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  • il y a 16 heures
1000 pays pour demain, le magazine qui nous entraîne à la rencontre de ceux et celles, entrepreneurs, ingénieurs, artisans ou encore designers qui innovent ou remettent au goût du jour des savoir-faire ancestraux de nos territoires.
Tous excellent dans leur domaine et contribuent au dynamisme de leur "pays", tous se battent pour que vive le "Made in France".
Rebecca Fitoussi reçoit en fin d'émission un sénateur, élu de la région qui réagit aux reportages et met à l'honneur une entreprise de son choix . Année de Production :

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Transcription
00:00Générique
00:30Bonjour à tous, bienvenue dans 1000 pays pour demain, bienvenue dans les Pyrénées-Atlantiques, dans le sud-ouest de la
00:35France.
00:36Un département idéalement situé pour attirer les investisseurs et dynamiser l'économie entre mer et montagne et bien sûr à
00:43deux pas de l'Espagne.
00:45On compte deux pôles attractifs très importants ici, Pau et Bayonne.
00:50Bayonne où nous avons choisi de poser nos valises aujourd'hui.
00:52Premier port de la Côte-Basque, ville qui compte près de 1600 établissements de commerce et d'artisanat,
00:57ce qui représente environ 6000 actifs.
01:00Plus généralement, dans le département, ce qui est pourvoyeur d'emplois, c'est le tourisme, avec Biarritz et toute la
01:06Côte-Basque.
01:06Et puis, l'industrie aéronautique, historiquement très implantée,
01:11notamment dans des villes comme Borde, où l'on fabrique les turbines de Safran,
01:15ou Anglettes, là où Dassault fabrique les pièces et assemble les fuselages de ces avions militaires.
01:20Mais vous connaissez le principe de l'émission, vous savez que nous allons nous concentrer
01:25sur ceux dont on parle plus rarement, les artisans et entrepreneurs méconnus qui font rayonner l'économie locale.
01:32On va le faire avec une sénatrice qui, au-delà de ses activités politiques nationales
01:36qu'elle a eues auprès de François Hollande et au sein du Parti Socialiste,
01:39a effectué tous ses mandats locaux ici.
01:43On la retrouve et je vous la présente dans un instant.
01:461000 pays pour demain dans les Pyrénées-Atlantiques.
01:48C'est parti.
01:49Bonjour Frédérique Espagnac, merci de nous accueillir sur vos terres.
01:53Vous êtes sénatrice socialiste des Pyrénées-Atlantiques, secrétaire de la Commission des Finances.
01:58En plus de toutes vos fonctions nationales au sein du Parti Socialiste,
02:01vous êtes une fine connaisseuse de l'économie locale, ça tombe bien.
02:04Peut-être d'abord un mot du lieu dans lequel nous sommes,
02:07dans lequel vous avez choisi de faire ce tournage,
02:09le magnifique musée Bonaële, musée des Beaux-Arts de Bayonne.
02:12On est dans le hall d'entrée, donc il y aura un petit peu de bruit,
02:15un petit peu de passage, c'est bien normal.
02:17Il a une histoire particulière ce musée, pourquoi l'avoir choisi ?
02:19Oui, ce musée, il a une histoire particulière.
02:21Il vient juste d'être ouvert après 14 ans de travaux, ce qui est énorme.
02:25La présidente du musée du Louvre elle-même le qualifie de petit Louvre.
02:28Pourquoi ? Parce que nous avons ici l'ensemble des oeuvres,
02:31la plus grande partie des oeuvres en tout cas du Louvre,
02:33à peu près 3000 hors du musée, ce qui est une pépite.
02:37Et on a ici des Rembrandt, des Devinci, des Ingres.
02:41C'est une collection exceptionnelle que peu de gens connaissent
02:43puisqu'il vient d'ouvrir.
02:45Et donc j'invite évidemment les téléspectateurs à venir visiter
02:48le musée Bonaële à Bayonne, qui nous accueille aujourd'hui.
02:51Et nous, on a pu en profiter un petit peu.
02:53C'est magnifique, je confirme.
02:54Alors nous sommes dans les Pyrénées-Atlantiques,
02:57essentiellement dans le Pays Basque.
02:58Parlons un petit peu de l'économie.
02:59Je crois que ça bouge pas mal ici.
03:00Il faut dire que la situation géographique aide
03:03entre la mer, la montagne, l'Espagne, qui n'est pas loin.
03:05On ne sait pas si c'est un avantage ou un inconvénient.
03:07Non, c'est un gros avantage indéniablement.
03:09C'est un territoire d'agriculture mais d'industrie.
03:11C'est un territoire qui est bordé par la mer
03:13et les richesses de la mer.
03:15Évidemment, la montagne aussi,
03:16qui en est la frontière géographique avec l'Espagne.
03:20Et puis l'Espagne à côté, qui est aussi le Pays Basque espagnol.
03:23Et donc c'est aussi un territoire qui fait un.
03:26Je crois que c'est une force, en tout cas, d'une identité aussi,
03:30puisque les Basques ont aussi un caractère particulier
03:34qui est à la fois, on va dire, très indépendant,
03:36mais très collectif.
03:37Et on en parlera au niveau économique aussi.
03:39Et je pense que c'est ce qui fait la force de ce territoire.
03:42Et le charme.
03:42Donc l'Espagne, pas une concurrence particulière ?
03:45Non, au contraire, un partenaire.
03:46Le Pays Basque, ce sont aussi des pôles forts
03:48et j'allais dire des villes très connues.
03:51Bayonne, Anglette, Biarritz.
03:52Je crois même qu'on parle du BAB.
03:54C'est comme ça qu'on dit ici.
03:55On est sur des villes prestigieuses
03:56qui attirent aussi beaucoup de monde
03:58avec des prix de l'immobilier qui peuvent flamber.
04:00Est-ce que c'est un sujet de mécontentement ?
04:01C'est un sujet mécontentement.
04:03Juste dire que Biarritz vient être saluée
04:04pour être la meilleure quête de vie en France,
04:08notamment, mais c'est déjà le cas depuis plusieurs années.
04:11Bayonne également dans les classements
04:12des 10 meilleures villes où il fait bon vivre,
04:15en tout cas.
04:15Donc le Pays Basque est reconnu comme tel.
04:17Il y a le revers de la médaille.
04:18Côté positif, c'est évidemment la question du tourisme
04:20qui, je le dis ici,
04:22apporte entre 1,3 et 1,5 milliards de retombées
04:26sur le territoire, ce qui est énorme.
04:28Mais néanmoins, en contrepartie,
04:30c'est le problème du logement
04:31où les jeunes notamment,
04:32mais pas que, les habitants ici
04:34n'arrivent plus à se loger
04:35avec une montée, une flambée des prix
04:36à la fois sur l'achat et sur l'allocation
04:38qui devient impossible, en fait,
04:41pour les gens qui ont grandi ici
04:43et qui vivent ici au quotidien.
04:44Et contre cela, on ne peut pas faire grand-chose ?
04:46Contre ça, on se bat.
04:47Notamment, on est plusieurs parlementaires.
04:49Je ferai un petit clin d'œil
04:50à mon collègue Iñaki Etchanis
04:51qui est sur la loi,
04:53notamment sur la loi Airbnb
04:54et sur le logement
04:55qui a visé justement à réduire
04:57ce qu'on a sur certaines communes,
05:00notamment sur Saint-Jean-Luz,
05:00quasiment 65% de résidences secondaires.
05:04Vous voyez ce que ça veut dire
05:04avec la problématique.
05:06On a aussi mon collègue Pays-O-Dufous
05:07qui aujourd'hui travaille sur le foncier
05:09pour préserver justement
05:11les questions de préservation de l'espace
05:14et notamment sur la question agricole.
05:16Et puis, on a aussi justement
05:17des tétournements sur les résidences secondaires.
05:19Donc là aussi,
05:21Pays-O-Dufous travaille sur ce texte de loi.
05:22On travaille les uns et les autres
05:23main dans la main.
05:24Je crois que c'est important
05:25la complémentarité, vous le savez,
05:26entre l'Assemblée et le Sénat.
05:28Oui, c'est vrai.
05:29Frédéric Espagnac,
05:29c'est le moment de nous intéresser
05:30à nos chers artisans.
05:32Vous les connaissez à peu près tous.
05:33Donc ce ne sera pas forcément
05:34une découverte pour vous,
05:35mais ce sera pour nos téléspectateurs.
05:36On va commencer avec la fabrication
05:38d'un objet traditionnel,
05:39le maquillat.
05:40C'est un bâton de marche.
05:41La Tradition voulait qu'on en offre
05:43un à chaque adolescent
05:44pour marquer son entrée
05:46dans l'âge adulte.
05:47L'entreprise qui en fabrique
05:48et qui a attiré notre attention,
05:50c'est l'atelier Insiar Bergara.
05:52Sept générations qu'on se transmet
05:54ce savoir-faire absolument unique au monde.
05:57Chaque maquillat est entièrement réalisé
05:59à la main
05:59et ça donne des objets somptueux.
06:01On retrouve à la ressort,
06:03la ressort, tout près d'Espelette,
06:05une partie de la famille Bergara.
06:18Alors, là, on a un maquillat terminé.
06:23Là, on a le bois,
06:25la poignée
06:26qui se termine par le pommeau ici.
06:29Ici, on a la virole
06:31et là, en bout,
06:32on va avoir le trèfle
06:33qui est la partie
06:33qui est en contact avec le sol.
06:36Le maquillat était le bâton
06:37du quotidien de nos ancêtres
06:39dans une temporalité
06:40qui est complètement différente
06:41de celle d'aujourd'hui.
06:42Donc, il n'y avait pas
06:42de moyens de transport.
06:43On marchait beaucoup.
06:44On avait besoin d'un bâton bas
06:46pour se soulager la marche
06:47et on avait aussi besoin d'une arme
06:49pour se défendre
06:50quand les chemins n'étaient pas sûrs.
06:54C'est ma mère
06:55qui a repris l'entreprise
06:56de mon grand-père.
06:57Donc, c'est vrai que moi,
06:58je suis née
06:59avec un rapport particulier à l'atelier
07:00puisqu'on y passait
07:01toutes nos vacances
07:02et on y passait beaucoup de temps.
07:03J'ai aidé d'abord
07:05à faire la communication
07:06dans les années 2011.
07:07Puis ensuite,
07:08j'ai repris le poste de graveur
07:10en 2017
07:11et j'ai repris l'entreprise
07:12en 2019.
07:15Là, on est dans la pépinière
07:17qui avait commencé
07:18mon arrière-grand-père
07:19qui est une des pépinières
07:21qu'on a,
07:21parce qu'on en a plusieurs.
07:23Et là, on voit bien
07:24les bois
07:25qui ont été marqués
07:26en mai-juin
07:27et qui vont là
07:28être récoltés
07:29dans quelques semaines.
07:32Ce qui va être intéressant
07:33sur chaque bois,
07:34ça va être
07:35de découvrir
07:35les scarifications,
07:36c'est-à-dire
07:37ces petites incisions
07:38qu'on va faire
07:39sur le pied de néflier
07:40pendant qu'il est en croissance.
07:42Donc, il y a deux types
07:43de cicatrices.
07:45On va avoir
07:46des tiretés
07:46qu'on va retrouver ici
07:48et on va avoir
07:49ces courbes
07:50en alternance.
07:52Pourquoi ces dessins
07:53ont été faits ?
07:54Est-ce qu'il y avait
07:54une croyance
07:55que ça renforçait le bois
07:57et est-ce que
07:58c'était purement esthétique ?
08:00On n'a pas,
08:01malheureusement,
08:01d'informations
08:02et même le pourquoi
08:03du bois de néflier.
08:04Après, ce qu'on sait,
08:05c'est quand même
08:05c'est un bois
08:06qui a beaucoup de qualité
08:06pour faire un bâton de marche,
08:08qui va être flexible,
08:09qui va être solide
08:09et qui a un bon ratio
08:11entre la densité
08:12mais qui n'est pas trop lourd.
08:14On va aller passer
08:15dans un four à pain
08:18traditionnel
08:18avec des briques réfactères.
08:22Tiens, regarde,
08:23il y a des petites gouttes,
08:24c'est la sève
08:25qui est à l'intérieur
08:26qui fait que
08:27quand on va écorcer,
08:30ça sera plus facile
08:31parce que sinon,
08:33l'écorce,
08:33elle colle à la tige.
08:36Il ne faut pas demander
08:37trop d'explications
08:38parce qu'on ne les a pas.
08:40C'est des travaux ancestraux.
08:42On fait comme
08:43les anciens faisaient.
08:45Une fois que le bois
08:47a chauffé,
08:49on enlève l'écorce.
08:58Le bois est chaud
08:59et il est malléable.
09:02Il a redressé
09:03grosso modo
09:04le bois.
09:06Celui-là,
09:07il va sécher tranquillement
09:08au grenier
09:09pendant des années.
09:21C'est parti !
09:23C'est parti !
09:27C'est parti !
09:40Pour moi,
09:41il y a un enjeu
09:41de reconnaissance
09:42des métiers d'art.
09:43On le voit
09:44avec le label EPV
09:45qui est un label d'État
09:46qui est très peu connu
09:48aujourd'hui,
09:48que nous,
09:49on va défendre.
09:50On a une association locale
09:51qui va permettre
09:52de porter ce discours,
09:53mais au dernier budget,
09:55c'est un label
09:56qui a failli mourir.
09:57Donc ça,
09:58c'est des sujets
09:58qui sont très importants.
09:59C'est comment est-ce que
10:00l'État va aussi valoriser
10:02les métiers d'art
10:03et les savoir-faire
10:04d'excellence.
10:06Alors,
10:06premier grand sujet,
10:07le label EPV,
10:09Entreprises du Patrimoine Vivant,
10:11pas assez connu,
10:12pas assez valorisé,
10:13nous dit Lisa Bergara
10:14dans ce reportage.
10:15Elle a raison ?
10:15Elle a raison
10:16et c'est un combat
10:16qu'on a mené ensemble
10:18puisque, en fait,
10:19beaucoup d'entreprises
10:20du patrimoine vivant
10:21aujourd'hui
10:22sont nos savoir-faire,
10:23nos pépites,
10:24elles sont nos plus
10:24grandes exportations.
10:25Il faut savoir
10:26que les EPV en France
10:27c'est à peu près
10:2760 000 travailleurs,
10:31employés,
10:31et c'est à peu près
10:3214 milliards là aussi
10:34de retombées
10:34sur les territoires français,
10:36peu de gens l'imaginent
10:37et ce sont surtout
10:37des emplois
10:38non délocalisables,
10:39ce sont des emplois
10:40qui sont dans nos territoires,
10:41des savoir-faire,
10:42vous l'avez dit,
10:43des familles entières,
10:44des savoir-faire
10:44qui se transmettent
10:457, 8, 9 générations.
10:46Je suis en général
10:47connue au Sénat
10:48pour être celle
10:49qui se bat chaque année
10:50pour préserver
10:51justement la transmission,
10:53le savoir,
10:54la préservation
10:54et la promotion
10:55de ce label
10:55qui en effet
10:56encore n'est pas assez connu.
10:57Pour qu'on comprenne bien,
10:58qu'est-ce que ça rapporte
10:59à une entreprise
10:59d'avoir ce label EPV ?
11:01Ce que ça rapporte,
11:02ce n'est pas de l'argent.
11:04De façon induite,
11:05oui,
11:05parce que c'est en effet
11:06un label de garantie
11:07en tout cas
11:08de la qualité
11:08du savoir-faire,
11:10du non-développement durable,
11:11de l'inscription
11:11dans un territoire,
11:12d'une identité
11:13mais surtout
11:13de la reconnaissance
11:14d'un savoir-faire.
11:15Et donc,
11:15c'est en général
11:16donné par l'INPI,
11:18c'est là aussi
11:19où on travaille
11:19main dans la main
11:20avec cet institut.
11:22C'est un institut indépendant
11:23qui labellise
11:23mais il faut savoir
11:24que chaque entreprise
11:25doit se remettre
11:27en tout cas devant l'INPI,
11:28remettre sa copie
11:29devant l'INPI
11:29tous les 3 à 5 ans
11:30et donc ce label,
11:31il n'est pas à vie.
11:33Il est à chaque fois
11:34requestionné
11:34donc c'est une question
11:36qui est très importante
11:37et qui fait des bas à Bercy
11:38ce qui ne devrait pas l'être.
11:39Et pour la petite histoire,
11:40le maquillard,
11:40on l'offre toujours
11:41aux adolescents
11:42pour leur entrée
11:42dans l'âge adulte ou pas ?
11:43C'est même plus que ça.
11:44Le maquillard,
11:45vous savez,
11:45c'était l'outil
11:46quand on partait au marché
11:47puisqu'on allait vendre
11:49les bestiaux
11:49et donc il y a
11:50une arme dedans.
11:51On l'ouvre.
11:52Il y a un pic
11:52pour se défendre
11:53pour justement
11:54qu'on revient au marché.
11:55Tous les grands dirigeants
11:56aujourd'hui,
11:56le président Macron lui-même
11:57et d'autres aujourd'hui
11:58offrent ce maquillard
12:00qui est un exemplaire.
12:01Il faut savoir
12:01que c'est un objet
12:03vraiment de reconnaissance
12:05de l'homme.
12:06Allez,
12:06on va parler
12:07d'une autre entreprise
12:07labellisée EPV
12:08qui fabrique des espadrilles
12:10cette fois,
12:11des espadrilles basques
12:12bien sûr,
12:13dont quichos,
12:13fabrication traditionnelle
12:15et artisanale.
12:16Alors évidemment,
12:16ils en produisent moins
12:17que leurs concurrents,
12:1820 000 pères par an
12:19quand les autres
12:20peuvent en fabriquer
12:212 millions.
12:21Il faut donc redoubler
12:23d'inventivité
12:23pour rester rentable.
12:24Ce n'est pas toujours simple.
12:26On va retrouver
12:26à Molléon-Lichard,
12:27la famille Congrand.
12:29Et Molléon,
12:29je ne le savais pas,
12:30c'est la capitale
12:30de l'espadrille.
12:31De l'espadrille,
12:31bien sûr.
12:32Les fêtes de Molléon aussi,
12:33bien sûr.
12:33On y va.
12:51L'espadrille était et sera toujours
12:54un symbole fort de la culture basque.
12:56On ne peut pas se qu'on a porté
12:57des espadrilles.
12:58Ici à Molléon,
12:59ça fait plus de 150 ans
13:00qu'on fabrique des sandales.
13:02Tous les joueurs
13:03de basque à l'époque
13:04jouaient en sandales.
13:05Tous les danseurs
13:06de danse basque
13:08dansaient en espadrille.
13:11Donc c'est vraiment
13:13un point bien lié.
13:15Un point bien lié.
13:22La base,
13:22c'est faire la tresse
13:23pour les semelles.
13:24La courroie va faire tourner
13:26ces deux plateaux
13:27qui tournent en sens inverse
13:28et comme ça,
13:28chaque bobine va passer
13:29d'un plateau à l'autre
13:30en faisant des huites.
13:31Elles se croisent
13:32sans jamais se toucher.
13:44C'est avec cet outil
13:46qu'on va déterminer
13:47la pointure d'une semelle.
13:49On appelle ça
13:49une table à mouler
13:50et donc le nombre de tours
13:52va dépendre aussi
13:53des pointures
13:53que l'on veut faire.
13:56on va derrière.
14:02La semelle,
14:03elle est moulée.
14:03Je coupe.
14:13Et ça,
14:14c'est le format final
14:15de ma semelle.
14:16Et c'est ça
14:17qu'on va mettre
14:17directement sur la machine
14:18pour la courroie.
14:27Et voilà,
14:28donc là,
14:28on a notre semelle
14:30qui est cousue
14:30de part en part.
14:35On utilise du caoutchouc
14:36en granulé.
14:37On l'éparpille bien
14:38pour que ça soit bien
14:39homogène.
14:40On insère la paire.
14:43On met là au four.
14:44Ça chauffe à 180,
14:45170 degrés.
14:50Donc voilà,
14:51au bout de 7 minutes,
14:52on a le caoutchouc,
14:53donc il y a les granulés
14:54qui ont fondu
14:55avec la chaleur
14:56et la pression
14:57et ils sont venus
14:58vraiment rentrer
14:59dans la fibre de jute
15:01et donc ça fait vraiment
15:02une protection.
15:05Donc là,
15:05on dit que la semelle
15:06est vulcanisée.
15:32c'est un petit atelier
15:33avec mon père
15:33qui est venu m'aider
15:34et j'ai ma femme Louise.
15:36On est un petit atelier,
15:36on est en famille,
15:37disons.
15:39C'est un nouveau échantillon,
15:40ça descend ou quoi ?
15:40Le chantier est là,
15:42mais tout.
15:48Comment pâtiez ?
15:50Moi, ce que j'aime
15:53dans ce travail,
15:54c'est à peu près tout,
15:55on va dire,
15:56on prend beaucoup
15:56de plaisir à travailler.
15:58Ce qui est chouette,
15:59c'est surtout
15:59de partir de rien
16:02et finir un produit fini.
16:03On a une chance
16:04inouïe
16:04de pouvoir
16:06toujours créer
16:07des modèles.
16:08Nous, on prend du plaisir,
16:10c'est un métier passionnant.
16:14Je suis en train
16:15de faire un prototype
16:16de sac en cuir.
16:19Mais avec le fond du sac,
16:21c'est une semelle
16:21d'espadrille
16:22et ça sera cousu
16:23à la main.
16:25et en fait,
16:26c'est pour essayer
16:26d'un peu
16:27d'élargir notre gamme
16:30parce que l'espadrille,
16:32c'est quand même
16:32un produit saisonnier.
16:35Et donc,
16:36si on peut
16:37augmenter notre chiffre
16:38de 10 à 20 %
16:39avec des sacs,
16:40ça sera bienvenu.
16:42je pense qu'on a besoin
16:42de visibilité
16:43surtout à l'international.
16:45Je pense que nous,
16:46on fait des salons,
16:48mais on a des aides
16:49pour des salons,
16:49mais bon,
16:50ça ne couvre pas
16:51tous les frais
16:52pour un salon.
16:54Et forcément,
16:54des fois,
16:54vous faites un salon
16:55et puis,
16:55il n'y a aucun retour
16:56sur investissement.
16:57Nous, par exemple,
16:59à Séoul,
17:00en Corée,
17:02et bien,
17:03ça ne nous a rien ramené.
17:05Donc là,
17:06en fait,
17:06c'est une perte de trésor.
17:07Et forcément,
17:08le trésor,
17:08c'est le nerf de la guerre.
17:10Et donc,
17:11qui ne dit pas de trésor,
17:12c'est compliqué, quoi.
17:17Se développer à l'international,
17:18se diversier,
17:19il en faut quand même
17:20des astuces
17:21pour certains artisans
17:22pour essayer de tenir bon
17:23pas facile leur quotidien.
17:24Est-ce qu'ils vous sollicitent ?
17:26Comment vous pouvez
17:26les aider,
17:27les rassurer ?
17:28C'est un combat au quotidien.
17:29Il faut savoir que
17:30Molléon,
17:30c'est à la fois le rural,
17:32c'est à la fois la montagne.
17:33Ça prouve que l'industrie
17:34existe encore
17:35dans nos territoires
17:36de montagne
17:37et nos territoires ruraux,
17:37il faut le dire.
17:38On a des politiques publiques
17:39qui s'appellent
17:40territoires d'industrie
17:40qui sont trop basées
17:42sur, on va dire,
17:43l'urbain.
17:44Et ça fait partie de ça,
17:44c'est le premier point.
17:45Le deuxième,
17:45c'est évidemment
17:46comment on les accompagne
17:46à l'export.
17:47On l'a vu,
17:48que ce soit sur Bergara,
17:49que ce soit notamment
17:50sur les espadrilles,
17:51puisque les espadrilles,
17:52elles sont produites en France.
17:53Nos plus grands courturiers,
17:54Dior et autres,
17:55viennent les chercher,
17:56il faut se le dire.
17:57Et puis,
17:58chacun d'entre nous,
17:59touristes ou pas,
17:59on aime l'été
18:00se balader en espadrilles.
18:01Mais il faut savoir
18:02qu'il y a évidemment
18:03le Made in China
18:04et il y a
18:05le Made in local.
18:05Donc comment on fait ?
18:06On les aide aussi
18:07évidemment avec
18:08les collectivités locales,
18:09avec la région
18:10Nouvelle-Aquitaine
18:11qui est très, très, très,
18:12très en soutien
18:13notamment de ces entreprises-là.
18:15Et puis,
18:15il y a Business France
18:16quand j'ai pour leur permettre...
18:16Pourtant,
18:16j'ai gardé leurs tarifs,
18:17on est à moins de 30 euros
18:18la paire en gros.
18:19Oui, mais Made in China,
18:21c'est 10 euros
18:21dans le supermarché.
18:22Et c'est toute la différence.
18:23Et c'est pour ça
18:24qu'il faut rappeler aussi
18:25qu'acheter du local,
18:27acheter du Made in France,
18:28ça a son sens.
18:29Et inciter,
18:30voire contraindre
18:31les supermarchés
18:32à vendre local,
18:33c'est possible, ça ?
18:34C'est bien sûr possible.
18:35On l'a déjà fait
18:36sur notamment
18:37la question agricole,
18:38les produits locaux,
18:39ce qui est aujourd'hui le cas.
18:41Et donc,
18:41je pense que ça fait partie
18:42aujourd'hui du fait
18:43que Grande Surface
18:44ne protège pas suffisamment
18:45nos producteurs.
18:46Et on le voit,
18:47c'est une bataille au quotidien,
18:48notamment en février-mars,
18:49avant le centre de l'agriculture,
18:50sur justement
18:51les négociations commerciales.
18:52Ça doit être exactement
18:54la même chose
18:54sur les produits artisanaux
18:56que nous pouvons retrouver
18:57dans nos supermarchés.
18:58Frédéric Espagnac,
18:58c'est le moment
18:59de nous faire partager
18:59votre entreprise coup de cœur.
19:01Vous avez choisi
19:02de nous parler
19:03de la poterie Goeiko Echa.
19:05Je ne sais pas
19:05si je prononce bien.
19:06Goeiko Echa.
19:06Comment vous dites ?
19:07Goeiko Echa.
19:08C'est tellement mieux
19:08quand vous le dites.
19:09Je ne sais pas.
19:10Alors, quelques mots
19:10sur cette entreprise.
19:11Oui, c'est une entreprise
19:12de PV là aussi,
19:13puisque c'est le fil rouge
19:14de cette émission.
19:15C'est une entreprise familiale,
19:16pareil, exactement,
19:18avec des produits
19:18qui sont faits
19:19à base de l'argile
19:21aujourd'hui du territoire
19:23et avec aussi
19:24des émaux exceptionnels
19:25avec des couleurs magnifiques
19:26et puis surtout,
19:27ils sont faits à la main.
19:28Ils sont exportés
19:28aujourd'hui
19:29jusqu'à chez le sultan du Brunei.
19:31Là aussi,
19:31on n'imagine pas
19:32que des territoires
19:33en pleine ruralité
19:34avec ces produits,
19:36enfin ces entreprises
19:37qui sont encore
19:38aujourd'hui
19:39des pépites
19:40de l'emploi local,
19:41je le redis,
19:42indispensables
19:42à préserver.
19:43Allez, on va parler
19:44d'une entreprise
19:44que vous connaissez bien,
19:45là aussi,
19:46Alki.
19:46Tout à fait.
19:47Ça veut dire chaise
19:48en basque,
19:49vous l'aurez compris,
19:50elle fabrique donc
19:50des chaises,
19:51mais pas seulement,
19:52aussi du mobilier
19:53de salon ou professionnel,
19:54des tables,
19:54des fauteuils,
19:5545 ans que ça dure
19:56et que tout cela
19:57s'organise en coopératif.
19:58C'est d'ailleurs
19:59parti d'une idée
20:00de cinq amis
20:00qui avaient envie
20:01de développer
20:02l'économie locale
20:03dans le Pays Basque.
20:04Amitié,
20:05engagement social,
20:06beaux gestes,
20:07tout y est.
20:08La belle histoire
20:08se déroule là aussi
20:10dans les environs
20:16Alki, ça veut dire
20:17la chaise
20:17en basque,
20:18l'assise.
20:19Chez Alki,
20:20on fabrique
20:20principalement
20:21des chaises,
20:22des tables,
20:24des pistes.
20:29On essaye d'avoir
20:30un mobilier intemporel,
20:32quelque chose
20:32de chaleureux.
20:34Donc ici,
20:35on est dans notre showroom.
20:36Jusqu'à maintenant,
20:37on travaillait
20:38principalement
20:39avec le professionnel
20:40sur des cafés,
20:42hôtels,
20:42des restaurants,
20:43des bureaux.
20:45On a voulu
20:46s'adresser aussi
20:46aux particuliers
20:47avec des poufs
20:50ou des canapés
20:51ou des tables basses.
20:52Alki a été créé
20:54en 1981
20:57sous forme
20:58de coopérative
20:59pour créer
21:00de l'emploi qualifié
21:01au Pays Basque intérieur.
21:03Donc Alki,
21:04au début,
21:05fabriquait
21:06du mobilier
21:07plus traditionnel,
21:08de la chaiserie
21:09classique.
21:10et puis après,
21:11avec les années
21:12de crise,
21:13ils se sont tournés
21:13vers le design
21:14en s'associant
21:15avec un designer,
21:17Jean-Louis Hatsuki.
21:18Et ensemble,
21:19ils ont créé
21:19les modèles
21:20que l'on connaît
21:21aujourd'hui.
21:25On stocke ici
21:26toute notre chaîne
21:27parce qu'on travaille
21:28le chaîne massif
21:28principalement.
21:29On a environ
21:30un an de stock.
21:31Nous sommes certifiés
21:32PEFC,
21:33ce qui garantit
21:35que nous utilisons
21:36du bois
21:36de forêt
21:38de manière durable.
21:42Donc là,
21:43on va passer
21:43sur le secteur usinage.
21:47Donc le flux
21:47de production
21:48chez Alki
21:49démarre du bois
21:50qui va être ensuite
21:51travaillé
21:51sur commandes
21:53numériques
21:545 axes,
21:55ce qui nous permet
21:56d'avoir une grande
21:57précision
21:58dans ce que l'on fait
21:59et avoir
22:00un flux industriel
22:01aussi.
22:03Mais quand même,
22:04en parallèle,
22:05on garde le côté
22:06fabrication artisanale
22:07en ayant
22:09du cadrage,
22:11montage
22:11et ponçage
22:13manuel.
22:17Donc là,
22:17on vient assembler
22:18les différentes pièces
22:19qui ont été usinées
22:20sur les commandes
22:21numériques.
22:32Là,
22:33ils vont venir
22:34poncer la pièce
22:35puis la monter.
22:36Ça,
22:36c'est une traverse
22:37de table.
22:38Donc ensuite,
22:39on va avoir
22:40ici le produit
22:42final.
22:44Ça,
22:45c'est la traverse
22:45qu'on a vue,
22:46montée avec les pieds
22:47et le plateau.
22:56Donc ensuite,
22:57une fois le produit
22:57monté,
22:58on va venir
22:59appliquer
23:00une couche de teinte
23:01sur le produit
23:02qui va donner
23:03la couleur
23:04puis deux couches
23:05de vernis.
23:09Ici,
23:10on est sur
23:10une des dernières
23:11étapes de la fabrication.
23:12Donc on va être
23:13sur la tapisserie.
23:15Donc là,
23:16par exemple,
23:16on va avoir
23:16le cuir
23:17qui va venir
23:18tapisser notre assise.
23:25Donc là,
23:26on est sur
23:26l'assemblage final.
23:28la partie tapissée
23:30avec la partie bois.
23:35Alors une fois
23:36n'est pas coutume,
23:37pas de requêtes,
23:37pas de doléances
23:38en fin de reportage.
23:39Il faut le dire aussi,
23:40parfois,
23:40quand une entreprise
23:41marche bien,
23:41celle-ci,
23:42vous la connaissez bien.
23:42Comment vous expliquez
23:43qu'elle marche si bien ?
23:44Elle marche très bien
23:44parce que vous l'avez dit,
23:45déjà,
23:45il y a un système
23:46qui est un système
23:46coopératif
23:47qui est très,
23:48très,
23:49on va dire,
23:49partagé en Pays Basque.
23:50Français,
23:51espagnols,
23:52notamment à Mondragon,
23:53puisque juste de l'autre côté
23:54de la frontière,
23:55il y a tout un village
23:56qui est,
23:56même une ville,
23:58qui aujourd'hui
23:58est composée
23:59que quasiment
23:59d'entreprises,
24:00de coopératives
24:01qui fonctionnent
24:02et qui sont là aussi
24:03un des exemples,
24:05en tout cas,
24:05côté espagnol.
24:06Chez nous,
24:07il faut savoir
24:07que c'est une préservation,
24:09en tout cas,
24:09une sécurité.
24:10Lorsque potentiellement,
24:11nous sommes en coopérative
24:12en France,
24:13il faut savoir
24:13que ces reprises-là,
24:14elles sont plus viables
24:15sur les cinq premières années
24:16à 70% à peu près,
24:18à différence
24:18des entreprises normales.
24:20Ça a un sens,
24:22ça veut dire aussi
24:22beaucoup de choses.
24:23Et qui,
24:23je dois le dire,
24:25en tout cas,
24:25dans le moment
24:26dans lequel nous sommes,
24:27devraient faire
24:27beaucoup plus émules
24:28en France,
24:28je pense,
24:29sur nos territoires.
24:30Vous les connaissez bien,
24:31ces entreprises,
24:31on sent que vous y êtes attachés.
24:32Oui, je les aime.
24:33Alors, c'est vrai
24:34que je suis sénatrice
24:34depuis 2011,
24:35mais je les ai accompagnés
24:36les uns et les autres.
24:37C'est un combat,
24:39puis c'est une passion.
24:39Ce sont des hommes
24:40et des femmes
24:40qui sont le territoire.
24:42Et puis l'activité économique,
24:44c'est l'emploi,
24:44c'est évidemment
24:45ce qui permet aussi
24:46à chacun, je pense,
24:47de s'épanouir.
24:48Puis je pense aussi
24:48à un avant-garde déjà
24:51sur ce que doivent être
24:51les territoires
24:52et le développement durable
24:53qui doit s'opérer
24:54et les transitions
24:55qui doivent s'opérer
24:55et le Pays-Bas
24:56qui est plutôt montré en exemple.
24:57Et je crois que
24:58les entreprises
24:59que vous avez pu voir
24:59vous le démontrent.
25:01J'allais vous poser
25:01ma dernière question
25:02qui est quelles sont
25:03les trois bonnes raisons
25:03de venir s'installer par ici ?
25:05L'esprit basque aussi.
25:06Je pense qu'ici,
25:07on est avant tout
25:07dans le sens du collectif.
25:09Le respect des autres,
25:10mais la force
25:11et la dynamique du collectif,
25:12c'est très important
25:13et je pense que ça se voit
25:14au quotidien.
25:15Et puis il y a un esprit,
25:15il y a l'esprit basque,
25:16c'est aussi ça,
25:17c'est le respect de l'autre,
25:18je pense,
25:18mais c'est aussi
25:20l'union fait la force.
25:21Vous savez, pour terminer,
25:22il y a un dicton
25:22qui résume tout.
25:23Au pays basque,
25:24la parole est la parole,
25:25ça veut dire
25:26beaucoup de choses ici.
25:27Merci beaucoup,
25:28c'est Éric Espagnac.
25:29Merci de nous avoir décrit
25:31les beautés
25:32de votre territoire
25:33et merci évidemment
25:34aux équipes de ce musée
25:35magnifique de nous avoir accueillis.
25:36Merci à vous.
25:37On invite les téléspectateurs
25:38à venir le visiter.
25:39N'hésitez pas,
25:40Musée Bola et Le,
25:41Bayonne,
25:41vous êtes les bienvenus.
25:42Petit Louvre,
25:43rappelez-vous.
25:43Petit Louvre.
25:44C'est le nouveau.
25:45Vous êtes les bienvenus.
25:46Émission à retrouver en replay
25:47sur notre plateforme
25:47publicsénat.fr.
25:48Merci beaucoup,
25:49à très vite sur Public Sénat.
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