00:01Tech&Co, la quotidienne, la start-up.
00:05Avec nous Jérôme Laplace, bonsoir.
00:07Bonsoir.
00:08Jérôme, vous êtes PDG de Running Brain Robotics, Brains Robotics.
00:12Alors c'est marque du groupe NGX Robotics, c'est ça ?
00:15Tout à fait, la société s'appelle NGX Robotics, c'est la marque sur laquelle on commercialise les robots,
00:19s'appelle Running Brain Robotics.
00:20Running Brain Robotics, alors PME français spécialisé en robots autonomes de surveillance.
00:24Vous allez nous expliquer tout ça avec une lien embarquée, vous êtes implanté à Mirignac, c'est ça ?
00:28Vous êtes une trentaine de personnes, fondée en 2009, donc voilà, vous connaissez bien cet univers des robots depuis pas
00:33mal d'années,
00:34chiffre à faire, 10 millions d'euros.
00:36Tiens, juste une question là, en dehors de votre produit, ce robot humanoïde qui a gagné un semi-marathon,
00:43alors évidemment il y a le côté anecdotique ou sportif si on veut,
00:47ça marque quand même quelque chose dans l'évolution de ces robots humanoïdes ?
00:52Oui et non, moi je suis assez critique sur les robots humanoïdes chinois.
00:55On voit que ce sont des robots humanoïdes qui sont capables de faire du Kung-Fu, de la boxe, de
00:59la danse, de la course.
01:01De la course à pied.
01:01Donc on va travailler beaucoup les mouvements, mais c'est pas ça qui fait un robot utile.
01:04Moi je regarderais plutôt des robots américains, des robots de Tesla, des robots de figure-e-eye,
01:10qui vont eux s'attaquer à des choses utiles.
01:12Vous savez dans le monde de la robotique on dit, c'est relativement facile de faire un robot,
01:15c'est beaucoup plus difficile de lui faire faire quelque chose d'utile.
01:17Même si on voit quand même l'autonomie, la navigation, la performance et tout ça ?
01:21Oui, mais tout ça ce sont des choses qui sont utiles, il va falloir que les robots aient des bonnes
01:24autonomies,
01:25des moteurs robustes, c'est un passage obligé.
01:29Mais si demain on veut mettre des robots dans les usines,
01:32il va falloir que les robots s'attaquent à des problèmes beaucoup plus durs que la marche.
01:35Oui parce que moi je le dis souvent, un robot humanoïde c'est près de 50 mécanismes,
01:38alors qu'un bras robotique c'est 5-6 mécanismes.
01:416 ou 7.
01:41Voilà, donc il faut tenir tout ça.
01:43Alors racontez-nous vous les robots de la marque NGX Robotics et les robots Running Brain Robotics,
01:49ils ressemblent à quoi ? C'est une espèce de gros chariot ?
01:52Alors ce sont des petits véhicules à roues, ils ont 4 roues,
01:55ils font 1m40 de haut, un petit peu plus d'un mètre de long, ça c'est le GR100.
01:59On dirait un peu des véhicules, pardonnez-moi, mais des jouets pour enfants,
02:03un peu ces véhicules pour enfants, les voitures à pédale un petit peu ça.
02:06On peut s'imaginer ça un peu plus costaud et avec beaucoup plus de technologie bien entendu.
02:09Ouais, ça fait une belle voiture à pédale, 160 kg quand même le GR100, c'est pas mal.
02:14Donc ce sont des robots extérieurs autonomes, le principe de ces robots c'est qu'ils patrouillent,
02:19encore une fois de manière complètement autonome, sur des sites industriels les plus sensibles,
02:24en France, en Italie aujourd'hui, j'espère demain dans d'autres pays d'Europe.
02:28Et ce sont des robots qui, la philosophie si on les oublie,
02:30ils partent en mission quand ils ont besoin de partir,
02:32ils reviennent se charger quand ils ont besoin de se recharger,
02:35et ils vont assurer deux métiers, la sûreté et la sécurité.
02:39Donc comment est-ce qu'ils font ça ?
02:40C'est que ces robots embarquent un ensemble d'algorithmes d'intelligence artificielle
02:44et qui leur permettent de percevoir des choses,
02:46c'est ça qui fait du gain métier pour les clients.
02:48Et si on parle de sûreté, la sûreté c'est éviter que les intrus rentrent.
02:51Donc de percevoir l'environnement immédiat pour ne pas se cogner dans un poteau, etc.
02:56Ça on est d'accord, mais vous, l'intelligence que vous mettez embarquée à bord de ces robots,
03:01c'est ça, c'est de repérer la normale, on va dire, c'est ça ?
03:05Alors vous avez raison, il y a deux grandes familles de logiciels,
03:07il y a la partie navigation autonome, c'est un peu ce qu'on retrouve sur les véhicules autonomes,
03:10c'est la capacité à se situer de manière continue sur le site,
03:15de savoir évoluer, éviter les obstacles, ça c'est déjà la navigation autonome.
03:18Et là c'est du lidar, des radars ?
03:20Il y a du lidar, il y a de la vision, il y a du GPS, il y a de
03:25la centrale inertielle,
03:26c'est la fusion de données hétérogènes, c'est des choses qui sont assez complexes,
03:29mais qui permettent d'avoir une certaine robustesse sur la navigation, la localisation.
03:32Et puis la deuxième grande famille d'outils, ce sont des algorithmes que nous avons développés également,
03:39qui permettent de percevoir.
03:40Donc on va par exemple détecter les intrus, détecter les véhicules, lire les plaques d'immatriculation,
03:46vérifier si une porte est fermée, si un portail est fermé, si une barrière est fermée,
03:50s'il n'y a pas de trou dans le grillage, il y a quand même beaucoup de choses qui
03:52sont faites,
03:53et plus on va faire de choses, plus le retour sur l'investissement pour un industriel sera fort.
03:58Et comment vous les entraînez justement sur cette deuxième partie ?
04:00Parce que la première on a bien compris, vous prenez l'exemple des véhicules autonomes,
04:04mais comment on entraîne un robot justement à reconnaître qu'un grillage a été abîmé,
04:09qu'une porte est mal fermée, que la plaque d'immatriculation ne correspond pas à un véhicule du site ?
04:17On va utiliser énormément, la data est le cœur de la problématique,
04:22l'idée c'est d'avoir, nous ça fait trois ans que maintenant les robots les plus anciens tournent,
04:26c'est des robots qui font entre 6 000 et 10 000 km par an,
04:29ils tournent H24, donc la data on a commencé à en accumuler.
04:33Et après c'est une affaire d'experts, ce sont des ingénieurs spécialisés en IA
04:36qui vont travailler sur les images, travailler sur les algorithmes,
04:38et après on est adepte vraiment de l'amélioration continue.
04:41On est tout le temps en train d'améliorer les algorithmes,
04:43de traiter ce qu'on appelle les faux positifs,
04:45je pense qu'il y a un humain mais finalement il n'y en a pas,
04:47ça c'est un faux positif, on va le traiter, on va ré-améliorer le logiciel,
04:51c'est comme ça qu'on fait ce genre de détection.
04:53Là aujourd'hui vous êtes présent, on imagine, vous parliez de sites,
04:56c'est plutôt dans des environs non complexes, des sites industriels, c'est ça principalement ?
05:00On est présent sur plein de secteurs d'activité différents,
05:03ce qui fait que les sites sur lesquels se situe le robot n'ont rien à voir entre eux.
05:07On peut être dans la logistique, dans l'énergie, dans la défense, dans la chimie, dans l'agroalimentaire,
05:12donc vous imaginez que les sites ont des tailles différentes,
05:15des sites ont des structures différentes,
05:18et la relation entre le robot et l'environnement est d'ailleurs une des problématiques.
05:22Alors tout à l'heure j'ai démarré notre interview en parlant des robots chinois,
05:27aujourd'hui vous pensez qu'en PME française on peut rivaliser,
05:30parce que grâce à l'innovation, face à l'arrivée,
05:33on a vu dans le monde du véhicule électrique, on voit arriver ces chinois en masse,
05:38on va les voir arriver aussi dans le monde du robot, et pas que les robots humanoïdes,
05:42vous pensez, enfin qu'est-ce qui va faire que vous allez réussir justement à rester en concurrence
05:48face à ce type de concurrents, voilà, d'industriels ?
05:52Je pense qu'il faut qu'on joue avec nos armes,
05:54on est une PME, 30 personnes, 10 millions de euros de chiffre d'affaires,
05:58ce qu'on fait c'est une excellence technologique,
06:01honnêtement on n'a pas à rougir n'importe quelle autre solution au niveau mondial,
06:05on est vraiment au niveau, ça c'est un point important, c'est une solution souveraine,
06:08et puis je dirais qu'on a un peu triché parce qu'on a choisi un secteur
06:11qui est le secteur de la sûreté et de la sécurité,
06:14donc vous imaginez que les sites les plus sensibles en Europe
06:17vont choisir une solution européenne avant tout.
06:19Ça c'est cette musique de la souveraineté technologique,
06:23enfin de la souveraineté de façon générale,
06:24vous l'entendez beaucoup plus évidemment depuis quelques mois,
06:27mais voilà aujourd'hui c'est un critère important de joie.
06:31Dans mon secteur d'activité c'est un critère qui est un critère fort,
06:35on va vous poser forcément la question de la cybersécurité,
06:38mais quel type d'équipement vous avez mis, où est-ce que c'est fabriqué,
06:40comment vous m'assurez que la surveillance ne va pas être piratée
06:44par un pays qui est plutôt un pays hostile ?
06:47On voit aujourd'hui qu'il y a à cause de la géopolitique
06:50énormément de ce qu'on appelle de la guerre hybride,
06:53donc les sites qu'on protège vont être la cible quelque part
06:58de ce qu'on appelle des proxys qui vont essayer de dégrader
07:02pour faire de la communication, ce qu'on appelle du bad buzz sur les réseaux sociaux.
07:07Là aujourd'hui ces robots ils sont fabriqués où ?
07:10En Nouvelle-Aquitaine.
07:11En Nouvelle-Aquitaine, donc on est bien souverain aussi dans cette fabrication.
07:15100% français.
07:16Est-ce que la partie, alors je parle de la deuxième partie logicielle,
07:19c'est de la reconnaissance, des intrus, de ce qui fait votre spécificité,
07:23est-ce que ça pourrait être un moyen aussi, en lieu de croissance,
07:26de licencier cette technologie vers des robots d'autres pays ?
07:31C'est quelque chose que vous regardez forcément ?
07:33Complètement, moi j'appelle ça monétiser, oui tout à fait, ça pourrait.
07:37On a des datasets qui sont assez importants sur des sites,
07:41enfin des datasets sur des sites industriels de tout type,
07:44ça a une certaine valeur, des algorithmes qui sont performants,
07:47ça a une certaine valeur, et aujourd'hui on pourrait tout à fait imaginer
07:49par exemple que les caméras fixes, parce que le robot n'est pas un concurrent,
07:53c'est un complément d'autres dispositifs de sécurité,
07:55utilisent nos algorithmes qui sont plutôt performants.
07:57J'imagine aussi, aujourd'hui en financement,
08:00vous arrivez à vous financer avec le chiffre à faire,
08:04enfin les bénéfices que vous faites,
08:06les modèles, je m'admène aussi, c'est le modèle robot as a service,
08:10pour pouvoir, enfin c'est ça aussi ?
08:13C'est du robot as a service ?
08:14C'est du robot as a service, on loue un service,
08:17qui est la location du robot, qui est le service autour, la maintenance,
08:21moi je tranquillise mes clients en disant,
08:23ne vous inquiétez pas, le robot il est H24 dehors,
08:25quelle que soit la météo, mais moi j'attache de la maintenance et de la supervision,
08:28donc vous êtes assuré que le robot roulera plus de 99,9% du temps,
08:32on réagit vite, donc ça, ça fait partie du package,
08:35plus l'amélioration continue du logiciel,
08:38tout ce qu'on apprend sur le terrain,
08:39encore une fois, il n'y a rien qui remplace le terrain,
08:42ça fait trois ans qu'on roule,
08:43on a appris des tas de choses sur le comportement du robot,
08:45sur les besoins des clients,
08:47sur les algorithmes qu'il fallait développer,
08:49on n'a pas développé les algorithmes parce qu'on pensait que c'était bien,
08:51c'est les clients qui nous ont dit,
08:52ah non ça c'est important.
08:53Un robot justement, c'est un coût de combien pour comprendre un peu ?
08:57Ça, ça fait partie des informations qu'on ne donne pas,
08:59parce que ça pourrait être utilisé par les concurrents,
09:01notamment les concurrents que vous avez cités,
09:03le prix du robot, on ne communique pas.
09:05Les réglementations, on est dans un,
09:08à chaque fois, on le disait,
09:10ces robots évoluent dans un site complexe,
09:12environnement fermé,
09:14mais il y a une réglementation aussi, j'imagine ?
09:16Réglementation, ce qu'on appelle la directive machine,
09:18c'est-à-dire tout ce qui est produit industriel,
09:20on n'est pas comme les drones volants
09:21qui eux ont des réglementations qui sont assez drastiques,
09:25et on comprend pourquoi, par la DGAC,
09:27nous on va juste se conformer à la directive machine,
09:30et puis avec ce qu'on appelle la sécurité,
09:32il faut être sûr que le robot ne va jamais entrer en collision
09:34avec une personne ou un bien.
09:37Vous parliez des drones,
09:38il peut y avoir des liaisons aussi avec ?
09:40Parce que certains sites ont des drones aussi pour inspecter ?
09:43À ce propos, nous faisons partie d'un projet France 2030
09:46qui s'appelle Prendrone,
09:47qui est, l'idée c'est de coordonner des robots terrestres
09:49et des robots volants pour la sécurisation d'aéroports.
09:52Donc là, c'est plusieurs sociétés,
09:55des start-up, notamment de Bordeaux,
09:58avec l'université de Bordeaux,
09:59avec l'aéroport de Bordeaux,
10:00et d'autres universités,
10:01et l'idée ça va être de renforcer justement la sécurité périmétrique des aéroports,
10:05parce que c'est un vrai besoin.
10:07Et puis on voit les sortes des drones qui peuvent être terroristes,
10:10qui peuvent être un peu malveillants en tout cas,
10:13et donc c'est un point important.
10:15Merci, Chérôme Laplace, d'être venu nous parler de tout ça,
10:17PDG de...
10:18Alors, la marque du groupe, c'est NGX Robotics,
10:21enfin, le groupe c'est NGX Robotics,
10:23et la marque c'est Running Brain Robotics,
10:25donc PME française,
10:26et puis, ben voilà, si vous êtes un industriel,
10:28allez voir ces robots,
10:30je pense qu'il y a beaucoup à faire,
10:31et en plus, on est dans un domaine souverain,
10:33avec une technologie éprouvée,
10:34vous le dites depuis trois ans,
10:35vous sillonnez tous ces sites.
10:37Merci d'être venu nous en parler.
10:39Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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