- il y a 1 heure
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:0152ème jour de guerre, nous sommes à moins de 48 heures maintenant du cessez-le-feu, de la fin du
00:07cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis.
00:10La question ce soir, en ce début de soirée, est-ce que les pourparlers entre les deux pays vont pouvoir
00:16reprendre ?
00:17Nous partons tout de suite dans la capitale du Pakistan, à Islamabad, retrouver David Unal pour BFMTV.
00:24La capitale qui se prépare à la reprise de ces négociations, David.
00:31Complètement, la capitale qui est aujourd'hui sous très haute sécurité.
00:3510 000 policiers se trouvent ici, 400 commandos d'élite, 100 snipers pour sécuriser au maximum cette ville et notamment
00:43la zone rouge.
00:44C'est la zone où se trouvent notamment les deux hôtels qui ont été réquisitionnés par le gouvernement pakistanais et
00:51aussi le centre des médias qui doit ouvrir.
00:53Nous attendons nous-mêmes journalistes, une centaine de journalistes du monde entier déjà sur place, de savoir quand ce centre
00:59va ouvrir.
01:00Mais il faut comprendre que cette capitale, elle est complètement verrouillée avec des checkpoints un peu partout, des véhicules de
01:05l'armée, des véhicules de police qui se trouvent partout dans ces rues.
01:09Et des militaires, des policiers qui sont venus ici de tout le Pakistan pour sécuriser au maximum cette capitale.
01:16Merci David Hunal. On ira à Washington dans un instant. La question est de savoir quand est-ce que le
01:22vice-président américain J.D. Vance va prendre l'avion pour rejoindre la capitale du Pakistan.
01:27Il y a 20 heures de vol. Et pour les Iraniens, c'est plus court. Il y a 3 heures,
01:313-4 heures de vol.
01:32Bref, c'est la question ce soir, Didier François. D'autant plus que la tension est montée d'un cran
01:37ce week-end dans le détroit d'Hormuz, avec cette marine américaine qui a intercepté un cargo iranien,
01:44avec un cargo français qui a été visé, en tout cas par les autorités iraniennes. Est-ce qu'on peut
01:51être optimiste ?
01:52Honnêtement, je suis incapable de vous répondre. Ça va se jouer en 48 heures.
01:57On va voir, de toute évidence, il y a des deux côtés une volonté d'éviter de repartir sur la
02:05castagne, en fait.
02:06Il y a une volonté, finalement, de chaque parti de trouver une solution, mais il y a de la tension.
02:11Voilà. Enfin, on voit bien que les négociations se poursuivent. Parce qu'on voit qu'il y a des échanges,
02:15les paramètres vont-viennent.
02:19Voilà, 15 ans, pas 15 ans sur le nucléaire. On voit bien à peu près autour de quoi ça tourne.
02:23Le problème, c'est que les Américains estiment qu'ils peuvent tout obtenir parce qu'ils ont la force avec
02:30eux,
02:30et les Iraniens estiment qu'ils n'ont pas à céder parce qu'ils n'ont pas perdu.
02:34Donc c'est ça, la vraie difficulté, en fait. C'est comment tout ça atterrit.
02:38Donc on a les États-Unis surpuissants, mais qui n'ont pas réussi à casser la volonté iranienne,
02:45et les Iraniens faibles et qui ont bien joué leur carte, et qui continuent à résister en disant non, non,
02:49non, non.
02:49Donc, en fait, le problème est là. Et tout le monde, en plus, voulant faire la démonstration de sa force.
02:54Donc, honnêtement, la presse américaine et Trump nous disent que son vice-président,
03:01donc Vance, va partir demain de Washington. On verra bien, honnêtement.
03:05Je parlais de ce qui s'est passé dans le détroit d'Hormuz, de cette démonstration de force, comme vous
03:09le dites.
03:09On a maintenant les images et le son, la façon dont la marine américaine a intercepté ce cargo iranien.
03:16Regardez, écoutez.
03:20Motor Vesel Tosca, motor Vesel Tosca, vacate your engine room, vacate your engine room.
03:26We're prepared to subject you to the sampling fire.
03:48Amiral, là, ça va vite parce qu'on a fait un montage, mais les américains disent qu'il y a
03:52eu 6 heures d'avertissement avant les tirs.
03:55– Oui. – C'est la procédure ?
03:57– Oui, enfin, c'est la procédure. C'était la première fois dans ce contexte que les américains allaient avoir
04:04un geste quand même très emblématique.
04:07Et je pense qu'ils ont voulu être absolument parfaits sur tout.
04:10Donc, ils ont certainement eu des conversations avec le plus haut niveau américain, que ce soit le Sancom, ça c
04:17'est sûr, mais peut-être même au-delà, pour savoir s'il fallait ou non arrêter ce bateau.
04:22Et donc, ça a pris forcément beaucoup de temps.
04:25Et on voit bien dans ce qu'on a vu à l'instant, c'est que les américains voulaient être
04:30irréprochables, en tout cas, au moment où ils ont tiré sur ce bateau, sur le porte-container.
04:36Et donc, ils ont fait en sorte de prévenir, bien évidemment, qu'ils allaient tirer, de prévenir la zone dans
04:42laquelle ils allaient tirer pour que l'équipage puisse l'évacuer.
04:46Et puis, ils ont donné les trois coups de théâtre pour montrer que les ONU allaient partir dans les instants.
04:52– C'est un immense porte-conteneur, il fait 300 mètres de long.
04:54– 300 mètres, c'est un très très gros bateau.
04:56– Il est où le Tuska ?
04:58– Aujourd'hui ?
04:58– Oui.
04:59– Alors, c'est une très bonne question.
05:01Je crois que, comme de toute façon, ils ont arrêté d'avoir leur transpondeur en fonction, on ne sait plus
05:06où il est.
05:07Mais le problème, c'est que je ne sais pas si sa propulsion est toujours disponible ou pas.
05:13Parce que comme on a tiré dans la salle des machines, peut-être qu'on a endommagé la propulsion.
05:20– Et donc, il reste sur place ?
05:21– Et donc, il ne reste pas sur place, il dérive.
05:23– Et il dérive.
05:24– On va quand même l'inspecter, j'imagine, voir ce qu'il y avait dedans.
05:28– C'est fait, puisqu'ils ont envoyé tirer sur la propulsion, c'est la première chose,
05:32enfin, je parle sous le contrôle de la mirale, mais c'est la première chose qu'on fait pour mettre
05:36le bateau à l'arrêt,
05:38et pouvoir lancer l'intervention des commandos.
05:40Après, les commandos saisissent le bateau, et alors après, effectivement,
05:43le laisser dériver en pleine mer, c'est quand même un petit peu problématique.
05:46Donc, j'imagine qu'ils ont essayé de le ramener quelque part.
05:49Là, il y a deux choses qui posent problème.
05:51On voit bien qu'il n'y a aucun pays autour qui vont vouloir dire,
05:53aussi, qu'ils récupèrent des bateaux arraisonnés par la marine américaine.
05:57– Et il faut trouver un remorqueur.
05:58– Il faut trouver les remorqueurs qui le fassent.
06:01Donc, je pense qu'ils ont capacité à le faire.
06:03– C'est un remorqueur type abeille, parce que c'est un bateau de 300 mètres de long,
06:06enfin, c'est un bateau gigantesque.
06:08Donc, on ne va pas le retrouver dans un petit port au Manet.
06:12– On est avec un ancien capitaine de frégate, c'est François Morizur,
06:15qui est avec nous, et de commande marine, spécialiste de la sécurité maritime.
06:20– Bonsoir, M. Morizur.
06:22– Que pensez-vous de ce qui s'est passé dans ce détroit d'Hormuz ?
06:26D'ailleurs, il y a deux événements.
06:27Il y a donc le cargo iranien stoppé, et on vient de le voir,
06:32dans quelles conditions, par la marine américaine.
06:35Et puis, il y a aussi notre navire français,
06:37qui lui aussi a dû faire demi-tour.
06:41Emmanuel Macron disait tout à l'heure,
06:43ce n'est pas la France qui était visée,
06:44mais c'était parce qu'il y avait trois navires.
06:46Mais que pensez-vous de ce qui se passe actuellement ?
06:50– Bon, je crois qu'il faut prendre les choses de façon chronologique
06:53en partant du vendredi.
06:55Vendredi, on annonce, les Iraniens et les Américains
06:58annoncent que le détroit est ouvert.
07:01Ça a généré une confusion au sein des navires de commerce
07:05qui ont pensé que c'était la green light et qu'on pouvait y aller.
07:09Donc, il y a une confusion.
07:12Les armateurs ont vu une opportunité.
07:14Il y a eu un sorte de rush, c'était assez impressionnant d'ailleurs,
07:16sur le marine trafic, de navires qui se sont précipités
07:19pour rentrer ou pour sortir.
07:22Et suivant ce rush, les Iraniens l'ont aperçu, bien évidemment,
07:25et ont clairement décidé de reprendre la main
07:28pour clarifier les affaires en disant
07:30« Non, c'est ouvert, mais sous mon contrôle ».
07:32Donc, la situation semblait échapper aux Iraniens.
07:37Il y a eu une intervention, je vais dire, mesurée
07:40sur les bateaux de commerce qui voulaient sortir,
07:42les portes-condenaires et tankers.
07:44C'est-à-dire qu'ils auraient pu tirer des drones ou missiles,
07:47je pense, avec des dégâts.
07:49Et en fait, pour la première fois,
07:51ils ont fait sortir leur vedette armée, rapide.
07:53Et l'interdiction s'est réalisée à base de AK-47,
07:58donc c'est du petit calibre, 14-5, je crois,
08:01au bruit, j'ai cru reconnaître la 14-5,
08:03du RPG, c'est des roquettes,
08:05et un petit drone
08:08qui a signifié l'arrêt du jeu, en fait,
08:11en disant « Non, rien n'est ouvert et tout le monde est reparti ».
08:15Donc, c'était un blocage de fait.
08:16Ça, c'était samedi.
08:20Hier, il y a la réaction américaine.
08:23Avec l'emploi de la force, plus, plus.
08:26C'est-à-dire que les Américains ont interrogé le navire
08:29pendant six heures dans les eaux permissives,
08:32mais sans, à ma connaissance,
08:33sans utiliser de cinématiques agressives,
08:38sans utiliser de vols d'hélicos agressifs,
08:41sans un boarding, ce qu'ils savent faire,
08:44sans tir de semonce, avec des petits calibres,
08:46et sans tir de semonce avec le gros calibre,
08:48le 127 à 150 mètres, 100 mètres, 50 mètres,
08:51pour dire « Voilà, je suis en train de monter en réponse,
08:55il faut vous arrêter ».
08:56Et en fait, on est passé de zéro
08:59à tir au but dans la machine.
09:03Enfin, voilà.
09:04Donc, voilà en résumé ce qui s'est passé.
09:07– Le Tuska s'est engagé par provocation.
09:10– Comment expliquer que ce navire ait voulu passer le blocus ?
09:16– Je pense qu'on était dans une période de cessez-le-feu,
09:20donc je pense que, dans l'esprit de tous,
09:23c'était « On passe librement, on ne va pas s'accrocher
09:28dans une période de cessez-le-feu, ils vont me laisser passer ».
09:30– On ne peut pas imaginer une provocation des autorités iraniennes
09:33pour tester un peu le dispositif américain ?
09:35– Non, non, non, non, juste un passage normal
09:37dans une période particulière de cessez-le-feu
09:40où je pense qu'ils ne s'imaginaient pas
09:43que les Américains ont retiré.
09:46– Mais ce que je retiens dans vos propos,
09:49c'est qu'il y a eu intervention de part et d'autre,
09:51mais on a quand même fait en sorte
09:52qu'il n'y ait pas des dégâts qui auraient pu être réversibles,
09:56c'est-à-dire vraiment qui auraient mis fin
09:58à toute négociation possible.
09:59Il n'y a pas eu de victimes.
10:01– Oui, et d'ailleurs, c'est assez intéressant
10:03parce que dans le tweet de Donald Trump
10:06qui a annoncé cette opération,
10:08il explique d'abord que ce navire était sous sanction
10:14du département américain du Trésor
10:17et qu'il avait déjà été repéré
10:19pour des activités antérieures illicites.
10:22Donc déjà, il essaye de border, d'un point de vue juridique,
10:25l'opération qui a été menée ensuite.
10:27Et puis on voit qu'il y a eu effectivement pendant six heures
10:31le suivi de ce bateau avec des injonctions
10:33qui lui ont été envoyées par radio, au minimum.
10:36Les tirs de saumonces, on n'en est pas sûr,
10:38la marine américaine ne le précise pas, ma connaissance.
10:41Mais une fois que les autorités américaines
10:45ont décidé de taper le bateau,
10:47ils l'ont prévenu avant pour faire évacuer l'équipage
10:50de la salle des machines,
10:51en indiquant où ils allaient frapper.
10:53Et donc, il y avait manifestement une volonté
10:57de ne pas faire de cet incident, de cet arraisonnement,
11:00une opération, je dirais, de rupture dans le cessez-le-feu.
11:04Une démonstration de force, mais sans rupture.
11:06Voilà, juste pour montrer, on est là, on fait la police,
11:08on fait appliquer le règlement, entre guillemets,
11:11que nous avons édicté, mais on ne va pas aller au-delà
11:14et on ne va pas créer un incident excessif
11:18qui pourrait entraîner des morts et des blessés.
11:20Mais comment expliquer qu'on est passé de vendredi à dimanche
11:24d'une annonce d'ouverture du détroit d'Hormuz
11:27à ces incidents répétés, Maya Khadra ?
11:31C'est ça qu'on a du mal à comprendre.
11:33C'est les Iraniens qui voulaient, en fait, montrer patte blanche,
11:36surtout à l'opinion internationale, aux pays européens aussi,
11:39pour dire que, vous voyez, nous, nous sommes souples,
11:42on peut réouvrir le détroit d'Hormuz.
11:44Mais en fait, l'ouverture du détroit d'Hormuz,
11:47c'était uniquement pour les navires non hostiles,
11:49c'est-à-dire les alliés de l'Iran ou bien les clients de l'Iran
11:52ou bien les navires iraniens ou flottes fantômes iraniennes.
11:56Et en fait, cette annonce n'a pas eu vraiment d'effet dans la durée
12:01parce qu'elle était non réalisable.
12:05C'est le seul levier de pression qui reste aux mains des Iraniens aujourd'hui.
12:09C'est le levier du détroit d'Hormuz et c'est le blocus imposé par les Américains
12:16qui montre en fait la limite de ce levier de pression l'unique qui reste pour les Iraniens.
12:21Il n'y en a plus d'autres aujourd'hui.
12:22Oui, parce qu'il est aussi bloqué par les Américains
12:24et c'est quand même plus impactant pour les Iraniens que pour les Américains
12:27pour l'instant, le blocage du détroit d'Hormuz.
12:30Je voudrais revenir maintenant sur quand même ce compte à Rombourg qui est lancé
12:32puisque nous sommes à moins de 48 heures de la fin du cessez-le-feu.
12:35On n'a pas beaucoup parlé encore du Liban depuis le début de cette édition spéciale.
12:41Est-ce que la situation au Liban entre en ligne de compte ?
12:46Ou est-ce que c'est vraiment deux dossiers qui sont distincts
12:49par rapport aux négociations qui pourraient reprendre au Pakistan ?
12:52Alors il est évident qu'elle entre en ligne de compte
12:54puisque c'est une demande iranienne notamment d'essayer de forcer un cessez-le-feu au Liban.
12:58Et en même temps, il y a aussi une demande américaine et une demande libanaise bien sûr
13:02d'obtenir un cessez-le-feu au Liban.
13:04La différence, c'est que les intérêts sont contradictoires.
13:07En ce sens que l'Iran veut un cessez-le-feu au Liban pour protéger le Hezbollah,
13:11pas pour protéger les talibanais,
13:12alors que les talibanais veulent un cessez-le-feu pour protéger ses citoyens.
13:16Et il sait aussi que le cessez-le-feu, il va aller de pair avec un désarmement,
13:21un retour de la souveraineté de l'État libanais sur tout le territoire.
13:24Donc il y a des intérêts qui sont contradictoires.
13:27Et il ne faut pas oublier aussi que pour nous au Liban,
13:30il y a beaucoup de gens qui ont un souvenir terrible de 1990,
13:33qui est le moment où le Liban a été passé à la trappe dans les négociations,
13:38et où la souveraineté libanaise a été attribuée, donnée à la Syrie,
13:43en échange du fait que la Syrie ait rejoint la coalition internationale
13:48contre l'Irak d'Assad Amusseine.
13:49Et aujourd'hui, on a très peur au Liban qu'on passe de nouveau à la trappe
13:53dans le cadre de négociations qui échoueraient,
13:55en ce sens que, par exemple, Donald Trump ou les Occidentaux
13:58n'obtiennent pas le retrait, l'arrêt du financement et du soutien des proxys
14:03par l'Iran au Hezbollah, aux milices en Irak, au Yémen et ailleurs.
14:08Et si jamais c'est ça qui se passe,
14:10ça fait que finalement, les Américains réduiraient la pression sur les Iraniens
14:14en échange d'obtenir quelque chose sur Ormuz au contenu nucléaire,
14:17mais que nous, au Liban, on passerait à la trappe.
14:19Et ça, ça inquiète énormément de monde,
14:21parce qu'il ne faut pas oublier que nous, comme je disais tout à l'heure,
14:24on est un peu dans une lutte existentielle aussi face au Hezbollah
14:28et face en même temps à la machine de destruction israélienne au sud de Liban.
14:32On est dans une course contre la montre.
14:34Il n'y a pas un seul cessez-le-feu en cours.
14:36Il y a un cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis.
14:38Il y a un cessez-le-feu entre le Liban et Israël,
14:40ou en tout cas entre le Hezbollah et Israël.
14:42Et à l'heure où on parle, toutes les demi-heures, toutes les heures,
14:46je reçois une notification sur mon téléphone
14:48d'un nouveau village au sud de Liban
14:49qui est rasé intégralement par les Israéliens.
14:51Donc la trêve n'est pas suivie ?
14:53Alors, le tout problème, c'est que la trêve est très relativement suivie.
14:58La réalité, c'est qu'il y a un tel décanage de force
15:00entre le Liban et le Hezbollah qui a été décimé,
15:04qui a été décapité, et Israël qui décide finalement.
15:07Donc nous, l'enjeu pour nous, c'est quoi ?
15:09Il y a en fait un besoin de, tout d'abord,
15:13de mettre la pression sur Israël pour qu'Israël cesse sa destruction.
15:16Ils ont créé une zone qu'ils appellent en dessous de la ligne jaune
15:20qu'il y a une nouvelle ligne qui vient de créer.
15:20On va en parler, justement.
15:21Où ils ont rasé, ils sont en train de raser peu à peu
15:23les villages au sud du Liban.
15:24Et ils ont dit très clairement hier qu'ils allaient occuper ce territoire.
15:29Donc on est dans une nouvelle logique d'occupation.
15:32Et en parallèle, on a le Hezbollah qui refuse de désarmer.
15:36Je vous propose d'écouter justement un député du Hezbollah,
15:40député libanais, qui assure que le Hezbollah brisera cette fameuse ligne jaune
15:47de séparation qu'Israël veut établir dans le sud du Liban.
15:51On l'écoute.
15:55Cette ligne jaune, nous la briserons par la résistance,
15:58par notre revendication de notre droit légitime à nous défendre
16:01et à défendre notre pays.
16:07Les talibanais, par la voie diplomatique,
16:10sont tenus d'agir en ce sens et non de s'engager dans des négociations directes
16:14alors que la partie américaine n'a rien offert
16:16et qu'il n'a rien reçu jusqu'à présent ni des Américains
16:19ni de l'ennemi israélien.
16:25Voilà, l'occasion de rappeler que le Hezbollah a des députés
16:29d'une implantation politique très forte.
16:31C'est ça qui complique la situation, en fait.
16:33Absolument.
16:33Le problème, c'est qu'en fait, le Hezbollah,
16:36c'est la résultante de 45 ans d'enracinement du projet iranien
16:41d'exportation de la révolution islamique au Liban depuis 1982.
16:44Ça veut dire que, par exemple, ce député, il est payé par l'Iran ?
16:47Alors, il est évidemment payé par l'Iran, mais il est aussi payé par les talibanais.
16:51Donc, ça crée...
16:52Et d'ailleurs, c'est tout le talent du Hezbollah et de son allié, le mouvement Amal,
16:56qui ont réussi à la fois à se faire financer par l'Iran massivement,
16:59puisqu'en fait, ils dépendent...
17:01Les combattants sont des gens au service de l'Iran, évidemment,
17:04et pas au service du Liban.
17:05Et en même temps, il y a aussi des milliers de personnes
17:08dépendant des mouvements Hezbollah et Amal qui sont alliés,
17:11qui, eux, sont sur le payroll de l'État libanais.
17:13Donc, ça rend évidemment la question beaucoup plus difficile.
17:16Mais pour autant, je pense qu'aujourd'hui, il faut de la clarté.
17:19Et j'espère que demain, lors de la visite du Premier ministre Nawaf Salam,
17:24qui est un souverainiste, qui est quelqu'un de...
17:25Premier ministre libanais.
17:26Exactement, qui arrive demain à l'Élysée pour une rencontre avec Emmanuel Macron.
17:30J'espère qu'on va enfin avoir des signes de clarté.
17:33C'est le moment d'avoir du courage,
17:35le courage de mettre fin à cet État dans l'État,
17:41qui est le Hezbollah,
17:41qui a détruit peu à peu notre pays ces 40 dernières années.
17:44Il faut de la clarté.
17:45Et j'espère que la France sera au niveau...
17:47On a parfois l'impression que la France oublie un peu
17:50ce que l'Iran a fait à la région,
17:52ce que l'Iran a fait à la France elle-même,
17:54puisque l'attentat du Drakkar,
17:55l'amiral Villemot-Roussel, qui était avec moi là,
17:58s'en souvient.
17:59En 1983, le Hezbollah a tué 58 soldes de la France à Beyrouth.
18:02Bien sûr.
18:04Et la mort du sergent-chef,
18:05le meurtre du sergent-chef Florian Montorio
18:08entre aussi, finalement, dans cette ligne.
18:10Il a été tué par le Hezbollah,
18:12a dit tout à l'heure, a redit tout à l'heure Emmanuel Macron.
18:14D'ailleurs, on écoutera ce qu'a dit
18:15le président français.
18:17C'est très intéressant.
18:17Il est en Pologne.
18:18Il a parlé à la fois de la mort de notre soldat,
18:21mais aussi de l'implication de la France
18:25dans l'étroit d'Hormuz.
18:26Il dit que quand, finalement,
18:27les Iraniens visent un navire,
18:29ce n'est pas la France qui visait, mais un navire.
18:30Donc, on voit quand même que le président reste très prudent.
18:33Il ne veut pas s'engager trop dans ce conflit.
18:36Je voudrais maintenant qu'on...
18:38Ensemble, on ira aussi dans un instant
18:41retrouver justement Léopold Odeber en Pologne.
18:43Mais partons aux Etats-Unis,
18:44parce qu'on attend ce soir
18:46un Gini Vence qui doit prendre l'avion
18:48en direction le Pakistan.
18:50C'est pour parler qui sont prévus
18:52à quelques heures de la fin du cessez-le-feu.
18:54Où en est-on, Laurence Haïm ?
18:55Bonsoir, Laurence.
18:56Vous êtes à Washington.
18:57Est-ce que Vence est en train de monter à bord ?
19:00Non ?
19:00Ça prend du temps ?
19:04Pour le moment,
19:05on est avec Dorine Jarnias ici,
19:07devant la Maison Blanche.
19:08Et je peux vous dire qu'encore une fois,
19:09comme des petites fourmis,
19:10on regarde tout ce qu'il dit,
19:12on décrypte les spins,
19:13les tweets,
19:14les appels téléphoniques,
19:16à la fois du vice-président,
19:17comme vous l'avez dit,
19:18G.D. Vence,
19:19qui risque de partir dans les heures qui viennent
19:20au Pakistan,
19:21mais aussi de Donald Trump.
19:23Alors, ce que je peux vous dire,
19:24c'est qu'il y a un mot
19:25qui caractérise les deux hommes.
19:27C'est, en tout cas,
19:27pour G.D. Vence,
19:29le silence total.
19:30Et pour Donald Trump,
19:31des coups de téléphone
19:32donnés à certains journalistes
19:34pour distiller la bonne parole.
19:36Il faut faire attention
19:37parce que parfois,
19:38comme hier avec notre confrère
19:40d'ABC News,
19:41Donald Trump,
19:42dans son coup de téléphone,
19:44dit G.D. Vence va faire cela.
19:46Et en fait,
19:46dans un autre coup de téléphone,
19:48on s'aperçoit que G.D. Vence,
19:50en fait,
19:50va normalement bien faire partie
19:53de la délégation.
19:54Ce n'est pas officiellement confirmé
19:57complètement par l'équipe
19:59de G.D. Vence,
20:00mais en tout cas,
20:01tout le monde s'accorde à penser
20:02que G.D. Vence va partir,
20:04sera au Pakistan et Islamabad,
20:06avec Jared Kushner,
20:07avec aussi l'émissaire spécial
20:10du président des Etats-Unis,
20:11Steve Witkoff.
20:12La question,
20:12c'est de savoir,
20:13est-ce que Donald Trump
20:15ira au Pakistan ?
20:16Est-ce que secrètement,
20:17à un moment donné,
20:18il va demander
20:19à 10 journalistes
20:20qui font partie,
20:21comme ça se passe toujours
20:22à la Maison Blanche,
20:23de partir secrètement avec lui ?
20:26Eh bien, ça,
20:26personne ne le sait.
20:27On attend de voir Donald Trump
20:29qui, je vous le rappelle,
20:30n'est pas apparu
20:31publiquement devant une caméra
20:33depuis samedi 18h.
20:36Merci, Laurence.
20:38Bertrand,
20:39Donald Trump
20:40à Islamabad,
20:42c'est envisageable
20:43dans un avenir proche ?
20:44Lui-même n'avait pas écarté
20:45cette hypothèse,
20:47après tous les commentateurs
20:49qui avaient dit
20:49exactement le contraire,
20:51parce que c'est vrai
20:51que ça paraissait
20:52assez étonnant
20:53de sa part.
20:54maintenant,
20:55la question immédiate
20:57qui se pose,
20:58c'est effectivement
20:59est-ce que Vence
21:00va y aller
21:01alors que les Iraniens
21:03ne sont pas sûrs
21:05de se rendre
21:06à ce rendez-vous ?
21:07Parce qu'imaginez
21:08une délégation
21:09avec le vice-président américain
21:11accompagné de
21:12Wittkopf et Kushner
21:13qui débarque
21:14à Islamabad.
21:15Il y a 20 heures de vol.
21:16Un petit peu moins,
21:17mais en fait,
21:17c'est quand même très long
21:18avec une escale.
21:19La dernière fois,
21:20il avait fait escale
21:20en France,
21:21à Paris,
21:22au Bourget.
21:23Et c'était une escale
21:24purement technique.
21:25Il n'y avait pas eu
21:26de rendez-vous politique.
21:27Mais ça veut dire
21:28que le voyage est long.
21:30Imaginez qu'ils débarquent
21:32tous à Islamabad
21:34et que les Iraniens
21:34au dernier moment
21:35disent finalement
21:36non, ça ne nous intéresse pas.
21:37On ne va pas venir discuter.
21:38Donc vraiment des garanties
21:39avant de monter
21:40à bord de cet avion.
21:40Oui, mais compte tenu
21:42de la situation actuelle,
21:43ce n'est pas encore
21:44complètement verrouillé.
21:46Donc c'est quand même
21:47un cas de figure
21:48assez incroyable.
21:49La diplomatie à la Trump,
21:51elle bouleverse absolument
21:52tous les usages.
21:53Et donc on voit bien
21:54que tout est possible,
21:55y compris effectivement
21:56un déplacement de Trump.
21:58S'il sent qu'un accord
21:59peut être arraché
22:00à la dernière minute...
22:02C'est ce qu'il veut.
22:02Les émédiataires veulent
22:03en sortir de ce conflit.
22:05Évidemment.
22:06Il y a une partie
22:07des acteurs
22:08qui veulent en sortir.
22:09Typiquement,
22:10parce qu'on voit bien
22:11qu'y compris côté iranien,
22:13c'est un boxon
22:14invraisemblable.
22:16Pour revenir
22:16sur l'affaire de vendredi,
22:18quand les passes d'Aran
22:20ont rafalé
22:20pour arrêter
22:22les navires.
22:23Ils n'auront pas
22:23directement tiré dessus,
22:24mais il suffisait
22:24qu'ils tirent en l'air
22:25pour refermer.
22:26En disant,
22:26vous voyez bien,
22:27le détroit d'Hormuz
22:28est fermé.
22:29Ce qu'elle dit extraordinaire,
22:30c'est que derrière,
22:31il y a une déclaration
22:32du patron des passes d'Aran,
22:33donc de la branche militaire,
22:36qui dit
22:36la déclaration
22:37du ministre
22:39des Affaires étrangères,
22:40Halibaf,
22:40qui était dans les négociations
22:41et qui avait dit
22:42OK, c'est ouvert.
22:43Ah, pardon,
22:43Araki,
22:44excuse-moi,
22:44Araki,
22:45qui était dans les négociations,
22:47ils l'ont traité
22:48de bouffon
22:49ou un truc comme ça.
22:50On dit,
22:51quand le gars
22:51qui est le ministre
22:52des Affaires étrangères,
22:53membre de la délégation,
22:54qui a discuté
22:55avec les Américains
22:55et qui dit
22:56à la sortie
22:57des négociations
22:57c'est bon,
22:58c'est ouvert,
22:59et qu'il a
22:59ses militaires
23:00et ses radicaux
23:02des passes d'Aran
23:02qui disent
23:03vous êtes un bouffon,
23:04ça passe pas,
23:05c'est nous qu'on décide,
23:06genre, grosso modo,
23:07c'est moi Raoul,
23:08ou je ne sais pas
23:08comment il s'appelle là-bas,
23:13aujourd'hui il y a
23:13un bras de fer
23:14extrêmement fort
23:15entre eux effectivement
23:17les, disons,
23:18le président,
23:19donc là pour le coup
23:20Khalid Baff,
23:20le président du Parlement
23:22Khalid Baff
23:22qui est Araki,
23:25le ministre des Affaires étrangères.
23:27les pragmatiques,
23:27on va les appeler comme ça.
23:28Voilà, les pragmatiques
23:28parce que évidemment
23:29ce n'est pas des réformistes.
23:31Et les durs.
23:31Et les durs,
23:32qui eux disent
23:33non, non, non,
23:33on continue, on continue,
23:34on a la clé du Détroit,
23:36le Détroit c'est un levier énorme,
23:38on ne le lâchera pas.
23:39Oui, mais enfin le Détroit bloqué,
23:40ça fait beaucoup de mal
23:41aussi l'économie iranienne.
23:42C'est pour ça que,
23:43mais d'un certain point de vue,
23:44honnêtement,
23:44moi je n'ai pas très bien compris
23:45au départ
23:46pourquoi ils n'avaient pas
23:46commencé par ça,
23:47les Américains,
23:48par le bloc.
23:48C'est ce qu'ils avaient fait
23:49au Venezuela,
23:51c'est quand même relativement efficace.
23:52Alors évidemment,
23:53ça fait un peu couiner
23:54les Chinois,
23:54les Indiens,
23:55un certain nombre de gens.
23:56Ça perturbe quand même
23:58l'économie mondiale.
23:59Je ne dis pas que c'est ultra simple.
24:01Mais honnêtement,
24:02c'est à terme,
24:03s'ils tiennent dessus,
24:05certes ça va bouger
24:06sur l'économie,
24:07mais de toute manière,
24:08ça bouge déjà sur l'économie.
24:09Mais c'est certainement
24:10presque plus efficace
24:11que certains bombardements
24:12qui ne sont finalement
24:13pas menés au bout.
24:14Donc honnêtement,
24:15c'est pour ça que c'est compliqué.
24:17La pauvre Laurence
24:19qui fait son boulot
24:19formidablement à Washington
24:21est bien en peine comme nous
24:22d'ailleurs de vous prédire
24:24quoi que ce soit.
24:24Mais on est dans ça.
24:25On est dans cette tension
24:28qui y compris montre
24:29qu'il y a des pressions énormes
24:31au sein du régime iranien.
24:33Alors, on va aussi revenir
24:36sur ce qu'a dit Emmanuel Macron
24:37en Pologne.
24:38Il était en déplacement
24:39pour parler sécurité européenne,
24:42dissuasion nucléaire.
24:42Et bien sûr,
24:43il a été interpellé
24:44par BFM TV
24:45qui est sur place
24:45avec Léopold Odebert
24:46sur la situation
24:47au Moyen-Orient
24:48et notamment
24:49la mort de notre soldat
24:51Florian Montorio,
24:52le sergent-chef
24:53qui est tué
24:53dans le sud du Liban.
24:55Léopold,
24:57bien sûr,
24:58le président Macron
24:59a évoqué ce sujet,
24:59mais il reste prudent
25:01quand même.
25:04Oui, il reste très prudent
25:05et c'est vrai Olivier
25:06qu'il y a une question
25:06qu'on se posait
25:07depuis quelques heures
25:08maintenant après l'annonce
25:09de la mort du sergent-chef
25:11Florian Montorio,
25:12c'est qui a été visé ?
25:14Est-ce que c'est le soldat français
25:15ou est-ce que c'est le soldat
25:16de la finule,
25:17casque bleu sur place
25:19dans le sud Liban,
25:20dans ces zones
25:20extrêmement complexes ?
25:21Et bien, effectivement,
25:22j'ai interrogé le chef
25:23de l'État sur ce point.
25:24Écoutez la réponse
25:25qu'il fait,
25:26quand même assez affirmative,
25:28celle du chef de l'État.
25:29On écoute.
25:30C'est le Hezbollah
25:32qui, en effet,
25:33a visé nos soldats.
25:34Ils ne les ont pas visés
25:35parce qu'ils étaient français,
25:37ils les ont visés
25:38parce qu'ils tenaient la mission.
25:40Ce que nous tenons,
25:41c'est que la justice soit faite.
25:43C'est aussi que le cessez-le-feu
25:45soient tenus
25:46et qu'une paix durable
25:47soit construite
25:48qui permette de rétablir
25:50la souveraineté territoriale
25:54libanaise,
25:54mais qui conduise aussi
25:56le Liban
25:56à prendre toutes ses responsabilités
25:58pour lutter efficacement
25:59contre le Hezbollah.
26:01Voilà,
26:02vous l'avez entendu,
26:02Emmanuel Macron
26:03qui dit donc,
26:04je cite,
26:04que la France
26:05n'a pas été visée
26:07spécifiquement
26:08à travers ce tir.
26:10En tout cas,
26:10ce n'est pas la raison
26:11selon Emmanuel Macron,
26:12même si,
26:13même si,
26:14évidemment,
26:15c'est une perte
26:16très importante
26:17et c'est un soldat français
26:19avant tout.
26:20Alors,
26:20il y a aussi
26:20sur cette même rhétorique
26:22une phrase identique
26:23qui concerne cette fois-ci
26:24ce navire français
26:25qui a été touché
26:26après des tirs de sommation.
26:27Là aussi,
26:28Emmanuel Macron dit
26:29que ce n'est pas la France
26:29qui a été visée
26:31spécifiquement.
26:32Le chef de l'État
26:33qui précise,
26:33Olivier,
26:34puisque vous parliez
26:34de Donald Trump,
26:35qu'il ne s'est pas entretenu
26:36avec le président américain
26:38ces dernières heures.
26:40Merci,
26:40Léopold,
26:40en direct de Pologne
26:42pour BFM TV.
26:43Michel Hélou,
26:43vous êtes d'accord avec ça ?
26:44C'est-à-dire que
26:45quand le soldat,
26:46notre soldat meurt,
26:47ce n'est pas la France
26:48qui visait,
26:48mais un soldat de la finule.
26:49Et lorsque le cargo français
26:53est visé,
26:53ce n'est pas la France,
26:54mais c'est un des cargos
26:55qui passaient
26:56et les autorités iraniennes
26:57voulaient aussi
26:58faire une démonstration de force.
26:59On sent quand même
26:59le président
27:00qui veut rester prudent.
27:01Il ne veut surtout pas
27:02que la France s'engage
27:03dans ce conflit.
27:04Je crois qu'effectivement,
27:06le véritable adversaire
27:08ici du Hezbollah
27:09et de l'Iran,
27:10c'est le droit,
27:12c'est la souveraineté au Liban
27:14et c'est un peu la même chose
27:15qui se passe à Hormuz,
27:16c'est-à-dire qu'ils veulent
27:17eux-mêmes imposer
27:18leurs propres lois
27:19et empêcher
27:20qu'il y ait cette autorité
27:22qui vienne s'appliquer à eux.
27:24Au Sud-Liban,
27:27on dit souvent
27:28que le premier adversaire
27:30du Hezbollah,
27:31avant même d'être Israël,
27:32c'est les talibanais.
27:33C'est-à-dire que celui
27:34qui risque vraiment,
27:35s'il le décide,
27:37et j'espère qu'on va le décider
27:38bientôt,
27:39de désarmer le Hezbollah,
27:40ce sera les talibanais.
27:41Et donc, c'est pour ça
27:42que le Hezbollah
27:42s'oppose à la finule
27:44dans ses tentatives
27:45de rétablir un peu
27:46une forme de droit
27:48sur le Sud-Liban.
27:49Ça fait malheureusement
27:5120 ans qu'on devrait
27:52faire ce travail
27:53et qu'on ne le fait pas sérieusement.
27:53Les auteurs
27:55de ce crime
27:56seront-ils arrêtés,
27:58poursuivis un jour ?
27:59Alors,
28:00non.
28:00Aujourd'hui...
28:01Justice doit être faite,
28:02a dit le président Macron.
28:03Vous dites non.
28:03Il y a déjà un cas,
28:04M. Truchot,
28:05qui date de 2025,
28:07qui a le responsable
28:08de la mort de Sean Rooney,
28:11qui était un soldat irlandais,
28:12dans la finule,
28:14qui a été tué par le Hezbollah.
28:16Son procès,
28:17c'était par contumas,
28:18condamnation par contumas.
28:19C'est bien cet État libanais,
28:20peut-être avec la connivence
28:22de l'armée libanaise,
28:23avec celle du Hezbollah aussi,
28:25qui ont exfiltré
28:27ce membre du Hezbollah
28:29en dehors du territoire,
28:30en Iran, en Irak,
28:31ou bien est-ce qu'il est toujours
28:32au Liban protégé
28:33par les réseaux du Hezbollah ?
28:35Donc, on a un exemple
28:36très concret.
28:37Sean Rooney,
28:38le soldat irlandais,
28:39ça a pris trois ans
28:40pour faire une enquête.
28:41Donc là, bonne chance
28:42pour la France
28:42s'ils veulent attendre la vérité.
28:44C'est trois ans minimum
28:45dans un État
28:46où la justice,
28:47elle est dysfonctionnelle
28:48complètement,
28:49tant que le Hezbollah
28:50n'est pas cornérisé politiquement.
28:52Il y a une impunité totale.
28:53Il y a une impunité totale.
28:55Souvenez-vous,
28:56l'explosion du port,
28:57c'était le président,
28:58un autre Aoun,
28:59Michel Aoun,
29:00qui a dit
29:00en cinq jours,
29:01moi je vais dévoiler
29:02toute la vérité.
29:02Jusqu'aujourd'hui,
29:03les mères,
29:04les pères de famille
29:05pleurent leurs enfants.
29:06On pleure des sœurs,
29:08des pères
29:08pour attendre la vérité.
29:09La vérité n'est toujours pas
29:10dévoilée justement
29:11parce que ce qui est plus redoutable
29:13que les armes du Hezbollah,
29:14c'est la présence du Hezbollah
29:15dans l'establishment politique.
29:17Pour l'Élvanais,
29:18il faut que ça soit
29:18cornérisé politiquement.
29:21Avant,
29:21ça sera beaucoup plus puissant
29:23comme message
29:24que le désarmement militaire
29:26qui viendra
29:27comme une conséquence.
29:28J'aimerais juste commenter
29:29sur la phrase,
29:29vous avez commencé par la phrase
29:30d'Emmanuel Macron
29:31très rapidement.
29:32Je pense qu'il faut aussi
29:33qu'on arrête d'éviter
29:34la confrontation avec le Hezbollah.
29:35Le Hezbollah a lui-même
29:36imposé cette guerre
29:38à l'État libanais,
29:39finalement en assassinant
29:40toute une série
29:42de leaders politiques libanais
29:43depuis 2004-2005.
29:46Et là,
29:47avec le sergent-chef Montorio,
29:48on avait parlé du Drakkar
29:49en 82-83,
29:51c'est un peu la même idéologie
29:52qui s'applique.
29:53Il y a un moment aussi
29:54où le Liban a besoin
29:56de la France
29:56et a besoin de clarté
29:58dans la confrontation
30:00vis-à-vis du Hezbollah.
30:00Vous dites que la France
30:00doit être beaucoup plus offensie
30:02dans sa confrontation
30:02avec le Hezbollah ?
30:03Je pense en tout cas
30:04que beaucoup de gens au Liban
30:06trouvent que la France
30:06n'est pas assez claire.
30:07Et ce n'est pas une position simple
30:08parce que je pense
30:09qu'il faut à la fois
30:10de la clarté et de la fermeté
30:10face à Israël
30:11qui se comporte aussi
30:12de manière
30:13comme un État voyou
30:14au Sud-Liban en ce moment
30:15en rasant tout ce qu'il y a
30:17d'infrastructures,
30:17d'habitations.
30:18Mais il faut aussi
30:19énormément de fermeté
30:20face au Hezbollah
30:21sinon le Liban
30:22restera otage.
30:23Pourquoi cette prudence française ?
30:25Parce que ça demande
30:26du courage politique
30:27et que la France
30:29sans doute
30:29dans ce domaine
30:30n'en a pas suffisamment.
30:31Notamment en raison
30:33de l'affiliation
30:34du Hezbollah
30:35plutôt le Hezbollah
30:36représente en fait
30:37l'Iran au Liban
30:39et donc la France
30:41a toujours eu
30:42une position
30:42extrêmement prudente
30:44pour ne pas dire
30:44peureuse
30:45vis-à-vis du régime islamique.
30:47L'histoire le montre
30:48depuis 1979.
30:50Il n'y a jamais eu
30:51de capacité
30:53ni de volonté française
30:54d'affronter directement
30:55le régime iranien.
30:56Or toucher au Hezbollah
30:57c'est évidemment
30:59se confronter
31:00à Téhéran
31:01directement
31:01et pardon
31:03au régime islamique
31:04et ça
31:05les Français
31:05enfin les gouvernements
31:07français successifs
31:08ont eu beaucoup de mal
31:09parce que
31:11bon il y a plein de raisons
31:12il y a eu beaucoup
31:13de contentieux
31:13entre les deux pays
31:14et surtout je pense
31:15qu'il y a une crainte
31:16véritable
31:16des réactions
31:17et de la riposte
31:18que pourrait
31:19susciter une intervention
31:21française
31:22massive
31:23en tout cas
31:24une réaction
31:24même politique
31:25très franche
31:26et très claire
31:27et ça je crois
31:28que Paris pour l'instant
31:30n'y est pas prêt.
31:31Merci à tous.
31:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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