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00:00Sous-titrage Société Radio-Canada
00:40C'est parti !
01:00Sous-titrage Société Radio-Canada
01:38C'est la fontaine de la paix et des arts.
01:41Des tournelles l'avaient construite pour la place du Châtelet.
01:43Regardez.
01:44La paix.
01:46L'agriculture.
01:49Le commerce.
01:52Les arts.
01:55Les sculptures sont despercieux.
01:58En 1807, on voulait la mettre sur la place Saint-Sulpice.
02:01Elle était trop petite, trop menue.
02:03On ne savait qu'en faire.
02:05Alors elle fut reléguée ici.
02:14Il ne reste plus grand-chose du grand marché de 1818.
02:17À part les voûtes.
02:18Vous avez vu ?
02:19Mais ce marché n'était rien à côté de la foire de Saint-Germain.
02:22Eh, Léon !
02:23La femme t'attend, qu'est-ce que tu fais là ?
02:24Bon, excusez-moi.
02:32On ne passe pas.
02:34Vous voyez bien ?
02:35Mais enfin !
02:36Faites-moi un sourire.
02:37Sinon, je vous transporte à mon époque au siècle du roi Henri.
02:40Vous ne seriez pas sorti d'ici vivante au milieu des p'tits relènes et des méchants
02:43escoliers.
02:44Ah, belle année bonne.
02:46C'est bien votre nom, n'est-ce pas ?
02:47Mais qui êtes-vous ?
02:48Je suis Bertrand.
02:49Bertrand au grand cœur.
02:51L'ami des esselés.
02:52Le confident des égarés.
02:53Le gardien des vertus.
02:55Donc, n'ayez pas peur.
02:56Et venez avec moi, jetez un coup d'œil sur ce qu'était jadis la foire Saint-Germain.
03:00Le roi Louis XI nous en a gratifié en 1482.
03:04Ce sont les Halles de Paris.
03:06Le rendez-vous des affaires et des métiers.
03:08Les abbés de Saint-Denis palisent de jalousie.
03:10Nos bons abbés de Saint-Germain ont gagné.
03:13Tous les ans, en février, Paris s'assemble ici.
03:16Et quand je dis Paris, on y vient de fort loin en Europe.
03:19Regardez.
03:21140 magasins.
03:22Les quartiers de Normandie, de Picardie, de Chaudronnerie,
03:25Rue aux Orfèvres, aux Mercier, aux Peintres.
03:27Et les lingères, les drapiers, le velours de Gênes, de Venise, le drape Flandre,
03:32les bijoux de Florence et tous les spectacles.
03:34Les marionnettes, les comédiens italiens, les jongleurs, les montreurs d'ours.
03:40Mais ce bruit, que disent-ils ?
03:42Ce sont les escaliers, les étudiants de l'époque.
03:45Les escaliers n'aiment guère les mignons du roi.
03:47Quand est le tour du tour ?
03:48Une fraise en papier grotesque.
03:50C'est pour singer les mignons de la cour.
03:52Ils crient, à la fraise, on connaît le veau.
03:58Ils les emmènent, ils vont passer la nuit au châtelet.
04:00Les mignons ?
04:01Mais non, les escaliers, bien sûr.
04:06Regardez maintenant un autre roi.
04:11Six, six et cinq.
04:16Quatre, deux et un.
04:17Ça ne vaut rien.
04:18Comment donc ?
04:19Six, six et cinq.
04:21Vous voyez bien que votre quatre, deux, un est battu.
04:23C'est un scandale !
04:24C'est comme ça qu'on joue à Saint-Germain.
04:29Encore quatre, deux et un.
04:30C'en est trop, j'ai perdu.
04:32Venez, bon ami, venez.
04:37Mais pourquoi ne pas faire de nouvelles règles au jeu de dés ?
04:40Il vous suffirait de dire que quatre, deux et un sont gagnants.
04:43Et tes dieux, mamie !
04:45Voudriez-vous que j'en saisisse le Parlement de Paris ?
04:48Ces bougres seraient capables de casser mon édit.
04:52Partons, bon ami, partons.
04:56Perdus, encore perdus.
04:58À ce 421.
05:01Annemone, vous regardez les médailles des compagnons ?
05:03Oui.
05:04Oui, la foire Saint-Germain, c'était les commerçants, les artistes, les escoliers et les badeaux.
05:09Mais c'était aussi les artisans.
05:11Tenez, regardez dehors.
05:37Mais les compagnons, qu'est-ce que c'est ?
05:40Les compagnons, c'est une confrérie d'ouvriers.
05:42Et purement, c'est une émanation purement ouvrière.
05:46Qui, sous l'égide des trois fondateurs, Salomon, maître Jacques et Soubise, groupent les professions, des professions diverses.
05:54Mais ici, vous êtes surtout chez le compagnon charpointier du devoir de liberté.
05:58Et depuis plus de 100 ans, son rue Mabillon.
06:01Ce médaillé que vous voyez là, ce sont les récompenses obtenues les compagnons charpointiers du devoir de liberté dans les
06:09différentes expositions où ils présentaient leur chef-d'oeuvre.
06:12Leur chef-d'oeuvre, vous avez ici le chef-d'oeuvre de Beausson-la-Sagesse qui était de 1840.
06:18On peut le voir encore à Paris, avenue Jean Jaurès, 161, où il est intégralement ce que vous le voyez
06:25là.
06:26Alors vous voyez, déjà, c'est vieux puisque sous Napoléon III, on a eu des médailles que vous retrouvez ici
06:31d'ailleurs.
06:33Le rôle du compagnonnage, quel que soit le fondateur et autres, c'est surtout une question d'éducation d'ouvriers,
06:40par des ouvriers.
06:42Mais dans le compagnonnage, on trouve surtout une grande, très grande fraternité, une grande compréhension du monde ouvrier.
06:49Et dans le quartier Saint-Sulpice, on a eu un rôle particulier ?
06:53Dans le quartier Saint-Sulpice, plus maintenant, mais il fut un temps où les charpointiers ici étaient plus de 300
06:58chez cette mère.
06:58Du temps de la mère Pouplard, avant la guerre de 1914, il faisait trois services.
07:05On ne voyait que des charpentiers dans la rue.
07:07Les compagnons reçoivent-ils un enseignement initiatique qui s'ajoute à l'enseignement professionnel ?
07:12On reçoit un enseignement initiatique quand on se fait recevoir compagnons.
07:16La réception des compagnons varie suivant le métier.
07:20La réception du devoir de liberté sous Salomon n'a pas assez de différence avec la réception du père Soubise,
07:30que l'on appelait dans le temps le saint devoir de Dieu, et qui est surtout d'émanation religieuse.
07:35L'émanation du devoir de liberté est plus philosophique et se rappelle de Salomon et du temple d'Iram.
07:41Il est de tradition parmi les compagnons, quand ils se sont assemblés au cours d'un banquier ou d'une
07:46réunion,
07:46de pousser une chanson qui dénote leur état d'âme et l'état d'esprit du métier.
07:54Dans notre corps, je peux vous chanter.
07:56Au beau devoir de liberté, société chérie respectée,
08:01partout dans l'univers entier, tous tes travaux sont admirés.
08:04Enfant du brillant tour de France, vous avez par votre science
08:11à l'exposition remporté le prix d'honneur qui vous fut décerné.
08:30Vous êtes acteur?
08:32Oh non. Non, on m'appelle l'escolier.
08:35L'éternel étudiant, quoi.
08:37C'est pour ça que je me déguise.
08:38C'est sans doute le quartier qui veut ça.
08:40Saint-Sulpice n'est pas loin, je dois partir maintenant.
08:43Attendez, je vais vous offrir un café de ma réserve personnelle.
08:45Ah, je veux bien.
08:46Mais c'est mon frère qui tient ce bistrot.
08:47Alors, quelques fois, pour l'aider, je viens au comptoir.
08:50Voilà.
08:53Un sucre, deux sucres.
08:54C'est fait.
08:59Vous hésitez.
09:00On dirait que vous n'en avez jamais bu.
09:03Il est bon?
09:05Très bon.
09:06Savez-vous que c'est ici même, oui, à la foire Saint-Germain,
09:09que les Parisiens burent pour la première fois du café chaud prêt pour la consommation?
09:12Ah oui?
09:12Oui.
09:13Regardez, nous avons une illustre cliente, la princesse Palatine.
09:16Où ça?
09:17Ça va.
09:22Et comment cela s'appelle-t-il, Pascal?
09:24Du café, votre seigneurie.
09:26Du café?
09:27Quel drôle de nom.
09:28Vient-il comme vous d'Arménie?
09:30Toute l'humanité vient d'Arménie, votre seigneurie.
09:33Nos montagnes sont le berceau du monde.
09:35Mais pour ce qui est du café, je puis vous préciser que ce mot vient de l'arabe Kawa.
09:41Et que les Turcs l'ont baptisé Kawé.
09:44Votre seigneurie n'ignore pas que les Turcs sont des illettrés.
09:48Veuillez mon bon, ne pas dire du mal des Turcs.
09:50Ils sont reçus à Versailles.
09:52Hélas, il n'empêche que les Arméniens avaient déjà leur littérature que les Turcs montaient encore aux arbres.
09:58Ils l'ont donc appelé Kawé par paresse, évidemment.
10:01Les Espagnols encore plus paresseux ont dit café.
10:04Les Italiens, café.
10:05Et les Français aussi.
10:06Il se peut, mais votre brevage est un infect.
10:09Oh!
10:10Ah, il me rappelle l'histoire.
10:12Prokop, apportez-je vous prie une autre tasse pour madame la princesse Palatine.
10:16Tout de suite, mademoiselle.
10:18Tout de suite.
10:19Ah!
10:22Voilà donc ce brevage tant vanté par les philosophes.
10:25Comment peuvent-ils manquer de goût à ce point?
10:27Oh là, petit Prokop.
10:29Oui?
10:30Croyez-vous à l'avenir de cette plante médicinale?
10:33Ah, je ne sais trop, votre seigneurie.
10:35Mais on dit que les médecins le recommandent comme une tonique.
10:38Ah, on dit aussi que le père Malbranche, l'ayant expérimenté, en a fait le seul usage qu'il mérite.
10:43Il en use, ma chère.
10:46Il en use?
10:47Comment donc?
10:48Dans un clistère.
10:49Oh, mais c'est une indignité, le café a des assez bonnes auteurs.
10:53Parfaitement, votre seigneurie.
10:55Euh, c'est toi un divin café dont l'aimable liqueur, sans altérer la tête, épanouit le cœur.
11:01Et de qui sont ces verres?
11:02De l'abbé de Lille.
11:03Oui, mauvais, mauvais, mauvais, très mauvais.
11:05Ignorez-vous que madame de Sévigné prenait régulièrement du café, dont elle avait appris l'usage, et même le bon
11:11usage, en province?
11:13Oui, je sais, les Marseillais aiment les extravagances.
11:17Pardon, ma chère.
11:18Pardon.
11:20Oserais-je supplier votre seigneurie de m'accorder une grande faveur?
11:24Quoi donc encore?
11:26Jamais plus je ne reviendrai dans ce bouge.
11:27Si votre seigneurie deigne paraître à l'inauguration de mon établissement, je m'installe au Palais-Royal.
11:35Au Palais-Royal, petit Procope, vous êtes ambitieux. Et comment s'appelle votre établissement?
11:39Un café, votre seigneurie. Et je l'appellerai, avec votre permission, le Procope.
11:45Ah, c'est entendu, petit Procope, mais il n'aura aucun succès. Je viendrai quand même.
11:49Invitez donc quelques-uns de ces philosophes. Ils sont si drôles. Venez les fil.
11:53C'est entendu? Je les inviterai! Je les inviterai!
12:09Voilà la Palatine revenue dans son hôtel. Regardez, tout près d'ici.
12:15La Palatine se lance alors dans les intrigues de la Fronde, cette guerre civile du début du XVIIe siècle.
12:20Elle prit fougosement le parti de Condé et le Cardinal de Retz. Elle fut une redoutable ligueuse.
12:25Mais puisque nous en sommes à un front, venez avec moi au Précroté.
12:27Au Précroté?
12:28Oui, au Tournon.
12:34Qui était Tournon?
12:36Un conseiller de François Ier. Cardinal de son état, abbé de Saint-Germain-des-Prêtes.
12:40Il avait donné le Précroté à son valet de chambre pour que celui-ci bâtisse des maisons.
12:45Comme vous pouvez voir, le valet de chambre ne s'est pas trop mal acquitté de sa tâche.
12:58Voici l'hôtel des Montmorency. Il fut habité par Lamartine.
13:30Sous-titrage ST' 501.
13:35On croyait que la Marquine s'est promenée dans le jardin ?
13:37Vraisemblablement.
14:00Ici, vivait le père Duchesne, le révolutionnaire Hébert, leader des enragés de 1993.
14:05Il avait pour voisine l'illustre Mademoiselle de Normand.
14:08Pourquoi elle est-ce ?
14:09De 1798 à 1840, elle fut la plus célèbre tireuse de cartes de Paris.
14:14Vous voulez assister à quelques-unes de ses consultations les plus fameuses ?
14:16Ah oui.
14:17Alors venez.
14:19Viens.
14:24Approchez ! Appelez-vous en train, citoyens.
14:28Retournez cette carte.
14:33Que voulez-vous savoir au juste ?
14:35Votre destin, bien sûr.
14:37Il est inscrit, là, dans ses tarots.
14:42Le neuf thermidor.
14:44Hélas, oui, citoyens Robespierre, le neuf thermidor.
14:50Au suivant.
14:54Que vais-je vous prédire à vous, petit saint juste ?
14:58La gloire, d'abord.
15:01La gloire, le pouvoir, toutes les séductions.
15:05Mais hélas, je vois une charrette sinistre.
15:08La place des révolutions.
15:12Tiens, en voilà un qui ne meurt pas.
15:15Enfin, pas tout de suite.
15:18Heureuse époque, un survivant.
15:21Citoyenne, tu vas me faire mal juger.
15:22C'est pourtant vrai, tu mourras dans ton lit, Barras.
15:25Tu es déjà prêt à abandonner tes amis.
15:29Tu vas arrêter Robespierre.
15:31Chut, ne parle plus bas.
15:32Tu vas arrêter Robespierre, le neuf thermidor.
15:36Tu auras pour maîtresse une créole.
15:39Son mari pour rival, il te chassera du pouvoir.
15:43Qui est-ce ?
15:44Ne m'en demande pas trop.
15:46Tout ce que je peux te dire, c'est qu'il porte des bottes.
15:50Il est petit, brun.
15:53Je le vois sur la mer.
15:55Il débarque.
15:56C'est toi qui lui donnes ses éperons.
15:58Il est italien.
16:00Non, corse.
16:01Un corse.
16:02J'aurais dû m'en douter.
16:05Au suivant.
16:06Quant à toi, citoyen David,
16:09ton destin est glorieux, Barras sera oublié.
16:12Oubliez, Robespierre,
16:14que ton œuvre sera dans toutes les mémoires,
16:16dans tous les musées.
16:19Je vois une cérémonie à Notre-Dame,
16:21un immense atelier.
16:23Mais attention à la révolution.
16:26Je vois la prison.
16:27Ciel, il en échappe de justesse.
16:31Ta prison est proche, David.
16:33Très proche.
16:34Très proche, puisque c'est le Luxembourg.
16:38L'échafaud, non, ce n'est pas pour toi.
16:40Va, tu es sauvé,
16:41mais n'aime pas trop Robespierre.
16:43Il pourrait mal te le rendre.
16:45Au suivant.
16:51Imprudente, Mademoiselle Lenormand.
16:54Elle avait osé prédire à Robespierre
16:56sa fin prochaine.
16:57Il a envoyé les sectionnaires l'arrêter,
16:59comme ennemis du peuple.
17:01Il l'emmène à la petite force.
17:02Oh.
17:03Rassurez-vous, elle sera libérée.
17:05Quand ?
17:06Le 9 Terminor.
17:07Ah.
17:12La voyante était bien placée.
17:14Tant de personnages célèbres
17:15devaient habiter les beaux quartiers
17:16de la rue de Tournon.
17:18Tenez, ici se réunissaient
17:19Danton, Camille Desmoulins
17:21et Fabre Desglantine.
17:29Vous avez vu le peintre David
17:30en consultation tout à l'heure ?
17:32Oui.
17:32Eh bien, il venait en voisin,
17:33son atelier était ici.
17:50Et voici l'hôtel du maréchal d'Ancre.
17:52Conchini ?
17:53Lui-même.
17:54Vous voyez, aujourd'hui,
17:55il est occupé par la garde républicaine.
17:57Les Parisiens n'aimaient pas Conchini.
17:59Il pierre son hôtel en 1616,
18:01puis en 1617.
18:02Ça devenait une distraction rituelle,
18:04un défoulement collectif.
18:06Cet hôtel a une histoire.
18:08En 1621,
18:09il devenait la propriété du roi Louis XIII
18:11qui l'affecta aux ambassadeurs extraordinaires.
18:14C'est ici que la fameuse journée des dupes
18:16trouva son dénouement,
18:17le 11 novembre 1630.
18:19La reine-mère Marie de Médicis,
18:20qui détestait Richelieu,
18:21avait obtenu du roi Louis XIII
18:23la disgrâce du cardinal.
18:25Mais Richelieu fut assez à droit
18:26pour retourner complètement en quelques heures
18:28l'opinion de Louis XIII.
18:30Le lendemain,
18:30Marie de Médicis était exilée à Moulin.
18:33Les grands seigneurs,
18:34ses complices,
18:35s'étaient arrêtés.
18:36Mais Marie de Médicis avait pris ses précautions.
18:39Un souterrain communiquait directement
18:40avec le palais du Luxembourg.
18:42Pendant la guerre,
18:43les Allemands ont remis complètement
18:44ce souterrain en état
18:45pour leur usage.
18:47Ils habitaient aussi le Luxembourg.
19:00Nous y sommes, au contraire.
19:01Tenez, regardez les vitrines.
19:03C'est un quartier très religieux.
19:05Le plus religieux de Paris.
19:06Voici le spécialiste des soutanes.
19:07Depuis le concile,
19:08il n'est pas submergé.
19:10Allons le voir ?
19:11Oui.
19:18Bonjour, monsieur.
19:18Bonjour, monsieur.
19:19Vous désirez une cape, mademoiselle ?
19:21Vous faites des capes, monsieur ?
19:22Nous faisons des capes, oui.
19:23Je croyais que vous n'étiez que fabricant de soutanes.
19:25Nous faisons des capes depuis deux ans.
19:27Vous allez montrer notre modèle.
19:28Je vais vous essayer.
19:29Oui, volontiers.
19:33Avant le concile,
19:34on fabriquait 10 soutanes par jour
19:36à partir de la fête de Pâques
19:38jusqu'au 31 juillet.
19:39Il y avait les ordinations.
19:40Au moment des ordinations,
19:42le jeudi, il y avait une trentaine
19:43de séminaristes ici.
19:45Maintenant, nous fabriquons peut-être
19:4710 soutanes par mois.
19:50Vous fabriquez des capes pour...
19:52Nous fabriquons des capes
19:53sur tout l'hiver.
19:55...
20:25C'est parti.
21:10Vous admirez notre baptistère ?
21:12Oui, il est très beau.
21:16Mais pourquoi ces orgues ?
21:18C'est le maître Marcel Dupré qui improvise.
21:21Vous savez que nos orgues sont les plus grandes et les plus belles de France.
21:26Les sculptures que vous y verrez sont de châle grain.
21:28D'ailleurs, le maître va vous expliquer lui-même en quoi ces orgues sont exceptionnels.
21:34Le grand orgues de Saint-Sulpice a été construit en 1862 par l'illustre constructeur français Aristide Cavallé-Cole
21:48qui a laissé un nom illustre dans le monde entier.
21:55Et il est à peu près intact depuis cette époque-là.
22:02Cet orgues a été vu à ce moment-là par tous les grands musiciens et tous les grands compositeurs et
22:13les grands organismes du monde.
22:15Et il a été tenu pendant plus de 60 ans par Charles-Marie Vidor qui a été mon maître et
22:32qui a joué cet orgues jusqu'à deux ans avant sa mort.
22:39Cet instrument était, à cette époque-là, le plus grand orgues du monde.
22:47Il avait 100 jeux.
22:49Le curé de Saint-Sulpice m'a dit, quand j'ai succédé à Vidor,
22:55il m'a dit, chaque fois que vous avez le dimanche, que vous constatez une petite chose à arranger dans
23:03l'orgue,
23:06vous téléphonez directement, n'est-ce pas, au facteur qui en a la charge.
23:14Il viendra et le jour même où il aura fait le travail, il passera à la sacristie et on le
23:21paiera content.
23:22Si ça a lieu tous les samedis, entendu pour tous les samedis.
23:27On ne pouvait pas être plus charmant et plus généreux de la part de M. le curé de Saint-Sulpice.
23:32Et ils tiennent naturellement à la beauté de l'erranque.
23:41Vous admirez un de nos bénitiers, les coupes sont de véritables coquillages,
23:47offerts par la République de Venise au roi François Ier.
23:50Et le socle, on dirait un rocher.
23:52C'est un rocher de marbre, dû au ciseau du sculpteur Pigalle.
24:08Regardez ceci.
24:13Oui, dans le vitrail sud.
24:15Une petite ouverture à sa droite, c'est une lentille.
24:18Le rayon de soleil passe par cette lentille et vient frapper la ligne de cuivre.
24:23Et successivement, au cours de l'année, marque le solstice d'été,
24:28l'équinoxe de printemps et d'automne,
24:30et sur cet obélisque de marbre que vous voyez à votre droite, le solstice d'hiver.
24:35C'est très ingénieux.
24:36Oui, cet instrument très rare porte le nom de gnomon astronomique.
24:40Il a été construit en 1744 sur les plans du célèbre horloger Henri Sully,
24:46sur le couvert de l'Académie des sciences, bien sûr.
24:48C'était l'époque où on mesurait tout.
24:50La Terre, les astres, les méridiens.
24:54Maintenant, on va dans la Lune.
25:20Elle est bien belle, Notre-Dame de la vieille vaisselle.
25:22Comment dites-vous ?
25:23Vous ne connaissez pas l'histoire.
25:25Le turé de Saint-Sulpice, l'enguier de Géorgie,
25:28avait une manière bien à lui de contraindre ses paroissiens
25:31à participer à la construction de son église.
25:34Oui, à tous les repas où il était invité,
25:36il emportait les plans d'argent, les chandeliers, les couverts.
25:39Nul n'osait protester car l'on connaissait la générosité du turé
25:42et son dévouement pour les pauvres.
25:43Avec tous ces objets, on fondit une merveilleuse statue en argent
25:47qui fut placée là, dans cette chapelle,
25:51décorée par Eusser Vandenis pour l'architecture,
25:55Pidial pour les sculptures,
25:57Le Moigne et Karl Vandenau pour les peintures.
26:11Cette statue est éclairée par une lumière mystérieuse
26:14dont on ne voit pas l'origine.
26:16Mais cette statue-là n'est pas en argent ?
26:18Ah non ?
26:19Non, Notre-Dame de la vieille vaisselle
26:22fut saisie par la Révolution qui avait besoin de monnaie.
26:25On l'a fondie, on en fit les pièces.
26:27Mais celle-ci est en marbre et due au sculpteur Pidial.
26:32C'est belle, par ici.
26:37Cette église est immense.
26:38Oui, après Notre-Dame, c'est la plus vaste de Paris.
26:41Les jésuites voyaient grand.
26:42Les jésuites ?
26:43Oui, les jésuites étaient riches et puissants au XVIIe siècle,
26:47bien en cours, si vous préférez.
26:49C'est eux qui furent à l'origine de la construction de cette église,
26:52bien dans leur manière.
26:53Voyez comme tout est organisé pour la cérémonie, le spectacle.
26:56La première pierre fut posée par Anne d'Autriche en 1646.
27:00Mais l'église ne fut terminée que quand éclata la Révolution.
27:04Et la Révolution a-t-elle épargné à Saint-Sophie ?
27:06Bien au contraire, non.
27:08En 1792, quand on déclara la patrie en danger,
27:11elle devient un centre d'enrôlement.
27:14Et les patriotes firent la queue au son du tambour.
27:19Le 10 novembre 1793, on inscrivait au fronton Temple de la Raison.
27:25Robespierre avait jeté son dévolu sur l'église pour rendre un culte à la déesse Raison.
27:30Une femme personnifiant la déesse fut portée solennellement au centre de l'église
27:35et on brûla les statues de bois de Saint-Pierre et de Saint-Sulpice.
27:41Mais Robespierre et ses amis, à leur tour, furent guillotinés.
27:48L'église successivement fut affectée à la théophilanthropie,
27:52le culte révolutionnaire, et à la déesse Victoire.
27:56Le directoire était pauvre.
27:58Alors, pendant un temps, il transformait l'église en magasin de fourrage.
28:03On offrit aussi ici un banquet de 700 couverts,
28:08en l'honneur des généraux Moreau et Bonaparte.
28:18Voici une chapelle fort peu connue,
28:20et pourtant elle contient une des œuvres maîtresses de Delacroix.
28:25Ici, à gauche.
28:28Le combat de Jacob avec l'ange.
28:32Ah oui, je ne savais pas qu'elle était ici.
28:34Oui.
28:35Cette œuvre suscita les réactions et les enthousiasmes les plus divers.
28:40Voici ce qu'en disait Barès.
28:42Quel sentiment de la hiérarchie spirituelle dans ce paysage.
28:46Le jeune héros court à son haut destin.
28:49Il va droit à l'esprit.
28:52Quel drame.
28:55Il a jeté à terre ses vêtements et ses armes.
28:58Et corps à corps, il affronte l'envoyé mystérieux du ciel.
29:02Sur le mur d'en face, une autre fresque de Delacroix.
29:05Le sujet, Éliodore chassé du temple par les anges.
29:09Anatole France disait « Regardez ces anges d'une beauté splendide et si sombre.
29:14Puisqu'il fallait en cette chapelle un exemple de la sainte colère des anges,
29:18on doit approuver le peintre d'y avoir représenté à l'imitation de Raphaël
29:22les messagers du ciel qui châtient Éliodore. »
29:29« Ben, où est-elle passée ici ? »
29:33« Oui, c'est... »
29:38« Hé, attendez ! »
29:40« Attendez, je vous ai pas tout dit ! »
29:43« Et les tours ? »
29:44« Quoi les tours ? »
29:45« Ben, elles ont aussi leur histoire. Vous ne voyez pas qu'elles sont différentes ? »
29:48« Oui, l'une des deux est plus grande. »
29:50Servant Denis avait prévu deux tours semblables à celle de droite.
29:55Et au milieu, un fronton.
29:57Oui, seulement les tours n'étaient pas du goût des jésuites
30:00et le fronton a été démoli par la foudre.
30:03Alors McLaren, en 1749, a construit une tour semblable à celle de droite.
30:09Elles n'étaient pas du tout du goût des paroissiens.
30:13Alors on a décidé de les démolir.
30:14Et Chalgrin a construit celle de gauche et il n'a pas eu le temps de terminer l'autre.
30:20C'est pourquoi les deux tours sont différentes.
30:23Mais quelle façade ? On dirait un temple.
30:25Oui, les jésuites avaient le goût de l'antique.
30:28Mais regardez plutôt la place.
30:30Seule cette maison a été construite sur le plan de Servant Denis.
30:33Oui, ils voulaient une place en demi-cercle, comme on le trouve en Italie.
30:37C'est des places italiennes avec deux fontaines au centre.
30:41Mais la place a été construite sous Napoléon, ce qui explique sa forme rectangulaire.
30:45Et s'il n'y avait pas les travaux, vous verriez au milieu la belle fontaine de Visconti.
30:49Enfin, rassurez-vous, une fois le parking terminé, la fontaine reprendra sa place.
30:55Et ce grand bâtiment ?
30:57Ah, ça c'est le célèbre séminaire construit par l'abbé Ollier en 1645.
31:02Il a été détruit pendant la Révolution en 1802.
31:06Et les parties qui subsistent datent de 1840.
31:09Les Sulpiciens étaient les plus célèbres éducateurs de l'église.
31:13Les jeunes gens venaient de toute la France pour y parfaire leur éducation.
31:17Mais ce n'était pas un collège de jésuites comme tant d'autres, non ?
31:22Pourquoi ?
31:23Si vous voulez, chaque professeur était un savant de réputation internationale.
31:29C'était une sorte de collège de France des sciences et de la religion.
31:35Mais quel maître !
31:37Comme tout cela paraît austère aujourd'hui.
31:39Vous savez, c'est un bâtiment du ministère des Finances, alors l'austérité est mise.
31:44En fait, tous les élèves n'étaient pas des saints ou des savants, non ?
31:47Il y en avait de plus folotes.
31:50Monsieur de Talran, il fait ses études en 1772.
31:56Elle ne devait pas suffire à son tempérament,
31:58puisque le soir venu, il sautait le mur et se retrouvait dans le charmant petit hôtel de la rue Férou,
32:03où habitait la divine mademoiselle Luzi de la comédie française.
32:14Vas-y, son hôtel.
32:17Mais il est en travaux ?
32:19Comme vous voyez.
32:22Il abrita longtemps la maison des lettres.
32:25Mais il y a trois siècles, le jeune Talran, dans ses salons,
32:30venait faire sa cour à la belle monoselle Suisse.
32:39Tiens, voilà notre petit abbé.
32:41Que nous porte-t-il en grand mystère ?
32:44Des verres, madame.
32:46Des verres ?
32:47Certes, l'idée est saugrenue.
32:49C'est le fond dont on manque le moins.
32:51On vous apprend donc à l'école à faire des verres.
32:53Hélas, non, madame.
32:55Aussi ne sont-ils pas de moi.
32:57L'insolent, il me porte les verres d'un autre.
33:01Êtes-vous sûre du moins qu'ils me sont destinés ?
33:04Il ne saurait trouver une autre destinataire,
33:06puisqu'il s'adresse à Daphné.
33:09Ah !
33:11Alors j'écoute.
33:13Quelle clarté douce et féconde
33:15vient dorer ses riants coteaux.
33:18Zéphyr s'éveille dans cette onde
33:20et se joue entre ses roseaux.
33:22Vous moquez-vous, petit abbé ?
33:23Moi, madame ?
33:24Je ne suis pas la scudérée.
33:26Blonde dans les roseaux.
33:27Voilà qui a du meilleur goût.
33:31Puis-je poursuivre ?
33:32Soit, mais changer de ton.
33:36Déjà, Flore, à ce dieu volage,
33:38prodigue son fidèle encens.
33:40Déjà, l'oiseau sous le feuillage,
33:42soupire ses premiers accents.
33:43Le seul oiseau que vous faites soupirer,
33:46mon petit abbé, c'est ma suivante.
33:48Soupirer est trop, peu dire,
33:49elle le baille.
33:51Décidément, les comédiennes
33:52sont le plus mauvais des publics.
33:54Oh !
33:55De grâce.
33:56Allez.
33:57Voix ce myrte qui nous appelle
33:59sous ses feuillages amoureux.
34:01Voix ce gazon pur et fidèle
34:03qui sourit aux amants heureux.
34:06Non, jamais aurore si pure
34:08n'a donné l'espoir d'un beau jour.
34:11Au moins d'Apnée,
34:13c'est la nature qui se réveille
34:14pour l'amour.
34:16Je n'ai plus un poète,
34:17c'est un faune.
34:18Taisez-vous !
34:19Sante servante,
34:21ses vers sont fort beaux.
34:22Ils sont découchards le brun.
34:25Découchards le brun ?
34:27Est-ce un auteur du séminaire ?
34:30Je l'ai volé en bas
34:31dans votre bibliothèque.
34:32Il ne me quitte jamais.
34:35Jeune licencieux,
34:38vous n'en serez plus nous.
34:40Mais dites-moi,
34:42quel est votre sujet de thèse ?
34:46Je n'ose l'avouer.
34:47Prêtre.
34:49Quelle science
34:50les lèvres du prêtre garderont-elles ?
34:52Oh !
34:53Voilà qui est intéressant.
34:55Souffrez, madame,
34:55que je m'explique.
34:57Je suis de ceux qui pensent
34:58comme des marées de Saint-Sorlin
35:00que l'amour divin
35:01n'est accessible à l'homme
35:02que par une série de paliers,
35:04par un escalier continu
35:06d'épreuves et de passions
35:07qui lui font connaître
35:09tous les degrés de l'amour humain.
35:12Et à quel palier suis-je,
35:13s'il vous plaît ?
35:15Au sommet, madame.
35:16Ah !
35:17De l'amour humain sentant.
35:20Ah !
35:21Je suis fâché
35:22que mes vers aient si peu de succès.
35:24Mais peut-être montrerez-vous
35:25aux pêcheurs de l'indulgence
35:27si vous reconnaissez
35:28qu'il n'est poussé
35:28que par le désir de vous plaire.
35:30Je vous pardonne.
35:32Tout.
35:32Y compris votre sotte récitation.
35:35Mais...
35:36la pénitence.
35:38Un baiser de mes lèvres, monsieur.
35:42Et rentrer travailler.
35:44Oh, madame !
35:44Allez !
35:46Oh !
35:48Oh !
35:49Mais le charmant !
35:54Tel charmant d'époque !
35:57Tous les élèves du séminaire
35:58n'étaient pas aussi légers
36:00que monsieur de Tallerand.
36:01Renan, un élève sérieux, celui-là,
36:04tenait ses professeurs
36:05dans la plus haute estime.
36:07Tout dans ses vieux prêtres,
36:08écrivait-il,
36:10était honnête, sensée,
36:12emprunt d'un profond sentiment
36:14de droiture professionnelle.
36:15Malheureusement,
36:17Renan fut saisi par le doute.
36:20Et par honnêteté,
36:21il quittait le séminaire et...
36:22Et où est-il allé ?
36:24Oh !
36:25Pas très loin.
36:26Juste en face.
36:27À l'hôtel Fenlon.
36:29La transition de l'habit ecclésiastique
36:31à l'habit laïque
36:32est comme le changement d'état
36:34d'une chrysalide.
36:36Il y faut un peu d'ombre.
36:38Et voilà, Renan,
36:39dans sa chrysalide,
36:40quittant l'habit ecclésiastique,
36:42s'apprêtant à devenir
36:43le penseur laïque
36:44de la Troisième République
36:45dont on allait entendre parler.
36:47En effet.
36:49Oh !
36:50Ah oui ?
36:51Oui.
36:52Saint-Sulpiste est resté
36:53le quartier de la religion.
36:55Mais il a bien changé.
36:57Même les bougies
36:58se sont mis au goût du jour.
37:01Excusez-moi,
37:02mais j'ai un baptême à midi.
37:03Je dois vous laisser.
37:05Bien, au revoir.
37:06Au revoir.
37:07Au revoir.
37:22Vous désirez, mademoiselle ?
37:23Oh, il y a vu des bougies de couleur
37:24pour un gâteau d'anniversaire.
37:26Oh, je n'en avance plus.
37:27Vous voulez voir dans notre magasin
37:28de la rue de la Rosseille ?
37:29Je suis sûre qu'ils en ont.
37:30Bon, maître.
37:31Je n'aurais pas dû venir seule.
37:33Non, mais ça, vous n'avez pas
37:34pu vous aider, mademoiselle.
37:35Oh, c'est trop gentil à vous.
37:37Je vais jusqu'à la librairie
37:38à 100 m.
37:39Je vous accompagne.
38:01Eh bien, voilà.
38:03Vous êtes au cœur du sanctuaire.
38:04Ce sommes-nous.
38:05À l'hôtel de Sodeac, 1640.
38:07Ou un des plus beaux
38:08du quartier Saint-Sulpice.
38:19On y donnait jadis la comédie
38:21au temps de la présidente du guet.
38:22Adrienne, le couvreur,
38:23il fit ses débuts.
38:24Et aujourd'hui ?
38:25Aujourd'hui, c'est un peu
38:26le panthéon des trois dernières républiques.
38:28Comment ça, le panthéon ?
38:30Si vous voulez,
38:31on n'y enterre pas les grands hommes,
38:32on y publie leur mémoire.
38:33Ce qui revient un peu au même.
38:36Vous êtes dans une célèbre maison d'édition
38:38fondée en 1852,
38:39par les descendants
38:40d'un des premiers imprimeurs au monde.
38:43Cette maison a publié
38:44les mémoires de la plupart
38:45des grands hommes de nos républiques.
38:46Voyez, Clémenceau, Poincaré,
38:49Geoffre, Foch,
38:50Caillot, le général de Gaulle.
38:52Et aujourd'hui ?
38:53Aujourd'hui, les grands hommes
38:54se font rares.
38:55Il faut bien éditer autre chose.
38:57Les romans de jeunes filles, par exemple.
38:59Il y a toujours un public.
39:00Vous n'avez rien à nous proposer ?
39:02Non, pas encore.
39:04Mais j'y songerai.
39:05Au revoir.
39:06Au revoir.
39:07Merci.
39:15Quatre belles cannes
39:16nageant dans un étang.
39:17L'enseigne des canettes
39:18de Saint-Sulpice.
39:19Qui suis-je ?
39:20Bertrand.
39:21Pour vous servir.
39:23Venez, entrons au club des canettes.
39:25Ils sont charmants et j'ai soif.
39:26Mais je ne peux pas.
39:27Ne vous formalisez pas.
39:29Venez, payez plutôt la Vierge.
39:35C'est un quartier international,
39:39comme autrefois.
39:41Vous avez en dehors du club des canettes
39:42des restaurants grecs, italiens, bulgares.
39:45Vous avez un endroit comme ça, Nancy ?
39:47Oui, mais ça n'est pas offert
39:48à 2h du matin.
39:49Ah bah ici, on danse jour et nuit.
39:51Vous dansez ?
39:51Pourquoi pas.
40:26Sous-titrage Société Radio-Canada
40:29Sous-titrage Société Radio-Canada
40:52Sous-titrage Société Radio-Canada
40:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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44:23Sous-titrage Société Radio
44:50Sous-titrage Société Radio-Canada
45:03Sous-titrage Société Radio-Canada
45:14Sous-titrage Société Radio-Canada
45:16Sous-titrage Société Radio-Canada
45:35Sous-titrage Société Radio-Canada
45:36Sous-titrage Société Radio-Canada
46:06Sous-titrage Société Radio-Canada
46:09Sous-titrage Société Radio-Canada
46:10Sous-titrage Société Radio-Canada
46:12Sous-titrage Société Radio-Canada
46:12Sous-titrage Société Radio-Canada
46:13Sous-titrage Société Radio-Canada
46:14Sous-titrage Société Radio-Canada
46:15Sous-titrage Société Radio-Canada
46:16Sous-titrage Société Radio-Canada
46:18Sous-titrage Société Radio-Canada
46:21Sous-titrage Société Radio-Canada
46:21Sous-titrage Société Radio-Canada
46:25Sous-titrage Société Radio-Canada
46:35Mais je croyais qu'il était en bois.
46:37Oui, il est tout en bois, recouvert de plâtre.
46:40Et quelle est la scène représentée par ces peintures ?
46:43Alors, c'est Élie sur son char, regardée par Élysée et ses compagnons.
46:49Alors, vous voyez, il laisse tomber son manteau et Élysée tente de le rattraper.
46:54Et de qui est cette peinture ?
46:56De Walter d'Amery en 1647.
47:01Les carnes étaient riches.
47:03L'eau de Mélisse leur rapportait près de 20 000 livres par an.
47:07Ils avaient acheté des immeubles et des hôtels qu'ils louaient dans les rues du voisinage.
47:13Survant la Révolution, ils durent livrer toute leur richesse.
47:18Ils donnèrent l'argenterie, les livres, leur fèvrerie.
47:22Et on ne leur fit aucun mal.
47:24Ils étaient alors 64 au couvent.
47:28Mais les événements se précipitent.
47:30Le 9 août 1792, le duc de Brunswick a lancé son manifeste.
47:35Paris sera détruit pierre par pierre.
47:37Et le monastère des Carmes devint le théâtre sanglant de ces massacres.
47:45Oui, des massacres de septembre.
47:47Eh oui.
47:49Mais voici le père Dupuis qui va vous faire revivre cette page héroïque de l'histoire de l'Église.
47:56Je vois que vous visitez ces lieux.
47:58Oui, mon père, nous admirions cette stèle.
48:01Que représente-t-elle ?
48:02Vous n'avez pas réussi à déchiffrer l'inscription qui est déjà un peu effacée.
48:07Elle porte le nom d'un prêtre, M. Guérin, qui, en septembre 92, était assis là et plongé dans sa
48:19prière.
48:21Lorsque des massacreurs sont survenus et lui ont fait continuer sa prière auprès de Dieu dans l'éternité.
48:28Et il n'était pas le seul dans ce jardin.
48:30Et cette colonne évoque en même temps tous ceux qui y sont morts.
48:37L'Église des Carmes servait alors de prison depuis le début du mois d'août.
48:44L'Église des Carmes pouvait servir de prison parce qu'elle n'a, comme vous l'avez vu sans doute,
48:49des fenêtres situées très haut.
48:54Pour tout le monde, je suppose. Il y avait des laïcs aussi ?
48:57Alors, il y avait là 160 prêtres et laïcs, mais je crois que les laïcs étaient une dizaine.
49:06Trois évêques, l'archevêque d'Arles, l'évêque de Beauvais et l'évêque de Sainte.
49:13En réalité, si ces prêtres avaient été internés, si on n'était pas pour connivance avec l'ennemi,
49:18c'était parce que depuis le refus de la constitution civile du clergé par la grande majorité des évêques
49:25et un très grand nombre des prêtres, les prêtres paraissaient avoir partie liée avec l'ancien régime, aux yeux de
49:32beaucoup.
49:34Quelle était la constitution à ce moment-là ?
49:37Alors, la constitution civile du clergé prévoyait une sorte de fonctionnalisation du clergé
49:45dans la ligne de ce qui avait existé antérieurement, sous l'ancien régime d'ailleurs,
49:49mais sans faire place aux rouages normaux de l'église, en particulier au pape.
49:57Si bien que le clergé s'est trouvé devant une situation très embarrassante,
50:02se trouvant obligé de prêter un serment
50:05où il aurait affirmé son loyalisme vis-à-vis du régime,
50:11ce qui est normal,
50:12mais un serment qui était contraire à la constitution de l'église
50:17et qui paraissait contraire à la foi.
50:21C'est ici le perron des martyrs,
50:23Ixéchie de Rhône,
50:24c'est là qu'ils sont tombés.
50:26Les prêtres ont été ramenés du jardin par cette porte dans l'église.
50:31Ensuite, on les a fait ressortir à un,
50:34mais en comparaissant devant un simulacre de tribunal au fond de ce couloir.
50:42Un prêtre de Saint-Sulpice a reconnu parmi les assassins
50:46un garçon auquel il avait fait faire la première communion
50:50et lui a dit,
50:52« Ah, c'est vous, mon enfant. »
50:54Il a été tué.
51:15Voyez-vous, cette petite salle fut à son époque
51:18une salle de garde pour les geôliers
51:20et pour les meurtriers des massacres de septembre.
51:24Lorsqu'ils étaient réunis ici,
51:25ils avaient l'habitude d'accrocher leurs épées contre le mur
51:27et il en reste une trace émouvante et sanglante ici,
51:31c'est-à-dire trois épées que l'on voit encore
51:33et qui rappellent les horreurs de cette époque.
51:49Sous-titrage Société Radio-Canada
52:38Sous-titrage Société Radio-Canada
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