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  • il y a 4 heures
Bullshitomètre : "Trump et les US dirigent le monde car c’est la plus grande économie mondiale

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00:00Et vous savez que BFM Bourse c'est cette émission où on tord le cou, où on tape sur la
00:06tête aux idées reçues.
00:07Non on tape pas sur l'invité par contre.
00:09On ne tape pas sur l'invité, surtout pas que sur Emeric Didet qui nous fait l'amitié de rester
00:13longtemps en plus.
00:14Donc non non non, Emeric Didet est avec nous, Emeric Didet de Pergam.
00:20Donc vous allez lutter contre une idée reçue qui est quand même de l'ordre de la pensée unique sur
00:31les marchés.
00:31C'est à dire que Trump et les Etats-Unis dirigent le monde.
00:34Parce que c'est la plus grande économie mondiale qu'on retrouve souvent dans la bouche de Wilfried Galland.
00:39Qui nous dit bon à la fin de la journée on regarde celui qui a le plus grand nombre de
00:42porte-à-vue.
00:43Mais vous, vous Emeric, vous dites bullshit.
00:48Vous foudroyiez cette idée parce que vous dites que de plus en plus d'investisseurs commencent à se détourner un
00:55peu des Etats-Unis
00:55et à regarder ailleurs où il se passe des choses pas forcément inintéressantes.
01:00Oui, jusqu'à présent je suis assez d'accord avec ce que disait Wilfried totalement.
01:03C'était les Etats-Unis, uniquement les Etats-Unis.
01:06Il n'y en avait que pour les Etats-Unis.
01:08Mais maintenant, on est obligé de regarder un tout petit peu ailleurs
01:12et de forcer de constater que l'impact des Américains et de Donald Trump sur les marchés financiers
01:20commence à se dissiper.
01:22Quand on le voit au début de chaque grand événement majeur qu'on a pu avoir,
01:29les annonces font beaucoup bouger les cours de bourse.
01:32Et puis ça se dissipe dans le temps.
01:34Et on voit qu'au bout de...
01:36Quand on regarde un tout petit peu les évolutions de l'impact des nouvelles,
01:40au bout de neuf jours, on a quasiment plus de volatilité
01:44attachée à chaque nouvelle et chaque événement.
01:45Donc on sent que, clairement, l'impact s'est dissipé.
01:50Et ça, c'est une première information qu'il faut quand même prendre en compte
01:55aujourd'hui quand on investit.
01:56Parce que quand on fait de l'investissement de long terme,
01:59l'histoire du timing d'investissement, c'est important.
02:01Être réactif par rapport aux nouvelles ou adapter sa stratégie aux nouvelles,
02:07c'est important.
02:08Mais au bout d'un moment, on voit l'impact qui diminue dans les marchés.
02:13Et là, on voit clairement que les États-Unis, qui étaient tout puissants,
02:16on ne jurait que par les US pendant des années,
02:20on voit pas mal d'investisseurs commencer à dire
02:22« Oui, mais il y a peut-être autre chose que les États-Unis
02:25et que le sacro-saint S&P 500, Nasdaq et dollars ».
02:29Est-ce que vous pensez, ça c'est une question subsidiaire,
02:32mais qu'il puisse y avoir une forme d'impact croissant
02:37d'investisseurs qui en ont marre de voir le ministre de la Défense
02:41trifouiller des ETF à son compte ?
02:44Donald Trump s'enorgueillir d'avoir enrichi tous ses copains
02:47en faisant, peut-être pas du délit d'initié,
02:50mais de la pure manipulation de marché.
02:52Est-ce que certains investisseurs se disent
02:54« Ouais, bon, là, ça commence à bien faire,
02:55on va aller regarder chez des gens à peu près honnêtes ».
02:57Disons qu'aujourd'hui, quand on est industriel,
02:59qu'on a envie de faire croître son entreprise,
03:01et qu'on voit le marché américain où on se disait,
03:04jusqu'à présent, il faut que j'aille aux États-Unis
03:07parce que c'est là où il y a la croissance,
03:08ce qui était vrai jusqu'à présent,
03:10et c'est là où il y a les clients potentiels.
03:11Sauf qu'aujourd'hui, Donald Trump,
03:13il a quand même rabattu tout ce dogmatisme
03:15et cette idéologie qu'on pouvait avoir sur les États-Unis.
03:18Et donc aujourd'hui, si on est investisseur,
03:21on doit aussi faire un peu la même chose.
03:22Et donc se poser vraiment les questions,
03:24est-ce qu'on a envie, est-ce qu'on pense
03:25que ce leadership international et mondial
03:29va perdurer ou pas ?
03:30Et ça, on commence à avoir un tout petit peu de doute qui arrive.
03:33On voit les grandes banques centrales
03:36commencer à vendre un peu de dettes américaines,
03:40détourner des actifs américains.
03:43Ce n'est pas anodin.
03:45Alors, on a eu ces mouvements-là,
03:47on les a vus sur les marchés
03:48qui ont produit des mouvements sur les taux d'intérêt,
03:51mais on l'a vu également sur l'or
03:53parce qu'ils ne voulaient pas forcément vendre trop de dollars
03:55pour ne pas déstabiliser non plus la monnaie.
03:57C'est-à-dire qu'ils vendaient des actifs en dollars,
03:58ils achetaient de l'or.
03:59Ça a été une des autres dynamiques.
04:02On a vu un peu ces flux se mettre en place.
04:04Donc on sent quand même qu'il y a un petit mouvement,
04:08il y a quelque chose qui a été un peu cassé,
04:09en tout cas dans cette image qu'on a
04:12de l'Amérique toute puissante.
04:13Et d'ailleurs, Embrick,
04:15il y a aussi peut-être ce mouvement,
04:16vous parlez de mouvement,
04:17ce mouvement de protectionnisme des États
04:19qui commence à se replier sur eux-mêmes.
04:21C'est peut-être ça aussi le mouvement à noter ?
04:24C'est ça, c'est-à-dire que beaucoup commencent à regarder
04:26comment on produit son énergie soi-même,
04:29d'où viennent les grands agrégats,
04:31c'est-à-dire se nourrir, se loger, consommer,
04:34et de plus en plus regarder comment le faire en autosuffisance.
04:40Et finalement, ce qu'on a vu aux États-Unis,
04:43parce que ça a été fortement initié par les Américains,
04:46ce fait de se refermer et de devenir autosuffisant,
04:49d'abord énergétiquement,
04:50et puis sur pas mal de sujets,
04:51la réindustrialisation de les États-Unis,
04:53on voit les autres pays maintenant faire la même chose.
04:57Le post-Covid l'a fait aussi beaucoup pour la Chine,
05:00où l'Asie s'est beaucoup refermée sur elle-même,
05:03et c'est là où on voit cette dédollarisation du monde,
05:08c'est-à-dire qu'on devient de moins en moins indépendant
05:10de cette monnaie d'échange du libéralisme intégral,
05:13où on pouvait consommer de tout, partout,
05:15faire venir tous les produits comme on voulait,
05:16tout faire, c'est un peu fini cette histoire.
05:19Oui, c'est la fin de la fin de l'histoire,
05:21c'est-à-dire qu'on ne va pas tous finir par boire du Coca-Cola
05:24et payer en dollars, c'est plus compliqué que ça.
05:28Alors, fini, je ne sais pas, mais en tout cas,
05:30quelque chose s'est cassé en tout cas.
05:34Malgré tout, derrière tout ça,
05:35plus grosse économie du monde,
05:37ok, mes premières dettes,
05:39c'est une dette totalement dingue,
05:41et les États-Unis, ils ont bien besoin des autres pays pour se financer.
05:45Alors jusqu'à présent, c'était un peu le sujet,
05:46et c'est un peu là où certains pays ont mis la pression sur les États-Unis,
05:49notamment quand il y a eu la négociation tarifaire,
05:51en disant, bon, si vous ne voulez plus jouer avec nous,
05:54on ne va plus jouer avec vous non plus.
05:56Parce que, vu le déficit américain,
05:58il est évident qu'il y avait besoin de financement externe.
06:01Mais si on regarde bien autour,
06:03est-ce qu'ils ont vraiment besoin de ce financement externe ?
06:06Regardez le Japon.
06:07Le Japon, 200% de dette sur PIB.
06:09Donc, il y a encore de la marge.
06:10Oui, mais avec tous les Japonais qui ont des obligations de leur propre État.
06:13Exactement.
06:14Et pourquoi les Américains ne feraient pas la même chose demain ?
06:17C'est totalement faisable aussi.
06:19Donc, ça aussi, ça referme un peu les économies,
06:21et cet argument, quelque part, ne tient pas très très longtemps.
06:26Donc, c'est là où, aujourd'hui,
06:28on peut se poser vraiment des questions sur ce libéralisme mondial.
06:33Si ce n'est pas la fin vraiment d'une époque,
06:35ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas d'autre chose,
06:37et que les équilibres ne vont pas se modifier,
06:41peut-être au profit de l'Europe,
06:43ou peut-être au profit d'autres zones géographiques.
06:45Parce que c'est vrai que, quand on se replace en 2008,
06:47après la crise,
06:49PIB américain, PIB européen, ils étaient identiques.
06:52Aujourd'hui, il y a quand même une toute petite différence
06:55entre les 34 000 milliards de PIB américains
06:57et les 17 000 milliards de PIB européens.
06:59Donc, on a une grosse différence 15 ans plus tard,
07:03donc 16 ans plus tard.
07:05Donc, aujourd'hui, un peu de rééquilibrage dans le monde
07:09ne ferait peut-être pas de mal,
07:11et peut-être que ça va donner lieu à d'autres alliances
07:14et se tourner vers d'autres zones géographiques.
07:16D'autant que, avant de parler des autres zones géographiques possibles,
07:21tant qu'on reste sur un contexte tendu de long terme
07:24sur les taux d'intérêt,
07:25là, l'Américain, du 10 ans à 4,3 %,
07:30il va trouver ça super intéressant,
07:32il va en prendre.
07:33S'il place son argent, oui.
07:35S'il est emprunteur pour se loger,
07:38ça va coûter quand même assez cher.
07:39Voilà, ça, c'est le revers de la médaille.
07:42Il ne faut pas l'oublier.
07:43Et c'est là où, attention,
07:45les taux trop élevés trop longtemps,
07:47ce n'est pas forcément si intéressant que ça.
07:49Il faut qu'il y ait de l'inflation juste ce qu'il faut,
07:52de la croissance du pouvoir d'achat,
07:54il faut qu'il y ait aussi que les salaires suivent,
07:57et que le chômage reste bas.
07:58Alors, les chiffres de chômage, pour le moment, sont bons,
08:01et la croissance, pour le moment, tient aux Etats-Unis.
08:04Donc, c'est pour ça que, pour le moment, entre guillemets,
08:07quoi qu'on en dit, ça tient.
08:10Jusqu'à quand, on verra, mais pour le moment, ça tient.
08:12Donc, c'est pour ça que tout n'est pas perdu non plus.
08:14On ne peut pas dire que les Etats-Unis d'hier
08:17ne sont pas encore les Etats-Unis de demain.
08:19Il y a encore certains agrégats, c'est sûr,
08:21qui vont peut-être coexister,
08:23mais à la fin, on se pose un tout petit peu plus de questions aujourd'hui,
08:26très clairement.
08:27Oui, et puis l'emploi, ça reste une des préoccupations numéro un de la Fed.
08:30Quand on voit, ces dernières semaines,
08:31toutes les annonces du côté des hyperscalers de la tech,
08:35que ce soit Oracle, que ce soit Dell et tout,
08:37on se dit que ça va peut-être avoir un impact à un moment donné,
08:39parce que c'est vraiment massif.
08:42Bon, on met l'Amérique de côté, justement.
08:43On va regarder ailleurs, et ailleurs,
08:46il y a des zones très intéressantes.
08:48Oui, parce que finalement, quand on regarde l'Europe,
08:50ça va s'en sortir peut-être correctement.
08:53Toutes choses égales par ailleurs, par la fin du conflit, on espère.
08:55S'il n'y a pas de problématiques vis-à-vis de l'énergie,
08:58il y a plein d'autres zones qui sont intéressantes.
09:00Et on le voit, la zone asiatique, par exemple,
09:03peut quand même de nouveau devenir très, très intéressante.
09:06On sent qu'il se passe là aussi quelque chose là-bas.
09:09Et on a beaucoup investi aux US pour les gérants de la tech
09:12et toute la croissance, la capacité d'innovation
09:14qui a été à la source de la croissance des États-Unis.
09:17Et on sent qu'il se passe un peu la même chose en Asie.
09:21Et c'est là où réallouer du capital sur la zone asiatique
09:25peut faire pas mal de sens aujourd'hui.
09:27Merci beaucoup Aymeric Didet, Pergam.
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