- il y a 11 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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TVTranscription
00:00On va continuer de suivre le procès de Cédric Juillard.
00:02Vous savez qu'il est accusé du meurtre de son épouse.
00:05On n'a jamais retrouvé le cadavre.
00:07Sa femme Delphine a disparu en 2020, en décembre 2020.
00:11Mathias Tesson est devant la cour d'assises du Tarnalbi pour BFM TV.
00:15Alors Mathias, il y a eu un moment assez inédit aujourd'hui.
00:19C'est le témoignage du procureur Dominique Alléari,
00:21le procureur de la République de Toulouse.
00:23C'est lui qui était aux affaires au moment de la disparition de Delphine.
00:26Pourquoi a-t-il été entendu par la cour d'assises ?
00:30Parce que Dominique Alléari, il était en réalité l'incarnation médiatique de l'accusation à l'époque des faits.
00:37C'est lui qui en juin 2021 avait donné cette conférence de presse aux journalistes
00:41alors même que Cédric Juillard venait tout juste d'être mis en examen pour le meurtre de sa femme
00:45et qu'il avait été tout juste placé en détention provisoire.
00:49C'est lui qui en 2021 avait posé un petit peu les bases de cette accusation,
00:54le socle de l'accusation.
00:56Il avait à ce moment-là égrené tous les indices graves ou concordant
00:59qui pesaient contre Cédric Juillard à l'époque.
01:03Il les avait listés.
01:04Il avait parlé du contexte de la séparation du couple.
01:07Il avait parlé du témoignage de l'enfant Louis qui avait révélé avoir vu et entendu une dispute cette nuit-là.
01:14Il avait aussi parlé de cette fameuse couette et de cette fameuse machine à laver
01:19dans laquelle Cédric Juillard était manifestement occupé à mettre du linge vers 5-6 heures du matin
01:25alors que son épouse venait tout juste de disparaître.
01:29Oui mais voilà, au fur et à mesure des investigations et de l'information judiciaire,
01:33certains de ces éléments ont été un petit peu battus en brèche.
01:37Ce qui fait dire aujourd'hui à la défense de Cédric Juillard qu'il a été pour le moins imprécis,
01:42Dominique Alziari, à l'époque.
01:44La fameuse couette que Cédric Juillard aurait mise à l'intérieur de la machine à laver,
01:49eh bien non, ce n'était pas une couette.
01:51Il était simplement occupé à mettre du linge sans qu'on connaisse la nature du linge
01:55qui l'a pu mettre dans cette machine à laver à l'époque.
01:59Le podomètre qui affirmait que Cédric Juillard n'avait pas fait beaucoup de pas
02:03et que donc il n'avait pas cherché à retrouver sa compagne.
02:05Pareil, des investigations supplémentaires ont démontré qu'il avait effectué plus de pas
02:10que ce qui était indiqué auparavant.
02:12Et c'est donc là-dessus, sur cette conférence de presse, que s'est basée la défense aujourd'hui
02:17pour pilonner, c'est le mot, chacun des indices graves ou concordants
02:21qui pèsent encore aujourd'hui contre Cédric Juillard.
02:23Écoutez Alexandre Martin, l'un des avocats de Cédric Juillard.
02:27On voulait juste démontrer que par cette conférence de presse,
02:31que j'ai qualifié moi de péché originel,
02:33eh bien par cette conférence de presse, de fausses infos ont été divulguées, colportées,
02:39et on a dû se battre pendant des mois, des années contre ces fausses informations,
02:44notamment celle de la couette qui a été encore rapportée il y a quelques jours sur un plateau télé.
02:49Cette couette n'a jamais été dans la machine à laver,
02:52cette machine à laver n'a jamais tourné.
02:54Quand le procureur dit ça, c'est faux.
02:56C'est tout ce que je peux dire, on ne va pas y revenir 100 fois.
02:58Ça fait quatre ans et demi qu'on l'explique.
03:00Et face à cela, le procureur de la République de l'époque n'a pas vraiment réagi.
03:04Simplement, il a indiqué qu'il n'était pas en charge de l'enquête à l'époque
03:06et que ces éléments-là lui avaient été communiqués par les gendarmes et les magistrats instructeurs
03:10et qu'il n'avait en quelque sorte rien à se reprocher.
03:13Des imprécisions, certes, probablement,
03:16mais il n'en reste pas moins qu'il y a des questions qui demeurent.
03:19Et on peut toujours se demander pourquoi Cédric Juillard était affairé à mettre du linge
03:22dans sa machine à laver à 5-6 heures du matin alors que sa compagne venait de disparaître.
03:28Voilà pour cette nouvelle journée d'audience,
03:30cette deuxième semaine qui commence à l'issue de laquelle on n'a pas appris grand-chose de nouveau.
03:34Mathias Tesson, vous restez avec nous en direct de la cour d'assises du temps
03:37parce qu'on regardera dans un instant la journée de demain avec les partis civils qui prendront la parole.
03:42Stéphane Simon est avec nous, journaliste qui co-dirige la collection Affaires criminelles
03:48avec notamment l'affaire Jubilard chez Fayard.
03:50Nous sommes avec Maître Steyer. Bonsoir.
03:51Non, mais Stéphane, il faut quand même revenir sur cet épisode de la couette
03:54parce que quand j'écoute notamment l'avocate de Cédric Jubilard,
03:57elle dit c'est à cause de ça qu'on pense que Cédric Jubilard est coupable,
04:00à cause de cette couette qu'il aurait mis dans cette machine à laver
04:03alors que sa femme venait de disparaître comme s'il était en train de cacher des éléments de preuve.
04:08Alors qu'en est-il de cette couette ?
04:10Alors il y a des tas d'indices graves, concordants, corroboratifs comme on dit en justice
04:16qui mènent et ramènent toujours à Cédric Jubilard.
04:20Il n'y a pas que cette histoire de couette.
04:21Et sur cette histoire de couette, il faut s'entendre.
04:24Le procureur a parlé de couette.
04:26Or, c'est une housse de couette, donc alors c'est une imprécision majeure, j'en conviens,
04:31mais qui a été retrouvée sur le fil à linge le lendemain,
04:35pas le jour, pas durant la nuit.
04:38Ce que l'on sait simplement, c'est que durant la nuit,
04:40Cédric Jubilard, et on l'explique très bien dans notre livre,
04:42Cédric Jubilard a chargé le tambour de la machine
04:46et quand les gendarmes sont arrivés, il ne l'a pas lancé.
04:49Voilà.
04:50Mais pour autant, est-ce que c'est une imprécision absolument
04:52qui change la nature des choses ?
04:55C'est comme aujourd'hui, on a entendu que le podomètre,
04:57c'est-à-dire que voilà Cédric Jubilard,
04:58qui quand il a appelé les gendarmes,
05:01donc dans un état d'inquiétude très important,
05:05aurait dû sortir dehors, aller faire le tour du quartier,
05:08se mettre dans tous ses états pour essayer de chercher sa femme
05:11et le procureur va dire effectivement une phrase imprécise,
05:15mais pas fausse, il va dire
05:16le podomètre nous révèle qu'il a fait 40 pas.
05:18En vérité, après la démonstration que l'on a entendue aujourd'hui,
05:22c'est 290 pas qu'il aurait fait.
05:25Mais 290 pas, ce n'est pas grand-chose.
05:27Vous faites trois fois le tour du plateau ici
05:29et vous avez fait 290 pas.
05:31Vous voyez, ce n'est pas tout ça.
05:33Donc vous dites qu'il ne faut pas s'en prendre à ce procureur.
05:35Non, mais ce à quoi on assiste depuis un peu plus d'une semaine,
05:40on assiste à un travail extrêmement bien fait par deux ténors,
05:43vraiment deux ténors de grande qualité.
05:44C'est leur métier.
05:45C'est leur métier.
05:46Il ne faut pas oublier qu'ils sont dans une relation contractuelle
05:49avec leurs prévenus.
05:52C'est qu'ils veulent absolument acquitter Cédric Jubilard.
05:55Il ne faut pas oublier ça.
05:56Ils ne sont pas obnubilés par la manifestation de la vérité,
05:58mais par l'idée de faire acquitter Cédric Jubilard.
06:02Il ne faut jamais oublier ça.
06:02Et ils sont depuis une semaine, là on est au cinquième jour du procès,
06:06ils sont dans une véritable entreprise de démolition.
06:09D'abord, ça a été les enquêteurs,
06:12deux enquêtrices très jeunes, très inexpérimentées,
06:15on en convient.
06:16Ensuite, ça a été...
06:17Deux gendarmes.
06:17Deux gendarmes.
06:18Ensuite, ça a été les experts en téléphonie
06:20qui pourtant avaient des choses à révéler
06:22qu'ils n'ont cessé d'interrompre
06:24et qu'ils n'ont pas pu aller jusqu'au bout.
06:26Et là, aujourd'hui, c'est l'ancien procureur
06:28qu'il s'agit de démonter.
06:29Mais en vérité, je pense que cette...
06:32Si vous voulez, c'est à double tranchant.
06:34Cette stratégie d'attaque des avocats
06:36peut se retourner aussi contre eux.
06:39C'est-à-dire qu'à force de nier
06:40qu'il n'y a pas d'autre piste
06:42que celle de Cédric Jubilard,
06:43ils pourraient finir par agacer tout le monde.
06:45Pour l'instant, ça marche assez bien.
06:47Ils arrivent à contrer, point par point,
06:50toutes les constatations qui avaient été faites
06:52durant cette nuit de disparition.
06:54Oui, et sur cette question de podomètre,
06:57effectivement, on en a à peu près 290 pas.
06:59C'est une distance d'environ 160 mètres.
07:01Ce qui, selon ses avocats,
07:03Cédric Jubilard prouve
07:04qu'il n'aurait pas pu sortir de son domicile,
07:07emmener le corps, mais effectivement...
07:08Mais non, le téléphone était coupé, de toute façon.
07:10Donc son téléphone était coupé pendant toute la nuit.
07:13Donc à ce moment-là, on ne peut pas mesurer le nombre de pas.
07:15C'est au moment où il rallume son téléphone
07:18qu'il ne fait que 260 pas.
07:21Et ce qui, convenant-en,
07:22ce n'est pas grand-chose comme distance.
07:24Mais de toute manière, à ce moment-là,
07:26Delphine n'est plus là.
07:27Delphine a disparu.
07:28C'est lui-même qui va dire aux gendarmes
07:30qu'elle a disparu.
07:32Il est mort d'inquiétude à cette occasion.
07:35Et puis on va quand même s'apercevoir
07:36à l'examen de sa téléphonique
07:37que le mort d'inquiétude est en train
07:39de consulter le bon coin.
07:41Il est en train de consulter des applications de rencontres.
07:44Il est dans un état d'inquiétude assez particulier.
07:46Et c'est justement là-dessus
07:47que vont pouvoir jouer les avocats des partis civils.
07:50Justement, les avocats de la Défense,
07:51eux, pointent une enquête réalisée en pointillé,
07:55comme ils ont aimé le dire la semaine dernière
07:57pour la première semaine du procès.
07:59Mais ils ne gardent que les éléments
08:00qui les intéressent.
08:01Parmi les autres éléments accablants,
08:03Cédric Jubilard,
08:04on a le fait qu'effectivement,
08:06il était en train de jouer un jeu vidéo
08:08sur son téléphone après la disparition de Delphine,
08:10de fréquenter des sites de rencontres.
08:13Le fait que des voisines ont entendu
08:15des cris provenant de la maison des Jubilards,
08:17ou encore, comme vous le disiez très justement,
08:19que le téléphone de Cédric Jubilard
08:21n'était pas allumé au moment de la disparition,
08:24alors que ça n'était jamais arrivé.
08:26Le téléphone de Cédric Jubilard
08:28est toujours resté allumé
08:30en pleine nuit jusqu'à présent.
08:31L'avocat général a dit,
08:33et c'était quelqu'un qui doit être relativement neutre
08:35dans les débats,
08:36il a dit que cette journée n'avait servi à rien,
08:39cette demi-journée,
08:39l'audition du procureur n'avait servi à rien.
08:42Donnons-lui acte de cela.
08:43C'est la Défense qui voulait entendre le procureur.
08:45C'est la Défense qui voulait absolument entendre le procureur.
08:47Moi, j'ai retenu autre chose de la journée.
08:50Il y a un autre expert en téléphonie qui est venu
08:52et qui a expliqué que le téléphone de Delphine
08:56n'a pas quitté le lieu.
08:58Et puis, on lui a posé,
09:00je crois que c'est Maître Boguet,
09:01l'avocat des enfants,
09:02qui a dit,
09:03mais est-ce qu'on sait si l'application lampe-torche
09:06a été allumée durant la nuit ?
09:09Parce qu'on nous fait croire que cette femme
09:10pourrait avoir été partie volontairement,
09:13avoir fait une mauvaise rencontre.
09:14Et là, un élément important a été dit,
09:17non, la lampe-torche n'a pas été allumée.
09:20Alors, on voit cette femme partir,
09:22elle était en nuisette quelques minutes plus tôt
09:24avec son amant,
09:25quand il se fêtait bonne nuit,
09:26s'habiller soudainement,
09:27partir sans son sac,
09:28sans sa carte bleue,
09:30et puis, même pas avoir de lumière
09:31pour avancer dans la nuit.
09:32Oui, mais Maître Steyer,
09:34on comprend, mais...
09:35Et sans ses lunettes, vous avez raison.
09:36On voit aussi que les avocats de la Défense
09:38profitent de toutes les failles de l'enquête.
09:40Alors, la question est de savoir,
09:41est-ce qu'on a bien démarré cette enquête ?
09:43Et peut-être qu'au départ,
09:44si on avait mieux mené l'enquête,
09:46on ne serait pas quatre ans après
09:47à rechercher encore la vérité.
09:49C'est toujours le problème des dossiers
09:51qui commencent un peu difficilement,
09:54parce qu'on ne va pas dans la bonne direction.
09:56Et donc, effectivement,
09:57on va dans toutes les directions.
09:58On ne place pas en détention
10:00celui qui est quand même suspecté,
10:03qui va pouvoir utiliser ses mots de liberté
10:05pour reconstruire une histoire,
10:07pour réfléchir à ce qu'il a peut-être ses versions,
10:12et à faire en sorte de noyer cette histoire initiale.
10:18Et ça, je l'ai souvent dans les féminicides,
10:20où lorsque les policiers ne vont pas,
10:23et dans tous les dossiers difficiles,
10:25quand on n'a pas la bonne direction dès le début,
10:28c'est vrai qu'on tâtole énormément.
10:31– Parce que dans les féminicides,
10:32dans 90% des cas, c'est le mari.
10:33– Voilà, c'est ça, c'est l'épouse.
10:35Donc, c'est vrai qu'on aurait pu penser
10:37qu'il se dirige beaucoup plus facilement,
10:39beaucoup plus efficacement vers cet homme-là.
10:41Mais le travail de la Défense,
10:44c'est quand même toujours celui de détruire
10:47pas à pas, pied à pied, chaque argument.
10:50Et c'est justement ne pas mettre de la cohérence
10:53dans l'histoire.
10:55Dire que la Défense va prendre les arguments avec minutie,
10:59les éléments en charge avec minutie,
11:01et dire ça c'est pas possible,
11:01pour telle et telle raison.
11:03Mais il n'y a pas de cohérence, finalement,
11:05dans l'écriture de l'histoire de la Défense.
11:08Et ce que doit faire la partie civile
11:09et le ministère public, c'est donner de la cohérence,
11:12du sens, et faire parler les preuves,
11:15dans le sens, évidemment, qui est le leur,
11:17mais construire un dossier criminel
11:19est mille fois plus difficile,
11:21et on le voit peut-être dans ces dossiers-là,
11:23que de le détruire, paradoxalement.
11:25Quand on n'a plus de victimes vivantes,
11:29quand on a une femme morte et pas de témoin,
11:32eh bien, voilà, il se passe cela.
11:33C'est extrêmement compliqué
11:35de construire un dossier criminel
11:37quand on n'a ni corps ni témoin.
11:40Alors, voilà, justement,
11:41Delphine Jubilard a disparu depuis cinq ans.
11:43Son corps n'a jamais été retrouvé.
11:45L'hypothèse d'un acquittement de Cédric Jubilard,
11:48elle n'est pas complètement exclue.
11:50Parce que, je regardais ce que disait le procureur,
11:52aujourd'hui, en répondant aux questions,
11:54il a dit, je n'ai jamais parlé de preuves,
11:55ni de charges,
11:56j'ai parlé d'indices,
11:58et il a reconnu d'éventuelles,
11:59ce sont les termes qu'il employait,
12:00d'éventuelles approximations.
12:02Ça, ça va plutôt dans le sens de la défense
12:04de Cédric Jubilard.
12:05Mais écoutez, au début, une affaire,
12:07elle commence.
12:09Donc, on ne sait pas comment faire parler
12:12ces preuves-là,
12:13on ne sait pas quelle est l'interprétation.
12:15Et le procureur de la République,
12:16il a, vous savez comment ça se passe,
12:18il a au téléphone les enquêteurs.
12:20Ceux qui sont sur place,
12:21le soir de la disparition.
12:23Ce sont deux femmes,
12:24comme on le rappelait,
12:25deux jeunes gendarmes,
12:27deux primo-intervenantes,
12:28comme on les appelle.
12:28Mais il n'a pas sous ses yeux
12:30le dossier.
12:33Donc, il doit faire confiance
12:34à ces gendarmes
12:36et à ceux qui sont sur les lieux
12:37sur ce qu'elles ont pu mettre
12:39sous ses lèvres,
12:40sur ce qu'elles ont pu constater,
12:41sur ce travail-là.
12:44Et c'est ça qui est compliqué.
12:44Il a été reproché
12:46d'entrer trop dans les détails aussi.
12:47Est-ce qu'il s'est trop dévoilé ?
12:49Est-ce qu'il n'y a pas un risque
12:52de se forger tout de suite
12:53son intime conviction,
12:55de se dire c'est lui
12:56et de négliger d'autres pistes
12:58à ce moment-là ?
12:58Alors, d'abord,
12:59il faut raconter
13:01que ce procès
13:02va durer quatre semaines.
13:03Il y a juste une semaine
13:04derrière nous.
13:05On rentre dans la deuxième semaine.
13:06On rentre dans une deuxième semaine.
13:08Et puis, il y a des témoins clés
13:09qui vont venir.
13:10Il y a Jean, l'amant de Delphine
13:12qui va pouvoir raconter
13:13leur relation.
13:13À qui elle envoie
13:14un dernier message le soir ?
13:15Le soir, à 22h50,
13:18si ma mémoire est bonne.
13:19Et dans ce que disait
13:20d'ailleurs aujourd'hui
13:21le procureur,
13:23ça a fait partie des pistes.
13:24L'enlèvement par son amant,
13:26l'enlèvement de Delphine Jubilard,
13:28a fait partie des pistes
13:29au début de l'enquête
13:30dans sa disparition.
13:31Ça fait partie des pistes
13:32et puis des pistes
13:32qui ont été refermées.
13:33Mais là où on peut s'entendre
13:34avec les avocats de la défense,
13:36c'est qu'effectivement,
13:38l'enquête n'est pas exemplaire.
13:39Mais elle n'est pas exemplaire.
13:40Moi, je voudrais ajouter une chose
13:41dans les deux sens,
13:42à charge et à décharge.
13:44Si vous voulez,
13:45elle n'est pas exemplaire
13:45quand elle laisse passer
13:47de saisir, par exemple,
13:49le box de la télévision.
13:51La box de la télévision
13:52qui aurait pu nous renseigner
13:53sur jusqu'à quelle heure
13:54la télévision a-t-elle été regardée
13:57par Delphine,
13:57puisque lui-même dit,
13:59Cédric, je l'ai laissé
14:00regarder la télévision,
14:02un programme du groupe M6.
14:04Bon, il se trouve
14:05qu'on aurait su
14:06à quel moment
14:07cette télévision
14:09avait été éteinte.
14:11Curieusement,
14:12les gendarmes
14:12ont trouvé plus intelligent
14:13de photographier
14:15l'écran de la télévision
14:17que de saisir la box.
14:18Vous voyez,
14:19c'est quand même
14:20assez inconséquent.
14:21Donc, on peut dire,
14:22oui, il y a des trous
14:24dans la raquette,
14:24c'est une certitude.
14:25Mais à côté de ça,
14:26il y a des trous aussi
14:27dans la raquette,
14:28dans les vérifications
14:29à charge.
14:30C'est-à-dire que nous,
14:30dans notre livre,
14:31on explique que Cédric Jubilard
14:33aurait pu utiliser
14:33un deuxième téléphone
14:35relié au même compte,
14:36ce qui expliquerait
14:37que des datas
14:38extraites
14:39fassent apparaître
14:40un point de géolocalisation
14:42qui est extrêmement précis
14:44à six décimales près,
14:45c'est-à-dire
14:46d'un rayon de dix mètres.
14:48Et ce point,
14:49il est dans son téléphone,
14:51non pas une fois,
14:52mais on sait maintenant
14:52qu'il est dans son téléphone
14:54dix-sept fois
14:55à cinq jours.
14:56Eh bien,
14:56ce point de géolocalisation,
14:58à l'heure où on se parle,
14:59il n'a toujours pas été vérifié.
15:00Et pourquoi ?
15:01Et pourquoi ?
15:01Parce que la justice,
15:02d'abord,
15:03a estimé que ça faisait
15:03trop longtemps
15:04que Cédric Jubilard
15:05était en détention.
15:07Et de ce point de vue-là,
15:09il nous a attaqué.
15:09Sinon, ils étaient obligés
15:10de le remettre en liberté.
15:11Exactement.
15:12Et par ailleurs,
15:13ils ont estimé
15:13que comme le procès allait arriver,
15:15la justice se déciderait
15:17à aller fouiller ou pas.
15:18On a souvent,
15:19dans des dossiers comme ceux-là,
15:20des mesures d'investigation
15:21qui sont ordonnées
15:22par les présidents
15:23et les présidents
15:24de cour d'assises.
15:24On l'a vu à Lyon,
15:25dans un dossier
15:26où il a fallu arriver
15:28à une condamnation
15:29au bout de quatre acquittements.
15:30On l'a vu dans des dossiers
15:32où, finalement,
15:34à la fin des fins,
15:35se dessine
15:36soit une piste,
15:40soit une lacune
15:40qui pourrait animer
15:43différemment le procès.
15:44Et ça,
15:45ça pourrait être aussi fait.
15:47On a encore trois semaines
15:48et ça pourrait être
15:50une mesure d'expertise
15:51qui pourrait être
15:52au cours du procès,
15:54évidemment,
15:55être diligenté.
15:56– Mais combien a coûté
15:58cette enquête ?
15:59– On le sait.
16:00– On a le montant ?
16:00– Ça a été chiffré
16:01et c'est 500 000 euros
16:02au bout des investigations.
16:04Alors, on peut,
16:06à ce prix-là,
16:06effectivement,
16:07demander des comptes
16:08quand même
16:08à ceux qui ont mené l'enquête
16:09parce que 500 000 euros,
16:10c'est une somme
16:11sur une enquête
16:12qui n'est pas une enquête
16:13internationale non plus.
16:14On est à Cagnac-Leming
16:15et environ.
16:16Vous voyez,
16:16c'est pas…
16:17– Alors, justement,
16:18on va retourner devant
16:18la cour d'assises du tableau.
16:20Albi,
16:20on retrouve Mathias Tesson
16:21pour BFM TV
16:22parce que, donc,
16:23aujourd'hui,
16:23c'était la journée
16:24du procureur,
16:25celui qui était en charge
16:26du dossier
16:26et demain,
16:27ce sont les partis civils
16:28qui vont être entendus.
16:29C'est-à-dire,
16:30qui va répondre aux questions,
16:31Mathias ?
16:31– Et vous aviez raison,
16:34d'ailleurs,
16:35de souligner à l'instant
16:35que ce procès
16:36va encore être long,
16:37qu'il va durer plusieurs semaines
16:38et que peut-être,
16:39à partir de demain,
16:40Cédric Jubilard
16:40pourra éventuellement
16:41fendre l'armure
16:43quand, vous l'avez rappelé,
16:44il écoutera les dépositions
16:45des partis civils
16:46qui s'avanceront demain
16:47à la barre,
16:47à savoir les deux frères
16:49de Delphine Jubilard,
16:50sa sœur,
16:51mais également le récit
16:52que font les enfants
16:54du couple,
16:55Louis et Elia Jubilard
16:57qui parleront
16:58à travers la voix,
16:59évidemment,
17:00de leur représentante légale
17:01qui s'expliquera demain
17:02à la barre.
17:03Il y aura également
17:04la cousine de Delphine Jubilard
17:06qui prendra normalement
17:07la parole
17:07dans l'après-midi.
17:08Et c'est peut-être
17:09confronté à ces dépositions
17:10qu'on imagine
17:11particulièrement
17:12difficiles
17:14pour ces partis civils
17:16que Cédric Jubilard
17:16réussira peut-être
17:18à fendre l'armure
17:19lorsque peut-être
17:19ces partis civils
17:20lui mettront
17:22sous les yeux
17:22qu'il a pu avoir
17:23des comportements
17:24agressifs
17:25envers Delphine Jubilard,
17:26des partis civils
17:27qui espéraient d'ailleurs
17:28en réalité
17:29la fin de ce couple
17:30parce qu'ils n'y croyaient
17:31pas à l'époque.
17:32Fendra-t-il peut-être
17:33l'armure
17:33lorsqu'il lui sera rappelé
17:35les dépositions
17:35de son propre enfant
17:37qui, rappelons-le,
17:38a dit avoir vu
17:39et entendu une dispute
17:40dans la nuit
17:40du 15 au 16 décembre 2020 ?
17:42Peut-être qu'à partir
17:43de demain,
17:44le procès prendra
17:45une autre tournure.
17:47Merci Mathias Tesson
17:47avec William Gué
17:48en direct de la cour
17:49d'assises du Tarn
17:51à Albi
17:52compte-rendu de l'audience
17:53demain bien évidemment
17:54puisqu'on suit ça
17:54au quotidien.
17:55Merci messieurs.
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