- il y a 21 heures
Élus par les territoires, les sénatrices et les sénateurs connaissent le terrain et côtoient les acteurs de notre patrimoine agricole et nourricier, tout ce qui fait de la France un pays où le contenu de l'assiette relève d'un engagement quotidien.
Vincent Ferniot rencontre ces hommes et ces femmes, en compagnie d'un sénateur ou d'une sénatrice, sur son territoire. Année de Production :
Vincent Ferniot rencontre ces hommes et ces femmes, en compagnie d'un sénateur ou d'une sénatrice, sur son territoire. Année de Production :
Catégorie
📺
TVTranscription
00:02Retrouvez Manger, c'est voter avec le Concours Général Agricole.
00:23Bonjour.
00:24Aujourd'hui, Manger, c'est voter joue haute vidette.
00:26On est au bord de l'eau, il y a des bateaux,
00:28et pourtant, ce n'est pas la mer.
00:30C'est de l'eau douce, très douce.
00:32C'est un grand fleuve, c'est la Loire.
00:34Mais quand je vous dis ça, la Loire traverse tellement de départements en France,
00:37ça ne nous renseigne pas beaucoup.
00:39En revanche, si je vous donne le nom de la plage,
00:40la plage des Stéphanois.
00:42Ah oui, parce que Saint-Etienne est juste à côté, vous avez compris.
00:46Et on va visiter ce beau département de la Loire
00:48en compagnie d'Hervé Reynaud, sénateur Les Républicains.
00:51Il m'attend pas loin d'ici, à Saint-Chamond.
01:00Sous-titrage Société Radio-Canada
01:07Sous-titrage Société Radio-Canada
01:34Sous-titrage Société Radio-Canada
01:36Bonjour, Monsieur le Sénateur.
01:38Bonjour et bienvenue.
01:40Oh, elle est belle votre vallée, dis-dedans.
01:42Ah oui, voilà, Saint-Chamond, une ville à la campagne,
01:45avec le fond de vallée et ses coteaux.
01:47Et moi, je me rendais pas compte, mais c'est une véritable cuvette de verdure,
01:51en quelque sorte, comme un grand bol de nature autour de cette ville.
01:54Complètement, et un acte de communication important entre Saint-Etienne et Lyon,
01:58d'une taille importante, 36 000 habitants, deuxième ville de la Loire,
02:03mais aussi proche de la campagne, et ici, sur ce versant du parc naturel régional du Pila.
02:09C'est un patchwork de cités et de petites maisons traditionnelles, de pavillons.
02:17Tout à fait, cette mixité sociale qui est importante, 40% de logements sociaux.
02:20D'ailleurs, c'est des jardins ouvriers, ça ?
02:23Oui, nous avons de nombreux jardins ouvriers.
02:25C'est la culture locale, le monde ouvrier,
02:28même si on a connu de nombreuses fermetures d'usines et la désindustrialisation ici,
02:32qui nous a obligés à résorber de nombreuses friches.
02:34Mon papa était président des jardins ouvriers aussi,
02:36donc j'ai baigné dans cette ambiance également.
02:40Vous, vous êtes né dans un milieu ouvrier, donc plutôt de gauche,
02:43et pourtant, vous êtes du centre droit.
02:45Quelle a été la transition ?
02:47Parce que mes parents m'ont inculqué la notion de travail,
02:49la notion aussi de responsabilité,
02:52et c'est ça que je porte à travers mes convictions et mes valeurs.
02:56Et puis, eh bien, un monde ouvrier qui a été extrêmement déçu par la gauche également.
03:01Mon père était syndicaliste à une époque,
03:03et malheureusement, il a eu cette déception aussi pendant les années Mitterrand.
03:10Donc voilà, cette justice sociale pour moi, elle importe beaucoup,
03:12mais à travers des notions de travail, de responsabilité, de liberté également,
03:18pour que les talents, les mérites puissent se ressentir.
03:23Alors, Hervé Reynaud, quand on regarde votre parcours,
03:26c'est un peu, je dirais, la voie habituelle des sénateurs.
03:30Vous avez commencé dans l'associatif, dans l'engagement municipal,
03:33puis maire, puis sénateur.
03:35Est-ce qu'il y a à peu près l'escalier naturel ?
03:38Oui, je pense que c'est important d'avoir d'abord une expérience locale,
03:42pour porter ensuite des idées au national.
03:44Par contre, ça n'a pas été forcément un cheminement facile,
03:48puisque j'ai dû me battre contre les partis.
03:50J'ai essayé d'être fidèle à ma famille politique,
03:54mais elle n'a pas toujours voulu de moi.
03:55Donc c'est vrai que j'ai travaillé d'abord sur le terrain.
03:58C'est vrai que ça m'a donné une grande indépendance, une grande liberté.
04:01Enfin, moi je suis amoureux de la Loire,
04:03parce qu'il y a une telle diversité, tellement d'atouts.
04:05L'important, c'est d'en parler, de porter cette fierté-là,
04:09et de le faire connaître.
04:11Du côté de Saint-Chamond, c'est toujours l'heure d'une rondelle de saucisson.
04:17Direction la charcuterie fermière de David et Julien Fayol.
04:21Un petit tour ensuite dans la cuisine participative de l'hôpital de Saint-Galmier,
04:25le chef Sébastien nous ouvre les portes de sa légumerie
04:27en pleine séance d'épluchage.
04:29Et comme travaillé, ça donne soif.
04:31Direction la source Badoit, à quelques centaines de mètres,
04:35où nous reçoit Franck Maillot, le directeur du site d'embouteillage.
04:39Il sera temps ensuite de retrouver Hervé Mons,
04:41meilleur ouvrier de France Affineur,
04:43et sa cave d'altitude dédiée entièrement à la fourme de Montbrison.
04:47Mais avant cela, les Pinets Père et Fils nous font découvrir
04:51la rigotte de Condrieux et leurs troupeaux de chèvres très espiègles.
04:54Ah mais je me fais...
04:56Elles aiment bien les par-dessus, j'ai l'impression.
04:59Il faut que je me mette en maillot de bain.
05:02C'est la marée Caprine.
05:03Je connaissais la marée humaine.
05:05Combien vous avez de chèvres ici ?
05:07280.
05:08On n'est pas en surnombre nous, les humains.
05:10C'est leur terrain.
05:14En fait l'appellation Rigottes de Condrieux, elle est pour l'air à cheval entre le Rhône et la Loire.
05:21Elle est sur plusieurs communes, elle est sur 48 communes exactement.
05:24Donc c'est assez vaste quoi.
05:26Mais si on parlait de Saint-Chamond, il y a la moitié de la commune qui n'est pas dans
05:29la zone d'appellation.
05:31D'accord.
05:31De l'autre côté du Gé.
05:32Le Gé qui est la rivière qui passe au fond de la Valère.
05:35C'est ça.
05:35D'ailleurs Rigottes, ça vient du mot rigole, les ruisseaux qui coulaient.
05:41D'ailleurs l'AOP mérite d'être soutenu.
05:43C'est difficile depuis quelques années.
05:45Il y a une espèce d'hygiénisation du lait cru.
05:48Donc il faut défendre tout ça.
05:50Parce que ces produits-là, ils sont le résultat d'un travail formidable.
05:54Et vraiment un travail d'artisan au sens d'artiste.
05:58Avec vraiment un niveau d'excellence très fort par rapport à tout ce qu'on peut acheter.
06:02Notamment dans les grandes surfaces.
06:03Aujourd'hui la Ricotte de Condrieux est exclusivement au lait cru.
06:07Exclusivement au lait cru.
06:08Et elle le restera.
06:10Ah oui, là ça rigole pas.
06:11On va se bagarrer pour eux.
06:13On est confronté à des industriels.
06:16Et là-dessus, on n'est pas d'accord.
06:18Ce que nous donner à penser, c'est que les groupes laitiers ont quand même la mainmise.
06:22Même sur les fromages d'AOP et surtout sur les fromages d'AOP.
06:25Surtout sur les grosses appellations.
06:27Une fois que notre lait est pasteurisé, on n'a plus notre terroir dans le fromage.
06:32C'est fini.
06:33On tue tout avec les traitements thermiques.
06:36On tue l'arôme.
06:37On tue notre métier.
06:41Enfin...
06:43Bon messieurs, on parle de rigottes de Condrieux, mais on aimerait bien les goûter.
06:47Elles nous attendent.
07:07Là, on a des rigottes qui sont un petit peu plus jeunes, qui sont à 10 jours.
07:11D'accord.
07:12Là, à 15 jours.
07:13Et plus on va derrière, et là, on est sur des rigottes un peu plus sèches à 3 semaines.
07:17J'aime bien quand elles bleuissent un petit peu.
07:18Voilà.
07:19Qu'elles sont belles.
07:19Combien ça pèse une rigotte en moyenne ?
07:21Entre 30 et 40 grammes.
07:23Mais il faut quand même toujours commencer par goûter une moelleuse.
07:26D'accord.
07:26D'accord.
07:27D'accord.
07:31D'accord.
07:32C'est bon.
07:33Ça dépend des chèvres.
07:34En moyenne, chez nous, elles font 3 litres de lait par jour.
07:36Avec 1 litre de lait, on fait entre 3 et 4 rigottes.
07:39Chaque chèvre fait une douzaine de rigottes.
07:41Eh bien, c'est à peu près ça, ouais.
07:43Ouais, c'est à peu près ça.
07:44X 300 chèvres, 3600 rigottes par jour.
07:47Ça, c'est un pagaille, ouais.
07:48Romain, combien de producteurs de rigottes de Condrieux ?
07:51On est 12 producteurs fromagers.
07:52Mais on n'est pas fermé à ce que d'autres veuillent faire de la rigotte, des petits producteurs.
07:57Ouais, il faudra d'ailleurs qu'il y ait des installations.
07:59On encourage des installations, justement.
08:02Bernard, je me dis que ça doit être extraordinaire d'avoir deux fils dont vous savez qu'ils vont reprendre
08:06l'exploitation.
08:07Ouais, c'est sûr.
08:08Ça a été une bonne association.
08:11Et ils ont développé d'autres fabrications.
08:14Ils ont développé la rigotte.
08:15On en transformait pas autant avant.
08:17Alors, c'est vrai que dans la Loire, on a beaucoup de jeunes qui reprennent des exploitations.
08:21Et un niveau de qualité qui s'élève également, qui mérite d'être connu.
08:26L'important, c'est de valoriser ce petit produit, nos terroirs.
08:30Un grand produit.
08:31Un grand produit, mais petit par la taille.
08:33Petit par la taille, mais gros par le goût.
08:47Vincent, on a changé de versant, mais on reste dans la même famille.
08:51La même famille que Romain et Bernard ?
08:53Oui.
08:53Ce sont les cousins, la famille qui lèvent.
08:56Mais ils font pas le même élevage.
08:57Les vaches et les cochons.
09:00Bonjour.
09:01Bonjour.
09:02Bonjour.
09:03Bonjour Vincent.
09:03David.
09:04Bonjour.
09:05Bonjour Julien.
09:06Bonjour.
09:06Ah, c'est l'heure où on nourrit les bêtes.
09:10Salut les garçons.
09:12Combien vous produisez de porc par an ?
09:14500.
09:15500.
09:16Ah oui, quand même, ça bouffe.
09:18500, ça bouffe 150 tonnes d'aliments par an.
09:22Alors, ces cochons qui sont là, ils ont quel âge ?
09:25On les achète, ils ont 3 mois et on les tue après qu'ils aient passé 6 mois chez nous.
09:30Donc ils ont entre 9 et 10 mois.
09:31Ce qui est intéressant chez vous, c'est le fait que vous transformiez les porcs que vous élevez.
09:36C'est ce qui fait la valeur ajoutée de notre produit.
09:38Une carcasse aujourd'hui, c'est autour de 2,50 euros.
09:402,50 euros ce kilo.
09:41Donc nous, à des prix comme ça, on ne survivra pas.
09:45Surtout en élevant la façon dont on élève.
09:47Sur paille pendant 6 mois, c'est un confort et puis ça rajoute de la qualité bouchère sur la carcasse.
09:54L'élevage industriel, c'est trop bon d'engrassement et c'est sur Caille-Betty.
09:57Et Julien, vous, vous êtes cuisinier de formation.
10:00Je suis cuisinier de formation.
10:01L'année dernière, au concours des produits fermiers innovants,
10:05j'ai eu le premier prix avec mon produit, les cochonneries briochées.
10:09Les quoi ?
10:09Cochonneries briochées.
10:10Qu'est-ce que c'est que ça ?
10:12C'est un assortiment de trois brioches avec trois saveurs différentes.
10:15Un saucisson nature, un saucisson fumé, un saucisson façon chorizo.
10:20Il faut innover.
10:21C'est important d'innover ?
10:22Bien sûr.
10:22Si on fait de la charcuterie traditionnelle, il faut en faire.
10:26Mais les gens ont envie d'autre chose.
10:28Julien, c'est un peu le Mozart de la cuisine.
10:30Parce que pour innover comme ça, il a été reconnu effectivement au niveau départemental
10:35et à partir d'une bonne matière première parce qu'il y a un bon élevage,
10:38que derrière, il y a un bon produit également.
10:40Donc ça, c'est très important.
10:42Et c'est au consommateur de faire la part des choses et de venir.
10:45Il a ce pouvoir-là, le consommateur aussi.
10:47Sous-titrage Société Radio-Canada
10:58Ecoutez, sentez ça.
11:00Ah oui, c'est formidable.
11:01Ça sent le bon cochon, là, qui a bien maturé ce sénateur.
11:05C'est réjouissant, non ? Un beau camion comme ça.
11:08C'est formidable et en plus, ça fait envie.
11:10Julien, est-ce qu'il y a des jeunes qui viennent vous acheter de la charcuterie traditionnelle ?
11:14Oui, on a une clientèle assez jeune qui vient de servir chez nous.
11:18Et puis cette tendance chez les jeunes d'avoir des planches.
11:20Ah, les planches de fromage, les planches apéritives.
11:23Ça, ça fonctionne bien.
11:24Et là, on a un panel formidable.
11:27Allez-y.
11:27Moi, je prendrais bien du pâté, moi.
11:29C'est un péché mignon.
11:30Ah ben, je comprends.
11:31Alors là, il y a une belle chiffonnade.
11:32Vous avez vu que j'ai pris un morceau quand même avec du gras
11:34parce que c'est le véhicule de boule.
11:36Le gras, c'est la vie, oui.
11:37Oui, c'est aussi la mort si on a vu.
11:54Alors, monsieur le sénateur, on a fait une vingtaine de kilomètres depuis Saint-Chamond à peu près.
11:57On est où ici ?
11:59Nous sommes à Saint-Gallemier, dans l'hôpital Maurice-André,
12:01qui est également un hôpital qui accueille le grand âge en EHPAD.
12:04Et on va rencontrer Simile Morel, sa directrice.
12:06Bonjour, madame la directrice.
12:08Bonjour que vous vous rencontrez.
12:09Donc, vous venez visiter nos cuisines.
12:10Oui, pas nous installer.
12:12On vient plutôt pour manger, nous, en général.
12:14Voilà.
12:14Le chef nous attend.
12:15Je pense qu'il est l'heure d'y aller.
12:16Ah ben, alors nous, on est toujours prêts pour aller en cuisine.
12:38Là, on a un magnifique pâté.
12:40Tout à fait.
12:41C'est un pâté florisien à base de farine et de beurre, essentiellement,
12:45avec une compotée de pommes à l'intérieur.
12:47Et ça sent bon, je ne vous dis pas.
12:49Là, ça nous monte à travers les petites ouvertures pour te laisser sortir la vapeur à la cuisson.
12:54Ça sent drôlement bon.
12:55Autour d'un pâté comme ça, vous comprenez bien que quand la part, elle arrive dans l'assiette,
12:59le résident, il a envie de le manger.
13:02Et quand on est dans un hôpital avec une grande partie EHPAD, eh bien, on fait plaisir.
13:08Alors, une bonne pâte brisée où il y a moitié de beurre par rapport à la farine,
13:12je me tourne vers la diététicienne.
13:14C'est pas grave ?
13:15Ah non, non, au contraire.
13:16Avec l'âge, c'est vrai qu'on a plutôt tendance à...
13:18Il faut prendre un peu de calories ?
13:19Il faut prendre des calories, prendre du poids, prendre du muscle pour prévenir la dénutrition.
13:23C'est vraiment... On n'est pas... On prévigie le plaisir.
13:26Et puis, surtout, c'est aussi pour l'équipe cuisine, une valorisation de leur travail.
13:32Et puis, ce que vous ne dites pas peut-être, c'est les terrines aussi, maisons que vous faites.
13:37Des terrines d'asperges, des terrines de légumes.
13:40On essaie de faire le maximum du maison.
13:42En France, on est champion des réglementations.
13:45La loi EGalim a fait progresser, évidemment, l'ensemble de la resto collective.
13:50Mais on est obligé, quand on veut faire un petit peu plus, quand on veut faire un petit peu mieux,
13:56de contourner possiblement les lois, non ?
13:59On veut valoriser les circuits courts. Et pour autant, la réglementation ne nous le permet pas forcément.
14:04La loi EGalim a apporté un standard. D'ailleurs, elle doit évoluer. Et on voit bien qu'il faut apporter
14:09de la souplesse.
14:10Parce que c'est très bien, pour répondre au cahier des charges, d'avoir des produits bio, d'avoir des
14:15produits labellisés.
14:16Mais c'est vrai qu'il y a un certain nombre de producteurs qui n'ont pas toutes ces certifications.
14:21Et pour autant, ils font de la qualité.
14:22Qu'est-ce que ça coûte, les repas, ici ?
14:255 euros, 5 euros.
14:26C'est exactement ça, oui. Une dizaine d'euros à la journée, voilà, c'est ça.
14:29Le meilleur moyen de rester jeune, même quand on prend de l'âge, c'est être actif d'une manière
14:33ou d'une autre.
14:34Alors, est-ce qu'ils mettent un peu la main à la pâte ? Est-ce que vous les faites
14:36participer, vos résidents ?
14:38Alors, ils participent de différentes façons. Déjà, ils vont faire des courses.
14:42Ah oui, vous les emmenez au marché ?
14:43On les emmène au marché et on les amène aussi au restaurant.
14:46Alors là, ils participent moins, mais c'est une autre façon d'apprécier la restauration et la cuisine.
14:51Et puis, surtout, on les fait pratiquer.
14:54Ah oui ? On prépare quelque chose, ça coûte.
14:56Ah bah, on y va alors.
15:10Bonjour, bonjour !
15:13Oh là, des cuisses de grenouilles !
15:14Vous avez vu comme elles sont belles ?
15:16Elles sont belles, puis elles sont bien farinées.
15:18Ça fait partie de notre programme d'animation.
15:21On a des activités cuisine-animatives deux fois par semaine.
15:26C'est plus un moment d'échange avec eux, on prend le temps.
15:31On est juste là pour les accompagner dans leurs gestes.
15:34On est là pour plaisanter aussi.
15:35Ah, parce que ça rigole ici ?
15:37Ça chambre un peu ?
15:39C'est un lieu de vie, ça fait partie du soin aussi.
15:42Les sourires, la joie de vivre, c'est bon pour la santé.
15:44Là aussi, il faudra que l'État français prenne conscience
15:48de soutenir beaucoup plus les EHPAD,
15:50qui pour une bonne part, les EHPAD publics sont en difficulté.
15:53Mais oui, et puis on fait connaissance.
15:56Mais aujourd'hui, on se connaissait pas.
16:00Aujourd'hui, on se suit toi.
16:02C'est vite fait, hein ?
16:04Qu'on voit les résidents heureux comme ça, c'est gagné pour nous.
16:09On est content d'avoir fait cette animation, cette activité.
16:16Musique
16:25Alors là, Hervé, on est toujours à Saint-Galmiers,
16:27et on est venu carrément à pied de l'hôpital.
16:28L'usine Badoit, le site, est à quelques centaines de mètres,
16:31donc c'est parfait.
16:32Moi, je suis content de voir cette usine en bouteillage,
16:34parce que la Badoit, j'aime ça, c'est vraiment une eau française.
16:36Et voilà Franck Maillot, directeur du site, ici à Saint-Galmiers.
16:40Bonjour Franck.
16:41Vincent Fernion.
16:42Bienvenue sur ce site historique.
16:44Site historique, ça veut dire que toutes les bouteilles de Badoit
16:47qui passent sur les tables des Français partent d'ici ?
16:50Exactement, et ça depuis 1778.
17:04Musique
17:12C'est une ligne 100% automatique.
17:14La plupart des opérateurs sont là pour faire du contrôle qualité,
17:17mais les machines sont en autonomie pour produire et mettre en casier ces bouteilles.
17:23Qu'est-ce que ça veut dire d'ailleurs une eau gazeuse naturelle ?
17:26Ça veut dire que naturellement à la souce, on va retrouver du gaz,
17:30et ça veut dire aussi que nous, on va la préserver comme telle.
17:33C'est qu'à aucun moment du processus, on va venir altérer les qualités minérales de cette eau-là.
17:39Je trouve que le goût d'une eau en bouteille de verre n'est pas tout à fait le même
17:43que celui de la bouteille plastique.
17:45Ce qui va changer, c'est que le contenant en verre va permettre de mieux garder le gaz,
17:49et pour le coup on aura moins de variations dans l'expérience gustatine.
17:53Franck, il y a un endroit dans cette usine, forcément,
17:56où l'eau passe de la nature à travers des buses, dans les bouteilles.
18:00Est-ce que je peux voir ça ?
18:01Allez, on va aller voir ça.
18:14Franck, combien de bouteilles sortent chaque jour de l'usine ?
18:17Eh bien ici, c'est la première fois où l'eau minérale verra la lumière,
18:21c'est la roue d'embouteillage,
18:22où c'est qu'on va justement remplir la bouteille, puis ensuite la boucher.
18:26Il faut savoir que sur le site, au point d'activité,
18:29c'est à peu près 700 000 bouteilles qui quittent l'usine chaque jour.
18:32Ah ouais !
18:33C'est un bien précieux, et tout le travail qu'on a à faire en tant que minéralier,
18:37c'est réellement de garantir que ce produit arrive chez le consommateur
18:41dans la même composition que ce qu'on pouvait avoir sous terre.
18:45Dans notre paysage d'eau minérale français,
18:49on a Badois-Evian contre Perrier-Vittel.
18:53C'est le grand adversaire, Nestlé, pour vous ?
18:55Effectivement, ça fait partie de nos concurrents, même s'il y en a d'autres,
18:58mais en tout cas, ils font partie des concurrents iconiques également.
19:00L'eau qu'on voit couler dans ces bouteilles, qui est passée par des dédales,
19:05des labyrinthes de tuyaux, elle vient d'où, à l'origine ?
19:09On a vraiment deux apports différents, les minéraux qui sont liés aux différentes couches,
19:13et le gaz qui est vraiment quelque chose qui vient des profondeurs de la Terre.
19:16La bulle vient du centre de la Terre quand l'eau vient de la nappe phréatique.
19:21Exactement !
19:34Ici, on est au Kiosque Badois, donc c'est le lieu de rencontre.
19:37Les habitants de Saint-Galmier peuvent venir chercher leurs Badois quotidiennes.
19:41Ils viennent avec leurs bouteilles vides et repartent avec des plaines.
19:43Ils peuvent faire ça pendant toute l'année.
19:44Pour nous, c'est important de s'intégrer dans notre écosystème,
19:47l'usine étant en plein milieu de la ville.
19:49Donc c'est un accord avec la ville de laisser libre accès à l'ensemble des habitants.
19:53Je vous propose de goûter.
19:54Oh bah dites donc ! Dans des verres en verre !
19:56On a tendance à dire que c'est le champagne de l'eau minérale, donc le verre se mérite.
20:08Mais moi je l'aime bien comme ça !
20:22Ce sénateur, depuis Saint-Galmier et la source Badois, on a drôlement grimpé là ?
20:27Ah oui, certains diraient, c'est beau mais c'est loin !
20:30Non, en tout cas, ça vaut le détour !
20:32On est où là ?
20:32On est à Sauvins, un village au-dessus de Montbrison, berceau de la fonte de Montbrison.
20:37C'est cet homme-là qu'on va voir ?
20:38La référence ?
20:39Hervé Mons !
20:40N'attendez dans la fraîcheur !
20:42On est préviens dans nos montagnes !
20:44Bien, c'est le sénateur !
20:46Bonjour !
20:47Content !
20:48Mais alors, qu'est-ce que c'est que cet homme-là ?
20:49Historiquement, toutes les caves étaient sur cette route,
20:51parce que là, on se situe entre 1 000 et 1 200 mètres d'altitude,
20:54et il faut savoir que par 100 mètres d'altitude, on garde un degré.
20:57Mais on s'y fait que toujours tourner du bon côté,
20:59sous les arbres pour qu'elles soient à l'abri,
21:00et alimenter par une source pour qu'elles aient l'humidité
21:02qui font que derrière, on peut conduire des affinages plutôt sympas.
21:04On plonge dans la cave ?
21:05Allez, on y va !
21:21Dis-donc, Hervé, c'est quoi ce moulin, là ?
21:24Non, t'es meunier en même temps que fromager ?
21:27C'est à peu près ça, on s'est inspiré des menus !
21:28C'est un frigo naturel !
21:30En fait, t'as la ventilation toute douce pour que l'air,
21:33une fois que les fromages soient transpercés,
21:35pour aller développer notre pénicillium.
21:37Le pénicillium, comme on dit,
21:39cette moisissure naturelle,
21:41c'est le bleu dans les fromages,
21:43que ce soit dans le Roquefort, dans la...
21:45Roquefort, le Bédogène, la flamme-tout.
21:47Elles sont, sur des rangs, elles sont magnifiquement rangées.
21:50Normalement, si les garçons ont bien travaillé,
21:51tu dois être capable de passer à quelque chose près,
21:53ou un doigt, ou une main.
21:54Et elles sont toutes en quinconce,
21:56de manière à ce qu'il y ait une bonne circulation.
21:58Exactement.
21:59Comment se porte le lait cru, aujourd'hui,
22:01face, on va dire, aux attaques du lait pasteurisé ou thermisé,
22:05des laits chauffés ?
22:06Si aujourd'hui, il n'y avait pas le monde du pasteurisé
22:08et le monde des entreprises,
22:10il n'y aurait pas de fermiers,
22:11il n'y aurait pas de lait cru.
22:12On est en train de nous demander des qualités bactériologiques
22:14sur des laits crus
22:15qui ne correspondent plus à un lait vivant.
22:17Tu vas parler d'un lait mort,
22:18alors à ce moment-là, tu stérilises
22:20et tu ne retrouveras plus rien,
22:21comme ça, il n'y a plus de sujet.
22:22Et après, par contre,
22:23il va falloir remettre 2-3 petites bricottes
22:24si tu as envie de faire du fromage
22:25avec un lait stérilisé.
22:26Le lait cru, l'avantage,
22:28c'est que c'est un énorme boulot
22:29qui doit être fait en amont avec nos producteurs.
22:31On a une chance incroyable,
22:33vraiment dans ce territoire,
22:35c'est qu'ici, sur cette zone du Haut-Forêt,
22:37on est avec encore des producteurs
22:38à taille humaine et raisonnable.
22:40Il faut entendre ce que dit Hervé Mons.
22:43C'est-à-dire, quand j'entends un certain nombre de normes
22:45qui nous fait tomber dans une forme d'hygiénisation,
22:47on perd la qualité gustative,
22:49on perd la qualité propre du produit.
22:52Mais là, il y a une normalisation des choses
22:54qui ne nous met pas à l'abri, d'ailleurs,
22:55d'un certain nombre.
22:56Le dérive sanitaire, c'est aussi une économie.
23:00Il faut bien voir qu'aujourd'hui,
23:01ce qui est produit ici attire des jeunes
23:03qui reviennent au pays.
23:04Et ça, c'est un élément important
23:05pour faire revivre notre ruralité
23:07et nos communes aussi.
23:08La France, c'est un Eden,
23:10mais c'est un Eden de bonheur d'agriculture.
23:12Une diversité de terroirs sur 1 000 km
23:14d'un côté comme de l'autre
23:15que tu dis, mais c'est un grand jardin
23:17dans lequel tu peux faire l'excellence
23:18de chaque produit.
23:19Et on a été prendre un modèle économique intensif.
23:22Ici, la chance qu'on a,
23:23c'est qu'on est resté un peu loin de tout ça.
23:25Tu as essayé de nous enfumer en disant
23:27qu'ils ne vont pas goûter.
23:28Je t'écoute, mais...
23:30Il faut qu'on sonde.
23:30Ah ben quand même.
23:32Il y a un bon sondage, monsieur le sénateur.
23:34Les sondages sont favorables ici.
23:36Donc, normalement, le miracle a dû opérer.
23:38On n'est jamais sûr à 100%.
23:40Donc, on va déjà regarder un peu
23:42ce qui se passe sur celle-ci.
23:43Donc, cet outil est vraiment génial
23:45parce que ça, c'est notre sonde.
23:46Ça permet de carotter le fromage.
23:47Ah oui.
23:48Là, tu vois...
23:49On voit les marbrures.
23:50Le miracle a opéré.
23:51On a ce qu'on appelle un beau persillage, en fait.
23:53C'est comme dans une viande persillée
23:54avec le gras.
23:55On dit qu'elle est bien persillée
23:56quand le bleu part du centre du fromage
23:58et va le plus loin possible sous le talon.
23:59Maintenant, autre verdict.
24:02Est-ce qu'elle est bonne ?
24:04Et là, on a un fromage qui est encore un petit peu jeune.
24:07Mais on a une pâte qui est vraiment pas mal.
24:08Est-ce que c'est bon, ça ?
24:20Bonjour.
24:21Bonjour, Laurie.
24:22Vous allez bien ?
24:22Ça va, Yvi ?
24:23Oui, super.
24:24Je suis venu avec monsieur le sénateur pour déjeuner.
24:26Bienvenue.
24:26On va s'installer.
24:33Ah !
24:33Et voici.
24:34Eh bien, génial !
24:35Alors, l'entrée, betterave visiblement.
24:37C'est exactement.
24:39Betterave, salade, carottes et tomates.
24:41D'accord.
24:41Alors, l'idée ici, c'est qu'on travaille avec des produits locaux.
24:43Donc, on achète la surproduction des fermes, des maraîchers aux alentours.
24:46Et l'idée, c'est de sublimer tous les produits déclassés
24:48en faisant des repas qui sont plutôt qualitatifs.
24:51On a le repas entre et plats, exactement ce menu-là, pour 4 euros.
24:55Et j'espère que vous allez vous régaler.
24:57Génial !
24:59Les Français ne savent pas toujours où est la Loire.
25:02Parce que c'est un département qui porte le nom de ce fleuve,
25:05le plus grand fleuve de France.
25:06C'est vrai que la Loire, il y a beaucoup de confusion.
25:08Les châteaux de la Loire.
25:10Alors, on a des très beaux châteaux.
25:11Les châteaux de la Roche dans le Rouenet.
25:12Les vins de la Loire.
25:14Mais c'est aussi une géographie avec cette moyenne montagne,
25:18avec ce fond de vallée, cette route en direction de Lyon.
25:24Quand vous voulez rayonner, que vous adressez à certains de vos confrères
25:29ou même des gens qui ne connaissent pas le département,
25:33quels sont les premiers atouts que vous mettez en avant ?
25:36Ce tourisme vert, ça peut être aussi un tourisme industriel
25:39et surtout la qualité de vie en fait.
25:41La qualité de vie avec un foncier qui n'est pas trop cher,
25:46avec des services à proximité, avec un monde étudiant également,
25:51des grandes écoles, des universités, la proximité avec Lyon,
25:55la proximité avec le sud de la France, avec les Alpes.
25:58C'est toute cette richesse-là qui mérite d'être connue.
26:03Et la Loire se suffit elle-même.
26:05C'est une marque en elle-même, la Loire, finalement.
26:07Merci beaucoup, Monsieur le Sénateur, pour cette visite dans votre beau département.
26:10Merci, Vincent.
26:11J'espère qu'on vous a donné envie de visiter la Loire et tous ses atouts.
26:16On se retrouve très vite sur la chaîne Public Sénat,
26:19Canal 8 de la TNT, ou sur la plateforme publicsénat.fr.
26:22À bientôt !
26:36C'était Manger, c'est voter avec le Concours Général Agricole.
Commentaires