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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo

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00:00:0019h, face à l'info, premier jour de la semaine et on commence par le JT avec Audrey Berthaud.
00:00:05Bonsoir, belle Audrey.
00:00:06Bonsoir Christine, bonsoir à tous.
00:00:08L'ESBOLA a visé nos soldats, pas parce qu'ils étaient français, mais parce qu'ils tenaient la mission.
00:00:14C'est ce qu'a expliqué Emmanuel Macron ce lundi soir depuis la Pologne.
00:00:18Hier, la dépouille de Florian Montorio, soldat français tué dans le sud du Liban, a été rapatrié, âgé de 40
00:00:25ans.
00:00:25Il était membre du 17ème régiment du génie parachutiste de Montauban.
00:00:28Une délégation américaine emmenée par le vice-président J.D. Evans partira bientôt pour le Pakistan afin d'y mener
00:00:36des discussions avec l'Iran.
00:00:38Donald Trump a affirmé que les négociateurs américains étaient déjà en route.
00:00:41Téhéran assure n'avoir pas pris de décision sur la reprise de pourparlers.
00:00:46Les membres de la coalition européenne contre la criminalité organisée étaient reçus à Beauvau.
00:00:5060% des mineurs de ces organisations criminelles sont recrutés sur les réseaux sociaux.
00:00:55Ils participent au trafic de drogue mais sont aussi utilisés pour des actions violentes.
00:01:00Le président du Rassemblement national a déjeuné avec le bureau exécutif du Medef.
00:01:05Il entend présenter les grandes lignes économiques du parti à un an de l'élection présidentielle.
00:01:10Ce déjeuner intervient quelques jours après un dîner entre Marine Le Pen et plusieurs chefs d'entreprise du CAC 40.
00:01:15Et puis cette nouvelle cyberattaque d'ampleur, l'Agence nationale des titres sécurisés a été visée par une attaque informatique.
00:01:23L'ANTS qui gère les demandes de pièces d'identité a détecté un incident le 15 avril.
00:01:28Le ministère de l'Intérieur a précisé que des données à caractère personnel sont concernées,
00:01:32notamment les noms, prénoms, l'adresse électronique ou encore la date de naissance des usagers.
00:01:37Merci beaucoup ma chère Audrey pour ces informations du soir.
00:01:42Au sommaire ce soir, Emmanuel Macron accuse de nouveau le Hezbollah d'avoir tué le militaire français de la finule
00:01:50Florian Montorio.
00:01:51Le mouvement chiite avait démenti toute implication alors que les Libanais sont accrochés à chaque mot du président français concernant
00:01:59le Hezbollah.
00:02:00Quelle est la relation entre Emmanuel Macron et le Hezbollah depuis l'explosion du port de Bérot en 2020 jusqu
00:02:06'à aujourd'hui ?
00:02:07L'assassinat du soldat de la finule, l'édito de Michel Fayad.
00:02:12Les Américains sont attendus ce soir au Pakistan pour le deuxième volet des négociations entre l'Iran et les Etats
00:02:18-Unis.
00:02:19On ne sait pas encore si les Iraniens seront présents.
00:02:22La trêve s'arrête demain soir mais les gardiens de la Révolution demandent la levée du blocus d'Hormuz par
00:02:28les Américains avant toute prise, toute reprise des discussions.
00:02:32Emmanuel Macron demande la réouverture inconditionnelle du détroit d'Hormuz et le règlement par la voie diplomatique, une paix durable
00:02:40par la négociation, le regard de Marc Menon.
00:02:44A un nom de la présidentielle, la droite se réveille-t-elle ?
00:02:48Hier, Bruno Rotaillot a été plébiscité à 74% par les militants ALR comme candidat officiel.
00:02:54Aujourd'hui, Jean-Dane Bardella a déjeuné avec le MEDEF.
00:02:57La droite traditionnelle s'organise, la droite nationale tente de séduire le patronat et de peaufiner son projet présidentiel mais
00:03:05qui va vraiment fédérer ?
00:03:07La droite se met-elle réellement en ordre de marche pour en gagner ? L'analyse d'Alexandre Devecchio.
00:03:13Pourquoi tant de bruit autour de la maison d'édition Grasset ?
00:03:17Ce week-end, Vincent Bolloré a répondu lui-même aux accusations.
00:03:22Derrière le vacarme, le vrai clash portait sur la publication rapide du nouveau livre de Boilem Sansal.
00:03:29Nora voulait attendre l'automne.
00:03:31La direction avoulait juin.
00:03:33Un désaccord éditorial, pas une purge idéologique.
00:03:37Une petite caste s'indigne.
00:03:39Drasset continuera le décryptage de Charlotte Dornelas.
00:03:44Florian Montorio, il a servi la France pendant près de 20 ans.
00:03:48Sénégal, Mali, Irak, Afghanistan, Niger, Guyane, Côte d'Ivoire, Nouvelle-Calédonie ou encore le Liban.
00:03:58Il était sur place au Liban depuis le 20 janvier.
00:04:02Comment résonne la mort de ce militaire en France alors que notre pays n'est pas engagé ?
00:04:10Comment résonne sa mort alors qu'il était en mission de paix avec la finule ?
00:04:14La France est-elle de fait engagée dans ce conflit, même indirectement ?
00:04:18Nous recevrons ce soir le général Éric Delaprel.
00:04:22Il a passé trois ans au Liban.
00:04:25Il a été conseiller de l'armée libanaise.
00:04:28C'est lui que vous avez vu en image il y a quelques instants.
00:04:30Il est l'invité de face à l'info ce soir.
00:04:32Une heure pour tout se dire et sans tabou.
00:04:48D'abord, Mathieu Bocoté n'est pas là mais il revient demain.
00:04:52Gabrielle Cluzel est en vacances.
00:04:54On les salue bien tous les deux.
00:04:57Marc Menand va prendre des vacances bientôt.
00:04:59Ça vous rêvez.
00:05:01Non, pas du tout.
00:05:02Mais je voulais d'abord vous montrer une petite vidéo
00:05:06histoire de se détendre un peu.
00:05:09Une vidéo qui a une tendance virale massive sur un TikTok.
00:05:12Tenez-vous bien, ça se passe en Asie.
00:05:14Les Asiatiques, les Coréens, les Coréennes chantent beaucoup.
00:05:18Tenez-vous bien, Napoléon.
00:05:20Et ça fait sourire.
00:05:23Napoléon.
00:05:24Qui peut sauver la nation ?
00:05:25Un seul nom, Napoléon.
00:05:27Impossible de ne pas forcer.
00:05:28Et ça, il promet.
00:05:30Baculement l'homme de ces dames.
00:05:31Mais l'homme des champs de bataille.
00:05:33Tu as puissé un médecin.
00:05:34Tout le monde, tous les deux ans.
00:05:36Napoléon.
00:05:37Qui peut sauver la nation ?
00:05:38Un seul nom, Napoléon.
00:05:40Impossible n'est pas français.
00:05:41Et ça, il nous le promet.
00:05:43Pas vraiment l'homme de ces dames.
00:05:45Mais l'homme des champs de bataille.
00:05:46Du haut de ces 1M20.
00:05:48Tu l'as dominé tous les terrains.
00:05:49Voilà, qui peut sauver la nation, Napoléon.
00:05:52Ça fait sourire puisque ce n'est pas en France qu'on dirait ça, malheureusement.
00:05:56Et c'est intéressant de voir comment dans le monde entier, Napoléon est plébiscité.
00:06:01Dans un instant, nous recevons un membre de SOS Calvert pour parler de ses croix
00:06:07qui sont régulièrement abîmées, saccagées, profanées en France.
00:06:12D'abord, le 4 août 2020, souvenez-vous, l'explosion du port de Beyrouth
00:06:18qui a tué plus de 200 personnes au Liban.
00:06:21Emmanuel Macron est le premier chef d'État à se rendre sur place.
00:06:25Souvenez-vous, il promet, il conditionne, il incarne.
00:06:27Depuis six ans, il n'a cessé de multiplier les initiatives diplomatiques au Liban
00:06:32au nom du dialogue et de la stabilité.
00:06:35Et samedi, un soldat français de la Finule a été assassiné dans le sud Liban.
00:06:41Question ce soir qui se pose peut-être avec brutalité, Michel Fayad,
00:06:46quelle est la relation entre Emmanuel Macron et le Hezbollah depuis 2020 ?
00:06:51Puisqu'on l'a vu dans l'émission Face à l'Info, chaque intervenant libanais
00:06:56s'enveille, scrute chaque mot d'Emmanuel Macron sur le Liban et le Hezbollah.
00:07:00En fait, chaque Libanais scrute ce que n'importe quel président français dit sur le Liban.
00:07:06Mais en tout cas, à partir du 6 août 2020, Emmanuel Macron s'est rendu lui-même,
00:07:12comme vous le disiez, au port de Beyrouth.
00:07:15Et c'était un geste fort.
00:07:16Tous les Libanais l'ont accueilli comme étant, évidemment, le représentant de la France
00:07:23présent immédiatement sur le sol national libanais.
00:07:26Et donc, c'était vraiment un geste très fort.
00:07:29Et son diagnostic, c'était qu'il souhaitait parler avec tout le monde.
00:07:31Mais tout le monde signifiait « inclut le Hezbollah ».
00:07:34Et c'est là où il a défini une politique qui était qu'il fallait distinguer une aile politique
00:07:41et une aile militaire pour le Hezbollah.
00:07:45Et c'est là un peu le problème de base.
00:07:48Parce que le Hezbollah, ce n'est pas un parti politique qui a une milice.
00:07:52Ce n'est pas comme d'autres partis politiques libanais durant la guerre.
00:07:55C'est vraiment une milice qui a été créée et qui est commandée par les gardiens de la révolution iranienne.
00:08:02Et en réalité, leurs députés ne sont que la face parlementaire de cette organisation militaire,
00:08:11de ce proxy des gardiens de la révolution iranienne sur le sol libanais.
00:08:19Et en réalité, le fait d'avoir distingué une pseudo-aile politique d'une aile militaire,
00:08:26ça a donné une caution internationale au Hezbollah.
00:08:29Ça lui a permis de gagner du temps, ça lui a donné une possibilité de s'asseoir notamment à la
00:08:35table avec Emmanuel Macron.
00:08:37Puisqu'on se souvient que le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohamed Rahad,
00:08:42était assis avec Emmanuel Macron en août 2020 à Beyrouth.
00:08:47En France, on se souvient aussi des attentats du Drakkar qui ont coûté la vie à 58 parachutistes français.
00:08:53Donc c'était en octobre 1983.
00:08:55C'était un attentat qui avait été commandité par Khomeini lui-même et exécuté par le djihad islamique,
00:09:01qui est un des groupes fondateurs du Hezbollah qui a officiellement été créé en 1985.
00:09:07Et vous savez que le Hezbollah qui est né dans la BK, créé par ses gardiens de la révolution,
00:09:13est aujourd'hui plus fort que l'armée libanaise.
00:09:16Il est mieux armé, plus équipé, plus entraîné, plus même expérimenté.
00:09:22Et ils appartiennent à ce qu'on appelle le velayet efakir,
00:09:26c'est-à-dire un concept qui consiste à dire que le vrai chef, c'est le guide de la
00:09:31révolution iranienne.
00:09:32C'est pour cela que Nasrallah lui-même, le chef historique du Hezbollah,
00:09:36se disait être un simple soldat dans l'armée de Khamenei,
00:09:39vous savez le guide suprême qui a été tué il y a quelques semaines.
00:09:42Et entre 2021 et 2023, Emmanuel Macron a décidé de faire chuter le gouvernement libanais de Hassan Diab.
00:09:53Hassan Diab, c'était le premier ministre depuis la libération du Liban en 2005,
00:09:57de l'occupation syrienne, qui dirigeait un gouvernement de technocrates.
00:10:00Emmanuel Macron l'a fait renverser.
00:10:02Il y a eu un autre gouvernement qui lui a succédé, un gouvernement de politiciens,
00:10:06le gouvernement Mikati, dirigé par Najib Mikati,
00:10:09qui est un milliardaire poursuivi pour différentes affaires en France, à Monaco, au Liban et ailleurs.
00:10:16Et en son sein, il y avait donc des ministres du Hezbollah.
00:10:19Et la France a continué avec Emmanuel Macron à entretenir ses relations avec le Hezbollah.
00:10:24Mais le plus accablant, c'est ce qui s'est passé en 2023.
00:10:28Emmanuel Macron a nommé Jean-Yves Le Drian comme envoyé spécial pour le Liban.
00:10:33Et Jean-Yves Le Drian a décidé...
00:10:35Pour débloquer la crise présidentielle.
00:10:37Pour débloquer la crise présidentielle, effectivement.
00:10:39Et donc, il a choisi de soutenir le candidat du Hezbollah, Sleiman Frangieh.
00:10:45Et donc, c'était un signal extrêmement fort, puisque tous les partis chrétiens...
00:10:49Parce que vous savez, au Liban, le président de la République est chrétien-maronnite.
00:10:52Tous les partis chrétiens étaient contre l'élection de Sleiman Frangieh.
00:10:56Et la France s'est ralliée au Hezbollah pour soutenir le candidat du Hezbollah, Sleiman Frangieh.
00:11:03Et Sleiman Frangieh, c'est un ami personnel de Bachar el-Assad, un allié inconditionnel du Hezbollah.
00:11:10Et dans le même temps, sur le sol français, on a eu des affaires du type l'affaire Marco Polo,
00:11:15dont on a entendu notamment via le JDD.
00:11:18Mais d'autres, où il y avait donc les gardiens de la Révolution qui avaient recruté au sein des narcotrafiquants
00:11:23français,
00:11:24notamment ceux de la DZ Mafia, des gens pour commettre des attentats sur le sol français,
00:11:29contre des Juifs, contre des Israéliens et contre des Français.
00:11:33Et également des attentats en Allemagne.
00:11:37Donc, il y a eu également plusieurs incendies criminels qui ont été commis sur le sol français,
00:11:42notamment contre des entreprises israéliennes.
00:11:44Et il y a également pas mal d'attentats qui ont été déjoués par la DGSI.
00:11:49Donc, en fait, d'un côté, vous voyez que les gardiens de la Révolution et la République islamique d'Iran
00:11:54commettent des attentats sur le sol français ou tentent d'en commettre.
00:11:57Et de l'autre, Emmanuel Macron choisit de dialoguer avec une pseudo-elle politique du Hezbollah.
00:12:04Ensuite, à partir de 2024, il y a eu plusieurs incidents avec la finule.
00:12:08Il y a eu donc des entraves aux patrouilles, des caméras détruites, des tirs de sommation.
00:12:13Et la France, elle, en fait, espérait que par sa neutralité vis-à-vis de l'Iran,
00:12:18vis-à-vis du Hezbollah, eh bien, elle pourrait préserver son contingent,
00:12:24qui est un contingent extrêmement important au sein de la finule, 700 soldats français.
00:12:29Puis, il y a eu les otages.
00:12:30Vous savez, on a eu la libération, il y a quelques jours, de Cécile Collère et de Jacques Paris,
00:12:35qui ont été arrêtés à Tehran, donc, en mai 2022, accusés d'espionnage.
00:12:39Et au même moment, on a eu Mathie Esfandiari, qui est une Iranienne qui était arrêtée sur le sol français,
00:12:44parce qu'elle faisait l'apologie du terrorisme, l'apologie des attentats du 7 octobre,
00:12:50et également incitée à la haine antisémite.
00:12:53Elle a été libérée de sa résidence surveillée et est repartie à Tehran.
00:12:59Une coïncidence assez troublante.
00:13:02Donc, à part sa libération de ces deux Français innocents,
00:13:07il y a eu également le fait que Paris a choisi la discrétion plutôt que la fermeté.
00:13:15Mais qu'est-ce qu'on y a gagné, finalement ?
00:13:18C'est ça.
00:13:18Oui. Et là, ces derniers jours, on a vu les bateaux de CMA-CGM,
00:13:23vous savez, la compagnie de transport maritime,
00:13:25qui, il y a quelques jours, a été autorisée à traverser le détroit d'Hormuz,
00:13:30moyennant le paiement de cette fameuse taxe de 2 millions de dollars.
00:13:34Et il y a deux jours, CMA-CGM a reçu des tirs de sommation de la part de la République
00:13:40islamique d'Iran.
00:13:41Donc, en fait, la même compagnie française, le même détroit d'Hormuz,
00:13:46le même pays, la République islamique d'Iran, mais en quelques jours, une réaction différente.
00:13:52Ensuite, il y a deux autres choses.
00:13:54L'assassinat, vous savez, le 12 mars dernier de l'adjudant-chef Arnaud Frion,
00:13:59par un autre proxy iranien, celui en Irak, des Hach-El-Sharbi,
00:14:04et donc l'assassinat hier de Florian Montorio,
00:14:09tué par le Hezbollah, le proxy de l'Iran au Liban.
00:14:13Donc, l'Iran commande des assassinats sur le sol français,
00:14:16prend des otages français, tue des soldats français en Irak via les Hach-El-Sharbi,
00:14:20tue des soldats français au Liban via le Hezbollah,
00:14:22et la France, pendant six ans, a maintenu le dialogue.
00:14:25À quel moment on dit stop ?
00:14:26À quel moment on dit stop ? On marque une pause, on revient sur ces questions.
00:14:31À quel moment on dit stop ?
00:14:32Le Liban n'aurait-il pas sombré peut-être encore en public sans ce dialogue sur la présence française ?
00:14:37Autre question, que doit faire la France ?
00:14:39Maintenant, rupture totale, retrait de la finule.
00:14:41On marque une pause, on revient en direct pour Face à l'Info.
00:14:55Retour dans Face à l'Info, dans un instant avec Charlotte Dornelas,
00:14:58on parlera de Grasset.
00:15:00Pourquoi tant de bruit chez Grasset ?
00:15:02On parlera aussi avec Marc Menand de ces relations diplomatiques,
00:15:07cette voie diplomatique, ce volet diplomatique en Iran.
00:15:10Et on attend les Américains à Islamabad ce soir.
00:15:13On en parle dans un instant.
00:15:14Et Pierre-Alexandre de Vécu avec le volet politique.
00:15:17Est-ce que la droite se met réellement en ordre de marche ?
00:15:21D'abord, nous sommes avec vous, Michel Fayad, en train de parler de cette relation
00:15:24dont personne ne parle entre Emmanuel Macron et le Hezbollah
00:15:27depuis 2020, l'explosion à Beyrouth.
00:15:29Et j'étais en train de vous poser la question,
00:15:32est-ce que sans ce dialogue, sans la présence française,
00:15:34le Liban n'aurait-il pas sombré peut-être encore plus vite ?
00:15:40Oui. En même temps, vous savez, l'idée du dialogue,
00:15:43c'est que pour obtenir justement quelque chose de concret,
00:15:45mais la France a maintenu un canal de discussion avec le Hezbollah,
00:15:49mais sans mettre justement une pression réelle pour le détacher de l'Iran,
00:15:52comme on en discutait avec Charlotte,
00:15:53et également sans essayer de lui demander et d'exiger réellement son désarmement,
00:16:00à part justement il y a quelques jours,
00:16:01et peut-être ceci explique cela de ce qu'on a pu voir ces dernières heures, en fait.
00:16:06Mais regardez en fait ce qu'on voit pendant,
00:16:09et l'affaire Marco Polo le démontre.
00:16:10Pendant que les diplomates français ou même Emmanuel Macron
00:16:13rencontraient des élus du Hezbollah,
00:16:15les officiers des gardiens de la Révolution
00:16:18recrutaient des tueurs dans les quartiers nord de Marseille
00:16:20pour assassiner des Juifs à Paris.
00:16:22Et donc en fait c'est une sorte de schizophrénie.
00:16:25Et donc la situation s'est dégradée.
00:16:27Qu'est-ce qu'on a obtenu de ce dialogue avec le Hezbollah ?
00:16:32Alors que doit faire la France maintenant ?
00:16:34Rupture totale, retrait de la finule.
00:16:37Emmanuel Macron, depuis la Pologne, aujourd'hui a dit
00:16:40qu'il faut continuer avec la finule.
00:16:42Quel est votre regard ?
00:16:43Oui bien sûr, il faut continuer avec la finule
00:16:45parce qu'il ne faut pas abandonner le Liban.
00:16:47Mais il faut à mon avis changer la mission peut-être de la finule.
00:16:51D'ailleurs Philippe de Villiers en avait parlé
00:16:52par rapport à peut-être protéger plutôt les villages chrétiens du Liban Sud
00:16:56qui sont les villages réellement abandonnés de tous.
00:16:59Il y en a 15 au Sud.
00:17:01Il y a également le fait que la France pourrait arrêter
00:17:03de dialoguer avec les députés et les ministres du Hezbollah
00:17:08jusqu'à l'obtention de mesures concrètes
00:17:10et en premier lieu la remise des coupables
00:17:13de l'assassinat du soldat français.
00:17:16Ensuite, le soutien à l'armée libanaise
00:17:19qui est essentiel et crucial pour désarmer le Hezbollah
00:17:22et dont la France peut porter cette conférence internationale.
00:17:25Il est important aussi que la France mette la pression
00:17:29sur l'armée libanaise pour qu'elle se déploie
00:17:31conformément au plan qui a été validé
00:17:32par le président de la République libanaise et le gouvernement.
00:17:35Et troisièmement, il faut que la France reconnaisse le fait
00:17:39que le dossier libanais est malheureusement lié au dossier iranien.
00:17:43Merci beaucoup, Michel Fayad, pour cet édito très pointu et très précis.
00:17:51Avec Marc, on va parler du volet diplomatique,
00:17:54mais je vais quand même accueillir, en attendant,
00:17:56le général Éric Delaprel qui vient s'installer sur notre plateau.
00:18:02Bonjour, bonsoir, merci beaucoup d'être là.
00:18:05On parlera avec vous, vous qui avez passé trois ans au Liban,
00:18:09vous qui avez été conseiller de l'armée libanaise,
00:18:13de ce regard que vous portez sur ce soldat,
00:18:16Florian, qui a été assassiné au sud de Liban.
00:18:20Et on voit encore le président de la République
00:18:22accuser clairement et nettement le Hezbollah.
00:18:25D'abord, le volet diplomatique avec Marc Menon.
00:18:28Les Américains sont attendus ce soir au Pakistan
00:18:31pour ce second, deuxième volet plutôt,
00:18:33des négociations entre l'Iran et les États-Unis.
00:18:35On ne sait pas encore si les Iraniens seront présents.
00:18:38Marc Menon, la trêve s'arrête demain soir.
00:18:40Alors, Steve Whitcoff, Jared Kushner et J.D. Vance
00:18:45sont déjà dans l'avion.
00:18:47N'oubliez pas que l'Iran, c'est seulement à trois heures du Pakistan.
00:18:52Donc, jusqu'au bout, ils sont là dans le jeu de poker.
00:18:57Mais ces Iraniens, aussi épouvantables soient-ils,
00:19:02sont des maîtres de la négociation.
00:19:05Ce sont des gens qui ont une école
00:19:07qui leur permet de savoir jouer avec les rouages habituels.
00:19:12Là, ils sont un peu déstabilisés. Pourquoi ?
00:19:14Parce qu'effectivement, avec Trump, ces règles-là n'existent plus.
00:19:18Trump, eux, ils parlent de négociations et Trump parle de deals.
00:19:23Ça change tout.
00:19:24En revanche, il y a une réalité.
00:19:26Aujourd'hui, qui des deux partis aurait intérêt
00:19:31à ce que le conflit reprenne ?
00:19:34Aucun.
00:19:35Ils sont dans les deux camps en détresse.
00:19:38Trump peut toujours dire « Attention ! »
00:19:41Vous savez, bon, vitupérer, être là dans les rotomondades
00:19:45et de dire, c'est ce qu'il a dit il y a deux jours,
00:19:49« Fini de jouer les gentils ».
00:19:51Alors, jouer les gentils, ça signifie quoi ?
00:19:55Que les 17 000 cibles touchées en Iran,
00:19:5917 000 cibles, c'est-à-dire des voies ferrées,
00:20:02des routes, des centrales de production, de sidérurgie,
00:20:07des centrales chimiques, etc.
00:20:09C'est énorme.
00:20:10C'est tellement énorme que le coût estimé
00:20:13est de 269 milliards.
00:20:19269 milliards.
00:20:20Vous imaginez, dans un pays qui est déjà en détresse économique.
00:20:24Et depuis le début des hostilités,
00:20:29en Iran, il y a à peu près 25 millions de travailleurs.
00:20:32Eh bien, 4 millions de personnes sont maintenant au chômage
00:20:36à cause de ce qu'ils vivent.
00:20:39Ajoutez à cela cette période de guerre civile
00:20:42et ces gens qui ont subi de la part de leur régime
00:20:46les plus épouvantables actes de destruction.
00:20:52Mais donc, ce régime ne peut pas tenir.
00:20:55Reste que quand Donald Trump dit,
00:20:58attention, demain, alors il y en a assez,
00:21:00j'anéanti carrément cette civilisation.
00:21:03Mais combien de fois il nous a dit qu'il les avait anéantis ?
00:21:05Il n'y avait plus de bateaux, il n'y avait plus rien,
00:21:08tout était déjà sous terre.
00:21:10Bon, on voit bien que malheureusement pour lui,
00:21:14dans sa stratégie,
00:21:15et n'importe quel militaire vous l'aurait dit,
00:21:18on ne peut pas remporter une victoire globale
00:21:22simplement avec des missiles, avec une aviation.
00:21:25C'est impossible.
00:21:26Et forcément, lui qui avait fait sa campagne
00:21:29sur des promesses de paix,
00:21:31ne pouvait pas avoir un recrutement
00:21:34en envoyant peut-être 500 000 hommes.
00:21:36Le pays est tellement gigantesque,
00:21:38c'était inimaginable d'envisager une telle situation.
00:21:43Alors là encore, dans son agitation de ces derniers jours,
00:21:45il y a une sorte de prise de guerre.
00:21:47C'est le Touka.
00:21:48Le Touka, c'est un bateau iranien qui sortait...
00:21:51Le Tuska.
00:21:52Le Tuska, pardon.
00:21:54Il renait de la Chine.
00:21:55Voilà.
00:21:56Et ils sortaient de...
00:21:58Donc, ils battaient pavillons iraniens
00:22:01et les militaires américains
00:22:04ont eu quelques semences
00:22:06et ensuite, ils ont pris possession du bateau
00:22:09et Trump suggère en par là...
00:22:11Et là, ce n'était pas des coups de seumon.
00:22:12Cette fois, ils ont vraiment tiré...
00:22:14Oui, oui, oui.
00:22:14Et après, ils ont pris le contrôle du navire.
00:22:17Mais vous ne pouvez pas multiplier ce type de situation.
00:22:20Vous ne pouvez pas avoir 100 bateaux à raisonner
00:22:24avec à chaque fois une escouade
00:22:27qui prend le contrôle du bâtiment.
00:22:29C'est impossible.
00:22:30C'est inenvisageable.
00:22:32Or, dans le même temps,
00:22:34Trump, je vous ai parlé de ce que ça a coûté à l'Iran,
00:22:37mais le coût pour les Américains,
00:22:40c'est un milliard de dollars par jour.
00:22:45N'oublions pas également le prix des ogives,
00:22:48les bombes du mois de juin.
00:22:52Tout cela a épuisé, d'une certaine façon, l'Amérique
00:22:56et cette Amérique voit la situation de façon désespérante,
00:23:01je n'ai pas dit désespérée,
00:23:03tant et si bien qu'il n'a plus que 37% de gens
00:23:07qui ont encore foi en sa politique.
00:23:10Autant dire qu'il est condamné à négocier.
00:23:14Comment ?
00:23:15Sans doute, même s'il crie victoire,
00:23:17il faudra qu'il admette qu'il y ait de l'uranium
00:23:20qui reste chez les Iraniens,
00:23:22car ils ne veulent surtout pas avoir l'affront
00:23:25de perdre ce qu'ils défendent
00:23:27comme étant un élément de technologie,
00:23:30qu'il est d'autant plus indispensable
00:23:32que les destructions étaient épouvantables
00:23:36telles que je les ai décrites tout à l'heure.
00:23:38Et donc, les Américains, s'ils sont sur place,
00:23:42même si dans l'instant, les Iraniens disent
00:23:45on n'est pas sûr d'y aller,
00:23:46je pense que si le vice-président J.D. Vance
00:23:50est dans l'avion,
00:23:52c'est parce qu'ils savent que les Iraniens y seront.
00:23:55Et d'ailleurs, les Chinois poussent
00:23:58à ce qu'il y ait de nouvelles négociations.
00:24:01Ils ont dit, on ne peut pas rester
00:24:03avec ce détroit fermé.
00:24:06Et les Chinois et les Russes
00:24:09sont derrière les Iraniens.
00:24:11Michel Fayad, pendant que vous êtes avec nous
00:24:13cette semaine, peut-être qu'il faudrait nous faire
00:24:15une petite analyse sur le rôle de la Chine.
00:24:18Et les ficelles, peut-être,
00:24:19que tirent la Chine dans tout cela.
00:24:21On aimerait bien comprendre,
00:24:22on en parlera pendant la semaine.
00:24:24Merci beaucoup, Marc Menon.
00:24:25Dans un instant, avec Alessane Devécu,
00:24:27on parlera politique.
00:24:28Dans un instant, avec Charlotte Dornelas,
00:24:30on parlera grâce.
00:24:31Mais d'abord...
00:24:33On parlera grâce.
00:24:34On parlera grâce.
00:24:36Gracieusement.
00:24:38On sera à la page, quoi.
00:24:40Voilà, d'abord.
00:24:41Mais je vais vous faire, avant de discuter avec vous,
00:24:44Général Éric Delaprel,
00:24:45merci infiniment d'être avec nous ce soir.
00:24:48Vous qui avez passé trois ans au Liban
00:24:49et qui avez conseillé l'armée libanaise,
00:24:51c'est un honneur de vous recevoir,
00:24:53d'avoir votre regard.
00:24:53Non, c'est vrai.
00:24:55Écoutez, Emmanuel Macron,
00:24:57lorsqu'il a...
00:24:58Il s'est exprimé depuis la Pologne
00:25:00à propos de ce qui s'est passé.
00:25:01Parce qu'on parlera avec vous
00:25:02de ce soldat français tué au Liban.
00:25:07Je vais ici dire de manière très simple
00:25:09qu'il a été visé avec ses frères d'armes
00:25:13dans le cadre d'une mission
00:25:14qui correspond au mandat donné à la finule
00:25:16par la résolution des Nations Unies.
00:25:20que c'est le Hezbollah qui, en effet, a visé nos soldats.
00:25:24Ils ne les ont pas visés parce qu'ils étaient français.
00:25:26Ils les ont visés parce qu'ils tenaient la mission.
00:25:30Être aux côtés des populations civiles,
00:25:33aller déterrer une mine,
00:25:37en tout cas un instrument qui aurait très clairement
00:25:43conduit à des pertes civiles.
00:25:45Et ils ont été pris à partie et visés par le Hezbollah.
00:25:49Les autorités libanaises ont condamné
00:25:52cette attaque du Hezbollah
00:25:54et vont procéder aux diligences requises
00:25:57pour pouvoir arrêter les coupables
00:25:59et qu'ils soient sanctionnés.
00:26:01Général Éric Delaprel,
00:26:04hier, la dépouille de Florent Montouriau,
00:26:08sergent-chef,
00:26:09qui a servi la France pendant près de 20 ans
00:26:12dans de nombreux pays,
00:26:14arrivé en janvier, le 20 janvier,
00:26:17au sud-Liban,
00:26:18a ému plus d'un, dont vous.
00:26:21Pourquoi ?
00:26:22J'apprécie l'ambiance sur ce plateau,
00:26:25les nombreuses interventions,
00:26:28l'enthousiasme.
00:26:30Mais je pense surtout ce soir
00:26:32qu'on doit être dans la période du deuil.
00:26:36J'entends le président de la République
00:26:37qui identifie les coupables.
00:26:40Mais je pense surtout ce soir
00:26:42à la conjointe de notre sous-officier.
00:26:47Je pense à ces deux enfants
00:26:49qui accueillent le cercueil
00:26:51et qui ne sont sans doute pas encore
00:26:54dans le temps de...
00:26:55qui est responsable de ça,
00:26:57mais dans le temps de...
00:26:58Il est parti il y a trois mois.
00:27:01Il nous a dit au revoir.
00:27:02Et tout militaire sait ce que c'est que le revoir.
00:27:05Le revoir, c'est un moment un peu pénible
00:27:08où on regarde sa femme
00:27:09et les enfants dans les yeux
00:27:11en se disant
00:27:12je pars trois mois, quatre mois, six mois.
00:27:15En fait, je ne sais pas si je vais les revoir.
00:27:17Je pense que je vais les revoir.
00:27:18Évidemment, c'est ce qu'il y a de plus probable.
00:27:20Et puis, il y a deux actes que fait le militaire
00:27:23de façon imposée.
00:27:26Si ça continue à être fait,
00:27:28mais c'était fait à mon époque
00:27:29et que je crois que ça continue,
00:27:30c'est...
00:27:30D'abord, on encourage tous les militaires
00:27:32à écrire un testament,
00:27:34c'est-à-dire à prendre un temps
00:27:35avec soi-même
00:27:37pour écrire un aspect administratif éventuellement,
00:27:41mais surtout,
00:27:42ce qu'on souhaite dire
00:27:44à sa femme et à ses enfants
00:27:45ou à son mari
00:27:46parce qu'on a beaucoup de femmes
00:27:48qui partent en opération.
00:27:49Et puis, on prend aussi une photo
00:27:52qui est celle qui, de fait,
00:27:53sera utilisée en cas de décès.
00:27:58Et j'imagine que notre camarade,
00:27:59en prenant sa photo,
00:28:01il s'est dit je le fais
00:28:02parce qu'il faut le faire,
00:28:03mais elle n'apparaîtra jamais sur nos écrans.
00:28:06Et c'est le cas ce soir.
00:28:08Et donc, on a cette famille
00:28:09qui voit cette photo
00:28:10et qui se dit mon conjoint,
00:28:14papa, reviens.
00:28:15J'aurais peut-être dû lui dire
00:28:17au revoir différemment
00:28:18et il revient décédé.
00:28:22Comment ça va se passer maintenant ?
00:28:24C'est d'abord,
00:28:26pour les militaires aussi,
00:28:27la partie du deuil.
00:28:29Sur l'aéroport de Beyrouth,
00:28:30hier soir,
00:28:31on a vu ces images magnifiques,
00:28:34pleines de sens,
00:28:35où les militaires français,
00:28:38face aux militaires libanais
00:28:39qui sont là pour rendre hommage
00:28:41à ce soldat français,
00:28:43chantent le chant de la prière.
00:28:45La prière, elle dit
00:28:46mon Dieu, mon Dieu,
00:28:48donne-moi ce que les autres ne veulent pas.
00:28:51Le repos, la santé,
00:28:52tout le monde te le demande.
00:28:54Donne-moi le reste, mon Dieu.
00:28:57Ça veut dire quoi ?
00:28:57Ça veut dire que nos soldats,
00:28:59nos militaires,
00:29:00nos militaires du rang,
00:29:01nos sous-officiers,
00:29:01nos officiers,
00:29:03sont formés dans cette logique
00:29:04de dire
00:29:05la facilité,
00:29:07ce n'est pas pour nous.
00:29:08On remplit les missions
00:29:09que les politiques nous donnent,
00:29:11on les remplit sur le terrain
00:29:12et on est prêts à mourir
00:29:14pour les missions qu'on nous donne.
00:29:16Donc, c'est important
00:29:17parce que c'est le fondement
00:29:19des forces morales.
00:29:20Et les forces morales,
00:29:21c'est important dans nos armées.
00:29:23Et aujourd'hui,
00:29:24on est évidemment tous bouleversés
00:29:26de voir ce sous-officier,
00:29:28mais on n'en est que renforcés
00:29:30dans notre détermination.
00:29:31Il nous donne de la force,
00:29:32ce visage.
00:29:34Et il va nous donner de la force
00:29:35pour les années qui viennent
00:29:37parce que ça n'est pas
00:29:39le premier sous-officier
00:29:40ni le premier militaire
00:29:41qui meurt au Liban.
00:29:42On n'en a plus de 100.
00:29:44Les 58 emblématiques
00:29:45ont été au moment du Drakkar
00:29:47et que la lutte continue
00:29:49et que le combat continue
00:29:51parce que c'est notre mission.
00:29:53Et puis arrivera le temps
00:29:55des cérémonies à Paris
00:29:57pour rendre hommage à ce soldat.
00:30:00J'avais eu la chance
00:30:01de servir pendant trois ans au Canada.
00:30:03Et j'avais été enthousiasmé
00:30:04de voir les foules
00:30:05sur les ponts
00:30:06le long de l'autoroute
00:30:08où arrivait le cercueil
00:30:10de nos camarades canadiens.
00:30:13Moi, je rêve de ce moment
00:30:15où les foules
00:30:16vont rendre hommage
00:30:17à ce soldat,
00:30:19qu'on aime l'armée
00:30:20ou qu'on l'aime moins,
00:30:21mais parce qu'il a quand même
00:30:22fait le sacrifice ultime
00:30:24qui, pour moi,
00:30:25est un exemple remarquable
00:30:27que tout le monde peut partager,
00:30:29quelles que soient ses convictions,
00:30:31d'avoir été au bout
00:30:32de la mission
00:30:33qu'on lui a donnée.
00:30:37Vous avez fait tellement de choses.
00:30:39Pourquoi ça vous émeut tant ?
00:30:41Ça m'émeut parce que
00:30:42l'émotion est un sentiment militaire
00:30:44qu'il faut cultiver.
00:30:45Le stress, l'émotion,
00:30:48je pense que c'est fondamentalement important
00:30:51parce que si on n'est pas ému,
00:30:52on est dangereux.
00:30:54Je pense que c'est une chance
00:30:57d'avoir des enfants
00:30:57quand on est militaire.
00:30:59J'ai eu la chance,
00:31:00et je ne veux pas tirer les feux sur moi
00:31:02parce que c'est l'heure du deuil
00:31:04pour cette famille-là,
00:31:05mais en 2003,
00:31:07de combattre contre des enfants
00:31:08soldats au Congo.
00:31:10Quand vous vous retrouvez
00:31:11face à des gamins de 12 ou 13 ans
00:31:13qui sont en trié militaire,
00:31:15si vous-même,
00:31:16vous n'avez pas d'enfant,
00:31:18si vous n'avez pas cette émotion,
00:31:19vous traiterez le sujet sans doute
00:31:22de façon plus dégradée
00:31:25que si vous avez des enfants.
00:31:27L'émotion,
00:31:28à partir du moment où elle est contrôlée,
00:31:30elle est fondamentalement importante.
00:31:33Et l'émotion aujourd'hui,
00:31:34elle est partagée par nos militaires
00:31:35du 17e régiment de génie parachutiste,
00:31:38par l'amical de ce régiment-là,
00:31:40par le 1er régiment de huissards parachutistes
00:31:42qui fait la mission aujourd'hui au Liban.
00:31:45Et on est tous émus.
00:31:47Et encore une fois,
00:31:48cette émotion,
00:31:49elle est stimulante.
00:31:51C'est de l'essence,
00:31:52l'émotion.
00:31:54Et c'est peut-être
00:31:55ce qui nous rend encore plus forts au combat
00:31:58parce qu'on a du recul sur l'événement.
00:32:01Que va-t-il se passer
00:32:02pour la famille,
00:32:04les deux enfants
00:32:05et la compagne
00:32:07de Florian Montorio,
00:32:09maintenant ?
00:32:10Alors,
00:32:11le système militaire
00:32:12est un système
00:32:13que, en tout cas,
00:32:14moi,
00:32:14j'ai toujours observé
00:32:15comme étant une grande famille.
00:32:17Vous avez peut-être vu
00:32:18l'intervention du chef de corps
00:32:20du 17e régiment
00:32:21de génie parasutiste
00:32:22qui, lui aussi,
00:32:23a émis beaucoup d'émotions.
00:32:25Je peux vous garantir
00:32:26que la famille
00:32:27de Florian
00:32:29est sans doute
00:32:30très entourée
00:32:31depuis hier
00:32:32et ce soir,
00:32:33tant par les militaires
00:32:34que par la famille.
00:32:36Donc,
00:32:37elle va être prise en compte,
00:32:38elle va être accompagnée.
00:32:40Il y a des associations
00:32:41aussi d'anciens combattants
00:32:42qui vont se mettre
00:32:43en marche
00:32:45pour pouvoir
00:32:46accompagner
00:32:47cette famille-là
00:32:48et on ne l'abandonnera pas.
00:32:49Et ce n'est pas
00:32:50qu'un problème militaire.
00:32:51Là aussi,
00:32:52on est tous concernés
00:32:53pour accompagner
00:32:54cette famille.
00:32:54Tous.
00:32:55Pas pour aller
00:32:56l'embêter médiatiquement
00:32:57parce que c'est un vrai sujet
00:32:58qui se pose à chaque fois.
00:33:00Il faut vraiment
00:33:00qu'on leur foute la paix.
00:33:02Mais il faut
00:33:02qu'on les accompagne
00:33:04individuellement
00:33:05par des lettres de soutien,
00:33:06par tout ce qui peut être fait
00:33:08comme petit geste
00:33:09à l'école,
00:33:10dans l'activité de l'épouse,
00:33:12trouver un travail
00:33:13à l'épouse
00:33:14si elle n'en a pas.
00:33:15Et ça,
00:33:15c'est l'organisation
00:33:17de notre société
00:33:18qui doit reconnaître
00:33:19le sacrifice ultime
00:33:21de ce garçon
00:33:22qui a rempli la mission
00:33:23que la France lui a donnée
00:33:25et qui a été au bout.
00:33:26Et donc,
00:33:27c'est notre devoir à tous
00:33:28d'aider cette famille.
00:33:30Merci beaucoup,
00:33:32Général Éric Delaprel,
00:33:34d'avoir partagé
00:33:35avec nous
00:33:36ce moment de respect,
00:33:37d'émotion,
00:33:39de deuil
00:33:39et de patriotisme
00:33:41qui nous échappe souvent,
00:33:43ce patriotisme puissant
00:33:45qu'ont les militaires
00:33:46et une notion
00:33:47bien différente
00:33:49effectivement
00:33:50de nous,
00:33:51simples civils,
00:33:53Sénégal,
00:33:54Mali,
00:33:55Irak,
00:33:55Afghanistan,
00:33:56Niger,
00:33:57Guyane,
00:33:57Côte d'Ivoire,
00:33:58Nouvelle-Calédonie
00:33:59ou encore le Liban.
00:34:00Il n'a que de fait d'armes
00:34:02pour ce soldat.
00:34:04Et je termine juste,
00:34:05Christine,
00:34:05si vous permettez.
00:34:06Bien sûr.
00:34:07Il est ce qu'on appelle
00:34:08un sous-officier adjoint,
00:34:09c'est-à-dire un sous-officier
00:34:10extrêmement expérimenté.
00:34:12Tous les officiers
00:34:13de ma génération,
00:34:14généraux compris,
00:34:15ont été formés
00:34:16par ce genre de garçons.
00:34:18C'est ces sous-officiers adjoints
00:34:20qui nous ont formés,
00:34:21qui nous ont appris
00:34:21la discipline
00:34:22quand on était jeune officier,
00:34:24qui nous ont appris
00:34:24à l'être à l'heure,
00:34:25qui nous ont appris
00:34:26l'éthique,
00:34:27qui nous ont appris
00:34:28énormément de choses.
00:34:29Et donc,
00:34:29c'est l'illustration
00:34:30de la colonne vertébrale
00:34:31de nos armées
00:34:32qu'on a perdu
00:34:33avec la personne
00:34:35de Florian.
00:34:36On l'appelait Flo.
00:34:38Absolument.
00:34:38Merci,
00:34:40Général,
00:34:41pour ce moment d'émotion.
00:34:44Je vais vous libérer
00:34:45avant de recevoir
00:34:46nos prochains invités
00:34:49qui sont SOS Calvaire
00:34:50pour parler de ces croix
00:34:52qui sont arrachées,
00:34:53qui sont abîmées
00:34:55en France au quotidien.
00:34:57Regardez une séquence
00:34:59qui a beaucoup fait parler.
00:35:00Ça se passe à Londres.
00:35:01Et Général,
00:35:01je pense que ça vous émeuvera
00:35:03ou ça vous émouvoir également
00:35:05puisque c'est simplement
00:35:07un mur,
00:35:07un mur centenaire
00:35:09qui a été massacré,
00:35:11abattu en partie
00:35:13par un individu
00:35:15qui est passé par là.
00:35:16Regardez comment ça
00:35:17a fait réagir.
00:35:24qui a été massacré,
00:35:26qui a été massacré
00:35:27dans le mur ?
00:35:29c'est pas votre p***ing wall
00:35:32c'est pas votre p***ing wall
00:35:35je suis juste à voir que tu es tracé de brics
00:35:37et tu es pas votre p***ing wall
00:35:39je ne t'ai pas de p***ing wall
00:35:42c'est pas votre p***e
00:35:45c'est un chemin sur la main road
00:35:47c'est un chemin sur la main
00:35:48c'est pas votre propriété
00:35:50c'est pas votre propre propriété
00:35:51tu ne peux pas juste faire de la main
00:35:53c'est parce que tu veux passer du ça
00:35:58je vous dis pas votre p***ing
00:36:04je l'ai juste regardé et en vidéo
00:36:06tu es tracé de la p***ing wall
00:36:08c'est pas votre p***ing wall
00:36:10c'est pas votre p***ing wall
00:36:12c'est pas votre p***ing wall
00:36:14c'est pas votre p***ing wall
00:36:15c'est une p***ing wall
00:36:17il a été sur des centaines de ans
00:36:22Pierre-Alain Gréco
00:36:23et si chaque personne faisait la même chose
00:36:25pour les croix qui sont massacrées en France
00:36:29on regarde un extrait
00:36:30sur Instagram vous avez publié une vidéo
00:36:32et on en parle juste après
00:36:36vous voyez cette croix ?
00:36:38et bien c'est la croix du pic d'Aneto
00:36:40et elle a été volée
00:36:41et vous voyez cette croix ?
00:36:43elle se trouve en Isère
00:36:45et elle a été vandalisée
00:36:47deux actes de vandalisme proférés en une semaine
00:36:50à l'encontre de notre petit patrimoine chrétien français
00:36:53SOS Calvert veut redire son attachement
00:36:55et son engagement au service de ce petit patrimoine là
00:36:58qui a toute sa place dans le paysage français
00:37:00que ce soit par manque d'histoire
00:37:02par mépris ou par haine
00:37:04ceux qui ont fait ça doivent être retrouvés et punis
00:37:07ces croix seront restaurées autant de fois qu'il le faudra
00:37:10et pendant que certains s'acharnent à détruire notre patrimoine
00:37:13des milliers de bénévoles eux se lèvent chaque week-end
00:37:16pour restaurer ce qui doit demeurer
00:37:18croix après croix nous continuerons à restaurer votre patrimoine
00:37:22et si vous voulez faire partie de cette aventure
00:37:25alors surtout engagez-vous
00:37:29Pierre-Alain Gréco pourquoi
00:37:31pourquoi vous battre contre ces croix avant d'alider ?
00:37:35pourquoi se battre ?
00:37:36parce que ces croix, ce petit patrimoine
00:37:38c'est notre histoire
00:37:39c'est nos racines, notre identité
00:37:43et c'est ce qui fait qu'aujourd'hui nous avons l'histoire que nous avons
00:37:47et je pense notamment à cette croix vandalisée justement
00:37:50qu'on voit dans la vidéo
00:37:52qui se trouve dans le Vercors
00:37:53et qui a été installée par des camarades d'un militaire décédé
00:37:58voilà c'était un hommage
00:37:59et je pense que ce soir c'est de circonstance pour en parler
00:38:03parce que ceux qui ont fait ça, ceux qui ont vandalisé cette croix
00:38:07ils n'ont pas seulement détruit un objet
00:38:11ils ont également sali la mémoire de ce militaire
00:38:15et ils ont également bafoué l'histoire de ce militaire
00:38:18cet hommage qui avait été rendu
00:38:19voilà parce que chaque croix qui est posée
00:38:22chaque croix qu'on voit partout dans nos campagnes
00:38:24a été posée pour une raison bien particulière
00:38:27et chaque croix a une histoire
00:38:29chaque croix a une histoire
00:38:31et SOS Calvaire s'est mobilisée en fait
00:38:35le but de SOS Calvaire est de réhabiliter l'histoire de ces croix
00:38:40qu'est-ce que vous faites au quotidien ?
00:38:42exactement, SOS Calvaire on a trois missions
00:38:44restaurer, valoriser et transmettre
00:38:46le petit patrimoine chrétien français
00:38:48donc que ce soit les calvaires, les statues, les oratoires
00:38:51tout ce qu'on voit dans nos campagnes
00:38:53tout ce qui fait nos campagnes, nos paysages
00:38:55on les restaure, on les réhabilite
00:38:58c'est ce que vous disiez
00:38:59et quand c'est vandalisé, on propose aux mairies de les remplacer
00:39:03que ce soit des calvaires mais également des statues
00:39:05dans les chapelles, dans les églises
00:39:07parce que ça arrive aussi
00:39:08et donc on veut vraiment apporter notre pierre à l'édifice
00:39:13à l'image des bâtisseurs de cathédrales
00:39:15qu'on avait il y a plusieurs siècles
00:39:17voilà, on veut restaurer ce qui doit perdurer
00:39:21Question, comment vous aider ?
00:39:23et selon vous, pourquoi intactons ces croix ?
00:39:27Comment nous aider ? Il y a deux façons
00:39:29évidemment nous aider financièrement
00:39:31parce que nous sommes une association
00:39:33nous ne vivons que de dons
00:39:34mais également en s'engageant
00:39:36voilà, je pense que l'heure n'est plus aux commentaires
00:39:40alors on a fait une vidéo
00:39:42mais il faut aussi agir
00:39:44et chacun peut agir localement pour son patrimoine
00:39:47ne serait-ce qu'un samedi par an ou par mois
00:39:50on est 4000 bénévoles
00:39:52on pourrait être encore plus nombreux
00:39:53mobilisés au service du patrimoine
00:39:55Et pourquoi ?
00:39:57Selon vous, on attaque ces croix ?
00:39:59Je pense que c'est en particulier par manque d'histoire
00:40:03et par mépris
00:40:04parce que cet après-midi justement
00:40:07je suis tombé sur un des articles
00:40:09sur les réseaux sociaux
00:40:11par rapport à cette histoire de croix
00:40:13et en fait, tout le monde est d'accord avec nous
00:40:16je pense que 95% des Français sont d'accord avec nous
00:40:20et ces 5% restants
00:40:22il faut leur apprendre que ces calvaires
00:40:26ce patrimoine compte pour tout le monde
00:40:28et ce n'est pas une question de politique
00:40:31ce n'est pas une question de religion
00:40:32c'est avant tout nos racines
00:40:35et ce qui a fait la France
00:40:36Merci Pierre-Alain Grécaud
00:40:38d'avoir été notre invité ce soir
00:40:40vous pouvez rester jusqu'à la fin
00:40:42si cela vous chante
00:40:43et écoutez peut-être
00:40:46Alexandre Devecchio
00:40:47on est ravis de vous accueillir ce soir
00:40:48Alexandre, vous n'êtes pas souvent avec nous
00:40:50Ravis aussi d'être ici
00:40:50C'est un bonheur
00:40:52Nous allons parler avec vous
00:40:53des grandes manœuvres à droite
00:40:56Alexandre a un an de l'élection présidentielle
00:40:58avec le rapprochement
00:41:00entre le patronat et le RN
00:41:01il y a quelques jours
00:41:02le nouvel OBS
00:41:03révélait que Marine Le Pen
00:41:05avait dîné avec des dirigeants du CAC 40
00:41:07dont Bernard Arnault
00:41:08le directeur de LVMH
00:41:10ce lundi, aujourd'hui
00:41:11c'est un autre repas
00:41:13qui attire l'attention
00:41:14celui du patron du RN
00:41:15Jordan Bardella
00:41:17avec le bureau exécutif du MEDEF
00:41:19et enfin
00:41:20dans une lettre au chef d'entreprise
00:41:22Marine Le Pen et Jordan Bardella
00:41:24annoncent vouloir je cite
00:41:26lever les verrous normatifs
00:41:28qui freinent le développement économique
00:41:31peut-on parler de tournant libéral
00:41:34du rassemblement national
00:41:35le RN
00:41:36n'est-il peut-être plus
00:41:37un parti de gauche ?
00:41:39Alors à la vérité
00:41:40j'ai toujours pensé
00:41:42que c'était un peu
00:41:42une caricature d'une partie
00:41:44de la droite
00:41:44de qualifier le RN
00:41:46de parti de gauche
00:41:48d'abord parce que
00:41:49si on revient aux racines historiques
00:41:51de ce parti
00:41:52il faut rappeler
00:41:53que Jean-Marie Le Pen
00:41:54était député poujadiste
00:41:56donc dans le poujadis
00:41:58qui est une idéologie critiquée
00:41:59mais plus intéressante
00:42:01qu'on le dit
00:42:02on s'adressait aux petits commerçants
00:42:06aux artisans
00:42:07donc plutôt des gens
00:42:08qui se lèvent tôt
00:42:09qui se couchent tard
00:42:12et qui payent
00:42:12beaucoup d'impôts
00:42:14donc on ne peut pas dire
00:42:15précisément
00:42:16que ce soit un électorat de gauche
00:42:20c'était plutôt un électorat
00:42:22de droite
00:42:22dès le départ
00:42:24et je crois que même
00:42:24si le rassemblement national
00:42:26a changé
00:42:27par rapport au FN
00:42:28d'ailleurs sur la question
00:42:29de l'antisémitisme
00:42:30et c'est tant mieux
00:42:32il a conservé
00:42:32malgré tout
00:42:33une partie de son ADN
00:42:35et une partie de ses électeurs
00:42:36
00:42:36quand on regarde
00:42:37les électeurs du RN
00:42:39il y a de nouveaux électeurs
00:42:40mais il y a
00:42:41cet électorat
00:42:42de petits commerçants
00:42:43d'artisans
00:42:44qui demeurent
00:42:45et je pense que
00:42:47en tout cas
00:42:47peut-être que le parti
00:42:49de Marine Le Pen
00:42:49a eu des orientations
00:42:52un peu à gauche
00:42:53mais je crois
00:42:53que l'électorat lui
00:42:55contrairement à ce qu'on pense
00:42:56est toujours resté
00:42:57assez libéral
00:42:59il y a une enquête
00:43:00de l'IFOP
00:43:00qui vient de paraître
00:43:02qui montre que 61%
00:43:03des électeurs du RN
00:43:05jusque la politique
00:43:06de Macron
00:43:07n'est pas assez libéral
00:43:0859%
00:43:09qui souhaitent
00:43:10que l'Etat
00:43:10baisse les impôts
00:43:1275%
00:43:14qui disent même
00:43:15ne pas aimer l'Etat
00:43:1657%
00:43:17des électeurs RN
00:43:18qui estiment que gagner
00:43:19de l'argent
00:43:20devrait être un objectif
00:43:21beaucoup plus valorisé
00:43:23donc on voit bien
00:43:24qu'ils se définissent
00:43:26peut-être pas eux-mêmes
00:43:26comme libéraux
00:43:27mais ils sont plutôt libéraux
00:43:30dans leur manière
00:43:31de penser
00:43:32et de voir le monde
00:43:33alors c'est vrai
00:43:33que 90% d'entre eux
00:43:35sont hostiles
00:43:36à la mondialisation
00:43:37mais on peut être
00:43:38très bien hostile
00:43:39à l'ouverture
00:43:41des frontières
00:43:41aussi bien
00:43:43pour ce que ça implique
00:43:44en termes migratoires
00:43:45qu'en termes économiques
00:43:46c'est-à-dire
00:43:47les délocalisations
00:43:48d'un côté
00:43:48et l'immigration de masse
00:43:49de l'autre
00:43:50et en même temps
00:43:51être plutôt libéral
00:43:53contre les normes
00:43:54contre l'excès
00:43:55d'impôts
00:43:55pour la valorisation
00:43:57du travail
00:43:57sur le plan national
00:43:59Tout de même
00:43:59les relations
00:44:00entre le RN
00:44:01et le monde économique
00:44:02ont parfois été compliquées
00:44:04comment l'expliquer ?
00:44:05Oui, alors c'est vrai
00:44:06qu'elles ont été compliquées
00:44:07sans doute
00:44:08il y a une partie
00:44:09de la responsabilité
00:44:11qui est la responsabilité
00:44:13du FN
00:44:14puis du RN
00:44:15on y reviendra
00:44:16mais il y a aussi
00:44:16une part de responsabilité
00:44:18du patronat lui-même
00:44:19je rappelle tout de même
00:44:20que le FN
00:44:22puis le RN
00:44:23a longtemps été
00:44:24un parti ostracisé
00:44:26et qu'il n'était pas
00:44:27forcément bon
00:44:28pour le business
00:44:29de s'afficher
00:44:30avec le RN
00:44:31donc en réalité
00:44:32si le RN
00:44:33voyait peu de patrons
00:44:34c'est aussi parce que
00:44:36les patrons
00:44:37ne voulaient pas les voir
00:44:38pendant des années
00:44:39ensuite
00:44:40je pense que
00:44:41le monde économique
00:44:42a pu être effrayé
00:44:44par le caractère
00:44:45anti-système
00:44:46du RN
00:44:47effectivement
00:44:48et je crois que le RN
00:44:49reste un parti
00:44:50d'une certaine manière
00:44:50anti-système
00:44:52il est hostile
00:44:52à l'Europe sans frontières
00:44:54à la bureaucratie
00:44:55à l'immigration de masse
00:44:57au politiquement correct
00:44:59il défend une forme
00:45:00de patriotisme économique
00:45:01mais on peut être tout ça
00:45:02sans pour autant
00:45:03être anti-entreprise
00:45:06de même
00:45:06on peut défendre
00:45:07l'état régalien
00:45:09c'est-à-dire
00:45:10les grands services publics
00:45:12la justice
00:45:13la police
00:45:14l'armée
00:45:16même un système de santé
00:45:17plutôt performant
00:45:19sans pour autant
00:45:21être pour l'état
00:45:22technocratique
00:45:23et bureaucratique
00:45:25et donc je pense que
00:45:26il y a eu cette confusion-là
00:45:27dans l'esprit
00:45:28de nombreux patrons
00:45:29du monde économique
00:45:30et peut-être
00:45:31qui a été entretenu
00:45:32par le rassemblement national
00:45:33lui-même
00:45:34avec un discours confus
00:45:36mais je crois
00:45:37que de plus en plus
00:45:37effectivement
00:45:38le rassemblement national
00:45:40tente de rassurer
00:45:42le monde économique
00:45:44et de s'adresser peut-être
00:45:45à une droite
00:45:45plus classique
00:45:47pour laquelle
00:45:48ces questions-là
00:45:49sont importantes
00:45:49Pour le RN
00:45:51le risque n'est-il pas
00:45:52de perdre une partie
00:45:53de son électorat populaire
00:45:54en apparaissant
00:45:55comme un parti de droite
00:45:56classique
00:45:57défendant
00:45:58les intérêts
00:45:58des plus riches ?
00:45:59Je vous l'ai dit
00:46:01je pense que
00:46:02l'électorat populaire
00:46:03on se trompe
00:46:03si on pense
00:46:04qu'il est hostile
00:46:05à l'entreprise
00:46:06en tout cas
00:46:07il est favorable
00:46:07au travail
00:46:08il comprend aussi très bien
00:46:10que dans une économie
00:46:11ouverte
00:46:12il est plutôt hostile
00:46:13à la mondialisation
00:46:13mais il y a moins d'impôts
00:46:14moins de taxes
00:46:15moins de normes
00:46:16c'est plus d'entreprises
00:46:17plus d'industries
00:46:18sur le territoire
00:46:19et c'est donc plus de travail
00:46:21même quand on parlait
00:46:22des gilets jaunes
00:46:23c'était des gens
00:46:24qui si vous voulez
00:46:27trouvaient qu'ils ne gagnaient pas
00:46:28assez bien leur vie
00:46:29mais qui travaillaient
00:46:30donc on n'est pas dans le registre
00:46:31d'un électorat
00:46:32qui est
00:46:33si vous voulez
00:46:35dans l'assistanat
00:46:38donc encore une fois
00:46:39je pense qu'il n'y a pas
00:46:39d'incompatibilité
00:46:41entre un programme libéral
00:46:43et l'électorat du RN
00:46:44par contre
00:46:45je pense que le RN
00:46:46effectivement
00:46:47s'il ne veut pas
00:46:49effrayer là
00:46:49pour le coup
00:46:50l'électorat populaire
00:46:51il ne doit pas non plus
00:46:52tout céder au patronat
00:46:54par exemple
00:46:55sur la question
00:46:56de l'immigration
00:46:58il arrive
00:46:59que le patronat
00:47:00comme les syndicats
00:47:01défendent des intérêts
00:47:02catégoriels
00:47:03on voit bien
00:47:04les secteurs économiques
00:47:05qui veulent plus d'immigration
00:47:06notamment les métiers
00:47:07en tension
00:47:08en réalité
00:47:09ce sont des secteurs
00:47:10plutôt protégés
00:47:12qui ne sont pas soumis
00:47:13à la concurrence internationale
00:47:15et je ne crois pas du tout
00:47:16que les métiers en tension
00:47:17soient un moyen
00:47:18de relancer
00:47:20l'activité en France
00:47:21à part si on veut avoir
00:47:22une économie du tiers monde
00:47:24une partie du patronat estime
00:47:25que pour résoudre
00:47:26la question des déficits
00:47:27payer les retraites
00:47:28il faut plus d'immigration
00:47:30tout le monde devrait lire
00:47:31le livre de Nicolas Pouvon-Monti
00:47:33c'est pas vrai
00:47:33puisque aujourd'hui
00:47:34les immigrés
00:47:35travaillent deux fois moins
00:47:36que les français
00:47:37ils sont plus au chômage
00:47:39ils perçoivent
00:47:40en moyenne deux fois plus
00:47:41de prestations sociales
00:47:42donc il n'y a aucun bénéfice
00:47:44pour l'état français
00:47:46à cette situation
00:47:47et donc sur ce plan là
00:47:48je pense que le RN
00:47:49aurait tort de céder
00:47:49je suis désolé
00:47:50je vois que vous faites des signes
00:47:51on va essayer d'aller plus vite
00:47:53sur Bruno Retaille
00:47:53je vous faisais signe
00:47:55comme qu'il reste à peu près
00:47:56deux minutes
00:47:57alors le RN on voit
00:47:58qui opère un tournoi à droite
00:47:59et pendant ce temps là
00:48:00Bruno Retailleau
00:48:02a été désigné
00:48:03par les militants LR
00:48:04comme leur candidat
00:48:05à la présidentielle
00:48:07est-ce une victoire personnelle
00:48:09ou une victoire de la droite ?
00:48:11C'est une vraie victoire personnelle
00:48:14il faut quand même
00:48:14lui reconnaître ça
00:48:15à Bruno Retailleau
00:48:16il est élu nettement
00:48:18à 74%
00:48:19c'est d'ailleurs
00:48:19exactement le même chiffre
00:48:21qu'il avait fait à la présidence
00:48:22quand il avait été élu président
00:48:23donc je crois que ça dit une chose
00:48:25ça dit deux choses même
00:48:26d'abord que les électeurs LR
00:48:27veulent un chef
00:48:28qu'ils ont désigné
00:48:30clairement un chef
00:48:30ils n'ont pas envie
00:48:31d'une primaire
00:48:32encore moins avec le centre
00:48:34et ensuite
00:48:35ils sont plutôt d'accord
00:48:35avec la ligne de Bruno Retailleau
00:48:37qui est une ligne
00:48:38justement sans ambiguïté
00:48:40avec le centre
00:48:40et plutôt conservatrice
00:48:42sur le plan idéologique
00:48:43et pourtant
00:48:44malgré sa victoire nette
00:48:45la candidature
00:48:46de Bruno Retailleau
00:48:47à l'élection présidentielle
00:48:48n'est pas garantie
00:48:49dites-nous pourquoi
00:48:49oui parce que si
00:48:50il est plébiscité clairement
00:48:51par les militants
00:48:52pas par les éléphants
00:48:53les éléphants du parti
00:48:54ne l'aiment pas tellement
00:48:55alors deux trois exemples
00:48:57Laurent Volsky
00:48:58qui parle d'un scrutin
00:48:59pour rien
00:48:59il a été élu à 74%
00:49:01mais on s'assoit sur le vote
00:49:03des militants
00:49:03Michel Barnier
00:49:05qui regrette que Bruno Retailleau
00:49:06n'ait pas ouvert le jeu
00:49:07Gérard Larcher
00:49:09qui présente
00:49:09qui plaide pour un candidat unique
00:49:11de droite et du centre
00:49:13Jean-François Copé
00:49:15qui prétendait être le héros
00:49:16de la droite décomplexée
00:49:17et qui là défend son complexe
00:49:19le macronisme
00:49:20le macroniste
00:49:21Édouard Philippe
00:49:22donc on se dit qu'avec des amis
00:49:23comme ça
00:49:24Bruno Retailleau
00:49:25n'a pas besoin d'ennemis
00:49:26et que c'est pas gagné
00:49:27pour lui d'être candidat
00:49:28d'être candidat
00:49:29à la présidentielle
00:49:30s'il a le soutien de personne
00:49:31à l'intérieur de son parti
00:49:32Et dernière question
00:49:33qu'est-ce que cela révèle
00:49:34de l'évolution de la droite
00:49:35et plus largement de LR ?
00:49:37Je crois que ça révèle
00:49:38qu'on a sans doute
00:49:39la droite la plus bête du monde
00:49:42ça révèle qu'on a
00:49:43des apparats chics
00:49:44qui pensent d'abord
00:49:45à leur intérêt personnel
00:49:47à leur parti
00:49:49même pas à leur parti
00:49:50à leur intérêt personnel
00:49:51avant leur parti
00:49:52et avant même leur payer
00:49:54mais je crois
00:49:54que de manière plus profonde
00:49:55et inquiétante
00:49:57pour LR
00:49:58ça décrit
00:49:59le glissement
00:50:00de ce parti
00:50:01vers le centre
00:50:02en réalité
00:50:03parce que ce qu'on voit
00:50:04des apparats chics
00:50:05certains ont des ambitions personnelles
00:50:06mais la majorité voudrait
00:50:07dès maintenant
00:50:08se rallier
00:50:09à Edouard Philippe
00:50:10alors on n'a pas le temps
00:50:11mais en fait
00:50:11c'est une évolution
00:50:12assez profonde
00:50:13depuis l'UMP
00:50:14on a fusionné
00:50:15la droite RPR
00:50:17gaulliste
00:50:18avec le centre
00:50:18je crois que ça n'avait pas
00:50:19beaucoup de sens
00:50:20et que donc ce parti
00:50:21est un peu un grand cadavre
00:50:22à la renverse
00:50:23donc Bruno Rotaillot
00:50:25et François-Xavier Ballamy
00:50:27voilà
00:50:27sont courageux
00:50:28de défendre une ligne cohérente
00:50:30biologiquement
00:50:30mais la question
00:50:32est savoir si
00:50:32LR aujourd'hui
00:50:34a encore un sens
00:50:35ou pas
00:50:37vaste question
00:50:38merci
00:50:39un avenir ou pas
00:50:40disons
00:50:41Charlotte Dornelas
00:50:42le séisme
00:50:44Grasset
00:50:45n'en finit pas
00:50:46de faire couler
00:50:46de l'encre
00:50:47et ce week-end
00:50:49c'est Vincent Bolloré
00:50:50lui-même
00:50:50qui a répondu
00:50:51aux accusations
00:50:52qui le visaient
00:50:53que faut-il en retenir
00:50:55alors assez étonnamment
00:50:56pour le dire
00:50:58poliment
00:50:59j'ai pas retenu la même chose
00:51:00que ce qu'on a retenu
00:51:01la presse
00:51:02depuis maintenant
00:51:0324 heures
00:51:04la presse
00:51:05une grosse partie
00:51:07de la presse
00:51:07on va dire
00:51:07a fait de cette histoire
00:51:09du départ d'Olivier Nora
00:51:11jusqu'à la réponse
00:51:12de Vincent Bolloré
00:51:13l'information
00:51:14avec un grand L
00:51:15de la semaine dernière
00:51:17c'était original
00:51:18entre l'actualité internationale
00:51:20et même l'actualité nationale
00:51:21mais c'était clairement
00:51:22l'info de la semaine
00:51:23franchement pour tout vous dire
00:51:24j'ai passé mon dimanche
00:51:25à croiser des gens
00:51:26loin de Paris
00:51:27et à leur poser la question
00:51:28s'ils étaient au courant
00:51:29mais tous en avaient entendu parler
00:51:30c'est très rare
00:51:31qu'une information
00:51:32perce dans le pays en entier
00:51:34tous avaient entendu parler
00:51:35de loin
00:51:36sans être passionnés
00:51:37par l'information
00:51:38pour tout vous dire
00:51:38mais tous en avaient entendu parler
00:51:40donc c'était clairement
00:51:40l'information de la semaine
00:51:42simplement
00:51:43toutes les informations
00:51:44qui composent cette grosse information
00:51:46n'ont pas été relayées
00:51:47de la même manière
00:51:48notamment sur le départ
00:51:49donc d'Olivier Nora
00:51:51à la tête des éditions Grasset
00:51:53alors on peut difficilement
00:51:54faire des leçons incessantes
00:51:56de neutralité informationnelle
00:51:58aux médias Bolloré
00:51:59avec tous les guillemets
00:52:00qu'il faut
00:52:01et trier à ce point
00:52:02l'information
00:52:04dans une histoire
00:52:05à laquelle on a donné
00:52:06une ampleur pareille
00:52:07je veux dire
00:52:07il y a un moment
00:52:08il faut être un minimum cohérent
00:52:10et donner toutes les informations
00:52:11pour que les gens
00:52:12se fassent un avis
00:52:12alors on voit là à l'écran
00:52:13quelques chiffres
00:52:14sur la mention
00:52:16pardon
00:52:16du nom Bolloré
00:52:18en une semaine
00:52:19alors le top 5
00:52:20dans tous les médias
00:52:21ce sont 5 médias
00:52:23du service public
00:52:24on a quand même
00:52:24145 mentions
00:52:26sur France Info
00:52:26dans la semaine
00:52:27145 mentions
00:52:28de Vincent Bolloré
00:52:29évidemment
00:52:29en lien avec cette affaire
00:52:31alors l'histoire
00:52:32était simple
00:52:33Olivier Nora
00:52:33a été viré
00:52:34pour raison idéologique
00:52:35parce que Vincent Bolloré
00:52:36veut mettre tout le monde
00:52:38à sa botte
00:52:38où qu'il soit
00:52:39l'ultra-droite
00:52:41l'extrême-droite
00:52:43depuis qu'il a racheté
00:52:44la Gardère en 2023
00:52:45nous explique-t-on
00:52:46et donc les éditions
00:52:47Grasset
00:52:48donc on se demande bien
00:52:49ce qui a pu se passer
00:52:49pendant deux ans
00:52:50avec un homme aussi terrible
00:52:51qui rase tout
00:52:53sur son passage
00:52:54mais passons là-dessus
00:52:55ce qui est sûr en revanche
00:52:56est sous-entendu
00:52:57par certaines personnes
00:52:58qui sont restées à Grasset
00:52:59parce qu'on ne les a pas
00:53:00beaucoup entendues
00:53:00mais ils sont majoritaires
00:53:01les gens qui restent à Grasset
00:53:02je le dis quand même
00:53:03à toutes fins utiles
00:53:04c'est que le départ était prêt
00:53:05certains nous disent
00:53:06le départ était prêt
00:53:07la campagne médiatique
00:53:09était prête à être actionnée
00:53:11en tout cas
00:53:11ce qu'on peut remarquer
00:53:12c'est qu'elle a été très rapide
00:53:13et extrêmement efficace
00:53:15ça c'est indiscutable
00:53:16donc il devenait normal
00:53:18au bout d'une semaine
00:53:20d'écouter ce qu'avait à dire
00:53:21le fameux Vincent Bolloré
00:53:22qui était cité toute la journée
00:53:25pour sa défense
00:53:26dans une volonté toujours
00:53:28d'information
00:53:29c'est-à-dire que pour essayer
00:53:29de comprendre
00:53:30il faut quitter tout le monde
00:53:31on a eu la version
00:53:31d'Olivier Nora
00:53:32on a eu la version
00:53:32de tous les amis d'Olivier Nora
00:53:34on a eu la version
00:53:35de certains des personnes
00:53:37qui signent chez Grasset
00:53:38très bien
00:53:39j'ai aucun problème
00:53:40quand vous parlez de Vincent Bolloré
00:53:41toute la journée
00:53:42au moment où il parle
00:53:43c'est mieux d'écouter
00:53:43ce qu'il a à dire
00:53:44et Vincent Bolloré a parlé
00:53:45de plusieurs choses
00:53:461, la question des performances économiques
00:53:48il explique que la décision
00:53:49a été prise dans un contexte économique
00:53:51de la maison Grasset
00:53:52performance économique
00:53:53il nous dit
00:53:54un chiffre d'affaires en baisse
00:53:55de 16 à 12 millions
00:53:56entre 2024 et 2025
00:53:58et le résultat opérationnel
00:54:00qui est en baisse
00:54:01à 0,6 millions
00:54:03en un an également
00:54:04et que donc
00:54:05c'est un contexte économique
00:54:06évidemment compliqué
00:54:07mais malgré cela
00:54:08précise-t-il
00:54:09un salaire du dirigeant
00:54:10le dénommé Olivier Nora
00:54:12en hausse
00:54:13sur la même période
00:54:14de 800 millions
00:54:16de 800 millions
00:54:17donc à peu près
00:54:18de 800 mille euros par an
00:54:20à un peu plus d'un million
00:54:22d'euros par an
00:54:23et surtout
00:54:24et ça me semble
00:54:25le plus intéressant
00:54:26étant donné la semaine
00:54:27que l'on vient de passer
00:54:28si l'on veut rester
00:54:29sur le terrain de l'édition
00:54:30que la décision a été prise
00:54:32en raison d'un différent
00:54:33entre la direction de Hachette
00:54:35c'est-à-dire pas
00:54:36Vincent Bolloré lui-même
00:54:37la direction de Hachette
00:54:38composée de plusieurs personnes
00:54:39et Olivier Nora
00:54:40sur la publication
00:54:41et la date de publication
00:54:42de l'ouvrage de Boilem sans salle
00:54:44et je note une chose
00:54:45qui à mon avis
00:54:46est intéressante dans l'histoire
00:54:47c'est que Boilem sans salle
00:54:49a commencé à être traîné dans la boue
00:54:52avant cette histoire
00:54:53d'Olivier Nora
00:54:53souvenez-vous
00:54:54on en avait parlé sur ce plateau même
00:54:56la question de cette journaliste
00:54:57qui lui dit
00:54:58mais vous allez publier chez Grasset
00:54:59Grasset c'est Bolloré
00:55:00est-ce que vous êtes d'extrême droite ?
00:55:01à l'époque où elle pose cette question
00:55:03Olivier Nora est encore
00:55:04le directeur des éditions Grasset
00:55:06Pourtant dites-vous
00:55:07que le sujet sans salle
00:55:10est le plus intéressant
00:55:11dans cette histoire
00:55:12c'est ça ?
00:55:13Ben oui parce qu'on comprend
00:55:14que c'est l'objet
00:55:15ou le prétexte du clash
00:55:16qu'il y a eu
00:55:16entre la direction de Hachette
00:55:17et Olivier Nora
00:55:19et que le débat se situe
00:55:21avec Boilem sans salle
00:55:22sur le terrain éditorial
00:55:23que les pétitionnaires
00:55:24ceux qui ont quitté
00:55:26donc Grasset
00:55:26ces derniers jours
00:55:27veulent défendre
00:55:28et dans leurs tribunes
00:55:30les 115 auteurs
00:55:30qui sont un peu plus
00:55:32à la fin de la semaine
00:55:33je sais pas le chiffre exact
00:55:34mais ils signent
00:55:34à 115
00:55:36écrivent
00:55:36une fois de plus
00:55:37Vincent Bolloré dit
00:55:38je suis chez moi
00:55:39et je fais ce que je veux
00:55:40au mépris de celles et ceux
00:55:41qui publient
00:55:42de celles et ceux
00:55:42qui accompagnent
00:55:43édites, corrigent, fabriquent, diffusent
00:55:45distribuent nos livres
00:55:46et au mépris
00:55:47de celles et ceux
00:55:48qui nous lisent
00:55:49et en l'occurrence
00:55:50ce qu'on apprend au fil
00:55:51de la semaine
00:55:51c'est que le désaccord
00:55:52a porté sur la publication
00:55:53d'un ouvrage
00:55:54donc de Boilem sans salle
00:55:56que Boilem sans salle
00:55:57lui-même
00:55:57qui font donc partie
00:55:58de celles et ceux
00:55:59qui publient
00:56:01que Boilem sans salle
00:56:02voulait lui-même publier
00:56:03aujourd'hui
00:56:04c'est un récit
00:56:04qu'il a écrit
00:56:05pendant sa détention
00:56:06en Algérie
00:56:06il voulait le faire
00:56:08le directeur a refusé
00:56:09de le publier avant l'automne
00:56:10et la direction d'achète
00:56:11voulait le publier maintenant
00:56:12comme Boilem sans salle
00:56:14qui est donc l'auteur du livre
00:56:15et que Nora
00:56:16aurait répondu
00:56:17qu'il était maître
00:56:18en son royaume
00:56:18et qu'il décidait donc
00:56:20de cette date de publication
00:56:22si on a aussi cette information
00:56:24on comprend que
00:56:25en tout cas
00:56:25selon les versions
00:56:26parce que moi
00:56:27je ne suis pas omniprésente
00:56:29donc je ne sais pas
00:56:31qui a raison
00:56:31en revanche
00:56:32les rôles sont subitement
00:56:33un peu inversés
00:56:34dans ce récit-là
00:56:34c'est l'auteur qui n'est pas respecté
00:56:37c'est la date de publication
00:56:37qui n'est pas voulue
00:56:38c'est un directeur
00:56:39qui dit
00:56:40je suis maître en mon royaume
00:56:41au mépris de ce que veut
00:56:42le reste de la direction
00:56:44on a au moins des avis
00:56:45ou des regards
00:56:47sur la situation
00:56:48qui divergent
00:56:48et d'ailleurs
00:56:51depuis hier
00:56:52et c'est pour ça que je vous disais
00:56:52on ne retient pas forcément
00:56:53la même chose
00:56:54ça n'est pas le texte
00:56:55de Vincent Bolloré
00:56:56qui a été repris
00:56:57ça n'est même pas le texte
00:56:58de Vincent Bolloré
00:56:58qui a été commenté
00:56:59il a été invisibilisé
00:57:01par l'indignation
00:57:02qui a été générée
00:57:04par un papier
00:57:04qui accompagnait
00:57:05le texte de Vincent Bolloré
00:57:06qui était lui
00:57:07signé par un journaliste
00:57:09du JDD
00:57:09et qui racontait
00:57:11le séisme
00:57:11de l'intérieur
00:57:12du monde
00:57:13de l'édition
00:57:14au-delà des frontières
00:57:15de Grasset
00:57:16je vois que vous avez envie
00:57:17de faire une pause
00:57:18pas du tout
00:57:19en fait c'est Isabelle Pibouloré
00:57:21qui veut nous donner
00:57:22les dernières informations
00:57:24et on revient avec vous
00:57:25et puis peut-être
00:57:26pour rebondir aussi
00:57:27sur les nombreux
00:57:29rectificatifs du monde
00:57:30à propos de Jordan Bardella
00:57:31pour rester dans ce secteur
00:57:33Isabelle Pibouloré
00:57:34les dernières infos de 20h
00:57:36Bonsoir Christine
00:57:37bonsoir à tous
00:57:38elle a eu une plus d'un million
00:57:39de bonbonnes
00:57:41de productives d'azote
00:57:42retrouvées dans les incinérateurs
00:57:43de déchets franciliens
00:57:44en 2025
00:57:45le SICTOM
00:57:46l'agence métropolitaine
00:57:48des déchets ménagers
00:57:49alerte
00:57:49ces engins ont provoqué
00:57:51plus de 25 000 explosions
00:57:53mettant en danger
00:57:54les salariés
00:57:54et les installations
00:57:55le tout
00:57:56pour un coût global
00:57:57estimé à près de 15 millions
00:57:58d'euros
00:57:59supportés par le service public
00:58:00Paris et Varsovie
00:58:02prévoient des échanges
00:58:03d'informations
00:58:03en matière de dissuasion nucléaire
00:58:05avancée proposée par la France
00:58:07déclaration d'Emmanuel Macron
00:58:09en conférence de presse
00:58:10avec le premier ministre polonais
00:58:11des exercices conjoints
00:58:13seront également organisés
00:58:14les deux dirigeants
00:58:15entendent renforcer
00:58:16leur coopération
00:58:17pour une Europe plus souveraine
00:58:19face à la Russie
00:58:20et aux Etats-Unis
00:58:21enfin une délégation américaine
00:58:23attendue au Pakistan
00:58:24en vue de discussions
00:58:25avec l'Iran
00:58:26Téhéran laisse planer le doute
00:58:27quant à sa participation
00:58:29les tensions
00:58:30restant présentes
00:58:31dans le détroit d'Hormuz
00:58:32malgré le cessez-le-feu
00:58:33en vigueur
00:58:34depuis le 8 avril
00:58:35Donald Trump estime
00:58:36l'extension de la trèfle
00:58:37peu probable
00:58:38l'ultimatum expirera
00:58:40mercredi soir
00:58:40heure de Washington
00:58:41a-t-il déclaré
00:58:43Merci beaucoup
00:58:44Isabelle
00:58:44Charlotte Dornelas
00:58:45j'étais en train de nous expliquer
00:58:46que dans cette affaire à Grasset
00:58:48ce sont les rôles
00:58:48qui sont inversés
00:58:50on n'écoute pas trop l'auteur
00:58:51en fait
00:58:51Oui on n'écoute pas l'auteur
00:58:53et puis il faut noter
00:58:53en effet que c'est pas
00:58:55c'est pas une décision
00:58:55qui a été prise
00:58:56d'Olivier Nora
00:58:56n'a pas été viré
00:58:57parce que dans un livre
00:58:58il était écrit ça
00:58:59et qu'on voulait qu'autre chose soit décrite
00:59:01sur la date de publication
00:59:02d'un ouvrage
00:59:03d'un auteur qui vend beaucoup de livres
00:59:05et qui vient de passer un an
00:59:06dans les geôles algériennes
00:59:07et peut-être qu'il y a quand même
00:59:08quelques français qui sont intéressés
00:59:09par ce récit
00:59:10c'est quand même important de le préciser
00:59:12et je vous disais que le dimanche
00:59:14a été animé non pas par la vision on va dire
00:59:17de Vincent Bolloré qui vient compléter celle d'Olivier Nora
00:59:20au minimum dans cette histoire
00:59:21mais par un papier qui a été écrit
00:59:23et alors là il y a dans ce papier
00:59:25des témoignages de gens
00:59:26qui ont signé la pétition
00:59:27de gens qui ne l'ont pas signé aussi
00:59:29et qui méritent peut-être d'être écoutés
00:59:31mais rien de tout cela n'est repris
00:59:32à la place on a une accusation
00:59:33franchement tirée par les cheveux
00:59:34je vous assure
00:59:36il réussisse à m'étonner
00:59:37mais je vous assure
00:59:38pourtant j'ai l'habitude
00:59:39bon
00:59:39donc on a eu une campagne
00:59:41d'accusation d'antisémitisme
00:59:42tout le dimanche
00:59:43parce que le journaliste écrit notamment
00:59:45que BHL surnomme Nora
00:59:46Olivier Nora le rabbin
00:59:48en raison de sa rigueur
00:59:50c'est une information
00:59:51qui avait été donnée
00:59:51vous voyez dans un papier
00:59:52qui était publié par Le Monde en 2009
00:59:54qui était en l'occurrence
00:59:55un portrait d'Olivier Nora
00:59:56à l'époque c'était sans hurlement
00:59:58sans critique
00:59:59sans procès
01:00:00et je note
01:00:00sans démenti
01:00:01ni de BHL ni de Nora
01:00:02qui s'indignait de ce surnom
01:00:04quel degré de malhonnêteté
01:00:06faut-il pour résumer
01:00:07tout ce qui a été publié
01:00:08à ce moment-là
01:00:09à cette accusation
01:00:10sur un fondement
01:00:11plus que sableux
01:00:13justement
01:00:13en parlant du monde
01:00:14le monde a enchaîné
01:00:16les démentis
01:00:16à propos de Jordan Bardella
01:00:18de quoi s'agit-il
01:00:19oui absolument
01:00:20alors ça n'a rien à voir
01:00:21sur le fond par rapport
01:00:22à l'affaire dont on parlait
01:00:23mais sur la forme un peu
01:00:24l'histoire permet de comprendre
01:00:25que selon que vous adopterez
01:00:26ou non la version admise
01:00:28du récit médiatique
01:00:29vous ne serez pas traité
01:00:30de la même manière
01:00:31le monde a publié un papier
01:00:32sur les dessous
01:00:33de la paparazzade
01:00:34la paparazzade
01:00:35qui était l'info
01:00:35avant l'info
01:00:36bon
01:00:38la paparazzade
01:00:39de Jordan Bardella
01:00:40donc en une de Paris Match
01:00:41et dans lequel
01:00:42on n'apprend pas grand chose
01:00:43c'est pas une attaque
01:00:44il y a des papiers
01:00:44dans lesquels on apprend
01:00:45plus ou moins de choses
01:00:46mais enfin là
01:00:46on apprend le nom des photographes
01:00:48qui ont suivi Jordan Bardella
01:00:50et son amoureuse
01:00:52on apprend leur biographie rapide
01:00:53et le fait qu'une première série
01:00:55de photos volées a été prise
01:00:57et qu'ensuite
01:00:57il y a une photo
01:00:59une série de photos posées
01:01:01qui n'a pas été publiée
01:01:02voilà ce qu'on apprend
01:01:03bon très bien
01:01:04si ce n'est
01:01:05il y avait quand même
01:01:05une info importante
01:01:06c'est que la princesse
01:01:07était venue en jet privé
01:01:08et que Bardella
01:01:09était repartie avec
01:01:10ça c'était quand même
01:01:11la vraie info du papier
01:01:12sauf qu'elle était fausse
01:01:13cette information
01:01:14donc Bardella a démenti
01:01:15il a menacé
01:01:16les journalistes de procès
01:01:17et l'info a été corrigée
01:01:18par deux démentis
01:01:20successifs du journal
01:01:21sans l'ombre d'un papier
01:01:22ailleurs dans la presse
01:01:23sans l'ombre d'un procès
01:01:24en journalisme politique
01:01:25ou en connivence idéologique
01:01:27juste une erreur
01:01:28corrigée cette fois-ci
01:01:29par des journalistes
01:01:30avouez que l'accusation
01:01:31de fake news
01:01:31est relative
01:01:32dans ce pays
01:01:34Merci Charlotte Dornelas
01:01:36merci à tous
01:01:36pour cette émission
01:01:37l'heure des pros de Pascal Praud
01:01:39tout de suite
01:01:41de premiere
01:01:41on a fait un film
01:01:41de longueur
01:01:41je t'en ai
01:01:42des vidéos
01:01:42comme il y a
01:01:42de nombreuses
01:01:42de la fin
01:01:42dans cette expérience
01:01:42dans cette expérience
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