- il y a 3 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va revenir maintenant sur le fait judiciaire du jour, le coup théâtre.
00:03Cédric Jubilard, qui a reconnu avoir tué son épouse Delphine, se dit prêt à aider les enquêteurs à retrouver le
00:08corps.
00:09Visiblement, il l'a écrit à ses conseils qui ont pris la parole dans la journée.
00:14Il m'a dit « Écoutez, maître, il faut que je vous dise la vérité, c'est moi.
00:18C'est moi qui suis à l'origine de la disparition de ma femme. »
00:24L'explication qu'il donne est la suivante.
00:25Il s'agit d'un couple qui s'est dégradé inexorablement depuis plusieurs mois, avec des tensions de plus en
00:32plus fortes.
00:32Et c'est dans le cadre d'une énième dispute conjugale que les choses ont mal tourné.
00:37Et que celui-ci se retrouve donc à l'origine de la disparition de sa femme.
00:41Parce que quand il a réalisé ce qu'il avait fait, il a tout de suite pensé à ses enfants.
00:45Il s'est dit « Il ne faut pas qu'il ne voit ça, donc je dois déplacer le corps.
00:49»
00:49Il a pensé aussi, parce qu'il s'agit d'un être humain, « Mes enfants m'en voudront, ils
00:54ne me le pardonneront pas. »
00:55Et donc, très rapidement, pour ne pas dire immédiatement, il a pris la décision de déplacer le corps de Delphine
01:01avec le véhicule.
01:03Et en ce qui nous concerne, nous espérons que tout sera fait avec l'aide de Cédric Jubilard pour retrouver
01:08le corps de Delphine.
01:09Il n'y a rien de plus important aujourd'hui.
01:10On peut considérer que ce sont des aveux ?
01:12Oui, Dominique Rizet, les aveux de Cédric Jubilard ?
01:16C'est un premier pas vers des aveux, et qui devront être confirmés de toute façon, devant des enquêteurs, à
01:22la demande d'un magistrat.
01:24Lesquels aveux serviront ensuite, devant une cour d'assises, à aller plus loin dans le futur procès qui sera le
01:31sien,
01:31qui était prévu le 21 septembre, qui pourrait être reporté.
01:35C'est ce qu'on disait tout à l'heure, parce qu'il y a des investigations nouvelles à mener.
01:40L'audition de M. Jubilard, la recherche s'il donne le lieu du corps de sa femme, l'autopsie du
01:48corps de sa femme,
01:49et puis ensuite, l'audience devant la cour d'assises d'appel.
01:53Ça veut dire que les recherches vont recommencer.
01:55Bruno Cézac, vous êtes un ancien commandant de la section de recherche de Nancy.
01:58Si, visiblement, si l'on en croit ses avocats, ses nouveaux avocats, depuis son père et fils,
02:05Cédric Jubilard est prêt à indiquer l'endroit où se trouve la dépouille de son épouse.
02:11Donc très vite, j'imagine que les gendarmes vont entendre Cédric Jubilard ?
02:14– S'il est prêt, on peut peut-être douter un petit peu de la stabilité des propos de M.
02:20Jubilard depuis six ans.
02:21Donc moi, la seule chose dont je suis sûr, c'est qu'il y a un dossier très solide
02:27qui a été constitué par la section de recherche de Toulouse
02:29et l'ensemble des gendarmes de la région depuis des années,
02:33et que M. Jubilard a pris 30 ans au premier procès, sans avouer quoi que ce soit,
02:40en tout cas officiellement, puisqu'il s'était quand même déjà livré
02:43lors de sa détention à un certain nombre de personnes.
02:45Donc ce sont des aveux certes tronqués, mais ce sont des aveux quand même.
02:49Donc moi, la seule chose que j'attends de M. Jubilard,
02:52puisque c'est la seule chose qu'on attend tous, le reste on le sait,
02:55c'est qu'il nous dise où est sa femme.
02:57– Et quand on aura retrouvé le corps, on aura compris aussi de quoi elle est morte précisément ?
03:01– Et qu'on puisse l'identifier déjà dans un certain temps,
03:03pour être sûr qu'il ne nous envoie pas vers une fausse piste.
03:06– Mais quel corps on peut retrouver des années après ? Dans quel état ?
03:10– Les scientifiques pourraient vous en parler mieux que moi,
03:12mais il y a trois points clés d'identification,
03:18le terme est désagréable, mais de cadavres,
03:20c'est les empreintes digitales, les dents et l'ADN.
03:24Là, ça fait quand même quelques années que cette personne est disparue,
03:28ce qui veut dire qu'il faut impérativement qu'on arrive à identifier formellement sa dépouille,
03:34et on ne sait pas dans quelles conditions elle a été séquestrée,
03:40ou abandonnée, ou déposée, enterrée dans des lieux humides, pas humides.
03:45Donc on peut avoir la bonne situation où les trois points clés que j'évoquais
03:50seront concordants et où le travail de la Gendarmerie scientifique pourra être fait,
03:54et puis on peut se retrouver confronté à la situation inverse,
03:57c'est-à-dire que le corps est trop dégradé,
04:00et que les examens seront longs, fastidieux,
04:05et peut-être pas forcément couronnés du succès qu'on peut en espérer.
04:09– Nous sommes avec notre confrère Frédéric Abela,
04:11et les journalistes-justices à la Dépêche du Midi,
04:13parce que ce sont nos confrères qui ont eu cette exclusivité.
04:17Bonsoir Frédéric Abela.
04:18Qu'on comprenne bien, il a donc avoué dans une lettre envoyée à ses conseils,
04:23c'est comme ça que ça s'est passé ?
04:25– Oui, bonsoir, oui, oui, ce sont même deux lettres, exactement,
04:32pour être plus précis,
04:34qui ont été rédigés par Cédric Jubilère lui-même,
04:37de son écriture,
04:40dans un style assez enfantin,
04:44et un style à lui,
04:46très reconnaissable,
04:48et dans ses écrits,
04:50il reconnaît son entière culpabilité,
04:54dans la disparition de sa femme.
04:57Alors ce ne sont pas des aveux jetés comme ça,
05:00sur un coup de tête,
05:01c'est le fruit vraiment d'un travail qui a mûri,
05:06d'une longue réflexion avec ses avocats,
05:10notamment d'abord Pierre de Buisson,
05:11et ensuite son père,
05:14avec lesquels il y a eu une relation de confiance
05:16qui s'est instaurée très vite,
05:18depuis exactement janvier 2026,
05:21et donc ses aveux,
05:22ce ne sont pas des aveux faits sur un coup de tête,
05:25c'est vraiment un travail,
05:27un travail profond,
05:30parce que ça fait plus de 5 ans.
05:32– Qu'est-ce qu'il écrit Frédéric ?
05:33Parce que vous avez eu la possibilité
05:35de consulter directement ces deux courriers,
05:37il décrit précisément ce qui s'est passé
05:39ce soir-là, cette nuit-là ?
05:42– Alors je ne peux pas vous donner dans l'intégralité
05:46toutes ces informations avec précision,
05:48parce que Cédric Jubilard considère
05:51qu'il va réserver des détails à la justice,
05:56puisqu'il se met désormais en son entière disposition.
06:01Ce qu'on peut dire, c'est que dans ses écrits,
06:05il reprend le fil de la soirée,
06:08et il parle de disputes.
06:12On sait qu'il y a un contexte extrêmement conflictuel
06:15entre elle et lui,
06:16entre Delphine Jubilard et lui,
06:19le couple est en un instant de divorce,
06:21et il parle d'une dispute de trop,
06:25d'une anienne dispute qui a dégénéré.
06:28La suite, c'est que tout s'est passé dans la maison,
06:33il a transporté le corps dans la voiture,
06:35il y a 207 bleus qui étaient gardés dans la rue,
06:38et ensuite, il a déposé le corps à un endroit
06:42qui n'est pas très loin de Cagliac.
06:44– Mais il ne dit pas lequel ?
06:46– Alors, ça, encore une fois,
06:49ce sont des détails qui réservent à l'institution judiciaire,
06:51qui réservent aux enquêteurs,
06:52lorsqu'il sera entendu prochainement, il leur livrera.
06:55– Attendez, qu'on comprend bien, Frédéric,
06:57dans la lettre, il explique comment il l'a tué
07:00et où il a déposé le corps, ou pas,
07:03de ce que vous avez lu et vu ?
07:05– Non, il a…
07:07Alors, dans cette lettre, il donne des éléments de détail,
07:13il donne des détails, il donne des éléments précis,
07:16mais sur des points fondamentaux, sur des points cruciaux,
07:20il dit qu'il s'en expliquerait,
07:23et qu'il donnerait tous les détails,
07:27toutes les informations utiles à la manifestation de la vérité aux enquêteurs.
07:30– Très bien.
07:30– Mais Frédéric, je ne comprends pas.
07:32– Non, non, mais juste, moi, je ne peux pas vous révéler,
07:35voilà, ce n'est pas mon rôle, je ne peux pas vous révéler.
07:37– Oui, mais ce qu'on ne comprend pas, Frédéric,
07:38c'est pourquoi il passe par ce courrier manuscrit
07:43adressé à son avocat Pierre Dubuisson,
07:46pourquoi il ne s'est pas directement adressé à la justice ?
07:50– Il faut savoir que Cédric Jubilard et ses avocats,
07:54depuis plusieurs mois, ont entamé des démarches
07:56pour justement que Cédric Jubilard sorte de son isolement.
07:59Ses avocats n'ont eu de cesse, d'après ce qu'ils disent,
08:03de solliciter les institutions, institutions pénitentiaires,
08:06la cour d'appel de Toulouse,
08:08et manifestement, ils ne ont jamais été satisfaits des réponses,
08:11parfois des non-réponses, qui leur ont été faites.
08:14Et donc, si vous voulez, ça a créé une sorte de rupture
08:17entre l'institution judiciaire et les avocats de la défense,
08:20et notamment Cédric Jubilard.
08:22Donc ils ont estimé que, puisque l'institution judiciaire
08:25n'était pas apte à répondre à leur sollicitation,
08:27eh bien, ils s'en passeraient.
08:28Voilà.
08:30Donc c'est par ce biais qu'on a su ce qui se tramait.
08:36Voilà, en gros, la situation.
08:40Cédric Jubilard est à l'isolement depuis cinq ans,
08:42il arrive au bout du bout,
08:44et c'est une épreuve pour lui.
08:45Voilà, c'est...
08:48De manière très douloureuse, bien sûr.
08:51Non, voilà.
08:54L'épreuve, elle était surtout jusqu'à présent
08:57pour la famille de Delphine Jubilard
08:58et puis pour ses enfants, bien sûr.
09:00Mais Frédéric, on voit,
09:01d'après ce que nous a dit Frédéric Abela de l'Épêche du Midi,
09:04on le remercie d'avoir été avec nous,
09:06il sait très bien ce qu'il fait, là, quand même, Cédric Jubilard.
09:08Il l'écrit, il l'écrit à trois mois de son nouveau procès,
09:12il donne des détails sans en donner trop,
09:15en disant qu'il les réserve ensuite à l'enquête.
09:16Enfin, tout ça est bien calculé.
09:17C'est une stratégie ?
09:18On ne peut pas imaginer, en tout cas,
09:20avant qu'il ait écrit ce courrier à ses avocats,
09:22qu'il n'en ait pas discuté avec eux.
09:24Donc, oui, évidemment,
09:25qu'il a dû discuter des modalités,
09:27des révélations dans lesquelles
09:28il allait pouvoir faire ses aveux-là.
09:31Donc, oui, bien sûr,
09:33que tout ça a été discuté en amont avec sa défense,
09:35on ne pourrait pas imaginer l'inverse.
09:37Et d'ailleurs, c'est probablement pour ça
09:39que la défense s'est sentie autorisée
09:40à verser ce courrier qui, je le rappelle,
09:42est normalement censé être confidentiel
09:43puisque les échanges entre un client et un avocat
09:46sont couverts par la confidentialité absolue,
09:49y compris si le client demande
09:51à lever cette confidentialité.
09:53Mais, Maître Vial,
09:54est-ce que les aveux de Cédric Jubilard
09:56après cinq ans de mensonge et de silence,
10:00est-ce que ça peut rendre le jury plus clément
10:04puisqu'il y a un nouveau procès
10:05qui est prévu en septembre ?
10:06C'est difficile parce qu'en fait,
10:08le temps de l'audience est tellement important
10:10avec l'oralité des débats
10:12que c'est difficile en amont,
10:14autant en amont de vous dire
10:15si ça va avoir un impact sur les jurés ou pas.
10:17Je crois qu'il faut de toute façon
10:19encourager les aveux
10:21parce que je pense que c'est important.
10:23Je pense qu'à un moment donné aussi,
10:24on est dans une société
10:25où on a besoin d'une prise de responsabilité
10:27encore plus pour les féminicides.
10:29C'est parfois le rôle de l'avocat
10:31de faire avouer son client.
10:34Quand finalement l'évidence est là
10:36et qu'on voit bien qu'il a pris 30 ans
10:39en première instance
10:39donc il n'a pas convaincu de son innocence.
10:41Même quand l'évidence n'est pas là.
10:42C'est-à-dire qu'on n'est pas obligé
10:44seulement quand on est au pied du mur
10:46parce que des éléments matériels
10:47nous accablent,
10:48avouer un crime.
10:50On peut le faire aussi
10:51sans ces évidences
10:52et sans ces éléments matériels.
10:54Et je crois que c'est l'avocat de la défense
10:55qui est pleinement dans son rôle
10:56lorsqu'il accompagne son client.
10:58Un mot quand même
10:59sur ces conditions de détention.
11:01Les avocats de Jubilard en ont parlé.
11:03Semble-t-il,
11:04elles sont dures,
11:05difficiles,
11:05il est à l'isolement depuis 5 ans.
11:07On lui mettait des médicaments
11:09extrêmement puissants
11:10qui en faisaient presque un zombie.
11:12Voilà ce que disait
11:12Maître Guy de Buisson
11:14pour expliquer le comportement
11:16de Jubilard
11:17qui a été, on le sait,
11:18très mutique
11:19durant son premier procès.
11:20Alors, on lui mettait des médicaments,
11:22c'est quelque chose
11:23qui m'étonne dans la formulation.
11:24Qu'il ait un traitement
11:25qui soit suivi
11:27par rapport à une angoisse
11:28et notamment une angoisse
11:29liée au choc carcéral.
11:30Oui, je veux bien le croire,
11:31bien sûr.
11:32S'il était vraiment
11:34atteint par une maladie mentale,
11:36il ne serait pas traité
11:37par le SMP,
11:37il serait traité
11:38par une HSA.
11:39Il est en service
11:40médico-psychologique
11:41en ce moment,
11:41c'est-à-dire
11:42c'est une unité à part
11:42en détention.
11:43C'est en détention
11:44et c'est ce qui s'occupe
11:46un peu du tout venant
11:47des troubles mentaux.
11:48S'il y a un...
11:50Donc, c'est quelqu'un
11:51qui ne va pas bien
11:52psychologiquement.
11:54Les détenus
11:55vont rarement très bien.
11:59Donc,
12:00et surtout,
12:01effectivement,
12:02quand ils sont
12:02en décondition,
12:03et là,
12:03on parle de l'isolement,
12:04le concernant,
12:06des conditions
12:06où ils ruminent
12:07sans cesse
12:08comme un lion en cage
12:11et qui font
12:12que finalement,
12:13oui,
12:15il y a de quoi
12:17se déprimer.
12:19N'importe qui...
12:23Les détenus
12:23se raccrochent
12:25surtout quand
12:25les procès
12:26ne sont pas passés.
12:27C'est plus facile
12:28après un procès
12:29parce qu'on peut
12:29passer à autre chose.
12:30Est-ce qu'on peut imaginer
12:31qu'il y a eu envie
12:32quand même,
12:32avec la relation de confiance
12:33avec ses avocats,
12:34de soulager quand même
12:34sa conscience ?
12:35C'est-à-dire,
12:36c'est le moment.
12:37C'est une hypothèse
12:38à laquelle je crois
12:38assez peu.
12:40Parce qu'effectivement,
12:41quand on voit
12:42la personnalité
12:43de Cédric Jubilard,
12:45tout ce qui
12:48alimente
12:48ses sentiments
12:51de honte
12:52sûrement
12:53parce qu'il y a
12:54de façon extrêmement importante
12:55chez lui
12:56la notion
12:57de l'image
12:57de l'autre.
12:58Tout ce qui
13:00alimente aussi
13:01son besoin
13:03de manipuler
13:03parce que
13:05c'est une façon
13:06pour lui
13:06de se sentir
13:07plus fort
13:08qu'il n'est réellement.
13:09Donc tout ça
13:10font que
13:11surtout au regard
13:12de ce qu'on a vu
13:13son comportement
13:14par rapport
13:15à son ex-épouse,
13:16par rapport
13:17à ses enfants,
13:19même si maintenant
13:20il dit le contraire,
13:22ça laisse penser
13:23qu'effectivement
13:23la culpabilité
13:25n'est pas
13:26ce qui l'étouffe
13:26le plus.
13:27Par contre,
13:28il veut se défendre,
13:30il veut s'en sortir,
13:31il veut sûrement
13:33changer l'image
13:33que l'on a de lui,
13:34ce qui arrange
13:35aussi probablement
13:36la défense
13:37parce que
13:38sinon,
13:39aux mêmes pauses
13:40produiront
13:40les mêmes effets.
13:42Là,
13:42il faut changer
13:42de perspective.
13:43Voilà le procès
13:44en appel
13:45qui arrive.
13:45Merci d'être venu
13:47sur le plateau
13:48de BFM TV.
13:49sur le plateau
13:49de BFM TV.
13:49de BFM TV.
13:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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