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  • il y a 22 heures
En 2025, 463 projets d’industrie verte ont été recensés en France, soit +13 % en un an. Des chiffres positifs pour répondre aux objectifs de décarbonation et de réindustrialisation française. L’immobilier et l’énergie sont en première ligne dans cette transition industrielle. Ils font face à des défis réglementaires pour accélérer sur ce sujet.

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Transcription
00:00Générique
00:05On parle d'industrie verte tout de suite dans le débat de ce Smart Impact avec Cévan Torossian, bonjour.
00:12Bonjour Antoine.
00:12Bienvenue, vous êtes directeur études et recherches d'Arthur Lloyd France.
00:16Antoine Huard, bonjour.
00:17Bienvenue, vous êtes le directeur général de VersoEnergie, le réseau d'agences immobilières Arthur Lloyd
00:23qui publie une étude à la fois sur le dynamisme des métropoles mais sur cette question d'industrie verte.
00:29Pourquoi un réseau d'agences immobilières s'intéresse à l'industrie verte ?
00:33Eh bien, c'est une excellente question.
00:35En fait, nous sommes un conseil.
00:36Nous accompagnons les entreprises sur le volet immobilier.
00:39Il s'agisse de bureaux, de locaux d'activité, de locaux logistiques, de commerce.
00:44Et donc, il nous faut décrypter les nouvelles tendances, les nouveaux écosystèmes qui émergent dans les territoires.
00:48Tout d'abord pour comprendre ce qu'il se passe dans nos territoires et les mutations du tissu industriel
00:53mais également pour mieux accompagner nos clients qui sont en fait des entreprises
00:58et qui sont à la recherche de locaux professionnels.
01:02Et donc, ça permet aussi, et là ça fait écho à notre maillage, ça permet à notre réseau qui est
01:09très implanté en France
01:10avec un ancrage en 70 implantations, d'être en avant-poste du développement économique des territoires.
01:17Oui, c'est un peu comme une vigie et donc il faut détecter les signaux, les évolutions.
01:23Verso Énergie, vous êtes déjà venu dans l'émission, Antoine Huard, mais je veux bien que vous nous présentiez l
01:27'entreprise en quelques mots.
01:28Oui, bonjour et merci de votre invitation.
01:30Donc, Verso Énergie, en quelques mots, on est un énergéticien.
01:33On s'est fixé pour mission à la fois deux objectifs, la décarbonation et la réduction de la dépendance aux
01:40énergies fossiles.
01:41Et donc, on fait ça en produisant à la fois de l'électricité renouvelable en France et également de la
01:47production de molécules synthétiques.
01:49Ce qu'on appelle les molécules synthétiques, elles sont partout, on l'ignore, mais par exemple, le pétrole, on peut
01:55le remplacer avec du carburant synthétique.
01:57Avec le charbon, on peut le remplacer avec de l'hydrogène produit de manière synthétique.
02:00Donc, c'est ce qu'on fait avec Verso Énergie pour à la fois décarboner des usages difficiles à décarboner,
02:05comme l'industrie.
02:06C'est très difficile de décarboner, par exemple, une usine qui produit de l'acier ou une raffinerie.
02:11On peut le faire aujourd'hui avec de l'hydrogène.
02:14Et puis, décarboner également des moyens de transport qu'on juge également très difficiles à décarboner, comme l'aviation ou
02:19le transport maritime.
02:19Ça, c'est possible avec ces molécules synthétiques qui peuvent être produites sur notre territoire et qui peuvent demain remplacer
02:25les importations fossiles.
02:26Alors, effectivement, cette notion de territoire, de dynamisme des territoires, c'est ce dont on va parler avec une industrie
02:33verte
02:33qui est peut-être en train de redessiner la carte économique française.
02:38C'est-à-dire que c'est une transformation assez profonde, finalement, du tissu économique à laquelle on est en
02:44train d'assister ?
02:44Oui, je pense que c'est vraiment ça. C'est une transformation, en fait, du tissu économique.
02:49Il n'a échappé à personne, effectivement, qu'on était dans un cycle économique un peu ralenti depuis trois ans.
02:55On peut dire ça.
02:56Même très affecté, on va dire.
02:58Et donc, c'est vrai qu'il y a une mutation du tissu industriel avec des secteurs économiques qui sont
03:02en souffrance et d'autres qui émergent.
03:04C'est la fameuse destruction créatrice chumpeterienne.
03:07Donc, on est peut-être entré dans une phase où la transition énergétique permet véritablement de faire émerger de nouvelles
03:17filières en France.
03:18Et c'est plutôt positif, je crois, pour notre territoire de voir que de nouvelles filières peuvent émerger, notamment dans
03:24les industries vertes.
03:25Et est-ce qu'il y a des régions qui sont plus dynamiques ou un peu plus pionnières que d
03:30'autres en la matière ?
03:31Alors, oui. Au niveau national, 25 milliards d'euros qui ont été investis.
03:36Et effectivement, certaines régions qui avaient auparavant déjà une tradition industrielle, un savoir-faire, des compétences, émergent, bien évidemment.
03:47Je pense notamment aux Hauts-de-France, je pense notamment à la Nouvelle-Aquitaine, la Normandie aussi.
03:53Voilà, des régions qui ont une base industrielle solide, parfois aussi portuaire, et qui ont réussi finalement à attirer des
04:01capitaux, à faire émerger des projets en faveur de la transition énergétique.
04:05Et en tenueur, vous êtes dans quelle région ?
04:08Pour la production d'énergie renouvelable, on est partout, mais pour les projets industriels qu'on porte, pour la production
04:13de molécules synthétiques, on est principalement en région Grand Est, en région Nouvelle-Aquitaine, en région Normandie.
04:20Donc Grand Est, avec un projet de production d'hydrogène, qui va produire de l'hydrogène dès l'année 2029,
04:25la construction va démarrer dès l'année 2027, de cette nouvelle usine, pour livrer de l'hydrogène à un sidérurgiste
04:30de l'autre côté de la frontière, en Allemagne.
04:33Et également avec un projet de carburant de synthèse à Epinal, dans les Vosges, qui lui sera plutôt mis en
04:37service en 2031, pour produire du carburant pour l'aviation.
04:40Et pourquoi la région Grand Est ? Eh bien, du fait de cette empreinte industrielle que vous évoquez, parce qu
04:48'effectivement, il y a un savoir-faire industriel, des territoires qui accueillent des projets industriels, et donc une acceptabilité, ça
04:56c'est un facteur très important.
04:57Et la Normandie, la Nouvelle-Aquitaine, c'est un peu pour les mêmes raisons aussi, le choix de ces territoires
05:01qui nous ont accueillis, et qui aussi présentaient, on y reviendra peut-être, des facteurs qui sont importants pour nos
05:08projets,
05:08mais qui ne peuvent pas forcément être généralisés aux autres projets industriels, c'est que nous, nos projets ont besoin
05:11de certains intrants, comme l'électricité ou le CO2 biogénique.
05:15C'est des choses qu'on ne trouve pas partout, et on en trouvait dans ces régions.
05:19Est-ce que ça veut dire que vous vous implantez plutôt dans des territoires ruraux, ou pas forcément d'ailleurs,
05:26et est-ce que ça fait partie ? Est-ce que c'est dans votre logique économique, ou est-ce
05:31que c'est vraiment un choix pour redynamiser des secteurs ?
05:35Alors pour répondre, je distinguerais la production d'hydrogène, où on s'implante plutôt dans des zones industrielles, parce que
05:41les clients qui vont nous acheter cet hydrogène sont des industriels,
05:44et l'hydrogène est difficile à transporter, donc il vaut mieux aller tout près.
05:47C'est pour ça qu'en région Grand Est, on est dans la zone industrielle de Saint-Avold, un endroit
05:52qui s'appelle Carlin, où il y a déjà beaucoup d'industries installées,
05:54et où on est très proche aussi des zones industrielles allemandes, on peut se raccorder pour transporter l'hydrogène sur
05:58une petite distance.
06:00En revanche, pour faire du carburant synthétique, pour remplacer le pétrole dans les avions, ou dans les bateaux, on a
06:06besoin de capter du dioxyde de carbone non fossile,
06:10parce que c'est un intrant de base dans notre carburant.
06:13Par exemple, une papeterie, ils utilisent du bois pour faire du papier, et ils vont émettre dans l'atmosphère du
06:18CO2,
06:19mais ce CO2 ne vient pas du pétrole ou du gaz, il vient de l'arbre, il vient donc de
06:22l'atmosphère.
06:23Et ça, des papeteries, on en trouve dans les zones rurales, on en trouve parce qu'ils ont besoin de
06:27bois, donc ils sont proches des zones rurales,
06:29et donc c'est un formidable vecteur d'industrialisation aussi, de développement de l'emploi dans ces territoires ruraux,
06:35qui ont pu être un peu parfois laissés pour compte, de vouloir implanter ces usines de carburant synthétique dans ces
06:40territoires ruraux,
06:41et ils ne peuvent pas s'implanter ailleurs.
06:43Quelques chiffres, vous en avez donné un sur le financement de l'industrie verte en France,
06:47près de 25 milliards d'euros investis en 2025, 463 projets industriels recensés, c'est une hausse de 13%
06:55en un an,
06:56avec un niveau d'investissement globalement stable.
07:00Que nous disent ces projets-là, qui finalement ne sont pas isolés, sur la transformation de ces écosystèmes locaux dont
07:08on parlait ?
07:09Eh bien, alors, ça nous dit qu'effectivement, cette transition énergétique, qu'il s'agisse d'hydrogène vert,
07:17de construction de panneaux solaires, de fermes éoliennes, et d'ailleurs, il y a des annoncières sur de nouveaux appels
07:24d'offres sur l'éolien en mer,
07:26ça nous dit tout simplement que ces projets s'appuient de plus en plus sur une base industrielle, elle aussi
07:33locale.
07:34On a des usines de production, par exemple, de panneaux photovoltaïques, d'éoliennes en France,
07:41et donc ça permet de faire émerger, encore une fois, des écosystèmes, et donc des créations d'emplois dans nos
07:46bassins industriels,
07:47dans nos bassins de vie, et donc, encore une fois, je pense que c'est plutôt positif de se dire
07:53que tel ou tel projet va pouvoir créer 200, 400, 500 emplois.
07:58Et pourtant, il y a des freins. Quel frein vous voyez à ces projets d'industrie verte ?
08:03Alors, les freins sont nombreux, et je pense que monsieur pourra aussi en parler.
08:07Ils sont d'abord réglementaires, normatifs, aussi bien au niveau de l'Union Européenne qu'au niveau français.
08:15Il faut évidemment un cadre clair, prévisible.
08:18Les acteurs industriels ont besoin de pouvoir prévoir un cycle industriel.
08:23Enfin, un projet industriel, c'est 10, 20, 30 ans.
08:27On n'est pas du tout sur des projets de court terme.
08:29Donc, on a le cadre.
08:31On a bien évidemment la capacité d'accueil du territoire.
08:34On parlait tout à l'heure de foncier.
08:36Et effectivement, tous les territoires ne sont pas égaux sur le foncier industriel.
08:40Et là aussi, le cadre réglementaire ne nous aide pas toujours.
08:44Et évidemment, être appuyé par des compétences, par un volontarisme politique local, ça compte, bien évidemment.
08:52Et puis, il y a la question de l'accès à l'énergie.
08:54On y reviendra tout à l'heure.
08:55Mais je veux bien vous entendre, effectivement, sur les freins ou les difficultés,
08:59peut-être réglementaires ou autres, d'ailleurs, que vous avez rencontrés.
09:01Alors, c'est très intéressant parce qu'on est dans une activité qui, à la fois, peut souffrir de réglementations
09:07mal conçues,
09:08mais dépend aussi beaucoup de réglementations si elles sont bien conçues.
09:10Donc, par exemple, les carburants synthétiques, on peut en vendre,
09:12alors qu'ils coûtent plus cher que les carburants fossiles, évidemment.
09:15On peut en vendre aux compagnies aériennes parce qu'elles vont avoir une obligation réglementaire d'en consommer.
09:19Sans cette réglementation, il n'y a pas de projet industriel qui peut se concrétiser.
09:23Donc, nous, on n'est pas contre toutes les réglementations.
09:25On pense, en revanche, que certaines réglementations peuvent être inadaptées au développement de ces projets.
09:29Je prends l'exemple du développement des projets de production renouvelable.
09:33Il faut aujourd'hui, entre 5 et 10 ans en France, pour développer, je ne parle pas du temps de
09:36construction,
09:36mais juste obtenir toutes les autorisations requises pour faire un parc solaire ou un parc éolien
09:41parce qu'on applique à ces objets des réglementations qui ne leur sont pas adaptées.
09:45Un parc solaire, une fois que vous l'avez construit, 20 ans après, vous pouvez le démanteler,
09:48vous restituez le terrain dans son état initial.
09:50Est-ce que c'est normal qu'il s'inscrive dans le même cadre qu'un parking souterrain
09:54ou qu'une tour à la défense ? Vous voyez ce que je veux dire ?
09:56Ça pose un certain nombre de questions.
09:58Donc nous, on milite pour qu'un cadre soit adapté de manière à ce que ces projets puissent sortir plus
10:03vite.
10:03Ça ne veut pas dire que ça doit être le Far West, mais ils doivent pouvoir sortir plus vite
10:06de manière à être plus réactifs face aux enjeux aussi du monde.
10:09Dans la crise énergétique qui s'annonce là, dans la situation actuelle,
10:13mettre 5 ou 10 ans à sortir de terre des projets comme ça, c'est irresponsable en fait.
10:19Je pense qu'en Chine, ça va plus vite pour sortir.
10:21Alors en Chine, ça met pour un parc solaire de 700 MW, ils mettent 8 mois de développement.
10:26On en a vu un récemment et nous, on mettrait probablement entre 5 et 10 ans,
10:31oui, probablement plus proche de 10 ans pour un parc de cette taille-là.
10:34Ça donne bien la dimension de la concurrence.
10:37Parlons de l'accès à l'énergie.
10:38À quel point c'est effectivement un critère d'implantation industrielle majeur ?
10:44Alors, en fait, ça dépend vraiment là aussi des industries et de quoi on parle.
10:48C'est vrai qu'il y a des sous-catégories qui sont beaucoup plus électro-intensives.
10:52Je pense notamment au gigafactory de batterie.
10:56C'est évidemment l'exemple qui me vient en tête, mais d'autres secteurs également.
11:00Et là, effectivement, la proximité de Centrale et la bonne connexion,
11:06d'avoir les bons tuyaux si je puis dire,
11:08avec une puissance électrique très importante, est devenue un atout majeur.
11:13Je pense notamment à la gigafactory qui s'implantera près d'Amiens Thiamma,
11:20donc gigafactory de batterie.
11:21Voilà, si les planètes ne s'étaient pas alignées pour faire arriver les réseaux électriques suffisants
11:27pour permettre à cette gigafactory de fonctionner,
11:30eh bien, elle n'aurait jamais pu émerger.
11:32Donc oui, c'est majeur aujourd'hui.
11:32Mais là aussi, on peut dire que la France a plutôt des atouts.
11:37C'est-à-dire que si on se compare à d'autres pays européens,
11:39on a une énergie décarbonée, massivement décarbonée avec le nucléaire,
11:43et le renouvelable aussi, d'ailleurs.
11:45En fait, la France est une terre bénie pour l'implantation de ces nouveaux projets industriels
11:48qui ont un point commun, quel que soit le secteur,
11:50c'est qu'ils vont avoir besoin d'électricité.
11:51On est dans l'électrification du mix.
11:54Ce n'est pas que pour des raisons climatiques,
11:55c'est aussi parce que c'est comme ça que fonctionne aujourd'hui l'industrie la plus moderne,
11:59et la Chine a déjà atteint un taux d'électrification de son mix énergétique plus élevé que le nôtre.
12:03Ils sont à 30%, on est à 25%.
12:05Et on doit viser 50% et au-delà.
12:07On a une chance, c'est qu'on est surcapacitaires aujourd'hui.
12:10On a plus de production d'électricité que de demande,
12:12pour plein de raisons qui découlent aussi de la désindustrialisation
12:16et des efforts d'efficacité énergétique qui ont été faits.
12:18Donc on a de la marge pour implanter des nouveaux projets.
12:21Et aujourd'hui, on est dans un malheureusement souvent,
12:23quand on parle de cette surcapacité, cette surproduction électrique,
12:26la conclusion qui en est tirée, c'est de dire
12:28« Ah ben, il faut arrêter d'installer des nouveaux moyens de production ».
12:30Les tenants de l'anti-renouvelable vont dire « Il faut arrêter les renouvelables »
12:34et les tenants de l'anti-nucléaire vont dire « Il faut arrêter le nouveau réacteur nucléaire ».
12:37Mais c'est absurde, ce serait une erreur magistrale.
12:40Alors qu'au contraire, cette surcapacité nous offre l'opportunité d'avoir des prix plus bas,
12:44d'attirer plus d'industriels.
12:45Mais les prix plus bas aujourd'hui ne vont pas suffire à attirer les industriels.
12:48Pour qu'ils viennent, il faut qu'ils aient la certitude
12:49que pendant de nombreuses années, ils vont avoir des prix bas.
12:52Et ça, c'est en leur envoyant le signal
12:53qu'on va continuer à installer des nouveaux moyens de production
12:55pour accompagner cette hausse de la consommation.
12:57C'est pour ça que cette situation surcapacitaire
13:00ne doit pas nous conduire à réduire le rythme de déploiement,
13:03mais au contraire à accélérer et à envoyer le signal à tout le monde,
13:06que ce soit des data centers, des gigafactories, des usines d'hydrogène,
13:09et puis aussi aux gens qui veulent acheter des véhicules électriques.
13:11Ben voilà, le carburant coûte 2,50€ à la pompe.
13:13Vous pouvez avoir de l'électricité pas chère si vous passez aux véhicules électriques.
13:16Tout ça, ça s'inscrit dans cette question du prix de l'électricité en France.
13:20On a cet atout majeur par rapport à d'autres pays.
13:22Si on prend l'exemple des Etats-Unis, par exemple,
13:24les data centers aux Etats-Unis ne trouvent plus d'électricité.
13:27Ils installent des groupes électrogènes pour faire fonctionner leurs data centers.
13:31On n'est pas loin d'être aujourd'hui l'un des rares pays
13:35pouvant être en concurrence avec ça et pouvant attirer ces investissements.
13:39Il ne faut pas qu'on laisse passer cette opportunité historique.
13:42Merci beaucoup à tous les deux et à bientôt sur Be Smart for Change.
13:46C'est l'heure du grand entretien de ce Smart Impact avec Pierre-Henri Grenier,
13:50le directeur exécutif de la Banque de la Transition Énergétique.
13:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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