00:00Annalisa Capellini, vous nous emmenez au Royaume-Uni.
00:02Le Premier ministre joue carrément sa tête.
00:06Il est empêtré dans le scandale lié à Peter Mandelson.
00:09Oui, ça peut lui coûter son poste, cette affaire, on va le savoir ces prochains jours.
00:14Mais ça va sûrement lui coûter sa carrière,
00:16parce que désormais, le lien de confiance avec Keir Sarmer est rompu.
00:20Je vous rappelle que ce qu'on lui reproche, c'est lié à Peter Mandelson,
00:24justement, qui était un des hommes politiques les plus influents au Royaume-Uni,
00:27à tel point qu'on l'appelait le roi des ténèbres.
00:30Donc, ce qu'on lui reproche, c'est de l'avoir nommé comme ambassadeur britannique à Washington,
00:34alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus à l'époque.
00:38Il est mentionné plus de 5000 fois dans les dossiers Epstein publiés en début d'année par le gouvernement américain.
00:44Les deux étaient amis, ils étaient proches.
00:47Et d'ailleurs, Mandelson aurait en plus transmis des informations confidentielles,
00:51des informations sensibles à son ami Epstein, qui était dans le milieu de la finance.
00:55Donc, Keir Sarmer a reconnu avoir fait une erreur dans ce dossier-là.
00:59Il a assumé la responsabilité de cette décision.
01:02Il a même présenté ses excuses aux victimes de Jeffrey Epstein.
01:05Mais ce n'est pas suffisant, il est encore dans la tourmente.
01:08On rappelle ce qu'on lui reproche, c'est d'avoir dissimulé tes informations.
01:11Oui, il y a évidemment une hypocrisie là-dedans, parce que tout le monde savait.
01:14Ce qu'on reproche en particulier à Keir Sarmer, c'est d'avoir ignoré les avis défavorables.
01:19Vous savez, à chaque fois qu'on nomme un diplomate, il y a évidemment des services qui sont chargés de
01:23contrôler les antécédents,
01:26le passé du profil, pour vérifier qu'il n'y a pas de scandale, qu'il n'y a pas
01:30de conflit d'intérêts.
01:31Donc, Starmer aurait ignoré l'avis défavorable qu'on lui avait donné, lui dit qu'il n'avait pas été
01:36informé de cet avis défavorable.
01:38Pourquoi je vous dis qu'il y a une hypocrisie ?
01:40Parce qu'au moment de cette nomination, tout le monde était déjà au courant du problème.
01:45C'est-à-dire, tout le monde savait déjà que les deux étaient amis, que Epstein avait été condamné en
01:492008,
01:50et que pourtant, leur relation avait continué.
01:53Et d'ailleurs, Peter Mendelssohn, à l'époque, était même dans la liste des possibles candidats pour prendre la tête
01:57de l'université d'Oxford.
01:58Donc, pour vous dire qu'il n'était pas du tout infréquentable à l'époque.
02:02Ce qu'on reproche finalement réellement à Keir Starmer, c'est sa faiblesse.
02:06C'est qu'il donne l'impression d'un Premier ministre qui n'a pas su bien gérer ses dossiers,
02:09d'un Premier ministre, c'est un de ses opposants qui l'a dit,
02:12qui est « in office but not in power », donc qui est au pouvoir, mais qui n'a pas
02:15réellement le pouvoir dans ses mains.
02:16Et ces temps-ci, personne ne veut d'un leader faible.
02:18Surtout très vite, c'est que Washington est quand même stratégique, il faut parler à Trump.
02:21Oui, évidemment. D'ailleurs, c'est toute l'ironie dans cette histoire,
02:24c'est que Peter Mendelssohn a été choisi pour être nommé aux États-Unis,
02:28alors qu'il n'est pas un diplomate de carrière.
02:29Pourquoi ? Parce qu'il pouvait parler à Donald Trump, vu qu'il fréquentait les mêmes cercles que lui.
02:34Et en plus, attention, parce que cette affaire aura aussi, sans doute, des conséquences pour l'Europe,
02:39parce que Keir Starmer n'était pas un européiste, mais ces derniers mois,
02:42il s'était énormément rapproché de Bruxelles, il avait amorcé ce qu'on a appelé un « briturn »,
02:46donc un rapprochement à l'Europe près de dix ans après le vote du Brexit.
02:51Et donc, effectivement, on ne sait pas qui prendra sa suite
02:54et que peut-être que ce sera quelqu'un de beaucoup moins européiste que lui.
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