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  • il y a 10 heures
Devenir médecin, c’est faire 10 à 12 ans d’études pour ensuite soigner et si possible aider à guérir les autres. 12 années d’apprentissage mais aussi de construction d’une conscience avec ses doutes, ses difficultés et ses sources de satisfactions. Alors, nos médecins sont-ils bien formés en France ? Sont-ils bien accompagnés, aptes à exercer un métier qui demande finesse, empathie et disponibilité ? Et comment se porte le monde de la médecine en France ? Année de Production :

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Transcription
00:02Itinéraire d'un apprenti tout bib, un documentaire plein de tendresse d'un grand frère qui filme son petit frère
00:09en train de devenir médecin.
00:10En l'occurrence, Antoine Page qui filme Angèle Page, un documentaire qui nous décrit à la fois la construction d
00:17'un jeune homme mais aussi celle d'un médecin.
00:19C'est bien sûr celle du médecin qui va occuper notre débat du jour avec nous pour en parler.
00:23Corinne Imbert, bienvenue. Vous êtes sénatrice de la Charente-Maritime, apparentée au groupe LR, secrétaire de la Commission des Affaires
00:30Sociales.
00:30Vous êtes à l'origine d'une proposition de loi adoptée au Sénat qui plaide pour une régionalisation partielle de
00:35l'internat de médecine.
00:36On y reviendra dans l'émission puisque le film parle aussi de la problématique des déserts médicaux.
00:42Et je précise enfin que vous êtes pharmacienne de formation.
00:46Marion Darospoli, bienvenue. Vous êtes étudiante en médecine en quatrième année et vous êtes présidente de l'ANEMF,
00:53Association nationale des étudiants en médecine de France.
00:56Gérald Kirzak, bienvenue. Vous êtes médecin urgentiste, directeur médical de Doctissimo.
01:01Et vous venez de publier ce livre, Santé mentale, tous concernés, paru aux éditions Le Duc.
01:07Philippe Ruzniewski, bienvenue. Professeur des universités, praticien hospitalier en gastro-entérologie et pancréatologie,
01:14rattaché à la PHP, principalement à l'hôpital Beaujon.
01:17Et vous êtes doyen honoraire de l'unité de formation et de recherche de médecine à l'université Paris-Cité.
01:22Merci à tous les quatre d'être ici.
01:24Avant d'entrer dans les problématiques qui concernent le monde de la médecine,
01:27je voudrais quand même faire un premier tour de table et recueillir vos impressions sur ce très joli film,
01:32pour ce qu'il raconte aussi de la jeunesse.
01:34On a là un jeune homme qui s'accroche, qui travaille dur et qui réussit.
01:38On sort assez épaté, presque ému, j'ai envie de dire, de sa force et de sa détermination.
01:43Philippe Ruzniewski, c'est un jeune homme bluffant. Qu'est-ce que vous en avez pensé ?
01:46Il m'a bluffé. Il m'a bluffé. C'est un garçon extrêmement visionnaire.
01:51Je pense qu'il progresse de façon très, très importante et très pertinente au cours de son cursus.
01:58Il soulève des problèmes que je trouve absolument pertinents et majeurs.
02:03La transformation de son regard sur ce qu'il va devenir, sur ce qu'il est en train de devenir
02:07est passionnante.
02:09C'est un peu un étudiant rêvé.
02:11Celui que vous auriez aimé avoir.
02:13J'en ai, j'en ai.
02:14Marion Darospoli, vous vous êtes reconnue, vous aussi, en lui ?
02:17Vous avez vu des similitudes entre ces questionnements et les vôtres ?
02:20Oui, tout à fait. Je rejoins tout à fait cet avis-là.
02:23En tant qu'étudiante en quatrième année, moi, c'est des réflexions, en tout cas, qu'il peut avoir,
02:27que j'ai également et que j'ai déjà pu partager avec certains camarades.
02:30C'est assez réconfortant, finalement, de voir qu'on n'est pas seul dans tout ça,
02:33que ça nous suit aussi tout au long des études et que lorsqu'on se dit
02:36« C'est trop dur, je n'arrive plus à tenir », il faut quand même s'accrocher
02:38parce que, finalement, la finalité est belle.
02:41Donc, ça fait du bien aussi de pouvoir partager ces réflexions-là.
02:43Et on va les prolonger, bien sûr, sur ce plateau.
02:45Ça va faire partie de nos échanges.
02:47Corinne Imbert, c'est rassurant aussi de voir des jeunes aussi volontaires,
02:50aussi motivés, qui se posent effectivement les bonnes questions, d'ailleurs.
02:53Tout à fait. C'est rassurant.
02:55C'est aussi émouvant.
02:56C'est une belle histoire, ce film.
02:58Et puis, je trouve qu'il a déjà...
03:00Son regard dit déjà quelque chose.
03:02Il est en photo, là, on le voit sur votre plateau.
03:04Je ne sais pas si les téléspectateurs le voient,
03:05mais je trouve qu'il a ce regard qui donne aussi beaucoup d'espoir.
03:10C'est un garçon formidable, intelligent.
03:14Et cette histoire, ce film traduit bien le parcours difficile
03:17que rencontrent les étudiants en médecine.
03:18Mon grand frère a eu raison de le filmer, Gérald Kirzak.
03:21Ça rappelle des souvenirs aussi d'étudiants en médecine ?
03:23Oui, alors moi, je suis moins bluffée parce qu'on se reconnaît tous, en fait.
03:25Mais quelle que soit notre profession, on ne fait pas ce choix par hasard, en fait.
03:29Un, on ne le fait pas par hasard.
03:30Deux, il y a une humanité qui est fondamentale et qu'on voit,
03:33une humanité qui se construit, une humanité vers l'autre aussi.
03:37Et pour le grand public, vraiment rappeler que nos métiers,
03:40pharmaciens, médecins, infirmières, aides-soignants,
03:42tous ces métiers du soin, ce n'est pas des métiers ordinaires.
03:45Ce n'est pas un métier comme un autre.
03:47Et on le voit, ils ramassent pendant ces études.
03:51Humainement, c'est long, c'est dur, c'est dense.
03:54Et ce n'est pas des études comme les autres,
03:56de même que ce n'est pas un exercice comme les autres.
03:58Et je pense que ça, ça nous ramène à ce fondamental.
04:00Et c'est bien que nos politiques le voient.
04:03Vous le savez, vous êtes professionnel de santé,
04:05mais que d'autres politiques qui connaissent moins le sachent.
04:07Et c'est bien que le grand public le sache aussi.
04:09Vous dites, on ne fait pas ce métier par hasard.
04:11Alors moi, j'ai été frappée par une de ces phrases, quand même, à ce jeune homme.
04:13Il nous dit, je ne fais pas médecine pour faire de l'humanitaire,
04:16pour faire du bien ou pour soigner.
04:18Très honnêtement, j'ai été surprise, voire un peu choquée,
04:21parce que je pensais que tous les médecins ou tous les jeunes
04:22se lançaient en médecine pour ces raisons-là.
04:24Mais pas du tout.
04:24J'ai eu un peu la même réaction, ça m'a beaucoup surpris au début,
04:27et puis on le voit évoluer dans un sens évidemment tout à fait différent.
04:30Pourquoi se lance-t-on en médecine au départ ?
04:32Il me semble quand même que, je le dis sous le contrôle de l'étudiante,
04:36il me semble quand même que cette motivation humanitaire,
04:40cette volonté de se porter au secours de l'autre, soigner l'autre,
04:43c'est quand même la motivation essentielle,
04:47qui, il faut le dire aussi, est en train de, comment dirais-je,
04:52de concerner de plus en plus un seul des deux sexes.
04:55Et ça, ça pose un problème à mon avis.
04:57C'est-à-dire ?
04:58Eh bien, par exemple, dans l'université dont je suis issue,
05:00Paris Cité, un peu plus des trois quarts des étudiants
05:02sont des étudiantes en début de cursus,
05:05et donc bientôt, on sera en face d'une population médicale
05:08qui sera très essentiellement féminine.
05:10D'accord.
05:10Comme s'il y avait cette idée que le soin, c'était quelque chose qui, voilà.
05:15Marion Darospoli, pourquoi vous vous êtes lancée, vous, dans ces études ?
05:17Pourquoi on se lance aujourd'hui en médecine,
05:18si ce n'est pas pour des raisons humanitaires,
05:20comme semble ne pas le dire ce jeune homme au début de ses études ?
05:24Je pense qu'il y a quand même l'envie d'apprendre de manière conséquente
05:27et de manière tout au long de sa vie, finalement.
05:30Parce que c'est aussi ce qu'il retrace, en fait, c'est ce qu'il dit littéralement.
05:33Un médecin, c'est quelqu'un qui va constamment se remettre en question,
05:35qui va constamment chercher à apprendre davantage.
05:37Et la médecine, je pense que c'est aussi le secteur
05:39où on peut le plus avoir cette marge de progression
05:41et cette marge d'apprentissage, dans les autres métiers également.
05:45Mais c'est vrai que la médecine, c'est quand même, encore une fois,
05:47très sacralisé, c'est toujours la voie royale,
05:50c'est toujours quelque chose de très haut par rapport à la vie publique,
05:54à l'opinion générale.
05:55C'est vrai, très estimable.
05:57Tout à fait, donc ça reste un petit peu dans cet avis-là.
06:00Et pareil, je rejoins aussi ce constat,
06:03c'est aussi un constat que le CNOM a fait actuellement.
06:05On a plus de 50% de la population en exercice médical qui sont des femmes.
06:10Et donc, on a en effet cette féminisation de la profession
06:12qui peut-être explique certaines modifications de l'exercice.
06:16Je ne sais pas si c'est une si mauvaise nouvelle que ça.
06:18Ah mais écoutez, moi je suis bien d'accord avec vous.
06:20Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle,
06:23mais ce que disait le doyen, c'est que les hommes,
06:26ils vont vers d'autres cursus parce que je pense
06:28qu'il y a un déclassement social de la médecine,
06:31qui est très clair.
06:32Il dit, moi je ne veux pas faire de l'humanitaire
06:33parce que je veux gagner ma vie, en fait j'ai des responsabilités,
06:35c'est un métier difficile, je veux gagner ma vie
06:38et je ne veux pas faire de l'humanitaire au sens bénévole du terme,
06:41je ne veux pas que ce soit un sacerdoce.
06:42Et là, on voit le changement générationnel aussi,
06:44ils n'ont plus envie de se tuer au boulot.
06:46Et je les comprends.
06:47Et ça, on ne peut pas leur jeter la pierre.
06:48On peut le comprendre, mais est-ce que ce n'est pas un problème pour la société ?
06:50Parce que des médecins moins disponibles, est-ce que ce n'est pas un sujet ?
06:53Oui, et ça rejoint le sujet de la féminisation aussi,
06:56où il y a des équilibres vie personnelle, vie professionnelle
06:58qui sont complètement différents.
06:59Et au-delà de la féminisation, parce qu'il y a des garçons
07:01qui ont droit et ils ont raison de prendre le congé paternité,
07:04qui veulent aussi s'occuper des enfants, etc.
07:06Ça n'est pas un métier comme un autre.
07:08Donc finalement, ce qui est en train de se passer,
07:10c'est que les jeunes étudiants, les futurs médecins,
07:14sont dans la société telle qu'elle se présente aujourd'hui,
07:18ont les exigences qu'ont tous les étudiants
07:20et tous les gens qui rentrent dans cette société.
07:22Mais là où évidemment ça se complique beaucoup,
07:25c'est que leur métier n'est pas comme les autres
07:27et que les malades oublient malheureusement
07:29de ne pas être malade le dimanche,
07:33ou les jours fériés, ou à 3h du matin.
07:36Donc c'est vrai que ça pose un problème bien spécifique
07:38et ça, je crois qu'il faut vraiment en tenir compte
07:41parce que ça explique à mon avis
07:43pourquoi on voit augmenter finalement le sentiment d'anxiété,
07:47voire de dépression chez nos étudiants.
07:49Il y a un conflit entre ce qu'on ressent
07:51de ce qu'on doit faire parce qu'encore une fois,
07:54le malade, il est là,
07:55et puis tout ce qui se passe en dehors.
07:57Corinne Imbert, on l'observe ça,
07:59vous le voyez de là où vous êtes,
08:01alors un sentiment de déclassement,
08:02du coup féminisation des métiers de santé,
08:06plus ce sentiment de mal-être.
08:08Alors le sentiment de mal-être, bien évidemment,
08:10le déclassement un peu, un peu bien sûr.
08:13Alors ça ne veut pas dire que les femmes feraient
08:15un métier déclassé, attention aussi à ne pas faire de...
08:18Non, non, non, non, non, non, mais je sais bien,
08:20mais c'est ma qui dit pour les téléspectateurs.
08:23Mais non, non, mais c'est à la fois,
08:26ce que vous disiez tout à l'heure,
08:27ce n'est pas un métier par défaut,
08:29et d'un autre côté, les jeunes,
08:34intellectualisent peut-être plus leur cursus,
08:37préparent leur avenir,
08:38mais le rapport au travail a changé,
08:40et pour autant, effectivement,
08:41ce n'est pas un métier comme un autre.
08:42Et c'est là où il y a un hiatus,
08:44il y a une incompréhension
08:45entre les patients et les professionnels de santé.
08:48Et plus ce décalage s'installe,
08:51plus les professionnels essaient de se préserver, justement.
08:54Donc, d'où l'incompréhension.
08:55Mais c'est intéressant,
08:57et voilà, ça fait partie des fois qu'on avance ensemble là-dessus.
09:00Marion Darospoli,
09:01ce sont des études difficiles aussi,
09:02il le dit, ce jeune homme, dans le film,
09:04il parle de séquelles physiques,
09:05il a des croûtes aux coudes tellement...
09:07C'est des choses auxquelles on ne pense pas, évidemment.
09:12Est-ce qu'ils sont bien formés, quand même, les médecins ?
09:14Est-ce qu'il n'y a pas un petit côté singe savant ?
09:16On vous remplit d'informations ?
09:17Est-ce que c'est un passage obligé ?
09:18Ou est-ce qu'il y a aussi un accompagnement ?
09:20Est-ce qu'on vous apprend autre chose ?
09:22L'empathie, il dit qu'il n'a même plus le temps de lire un livre.
09:24Est-ce que ce n'est pas un problème dans la formation des médecins ?
09:27Je pense que c'est avant tout une idée d'organisation,
09:29parce que chacun vit son cursus
09:30de la manière dont il a envie de le vivre.
09:32Alors, en effet, il y a des exigences académiques
09:34qui sont immenses,
09:35mais on a tout de même ce côté humain
09:38qui ressort par le biais des stages,
09:39notamment, on a également dans certaines facultés
09:41des enseignements qui tournent autour de l'empathie,
09:43donc on a une formation...
09:44Ça, c'est présent aujourd'hui dans les études de médecine ?
09:46C'est présent, c'est présent.
09:50C'est un peu nouveau ?
09:51Mais en tout cas, c'est présent,
09:52parce que c'est nécessaire, justement,
09:53dans la société dans laquelle on vit,
09:54et notamment pour le rapport avec les patients.
09:56Donc ça, pour l'instant, on l'a.
09:58Il faut le développer, mais on l'a.
09:59Et au niveau des séquelles physiques, en effet,
10:01je me rappelle très bien en première année,
10:03j'avais des tendinites au poignet,
10:04parce que pour apprendre, j'écrivais,
10:06et j'étais obligée de mettre une attelle pour écrire,
10:08parce qu'on a des séquelles physiques,
10:09et ça nous suit tout au long de notre vie, je pense.
10:12Donc c'est quand même des études, en effet, assez exigeantes,
10:14et il faut arriver à faire le parallèle
10:16entre les compétences, les connaissances,
10:18avoir une vie également à côté,
10:19et c'est en ça que je vous rejoins totalement.
10:21On a une génération actuellement
10:22qui veut avoir une vie à côté.
10:25Et c'est d'ailleurs ce qu'il dit aussi dans le documentaire.
10:26Par rapport à l'exercice en déserts médicaux ou en campagne,
10:29en fait, ce n'est pas qu'on ne veut pas travailler là-bas,
10:31c'est qu'on ne veut pas y vivre,
10:33parce qu'un désert médical, c'est un désert tout court.
10:34On va y venir.
10:36Juste sur cette question de la formation,
10:37c'est une émission qui a suscité beaucoup de réactions en amont,
10:39puisqu'on demande l'avis des téléspectateurs.
10:41On a eu pas mal de réactions.
10:42On a eu ce commentaire de Rémi Honoré,
10:48qui ne prépare pas à la complexité des maladies chroniques,
10:51à la nutrition clinique,
10:52ni à la coordination pluridisciplinaire.
10:54Question, dit-il, comment faire évoluer le cursus
10:56pour que les médecins généralistes
10:58ne se retrouvent plus seuls face à des tableaux cliniques
11:01que sa formation n'a jamais abordés.
11:03Et c'est vrai que le jeune homme, dans le film,
11:04nous parle du doute qu'on ne lui a pas appris.
11:06On ne lui a pas appris à dire « je ne sais pas » face à un patient.
11:09Est-ce que ce sont des questions qu'il faut se poser aussi ?
11:11Gérald Kirst.
11:11Le moyen sera mieux à même de répondre.
11:12Mais moi, ce que je constate en tant que praticien de terrain,
11:15urgentiste, je vois beaucoup de patients lambda,
11:18j'utilise très peu de mes connaissances apprises
11:20en première année, deuxième année.
11:22Et pourtant, elles sont nécessaires.
11:23C'est un socle de connaissances nécessaire.
11:24Est-ce qu'il faut pour autant rallonger les études ?
11:26Je ne pense pas.
11:27Est-ce qu'il faut pour autant continuer
11:29à avoir toute cette formation théorique, etc. ?
11:32On pourrait l'édulcorer, on pourrait intégrer.
11:34Un facteur fondamental, on y reviendra probablement,
11:36c'est l'intelligence artificielle
11:38qui va considérablement révolutionner nos pratiques
11:41et révolutionner la connaissance,
11:43dans le sens où il n'y a pas que nous
11:44qui avons la connaissance maintenant.
11:45Moi, mes patients aux urgences, ils viennent avec
11:49ChatGPT, avec Claude, avec Perplexity,
11:51avec déjà des éléments.
11:52C'est bien, ce n'est pas bien, on est d'accord,
11:53on n'est pas d'accord, ce n'est pas le problème.
11:54C'est la réalité, je ne peux pas être contre Internet.
11:56Du directeur médical de Doctissimo,
11:58on a une information médicale,
12:007 millions de Français chaque mois
12:01qui viennent regarder, qui parfois arrivent
12:04avec l'affiche, etc.
12:05Donc, il va falloir faire avec.
12:06Voir le diagnostic.
12:06Et tout ça, il faut l'intégrer dans le cursus.
12:09Et il y a probablement un décalage, là,
12:11entre le cursus, la formation initiale,
12:13c'est ce que dit le collègue pharmacien, là,
12:15et la réalité de pratique du terrain.
12:16C'est pareil en pharma.
12:17C'est intéressant, Philippe Rosinefsky ?
12:19Je crois qu'il y a des réalités.
12:21C'est un métier, ce sont des métiers.
12:24Et nous devons former les étudiants à des métiers,
12:27depuis le généraliste qu'est Angèle,
12:30jusqu'aux futurs spécialistes des maladies infectieuses
12:34ou de leur chirurgie orthopédique.
12:36Je pense qu'il faut quand même dire
12:38que les enseignants, les doyens,
12:41sont conscients du fait qu'il y a des limites
12:45à ce que les étudiants peuvent absorber.
12:47Et avec les années, on a quand même beaucoup épuré
12:50les connaissances exigibles.
12:53Par exemple, un petit exemple,
12:55le nombre de posologie de médicaments
12:56qu'on demande à nos étudiants de savoir aujourd'hui,
12:58il est réduit à 3 médicaments ou 4 médicaments.
13:02Et le reste, effectivement, c'est disponible sur Internet.
13:06Vous pourriez introduire quoi de nouveau, alors ?
13:07Alors, on introduit des enseignements à l'empathie
13:10sur l'intelligence artificielle, sur le savoir-être,
13:14sur tout simplement des notions générales,
13:17de comportement, de situation d'épidémie.
13:20On leur apprend le doute d'être confronté
13:23à la détresse d'un patient, de savoir y répondre.
13:25Il faut insister sur une modalité d'enseignement
13:28qui n'est plus tout à fait nouvelle maintenant,
13:30mais qui est l'enseignement par simulation.
13:32Cette fameuse formule, jamais la première fois sur un patient,
13:35où, par exemple, on met un comédien en face d'un étudiant
13:39et la comédienne en question,
13:42j'ai assisté récemment à cette scène,
13:44se fait annoncer sa rechute de cancer du sein
13:47par l'étudiant.
13:49Et c'est extrêmement formateur pour l'étudiant
13:51de voir comment la personne en face réagit.
13:54Donc voilà.
13:54Alors, le jeune Angèle aborde plein de sujets dans ce film
13:57est notamment une des questions centrales
13:59qui occupent tout le secteur et, bien sûr,
14:01les responsables politiques depuis des années.
14:03C'est le problème des déserts médicaux.
14:05On va écouter son diagnostic et le traitement
14:08qu'il préconise et on en parle juste après.
14:11Moi, je vois, les étudiants en médecine,
14:13ça ne leur pose pas de problème
14:14d'aller travailler dans les campagnes.
14:16Ça leur pose problème de vivre dans les campagnes,
14:17comme tout le monde.
14:21Il y a plein d'endroits où il n'y a plus rien.
14:22Il n'y a plus de boulangerie,
14:23tu n'as pas de librairie.
14:26Vive toute ta vie.
14:28Et puis quand tu es médecin,
14:29tu n'as pas des masses de vacances.
14:30Quand tu arrives à la campagne,
14:31tu n'arrives pas à trouver de remplaçants.
14:32Tu es hyper bloqué.
14:34Ça, ça n'intéresse pas les gens.
14:37Moi, j'aime bien cette idée de système
14:39où tu vas bosser à la campagne,
14:41c'est plus intéressant qu'en ville,
14:42tu bosses comme un dingue.
14:44Tu bosses à fond, mais à un petit moment.
14:47Là, tu apprécies vraiment ton boulot.
14:49Voilà, je propose en gros de tourner,
14:51de faire deux mois à fond en campagne
14:53et puis de faire tourner tous les médecins.
14:55Voilà, Corinne Imbert,
14:56vous qui êtes porteuse d'une loi sur cette question-là.
15:01Alors, comment dire ?
15:02Moi, j'ai grandi en région parisienne
15:05et je vis dans un petit village depuis 45 ans
15:10de 650 habitants
15:11où, malgré tout, il y a deux médecins,
15:13il y a six infirmières,
15:14il y a un kiné, il y a une pharmacie
15:16et il y a surtout une population,
15:17une population à prendre en charge.
15:19Pour autant, aujourd'hui,
15:21si je pose la question à un médecin
15:22de venir s'installer là-bas,
15:23je suis sûre que la réponse sera négative, effectivement.
15:25Donc, on est à la fois...
15:27On apparaît comme étant des déserts,
15:29mais il y a quand même de la vie
15:30et on n'est pas que des déserts sans rien.
15:34Et pour autant, même s'il y a une ville à 25 minutes,
15:36parce que je prends une demi-heure de trajet,
15:39je trouve ce qui est acceptable,
15:41je pense qu'aujourd'hui, il n'y a pas grand monde
15:42qui viendrait s'installer, effectivement,
15:44d'une ville vivant dans une ville à une demi-heure.
15:47Pourquoi un déficit d'image, au fond ?
15:48Je pense, un déficit d'image, oui,
15:50et on ne s'y ennuie pas,
15:51et on a un exercice de qualité,
15:53les médecins exercent une médecine générale de qualité,
15:56ils font des points de soutien s'il faut,
15:58enfin, ils font des choses peut-être plus diverses
16:02que dans un cabinet de ville,
16:03et ils y ont toujours trouvé un intérêt,
16:05et on n'arrive pas à donner envie.
16:08Alors...
16:08Alors, du coup, vous préconisez le fait
16:10de contraindre les deux tiers des étudiants
16:12à rester dans la région
16:13dans laquelle ils ont effectué leur externat
16:15pour terminer leur cursus.
16:17Alors là, c'est pour terminer, voilà,
16:18c'est sur la proposition de loi que j'ai déposée
16:20qui a été examinée au Sénat à l'automne,
16:24c'est de dire, parce qu'on reconnaît,
16:26selon les éléments statistiques,
16:28une grande partie des médecins qui s'installent
16:30sont originaires de la région où ils s'installent.
16:33Effectivement, on ne remet pas en cause.
16:35Donc, on est en sixième année,
16:38il y a le concours, le concours national,
16:40ça n'est pas remis en cause,
16:41et on souhaiterait que...
16:42Alors, les deux tiers, c'est un...
16:44Il fallait mettre...
16:45Il fallait mettre un chou.
16:45Voilà, ça se discute,
16:47mais que les deux tiers des étudiants,
16:49par exemple, d'une faculté de Poitiers,
16:51restent dans la région Poitou-Charentes
16:53pour faire leur internat,
16:55permettant aux premiers tiers
16:56d'aller le faire à Paris, s'ils le souhaitent,
16:59pour ne pas amputer sur l'excellence
17:01et priver d'excellence des internes.
17:03Alors, ça ne veut pas dire que les autres
17:04sont moins bons, soit moins bons,
17:05mais c'est aussi pour ne pas...
17:08Enfin, éviter le fait que des internes
17:10aillent dans une autre faculté
17:12pour ne pas y rester.
17:13C'est-à-dire qu'ils vont être formés
17:14par une équipe
17:15dans je ne sais quel service
17:16pour après ne pas rester
17:18là où ils auront fait leur formation.
17:20Donc, c'est aussi un petit peu dommageable.
17:21Bon, c'est quelque chose
17:23qui sera, je ne sais pas...
17:24C'est un sujet sensible.
17:25C'est un sujet sensible.
17:26Non, mais je sais que ce n'est pas approuvé
17:29par les étudiants,
17:31et je peux l'entendre,
17:32mais c'est aussi quelque chose
17:33qu'on avait discuté
17:34avec l'ancien ministre de la Santé,
17:36Yannick Noderre,
17:37et c'est pour mettre le sujet sur la table.
17:39Et encore une fois,
17:40oui, il y a un engagement.
17:41D'un autre côté,
17:42je suis attachée aussi
17:43à la liberté d'installation,
17:46mais il ne faut pas résumer...
17:48Enfin, on parle beaucoup
17:48de déserts médicaux.
17:49Le terme de désert
17:50n'est pas forcément la réalité.
17:52Il y a d'autres professionnels
17:53et il y a des patients,
17:54et il y a un vieillissement
17:55de la population,
17:56et il y a des maladies chroniques,
17:57et ces patients ont le droit aussi
17:58à être pris en charge.
17:59Marion Darospoli,
18:00on va laisser l'étudiant
18:00en te répondre.
18:02Non, mais tout à fait.
18:03Mais premièrement,
18:03sur la partie déserts médicaux,
18:04si je peux me permettre,
18:05en fait, ce qui est assez particulier,
18:07c'est que la nouvelle génération
18:08a quand même des exigences,
18:10des attentes,
18:10je ne sais pas comment
18:10on pourrait le dire,
18:11mais en tout cas,
18:12en termes d'exercices coordonnés,
18:13par exemple,
18:14mais également en termes
18:15d'exercices mixtes.
18:16On a beaucoup de personnes
18:17qui maintenant veulent faire
18:18de l'hôpital et du libéral,
18:19qui veulent aller en clinique
18:21et avoir un cabinet.
18:22Et en fait,
18:23c'est quelque chose
18:23qui notamment est plus compliqué
18:24à mettre en place
18:25dans tout ce qui va être campagne,
18:27déserts au sens large,
18:28et même s'il peut y avoir
18:29un exercice coordonné,
18:30comme vous disiez,
18:31au niveau de votre village,
18:32ce n'est pas le cas partout.
18:33Et c'est aussi ça
18:34qui est en fait un frein finalement
18:35pour les étudiants,
18:37pour les jeunes diplômés
18:37qui veulent s'installer quelque part.
18:39Et sur le côté du coup
18:39de la proposition de la régionalisation,
18:41en effet,
18:42nous c'est quelque chose
18:42qui ne nous convient pas réellement,
18:44dans le sens où,
18:45si un étudiant veut partir
18:47à la suite de son externat
18:48parce qu'il ne veut pas
18:50exercer dans le territoire,
18:51le forcer à rester
18:53ne changera pas
18:54sa vision du territoire.
18:55Et donc en fait,
18:55on est vraiment sur ce côté-là
18:56de contraintes
18:57et moi j'ai même peur
18:58que ça entrerait
18:59une médecine à deux vitesses.
19:00Si c'est le premier tiers
19:01du classement
19:02qui a le droit de bouger,
19:03d'aller se former
19:03dans les bons centres,
19:04dans les centres d'excellence,
19:05que ce soit Paris, Marseille, Bordeaux,
19:06dans certaines spécialités,
19:07et que les autres soient contraints
19:09à rester dans un territoire
19:10où il n'y a pas forcément
19:11toutes ces spécialités,
19:12parce que toutes les subdivisions
19:13ne proposent pas les mêmes spécialités,
19:15d'ailleurs, pardon.
19:17C'est des réflexions
19:18où on trouve pas mal de limites.
19:20Quand on rentre dans le détail,
19:21on se rend compte
19:21que c'est vraiment...
19:22C'est ça,
19:22et on a vraiment peur
19:22que ça empêche les gens
19:24de réaliser leur rêve
19:25parce que typiquement,
19:26si moi j'ai toujours voulu faire
19:27chirurgie maxillofaciale
19:28dans les Hauts-de-France,
19:29en étant à Amiens,
19:30je ne pourrais pas
19:30parce qu'il n'y a pas
19:30de place de CMF.
19:32Mais le sujet est mis sur la table
19:33et il faut le mettre sur la table.
19:34Il faut trouver des solutions.
19:35Là où je vous rejoins,
19:37c'est de dire
19:38qu'il faut redonner en vie.
19:39Mais ça, ça ne va pas
19:40avec faux contraindre.
19:42C'est-à-dire qu'il faut redonner
19:43en vie aux gens
19:44et on ne se pose jamais la question
19:45pourquoi les gens n'y vont pas.
19:47Ils n'y vont pas
19:47parce qu'aussi,
19:48le boulot de médecin généraliste,
19:49il n'est pas valorisé
19:49dans notre société.
19:50Il n'est pas valorisé à la fac,
19:52dans le cursus.
19:52En fait,
19:53si tu fais médecine générale,
19:54c'est que tu as un peu raté ta vie.
19:55C'est-à-dire qu'on est éduqués
19:56un peu comme ça.
19:57Un peu plus aujourd'hui,
19:58non ?
19:58Ce n'est pas devenu une spécialité ?
19:59Oui, oui.
19:59Mais je vous prends l'exemple
20:00de deux internes
20:01qui ont fait leur stage
20:02chez les généralistes.
20:05Ils sont revenus en disant
20:05tout, mais pas ça.
20:06Pourquoi ?
20:07Parce qu'ils sont tombés
20:07sur deux collègues
20:08qui, manifestement,
20:09n'étaient pas heureux
20:10dans leur travail.
20:11Donc, posons-nous la question
20:12pourquoi les médecins
20:13ne sont pas heureux.
20:14Rendons-les heureux.
20:15Et il y a plein de raisons.
20:17La Sécu,
20:17les agences régionales de santé,
20:19plein de contraintes,
20:20une rémunération qui est faible,
20:21etc.
20:21Les patients qui changent aussi
20:22de comportement.
20:23Oui, les patients qui changent.
20:24Non, mais posons-nous
20:24la question là-dessus.
20:25C'est quelque chose
20:26qui est figé aussi.
20:27Parce qu'il le dit.
20:28Il dit, moi,
20:28je m'installe dans un territoire,
20:29je suis coincé pendant 40 ans.
20:30C'est vrai.
20:31On est coincé dans la spécialité
20:33pendant, même s'il existe
20:33quelques passerelles, etc.
20:35Mais enfin,
20:35dans la majorité des cas,
20:36on est coincé dans cette filière-là.
20:38Et tout ça,
20:39ça rend le choix en amont
20:40de dire,
20:41je ne vais pas faire ça
20:42toute ma vie.
20:42Je le vois sur ma spécialité d'origine,
20:44l'anesthésie réin,
20:45les collègues gynécologues,
20:46les pédiatres,
20:46il y a beaucoup de gardes.
20:47Ils disent,
20:47je ne vais pas faire ça
20:48toute ma vie.
20:55Philippe Rozievski
20:56et ensuite Corinne Amber.
20:57Plusieurs choses.
20:58Je pense qu'Angèle,
20:59il ne le dit pas clairement
20:59dans le film,
21:00mais il me semble,
21:00en tout cas,
21:01au niveau de la première année,
21:02il avait très bien réussi.
21:04Et j'ai l'impression
21:04qu'il a bien réussi aussi
21:05ses épreuves classantes nationales.
21:07Voilà,
21:08ça peut être un choix,
21:09la médecine générale,
21:10alors qu'on est très bien classé
21:11et qu'on décide.
21:12Alors la presse
21:13en fait souvent l'écho
21:14en disant,
21:14regardez,
21:15il était très bien classé,
21:16il a choisi médecine générale.
21:17Bon.
21:18L'expérience
21:19de régionalisation
21:20de l'internat,
21:21je pense qu'elle doit être tentée
21:22quand même.
21:23Je comprends les inquiétudes.
21:25Bon,
21:25il n'empêche que l'idée
21:27qu'un étudiant
21:28va quand même
21:30avoir tendance
21:31à rester là
21:32où il a été formé,
21:34c'est une bonne idée.
21:35Il y a des stages
21:37qui peuvent se passer
21:37à distance de la région
21:38quand on veut acquérir
21:39des formations complémentaires
21:41dans des centres
21:41plus spécialisés.
21:43Et puis la dernière chose
21:43que je voudrais dire,
21:44c'est puisqu'on est
21:45sur cette notion de désert,
21:46il ne faut pas oublier
21:47que les déserts,
21:48ce ne sont pas seulement
21:49des petits villages
21:50du centre de la France.
21:51Il y en a en Seine-Saint-Denis
21:53beaucoup
21:53et je pense même
21:54que c'est là
21:54qu'il y en a le plus.
21:56Donc voilà,
21:57il est vrai en même temps
21:59que ce que dit Angèle
22:00sur s'il n'y a pas
22:01un minimum de culture,
22:04de possibilités
22:04pour les enfants,
22:05etc. localement,
22:07le problème de l'installation
22:08n'est pas un problème isolé,
22:10c'est un problème
22:10qui doit s'intégrer
22:11dans le tissu
22:13qu'on trouve
22:15là où on veut s'installer.
22:16Corinne Aubert.
22:18Plusieurs choses.
22:18Ce que vous disiez
22:19est tout à fait juste,
22:20vous êtes mieux placé
22:21que moi pour le dire,
22:22mais à un moment donné,
22:23la médecine générale
22:24a été dévalorisée.
22:25On expliquait aux étudiants
22:27qu'ils pouvaient faire mieux
22:28et ça,
22:29ça a quand même été...
22:30Ça a fait beaucoup de mal.
22:31D'où la demande de reconnaissance
22:32au ferreur de ma part.
22:33de devenir une spécialité.
22:35Voilà,
22:35de devenir une spécialité.
22:37Du coup,
22:37le rallongement des études,
22:38parce que si vous voulez être spécialiste,
22:39vous allez faire trois ans de plus.
22:41Voilà,
22:41c'est un enchaînement.
22:43Et effectivement,
22:44vous avez raison,
22:45donner envie et contraindre,
22:47ça peut paraître paradoxal,
22:48mais si on arrive
22:48à se donner suffisamment envie,
22:50il n'y aura plus de contraintes.
22:51On ne donnera plus.
22:52Et c'est tout l'enjeu.
22:54Et c'est peut-être ça
22:55qu'on n'arrive pas encore à faire.
22:56Parce qu'aujourd'hui,
22:58on n'arrive pas
22:59à casser les stéréotypes.
23:00On n'arrive pas à se casser.
23:02Pour reprendre l'exemple
23:03de mon village,
23:04deux hôpitaux à moins d'une demi-heure,
23:06deux hôpitaux de proximité
23:07à moins d'une demi-heure,
23:07le TGV pas très très loin,
23:09une ville de 25 000 habitants
23:11avec lycées, collèges,
23:12école bien sûr,
23:13théâtre, etc.
23:14Une vie culturelle,
23:15une activité économique.
23:18Malgré tout,
23:19on n'y arrive pas.
23:20Donc,
23:21il y a bien un sujet
23:23qui nous dépasse.
23:23Il y a un verrou
23:24qui nous dépasse.
23:26C'est l'exemple
23:27que je connais le mieux,
23:27bien évidemment.
23:28Mais il y a ce verrou
23:30qu'on n'arrive pas à forcer.
23:32Et c'est un des enjeux.
23:34Et le verrou,
23:34il est peut-être sur
23:35ce qu'il dit un peu en sublimina,
23:37ce que je reprenais en disant
23:38on est figé,
23:39on choisit sa spécialité
23:40à 24 ans
23:42et on est coincé
23:43dans ses spécialités.
23:44On choisit son mode d'exercice
23:45et on est coincé.
23:46Ce que vous disiez,
23:46Marion,
23:47est très juste
23:47l'exercice mixte.
23:48Moi, je suis à mi-temps
23:49à l'hôpital.
23:50Formidable, le mi-temps.
23:51Parce que comme c'est un métier
23:52qui est épuisant,
23:53ça permet de faire autre chose.
23:54Mi-temps, ce qu'on veut,
23:55mi-temps de la politique,
23:56mi-temps à l'hôpital,
23:57mi-temps médecin à la sécu,
23:58mi-temps médecin généraliste.
24:00Mais je pense que là,
24:00il y a une clé
24:01qui est intéressante.
24:02Je pense que Mme Imbert
24:03a quand même raison
24:03d'insister sur le fait
24:05que nous avons tous
24:06des droits
24:07et aussi des devoirs.
24:09Moi, j'aime bien rappeler
24:09aux étudiants
24:11et je m'en félicite
24:12que pour arriver
24:13à cette profession de médecin,
24:16les études en France
24:17sont quasiment gratuites.
24:19Très peu coûteuses, disons.
24:20Donc on doit quelque chose
24:21à la France.
24:22Et je me bats quelquefois
24:23un petit peu avec eux.
24:24Ils me disent
24:25mais non, on ne doit rien,
24:26on a déjà donné, etc.
24:27Non, je pense que c'est vrai,
24:29il faut prendre en considération
24:31les aspirations des étudiants
24:32et en même temps
24:33leur rappeler
24:34qu'il y a quand même
24:36une petite dette
24:37et qu'aller exercer,
24:39pourquoi pas,
24:39pendant un temps limité
24:41dans telle région
24:41qui est particulièrement problématique,
24:43ça peut être une solution.
24:44Comme c'est un peu le cas
24:45pour les profs.
24:46Mais bien sûr,
24:46qui eux sont mutés
24:47et on ne leur demande pas.
24:48Il y a énormément d'études
24:49qui sont gratuites
24:50sur cet argument-là.
24:52Pardon.
24:52Et là,
24:53on ne va pas être d'accord
24:54même si je ne suis plus étudiant.
24:55Mais la deuxième chose,
24:56c'est qu'un étudiant en médecine,
24:57il fait du boulot à l'hôpital.
24:58Oui, c'est ce qu'il répond d'ailleurs.
25:00Mais c'est la réalité.
25:01Mais ça n'empêche.
25:02Il remplace les secrétaires,
25:03donc il rapporte aussi
25:05l'étudiant en médecine.
25:06Il a...
25:06Un peu.
25:07Un peu.
25:08Marion Darospoli,
25:08on vous laisse quand même
25:09le mot de la fin sur cette question.
25:10Oui, oui.
25:1052 euros la garde
25:11et 219 euros par mois
25:12pour parfois un 48 heures semaine.
25:14C'est vrai qu'on a un peu de mal
25:16à entendre le fait
25:16qu'on redoie quelque chose
25:18sachant que les études
25:18sont gratuites.
25:20Et donc c'est vrai que,
25:21certes,
25:22on nous compare souvent
25:22aux professeurs.
25:23Pour autant,
25:24on n'est pas des agents
25:25du service public.
25:26Quand on a l'hôpital,
25:26oui.
25:26Quand on est étudiant,
25:27oui.
25:27Mais lorsqu'on est par exemple
25:28en libéral,
25:29on est notre propre patron.
25:30Donc on a aussi envie
25:31de pouvoir choisir
25:32un petit peu de ce côté-là.
25:33Moi, simplement,
25:33la réflexion que je voulais apporter
25:35par rapport à tout ce débat,
25:36c'est aussi
25:36le système de santé français
25:38évolue
25:38et est très hospitalo-centré.
25:40Donc le fait
25:41d'irriguer,
25:43j'ai envie de dire,
25:43les territoires,
25:44c'est plus compliqué également
25:45quand on a les grands centres urbains
25:46qui centralisent tout
25:47avec les CHU par exemple.
25:48C'est dit.
25:49Les CHU de proximité,
25:50c'est plus complexe aussi
25:51d'irriguer là-bas.
25:51Une autre remarque d'Angèle
25:53qui nous a intéressés
25:54dans ce film
25:55et cela va nous amener
25:56à nous projeter
25:56vers la médecine de demain.
25:57C'est notre troisième chapitre.
25:58Nous avons de plus en plus
26:00de machines perfectionnées
26:02pour trouver le mal
26:02et le soigner.
26:03Scanner IRM évidemment
26:04et bien sûr
26:05l'intelligence artificielle
26:06qui est en train de s'installer
26:07très sérieusement
26:08dans le monde de la médecine.
26:09Mais lui,
26:09lors de son expérience
26:10en Bulgarie,
26:11Angèle,
26:12c'est une médecine
26:12sans moyens
26:13qu'il découvre
26:14et ça n'a pas que des défauts.
26:15On va l'écouter
26:16et on en parle après.
26:19Le fait même
26:19qu'ils aient moins d'argent
26:20dans les hôpitaux,
26:21quand il y a moins de pognon
26:22dans les hôpitaux,
26:23ça se sent de toute façon,
26:23ça se sent
26:24dans la façon
26:25dont on doit organiser
26:27l'hôpital.
26:27C'est vraiment
26:29vachement moins riche
26:31que ça ne l'est en France.
26:33Ça se sent vachement
26:33et tu sens
26:34qu'ils doivent faire
26:34avec ce qu'ils ont
26:35et que l'examen clinique
26:37il est vachement plus poussé.
26:39Moi,
26:40j'ai trouvé ce passage
26:40très intéressant.
26:41Est-ce que ça veut dire
26:41que quand on a moins de moyens,
26:42du coup on bricole plus
26:43mais on fait plus d'examen clinique
26:44et est-ce que nous
26:45on est en train de perdre ça ?
26:46Philippe Rosneffi.
26:46Oui,
26:47je pense que l'examen clinique
26:48est en recul.
26:49C'est dommage ou pas ?
26:53Alors,
26:53d'abord,
26:54je pense qu'il y a
26:55une chose extrêmement importante,
26:56c'est que le contact physique
26:58avec le malade
26:59c'est extrêmement important.
27:00Que ce soit
27:01dans un cabinet
27:02de médecins généralistes
27:04ou spécialistes libérales,
27:05que ce soit
27:05dans une chambre d'hôpital,
27:07le fait de pouvoir
27:08prendre la main,
27:09de pouvoir prendre l'épaule,
27:10de pouvoir s'asseoir,
27:12je crois que le contact
27:13et l'examen
27:13c'est quelque chose
27:14d'abord qui est très informatif
27:16pour le médecin
27:16et très rassurant
27:17pour le malade.
27:18Maintenant,
27:18il y a un constat,
27:20je vois bien,
27:20nous on éduque,
27:21comme toutes les facultés
27:23de médecine aujourd'hui,
27:23nos étudiants
27:24à avoir dans la poche
27:26un échographe portable
27:27et on peut comme ça
27:29pendant l'examen,
27:30donc on voit bien
27:30que ce n'est plus
27:31un examen classique,
27:32on voit que l'étudiant
27:34va pouvoir mettre
27:35un coup d'échographie
27:36sur le rein,
27:37sur le foie,
27:38faire un diagnostic
27:39beaucoup plus rapide
27:40et beaucoup plus performant.
27:41Donc,
27:42oui,
27:42c'est regrettable
27:43à certains égards,
27:44je crois qu'il faut garder
27:45le contact
27:46au sens propre du terme,
27:47mais en même temps,
27:48puisque c'est l'expression
27:49à la mode,
27:50et bien,
27:50en même temps,
27:52on est dans une médecine
27:54qui fait que le scanner,
27:55l'IRM,
27:56l'échographie,
27:57l'intelligence artificielle
27:58changent tout
27:59et que le risque est là.
28:01Est-ce qu'on va vers une médecine
28:02où on ne palpera plus ?
28:04Est-ce que c'est ça
28:04la médecine de demain ?
28:05On est en train d'y arriver,
28:06il faut revenir à l'examen clinique,
28:07ne serait-ce que pour des raisons
28:08de ne pas prescrire
28:09à tir l'arigot
28:10des examens qui ne servent à rien.
28:11Ça, c'est clair,
28:12ce qu'on appelle
28:12la pertinence.
28:13Agnès Buzyn en avait parlé
28:14et puis elle a lancé le terme
28:16et puis après,
28:20on ne fait pas de la médecine
28:21en 2026
28:21comme on fait de la médecine
28:22au début du siècle
28:23et je comprends les patients
28:25qui disent
28:25mais moi je veux mon scanner,
28:26mon IRM
28:27parce que sinon,
28:27il y aurait une perte de chance
28:28et je ne veux pas
28:29que de la médecine clinique
28:31soit parce qu'on n'a plus de pognon
28:33pour pouvoir avoir les examens.
28:36Parce que vous allez en Corée,
28:37vous allez au Japon,
28:38vous allez dans des systèmes
28:39qui sont les meilleurs du monde
28:41parce que le système de santé français
28:42n'est plus le meilleur du monde
28:44depuis Belle-Lurette.
28:46Là, vous avez des examens complémentaires
28:47qui sont extrêmement pointus.
28:49Donc, nos patients ont droit
28:50avec leur cotisation en plus
28:51et dans un pays
28:52qui est une puissance mondiale encore
28:54à ces examens complémentaires.
28:56Mais, il faut être
28:57dans la pertinence
28:57de ces examens
28:58pour dépenser
28:59de manière efficiente
29:01même si je n'aime pas ce mot
29:02mais enfin globalement
29:03si on a besoin d'un scanner,
29:04il faut pouvoir l'avoir.
29:04S'il n'y a pas besoin,
29:05on ne le fait pas.
29:06Et puis, il y a la pression
29:06médico-légale aussi.
29:08Les gens sont très informés,
29:09etc.
29:10Ils vont aller chercher
29:11sur Internet
29:12et puis dire
29:13mais pourquoi je n'ai pas eu mon scanner ?
29:14Et effectivement,
29:14si on passe à côté
29:15qu'on n'a pas fait le scanner,
29:17eh bien,
29:17il y a le procès,
29:18il y a la plainte, etc.
29:19Et ça, c'est très présent
29:21dans les pratiques.
29:23Judicialisation de la médecine.
29:25Avant, on faisait confiance
29:25à son médecin.
29:26Maintenant, non.
29:27On est plus des prestataires.
29:28Il y a une espèce
29:29d'ubérisation de la médecine aussi.
29:30Et là où je rejoins le doyen,
29:31c'est que la télémédecine,
29:32super la télémédecine,
29:33mais attention,
29:34ça ne doit pas remplacer
29:35un médecin traitant
29:36qui vous voit
29:37la télémédecine,
29:37la téléconsultation.
29:38C'est entre deux consultations physiques
29:40pour quelqu'un
29:41qui connaît le malade.
29:42Sinon, c'est de la médecine Uber
29:43et nous, on les retrouve
29:44aux urgences.
29:44C'est des gens
29:45qui ont vu
29:46un médecin
29:46en téléconsultation
29:47qui a prescrit.
29:48Il n'y a pas de suivi,
29:49il n'y a absolument rien.
29:50Et là, c'est très dangereux.
29:51Et je ne parle même pas
29:52du volet préventif
29:53où on se gargarise
29:53en disant
29:54qu'on est en retard
29:54sur la prévention.
29:55Il faut faire de la prévention.
29:56Mais c'est le rôle
29:56des médecins aussi
29:57de faire de la prévention.
29:57Il faut garder un équilibre
29:58entre tout.
29:59Palper, les machines,
30:00l'intelligence artificielle.
30:00Et il ne faut pas penser
30:01que ça coûtera moins cher.
30:03Ça coûtera de toute façon
30:04plus cher
30:04pour la simple et bonne raison
30:05qu'il y a un vieillissement
30:06de la population
30:06et que la technologie augmente.
30:08Marion Darospoli,
30:09dans les études,
30:09on apprend à palper quand même.
30:10Vous êtes encore
30:11dans l'examen clinique ?
30:12Oui, on est encore
30:12beaucoup dans l'examen clinique
30:13parce que tout de même,
30:14même s'il y a une évolution...
30:15Oui, bien sûr.
30:16Mais à l'hôpital,
30:16en tout cas,
30:17même si on est dans
30:17une évolution de la médecine,
30:19on est attaché quand même
30:20à des méthodes qui marchent.
30:22Donc de ce côté-là,
30:22pas de doute.
30:23En stage,
30:23j'ai toujours palpé les patients.
30:25L'examen clinique,
30:25c'est le plus important.
30:26Et lorsqu'on doit justement
30:28présenter un cas clinique,
30:29il faut avoir fait
30:30l'examen clinique avant.
30:30Et c'est ce qu'on voit
30:31dans le reportage, justement.
30:32Lorsque ce n'est pas fait,
30:33on peut être réprimandé
30:34parce qu'on passe à côté des choses.
30:36Mais de ce côté-là,
30:36en tout cas,
30:37en termes de formation,
30:38on n'est pas pour l'instant
30:39forcément bien formé,
30:40je trouve,
30:41à ces nouveaux outils,
30:42à la télémédecine,
30:43à l'IA.
30:44Pour l'instant,
30:44c'est quelque chose
30:44qui me manque dans nos études
30:45et je pense pouvoir affirmer
30:47qu'en France,
30:48on a un train de retard
30:48pour l'instant par rapport à ça.
30:49Par rapport à quel pays ?
30:50Par rapport à tous les pays,
30:53mais à tous les pays
30:53qui s'en sont saisis.
30:54En tout cas,
30:54vous citiez tout à l'heure
30:55tout ce qui va être la Corée,
30:56le Japon,
30:57là où c'est assez bien implémenté
30:59parce qu'ils ont été visionnaires
31:00sur ce fait des choses
31:00et nous,
31:01on n'en a pas été.
31:02Et en fait,
31:02de ce côté-là,
31:02même si on essaye
31:03de faire changer les choses,
31:04encore une fois,
31:04par rapport à tout ce qui est déjà
31:05dans les programmes,
31:06toutes les connaissances
31:08qu'on doit déjà acquérir,
31:09c'est encore des choses en plus
31:10alors que les études
31:17pour l'instant,
31:17à mon sens,
31:18et en tout cas à la faculté d'Amiens
31:19et comme dans de nombreuses facultés,
31:20on n'est pas suffisamment formé à ça.
31:22On a des yeux optionnels parfois,
31:24mais ça ne devrait pas être optionnel.
31:25Ou obligatoire,
31:26ou obligatoire.
31:27Corinne Imbert,
31:27on va entamer la conclusion
31:29de cette émission,
31:29de ce débat.
31:30La médecine de demain,
31:31il faut la voir comment alors ?
31:33Comment il faut s'y préparer ?
31:35Comment il faut s'y préparer ?
31:36C'est aux spécialistes
31:37et notamment aux doyens
31:38de l'imaginer.
31:39Je crois qu'il faut,
31:41en tout cas en tant que politique,
31:42en tant que sénatrice,
31:43je ne me résigne pas sur le sujet.
31:45Je continuerai à me battre
31:46pour maintenir l'accès aux soins
31:48pour nos concitoyens.
31:50Je pense que c'est fondamental.
31:51Et puis, bien évidemment,
31:52il faut intégrer
31:53l'intelligence artificielle.
31:54Elle est déjà...
31:55J'ai visité une unité de radiologie,
31:58un centre de radiologie
31:59il y a quelques mois,
32:00où l'intelligence artificielle
32:02est déjà présente.
32:04Même une révolution.
32:05C'est une révolution.
32:07On parle de première lecture,
32:09deuxième lecture,
32:09troisième lecture.
32:10Eh bien, dans cette troisième lecture,
32:12il y a l'intelligence artificielle.
32:13Donc, elle est présente.
32:14Il ne faut pas s'en priver.
32:16Mais effectivement,
32:17il faut garder la clinique
32:18parce que c'est ce contact
32:20avec les patients
32:20qui fait la noblesse
32:22de la médecine aussi.
32:23Et puis, l'écoute.
32:24Moi, je me souviendrai toujours
32:25d'un médecin généraliste
32:27qui est toujours en retraite
32:28et qui s'asseyait
32:29dès qu'il le pouvait
32:30au bout du lit du patient.
32:32Et il me dit,
32:33en s'asseyant,
32:34je ne restais pas plus longtemps
32:35avec ce patient-là
32:36qu'avec d'autres,
32:37mais ils avaient l'impression
32:38que j'étais restée longtemps
32:39à leur écoute.
32:40Je crois que ça,
32:40il ne faut pas l'oublier.
32:41C'est joli.
32:41Ce qu'on peut peut-être dire
32:43d'optimiste en conclusion,
32:45c'est que cette IA,
32:46elle va probablement
32:47quand même libérer le médecin
32:49dans un certain nombre
32:49de contraintes aussi.
32:51Et on peut espérer,
32:52ça se dit beaucoup en ce moment,
32:53que ce temps libéré,
32:55ça va être du temps
32:55qui va profiter au patient.
32:57Ça va être du temps d'écoute,
32:59ça va être du temps de contact,
33:00de discussion,
33:01d'empathie.
33:03Voilà.
33:03J'espère que c'est comme ça
33:04que ça se passera.
33:05Je pense qu'on peut l'espérer.
33:06Oui, je pense.
33:07Je pense qu'on peut espérer ça.
33:08Beau signe d'espoir,
33:09Gérald Kirzak.
33:09Moi, je ne vais pas être optimiste
33:10parce qu'on a un système
33:11qui est en train de se...
33:12Non, mais il faut être factuel.
33:14On a un système
33:14qui est en train de se tire-mondiser.
33:16Quand vous mettez six mois
33:16avant d'avoir un ophtalmo,
33:17un dermato,
33:18quand vous avez des burn-out
33:19extrêmement importants
33:20chez les médecins,
33:21des jeunes qui arrêtent les études,
33:23c'est pareil chez les infirmières,
33:24etc.
33:24On a un problème.
33:25Quand on voit
33:26qu'on n'a pas accès
33:28à la technologie
33:29ou aux innovations médicamenteuses
33:30comme d'autres pays européens,
33:32nos voisins ont accès.
33:34Il y a un problème d'accès
33:34au marché aussi
33:35aux nouvelles molécules.
33:36Il y a un problème.
33:36Tout ça avec une dépense publique
33:38qui est extrêmement importante.
33:40On voit que depuis quelques années,
33:42le beau système qu'on avait,
33:43qui a été le meilleur
33:44en les années 2000,
33:45est en train vraiment de descendre.
33:46Je pense qu'il y a
33:46une vraie réforme
33:47de fonds à faire
33:49et qui n'est pas uniquement
33:49des petites...
33:50On a l'impression
33:50de mesurer de petites réformes.
33:52Je pense que la vraie réforme,
33:53c'est de l'ordre
33:53de la réforme
33:54des ordonnances de Bré de 1958
33:56qui ont créé les CHU,
33:57qui ont créé les carrières hospitalières,
33:59il faut remettre tout ça
34:00sur la table.
34:01Malheureusement,
34:01avec plus d'une dizaine
34:02de ministres de la Santé
34:03depuis deux quinquennats,
34:04il n'y a pas de vision.
34:05Et puis, je pense
34:06qu'il y a une mainmise
34:07de gens qui ne sont pas
34:07des médecins,
34:08une mainmise administrative
34:09qui est un vrai problème
34:10de bureaucratie
34:11qui a les manettes,
34:13en particulier depuis la loi
34:14Hôpital, Patients, Santé, Territoire.
34:16Et ça, c'est un vrai sujet.
34:17Je pense que là aussi,
34:18il faut rééquilibrer les pouvoirs,
34:20rééquilibrer la gouvernance,
34:21envisager des passerelles
34:22et remettre ceux qui soignent
34:24aux manettes,
34:24ça me semble fondamental.
34:25C'est un vrai sujet politique.
34:26On le voit dans tous les sondages
34:27et pour 2027,
34:29je pense que ça devrait
34:29être un vrai sujet.
34:30Sinon, la Sécu va dans le mur.
34:32Vous vouliez répondre
34:32en une seconde, Corinne Imbert,
34:33sur cette question ?
34:34Non, mais c'est le vrai défi.
34:35Ça vient d'être très bien résumé.
34:37La stabilité...
34:38Refonds total ?
34:38De toute façon,
34:40je n'imagine pas
34:41un prochain quinquennat
34:42sans une loi santé
34:43dès le début.
34:44Voilà.
34:44Je pense que c'est un vrai sujet.
34:46Pourquoi ça avance à petits pas ?
34:48Parce qu'on avance
34:49à coup de proposition de loi,
34:51qui sont des initiatives parlementaires
34:54de sénateurs ou de députés
34:55et qu'on a besoin
34:56d'une vraie loi santé.
34:58On ne peut pas avancer
34:58simplement avec le projet
35:00de loi de financement
35:00de la Sécurité sociale
35:01parce que ce n'est pas
35:02son objet chaque année.
35:03Par contre,
35:03le système est en difficulté financière
35:05mais c'est tout le fonctionnement
35:06et plus il y aurait
35:08une instabilité politique,
35:09plus l'administration
35:10prendra le pas, bien évidemment.
35:11Merci à tous les quatre
35:12d'avoir participé à cet échange.
35:13Merci à vous deux
35:13de nous avoir suivis
35:14comme chaque semaine.
35:15Émission à retrouver en replay
35:16sur notre plateforme
35:17publicsena.fr
35:18ainsi que le très joli documentaire.
35:19à très vite sur Public Sénat.
35:20Merci.
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