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Samedi 7 février 2026, retrouvez Thomas Derichebourg (Président, Derichebourg Environnement) dans GÉNÉRATION IMPACT, une émission présentée par Julien Lescs.
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00:00Il y a deux sujets que j'aimerais évoquer avec toi. D'abord toute la partie RSE de votre groupe,
00:09tous vos engagements et tout l'impact que vous pouvez avoir. Tu l'as précisé tout à l'heure,
00:14finalement ton grand-père a commencé à avoir de l'impact avant même que le mot existe. C'est
00:21quoi les enjeux aujourd'hui pour votre groupe sur tous ces sujets sociétaux mais surtout
00:27environnementaux ? Alors nous évidemment on est spécialisé dans le métier de l'environnement,
00:32donc nous c'est de continuer l'investissement qu'on fait sur la protection de notre environnement mais
00:37au delà sur le recyclage. Nous vraiment l'ambition qu'on a dans la famille c'est d'arriver à avoir
00:43des taux de recyclage qui s'approche du 100%, c'est à dire que tout ce qui rentre sur nos sites, on a
00:48à peu près 250 sites en France, toutes les matières qui rentrent sur nos sites doit trouver une filière
00:55de valorisation et de traitement. Nous on n'a pas d'enfouissement, on n'en a jamais fait dans le
00:59groupe, on n'a pas de décharge parce que ça n'a pas été quelque chose qui a été initié ni par mon
01:03grand-père ni par mon père. Donc on s'est dit la matière reste matière, elle doit être recyclée
01:09et réutilisée. Donc ça c'est tout le service avec le service technique, c'est tout ce qu'on a en
01:14interne au groupe où nous l'impact qu'on a c'est de recycler en étant avec un bilan carbone neutre,
01:21c'est pour ça qu'on fait beaucoup de transports fluviales, beaucoup avec le rail, où on essaie
01:25d'avoir maintenant tous nos engins avec une puissance électrique. Donc on a une réflexion
01:32maintenant qui est importante sur les enjeux de demain et surtout sur les boucles qu'on va
01:37faire. Dans le groupe on parle beaucoup d'économie circulaire. L'économie circulaire c'est on prend
01:43une matière usagée, on la transforme en une matière première, c'est à dire on a plusieurs
01:49boucles notamment sur l'aluminium. On recycle chaque année dans le groupe à peu près 650 000
01:55véhicules. Donc 650 000 véhicules c'est énorme puisqu'ils s'en vendent chaque année 1,5 million
02:01en France et la moitié, on recycle ça chaque année la moitié avec des taux de valorisation qui sont à
02:07plus de 96%. Donc on arrive maintenant à recycler à 96%. Tous les matériaux qui sont dans une voiture ?
02:14Tous les composants de la voiture, on arrive à les recycler à 96%. Il y a 4% qui partent un peu dans la
02:22valorisation énergétique, ce sont les housses de sièges, les sièges qu'on change jamais et les
02:26plafonniers. C'est toutes ces mousses et un peu toutes ces saloperies qui sont bourrées de
02:30composants chimiques et qui ne trouvent pas de filière de valorisation. Les pneumatiques deviennent des
02:36aires de jeu pour enfants, le côté molletonné qu'on a, les pare-chocs deviennent des bacs,
02:41le verre redevient du verre, on récupère tous les fluides et voilà. Donc ça nous on recycle et
02:47surtout au sein de ces véhicules on extrait l'aluminium et l'aluminium on a nos fonderies
02:53d'aluminium et on fait des lingots d'aluminium. Donc si vous voulez on récupère tout cet
02:58aluminium qui sont dans nos véhicules hors d'usage, qui sont partis à la casse et on a nos fonderies et on
03:05fait des lingots d'aluminium qui repartent après dans le secteur automobile. C'est vous qui les
03:11revendez aux constructeurs ? Exactement. Donc ceux qui ont des voitures françaises ont un pourcentage
03:16de matières recyclées issues de l'entreprise de Richembourg. Donc ça c'est les boucles. Donc nous l'impact
03:23qu'on va avoir c'est que ça crée plusieurs boucles. Donc la boucle sur l'aluminium, là on fait la boucle sur le
03:28plomb, on va faire aussi la boucle sur le cuivre. Voilà tout ça c'est des investissements qu'on fait au sein des régions. On parle
03:34beaucoup de réindustrialiser la France. Nous on est en plein dedans. On a un énorme projet d'infinerie de
03:40plomb à Rocancourt à côté de Caen. On a énormément de projets aussi sur le traitement des ballons d'eau
03:47chaude. Ça aussi, les ballons d'eau chaude. On a plusieurs unités qu'on est en train de fabriquer
03:52en France pour dédier avec la récupération et le traitement des lignes de broyage sur les traitements
03:57de ballons d'eau chaude. Ça c'est avec tous les éco-organismes. Il y a beaucoup d'éco-organismes, je ne vais pas
04:02rentrer trop dans le détail pour ne pas perdre les auditeurs parce qu'il faut qu'ils aillent jusqu'au
04:07bout de l'interview. Dans tous les cas voilà, les boucles qu'on est en train de créer c'est ça et
04:11aussi l'accompagnement sociétal. Je disais tout à l'heure, on a un groupe de main d'oeuvre avec une
04:17population, une tranche de la population aussi, voilà, qu'il faut accompagner et qu'il faut former
04:23aussi beaucoup, beaucoup. Mais ce sont des gens extraordinaires et ça c'est aussi l'enjeu qu'on a, c'est de faire
04:29évoluer tous nos gens et qu'ils puissent avoir, grâce à la famille, des évolutions chaque année en
04:35termes de responsabilité, en termes de positionnement dans l'entreprise. Voilà, donc on a aussi des
04:42assistantes sociales qui sont là pour les aider à remplir leurs papiers pour ceux qui ont des
04:47besoins. Moi je pars du principe que j'ai eu beaucoup de chance, vraiment. Moi j'ai eu de la chance de nez
04:54où je suis né, d'être dans cette famille, d'être là. Moi j'ai rien demandé et je me retrouve dans
04:59quelque chose d'unique. Et je pense qu'à un moment donné on se doit, quand on a des postes comme ça,
05:05de regarder devant soi ce qu'il y a et aussi d'accompagner et d'aider. Ça me semble très
05:11important de créer un vrai collectif et puis d'être avec tout le monde et surtout à la même hauteur que
05:16tout le monde, vraiment. Moi je n'aime pas du tout la prétention, il faut un peu d'humilité dans le
05:23travail. C'est dur le travail au quotidien pour tout le monde dans tous les secteurs d'activité,
05:28donc un peu d'humilité, de respect et voilà et d'attention sur les autres et notamment sur
05:34ses salariés parce que surtout pour moi qui suis rentré dans l'entreprise où j'ai eu besoin aussi
05:41à des salariés donc j'ai énormément de respect pour tout ça et puis surtout ça retrace un peu tout
05:46ce que disait mon grand-père. Et mon grand-père c'est drôle, il y a quelque chose qui disait toujours
05:49ma plus belle réussite c'est mon fils, c'est ma plus belle réussite. Et c'est vrai que d'un coup mon
05:58père il s'est retrouvé un peu le père de tout le monde et le grand-père de toute la famille.
06:04C'est le passage de flambeau quoi. Ouais et ça mon grand-père il avait énormément de respect déjà pour
06:08son fils, pour toute sa famille et surtout pour tous ses gars. Moi j'ai vraiment retenu ça de lui,
06:12la pyramide à l'envers, le bas vers le haut, le bas, le bas, le bas. Génial. Tout ce que tu nous
06:20as décrit comme activités, développement, ce sont exactement les mêmes activités au niveau
06:24international dans tous les pays ? Ouais dans tous les pays sauf qu'évidemment la France représente 70%
06:29de notre chiffre d'affaires et 30% c'est le reste. Et après vous savez on fait tous les mêmes activités
06:36mais pas avec les mêmes vitesses et les mêmes réglementations. C'est-à-dire qu'en France on est
06:42quand même les champions du monde de l'administratif, des lois, des délais de... Là on a une enquête publique
06:49sur un projet qu'on veut avoir. Donc on parle beaucoup de développer, de réindustrialiser.
06:54Franchement il y a beaucoup de difficultés à mettre en place beaucoup de choses aussi en France.
06:59Donc on parle beaucoup de simplification. C'est pas encore tout à fait au point tout ça. C'est dommage parce que
07:05déjà je pense que les entreprises familiales, c'est quand même 70% de tout le tissu économique en France.
07:12Donc je pense qu'on devrait vraiment capitaliser beaucoup plus sur les entrepreneurs, les entreprises.
07:18C'est quand même le poumon de la France. On parle beaucoup d'industrie et pour autant on a des cycles
07:23de formation de nos ingénieurs. Mais c'est remarquable ce qu'on fait en France. Et d'ailleurs c'est pour ça
07:29qu'il y en a beaucoup qui partent à l'étranger. On se fait piquer toute notre matière grise et ça c'est pas normal.
07:35Parce que franchement on a beaucoup de choses à faire en France. Et je le vois bien, nous on est très présents au Canada.
07:40Je vois le nombre de Français qui ont fait leurs études en France et qui vivent maintenant au Canada et qui développent
07:46toute l'activité économique du Canada. Je me dis quand même, c'est une perte pour la France tout ça.
07:50Bien sûr. Et c'est l'investissement de la France pour le coup.
07:52Mais oui.
07:53C'est notre école.
07:54Et moi je le vois, puisque je suis au Medef International, quand on part en France. Mais si vous saviez comme on est vu de l'étranger,
08:00mais la France c'est pas que la baguette et le béret et le verre de vin rouge. C'est le côté sérieux, entrepreneur, rigoureux, technicien, ingénieur.
08:11Mais il faut voir, nous on est très respectés à travers le monde en France. Vraiment.
08:16Génial. Ça nous amène à ton autre casquette au sein du Family Business Network.
08:21Est-ce que tu peux nous parler de cette association qui existe dans le monde entier, mais dans laquelle tu travailles aussi pour la nouvelle génération, me semble-t-il ?
08:33Oui, c'est ça. Moi je suis dans le chapitre français, puisqu'il y a énormément de pays où il y a l'EFBN. En France on a à peu près 2400 membres familiaux qui sont dans l'EFBN.
08:45Donc c'est une association qui s'occupe de beaucoup de sujets de transmission, de gouvernance. Et ça fait un peu plus de dix ans que je suis au FBN.
08:54Alors on est tous bénévoles pour ceux qui interviennent et qui travaillent. Mais ça me plaît beaucoup parce que c'est tous ces parcours d'expérience
09:01qu'on peut avoir dans tous ces domaines et secteurs d'activité, où finalement que l'entreprise soit grande ou petite, c'est toujours les mêmes problématiques sur la transmission,
09:11de travailler en famille, la gouvernance, ce que vous évoquiez tout à l'heure, la charte familiale.
09:16Toutes ces choses-là, c'est des choses qui sont étudiées et faites au FBN. Donc c'est pour les familles et par les familles.
09:22Parce que c'est des familles qui animent aussi tous ces ateliers. Et moi c'est vrai que ça fait dix ans que je suis là-bas
09:29et je prends beaucoup de plaisir à faire ça, à rencontrer tous ces groupes familiaux, à les écouter, à voir leur organisation aussi.
09:35Et c'est quelque chose qui me plaît énormément. Et je vous dis, tous les secteurs d'activité, c'est quand même quelque chose qui est passionnant.
09:42Et des parcours d'expérience, on se dit quand même. Alors on est toujours là à se comparer.
09:47Et toi, qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que vous avez mis en place ? Et je trouve que c'est hyper intéressant de faire ça.
09:53Donc s'il y en a qui nous écoutent aujourd'hui, j'espère, qui sont dans des groupes familiaux, qui se posent des questions.
09:59Alors moi je suis président des nouvelles générations.
10:02Alors qu'est-ce que vous faites exactement ?
10:04Les nouvelles générations, on les a séparées en deux parties. Donc il y a la partie next-gen.
10:08Donc les next-gen, ils sortent de l'école comme moi un peu à 20 ans. Est-ce qu'on rentre dans l'entreprise tout de suite ?
10:14Est-ce qu'on n'y va pas ? Est-ce qu'on fait un parcours avant de rentrer dans l'entreprise ?
10:18Ou on rentre tout de suite dans l'entreprise ? Donc les next-gen, ils se posent la question de savoir si on y va maintenant ou pas.
10:24Les now-gen, dont je suis président et que j'anime beaucoup plus que les next-gen, même si je chapote les deux entités.
10:32Et les now-gen, c'est ceux qui sont comme moi, qui ont une responsabilité au sein du groupe familial et dans la famille.
10:39Alors ce n'est pas forcément un président, ça peut être un directeur commercial, ça peut être un DAF, peu importe.
10:44Mais en tous les cas, il faut qu'il ait une responsabilité dans la famille au sein du groupe familial.
10:50Donc c'est quelque chose qui est très enrichissant.
10:52Donc on fait beaucoup de dîners, de déjeuners et puis on fait des ateliers aussi.
10:57Il y a pas mal d'ateliers qui sont organisés tout au long de l'année.
11:00Il y a énormément d'événements tous les mois pour justement, sur tous les sujets,
11:04alors il y a des sujets, moi, beaucoup plus généraux.
11:07On est là, c'est des parcours d'expérience, des rencontres,
11:09où on constitue un réseau d'entrepreneurs familiaux.
11:13Et puis à l'intérieur de tout ça aussi, il y a des ateliers beaucoup plus techniques,
11:17sur le pacte d'Utreil, sur les chartes familiales, où il y a des intervenants,
11:21où dans vous également, vous êtes intervenu plusieurs fois pour expliquer, pour accompagner, pour aider.
11:27Donc c'est des choses aussi où il y a beaucoup de familles qui ne sont pas forcément structurées pour faire tout ça
11:33et qui ont recours à des gens de l'extérieur, dont c'est le métier d'accompagner les entreprises familiales,
11:39à transmettre le capital ou à travailler en famille ou à constituer des chartes familiales.
11:43Donc c'est vraiment quelque chose qui me plaît beaucoup.
11:46Donc je continue.
11:47Comment on rejoint le FBN ?
11:49Je suis une entreprise familiale du sud-ouest de la France.
11:53J'appelle qui ? Ça se passe comment ?
11:54Eh bien, il faut regarder sur le site internet FBN, il faut appeler.
11:58Et puis il faut demander, voilà, nous on est intéressés de voir un peu ce que vous faites.
12:02Nous on a des difficultés, des problématiques.
12:04Le FBN, on a vu par Thomas de Richbourg qui en parlait dans l'émission.
12:09Et voilà, on voudrait se renseigner, au contraire.
12:12Donc après, il y a plusieurs régions, c'est organisé par région, avec des responsables.
12:16Et après, on essaie de faire en sorte que ce soit par région, que tout ne soit pas concentré sur Paris,
12:22mais que ce soit, voilà, différentes régions où les gens se retrouvent à moins de 50, 60 kilomètres les uns des autres
12:27pour pouvoir se regrouper, parce que dans les régions en France, ils aiment bien aussi être entre eux.
12:33Et c'est normal, parce que c'est tout le tissu économique local de l'entrepreneuriat familial.
12:39Donc c'est très simple, site internet, et après vous appelez à Paris et ils vont vous rebasculer, vous réorienter.
12:46C'est ultra simple.
12:47Génial.
12:49C'est quoi les enjeux de la Next Gen d'une manière générale ?
12:52Si on pouvait les résumer en 3-4 grands enjeux pour elles.
12:55Elles arrivent là, elles sont nées dans les années 2000, elles ont des engagements forts souvent,
13:03elles sont très attirées par ces sujets d'investissement à impact ou d'impact.
13:08Mais parfois, le groupe familial, il n'a pas forcément la chance d'être dans une activité qui est attractive d'une certaine manière.
13:18Comment vous gérez ça au FN ? Comment vous discutez de ces sujets ?
13:20Alors, moi, j'ai toujours, les Next Gen, ils me demandaient, ils me posaient des questions,
13:25on était tous là, ils ne posent pas des questions qu'à moi, mais ils nous demandaient.
13:29Moi, je dis, la première chose, quand on est dans une entreprise familiale, avec une entreprise familiale, une activité,
13:36c'est avant toute chose, c'est d'aimer profondément l'activité.
13:41Moi, je sais que j'ai un ami qui est bouché, et son père, ils sont bouchés de père en fils depuis 6 générations.
13:48C'est toute une chaîne de boucheries à Paris.
13:51Et lui, il déteste la boucherie.
13:53Il déteste la viande.
13:54Il déteste l'odeur.
13:56Il déteste tout ça.
13:57Et il m'a dit la dernière fois, tu sais, Thomas, je suis la 6ème génération de père en fils,
14:01et c'est moi qui vais faire le point de rupture.
14:05Parce que je ne peux pas.
14:06C'est plus, je n'y arrive pas.
14:08C'est pour ça que je dis toujours à tous ces jeunes, je me retrouve moi à 20 ans,
14:13il faut déjà aimer l'activité profondément.
14:15On ne peut pas réussir si on n'aime pas ce qu'on fait.
14:17Et en plus, on ne va pas être heureux du tout.
14:20Et quand même, la vie, elle est tellement compliquée,
14:22que si on peut être un peu bien dans son travail, et qu'on aime son travail,
14:26c'est déjà ça de pris.
14:28Donc moi, avant de dire, travaillez mon père, il est compliqué, mon frère, j'en veux ceci, cela.
14:32Non, aimer l'activité.
14:34Et quand on aime ce qu'on fait, déjà, il y a beaucoup de barrières qui tombent,
14:38et on se sent déjà beaucoup mieux.
14:39Après, il faut apprendre, et après, il faut apprendre aussi à travailler en famille.
14:43Car ce n'est pas évident, quand on est à 20 ans, tout comme moi à l'époque,
14:47de se dire, on a 20 ans, eux, ils ont bâti, construit tout le groupe,
14:51moi, je ne suis rien, mais comment je vais faire ?
14:54Et on voit comme une espèce de montagne énorme à franchir, alors que pas du tout.
14:58Et c'est là aussi où on se met, je pense, trop de pression.
15:02Trop de pression.
15:04On aime ce qu'on fait, on arrive, on fait...
15:07Alors maintenant, il faut faire des études, quand même, parce qu'à l'époque, tout ça, ça passait encore.
15:12J'allais dire, au temps de mon père, de mon grand-père, nous, avec mon frère aussi, tout ça.
15:16Mais maintenant, il faut vraiment faire des études, parce que c'est difficile.
15:19Et la jeune génération, elle est très orientée sur les réseaux, elle va hyper vite,
15:24ça se connecte, mais à une vitesse, moi, je vois très bien entre ma fille et mon fils,
15:28mais alors, ça va à une vitesse, moi, à 20 ans, je pense que j'étais plus lent que ça.
15:32Et il m'a fallu plus de temps, mais aujourd'hui, ça va tellement vite, et même trop vite.
15:36Et du coup, ça crée beaucoup aussi d'impatience.
15:38Je vois les jeunes générations qui rentrent dans le groupe,
15:41et on a tout un système qu'on fait de jeunes pousses chaque année,
15:44pour essayer, voilà, de rajeunir aussi la moyenne d'âge,
15:47et puis penser aussi à la future génération.
15:50Ils sont tous très impatients.
15:51Et maintenant, avec ce satané Covid, on est rentré dans quelque chose avec,
15:57c'est la première fois que j'entendais ça après le Covid,
15:59l'équilibre, famille, travail, bien-être au travail, bien-être en famille,
16:05et voilà, et d'arriver à avoir ce médium comme ça de 50-50.
16:11Et souvent, les jeunes, quand ils arrivent,
16:14les premières questions qu'ils posent, avant forcément de parler du poste,
16:17c'est s'il y a du télétravail,
16:18comment on va progresser dans l'entreprise et sous combien de temps,
16:24le salaire, tout ce qui va autour du salaire,
16:27la voiture, les portables, les téléphones,
16:30avant, après, d'aborder le travail.
16:33Donc c'est vrai que tout ça, c'est un peu redistingué.
16:35Alors, ils ne sont pas tous comme ça, je caricature un peu,
16:37et je grossis le trait, puisque nos jeunes pousses,
16:39qui sont dans le groupe, s'ils m'entendaient,
16:41« Ah, monsieur, je vois, on n'est pas comme ça. »
16:42Mais beaucoup aussi sont comme ça,
16:45de trouver des moments à soi,
16:47des moments de zénitude,
16:50de se retrouver en famille.
16:52Ce qui est bien aussi,
16:53parce que très souvent, on travaille énormément,
16:56on a tellement la tête dedans,
16:57que c'est bien aussi de se retrouver un petit peu en famille.
16:59Et puis cette génération, elle a aussi vu
17:02leurs parents,
17:05finalement, se développer professionnellement dans la crise,
17:10depuis les années 2000,
17:12faire des burn-out, être fatigué,
17:13et donc ce n'est pas forcément toujours très inspirant
17:15pour la génération d'après,
17:17de se dire, tiens, je vais faire un peu comme ça.
17:19Il y a un point qui est intéressant dans ce que tu disais,
17:21c'est aimer ce qu'on fait pour pouvoir rejoindre le groupe.
17:26Mais j'aimerais bien avoir ton avis sur ce côté un peu vicieux,
17:30d'une certaine manière, de la transmission familiale.
17:32Et je dis souvent ça à mes clients ou aux familles
17:35avec lesquelles je travaille,
17:36qui me disent, elles me disent toutes,
17:37« Nous, on a laissé la liberté à nos enfants de choisir
17:39s'ils voulaient venir ou pas. »
17:40Et je leur réponds, « Oui, mais tu leur as donné des actions. »
17:43Et donc, en fait, d'un côté,
17:45on décide d'aller faire une carrière quelle qu'elle soit,
17:49on est obligé d'aller dans le groupe,
17:50mais on est quand même actionnaire.
17:51Donc ça, et bien avec ça, des responsabilités.
17:54Et on a aussi au FBN,
17:56des gens qui sont simplement des actionnaires engagés.
17:58Ils sont non opérationnels.
17:59Comment on gère cette différence
18:02et comment on peut l'aborder
18:03et conseiller les next-gen dans cette posture-là
18:06qui n'est pas forcément évidente
18:07parce que parfois, ils n'ont même pas fait des études de commerce
18:09et donc être administrateur d'une entreprise
18:11plus ou moins grosse
18:12lorsqu'on a fait des études de médecine,
18:14de kiné, d'historien, ce qu'on veut,
18:17ce n'est pas forcément évident.
18:18Alors après, quand on a le capital,
18:21je l'estime toujours qu'on a quand même
18:22une petite responsabilité
18:23à avoir et à faire vis-à-vis de sa famille.
18:27Je ne dis pas, puisqu'on est non opérationnel,
18:31de vouloir inventer des choses un peu stratosphériques
18:34parce qu'évidemment qu'il faut être dans l'entreprise
18:36pour comprendre ses rouages,
18:38pour comprendre le développement, la stratégie,
18:40mais qu'en tous les cas, on soit là pour être là.
18:44Je pense que pour moi, c'est quand même quelque chose...
18:46Si j'étais non opérationnel,
18:48c'est mon groupe, c'est mon capital
18:51et j'aimerais savoir ce qu'on en fait,
18:53poser des questions,
18:54montrer sans être pénible et donneur de leçons
18:57parce que c'est difficile de donner des leçons
18:59quand on n'est pas dans l'entreprise
19:00et qu'on n'a que du capital,
19:02mais en tout cas d'être là et de poser des questions
19:04et d'être là, parce que je pense que c'est aussi important
19:07pour un actionnaire non opérationnel
19:09d'être présent, de quand même s'intéresser
19:11un peu à ce qui se fait à la famille.
19:14Alors je dis ça et puis après,
19:15il y en a qui ne s'intéressent pas du tout,
19:17qui ont le capital,
19:18mais qui ne s'intéressent pas du tout
19:19et qui se désengagent totalement de l'entreprise.
19:22Après, vous savez, moi je dis aussi,
19:24on vit qu'une fois,
19:25eh bien tant pis, il faut faire avec.
19:27Et le plus important pour moi,
19:29c'est de garder toujours la bonne entente
19:32et de ne pas juger
19:33et critiquer ceux qui ne sont pas comme nous.
19:37Vraiment.
19:38Parce que, je vous dis,
19:40la vie, elle passe vite,
19:41elle est aussi fragile,
19:42on peut être touché par la maladie,
19:44par tout un tas de choses.
19:45Et voilà, c'est comme ça, c'est la vie,
19:46ça fait partie de la vie.
19:48Et il peut y avoir des frères et sœurs,
19:49certains très engagés, d'autres pas.
19:51Eh bien ceux qui ne le sont pas,
19:52ce n'est pas forcément qu'ils sont mauvais
19:54ou voilà, mais ils n'ont pas envie.
19:56Donc il ne faut pas leur en tenir rigueur.
19:57C'est comme on dit parfois,
19:59ils n'auront pas de dividende
20:00et nous, on va tout garder.
20:01Mais pourquoi ?
20:03C'est ton frère ?
20:04C'est ta sœur ?
20:06Ben non.
20:07Il faut aussi partager et être juste.
20:09Voilà.
20:10Et si toi, tu as décidé
20:10de travailler dans l'entreprise,
20:12tant mieux pour toi.
20:13Tu travailles et tu ne peux pas reprocher
20:15aux autres qui ont du capital
20:16et qui ne veulent pas travailler
20:17de ne pas travailler dans l'entreprise.
20:19Moi, c'est ma vision.
20:21Parce que je trouve que
20:22la mésentente dans les familles,
20:24elle part aussi de là.
20:25Sur la critique qu'on peut avoir
20:27sur les membres familiaux.
20:29Et ça, il ne faut pas l'avoir.
20:30Bien sûr.
20:31On est tous uniques.
20:32On a tous des parcours uniques.
20:33Tous une vie unique.
20:34Et on doit, en tout cas,
20:35quand on a un groupe familial,
20:37respecter tout le monde.
20:39Que ce soit le frère, la sœur
20:40ou le cousin ou la cousine.
20:41C'est tout l'enjeu de la dynamique
20:42de ces trois cercles.
20:43de savoir qui on est
20:44et quel rôle on a
20:45dans chacun le cercle.
20:47Le dirigeant de l'entreprise,
20:49s'il a le même nombre de parts
20:50que son cousin qui n'y travaille pas,
20:51dans le cercle actionnaire,
20:52finalement,
20:53il est vraiment à l'équilibre,
20:55en tout cas,
20:57dans une égalité parfaite
20:58ou une équité parfaite
20:59qu'elle doit être traitée.
21:00Et puis, dans le cercle familial,
21:01il n'est qu'un membre de la famille,
21:02finalement,
21:03comme les autres.
21:04OK.
21:05On arrive à la fin de cette émission,
21:06Thomas,
21:07et on a toujours une question
21:08magique
21:09à poser à nos invités.
21:12Cette entreprise familiale
21:13qui est viscérale
21:15pour tous les membres
21:17de la famille
21:17qui travaillent dedans.
21:19Si c'était un membre
21:19de ta famille,
21:22ce serait quelle personne ?
21:24Alors, c'est un membre
21:25de ma famille.
21:27Évidemment,
21:29nous, on est la troisième génération
21:31avec mon frère
21:32et de notre parcours de vie
21:34et de tout ce qu'on a vécu,
21:36si je devais symboliser
21:38une personne
21:39dans ce groupe-là,
21:41ce serait évidemment mon père.
21:43Parce que c'est lui,
21:45vraiment,
21:47qui a tout fait,
21:50tout bâti
21:50et qui a pris tous les risques
21:53pour la famille,
21:54depuis toujours.
21:56Mon père a une succession
21:57de décisions
21:59qu'il a prises seul.
22:01Il a une bonne étoile,
22:02il a toujours cru en lui,
22:04mais c'est vrai
22:04qu'il a une très bonne étoile,
22:05il le dit souvent d'ailleurs.
22:08Mais ce serait, voilà,
22:08ce serait vraiment mon père
22:09parce que c'est lui
22:11qui a amorcé tout ça.
22:13Mon grand-père,
22:14il a vraiment
22:14mis la première marche
22:17et mon père,
22:17il a fait tout l'escalier.
22:19Donc,
22:21et nous,
22:21avec mon frère,
22:22on est sur cet escalier
22:23encore à le continuer
22:25et à avancer encore
22:26pour le faire progresser.
22:27progresser.
22:28Donc,
22:29je dirais à mon père,
22:30Daniel de Richebourg.
22:33Ok, génial.
22:35Et si tu avais un rêve
22:35pour ce groupe familial
22:37dans les 20 ans qui viennent,
22:38ce serait quoi ?
22:39C'est que le groupe
22:39soit toujours là.
22:40peu importe de quelle manière
22:44parce que tout ça
22:45va beaucoup changer,
22:47évoluer.
22:47Déjà,
22:47les métiers vont changer.
22:48On le voit bien
22:49que chaque année,
22:50tout évolue.
22:50Les mentalités aussi changent.
22:53Et peut-être qu'il y aura
22:53des membres,
22:56des enfants,
22:57des uns,
22:57des autres
22:58qui, à un moment donné,
22:59voudront s'investir
23:00dans le groupe.
23:01Vous savez,
23:01finalement,
23:02on n'est que des passeurs
23:03de tout ça.
23:04Mais au moment où on le fait,
23:05il faut bien le faire
23:06parce qu'il faut penser
23:07à la génération future.
23:08Et voilà.
23:09Mais en fait,
23:09je reproduis
23:10et je pense que mon frère
23:11fait à peu près pareil.
23:12Je reproduis ce que j'ai eu,
23:14c'est-à-dire de faire
23:15ce qu'on a envie de faire
23:16avant tout.
23:17Et si à un moment donné,
23:18on a un déclic,
23:20si à un moment donné,
23:20on a une envie autre
23:22que le premier métier
23:23qu'on a choisi,
23:24il faut réaliser son rêve.
23:27Et surtout,
23:27on sait toujours
23:28au fond de soi
23:29ce qu'on veut
23:29et ce qu'on ne veut pas.
23:30Donc,
23:31il ne faut pas avoir peur
23:32de mettre en place
23:34ce qu'on a envie
23:34de mettre en place
23:35et ce qu'on a envie de faire.
23:36Et surtout pas
23:37des autres
23:39qui vous disent
23:40ce qu'ils vous conseillent.
23:41À un moment donné,
23:41celui qui prend la décision,
23:43c'est vous
23:43et uniquement vous.
23:44C'est le propriétaire.
23:45C'est le propriétaire
23:46et ça engage
23:47après toute une vie.
23:50Merci, Thomas,
23:51d'être venu dans cette émission.
23:52Merci.
23:52C'est le moment
23:53de nous quitter déjà.
23:54Déjà.
23:55C'est vrai que c'est passé très vite.
23:57J'en profite
23:58pour remercier
23:58l'ensemble de l'équipe technique.
24:01Je vous remercie
24:01de nous avoir écoutés
24:02et on vous dit
24:03à très bientôt
24:04pour un prochain épisode
24:05de Génération Impact.
24:06de Génération Impact.
24:07de Génération Impact.
24:08de Génération Action
24:08de Génération Impact.
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