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  • il y a 2 jours
Les clefs d'une vie de Tatiana de Rosnay

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-04-02##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Vous avez grandi dans les livres avant que les livres fassent grandir votre nom sur les couvertures.
00:11Vous portez autour du cou une clé qui symbolise un moment de votre vie.
00:15Il y en a beaucoup d'autres que nous allons justement évoquer à travers des dates clés.
00:19Bonjour, Tatiana Adronay.
00:20Bonjour Jacques Pessis.
00:21Et c'est vrai que les clés d'une vie, non seulement vous êtes la bienvenue pour ce livre qu
00:25'on va évoquer,
00:25les cœurs sont faits pour être brisés, mais aussi pour cette clé, car vous avez une clé en permanence autour
00:30du cou.
00:30Alors non, non, non, ça c'est des informations qu'on n'avait plus.
00:33Maintenant j'ai autre chose autour du cou.
00:35Oui.
00:35C'est un cœur justement.
00:37Ah ben ça change.
00:38Oui, à cause du titre peut-être de mon roman.
00:40Mais j'avais une clé pendant un certain temps, c'est vrai.
00:42Alors le principe des clés d'une vie, c'est d'évoquer votre parcours à travers des dates clés.
00:46Nous parlerons donc de ce livre, les cœurs sont faits pour être brisés, chez Albain Michel.
00:50Mais il y a beaucoup d'autres dates intéressantes.
00:52Et il y en a une qui ne vous concerne pas directement, mais qui est importante dans votre famille, le
00:564 février 1945, la conférence de Yalta.
01:00Cette conférence, trois mois avant la capitulation de l'Allemagne, il y a Roosevelt, il y a Churchill, Stalin à
01:07Yalta.
01:08Yalta a été acceptée parce que Roosevelt a quelques problèmes de santé.
01:12Et qui est parmi les observateurs ? Votre grand-père.
01:15Mon grand-père, Gladwin Jebb, que j'ai eu la chance d'avoir connu, puisqu'il est mort, j'avais
01:21une trentaine d'années.
01:22En fait, il a travaillé au ministère de l'Économie de Guerre, il est devenu conseiller diplomatique, et il s
01:27'est retrouvé dans les trois conférences, c'est-à-dire Yalta, Post-Dame et Téhéran.
01:30Et puis surtout, ce qui était très important pour nous, ces petits-enfants, c'est qu'il ne nous racontait
01:36évidemment pas tout ça, mais il est ensuite devenu ambassadeur de Grande-Bretagne pour la France.
01:43C'est là ce qui a permis à mes parents de se rencontrer, parce que sinon, maman ne serait jamais
01:47venu en France.
01:48Mais mon grand-père était un grand-père traditionnel, dans le sens où il ne nous parlait jamais de son
01:54passé.
01:55Il avait écrit tout ça dans des livres, et nous, il nous parlait plutôt de ce qu'il aimait lire,
02:02de ses chiens qu'il adorait, ses labrador.
02:04C'était un grand-père très pudique, très réservé, je l'adorais.
02:08J'aurais aimé qu'il puisse être là un peu plus longtemps.
02:11Je suis contente que vous me parliez de lui, parce que je pense que c'est un personnage, voilà, on
02:18aurait besoin d'un personnage comme ça aujourd'hui.
02:19Très tolérant, beaucoup d'obéture d'esprit, un vrai Européen, avant l'heure.
02:24Et je crois qu'il a été un des premiers secrétaires généraux de l'ONU.
02:27Oui, c'est vrai. Alors évidemment, bien avant ma naissance, mais il était un homme aussi impressionnant physiquement.
02:34Il était très très grand, très anglais, un visage assez fermé.
02:38Il avait un magnifique accent anglais, mais il était très affectueux avec nous et avec moi en particulier.
02:43Et il m'encourageait pour mon travail d'écriture.
02:46Alors quand on voit votre arbre généalogique, Tatina Dronay, on est quand même surpris par le nombre de personnes extraordinaires
02:52qui s'y trouvent.
02:52Par exemple, vous descendez par votre grand-mère de Isambar Kingdom Brunel, pionnier du chemin de fer en Angleterre.
02:58Mais oui, alors lui aussi totalement méconnu en France, mais c'était un peu, on va dire, l'équivalent de
03:04notre Eiffel.
03:04Oui.
03:05Il a construit les plus grands pots à suspension anglais.
03:08Il a été à l'origine du système ferroviaire de tout l'Ouest de l'Angleterre.
03:15Il est un personnage cultissime.
03:18Il est reconnu par son grand chapeau haute forme.
03:21Mais en France, quand on dit Isambar Kingdom Brunel, les gens me regardent avec les yeux ronds.
03:26Donc je me suis dit peut-être qu'un jour, j'écrirai sa biographie.
03:28Oui, parce qu'il a quand même inauguré la première ligne de Londres-Bristol et créé la Gritte Western.
03:34Et c'est lui qui a construit le tunnel sous la tamise.
03:40Il était assez extraordinaire, je sais.
03:42Et moi, grand-mère, m'en parlait tout le temps.
03:44Ça, c'était...
03:45Elle nous rabâchait avec notre arrière-arrière-arrière-grand-père.
03:48J'ai grandi avec lui et peut-être que je devrais me pencher sur sa vie.
03:52Ce serait une bonne idée.
03:53En tout cas, ce ne serait que justice.
03:56Alors, il y a un autre ancêtre important dans votre famille qu'on peut évoquer à travers une chanson.
04:02À l'île Maurice, à l'île Maurice, il y a des bananes et des épices et des belles filles
04:06avec des cuisses et des grandes...
04:07À l'île Maurice, par Charles Trenet, écrit d'après une tournée...
04:09Je ne connaissais pas cette chanson.
04:11Ah oui, oui.
04:11C'est drôle.
04:12Elle est très, très drôle.
04:13Et il raconte en dansant l'île Maurice.
04:15Et c'est vrai que Gaëtan de René, c'est l'île Maurice.
04:18Mon grand-père, qui était peintre, qui était un peu le contraire de mon grand-père anglais.
04:24Très prime sautier, tout petit, très drôle.
04:27Et puis, en même temps, passionné par son art.
04:30J'ai toujours vu mon grand-père enfermé dans son atelier en train de peindre.
04:33Et puis, bien sûr, toute cette branche-là de ma famille est née à l'île Maurice.
04:38Exactement.
04:38Je crois qu'il a été un des maîtres de la nouvelle école de Paris de peinture.
04:42Oui.
04:42Ça ne voulait rien dire.
04:43Vous avez bien renseigné.
04:44Ça ne voulait rien dire parce que c'était la seule façon de désigner ces années d'après-guerre où
04:49l'art était important à Paris.
04:50Oui.
04:50Et d'ailleurs, j'ai la chance d'avoir un prêt de la part de mon père de plusieurs de
04:54ses œuvres, dont une qui représente...
04:57C'est partie de cette école qu'on appelle les misérabilistes.
05:01Et parce qu'on voit des gens avec des visages un peu décharnés, un peu tristes.
05:04Et j'en ai une avec des toits de Paris et des ramoneurs.
05:08Et j'aime beaucoup cette toile.
05:10Elle a été peinte bien avant ma naissance, en 1950.
05:13Mais c'est moi qui en ai hérité pour le moment, pour la garder chez moi.
05:17Et donc, j'ai un dialogue artistique avec mon grand-père tous les jours, puisque je regarde cette toile tous
05:22les jours.
05:23Et ce qui est étonnant, c'est qu'il a débuté dans l'atelier de Paul Collin, qui est celui
05:27qui a quand même découvert Joséphine Becker et créé l'affiche de la rue Nègre.
05:31Absolument.
05:31Et il faut aussi savoir que mon grand-père était un grand fêtard et qu'il sortait tous les soirs.
05:37Alors ça, je ne me rappelle pas parce que je n'étais pas encore née.
05:39Mais avec ma grand-mère, il sortait tous les soirs faire la fête à Montparnasse.
05:43Oui, comme tous les peintres de l'époque.
05:45Exactement.
05:45Alors, votre mère est anglaise.
05:47C'était là votre père est mauricien et français, Joël Deronais.
05:50Donc, vous êtes franco-anglaise.
05:51Vous êtes franglaise.
05:52Exactement.
05:53Et je revendique le fait de pouvoir avoir ces deux cultures.
05:57Je pense notamment à Charlotte Gainsbourg, qui est un peu dans la même situation que moi.
06:01On dit toujours que les Français et les Anglais ne s'aiment pas.
06:04Je pense que c'est un cliché.
06:06Je pense qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de respect et beaucoup de complicité entre ces deux peuples.
06:10En tout cas, je suis la preuve vivante que l'entente franco-britannique existe.
06:14Et moi, je me souviens avoir dans mes jeunes années interviewé votre père, Joël Deronais,
06:18qui est un scientifique hors normes, qui a inventé plein de choses.
06:21Et il y a des livres, un livre s'appelle le Macroscope, qui a été très important.
06:25Alors, vous savez, moi, je ne lisais pas les livres de mon père.
06:27Je suis désolée.
06:27D'ailleurs, mes enfants ne lisent pas mes livres non plus.
06:30Il n'est que mon papa.
06:31Voilà.
06:32C'est un scientifique reconnu, certes, mais je ne lisais pas ses livres.
06:35En fait, il a fait des recherches sur la conception de molécules sur ordinateur à l'époque où on ne
06:40savait pas ce que c'était qu'un ordinateur.
06:41Oui, mais nous, il nous parlait plutôt de surf.
06:42Oui, parce qu'en fait, il adorait le surf.
06:45Il est un des pionniers du surf en France.
06:46Oui, absolument.
06:47Donc, nous, on était élevés par le surf, la légende du surf.
06:51Alors, je vous avoue, Jacques, que moi, ce n'est pas mon truc.
06:55J'ai beaucoup admiré des surfers sur la vague, les copains un peu plus jeunes que mon père.
07:01Ça, je les trouvais très beaux à regarder.
07:03Mais je n'ai jamais pu maîtriser une planche de surf.
07:07Je vous avoue que ce n'est pas très difficile.
07:08Vous avez essayé, vous ?
07:09Non, jamais, non, non, pas de risque inutile.
07:11Mais votre père aussi, Tania Droné, est un des pionniers du skateboard.
07:17Alors, je dirais que c'est plutôt mon oncle Arnaud qui l'était.
07:20Ils ont travaillé ensemble sur le skateboard à l'époque où personne n'en parlait.
07:23Alors, ça, c'est vrai.
07:24Ça, c'est avant ma naissance aussi.
07:25Je ne m'en souviens pas vraiment.
07:27Mais les deux frères, effectivement, étaient très grands sportifs.
07:31Donc, on a été élevés dans cette ambiance de sport, de glisse.
07:35Et on pense à ce qu'on voit aujourd'hui, les jeunes trocadéros en train de faire du skateboard.
07:41Oui, ils en font toujours et ils en faisaient au même endroit.
07:43Exactement.
07:44Alors, votre oncle, justement, Arnaud Droné, a été un vélet planchiste extraordinaire.
07:48Et c'est quelqu'un qui vous manque réellement.
07:51Oui, je rappelle qu'il a disparu en mer en 1984.
07:55On n'a jamais su comment ?
07:55On n'a jamais su comment.
07:57Il traversait le détroit de Formos entre Taïwan et Chine populaire.
08:02Ce n'était pas un des endroits les plus calmes.
08:03Il a disparu corps et âme.
08:06On n'a jamais retrouvé ni sa planche, ni quoi que ce soit pouvant nous donner un indice.
08:11Et cette disparition me pèse beaucoup parce que je l'aimais beaucoup, cet oncle.
08:16Il était fantasque.
08:17Il était très séduisant.
08:20Il était très drôle.
08:21Il avait beaucoup de culot, beaucoup de charisme.
08:24Et c'est très difficile de ne pas pouvoir faire le deuil de quelqu'un, de ne pas pouvoir se
08:29trouver devant une tombe, de faire son au revoir.
08:32Donc, pour moi, Arnaud, il est toujours là.
08:34Un jour, j'écrirai sur lui.
08:36Et c'est encore trop tôt, je pense.
08:37Je crois que dans un de vos livres, l'encre russe, il est présent.
08:39Je l'ai évoqué, oui, à travers un autre personnage, c'est vrai.
08:42Alors, vous, vous êtes née plus simplement à Nuit-sur-Seine et vous avez fait vos études à l'école
08:47active bilingue Janine Manuel à Paris.
08:49Oui, parce que quand je suis revenue des États-Unis, j'ai fait la grève du français.
08:54Je ne voulais pas quitter Boston, même si ce n'est pas mon pays.
08:57Je suis franco-britannique, mais j'ai adoré ces années à Boston.
09:01Et donc, je ne voulais plus parler français.
09:03Et mes parents m'ont mis dans une école bilingue parce que la moitié des cours étaient en anglais.
09:09Mais c'était un endroit important pour moi parce que j'ai fait la connaissance de plusieurs professeurs là-bas
09:14qui m'ont beaucoup encouragée sur le fait d'écrire.
09:18Et Tatiana Tronet, je crois que parmi les élèves de cette école, il y a eu Carla Bruni, Charlotte Gainsbourg.
09:23Mais je ne savais pas.
09:24Et Amanda Sterz.
09:26Bah écoutez, je ne savais. Vous me l'apprenez.
09:28Alors, il se trouve que si vous êtes à Boston, c'est parce que vous avez suivi vos parents.
09:31Et que vous avez passé votre jeunesse entre les États-Unis et l'Angleterre.
09:35Absolument. Mon père a été nommé attaché scientifique français à Boston pour la France.
09:43Et donc, nous sommes tous partis, évidemment, pour vivre avec lui.
09:46Et j'avais à l'époque 5-6 ans.
09:49Et après, vous avez parlé beaucoup anglais.
09:51Je crois qu'aujourd'hui, vous parlez français et anglais.
09:53Mais quand vous jurez, c'est en anglais.
09:55Oui, je ne vais pas vous faire des jureaux en anglais maintenant.
09:59Mais je trouve que c'est une langue plus forte pour les jureaux.
10:01Ne me demandez pas pourquoi.
10:02Seulement un psy pourrait vous répondre. Je ne sais pas.
10:04Enfin, il y a des injures en anglais qui sont aujourd'hui entrées dans le langage courant, comme Bullshit,
10:08qui est une injure maximale en Angleterre et qui, aujourd'hui, est naturelle en France.
10:13Il y en a des pires.
10:13Il y en a des pires.
10:14Mais je ne vais pas vous les dire.
10:15Je ne vous les demande pas.
10:17Et puis, il y a aussi l'université d'East-Ingalia, dont vous parlez, Audrey.
10:20Ça, ça a été très important.
10:22Très important pour moi.
10:23C'était trois années.
10:25J'ai quitté un peu, on va dire, la petite jeune femme lisse que j'étais en 1981.
10:30J'ai découvert une autre part, ma part anglaise.
10:33À l'époque, il fallait être punk.
10:35Donc, je suis devenue punk.
10:36Je sais, vous avez du mal à le croire en me voyant.
10:38Mais je vous assure que je l'étais.
10:39J'étais en noir, avec les cheveux teints en noir.
10:44Il fallait tout le temps faire la gueule et aimer une musique un peu violente.
10:49Mais en plus de ça, il y avait ces fameux cours d'ateliers de création littéraire
10:54qui m'ont vraiment, vraiment aidé et donné envie d'écrire encore plus.
10:59Et puis, bien sûr, il y avait tous ces concerts,
11:02tous ces extraordinaires groupes musicaux qui venaient chanter.
11:07Pour presque rien, on pouvait assister.
11:10C'était vraiment l'avènement de Depeche Mode, The Cure, Durand, Durand.
11:14Toute ma jeunesse, en fait.
11:16Donc, j'ai passé trois ans magnifiques là-bas.
11:18Et non seulement votre goût de l'écriture est né là-bas,
11:21mais aussi le goût de la lecture.
11:23Et on va l'évoquer à travers une autre date qui ne vous concerne pas,
11:26je le rappelle, 1er février 1837.
11:30À tout de suite sur Sud Radio avec Tatiana de René.
11:33Sud Radio, les clés d'une vie.
11:36Sud Radio, les clés d'une vie.
11:38Mon invité Tatiana de René pour ce livre,
11:40Les cœurs sont faits pour être brisés.
11:42Un roman magnifique chez Albin Michel qu'on va évoquer tout à l'heure.
11:46On en revient à votre parcours.
11:47Alors, il y a une date qui vous intrigue beaucoup.
11:49Oui.
11:491er février 1837.
11:51En fait, c'est le jour de la sortie du deuxième numéro
11:54d'une revue littéraire britannique,
11:56Bensley Mislani.
11:57Le rédacteur en chef publie le premier épisode d'un roman.
12:00Il s'appelle Charles Dickens et c'est Oliver Twist.
12:02Ah mais oui, bien sûr, Oliver Twist qui est un des premiers livres que j'ai lu gamine
12:08et qui aussi m'a donné envie d'écrire.
12:11Évidemment, je ne vais pas me comparer à Dickens,
12:14mais c'est un roman qui m'a beaucoup marquée quand j'étais petite.
12:16Il y a eu beaucoup de succès puisque cette revue qui était une revue confidentielle,
12:19quand Oliver Twist est parue, il y a eu mille exemplaires de plus qui est énorme pour l'époque
12:24et l'éditeur a continué à publier Oliver Twist pendant 19 mois
12:30pour que les lecteurs aient la fin de l'histoire.
12:33Ah, c'est bien ça.
12:34C'est fou.
12:34Alors, il y a eu quelques problèmes après parce qu'il tirait un peu à la ligne parfois Dickens
12:40donc les cachets, il était payé à la ligne, il s'en ressentait
12:44et il a fini par claquer la porte parce que ça coûtait trop cher.
12:47D'accord.
12:48Alors, je crois que la lecture a été le moteur de vos jeunes années.
12:51Oui, c'est vrai.
12:53Je faisais partie de ces enfants qui lisaient sous les draps avec une lampe torche
12:59parce que ma mère, elle regardait sous la porte voir si la lumière était allumée
13:04et avec la torche, elle ne pouvait pas.
13:06Par contre, je me suis squintée les yeux avec ça et je lisais des livres qui n'étaient
13:10pas du tout pour moi.
13:11Je lisais des livres d'adulte alors que j'étais gamine.
13:15Oui, il y avait aussi bien Jules Verne que les malheurs de Sophie.
13:17Oui, mais il y avait des textes qui, par exemple, Lolita.
13:21Vous avez lu Lolita ?
13:22Oui, très très jeune, trop jeune.
13:23Mais bon, c'est comme ça.
13:25Je m'en suis remise.
13:26Et puis, il y a les histoires extraordinaires d'Edgar Po.
13:29Ça, ça vous a marqué ?
13:30Ça, ça m'a vraiment marqué parce que c'est un professeur qui m'a lu ça
13:33quand on était à Boston, justement.
13:34Elle nous a lu le cœur révélateur.
13:37Ça m'a terrifiée.
13:38Mais en même temps, j'ai compris que...
13:41Alors, évidemment, je n'allais pas écrire des histoires terrifiantes, quoique.
13:44Mais j'étais attirée par une certaine noirceur, par quelque chose qui impressionnait.
13:48Et puis, on oublie que le traducteur des histoires de Po, c'est Baudelaire.
13:52Oui, c'est comme moi, je lisais en VO, si vous me permettez.
13:55Et Baudelaire a recommandé ses livres à Sainte-Beuve qui étaient critiques.
13:59Et c'est comme ça que Edgar Allan Po a vraiment été connu.
14:02Alors, il se trouve qu'à l'époque, vous parliez anglais et français.
14:06Mais l'anglais n'était pas aussi important qu'aujourd'hui dans les entreprises et un peu partout.
14:10Vous étiez une exception.
14:12Alors, c'est différent parce que moi, j'ai vraiment grandi dans un monde où tout le monde parlait anglais,
14:17puisque dans ma famille, on parlait anglais.
14:19J'ai vécu en Amérique, j'ai vécu en Angleterre.
14:22Et donc, je ne pouvais absolument pas me résoudre.
14:25Puis après, j'ai travaillé pour des entreprises américaines.
14:27J'ai travaillé pour Vanity Fair ou même des entreprises anglaises comme Christie's.
14:32Donc, l'anglais ne m'a jamais quitté.
14:33Non, mais c'est un avantage énorme parce qu'à l'époque, peu de gens étaient comme vous.
14:36C'est vrai, vous avez raison.
14:37Alors, Tatiana Dronay, je sais aussi que quelqu'un a beaucoup conté dans votre parcours.
14:41C'est Daphné Dumourier.
14:42Elle compte encore.
14:43Oui.
14:43D'ailleurs, elle s'est invitée dans ce nouveau roman.
14:45Oui, je sais.
14:46Oui, elle m'a donné envie d'écrire, vraiment.
14:49Pourquoi ?
14:50Vous vous souvenez de cette première ligne de Rebecca ?
14:54La nuit dernière, j'ai rêvé que je retournais à Manderley.
14:57Ça m'a tellement hanté, ce livre.
14:59Ce livre qui a une fin, qui n'est pas celle du film.
15:02Ce personnage, la deuxième message de Winter, qui n'a pas de nom ni vraiment de prénom.
15:08Et surtout, ce fantôme de Rebecca qui est là du début jusqu'à la fin.
15:12Enfin, ce livre, j'ai dû l'avoir lu, je ne sais pas, peut-être 30 fois dans ma vie.
15:18À chaque fois que je le lis, je découvre quelque chose de nouveau.
15:22Mais pour revenir à Daphné Dumourier, elle est connue aussi, moins connue pour ses nouvelles,
15:27dont les oiseaux qui ont été adaptés par Hitchcock, comme vous le savez.
15:30Mais ses nouvelles sont glaçantes, extraordinaires, dérangeantes.
15:35Et puis, elle avait une vie tellement incroyable, tellement particulière.
15:39J'ai eu la chance, on m'a demandé d'écrire sa biographie.
15:44Elle avait des attaches à la France.
15:45J'ai découvert beaucoup de choses en commun avec elle, d'ailleurs.
15:49Ça a été un vrai parcours d'écrire sa vie.
15:51Mais elle fait partie de ces écrivains qui ne me quittent jamais.
15:55Il y a toujours un de ses livres sur ma table de chevet.
15:58Et puis, je crois que la lecture, ça a été important pour compenser votre timidité naturelle.
16:03Alors, c'est vrai qu'aujourd'hui, je suis moins timide.
16:05J'ai dû apprendre à prendre sur moi pour répondre aux questions des journalistes.
16:10Mais j'étais une enfant timide et je me réfugiais dans les livres,
16:15alors que les autres allaient jouer au tennis ou jouer sur la plage ou jouer à cache-cache.
16:21Moi, j'étais le nez dans un bouquin et c'était mon monde à moi.
16:24Et quand j'ai commencé à écrire, ça a été encore plus un refuge.
16:27Oui, mais je crois que vos parents, en revanche, étaient très volubiles.
16:30On parlait beaucoup à la maison.
16:32Ah oui, ça c'est sûr.
16:33Mon père prenait toute la place.
16:35Ça c'est sûr, c'était un peu le roi soleil.
16:37Et donc, moi, j'étais retranchée.
16:41Et puis, j'avais une sœur aussi qui était très...
16:42Ma sœur qui était très bonne en classe, assez brillante.
16:48Donc, moi, je me cachais. J'étais à l'ombre.
16:50Et vous aviez envie de raconter des histoires, Tatiana Dronay ?
16:53Oui. J'ai commencé à raconter des histoires à l'âge de 8, 9, 10 ans.
16:57D'abord, j'avais un journal intime que j'ai tenu longtemps.
17:00Et puis, c'est devenu des petits journaux, quelques poèmes.
17:04Et puis, je me suis lancée dans l'écriture de romans sur des cahiers
17:08Claire Fontaine vers cet âge-là.
17:10J'ai été heureusement encouragée par ma famille, par mes amis, par mes profs.
17:15Ça, ça a beaucoup aidé.
17:16Les professeurs remarquent que j'avais un certain goût pour les rédactions.
17:22Donc, j'ai été encouragée.
17:24Et donc, c'est pour ça que je me permets de dire,
17:25si vous avez dans votre entourage un enfant,
17:28alors c'est de plus en plus rare aujourd'hui,
17:30qui aime écrire, qui aime lire, il faut l'encourager, vraiment.
17:32Et je crois que votre premier livre,
17:34c'était une petite fille nommée Carrie,
17:36pour l'anniversaire de votre mère.
17:38Oui.
17:39Et d'ailleurs, elle avait été assez impressionnée,
17:41parce que ça se passait au 19e siècle,
17:43un peu une ambiance à la Oliver Twist, justement.
17:46Et il n'arrive que des malheurs à cette petite fille,
17:48des choses très difficiles.
17:49Et ma mère était assez étonnée que quelqu'un d'aussi jeune
17:52puisse avoir déjà un univers aussi noir.
17:54Et là, je crois que tous ces livres de jeunesse
17:56sont enfermés dans une cave,
17:57avec la mention « Ne pas publier si je meurs ».
18:00Oui, absolument.
18:01Dans chaque fois que je déménage,
18:03cette boîte se retrouve dans une nouvelle cave.
18:05Mais bon, je pense que ça pourrait peut-être intéresser
18:07un archéologue dans, je ne sais pas,
18:10allez, on va imaginer peut-être 200 ans, 300 ans peut-être,
18:14mais sinon, je pense que ça n'intéresserait pas grand monde.
18:16En tout cas, ça a intéressé votre famille.
18:18Et il faut savoir que l'écriture, Tatiana Droney,
18:21vous avez progressé grâce à des cours de creative writing.
18:25Oui, c'est ça.
18:26À cette fameuse université dont je vous citais tout à l'heure.
18:29Et ça, c'était vraiment sauter dans le bain, dans le grand bain,
18:32parce que nous étions plusieurs avec un professeur autour d'une table.
18:37Il y avait un thème.
18:38Et il fallait partir de ce thème et écrire une histoire.
18:42Et notre professeur nous disait toujours,
18:44partez de quelque chose qui a vraiment existé,
18:46faites-en une histoire qu'on pourrait croire vraie.
18:48Et c'est là où j'ai vraiment appris à faire ça.
18:51Et aujourd'hui, il y a beaucoup d'ateliers d'écriture,
18:53mais là, c'était novateur.
18:55C'était très novateur, puisque nous sommes dans les années 80.
18:58En France, ça n'existait pas du tout.
19:00Et cette université-là était une des seules à le proposer.
19:04Et c'est pour ça que je l'ai choisi.
19:05Alors, il se trouve aussi que vous avez ensuite débuté dans la vie active.
19:08Et votre premier métier, on peut l'évoquer à travers cette chanson.
19:19Béco et M. Pointu.
19:20M. Pointu, qu'il avait remarqué un jour au Québec,
19:24il l'a fait venir en France,
19:25où ils ont fait des années ensemble avec cette chanson.
19:27Et c'est vrai que les ventes aux enchères,
19:29ça a été l'univers de vos débuts, Tatiana René.
19:31Oui.
19:32Alors, c'était une célèbre maison de ventes aux enchères anglaises,
19:35basée à Paris,
19:36et qui cherchait une jeune femme bilingue,
19:39bonne présentation,
19:42capable de...
19:42Au début, c'était répondre au téléphone.
19:44Et puis, noter des adresses pour des gens
19:46qui avaient des bijoux, des tableaux à vendre.
19:49J'ai beaucoup appris.
19:50J'ai beaucoup appris.
19:52J'ai fait des tournées chez les gens
19:56avec des experts en tableaux.
19:59C'était toujours très drôle de voir l'expert en question
20:02regarder le tableau ou le bijou et dire
20:04« Ah non, ça ne vaut rien du tout. »
20:06Et le visage désespéré de la personne à qui ça appartenait.
20:09J'ai beaucoup appris.
20:10C'était très intéressant.
20:11Et puis, ensuite, il y a eu la presse.
20:12Alors, la presse, vous avez travaillé pour différents journaux.
20:15Ça va de Vanity Fair à elle,
20:17en passant par Psychologie Magazine pour des critiques littéraires.
20:21Oui.
20:21Le premier qui m'a donné ma chance,
20:23c'était Jean-Louis Servan-Schreiber,
20:26qui dirigeait Psychologie Magazine à l'époque,
20:29et qui m'a vraiment mis le pied à l'étrier en 1996
20:33en me demandant d'écrire un article sur les dons d'organes,
20:39puisque j'avais publié un roman qui s'appelait « Le cœur d'une autre ».
20:41C'était l'histoire d'un homme qui va recevoir un cœur de femme.
20:44Et il m'a dit « Allez, tu vas écrire, je ne sais plus combien, 5000 signes. »
20:51C'était vraiment un article assez long pour moi à l'époque,
20:53qui ne connaissait pas encore du tout ce milieu-là.
20:55Et c'est grâce à lui que j'ai commencé à publier dans les journaux.
20:58Et puis après, bien sûr, j'ai proposé ce qu'on appelle des piges livres
21:02au magazine Elle, au magazine Psychologie, bien sûr.
21:06Et c'est comme ça que j'ai, pendant plusieurs années,
21:09travaillé dans les journaux.
21:10J'ai aimé faire ça.
21:11Oui, et puis vous avez, Tatiana René,
21:13été une pionnière des réseaux sociaux depuis MySpace et Twitter.
21:17Oui, c'est vrai que j'ai bien aimé au début.
21:20Alors maintenant, c'est vrai qu'on est un petit peu mangé par ça,
21:23on est obligé.
21:23Mais c'est vrai que ça m'a plu, ses débuts.
21:26Il y avait MySpace, vous avez raison.
21:27C'est devenu Facebook.
21:30Ensuite, il y a eu Instagram.
21:31Ensuite, il y a eu Twitter avant que ça devienne X.
21:34Maintenant, il y a TikTok.
21:36Ça m'a toujours intéressée,
21:38cette façon de dialoguer avec les lecteurs.
21:40Maintenant, ça nous prend énormément de temps.
21:42C'est une forme de promotion à part entière.
21:44Mais il y a 15 ans, ça ne l'était pas vraiment.
21:46C'était juste une façon de faire connaître son travail.
21:49Aujourd'hui, c'est un peu venir vendre sa soupe.
21:51Oui.
21:52En tout cas, les clés d'une vie qu'on fait ensemble
21:55sont sur Twitter, sur Facebook et même sur TikTok.
21:58Très bien.
21:59Mais il faut dire X maintenant.
22:01D'accord.
22:02Merci de vous.
22:02Je vous en prie.
22:03Merci d'être aussi précise.
22:05Une autre date importante dans votre parcours,
22:07et celle-là, vous ne l'oublierez pas à mon avis, jamais.
22:091er mars 2007.
22:10A tout de suite sur Sud Radio avec Tatiana de René.
22:13Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
22:16Sud Radio, les clés d'une vie, mon invitée Tatiana de René.
22:20Nous parlerons tout à l'heure de ce livre,
22:22Les cœurs sont faits pour être brisés.
22:24Comment retrouver son premier amour chez Albert Michel.
22:27Mais avant cela, on va évoquer le 1er mars 2007,
22:30qui est justement un jour important,
22:31puisque c'est le jour de la sortie d'un livre.
22:34Elle s'appelait Sarah.
22:35Un livre qui aurait pu ne jamais voir le jour.
22:37Oui, c'est une histoire assez incroyable.
22:40C'est un parcours éditorial de rêve, en fait.
22:44C'est un roman que j'ai donc écrit il y a fort longtemps déjà,
22:48puisque je l'ai écrit de mémoire.
22:50J'ai commencé à l'écrire en 2001 ou 2002, en anglais.
22:56Il s'appelait Sarah's Key, la clé de Sarah.
22:59Lorsque je l'ai proposé à mes éditeurs de l'époque,
23:01on ne va pas citer le nom,
23:03ils l'ont refusé.
23:04Et même votre agent américain n'est pas parvenu
23:06à trouver un éditeur.
23:07Oui.
23:08Ce livre a été refusé partout,
23:09des dizaines, des vingtaines de fois.
23:12Donc je l'avais complètement mis de côté.
23:14Et je trouve que c'est extraordinaire,
23:15parce que les livres refusés...
23:16Moi, j'ai un exemple.
23:17Un jour, de joyeux farceurs ont envoyé
23:20un manuscrit de Marguerite Duras entièrement redacté...
23:22Oui, j'ai entendu parler de ça.
23:23...à l'éditeur qui l'a refusé.
23:25Oui.
23:25C'est extraordinaire.
23:26Donc votre livre est refusé.
23:27En tout cas, j'ai fait le deuil de ce livre,
23:29je suis passée à autre chose.
23:30Et puis, un jour, j'ai déjeuné
23:32avec une éditrice qui s'appelle Héloïse Dormesson.
23:36Je devais l'interviewer pour le magazine Elle,
23:38pour lequel je travaillais,
23:41pour l'interroger sur sa nouvelle maison d'édition.
23:44Et puis, to cut a long story short,
23:46comme on dit en anglais,
23:48pour aller un peu plus vite,
23:50je l'ai revu, je l'ai revu avec son compagnon.
23:53Et ce livre, ce manuscrit,
23:56s'est retrouvé entre leurs mains.
23:58Et moi, j'étais absolument persuadée
23:59que ce livre n'allait pas les intéresser.
24:01Pourquoi est-ce qu'il me dirait oui ?
24:03Pourquoi est-ce que cette petite maison d'édition
24:04me dirait oui,
24:05alors que tout le monde m'avait dit non
24:07depuis deux ans ?
24:08Eh bien, c'est eux
24:09qui ont décidé de publier ce livre,
24:12de le faire traduire d'abord
24:13par Agnès Michaud,
24:14que je salue au passage.
24:15Et ce livre, ensuite, a connu
24:17un destin complètement fou.
24:21Je dirais que
24:23toutes les étoiles étaient alignées
24:24à ce moment-là.
24:26Il a été vendu dans 40 pays.
24:29Il y a eu un film,
24:31un film remarquable,
24:34où Christian Scott Thomas joue dedans,
24:37adapté par Gilles Paquet-Brenner.
24:38Ce livre, en fait,
24:39il m'a échappé.
24:42Il a vécu cette vie,
24:44il vit encore,
24:45cette vie extraordinaire,
24:46puisqu'on m'écrit encore.
24:47Il est étudié en classe
24:49dans de nombreux pays.
24:52Et donc,
24:53je me souviens
24:55que début mars 2007,
24:58parce qu'on revient
24:59à cette date,
25:00on avait les frémissements
25:02de ce qui se passait.
25:03On avait déjà
25:03les ventes à l'étranger,
25:04mais on ne savait pas
25:05que ce livre
25:06allait connaître ce destin.
25:08Et je me souviens
25:10d'être incrédule.
25:11J'étais incrédule.
25:12Je ne m'attendais absolument pas
25:14à ce qu'il allait venir ensuite.
25:15Et les étoiles alignées,
25:17ça voulait dire
25:17que c'était le moment
25:18de publier ce livre ?
25:18Complètement.
25:19Je pense qu'aujourd'hui,
25:21ça aurait été un livre
25:21très compliqué.
25:22Je rappelle que c'est un livre
25:23qui revient sur
25:24la rave du Veldiv,
25:25une journaliste américaine
25:26qui va mener une enquête
25:27de nos jours.
25:28Enfin, de nos jours.
25:29Pour elle, ça se passe
25:30il y a 20 ans.
25:31Donc, en 2000.
25:33Pour savoir ce qui s'est passé
25:36dans sa famille.
25:37Il y a une petite fille juive
25:38qui a disparu
25:39dans sa belle famille.
25:40Et donc,
25:41les deux histoires
25:41vont se rejoindre.
25:42Je pense qu'aujourd'hui,
25:43ça aurait peut-être été
25:44très compliqué
25:45de publier ce livre.
25:46Aujourd'hui.
25:47Mais à ce moment-là,
25:48c'était le bon moment.
25:49Oui.
25:49Et en même temps,
25:50c'est une époque
25:50où le sujet n'était pas
25:52forcément traité
25:53dans les livres.
25:54Vous voulez dire
25:55qu'il n'était pas...
25:56Oui, bien sûr.
25:57En fait,
25:58c'était la raison
26:00des refus que j'avais.
26:02C'était,
26:02oh non,
26:03vous n'allez pas revenir
26:04sur cette période
26:06juin 42,
26:07le rave du Veldiv.
26:08Personne n'a envie
26:09de parler de ça.
26:10Personne n'a envie
26:11d'y revenir.
26:12C'était vraiment l'omerta.
26:14Depuis, bien sûr,
26:14on en a beaucoup parlé.
26:16Depuis, bien sûr,
26:17ce livre,
26:18je vous dis,
26:18est étudié en classe.
26:20Pas seulement en France.
26:21Donc oui,
26:22on en parle.
26:22Et tant mieux.
26:23Alors, il se trouve
26:24qu'en plus,
26:24Héloïse Dormeson
26:25avait créé
26:26cette maison d'édition
26:26et son père lui avait dit
26:28c'est mon nom,
26:29hors de question
26:30que tu t'en serves.
26:30Elle a quand même
26:31pris le nom.
26:32Elle a quand même
26:32pris le nom.
26:33Oui, effectivement.
26:34Alors, il se trouve
26:34en plus qu'effectivement,
26:35à cette époque,
26:36on n'en parlait pas beaucoup
26:36et les premières ébauches
26:39de cette rave du Veldiv
26:40et de ce qui s'est passé
26:41dans les camps,
26:43eh bien,
26:43Jean Ferrat
26:43l'avait chanté.
26:45Ils étaient vingt et cent,
26:47ils étaient des milliers,
26:48Nus et maigres,
26:49tremblants,
26:50dans ces wagons plombés.
26:52Nuit et Rouillard
26:52qui est aussi
26:53un documentaire
26:56d'Alain Rennais
26:57qui débutait,
26:58un des commentaires
26:58de 30 minutes.
26:59C'est vrai qu'à l'époque,
27:00il a été censuré.
27:01On ne parlait pas
27:01de ces sujets.
27:02Mais vous savez
27:02que pour écrire ce livre,
27:04je me suis basée
27:05sur énormément d'ouvrages
27:07qui étaient à l'époque,
27:09mais on les imprimait plus,
27:10ils n'existaient plus.
27:11j'ai dû aller,
27:11je me souviens,
27:12rue des Rosiers
27:12pour chercher tous ces livres
27:14que je cite à la fin
27:16d'Als Appelais Sarah
27:17parce que je ne voulais
27:17absolument pas me tromper
27:19sur les dates,
27:20sur ce qui s'est passé,
27:21même si mon livre
27:21est un roman.
27:22Je ne pouvais pas
27:23prendre le risque
27:25d'inventer
27:25ou de me tromper
27:27sur ce qui s'est vraiment passé
27:28le 16 juillet 42 à Paris.
27:29Et quand je suis allée
27:30chercher ces livres
27:31qui étaient tous épuisés,
27:34je me souviens
27:34que la libraire
27:36d'un certain âge
27:36a dit
27:37mais pourquoi ça vous intéresse ?
27:38Pourquoi vous voulez
27:39écrire là-dessus ?
27:40Et je me souviens,
27:41j'ai répondu
27:41parce que je suis française
27:43et que j'ai honte.
27:45Et en même temps,
27:46vous êtes allée à Drancy,
27:47vous êtes allée
27:48à Beaune-la-Rolande
27:49qui étaient les camps
27:51intermédiaires
27:51avant l'extermination
27:53et vous avez retrouvé
27:54quelques témoins.
27:55Ça a été difficile
27:57de les faire parler.
27:58Je me souviens
27:59d'un très vieux monsieur
28:00qui est rentré du marché
28:01à Beaune-la-Rolande
28:02et qui m'a dit
28:03on ne parle jamais
28:03de ce qui s'est passé ici.
28:05Jamais.
28:05Mais c'est une époque aussi
28:07où nos parents
28:08ne parlaient pas de la guerre.
28:09Aujourd'hui,
28:10elle est entrée dans l'histoire.
28:10On n'en parlait jamais.
28:11Bien sûr.
28:12Moi, je sais que
28:13mes parents
28:14qui ont tous les deux
28:14connu la guerre,
28:16alors c'est vrai
28:16qu'ils étaient encore
28:18assez jeunes
28:18au moment de la guerre,
28:19mais on ne parlait pas de ça.
28:22On ne parlait pas de ça.
28:23Et maintenant,
28:24aujourd'hui,
28:24heureusement,
28:24on en parle.
28:25Et puis nous sommes
28:25en temps de guerre,
28:26donc il faut parler
28:27de ce qui s'est passé.
28:28Mais même
28:29quand on voit
28:29les camps d'extermination,
28:31à Radio Londres,
28:32la première trace
28:33de ces camps d'Auschwitz,
28:34c'est en 1943,
28:35pas avant,
28:36parce qu'un prisonnier
28:37s'est échappé
28:37et a envoyé sa lettre
28:38à Radio Londres.
28:39Avant,
28:40personne n'en parlait.
28:41C'est extraordinaire.
28:43Alors,
28:43il se trouve que
28:44ce film justement
28:44que vous évoquez,
28:46il a été réalisé
28:47en voici
28:47la bande originale.
28:55Là aussi,
28:56un concours de circonstances,
28:57car il se trouve
28:58que le réalisateur
28:59connaissait,
29:00avait un scénariste
29:01que vous connaissiez.
29:02Oui.
29:03C'est vrai que
29:03ça a été une belle histoire.
29:05Rien que d'entendre
29:06ces quelques notes
29:07me donnent des frissons.
29:08C'est donc Serge Joncourt,
29:10mon ami,
29:11qui...
29:11Donc je me sentais
29:12en confiance,
29:12puisque c'est lui
29:13qui a écrit le scénario.
29:14C'était la première fois
29:15qu'un de mes romans
29:16a été adapté.
29:16J'ai eu la chance
29:17après d'en avoir d'autres,
29:18mais c'était la première fois.
29:20Et je trouve
29:21qu'il a fait
29:21un magnifique travail.
29:22Je trouve que ce film
29:23est très beau.
29:24Je sais qu'il est passé
29:26il n'y a pas très longtemps
29:28sur la télévision française.
29:29Et il a eu énormément
29:31d'échos,
29:31parce que ce film
29:33et ce livre,
29:33mine de rien,
29:34en 15 ans,
29:35déjà,
29:35le temps passe.
29:37Mais c'est un thème,
29:38je pense,
29:38qui intéresse encore
29:40et hante encore.
29:41Oui.
29:42Et Tatiana,
29:43je crois en plus
29:43que ce film
29:45a une particularité.
29:46C'est-à-dire que
29:46vous avez choisi
29:47ce réalisateur
29:48alors que vous aviez
29:48d'autres propositions
29:49beaucoup plus intéressantes
29:51financièrement
29:51des Américains.
29:52Alors,
29:52je vous corrige tout de suite.
29:53Je n'ai rien choisi
29:54parce que quand on cède
29:55les droits de son livre
29:56à un éditeur,
29:57c'est l'éditeur
29:57qui décide de tout.
29:58Et à l'époque,
29:59je n'avais pas d'agent.
30:00J'en ai un aujourd'hui.
30:01C'est l'agent qui décide.
30:02Mais bon,
30:03j'ai fait confiance
30:03et je pense que
30:04j'ai eu raison
30:05à cette époque
30:05puisque le film
30:06a quand même été
30:07une belle réussite.
30:08Et Christine Thomas,
30:09à l'époque,
30:10vivait en France.
30:11Elle était presque
30:12française et anglaise
30:13un peu comme vous.
30:14Et vous avez tourné
30:15avec elle dans ce film.
30:16Oui,
30:17j'ai tourné avec elle.
30:17J'ai même tourné
30:18une scène juste
30:19derrière son épaule.
30:20D'ailleurs,
30:21je fais toujours
30:21une petite...
30:22J'essaye de faire
30:23une petite apparition
30:23à l'Hitchcock
30:24dans tous les films
30:25qui ont été adaptés
30:25de mes romans.
30:27C'est assez drôle.
30:28C'est la seule chose
30:28que j'impose
30:29aux réalisateurs
30:30parce que je suis très cool
30:31comme on peut dire.
30:32Je ne suis pas
30:32une écrivaine
30:33qui va dire
30:34« Ah non, page 12,
30:36il y avait ça
30:37et vous l'avez enlevé. »
30:38Je leur donne carte blanche.
30:39Je demande juste
30:39de faire une apparition.
30:40Et vos enfants
30:41sont aussi dans ce film ?
30:42C'est vrai que mes enfants
30:43ont joué.
30:45D'ailleurs,
30:45ils ont été marqués à vie
30:46par ça.
30:46Ils étaient jeunes à l'époque.
30:47Ils devaient avoir
30:4814 et 16 ans
30:49et ils ont joué
30:50comme figurants
30:51dans la scène,
30:52terrible scène
30:53de la raf du Veldiv
30:55dans le Vélodrome.
30:57La reconstitution
30:58du Vélodrome.
30:59Ils ont été marqués
31:00à vie
31:00par cette journée
31:01de tournage.
31:03Vous ne regrettez pas
31:03de les avoir envoyés
31:04dans ce tournage ?
31:05Non, parce que je pense
31:06que d'abord,
31:07je les avais emmenés
31:07aussi avec moi
31:08à Drancy,
31:09Bonne-la-Rolande.
31:10Donc, ils étaient quand même
31:11un petit peu au courant
31:12sur quoi leur maman écrivait.
31:14Mais ça leur a ouvert
31:15les yeux
31:15de voir cette scène
31:17incroyable
31:17de reconstitution.
31:19Ça nous a quand même
31:20permis de vraiment
31:21comprendre l'horreur
31:22de ce que ça a pu être
31:23et je crois
31:24Tatiana Dronay
31:25que votre fille Charlotte
31:26est aujourd'hui photographe
31:27de grand talent
31:28et qui a même travaillé
31:29avec vous sur vos livres.
31:31Oui, elle a fait
31:33plusieurs de mes photos
31:34d'auteurs
31:35et puis maintenant
31:36elle fait des expositions,
31:37elle est portraitiste.
31:38Donc, si vous voulez
31:39visiter son Instagram,
31:41elle s'appelle
31:41Charlotte Dronay.
31:42Au moins, c'est précis.
31:43Voilà.
31:44Alors, il se trouve aussi
31:45qu'il y a un autre film,
31:46Mocha,
31:47où vous faites
31:47faire une manicure
31:49dans un salon
31:50tenu par Nathalie Baye.
31:51Alors ça, ça a été aussi
31:52une très belle histoire.
31:54C'est un film
31:55qui est adapté
31:56par Frédéric Mermou
31:58et c'était magnifique
31:59de voir Emmanuel De Vos
32:00et Nathalie Baye
32:01ensemble pour la première fois.
32:03Nathalie Baye joue le rôle
32:04complètement à contre-emploi
32:05d'une esthéticienne blonde,
32:07un peu, on va dire,
32:08évaporée.
32:09Et à un moment,
32:10elle me fait une manicure,
32:11on me voit de dos
32:13et elle faisait
32:13n'importe quoi sur mes ongles
32:15parce que c'est pas son métier
32:16et on était obligés
32:17de faire semblant
32:18d'avoir une conversation.
32:20Et moi,
32:20j'essayais de garder mon sérieux
32:22et elle disait
32:23avec son beau sourire
32:24« Oh là là,
32:24je fais vraiment n'importe quoi
32:26avec vos ongles »
32:26mais en tout cas,
32:27ce film est une très grande réussite,
32:28il faut le voir aussi.
32:29Et vous avez un point commun
32:31Tatiana Le René
32:31avec Nathalie Baye,
32:33c'est-à-dire que
32:33c'est une femme très sérieuse
32:34dans le film,
32:35dans les films
32:35et c'est une folle dans la vie,
32:37un peu comme vous
32:38qui a beaucoup d'humour.
32:39Car vous avez beaucoup d'humour
32:40même si vous ne le montrez pas
32:41dans vos livres.
32:42Ah si, je le montre parfois,
32:46pourtant, vous vous le cachez.
32:47Non, en fait,
32:48je dirais que j'ai un physique,
32:50malheureusement,
32:51d'âme bourgeoise
32:53un peu sinistre
32:54mais je ne le suis absolument pas.
32:56En fait,
32:56il y a une punk en moi.
32:57Mais je crois que les gens
32:58s'en rendent compte
32:59assez rapidement,
33:00en fait.
33:01Et puis,
33:01il y a un autre livre
33:02qui est important aussi.
33:03Lorsqu'il y a eu une crue
33:04à Paris de la Seine,
33:06eh bien,
33:07vous avez pratiquement
33:09évoqué cette crue
33:10dans un livre
33:10alors qu'elle était en pleine...
33:11Alors que ça marchait.
33:13C'est arrivé deux fois.
33:14C'était donc
33:15Sentinelle de la pluie
33:16La première crue
33:17est arrivée au moment
33:18où j'écrivais le livre
33:19en 2016
33:20et la deuxième,
33:21en 2018,
33:22au moment où le livre
33:23est sorti pile-poil
33:24avec ma promotion.
33:25J'ai même été filmée
33:26par une équipe
33:29avec des bottes
33:30jusque-là dans la Seine.
33:31C'était dangereux d'ailleurs.
33:32Mais plus sérieusement,
33:34malheureusement,
33:36je sais,
33:37après avoir discuté
33:38avec des spécialistes,
33:39des hydrologues,
33:41ça pourra arriver.
33:42Et il ne faut pas oublier,
33:43Jacques,
33:43qu'on dit
33:44qu'une crue centenale,
33:45ce n'est pas une fois
33:46tous les cent ans.
33:47Ça veut dire que ça a une chance
33:48sur cent d'arriver.
33:49Et ça nous arrivera.
33:51Malheureusement.
33:51Et je me souviens de cette crue
33:52sur les bords de la Seine.
33:53Il y a eu une voiture
33:54mal garée,
33:55quelqu'un qui l'avait laissée.
33:56La voiture,
33:57elle a disparu sous les eaux.
33:58Elle a été emportée.
33:59Ça a été terrifiant
34:00et personne ne s'y attendait.
34:02Et je crois qu'une voyante,
34:03vous avez prédit,
34:04c'est cru,
34:05et le succès de ce livre.
34:06Non, non, non,
34:07une voyante m'avait prédit,
34:08mais il y a très, très longtemps.
34:09Oui,
34:10elle m'avait prédit
34:12le succès d'Alsa Plessara.
34:13Et j'avais écrit ça
34:14sur un morceau de papier
34:15que j'ai mis dans la veste
34:16de mon mari.
34:17Et on a retrouvé
34:18cette vieille veste
34:19et on a retrouvé la date.
34:21Et c'était dans les années 90,
34:23vous vous rendez compte ?
34:24Elle a dit,
34:24tout d'un coup,
34:26je vois deux personnes,
34:27je vois une jeune fille,
34:29je vois une femme plus âgée
34:31et je vois deux époques
34:33et je vois un succès énorme.
34:34Alors, j'ai noté ça
34:35sur mon papier,
34:36j'ai oublié.
34:37Mais bon,
34:38j'ai retrouvé le papier.
34:39Avec le recul,
34:40qu'est-ce que vous pensez
34:40justement de ce parcours
34:41avec ces premiers livres
34:42qui n'ont pas marché
34:43et aujourd'hui,
34:44ce succès
34:45et les éditeurs
34:46qui vous courent après ?
34:47Finalement,
34:47je trouve que c'est pas mal
34:48de connaître le succès
34:50assez tard
34:50parce que ça m'est arrivé
34:51quand j'avais 45 ans.
34:53Ça m'est jamais monté
34:54à la tête.
34:54Peut-être que si j'avais été
34:55plus jeune
34:56et si j'avais eu
34:56un premier succès
34:57tout de suite,
34:58j'aurais eu une grosse tête
34:59comme le Nicolas Colt
35:00de l'Ancre Russe,
35:02cet écrivain que j'ai mis
35:02en scène aussi.
35:04Finalement,
35:04c'était pas si mal
35:05que ça arrive
35:06à un moment de maturité
35:08et ça m'a permis
35:09de savourer tout ça
35:10parce qu'évidemment,
35:11on ne vit ça
35:12qu'une fois dans sa vie.
35:13Tous les autres livres
35:13n'ont pas eu ces succès-là,
35:14je vous rassure tout de suite
35:15quand même.
35:16Il faut être clair et modeste.
35:17Je n'ai pas vécu
35:19l'aventure Sarah
35:20pour tous mes livres.
35:21Non mais en tout cas,
35:22ils ont bien marché
35:23et le nouveau justement
35:25qu'on va évoquer
35:26est déjà un succès.
35:27On va l'évoquer
35:28à travers la date
35:29du 11 mars 2026.
35:30A tout de suite
35:31sur Sud Radio
35:32avec Tatiana de René.
35:33Sud Radio,
35:34les clés d'une vie,
35:35Jacques Pessis.
35:36Sud Radio,
35:37les clés d'une vie,
35:38Tatiana de René,
35:39mon invité.
35:39On a évoqué
35:40votre parcours,
35:41vos succès,
35:43vos débuts.
35:43et puis le 11 mars 2026
35:46est sorti un livre,
35:47Les cœurs sont faits
35:48pour être brisés.
35:49On pourrait l'évoquer
35:51à travers une chanson.
35:52Un premier amour,
35:54premier amour,
35:55premier amour,
35:57ne s'oublie jamais,
35:59s'oublie jamais.
35:59Vous connaissez
36:00la chanson d'Isabelle Aubray ?
36:01Elle est belle.
36:01Grand Prix de l'Eurovision
36:02en 1962
36:03avec des notes maximales
36:05comme la France
36:06n'a jamais connue
36:07en Suisse à l'Eurovision.
36:08Et c'est vrai que ce roman,
36:09c'est le souvenir
36:11d'un premier amour,
36:12c'est le point de départ.
36:13Le point de départ,
36:14je dirais que c'est plus
36:15un triangle amoureux.
36:17C'est une femme
36:19qui va être confrontée
36:21à son premier amour
36:23dans des circonstances
36:23absolument dramatiques
36:25et inattendues.
36:26Mon point de départ,
36:27c'était de partir
36:28de ces trois personnages.
36:31Un homme,
36:33deux femmes.
36:34Cet homme a vécu
36:35des histoires différentes
36:37avec chacune de ses femmes.
36:39Et puis tout d'un coup,
36:41il se passe un événement
36:41dramatique
36:43et ses personnages
36:44vont se retrouver
36:45en contact
36:46et le roman démarre
36:47comme ça.
36:48Comment est venue l'idée ?
36:50Alors,
36:50un éditeur,
36:52plusieurs éditeurs
36:53sont venus me trouver
36:53en me disant
36:55vous devriez écrire
36:56une histoire d'amour,
36:57c'est à la mode,
36:58la romance en ce moment.
36:59Donc,
36:59je me suis penchée
37:00sur le phénomène
37:01de la romance.
37:03Vous savez,
37:03c'est un peu,
37:04c'est un roman
37:05un peu comme
37:05à la Barba Cartland
37:07ou un peu
37:08les harlequins
37:08qu'on lisait
37:09dans notre jeunesse.
37:11Et je me suis rendu compte
37:12que je n'avais pas
37:13vraiment envie
37:14de faire ça,
37:14même si je reconnais
37:15que c'est un genre
37:16qui a beaucoup de succès
37:17en ce moment
37:18et qui se vend.
37:19Mais ça a mis
37:20la petite graine.
37:22En fait,
37:22je me suis rendu compte
37:23que dans aucun
37:23de mes livres
37:24j'avais une histoire d'amour.
37:25C'est toujours
37:26des histoires de désamour.
37:27C'est toujours
37:27des gens qui se trompent,
37:28qui se quittent,
37:29où il se passe
37:30des choses épouvantables,
37:31les gens souffrent,
37:32sont tristes.
37:34Et effectivement,
37:35une histoire d'amour,
37:37vous savez que c'est
37:38bien plus complexe
37:39que ça en a l'air.
37:40Et donc,
37:41plus je me lançais
37:42dans mon sujet,
37:42plus j'avais l'impression
37:43d'un millefeuille
37:44qui se construisait
37:46et donc,
37:46je me suis laissée
37:48complètement emportée
37:48par mes personnages
37:50et leur histoire amoureuse.
37:51Le point de départ,
37:52c'est une femme
37:52de 50 ans
37:53qui apprend
37:54la mort brutale
37:55d'une romancière
37:55ultra célèbre.
37:56Le monde entier pleure,
37:58mais ne sait pas
37:59qu'elle connaît
37:59cette femme.
38:00Oui, bien sûr.
38:01Elles se sont connues
38:02à l'université
38:04il y a 30 ans
38:05quand elles étaient
38:06dans les mêmes
38:06ateliers d'écriture
38:07à cette université
38:09à Norwich.
38:10Et elles étaient
38:11à l'époque
38:12un peu rivales.
38:15Audrey,
38:15la libraire,
38:17le début de l'histoire
38:18est raconté
38:19à travers elle.
38:20On se rend compte,
38:21on comprend très vite
38:22qu'elle a perdu
38:22contact avec cette femme
38:23mais qu'elle n'a jamais
38:24cessé de la fasciner.
38:26Et donc,
38:28on apprend,
38:28et là je ne dévoile rien,
38:30cette romancière meurt
38:31dans les premières pages
38:32dans des circonstances
38:33très mystérieuses.
38:34Elle se noie
38:34dans le lac d'Annecy
38:36et il y a un testament
38:38et dans ce testament
38:39on apprend
38:40qu'Audrey
38:41doit recevoir
38:42un manuscrit
38:43inachevé
38:44de la part
38:45de cette fameuse
38:46Marlowe van Graaf,
38:47cette écrivaine
38:47célébrissime
38:48dans le monde entier.
38:50Donc,
38:50elle se rend
38:50à Annecy
38:51pour récupérer
38:52ce manuscrit
38:53mystérieux
38:54inachevé
38:54et bien sûr,
38:56elle va tomber
38:57sur un homme,
38:58Laszlo,
38:59qui était
38:59son amour de jeunesse
39:01mais qui entre-temps
39:02est devenu
39:03le mari
39:04de la romancière
39:05décédée.
39:06Et donc,
39:08je me suis
39:09lancée
39:10dans chacune
39:11de ces histoires
39:11avec
39:13beaucoup d'allégresse.
39:15Je n'ai pas
39:16vraiment fait
39:16de plan
39:17pour ce livre.
39:18Je me suis dit
39:19je vais me laisser
39:19complètement emporter
39:20et c'est là
39:20où Oscar Wilde
39:21s'est invité
39:21dans le livre
39:22d'une façon inattendue.
39:23C'est-à-dire ?
39:25Mes deux élèves
39:27en littérature,
39:28il fallait bien
39:28qu'elles travaillent
39:29sur un sujet.
39:30Vous avez remarqué
39:31que mon livre
39:31a un titre
39:32un peu particulier.
39:33Les cœurs sont faits
39:33pour être brisés.
39:34C'est une citation
39:35d'Oscar Wilde,
39:36un auteur que j'aurais
39:37pu citer tout à l'heure
39:38au même titre
39:39que Daphné Dumouriez
39:40ou Émile Zola.
39:41C'est un auteur
39:41qui a façonné
39:43ma jeunesse
39:44et mon envie d'écrire.
39:45Et donc,
39:46j'ai imaginé
39:46que mes deux étudiantes
39:48leur travaillent
39:49dans ces ateliers
39:50de créativité,
39:53qu'on leur dise
39:55imaginez une histoire
39:55autour d'Oscar Wilde
39:57et faites-nous croire
39:58que c'est vrai.
39:59Et c'est là
40:00où moi,
40:00je me suis prise
40:01à mon propre jeu.
40:01J'ai voulu inventer
40:03la dernière histoire
40:04d'amour à Paris
40:05d'Oscar Wilde
40:05juste avant sa mort.
40:06Et vous la situez
40:08dans un hôtel
40:08où Oscar Wilde a habité.
40:10Et où il est mort.
40:11Oui,
40:11qui est l'hôtel des Beaux-Arts,
40:12rue des Beaux-Arts.
40:14Et à l'époque,
40:15Guy Louis Duboucheron
40:16avait même créé
40:16un prix Oscar Wilde
40:18dans cet hôtel-là
40:18en souvenir d'Oscar Wilde.
40:20C'est vrai.
40:20Cet hôtel maintenant
40:21est devenu très chic.
40:22Il a été refait entièrement.
40:24Mais Jacques,
40:24ce qu'il faut savoir,
40:25c'est qu'en 1900,
40:26au moment de la mort de Wilde,
40:28c'était un petit endroit
40:29très modeste.
40:29Ça s'appelle
40:30l'hôtel d'Alsace.
40:31C'était vraiment,
40:32on va dire,
40:34un étoile,
40:34même pas.
40:35Et il faut rappeler
40:37que Wilde
40:38était tout juste
40:39sorti de prison.
40:40Il a été emprisonné
40:41pendant deux ans
40:43pour outrage aux mœurs
40:44à cause de son homosexualité.
40:46Il avait le droit
40:47à une cellule
40:48sans visite.
40:50Il a eu des travaux
40:51forcés
40:52d'une dureté abominable.
40:53Il est sorti
40:55de cet emprisonnement
40:56brisé,
40:58déshonoré.
40:58Il a perdu tout.
41:00Il a perdu ses enfants.
41:01Il n'a plus jamais
41:01revu ses enfants.
41:02Et il est venu,
41:03il a échoué
41:04dans cet hôtel
41:05à bout de souffle,
41:06à bout de force.
41:07C'est là où il est mort.
41:09Dans une,
41:11on va dire,
41:12une détresse totale.
41:13Et moi,
41:13j'ai voulu m'intéresser
41:14à travers mes héroïnes
41:15qui ont écrit sur lui
41:17qu'elle a été
41:18finalement le dernier mois
41:20d'Oscar White.
41:21J'ai inventé
41:22quelque chose
41:22de très romanesque
41:24et j'espère un peu littéraire
41:25aussi
41:26sur cette dernière
41:27histoire d'amour
41:27qu'il aurait pu vivre
41:28à Paris.
41:29Et elle est dans ce livre
41:30sous forme
41:31de différents chapitres.
41:32C'est ça,
41:32elle s'appelle
41:32L'Eintaille Verte.
41:34Et ça va être
41:34une clé du livre d'ailleurs ?
41:35Oui,
41:36c'est une clé
41:37extrêmement importante du livre.
41:38Il y a un testament
41:39dans cette histoire,
41:40vous avez raison.
41:41Il se trouve en plus
41:42que effectivement
41:43ce lieu aujourd'hui
41:44est mythique.
41:45d'ailleurs Guiloui
41:45Boucheron
41:46qui a été le premier
41:48à mettre en valeur
41:49Oscar Wilde
41:50dans cet hôtel,
41:51il en a profité
41:52pour mettre
41:52d'autres personnalités.
41:54Il y a une suite
41:54mistinguette
41:55avec les meubles
41:56de mistinguette
41:57qui ont été rachetés
41:58au boulevard des Capucines
41:59qui sont dans cet hôtel.
42:00Je sais qu'il y a la suite
42:01Oscar Wilde
42:01mais évidemment
42:02il faut savoir
42:03que ce n'est pas vraiment
42:04là où il est mort.
42:05Tout a été reconstruit,
42:06reconstitué.
42:07Mais cette suite
42:07est très belle.
42:08Et je crois
42:08que c'est un voyage
42:09à Dublin
42:09qui vous a mis
42:10sur les traces
42:11du fantôme
42:11d'Oscar Wilde.
42:12Mais non,
42:13en fait je suis allée
42:14à Dublin
42:15après avoir écrit
42:15le livre
42:16mais j'avais vraiment
42:17envie d'y aller
42:18après avoir
42:20tellement pensé
42:20à lui
42:21et tellement pensé
42:23à cette mort tragique
42:24qu'il a eue.
42:24Donc je voulais voir
42:25où il est né
42:25puisque je connais
42:26l'endroit où il est mort,
42:27je connais l'endroit
42:29où il a été enterré
42:30au Père Lachaise
42:30et donc je suis partie
42:31à Dublin
42:32c'était juste
42:33après Noël
42:35sur les traces
42:35de la jeunesse
42:36d'Oscar Wilde
42:38je suis allée
42:39dans sa maison d'enfance
42:40là où il a vécu
42:41avant de partir
42:41vivre en Angleterre.
42:42Il ne faut pas oublier
42:43quand même
42:43qu'il était irlandais
42:44on a tendance
42:45à l'oublier
42:46et il y a
42:47une très grande statue
42:48juste devant
42:48sa demeure familiale
42:49il est assis
42:51sur un rocher
42:52dans une espèce
42:52de position
42:53un peu désinvolte
42:54il est grandeur nature
42:56donc on a vraiment
42:56l'impression
42:57qu'Oscar Wilde
42:57vous regarde
42:58et vous sourit
42:58c'est très impressionnant
43:00face à sa maison familiale.
43:01Et puis il y a aujourd'hui
43:03un livre mythique
43:04c'est le portrait
43:05d'Oriane Gray
43:06que vous évoquez bien sûr.
43:07Oui et qu'il faut relire
43:08puisqu'il faut savoir
43:09qu'il a longtemps
43:10été censuré
43:11de tous les passages
43:12considérés
43:14ayant lié
43:15à l'homosexualité
43:16mais il faut relire
43:17ce livre
43:18qui est assez magnifique
43:19qui a vraiment
43:22compté
43:23dans la carrière
43:24de Wilde
43:24mais qui a aussi
43:25servi à sa chute
43:27malheureusement
43:27lors de son procès.
43:28Il faut aussi lire
43:29De Profondis
43:30la citation
43:31du titre
43:32est sortie
43:34de De Profondis
43:35cette lettre
43:36d'une tristesse
43:38terrible
43:39qu'il a écrite
43:39en prison
43:42adressée
43:43à son amant
43:43maudit
43:44Lord Alfred Douglas
43:45dit Bozy
43:46c'est une lettre
43:48bouleversante
43:48c'est un texte
43:49méconnu
43:50il a été publié
43:50à titre posthume
43:51en 1905
43:54après la mort
43:55de Wilde
43:55il faut vraiment
43:56relire ce livre
43:56ou découvrir ce livre
43:57De Profondis.
43:58En plus
43:59l'idée du portrait
44:00qui vieillit
44:01à la place du sujet
44:02elle a été inspirée
44:03à Oscar Wilde
44:04par une visite
44:04chez un peintre
44:05Frank Miles
44:06je ne sais pas si vous le savez
44:07qui montrait un portrait
44:08qu'il avait peint de Wilde
44:09suggérant qu'il vieillirait
44:10alors que Wilde restait jeune.
44:12Ah non je ne savais pas
44:13cette histoire
44:13ça vient d'un peintre
44:14c'est comme ça
44:15qu'il a eu l'idée
44:15alors votre héroïne
44:17Audrey
44:19est romancière
44:19et est une romancière
44:20ratée au départ
44:21ça c'est aussi
44:22un point très important
44:23du livre
44:24oui c'est vrai
44:25qu'Audrey
44:26avait des rêves
44:27de devenir romancière
44:28elle était assez
44:29spectaculairement belle
44:30en plus dans sa jeunesse
44:31et malheureusement
44:32ça ne s'est pas passé
44:33comme ça
44:33elle a publié
44:34un premier roman
44:35qui est passé
44:35complètement inaperçu
44:36qui s'est planté
44:37comme on dirait
44:37aujourd'hui
44:38et donc elle est devenue
44:39libraire
44:40parce qu'elle a l'amour
44:40des livres
44:41et elle se contente
44:42d'une petite vie
44:43on va dire
44:44assez tranquille
44:45tandis que
44:46la personne qu'elle a
44:47côtoyée dans sa jeunesse
44:49qu'on ne remarquait pas
44:50qu'on ne voyait pas
44:51la fameuse Marlène
44:52qu'on n'appelait pas encore
44:53Marlowe
44:54est devenue
44:55une écrivaine
44:57presque
44:58un personnage
44:59à part entière
44:59un peu comme l'est
45:00Oscar Wilde d'ailleurs
45:01avec une légende
45:02un physique
45:03une façon d'exister
45:04dans les médias
45:06et puis il y a aussi
45:07une chose importante
45:08et qui est régulière
45:09dans vos livres
45:09ce sont les secrets de famille
45:13alors oui
45:13les secrets de famille
45:14alors ça on m'a toujours
45:15demandé
45:15alors quels sont les vôtres
45:18donc c'est vrai
45:18dans tous vos livres
45:19oui mais c'est
45:20c'est un ressort
45:21c'est un ressort
45:22je trouve très précieux
45:23un secret de famille
45:24parce que
45:25il arrive du passé
45:26il vient modifier
45:28le présent
45:28et il va modifier
45:29le futur
45:30donc je ne suis pas
45:31la seule
45:32à m'y intéresser
45:33d'ailleurs
45:33Daphné Dumorier
45:34son oeuvre
45:35en l'était pleine
45:37on pourrait citer aussi
45:38Émile Zola
45:38donc c'est un ressort
45:40romanesque
45:41quand même
45:42je ne suis pas la seule
45:43à l'utiliser
45:43et puis il y a quelqu'un
45:44aussi qui vous a aidé
45:45à comprendre
45:46ce ressort romanesque
45:47c'est Marie Hinklark
45:49car vous avez
45:50les suspens
45:51à la fin de chaque chapitre
45:53vous vous en êtes inspirée
45:54alors c'est vrai
45:55qu'elle m'a beaucoup inspirée
45:56mais il ne faut pas
45:58oublier Agatha Christie
46:00je la lisais énormément
46:02quand j'étais très jeune
46:04et je me souviens
46:06même si mes livres
46:07ne sont pas des polars
46:09mais il y a quand même
46:10vous avez raison
46:11dans ce livre-là
46:12en tout cas en particulier
46:15un suspense
46:16on peut peut-être dire
46:17un suspense amoureux
46:18mais je l'ai conçu
46:20comme un page-turner
46:21j'ai voulu que mon lecteur
46:22ma lectrice
46:23dès qu'elle prend ce livre
46:25qu'elle soit embarquée
46:27immédiatement
46:28qu'il n'y ait pas de temps mort
46:28qu'elle soit embarquée
46:30les journaux pour la jeunesse
46:32Pirou, Tintin et Pilote
46:33à la fin de chaque page
46:35il y avait un suspense
46:36parce qu'il fallait acheter
46:37le journal de la semaine suivante
46:37ce qu'on ne fait plus aujourd'hui
46:39mais il y a ça
46:40dans les séries aujourd'hui
46:41exactement
46:41c'est autre chose
46:42ça s'appelle un cliffhanger
46:44alors pourquoi le lac d'Annecy aussi ?
46:46parce que j'ai souvent été à Taloir
46:48à un salon du livre
46:49que j'aime beaucoup
46:51et j'ai aussi un ami
46:52qui habite par là
46:53et ce lac
46:53je l'ai trouvé
46:55tellement beau
46:56il m'a tellement inspirée
46:58je trouve qu'il a
46:59quelque chose de follement romanesque
47:01et il a aussi ce lac
47:03qui est exactement
47:03la même couleur
47:04que les yeux d'Oscar Wilde
47:06il se trouve que ce lac
47:07il y a aussi au fond
47:09300 bouteilles de vin
47:11en fait
47:11il y a un caviste
47:13qui a essayé de comparer
47:14les vins vieillis en cave
47:15et ceux qui reposent
47:16au fond du lac
47:16à 20 mètres de profondeur
47:18je ne savais pas
47:19et il y a une cave
47:20au fond du lac d'Annecy
47:21ce qui est assez extraordinaire
47:22alors il se trouve aussi
47:24que cette romancière
47:25votre héroïne
47:26est avare en interview
47:28et ça c'est important
47:29parce qu'il y a aussi
47:30dans ce livre
47:30une interview
47:31il y a plusieurs entrées
47:33dans ce livre
47:33il y a votre récit
47:35il y a le texte
47:36sur Oscar Wilde
47:37et il y a une interview
47:38oui alors cette interview
47:40on ne va pas tout dévoiler
47:41parce qu'elle aussi
47:42elle fait partie
47:43de
47:43on va dire
47:44de la clé
47:45du livre
47:46et de pourquoi
47:48Marleau Van Graaf
47:48a légué
47:49tout ce manuscrit
47:51à sa rivale
47:52je me suis beaucoup amusée
47:54à étudier
47:55dans ce roman
47:56comment une écrivaine
47:57pouvait écrire
47:58d'une façon différente
48:00et je voudrais qu'on ait
48:01je voulais qu'on ait
48:02la palette
48:03de tout ce que Marleau Van Graaf
48:04était capable de faire
48:05dans ses brouillons
48:06parce qu'on en a
48:07dans ses interviews
48:09parce qu'il y en a
48:09dans ses lettres
48:12dans ce qu'elle laisse
48:13à Audrey
48:14en fait c'est un jeu de piste
48:16en même temps
48:17vous démontrez
48:18dans ce livre
48:18que le romancier
48:20ou la romancière
48:21doit mélanger
48:22le vrai et le faux
48:23oui
48:23j'ai envie de vous dire
48:25que c'est la base
48:27de notre métier
48:28sinon nous serions
48:29de simples historiens
48:31le fait de prendre
48:32quelque chose
48:32qui a vraiment existé
48:33de lui tordre le cou
48:34comme dirait Marleau Van Graaf
48:36et d'en faire une histoire
48:37c'est ce que nous savons faire
48:38c'est un petit peu
48:40notre façon
48:42de vous envoyer
48:43dans les yeux
48:43de la poudre de perlimpinpin
48:44de vous faire croire
48:45que tout ce qu'on écrit
48:46est vrai
48:46et qu'importe au fond
48:48si ça ne l'est pas
48:49l'important c'est que
48:50vous vous y croyez
48:51en tout cas
48:52ce livre comme les précédents
48:53je crois que vous l'avez écrit
48:54dans un silence total
48:55oui j'ai besoin de ça
48:57il y a des écrivains
48:58à mon avis
48:58David Fuenquino
48:59s'il écrit dans des trains
49:00ou dans des cafés
49:00moi je ne sais pas
49:01comment il fait
49:02moi j'ai besoin
49:03d'être dans une bulle
49:05je mets le téléphone loin
49:07on ne me dérange pas
49:08et je ne supporte pas
49:09même un bruit
49:11de marteau piqueur
49:12ou quelqu'un
49:12qui met de la musique
49:14je ne supporte pas
49:15j'ai besoin
49:15d'un silence monacal
49:17c'est ce que faisait Brassens
49:18d'ailleurs
49:18qui se levait à 5h du matin
49:19qui mettait du coton
49:21dans le téléphone
49:21pour que ça ne sonne pas
49:22et comme ça
49:23personne ne le dérangeait
49:24oui c'est ça
49:25je suis comme lui alors
49:26ce roman finalement
49:27c'est un roman
49:28encore plus personnel
49:29que les autres
49:29puisque votre héroïne
49:31est une romancière
49:32je dirais
49:33pour citer quelqu'un
49:34que j'aime beaucoup
49:34que je suis partout
49:35et nulle part
49:35dans ce livre
49:37voilà
49:37je n'en dirai pas plus
49:38mais vous avez envie
49:39d'être continué
49:39à être partout
49:41ah je ne sais pas
49:42je suis assez tentée
49:43d'être nulle part aussi
49:44pourquoi ?
49:45parce que je trouve
49:46que parfois
49:46un écrivain
49:47et comme dirait
49:48d'ici bien
49:48Daphné Dumorier
49:49en exergue dans mon livre
49:50les écrivains
49:51devraient être lus
49:52mais jamais vus
49:53ni entendus
49:53mais aujourd'hui
49:54on est obligé
49:55de jouer le jeu
49:56de la promotion
49:56de venir parler à la radio
49:58mais une part de nous
49:59aimerait bien juste écrire
50:01continuez à écrire
50:02et puis continuez à parler
50:03parce que
50:04ce que vous dites
50:04est passionnant
50:05je vais essayer
50:05et vous reviendrez
50:06pour votre prochain roman
50:07avec plaisir
50:09ça s'appelle
50:09donc
50:09Les cœurs sont faits
50:10pour être brisés
50:11c'est un roman d'amour
50:12qu'on lit avec amour
50:13justement
50:14chez Albin Michel
50:15merci Tatiana
50:16merci Lac-Péci
50:16L'équipe d'une vie
50:17c'est terminé pour aujourd'hui
50:18on se retrouve bientôt
50:19restez fidèles
50:20à l'écoute de Sud Radio
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