- il y a 2 jours
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02:32Dis-moi Clio, tu ne trouves pas que ce contrôleur avait des faux airs de notre vieille amie Kronos ?
02:37Oh, tu le vois toujours partout.
02:39Bien vite, on a beaucoup de choses à voir.
02:42Et pyramides, tu ne trouves pas ça un drôle de nom ?
02:45Les Français aiment l'Égypte, c'est à cause de Napoléon.
02:49Il est le premier à y être allé.
02:51Et depuis, on rencontre par-ci par-là des monuments décorés à l'Égyptienne.
02:55Tenez, le Châtelet, ce n'est plus une prison, c'est l'Égypte.
03:09Et cette fontaine, bien peu de Parisiens la connaissent.
03:13Elle a 150 ans.
03:19Et cet incroyable temple égyptien, une maison bourgeoise garantie d'époque.
03:37Oh, ma pauvre Monica, c'est toujours l'Égypte.
03:40Regarde l'obélisque de la Concorde.
03:42Mais qu'est-ce que c'est l'obélisque ?
03:44Tu n'as jamais vu les photos des temples ?
03:47Les Égyptiens mettaient ça devant l'entrée.
03:50Mais pourquoi place de la Concorde ?
03:53Sans doute parce qu'on ne savait pas quoi mettre au milieu.
03:57Il paraît que le sultan en avait donné deux comme cela à la France.
04:00Le deuxième attend toujours.
04:03Regarde, c'est tout écrit en égyptien.
04:06Oh, regarde les drôles de petits canards !
04:19Allez, viens, nous allons à Pyramide.
04:21Parce que c'est vrai, toujours l'Égypte !
04:22Vous prenez les arcades à gauche dans la rue de l'Évoli.
04:25Petite photo ?
04:26Non, merci, monsieur, vous êtes gentil.
05:15Encore une Égyptienne !
05:16Mais tu es folle, Monica ! C'est Jeanne d'Arc.
05:19Qui est Jeanne d'Arc ?
05:21Une petite cinche française qui s'est battue avec les Anglais.
05:25Elle est toute en or comme une déesse.
05:27La station des pyramides doit être tout au bout de cette rue.
05:31Regarde, place des pyramides. Nous y sommes ?
05:34Oh, Clure, j'en ai assez. Si on s'arrêtait ?
05:36Oh, tu veux toujours t'arrêter.
05:39Tiens, y'a un café.
06:07Ce qui m'ennuie, c'est que je ne vois pas du tout.
06:10Le rapport entre Jeanne d'Arc et Lorraine et la rue des pyramides.
06:15Est-ce que Jeanne d'Arc aurait été en Égypte ?
06:18Ne dis pas de bêtises, Monica.
06:20Mais pourquoi avec les croisades ?
06:22Oh, tu es insupportable.
06:26Non, ne cherchez pas, il n'y a pas de rapport.
06:30Tenez, autrefois, à la place de la statue de Jeanne d'Arc...
06:32Tiens, elle était coiffée comme vous, Jeanne d'Arc.
06:34À la place de la statue, il y avait la porte de Saint-Honoré.
06:37Oui, l'ancienne enceinte de Paris.
06:39Tenez, regardez.
06:49Jeanne d'Arc.
06:50Pardon, Jeanne d'Arc.
06:52Nous sommes en plein combat.
06:54Et elle est devant la porte, ici même où nous nous trouvons.
06:57Les boulets de pierre pleuvent.
06:59Jeanne est blessée, brièvement.
07:00Nous sommes le 8 septembre 1429.
07:06Bon, elle leur a pardonné aux Anglais.
07:10Tenez, regardez ceux-ci.
07:12La photo est de 1918.
07:15Ces Tommy ont tenu à se grouper autour de Jeanne, leurs victimes.
07:20Vers 1900, ce lieu était très fréquenté par les Parisiens.
07:24Il défilait patriotiquement devant Jeanne d'Arc,
07:27devenu le symbole de la revanche contre l'Allemagne.
07:42Mais est-ce qu'on défile encore dans ces rues à Arcade?
07:45Ah non, non, on se promène en regardant les vitrines.
07:47C'est la rue de Rivoli.
07:49Avez-vous remarqué, dans le quartier,
07:50il y a beaucoup de rues qui portent les noms de bataille.
07:52Rue de Rivoli, rue de Castiglione, rue des Pyramides.
07:55Et pourquoi celle-là?
07:58Toutes ces victoires ont été remportées
08:00par le général Bonaparte, futur Napoléon Ier.
08:03Et puis, ces rues étaient dans le voisinage
08:05du palais des Tuileries, où habitait l'Empereur.
08:08La rue de Rivoli fut percée sous son règne
08:10et achevée par son neveu, Napoléon III.
08:13Il est allé en Égypte?
08:17Parfaitement, pour y chercher les Anglais.
08:19Et il est tombé sur les Turcs,
08:21qu'il a vaincu en juillet 1798.
08:25Il a d'ailleurs prononcé des paroles célèbres
08:27que tous les petits écoliers de France connaissent bien.
08:31Soldats,
08:32bio de ces pyramides,
08:33quarante siècles ou bon temps.
08:35Vous êtes magnifiques.
08:37Allez, bouillez le quartier.
08:39C'est celui du jeune général Bonaparte.
08:41Vous le trouverez à tous les coins de rue.
08:44Et si vous êtes en difficulté,
08:45un signe, j'apparais.
08:47Par où commencez-vous?
08:48Vous apprenez la rue des Pyramides,
08:49tournez à droite rue Saint-Honoré
08:51et demandez le café de la Régence.
08:52Vous ne pouvez pas vous tromper.
08:54Et peut-être ferez-vous des rencontres intéressantes.
09:03Ah, enfin du repos.
09:04Mais pas pour longtemps.
09:05Mademoiselle au désiré?
09:06Euh, du thé?
09:07Du thé, oui.
09:08Et au lait citron?
09:08Lait, au lait citron.
09:10Lait.
09:11Tu sais, Monika,
09:12que nous sommes d'ici dans une des plus célèbres cafés littéraires
09:15du XVIIIe siècle français,
09:17ces jeunes gens,
09:19ce sont peut-être des écrivains.
09:20Monika,
09:21ce sont peut-être des artistes.
09:23Donc, regarde comme ils sont séduisants.
09:24Voltaire.
09:26Rousseau.
09:26Monika, je t'en prie.
09:28Dis-moi plutôt ça.
09:29Inutile, je vais tout vous dire.
09:30Ce café n'est ici que depuis 1852.
09:33Oui, il était situé auparavant sur la place du Palais Royal
09:35et fut fondé en 1681.
09:37Mais les hommes de lettres les plus célèbres,
09:39Voltaire, Rousseau,
09:41Marmontel,
09:42Marmontel, Diderot, Grimm, Chanfort,
09:46Sainte-Beuve, Alfred de Musset,
09:48ils sont venus s'asseoir.
09:49C'était le Saint-Germain-des-Prés de la vieille France.
09:51Oui, oui, oui, tout juste.
09:53Il y avait des scandales.
09:54Comme les hommes de lettres ne pouvaient pas être reconnus,
09:57ils y venaient déguisés.
09:59Un jour, Rousseau, il va t'habiller en arménien.
10:03Ça fut une émeute, le café fut pris d'assaut.
10:05Rousseau dut être dégagé par la police
10:06qui mit des sentinelles à l'entrée.
10:09Mais dites-moi,
10:10Qu'est-ce qui attirait tant de gens célèbres ici ?
10:13C'était un endroit à la mode.
10:14Et il s'y donnait un peu en spectacle.
10:16Qu'est-ce qui attire tout le monde aujourd'hui sur la rive gauche ?
10:18C'est toujours la même chose.
10:20Le caprice.
10:21Tout de même.
10:22Non, ici, il y avait un centre d'intérêt.
10:23Ah, quoi donc ?
10:25Les échecs.
10:26Oh, le drôle de petit jeu.
10:28Oui, oui, oui, tout juste.
10:29Le jeu d'échecs fut introduit en France vers 1760.
10:33On louait l'échiquier à l'heure.
10:35Le soir, ça coûtait le plus cher
10:36à cause des deux chandelles
10:37que l'on plaçait de chaque côté du jeu.
10:39C'était une fureur.
10:40Et l'on venait de tout Paris.
10:42Tenez, regardez ces deux-là.
10:43Ils viennent pas encore jouer ici ?
10:45Eh oui.
10:47Et cet échiquier, j'ai dit,
10:49c'était entre les mains du général Bonaparte.
10:51Qui venait passer ses soirées ici, à la région.
10:53Quand il était tout jeune lieutenant, bien sûr.
10:56Tenez, regardez.
10:58Il ne porte pas encore les insignes,
11:00mais il vient d'être promu capitaine d'artillerie.
11:03Nous sommes en 1793.
11:06Il est sombre et découragé.
11:09Je te prends ton fou.
11:12Si tu veux, mais fais vite.
11:13Ah, diable, j'ai découvert l'intour.
11:17T'as raison, je suis un impudent.
11:19Fais attention.
11:20C'est avec des imprudences qu'on perd sa tête aujourd'hui.
11:23T'es bien pessimiste.
11:25Ne dit-on pas que tu viens d'être nommé capitaine ?
11:28Tu sais bien ce que ça veut dire.
11:29Si tu crois que mon avancement est dû au mérite que j'ai
11:31ou que je n'ai pas, tu te trompes.
11:33Si je suis capitaine, tu sais bien que c'est parce que
11:35tous les officiers supérieurs du régiment de l'affaire
11:38sont à Koblenz.
11:39Allez, va.
11:40Tu ne resteras pas longtemps capitaine.
11:43Pourquoi pas quatre ou cinq ans ?
11:44Tu sais comment les choses se passent ici.
11:47Si l'on ne sait pas faire la cour aux femmes,
11:48on n'arrive à rien.
11:50À rien, tu entends ?
11:52Et moi, sur ce terrain, je ne suis bon à rien.
11:55Tiens, je te prends ton cavalier.
11:57Échec au roi.
11:58Je prends.
12:02Ah, ça ne durera peut-être pas.
12:04Les choses vont si vite ici.
12:06Hier d'Anton, aujourd'hui Robespierre,
12:10demain, qui sait ?
12:11Il y a toujours les salons, les groupes,
12:13les chapelles mondaines.
12:15On change les personnages, mais on garde le décor.
12:18Mais tout ce monde s'agite, intrigue,
12:20se répartit la révolution.
12:22Crois-moi, nous ne sommes pas taillés pour Paris.
12:25Échec au roi de la tour.
12:30Il n'y a plus d'héroïsme ici.
12:34Je ne vois partout plus carnage.
12:36Les héros sont en Orient.
12:39En Turquie, peut-être.
12:41Avec Hakim.
12:43Tu ne connais pas Hakim.
12:46Il en avait assez du calife, qui était cruel, injuste.
12:49Alors il s'est soulevé avec une poignée de braves.
12:52Il a d'abord été blessé, défiguré,
12:54mais il a continué.
12:55Il a mis un masque d'argent sur son visage.
12:58Et il a ranimé le courage de ses partisans,
13:00qui ont creusé un immense fossé.
13:03Les ennemis sont venus s'y perdre et s'y empaler.
13:05Oui, Hakim était vainqueur.
13:10Alors il a réuni ses partisans en un magnifique festin.
13:14Et il les a tous empoisonnés.
13:17Puis il a dressé un grand bûcher.
13:20Il y a traîné leur corps.
13:23Et il s'est jeté lui-même dans les flammes.
13:27Quand tu es sombre.
13:31Ce n'est rien.
13:33J'ai fort envie d'aller en Turquie.
13:36Ou en Inde.
13:38Les Anglais, eux,
13:39savent faire plus de cas que les Français d'un bon officier d'artillerie.
13:42Et qu'est-ce que tu irais faire aux Indes ?
13:44Bah, là ou ailleurs.
13:46Mais tu as tort de ne pas croire aux Indes.
13:48Les Anglais vont faire des choses colossales là-bas.
13:50Si j'y vais, je reviendrai au bout de quelques années,
13:53comme un riche nabab.
13:55Je te vois d'ici.
13:57En attendant,
13:59je crois que tu vas être mat.
14:02Tu as oublié ma reine.
14:04Tu vas trop vite, ami.
14:06T'es imbattable.
14:07Là, ce bord de mes succès.
14:10Eh ben voilà.
14:11Je suis mat.
14:13Tu pourras toujours leur apprendre à jouer aux échecs,
14:16aux Anglais.
14:22Bonaparte n'eut pas à se donner aux Anglais.
14:25La Révolution l'utilisait.
14:27Bientôt, sur recommandation du Corse Salsetti,
14:30le gouvernement révolutionnaire l'envoyait au siège de Toulon.
14:34Sa connaissance de l'artillerie faisait merveille.
14:44Il y gagnait ses galons de général.
14:48Mais Robespierre n'aimait pas les généraux vainqueurs.
14:54Appelé à Paris,
14:55Bonaparte travaillait pour le comité de salut public
14:58et s'occupait vaguement d'établir un plan de campagne en Italie.
15:06Mais ce fut Termidor et la fin tragique de Robespierre.
15:30Qu'est-ce que c'est que cette poste foule?
15:32C'est le dôme de l'église Saint-Roch.
15:34Nous irons tout à l'heure.
15:36Et cette petite rue avec tous les boutiques?
15:38Ah là, c'est la rue du marché Saint-Honoré.
15:40Ici, nous sommes en plein cœur du Paris Révolutionnaire.
15:43À un moment, elle s'est même appelée rue Robespierre.
15:46Les commerçants se réunissaient pour discuter des événements
15:49ou alors ils allaient au coin de la rue Saint-Honoré là-bas
15:51pour regarder passer les charrettes de condamnés
15:54qu'on conduisait à la guillotine place de la Concorde.
16:11Ce quartier n'a pas changé.
16:13Toujours des commerçants, des artisans
16:15et leurs enseignes qui restent là vivantes.
16:47Sous-titrage MFP.
16:49Regardez cet incroyable enchevêtrement de cours.
17:08Les rues avec le néon ont changé,
17:11mais les cours sont toujours là,
17:12comme sous Robespierre.
17:14Et elle nous donne encore une idée précise
17:16de ce qu'était autrefois la vie de ce quartier.
17:27Et on y travaille.
17:32Qui dirait qu'en 1967,
17:35la rue Saint-Honoré compte un atelier de métallurgie
17:38groupant 16 ouvriers ?
18:02Celui-ci a fini son travail.
18:04Il va traverser plus de 100 mètres de cours
18:07pour se retrouver dans la luxueuse rue Saint-Honoré.
18:09et il va choisir des années de долларs,
18:33Il y a aussi des premiers Shyamop.
18:34Le chef Aliot,
18:37c'est ce qui lui a fait une prudenceエ tout remontraine
18:39de lever les yeux, il découvrirait la maison du docteur Guillotin, le célèbre
18:46inventeur de la Guillotine. Regardez bien la vitrine de ce marchand de
18:53couleurs. La tradition ne s'est pas perdue.
19:06Là s'élevait le couvent des Jacobins. Les révolutionnaires y avaient installé un club.
19:13Danton, Robespierre ont fait partie des Jacobins. Les Jacobins, c'est l'âme de la révolution.
19:19Ils étaient de tous les coups durs, de toutes les émeutes. Ils avaient trois rues à traverser
19:24pour prendre les tuileries. Deux cents mètres à faire pour assister aux exécutions.
19:28Et ils ne s'en privaient pas car ils étaient les grands pourvoyeurs de la Guillotine.
19:35Mais après Termidor, le club a perdu de son pouvoir. Et Robespierre a été arrêté,
19:40tenez, dans une maison de la rue Saint-Honoré, là, au 398.
19:45Oh, je voudrais voir.
19:46Eh bien, je vous y invite à déjeuner.
19:48Manche, chez Robespierre ?
19:51Comme vous dites.
19:55Voilà, vous êtes dans la maison de Robespierre.
19:58Elle appartenait à un de ses amis, un nommé Duplet, qui était menuisier.
20:02Et le frère et la sœur de Robespierre habitaient également la maison.
20:05Il aimait beaucoup sa sœur, oui.
20:07Alors, ici, au-dessus, il y avait sa chambre.
20:09On y monte là par le petit escalier que vous avez vu dans la cour.
20:12Et là, d'ailleurs, on va y déjeuner.
20:15C'est sa salle à manger.
20:17Que devint Bonopathe après le 9 Termidor ?
20:20Il était dans une position difficile.
20:22Les Jacobins lui avaient donné sa chance à Toulon, mais lui, il désapprouvait les violences de la Révolution.
20:27Alors, il est tombé en disgrâce.
20:29Qu'est-ce que ça veut dire, disgrâce ?
20:30Cela veut dire qu'il avait cessé de plaire.
20:33Tout juste.
20:34Alors, on lui a demandé d'aller en Vendée, où les royalistes avaient déclenché une insurrection contre la République.
20:39Ben, lui, il ne voulait pas gagner ses galons dans une guerre civile.
20:42Et dites-moi, avec les dames, il n'avait pas fait des progrès ?
20:46À ce point de vue-là, il s'était beaucoup amélioré.
20:49Il faut vous dire qu'à l'époque, les dames à Paris ne se donnaient qu'aux gens célèbres.
20:53Or, lui, avant le 13 Vendémiaire, était un illustre inconnu.
20:56Qu'est-ce que c'est le 13 Vendémiaire ?
20:58Le 13 Vendémiaire ?
21:00N'anticipons pas, Clio.
21:06Maintenant qu'on a bien déjeuné, on va aller à l'église, à Saint-Roch.
21:10Ou la brosse poule !
21:11Oui, la coupole, oui.
21:13Vous savez qu'au 18e siècle, Saint-Roch était une des églises les plus mondaines de Paris.
21:18Tiens.
21:34Venez avec moi.
21:35Nous sommes dans la rue Saint-Roch.
21:46Allez, entrez.
21:47N'ayez pas peur.
21:49Ça vous intrigue.
21:58Attention.
22:00Défense de fumée.
22:02C'est curieux cet escalier.
22:04Allez, venez.
22:06Vous demandez où nous nous sommes.
22:08Entrez.
22:13C'est l'église Saint-Roch.
22:28C'est encore aujourd'hui comme sous la Révolution.
22:31Ces petites boutiques sont incrustées dans l'église.
22:36Regardez ce restaurant.
22:37Et cette minuscule échoppe de cordonniers.
22:46Ce coiffeur est ici depuis 1630.
22:58Maintenant, nous nous dirigeons vers la façade de Saint-Roch.
23:01Nous avons quitté les coulisses.
23:05L'église fut construite par Louis XIV et agrandie au XVIIIe siècle.
23:11L'intérieur est riche en peinture et en sculpture.
23:14Et des personnages célèbres y ont été inhumés.
23:16Je peux vous citer Corneille, Diderot, le philosophe d'Holbach.
23:23L'incroyant.
23:24Vous voyez, Clio, les incroyants finissent quelques fois à l'église.
23:27Et Piron, l'écrivain.
23:29Les amiraux du Gatrouin et de Grasse.
23:32Le ministre Louvoyus à ses cultures.
23:35On y célébra les obsèques de Boswell.
23:38Molière y a fait baptiser son enfant.
23:40Allons-nous visiter cette église?
23:41Ah non.
23:42Non, parce que c'est ici, sur le parvis, que sont passées les choses les plus importantes.
23:46Mais d'abord, je vais vous mettre au courant de la situation au matin du 13 Vendémiaire.
23:51Regardez ce pigeon.
23:52Il va nous emmener chez Barras.
23:54Qui est Barras?
23:55Vous allez voir.
23:56C'est le chef du gouvernement révolutionnaire.
23:59Appétit!
24:08Voyez, Barras, la situation est grave.
24:10La section de Pelletier a commencé à s'insurger.
24:13Quoi? Ces spéculateurs gavés d'Assignat?
24:15Ce genre de bourse et de trafic?
24:17Ils n'en ont que plus d'appétit.
24:18Le décret sur la réquisition des grains les a indignés.
24:21Ils voudraient pouvoir voler comme au bon vieux temps.
24:24Et la hausse de l'Assignat, ils s'en moquent?
24:26Ils ont déjà constitué un comité pour s'emparer du pouvoir.
24:30Le pouvoir aux banquiers.
24:31Bravo!
24:32La révolution est bien partie.
24:34Il ne fallait pas frapper à gauche comme nous l'avons fait.
24:37Tous les conventionnels régicides sont morts ou déportés.
24:40Vous avez arrêté même Fouché.
24:41La vieille canaille!
24:43Nous ne pouvons pas faire appel au peuple.
24:45Ils nous renverseraient.
24:46À quoi bon contre cette poignée d'un jetteur?
24:49Citoyens, les sectionnaires des Filles de Saint-Thomas sont en marche vers l'étulerie.
24:53Allons bon!
24:54Le mouvement gagne tous les royalistes de Paris.
24:57Il faut tout de même s'appuyer sur les démocrates.
24:59Où les trouverez-vous?
25:00En prison? C'est vous qui les avez mis.
25:02Faites-les sortir et prenez leur place.
25:03Il n'en est pas question.
25:05Le dernier mot doit appartenir à l'ordre républicain.
25:08Il nous reste l'armée.
25:10Faites venir le général Menoux.
25:11Il attend, citoyens.
25:13Citoyens, général, la révolution se trouve à l'instant menacée par les royalistes.
25:18Les agents de Pitt et de Cobourg ont soulevé contre la convention les sections les plus corrompues de Paris.
25:24Celles du quartier de la Bourse, notamment.
25:27Je compte que l'armée fera son devoir.
25:30Citoyens, Barras, le rôle de l'armée n'est pas tiré sur des Français.
25:35Ainsi, vous appelez des Français, c'est misérable, à la solde de l'étranger.
25:39Ils sont Français comme vous et moi.
25:42N'y a-t-il rien de changé depuis Termidor?
25:46La révolution ne collait telle que la guillotine pour subsister.
25:50Faites Menoux, il ne sera pas dit que l'armée continuera l'œuvre des sans-culottes.
25:56Moi, général Menoux, je refuse, en son nom, de prêter mon épée au pouvoir.
26:02Faites de moi ce que vous voudrez.
26:05Je vois, monsieur, vous avez gardé la nostalgie de l'ancien régime.
26:12Vous étiez bien colonel avant la révolution.
26:15Monsieur le baron représentait la noblesse de Touraine aux états généraux.
26:20Monsieur le baron complote.
26:22Je ne sais pas ce qui me retient de vous envoyer sur le champ à la guillotine.
26:26Vous pouvez vous considérer comme en état d'arrestation.
26:30Citoyens Barras, mes sentiments républicains ne font, je crois, aucun doute, pour tous ceux qui me connaissent.
26:37J'ai été un des premiers députés de la noblesse à rejoindre dans le tiers état.
26:41J'ai combattu plus de trois ans en Vendée, notamment contre la roche Jacqueline.
26:44Qui vous a battu?
26:45Qui m'a battu, en effet. Dans l'honneur et le courage.
26:49Je connais les royalistes pour les avoir longtemps combattus.
26:52Je refuse de les massacrer dans Paris.
26:55Veuillez vous tenir à la disposition de la justice.
26:59Citoyens, les sectionnaires de la Bourse et des filles Saint-Thomas se sont rejoints devant Saint-Roch.
27:02Ils veulent donner l'assaut aux Tuileries.
27:04Et pas un général à leur opposé.
27:06Aucun ne marchera.
27:07Pourtant, l'armée est républicaine.
27:08Il nous faudrait un jeune, un ambitieux.
27:11Oui, un homme énergique.
27:12Prêt à tout.
27:14J'ai ce qu'il nous faut.
27:17Un Corse famélique.
27:19Actuellement en disponibilité.
27:21Vous voulez parler de ce Bonaparte?
27:24Mais alors, il s'est bien comporté au siège de Toulon.
27:27Vous oubliez qu'il a refusé de servir en Vendée.
27:30Et qu'il veut partir pour la Turquie.
27:31Pour la Turquie.
27:33Merveilleux, l'ambition déçue.
27:35Faites entrer le Corse sur le champ.
27:39Il attend, citoyen.
27:41Citoyen général.
27:43Ex-général.
27:45Je dis bien citoyen général.
27:48Vous allez prendre immédiatement le commandement des troupes
27:50pour juguler l'insurrection royaliste
27:52qui se développe à partir de l'abus de Saint-Roch
27:54dans l'intention de gagner les Tuileries.
27:57Je compte sur votre intervention dans l'heure qui vient.
28:00C'est tout.
28:01À vos ordres, citoyen ministre.
28:05Ne vous l'avais-je pas dit,
28:07il remettra plus tard son voyage en Turquie.
28:09Ne craignez rien, mes amis.
28:13La République est dans de bonnes mains.
28:16Bonaparte prend immédiatement son commandement.
28:18Je lui laisse la parole.
28:19Il a raconté lui-même l'événement.
28:23Alors on donne à l'ordre aux batteries de tirer.
28:26Une pièce de huit au cul-de-sac dauphin
28:27commence à le faire.
28:29Après plusieurs décharges,
28:31Saint-Roch fut enlevé.
28:33La colonne Lafon, prise en tête et en écharpe
28:35par l'artigrie placée sur le quai
28:36à la hauteur du bichet du Louvre
28:38et à la tête du pont royal,
28:40fut mise en déroute.
28:42La rue Saint-Honoré,
28:43celle de Saint-Florentin
28:45et les lieux adjacents
28:45furent balayées.
28:48Une centaine d'hommes
28:49essayèrent de résister
28:50dans le théâtre de la République.
28:52Quelques obus les délogèrent en un instant.
28:54À six heures,
28:56tout était fini.
28:58Si l'on entendait la nuit
28:59de loin en loin
29:00quelques coups de canon,
29:01c'était pour empêcher les barricades.
29:04Il y eut environ 200 tués
29:05et blessés du côté des sectionnaires
29:07et presque autant du côté des conventionnels.
29:10la plus grande partie de ceux-ci
29:11aux portes de Saint-Rôme.
29:18Et voilà.
29:20L'affaire fut chaude.
29:21Voyez-en les traces.
29:23C'est ici que les royalistes
29:25furent massacrés
29:26par les canons
29:26du général Vendémière.
29:28Et c'est comme ça
29:28que désormais,
29:29on appelait Bonaparte.
29:32Et si vous voulez le voir
29:34dans toute sa gloire,
29:35allez rue Neuve-des-Capucins.
29:37Neuve-des-Capucins ?
29:39C'est peut-être dans les C.
29:41Je suis bête.
29:42C'est pas la peine de chercher,
29:43elle a changé de nom.
29:44Elle s'appelle rue des Capucines maintenant.
29:46Et là, vous demandez
29:47l'hôtel de la Colonnate.
29:49Alors un petit conseil pour y aller.
29:50Prenez la rue d'Argenteuil,
29:52la rue Gomboust
29:53et la rue Daniel Casanova.
29:55D'accord.
29:56Vous verrez,
29:56il y a des vieux hôtels,
29:57des cours merveilleux.
30:16Bien vive, Monica.
30:18J'ai hâte de savoir
30:19où habitait ce général.
30:20Oh, regardons un peu les magasins,
30:22pas toujours les pierres.
30:23Tu veux pas ?
30:24Oh, t'auras tout le temps
30:26de voir les magasins après.
30:28Tiens, regarde.
30:29Pas ici,
30:29il y avait la maison de Corneuil.
30:31Et alors,
30:32il n'y a plus rien.
30:33Oh, regarde les mini-jupes.
30:35Elles sont incroyables.
30:36T'as dit incroyables ?
30:38Oui, alors.
30:39Tu sais qu'on appelait
30:40incroyables ou merveilleuses
30:42les femmes du temps
30:42du général Vendemire ?
30:44Eh bien, ça ne devait pas
30:45être une joie d'époque.
30:46Elles ne devaient pas
30:46s'amuser pendant les fisiades.
30:49Vous savez,
30:50les incroyables,
30:51il y en a toujours.
30:52Vous-même,
30:53avec tout votre attirail.
30:55Ne croyez-vous pas
30:55que vous êtes
30:56tout aussi incroyables
30:58que vos célèbres aïeuls ?
31:25ouh, regarde ces deux muscadins.
31:29Monique, allez, viens.
31:31Tu sais, on a rendez-vous
31:32chez le général
31:32et il a horreur
31:33d'attendre les femmes.
31:40Boucherie,
31:41fondée en 1785.
31:43Tu vois,
31:44c'est ici que les merveilleuses
31:46faisaient leur marché vers midi.
31:48Pourquoi vers midi ?
31:50Parce qu'elles se levaient tard
31:52après les nuits de fête continuelles.
31:54Mais explique-moi quelque chose.
31:56Pourquoi est-ce que les gens
31:57faisaient la fête
31:58à une époque aussi cruelle ?
32:00Oh, c'est toujours la même chose,
32:01tu sais.
32:02La guerre,
32:03la révolution.
32:04C'est là dans le sentiment
32:05d'incertain,
32:07de la mort,
32:07toujours possible.
32:09Alors les gens font la fête.
32:11Merci, Valal.
32:12C'est ici qu'est mort Stendhal.
32:15Record !
32:16Oh oui.
32:17Il avait écrit
32:18peu de temps avant
32:19à un ami.
32:21Je trouve qu'il n'y a pas
32:22de ridicule à mourir
32:23dans la rue
32:24quand on ne le fait pas exprès.
32:26Et alors ?
32:27Ben alors,
32:28c'est ici que Stendhal est mort.
32:30Tiens, sur ce trottoir.
32:32Il est tombé là
32:33le soir du 22 mars 1842,
32:36frappé d'apoplexie.
32:38Malheureusement,
32:38il n'y avait pas de caméra.
32:50Non, c'est plutôt le nom
32:54d'un couvent.
32:55Regarde,
32:56au 22,
32:58Bonaparte s'est installé
32:59après la treize montanière.
33:11Mais, alors il avait
33:13pignon sur rue ?
33:14Oui !
33:15Et c'était le général
33:16le plus connu de Paris.
33:17Il commandait
33:18l'armée de l'intérieur.
33:19L'armée ?
33:21Mais, ça ne fait pas
33:22plutôt la police ?
33:23Hein ?
33:26Vous avez un peu raison, Monica.
33:29L'armée de l'intérieur
33:29n'avait pas bonne cote.
33:30Non, on la respectait.
33:32Et elle décourageait
33:33toutes les insurrections.
33:34Avec Bonaparte,
33:35la révolution était finie.
33:36En un sens.
33:38Paris respirait.
33:39Venez, venez.
33:56Eh oui !
33:58La révolution avait confisqué
34:00le merveilleux hôtel
34:01de la colonnade,
34:02qui jadis avait été habité
34:03par Duplex,
34:04le gouverneur des Indes françaises,
34:07puis par le contrôleur
34:08des finances,
34:08Jean-Baptiste Bertha.
34:15Bonaparte,
34:16qui n'avait pas de logement
34:17à Paris,
34:18y avait été élu domicile.
34:19Et le général
34:21de l'armée de l'intérieur
34:22y donnait quelquefois
34:23des fêtes
34:23dans la belle tradition
34:25des directoires.
34:28Depuis qu'il était célèbre,
34:29les merveilleuses
34:30n'avaient Dieu
34:31que pour lui.
34:32L'une d'elles, surtout,
34:34la plus célèbre,
34:35la plus éclatante.
34:37Regardez,
34:37nous sommes attendus.
34:40C'est la fête
34:41chez Vendémiaire.
34:42Regardez.
34:49Banes de Monde de Monde de Monde de Monde de Monde de Monde de Monde de Monde.
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