
00:48:08sur le territoire français
00:48:09avec notamment
00:48:10un accès facilité
00:48:11aux prestations sociales
00:48:12quand vous êtes un Algérien
00:48:13qui veut percevoir le RSA
00:48:14vous n'avez pas besoin
00:48:15d'avoir depuis 5 ans
00:48:16un titre de séjour
00:48:17qui permet de travailler
00:48:18vous y avez droit
00:48:18très vite en arrivant en France
00:48:19et au-delà donc
00:48:21du cas spécifique
00:48:22de l'immigration algérienne
00:48:23ce que montre cette immigration
00:48:24c'est que
00:48:25non seulement on ne choisit pas
00:48:26les flux qu'on reçoit
00:48:27mais en vérité
00:48:28l'immigration qu'on reçoit
00:48:29a un peu
00:48:29tous les aspects
00:48:30d'une anti-sélection
00:48:32et c'est d'autant plus dommage
00:48:33qu'on le sait
00:48:34vous l'avez dit Gabriel
00:48:34des immigrations différentes
00:48:36produisent des résultats différents
00:48:37spécialement en matière d'intégration
00:48:39Il semblerait qu'il soit impossible
00:48:41presque de revenir
00:48:42sur ces règles
00:48:43s'agissant de l'Algérie
00:48:44de ce statut dérogatoire
00:48:46mais ça rejoint
00:48:47la conclusion de votre livre
00:48:48vous écrivez
00:48:49de toutes les réactions
00:48:50que cet ouvrage
00:48:51pourrait susciter
00:48:52chez ses lecteurs
00:48:52il en est une
00:48:53que je souhaiterais éviter
00:48:54à tout prix
00:48:55le fatalisme
00:48:56alors pourtant
00:48:57vous dressez des constats
00:48:58quand même
00:48:58on va se mentir
00:48:59assez alarmant
00:49:00à plus d'un titre
00:49:01mais alors pourquoi
00:49:02ne faut-il pas céder
00:49:03au fatalisme selon vous
00:49:05et est-ce qu'on peut
00:49:05ne pas céder au fatalisme ?
00:49:07Il me semble que de plus en plus
00:49:08puisqu'on se trouve
00:49:09dans la difficulté
00:49:10de convaincre les français
00:49:11des bénéfices
00:49:12que sont censés leur apporter
00:49:13les actuelles politiques
00:49:14d'immigration
00:49:15on recourt à une rhétorique
00:49:16qui est une forme de rhétorique
00:49:17du fatalisme
00:49:18ou plutôt de la naturalisation
00:49:20du phénomène de l'immigration
00:49:21c'est-à-dire que
00:49:22On est passé de c'est une chance
00:49:23pour la France
00:49:23c'est compliqué
00:49:24mais on ne peut rien faire
00:49:25Absolument
00:49:25il y aurait de l'immigration
00:49:26comme il y a de la pluie
00:49:27ou du soleil ou du vent
00:49:28et il serait absurde
00:49:29de prétendre
00:49:30que le gouvernement
00:49:30peut faire quoi que ce soit
00:49:31qu'aucune autorité politique
00:49:32puisse faire quoi que ce soit
00:49:37Je pense que l'immigration
00:49:38c'est le sujet politique
00:49:40par excellence
00:49:40et d'ailleurs on le voit en Europe
00:49:42parce que
00:49:43différentes politiques migratoires
00:49:44produisent différents résultats
00:49:45En 10 ans
00:49:47pendant que le nombre
00:49:48de demandes d'asile
00:49:48en France doublait
00:49:50il baissait de 90%
00:49:51au Danemark
00:49:52tout simplement
00:49:53parce que le Danemark
00:49:54a mis en place
00:49:54des politiques dissuasives
00:49:55qui ont été efficaces
00:49:57Alors évidemment
00:49:57rien n'est simple
00:49:59sur ce sujet
00:50:00l'action politique
00:50:01qui devra être entreprise
00:50:02elle aura forcément de temps
00:50:03il y a des choses
00:50:03qui peuvent être faites
00:50:04tout de suite
00:50:04sur l'attractivité sociale
00:50:06et sanitaire de la France
00:50:07d'autres volets
00:50:08qui nécessitent
00:50:08une révision constitutionnelle
00:50:10une révision des traités européens
00:50:11ce sont des démarches lourdes
00:50:12mais qui sont loin d'être impossibles
00:50:14il se trouve qu'en France
00:50:15quand on a une grande question
00:50:17à trancher
00:50:17on a la présidentielle
00:50:18généralement
00:50:19c'est à ce moment-là
00:50:20qu'on a des grandes conversations nationales
00:50:22la présidentielle
00:50:23est dans un an
00:50:23pas tout à fait jour pour jour
00:50:24mais presque
00:50:25ce sera en avril 2027
00:50:28et j'ai bon espoir
00:50:29qu'on puisse enfin trancher ce sujet
00:50:31en discuter pleinement
00:50:32de manière éclairée
00:50:32la balle sera ensuite
00:50:34dans le camp des électeurs
00:50:34et j'ai l'espoir
00:50:35que ce livre puisse être
00:50:36une contribution
00:50:37à éclairer la décision
00:50:38sur ce sujet
00:50:39qui engage l'avenir
00:50:41de la société française
00:50:41mais qui engage en fait
00:50:42déjà assez largement
00:50:43son présent
00:50:44Lorsque vous dites
00:50:45c'est le sujet politique
00:50:46par excellence
00:50:47qu'est-ce que vous entendez par là ?
00:50:49ça touche à la raison d'être même
00:50:50de l'État
00:50:51c'est-à-dire choisir
00:50:52qui entre et qui se maintient
00:50:53sur le territoire
00:50:54contrôler des frontières
00:50:55faire appliquer des lois
00:50:56sur le territoire
00:50:57dont on a la charge
00:50:58si l'État renonce à faire ça
00:51:00en vérité
00:51:00il renonce à sa légitimité
00:51:02il renonce à beaucoup de choses
00:51:03depuis le consentement à l'impôt
00:51:04jusqu'au monopole
00:51:05de la violence légitime
00:51:07et le discours de l'impuissance
00:51:08qui est très très présent
00:51:09sur l'immigration
00:51:10il est au cœur
00:51:11de la crise de confiance démocratique
00:51:12qui fait que les gens pensent
00:51:13que les élus
00:51:14n'ont plus le pouvoir sur rien
00:51:15alors il y a l'immigration
00:51:17qu'on peut stopper
00:51:17est-ce qu'il y a aussi
00:51:18une partie des gens
00:51:19qui sont installés ici
00:51:20qui juridiquement
00:51:21selon les codes de l'État de droit
00:51:23sont en vocation à repartir
00:51:24donc pas l'idée
00:51:26vous n'avez pas
00:51:27de 12 générations d'ancêtres
00:51:28ici vous repartez
00:51:29évidemment pas
00:51:29mais les gens qui sont ici
00:51:30aujourd'hui
00:51:31qui juridiquement
00:51:32par exemple
00:51:32au-delà des OQTF
00:51:33est-ce qu'il y a une partie
00:51:34de ces gens
00:51:35qui se sont installés
00:51:36et qui à terme
00:51:36ont vocation à retourner
00:51:37chez eux ?
00:51:38Je pense que la question se pose
00:51:39vous aviez peut-être vu
00:51:40il y a quelques jours
00:51:41que le ministre Nunez
00:51:42avait annoncé des renforts
00:51:43pour traiter les dossiers
00:51:44de titres de séjour
00:51:44dans les préfectures
00:51:46effectivement
00:51:46on renouvelle chaque année
00:51:47près d'un million
00:51:48de titres de séjour
00:51:49dans nos préfectures
00:51:50avec des gens
00:51:50qui sont complètement intégrés
00:51:52d'autres qui sont aussi
00:51:53dans des situations
00:51:54de désintégration économique
00:51:55de rupture
00:51:56par rapport à la société d'accueil
00:51:57un certain nombre
00:51:59de ces étrangers
00:51:59bénéficiaires de titres de séjour
00:52:01n'ont peut-être pas vocation
00:52:02à demeurer éternellement
00:52:03sur le territoire français
00:52:04et on voit d'ailleurs
00:52:05que certains pays européens
00:52:06au-delà de la seule lutte
00:52:07contre l'immigration irrégulière
00:52:08prennent cette voie-là
00:52:11et 4 ans a mis en place
00:52:12une politique d'incitation
00:52:13au retour
00:52:14y compris pour des étrangers légaux
00:52:16mais qui étaient par exemple
00:52:17chômeurs de longue durée
00:52:18ça coûte un petit peu
00:52:19l'aide au retour volontaire
00:52:20il n'en demeure pas moins
00:52:21qu'en quelques mois
00:52:22ou quelques années
00:52:23l'investissement est assez vite rentabilisé
00:52:24Alors est-ce que Marc et Charlotte
00:52:25ont le temps de vous poser
00:52:26chacun peut-être
00:52:27une petite question ?
00:52:28Non mais justement
00:52:28sur la question de l'Union européenne
00:52:30on a vu des changements de cap
00:52:32on va dire
00:52:32dans la manière d'aborder
00:52:33l'immigration
00:52:34pour l'instant irrégulière
00:52:35mais peut-être que la question
00:52:36de l'immigration légale
00:52:37se posera un jour
00:52:38est-ce que c'est quelque chose
00:52:39qui est de nature à changer
00:52:40justement la réalité migratoire
00:52:41en Europe pour vous ?
00:52:43Oui en tout cas
00:52:43c'est certain
00:52:44que le mouvement
00:52:44de plaque tectonique
00:52:45qu'on a vu d'abord
00:52:46entre les états européens
00:52:47et maintenant au niveau
00:52:48des institutions européennes
00:52:49c'est vraiment une révolution
00:52:50sur un certain nombre de sujets
00:52:52sur la lutte
00:52:52contre l'immigration irrégulière
00:52:54en effet
00:52:54sur l'asile aussi
00:52:55qui a été le gros sujet
00:52:56migratoire en Europe
00:52:57en 10 ans
00:52:58l'Union européenne
00:52:59a accueilli
00:52:598 millions de demandeurs d'asile
00:53:01c'est un peu comme
00:53:01si c'était un nouvel état membre
00:53:03entièrement composé
00:53:04de demandeurs d'asile
00:53:04ce serait le 15ème
00:53:05par la taille de sa population
00:53:07l'étape suivante
00:53:08visera sans doute
00:53:09à faire bouger les lignes
00:53:10sur certains aspects
00:53:12de l'immigration légale
00:53:13parce que notamment
00:53:14au niveau de la commission européenne
00:53:15on reste convaincu
00:53:16par exemple
00:53:17face au déclin démographique
00:53:18que l'immigration
00:53:19est le seul palliatif envisageable
00:53:21alors que ça pose
00:53:22évidemment beaucoup de questions
00:53:22Non mais c'est intéressant
00:53:23parce que votre livre
00:53:24démonte point par point
00:53:25les mythes les plus répandus
00:53:26sur l'immigration
00:53:27immigration, mythes et réalité
00:53:28chez Fayard
00:53:29dernière question
00:53:30Marc Menon
00:53:30Mais ce qui est quand même
00:53:31totalement aberrant
00:53:32dans tout cela
00:53:32vous avez des populations
00:53:33qui se retrouvent là
00:53:34en stagnation
00:53:36c'est-à-dire que
00:53:37d'un côté
00:53:37on ne peut pas les renvoyer
00:53:39éventuellement
00:53:39il y a leur gouvernement
00:53:40qui interdise le retour
00:53:42et de l'autre
00:53:43à part
00:53:44à donner quelques petites aides
00:53:46on ne fait rien
00:53:46pour qu'ils parlent français
00:53:47on ne fait rien
00:53:48pour qu'ils soient
00:53:49dans l'assimilation
00:53:50est-ce qu'il n'y a pas là
00:53:51une folie
00:53:51quelque chose d'invraisemblable ?
00:53:53Oui c'est certain
00:53:53mais le degré de saturation
00:53:55auquel nous amènent
00:53:57nos politiques d'immigration
00:53:57n'est un cadeau pour personne
00:53:59mais certainement pas
00:54:00un cadeau
00:54:00pour les immigrés
00:54:01qui souhaitent
00:54:02le plus ardemment
00:54:02s'intégrer
00:54:03donc c'est évidemment
00:54:04un sujet important
00:54:06typiquement
00:54:06si on touche
00:54:07aux aspects
00:54:08les plus humanitaires
00:54:09les plus principiels
00:54:10de l'immigration
00:54:11qui est par exemple
00:54:11le droit d'asile
00:54:12on a un nombre
00:54:13de bénéficiaires
00:54:13de l'asile en France
00:54:14qui a triplé en 10 ans
00:54:15il est évident
00:54:16que ça ne permet pas
00:54:17les conditions d'accueil
00:54:18les plus élémentaires
00:54:19les plus souhaitables
00:54:20pour les étrangers
00:54:21qui pourraient bénéficier
00:54:22de l'asile
00:54:22au regard des critères
00:54:23traditionnels
00:54:24de l'asile à la française
00:54:25mais qui se sont
00:54:25beaucoup élargis
00:54:26ces dernières années
00:54:27les chiffres
00:54:28les mythes
00:54:29qui sont déconstruits
00:54:31avec ce premier livre
00:54:32que vous sortez
00:54:33Nicolas Provoponti
00:54:34merci de nous avoir
00:54:35réservé l'exclusivité
00:54:36sur toute première interview
00:54:38pour la sortie
00:54:39de ce livre
00:54:40demain 15 avril
00:54:42Mathieu Pocoté
00:54:42avant le JT
00:54:43immigration
00:54:44justement
00:54:45ça fait partie
00:54:46des choses
00:54:47qu'on avait déjà vues
00:54:48avec Victor Orban
00:54:49un sujet qu'il traitait
00:54:50puisque la défaite
00:54:51de Victor Orban
00:54:52marque la fin
00:54:53de conservatisme
00:54:54en Europe peut-être
00:54:55ou bien la refondation
00:54:56vous nous direz
00:54:57cette question
00:54:58plusieurs se la posent
00:55:00et vous vous la posez aussi
00:55:01alors que le bloc central
00:55:02annonce partout
00:55:03son effondrement
00:55:04ah oui
00:55:04ce sera la première chose
00:55:05sur laquelle je reviendrai
00:55:06c'est-à-dire là
00:55:07il y a une bataille
00:55:08qui s'est engagée
00:55:09depuis dimanche
00:55:10qui est la bataille du récit
00:55:11la bataille du récit
00:55:12c'est comment interpréter
00:55:14les événements
00:55:15comment comprendre
00:55:16ce qui s'est passé
00:55:16en Hongrie
00:55:17est-ce qu'il s'agit
00:55:18d'une défaite électorale
00:55:19est-ce qu'il s'agit
00:55:20donc
00:55:20ou est-ce qu'il s'agit
00:55:21d'une alternance
00:55:22ou est-ce qu'on n'est pas
00:55:24plutôt comme on l'entend
00:55:25si on écoute
00:55:26les médias du bloc central
00:55:27devant une forme
00:55:28de chute du mur
00:55:30de Berlin bis
00:55:31et moi ce qui me frappe
00:55:32en ce moment
00:55:32c'est qu'on cherche
00:55:33à présenter
00:55:34la chute de ce gouvernement
00:55:36comme un moment
00:55:37de libération
00:55:38digne de 1989
00:55:39comme si finalement
00:55:41on écrasait
00:55:42la réalité complexe
00:55:43du gouvernement urbain
00:55:45du régime urbain
00:55:45si on veut
00:55:46derrière le récit
00:55:47du dernier régime
00:55:49autoritaire d'Europe
00:55:50qui tomberait
00:55:51à la manière
00:55:52d'une Biélorussie
00:55:53d'Europe occidentale
00:55:54ou centrale
00:55:54et je reviendrai
00:55:55sur tout cela
00:55:55dans un instant
00:55:56oui effectivement
00:55:57l'avenir
00:55:58du conservatisme
00:56:00en Europe
00:56:01après urbain
00:56:02d'abord
00:56:03Margot Schiffer
00:56:04le rappel des infos
00:56:05bonsoir Margot
00:56:06bonsoir Christine
00:56:07bonsoir à tous
00:56:08au bout du suspense
00:56:09les députés
00:56:10ont finalement
00:56:11voté en faveur
00:56:12du projet de loi
00:56:12de simplification
00:56:13de la vie économique
00:56:14275 voix
00:56:16contre 225
00:56:17ils ont aussi validé
00:56:18la suppression
00:56:20des zones
00:56:20à faible émission
00:56:21le RN
00:56:22et les républicains
00:56:22se disent satisfaits
00:56:24le gouvernement
00:56:24tenait la gauche
00:56:25espère voir
00:56:25la mesure retoquée
00:56:27au conseil constitutionnel
00:56:29cet homme
00:56:30mis en examen
00:56:31ils sont soupçonnés
00:56:32d'être liés
00:56:32aux enlèvements
00:56:33hier en Bourgogne
00:56:34liés aux cryptomonnaies
00:56:35quatre individus
00:56:36avaient pénétré
00:56:37dans un domicile
00:56:38de Lyon
00:56:38attachant le père
00:56:39et enlevant sa femme
00:56:40et leur fils
00:56:41de 11 ans
00:56:42ils ont été libérés
00:56:43ce matin
00:56:43par le GIG
00:56:44à Néraviseur
00:56:45exiger un virement
00:56:46de 400 000 dollars
00:56:47en cryptomonnaie
00:56:49et puis
00:56:50dernier jour
00:56:50pour le papa
00:56:51en Algérie
00:56:52il a célébré
00:56:52cet après-midi
00:56:53une messe
00:56:53à la basilique
00:56:54Saint-Augustin
00:56:55une figure majeure
00:56:56du christianisme
00:56:57et le père spirituel
00:56:58du pontife
00:56:59une messe
00:57:00sous le signe
00:57:00de la paix
00:57:00et cela
00:57:01malgré l'hostilité
00:57:02américaine
00:57:02et au 14
00:57:03quittera demain
00:57:04le pays
00:57:04pour le Cameroun
00:57:06Merci beaucoup
00:57:07Marc Gossifer
00:57:08Nicolas Provont-Monti
00:57:09je donnerai le dernier mot
00:57:09de l'émission
00:57:10dans un instant
00:57:10une phrase
00:57:11peut-être pour conclure
00:57:13si en votre livre
00:57:14Mythe et réalité
00:57:16immigration
00:57:16Mathieu
00:57:18l'avenir du conservatisme
00:57:19après Victor Orban
00:57:20justement
00:57:21alors qu'est-ce que vous
00:57:22en pensez
00:57:23vous étiez en train
00:57:23de se demander
00:57:23est-ce que ça serait
00:57:26la fin du conservatisme
00:57:27ou bien
00:57:28une certaine refondation
00:57:29une restructuration
00:57:30un renouveau
00:57:31disons-le en termes français
00:57:33est-ce que Orban
00:57:34est plus largement
00:57:35la mouvance nationale
00:57:36conservatrice
00:57:37au-delà des particularités
00:57:38hongroises
00:57:38est-ce que c'est une parenthèse
00:57:40dans l'histoire récente
00:57:41de l'Europe
00:57:41qui fait que la droite
00:57:42occidentale
00:57:43pourrait redevenir
00:57:44Jean-François Copé
00:57:45est-ce que finalement
00:57:46il y avait Jean-François Copé
00:57:48ensuite il y a une parenthèse
00:57:49nationale conservatrice
00:57:50populiste identitaire
00:57:51méchante
00:57:51et là c'est le retour
00:57:52désiré
00:57:53providentiel
00:57:53en quelque sorte
00:57:54à la droite copéenne
00:57:57je n'en suis pas certain
00:57:59parce que si on regarde
00:58:00les thèmes
00:58:01qui ont progressé
00:58:02depuis 16 ans
00:58:03Orban
00:58:04mais surtout
00:58:04depuis 25 ans
00:58:05partout en Europe
00:58:06occidentale
00:58:06la vieille droite
00:58:08libérale gestionnaire
00:58:09associée globalement
00:58:11à l'imaginaire
00:58:11poste 89
00:58:12qui était globalement
00:58:14d'accord avec la gauche
00:58:15mais qui voulait ajouter
00:58:15une calculette
00:58:16cette gauche
00:58:17cette droite-là
00:58:18a fait faillite
00:58:18un peu partout
00:58:19et partout
00:58:19elle a été remplacée
00:58:21politiquement
00:58:21regardez les grands thèmes
00:58:22qui sont au cœur
00:58:23du programme
00:58:24dit les droites
00:58:25en Occident aujourd'hui
00:58:26immigration
00:58:27identité
00:58:28wokisme
00:58:29gouvernement des juges
00:58:31technocratie
00:58:31partout
00:58:33les mêmes thèmes
00:58:34sont présents
00:58:34tous ceux
00:58:35ces thèmes-là
00:58:35qu'on disait
00:58:36les thèmes
00:58:36de l'extrême droite
00:58:37avec des traits d'union
00:58:37partout
00:58:38ils sont partout présents
00:58:39donc on a changé d'époque
00:58:40au-delà du
00:58:41Orban
00:58:42caricature
00:58:43réalité
00:58:43tout ça
00:58:43au-delà de lui
00:58:44il y a une nouvelle époque
00:58:45qui s'est imposée à nous
00:58:46et une droite
00:58:46qui voudrait être simplement
00:58:47une non-gauche
00:58:48serait une droite en faillite
00:58:49alors par ailleurs
00:58:50il y a
00:58:51véritable
00:58:52une leçon à retenir
00:58:53de l'échec d'Orban
00:58:54qu'est-ce que c'est ?
00:58:55tout régime
00:58:56qui verse
00:58:57dans une forme
00:58:57de népotisme
00:58:58de complaisance
00:58:59une corruption
00:59:00qui est institutionnalisée
00:59:01un tel régime
00:59:03sera inévitablement
00:59:04rejeté
00:59:05et toute forme
00:59:05d'assujettissement
00:59:06à un empire étranger
00:59:07qui laisse sa capitale
00:59:08à Moscou
00:59:09à Londres
00:59:10à Bruxelles
00:59:11ou à Washington
00:59:12est aussi appelée
00:59:13à se faire rejeter
00:59:14donc la question européenne
00:59:15se posera
00:59:16après Orban
00:59:17autrement
00:59:17et la droite de demain
00:59:18je pense qu'on peut
00:59:19terminer sur cela
00:59:20elle sera probablement
00:59:21identitaire
00:59:22au sens où
00:59:23c'est la fin
00:59:23de l'illusion
00:59:24universaliste
00:59:25désincarnée
00:59:25plus personne ne croit
00:59:26à cette fiction
00:59:27sauf le printemps républicain
00:59:29à Saint-Germain-des-Prés
00:59:29deux
00:59:30elle sera libérale
00:59:31au sens où
00:59:32on constate aujourd'hui
00:59:33l'épuisement
00:59:34des sociétés
00:59:35bureaucratiques
00:59:35et technocratiques
00:59:36trois
00:59:37elle sera conservatrice
00:59:38non pas sur les mœurs
00:59:39non pas la police
00:59:40du caleçon
00:59:41mais sur le mode sociétal
00:59:42c'est-à-dire
00:59:43une patrimoine
00:59:44de civilisation
00:59:44qu'on pourrait associer
00:59:45à l'héritage chrétien
00:59:46et elle sera démocratique
00:59:47ça c'est fondamental
00:59:48mais délivrée
00:59:48de l'illusion populiste
00:59:49démocratique en quel sens ?
00:59:51restaurer la souveraineté populaire
00:59:52mais avec une élite capable
00:59:53de traduire
00:59:54cette souveraineté populaire
00:59:55quoi qu'il en soit
00:59:56ce n'est pas la fin du conservatisme
00:59:57c'est la fin
00:59:58assurément d'une époque
00:59:59fin d'une époque
01:00:01Nicolas
01:00:02pour vous mentir
01:00:02immigration
01:00:03mythes et réalités
01:00:04c'est votre nouveau livre
01:00:05donc premier livre
01:00:06qui sort demain
01:00:07chez Fayard
01:00:07tout est chiffré
01:00:09fini les mythes
01:00:10qu'est-ce qu'on peut dire
01:00:11peut-être
01:00:12comme dernier message clair
01:00:13sur ce travail
01:00:15que vous avez
01:00:16voilà
01:00:16c'est l'aboutissement
01:00:18d'un long travail
01:00:19parce que souvent
01:00:20on parle des
01:00:20voilà
01:00:20toutes sortes de chiffres
01:00:22voilà
01:00:22on tourne à côté du pot
01:00:24là on a les vrais chiffres
01:00:25là on a vraiment
01:00:26les informations
01:00:28là on ne peut plus
01:00:29passer à côté
01:00:30et dire
01:00:30que ce n'est pas un sujet
01:00:31capital pour la France
01:00:32c'est toute l'ambition de ce livre
01:00:33mettre les faits
01:00:34au milieu de la discussion
01:00:35comme l'éléphant au milieu
01:00:36de la pièce
01:00:36on ne pourra plus ignorer
01:00:38vous savez
01:00:39il y a une citation
01:00:39qui est devenue un peu
01:00:40un cliché
01:00:41mais qui reste très belle
01:00:42de Charles Péguy
01:00:42il faut toujours dire
01:00:43ce que l'on voit
01:00:44il faut surtout voir
01:00:45ce que l'on voit
01:00:45et sur la question
01:00:46de l'immigration
01:00:47c'est bien de cela
01:00:48dont il s'agit
01:00:48à l'instant où nous sommes
01:00:49voir ce que l'on voit
01:00:51oser regarder en face
01:00:52une réalité
01:00:52qui a des implications
01:00:53pour nous tous
01:00:53osons regarder la réalité
01:00:56merci à tous
01:00:58l'heure des pros
01:00:59de Pascal Praud
01:01:00c'est bon
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