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  • il y a 11 heures
Au programme de cette nouvelle édition de "En direct du Sénat", le texte de Gérald Darmanin de réforme de la justice criminelle adopté au Sénat, après modification. Y-a-t-il dans ces ajouts des sénateurs de quoi rassurer les avocats mobilisés partout en France contre le plaider-coupable criminel, lundi dernier¿? Également à la une cette semaine, la fin du parcours du texte de simplification de la vie économique¿: ce texte, dans les tuyaux depuis deux ans mais devenu inflammable avec l'ajout de la suppression des ZFE, les zones à faible émission. Troisième thème cette semaine¿: la loi-cadre sur les transports, examinée au Sénat. Que peut-on attendre de texte concrètement dans nos vies quotidiennes¿? Et enfin, l'enquête continue pour la commission qui travaille sur les zones grises de l'information, avec l'audition de ces médias en ligne «¿Frontières¿» ou encore «¿Blast¿». Année de Production :

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00:00:11Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle édition en direct du Sénat,
00:00:15votre programme qui revient tous les jeudis sur les temps forts de l'actualité de la Chambre haute du Parlement.
00:00:19Voici les titres cette semaine.
00:00:20À la une, il y a le texte de Gérald Darmanin de réforme de la justice criminelle adoptée au Sénat
00:00:26après modification.
00:00:27Y a-t-il dans ces ajouts des sénateurs de quoi rassurer notamment les avocats mobilisés partout en France contre
00:00:34le plaidé coupable, c'était lundi.
00:00:37Également à la une cette semaine, la fin du parcours du texte de simplification de la vie économique.
00:00:41Ce texte dans les tuyaux depuis deux ans devenu inflammable avec l'ajout de la suppression des ZFE, les zones
00:00:48à faible émission, les détails à suivre.
00:00:50Troisième titre cette semaine, la loi cadre sur les transports examinés au Sénat.
00:00:54Que peut-on attendre très concrètement dans nos vies quotidiennes de ce texte ?
00:00:59Nous poserons la question au ministre des Transports.
00:01:02Et enfin, l'enquête continue pour la commission qui travaille sur les zones grises de l'information avec l'audition
00:01:07de ces médias en ligne Frontière ou encore Blast.
00:01:14Mais d'abord donc la réforme de la justice criminelle portée par Gérald Darmanin.
00:01:19Pour accélérer les délais de jugement, le garde des Sceaux a proposé la mise en place d'un plaidé coupable
00:01:25en matière criminelle.
00:01:26Une mesure modifiée en séance pour répondre notamment à la colère des avocats.
00:01:31En effet, des dizaines de barreaux étaient en grève en France cette semaine.
00:01:34Voyez les extraits de la séance préparée pour Public Sénat par Mathilde Notarelli et Chloé Vaquette.
00:01:39Nous partageons bien entendu le constat d'une justice trop lente et l'ambition d'une justice qui se conforme
00:01:44à des objectifs de délai raisonnable.
00:01:46Nous restons convaincus que juger plus vite au détriment de trop nombreux principes essentiels, la justice criminelle n'est pas
00:01:52juger mieux.
00:01:53Parmi les arguments développés, on nous affirme que le plaidé coupable criminel est la solution pour éviter, entre autres, la
00:01:58victimisation secondaire.
00:02:00Alors que nous pensons, en ce qui nous concerne, que c'est un parcours de prise en charge, d'accompagnement
00:02:05et de protection amélioré
00:02:06est vraiment au point des victimes qui devraient plutôt être mis en place, en plus, bien entendu, d'une formation
00:02:12des professionnels.
00:02:13Le PGL prétexte aussi le respect des victimes, tout en faisant peser quand même sur elles une responsabilité dans le
00:02:19choix d'un réel procès avec experts, témoins, etc.
00:02:22puisque ce sera à elles, victimes, d'accepter ou de redanser à une solution dont ils entendront dire par tous
00:02:29les autres acteurs
00:02:30qui leur expliqueront que cela facilitera le travail de tout le monde.
00:02:34C'est ce que dit d'ailleurs la Fondation des femmes.
00:02:36La publicité des débats est un enjeu essentiel.
00:02:39Gisèle Pellicot déclarait à l'issue de son procès pour lequel elle a refusé le huis clos, d'ailleurs.
00:02:43J'ai voulu, en ouvrant les portes de ce procès le 2 septembre dernier, que la société puisse se saisir
00:02:47des débats qui s'y sont tenus.
00:02:49Je n'ai jamais regretté cette décision.
00:02:51La publicité des débats, l'oralité des plaidoiries est un aspect auquel je suis très attaché.
00:02:58Sans cette expression publique, comment la société pourrait-elle se saisir de ces mots ?
00:03:03Comment ne pas voir l'impact qu'a pu avoir le procès Pellicot sur la prise de conscience de la
00:03:12soumission chimique ?
00:03:13Comment ne pas voir l'importance qu'a eu le procès Jacqueline Sauvage sur les violences conjugales ?
00:03:18Comment ne pas voir l'importance de toutes ces nombreuses et douloureuses affaires de meurtre par conjoint atteint de maladie
00:03:27d'Alzheimer sur la mise en lumière de la situation des aidants ?
00:03:30On voit bien que la tenue de ces procès, de ces procès en assise, avec un juré populaire, avec l
00:03:34'oralité qui l'accompagne, avec l'expression de tout le monde,
00:03:37est aussi un élément majeur pour faire avancer nos sociétés et est aussi un élément majeur qui explique d'ailleurs
00:03:42l'augmentation de toutes ces affaires criminelles,
00:03:45toute la déclaration et toutes les déclarations d'affaires criminelles en France.
00:03:49Le plaidé coupable enterrira, je le crains, une justice à deux vitesses, une pour celles capables d'atteindre un procès
00:03:55et une justice pour ceux, plus démunis souvent, qui accepteront une transaction rapide.
00:04:00Merci, mon cher collègue. La parole est à M. Hussien Bourgi.
00:04:05Merci, M. le Président, M. le garde des Sceaux, mes chers collègues.
00:04:09Personne ici ne m'éconnaît et ne nie les difficultés auxquelles est confrontée la justice française.
00:04:16Nous en avons eu l'occasion de l'évoquer lorsque votre prédécesseur, Éric Dupond-Mouretti, nous a présenté la loi
00:04:22d'orientation pour la justice.
00:04:24C'était en 2023.
00:04:25Nous l'avons ici débattu et voté à l'unanimité.
00:04:28Voyez-vous, M. le garde des Sceaux, je m'attendais à ce que vous veniez nous faire un bilan d
00:04:32'étape,
00:04:33nous expliquer quels sont les retards qui ont été pris dans l'application de cette loi d'orientation
00:04:37qui aurait dû être mise en œuvre d'ici à 2027.
00:04:41Aujourd'hui, tout le monde s'accorde à reconnaître que les délais ne seront pas tenus, que les objectifs ne
00:04:46seront pas atteints.
00:04:48M. le garde des Sceaux, aujourd'hui, la justice française dont elle souffre, c'est un manque de moyens.
00:04:53Manque de moyens humains, manque de moyens bâtimentaires.
00:04:56Et la seule chose que vous avez à nous proposer aujourd'hui, c'est ce projet de loi qui consiste
00:05:01à tordre la justice à la française,
00:05:03tout simplement parce que nous avons été confrontés devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence par une difficulté
00:05:08réelle.
00:05:09M. le garde des Sceaux, vous avez intitulé votre projet de loi « Justice criminelle et respect des victimes ».
00:05:14Alors, à celles et ceux qui critiquent votre projet de loi, vous répondez « corporatisme des avocats ».
00:05:20Et M. le garde des Sceaux, les avocats sont les vigies de l'État de droit, les avocats sont les
00:05:24vigies de la démocratie,
00:05:26à côté des journalistes, à côté des associatifs, à côté des élus.
00:05:30Mais je vais aller plus loin, M. le garde des Sceaux.
00:05:32Aujourd'hui, je n'ai jamais rencontré une seule association de victimes qui me dit être satisfaite par le contenu
00:05:39de ce projet de loi,
00:05:40y compris celles qui travaillent avec votre ministère, celles qui sont conventionnées par France Victime.
00:05:45Lorsque je les vois dans ma permanence parlementaire, lorsque je vais dans leurs locaux, que je discute avec elles,
00:05:50aucune d'entre elles n'est satisfaite.
00:05:52M. le garde des Sceaux, lorsqu'un projet de loi aussi important tord le droit à la française,
00:05:58bouscule la justice à la française, méconnaît la place des victimes,
00:06:02vous comprenez bien que nous nous contesterons, nous nous opposerons et nous ne le voterons pas.
00:06:06L'opposition, elle commence ici ce soir, elle a commencé cet après-midi devant le Sénat,
00:06:11elle a commencé cet après-midi devant toutes les cours d'appel,
00:06:14et j'étais moi-même ce matin devant la cour d'appel de Montpellier avec tous les avocats,
00:06:17avec les auxiliaires de justice, avec les associations de victimes, et nous allons continuer.
00:06:22Merci. La parole est à Mme la Présidente Kukerman.
00:06:27Merci, M. le Président, M. le garde des Sceaux, mes chers collègues.
00:06:30M. le garde des Sceaux, je vous ai écouté.
00:06:34L'essor du mouvement MeToo, on l'évalue à peu près à l'année 2017,
00:06:40puisque c'est au mois d'octobre 2017 qu'on a une explosion de plus de 30% des plaintes
00:06:45pour violences sexuelles,
00:06:46donc toutes ne sont pas des crimes, bien évidemment.
00:06:49Ça en fait des cohortes de 4 ans de magistrats qu'on aurait pu former depuis 2017
00:06:54pour répondre à ce nouveau fait de société,
00:06:57et nous éviter de nous retrouver en 2026, presque 10 ans plus tard,
00:07:02à se dire « je voudrais bien, mais je peux point ».
00:07:07Et non !
00:07:08Là, on a des responsabilités qui ont été prises,
00:07:12on a des choix budgétaires qui ont été faits,
00:07:15il y a des votes sur les projets de loi qui ont été réalisés,
00:07:18qui nous amènent jour après jour à un engorgement de la justice.
00:07:23Donc oui, on peut citer des cas.
00:07:27Bien évidemment, il est inacceptable qu'aujourd'hui des victimes
00:07:33n'aient pas la justice à laquelle elles doivent avoir accès,
00:07:37parce que cette justice est engorgée et n'est pas en capacité de leur répondre.
00:07:42Ça, c'est le temps inutile, ça c'est le temps à dénoncer,
00:07:45et ça c'est le temps scandaleux et inacceptable contre lequel nous devons lutter,
00:07:50que ce soit pour des raisons financières, matérielles,
00:07:53ou même d'organisation des procédures judiciaires.
00:07:56Et puis il y a le temps utile,
00:07:58oui, il y a le temps indispensable,
00:08:01qui fait que nous sommes passés d'une société
00:08:04où en fait, ce n'est pas la colère qui juge,
00:08:07mais c'est l'intérêt général, l'intérêt de la société.
00:08:11Et donc effectivement, à un crime,
00:08:14eh bien je ne réponds pas par un autre crime, par exemple,
00:08:17parce que c'est vite fait, c'est expéditif,
00:08:20mais justement, ce n'est pas le choix qu'on a fait.
00:08:22Et puis il demeurera, quoi qu'il se passe,
00:08:25et je vous donnerai raison,
00:08:26des procès exceptionnels,
00:08:28ceux qui ont jalonné l'histoire et qui demandent des moyens
00:08:30en bâtiment, en moyens humains,
00:08:32qui demeurent très exceptionnels,
00:08:34ils sont tellement exceptionnels qu'on les cite,
00:08:36ils ont lieu tous les deux, trois ans.
00:08:37Mais je crois, monsieur le garde des Sceaux,
00:08:39qu'on ne peut pas simplement dire aujourd'hui
00:08:41qu'on ne peut rien faire
00:08:43et que les suivants devront se débrouiller avec la réalité.
00:08:45Si, s'il y a des responsables,
00:08:47il y a des choix politiques qui ont été faits,
00:08:48qui nous amènent à la situation que nous connaissons aujourd'hui.
00:08:51La question d'abord se pose si
00:08:52toutes les associations de victimes, monsieur Bourgi,
00:08:54sont opposées.
00:08:55Et vous avez cité France Victime,
00:08:56mais France Victime, c'est prononcé favorable
00:08:57au plaid des coupables.
00:09:00Je cite monsieur Jérôme Moreau,
00:09:01qui est le porte-parole de la Fédération France Victime,
00:09:03je vous renverrai la copie de presse si vous le souhaitez.
00:09:05Je vais citer d'Extinso, qui est en effet
00:09:07la grande association qui travaille
00:09:08avec le ministère de la Justice.
00:09:10La procédure pénale en tant que telle
00:09:12constitue une intensification du traumatisme,
00:09:15une forme de victimisation secondaire reconnue.
00:09:17On peut donc considérer que des victimes
00:09:19peuvent être favorables à cette reconnaissance
00:09:21et à cette procédure accélérée.
00:09:23Et d'ailleurs, la Voix de l'Enfant,
00:09:25qui est une autre association très importante,
00:09:26qui lutte, vous le savez,
00:09:27avec le courage contre l'inceste,
00:09:28est également favorable au texte de loi.
00:09:30Donc il y a des associations qui sont opposées,
00:09:32et je le comprends très bien,
00:09:32mais il est assez faux,
00:09:35monsieur le sénateur,
00:09:36de dire que toutes les associations sont opposées.
00:09:38Il y a bien sûr des vigies.
00:09:39Les avocats sont des vigies de la démocratie
00:09:41de parfaitement raison.
00:09:42Est-ce que tous les avocats sont contre ?
00:09:43La réponse est non.
00:09:44Ce matin encore, lisant La Croix,
00:09:46un journal tout à fait respectable,
00:09:48il y a deux jours,
00:09:49on aurait pu lire l'autre jour du soir,
00:09:51je trouve ça deux avocats du bureau de Paris,
00:09:52qui évoquent, et vous l'avez vu sans doute,
00:09:54la tribune,
00:09:55bien sûr que le mécanisme ne peut pas remplacer
00:09:56la justice criminelle,
00:09:58elle n'en a pas d'ailleurs la vocation,
00:10:00mais il apparaît, il apparaît,
00:10:02il apparaît nécessaire,
00:10:05il apparaît nécessaire,
00:10:07mais...
00:10:08Il apparaît au ministre, s'il vous plaît.
00:10:09Il apparaît nécessaire,
00:10:11car aujourd'hui, ce sont des délais
00:10:13qui portent eux-mêmes atteinte au droit.
00:10:15Le procureur général près de la Cour de cassation,
00:10:18monsieur Rémi Hetz,
00:10:19qui n'est pas, je crois, un homme
00:10:21qui ne manque pas d'indépendance et de liberté,
00:10:23y compris sur les ondes,
00:10:23je pense que vous l'avez entendu ce matin
00:10:25sur France Info,
00:10:26cette loi, ce n'est pas le ministre qui le demande.
00:10:28Ce sont les magistrats,
00:10:30les premiers responsables des cours d'appel
00:10:31eux-mêmes qui l'ont demandé.
00:10:34J'ai dans le journal Le Monde
00:10:36une magistrate spécialisée dans les questions,
00:10:39je crois qu'elle ne partage pas tout à fait
00:10:41mes opinions politiques,
00:10:43et elle l'a d'ailleurs revendiqué jadis.
00:10:45En 20 ans de pratique judiciaire,
00:10:46je la cite,
00:10:47j'ai connu des situations très diverses,
00:10:49certaines victimes souhaitent un procès public,
00:10:51une parole entendue à l'audience,
00:10:53d'autres, simplement,
00:10:54le besoin de reconnaissance des faits,
00:10:56personne ne peut penser à leur place,
00:10:58la douleur est intime.
00:10:59Je pense que si on pouvait aborder ce débat
00:11:01sans caricature et sans d'un côté les bons
00:11:03et de l'autre côté les méchants,
00:11:05je pense qu'on aurait un petit peu avancé.
00:11:08Sur la question qui nous intéresse sur les principes,
00:11:10parce qu'il n'y a pas d'un côté
00:11:12ceux qui ont des principes
00:11:13et ceux qui n'ont pas des principes,
00:11:14je pense que ce qui est bien,
00:11:15c'est de se retourner vers le Conseil d'État,
00:11:17puisque c'est, me semble-t-il,
00:11:19une instance importante qui conseille l'État
00:11:20et qui rappelle le droit,
00:11:21notamment le droit des principes.
00:11:23La page 2 de l'avis du Conseil d'État
00:11:26sur la procédure de justice des crimes reconnus.
00:11:29Le Conseil d'État, c'est la première phrase,
00:11:32rappelle que le Conseil constitutionnel
00:11:33a jugé à plusieurs reprises,
00:11:35conforme à la Constitution,
00:11:36les procédures de comparution
00:11:38sur l'occasion de préalable de culpabilité.
00:11:40Il y a neuf jurisprudences du Conseil constitutionnel.
00:11:44Puis, puisque le Conseil constitutionnel
00:11:45peut être remis en cause,
00:11:48mais je ne crois pas à personne dans un État de droit,
00:11:49le Conseil d'État, c'est l'attendu 6,
00:11:52rappelle que la Cour européenne des droits de l'homme
00:11:54juge la possibilité pour un accusé
00:11:56d'obtenir une réduction de peine
00:11:57à condition qu'il organise sa culpabilité
00:11:59dans un procès spécifique
00:12:00ne porte pas atteinte au droit
00:12:02à un procès équitable
00:12:04garanti par l'article 6
00:12:05de la Convention européenne des droits de l'homme.
00:12:07Il y a sans doute des questions
00:12:09autour de la procédure de plaidés coupables.
00:12:11On peut être pour, on peut être contre,
00:12:12et je comprends très bien tous les arguments.
00:12:13Non, ça ne remet pas en cause
00:12:15ni les principes de l'État de droit,
00:12:17ni notre adhérence à la Cour européenne des droits de l'homme,
00:12:20ni à la jurisprudence du Conseil constitutionnel,
00:12:22ni à ce que peut dire le Conseil d'État.
00:12:24En revanche, en effet,
00:12:25il y a un sujet d'opportunité politique,
00:12:26et je comprends tout à fait qu'on soit opposé,
00:12:28mais je pense qu'il ne faut pas l'être forcément
00:12:31sur des arguments de principe,
00:12:33puisque, voilà, nos plus hautes instances disent
00:12:35qu'il n'y a pas de sujet de principe
00:12:36quand le procureur général prête la Cour de cassation.
00:12:38Quand les premiers présidents des cours d'appel,
00:12:40magistrats indépendants,
00:12:42quand les présidents de tribunaux judiciaires,
00:12:44magistrats indépendants,
00:12:45quand les procureurs généraux,
00:12:46les procureurs à leur conférence,
00:12:47disent à l'unanimité qu'ils sont favorables à ce texte,
00:12:50c'est bien qu'on peut évidemment tout à fait en discuter,
00:12:55mais il ne s'agit pas d'un côté
00:12:57ceux qui voudraient redorer la justice
00:12:59et lui garantir toutes ses vertus,
00:13:02et de l'autre, ceux qui voudraient la bâcler.
00:13:04Il y a derrière ça des victimes.
00:13:05La question est de savoir, d'ailleurs,
00:13:06moi, je vais attendre des propositions,
00:13:07je te dis à Mme Kuckerman,
00:13:09je te dis à Mme Cocoun,
00:13:09il n'y a pas de problème.
00:13:10Proposons des modifications au texte.
00:13:12D'ailleurs, j'en prendrai des modifications.
00:13:14Que faisons-nous face aux victimes
00:13:16qui attendent 6 ans ou 8 ans pendant ce temps-là ?
00:13:18Alors, Mme Kuckerman,
00:13:20vous avez raison de dire « Me too, c'est 2017 ».
00:13:22Oui, vous avez raison, peut-être,
00:13:23que la loi de programmation de 2020,
00:13:25et il a fallu sans doute attendre
00:13:27Éric Dupond-Moretti pour avoir cette programmation.
00:13:29Peut-être que le gouvernement a perdu 2 ans.
00:13:31Vous ne me feriez pas croire, Mme Kuckerman,
00:13:32que le gouvernement précédent,
00:13:33que vous souteniez, de M. Hollande,
00:13:35ne s'est pas intéressé aux violences faites aux femmes.
00:13:37Il l'a fait.
00:13:39Il l'a fait.
00:13:41Non, mais il l'a fait.
00:13:42Et je pense que c'est une question très compliquée.
00:13:43Et on voit bien que c'est une question difficile.
00:13:45Je pense qu'en effet,
00:13:47il y a peut-être des responsabilités politiques à chercher.
00:13:49Je suis à la chancellerie depuis un an et demi
00:13:51et je veux bien prendre tous les péchés d'Israël depuis 2017.
00:13:53Je n'ai aucun sujet sur la continuité.
00:13:55En attendant, que fait-on ?
00:13:56Qu'est-ce que vous dites aux victimes ?
00:13:58Est-ce qu'on dit « Bon, très bien,
00:13:59il y a une responsabilité avec un tribunal populaire
00:14:02qui juira des responsabilités devant le tribunal de l'Histoire ? »
00:14:05Et en attendant, on attend quoi ?
00:14:07On attend peut-être de prendre une exposition.
00:14:09Mes propositions, en effet,
00:14:10ne sont pas consensuelles
00:14:12et sans doute les plus efficaces possibles.
00:14:14J'ai jamais dit qu'elles réglaient le problème
00:14:16de l'attente criminelle en général.
00:14:19Évidemment que ça se complète avec des moyens.
00:14:20Évidemment que ça se complète avec d'autres fonctionnements,
00:14:22y compris dans l'instruction.
00:14:23Mme de la Contrie, vous avez parfaitement raison.
00:14:25Et en moyenne, j'ai dit moi-même,
00:14:26l'instruction, c'est 2,9 ans.
00:14:28Quasiment 3 ans.
00:14:29Parfaitement raison.
00:14:30Enfin, quand on attend 6 ans pour une date de viol
00:14:32et 9 ans pour une date d'homicide,
00:14:33il y a quand même 3 ans d'attente d'audiencement.
00:14:35Quand bien même on pourrait discuter de l'instruction
00:14:37qui dure 3 ans,
00:14:38avouez qu'avec moi,
00:14:39il reste 3 ans pour une date à l'audiencement.
00:14:40Bon, peut-être qu'on peut faire un petit effort
00:14:42collectivement de ce point de vue,
00:14:43qui n'est d'ailleurs pas propre
00:14:44ni à l'article 1 ni à l'article 2.
00:14:46C'est un ensemble d'actions
00:14:48qui vont permettre, en effet,
00:14:49de réduire le plus possible,
00:14:51le plus possible,
00:14:52l'attente, évidemment, du procès criminel.
00:14:55Sur la PJCR en tant que tel,
00:14:57on reviendra sur les amendements
00:14:58et j'en prendrai un certain nombre.
00:14:59Le procès de Scornec
00:15:00n'aurait jamais pu avoir lieu
00:15:02en plaie des coupables.
00:15:03Pour 2 raisons.
00:15:04D'abord, parce que vous l'avez vous-même interdit
00:15:06en mettant...
00:15:06J'ai proposé à un seul auteur,
00:15:08vous avez dit une seule victime.
00:15:09Bon, ben déjà, c'est réglé.
00:15:10Y compris pour l'affaire Pellicot,
00:15:12y compris pour l'affaire de Scornec.
00:15:13Mais vous oubliez le procureur de la République
00:15:15qui peut tout à fait s'opposer
00:15:17au fait qu'on va tenir un procès
00:15:20qui serait un procès solennel d'homologation
00:15:23contre un procès classique
00:15:25en cours criminelle
00:15:26ou en cours d'assises.
00:15:27Pour l'affaire de la République,
00:15:29évidemment,
00:15:29il peut tout à fait s'opposer à cela
00:15:31pour plein de raisons.
00:15:32Et d'ailleurs,
00:15:32on prendra d'autres amendements
00:15:33qui pourront garantir parfaitement
00:15:34ce que vous évoquez
00:15:35parce que nous aussi,
00:15:36nous souhaitons bien évidemment
00:15:38que...
00:15:38Et c'est pour ça que je faisais la reproche
00:15:39à M. Benaroche.
00:15:40Vous avez beaucoup combattu
00:15:41les cours criminels,
00:15:42comme d'ailleurs la profession d'avocat
00:15:43dans sa majorité.
00:15:44Bon, la cour criminelle,
00:15:45aujourd'hui,
00:15:45elle est encensée
00:15:46dans le cas du procès de Scornec
00:15:47et du procès Pellicot.
00:15:49Elle a son avantage
00:15:50sur cette cour criminelle,
00:15:51comme hier, en effet,
00:15:52sur la CRPC délectuelle.
00:15:53D'ailleurs,
00:15:54comme c'était le cas,
00:15:54me semble-t-il,
00:15:55sur la loi narcotrafic,
00:15:56puisque nous avions là aussi
00:15:57une position entière
00:15:58d'opposition
00:15:59à la loi narcotrafic.
00:16:01Je parlais de la profession d'avocat
00:16:03et de ce qui avait été dit
00:16:04par les instances représentatives
00:16:07qui étaient prises de position d'alors.
00:16:09Je pense que d'ailleurs,
00:16:10le Sénat a su dépasser cela
00:16:11et voter d'ailleurs à l'unanimité.
00:16:13Cette loi narcotrafic
00:16:14a été co-construite
00:16:15avec le groupe socialiste
00:16:16et j'en remercie d'ailleurs
00:16:17Jérôme Durin
00:16:17qui a beaucoup contribué
00:16:19évidemment à ce sujet
00:16:21comme d'autres qui sont ici.
00:16:22Sur le point très important
00:16:24du procès,
00:16:26le Conseil d'État lui-même
00:16:27remarque,
00:16:28je voudrais vous en appeler
00:16:30à son considérant numéro 8,
00:16:31que le Conseil d'État observe
00:16:33qu'il est prévu
00:16:34un exposé des faits de l'accusation
00:16:37en présence de l'accusé
00:16:38et de son Conseil,
00:16:39des parties civiles
00:16:41qui peuvent librement présenter
00:16:42des observations
00:16:42et prendre évidemment la parole,
00:16:44la victime à la parole
00:16:45dans le procès,
00:16:46du ministère public
00:16:47qui évidemment est entendu
00:16:48dans ses acquisitions,
00:16:49l'accusé ayant la parole
00:16:50en dernier,
00:16:51le Conseil d'État
00:16:52estime qu'est ainsi préservé
00:16:54la fonction symbolique
00:16:55et dissuasive du procès,
00:16:57la peine demeure infligée
00:16:59au terme d'une audience publique.
00:17:01On a beaucoup lu
00:17:02que c'était une audience
00:17:03qui était à huis clos.
00:17:04Ce n'est pas vrai.
00:17:05D'abord, vous savez bien,
00:17:05et comme vous l'avez très bien dit,
00:17:06M. Benaroche,
00:17:07la victime aujourd'hui
00:17:08peut déjà demander le huis clos.
00:17:09Bon, c'est déjà dans notre droit.
00:17:11Ce n'est pas nous
00:17:12qui l'inventons.
00:17:12Et ce procès,
00:17:13il est public.
00:17:14Il n'est pas à huis clos,
00:17:16comme on peut le dire ici.
00:17:17Donc il y a beaucoup
00:17:17de contre-vérités,
00:17:18en effet,
00:17:18sur ce plaidé coupable.
00:17:19Et je terminerai
00:17:20sur deux arguments
00:17:21qui devraient emporter,
00:17:22me semble-t-il,
00:17:23la raison,
00:17:24à part les amendements
00:17:25qui vont nous permettre
00:17:26de modifier,
00:17:27peut-être d'améliorer,
00:17:28ici, à l'Assemblée,
00:17:29le plaidé coupable.
00:17:30Premièrement,
00:17:31le plaidé coupable,
00:17:32il sera ce que les acteurs
00:17:33en feront.
00:17:34Nous sommes les premiers,
00:17:35et si je peux me permettre,
00:17:36je dis Mme Koukoun,
00:17:37parce que c'est un point important,
00:17:38vous parliez des victimes
00:17:38et de l'accompagnement,
00:17:39nous sommes les premiers
00:17:40à imposer la présence
00:17:41de l'avocat.
00:17:42Parce qu'aujourd'hui,
00:17:44quelqu'un qui reconnaît
00:17:44des faits,
00:17:45parfois dès la scène de crime,
00:17:46parfois il appelle lui-même
00:17:47les policiers et gendarmes
00:17:48pour dire qu'il a fait un crime,
00:17:50parfois au cours
00:17:50de l'instruction,
00:17:51tout ça peut se dérouler
00:17:52sans jamais avoir
00:17:53la présence obligatoire
00:17:54d'un avocat.
00:17:55C'est notre droit aujourd'hui.
00:17:56Aujourd'hui,
00:17:57la victime n'est pas
00:17:58obligatoirement en présence
00:17:59d'un avocat.
00:18:00Elle peut reconnaître
00:18:01la culpabilité des faits,
00:18:02ça arrive de nombreuses fois,
00:18:04mais elle ne peut pas
00:18:05l'accusé,
00:18:06l'auteur présumé,
00:18:08ne peut pas reconnaître,
00:18:10peut reconnaître
00:18:11devant des policiers,
00:18:13devant des gendarmes,
00:18:14devant un juge d'instruction
00:18:15sa culpabilité
00:18:16sans jamais d'assister
00:18:17d'un avocat.
00:18:17Que dit le texte ?
00:18:18Si jamais l'accusé
00:18:20reconnaît les faits
00:18:21et tous les faits
00:18:22et que le juge d'instruction
00:18:22après une longue,
00:18:23trois ans en moyenne,
00:18:24vous avez raison,
00:18:25procédure contradictoire
00:18:26qui a entendu des experts,
00:18:27qui a entendu des témoins,
00:18:28qui a fait des confrontations,
00:18:29a entendu l'accusé,
00:18:32évidemment tout ne peut pas
00:18:33être basé sur l'aveu,
00:18:33vous avez parfaitement raison
00:18:34madame la sédatrice,
00:18:36le juge peut dire
00:18:37est-ce qu'on va rentrer,
00:18:38est-ce que ça rentre
00:18:38dans les critères de la pégissère,
00:18:40ça va en définir
00:18:41les critères par la loi,
00:18:42et c'est fort heureux,
00:18:44est-ce qu'on rentre
00:18:44dans cette procédure ?
00:18:46Ce que nous disons
00:18:46et ce qui est tout à fait nouveau,
00:18:48c'est que la procédure,
00:18:48elle ne peut pas se tenir
00:18:50sans avocat.
00:18:50L'avocat est obligatoire
00:18:51dans la procédure de pégissère,
00:18:53dans sa discussion
00:18:54avec le procureur de la République,
00:18:55est-ce que la victime
00:18:56a la place qui lui convient,
00:18:57on va améliorer
00:18:58sans doute encore le texte,
00:18:59mais l'avocat est obligatoire,
00:19:00c'est-à-dire que si l'avocat
00:19:01ne veut pas venir en pégissère,
00:19:02s'il y a une grève
00:19:03des avocats de pégissère,
00:19:04il n'y aura pas de pégissère.
00:19:06Donc la profession d'avocat
00:19:07est garantie
00:19:08que si elle ne participe pas
00:19:11à la pégissère,
00:19:12par exemple,
00:19:12il n'y aura pas de pégissère,
00:19:14indépendamment de l'accord
00:19:14de la victime,
00:19:15indépendamment de l'accord
00:19:16de l'accusé,
00:19:18indépendamment de l'accord
00:19:19du procureur de la République
00:19:19et de l'assentiment
00:19:21du juge d'instruction.
00:19:22Je ne parle même pas
00:19:22de l'audience
00:19:23où les trois magistrats
00:19:25qui composent la cour d'assises
00:19:26sans jury
00:19:26peuvent très bien
00:19:27ne pas homologuer la peine
00:19:29ou l'accusé peut lui-même
00:19:30faire appel de ses décisions
00:19:31et être envoyé
00:19:32devant une cour criminelle
00:19:32ou une cour d'assises.
00:19:33Et puis il y a un deuxième sujet
00:19:35qui est très important,
00:19:36c'est que ça ne retire rien à personne.
00:19:38Ça ne retire rien à personne,
00:19:39c'est un outil supplémentaire.
00:19:40Qui peut croire
00:19:41que sur les 600 dossiers,
00:19:42700 dossiers, 800 dossiers
00:19:43que les procureurs généraux
00:19:44aujourd'hui ont effectivement
00:19:45fait remonter,
00:19:46il n'y a pas au moins
00:19:47quelques dossiers,
00:19:48ce n'est pas qu'une question
00:19:49de flux ou de stock,
00:19:51il n'y a pas un dossier,
00:19:52vous pensez par an sur 600
00:19:53où une victime n'a pas envie
00:19:55de vivre le moment traumatique
00:19:56du procès,
00:19:57une seule sur 600.
00:19:58Vous êtes capable d'assurer ici
00:19:59qu'il n'y a pas une victime
00:20:00sur 600 par an
00:20:01qui ne veut pas éviter le procès
00:20:04avec l'expert
00:20:04qui va lui rappeler
00:20:05peut-être son enfance malmenée
00:20:06ou elle a été violée
00:20:07par son père
00:20:08ou les témoins
00:20:10qui vont lui apporter
00:20:11ou lui rappeler sa vie
00:20:12ou l'avocat de la défense.
00:20:14Ça a été dit
00:20:15et ça a été dit à plusieurs reprises
00:20:16qui parfois, ça peut arriver.
00:20:18Ça peut arriver.
00:20:19Voilà.
00:20:20Oui, alors votre réponse,
00:20:20ce n'est pas de présence obligatoire.
00:20:21Donc votre problème,
00:20:22vous vous dites
00:20:23qu'il faut que la victime s'en aille.
00:20:24Ce n'est pas la vision
00:20:25de la justice personnellement
00:20:26que j'ai.
00:20:26Il y a bien au moins
00:20:27une fois, une fois,
00:20:29une fois dans l'année,
00:20:30une victime qui se dira
00:20:31avec son avocat,
00:20:32avec son juge d'instruction,
00:20:34avec l'avocat de l'accusé,
00:20:35avec le procureur de la République,
00:20:36ben oui,
00:20:37cette procédure,
00:20:37elle peut être faite pour moi.
00:20:39Voilà.
00:20:39Alors on peut parler de tout.
00:20:40Je constate d'ailleurs
00:20:41avec étonnement,
00:20:43sauf si j'ai mal lu
00:20:43la liste des amendements,
00:20:44qu'il n'y a pas un amendement
00:20:45qui revient
00:20:45sur la réduction
00:20:52le sujet le plus intéressant.
00:20:54Faut-il faire une réduction
00:20:55de quantum de peine ?
00:20:57Est-ce qu'il faut avouer
00:20:58un tiers pardonné,
00:20:59pour parler vulgairement,
00:21:00des pays qui mettent en place
00:21:01ce paix des coupables
00:21:02sur le criminel
00:21:02ne l'ont pas fait ?
00:21:03Et ça marche très bien,
00:21:04l'Espagne.
00:21:05La mission qui avait été imaginée
00:21:08en effet par mon prédécesseur
00:21:09n'avait pas imaginé,
00:21:10c'était ça la grande différence,
00:21:11le quantum de peine
00:21:12à un tiers de moins.
00:21:13Non.
00:21:13Premier président de la Cour d'appel
00:21:14de Paris pourra vous le préciser
00:21:16si vous le souhaitez,
00:21:17Madame la sénatrice.
00:21:19On peut discuter de cette affaire.
00:21:20Il ne s'agit pas d'appâter
00:21:21comme je l'ai entendu l'accuser.
00:21:23Il s'agit de permettre
00:21:24quelque chose en plus
00:21:25qui ne retient rien à personne,
00:21:27qui correspond à ce que font
00:21:28tous les pays qui nous entourent
00:21:29ou presque,
00:21:30conforme à la CDH,
00:21:31conforme à notre constitution,
00:21:32conforme aux grands principes,
00:21:34qui écoutent une partie,
00:21:35une petite partie,
00:21:36sans doute très minoritaire,
00:21:37vous avez parfaitement raison,
00:21:38de victimes qui ne veulent pas
00:21:39du procès,
00:21:39de leur permettre.
00:21:40Qui sommes-nous pour l'empêcher
00:21:41aujourd'hui ?
00:21:42Voilà pour les extraits
00:21:43de la séance qui se tenait
00:21:44cette semaine au Sénat.
00:21:45Pour en parler,
00:21:46j'accueille ici Sophie Briand-Guillemont.
00:21:47Bonjour.
00:21:48Bonjour.
00:21:48Sénatrice RDSE
00:21:51groupe parlementaire
00:21:52composé à majorité de radicaux.
00:21:54Le projet de loi
00:21:55sur la justice criminelle,
00:21:57le respect des victimes,
00:21:58largement adopté,
00:21:59219 voix pour,
00:22:01111 voix contre.
00:22:02Vous faites partie
00:22:03des 111 voix contre.
00:22:04Pourquoi vous êtes opposé
00:22:05à ce texte ?
00:22:06Alors, parce que
00:22:07l'ensemble du texte
00:22:09ne me convenait pas,
00:22:10même si je pense
00:22:11qu'on va revenir longuement
00:22:12sur la question
00:22:12du plaidé coupable,
00:22:14à laquelle en réalité
00:22:15je ne suis pas opposé,
00:22:16simplement il faut que
00:22:17les conditions
00:22:18et les garde-fous
00:22:19soient suffisants
00:22:19pour qu'on puisse
00:22:21introduire
00:22:21une telle mesure
00:22:22qui est vraiment
00:22:23un changement important
00:22:24dans notre façon
00:22:26de juger en France.
00:22:27Mais l'idée de réduire
00:22:27les délais de la justice...
00:22:28Ça, c'est absolument nécessaire.
00:22:30Mais ce n'est pas
00:22:30la bonne méthode.
00:22:31Ce n'est pas la même méthode.
00:22:33Il y a une question aussi
00:22:34de moyens de la justice.
00:22:36Évidemment,
00:22:36en France,
00:22:37pour former un magistrat,
00:22:38il faut 5 ans.
00:22:39Donc, ce n'est pas
00:22:39parce qu'on décrète
00:22:40ni une augmentation
00:22:41des moyens d'aujourd'hui
00:22:42que ça va arriver demain.
00:22:43Donc, il y a une question
00:22:44des stocks
00:22:44qui est absolument vitale
00:22:46à gérer.
00:22:47L'idée de ce projet de loi
00:22:48et du garde des Sceaux,
00:22:49c'était d'y contribuer
00:22:50par une réorganisation
00:22:52de la justice
00:22:52qui est nécessaire.
00:22:53Maintenant,
00:22:54un certain nombre
00:22:54d'éléments
00:22:55qui sont introduits
00:22:56dans ce texte
00:22:57ne permettent pas
00:22:58à l'heure actuelle
00:22:59d'avoir un vote favorable.
00:23:02Mais on va revenir
00:23:02sur le pédécois,
00:23:03mais vous le dites,
00:23:04le fait qu'on ait
00:23:05que 0,2% du PIB
00:23:06en France
00:23:07qui soit consacré
00:23:08à la justice,
00:23:08c'est ça le nœud du problème
00:23:10et qui explique votre vote ?
00:23:11En partie,
00:23:12on a un des taux
00:23:14de magistrats
00:23:15les plus faibles
00:23:15en Europe
00:23:16depuis longtemps.
00:23:17C'est dû
00:23:17à un sous-investissement
00:23:19chronique
00:23:19dans la justice
00:23:20depuis des décennies
00:23:21qu'on essaye
00:23:22de résorber
00:23:23petit à petit,
00:23:24mais ça va prendre
00:23:24énormément de temps.
00:23:26Donc il y a la question
00:23:26des moyens,
00:23:27mais il n'y a pas que.
00:23:28Ce projet de loi
00:23:28est très riche,
00:23:29très complexe,
00:23:30il y a beaucoup de mesures.
00:23:31On va parler
00:23:32du plaidécoupable
00:23:33qui est la mesure emblématique,
00:23:34mais il y a d'autres raisons
00:23:35pour lesquelles
00:23:35j'ai finalement voté contre,
00:23:37en particulier
00:23:37sur la réforme des nullités,
00:23:38en particulier
00:23:39sur l'élargissement
00:23:40du champ,
00:23:41du fichier,
00:23:42des empreintes génétiques
00:23:43qui sont aussi
00:23:44des éléments très importants.
00:23:45OK.
00:23:45La principale point de difficulté,
00:23:46vous venez de le dire,
00:23:47c'est donc l'instauration
00:23:48d'une procédure
00:23:49de plaidécoupable
00:23:50en matière criminelle
00:23:51à la condition,
00:23:51on le rappelle,
00:23:52en qu'elle serait acceptée
00:23:52par l'ensemble des parties
00:23:54avec des procès
00:23:55donc plus courts,
00:23:56sans témoins ni experts.
00:23:58Vous disiez tout à l'heure,
00:23:59ce n'est pas forcément
00:23:59cette mesure
00:24:00qui vous a fait
00:24:01que vous avez voté contre.
00:24:02Est-ce que c'est
00:24:02une bonne mesure alors ?
00:24:03Non, d'ailleurs,
00:24:04en fait,
00:24:05c'est vraiment
00:24:05une question fondamentale.
00:24:06Le plaidécoupable,
00:24:07dans l'image des gens
00:24:08et quand on ne regarde pas
00:24:09le texte dans les détails,
00:24:11on a l'impression
00:24:12que le plaidécoupable,
00:24:13c'est un peu
00:24:13le plaidécoupable
00:24:13à l'américaine.
00:24:14C'est-à-dire que,
00:24:15d'un seul coup,
00:24:16on va dire qu'on est coupable
00:24:18et en une heure,
00:24:19deux jours,
00:24:19ça va être réglé,
00:24:20alors que pas du tout.
00:24:20Là, on a quand même
00:24:22inventé un plaidécoupable
00:24:23à la française,
00:24:24c'est-à-dire qu'avant
00:24:26la phase où le parquet
00:24:29propose à la personne
00:24:30qui a été inculpée
00:24:31la possibilité
00:24:31de plaidécoupable,
00:24:32il y a quand même
00:24:32toute la phase d'instruction.
00:24:34Cette instruction,
00:24:34elle est complète
00:24:35et en moyenne,
00:24:36une instruction,
00:24:36ça dure trois ans.
00:24:37Donc, ce n'est pas
00:24:37que du jour au lendemain,
00:24:38on va avoir
00:24:39une justice expéditive non plus.
00:24:41Là, c'est une nouvelle
00:24:42possibilité qui se crée
00:24:43à laquelle aussi bien
00:24:44la personne qui a inculpé
00:24:45que le parquet
00:24:46que même la victime
00:24:47peut s'opposer.
00:24:49Donc, on est quand même
00:24:49sur un dispositif
00:24:50qui est un peu différent.
00:24:51Au CELA, on a changé,
00:24:52on a rajouté des garde-fous.
00:24:54Oui, 15 jours
00:24:54pour s'opposer
00:24:55au lieu de 10 jours
00:24:56pour la victime.
00:24:56Exactement.
00:24:56On a rendu la présence
00:24:58de l'avocat obligatoire
00:25:00aussi pour la victime
00:25:01et ça, c'est des choses
00:25:05la raison...
00:25:06Moi, je n'ai pas voté...
00:25:07Il y avait plusieurs amendements
00:25:08qui proposaient
00:25:09de supprimer cet article.
00:25:11J'ai voté contre
00:25:11ces amendements de suppression.
00:25:12D'accord.
00:25:13Donc, je suis plutôt tentée
00:25:15d'utiliser, en tout cas,
00:25:16de commencer à utiliser
00:25:17le plaidé coupable.
00:25:18Là où je ne suis pas d'accord,
00:25:20c'est qu'il me semble
00:25:20qu'il y a encore
00:25:21des garde-fous importants
00:25:23qu'on aurait pu ajouter
00:25:24et en particulier,
00:25:25il me semble qu'il fallait
00:25:26absolument exclure
00:25:27les crimes les plus graves
00:25:28parce qu'aujourd'hui,
00:25:30cette procédure
00:25:31va être ouverte,
00:25:32y compris pour les crimes
00:25:34où on risque la réclusion
00:25:35à perpétuité.
00:25:36D'accord.
00:25:37Et à mon sens,
00:25:38il fallait limiter
00:25:39le champ de cette nouvelle procédure
00:25:41et en particulier,
00:25:42étendre ça
00:25:43parce que j'ai du mal
00:25:43à croire que...
00:25:44Il y a des crimes
00:25:44qui ont été enlevés,
00:25:45des crimes sur mineurs,
00:25:46aussi de prostitution mineure,
00:25:48Et moi, ce que je regrette un peu,
00:25:49c'est qu'on a enlevé
00:25:50quelques crimes un par un,
00:25:52ce qui me semble
00:25:52une méthode plutôt subjective
00:25:53et moi, je voulais
00:25:54me fonder plutôt
00:25:54sur le quantum de peine
00:25:55et donc de dire, voilà,
00:25:56on exclut par exemple
00:25:57tous les crimes
00:25:58qui sont punis
00:25:59de plus de 30 ans.
00:26:00J'ai une dernière question,
00:26:04la profession.
00:26:05Est-ce que les modifications
00:26:06en séance
00:26:07ont un peu atténué
00:26:08leur colère ?
00:26:10On a vu des mouvements
00:26:10de grève
00:26:11dans de nombreux barreaux
00:26:12au début de la semaine
00:26:12ou est-ce qu'il y a toujours
00:26:13une opposition forte au texte
00:26:14malgré les modifications
00:26:15en commission en séance ?
00:26:16Je pense que malgré
00:26:18les modifications,
00:26:19il y aura une forte opposition
00:26:20au texte
00:26:21parce qu'il me semble
00:26:22que le mouvement social
00:26:24qu'on voit au sein
00:26:25de la profession d'avocat
00:26:26est en réalité plus profond
00:26:27et ça reflète
00:26:29un mécontentement général
00:26:30sur la façon dont fonctionne
00:26:31la justice en France.
00:26:32Donc le plaid des coupables
00:26:33et cette loi est une nouvelle
00:26:34façon de l'exprimer
00:26:35mais le malaise
00:26:37est beaucoup plus profond.
00:26:38On a parlé en début
00:26:39de l'interview
00:26:39des moyens de la justice
00:26:40et de la façon
00:26:41de pouvoir assister
00:26:43ces clients aujourd'hui
00:26:44et il me semble
00:26:45qu'au-delà
00:26:45de ce projet de loi,
00:26:47il y a vraiment
00:26:47un malaise
00:26:48qui s'est installé
00:26:49et c'est ça
00:26:50qu'expriment les avocats
00:26:51aujourd'hui.
00:26:51Eh bien merci.
00:26:52Merci pour toutes
00:26:53ces explications
00:26:53du micro de public sénat.
00:26:54Sophie et Avrilane Guaymon,
00:26:55merci à vous.
00:26:55Merci.
00:27:01Allez, on passe
00:27:01au deuxième thème
00:27:02dans cette émission
00:27:03et le Sénat
00:27:04qui a adopté
00:27:04le texte de simplification
00:27:06de la vie économique,
00:27:07un texte qui visait
00:27:09initialement à faciliter
00:27:10la vie des entreprises
00:27:11avec une mesure phare
00:27:12initialement,
00:27:12la simplification
00:27:13de la fiche de paix.
00:27:14Deux ans plus tard,
00:27:15ce texte est devenu
00:27:16sulfureux
00:27:17avec l'introduction
00:27:18pendant l'examen
00:27:19au Parlement
00:27:20de la suppression
00:27:21des ZFE,
00:27:22ces zones à faible émission
00:27:23qui interdisent
00:27:24certains véhicules
00:27:25en période de pollution.
00:27:27Les ajouts venus
00:27:28de députés de droite
00:27:29et d'extrême droite.
00:27:30Voyez les extraits
00:27:31de la séance préparée
00:27:32pour Public Sénat
00:27:33par Mathilde Nuttarelli
00:27:34et Chloé Vaquette.
00:27:37Quasiment deux ans
00:27:38après nos premiers débats
00:27:39ici,
00:27:39nous examinons aujourd'hui
00:27:40les conclusions
00:27:40de la commission
00:27:41mis paritaire
00:27:41sur le projet
00:27:42de la loi de simplification
00:27:43de la vie économique.
00:27:44Un texte qui porte
00:27:45aujourd'hui très mal son nom,
00:27:47ce texte n'est pas
00:27:47un texte de simplification,
00:27:49ce n'est même pas vraiment
00:27:49un texte relatif
00:27:50à la vie économique,
00:27:51c'est devenu
00:27:51un texte de renoncement,
00:27:53le texte des reculs écologiques,
00:27:54le texte des bricolages politiques.
00:27:56A l'origine,
00:27:57ce projet était présenté
00:27:58comme un texte technique
00:28:00destiné à alléger
00:28:01certaines lourdeurs
00:28:02pesant sur les entreprises.
00:28:03Dès son arrivée au Sénat,
00:28:04il apparaît confus,
00:28:06mal préparé,
00:28:07un fourre-tout de mesures
00:28:07dont les impacts
00:28:08étaient mal appréciés.
00:28:10Rappelons-nous
00:28:11la simplification
00:28:12de la fiche de paye,
00:28:13fausse bonne idée
00:28:13pourtant présentée
00:28:14comme centrale
00:28:15du texte initial
00:28:15et dont le contenu
00:28:16a été retiré
00:28:17dès la première lecture
00:28:18au Sénat.
00:28:19Dès le départ,
00:28:20la simplification
00:28:21servait déjà de paravent
00:28:22à un affaiblissement
00:28:23assumé des protections
00:28:24environnementales,
00:28:25des garde-fous démocratiques
00:28:26et de certains contre-pouvoirs.
00:28:28La préservation
00:28:28des terres agricoles,
00:28:29des espaces naturels
00:28:30ou des espèces protégées
00:28:32ont été désignées
00:28:33comme d'inutiles complexifications
00:28:35pour les envies
00:28:36de bétonner,
00:28:37de forer
00:28:37et d'exploiter
00:28:38toutes les ressources
00:28:38jusqu'à la dernière goutte.
00:28:40Le point le plus visible
00:28:42et le plus symbolique,
00:28:43c'est évidemment
00:28:43la suppression
00:28:44des zones à faible émission.
00:28:45La CMP a maintenu
00:28:47cette suppression sèche,
00:28:48issue de l'Assemblée nationale
00:28:49et que la droite
00:28:50et l'extrême droite,
00:28:51main dans la main,
00:28:52ont choisi d'ériger
00:28:53un point de convergence
00:28:53de leurs obsessions
00:28:54anti-écolo.
00:28:56Les ZFE sont un outil
00:28:57imparfait,
00:28:58sans doute,
00:28:58mais réel,
00:28:59de lutte contre la pollution
00:29:00de l'air
00:29:00et donc de protection
00:29:01de la santé publique.
00:29:0340 000 décès prématurés
00:29:04par an en France
00:29:05en raison de la pollution
00:29:06de l'air,
00:29:06cela mérite
00:29:07qu'on agisse réellement.
00:29:09Isolement,
00:29:09elle n'avait peu de sens,
00:29:11mais avec des dispositifs
00:29:12d'accompagnement
00:29:13et des investissements
00:29:14dans les transports
00:29:14du quotidien,
00:29:16on avait un dispositif
00:29:17qui aurait pu s'avérer
00:29:18efficace.
00:29:18En vérité,
00:29:19après deux ans
00:29:20de tergiversation,
00:29:21ce dont ce texte
00:29:22aurait besoin,
00:29:23c'est une réelle
00:29:23deuxième lecture
00:29:24ici au Sénat.
00:29:25Les équilibres initiaux
00:29:26du texte
00:29:26ont énormément bougé,
00:29:28ils auraient dû faire
00:29:29l'objet d'un débat
00:29:29plus approfondi ici,
00:29:30sur tout le texte,
00:29:31nous le regrettons.
00:29:32La fin des ZFE
00:29:33n'est pas un accident
00:29:34dans ce texte,
00:29:35c'est le symptôme
00:29:36le plus spectaculaire,
00:29:37mais derrière elle,
00:29:38il y a tout un bloc
00:29:38de recul réel,
00:29:39là encore,
00:29:40fruit d'un travail
00:29:41de compromis fructueux
00:29:42entre la droite
00:29:43et l'extrême droite.
00:29:44Il y a d'abord
00:29:44l'affaiblissement du ZAN.
00:29:46L'article 15
00:29:47permet d'exclure
00:29:47du décompte
00:29:48de la consommation
00:29:48d'espaces naturels,
00:29:49agricoles et forestiers,
00:29:50les projets d'intérêt
00:29:51national majeurs,
00:29:52y compris leurs équipements
00:29:54et aménagements connexes,
00:29:55il élargit les projets
00:29:57concernés aux infrastructures,
00:29:59ouvre des dérogations
00:30:00aux règles des PLU,
00:30:01facilite l'imposition
00:30:02et des modifications
00:30:03des documents d'urbanisme
00:30:04par le préfet
00:30:05et permet de dépasser
00:30:06sans justification
00:30:07les objectifs locaux
00:30:08de consommation d'espace.
00:30:09Autrement dit,
00:30:10sous couvert
00:30:11de rayons d'industrialisation,
00:30:12alors qu'on devait
00:30:13préparer notre pays
00:30:14au défi
00:30:15des événements climatiques
00:30:16extrêmes,
00:30:17on s'enferme dans le déni
00:30:18et on organise
00:30:19la bétonisation à tout va.
00:30:20Pour accélérer dans le mur,
00:30:22on facilite
00:30:23la raison impérative
00:30:24d'intérêts publics majeurs,
00:30:25au menu,
00:30:26moins de protection
00:30:26de la biodiversité,
00:30:27moins de droits au recours,
00:30:28moins de place
00:30:29pour le dialogue.
00:30:31Ce texte fait aussi
00:30:32le choix d'affaiblir gravement
00:30:34la compensation environnementale.
00:30:36L'objectif
00:30:36de compensation écologique
00:30:37devient une chimère,
00:30:39on supprime
00:30:39l'obligation de résultat,
00:30:40on permet de repousser
00:30:41sa mise en œuvre
00:30:42pendant ou après les travaux,
00:30:43la biodiversité
00:30:44est vue désormais
00:30:45comme un obstacle inutile
00:30:46à la réindustrialisation heureuse.
00:30:48Le tableau ne serait pas complet
00:30:49si on n'accélérait pas
00:30:51aussi l'exploitation
00:30:51et le forage
00:30:52de nos ressources.
00:30:53Drill,
00:30:53baby drill,
00:30:54scandait Donald Trump
00:30:55dans ce texte,
00:30:56ça se traduit par l'article 19
00:30:57sur le code minier
00:30:58qui limite les évaluations
00:30:59environnementales,
00:31:00réduit la participation
00:31:01du public,
00:31:02prolonge certains titres
00:31:03et facilite les projets extractifs
00:31:04ou de stockage géologique.
00:31:06Certains ici
00:31:06n'ont pas de mots assez durs
00:31:08pour décrire
00:31:08le fou furieux de Washington,
00:31:10mais on n'a visiblement
00:31:10rien à lui envier
00:31:11en matière de déni climatique.
00:31:12A cela s'ajoutent
00:31:14les Césaires rendus facultatifs,
00:31:15ce qui n'est pas anodin.
00:31:17On fragilise
00:31:17une instance
00:31:18de concertation territoriale
00:31:19sous prétexte
00:31:20de nettoyer
00:31:20le paysage administratif.
00:31:22On affaiblit
00:31:23les lieux d'expertise,
00:31:24de vigilance
00:31:25ou de dialogue.
00:31:26La liste est encore longue,
00:31:27mais le temps me manque
00:31:28pour évoquer l'entièreté
00:31:29du musée des horreurs
00:31:30que constitue ce texte.
00:31:31Par ailleurs,
00:31:32nombre de ces mesures
00:31:32sont probablement
00:31:33des cavaliers législatifs
00:31:35et qui n'ont pas
00:31:36grand-chose à voir
00:31:36avec le texte
00:31:37et qui ne vont probablement
00:31:38pas éviter
00:31:39la sagacité
00:31:40du juge constitutionnel.
00:31:42Le gouvernement le sait.
00:31:43Les parlementaires
00:31:44qui ont voté ce texte
00:31:45le savent aussi.
00:31:46En agissant ainsi
00:31:47et par pur opportunisme politique,
00:31:49ils ouvrent sciemment
00:31:50la porte
00:31:50aux critiques populistes
00:31:51sur le gouvernement
00:31:52des juges
00:31:53qui ne manqueront pas
00:31:53de pleuvoir
00:31:54lorsque le Conseil constitutionnel
00:31:55fera simplement son travail.
00:31:56Dans le contexte actuel tendu,
00:31:58c'est tout simplement irresponsable.
00:32:00Pour revenir au fond du texte
00:32:01qui nous est soumis aujourd'hui,
00:32:02nous ne sommes pas opposés
00:32:03à la simplification,
00:32:04mais ce qui nous est présenté
00:32:05aujourd'hui,
00:32:06c'est la simplification
00:32:07de la réalité
00:32:08dans laquelle nous vivons.
00:32:09C'est un texte de déni,
00:32:10de la santé,
00:32:10l'adaptation aux défis climatiques,
00:32:12la protection de la biodiversité,
00:32:13le dialogue et la concertation
00:32:15sont vus comme des obstacles
00:32:16à une vie économique déconnectée
00:32:17de ses basses conséquences matérielles.
00:32:19Ce que le gouvernement
00:32:20nous demande aujourd'hui
00:32:21en réalité,
00:32:21c'est d'enteriner
00:32:22sous l'étiquette
00:32:22de la simplification
00:32:23la fin de toute ambition
00:32:25écologique pour le pays.
00:32:26C'est une vision dangereuse
00:32:27pour notre avenir,
00:32:27nous la refusons
00:32:28et c'est pourquoi
00:32:29nous votons contre
00:32:29les conclusions
00:32:30de cette commission disparitaire.
00:32:35Merci, mon cher collègue.
00:32:36La parole est à présent
00:32:37de M. Émeric Durox
00:32:39de la réunion administrative
00:32:40des sénateurs
00:32:41ne figurant sur la liste
00:32:41d'aucun groupe
00:32:42et vous avez trois minutes,
00:32:43mon cher collègue.
00:32:52M. le Président,
00:32:53M. le Ministre,
00:32:54M. le Président de la Commission,
00:32:55M. les rapporteurs,
00:32:56mes chers collègues.
00:32:57Depuis plusieurs mois,
00:32:58le gouvernement multiplie
00:32:59les textes aux intitulés ambitieux
00:33:01mais aux effets bien souvent décevants.
00:33:04Simplification de la vie économique,
00:33:06le titre est prometteur,
00:33:07il répond à une attente forte
00:33:08de nos entreprises,
00:33:09de nos artisans,
00:33:10de nos territoires.
00:33:11Mais à l'examen,
00:33:12force est de constater
00:33:13que l'ambition n'est pas au rendez-vous.
00:33:15Car enfin,
00:33:16comment prétendre simplifier
00:33:17lorsque la complexité
00:33:18demeure la règle ?
00:33:19Comment libérer
00:33:20l'activité économique
00:33:21lorsque nos entreprises
00:33:22restent entravées
00:33:23par des normes
00:33:24toujours plus nombreuses,
00:33:25parfois contradictoires,
00:33:26souvent illisibles ?
00:33:27Vous annoncez des réformes
00:33:29mais vous produisez
00:33:29dans l'effet
00:33:30des ajustements marginaux.
00:33:31Et ce texte,
00:33:32malgré son intitulé,
00:33:33ne simplifie que très partiellement
00:33:34la vie économique.
00:33:36D'ailleurs,
00:33:36chacun l'a reconnu
00:33:37au fil des travaux,
00:33:38ce n'est pas le grand soir
00:33:39de la simplification.
00:33:40Ce constat largement partagé
00:33:42doit nous interroger.
00:33:43Dans ce contexte,
00:33:44notre groupe,
00:33:45à l'Assemblée nationale,
00:33:46a souhaité formuler
00:33:47des propositions concrètes.
00:33:49Ils ont proposé
00:33:49de rationaliser
00:33:50un certain nombre
00:33:51d'agences publiques
00:33:52dont le coût
00:33:53et l'utilité
00:33:53interrogent légitimement.
00:33:55Cette proposition
00:33:55n'a pas été retenue.
00:33:57Ils ont également
00:33:58défendu un assouplissement
00:33:59du cadre du zéro
00:34:00artificialisation net
00:34:01pour les activités économiques
00:34:02afin de ne pas pénaliser
00:34:04nos territoires
00:34:04et leurs capacités
00:34:05de développement.
00:34:06Là encore,
00:34:06nous n'avons pas été suivis.
00:34:08En revanche,
00:34:08une mesure adoptée
00:34:09au cours de nos débats
00:34:10constitue à nos yeux
00:34:12une réelle avancée.
00:34:13Je pense,
00:34:14bien sûr,
00:34:15à la suppression
00:34:15des zones à faible émission
00:34:16issues d'un amendement
00:34:18proposé par le député
00:34:19Pierre Merin
00:34:20du Rassemblement national,
00:34:21bien sûr.
00:34:22Cette disposition
00:34:23répond à une préoccupation
00:34:24majeure
00:34:25de nombreux Français.
00:34:26Car derrière
00:34:27ces dispositifs,
00:34:28il y a des situations
00:34:29concrètes.
00:34:29Des travailleurs empêchés
00:34:30de se déplacer,
00:34:31des familles contraintes
00:34:32dans leur quotidien,
00:34:33des artisans limités
00:34:35dans leurs activités.
00:34:36Au nom d'objectifs
00:34:37environnementaux légitimes,
00:34:39nous avons parfois
00:34:39créé des mécanismes
00:34:40profondément inéquitables.
00:34:42Supprimer ces zones,
00:34:43c'est rétablir
00:34:44une forme de justice,
00:34:45c'est garantir
00:34:46à chacun
00:34:46la possibilité
00:34:47de circuler librement,
00:34:49c'est aussi permettre
00:34:49à de nombreux professionnels
00:34:51de continuer
00:34:52à exercer leur activité
00:34:53dans des conditions normales.
00:34:55C'est enfin
00:34:55une mesure
00:34:56de simplification concrète
00:34:57immédiatement perceptible.
00:34:59C'est pourquoi,
00:35:00nous le disons clairement,
00:35:01le maintien
00:35:01de cette disposition,
00:35:02victoire du Rassemblement national,
00:35:04nous amène
00:35:04à voter favorablement
00:35:05dans ce texte.
00:35:06Mes chers collègues,
00:35:07la simplification
00:35:08ne peut pas se réduire
00:35:09à un affichage,
00:35:10elle doit se traduire
00:35:11par des décisions
00:35:11claires, lisibles
00:35:13et efficaces.
00:35:14Nos entreprises,
00:35:15nos artisans,
00:35:15nos élus locaux
00:35:16attendent moins de discours
00:35:17et davantage d'actes.
00:35:18Ils attendent
00:35:19que nous allégions
00:35:20réellement les contraintes
00:35:21qui pèsent sur eux.
00:35:22Ils attendent
00:35:23que nous leur donions
00:35:24des marges de manœuvre.
00:35:25Le Sénat,
00:35:26en tant que représentant
00:35:27des territoires,
00:35:27a un rôle particulier
00:35:28à jouer pour porter
00:35:29cette exigence.
00:35:30Aujourd'hui,
00:35:31le compte n'y est pas
00:35:31encore pleinement.
00:35:32Mais je ne doute pas
00:35:33que le vrai choc
00:35:34de simplification
00:35:35surviendra en 2021-27
00:35:37lorsque nous arriverons
00:35:38enfin au pouvoir.
00:35:39Victoire souhaitée
00:35:40par la France des actifs
00:35:41concernés aux premiers chefs
00:35:43et qui votent
00:35:44très majoritairement
00:35:45pour le Rassemblement National.
00:35:46Je vous remercie.
00:35:47Et j'accueille
00:35:48en salle des conférences
00:35:49Catherine Diffolco.
00:35:50Bonjour.
00:35:50Bonjour.
00:35:51Vous êtes co-rapporteur
00:35:52du texte,
00:35:52sénatrice LR Durone.
00:35:54Le Sénat qui a donc adopté
00:35:55par 224 voix pour,
00:35:57100 voix contre
00:35:58le projet de loi
00:35:59de simplification
00:35:59de la vie économique.
00:36:00L'Assemblée nationale
00:36:01qui avait déjà voté
00:36:02le texte mardi
00:36:03et donc ce texte
00:36:04qui est maintenant considéré
00:36:05comme définitivement adopté.
00:36:07La fin, on peut le dire,
00:36:08d'un long parcours.
00:36:09Ça fait deux ans
00:36:09que le texte est dans
00:36:10les tuyaux au Parlement.
00:36:12Comment est-ce que
00:36:12vous avez vécu
00:36:12cette longue attente,
00:36:14ce long cheminement
00:36:15autour de ce texte ?
00:36:16Nous étions pleines
00:36:17d'espérance
00:36:18il y a deux ans
00:36:18puisqu'on nous annonçait
00:36:19un grand choc
00:36:21de simplification.
00:36:22C'était un texte
00:36:23qui était en procédure accélérée.
00:36:26En plus.
00:36:27Normalement,
00:36:27une seule lecture par chambre.
00:36:28Normalement,
00:36:28une seule lecture,
00:36:29ce qui a été le cas d'ailleurs,
00:36:30mais normalement,
00:36:30une seule lecture
00:36:31qui se suive.
00:36:33La lecture à la première chambre
00:36:34et à la seconde chambre
00:36:36doit avoir un parcours fluide.
00:36:38Ça n'a pas été le cas
00:36:39puisque nous avons été
00:36:41interrompus
00:36:41par la dissolution.
00:36:43Après, il a fallu
00:36:45reconstituer un gouvernement,
00:36:46etc.
00:36:46Nous avons été
00:36:47beaucoup dans l'attente
00:36:48du retour de nos collègues
00:36:49de l'Assemblée nationale,
00:36:50ce qui a été fait
00:36:51un an après
00:36:52et le texte avait
00:36:54considérablement
00:36:54été enrichi
00:36:56par nos collègues
00:36:56de l'Assemblée nationale.
00:36:57Les députés
00:36:58qui ont rajouté
00:36:58beaucoup d'articles
00:36:59au texte.
00:37:00Que nous n'avons donc pas
00:37:01pu étudier au Sénat
00:37:02avant la commission
00:37:03mixte paritaire.
00:37:04En séance,
00:37:05vous n'avez pas étudié
00:37:05ces modifications
00:37:06uniquement entre
00:37:07cette députée
00:37:08et cette sénateur
00:37:08qui étaient réunies
00:37:09pour trouver un compromis.
00:37:10Que dire de ce texte ?
00:37:11Que contient-il véritablement
00:37:12en matière de simplification
00:37:14de la vie économique ?
00:37:15Est-ce qu'il est toujours
00:37:16ambitieux ?
00:37:18Non,
00:37:18il n'est pas toujours ambitieux
00:37:19mais je ne sais pas
00:37:20s'il était vraiment ambitieux
00:37:21dès le départ.
00:37:22C'était plutôt un peu
00:37:23un fourre-tout.
00:37:24Monsieur le maire,
00:37:25à l'époque,
00:37:25nous avait d'ailleurs annoncé
00:37:26qu'il y aurait un texte par an.
00:37:28Donc vous voyez,
00:37:29c'était le début
00:37:30d'un long cheminement
00:37:32pour aller jusqu'à
00:37:33une simplification
00:37:34de la vie économique.
00:37:34Et qu'on n'a jamais vu
00:37:35le texte par an.
00:37:35Pour l'instant,
00:37:36non.
00:37:37On arrive tout juste
00:37:38au bout du premier texte.
00:37:39Alors peut-être que l'avenir
00:37:41nous réservera
00:37:41de bonnes surprises
00:37:42et d'abord,
00:37:43nous en avons besoin.
00:37:45Donc,
00:37:46qu'est-ce qu'il y a
00:37:47comme mesure phare ?
00:37:49J'allais dire,
00:37:50pour les entreprises,
00:37:52nous avons été heureux
00:37:54de pouvoir réintégrer
00:37:55la loi de M. Rittmann
00:37:56sur le test entreprise.
00:37:58Donc ça,
00:37:58c'est quelque chose
00:37:59d'acquis maintenant.
00:38:00Et c'était vraiment attendu
00:38:02par les chefs d'entreprise.
00:38:04Et concernant
00:38:05plutôt le volet
00:38:06collectivité territoriale,
00:38:08nous avons pu introduire
00:38:09des mesures
00:38:11zéro artificialisation nette.
00:38:12D'accord.
00:38:13Puisque la loi Trace,
00:38:14nous avons voté ici,
00:38:16peine à être inscrite
00:38:17à l'Assemblée nationale.
00:38:18Donc,
00:38:18il fallait cranter
00:38:18quelques mesures importantes
00:38:19pour les collectivités.
00:38:20À l'époque,
00:38:21quand il avait présenté le texte,
00:38:22Bounod Le Maire avait présenté
00:38:23ce texte avec une mesure phare.
00:38:24C'était la simplification
00:38:25de la fiche de paix.
00:38:26Il l'avait même montré
00:38:27aux 20 heures de France 2
00:38:28de mémoire.
00:38:29Elle n'est plus dans le texte,
00:38:30finalement.
00:38:31Qu'est-ce que ça dit
00:38:31de ce texte, finalement ?
00:38:33C'était beaucoup de communication
00:38:34à l'époque.
00:38:34C'est ce que j'allais vous dire.
00:38:35C'était vraiment beaucoup,
00:38:37beaucoup de communication.
00:38:38Une communication facile.
00:38:39La fiche de paix,
00:38:39ça parle à tout le monde.
00:38:40Mais en réalité,
00:38:41c'était plutôt une usine à gaz
00:38:42qui était proposée
00:38:43et nos collègues
00:38:45l'ont supprimé très, très vite.
00:38:46Il n'en a plus été question
00:38:48du tout dès le départ,
00:38:49en réalité.
00:38:49Pendant le parcours du texte,
00:38:51les députés qui ont donc
00:38:52ajouté des mesures
00:38:52qui font polémique,
00:38:53la droite et l'extrême droite
00:38:54à l'Assemblée nationale
00:38:55qui ont supprimé
00:38:56les ZFE,
00:38:57ces zones qui interdisent
00:38:58des véhicules polluants
00:39:00dans 42 agglomérations françaises
00:39:02de plus de 150 000 habitants.
00:39:03Ça a été fait contre
00:39:04l'avis de l'exécutif.
00:39:05Le Sénat qui n'est pas revenu
00:39:06sur cette suppression en séance,
00:39:07pourquoi ?
00:39:08Écoutez,
00:39:09la majorité sénatoriale
00:39:11a soutenu
00:39:12l'initiative
00:39:13de nos collègues députés
00:39:15et notamment députés
00:39:16de la droite républicaine
00:39:17parce que nous aussi,
00:39:18nous vivons dans nos territoires
00:39:19et nous sommes à l'écoute
00:39:20à la fois de la population
00:39:21mais aussi des entreprises.
00:39:23Et par exemple,
00:39:23dans mon territoire,
00:39:25je connais des entrepreneurs
00:39:26qui ne prennent plus
00:39:27de marché
00:39:28à réaliser à Lyon
00:39:30parce qu'ils n'ont pas
00:39:30les véhicules
00:39:31qui les autorisent
00:39:32à rentrer dans Lyon
00:39:32pour avoir des marchés.
00:39:33À cause de ces ZFE ?
00:39:34Tout à fait.
00:39:35Donc, il y a vraiment
00:39:36une problématique
00:39:36et une fracture de la France.
00:39:39les Français
00:39:40qui habitent
00:39:41dans des agglomérations
00:39:41qui peuvent bénéficier
00:39:42de transports en commun
00:39:43et puis ceux qui habitent
00:39:44plutôt dans les campagnes
00:39:46et qui ont besoin
00:39:47de leurs voitures
00:39:47et qui n'ont pas les moyens
00:39:48forcément d'acheter
00:39:49des voitures non polluantes.
00:39:50On avait compris
00:39:50que la droite sénatoriale
00:39:51voulait modifier les ZFE
00:39:54notamment avec le rapport
00:39:55de Philippe Tabarro
00:39:56mais là,
00:39:57la suppression simple
00:39:58et nette,
00:39:59ça vous convient également ?
00:40:00Ça nous convient.
00:40:01Ça nous convient.
00:40:02On verra bien
00:40:02si effectivement
00:40:03le Conseil constitutionnel
00:40:05censure ou pas.
00:40:06On n'a pas à travailler
00:40:07à la place du Conseil constitutionnel.
00:40:08Nous, on a une ligne politique,
00:40:10on la suit.
00:40:11Si le Conseil constitutionnel
00:40:12censure,
00:40:13je pense qu'une initiative parlementaire
00:40:15pourra de nouveau
00:40:15nous faire travailler le sujet.
00:40:17Justement,
00:40:18c'est ma dernière question.
00:40:19La gauche qui a annoncé
00:40:20saisir le Conseil constitutionnel
00:40:22parce qu'elle parle
00:40:23de cavaliers législatifs,
00:40:24notamment aussi sur la mesure
00:40:25qui concerne
00:40:26le zéro artificialisation
00:40:27nette des sols.
00:40:28Est-ce que vous avez bon espoir
00:40:29que les mesures figurent
00:40:30quand même dans la version finale
00:40:31du texte
00:40:31malgré cette saisine
00:40:33du Conseil constitutionnel ?
00:40:34Nous, nous avons l'espoir
00:40:35puisque nous avons soutenu
00:40:36ces mesures.
00:40:36Mais le cavalier,
00:40:37qu'est-ce que vous répondez
00:40:38sur cet argument ?
00:40:39Il y a des probabilités
00:40:40mais je ne vais pas me prononcer
00:40:41à la place du Conseil constitutionnel.
00:40:43Bien, merci en tout cas
00:40:44pour toutes ces explications.
00:40:45Merci à vous.
00:40:45Au micro de public.
00:40:46Alexandra, merci d'être venue
00:40:46ici aujourd'hui.
00:40:47Merci.
00:40:53Allez, on en vient
00:40:53au troisième thème
00:40:55dans cette émission
00:40:55et la loi cadre
00:40:56sur les transports
00:40:57portée par Philippe Tabarro
00:40:59qui est arrivée au Sénat
00:41:00cette semaine.
00:41:01Elle vise à lancer
00:41:01un grand chantier
00:41:02de modernisation
00:41:03de nos infrastructures
00:41:04de transport
00:41:04qui en ont bien besoin,
00:41:06on peut le dire.
00:41:07Les besoins effectivement
00:41:08à nos installations
00:41:08qui sont estimés
00:41:09à 3 milliards d'euros par an.
00:41:11Une manne est dans le viseur
00:41:13du gouvernement,
00:41:13les concessions autoroutières.
00:41:15On écoute les premiers échanges
00:41:17en séance.
00:41:18On y revient juste après
00:41:19avec le ministre à notre micro.
00:41:22À l'initiative des rapporteurs
00:41:23de la mission d'information
00:41:24sur la biétique
00:41:25que je remercie
00:41:26pour leur travail,
00:41:27la commission s'est inscrite
00:41:29dans cet esprit
00:41:30de simplification
00:41:31et en faveur
00:41:32des droits
00:41:34des voyageurs
00:41:35afin d'inciter
00:41:35à utiliser
00:41:36les transports en commun.
00:41:37Le texte de commission
00:41:38prévoit ainsi
00:41:39une garantie de correspondance
00:41:40pour les voyageurs
00:41:41en cas de retard
00:41:42ou d'annulation de train,
00:41:43même si les différents
00:41:44segments du trajet
00:41:45sont assurés
00:41:46par plusieurs opérateurs
00:41:47ferroviaires.
00:41:48L'ouverture à la concurrence
00:41:50du transport ferroviaire
00:41:51ne doit pas complexifier
00:41:52le voyage pour l'usager.
00:41:55Dans un même souci
00:41:56de simplification
00:41:56pour les voyageurs,
00:41:57la commission a également
00:41:58souhaité harmoniser
00:41:59la définition
00:42:00de certaines catégories
00:42:01tarifaires sur le territoire
00:42:02afin que l'on soit jeune
00:42:05et senior
00:42:06ou senior au même âge
00:42:07sur tous les réseaux,
00:42:07ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
00:42:09Elle a également prévu
00:42:10que les applications
00:42:11de distribution
00:42:11de titres de transport
00:42:13assurent de façon
00:42:14non discriminatoire
00:42:15la vente de l'ensemble
00:42:16de l'offre existante,
00:42:18aussi bien ferroviaire
00:42:19que routière
00:42:19sur un même trajet.
00:42:21De trop nombreux voyageurs
00:42:22restent hackés
00:42:23parce qu'ils ignorent
00:42:24l'existence
00:42:25d'une partie de l'offre.
00:42:27La commission a également
00:42:28autorisé les autorités
00:42:29organisatrices
00:42:29de la mobilité
00:42:30à refuser
00:42:31à des applications tierces
00:42:32de vendre des abonnements
00:42:33de longue durée.
00:42:35Les commissions
00:42:35prélevées par ces dernières
00:42:36privent en effet
00:42:37des réseaux de transport,
00:42:38de financements indispensables
00:42:39pour améliorer la qualité
00:42:41de leur offre.
00:42:42En revanche,
00:42:43ces applications
00:42:44pourront toujours vendre
00:42:44les titres destinés
00:42:45à un voyageur occasionnel
00:42:46qui n'aura pas besoin
00:42:47de télécharger
00:42:48l'application de vente
00:42:49du réseau local.
00:42:51Je reviens maintenant
00:42:52à l'article 10 du texte
00:42:54qui vise à renforcer
00:42:54les dispositifs
00:42:55d'aménagement du territoire
00:42:57dans le cadre
00:42:58de l'ouverture
00:42:59à la concurrence
00:42:59du transport ferroviaire.
00:43:01C'est évidemment
00:43:02la priorité absolue
00:43:04de la commission
00:43:05d'aménagement du territoire.
00:43:07C'est une disposition
00:43:08bienvenue
00:43:08que nous avons d'ailleurs
00:43:09contribué à nourrir
00:43:10au stade de la commission
00:43:11et je ne doute pas
00:43:12que nos débats
00:43:13permettront encore
00:43:13d'enrichir ce volet essentiel
00:43:15pour la vitalité
00:43:16de nos territoires.
00:43:17Il me semble en effet
00:43:18indispensable,
00:43:19je pense que c'est partagé
00:43:20pour le plus grand nombre,
00:43:21que l'arrivée
00:43:22de nouveaux entrants
00:43:23sur le marché
00:43:23du transport ferroviaire français
00:43:24n'ait pas de conséquence
00:43:26sur les liaisons ferroviaires
00:43:27les moins rentables
00:43:27qui jouent un rôle essentiel
00:43:30pour l'équilibre territorial.
00:43:32Enfin,
00:43:32nous sommes saisis
00:43:34d'un projet de loi
00:43:35sur les mobilités,
00:43:36le premier
00:43:37né depuis la loi
00:43:38Climat et Résilience
00:43:39de 2021.
00:43:40Nous le devons
00:43:41à la conférence
00:43:42Avenir France Transport,
00:43:43organisée l'an dernier
00:43:45à l'initiative
00:43:46du ministre Tabarro.
00:43:48Une conférence
00:43:49transpartisane
00:43:50pour trouver
00:43:50des solutions
00:43:51face aux murs
00:43:53d'investissement
00:43:53qui se dressent
00:43:54devant nous.
00:43:55Bien que n'ayant pas
00:43:56traité l'aérien,
00:43:58la voiture
00:43:59ni le maritime,
00:44:00elle a permis
00:44:01de dégager
00:44:02plusieurs priorités.
00:44:04La régénération
00:44:05des infrastructures,
00:44:07la réduction
00:44:08de la dette grise
00:44:09et l'affectation
00:44:10des profits
00:44:11des futures
00:44:12concessions autoroutières
00:44:13au financement
00:44:14des transports.
00:44:15Nous partageons
00:44:16ces objectifs,
00:44:17mais nous regrettons
00:44:18qu'un tel modèle
00:44:19concessif
00:44:20soit déjà acté
00:44:21sans véritable
00:44:22débat parlementaire.
00:44:24Ayant travaillé
00:44:25sur le ferroviaire
00:44:26dans cette conférence,
00:44:28je dois souligner
00:44:29que ni le groupe
00:44:30sur le fret
00:44:31ni celui
00:44:32sur les CERN
00:44:32n'ont trouvé
00:44:33de financement pérenne.
00:44:35C'était pourtant
00:44:36l'objectif original
00:44:37de cette conférence.
00:44:38Ce sera donc
00:44:39l'un des principaux enjeux
00:44:41de la future loi
00:44:42de programmation
00:44:43que nous attendons
00:44:44avec impatience.
00:44:45Cette attente
00:44:46contraste
00:44:47avec l'inquiétude
00:44:48des Français
00:44:50dépendant
00:44:50de leurs véhicules
00:44:51thermiques
00:44:52face à l'explosion
00:44:53récente
00:44:54des prix
00:44:54des carburants.
00:44:55Une nouvelle fois,
00:44:56une crise internationale
00:44:58révèle notre retard
00:44:59malgré nos alertes
00:45:01répétées
00:45:02depuis 2017.
00:45:03Les gouvernements
00:45:04successifs
00:45:04n'ont pas pris
00:45:05la mesure
00:45:06de l'effort
00:45:07nécessaire
00:45:07pour décarboner
00:45:09le pays
00:45:10et donc
00:45:11nos mobilités.
00:45:12Alors même
00:45:12qu'il s'agit
00:45:13d'un enjeu
00:45:14de liberté
00:45:14et de souveraineté,
00:45:16deux mots
00:45:17qui devraient
00:45:17résonner
00:45:18tout particulièrement
00:45:19dans cet hémicycle.
00:45:21Le gouvernement
00:45:22continue pourtant
00:45:23à refuser
00:45:24toute véritable
00:45:25planification
00:45:26concernant
00:45:27l'électrification
00:45:28que semble
00:45:30à présent
00:45:30souhaiter
00:45:31le Premier ministre,
00:45:33privilégiant
00:45:34les mesures
00:45:34d'urgence.
00:45:35Preuve en est
00:45:36la dernière
00:45:36PPE
00:45:37adoptée par décret
00:45:38et qui manque
00:45:39pourtant d'ambition
00:45:40sur les énergies
00:45:41renouvelables.
00:45:42Quelle logique
00:45:43y a-t-il donc
00:45:44à annoncer
00:45:45un doublement
00:45:45du leasing social
00:45:46alors qu'il a été
00:45:48affaibli
00:45:49lors du dernier
00:45:49PLF
00:45:50tout comme
00:45:51la prime
00:45:51à la conversion ?
00:45:52Je la comprends
00:45:53d'autant moins
00:45:54que je ne vois pas
00:45:55non plus
00:45:55de stratégie
00:45:56industrielle
00:45:56pour produire
00:45:57davantage
00:45:58de petites voitures
00:45:59électriques
00:45:59du quotidien
00:46:00plutôt que
00:46:01toujours plus
00:46:02de SUV
00:46:02sur notre continent
00:46:04alors que nous sommes
00:46:05en retard
00:46:05face à la Chine.
00:46:07Alors que
00:46:08certains suppriment
00:46:08les ZFE
00:46:10outils bien maladroits
00:46:11mais utiles
00:46:12pour la santé publique
00:46:13nous affirmons
00:46:14que la priorité
00:46:15doit rester
00:46:16de rendre
00:46:17les mobilités
00:46:18décarbonées
00:46:18plus accessibles.
00:46:20La voiture électrique
00:46:21devrait être
00:46:22moins chère
00:46:23que son équivalent
00:46:23thermique
00:46:24et le train
00:46:25devrait être
00:46:26moins cher
00:46:26que l'avion
00:46:27nous sommes
00:46:28loin du compte.
00:46:29Concernant
00:46:29le ferroviaire
00:46:30un constat
00:46:31doit nous alerter.
00:46:32Depuis
00:46:33le pacte
00:46:34ferroviaire
00:46:34de 2018
00:46:35et l'idée
00:46:36que le train
00:46:37doit payer le train
00:46:38nous avons vu
00:46:39les prix
00:46:39des billets
00:46:40augmenter
00:46:40donc discriminer
00:46:42les plus précaires
00:46:43notamment
00:46:43sur les LGV
00:46:44et faute de matériel
00:46:46la SNCF
00:46:47ne peut plus
00:46:47être en mesure
00:46:48de répondre
00:46:49à la demande.
00:46:50Nous aurions
00:46:51donc aimé
00:46:52proposer
00:46:52une baisse
00:46:53massive
00:46:54des péages
00:46:55ferroviaires
00:46:56français
00:46:56qui sont
00:46:57les plus élevés
00:46:57d'Europe
00:46:58notamment
00:46:59par la suppression
00:47:00de la redevance
00:47:01de marché
00:47:01et la compenser
00:47:02par des recettes
00:47:03issues
00:47:04des modes
00:47:04de transport
00:47:05les plus polluants
00:47:06crédit
00:47:07ETS européen
00:47:08par non-affecté
00:47:10de la taxe
00:47:10sur les billets
00:47:11d'avion
00:47:11éco-taxe
00:47:12poids lourd
00:47:13pour les régions
00:47:13volontaires
00:47:14ou encore
00:47:15des recettes
00:47:16autoroutières
00:47:16maximisées
00:47:18par la création
00:47:19d'un établissement
00:47:20public.
00:47:20Nous aurions également
00:47:21voulu débattre
00:47:22de la pertinence
00:47:23du renouvellement
00:47:24des concessions
00:47:25autoroutières
00:47:25de la prolongation
00:47:27des péages
00:47:27et du fléchage
00:47:29d'une partie
00:47:30de ces recettes
00:47:30vers l'entretien
00:47:31du réseau routier
00:47:32national
00:47:33non concédé
00:47:34souvent dans un état
00:47:35déplorable.
00:47:37Nous aurions voulu parler
00:47:38des ressources
00:47:39des intercommunalités
00:47:41et des régions
00:47:42de la refonte
00:47:43du versement
00:47:43mobilité
00:47:44ou encore
00:47:45des politiques
00:47:45de mobilité
00:47:46solidaires
00:47:47tarification sociale
00:47:49dans les intercités
00:47:50soutien au transport
00:47:51pour les plus fragiles
00:47:52réactivation
00:47:54du billet
00:47:54congé annuel
00:47:56mais beaucoup
00:47:57de nos amendements
00:47:58ont été déclarés
00:47:59irrecevables
00:47:59et j'espère
00:48:00qu'à travers
00:48:01des prises
00:48:01de parole
00:48:02du ministre
00:48:03et du rapporteur
00:48:04nous pourrons avancer
00:48:05sur ces sujets
00:48:06importants.
00:48:07Malgré ces frustrations
00:48:08je suis très satisfait
00:48:10que ce texte
00:48:11nous permette
00:48:12d'aborder
00:48:12la régulation
00:48:13de l'ouverture
00:48:14à la concurrence
00:48:15car même limitée
00:48:16celle-ci
00:48:17produit déjà
00:48:18des effets.
00:48:19Comment garantir
00:48:20l'égalité
00:48:21entre les territoires
00:48:22entre ceux
00:48:23qui ont encore
00:48:24des trains
00:48:24et ceux
00:48:25qui risquent
00:48:25d'en perdre
00:48:26parce que
00:48:27les lignes rentables
00:48:28ne financeront
00:48:28plus les autres.
00:48:29C'est pourquoi
00:48:30nous proposons
00:48:31de mettre
00:48:32à contribution
00:48:32les opérateurs
00:48:33concurrents
00:48:34ou l'ensemble
00:48:35d'e-billets
00:48:35vendus
00:48:36sur les sillons
00:48:37ouverts à la concurrence
00:48:38afin d'alimenter
00:48:40un fonds dédié.
00:48:41La garantie
00:48:42d'un véritable
00:48:42aménagement ferroviaire
00:48:43du territoire
00:48:44nécessite environ
00:48:45150 millions
00:48:46d'euros
00:48:47supplémentaires
00:48:48par an.
00:48:49Ce sera
00:48:50tout l'enjeu
00:48:51de l'article 10
00:48:51mais aussi
00:48:52de l'article 4
00:48:53sur le contrat
00:48:54de performance
00:48:55de SNCF Réseau
00:48:56car,
00:48:57faux de loi
00:48:57de programmation,
00:48:59ce contrat
00:48:59risque de devenir
00:49:00de fait
00:49:01notre programmation
00:49:02ferroviaire.
00:49:03Il faut donc
00:49:03en améliorer
00:49:04la définition
00:49:05et considérer
00:49:06qu'un tien
00:49:07vaut mieux
00:49:08que deux
00:49:08tu l'auras.
00:49:09Autre sujet
00:49:10majeur,
00:49:10la biétique
00:49:11avec mes
00:49:12co-rapporteurs
00:49:13que je salue,
00:49:14les quatre
00:49:15mousquetaires
00:49:16Fernick,
00:49:17Dersin,
00:49:18Rochette
00:49:18et moi-même
00:49:19de la mission
00:49:20d'information
00:49:21nous défendons
00:49:22une logique
00:49:23simple
00:49:23qui a fait
00:49:23consensus
00:49:24l'intérêt
00:49:25des usagers
00:49:25doit primer.
00:49:26L'opérateur
00:49:27public
00:49:28doit distribuer
00:49:29l'ensemble
00:49:30de l'offre
00:49:30y compris
00:49:31celle de ses
00:49:32concurrents
00:49:32parce qu'il doit
00:49:34assumer
00:49:34sa mission
00:49:35de service
00:49:36public.
00:49:36Nous refusons
00:49:37la fragmentation
00:49:38que l'on connaît
00:49:39dans l'hôtellerie
00:49:40ou l'aérien
00:49:41avec le risque
00:49:42de voir des
00:49:42plateformes privées
00:49:43comme Trendline
00:49:44ou Google
00:49:45demain
00:49:46prendre la main.
00:49:47Ce serait
00:49:47une perte
00:49:48de souveraineté
00:49:49notamment
00:49:49sur les données.
00:49:50Nous voulons
00:49:51garantir la protection
00:49:52des voyageurs
00:49:53lors de correspondances
00:49:54entre trains
00:49:56de différents opérateurs.
00:49:58De même,
00:49:58il faut éviter
00:49:59la fragmentation
00:50:00à venir
00:50:01des systèmes régionaux
00:50:02car avec l'ouverture
00:50:04à la concurrence,
00:50:05elles doivent proposer
00:50:05un catalogue d'offres
00:50:06que seules
00:50:07elles maîtrisent
00:50:08et peuvent produire.
00:50:09Avant de conclure,
00:50:10je veux cependant
00:50:11signaler plusieurs sujets
00:50:12qui apparaissent
00:50:13des points noirs
00:50:14pour mon groupe.
00:50:15L'article 8
00:50:16ne doit pas conduire
00:50:18à affaiblir
00:50:19la sécurité
00:50:20sur les toiles
00:50:21ferroviaires
00:50:21de Lyon.
00:50:22Nous contestons
00:50:23l'allègement
00:50:24des exigences
00:50:25environnementales
00:50:26pour les raisons
00:50:27impératives
00:50:28d'intérêt majeur
00:50:28à l'article 19.
00:50:30Le vélo reste
00:50:31une fois encore
00:50:31le grand oublié
00:50:32de la politique
00:50:33des mobilités,
00:50:34notamment avec
00:50:34cet article 21
00:50:36alors qu'un grand plan
00:50:38avait été lancé
00:50:39en 2019.
00:50:41Enfin,
00:50:42l'article 18
00:50:43allait dans le bon sens
00:50:44avant les allégements
00:50:45du rapporteur
00:50:46sur la décarbonation
00:50:47des poids lourds.
00:50:48Mais l'enjeu reste bien
00:50:49le report modal.
00:50:50Nous sommes très en deçà
00:50:52de nos objectifs
00:50:53et ce n'est pas
00:50:54le démantèlement
00:50:54de fret SNCF
00:50:56qui a aidé.
00:50:57Je conclurai
00:50:58ce long propos
00:50:59en disant
00:51:00que le groupe socialiste
00:51:01aborde ce débat
00:51:02avec envie
00:51:03parce qu'il concerne
00:51:04la vie quotidienne
00:51:05des Français
00:51:06mais aussi
00:51:07avec inquiétude
00:51:08car nous légiférons
00:51:09dans des conditions
00:51:10épouvantables.
00:51:12Le texte
00:51:12n'est même pas assuré
00:51:14d'être inscrit
00:51:14à l'Assemblée
00:51:15et j'observe
00:51:16que tout à l'heure
00:51:16le Premier ministre
00:51:17dans une brillante
00:51:18intervention
00:51:19n'a pas évoqué
00:51:20son inscription
00:51:21lors des QAG.
00:51:23Nous n'avons toujours
00:51:23pas de perspective
00:51:24claire
00:51:25sur la loi
00:51:26de programmation
00:51:27et plusieurs rapports
00:51:28indispensables
00:51:29nous manquent
00:51:30encore
00:51:30comme l'a rappelé
00:51:31le rapporteur
00:51:32la semaine dernière
00:51:33en commission
00:51:33COI
00:51:34Bussereau
00:51:35ART
00:51:36Philiso 2
00:51:37En vérité
00:51:37nous travaillons
00:51:38presque à l'aveugle
00:51:39sous la contrainte
00:51:40des articles 40
00:51:41et 45
00:51:42avec en plus
00:51:43une pression
00:51:44regrettable
00:51:44pour limiter
00:51:45le nombre
00:51:46d'amendements.
00:51:47Et j'accueille
00:51:47en salle des conférences
00:51:48Philippe Tabarro
00:51:49bonjour
00:51:49vous êtes le ministre
00:51:50des transports
00:51:51vous avez parlé
00:51:52d'une loi cadre
00:51:53historique
00:51:54je vous cite
00:51:54pourquoi une telle expression
00:51:55qu'est-ce qui se joue
00:51:56au Sénat
00:51:56aujourd'hui
00:51:57c'est historique
00:51:59oui c'est historique
00:52:00pour le secteur
00:52:00des transports
00:52:01parce que ça fait
00:52:01bien longtemps
00:52:02qu'on n'avait pas eu
00:52:03une loi
00:52:03sur ce sujet
00:52:05je dirais
00:52:06un projet de loi
00:52:07qui puisse
00:52:08accaparer
00:52:09l'agenda
00:52:10si chargé
00:52:11parlementaire
00:52:11et notamment du Sénat
00:52:13pendant pratiquement
00:52:13trois jours
00:52:14pour parler
00:52:15de sujets
00:52:16qui sont peut-être
00:52:17pas très populaires
00:52:18dont on ne parle
00:52:19pas régulièrement
00:52:19et qui sont pourtant
00:52:20les sujets de mobilité
00:52:22les sujets
00:52:23qui préoccupent
00:52:24nos concitoyens
00:52:25je rappelle que
00:52:26c'est budgétairement
00:52:27un des premiers postes
00:52:28dans le budget
00:52:29des français
00:52:30je rappelle également
00:52:31qu'un français sur trois
00:52:32dit avoir
00:52:33refusé une opportunité
00:52:35professionnelle
00:52:35parce qu'il n'avait pas
00:52:36de solution de mobilité
00:52:38donc pour toutes ces raisons
00:52:39il est bien
00:52:40que ces sujets
00:52:41ce sujet du transport
00:52:42reviennent
00:52:43en haut de la pile
00:52:44et véritablement
00:52:45que ce soit un sujet
00:52:47qui puisse permettre
00:52:48à tous les sénateurs
00:52:49de débattre
00:52:50est-ce qu'une loi cadre
00:52:51comporte des mesures
00:52:51très concrètes
00:52:52pour les français
00:52:52est-ce que vous le dites
00:52:53avec ce texte
00:52:53la vie quotidienne
00:52:55des français
00:52:55va changer
00:52:56oui puisque nous allons
00:52:57acter le principe
00:52:59que dans les années futures
00:53:00nous allons donner
00:53:01des moyens supplémentaires
00:53:02pour investir
00:53:03dans les transports
00:53:04aujourd'hui
00:53:04il y a des infrastructures
00:53:06qui vieillissent
00:53:07il y a une dette grise
00:53:08qui se constitue
00:53:09et l'idée
00:53:10c'est de pouvoir
00:53:11notamment
00:53:11à travers cet article 1
00:53:13qui a été voté
00:53:14hier très largement
00:53:16de dire que
00:53:17dans la fin
00:53:18des futures concessions
00:53:19autoroutières
00:53:19nous pourrions récupérer
00:53:212 milliards et demi
00:53:22pour financer
00:53:23les infrastructures
00:53:24de transport
00:53:24et notamment
00:53:25les infrastructures
00:53:26ferroviaires
00:53:26et le transport en commun
00:53:28c'est-à-dire
00:53:29les services express
00:53:30régionaux métropolitains
00:53:31les routes nationales
00:53:33départementales
00:53:34communales
00:53:34les ponts
00:53:35tous ces sujets
00:53:36qu'on aborde
00:53:36depuis un certain nombre
00:53:37d'années au Sénat
00:53:39à travers différents rapports
00:53:40on va revenir
00:53:40sur les concessions
00:53:41autoroutières
00:53:41mais sur l'idée générale
00:53:43du texte
00:53:43c'est bien de donner
00:53:44la priorité
00:53:44à la régénération
00:53:46la modernisation
00:53:47la performance
00:53:47l'adaptation
00:53:49des réseaux
00:53:49au changement climatique
00:53:50c'est pas
00:53:51des nouveaux grands projets
00:53:52c'est plutôt
00:53:53de s'occuper
00:53:53de l'existant
00:53:54c'est bien ça
00:53:54la priorité
00:53:55prioritairement
00:53:56c'est de s'occuper
00:53:56de l'existant
00:53:58de remettre
00:53:58à niveau
00:53:59pour des questions
00:54:00de sécurité
00:54:02de performance
00:54:03nos réseaux
00:54:05et puis bien sûr
00:54:06si on arrive
00:54:07durablement
00:54:08à flécher
00:54:08ces sommes
00:54:09c'est ce que je souhaite
00:54:10pour pas que ça se fasse
00:54:11à chaque PLF
00:54:12mais de manière
00:54:14sur 10 ans
00:54:15sur 20 ans
00:54:16de pouvoir ensuite
00:54:18financer les grands projets
00:54:19les grands projets
00:54:20c'est quoi ?
00:54:20ce sont à la fois
00:54:21ces projets de SERM
00:54:23de RER métropolitain
00:54:24dans les territoires
00:54:26de multiplier
00:54:26l'offre
00:54:27en transport
00:54:28en commun
00:54:29et puis également
00:54:30le cas échéant
00:54:32et en fonction
00:54:32des préconisations
00:54:34qui seront faites
00:54:35par le conseil
00:54:35d'orientation
00:54:36des infrastructures
00:54:37de mener à bien
00:54:38des projets
00:54:39sur certains territoires
00:54:40qui sont enclavés
00:54:41et qui ont besoin
00:54:42d'une certaine mobilité
00:54:43Vous avez commencé
00:54:44à en parler
00:54:44l'une des mesures phares
00:54:45du texte
00:54:46c'est l'utilisation
00:54:46d'une partie des recettes
00:54:47des péages
00:54:48pour financer
00:54:49la rénovation
00:54:49de nos infrastructures
00:54:50de transport
00:54:51qu'elles soient
00:54:51ferroviaires, routières
00:54:52fluviales, portuaires
00:54:53mais on parle d'abord
00:54:54de renégocier
00:54:55des contrats
00:54:55des concessions
00:54:56autoroutières
00:54:56entre 2031
00:54:58et 2036
00:54:59est-ce qu'on a les garanties
00:55:00M. Tabarro
00:55:01que ces nouvelles négociations
00:55:02elles permettront bien
00:55:03d'avoir ces financements ?
00:55:04Oui
00:55:05c'est l'objet
00:55:05de l'article 1
00:55:06de cette loi cadre
00:55:07et puis d'une loi
00:55:08de programmation
00:55:08qui viendra après
00:55:09vous savez SNCF Réseau
00:55:11va jouer le jeu
00:55:12puisqu'à travers
00:55:13ce qu'on appelle
00:55:14un contrat de performance
00:55:15entre l'Etat
00:55:16et Réseau
00:55:17on va
00:55:18grâce à ce qu'on
00:55:19va décider
00:55:20tout à l'heure
00:55:20je l'espère
00:55:21de pouvoir
00:55:22monter ce niveau
00:55:23d'investissement
00:55:24aujourd'hui
00:55:24il est environ
00:55:25de 3 milliards 2
00:55:26ça permet tout juste
00:55:27de régénérer
00:55:29notre réseau
00:55:30demain on va le monter
00:55:31à 4 milliards et demi
00:55:32avec ces 4 milliards et demi
00:55:34on pourra
00:55:34faire beaucoup
00:55:35de choses
00:55:36pour sécuriser
00:55:37les concessions
00:55:38autoroutières
00:55:38on va les renouveler
00:55:39le système concessif
00:55:41est un bon système
00:55:42par contre
00:55:42il faut remettre
00:55:43l'Etat
00:55:43au coeur
00:55:44de ces concessions
00:55:45c'est notre patrimoine
00:55:46commun
00:55:47et le produit
00:55:48des péages
00:55:49doit revenir
00:55:50aussi en partie
00:55:52au secteur
00:55:53des transports
00:55:53l'idée un peu
00:55:54c'est que
00:55:54le transport
00:55:56finance le transport
00:55:57que le transport
00:55:58à travers
00:55:59les autoroutes
00:56:00puisse financer
00:56:01tous les autres
00:56:02modes de transport
00:56:02parlons d'un ajout
00:56:03tard dans la nuit
00:56:04hier dans l'examen
00:56:05du texte
00:56:06les sénateurs
00:56:06qui ont créé
00:56:07une garantie
00:56:08de correspondance
00:56:09est-ce qu'on peut le dire
00:56:10c'est quelque chose
00:56:11qui va changer
00:56:11la vie des voyageurs
00:56:13l'idée de ce texte
00:56:14c'est aussi d'améliorer
00:56:15le parcours voyageur
00:56:17comme on dit
00:56:17si on rate une correspondance
00:56:19on aura la garantie
00:56:20de pouvoir prendre
00:56:20n'importe quel train
00:56:21c'est de prendre ce sujet
00:56:22à bras le corps
00:56:23et de se dire
00:56:24qu'on doit être
00:56:25à tous les niveaux
00:56:27et notamment
00:56:27au niveau de la distribution
00:56:28au niveau de la billetique
00:56:30au niveau de l'information
00:56:33améliorer les choses
00:56:34on a beaucoup d'acteurs
00:56:35dans le transport
00:56:36et notamment
00:56:36dans le transport ferroviaire
00:56:37que ce soit les régions
00:56:38que ce soit des opérateurs
00:56:41privés
00:56:41alors bien sûr
00:56:41on connaît tous la SNCF
00:56:43mais il y a de nouveaux entrants
00:56:44je tiens à le dire
00:56:45Tranitalia
00:56:46il y aura
00:56:47dans les régions
00:56:48il y a Transdev
00:56:48il y aura d'autres opérateurs
00:56:50comme Belved dans le futur
00:56:51donc c'est essayer
00:56:53de rendre la vie
00:56:54la plus facile
00:56:55à l'usager possible
00:56:57dans l'achat
00:56:57de son titre de transport
00:56:58et puis dans l'intermodalité
00:57:00on s'aperçoit
00:57:01que les français
00:57:02utilisent
00:57:03les transports
00:57:04exactement
00:57:04utilisent les transports
00:57:05en commun
00:57:06d'un transport
00:57:07d'un commun à l'autre
00:57:08mais il faut leur faciliter
00:57:09à la fois
00:57:09à travers le titre de transport
00:57:11les bonnes correspondances
00:57:12d'utiliser
00:57:13et de laisser
00:57:14leurs véhicules
00:57:15et en ce moment
00:57:16ça a du sens
00:57:17à domicile
00:57:19pour pouvoir prendre
00:57:20le plus facilement possible
00:57:21les transports en commun
00:57:22Merci Philippe Tabarro
00:57:23je ne résiste pas
00:57:24à l'idée de vous poser
00:57:25une question
00:57:25sur la suppression
00:57:26des zones à faible émission mobilité
00:57:29le Parlement
00:57:29qui a définitivement adopté hier
00:57:31le texte de simplification
00:57:32de la vie économique
00:57:32qui contenait cette suppression
00:57:34après l'ajout des députés
00:57:35de droite
00:57:35et d'extrême droite
00:57:36il va y avoir un recours
00:57:37des députés de gauche
00:57:39sur le texte
00:57:39face au Conseil constitutionnel
00:57:41qu'est-ce qu'on peut dire aux français
00:57:42est-ce qu'elles vont être
00:57:43vraiment supprimées
00:57:43ces ZFE ?
00:57:44Alors écoutez
00:57:45c'est bien que le texte
00:57:46sur la simplification
00:57:47a été enfin voté
00:57:48ça faisait deux ans et demi
00:57:48et ça me paraît
00:57:49c'est une très bonne chose
00:57:50concernant les ZFE
00:57:51j'ai beaucoup parlé
00:57:52de ce sujet
00:57:53dans cette maison
00:57:54quand j'étais sénateur
00:57:55Exactement
00:57:56vous proposez une alternative
00:57:57à l'époque
00:57:57Exactement
00:57:58avec un rapport
00:57:58qui s'appelait
00:57:59sortir de l'impasse
00:58:01je pense que ce rapport
00:58:02est plus que jamais
00:58:03d'actualité
00:58:04où on a la possibilité
00:58:05avec un certain nombre
00:58:06de mesures
00:58:07de garder les objectifs
00:58:09des ZFE
00:58:10au niveau de la santé
00:58:12de nos concitoyens
00:58:13au niveau des émissions
00:58:15Et de revoir les dates
00:58:16contraignantes
00:58:16c'est ça ?
00:58:17Mais également
00:58:17de revoir les dates
00:58:18et d'avoir des mesures
00:58:19d'accompagnement
00:58:20qui d'ailleurs
00:58:20arrivent avec le plan
00:58:21du Premier ministre
00:58:22sur l'électrification
00:58:23et notamment
00:58:24les véhicules électriques
00:58:26donc je pense
00:58:27qu'il y a
00:58:27C'est pas une mauvaise chose
00:58:28que le Conseil constitutionnel
00:58:29retoque cette mesure
00:58:30parce qu'il faut une alternative
00:58:31Le Conseil constitutionnel
00:58:32fera ce qu'il doit faire
00:58:33mais en tout cas
00:58:34il y a encore
00:58:35la possibilité
00:58:36de prendre des mesures
00:58:37qui ne soient pas
00:58:38trop contraignantes
00:58:39pour les Français
00:58:39notamment ceux
00:58:40qui sont le plus
00:58:41en difficulté financière
00:58:42mais qui puissent
00:58:43nous permettre
00:58:44d'avoir des objectifs
00:58:45également en matière
00:58:46de santé
00:58:47qui puissent aller
00:58:49dans le centre
00:58:49de la protection
00:58:50de nos concitoyens
00:58:51Merci Philippe Tabavraud
00:58:52d'avoir accepté
00:58:53de répondre
00:58:53à toutes nos questions
00:58:54dans cette émission
00:58:55merci à vous
00:58:55Merci beaucoup
00:59:01Allez on en vient
00:59:02au dernier thème
00:59:03dans cette émission
00:59:04et la commission d'enquête
00:59:05sur les zones grises
00:59:06de l'information
00:59:06il s'agit d'enquêter
00:59:08sur les nouveaux acteurs
00:59:09de l'information
00:59:10de nouvelles plateformes
00:59:10qui brouillent
00:59:11les frontières
00:59:12entre informations
00:59:13divertissements
00:59:14communications
00:59:14qui font peser
00:59:15de nouveaux risques
00:59:16sur la lisibilité
00:59:17du débat public
00:59:18Cette semaine
00:59:19les représentants
00:59:20des médias Blast
00:59:21Street Press
00:59:22ou encore du sulfureux
00:59:23Frontières
00:59:24étaient reçus
00:59:25au Sénat
00:59:26On écoute
00:59:27les auditions
00:59:27de Blast
00:59:28et de Frontières
00:59:28On y revient juste après
00:59:29Nous avons créé Blast
00:59:31parce que nous avons
00:59:32constaté
00:59:32comme beaucoup de citoyens
00:59:33une défiance croissante
00:59:35à l'égard des médias
00:59:37Cette défiance
00:59:38n'est pas un fantasme
00:59:39Elle est liée
00:59:40à la concentration
00:59:41des médias
00:59:41entre les mains
00:59:42de quelques acteurs économiques
00:59:44à des logiques industrielles
00:59:46qui ne sont pas celles
00:59:47de l'information
00:59:48et aussi à des formes
00:59:50de plus en plus
00:59:51élaborées
00:59:51d'autocensure
00:59:54Je vais d'abord
00:59:55faire une remarque
00:59:57une présentation
00:59:58un peu personnelle
00:59:59Si un type comme moi
01:00:01j'ai 67 ans
01:00:03j'ai été journaliste
01:00:05pendant presque 15 ans
01:00:06à Libération
01:00:08j'ai quitté Libération
01:00:09pour écrire des livres
01:00:11dont les plus connus
01:00:13enfin pas les plus vendus
01:00:15mais les plus connus
01:00:15sont ceux qui concernent
01:00:16l'affaire Clearstream
01:00:17J'ai subi
01:00:19pendant 10 années
01:00:20une procédure judiciaire
01:00:21et j'ai fini par gagner
01:00:22tous mes procès
01:00:24puisque la Cour de cassation
01:00:25a dit que
01:00:26mon enquête
01:00:27bien que décriée
01:00:29était sérieuse
01:00:30de bonne foi
01:00:30et servait l'intérêt général
01:00:31Il y a une
01:00:34jurisprudence
01:00:34de la Cour de cass
01:00:35qui porte mon nom
01:00:36et le nom
01:00:36Clearstream
01:00:37et qui accorde
01:00:38une plus grande liberté
01:00:39aujourd'hui
01:00:39aux journalistes
01:00:41Donc les ennuis judiciaires
01:00:43sont terminés
01:00:43pour moi en 2011
01:00:44et je me suis consacré
01:00:47à l'écriture de livres
01:00:48donc j'ai écrit
01:00:48une trentaine de bouquins
01:00:49des essais
01:00:50des romans
01:00:50à la réalisation
01:00:52de documentaires
01:00:52et j'étais plutôt
01:00:53dans un confort
01:00:54à la fois
01:00:56humain, matériel
01:00:57j'étais heureux
01:00:58d'être sorti
01:00:58de ces galères
01:00:59et c'est pas
01:01:02c'est assez étrange
01:01:04pour quelqu'un
01:01:06aux abords
01:01:07de la soixantaine
01:01:08de se dire
01:01:09je me lance
01:01:10dans le combat
01:01:11journalistique
01:01:12je reviens
01:01:13au journalisme
01:01:14au quotidien
01:01:15alors que
01:01:16j'avais décidé
01:01:17d'arrêter
01:01:17et si je l'ai fait
01:01:19c'est
01:01:19c'est parce que
01:01:22la situation
01:01:23politique
01:01:24et médiatique
01:01:25du pays
01:01:26m'était
01:01:27personnellement
01:01:28insupportable
01:01:28c'est à dire
01:01:29je ne pouvais plus
01:01:30dîner avec des amis
01:01:31ou rencontrer
01:01:32des gens
01:01:33en plein mouvement
01:01:34des gilets jaunes
01:01:34alors que
01:01:38la police
01:01:39et le gouvernement
01:01:41étaient aux abois
01:01:43il y avait
01:01:43tout ce que je considère
01:01:45comme des mensonges
01:01:46médiatiques
01:01:47écrits autour
01:01:48de ces gilets jaunes
01:01:49et c'est ça
01:01:49qui m'a motivé
01:01:51pour refaire
01:01:52du journalisme
01:01:52donc je l'ai fait
01:01:53dans un premier temps
01:01:54on a fait appel à moi
01:01:55pour relever
01:01:56les finances
01:01:57d'un média
01:01:58qui s'appelle
01:01:58le média
01:01:58et puis ensuite
01:02:01j'ai donc
01:02:01avec une dizaine
01:02:03d'amis
01:02:03lancé Blast
01:02:04je fais ce préambule
01:02:06parce que
01:02:06voilà quoi
01:02:07c'est pas
01:02:08c'est pas anodin
01:02:09pour quelqu'un
01:02:10dans une vie
01:02:11de choisir
01:02:12de se remettre
01:02:12au combat
01:02:13on m'a proposé
01:02:14de faire de la politique
01:02:15d'entrer dans des partis
01:02:17j'ai toujours refusé
01:02:18parce que je pense
01:02:18que je suis plus utile
01:02:20à faire ce que je fais
01:02:21en ce moment
01:02:22mais je trouve aussi
01:02:23très utile
01:02:23que vous fassiez
01:02:24ce que vous faites
01:02:24en ce moment
01:02:25c'est à dire
01:02:25qu'on a besoin
01:02:26nous
01:02:27médias indépendants
01:02:27et médias tout court
01:02:28d'être compris
01:02:30et entendu
01:02:30par les politiques
01:02:33donc je reprends mes notes
01:02:35donc Blast
01:02:36a été lancé
01:02:37donc on a donc
01:02:38voulu construire
01:02:39un média
01:02:39qui ne dépend
01:02:40ni d'un milliardaire
01:02:41ni d'un annonceur
01:02:42ni d'aucun pouvoir politique
01:02:43ni d'aucun syndicat
01:02:45Blast a été lancé
01:02:46grâce à une campagne
01:02:47de financement participatif
01:02:49dès le départ
01:02:50ce sont les citoyens
01:02:51qui ont rendu
01:02:53possible son existence
01:02:55Blast est une société
01:02:57coopérative
01:02:58à intérêt collectif
01:02:59on appelle ça
01:03:00une skip
01:03:00et une ESPI
01:03:02une entreprise solidaire
01:03:03de presse indépendante
01:03:05son indépendance
01:03:06est garantie
01:03:07par ses statuts
01:03:08et l'articulation
01:03:09de sa gouvernance
01:03:10en cinq collèges
01:03:12Blast n'offre
01:03:13aucune rémunération
01:03:14à ses sociétaires
01:03:15tout est réinvesti
01:03:17dans l'outil de travail
01:03:19depuis son lancement
01:03:20Blast bénéficie
01:03:21de l'agrément
01:03:22de la commission paritaire
01:03:23des publications
01:03:24et l'agence de presse
01:03:25ce qui atteste
01:03:26que nous répondons
01:03:27aux critères
01:03:28d'un service de presse
01:03:29en proposant un contenu
01:03:30d'intérêt général
01:03:31un travail journalistique
01:03:33et une régularité
01:03:35de publication
01:03:35aujourd'hui
01:03:37Blast
01:03:37c'est 6 118 sociétaires
01:03:40ça c'était au moment
01:03:42de l'assemblée générale
01:03:43de juin dernier
01:03:43aujourd'hui
01:03:44on a dépassé
01:03:45les 7 000
01:03:45Blast
01:03:46c'est à ce jour
01:03:4733 625 abonnés
01:03:50nos abonnés
01:03:51sont un peu
01:03:51notre fer de lance
01:03:54c'est 4 500 dons
01:03:57en moyenne
01:03:58par mois
01:03:59et après
01:04:00si on rentre
01:04:01dans les chiffres
01:04:02des abonnés
01:04:02c'est en l'espace
01:04:04de presque 5 ans
01:04:05c'est 1 640 000
01:04:08abonnés
01:04:08individuels
01:04:09sur Youtube
01:04:12Blast
01:04:13c'est 2 212 vidéos
01:04:16disponibles
01:04:17en accès gratuit
01:04:19sur Youtube
01:04:20et sur notre site
01:04:23qui ont généré
01:04:25456 millions
01:04:28336 364 vues
01:04:30donc je répète
01:04:31456 millions de vues
01:04:32depuis la création
01:04:34de Blast
01:04:35c'est aussi
01:04:36700 000 followers
01:04:37sur Instagram
01:04:38c'est une application
01:04:40gratuite
01:04:40qu'on a créée
01:04:42et financée
01:04:42et qui a
01:04:43aujourd'hui
01:04:44plus de 30 000
01:04:45téléchargements
01:04:48c'est également
01:04:49un site
01:04:50d'information
01:04:51et on a publié
01:04:53depuis notre création
01:04:551764 articles
01:04:56et enquêtes
01:04:58et
01:05:00combien de brèves
01:05:02à peu près
01:05:03600 brèves
01:05:05parce qu'on fait
01:05:06des brèves
01:05:06qui sont
01:05:07des trucs
01:05:09de moins d'un feuillet
01:05:10inédit
01:05:10tous les jours
01:05:11et qu'on diffuse
01:05:13sur les réseaux sociaux
01:05:14et c'est également
01:05:16parce qu'on oublie souvent
01:05:17435 podcasts
01:05:19originaux
01:05:20depuis la création
01:05:22donc aujourd'hui
01:05:24en termes de
01:05:24en termes de
01:05:26de personnes
01:05:27qui y travaillent
01:05:28il y a plus de
01:05:2940
01:05:31équivalents
01:05:32temps plein
01:05:34et je
01:05:35je crois
01:05:36que le mois dernier
01:05:37on a fait 102
01:05:38fiches de salaire
01:05:39donc quand il y a
01:05:40les équivalents
01:05:41temps plein
01:05:41donc
01:05:41et également
01:05:43des chroniqueurs
01:05:44qui sont payés
01:05:44en droit d'auteur
01:05:45il y a beaucoup
01:05:46d'intermittents
01:05:47et il y a des
01:05:48pigistes occasionnels
01:05:51nos contenus
01:05:52sont accessibles
01:05:53à toutes
01:05:53et tous
01:05:54parce que nous
01:05:54considérons que
01:05:55l'accès
01:05:56à une information
01:05:57libre
01:05:57indépendante
01:05:58sérieuse
01:05:59et rigoureuse
01:05:59ne doit pas être
01:06:01réservé à celles
01:06:02et ceux
01:06:02qui peuvent payer
01:06:05et cette idée
01:06:07qui génère
01:06:08une économie
01:06:09du don
01:06:09est souvent
01:06:10compliquée à comprendre
01:06:11pour les gens
01:06:12qui ne sont pas
01:06:12à l'intérieur
01:06:13de la machine
01:06:13comme moi
01:06:14par ailleurs
01:06:15nous assumons
01:06:16un modèle
01:06:16de responsabilité
01:06:17collective
01:06:18ceux qui veulent
01:06:19que cette information
01:06:20existe
01:06:20s'abonnent
01:06:21ou font des dons
01:06:22pour permettre
01:06:23précisément
01:06:24qu'elle reste
01:06:25accessible
01:06:26à tout le monde
01:06:26c'est à dire
01:06:27les gens
01:06:27qui adhèrent
01:06:28à Blast
01:06:28ou ils font des dons
01:06:29ils le font
01:06:30justement pour ça
01:06:31donc c'est un acte
01:06:32un acte généreux
01:06:33quand je suis allé
01:06:35après le crowdfunding
01:06:37voir un banquier
01:06:39pour obtenir un prêt
01:06:40que je n'ai jamais obtenu
01:06:41on a obtenu zéro prêt
01:06:42de personne
01:06:42le banquier
01:06:43n'arrivait même pas
01:06:44à imaginer
01:06:45que ça puisse exister
01:06:46et tout le monde
01:06:47nous prévoyait
01:06:48qu'on se plante
01:06:49au bout de
01:06:51quelques mois
01:06:53et même moi
01:06:54aujourd'hui
01:06:54je suis surpris
01:06:55de notre succès
01:06:56qui est assez fulgurant
01:06:57et qui fait
01:06:57qu'on reste fragile
01:06:59mais quand même
01:07:00cette économie
01:07:01fonctionne
01:07:01et je pourrais
01:07:02m'en expliquer
01:07:02par ailleurs
01:07:03avec des chiffres
01:07:04nous avons donc pu
01:07:08par ailleurs
01:07:09nous assumons
01:07:09un modèle
01:07:10de responsabilité
01:07:11collective
01:07:11comme je vous l'ai dit
01:07:12et nous avons pu
01:07:13bénéficier
01:07:14au démarrage
01:07:15du dispositif
01:07:17d'aide
01:07:17CNC Talent
01:07:18en 2022
01:07:19et 2023
01:07:20qui nous a bien aidé
01:07:22mais depuis
01:07:23trois ans
01:07:24aucune
01:07:25de nos demandes
01:07:26n'a été acceptée
01:07:30ça reste
01:07:31enfin c'est
01:07:32ce qu'on peut noter
01:07:33mais ça reste
01:07:33assez inexplicable
01:07:34parce qu'il n'y a pas
01:07:35eu d'explication
01:07:36sur tout ça
01:07:36mais on sent bien
01:07:37qu'il y a une sorte
01:07:38de bouillonnement
01:07:39politique derrière tout ça
01:07:41en tout cas
01:07:41on n'est plus aidé
01:07:42concernant l'aide
01:07:43au pluralisme
01:07:44nous en bénéficions
01:07:45depuis quatre ans
01:07:46en 2025
01:07:47elle a représenté
01:07:48moins de 10%
01:07:49de notre produit
01:07:50d'exploitation
01:07:52moins de 10%
01:07:53parce que j'ai vu
01:07:54qu'on était
01:07:54parfois attaqué
01:07:56sur le mode
01:07:57oui
01:07:57vous touchez
01:07:58des subventions
01:07:59d'État
01:07:59donc vous n'êtes pas
01:08:00indépendant
01:08:01c'est 10%
01:08:01c'est 300 000 balles
01:08:03sur 4 millions
01:08:04de chiffres
01:08:05ces aides publiques
01:08:07ont été
01:08:07et sont toujours
01:08:08très précieuses
01:08:09pour nous-mêmes
01:08:10et aujourd'hui
01:08:11notre modèle repose
01:08:12mais notre modèle
01:08:13aujourd'hui repose
01:08:14très largement
01:08:15sur nos abonnés
01:08:16nos donateurs
01:08:16et nos sociétaires
01:08:17nous faisons du journalisme
01:08:19rigoureux
01:08:20et exigeant
01:08:21dans le respect
01:08:21de la loi de 1881
01:08:23c'est-à-dire
01:08:24des vérifications
01:08:25des recoupements
01:08:26une documentation
01:08:28le respect strict
01:08:29du contradictoire
01:08:31moi souvent
01:08:32quand il y a des jeunes
01:08:33journalistes
01:08:33ou des gens
01:08:34qui débarquent
01:08:34je leur dis
01:08:34la première chose
01:08:35qu'on fait
01:08:35quand on va à une enquête
01:08:36on va voir
01:08:37la personne
01:08:38qu'on met en cause
01:08:39on est mu
01:08:40par aucune haine
01:08:41aucune volonté
01:08:42d'en découdre
01:08:43etc
01:08:43et surtout
01:08:44on leur demande
01:08:46ce qu'ils pensent
01:08:47de ce qu'on fait
01:08:47après ils répondent
01:08:48ou pas
01:08:48mais c'est sans doute
01:08:50la première des règles
01:08:51c'est le respect
01:08:52du contradictoire
01:08:54et donc
01:08:54on a une responsabilité
01:08:57juridique
01:08:57pleine
01:08:58et entière
01:08:58je dois dire
01:08:59à ce propos
01:09:00mais je pourrais y revenir
01:09:01et détailler
01:09:01si vous le souhaitez
01:09:02qu'on est l'objet
01:09:04de
01:09:05aujourd'hui
01:09:06il faudrait que je
01:09:07notre avocat
01:09:08il y a 14 procédures
01:09:10judiciaires
01:09:10en diffamation
01:09:11contre nous
01:09:12à ce jour
01:09:13on n'en a pas perdu
01:09:14on en a même gagné
01:09:15contre Bernard-Henri Lévy
01:09:17par exemple
01:09:17qu'on avait accusé
01:09:19dans un article
01:09:19très documenté
01:09:20d'avoir
01:09:23été le réceptionnaire
01:09:24d'une subvention
01:09:25de 9 millions d'euros
01:09:26du Qatar
01:09:26il a hurlé
01:09:28au mensonge
01:09:29à la calomnie
01:09:29il nous a attaqué
01:09:30en première instance
01:09:31il a perdu
01:09:32en appel
01:09:32il a perdu
01:09:33en cassation
01:09:35il a promis
01:09:35qu'il y allait
01:09:36il n'y est pas allé
01:09:37il s'est dégonflé
01:09:38et cette information
01:09:40une parmi d'autres
01:09:41en fait
01:09:41a été très peu reprise
01:09:43et même pas du tout reprise
01:09:44par les médias
01:09:45même l'AFP
01:09:45n'en a pas fait une dépêche
01:09:46et pourtant
01:09:48c'est des combats
01:09:49qu'on mène au quotidien
01:09:50contre ces procédures
01:09:51Bayon
01:09:54donc Blast est né
01:09:55dans le numérique
01:09:56Youtube et les réseaux
01:09:57sont indispensables
01:09:58à notre développement
01:09:59à notre visibilité
01:10:00et à la viralité
01:10:01de nos contenus
01:10:02ils jouent un rôle
01:10:03de vitrine
01:10:04et nous permettent
01:10:05d'aller chercher
01:10:05des publics très larges
01:10:06et de les amener
01:10:07vers notre site
01:10:08de presse en ligne
01:10:09et donc vers l'abonnement
01:10:10nos contenus
01:10:11ne sont pas monétisés
01:10:13sur ces plateformes
01:10:14on ne touche pas
01:10:15instanti
01:10:16de Youtube
01:10:17aucune publicité
01:10:18non plus
01:10:19on n'a pas de régie
01:10:20même si un jour
01:10:21peut-être on y viendra
01:10:22mais pour l'instant
01:10:22on n'a pas touché
01:10:24un centime
01:10:24de publicité
01:10:25cette dimension numérique
01:10:27crée une dépendance
01:10:29au GAFAM
01:10:29qu'il faut appréhender
01:10:31avec lucidité
01:10:31pour y répondre
01:10:32nous avons fait des choix
01:10:33tous nos contenus
01:10:34sont accessibles
01:10:35gratuitement
01:10:36sur notre site
01:10:37de presse
01:10:38blast-info.fr
01:10:39ils sont disponibles
01:10:41sur notre application
01:10:42gratuite
01:10:43et diffusés aussi
01:10:44sur des plateformes
01:10:45indépendantes
01:10:46comme Mastodon
01:10:46et Pirtube
01:10:47n'ayant pas de paywall
01:10:49sur notre site
01:10:50de presse en ligne
01:10:51nous devons créer
01:10:52de l'engagement
01:10:53auprès de notre audience
01:10:53nous travaillons activement
01:10:55à cet engagement
01:10:56via des newsletters
01:10:57via des partenariats
01:10:59avec d'autres médias
01:11:00dont Street Press
01:11:01qui est ici
01:11:01via des festivals
01:11:03des projections
01:11:04des débats
01:11:04notre public
01:11:06est transgénérationnel
01:11:07ceux qui s'abonnent
01:11:08ont aujourd'hui
01:11:09entre 35 et 65 ans
01:11:11mais il est essentiel
01:11:12de parler aussi
01:11:13aux plus jeunes
01:11:14et nous devons
01:11:15nous adapter
01:11:16à leur comportement
01:11:17et aller là
01:11:18où ils sont
01:11:18il y a plusieurs journalistes
01:11:20à Blas
01:11:20qui ont moins de 25 ans
01:11:22et nous adaptons
01:11:23et on a un public
01:11:24très jeune aussi
01:11:25qui nous écrit
01:11:26mais qui nous finance
01:11:27assez peu
01:11:28mais ils sont fauchés
01:11:29c'est assez normal
01:11:31et nous adaptons
01:11:32nos formats
01:11:32pour les réseaux sociaux
01:11:33sans jamais renoncer
01:11:34à notre exigence
01:11:35il y a là
01:11:36un enjeu majeur
01:11:37d'éducation
01:11:38à l'information
01:11:38pour le public
01:11:39plus jeune
01:11:40la zone grise
01:11:41puisque c'est le terme
01:11:42de votre commission
01:11:43d'enquête
01:11:44on pourra en parler
01:11:45tout à l'heure
01:11:45elle n'est pas
01:11:46le fait de Blast
01:11:48ou des médias indépendants
01:11:49parce que nous
01:11:50on respecte
01:11:51les règles du journalisme
01:11:53on fait d'abord
01:11:53du journalisme
01:11:54donc on est
01:11:55des combattants
01:11:56des zones grises
01:11:59cette zone grise
01:12:00elle est plutôt
01:12:01dans la désinformation
01:12:02dans des contenus
01:12:03non vérifiés
01:12:03dans des productions
01:12:05automatisées
01:12:05et dans certains
01:12:06dispositifs
01:12:07d'influence
01:12:08d'influenceurs
01:12:09et de militants politiques
01:12:10je pourrais m'en expliquer
01:12:11assez facilement
01:12:12et c'est là
01:12:13qu'il y a un vrai
01:12:13danger démocratique
01:12:14le sujet
01:12:15n'est pas seulement
01:12:16dérugulé
01:12:16c'est de restaurer
01:12:17la confiance
01:12:18et cette confiance
01:12:19passe par l'indépendance
01:12:20réelle des médias
01:12:22la transparence
01:12:23et un lien direct
01:12:24avec le public
01:12:25aujourd'hui
01:12:26c'est un combat
01:12:27que nous menons
01:12:28à Blast
01:12:28au quotidien
01:12:29votre média
01:12:31fait l'objet
01:12:32de plusieurs plaintes
01:12:33au conseil
01:12:34de déontologie
01:12:34journalistique
01:12:35et de médiation
01:12:37il y a un fait
01:12:39assez regrettable
01:12:41qui a été
01:12:43celui
01:12:43de l'affaire
01:12:44de la vidéo
01:12:45de notre collègue
01:12:46vice-président
01:12:47du Sénat
01:12:47Pierre Ouzoulias
01:12:49l'instance
01:12:50alors j'ai l'avis
01:12:51là il a été rendu
01:12:52mais vous l'avez
01:12:52aussi lu
01:12:53puisqu'il a été
01:12:54public
01:12:54le 24 mars
01:12:56dernier
01:12:57l'instance estime
01:12:58qu'il a été caractérisé
01:12:59à la fois
01:13:00l'atteinte
01:13:01à la dignité
01:13:01humaine
01:13:03l'atteinte
01:13:04manifeste
01:13:04à l'exigence
01:13:05d'exactitude
01:13:06et de véracité
01:13:09l'accusation
01:13:10calomnieuse
01:13:12en l'occurrence
01:13:13ce qui a été fait
01:13:14l'absence
01:13:14d'offres
01:13:15de répliques
01:13:15vous parliez
01:13:16beaucoup de contradictoires
01:13:17on va y revenir
01:13:18l'atteinte
01:13:19à la vie privée
01:13:20ainsi que l'absence
01:13:21de mention
01:13:21de cause
01:13:22de faits relatés
01:13:22en l'occurrence
01:13:23la maladie
01:13:25de notre collègue
01:13:26puisque
01:13:26notre collègue
01:13:28a dû
01:13:28vous le savez
01:13:30faire paraître
01:13:31un communiqué
01:13:32de presse
01:13:32pour dire
01:13:32qu'il était
01:13:33atteint
01:13:34d'une maladie
01:13:35génétique
01:13:36cette appréciation
01:13:37du CDJM
01:13:38vous le savez
01:13:38très bien
01:13:39s'appuie sur
01:13:40des textes
01:13:40déontologiques
01:13:41très connus
01:13:41sur des chartes
01:13:43que vous connaissez
01:13:43également
01:13:44les trois chartes
01:13:44et la déclaration
01:13:45des droits et devoirs
01:13:46des journalistes
01:13:46de Munich
01:13:47ma première question
01:13:49est-ce que c'est cela
01:13:50votre conception
01:13:51de la déontologie
01:13:53ma deuxième question
01:13:54est-ce que la vidéo
01:13:55est toujours en ligne
01:13:57si tel est le cas
01:13:58avez-vous l'intention
01:13:59de la retirer
01:14:01et enfin
01:14:02quelles étaient
01:14:04finalement
01:14:04vos intentions
01:14:05en faisant
01:14:06cela
01:14:09je vous remercie
01:14:10de me donner
01:14:10l'occasion
01:14:11de m'exprimer
01:14:11sur ce sujet
01:14:12et je termine
01:14:13je termine
01:14:14puisque vous parliez
01:14:14du contradictoire
01:14:15disant que
01:14:16vous respectiez
01:14:17le contradictoire
01:14:18je pense que
01:14:20à ce jour
01:14:21ni Frontière
01:14:23ni le journaliste
01:14:24monsieur
01:14:26Skorokian
01:14:27c'est ça
01:14:28Skorokian
01:14:29Skorokian
01:14:29pardonnez-moi
01:14:31d'avoir
01:14:32nous informé
01:14:33leur lecteur
01:14:34du communiqué
01:14:35de presse
01:14:35de monsieur
01:14:36Ouzoulias
01:14:36informant de sa maladie
01:14:38justement
01:14:38et que
01:14:40voilà
01:14:40c'était aussi
01:14:41
01:14:42forcément
01:14:43ce qui avait
01:14:44provoqué
01:14:45en tout cas
01:14:45son malaise
01:14:46au plateau
01:14:48je vous écoute
01:14:50alors
01:14:51comme dans
01:14:52effectivement
01:14:53beaucoup de médias
01:14:54aujourd'hui en France
01:14:55il peut y avoir
01:14:55des erreurs
01:14:56et effectivement
01:14:57la publication
01:14:58de cette vidéo
01:14:59de monsieur
01:15:00Ouzoulias
01:15:01qui n'était pas
01:15:02une fausse vidéo
01:15:03mais qui aurait dû
01:15:04évidemment
01:15:04faire l'objet
01:15:05d'abord
01:15:06d'une question
01:15:07au moins au Sénat
01:15:08était une erreur
01:15:09et cette vidéo
01:15:10a depuis été supprimée
01:15:12je ne crois pas monsieur
01:15:14êtes-vous sûr ?
01:15:15oui je suis sûr
01:15:15il faudrait bien qu'on vérifie
01:15:16si sur le site de Frontières
01:15:19la vidéo est toujours en ligne
01:15:20c'est sur les réseaux sociaux
01:15:22qu'elle a été publiée
01:15:22donc celle-là
01:15:24elle a été supprimée
01:15:25sur ma demande
01:15:26la vidéo de monsieur
01:15:28Ouzoulias
01:15:29c'était une erreur
01:15:30et on a essayé
01:15:31de comprendre
01:15:32comment ça s'est passé
01:15:33c'est-à-dire que nous
01:15:34il y a une différence aussi
01:15:35entre ce qui peut être publié
01:15:37sur les réseaux sociaux
01:15:38et ce qui peut être publié
01:15:38sur le magazine
01:15:39donc typiquement
01:15:40notre rédacteur en chef
01:15:42qui est chargé des enquêtes
01:15:43de Jules Laurent
01:15:43n'est pas forcément
01:15:44sur ce type de sujet
01:15:46de la vidéo
01:15:46donc la première chose
01:15:47que nous avons mis en place
01:15:48en procès
01:15:49c'est de dire
01:15:49le jour où il y a
01:15:50ce type de vidéo
01:15:52à publier
01:15:53vous devez en informer
01:15:54Jules Laurent
01:15:55c'est la raison pour laquelle
01:15:56nous avons également
01:15:58continué à mettre en avant
01:15:59différents journalistes
01:16:00de chez nous
01:16:00pour responsabiliser
01:16:01un maximum de personnes
01:16:03donc ça c'est le
01:16:04c'est le premier point
01:16:05qui a été mis en place
01:16:05le deuxième point
01:16:07c'est que
01:16:09pour essayer de comprendre
01:16:10ce qui a pu se passer
01:16:10puisqu'on essaie de comprendre
01:16:12je pense qu'il y a eu
01:16:13de la part
01:16:14du journaliste de chez nous
01:16:16qui a publié cette vidéo
01:16:17l'idée de se dire
01:16:19que ça avait été supprimé
01:16:20par le Sénat
01:16:21et donc qu'ils allaient
01:16:22la publier
01:16:22il y a une différence
01:16:23entre la publication
01:16:25encore une fois
01:16:26que je regrette
01:16:28de cette vidéo
01:16:28parce que j'en assure
01:16:29la totale responsabilité
01:16:30sur les réseaux sociaux
01:16:32de frontières
01:16:33mais qui a été faite
01:16:34dans un cadre factuel
01:16:35et l'analyse
01:16:37qui en a été faite
01:16:37par un journaliste
01:16:38dans un cadre individuel
01:16:40c'est-à-dire dans un cadre factuel
01:16:42il a été décrit quelque chose
01:16:43qui s'est avéré vrai
01:16:45et je pense que
01:16:45l'erreur
01:16:46de la part
01:16:48des journalistes
01:16:49de la rédaction
01:16:49qui ont publié cette vidéo
01:16:50et la mienne de facto
01:16:52c'est de ne pas avoir su
01:16:54prendre en compte
01:16:55la portée
01:16:56de ce que ça pouvait avoir
01:16:57et d'autant plus
01:16:58que nous avions
01:16:59à l'époque
01:16:59un journaliste
01:17:00dans la rédaction
01:17:00qui avait exactement
01:17:01la même maladie
01:17:02donc c'est-à-dire
01:17:02que ça a évidemment
01:17:03touché la rédaction
01:17:04et je le regrette
01:17:05et nous avons mis en place
01:17:06un certain nombre de choses
01:17:07je rappelle effectivement
01:17:08que BFM TV
01:17:09avait également
01:17:10fait la même chose
01:17:11et qu'effectivement
01:17:12on se retrouve aujourd'hui
01:17:13et je pense que c'est
01:17:14un vrai sujet
01:17:15c'est qu'il peut y avoir
01:17:17évidemment des erreurs
01:17:17qui sont faites
01:17:18et vous savez
01:17:18on les vit également
01:17:20par à travers
01:17:20un certain nombre
01:17:21de diffamations
01:17:21qui peuvent être faites
01:17:22contre nous
01:17:22et qui ne sont
01:17:23jamais corrigées
01:17:25alors effectivement
01:17:26la vidéo est retirée
01:17:28mais l'info est en ligne
01:17:28on vient de me donner
01:17:29la capture d'écran
01:17:30avec une photo
01:17:32de notre collègue
01:17:34et forcément
01:17:35une mention
01:17:36aussi
01:17:37de ce qui s'est passé
01:17:38je précise
01:17:39que sur le site
01:17:40effectivement
01:17:41il y a bien
01:17:41la capture d'écran
01:17:43à aucun moment
01:17:44vous ne indiquez
01:17:45que c'est le
01:17:47résultat
01:17:48de la maladie génétique
01:17:49voilà
01:17:49le contradictoire
01:17:51par contre
01:17:51vous précisez bien
01:17:52que quand même
01:17:53Pierre Ouzouia
01:17:53c'est un fervent défenseur
01:17:54de la taxe Zuckmann
01:17:55il a ouvertement soutenu
01:17:56cette mesure qualifiée
01:17:57d'INIC par ses détracteurs
01:17:58ce qui n'est pas
01:17:59en lien direct
01:18:00me semble-t-il
01:18:01avec la capture d'écran
01:18:03est-ce que vous pouvez
01:18:04vous engager
01:18:05à retirer cette photo
01:18:05et cette annonce
01:18:06oui bien entendu
01:18:07parce que ça continue
01:18:08à avoir des millions
01:18:09de vues
01:18:09aujourd'hui on est rendu
01:18:10à 5 millions de vues
01:18:11est-ce que vous trouvez
01:18:12que déontologiquement
01:18:15déontologiquement
01:18:15je vous pose la question
01:18:16parce que vous avez fait
01:18:17un grand exposé
01:18:17magnifique
01:18:18sur les règles de déontologie
01:18:20du journalisme
01:18:20du contradictoire
01:18:21et de la vérification
01:18:23des sources
01:18:24avec vos reportages
01:18:26est-ce que vous trouvez
01:18:27qu'aujourd'hui
01:18:28vous êtes cohérent
01:18:30en laissant ça
01:18:31en ayant fait ça
01:18:32en n'ayant pas
01:18:34adressé
01:18:34une quelconque excuse
01:18:36ni fait amende honorable
01:18:37à notre collègue vice-président
01:18:39et pour continuer
01:18:40à faire apparaître ça
01:18:41sur le site de frontière
01:18:42alors pour vous répondre
01:18:44très précisément
01:18:44je vous ai dit
01:18:45que j'avais demandé
01:18:46à ce que cette vidéo
01:18:47soit supprimée
01:18:47notre site internet
01:18:49c'est un des sites internet
01:18:51les moins lus
01:18:52aujourd'hui de France
01:18:53nous n'investissons pas
01:18:54dans notre site internet
01:18:55donc je suis navré
01:18:56qu'en effet
01:18:57ça n'ait pas été enlevé
01:18:58mais ça ne fait pas de vue
01:18:59je pense que c'est ce qui
01:19:00intéresse votre commission
01:19:01aujourd'hui
01:19:02c'est un aspect important
01:19:02de comprendre là où
01:19:03effectivement il y a de l'impact
01:19:04c'est à dire que
01:19:05la majorité des vues
01:19:06ont été faites sur Instagram
01:19:07sur Twitter
01:19:08sur Facebook
01:19:08sur Youtube
01:19:09c'était l'élément
01:19:10le plus important
01:19:10à une époque
01:19:11les élus de la République
01:19:13pouvaient vouloir regarder
01:19:15que les sites internet
01:19:16et ne regarder pas
01:19:17les réseaux sociaux
01:19:17aujourd'hui
01:19:19c'était sur les réseaux sociaux
01:19:20que c'était le plus important
01:19:22de pouvoir
01:19:22comment dire
01:19:23les supprimer
01:19:24donc ça
01:19:24ça nous l'avons évidemment fait
01:19:26et ça a été corrigé
01:19:27de l'autre côté
01:19:28je vous avoue
01:19:29qu'à titre personnel
01:19:31j'avais plus de problématiques
01:19:32d'échanger avec monsieur Zoulias
01:19:35quand ensuite
01:19:36il est allé sur France Info
01:19:37et qu'il a dit
01:19:38ces gens là demain
01:19:39seront dans les Miradors
01:19:40à surveiller les camps
01:19:41dans lesquels
01:19:41ils me mettront
01:19:43c'est à dire que
01:19:44je peux reconnaître
01:19:45une erreur
01:19:46sans espèce de problème
01:19:47et je l'ai fait depuis le début
01:19:48c'est pas une erreur
01:19:49dans le même temps
01:19:50je ne vais pas forcément
01:19:51c'est pas une erreur
01:19:52je ne vais pas me laisser
01:19:53c'est pas une erreur
01:19:53dans ce cas là
01:19:54je vais
01:19:54c'est une faute
01:19:58je
01:19:58je pense qu'il y a
01:19:59un problème
01:20:00c'est ma conviction
01:20:01il y a un problème
01:20:02il y a un danger
01:20:03aujourd'hui
01:20:03dans ce pays
01:20:04c'est qu'on va qualifier
01:20:06très facilement
01:20:06des journalistes
01:20:07de nazis
01:20:08et c'est ce qui a été fait
01:20:10après sur France Info TV
01:20:12et que
01:20:13chacun peut reconnaître
01:20:14ses erreurs
01:20:15mais c'est pas parce que
01:20:16quelqu'un reconnaît
01:20:17une erreur
01:20:18et commet une erreur
01:20:18que de l'autre côté
01:20:19on peut en faire
01:20:20et le fait de se faire
01:20:21traiter de nazis
01:20:23sur une chaîne d'info publique
01:20:24ça met mes journalistes
01:20:26nous n'avons pas cité
01:20:27France Info
01:20:27par contre nous avons cité
01:20:28le CDJM
01:20:29le conseil de déontologie
01:20:30journalistique et de médiation
01:20:32qui dit clairement
01:20:32qu'au regard des règles
01:20:35déontologiques journalistiques
01:20:36vous avez commis une faute
01:20:37sur ce reportage
01:20:40enfin sur ces images
01:20:42que vous avez diffusées
01:20:43et ce qu'on constate
01:20:44c'est qu'elles sont toujours
01:20:45sur le site
01:20:45même si vous nous dites
01:20:46qu'il y a moins d'audience
01:20:47sur le site
01:20:48que sur les réseaux sociaux
01:20:48il n'empêche
01:20:49que votre site
01:20:49avec votre identité
01:20:51clairement affichée
01:20:54Et pour commenter
01:20:55cette audition
01:20:55j'accueille en salle
01:20:56des conférences
01:20:56Pierre Ouzulia
01:20:57bonjour
01:20:57Sénateur communiste
01:20:59des Hauts-de-Seine
01:21:00vice-président du Sénat
01:21:02vous receviez donc
01:21:03les représentants
01:21:04de nouveaux médias
01:21:05en ligne
01:21:05Blast et Frontières
01:21:07que dire de ces acteurs
01:21:08de l'information
01:21:09de ces nouvelles plateformes
01:21:10est-ce que vous diriez
01:21:10qu'ils font planer
01:21:12de nouveaux risques
01:21:12notamment sur la lisibilité
01:21:14du débat public ?
01:21:16Bien sûr
01:21:16alors je ne fais pas partie
01:21:17de la commission d'enquête
01:21:19mais je l'ai suivi
01:21:20avec attention
01:21:21parce qu'on sent bien
01:21:22qu'il y a des nouveaux médias
01:21:24en ligne
01:21:25qui aujourd'hui
01:21:26prennent une part
01:21:28non négligeable
01:21:29du marché
01:21:30de l'information
01:21:32certains ont un rôle
01:21:34pédagogique
01:21:35tout à fait essentiel
01:21:36et très intéressant
01:21:36qui vient en complément
01:21:38de ce que vous faites
01:21:39On l'avait vu
01:21:40avec Hugo Décrypte
01:21:41par exemple
01:21:42c'est ça
01:21:43avec une façon renouvelée
01:21:47très courte
01:21:48et parfois
01:21:49c'est un défaut
01:21:50et il y a d'autres médias
01:21:53qui utilisent
01:21:54cette espèce
01:21:55de zone
01:21:55de non-droit
01:21:56de l'actualité
01:21:58pour ne respecter
01:22:00aucune des règles
01:22:01de déontologie
01:22:02propre au métier
01:22:03du journalisme
01:22:04C'est ça
01:22:04les zones grises
01:22:05de l'information
01:22:06et que l'on comprenne bien
01:22:07alors vous dites
01:22:08vous n'êtes pas
01:22:08dans la commission d'enquête
01:22:08vous êtes dans la commission
01:22:09de la culture
01:22:09mais qu'est-ce qu'on peut
01:22:10attendre de cette commission
01:22:11d'enquête
01:22:12c'est qu'elle revoit
01:22:12le cadre légal
01:22:14notamment qui s'applique
01:22:14à ces plateformes
01:22:15d'information
01:22:15Alors le cadre légal
01:22:17c'est compliqué
01:22:17c'est compliqué
01:22:20parce que
01:22:21en France
01:22:22la liberté
01:22:23de la Bresse
01:22:24c'est un des fondements
01:22:25de l'état de droit
01:22:27et de notre
01:22:28république
01:22:29mais après
01:22:30on ne peut pas accepter
01:22:31que des médias
01:22:33et j'en étais
01:22:34la victime
01:22:35on en parlera
01:22:35après
01:22:36puissent
01:22:37de façon
01:22:40manifeste
01:22:41volontaire
01:22:42tout en l'accent
01:22:44considérer
01:22:44qu'il y a un certain
01:22:45nombre de règles
01:22:47déontologiques
01:22:47liées au métier
01:22:49mais liées tout simplement
01:22:50au respect
01:22:51de la dignité humaine
01:22:53et on ne peut pas
01:22:53accepter
01:22:54que ces médias
01:22:55le fassent
01:22:56sans qu'il n'y ait
01:22:57aucune mesure
01:22:58possible contre eux
01:22:59On va y revenir
01:23:00mais précisément
01:23:01sur ce qui vous est arrivé
01:23:02mais parlons
01:23:03plus généralement
01:23:03de l'audition
01:23:04d'Eric Tegner
01:23:05le fondateur
01:23:06du média
01:23:06d'extrême droite
01:23:07frontière
01:23:08il a dit
01:23:08on veut nous interdire
01:23:10je pense
01:23:10parce qu'on montre
01:23:11ce que les autres
01:23:12ne veulent pas
01:23:12qu'on montre
01:23:13et il défend
01:23:14ses enquêtes
01:23:15sur le fond
01:23:15il a montré
01:23:16les magazines
01:23:17qu'il dit
01:23:17étayés
01:23:18sur l'immigration
01:23:19les dangers
01:23:20de l'extrême gauche
01:23:20qu'est-ce que vous lui répondez
01:23:22c'est l'ambition
01:23:22de cette commission d'enquête
01:23:23c'est de faire interdire
01:23:24certains médias
01:23:24Écoutez
01:23:25c'est un discours
01:23:26qu'on entend toujours
01:23:27et notamment
01:23:28aux Etats-Unis
01:23:30en ce moment
01:23:31dans tous les petits
01:23:32milieux
01:23:33néo-fascisants
01:23:34qui gravitent
01:23:36autour de Trump
01:23:37quand
01:23:39on leur
01:23:39on leur
01:23:40reproche
01:23:41de ne pas faire
01:23:41leur travail
01:23:42correctement
01:23:43c'est-à-dire
01:23:44dans un cadre
01:23:45contradictoire
01:23:46en apportant
01:23:47les sources
01:23:48de leurs informations
01:23:49nous sommes responsables
01:23:51de leur censure
01:23:53dire
01:23:54à un journaliste
01:23:55qui ne respecte pas
01:23:57les règles déontologiques
01:23:58de son métier
01:23:59qui ne fait pas bien son métier
01:24:00ce n'est pas de la censure
01:24:01c'est prendre acte
01:24:03d'une dérive
01:24:04et qui est une dérive
01:24:06qui me fait penser
01:24:07à celle de la France
01:24:08des années 30
01:24:09Allons sur le point
01:24:10le plus tendu
01:24:11de l'audition
01:24:11c'est donc Frontière
01:24:12qui a diffusé
01:24:13des images de vous
01:24:14qui avez été malade
01:24:15un soir
01:24:15où vous présidiez
01:24:16la séance au Sénat
01:24:17est-ce cela
01:24:18votre conception
01:24:18de la déontologie
01:24:19a demandé
01:24:20la sénatrice
01:24:21socialiste Sylvie Robert
01:24:22visiblement animée
01:24:23d'une colère froide
01:24:24en audition
01:24:25Eric Tegner
01:24:26qui a reconnu une erreur
01:24:27mais plus tard ajouté
01:24:28il y a un problème
01:24:29il y a un danger
01:24:29aujourd'hui dans ce pays
01:24:30c'est qu'on va qualifier
01:24:31très facilement
01:24:32des journalistes
01:24:33de nazis
01:24:33c'était ça
01:24:34sa ligne de défense
01:24:36qu'est-ce que vous lui répondez
01:24:37là encore ?
01:24:37j'attends toujours
01:24:39ces excuses
01:24:40que je n'ai pas obtenues
01:24:42j'attends toujours
01:24:43qu'il publie sur son site
01:24:44le communiqué
01:24:46que j'ai publié
01:24:47dès le lendemain
01:24:48en expliquant
01:24:48pourquoi j'avais été malade
01:24:49vous êtes attendu
01:24:51une maladie génétique
01:24:52tout à fait
01:24:52et là on sent très bien
01:24:55que ce qui était visé
01:24:56c'était ma dignité humaine
01:24:58et après
01:24:58je ne suis pas né
01:24:59il faut en politique
01:25:00mais ce monsieur
01:25:03voulait absolument
01:25:05se faire
01:25:06un sénateur communiste
01:25:07je l'ai compris comme ça
01:25:10je suis un peu sensible
01:25:11à la chose
01:25:12une partie de ma famille
01:25:13n'est pas revenue
01:25:14des camps de concentration
01:25:15et quand je l'écoute
01:25:17je sens
01:25:18une forme
01:25:19de haine
01:25:20qui me fait très peur
01:25:21parce que je sens
01:25:22que si ces personnes-là
01:25:23prenaient le pouvoir
01:25:23je pourrais
01:25:25malheureusement
01:25:25comme certains de mes aïeux
01:25:27me retrouver dans les camps
01:25:28donc aujourd'hui
01:25:29est-ce que
01:25:30vous dites
01:25:30Journal Frontier
01:25:31pose problème
01:25:32en matière de déontologie
01:25:33journalistique
01:25:34vous avez commencé à le dire
01:25:34mais notamment parce qu'ils ont
01:25:36aussi été pointés
01:25:37par le conseil
01:25:37de déontologie journalistique
01:25:40sur ce qui s'est passé
01:25:42humilier l'élu concerné
01:25:44n'apporter aucune information
01:25:45d'intérêt public
01:25:46dans ces cas-là
01:25:47il faut qu'il y ait comme ça
01:25:47une régulation
01:25:48de ce type de médias
01:25:49écoutez
01:25:49dans l'accident qui m'est arrivé
01:25:51il y a au moins
01:25:52un point bénéfique
01:25:54c'est que
01:25:55la totalité
01:25:56des médias
01:25:58respectueux
01:25:59de la déontologie
01:25:59m'ont envoyé
01:26:00des messages
01:26:01de solidarité
01:26:02et de soutien
01:26:03donc ce monsieur
01:26:04il est seul
01:26:05il est seul aujourd'hui
01:26:07à pratiquer
01:26:08un journalisme
01:26:09que je qualifierais
01:26:11de charognard
01:26:12c'est un journalisme
01:26:14vautour
01:26:14ce qu'ils aiment
01:26:16c'est
01:26:17de lancer
01:26:18leur flèche
01:26:19sur des personnes
01:26:20qui sont en difficulté
01:26:21à un moment donné
01:26:23je voulais vous interroger
01:26:24sur un autre sujet
01:26:25la maison d'édition
01:26:26Grasset
01:26:26qui est dans la tourmente
01:26:27après le limogé
01:26:28d'Olivier Nora
01:26:28une centaine d'auteurs
01:26:30dont Virginie Despentes
01:26:31Bernard-Henri Lévy
01:26:32Frédéric Bagbedé
01:26:33Laura Adler
01:26:34Vanessa Springora
01:26:35tous ont annoncé
01:26:37cette nuit
01:26:37quitter la maison d'édition
01:26:38qu'est-ce qui se joue
01:26:39avec ce départ ?
01:26:40c'est une fronte
01:26:41contre Vincent Bolloré
01:26:42je pense que
01:26:43ça n'est jamais arrivé
01:26:45dans l'histoire
01:26:46de l'édition française
01:26:47que plus de 100 auteurs
01:26:49aujourd'hui
01:26:50partent collectivement
01:26:52d'une maison d'édition
01:26:53parce qu'ils estiment
01:26:55qu'il y a une forme
01:26:55de remise au pas
01:26:56idéologique
01:26:57ce qu'est la réalité
01:26:58ça ça n'est jamais arrivé
01:27:00et ça montre bien
01:27:01salutaire
01:27:02vous le saluez
01:27:02bien sûr
01:27:03et ça montre bien
01:27:04que la concentration
01:27:06qu'il y a eu
01:27:07dans le domaine des médias
01:27:08mais aussi
01:27:09de l'édition
01:27:10et de l'édition
01:27:10et de l'édition littéraire
01:27:11a aujourd'hui
01:27:13des risques démocratiques
01:27:15qui sont considérables
01:27:16on ne peut pas donner
01:27:17tous les moyens
01:27:19de l'édition française
01:27:20à une même personne
01:27:21en l'occurrence
01:27:22monsieur Bolloré
01:27:23merci Pierre-Ausulia
01:27:24pour toute cette réaction
01:27:25au micro de public
01:27:26je vous en prie
01:27:32c'est la fin
01:27:33de cette émission
01:27:34merci à vous
01:27:35de l'avoir suivi
01:27:35n'hésitez pas
01:27:36à lire les décryptages
01:27:37de nos journalistes
01:27:38c'est sur publicsena.fr
01:27:40vous y retrouverez également
01:27:41les replays de nos émissions
01:27:42prochain rendez-vous
01:27:43avec l'info
01:27:43dans quelques minutes
01:27:44à 18h
01:27:45pour Sens Public
01:27:46présenté par Thomas Hugues
01:27:48très belle suite
01:27:48des programmes
01:27:48sur Public Sénat
01:27:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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