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  • il y a 16 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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00:10Nous allons revenir maintenant sur la mort de Louis, cette adolescente de 17 ans, il a été tué le 20
00:15juin dernier, un lynchage mortel par 5 autres jeunes larbonnes, il y avait des mineurs, des majeurs.
00:20Le père de Louis était ce matin interviewé par Apolline de Malherbe en direct sur BFM TV, il est entre
00:26chagrin et colère.
00:28Le 12 juin en fait il a été au commissariat pour se réfugier après qu'il avait pris son chaos
00:35qu'on a vu à la télé, mais en fait il n'a même pas déposé plainte, c'est pour
00:40ça que je ne me suis pas au courant.
00:42Il a été mais il n'a pas voulu pour ne pas avoir de représailles, je ne comprends pas pourquoi
00:46je ne suis pas, je n'ai pas été informé que mon fils était harcelé, sinon j'aurais dit de
00:51rester au foyer, de ne plus bouger ou je l'aurais récupéré ou je ne sais pas.
00:55Est-ce qu'il y a des adultes qui vous avaient alerté, est-ce que vous aviez eu avant ?
01:00Non, jamais personne.
01:00Jamais personne ?
01:01Jamais personne ?
01:03Non.
01:04L'aide sociale à l'enfance, personne, aucun de ces animateurs ne vous avait appelé avant ?
01:09Mais non !
01:09Personne ?
01:11Comme si on n'existait pas quoi.
01:15Témoignage bouleversant, le père de Louis ce matin sur BFM TV.
01:18La tante de Louis est notre invitée ce soir, Marie-Julie Marteau.
01:22Bonsoir.
01:22Bonsoir.
01:23Merci d'avoir accepté notre invitation.
01:25Pourquoi tant de haine ? C'est la question que posait ce matin le papa de Louis.
01:29Cette question, vous la posez ?
01:31On se la pose, après je pense qu'il y a réellement un ensauvagement de la société.
01:37Ce qu'on a vu, nous, famille, ce que ma soeur a été préservée évidemment de ses vidéos,
01:42mais ce qu'on a pu voir, c'est innommable.
01:44Les vidéos qu'on a visionnées, il n'y a aucune conscience, il rit, il le tabasse à mort.
01:51Ils sont cinq ?
01:52Ils sont cinq, il ne lui laisse aucune issue.
01:56Et en fait, il ne s'arrête pas.
01:59Les coups pleuvent sous des ricanements, sous des selfies.
02:04Honnêtement, on n'a pas les réponses aujourd'hui.
02:06On a entendu ce matin le père, vous êtes la soeur de la mère de Louis.
02:10Oui, et la marraine.
02:12Et la marraine, et comment va-t-elle ? Dans quel état est-elle aujourd'hui ?
02:18Elle est dans un état de sidération totale, mais elle est très forte.
02:22Elle est extrêmement digne.
02:23Elle réserve sa parole, qui viendra bientôt, lors de la marche de dimanche prochain.
02:29À Narbonne, une marche qui est organisée.
02:31À 11h, à Narbonne, qui s'appellera la dernière marche.
02:35Ma soeur souhaite aussi que Louis soit le symbole de tous ses enfants.
02:41Massacré.
02:43Personne, forcément, ne parle suffisamment.
02:46Et oui, oui, elle est.
02:47C'est pour ça que vous prenez ce soir la parole ?
02:48C'est pour ça que son père prend la parole ?
02:50C'est pour ça que sa mère prendra également la parole ?
02:53Exactement.
02:54Quand c'est arrivé, le premier article est sorti sur Louis.
02:58Il parlait d'une rixe.
02:59On en a eu connaissance.
03:00On était à l'hôpital.
03:02En fait, c'était tout sauf une rixe.
03:04C'était un lynchage.
03:06Un guet-apant, dit le procureur de Marbonne.
03:07Bien sûr, c'était une mise à mort.
03:10Donc, c'était pré-milité ?
03:11En tout cas, les faits vont être qualifiés.
03:14Parce que quand ils ont été arrêtés, c'était tentative d'assassinat.
03:18Louis est décédé entre temps.
03:19Donc, pour l'instant, on attend la requalification des faits.
03:23Mais en effet, oui.
03:24On essaie de comprendre le parcours de Louis.
03:26Que faisait-il dans ce foyer ?
03:28C'est la maison de l'enfance à Narbonne.
03:32Alors, Louis, en fait, avait un TDAH.
03:34Donc, en fait, il a toujours été scolarisé en ITEP.
03:36Parce qu'il ne pouvait pas avoir une scolarité classique.
03:39C'est un trouble de l'attention.
03:40Exactement.
03:41Avec ou sans hyperactivité.
03:42Et l'ITEP, c'était un internat.
03:43Il dormait trois soirs à l'internat.
03:45Et les autres soirs à la maison.
03:47Alors, oui, ça a dépendu des périodes.
03:49Mais en effet, ses parents n'étaient pas des missionnaires.
03:51Ses parents ont toujours accompagné Louis.
03:55Cette question de la ZEU s'est posée quand, en fait, on avait...
03:58À l'ITEP, en fait, ça ne se passait plus très bien.
04:01On a cherché une structure intermédiaire.
04:03L'État ne nous a pas accompagnés.
04:05Et en fait, la ZEU a été la solution pour Louis
04:08pour qu'il soit accompagné à ce moment-là.
04:11Mais il avait donc porté plainte, si on comprend bien, pour des violences.
04:15Oui.
04:15Alors, semble-t-il s'enlire avec ces jeunes, précisément.
04:18Mais cette plainte, son père n'était pas au courant.
04:20Que s'est-il passé ?
04:21En fait, le 11 mai, et je l'ai appris, en fait, là,
04:26par des journalistes qui ont fait leur travail,
04:28et ma sœur aussi,
04:30qu'en effet, Louis avait déposé plainte le 11 mai,
04:32déjà pour coups et blessures.
04:33Ensuite, le 12 juin, on a une vidéo qui a circulé.
04:37Par contre, c'est un, en effet, des présumés assassins de Louis
04:42qu'il avait publié sur son compte Instagram,
04:45où il était molesté.
04:46Il prenait un chaos, cette vidéo a circulé.
04:49Donc, à ce moment-là, Louis s'est réfugié dans la brigade de gendarmerie.
04:52Oui, tout à fait.
04:53Et il n'a pas porté plainte.
04:55Non.
04:55Malgré l'insistance des gendarmes.
04:56Alors ça, je ne peux pas vous dire, je crois,
04:59sans dire de bêtises,
05:00qu'il devait aller porter plainte le mardi suivant.
05:04Mais pourquoi ?
05:05Est-ce qu'il y avait un contentieux ?
05:06Vous en savez un petit peu plus sur ce qui se passait
05:09entre ces jeunes gens et Louis ?
05:11C'est ce qu'on commence à comprendre, en fait.
05:13On est un peu démunis, nous, parce qu'on ne dit pas grand-chose.
05:17Mais c'est ce qu'on commence à comprendre.
05:18C'est qu'en fait, Louis aurait été le bouquet mystère de cette bande.
05:21Ils sont très nombreux, ils sont une vingtaine ou une trentaine.
05:24C'est qui, cette bande ?
05:25Je ne peux pas vous dire.
05:26Certains sont membres de la soeur,
05:27en fait, étaient dans cette maison de l'enfance également.
05:29Une partie.
05:30Mais pas dans la même structure que Louis.
05:31Non, pas dans la même structure que Louis.
05:33C'est comme ça que c'était connu.
05:34Exactement.
05:34Certains auraient été à l'ITEP avec Louis.
05:37À l'internet, oui.
05:38Exactement.
05:38Donc, c'était le bouquet mystère d'une bande de jeunes ?
05:41C'est ce qu'on commence à découvrir, avec les vidéos.
05:44Ce sur quoi les enquêteurs travaillent,
05:45parce qu'on n'a pas de mobile caractérisé pour l'instant.
05:47On n'a pas de mobile d'ordre racial.
05:50Ça, c'est dit par le procureur.
05:51Bien sûr.
05:52Mais on a préméditation retenue.
05:53Et effectivement, cette notion de gai...
05:54Attendez, ça veut dire quoi, pas de mobile d'ordre racial ?
05:57Pourquoi est-ce que ça a été écarté par le procureur ?
05:58Pourquoi ? Qu'est-ce qui a été évoqué éventuellement ?
06:00Il pouvait y avoir des affrontements entre communautés.
06:03Absolument pas.
06:04Et ce n'est pas du tout le cas.
06:05Absolument.
06:05Ce sont des jeunes du même âge.
06:07Tout à fait.
06:07Et les cinq personnes qui sont en détention provisoire aujourd'hui,
06:09je parle sur votre contrôle,
06:10elles sont âgées de 17 à 19 ans.
06:12Et ce sont, du coup,
06:13c'est ce que remontent les enquêteurs,
06:15les connaissances.
06:15Pardon, mais pour bien comprendre.
06:17Oui.
06:17C'est-à-dire que le procureur a dit
06:20ne commencez pas à fantasmer
06:21sur un éventuel meurtre anti-blanc, quoi.
06:23C'est ça, quand on a publié...
06:24C'est aussi, à mon avis,
06:25pour se prévenir de toute récupération politique.
06:26D'accord.
06:27Ce qu'on ne comprend pas,
06:27c'est que Louis a porté plainte.
06:30Il est mineur, Louis.
06:31Oui.
06:31Son père n'était pas au courant.
06:33Sa maman non plus.
06:34Sa maman non plus.
06:35Il y a des questions qui se posent.
06:36La zone n'était pas au courant.
06:38Donc là aussi,
06:38on se pose encore des questions sur...
06:40Oui, des dysfonctionnements ou pas.
06:42Et ça, il va falloir les éclaircir.
06:43Il y a un mineur qui porte plainte.
06:44En toute logique,
06:46les parents,
06:46de manière relativement rapide,
06:47sous 48 heures,
06:48doivent être prévenus.
06:48Il a eu de la maison avec sa famille.
06:50Excellent rapport.
06:51Excellent rapport.
06:52Il a échangé sur comment ça a évolué pour lui.
06:55Bien sûr.
06:56Après, je pense qu'il n'a peut-être pas osé nous parler.
06:58C'est possible.
06:59Je pense qu'il n'a pas osé nous parler.
07:01Moi, je me fais vraiment le porte-voix de ma sœur.
07:03Bien sûr qu'on a d'excellents rapports avec Louis.
07:05Je pense que la ZEU était au courant,
07:08en tout cas à minima pour le 11.
07:11Mais il ne vous a pas informé ?
07:12Pardon, vous, vous étiez sa femme,
07:14vous étiez sa tante et sa marraine.
07:15Vous correspondiez avec lui ?
07:17Oui, le dernier week-end,
07:20juste avant son décès,
07:21il était dans le Var avec sa maman,
07:23avec sa grand-mère aussi.
07:26Oui, bien sûr qu'on échangeait.
07:27Mais c'est vrai que je pense qu'il n'a pas osé nous en parler.
07:30Et vous dites, finalement,
07:30Louis n'a pas été protégé
07:32par ceux qui devaient le protéger,
07:34à savoir ce foyer qu'il accueillait ?
07:35Je ne comprends pas comment, moi, aujourd'hui,
07:37je dois dire à ma sœur
07:39que le 11 mai, son fils a déposé plainte.
07:41Comment c'est possible que ce soit à moi de lui dire ?
07:43Alors, ce n'est pas une plainte.
07:44Ce n'est pas une plainte officielle.
07:46C'est un...
07:47C'est si, l'11 mai.
07:48Elle est notifiée, la plainte ?
07:49Le 11 mai, elle est notifiée.
07:50Le 12 juin, non.
07:51Mais le 12 juin, non.
07:52Non.
07:53Le 11 mai, oui.
07:54Le 12 juin, non.
07:55Est-ce que c'est plainte, c'est signalement ?
07:57Non, absolument pas.
07:58C'est une plainte qui a été déposée le 11 mai,
08:00mais qui ne met pas de lien direct.
08:03Il se plaint de violence,
08:04mais on ne sait pas si c'est violence.
08:05Les auteurs présumés,
08:06ce sont ceux qui ont conduit à son lynchage,
08:09ou si ce sont d'autres jeunes.
08:10Et ça, c'est aussi les services d'enquête
08:11qui vont le déterminer.
08:12Tout à fait.
08:13Nous sommes avec David Beauvoix,
08:14qui est militant pour les droits des enfants.
08:16Vous êtes déjà venu sur ce plateau pour en parler,
08:18et notamment ce qui se passe
08:19dans ces aides sociales à l'enfance,
08:21dans ces maisons, dans ces foyers.
08:22Vous êtes délégué général
08:22de la Fédération des aides de pape repère.
08:25C'est ça, je pense bien.
08:27Ça paraît effarant, en fait.
08:29On a l'impression qu'on a laissé ce jeune,
08:30finalement, entre les mains de ses bourreaux.
08:33Il avait porté plainte.
08:34Personne n'a vu venir les choses.
08:37Oui, bien sûr.
08:38Déjà, je voudrais commencer, évidemment,
08:40par présenter mes condoléances,
08:41déjà à vous, madame,
08:42mais à toute la famille de Louis.
08:44C'est encore un drame qui a lieu
08:47au centre de l'aide sociale à l'enfance.
08:48En réalité, comme il peut en arriver
08:51de plus en plus aussi ces dernières années,
08:54ou en tout cas, comme on arrive
08:55à les, malheureusement,
08:57les documenter de plus en plus.
08:59Alors, plusieurs dysfonctionnements aussi
09:00peuvent éclairer un petit peu ce drame.
09:05D'une part, alors, vous parliez
09:08de les avoir laissés avec ses bourreaux.
09:09Effectivement, en fait, aujourd'hui,
09:11déjà, on se rend compte,
09:12au sein de l'aide sociale à l'enfance,
09:13qu'on a une crise complètement majeure
09:17du nombre de professionnels
09:18pour encadrer les jeunes,
09:20que ce soit en maison d'enfance,
09:22que ce soit en foyer,
09:23que ce soit les familles d'accueil.
09:24Aujourd'hui, il y a un an,
09:26il y a eu une commission d'enquête
09:28parlementaire à l'Assemblée nationale
09:29sur les dysfonctionnements
09:30de l'aide sociale à l'enfance,
09:31justement, qui soulignait,
09:32qui a été votée à l'unanimité,
09:34qui soulignait qu'on manque
09:36de 30 000 professionnels
09:39pour encadrer les jeunes.
09:40C'est déjà une réponse.
09:42Pourquoi est-ce que la famille
09:43n'a pas été prévenue de cette plainte
09:44le 11 mai,
09:45si ce n'est parce que
09:47les professionnels
09:48ne sont soit pas formés,
09:49puisqu'il faut savoir
09:49que l'aide sociale à l'enfance,
09:51c'est aussi le seul cadre
09:52dans lequel il n'y a ni taux
09:54ni normes d'encadrement.
09:55C'est-à-dire que vous pouvez
09:55être embauché à l'aide sociale à l'enfance
09:56sans aucun diplôme
09:57pour encadrer des jeunes
09:59et vous pouvez être
10:00un éducateur
10:01pour 30, 40, 50 enfants.
10:03Il n'y a aucune règle,
10:04sauf en pouponnière,
10:05mais là, en l'occurrence,
10:06ce n'est pas les pouponnières
10:06qui le contiennent.
10:07C'est ce que le père de Louis
10:07dénonçait ce matin
10:08dans l'entretien accordé
10:09à BFM TV.
10:12Moi-même,
10:12j'ai été voir le foyer
10:16pour comprendre.
10:16Quand j'ai déposé la fleur
10:18à mon fils au chantier,
10:20j'en ai profité
10:21pour voir le foyer.
10:24Tout ce qu'ils ont pu me dire,
10:26c'est qu'ils ne sont pas assez
10:27pour ne pas les laisser sortir.
10:31Ce n'est pas normal.
10:33Mais attendez,
10:34vous dites qu'ils ne sont pas
10:34assez nombreux
10:35ou parfois ils s'en fichent
10:37complètement de ce qui se passe ?
10:38Ou ils ne sont pas assez formés.
10:39Ou ils ne sont pas assez formés,
10:40mais pour savoir précisément.
10:42Je ne dirais pas
10:43qu'ils s'en fichent.
10:44La preuve,
10:44je crois que dans cette situation,
10:46il y avait justement
10:47l'éducateur
10:47qui avait accompagné,
10:48encore une fois,
10:49je parle sous le contrôle
10:49de tout le monde
10:50pour ne pas dire de bêtises,
10:52mais l'éducateur
10:52a accompagné Louis
10:54pour lui permettre
10:56de porter plainte.
10:57Le 11 mai.
10:57Le 11 mai, effectivement.
11:00Et évidemment,
11:02les choses s'arrêtent là.
11:03Après, le 12 juin,
11:04pour le coup,
11:05si les éducateurs
11:06étaient informés
11:07de ces violences-là,
11:09il me semble,
11:09encore une fois,
11:10je parle sous votre contrôle,
11:11mais que l'article 40
11:11aurait dû les contraindre
11:12à informer la justice.
11:14Évidemment,
11:15il y a des enjeux
11:15sur la peur des représailles aussi,
11:17le respect de sa parole.
11:19Peut-être lui...
11:19La peur des représailles,
11:20la peur pour Louis
11:21ou même pour les éducateurs ?
11:22Non, non.
11:22Même pour les éducateurs.
11:23Peut-être pour les éducateurs,
11:25je pense plutôt pour Louis.
11:26Là, en tout cas,
11:26ma parole portait plutôt pour Louis.
11:29Donc ça,
11:29c'est une première chose.
11:30Et puis ensuite,
11:31il y a aussi
11:32à avoir en tête
11:33que ces jeunes,
11:34a priori,
11:35étaient aussi concernés
11:36par l'aide sociale
11:37à l'enfance
11:38dans diverses mesures.
11:39On n'a pas encore
11:40l'entièreté des faits.
11:42Justement,
11:42je voudrais qu'on continue
11:43d'en parler avec Claude Hardit.
11:45J'imagine que vous le connaissez,
11:46il est grand reporter
11:46parce qu'il a enquêté
11:48sur l'aide sociale à l'enfance.
11:50Il a écrit
11:50« La fabrique du malheur »,
11:52scandale au cœur
11:52de l'AZEU,
11:53de l'aide sociale à l'enfance.
11:55Bonsoir Claude,
11:55merci d'être avec nous.
11:57Oui,
11:57bonsoir,
11:58merci.
11:59On a donc un jeune de 17 ans
12:01qui était confié
12:01à une structure
12:02de l'aide sociale à l'enfance,
12:03cette maison d'enfants
12:05de Narbonne
12:06qui avait porté plainte,
12:08les parents n'étaient pas au courant,
12:10qui a été lynché
12:13ou tué par une partie des jeunes
12:16qui étaient également
12:16dans cette structure.
12:19Que retenez-vous de cette affaire
12:21par rapport à ce que vous,
12:21vous avez découvert
12:22dans votre enquête ?
12:24C'est exactement
12:25la consternante continuité
12:27de ce que j'ai vécu
12:28pendant les trois ans
12:29qui ont précédé
12:30l'écriture de mon livre.
12:32Il faut que vous sachiez,
12:33vous m'avez invité
12:33très gentiment
12:34il y a un an sur le plateau
12:35pour parler de la fabrique
12:36du malheur,
12:36et je crois déjà
12:37que je vous l'avais dit.
12:39Qu'est-ce qui se passe
12:39dans un foyer
12:40à partir de 21h30 ?
12:42Un foyer d'accueil
12:43de l'aide sociale à l'enfance
12:44qui est géré
12:44par les conseils départementaux.
12:46Il n'y a plus d'éducateurs,
12:47il n'y a plus d'éducatrices
12:48entre 21h et 22h.
12:51Et ce sont des surveillants
12:52de nuit qui prennent le relais
12:54et les surveillants de nuit
12:55sont là pour surveiller
12:56s'il n'y a pas un accident,
12:57s'il n'y a pas un incendie,
12:58s'il n'y a pas un intrus
12:59qui vient mettre le feu
13:00dans le foyer, etc.
13:02Premièrement.
13:02Deuxièmement,
13:03et c'est là où c'est terrible,
13:05c'est terrible pour le petit Louis
13:06et c'est terrible pour sa famille.
13:08Qu'est-ce qui se passe ?
13:09C'est que personne,
13:10vous m'entendez,
13:12personne n'a le droit
13:13d'interdire à un gamin
13:14qu'il ait 15 ans, 16 ans,
13:1617 ans, etc.
13:17de sortir de son foyer.
13:19Les mineurs,
13:20de moins de 15 ans,
13:21et je me bats depuis des années
13:23pour ça sur tous les plateaux
13:24de télé et de radio,
13:25les mineurs
13:26et ceux qui vivent
13:28au sein de la sociale enfance,
13:30là où ils devraient être protégés,
13:32les mineurs,
13:32personne ne peut les retenir.
13:34C'est-à-dire que si
13:35un éducateur avant 21h30
13:37ou un surveillant de nuit
13:38dit à un gamin
13:39« Non, tu ne sors pas »,
13:40il n'a pas le droit,
13:42il n'a pas la légalité avec lui,
13:44c'est antilégal.
13:46Et donc,
13:46un jour je me suis retrouvé
13:48à Marseille
13:49avec un procureur de la République,
13:50j'étais invité sur le plateau
13:51de France 5,
13:52de Cetabou,
13:53j'étais à côté
13:54de M. Nicolas Besson
13:55qui est un formidable procureur.
13:56Et on parlait justement
13:58de ces sorties comme ça,
13:59de ces gamins
14:00et notamment de gamines
14:01qui allaient se prostituer.
14:02Elles sortaient 23h,
14:04il y avait les proxos
14:04qui les attendaient
14:05dans la voiture,
14:06elles montaient dans la voiture
14:07et elles revenaient
14:0924h, 48h,
14:09trois jours après,
14:10après avoir été massacrée,
14:12avoir fait 40 passes,
14:13avoir été détruite,
14:14elles revenaient
14:14avec des maladies
14:15sexuellement transmissibles.
14:16Et je dis au procureur
14:17de la République
14:18qui était à côté de moi,
14:18vous pouvez retrouver
14:19les images,
14:20je dis mais c'est pas pensable,
14:21pourquoi on ne leur interdit
14:22pas de sortir ?
14:23Et là,
14:24tout le monde me répond,
14:25mais comme les référents
14:26de la ZEU,
14:26les éducateurs de la ZEU,
14:28les juges pour enfants
14:29vous disent mais un foyer
14:30d'accueil n'est pas une prison
14:31et on ne peut pas
14:33leur interdire de sortir.
14:34Le droit de contention
14:35et le droit de rétention
14:36n'existent pas.
14:37Et même si un gamin sort,
14:38même si un surveillant de nuit,
14:40je l'ai vu moi,
14:41je l'ai vu de mes yeux,
14:42vu,
14:42va chercher une gamine
14:43qui monte dans la bagnole
14:44d'un proxo,
14:45elle est en danger de mort.
14:46Si le court après
14:47qu'il choque le proxo,
14:48il est en tort.
14:49C'est ça qui est incroyable.
14:51Donc Louis,
14:51qu'est-ce qu'il fait ?
14:53Il a rendez-vous
14:54avec ses futurs bourreaux,
14:55il tombe dans un guet-apens,
14:56mais normalement,
14:57dans n'importe quelle institution
15:00constituée,
15:01dans n'importe quelle famille classique,
15:03qu'est-ce qu'on aurait dû dire ?
15:04On aurait dû dire à Louis,
15:05non,
15:05tu ne sors pas,
15:06tu es en danger,
15:07etc.
15:07Même si Louis,
15:08c'est un gamin qui visiblement
15:09avait des problèmes,
15:10des troubles du comportement,
15:11etc.
15:11Mais lui,
15:11il n'est responsable de rien.
15:13Ce sont les adultes autour
15:14qui doivent dire
15:15on boucle ta chambre,
15:16tu ne sors pas,
15:17il est 23 ans,
15:18etc.
15:18Mais ils n'ont pas le droit
15:18de le faire.
15:19Et c'est ça qui est...
15:20Et personne n'a le droit
15:21de le faire.
15:22Et c'est ça qui est terrible.
15:23On a beau...
15:24Moi, je me bats tout à l'heure,
15:26je ne sais pas
15:27qu'à la personne qui a dit ça,
15:28il dit on manque
15:28de 30 000 travailleurs sociaux.
15:30Mais ce n'est pas vrai.
15:31On manque de 100 000
15:32travailleurs sociaux.
15:33Quand j'ai écrit le livre
15:34il y a un an de ça,
15:35quand il a été publié
15:36il y a un an,
15:37on manquait de 80 000
15:38travailleurs sociaux.
15:39Aujourd'hui,
15:39toutes les données
15:40qui me remontent du terrain
15:41d'éducateurs,
15:43de puricultrices,
15:44d'assistants puricultrices,
15:47de psy,
15:47de médecins,
15:48tout le monde,
15:49d'assistants sociaux,
15:49tout le monde me dit
15:50mais on n'est plus à 80 000,
15:51on est à 100 000.
15:53Et c'est là
15:53où on engage
15:54entre guillemets,
15:55excusez-moi l'expression,
15:56mais on engage
15:57le premier venu.
15:58C'est-à-dire qu'on engage
15:58des gens qui devraient
16:00normalement s'occupier
16:01de colonie de vacances.
16:02On a engagé
16:03dans des centres départementaux
16:05et c'est marqué
16:06dans le rapport
16:07de l'ASE.
16:08C'est marqué dans le rapport.
16:09On engage
16:09dans les pouponnières
16:10des femmes de ménage
16:11pour s'occuper des bébés
16:12parce qu'on n'a pas
16:13assez de puricultrices
16:14et les enfants sont terrorisés.
16:16Donc on est dans une situation
16:17qui est catastrophique,
16:18qui est infiniment plus grave
16:19que celle que j'ai pu décrir
16:21il y a un an.
16:22Et quand moi je me retrouve
16:22face aux politiques,
16:23et vous le savez,
16:24je vous l'ai dit sur le plateau
16:25et je ne cesse de le répéter.
16:27Et c'est un combat,
16:28là je suis animé par la colère
16:29mais en même temps
16:30je suis joint ici,
16:30il faut que je garde
16:31ménère, etc.
16:33Moi je dis quoi ?
16:34Je dis mais
16:34ce n'est pas un problème
16:35de moyens.
16:36Les moyens,
16:37ils les ont à l'ASE
16:38dans les départements.
16:39L'éducation nationale
16:40manque de moyens,
16:41l'hôpital manque de moyens,
16:42la justice manque de moyens,
16:44la police manque de moyens,
16:45tout manque de moyens.
16:46On manque de courage politique.
16:48Tout le monde m'a parlé
16:49dans mon livre.
16:50Tout le monde.
16:50Les familles,
16:51les enfants,
16:52les cadres.
16:52Il y a des gens
16:53qui ont pris des risques
16:54insensés au sein
16:55de l'aide sociale à l'enfance
16:56pour me raconter
16:57comment ils se trouvaient
16:58confrontés à des problèmes
16:59qui étaient dramatiques.
17:00Les seuls
17:01qui ne m'ont jamais parlé,
17:03ce sont les politiques
17:04parce qu'ils ont peur
17:04que ça leur retombe
17:06sur le coin de la gueule.
17:08Justement,
17:08Claude,
17:08je voudrais rebondir
17:09sur ce que vous dites
17:10avec Marie-Julie Marteau,
17:12la tante de Louis.
17:13On a entendu
17:13le ministre de l'Intérieur,
17:14Laurent Nunez,
17:14dire
17:15pas de récupération politique
17:16s'il vous plaît.
17:17D'ailleurs,
17:17le terme d'ensauvagement
17:18que vous avez utilisé
17:19tout à l'heure,
17:21il ne veut pas l'utiliser,
17:22il ne le reprend pas
17:22à son compte.
17:23Je vais répéter
17:24ce que j'ai dit ce matin
17:25sur le plateau de CNews.
17:28C'est-à-dire que
17:28M. Nunez doit avoir
17:30les vidéos en sa possession,
17:31j'imagine.
17:32Moi, je les ai sur mon téléphone,
17:33je l'invite à les visionner
17:34avec moi
17:35et on verra
17:35quels termes
17:36il veut qu'on utilise.
17:37Parce que ces vidéos-là,
17:38je ne souhaite à personne
17:39de les voir encore une fois.
17:40Et la récupération politique ?
17:41Mais il n'y a pas
17:42de récupération politique,
17:43que tous les politiques
17:43se saisissent.
17:45Mais qu'est-ce que vous dénoncez
17:46le fait qu'ils ne s'en saisissent pas,
17:47justement ?
17:47Exactement.
17:48Il y en a qui ne s'en saisissent
17:49et pas d'autres, c'est quoi ?
17:50Exactement.
17:50Il faut que tout le monde
17:51s'en saisisse.
17:51C'est l'affaire de tous les Français.
17:53Je voudrais préciser
17:54que vous travaillez
17:54avec un député,
17:55vous êtes collaboratrice
17:56du député RN du Var,
17:58Philippe Lotiot.
17:59Tout à fait.
18:00Et à la mairie de Saint-Maxime,
18:01c'est ça ?
18:02Oui.
18:02Vous avez un emploi
18:02à la mairie de Saint-Maxime ?
18:03Non, je suis élue.
18:04Élue à la mairie de Saint-Maxime.
18:05Est-ce que vous voulez faire
18:06de ce terrible,
18:10ce qui est arrivé à Louis,
18:11un enjeu politique ?
18:13Absolument pas.
18:14Ce n'est pas un enjeu politique,
18:15ça m'arrive à moi.
18:17Enfin, ça arrive à ma sœur.
18:18On n'a pas choisi ça, nous.
18:20Donc, il n'y a pas de politique là-dedans.
18:22C'est aux politiques
18:23de se saisir de ça.
18:24Il y en a ras-le-bol
18:25de parler de récupération politique.
18:27En fait, ce qui s'est passé,
18:29c'est pour ça qu'on a fait le choix
18:30de diffuser ces vidéos.
18:31Ça vous concerne tous.
18:32Et ça concerne tous les politiques
18:34et ça concerne tous les Français.
18:35Donc, vous attendez des solutions ?
18:36On attend des solutions.
18:37On attend que les juges
18:38et que la justice fassent son travail.
18:40Et nous, on va parler.
18:41Parce que je pense
18:42qu'il y a beaucoup de Français
18:42ou de familles de victimes
18:44qui ont peur parfois de parler.
18:46Parce que justement,
18:46qu'on les accuse
18:47de récupération politique,
18:49qu'on les accuse
18:50de certaines choses.
18:51Ils ont peur.
18:51Nous, on n'a pas peur.
18:52Mais quand vous avez vu
18:53sur les réseaux sociaux,
18:54certains montraient
18:54les visages des jeunes
18:55en disant,
18:56vous voyez,
18:57ce sont des issus
18:58de l'immigration
19:00qui sont tombés
19:00sur un petit blanc.
19:01Mais on n'a jamais parlé de...
19:01Non, non, mais je vous dis ça,
19:02vous le réfutez complètement.
19:03Mais on le réfutez complètement.
19:05Mais nous, on n'a jamais parlé
19:06du profil de ces jeunes.
19:08Jamais.
19:10Éric Zemmour a fait un lien
19:11avec l'immigration.
19:12Mais moi, je ne connais pas
19:12Éric Zemmour, personnellement.
19:14Moi, je connais Louis.
19:16Voilà.
19:17Et ma parole,
19:17elle est pour Louis.
19:18Et vous voulez justice pour Louis, quoi.
19:19Je veux justice pour Louis.
19:20Est-ce que vous voulez
19:21que tous les politiques
19:22se positionnent ?
19:23Oui, il n'y a pas que
19:24les politiques de droite
19:25et d'extrême droite
19:25qui doivent se positionner
19:26sur cette question-là.
19:27Attendez, mais il y a un moment,
19:29on va être sérieux dans ce pays ?
19:30Est-ce qu'on va être sérieux ?
19:32Est-ce qu'on peut avoir
19:33visionné ces vidéos ?
19:34Moi, je vais vous le dire,
19:35ma sœur,
19:35elle ne s'en remettra jamais.
19:36Ma famille,
19:37elle ne s'en remettra jamais.
19:38Moi, je ne dormirai plus jamais
19:39comme j'ai dormi.
19:40Je les ai vus 20,
19:4130 fois, 40 fois.
19:47C'est une récupération politique.
19:48On parle de quoi ?
19:50On parle de quoi ?
19:52Il faut que...
19:53Excusez-moi,
19:53mais la colère,
19:54on va rester digne.
19:56Mais maintenant, ça suffit.
19:58Dimanche,
19:59les responsables politiques
20:00sont invités à La Marche ?
20:01Tous, je les ai tous invités.
20:03Vous avez tous invités ?
20:04Tous bords politiques
20:04qui sont les bienvenus.
20:05C'est-à-dire nationaux, locaux ?
20:07Peu importe, tout le monde.
20:08Tous les Français.
20:09Est-ce que la famille,
20:11le père de Louis,
20:12peut-être vous,
20:12vous avez été contacté
20:14par le gouvernement ?
20:14Absolument pas.
20:15Vous n'avez pas eu
20:15de coup de fil du miso intérieur ?
20:17Non.
20:18Aucun coup de fil.
20:18Aucun coup de fil.
20:21Ça ne vous choque,
20:21ça vous blesse ?
20:23Bien sûr.
20:24Il y a des indignations...
20:25Bien sûr.
20:26Il y a des indignations variables ?
20:27C'est ce que...
20:28Mais je ne comprends pas.
20:29Encore une fois,
20:30c'est vrai que c'est très dur
20:31pour nous de nous exprimer,
20:32mais on le fait dignement.
20:33Encore une fois,
20:34ils ont les vidéos,
20:35ils les ont vues.
20:36Est-ce que vous les avez vues ?
20:39Difficilement.
20:40Voilà.
20:41À l'heure de faire leur boulot.
20:42Le père de Louis
20:43n'a pas voulu voir ces vidéos.
20:44Non.
20:44Ma soeur non plus.
20:45Ma mère non plus.
20:46Ma petite soeur les a vues avec moi.
20:48Moi, je ne sais plus quoi leur dire.
20:50Ils les ont vues.
20:51Aujourd'hui...
20:51Mais alors à qui vous en voulez le plus ?
20:52Aux politiques ?
20:53À l'ASE ?
20:54À qui ?
20:55À ces jeunes ?
20:56Honnêtement,
20:57aujourd'hui,
20:59la seule chose...
20:59On n'est pas dans la haine.
21:02On n'est pas dans la haine.
21:03On veut juste...
21:04Il ne faut pas que ça se reproduise.
21:05Exactement.
21:06Exactement.
21:06Et en fait,
21:07on veut juste dire que ça suffit.
21:09On ne comprend pas
21:10comment si nous, médiatiquement,
21:12on ne lance pas la machine,
21:13pourquoi ça n'arrive pas ?
21:15Pourquoi ça n'arrive pas
21:16alors qu'au plus haut sommet de l'État,
21:17ils le savent ?
21:18Comment ça se fait que c'est à nous,
21:20la famille ?
21:21Encore une fois,
21:22on est dans le chagrin.
21:23C'est à nous de venir sur les plateaux télé,
21:24là.
21:25Pour en parler.
21:25C'est à nous.
21:26C'est difficile pour nous.
21:28Et c'est à nous de le faire.
21:29Comment c'est possible ?
21:31Ces jeunes,
21:32ils sont où ?
21:33Ils sont en détention provisante.
21:34On les a tous arrêtés.
21:35Il y a des mineurs
21:36et des majeurs.
21:37Il y a trois mineurs
21:37et il y a deux majeurs.
21:38Ils sont âgés de 17 à 19 ans.
21:40Il y en a trois
21:40qui sont connus de l'ASEU,
21:42mais aucun n'était placé,
21:43je l'ai dit,
21:43dans la même structure que Louis.
21:45Leur casier judiciaire,
21:46il est vierge de toute condamnation,
21:47mais ils étaient connus
21:48des services de police pour certains.
21:50Il y en a qui avaient séjourné
21:51dans des centres éducatifs fermés.
21:53Je rappelle qu'il n'y a pas
21:54de mobile d'ordre racial
21:55et qu'il y a une préméditation
21:57qui est retenue
21:58par le procureur de Narbonne.
21:59Le mot « il »
22:00est pour l'instant inconnu,
22:01mais le procureur parle
22:02effectivement de guet-apens
22:03et tous les mots ont un sens.
22:05Que risque-t-il ?
22:05Pas la même chose
22:06puisqu'en fonction de leur âge,
22:08ils ne seront pas jugés
22:08de la même façon.
22:09Si la qualification d'assassinat
22:10est retenue,
22:11et ça va prendre plusieurs mois,
22:12les majeurs,
22:13ils encourtent la perpétuité
22:14et les mineurs,
22:15ils encourtent 20 ans maximum,
22:16sauf si leur excuse de minorité
22:18est écartée au moment du jugement.
22:19Vous voulez qu'on enlève
22:21l'excuse de minorité ?
22:22Bien sûr, mais on n'attend que ça.
22:23En fait, il faut la faire sauter.
22:25C'est évidemment
22:26comment le message qu'on porte
22:27et évidemment qu'on demande
22:28la perpétuité.
22:30Pour les meilleurs
22:31comme pour les majeurs.
22:32Bien sûr,
22:32mais il n'y a pas d'excuse
22:33de minorité.
22:33Mais David Beauvoir,
22:33vous êtes militant
22:34pour les droits de l'enfant,
22:35vous avez connu,
22:36vous connaissez ces structures aussi.
22:38Ça peut malheureusement
22:39se reproduire
22:40si on ne fait rien,
22:41cette violence ?
22:42Oui, je pense que la solution
22:44elle n'est pas sur la suite
22:46à donner.
22:47Évidemment qu'il y a des sanctions,
22:48bien sûr,
22:49il y a des sanctions à avoir.
22:50La solution aujourd'hui,
22:52elle est en amont
22:53de ces dysfonctionnements-là.
22:56Elle est à donner
22:57sur la prévention,
22:58évidemment,
22:59faite auprès des enfants
23:00et je le précise,
23:01mais aujourd'hui,
23:02le budget,
23:03M. Ardide disait tout à l'heure
23:04qu'il y avait les moyens
23:05mais pas le courage politique.
23:07Évidemment qu'il n'y a
23:07aucun courage politique
23:08sur les socials à l'enfance.
23:10Le gouvernement le montre
23:10encore là
23:11avec le projet de loi
23:12qui devait être déposé
23:14en février,
23:15puis finalement non,
23:16puis finalement oui.
23:17Et donc là,
23:17on a un projet de loi
23:18qui arrive en juillet,
23:21qui est un petit peu
23:22en train d'être,
23:24comment dire,
23:24vidé de sa substance,
23:25puisqu'ils y ajoutent
23:27d'autres mesures
23:27qui n'ont rien à voir
23:28avec l'aide sociale à l'enfance.
23:29En tout cas,
23:29ils appellent ça
23:30la refondation,
23:31là où on sait que
23:32ça n'a de refondation
23:34que le nom
23:34puisque évidemment,
23:35il n'y a pas ça.
23:35Et je voudrais juste dire
23:37qu'aujourd'hui,
23:38on sait qu'un enfant
23:39qui est victime de violence
23:40dans l'enfance
23:40et ces enfants-là
23:41avaient aussi des signalements
23:42pour l'aide sociale à l'enfance
23:44a un risque de 3 à 5 fois
23:47supérieur à la moyenne générale
23:48de reproduire des violences
23:50à l'âge adolescent ou adulte.
23:51C'est absolument dramatique
23:52et le fait de vider les moyens
23:54et vider la possibilité
23:56pour les structures
23:57de faire de la prévention,
23:58c'est absolument dramatique.

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