- il y a 5 mois
Regardez « On refait le monde » avec Thierry Bros, expert énergie et professeur à Sciences Po Paris, Jean-Pierre Mas, médiateur du tourisme et du voyage et Jean-Louis Schilansky, ancien président de l'Union française des industries pétrolières.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 29 avril 2026.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 29 avril 2026.
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00:01Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL avec Anne-Sophie Lapix.
00:06Vous avez prévu de faire le voyage de votre vie cet été, de traverser l'Atlantique, d'aller en Afrique
00:11ou plus simplement de voler vers la Grèce, la Turquie.
00:13Eh bien, espérons que votre vol sera maintenu.
00:16La crise au Moyen-Orient fait craindre des pénuries de kérosène ou au moins une envolée des prix.
00:21La compagnie Transavia a déjà annulé des vols.
00:24Est-ce qu'il faut revoir le programme de nos vacances ?
00:27On en débat avec nos invités, Thierry Bross, expert énergie et professeur à Sciences Po Paris.
00:32Bonsoir.
00:32Bonsoir.
00:33Jean-Pierre Masse, médiateur du tourisme et du voyage qui est au téléphone.
00:36Bonsoir.
00:38Bonsoir.
00:38Et Jean-Louis Chilanski, ancien président de l'Union française des industries pétrolières.
00:43Bonsoir.
00:43Bonsoir.
00:45On refait le monde sur RTL.
00:48Forcément avec cette situation, on est énervé et gêné.
00:51On ne s'en pas vraiment accompagné parce que certes le vol n'est pas forcément supprimé, il est repoussé.
00:55Mais ça décale déjà l'Airbnb à prendre quelques nuits en plus, l'essence qu'on divise par deux et
01:00finalement pas par quatre, la place de parking, les activités et tout.
01:03Donc on a dû prendre un autre vol mais qui nous coûte des frais supplémentaires.
01:06Donc on est un peu gêné, on s'est un peu abandonné.
01:08Je pense qu'on peut évaluer ça entre les 200 et 300 euros.
01:11Donc forcément, ce n'est pas de la faute de Transavia mais ça nous embête fortement à cause des frais
01:15supplémentaires.
01:16Et je me doute que je ne suis pas le seul dans ce cas et que ça va sûrement être
01:19ça tout l'été.
01:20Alors d'abord, on va essayer de comprendre ce qui se passe chez Transavia.
01:24Il y a eu quelques vols annulés.
01:26Que se passe-t-il ?
01:27Pourquoi Transavia tout d'un coup se met à trembler et craindre de manquer de kérosène térébraux ?
01:34Parce qu'en fait, quand vous prenez un billet d'avion, 40% du prix du billet, c'est le
01:41kérosène.
01:42Et donc si on imagine que le prix du kérosène a été multiplié par deux,
01:46puisque c'est ce que l'on voit sur les marchés dans les 60 derniers jours,
01:51eh bien votre billet a techniquement augmenté de 40%.
01:55Donc effectivement, Transavia va se dire que peut-être il y a des billets qu'ils ont vendus
01:59qui ne font que l'avion ne sera pas profitable, premièrement.
02:03Deuxièmement, vous allez avoir des gens qui ne vont plus être en capacité de se payer ces nouveaux billets.
02:08Et donc, il va y avoir des avions qui vont être cloués au sol.
02:12Ça existe déjà, ça se fait déjà en Asie de façon assez massive au Vietnam.
02:16Et en plus, il faut bien comprendre que c'était écrit.
02:19C'est-à-dire que ce qu'on oublie, c'est que je vous rappelle qu'au début de la
02:23crise,
02:24l'Agence internationale de l'énergie a remis des stocks stratégiques sur le marché
02:28pour essayer de repousser ce risque de crise.
02:33Et elle a fait des communiqués de presse et elle a expliqué qu'il fallait moins voyager,
02:38en particulier en avion.
02:39Donc on est dans ce système-là.
02:41Et donc effectivement, on arrive dans un monde d'après où utiliser l'avion, ça sera plus cher.
02:47Évidemment, certains ne pourront plus se le payer.
02:49Et donc, il va y avoir de la destruction de la demande.
02:51Ce que l'on attend, c'est de la destruction de la demande.
02:53Pour faire un chiffre très simple, 12% du pétrole brut est aujourd'hui bloqué de l'autre côté du
02:59détroit d'Ormousse.
03:00Ça veut dire que de l'autre côté, de notre côté à nous, il faut détruire 12% de la
03:04demande.
03:0412% de la demande, c'est énorme.
03:07Jean-Pierre Masse, est-ce qu'on a déjà détruit 12% de la demande ?
03:11Ou est-ce que pour l'instant, les touristes prennent leur mal en patience et se disent que ça va
03:16tenir, ça va revenir ?
03:18Alors, on n'a pas détruit, on n'a détruit pas 12% de la demande, beaucoup moins.
03:22Mais on assiste à une chute des intentions de voyage très fortes sur les mois de mars et avril.
03:28En revanche, les demandes, les réservations qui avaient été faites préalablement avant le conflit, elles n'ont pas été annulées.
03:35Elles existent toujours.
03:36Elles n'ont été annulées que si elles sont dans l'environnement des pays du Golfe.
03:41Donc, il y a aujourd'hui ce que l'on peut appeler une frilosité des consommateurs, une frilosité des voyageurs
03:49à se projeter sur l'été.
03:50Ils préfèrent attendre.
03:53Et le kérosène, Jean-Louis Chilansky, est-ce qu'il va vraiment en manquer ?
03:56Le kérosène, ça représente 10 à 15% de la consommation de pétrole en France, c'est ça ?
04:02Absolument.
04:02Et alors, on risque déjà de connaître le kérosène ?
04:04Je crois qu'il faut voir de deux façons.
04:07En France, je ne pense pas qu'on va manquer de kérosène, du moins pas dans l'immédiat.
04:12Pas dans l'immédiat, mais c'est vrai qu'il faut être prudent parce qu'on ne sait pas combien
04:15de temps va durer.
04:15Mais tant qu'on aura du pétrole, on fabriquera du kérosène et les raffineries françaises approvisionneront les aéroports français.
04:23Donc, le risque de pénurie en France de kérosène est faible.
04:27Par contre, ce qu'on ne voit pas bien, c'est que dans le Golfe, ce n'est pas seulement
04:33de la production de pétrole,
04:34c'est aussi de la production de produits raffinés et en particulier de kérosène qui est fabriquée dans le Golfe
04:42et qui va vers les pays d'Asie.
04:44Et c'est pour ça que dès maintenant, avec la fermeture du détroit d'Hormuz,
04:49il y a une pénurie ou en tous les cas un manque d'approvisionnement de kérosène dans les pays d
04:55'Asie
04:56et des annulations, des problèmes de vol, d'annulation de vol, que ce soit à Singapour, Hong Kong ou dans
05:03d'autres endroits.
05:04Ce qui est un tout petit peu indépendant, enfin l'autre face d'augmentation de prix dont on a parlé
05:10et qui, elle, concerne tout le monde.
05:12Mais ce sont les compagnies low cost qui, aujourd'hui, sont les plus menacées.
05:18Elles ne peuvent pas, comment dire, répercuter les hausses des prix sur leurs billets, c'est ça en fait ?
05:24Oui, en fait, on l'a dit, on l'a dit tout à l'heure, elles peuvent mais il n
05:29'y aura plus la demande.
05:30Oui, c'est ça.
05:31C'est chicken and egg, enfin, c'est à partir du moment où vous augmentez de 100 ou 150 euros
05:37un billet d'avion,
05:39et bien la demande low cost disparaît.
05:42Donc, du coup, il y a effectivement des annulations préventives en se disant, on n'aura pas les clients, tout
05:49simplement.
05:50Air France, par exemple, il n'y a aucune chance qu'elle annule ses vols, selon vous ?
05:55Même des compagnies pas low cost, Lufthansa ou KLM, sont en train de revoir.
06:00Je pense qu'aussi, s'ils ont des liaisons qui ne sont plus profitables avec le prix du kérosène qui
06:06a été multiplié par deux...
06:07C'est une question de marge, là, en fait.
06:08Oui, c'est une question de marge, mais encore une fois, c'est écrit.
06:12C'est-à-dire qu'effectivement, il n'y aura pas de pénurie, on ne dira pas, on ne peut
06:15pas voyager parce qu'il n'y a pas de kérosène,
06:17mais on dira, on ne peut pas voyager parce que c'est trop cher.
06:19Et c'est là où, c'est ce qu'on appelle en économie la destruction de la demande par le
06:23prix.
06:23Et c'est ce que l'on est en train, ce que l'on voit, que vous voyez pour votre
06:27billet d'avion ou que vous voyez à la pompe.
06:29En tout cas, les annulations de Transavia ont suscité un petit peu un vent de panique.
06:34Et puis surtout, tout le monde nous rappelle, toutes les autorités nous disent, attention, il n'y a pas de
06:38risque de pénurie.
06:39Il y a aussi Aéroport de Paris qui dit qu'elle conserve ses objectifs de croissance, donc de trafic.
06:44Elle se dit mieux servie que les autres grâce à des oléoducs qui relient Orly-Heroissy au terminal du Havre.
06:50Alors ça, on le découvre.
06:51Oui, on le découvre, mais ça existe depuis très longtemps.
06:55C'est vrai, en fait, explique-nous Jean-Luc Jansky.
06:57Au Havre, il y a deux raffineries absolument majeures.
07:01Une raffinerie à Gonfreville, une raffinerie à Port-Jérôme,
07:04qui sont reliées par oléoducs aux aéroports de la région parisienne,
07:09et pour qui c'est une absolue priorité.
07:14Le kérosène est fabriqué dans ces raffineries,
07:16et il est en priorité envoyé dans ces aéroports,
07:19parce que le manque de kérosène, c'est une vraie catastrophe dans un aéroport.
07:23En fait, ce n'est jamais arrivé.
07:24Oui, donc en fait, les aéroports, enfin, gros aéroports parisiens, internationaux,
07:28nous disent, de toute façon, nous on a du kérosène pour alimenter,
07:32pour fournir tous les avions qui posent sur notre...
07:34Absolument, tant que ces raffineries auront du pétrole brut,
07:38et on ne voit pas à quelle échéance elles pourraient en manquer,
07:41et elles fabriqueront du kérosène, et elles alimenteront les aéroports de la région parisienne.
07:46En attendant, Jean-Pierre Masse, est-ce qu'il faut d'ores et déjà s'inquiéter pour notre tourisme ?
07:51Est-ce qu'on risque d'avoir des vols internationaux en baisse ?
07:54Est-ce qu'il y aura moins de visiteurs cet été, sans doute, à Paris ?
07:58Et là, ce n'est pas forcément à cause des annulations de vols et des pénuries,
08:01mais à cause des prix, tout simplement.
08:03Oui, alors, il a posé une question multiple.
08:07En premier lieu, le risque de pénurie du kérosène, qui a été très bien expliqué, est un alibi.
08:15C'est un excellent alibi pour les compagnies pour annuler les vols.
08:18Mais ce qu'elles font, ce qu'elles disent maintenant, mais qu'elles font de façon régulière,
08:23elles régulent leur trafic.
08:24Donc, quand un vol n'est pas rempli et qu'elles voient qu'il ne se remplira pas un mois
08:29ou deux mois avant le départ,
08:31elles l'annulent.
08:32Ce n'est pas nouveau, on a l'impression de découvrir quelque chose.
08:36Alors, est-ce qu'il y aura moins de visiteurs à Paris au cours de l'été ?
08:40Certainement pas, parce que les Français vont rester en France,
08:43non seulement en raison du prix de l'avion, mais également en raison du prix de l'essence.
08:47Ils vont hésiter à s'éloigner beaucoup de leur lieu de résidence.
08:53Et simplement, ceux qui feront défaut cet été, ce sont des visiteurs à haute contribution,
08:59c'est les visiteurs du Golfe, qui eux, en raison du conflit, hésiteront à prendre l'avion
09:04et ne viendront certainement moins nombreux en France qu'ils ne venaient d'habitude.
09:08Donc ça, on va le ressentir fortement quand même.
09:10C'est un manque de gagne important.
09:12Ils consomment notamment des produits de luxe, c'est ça ?
09:14Absolument.
09:15Ils consomment des produits de luxe, la haute coûture par exemple, la grande restauration.
09:19Et ils seront certainement, ça dépend également de la durée du conflit,
09:26mais ils seront certainement moins nombreux à venir en France au cours de l'été.
09:29Donc, Jean-Pierre Mas nous le dit, la bondeau, la pénurie de kérosène,
09:34en fait, ce sont juste des compagnies qui ajustent pour avoir le plus de profit possible ?
09:40Le moins de pertes.
09:41Le moins de pertes.
09:43Mais encore une fois, c'est différent, encore une fois, par aéroport.
09:46On le voit à Paris, on est plutôt bien servi,
09:49mais quand vous êtes dans les aéroports italiens ou au Royaume-Uni,
09:53par contre là, comme vous n'êtes pas alimenté directement par des oléoducs,
09:58vous allez avoir un problème plus drastique à gérer.
10:02Oui, la France a une situation plutôt plus favorable que tous les autres, en fait.
10:05C'est ce que vous nous dites ?
10:06Oui, du fait de ce dont on a parlé, c'est-à-dire du complexe raffinage
10:10et de l'approvisionnement des aéroports parisiens.
10:13Ce qu'il faut bien voir, c'est que le kérosène est un cas particulier.
10:16C'est un cas particulier et particulièrement sensible.
10:21Parce qu'une partie de la fabrication est dans le Golfe et que c'est bloqué.
10:25Et donc là, il y a un manque physique de produits, notamment vers l'Asie.
10:31Et d'autre part, parce que la demande, elle est plus flexible, en quelque sorte,
10:34que par exemple pour les carburants.
10:37Les automobilistes qui ont besoin de se déplacer pour aller au travail,
10:41ils achètent le carburant, j'allais dire quel que soit le prix, presque quel que soit le prix.
10:46Tandis que dans le cas du kérosène, il y a effectivement les compagnies aériennes
10:50qui font des projections sur leur vol, sur leur plan de vol,
10:54sur le remplissage de leurs avions, etc.
10:57Et donc c'est une logique très différente de celle des carburants routiers.
11:01Bien sûr, on comprend bien.
11:02Alors, ça fait des dizaines d'années que le...
11:05Alors, attendez, excusez-moi.
11:07Non, ça ne fait pas des dizaines d'années.
11:08Ça fait deux mois à présent qu'on rentre dans cette crise.
11:12On va essayer de comprendre ce qui se passe au niveau du sol aussi,
11:15chez les automobilistes.
11:17Vous le disiez, eux, ils n'ont pas vraiment le choix.
11:18On en parle juste après le rappel des titres de Nathalie Michet.
11:30Merci d'écouter RTL.
11:32Qu'est-ce qu'il me restera ?
11:35Qu'est-ce qu'il me restera ?
11:39Anne-Sophie Lapix.
11:40On refait le monde sur RTL.
11:42Il est 19h30, l'essentiel de l'info avec vous, Nathalie Michet.
11:46Et d'abord, le prix du baril de pétrole a son plus haut niveau depuis 2022.
11:51On l'apprend à l'instant, le prix du baril de Brent atteint ce soir les 119 dollars.
11:56Dans ce contexte, les profits de Total Energy qui ont augmenté de 51% au premier trimestre.
12:03Le Premier ministre demande au groupe de redistribuer ses éventuels profits exceptionnels.
12:08Nous le faisons déjà, répond Total Energy,
12:10qui évoque le plafonnement des prix dans ses stations-service.
12:14Le roi Charles III se dit profondément préoccupé après l'attaque au couteau survenu dans un quartier juif du nord
12:20de Londres.
12:20Deux hommes de la communauté juive ont été blessés.
12:23L'assaillant est actuellement en garde à vue.
12:2525 milliards de dollars, c'est le coût de la guerre pour l'armée américaine en Iran.
12:30Facture présentée par le chef du Pentagone lors d'une audition devant la chambre des représentants.
12:34Et puis le football, après le festival de buts offert par le PSG et le Bayern Munich.
12:40Deuxième demi-finale de Ligue des Champions ce soir à 21h.
12:43L'Atletico Madrid d'Antoine Griezmann face à Arsenal de William Saliba.
12:47Merci Nathalie, on vous retrouve à 20h.
12:50Anne-Sophie Lapix.
12:52On refait le monde jusqu'à 20h sur RTL.
12:55On est tous embarqués dans la même galère.
12:57Cette galère, on ne l'a pas choisie, si je puis dire.
12:59Et bien souvent, la pénurie, on l'a créée par ses comportements de panique eux-mêmes.
13:02Je crois pouvoir vous dire à ce stade que la situation, elle est contrôlée.
13:07Qu'aujourd'hui, la situation ne nous fait envisager aucune pénurie.
13:10Et qu'on consacre plutôt notre énergie pour réouvrir le plus vite possible Hormones.
13:16Voilà, il n'y a pas de pénurie, vous avez entendu Emmanuel Macron.
13:20D'un côté, le patron de Total Energy qui estime que si ça dure deux ou trois mois, on aura
13:25un problème.
13:25Et de l'autre, le président qui écarte tout danger en pointant du doigt.
13:28Ceux qui font peur, qui croire, pourra-t-on rouler comme si de rien n'était ?
13:32Enfin, à quel prix ? On vient d'entendre Nathalie Michet nous dire que le baril de Brunt atteignait 119
13:38dollars, son record de 2022.
13:40Alors, on en débat avec nos invités.
13:42Thierry Brault, expert énergie et professeur à Sciences Po Paris.
13:45Jean-Pierre Masse, médiateur du tourisme et du voyage.
13:48Jean-Louis Chilansky, ancien président de l'Union française des industries pétrolières.
13:53D'abord, à quoi ça ressemblerait une pénurie de carburant ?
13:59Aujourd'hui, ça ne serait pas comme 1973, ce serait très différent, non ?
14:03Thierry Brault ?
14:04Oui, en fait, le gouvernement n'a que des mauvais choix.
14:07La pénurie, on peut l'imaginer de deux façons.
14:09Soit le signal prix qui fait cette destruction de la demande.
14:12Alors, il faudra qu'il aille plus haut puisque, effectivement, les Français ont peu de flexibilité.
14:17Mais vous voyez, dans l'aviation, ça commence à se faire.
14:21Soit, évidemment, vous aidez tout le monde, c'est-à-dire que vous essayez de mettre un prix à la
14:25pompe qui soit raisonnable.
14:26Et à ce moment-là, vous créez une véritable pénurie.
14:29Donc, c'est ça, la difficulté du gouvernement.
14:31Quand tu dis que vous essayez de mettre un prix raisonnable, ça veut dire qu'on bloque les prix, en
14:33fait, c'est ça ?
14:34D'une façon ou d'une autre, parce que je vous laisse le choix puisque vous avez X propositions politiques
14:42diverses et variées.
14:43Et c'est là le problème.
14:44Et donc, le marché, normalement, ça résout le problème, pas bien puisque, effectivement, ça fait tomber certains Français en pauvreté
14:52énergétique.
14:53Mais ça donne ce signal prix qui permet cette destruction de la demande.
14:56Et c'est là, effectivement, où on est.
14:58Et vous voyez, aujourd'hui, 119 dollars par baril, c'est donc que l'on est dans un moment qui
15:03est peut-être pas loin d'un moment de récession.
15:06C'est-à-dire qu'on ne sait pas bien à quel prix le baril entraîne une récession économique.
15:11Est-ce que c'est 120 ? Est-ce que c'est 130 ? En fait, c'est ce qu
15:13'on va essayer de voir.
15:14Alors, l'analyse que j'ai, c'est que Donald Trump estime qu'à 120 dollars, il y a un
15:18risque de récession économique.
15:19Et c'est pour ça qu'il fait des tweets.
15:20Donc, on va peut-être avoir un tweet de Donald Trump pour nous faire baisser le prix du baril.
15:24Mais on n'est pas loin de cet endroit où vous avez une récession économique.
15:28Juste quand vous dites qu'un prix bloqué entraînerait une pénurie, pourquoi ?
15:32Parce que les Français se diraient, je peux continuer à utiliser ma voiture,
15:36alors que de l'autre côté, il y aurait de moins en moins de pétrole disponible.
15:39Et à ce moment-là, vous avez une demande qui continue à rester stable et une offre qui baisse.
15:45Je vais vous donner un exemple.
15:47On importe 50% du gazole directement.
15:51On va l'acheter à Rotterdam et on le distribue dans les stations-service.
15:54Quand j'y ai 11, c'est les supermarchés.
15:57Si le prix bloqué est inférieur au prix international, il n'y aura pas d'importation.
16:04C'est aussi net que ça.
16:06Et donc, il y aura une pénurie de gazole.
16:08Vous pensez que Total Energy ne vendra pas du...
16:12Mais Total Energy ne peut pas fournir la totalité du marché français de gazole.
16:17Lui pourrait le faire, mais les autres, ils ne le feront pas, c'est ça ?
16:20Ce n'est pas comme ça que ça se passera.
16:22Il y a le prix international du gazole.
16:25Si le prix en France est inférieur au prix international du gazole, on en manquera.
16:30A chaque fois qu'il y a des prix bloqués, ça s'est traduit par des manques de produits.
16:35C'est pratiquement inévitable.
16:37Le gouvernement répète qu'on a des réserves.
16:40Qu'on a 112 jours de réserves.
16:42On n'y a pas beaucoup touché, c'est ça pour le moment.
16:44Ça, c'est les réserves stratégiques de pétrole et de carburant.
16:48Ils en ont ces trois mois.
16:50Ils en ont libéré pratiquement un mois.
16:52Il reste encore deux mois de consommation, en quelque sorte, dans les cuves,
16:57pour la sécurité d'approvisionnement.
16:59Mais ces réserves, elles n'alimentent pas les stations-service.
17:02Elles ne permettent pas d'alimenter le tout-venant.
17:04Enfin, les automobilistes, c'est pour des...
17:06Elles alimentent les raffineries pour le brut.
17:09Elles alimentent les dépôts pour les produits finis.
17:11Et ça finit dans les stations-service.
17:13Ah bon ? Elles ne sont pas destinées seulement aux opérateurs de l'État ?
17:15Non, non, non.
17:16C'est tout le monde.
17:17Ce sont des produits qui finissent par aboutir dans les stations-service.
17:22Dans les stations-service et ailleurs, d'ailleurs.
17:24Et qui, en quelque sorte, assouplissent le marché de l'offre et de la demande.
17:29Alors, est-ce que les automobilistes, ils ne s'adaptent pas un peu ?
17:33Parce que la consommation mondiale, ce serait ajusté.
17:37La demande de carburant, à ton appris, a baissé de 5 millions de barils par jour.
17:42Sachant qu'on est privé de 11 millions de barils par jour.
17:46Donc, vous voyez, c'est quand même la moitié.
17:49Les consommateurs s'adaptent et ça allège les tensions ?
17:51Thierry Brault ?
17:52Alors, ils s'adaptent plus ou moins contraints et forcés.
17:55C'est-à-dire, ça dépend de ce que vous appelez l'adaptation.
17:57Parce qu'au Pakistan, c'est de l'adaptation très difficile.
18:00Je vous donne un exemple.
18:01Le Pakistan avait un budget pour acheter du gaz naturel liquéfié.
18:04Parce que ce gaz naturel liquéfié, ça sert à la génération électrique.
18:07Ils avaient besoin de 3 bateaux.
18:09Ils n'avaient de l'argent que pour un.
18:10Eh bien, au Pakistan, vous avez des blackouts qui sont sur une partie de la journée.
18:15Oui, c'est de l'adaptation.
18:16Je ne suis pas sûr que ce soit de l'adaptation voulue.
18:18C'est de la contrainte.
18:20Vous avez la même chose au Bangladesh, où les universités ont été fermées.
18:24Par contre, il y a des solutions qui sont plus intelligentes,
18:27qui sont celles que l'Agence internationale de l'énergie propose en disant,
18:31mais dès le départ, il va falloir baisser la vitesse sur les autoroutes.
18:34Il faudra augmenter le télétravail.
18:36Il faudra baisser les voyages en avion, etc.
18:40Donc, il va y avoir ce genre de choses.
18:42On est dans le monde d'après.
18:44On est dans un monde où le pétrole va rester cher longtemps,
18:47parce que même si ça se libère aujourd'hui,
18:49eh bien, vous voyez bien qu'il y a des installations qui ont été atteintes dans le golfe.
18:53Ça va prendre un petit moment.
18:54Et puis, en plus, ce n'est pas du tout sûr que ça se débloque aujourd'hui.
18:58Et donc, il va falloir comprendre et adapter nos comportements.
19:02Et c'est ce que j'appelle de la contrainte.
19:06Certains, plus, voilà.
19:08Parce que ce que vous décrivez, on ne le vit pas vraiment, nous, aujourd'hui, en France,
19:12et même dans la plupart des pays européens et les Etats-Unis.
19:16Ce que vous décrivez, c'est ce qui se passe en Asie,
19:18et cette chute contrainte de la consommation.
19:21En Europe, là, et aux Etats-Unis, on est en train de se dire que ça va bientôt être les
19:24vacances.
19:25Donc, ça va être la driving season.
19:27Ça veut dire qu'on va partir sur les routes, traverser le pays,
19:32et donc, consommer plus, Jean-Pierre Mass.
19:35C'est à ça qu'on se prépare aujourd'hui.
19:38Je crois qu'on consommera moins que l'an dernier.
19:43Le budget du carburant, dans le budget global des vacances,
19:48n'est pas négligeable et va prendre une part encore plus importante.
19:52Donc, ça se traduira par des destinations, quand on se déplace en voiture,
19:56des destinations moins éloignées et une consommation, un usage plus réduit de la voiture.
20:02Et il y aura évidemment des conséquences annexes.
20:05On ira moins souvent au restaurant.
20:06On dépensera moins pendant ses vacances pour absorber le surcoût du carburant.
20:14Les Français s'adaptent déjà.
20:16Ils ont déjà moins consommé de carburant parce que le prix est trop élevé pour leur niveau de vie.
20:23On consomme moins de carburant aujourd'hui en France ?
20:25Beaucoup moins de carburant ?
20:29Je pense que oui.
20:30Actuellement, je crois que la consommation sur le mois d'avril a baissé de 10 à 15 % globalement de
20:36carburant.
20:36grand en France.
20:37Jean-Louis Filanski ?
20:38Ça, c'est difficile à dire parce que c'est trop tôt.
20:41Parce que j'avais tout à l'heure un député qui me disait qu'on augmentait au contraire la consommation.
20:44Donc, je suis tendeur de vous entendre dire.
20:46La consommation a été très élevée parce que les automilistes ont fait le plein.
20:50Ils avaient peur de manquer.
20:52Donc, le mois de mars, ça a eu un volume très important.
20:54Et en avril, ça s'est un peu calmé.
20:57Il y a du produit, donc les automilistes ont moins acheté.
21:01Donc, effectivement, la consommation d'avril est en baisse par rapport à mars.
21:05Mais il faudra voir avec un peu plus de recul si, effectivement, le signal prix, comme on dit,
21:11a eu un effet à moyen terme sur le comportement des automobilistes.
21:15Ce n'est pas certain.
21:16Et les Français peuvent amortir sur d'autres dépenses.
21:21Donc, on parlait du restaurant, des vacances que sur l'essence, en fait.
21:26L'essence, c'est une dépense...
21:27L'essence est le premier paramètre du pouvoir d'achat.
21:30C'est aussi simple que ça.
21:32Parce que très souvent, ce sont des déplacements contraints.
21:36Les automobilistes prennent leur voiture pour aller au travail.
21:38Et s'ils dépensent 5 ou 10 euros de plus dans leur transport hebdomadaire ou mensuel,
21:44c'est autant qu'ils ne pourront pas dépenser ailleurs.
21:46Donc, c'est un facteur clé.
21:48Jean-Piermas, vous vouliez réagir, je vous entendais.
21:51Oui, mais pour les vacances d'été, des Français qui accèdent aux vacances,
21:58mais qui sont au niveau bas de l'accès aux vacances,
22:01ceux qui accédaient au secteur marchand, c'est-à-dire qui réservaient un hôtel
22:04ou qui louaient un appartement ou une maison,
22:08eh bien, ils vont plutôt sortir du secteur marchand
22:10et aller chez des amis, dans la famille,
22:13et certainement pas dans la résidence secondaire parce qu'ils n'en ont pas,
22:16mais ils vont certainement sortir du secteur marchand.
22:20On va continuer à parler des solutions pour aller en vacances, tout simplement.
22:25C'est une manière de parler aussi de cette crise énergétique.
22:28Ce sera juste après la pause.
22:4568% des Français prévoient de partir au moins une semaine,
22:48soit une baisse de 9 points par rapport à 2025.
22:52Selon une étude IFOPF, la guerre au Moyen-Orient et la crise énergétique qu'elle provoque,
22:57les incertitudes sur l'économie poussent les Français à revoir leurs plans
23:01ou parfois à s'adapter en changeant, par exemple, leur mode de transport.
23:05On va en parler avec nos invités.
23:06Thierry Brault, expert énergie et professeur à Sciences Po Paris.
23:10Jean-Pierre Masse, médiateur du tourisme et du voyage.
23:13Et Jean-Louis Chilansky, ancien président de l'Union française des industries pétrolières.
23:18Vous vouliez revenir, Jean-Louis Chilansky,
23:20sur ce match entre Emmanuel Macron et Patrick Pouyanné,
23:26qui ne sont pas tellement d'accord sur la pénurie possible dans les mois à venir.
23:30Alors, qui a raison, selon vous ?
23:32Je crois qu'il faut faire la part des choses.
23:34Le rôle du président de la République, c'est de dire pas de panique.
23:37Oui, pour que les gens ne paniquent pas, effectivement.
23:40Et c'est juste.
23:41Aujourd'hui, il n'y a pas de risque de pénurie physique de produits.
23:46La France est alimentée en dehors du Moyen-Orient.
23:49Et on le voit très bien.
23:51Il y a du produit partout, dans les stations-services, les grandes surfaces.
23:54Toute la question, c'est jusqu'à quand ?
23:55La question, c'est jusqu'à quand ?
23:57Et c'est là qu'intervient Patrick Pouyanné.
24:00Patrick Pouyanné est président d'une grande entreprise.
24:02Il regarde l'avenir, en quelque sorte, les trois mois, comme il l'a dit, qui viennent.
24:08Et là, il est inquiet.
24:09Il est inquiet à cet horizon-là, parce qu'il voit bien que la situation d'approvisionnement se tend.
24:15Et, en quelque sorte, il alerte.
24:18Il dit, attention, dans deux ou trois mois, ça risque de ne pas être aussi simple que ça l'est
24:23aujourd'hui.
24:23Il parle d'une aire de pénurie, aussi, qu'il faut apprendre à vivre.
24:27Et donc, c'est un langage un peu inquiétant.
24:29Mais c'est vrai que, si le détroit d'Ormuz reste fermé,
24:33ça va être difficile d'approvisionner en pétrole l'ensemble de la planète.
24:37Et comme Total est une entreprise mondiale,
24:40il regarde autour de lui et il dit, dans deux ou trois mois, ça va être compliqué.
24:44Patrick Pouyanné, qui était un petit peu au cœur de l'attention aujourd'hui,
24:48après la présentation des profits qui ont doublé au premier trimestre
24:53par rapport à, il y a un an, des profits qu'aujourd'hui, la gauche veut taxer,
24:58que même le gouvernement appelle à redistribuer.
25:02Est-ce qu'il n'y a pas une espèce de hiatus entre le discours de Pouyanné
25:07et ce que les Français vivent aujourd'hui ?
25:10Thierry Brault.
25:12Total Énergie est là pour faire des profits.
25:14Total Énergie, c'est une société qui doit réfléchir à ses investissements.
25:18Rappelez-vous, il y a quelque temps, on disait, il ne faut pas du tout investir dans le pétrole.
25:21C'était ça, je dirais, le slogan.
25:24Total Énergie a fait l'inverse.
25:26Et aujourd'hui, ces investissements, ces paris portent leurs fruits.
25:30Alors, c'est un peu simple de dire, vous prenez le risque
25:33et puis si vous gagnez, je vous prends l'argent
25:35et si vous perdez, vous gardez votre déficit.
25:39Donc, il faut quand même comprendre que Total a eu une stratégie très intelligente sur ce sujet-là.
25:44Total, en plus, produit du pétrole, c'est là où est le profit.
25:47J'ai l'habitude de dire que le pétrole, c'est une industrie de rente.
25:49C'est-à-dire que vous gagnez beaucoup d'argent quand le prix monte.
25:52Et Total a gagné beaucoup d'argent, mais dans les pays producteurs.
25:55Et les pays producteurs, ils ne sont pas du tout, du tout, du tout d'accord
25:59que nous, on vienne chez eux prendre des profits.
26:02C'est d'ailleurs contraire aux règles de l'ONU
26:04qui disent que la souveraineté est permanente des États sur la réserve.
26:08Donc déjà, vous voyez, c'est très compliqué.
26:10Ensuite, vous avez le raffinage.
26:12Total a gagné de l'argent dans le raffinage
26:14parce que le prix des produits pétroliers est monté plus que le prix du Brent.
26:20Alors effectivement, normalement, c'est une industrie où on gagne peu d'argent.
26:24Cette année, ils ont gagné de l'argent.
26:25Alors, ils seront taxés sur ces profits-là.
26:28Et puis, de l'autre côté, quand même, rappelons qu'il y a un endroit
26:31où ils ont fait un peu moins de profits.
26:32C'est sur le marketing.
26:34Ça veut dire qu'en fait, l'opération de marketing
26:37qu'ils ont réalisé auprès des Français et des Françaises, uniquement d'ailleurs...
26:41Vous voulez dire le plafonnement des prix ?
26:43L'opération marketing, c'est le plafonnement des prix à la pompe.
26:46Le plafonnement des prix à la pompe.
26:47C'est de la com, en fait.
26:48C'est de la com.
26:49C'est de la com.
26:49Eh bien, cette com-là, ça leur a coûté dans le marketing,
26:53mais ça leur a permis aussi de se faire bien voir
26:56et d'enlever une épine du pied du gouvernement.
26:58Parce que quand même, depuis deux mois, le gouvernement a fait peu
27:03parce qu'il ne peut pas faire grand-chose
27:04puisque les caisses sont vides.
27:05Et finalement, Total l'a aidé.
27:07Total l'a aidé sur ce sujet-là.
27:10EDF l'a aidé sur son plan électrification.
27:12Finalement, la seule société qui n'ait pas aidé le gouvernement français,
27:15c'est Engie, dont le gouvernement détient 30%.
27:18Ah.
27:19Je vous fais sourire Jean-Luc Chilansky.
27:21Je vais revenir sur ce qui a été dit.
27:23Le point fondamental, c'est que les profits de Total ne sont pas en France.
27:28Ils sont dans les pays producteurs.
27:30D'où la difficulté de les taxer.
27:32Exactement.
27:33Et non seulement ça, mais ils sont déjà taxés.
27:35Ce n'est pas comme si...
27:37Par les pays...
27:38Par les pays producteurs.
27:40Quand Total va en Arabie Saoudite,
27:42ils payent 60% de taxes au gouvernement saoudien.
27:46Même chose en Norvège.
27:48Donc, ce qui est consolidé en France,
27:52c'est le résultat de Total après cette taxe.
27:56Donc, si le gouvernement français veut taxer,
27:59ça veut dire qu'il y aura une double taxation
28:02dans les pays producteurs et dans les pays consommateurs.
28:05Donc, je vais revenir... Pardon.
28:06Oui, en fait, le pétrole, ça rapporte beaucoup d'argent à tous les gouvernements.
28:09Ce qu'on oublie.
28:09L'Arabie Saoudite, c'est 60% sur le prix du brut,
28:13si je reprends votre chiffre.
28:14Et le pétrole à la pompe, ici,
28:16c'est 60% sur le prix du pétrole à la preuve
28:18pour le gouvernement français.
28:19Donc, il faut bien se rendre compte que dans le pétrole,
28:21il n'y a pas beaucoup d'argent qui est du pétrole,
28:24il y a beaucoup de taxes.
28:25Je reviens à nos vacances avec Jean-Pierre Masse,
28:29qui est médiateur du tourisme et du voyage.
28:32Quand on voit ce risque sur les avions,
28:35ce risque sur les carburants qui vont être extrêmement chers,
28:40est-ce qu'il ne faut pas envisager de prendre le train cet été,
28:44Jean-Pierre Masse ?
28:44Est-ce que c'est déjà trop tard ?
28:46Parce que c'est cher, le train, aussi.
28:47Est-ce qu'on va encore trouver des billets ?
28:50Le train qui n'utilise pas de carburant et de pétrole
28:53est également très cher, beaucoup augmenté.
28:56Mais je reviens un instant sur les intentions de vacances
28:59des Français à fin avril.
29:01Ces intentions ont baissé par rapport à ce qu'elles étaient l'an dernier,
29:04elles ont baissé très sensiblement.
29:06Cette situation est totalement normale.
29:09D'abord, les intentions de vacances mesurées au mois d'avril
29:11ne correspondent pas au réel départ en vacances
29:15des mois de juillet et août.
29:16Il y a tout le temps un écart.
29:19Aujourd'hui, on a une frilosité,
29:22ou tout au moins un attentisme
29:24qui est doublé par la hausse des prix,
29:26que ce soit les prix de l'avion
29:28ou les prix du train
29:30ou les prix du carburant.
29:32Donc, la conjonction des deux
29:34fait qu'on se dit
29:35« Oh là là, je ne vais peut-être pas partir en vacances ».
29:38Mais ceci ne veut pas dire
29:39qu'on ne partira pas en vacances.
29:41Quand on est en situation de crise internationale,
29:43on n'a pas franchement envie
29:45de se projeter sur les vacances d'été.
29:47On se dit « Ça peut attendre ».
29:48On s'inquiète, on ne se projette pas.
29:50Et puis tout ça est très cher.
29:52Est-ce que, en fait, la solution,
29:54ce ne serait pas une électrification plus rapide ?
29:57On serait moins sensible à ces crises ?
29:59Je vous pose la question à Jean-Luc Chilansky,
30:01qui est l'ancien président de l'Union française
30:02des industries pétrolières.
30:04Est-ce qu'il n'y a pas urgence
30:04à passer à l'électrique
30:06pour se débarrasser de cette contrainte
30:08et de cette menace ?
30:09C'est vrai que la France est complètement dépendante
30:12des hydrocarbures importés,
30:13alors que, d'un autre côté,
30:15elle produit de l'électricité d'origine nucléaire
30:17sur son sol.
30:18Donc, il y a tout intérêt
30:20à avoir un chemin, un projet
30:24pour électrifier à la fois les transports
30:26et d'autres usages.
30:27Donc, je pense que c'est vraiment
30:29la direction dans laquelle il faut aller.
30:31La chose qu'on peut peut-être critiquer,
30:33c'est qu'on le fait au moment où il y a une crise.
30:36Après, il faut dire qu'on les enchaîne un peu, quand même.
30:38Oui, on les enchaîne un peu.
30:39Mais c'est un projet de longue haleine,
30:42c'est un projet d'investissement.
30:43D'un seul coup, on découvre, en 2026,
30:46qu'on est dépendant du pétrole.
30:48C'est peut-être une question qu'il faut se poser.
30:50Mais néanmoins, la direction dans laquelle il faut aller,
30:53c'est incontestablement celle-là.
30:55Thierry Brun ?
30:55Oui, je pense qu'il faut se dire
30:57que l'électricité est un bien de première nécessité
30:59dans cette transition énergétique.
31:01Évidemment, on aurait dû le découvrir en 2022
31:03et on aurait pu, au lieu de discuter des taxes
31:07ou comment essayer de réduire les prix,
31:09dire, écoutez, on va enlever le maximum de taxes possibles
31:12sur l'électricité.
31:13C'est d'ailleurs ce que la Commission européenne
31:14souhaite que les États fassent.
31:16C'est-à-dire, au lieu de donner des ristournes
31:18sur le pétrole à la pompe,
31:20qui est contraire aux règles de la Commission européenne,
31:23contraire à tous les traités du G7,
31:25communiqués du G7,
31:27baisser fortement toutes les taxes sur l'électricité
31:29pour donner ce signal-là aux Français.
31:31Parce que ce qui s'est passé,
31:32c'est que depuis dix ans,
31:33on n'a pas fait d'électrification.
31:35Et donc, c'est ça.
31:35Il y a des gens qui auraient pu avoir des voitures électriques,
31:38il y a des gens qui auraient pu électrifier
31:40et qui ne l'ont pas fait
31:41parce que, finalement,
31:42ils ne se sont pas posé les bonnes questions.
31:44Mais il n'y a pas eu, encore une fois,
31:45ce signal pris.
31:46Mais après, est-ce qu'on peut envisager
31:47de partir en vacances
31:48à l'autre bout de la France
31:50avec un véhicule électrique
31:51qu'on doit recharger quand même
31:52avec une certaine fréquence encore aujourd'hui ?
31:54Oui, c'est une des contraintes
31:57du véhicule électrique.
31:57C'est non seulement l'autonomie,
31:59mais c'est la durée de recharge.
32:01Et donc, quand il s'agit de faire de longs trajets,
32:05c'est encore problématique.
32:07Mais il y a d'énormes progrès qui sont faits là.
32:09Tous les jours, on apprend que l'autonomie
32:12des véhicules électriques s'accroît.
32:14On apprend que le temps de recharge est plus court.
32:16Et donc, on va dans cette direction-là.
32:19C'est incontestable.
32:21Et vous, alors, cet été,
32:23est-ce que vous comptez partir en vacances
32:24en train, en avion ou en voiture ?
32:28Je vais vous faire une confidence.
32:31Je devais aller à Chypre pour l'Union Européenne.
32:34Et mon vol, c'était sur un low cost.
32:36Elle a été annulé la semaine prochaine.
32:40Et donc, j'ai dû en prendre un sur une compagnie normale.
32:43Et le prix était trois fois plus cher.
32:44Voilà.
32:45Et vous, je pense que vous, si vous en avez,
32:46comment partirez-vous ?
32:47Moi, je pense que je partirais moins loin que Chypre.
32:50Et donc, je partirais en voiture.
32:53Parce que c'est le plus commode, le plus flexible encore.
32:56Et les prix, pour l'instant, sont à peu près abordables.
33:00Jean-Pierre Masse ?
33:02Oui, deux réponses.
33:04Moi, j'ai acheté mon billet d'avion
33:05avant l'augmentation des prix.
33:07Je pars à Dille-Maurice.
33:08Donc, ça va.
33:10Je voudrais revenir sur ce qu'a fait Thierry Brot
33:15sur son billet annulé pour Chypre.
33:17Il fallait qu'il n'accepte pas le remboursement du billet,
33:22mais qu'il demande à la compagnie, ce qui est son droit,
33:25de le réacheminer sur un autre vol.
33:27Et elle est tenue de le faire.
33:29Il n'était pas obligé d'accepter le remboursement du prix du billet.
33:33Ce n'était pas tout à fait pour des vacances.
33:34C'était pour une réunion avec les armées de la Commission européenne.
33:39Et donc, finalement, j'ai obtenu la solution la plus simple.
33:41Mais peut-être que j'aurais dû faire ça.
33:43Merci de l'information.
33:44Voilà.
33:44En tout cas, on donne cette information aussi à nos auditeurs sur RTL.
33:47Merci à vous d'être venus débattre sur notre plateau.
33:51Demain, Thomas Soto recevra Olivier Faure,
33:53premier secrétaire du Parti Socialiste et député PS de Seine-et-Marne.
33:57Quant à Céline Landreau,
33:59elle accueillera Pascal de Isaguirre,
34:01PDG de la compagnie aérienne Corsair
34:03et président de la Fédération Nationale de l'Aviation et de ses métiers.
34:07Il est l'heure de retrouver André Dusselier.
34:09Bonsoir André.
34:10Quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir ?
34:12Bonsoir Anne-Sophie.
34:14Alors ce soir, je vais vous raconter l'histoire du DGV.
34:16Ce train à grande vitesse
34:18qui a révolutionné nos voyages en France.
34:21A tout de suite sur RTL.
34:23A tout de suite André.
34:31Merci d'écouter RTL.
34:36RTL, votre radio.
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