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  • il y a 3 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On est une semaine après la découverte de ce petit garçon de 7 ans.
00:03Le père le séquestrait dans une camionnette depuis près d'un an et demi.
00:06Alors l'enfant, il était déscolarisé, il était dénutri, il était livré à lui-même.
00:11Le procureur, aujourd'hui, a raconté justement comment ça s'est passé,
00:16comment les gendarmes ont découvert le gamin.
00:20À 21h05, une habitante de la commune d'Hagenbach, dans le Haut-Rhin,
00:25contactait la gendarmerie pour signifier qu'un enfant serait enfermé à l'arrière d'une camionnette.
00:30Les militaires de la brigade de Danemarie arrivaient sur place à 21h30
00:34et frappaient contre le véhicule sans obtenir de réponse de l'intérieur.
00:39Après 30 minutes, les militaires parvenaient à ouvrir tout de même la porte latérale du véhicule Renault Trafic
00:44et découvraient la présence d'un enfant en position fétale sur un monticule de déchets porteurs d'une simple couverture.
00:52– Terrible affaire, les détails donnés par le procureur.
00:56On va en parler maintenant avec vous, Alexandre Gonzales, du service police-justice de BFMTV.
01:02Un an et demi dans cette camionnette, comment est-ce que ça s'explique ?
01:06Pourquoi avait-il été mis dans cette camionnette ?
01:08– Alors, le père, qui a d'ores et déjà été entendu en garde à vue
01:12et qui est désormais en détention provisoire, a expliqué qu'il y avait une relation conflictuelle,
01:19dit-il, entre son fils, âgé de 7 ans à l'époque, et sa compagne,
01:24qui n'est donc pas la mère biologique de cet enfant,
01:27et qu'à un moment donné, il a pris la décision, pardon de la qualifier de criminel,
01:33mais c'est le cas quand on voit les détails, décision criminelle,
01:36d'enfermer son enfant dans une camionnette,
01:40en, dit-il, racontant à tout le monde qu'il l'avait en réalité interné dans un hôpital en psychiatrie.
01:45Ça, ce sera à l'enquête de vérifier, c'est dire qui savait quoi,
01:49mais en tout cas, il voulait qu'il ne soit plus en présence de sa compagne qui, dit-il, n
01:54'en voulait pas.
01:55Ses parents à lui, les grands-parents, ne voulaient pas le garder.
01:59La mère biologique, dit-il, n'était pas en mesure de s'occuper de son enfant,
02:04et elle avait perdu la garde.
02:05Ça, là encore, ce sera à l'enquête de bien vérifier ses détails.
02:08Et donc, il prend la décision complètement ahurissante et criminelle
02:13de mettre son enfant dans sa camionnette,
02:15deux fois par jour, venir lui apporter des aliments froids,
02:19de se déplacer au travail tous les jours avec cette camionnette,
02:22avec l'enfant qui se cognait à l'arrière et qui se blessait
02:25quand il y avait des transports avec ce véhicule.
02:30Et ce qui paraît incroyable, c'est que cet enfant dans cette camionnette,
02:34eh bien, même s'il était derrière ces murs, personne n'a jamais rien dit.
02:40Et pourtant, la femme qui prévient les gendarmes avait d'ores et déjà eu des soupçons
02:44par le passé qu'il y avait quelqu'un dans cette camionnette.
02:46D'autres voisins avaient entendu du bruit, pensant que c'était un animal.
02:50Il y a eu plein de petits indices.
02:52Cet enfant qui disparaît aussi du jour au lendemain,
02:55alors que les voisins, au début, connaissaient son existence.
02:58Donc, plein de petits indices et personne n'a rien dit.
03:01– Mais on en sait plus sur les conditions de détention,
03:05parce qu'on peut parler de détention de cet enfant.
03:07Il vivait donc dans cette camionnette.
03:09Son père lui apportait de l'eau chaude l'hiver et de l'eau fraîche l'été.
03:14Il avait un baluchon de vêtements.
03:16Il devait uriner dans des bouteilles vides.
03:18Il a raconté que son père vidait régulièrement les déchets.
03:20L'enfant a aussi indiqué que son papa ne lui avait plus ses vêtements
03:23depuis un moment qu'il n'avait plus de pyjama.
03:25– Oui, ce détail de « je n'ai plus de pyjama »
03:27quand il le raconte aux enquêteurs, ça montre bien.
03:30Enfin, on est face à un petit enfant.
03:32– Aucun soin ?
03:33– Aucun soin.
03:34Il a raconté qu'il est retrouvé là en avril 2026.
03:39Il était dans cette camionnette depuis septembre 2024.
03:42Et il raconte que sa dernière douche date justement de 2024.
03:46– L'examen de l'enfant a mis en évidence qu'il était recroquevillé
03:52avec une position spontanée, genou replié contre le tronc
03:56parce qu'en fait, il a déclaré qu'il ne pouvait plus se mettre debout
03:59dans ses camionnettes, donc il restait assis ou accroupi dans la camionnette.
04:04– Voilà, le lendemain de sa découverte, il est évidemment immédiatement hospitalisé.
04:08Le médecin légiste qui va l'examiner va effectivement constater cela,
04:11que sa position habituelle, c'est les genoux repliés contre le torse.
04:15Donc on imagine cet enfant dans cette camionnette, tout seul, souffrant seul,
04:21avec ses genoux et donc qu'il n'arrivait pas à se remettre debout
04:24et à tenir en position debout.
04:26– Normalement, il aurait dû être scolarisé, sauf qu'il avait été sorti de l'école
04:30dans laquelle il avait été déscolarisé et le père avait prétexté à un déménagement.
04:33Mais il n'avait pas été inscrit dans l'autre école, dans une autre école.
04:36– Oui, et toute la question c'est…
04:37– Il y a un raté là ?
04:37– Il y a forcément un raté, il y a forcément un problème de suivi.
04:43C'est-à-dire que quand le dossier est classé du côté de l'école privée de Mulhouse,
04:48où il était normalement un certificat de radiation doit être émis par l'école,
04:54il doit être transmis à la commune, où figure cette école, c'est-à-dire Mulhouse.
05:00Et puis à la rentrée scolaire, normalement tous les maires ont l'obligation
05:06de dresser la liste de tous les enfants qui sont soumis à l'obligation scolaire.
05:10On voit bien qu'il y avait donc sa demi-sœur qui était à l'école d'Hagenbach.
05:14Mais là on ne comprend pas pourquoi il n'y a pas eu d'alerte sur le fait
05:17que cet enfant n'était pas scolarisé avec sa demi-sœur au regard de son âge.
05:23Alors les mairies nous expliquent qu'on n'a pas toujours accès au logiciel ONDE,
05:27parce que désormais depuis 2021, tous les enfants en âge d'être scolarisés
05:31ont un numéro d'identifiant.
05:33L'idée c'est justement de pouvoir faire en sorte qu'on n'ait pas d'enfants
05:36qui passent sous les radars, mais visiblement les mairies ne peuvent pas toutes le consulter.
05:41Il y a une enquête administrative qui a été diligentée dès lundi
05:44par le ministre de l'Éducation pour comprendre ce qui s'est passé,
05:48pourquoi il n'y a pas eu de suivi, et ce qu'il va falloir éventuellement aussi corriger.
05:52Justement Martine Brouche, je vous ai entendu réagir, présidente de la Voix de l'Enfant,
05:55quand on posait la question « mais il n'y a pas de suivi dans ce cas-là ? »
05:57C'est normal qu'un enfant qui est déscolarisé, on ne sait plus où il est ?
06:01Oui, le problème de la France, c'est qu'on saucissonne l'enfant,
06:04et que vous venez de parler de l'éducation nationale, de la mairie,
06:08mais aujourd'hui, un enfant qui quitte un établissement scolaire
06:11pour un déménagement, l'établissement n'a pas obligation
06:15de transmettre les documents de départ à la nouvelle école, si...
06:21Ça doit passer par les mairies ?
06:23Oui, ça doit passer par les mairies, mais vous vous rendez compte ?
06:26Il n'y a pas de communication des fichiers, il n'y a pas d'obligation.
06:28Nous demandons au ministre, et avec la haute commissaire à l'enfance, Sarah Elahiri,
06:34que systématiquement, tout changement pour un enfant de 3 ans à 16 ans,
06:40au moins, puisque la scolarisation est obligatoire, de 3 ans à 16 ans,
06:45ça soit l'établissement scolaire de départ de l'enfant
06:48qui transmette au nouvel établissement.
06:52Et si, au bout d'un mois, il n'y a pas d'information de l'établissement
06:57d'où est parti l'enfant, de nouvelles coordonnées,
07:00signalement, immédiatement, au parquet.
07:02Je crois qu'il faut qu'on se donne les moyens de protéger tous les enfants.
07:05D'accord, il y a ça, il y a l'institution, mais il y a aussi les adultes.
07:11La compagne du père qui dit « je ne suis pas au courant,
07:13je ne savais pas qu'il était dans cette camionnette »,
07:15elle le croyait où, à l'hôpital psychiatrique ?
07:18Elle dit qu'elle le croyait interné.
07:20La famille proche qui dit « c'était un sujet tabou »,
07:26on n'osait pas poser la question de où était passé ce garçon.
07:31Les jouets étaient dans un paquet, quoi.
07:33Les jouets étaient dans un paquet, il n'y avait plus de chambre.
07:35Qu'est-ce que vous dites aujourd'hui, vous, aux gens,
07:38que ce soit l'entourage familial, que ce soit des voisins,
07:41qui pourraient avoir des soupçons de maltraitance ?
07:44Je voulais rebondir à ce que vous avez dit dès le début, justement,
07:47à cette voisine qui s'est posée des questions.
07:49Et puis, de toute façon, je pense qu'il va falloir que les adultes
07:52se mettent à hauteur d'enfant.
07:53Il y a un numéro vert qui est le 119, le 1-1-9,
07:57pour les gens ou les plus jeunes qui ne peuvent pas.
07:59Le 119, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
08:03Il y a des associations.
08:04Et puis, vous avez un doute, ce n'est pas de la délation,
08:07c'est porter assistance à des enfants ou à un enfant en danger.
08:11Je pense que ce que des gens sont capables de faire
08:14pour aller sauver un animal, il faut qu'ils aient ces mêmes réflexes.
08:19Et là, c'est pour nous quelque chose d'inacceptable
08:23que pendant un an et demi, personne n'ait tendu l'oreille sur les bruits.
08:29Et puis, le père...
08:30Enfin, les grands-parents qui ne se soucient pas de l'enfant...
08:33La mère avait déposé plainte, quand même.
08:36C'est là où il n'arrivait pas à savoir où il était inscrit.
08:39La voix de l'enfant s'est constituée partie civile.
08:41Il va falloir ce qui s'est passé, parce qu'il y a eu une plainte.
08:43La mère biologique, elle n'avait plus de contact depuis 2024.
08:47C'est-à-dire qu'il a fait passer pour ayant des problèmes psychiatriques,
08:51le père, avec la compagne.
08:54Mais quand la mère porte plainte, pourquoi on n'envoie pas
08:56les gendarmes ou la police vérifier où est l'enfance ?
08:57Parce que c'est la difficulté des mères protectrices.
09:00Aujourd'hui, une mère à qui...
09:02Et ça, c'est l'instruction qui va nous montrer
09:04ce qui, véritablement, parce que le père a dit
09:06qu'elle n'avait perdu ses droits.
09:08Alors, est-ce que c'est vrai ou pas ?
09:10Ça, en tant que partie civile, on le saura.
09:13Mais, quoi qu'il en soit,
09:15à partir du moment où il y a une plainte de déposé,
09:19elle reste, quelque part, la mère biologique
09:21qui essaie d'avoir des informations pour son enfant.
09:24Elle est en droit, quand même.
09:26Oui, mais c'est justement pourquoi on n'envoie pas la gendarmerie ?
09:27C'est pas très compliqué d'envoyer la gendarmerie chez le père
09:30pour vérifier si l'enfant est bien là et si tout va bien.
09:31Il est où, l'enfant, d'ailleurs, aujourd'hui ?
09:33Parce qu'on ne l'a pas entendu.
09:35Alors, l'enfant, moi, je dois dire que,
09:37pour les spectateurs, il est à l'hôpital.
09:41Nous, nous nous réjouissons parce que le procureur l'a souligné.
09:44Il a été auditionné dans une unité d'accueil pédiatrique
09:47qu'enfant en danger, que la voix de l'enfant a initiée,
09:50les UAPED, par des professionnels formés,
09:53d'une part, au recueil de la parole de l'enfant,
09:56à l'accueil des enfants victimes.
09:58Il est pris en charge.
09:59C'est un enfant qui est en très grande souffrance.
10:02Il est en position fétale.
10:04Il a dû rester des semaines, des mois, peut-être,
10:07dans cette position fétale,
10:08ne pouvant plus bouger de froid, de faim.
10:10C'est quand même un an et demi.
10:13Imaginez un enfant dans des conditions pareilles.
10:16Il y a une responsabilité, j'ai envie de dire,
10:19à tous les niveaux.
10:21Responsabilité du père à 100%,
10:23de la compagne aussi,
10:26du voisinage, des institutions.
10:29Donc, il y a une vraie question à se poser.
10:31Est-ce possible, en 2026,
10:34qu'un enfant...
10:35Il faut autant de rater, quoi.
10:36Par sorte des radars.
10:37Est-ce qu'on a d'autres enfants dans cette situation ?
10:39Parce que moi, ce qui me donne le vertige,
10:41c'est ça, je me dis,
10:41est-ce qu'il y a d'autres enfants actuellement ?
10:43Il y a une statistique qui est assez méconnue
10:47du grand public.
10:48Tous les cinq jours,
10:49un enfant décède en France
10:51dans la cellule intrafamiliale.
10:53La maltraitance infantile est aujourd'hui
10:55un phénomène qui est très difficile à quantifier.
10:59On a du mal à en dresser les contours,
11:01à en parler.
11:02Et pourtant, personne ne connaît ce chiffre.
11:06Le père et la compagne,
11:07que risquent-ils ?
11:08Le père et la belle-mère.
11:09Qu'est-ce qu'il risque ?
11:10Le père risque jusqu'à 30 ans de prison,
11:13a indiqué le procureur.
11:14La mère non biologique,
11:17c'est-à-dire la compagne plutôt,
11:19la compagne du père risque jusqu'à 7 ans de prison,
11:23notamment pour la non-assistance à personne en danger.
11:25Et un dernier mot,
11:26le procureur a quand même dit
11:27qu'il avait plein d'espoir
11:30pour l'avenir de cet enfant.
11:32C'est là-dessus que nous nous attacherons.
11:35Merci.
11:35Je me permettez-moi de rappeler le 119.
11:38Vous êtes témoin,
11:40vous avez un doute,
11:41vous vous posez des questions,
11:42vous voyez autour de vous des maltraitances,
11:45ou même un doute.
11:46Ce n'est pas de la délation,
11:47ce n'est pas de la dénonciation.
11:49Faites le 119, le 119.
11:51Merci à tous.
11:53Dans un instant,
11:54les conséquences de la guerre,
11:56la tension sur le marché pétrolier,
11:58nous serons avec Thierry Cotillard,
12:00président du groupement Les Mousquetaires.
12:02C'est les pompes à essence que l'on voit au quotidien
12:05et qui n'apprécient pas tellement le dispositif
12:08que veut mettre en place le gouvernement.
12:09Eux, ils ont des propositions,
12:10les distributeurs,
12:12et nous verrons lesquelles.
12:12Les Mousquetaires
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