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  • il y a 4 heures
En 2025, la France a enregistré¿moins de 700 000 naissances, un niveau historiquement bas. Pire pour la première fois depuis l'après-guerre, le solde entre naissances et décès est négatif... Une baisse de la natalité amorcée il y a plus de dix ans. Entre problème d'infertilité et choix assumé de ne pas avoir d'enfants, pourquoi fait-on moins de bébés ? La France est-elle entrée dans un déclin démographique durable ? Et quelles politiques peuvent réellement changer la donne ? Cette semaine, Axel de Tarlé reçoit spécialiste et sénateur pour débattre de la question de la dénatalité. Invités¿: Martin Lévrier, sénateur (RDPi) des Yvelines et Pauline Rossi, professeure d'économie, spécialiste de l'économie de la famille. Année de Production : 2025

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Transcription
00:02Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation.
00:07La Mutualité française présente
00:10Et la santé, ça va ?
00:13Bienvenue dans Et la santé, ça va ?
00:15C'est une première depuis 1945.
00:18La France a enregistré l'an dernier plus de décès, 651 000,
00:23que de naissances, 645 000.
00:25L'indice de fécondité tombe à 1,56 enfants par femme.
00:30C'est l'un des niveaux les plus bas jamais enregistrés.
00:34Emmanuel Macron appelle publiquement à un réarmement démographique.
00:38Question, pourquoi fait-on moins d'enfants en France ?
00:42Est-ce la crainte du lendemain ?
00:44Quels sont les principaux freins des familles ?
00:47Et puis, quid des problèmes de fertilité ?
00:50Des natalités, comment inverser la tendance ?
00:52C'est tout de suite.
01:07Nos invités, Martin Lévrier, vous êtes sénateur Renaissance des Yvelines.
01:11Et Pauline Rossi, vous êtes professeure d'économie,
01:14spécialiste de l'économie de la famille à l'école Polytechnique.
01:17Merci de participer à cette émission.
01:19D'abord, Pauline Rossi, les chiffres que je viens d'énumérer,
01:23est-ce que c'est une première et est-ce que c'est malheureusement un phénomène durable
01:28que de voir ainsi la natalité s'inverser et les décès dépasser les naissances ?
01:34Le fait que les décès dépassent les naissances, c'est une première dans l'histoire récente
01:37depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
01:40Et c'est effectivement une situation qui est amenée à durer dans les prochaines décennies
01:45puisque la courbe des naissances est en baisse depuis longtemps,
01:48la courbe des décès est en hausse depuis longtemps
01:49et donc ce n'est pas un phénomène qui devrait s'inverser à court terme.
01:53Donc nous sommes entrés dans l'ère de la dénatalité, on peut le dire ?
01:56Oui.
01:57Est-ce que c'est un phénomène franco-français, européen, mondial ?
02:00C'est un phénomène mondial.
02:02En Europe, ce croisement, il a eu lieu en 2012,
02:04si on prend l'Europe dans son ensemble.
02:06Donc en fait, l'Europe est déjà dans cette ère.
02:09La France était un petit peu en retard et donc rattrape son retard, entre guillemets.
02:14Et c'est le cas aussi dans la plupart des pays du monde.
02:17Il n'y a que le continent africain où la natalité résiste plus,
02:21mais là aussi, c'est en baisse.
02:23Martin Lévrier, votre regard, un regard politique sur cette dénatalité.
02:29Est-ce que ce basculement a été anticipé ?
02:32C'est peut-être un peu le problème de la France,
02:33c'est qu'effectivement, on a été dans les meilleures d'Europe,
02:35j'allais dire, pendant très longtemps, voire les meilleurs.
02:37Et puis est arrivée la crise du Covid,
02:39on n'en a plus parlé du tout en termes politiques, j'entends.
02:41Mais finalement, on s'est fait dépasser par un événement,
02:44et on le sait tous,
02:45qui n'arrive pas en cinq minutes
02:47et qui se construit dans un temps relativement long.
02:49Donc effectivement,
02:51si la politique est capable de réagir à ça,
02:53et ça je le crois,
02:54on ne peut pas faire des propositions.
02:55Et elle le doit, parce qu'après tout, c'est un choix intime.
02:57On parle beaucoup de De Gaulle
02:58et de toute l'admiration que la France entière a pour De Gaulle.
03:01De Gaulle était très très clair là-dessus,
03:03sur un pays qui ne fait pas d'enfants,
03:05et un pays qui se meurt.
03:06Quel est l'enjeu, au fond, de relancer la natalité
03:08et d'avoir plus d'enfants ?
03:10La naissance, l'enfance,
03:12c'est ce qui va créer les actifs,
03:14ce qui va faire un pays fort.
03:15C'est l'actif qui finance tout.
03:16Qui paye la santé, les retraites.
03:17La santé, la scolarité, les retraites, la maladie.
03:20Vous avez un nombre de choses absolument incroyables.
03:23Les gens oublient à quoi sert l'impôt, globalement.
03:26Mais sans impôt, il n'y a pas d'école.
03:27Il n'y a pas de maternité.
03:29Alors parmi les causes qui expliquent cette dénatalité,
03:32on trouve les problèmes de fertilité qui sont croissants,
03:35puisqu'aujourd'hui, cela concerne un couple sur huit.
03:38C'est le cas de Magali,
03:40qui a eu des problèmes pour avoir ses deux enfants
03:42et qui a dû avoir recours à une PMA.
03:45Reportage.
03:54Magali a eu Félix il y a 4 ans.
03:56Dans quelques mois, il sera grand frère.
04:01Avoir des enfants ou pas,
04:03pour Magali, 37 ans, c'était une évidence.
04:08Moi, j'ai voulu des enfants.
04:09Quand on est bien dans sa vie,
04:11bien dans ses baskets,
04:12qu'on est bien dans son couple,
04:13pour moi, c'était tout naturel.
04:18Mais cela n'a pas été un chemin si facile.
04:20Ça, c'est trop mignon.
04:22Il a été fait d'attentes, d'espoirs et de déceptions.
04:26Félix, il l'a porté, il était tellement migné.
04:29Comme près de 3,3 millions de Français,
04:32Magali a été confrontée à des problèmes d'infertilité.
04:35Pour mon premier,
04:36on a mis quasiment 5 ans pour y arriver,
04:40sachant qu'il y a eu peut-être un an ou deux ans
04:42un peu d'errance médicale,
04:44jusqu'à ce que je découvre,
04:45à travers ce projet de grossesse qui ne fonctionnait pas,
04:48que j'avais de l'endométriose.
04:49Et on m'a proposé deux solutions,
04:52soit me faire opérer
04:53et essayer pendant un an que ça arrive naturellement,
04:58soit de passer en FIV direct, en PMA.
05:01Donc on s'est lancé là-dedans,
05:03et malheureusement, on a fait trois essais, je crois,
05:05et aucun n'a fonctionné.
05:07Après une opération,
05:09Magali parvient à tomber enceinte.
05:11Pour profiter de son fils,
05:13elle prend un congé parental,
05:14à l'époque payé 398 euros par mois.
05:18Oh, les mains sales !
05:19À son retour au travail,
05:20elle réalise que ce dernier n'est plus compatible
05:22avec sa nouvelle vie de mère de famille.
05:24Et elle est obligée d'en changer.
05:27Bah oui.
05:27En fait, je voyais surtout l'aspect pratique,
05:29de me dire, bon, maintenant, je suis une jeune maman,
05:31j'ai besoin de cet équilibre vie pro-vie perso,
05:34je vais essayer de chercher un travail
05:36qui est déjà factuellement,
05:37je voulais un travail qui soit proche de chez moi,
05:40de pouvoir y aller à vélo,
05:42en me disant, bah, quand il ira à l'école,
05:44je pourrai le déposer, ce sera plus facile.
05:46Peu importe l'émission,
05:47peu importe si je dois même gagner un petit peu moins,
05:50je voulais vraiment cet aspect
05:52purement pratico-pratique.
05:55Si elle gagne en qualité de vie
05:56avec plus de jours de congé,
05:58Magali a perdu entre 800 et 1 000 euros
06:01de salaire net par mois.
06:03On appelle cela la pénalité maternelle.
06:06C'est un sacrifice
06:07que j'étais prête à prendre.
06:10J'ai clairement fait une pause dans ma carrière.
06:14Ça aurait pu se passer autrement.
06:16Et je sais que malheureusement,
06:18il y a beaucoup de femmes aujourd'hui
06:18qui passent à côté d'énormément d'opportunités,
06:22d'augmentation,
06:22ou de responsabilité, tout simplement.
06:26Parce qu'en fait, parfois,
06:27on ne peut pas concilier
06:28la vie de jeune maman
06:30avec une carrière professionnelle,
06:32une ambition.
06:34Martin Leveillet,
06:35on voyait cette jeune femme
06:36avoir beaucoup de difficultés
06:38pour avoir ses deux enfants.
06:40D'un point de vue physiologique,
06:42comment expliquer...
06:43Est-ce qu'il y a un sujet
06:43sur l'infertilité
06:45des jeunes couples
06:47qui souhaitent avoir des enfants ?
06:48Je pense qu'en France,
06:49le sujet...
06:50Sur ce sujet-là,
06:52la médecine
06:54s'organise mal
06:55ou n'est pas allée assez loin.
06:56C'est-à-dire que quand un couple
06:57a des problèmes
06:58d'infertilité, entre guillemets,
07:00on va d'abord attendre
07:01un certain temps
07:02avant de faire des examens.
07:03Donc, quelles sont les causes exactes ?
07:04Alors, il y a la sédentarité,
07:06selon ce qui est expliqué,
07:07c'est la sédentarité.
07:09Il y a aussi une logique de prévention.
07:10On y revient.
07:11Quand je parle de sédentarité,
07:13d'obésité,
07:14c'est un vrai sujet de prévention.
07:16C'est un vrai sujet de prévention.
07:17Et donc, si on s'inquiète
07:18de cette prévention
07:19de la santé globale,
07:20dont la santé de la fertilité,
07:23il y participe.
07:24Pauline Rossi,
07:25il y a un sujet de fertilité.
07:26La fertilité a baissé en France,
07:28aussi bien chez les hommes
07:29que chez les femmes.
07:29Oui, la proportion de couples
07:31qui fait face à des problèmes
07:33d'infertilité a monté
07:34au cours du temps.
07:35C'est principalement lié
07:36au report de l'âge
07:37à la première naissance.
07:3929 ans,
07:40la première grossesse,
07:41c'est 50 plus qu'en 1974.
07:44Voilà.
07:44Martin Lévrier,
07:45est-ce qu'on peut être choqué
07:46quand même que le gouvernement
07:47envisage,
07:48enfin, va envoyer des messages
07:49aux jeunes filles de 29 ans ?
07:50Ça peut être un peu intrusif
07:51en disant...
07:54Donc, elle va envoyer des messages
07:55avant la fin de l'été
07:56à toutes les personnes
07:57ayant 29 ans
07:58pour les alerter.
08:00Alors, pourquoi 29 ans ?
08:01Parce que c'est l'âge
08:01à partir duquel
08:02l'autoconservation des gamètes
08:03est autorisée
08:04hors conditions médicales.
08:06Mais enfin, ça fait un peu...
08:07Eh oh, les filles,
08:07réveillez-vous, là.
08:08L'horloge biologique
08:09est en train de tourner.
08:11Ça peut être perçu comme ça ?
08:12Alors, je suis d'accord
08:14et pas d'accord avec vous.
08:15Je trouve très bien
08:16que le gouvernement
08:17s'en inquiète
08:18et donc alerte et le dise.
08:19Mais quelque part,
08:20je suis gêné
08:21qu'on ne parle qu'aux femmes
08:23parce qu'un couple,
08:24c'est un couple.
08:25Il y a deux personnes.
08:26Donc, oui, à ce discours,
08:28effectivement, il y a la part médicale
08:30sur la congélation des...
08:32Mais il n'y a pas que ça.
08:34Quand on fait des enfants,
08:35il y a tout un ensemble
08:37de construction d'une famille
08:38au sens très large du terme
08:39qui n'est pas totalement abordée
08:41et qui est un vrai sujet aussi.
08:42Alors, Paul-Hydrocy,
08:43on va revenir sur ce qu'a dit Magali.
08:45Quand elle est revenue
08:46de son congé maternité,
08:48elle a vu qu'il fallait
08:49qu'elle change de travail
08:50parce qu'elle voulait
08:51être plus proche de son enfant,
08:52pouvoir s'en occuper davantage.
08:53Je retourne l'argument.
08:55Est-ce qu'il y a des femmes
08:55qui n'ont pas d'enfants
08:56parce que, justement,
08:57elles ne veulent pas se retrouver
08:58dans la situation
09:00de gâcher leur ascension professionnelle
09:03parce que ce n'est pas le moment
09:05professionnellement
09:05que de lâcher prise
09:07et de partir dans une maternité
09:08qui va vous faire sortir
09:10du radar professionnel ?
09:12Oui, c'est très bien expliqué
09:13dans le reportage.
09:14Cette pénalité pour les mères
09:16en économie, on l'a quantifiée.
09:17En France, c'est de l'ordre de 30 %.
09:19Donc, les femmes perdent,
09:21de l'arrivée du premier enfant
09:22jusqu'à la fin de leur carrière,
09:23environ 30 % de leur revenu
09:25par rapport à une situation
09:27où elles n'auraient pas eu d'enfants
09:28du tout.
09:29Donc, les gens pensent souvent
09:30que 30 %, ça veut dire
09:31que le salaire baisse de 30 %
09:33par rapport à avant.
09:35Mais en fait, ce n'est pas ça.
09:36C'est qu'elles vont aussi
09:38prendre du temps en dehors
09:39du marché du travail,
09:40mais elles vont aussi revenir
09:41sur des emplois différents.
09:42C'est ce que Magali a expliqué
09:44dans le reportage.
09:44Elle a changé d'employeur,
09:46elle a changé de type de job.
09:48Et donc, en fait,
09:48par rapport à la carrière
09:49qu'elle aurait eue
09:50si elle ne s'était jamais arrêtée,
09:52à la fin de sa vie,
09:52elle aura perdu 30 % de revenus.
09:54Et pour revenir à votre question,
09:57en fait, cette pénalité des mères,
09:59elle est différente selon les pays.
10:01Les différents fonctionnements
10:04du marché du travail
10:04font que ce chiffre
10:05est plus ou moins élevé.
10:06Et dans les pays
10:07où ce chiffre est plus élevé,
10:08la natalité est plus basse.
10:10Donc, il y a un lien
10:11entre cette pénalité
10:12pour les mères
10:12et la baisse de la natalité.
10:16Martin Lévrier, c'est terrible,
10:17mais en 2026,
10:18les femmes,
10:18parce que c'est une question
10:19qui ne se pose qu'aux femmes,
10:20doivent quelque part choisir
10:22entre la maternité
10:23ou leur carrière professionnelle ?
10:25C'est là où le rôle politique de l'homme,
10:27la politique a un sens
10:28et a un rôle surtout.
10:29Dans un premier temps,
10:30il faudrait déjà aussi
10:31que l'homme s'implique beaucoup plus
10:32et qu'on donne les moyens aux hommes
10:33comme aux femmes,
10:34les mêmes types de moyens aux deux,
10:36quelque chose soit très clair,
10:36parce qu'élever son enfant,
10:37ce n'est pas un problème,
10:38pas pour moi en tout cas,
10:41au même titre qu'une femme.
10:42Donc, c'est le premier point.
10:43Justement,
10:44les choix politiques
10:45qui ont été faits depuis des années
10:46sur ce sujet-là
10:47n'ont jamais été très clairs.
10:48On a rajouté des strates
10:50et des strates,
10:50des aides et des aides,
10:51mais il n'y a pas eu
10:52une cohérence globale
10:53et d'ensemble
10:54sur ce projet-là.
10:55Les femmes,
10:56ou les hommes,
10:57actuellement,
10:58la plupart,
10:58ce sont des femmes
10:59qui quittent leur emploi
11:00pour avoir un enfant.
11:02si elles s'arrêtent trois ans,
11:03elles reviennent
11:03de leur entreprise.
11:04De fait,
11:04ce ne sera pas le même travail
11:06ou ce sera une autre entreprise
11:07avec trois ans d'arrêt
11:08et donc beaucoup plus
11:09de difficultés.
11:11Comment n'a-t-on pas pensé
11:12à payer des formations
11:13très importantes
11:14pendant les trois ans
11:14qui permettent
11:15de garder le même strat ?
11:16Parce qu'on pense
11:17que la formation
11:18doit être payée
11:18par l'entreprise
11:19et ce n'est pas non plus
11:20le rôle de l'entreprise
11:20qui, elle aussi,
11:21indirectement,
11:22est pénalisée
11:22par le départ
11:23de sa salariée.
11:24Donc, c'est comment
11:25l'État s'investit
11:26dans ces choix-là
11:27qui sont des choix
11:27d'investissement,
11:28comment elles ciblent mieux
11:29les besoins
11:31plutôt que d'autres.
11:32Et moi, je crois beaucoup
11:32à cette logique
11:33donnant du temps
11:34aux parents qui le veulent
11:35de s'occuper de leurs enfants,
11:37ils quittent leur emploi,
11:38mais dans ce cas-là,
11:38l'État doit être
11:39parfaitement cohérent
11:40et s'impliquer
11:41dans le fait
11:41qu'il ait son emploi
11:42pour au moins déjà
11:43retrouver l'équivalence
11:44de l'emploi,
11:45voire un salaire
11:46qui correspond à quelque chose.
11:47Alors, c'est précisément,
11:48d'ailleurs,
11:48il y a une mission
11:50d'information
11:51sur les causes
11:51de la dénatalité
11:52en France
11:53dont les recommandations
11:54viennent d'être formulées
11:56et l'une d'entre elles,
11:57c'est un congé parental
11:58unifié, au fond,
12:00que élever un enfant,
12:02ce ne soit pas
12:02que le problème
12:03de la mère,
12:04mais aussi du père
12:05qui soit davantage impliqué,
12:08une façon
12:08de partager la charge.
12:09Sur les congés parentaux,
12:11effectivement,
12:13c'est un peu délicat
12:14parce que ça peut avoir
12:15des effets pervers,
12:16comme vous venez
12:17de l'expliquer,
12:17sur un congé parental
12:19trop long,
12:20ça peut freiner
12:21le retour
12:21sur le marché du travail
12:23et puis du point
12:23de vue de l'employeur,
12:24ça peut aussi lui donner
12:25des raisons
12:26de ne pas embaucher
12:27ou de ne pas promouvoir
12:29des jeunes adultes
12:30parce qu'il se doutera
12:30qu'il y aura peut-être
12:31un congé parental long
12:32qui va arriver derrière.
12:33Plutôt que de pénaliser
12:34les femmes,
12:35ça va pénaliser
12:35les jeunes couples,
12:36c'est ce que vous voulez dire.
12:37Voilà,
12:37ça peut précariser
12:38encore plus les jeunes
12:40par rapport à des employés
12:42qui sont plus âgés.
12:43Donc, c'est un peu
12:45à double de l'argent.
12:45En même temps,
12:45ça dilue la responsabilité
12:47parce qu'à un moment,
12:47les entreprises
12:48savent bien qu'elles embauchent
12:49quelqu'un.
12:49Donc, si elles se privent
12:51de la jeunesse,
12:52ça va être compliqué
12:53pour elles, non ?
12:53Il y a toujours
12:54des arbitrages, donc.
12:55Oui, c'est des arbitrages
12:56et c'est là où je crois
12:57que le rôle d'un État,
12:58c'est justement
12:58de se substituer,
13:00entre guillemets,
13:00s'il considère
13:01que la natalité
13:02est un investissement,
13:03il doit s'investir
13:04par des aides
13:05beaucoup plus là
13:06qu'ailleurs.
13:07Ce sont d'autres aides
13:08qui ne sont peut-être pas utiles.
13:09Pauline Rossi,
13:10on l'a compris.
13:11Pourquoi est-ce qu'elle
13:11veut changer d'emploi,
13:12Magali ?
13:13C'est parce qu'elle voulait
13:13être près de la crèche,
13:16près de l'école.
13:17Est-ce que derrière,
13:17en creux,
13:18il y a la question
13:18du logement
13:19être bien logé
13:21et près de son lieu de travail ?
13:23Le logement,
13:24c'est un argument
13:24qu'on entend beaucoup
13:25dans le débat public
13:26en ce moment.
13:27Dans la littérature scientifique,
13:29il n'y a pas de lien
13:30démontré
13:31entre le prix du logement
13:32et la baisse de la natalité.
13:34L'absence de lien
13:35n'est pas démontrée,
13:36mais le lien de causalité
13:37n'est pas démontré non plus.
13:38Donc, en fait,
13:39on ne sait pas
13:39parce que c'est…
13:41Pardonnez-moi,
13:41mais un enfant,
13:42c'est une chambre.
13:43Donc, forcément,
13:44quand vous êtes deux
13:45et qu'un enfant arrive,
13:47il vous faut une chambre de plus.
13:48Donc, ça veut dire
13:48nécessairement
13:49ou déménager
13:50ou pousser les murs,
13:51je ne sais pas.
13:52Exactement.
13:52Il faut s'adapter.
13:53Si vous voulez vraiment
13:54un enfant,
13:55vous faites cet arbitrage,
13:56vous baissez votre consommation,
13:57vous déménagez
13:58ou vous mettez
13:58vos deux enfants
13:59dans la même chambre.
14:00Est-ce que la question
14:01du logement,
14:02alors,
14:02quel est le poids du logement ?
14:03Votre regard,
14:04monsieur le sénateur,
14:05sur le poids du logement
14:07dans la dénatalité
14:08que l'on constate en France ?
14:09D'abord,
14:09tout va dépendre des régions.
14:13Par exemple,
14:13les logements sont hors de prix.
14:15Et on arrive à une situation
14:16qui, moi, me fascine.
14:18Ce sont les assistantes
14:18qui viennent s'occuper
14:19de ces enfants-là
14:20qui, elles,
14:21vont faire une heure et demie,
14:22deux heures,
14:23trois heures de transport.
14:24Et comment, elles,
14:25elles vont éduquer leurs enfants
14:26ou avoir envie
14:27d'avoir des enfants ?
14:28Et là,
14:28ce qui me gêne le plus
14:29dans l'histoire
14:30du prix du logement,
14:31de cette logique,
14:32c'est qu'en ayant des lieux
14:34de plus en plus difficiles d'accès,
14:37on crée encore plus de difficultés
14:39pour ceux qui ont le moins de revenus.
14:40Et je pense que là,
14:41on a un vrai problème
14:42aussi de natalité
14:43parce que derrière,
14:44ceux qui s'occupent de vos enfants
14:45parce que vous avez des revenus
14:46ne peuvent pas s'occuper des leurs.
14:49Donc, comment trouver cette église ?
14:50Et je crois,
14:51là, je ne suis pas tout à fait
14:52d'accord avec vous,
14:53que le logement
14:53a vraiment un sens,
14:54un rôle
14:56pour permettre,
14:58pour en tout cas libérer
15:00l'envie d'avoir des enfants.
15:02Quand vous vous dites
15:02j'ai trois heures de transport
15:03matin et soir,
15:04qui va s'occuper de mon gamin
15:06quand il aura même pas,
15:08mais même dix ans ?
15:09Qu'est-ce qui va se passer ?
15:10Et tout ça fait, je pense,
15:12participe à cette anxiété
15:13qu'on a de faire des enfants.
15:15Moindre mixité sociale,
15:18elle agit comme un frein
15:19sur l'harmonie d'une société
15:22où chacun pourrait trouver sa place
15:24et avoir des enfants.
15:26Pas forcément.
15:28Là, il n'y a rien
15:28dans la littérature scientifique
15:30là-dessus non plus.
15:30C'est votre regard
15:31de spécialiste
15:34et d'enseignante.
15:35Je vous propose,
15:36alors parmi les freins
15:37à la natalité,
15:37on peut citer
15:38le manque de soutien
15:39en tous les cas,
15:40puisque devenir parent,
15:42c'est de voir mettre en place
15:43toute une organisation,
15:44des contraintes
15:45et parfois,
15:46sans soutien familial,
15:48autre qu'on soit conjoint,
15:49si on a la chance
15:49d'en avoir un
15:50pour élever son enfant.
15:52Bon nombre de jeunes parents
15:53se retrouvent démunis,
15:54comme Magali,
15:55qu'on va retrouver
15:55et qui essaye
15:56de trouver un peu de confort
15:57auprès d'autres parents,
15:59en l'occurrence d'autres mères
16:01comme elle.
16:02Tout ça se passe
16:03dans un café reportage.
16:06Aujourd'hui,
16:07Magali se rend
16:07dans un café
16:08un peu particulier.
16:16Ici,
16:17pendant toute une matinée,
16:18deux jeunes mères
16:19en couple ou célibataire
16:20participent
16:21à une pause parentale.
16:23Ah,
16:24t'as trouvé
16:24une assistante maternelle
16:25pour 3 jours par semaine ?
16:26Ah non, non, non.
16:27Une bulle
16:28au cours de laquelle
16:29elles peuvent échanger
16:30autour des soucis
16:31propres aux jeunes parents.
16:32Pour Magali,
16:33ces moments sont un moyen
16:35très efficace
16:35de trouver du soutien.
16:37Toi, ça t'as fait.
16:38C'est vrai que quand on n'a pas
16:39beaucoup de familles
16:41dans la région
16:42ou de gens
16:43qui peuvent aider au quotidien
16:44ou même briser
16:45un certain sens
16:47d'isolement,
16:50notamment les premiers mois,
16:52c'est vraiment super
16:53d'avoir un rendez-vous régulier,
16:56de se dire
16:56bon, tant qu'à faire,
16:57je suis en congé maths,
16:59autant faire une petite sortie
17:00même sous la pluie,
17:02passer une heure,
17:03une heure et demie
17:03à parler
17:03de sujets
17:04qui nous concernent
17:05toutes.
17:06Cette pause,
17:07ce sont les loupiottes
17:08qui en sont à l'origine.
17:12Une association
17:13de Montreuil
17:14qui propose
17:14tout un éventail
17:15d'activités
17:16pour rendre
17:16la parentalité
17:17plus légère.
17:18Du yoga,
17:19des permanences
17:20avec des psys
17:21et aussi un vestiaire
17:22solidaire
17:22avec des articles
17:23de seconde main.
17:26t'as déjà réfléchi
17:27au mode de garde ?
17:28Tu reprends le boulot ?
17:30Je reprends en juin.
17:32En juin ?
17:32En juin, ouais.
17:33Ah oui, mais du coup,
17:34juin, c'est conclu.
17:34Ah oui, c'est ça,
17:35parce que c'est la fin
17:36de l'année.
17:37Au milieu des discussions
17:38autour de l'épineuse question
17:40du mode de garde
17:41survient celle du logement.
17:43Un vrai souci
17:44pour une des mères,
17:45Marion,
17:45qui redoute
17:46de faire un deuxième enfant.
17:49Je ne pensais pas
17:50que ce serait autant
17:50un sujet que ça.
17:53Naïvement,
17:53je m'étais dit
17:54qu'on a un premier enfant,
17:55on fera le deuxième
17:55dans la foulée
17:56et on sera heureux
17:57et tout ira bien.
17:59Mais c'est...
18:01En fait,
18:02on voudrait un appartement
18:03un peu plus grand
18:04parce qu'on voudrait
18:04qu'ils aient une chambre
18:06chacun.
18:06Mais bon,
18:07on n'a pas les moyens
18:09de déménager.
18:09Donc je ne sais pas
18:11ce qu'on va faire.
18:13Au bout de 6 années
18:14de présidence des loupiottes
18:16passées à écouter les parents,
18:18Chloé comprend les réticences
18:19que peuvent éprouver
18:20certaines femmes.
18:21Oui,
18:22je comprends totalement
18:22que certains parents
18:24ou femmes
18:25se posent la question
18:26d'avoir un enfant.
18:27Il y a tellement de stress.
18:28Alors on va parler
18:29auquel de l'environnement,
18:31ça c'est un gros sujet.
18:33Le contexte économique,
18:35politique, mondial.
18:36Parce que faire un enfant,
18:37on en a très envie.
18:39Mais quel monde
18:39on laisse à notre enfant,
18:42ça fait poser
18:43beaucoup de questions
18:43et ça peut en tout cas
18:46retarder
18:48le fait
18:49de se lancer
18:50dans un projet.
18:51Pour elle,
18:52les ambitions natalistes
18:53du gouvernement
18:54sont inadéquates
18:55par rapport
18:56à la réalité
18:56des jeunes parents.
18:59Moi,
19:00je rencontre
19:00des familles ici
19:01qui sont obligées
19:01de s'arrêter
19:02de travailler
19:02pour garder leur enfant.
19:04Donc là,
19:05ça devient une parentalité
19:06plus subie
19:06que choisie.
19:08Donc il y a
19:09de forts enjeux.
19:10Je pense, oui,
19:11qu'il y a des manques.
19:12En tout cas,
19:12il y a des choses
19:13qui ne sont pas
19:15forcément cohérentes
19:16avec ce qu'on demande
19:16aujourd'hui
19:17à un parent
19:17et ce que la société
19:19peut mettre en place.
19:21Par exemple,
19:22quand on conseille
19:23un allaitement
19:23jusqu'à six mois
19:25et que la reprise
19:26du travail
19:27se fait à deux mois
19:27et demi,
19:29voilà quelles sont
19:30aujourd'hui
19:31vraiment les solutions
19:34qui sont offertes
19:36et concrètes.
19:37Enfin, concrètes.
19:39Martin Lévrier,
19:40dans ce café,
19:40il y avait beaucoup de maires,
19:41pas beaucoup de pères
19:42pour revenir sur ce dont
19:42vous parliez tout à l'heure.
19:45C'est vraiment,
19:45la charge mentale
19:46repose quasi exclusivement
19:48sur les maires
19:49qui doivent s'occuper
19:50de la vaccination,
19:51qui doivent s'occuper
19:53de A à Z,
19:54de tout.
19:55Des arrêts maladie,
19:56des arrêts maladie,
19:57bien sûr.
19:59C'est culturel alors,
20:00le problème ?
20:01Je pense que en France,
20:03c'est plus vrai
20:04que dans d'autres pays.
20:05C'est ainsi.
20:06Bon, maintenant,
20:06comment on combat ça ?
20:07Comment on fait évoluer
20:08les mentalités ?
20:08Je pense qu'il y a du travail,
20:09mais que c'est tout à fait
20:10faisable aujourd'hui.
20:11En revanche,
20:12je vous en parlais
20:12de l'anxiété.
20:13Il y a des associations
20:13pour revenir là-dessus.
20:14Je vais en citer
20:15quelques-unes quand même.
20:16La maison des 1000 premiers jours,
20:18je ne sais pas si vous connaissez,
20:20les lieux d'accueil
20:21enfants-parents,
20:22ça s'appelle les LEP,
20:23ce sont des lieux
20:24non médicalisés
20:25où les parents viennent
20:25avec leur enfant
20:26de 0 à 6 ans
20:27pour tous les problèmes
20:28de vaccination.
20:28Il y a également
20:29les réseaux d'écoute,
20:30d'appui et d'accompagnement
20:31des parents.
20:32Mais encore,
20:33faut-il les connaître
20:33d'ailleurs,
20:34tous ces lieux.
20:34Il faut les connaître
20:35et il y en a beaucoup d'autres,
20:36il y a beaucoup de systèmes
20:37associatifs depuis toujours
20:38sur ces accompagnements,
20:40mais ça n'est pas suffisant.
20:41Je pense qu'il y a
20:43des choses intéressantes
20:43qui ont été dites
20:44sur l'anxiété,
20:46sur un monde anxiogène,
20:47entre guillemets.
20:48C'est aussi le problème
20:49en France.
20:49On est un des pays
20:50les plus déprimés du monde,
20:52alors qu'on n'est quand même
20:52pas le plus pauvre,
20:53loin de là.
20:54Et cette logique de déprime,
20:56cette logique
20:56où de plus en plus
20:57on réfléchit
20:58sur le ressenti
20:59plutôt que sur le factuel,
21:00peut conduire,
21:01je vais vous donner
21:01juste une phrase,
21:02un slogan qui m'insupporte
21:03au plus haut point,
21:04c'est la fin du mois
21:06contre la fin du monde.
21:08Comment peut-on mettre
21:09de même niveau
21:10ce sujet-là ?
21:11On a parlé sans arrêt
21:12de cette jeunesse
21:12qui ne trouvait pas eu travail,
21:13maintenant on les emmène
21:14dans une anxiété terrible
21:15sur la fin du monde
21:16à cause de l'écologie.
21:19Quel rêve on donne
21:20à la jeunesse aujourd'hui ?
21:21Vers quoi on veut
21:21les emmener ?
21:22Pauline Rossi,
21:23on l'entend ça
21:23dans les jeunes générations,
21:24l'éco-anxiété,
21:26que vais-je mettre au monde
21:27d'un enfant qui connaîtra
21:28la crise climatique
21:30et à la limite,
21:31nous sommes trop nombreux
21:32sur Terre,
21:33c'est un acte citoyen
21:35que d'être moins nombreux
21:37et donc de ralentir
21:39l'empreinte carbone ?
21:41On l'entend
21:41chez les jeunes générations
21:42effectivement
21:42et pour l'instant,
21:44il y a une corrélation
21:44entre ceux qui se disent
21:45préoccupés de ces questions
21:47et le nombre d'enfants
21:47qu'ils veulent,
21:48ça a été montré par Linette
21:49dans son étude
21:50du mois de juillet.
21:51Après,
21:52c'est une corrélation,
21:53ça ne peut pas forcément dire
21:53que l'un cause l'autre
21:55et puis d'une certaine manière,
21:58c'est vrai
22:00que la baisse de la population
22:01peut aider à résoudre
22:03les problèmes
22:03de changement climatique
22:05et de biodiversité
22:07donc ce n'est pas complètement,
22:08ce n'est pas un argument
22:09en l'air,
22:10c'est un vrai argument.
22:11Alors,
22:12il y a la question
22:12des modes de garde,
22:14la question également
22:15des congés,
22:17alors à partir
22:18du 1er juillet 2026,
22:20un nouveau congé
22:21de naissance
22:22verra le jour
22:23où l'on proposera 70%
22:25du salaire net
22:26le premier mois,
22:2760% le deuxième,
22:28si on fait une petite simulation,
22:29je vous la livre,
22:30pour un salaire net moyen
22:31en France
22:32de 2690 euros,
22:33le premier mois,
22:35on va donc toucher
22:361880 euros
22:37et le deuxième mois
22:381614 euros,
22:40Pauline Rossi,
22:40oui,
22:41un enfant,
22:42ça coûte,
22:43se mettre en disponibilité
22:45de son entreprise
22:46pour l'élever,
22:46ça coûte
22:47et si on n'a pas
22:48le coup de pouce financier,
22:49on peut renoncer ?
22:51– Ça c'est pareil,
22:52empiriquement ça n'a pas
22:53été démontré
22:53un effet très fort
22:55du congé parental
22:57sur la fécondité,
22:59en fait il y a vraiment
23:00deux choses,
23:01il y a une chose
23:01qui est de dire
23:02comment améliorer
23:03la vie des parents,
23:04une fois que les enfants
23:05sont là
23:05et faire en sorte
23:06que ce soit
23:06une expérience positive
23:08pour eux
23:09et ensuite
23:10qu'est-ce qui fait
23:11que les gens
23:11ont des enfants ou pas ?
23:12Et en fait les deux choses
23:13ne sont pas forcément liées.
23:15– C'est quoi alors
23:16Martin Lévrier ?
23:17Cette idée de,
23:18quand même,
23:18cette proposition
23:19qu'on a vue
23:20dans la mission d'information
23:21qui a été publiée
23:22le 11 février
23:24pour essayer
23:25de contrer
23:26cette dénatalité,
23:27l'idée d'un versement
23:28familial universel
23:29de 250 euros
23:30par mois
23:31par enfant
23:32dès le premier enfant
23:34sans condition
23:34de ressources
23:35et où l'on fusionne
23:36différentes aides
23:37qui à force
23:38d'être disparates
23:39en devenaient illisibles.
23:40Est-ce que quand même
23:41il y a cette idée
23:41« ayez les enfants
23:43et on va vous aider » ?
23:44– La bonne nouvelle
23:45c'est qu'on essaye
23:46de regrouper
23:46des subventions
23:47ou des aides
23:48et oui je trouve
23:49que l'idée en soi
23:50est intéressante,
23:51il manque pour moi
23:52un élément,
23:53je ne sais pas
23:53si ça,
23:53ça enclenchera
23:54une envie d'enfant,
23:55ça peut être une aide
23:56mais de là
23:57à ce que ça déclenche
23:58l'envie,
23:59je suis un peu dubitatif.
24:00– La politique
24:00de réduction
24:01d'allocations familiales,
24:02on reproche à François Hollande
24:04de l'avoir un petit peu
24:05détricoté
24:05pour en arriver
24:06à une politique sociale
24:07dont on paierait
24:08aujourd'hui
24:09les conséquences,
24:10Pauline Rossi,
24:10je vous vois haucher
24:15empiriquement c'est pareil,
24:16ce n'est pas démontré.
24:17– Ce n'est pas démontré.
24:18– Non, c'est exactement
24:18ce que vient d'expliquer
24:20Martin,
24:21en fait ce n'est pas ça
24:22qui fait que les gens
24:22vont changer d'avis
24:23et le problème
24:24de donner de l'universalité,
24:26donc il y a le mérite
24:27de la clarté,
24:28ça c'est vrai,
24:29le problème c'est que
24:30d'un point de vue
24:30de l'efficacité
24:31de la dépense publique,
24:32c'est l'opposé
24:33de ce que vous voulez faire,
24:34c'est-à-dire que vous voulez
24:35cibler les gens
24:36qui vont changer d'avis
24:37et en fait quand vous faites
24:39une aide universelle,
24:41vous arrosez tout le monde
24:42et donc il y a
24:43des énormes effets d'aubaine,
24:44c'est-à-dire qu'il y a
24:44plein de gens
24:44qui de toute façon
24:45auraient eu cet enfant
24:46et qui du coup seront
24:47très contents
24:48d'avoir cette allocation
24:49et du coup ça va les aider
24:51à avoir une vie quotidienne
24:53beaucoup plus agréable
24:54mais ce n'est pas ça
24:56qui va faire relancer
24:57la natalité en fait.
24:58– Alors qu'est-ce qui peut
24:59changer la donne ?
25:00– Sur la natalité
25:02il y a très peu
25:04de leviers de politique publique
25:06qui ont un effet fort
25:08et c'est évident
25:09parce qu'en fait
25:10tous les pays du monde
25:11sont confrontés
25:11à cette situation
25:13depuis des décennies
25:15depuis bien plus longtemps
25:15que nous,
25:16tout le monde essaye
25:17un peu toujours
25:18la même chose,
25:18les congés parentaux,
25:19les allocations familiales,
25:21les crèches etc.
25:22Globalement ça ne marche
25:24nulle part quoi,
25:25la natalité continue
25:26de baisser
25:27tout simplement
25:27parce que les gens
25:29veulent moins d'enfants.
25:30– Est-ce qu'on peut
25:30aussi considérer
25:31que c'est un choix
25:31et que contrairement au passé
25:33où les femmes peut-être
25:34on ne leur demandait pas
25:35leur avis,
25:36maintenant elles décident
25:37parce qu'elles l'ont choisi
25:38d'avoir moins d'enfants ?
25:40– Oui, en fait
25:41si on essaie
25:42d'expliquer historiquement
25:43la baisse de la natalité
25:44dans le monde entier,
25:45les deux moteurs principaux
25:46c'est la prospérité économique
25:48et les libertés individuelles.
25:50Dans tous les pays,
25:51à partir du moment
25:52où on passe
25:52dans une économie développée
25:54qui nécessite
25:55d'être,
25:56d'être éduquée,
25:57de rester à l'école longtemps,
25:58où les gens
25:59s'investissent
25:59dans leur carrière,
26:01ils font plus souvent
26:02le choix de la carrière
26:03que le choix de la famille
26:04et puis effectivement
26:06avant les femmes
26:06n'avaient pas
26:07beaucoup d'autres options.
26:08Disons que la natalité
26:10pendant longtemps
26:10reposait sur un besoin économique
26:12ou sur une injonction sociale,
26:13les gens avaient besoin
26:14de leurs enfants
26:14pour s'occuper d'eux
26:15ou n'avaient pas le choix
26:16et aujourd'hui
26:18ça repose sur le désir d'enfant.
26:19– Monsieur le sénateur,
26:20vous allez avoir du pain
26:21sur la planche
26:21parce que si je me trompe
26:22en disant que tout
26:23notre système social
26:24repose sur la génération
26:26suivante qui paye
26:27les retraites
26:28et les soins de santé,
26:29si elle n'est pas là
26:29la génération suivante,
26:30on fait comment ?
26:31– Je vais vous dire,
26:32c'est le fond de ma pensée.
26:33Si on a eu une natalité
26:35plus forte
26:35que tous les autres pays
26:36pendant très longtemps,
26:37c'est parce que
26:38notre cinquième courbe
26:39république a été fondée
26:40et constituée
26:42sur la solidarité
26:43intergénérationnelle.
26:44Le système de retraite
26:44étant l'exemple même
26:45où l'école gratuite
26:47jusqu'à l'université
26:48gratuite étant l'exemple même,
26:50les actifs
26:51font tout ce qu'il faut
26:52pour aider les plus faibles.
26:54Jusque-là, ça allait.
26:55Mais là, on a basculé
26:56d'une logique de De Gaulle
26:58et d'autres après,
26:59l'investissement,
27:00c'est la famille,
27:01c'est les enfants
27:02parce que c'est eux
27:03qui font des actifs
27:03à aujourd'hui
27:05une logique
27:05qui, moi,
27:06j'allais dire,
27:07m'affole
27:08où on s'inquiète
27:09beaucoup plus
27:09des retraités
27:10et de la retraite
27:11que d'autres choses.
27:11Quand on a dit
27:12il n'y a pas longtemps
27:12sur la réforme des retraites
27:13que ça sera le sujet
27:15essentiel
27:15de l'élection présidentielle,
27:17c'est là où moi
27:18je suis inquiet.
27:18Je dis l'investissement,
27:19ce sont les enfants,
27:20la jeunesse
27:21et là, peut-être
27:22que les familles
27:22auront plus envie
27:23d'avoir des enfants
27:23parce qu'elles seront
27:24dans une démarche positive.
27:26Voilà, la natalité,
27:27un sujet éminemment politique.
27:29Merci beaucoup
27:29de nous avoir aidés
27:31à comprendre
27:31les ressorts
27:32de cette dénatalité
27:33qui a rattrapé la France.
27:35Je vais quand même rappeler
27:36pour les parents
27:38et les futurs parents
27:38en mal de conseil,
27:40n'hésitez pas à consulter
27:40le site
27:43millepremiersjours.fr
27:44et la santé,
27:45ça va,
27:45c'est terminé.
27:46Émission à retrouver
27:47sur la plateforme
27:48publicsénat.fr
27:49et nous,
27:50on se retrouve bientôt
27:50pour une prochaine émission.
28:07Sous-titrage Société Radio-Canada
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