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  • il y a 2 jours
À l'occasion du Sommet de la Mesure d'Impact 2026 qui s'est tenu le 13 avril au Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) à Paris, Mathieu Meffre a reçu Frédéric Faure, vice-président de Biocoop.

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Transcription
00:08Frédéric Faure, bonjour. Bonjour. Je suis ravi de vous accueillir. Vous êtes vice-président de Biocop.
00:13Vous êtes en charge notamment de tout ce qui est externe à Biocop, c'est ça, donc les partenaires, les
00:17écosystèmes, les fournisseurs, l'influence, tous ces sujets-là, si je ne me trompe pas.
00:23C'est ça. Parfait. Et donc c'est vous aujourd'hui qui représentez Biocop pour parler notamment sur un thème,
00:29une table ronde, le retour du local à un fantasme.
00:31Pourquoi est-ce qu'il fallait que Biocop soit présent sur ce panel-là aujourd'hui ?
00:35Je pense que Biocop a une voie d'expertise et de mise en œuvre de ce qu'est le local.
00:41Aujourd'hui, 15% de nos approvisionnements au niveau national et en moyenne sont des approvisionnements dits locaux.
00:48Alors c'était très drôle. Éloi Laurent sur la table ronde nous expliquait qu'en parlant de la ville, que
00:54de manière internationale, il n'y avait pas de définition de ce qu'était la ville.
00:58Figurez-vous que pour le local, c'est exactement la même chose. Il n'y a pas de définition aujourd
01:01'hui de ce qu'est le local.
01:03Nous, on considère local...
01:04C'est-à-dire un type de marché quand même ?
01:05C'est ça. C'est d'être au plus près dans la chaîne d'approvisionnement.
01:10Donc nous, on considère un producteur local à moins de 150 km. Dans les faits, en moyenne, ils sont à
01:1540 km du magasin, nos 15% de producteurs locaux.
01:18Et au niveau national, ça grimpe ? Si on prend le local comme déjà le national, dans ce que vous
01:23vous vendez par exemple ?
01:23Nous, en fait, Biocop, c'est deux jambes dans ses approvisionnements.
01:27Le premier, c'est celui qu'on met en avant et de cœur, c'est l'implantation du magasin sur
01:34son territoire.
01:35On a aussi nos paysans, paysannes associées. Là, c'est plutôt l'esprit de filière, c'est-à-dire les
01:39filières un peu plus longues, un peu plus nationales.
01:41Donc on travaille avec des groupements, on en a une vingtaine qui sont partenaires, qui sont associés à Biocop, qui
01:45sont sociétaires de Biocop.
01:46Donc c'est pareil, ils sont dans la gouvernance et dans tous nos mécanismes de gouvernance.
01:50Et on travaille ensemble à définir le projet de Biocop.
01:53Et par ailleurs, si on ne discute pas de commerce quand on parle du projet de Biocop,
01:58on est aussi des acteurs et des alliés d'approvisionnement et de distribution de produits bio.
02:03Donc ils nous aident aussi à structurer des filières sur le blé.
02:06Récemment, par exemple, les miels bio des Limousins, qui est la première coopérative à intégrer Biocop sur la catégorie des
02:12miels français.
02:13Il faut s'appeler Biocop avec une promesse, avec le mot bio dans la promesse, pour arriver à faire du
02:20local, puisque vous dites que ce n'est pas un fantasme.
02:22Pourquoi la grande distrie ? D'abord, est-ce que la grande distrie en général ?
02:25C'est 4% la grande distribution.
02:27Est-ce que ça progresse ? Il y a des freins ? Et est-ce qu'il faut s'appeler
02:30Biocop pour que ça marche ?
02:32Je pense qu'aujourd'hui, il faut s'appeler Biocop pour que ça marche, parce qu'il faut avoir chevilles
02:37au corps, l'engagement et le sens de la responsabilité pour répondre à des enjeux, adresser des enjeux.
02:43Il y a deux façons de répondre aux enjeux aujourd'hui, que sont les enjeux notamment des crises des ressources.
02:48C'est ce qu'on vit aujourd'hui. L'être humain est construit comme ça, l'histoire humaine est construite
02:52comme ça.
02:52Quand il y a des pressions sur la ressource, il y a des guerres, il y a des conflits, etc.
02:56C'est ce qu'on voit finalement en Ukraine, derrière la géopolitique, etc.
02:59C'est comment on accède aux ressources, comment on garde des ressources, du gaz, du pétrole, etc.
03:03C'est ça l'enjeu qu'il y a aujourd'hui.
03:05En fait, c'est une vraie réalité.
03:06On est de plus en plus nombreux et il y a une pression sur nos ressources.
03:10Pour répondre à ces enjeux-là, il faut pouvoir les adresser.
03:13Il y a deux façons d'y répondre.
03:14La première, c'est sur le rapprochement de nos lieux d'approvisionnement.
03:19Et ça, c'est le local, la réponse.
03:21Et le deuxième, c'est notre rapport à notre environnement.
03:23C'est le respect qu'on a aux hommes, mais aussi à tous les êtres vivants qui nous entourent et
03:27à la planète en général.
03:28Et là, la bonne réponse, c'est la bio.
03:30Comment vous mesurez, vous, chez Biocop, ce que vous faites ?
03:32Les actions, les pratiques ?
03:34Parce que c'est quand même le sommet de la mesure d'impact.
03:36On parle de langage commun depuis ce matin.
03:38J'entends qu'il y a des choses qui existent, bien sûr, au niveau européen, parfois au niveau français.
03:42Parfois, ce sont des associations, des mouvements qui portent un langage.
03:48Mais il n'est pas encore complètement commun à tout le monde.
03:49Alors vous, comment vous faites ?
03:51Alors, nous, on est dans une stratégie, un jeu d'alliance.
03:54On ne peut pas être les experts de tout.
03:57Nous, notre expertise, elle est sur le produit.
03:59Elle est sur la chaîne de valeur dans ce produit, sur la répartition de la valeur, donc le commerce équitable.
04:04Donc, par exemple, on va s'appuyer sur les indicateurs de quelle est notre part de commerce équitable.
04:08Il se trouve que là, nous, on est au rendez-vous, 25% de notre chiffre d'affaires, c'est
04:14du commerce équitable.
04:15Et on pèse pour 17% du marché du commerce équitable en France, alors même qu'on ne fait que
04:200,8% de la distribution alimentaire.
04:22Donc ça, c'est des chiffres qui sont très impactants.
04:24On a un petit objet de la distribution.
04:25On est très, très loin derrière les trois grands distributeurs.
04:29On pourrait presque en compter quatre.
04:31Mais néanmoins, notre engagement, il est total.
04:33Ça, c'est la première chose.
04:34Et la deuxième, c'est que je vous parlais d'une stratégie d'alliance.
04:37On se rapproche d'opérateurs, d'associations qui ont le savoir, qui ne font pas que de la philosophie et
04:42écrire des bouquins.
04:43Ils font de la recherche avec des sources, de la bibliographie.
04:46Donc, je pourrais vous citer Terre de Liens.
04:48Je pourrais vous citer Le Basique avec Christophe Alliot, qui quantifie et donne des indicateurs nouveaux, novateurs, pour justement voir
04:55un peu plus loin.
04:55Aujourd'hui, on a une vision, notamment politique et entrepreneuriale, hyper court-termiste.
05:00On peut comprendre la vision court-termiste d'une entreprise.
05:04Elle va regarder son intérêt à un instant T.
05:06Il est très difficile de comprendre celle des pouvoirs publics.
05:10Les pouvoirs publics sont là pour imprimer une vision d'avenir, une vision à long terme.
05:15Pas à 4 ans, pas à 5 ans, ce n'est pas une entreprise, c'est une vision à 20
05:18ans.
05:18Et on réfléchit à 20 ans.
05:19On ne plante pas des forêts pour avoir du bois demain matin.
05:22On plante des forêts pour penser à l'avenir, pour penser aux enfants.
05:25C'est là le rôle des pouvoirs publics et des entreprises engagées.
05:27Je parle à l'homme maintenant, Frédéric.
05:29Qu'est-ce qui compte pour vous en ce début d'année 2026, fin de premier trimestre ?
05:33C'est le thème du jour.
05:34Ce qui compte vraiment, qu'est-ce qui compte pour vous ?
05:36Je trouve assez incroyable le thème d'aujourd'hui.
05:38Il me fait vibrer, ça me fait des petits frissons dans le dos.
05:41Ça ne s'entend pas, mais en tout cas, moi, je les ressens dans le sens où je pense que
05:44là, encore une fois, le sommet de la mesure d'impact, il tape pile poil au bon endroit.
05:48Parce que qu'est-ce qu'on voit ?
05:49Je vous en parlais tout à l'heure.
05:50On voit tout un tas de conflits naissants.
05:53Ces conflits naissants sont au lieu des ressources.
05:55En fait, la ressource, ça traduit notre lien à l'environnement, à notre environnement.
05:59Quand on parle de biodiversité, d'écologie, nous, en tout cas moi, ce n'est pas sur un principe, encore
06:04une fois, moral.
06:05C'est sur un principe de réalité.
06:06Ce principe, il nous rattrape de plus en plus.
06:09Donc, ce qui compte vraiment, il y a deux choses.
06:11C'est notre rapport à l'autre, à l'environnement.
06:13Et dans le rapport à l'autre, c'est la coopération.
06:15Parce qu'on ne s'en sortira pas dans un univers de concurrence.
06:18On s'en sortira dans un univers de coopération.
06:21Merci, c'est le mot de la fin, mais il est puissant.
06:24Merci beaucoup.
06:24Bonne journée, à l'année prochaine.
06:25Merci, merci.
06:26Merci.
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