00:00Pourquoi est-ce que les dispositifs qui avaient été mis en place en 2004
00:04n'ont pas fonctionné ou peu fonctionné ?
00:07C'est parce que nous avions écarté du champ du recours repenti
00:12toute une série de crimes particulièrement graves,
00:15notamment les crimes de sang.
00:16Et c'est vrai que quand on se prive des crimes de sang,
00:18on se prive du haut du spectre.
00:21Et bien sûr qu'il faut garder les tontons,
00:23bien sûr qu'il faut garder les indicateurs, ils sont très utiles,
00:25c'est ceux qui vous disent les petites mains, qui fait quoi, etc.
00:27Mais le statut des repentis, c'est autre chose.
00:30Le statut des repentis, c'est le haut du spectre.
00:33C'est celui qui va pouvoir vous expliquer comment fonctionne l'entreprise.
00:36C'est celui qui va pouvoir vous dire quelles sont les banques,
00:40les entreprises qui sont en charge du blanchiment à grande échelle.
00:44Ça peut être un banquier, ça peut être quelqu'un
00:47qui connaît vraiment le dispositif et qui est à la tête.
00:51C'est ça la grande évolution.
00:53Alors on dit, mais ce n'est pas forcément utile.
00:56Moi, j'ai travaillé sur une affaire qui est l'affaire Buschetta.
00:59Buschetta, il y a eu 370 condamnations suite à ces déclarations.
01:03Donc là, on est en Italie.
01:03On est en Italie, c'est l'effondrement de la mafia, etc. à l'époque,
01:07avec ce fameux procès de Palerme.
01:10Il y a 370 condamnations.
01:11Alors bien sûr, on ne sera pas là.
01:14C'est un exemple qui vous démontre que quand le repenti est au beau niveau,
01:19vous pourrez avoir des résultats remarquables.
01:21Tommaso Buschetta, c'est celui dont tout le monde parle comme le grand collaborateur de justice.
01:25Deux choses, quand Tommaso Buschetta décide de parler,
01:28il n'y a pas de statut de collaborateur de justice pour les mafieux.
01:32Mais c'est lui qui…
01:33Parce que ça a été créé pour les terroristes.
01:35Ça existait pour les terroristes.
01:37Et le juge Falcone et son équipe vont dire,
01:39regardez ce que ça a apporté en termes de maxi-procès.
01:42Mais c'est quand même un homme qui ne parle pas parce qu'on lui a dit,
01:45vous aurez une réduction de peine et puis on va vous protéger.
01:47Au départ, il n'en sait rien.
01:48– C'est quoi, c'est le lien avec le juge d'une certaine façon ?
01:50– Alors, il y a plusieurs choses.
01:52Il y a un homme qui est à bout parce qu'on a tué une grande partie de sa famille,
01:55qu'il est en cavale en permanence.
01:57Et de l'autre côté, il rencontre la bonne personne au bon moment.
02:00Et ça, le statut de collaborateur de justice, on oublie un peu trop.
02:03Il y a cette vision mécaniciste, on va faire un calcul coût-bénéfice.
02:07C'est la rencontre d'un criminel avec un juge qui va créer une confiance.
02:11Et il faut aussi que derrière, il y ait une autre confiance
02:14qui est celle dans les institutions.
02:16Et c'est la pratique aussi qui va faire que ça va fonctionner ou pas.
02:20Mais quand on regarde la témoin de justice, Sonia, dans l'affaire de terrorisme,
02:24elle n'a pas été correctement protégée.
02:26Elle est protégée d'un point de vue vital, mais elle vit une vie dramatique.
02:30Et ça, ça a un impact aussi sur la possibilité de lui...
02:33Il a fallu une cagnotte qui lui permet aujourd'hui de s'en sortir un petit peu mieux.
02:39Je mets beaucoup de guillemets autour de ça.
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