- il y a 10 heures
Les clefs d'une vie de Catherine Lara
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-04-16##
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celles de mon invité.
00:05Vous avez démontré depuis bien longtemps que vous aviez plus d'une corde à votre archet.
00:10Vous jouez aujourd'hui la carte de la transmission en vous inspirant de classiques d'hier qui ont marqué votre
00:15parcours
00:16pour faire avec des danseurs un pas en avant vers la musique de demain.
00:20Bonjour Catherine Lara.
00:22Bonjour Jacques Pessis, merci, vous êtes un ange de m'inviter, ça me fait très plaisir.
00:26Vous retrouvez aussi car vous n'arrêtez pas de travailler et vous avez un tel parcours
00:31et le principe des clés d'une vie c'est de l'évoquer, on ne va pas s'en priver.
00:34Et puis il y a ce spectacle qu'on va évoquer, qui est un spectacle miraculeux
00:38puisque je crois que vous êtes à la quatrième saison, on va évoquer ça tout à l'heure,
00:42c'est aussi un miracle au total, ça s'appelle Identité je crois.
00:45Oui.
00:46Alors, avant tout une date importante dans votre parcours, le 25 décembre 1950, le cadeau de votre vie.
00:55Petit Papa Noël
00:57Chanson archi connue qui était pour un film au destin
01:00et le Petit Papa Noël il est passé le 25 décembre 1950
01:03avec un cadeau qui a marqué votre vie, une trompette.
01:06Ah, bravo !
01:09C'est vrai.
01:10Et oui, j'étais fasciné parce que la première fois que j'attrape cet instrument,
01:18je sors un son, c'est pas facile.
01:20Parce que déjà, t'es petit, tout petit, il faut souffler.
01:24Mais non, j'ai tout de suite trouvé le moyen de sortir un son de cet instrument
01:28et bon, c'était extrêmement agréable pour tout le monde autour
01:32parce que c'est très très très très sonore.
01:35Mais moi, j'étais dans un état incroyable sûrement.
01:38Mes marches d'escalier, je me revois encore
01:40et c'était tellement génial, j'avais fait pipi dans l'escalier
01:43avec ma trompette et je soufflais comme une malade dedans.
01:46Voilà, c'est mes premiers émois musicaux.
01:50Et à l'époque, vous rêviez de devenir Louis Armstrong ?
01:53À peu près.
01:56Louise !
01:56Armstrong, d'ailleurs, a commencé à jouer dans un foyer
01:59puisqu'il était assez délinquant,
02:01qui a joué du cornet à piston, pour commencer.
02:03Ah oui, du cornet à piston.
02:05Alors, il se trouve que la musique aussi, c'est une histoire de famille
02:08puisque je crois que votre père jouait du violon, votre mère du piano
02:10et l'un de vos frères faisait du jazz.
02:12Tout à fait. Vous savez, tout.
02:15C'est vrai que c'était important, la musique, elle était présente à la maison.
02:19Oui, j'ai eu la chance de vivre dans un univers d'amoureux de la musique,
02:24de mélomane.
02:24Papa était médecin, mais sa grande passion, c'était le violon, la musique classique.
02:28Chez nous, on écoutait Mozart et puis on écoutait effectivement aussi Louis Armstrong.
02:33On écoutait la bonne musique, entre guillemets.
02:36La musique qui n'avait pas la grande et la petite, il y avait la musique tout court.
02:39Et on écoutait plein de mots. On écoutait Gainsbourg, on écoutait Ferré, on écoutait Brassens
02:44et puis on écoutait aussi Brahms.
02:46Alors, il se trouve que les fausses notes de votre parcours, je crois, dans cette époque-là,
02:50c'est que je crois que vous êtes assez fugueuse.
02:51Vous vous cachez, vous disparaissez, Catherine Lara.
02:54Faire des fugues, ça va avec la musique.
02:56Oui, exactement.
02:58J'ai suivi la route de Bac et j'ai fait pas mal de fugues.
03:03Mais j'avais déjà cet amour de la liberté, d'avoir envie d'aller ailleurs, d'aller voir ailleurs.
03:11C'était un ailleurs.
03:12Oui, mais quand même, se cacher dans le réfrigérateur, c'est pas si courant.
03:14Pardon ?
03:15Vous vous êtes caché dans le réfrigérateur.
03:16Ah oui, une fois, je me suis caché dans le réfrigérateur et j'arrivais à rentrer dans...
03:21C'était un immense truc américain qu'on avait à la maison et je m'étais mise dedans.
03:27Bon, j'ai eu toujours des idées comme ça, absolument idiotes, mais j'aimais bien me rendre intéressante,
03:35comme disait maman.
03:36Tu fais ton intéressant, elle me disait.
03:38Je crois qu'il y avait chez votre grand-mère un grenier qui était votre cachette préférée.
03:42Ma cachette préférée, exactement, parce qu'on l'appelait le Palace Mimi.
03:49C'était un grenier sordide, horrible, mais moi j'allais là-dedans, je me planquais dans les petites caisses en
03:55bois, tout ça.
03:56Je m'étais fait un monde à moi, c'était mon rêve.
04:01Et je crois qu'il y avait même des livres interdits que vous lisiez en cachette.
04:04Oui, je regardais, il y avait des bouquins de médecine, alors je regardais, j'avais trouvé un livre sur les
04:11accouchements.
04:11Je me disais, mon Dieu, mais qu'est-ce que c'est que ça, cette atroce ?
04:15Qu'est-ce que c'est que c'est que ça ?
04:16Je regardais ça complètement fasciné, et en même temps j'en rêvais la nuit après, parce que ça m'affolait.
04:21Je me demandais ce que je regardais, ça ne devait pas être pour moi, je n'avais pas le droit
04:25de regarder ça.
04:26C'était les bouquins de médecine de mon père.
04:28Oui, d'autant plus qu'un jour, vous vous êtes tellement caché que votre mère pensait que vous avez disparu.
04:32Elle a presque appelé la police.
04:33Ah, après, est-ce qu'ils ont appelé la police ?
04:36Parce que je suis resté caché dans mon palace Mimi, j'étais derrière le bidet,
04:42et j'ai dit, je ne vais pas bouger maintenant, ça fait trop longtemps qu'on me cherche,
04:46après je vais me prendre une grosse mandale, ça va être dur.
04:51Donc je suis resté dans le silence toute la journée.
04:54Mais pendant ce temps-là, mes pauvres parents cherchaient partout, je pouvais être...
04:58Catherine, j'entendais des hurlers, où est-ce qu'elle est ?
05:01Mais qu'est-ce qu'elle est devenue ? Va voir dehors, peut-être qu'on l'a enlevée, etc.
05:04Enfin, c'était horrible.
05:06Finalement, quelqu'un a eu l'idée, je crois que c'est ma sœur aînée qui a eu l'idée
05:09de monter au palace Mimi,
05:11et évidemment, elle m'a trouvé.
05:12Là, je m'en suis souvenu.
05:14Une fessée d'anthologie.
05:16Une bonne fessée, mais c'est bien les fessées aussi.
05:18Moi, je suis ravi de temps en temps d'avoir une bonne fessée, ça remet les pendules à l'heure.
05:21Oui, surtout que votre père pouvait être coléreux,
05:23et je crois que la seule personne qui lui tenait tête, c'était votre maman.
05:26Oui, c'est ça.
05:28Papa, oui, j'ai hérité de ça, j'ai un petit côté comme ça, on va dire, colérique.
05:34Je grimpe dans les tours très très vite.
05:36Je redescends aussi vite d'ailleurs.
05:38Mais voilà, ça c'est la nature de mon père.
05:40Et au fond, un homme, je dirais, très instinctif.
05:48C'est un homme génial.
05:49J'ai adoré mon père.
05:50Et puis, il y a votre grand-mère aussi, qui vous a donné, je crois, le goût du déguisement grâce
05:55à sa mercerie.
05:56Ah oui, ma grand-mère se donnait une mercerie.
05:59Et là, je lui vendais tous ses rossignols, parce qu'il y avait des trucs, des habits invraisemblables.
06:05Elle vendait des corsages importables, des robes immétables.
06:11Et moi, je disais, mais cette robe-là, elle vous va très bien, elle va vous aller très bien, vous
06:15devriez l'essayer.
06:16Alors, j'emmenais la dame dans le salon à côté pour essayer les robes, que ma grand-mère n'arrivait
06:20pas à vendre.
06:21Enfin, j'aimais ça, le commerce, ça m'amusait.
06:23C'est un jeu que je trouvais délicieux.
06:26Et puis, ce qui était délicieux, c'était de vivre à Poissy, car à l'époque, c'était un petit
06:29village près de Paris.
06:30Je crois que c'était une des premières communes qui a été accordée par Philippe Auguste en 1200.
06:36A l'époque, il n'y avait pas de commune.
06:38C'est la première commune de France.
06:39C'était un véritable village, un paradis pour vous.
06:41Oui, et puis, il y avait aussi cette magnifique, presque une cathédrale, on l'appelait comme ça,
06:48cette église gothique et sublime, où a été baptisé Saint-Louis, d'ailleurs.
06:52Et puis, il y a eu l'école.
06:53Alors, je crois que votre spécialité à l'école, ce n'était pas vraiment les maths ou le français, c
06:56'était le tir aux boulettes.
06:59Oui, j'ai une licence, j'ai un doctorat de tir aux boulettes.
07:04Bon, j'étais une petite fille très joyeuse, j'aimais rire, j'ai toujours aimé rire, même le rire est
07:12encore fait partie essentiellement d'une grande partie de ma vie, c'est le rire.
07:17Et le rire, c'était aussi en vacances.
07:19Alors, il y a une station un peu oubliée aujourd'hui, mais ça a été le grand rendez-vous de
07:22l'entre-deux-guerres, parce que la plage était extraordinaire, c'est Fort Mahon, au bord de la montre.
07:26Fort Mahon, sa grande avenue unique, son casino et son franc-prix à l'époque, je ne sais plus, on
07:34avait des...
07:35Non, Popotin, ça s'appelait, on l'appelait Félix Popotin.
07:40Et puis, je crois que vos débuts sur scène, vous l'avez fait dans cette opérette.
07:49Ah, c'est Véronique.
07:51Véronique.
07:51Ah bah oui.
07:52Car vous avez chanté Véronique sur scène, toute jeune.
07:54Mais toute petite.
07:55C'est-à-dire, je ne chantais pas Véronique, mais je jouais du violon.
07:58C'était, viens, viens, Petit Anne.
08:04Oui, c'était dans...
08:08Je suis rentré sur scène avec mon petit violon, et puis là, j'ai trouvé ça formidable, je devais avoir
08:125 ans,
08:12et je devais faire le tour comme ça sur scène.
08:15Puis à bout d'un moment, j'étais bien, je suis resté là, on m'a dit, il faudrait que
08:17tu sortes, vas-y, dégage.
08:20Donc on m'a gentiment sorti délicatement de scène, mais je ne voulais pas sortir, j'étais trop bien là.
08:26Je crois que j'ai déjà, j'ai découvert le plaisir, le bonheur d'être sur scène.
08:31Et le violon, je crois que c'est né presque par hasard ou par défaut, Catherine Lara ?
08:35Je ne sais pas si c'est par hasard, parce que je ne crois pas beaucoup au hasard.
08:40J'entendais quand même papa jouer de cet instrument qui vibrait déjà au fond de mon cœur, de mon âme.
08:48Et j'aimais le son de cet instrument.
08:50Il me prêtait son violon, j'étais toute petite, c'était immense, donc je collais le violon contre le mur.
08:55Et j'ai essayé de vibrer comme ça.
08:57D'ailleurs, papa dit toujours, il a toujours dit, c'est moi qui lui ai appris à vibrer.
09:01Et aussi une femme qui s'appelle Denise, qui a été votre professeur particulier pendant 7 ans.
09:05Denise Thirard, qui était une femme extraordinaire.
09:08Un professeur merveilleux, parce qu'elle a eu, je dirais, presque le courage un jour de me dire,
09:14il faut que je t'emmène au conservatoire de Versailles, je ne suis plus le professeur qu'il te faut.
09:19Il faut que tu ailles, genre, je n'ai plus le niveau.
09:22Il faut que tu ailles voir quelqu'un de plus fort que moi.
09:25Et elle me l'a dit.
09:27Moi, ça m'a beaucoup attristé, parce que je l'adorais.
09:30C'était devenu une maman, ma maman violon.
09:33Et elle m'a emmené au conservatoire de Versailles pour grimper de niveau.
09:37J'ai trouvé ça de sa part aujourd'hui.
09:40Quand j'analyse cette situation-là, je la trouve très, très, très généreuse.
09:43Oui, et en plus, au conservatoire de Versailles, Catherine Lara, vous avez travaillé des heures et des heures, car c
09:48'était un autre niveau.
09:49C'est l'école du courage, le violon, cher ami.
09:54C'est 6 heures, 5 heures, 6 heures, 7 heures de violon par jour.
09:59Quand on est petit, que ses frères et sœurs sont à la plage,
10:03et que nous, on est là, avec un beau soleil dehors, en train de travailler le violon pendant des heures,
10:09ce manche qui m'a accaparé pendant des heures entières.
10:14Mais c'est bien, j'ai appris à être courageuse.
10:17Oui, et puis la récompense, un premier prix, je crois, avec un concert tour de Saint-Sens au conservatoire de
10:22Versailles.
10:23Tout à fait.
10:24Et Saint-Sens, d'ailleurs, on a dit qu'il savait déchiffrer une page avant de savoir lire.
10:29Et son premier concert, il l'a donné à l'âge de 10 ans, à la salle Play-Elle, c
10:33'est incroyable.
10:34Extraordinaire.
10:34Derrière, il y a le conservatoire de Paris, bien sûr.
10:36Bien sûr.
10:37Avec un monsieur qui s'appelle Gabriel Bouillon.
10:39Oui, Gabriel Bouillon, le frère de Joe Bouillon, qui était le mari de Joséphine Bacquer,
10:44pour situer le personnage, qui était un formidable professeur, très dur, très, très difficile, très exigeant.
10:52Mais voilà, il m'a appris à jouer du violon et il avait une belle école.
10:56C'est l'école, c'est l'école un peu russe, une belle façon de prendre l'archet, très, très,
11:02je dirais, très minutieux sur la qualité du sang qu'on allait donner.
11:06Il m'a appris ça.
11:07Et à l'époque, vous vous dites, je vais devenir une professionnelle, pratiquement, vous le décidez.
11:10Oh, ben, je le suis déjà dans ma tête.
11:12C'est mon métier, la musique.
11:13Alors, justement, ça va se concrétiser avec une date, le 2 mars 1970.
11:19A tout de suite sur Sud Radio, avec Catherine Lara.
11:21Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
11:24Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité, Catherine Lara.
11:28Nous évoquerons tout à l'heure ce spectacle Identité, qui est un véritable petit miracle, qui entame sa quatrième saison,
11:33ce que vous n'auriez jamais imaginé.
11:35On a évoqué vos débuts dans la musique, le violon.
11:38Et puis, votre première télé, c'est le 2 mars 1970.
11:47Les musiciens de Paris, dans le concerto d'Albinoni, dans l'émission de Henri Spade, La Joie de Vivre.
11:54Oui.
11:54Alors, c'était hier.
11:56Et là, je dirigeais cette orchestre de chambre.
11:59En fait, j'étais à la fois violoniste et chef d'orchestre.
12:03Parfois, quand je jette un oeil comme ça sur le passé, ce qui n'est pas mon grand truc, mais
12:08je me dis, mais c'est incroyable, j'étais aussi quelqu'un d'autre à ce moment-là.
12:13Complètement.
12:13Parce qu'en fait, La Joie de Vivre, c'est une émission pionnière de la télévision.
12:17Tout à fait.
12:17Elle était en alternance avec 36 chandelles en 1950.
12:20Elle est reprise en 1970 par Henri Spade et Jaline Joubert.
12:23Oui.
12:24Et il vous présente sous le nom de Catherine Baudet.
12:26Oui, le nom de mon papa.
12:27Exactement, car vous vous appelez Catherine Baudet à l'époque.
12:29Oui, Lara, c'est le nom de mon arrière-grand-mère.
12:31Exactement.
12:32D'origine espagnole.
12:33Et il se trouve qu'il cite également la bourse de la fondation de la vocation que vous venez de
12:36recevoir.
12:37Le prix Bleustein Blanchet.
12:39Oui.
12:39Et oui, j'avais passé ce concours pour un peu renflouer les caisses de notre orchestre qui était un peu
12:47fauchée.
12:48Alors, j'ai dit, écoute, on va le passer ce concours.
12:50Si je le gagne, je mettrai l'argent là-dessus.
12:52Comment c'est nés les musiciens de Paris, Catherine Lara ?
12:54Si on n'est parce que Suzanne Haïm, qui était donc la présidente de ce groupe, a décidé de monter
13:02un orchestre de chambre.
13:04Et comme elle me connaissait, elle m'a dit, est-ce que ça t'intéresse d'être le violon solo
13:08et chef d'orchestre de cet ensemble ?
13:10Puis on a fait venir des gens fabuleux. J'avais Frédéric Lodéon comme violoncelliste, qui était extraordinaire violoncelliste.
13:16Yann Stegengar, qui a été violon solo au concert de Goebo.
13:20J'avais que des musiciens magnifiques.
13:23Un peu comme Imozichi.
13:25En même temps, ça a marché. Il y a eu trois albums qui sont toujours d'ailleurs disponibles sur Internet,
13:29qu'on peut acheter.
13:29Tout à fait.
13:30Et c'est vrai que vous avez donné des concerts.
13:31Chez Arion, on avait fait ça.
13:33Exactement. Et vous avez fait les... Je crois que les Jeunesses musicales de France ont travaillé avec vous.
13:37Oui.
13:38Et il y a eu des concerts, notamment dans les églises romanes.
13:41Tout à fait. On partait avec la 4L, avec la contrebasse au-dessus, avec la guitare derrière.
13:47J'ai des souvenirs merveilleux.
13:49Et il y avait la cathédrale de Reims, où je crois que vous avez donné un concert mémorable.
13:52Oh oui.
13:53Sur le Requiem de Mozart.
13:55Oh, c'était extraordinaire. Je me souviens de... Je crois que c'était Fournier qui dirigeait.
14:00Et je me souviens d'un instant invraisemblable, totalement suspendu, où le cœur, je crois que c'était pendant le
14:09credo,
14:10il a baissé les bras et il avait les yeux fermés. Je pense qu'il devait y avoir des larmes
14:15dans ses yeux.
14:16Il écoutait. On était tous, mais... Non, non. On était à l'arrêt, quoi.
14:22C'était extraordinaire. Cet homme, ce grand chef d'orchestre, qui ne dirigeait plus.
14:26Il a laissé le cœur chanter tout seul. Moi, c'était magnifique.
14:29Et parallèlement, tout en vous occupant des Bucins de Paris, vous accompagnez Georgette Lemaire,
14:34Juliette Gréco, Jean Sablon et quelques autres.
14:36C'est-à-dire que cet orchestre était fabuleux, mais on ne gagnait pas un centime.
14:40On mettait tout l'argent pour que cet orchestre existe, continue d'exister.
14:46Donc, pour manger et pour... Puis en même temps, par plaisir, parce que c'était chouette d'aller accompagner,
14:52j'en sais rien, Nana Mouskouri, ou c'est comme ça que j'ai rencontré François Zardy.
14:56J'allais faire des séances, on appelait ça.
14:59Et puis, il y avait très peu de femmes. Je crois que j'étais la seule à l'époque.
15:02Et j'allais faire des séances d'enregistrement. Et là, je gagnais un peu ma vie.
15:06Et vous jouiez derrière une tulle, c'est-à-dire une moustiquaire, ce qui était plus si courant à l
15:10'époque.
15:11De jouer derrière un tulle ?
15:13Moi, je me souviens très bien au Théâtre des Champs-Elysées.
15:17J'étais descendu voir Nana, Mouskouri, et je lui avais dit
15:21« Moi, je ne joue pas, je m'en vais si on est derrière un tulle ».
15:24Je ne veux pas jouer derrière un tulle.
15:25Je lui ai dit « SOS, j'existe, et je n'ai pas du tout envie de jouer derrière un
15:31rideau.
15:32Est-ce qu'on pourrait lever le rideau pour qu'on soit là, qu'on existe aussi ? »
15:35Et finalement, elle a dit « Oui ».
15:36Je me souviens, c'était Chapelle qui avait donné le...
15:39Il avait dit « Allez, levez le rideau ».
15:42Et c'était une des premières fois où on enlevait ce foutu rideau-là.
15:46Et vous savez qui a inventé ça ?
15:47Non.
15:48C'est Edith Piaf, à l'Olympia.
15:50Elle a fait placer un tulle devant un musicien, parce qu'elle voulait chanter...
15:54Voilà, un trip d'égo énorme, quand même !
15:57Et c'est resté ensuite.
15:59Et puis, il y a eu aussi des albums avec Maxime Le Forestier.
16:02Et curieusement, son premier enregistrement, c'était « La Petite Fugue ».
16:05Et « La Petite Fugue » était le nom de la maison que vous occupiez à Formaon.
16:08C'est une très jolie chanson qu'il chantait avec sa sœur Catherine.
16:13C'était un très beau duo, « La Petite Fugue ».
16:15Oui, et d'ailleurs, ils avaient appris la musique classique avec trois jeunes espoirs,
16:20qui étaient les frères Fontana Rosa.
16:21Tout à fait.
16:22Alors, la musique, c'est bien, mais un jour, vous avez décidé de devenir chanteuse.
16:27Bon, ça faisait partie un peu de moi, parce que ce que je vous disais tout à l'heure,
16:32quand on partait en concert, il y avait la contrebasse, mais il y avait la guitare derrière.
16:37Le soir, je prenais ma petite guitare.
16:40Je chantais, on faisait des fêtes.
16:43La musique a été vraiment...
16:46J'ai toujours dit, il n'y a pas la grande et la petite, mais la musique tout court.
16:50J'aimais la chanson, j'aimais la musique en général.
16:54Et puis, il y a quelqu'un que vous voyez, et c'est la première personne qui va vous conseiller
16:58aussi dans la chanson,
16:59c'est Françoise Hardy.
17:01Françoise, Françoise extraordinaire, Françoise que j'ai tellement adorée.
17:04Et Françoise a été la première personne à me proposer,
17:07parce que j'avais écrit quelques petites chansons comme ça, je lui avais chanté.
17:10Elle m'a dit, mais moi, je veux bien te produire, si tu veux.
17:13Et puis après, j'ai rencontré Denise Glazer.
17:16Exactement.
17:16Et Denise a été, évidemment, la personne qui a été l'étoile, la petite étoile qui est tombée du ciel.
17:26C'était ma fée, ma fée musique.
17:29Et tout a commencé, justement, dans cette émission de télévision.
17:34Disco Rama.
17:36Disco Rama, qui est la grande émission des années 60.
17:38Le titre, d'ailleurs, c'est Frédéric Rossif qui l'avait trouvé.
17:40Tout à fait.
17:41Comme il avait trouvé le titre de 5 colonnes à la une,
17:43Denise Glazer n'était que la productrice au départ.
17:45L'émission était présentée par Pierre Tchernia.
17:48Ensuite, il y a eu Jean Dessailly et Jean-Pierre Darras et Philippe Noiret.
17:53Elle se trouvait trop laide pour passer à l'antenne.
17:55Et puis, elle était géniale.
17:57Avec ses silences qu'on finissait pas.
17:59Elle restait des fois 10, 15 secondes à rien dire.
18:03C'était atroce.
18:03Ça a duré une éternité.
18:04Et avec un talent fou, elle posait des questions merveilleuses.
18:08C'était un moment inouï.
18:10C'est une chance dans ma vie.
18:12La première rencontre, je crois, vous débarquiez chez elle avec un chanteur.
18:16Une chanteuse.
18:17Une chanteuse.
18:17Et elle ne va plus remarquer que vous.
18:19Comment ça s'est passé ?
18:19C'était très délicat parce que ça s'est passé un peu...
18:24J'étais avec une chanteuse, évidemment.
18:25Je ne dirais pas le nom parce que ce n'était pas très flatteur.
18:28Mais quand on est parti, je l'accompagnais, la chanteuse.
18:31Et je faisais des secondes voix.
18:32Et je jouais de la guitare.
18:34Et en partant, elle a dit,
18:35« Mais moi, la petite qui fait la seconde voix, ça m'intéresse.
18:38Vous ne voulez pas rester, je voudrais vous parler. »
18:40Elle a dit comme ça.
18:42Bon, alors donc, la personne est partie.
18:44Moi, je suis restée avec Denise et elle m'a dit,
18:46« Chantez-moi les chansons que vous avez écrites. »
18:48Alors, je vais chanter mes petites chansons.
18:49J'en avais, je ne sais pas, 12, 13 ou 14.
18:52« Allez-y, allez-y, allez-y. »
18:54Et à la fin, elle m'a dit,
18:55« Est-ce que ça vous amuserait de faire un disque ? »
18:59J'appelle Souplet,
19:01qui était à l'époque président de Columbia Broadcasting System.
19:06C'était Jacques Souplet.
19:08Elle a appelé Jacques.
19:09Il a dit, « Venez me voir après-demain. »
19:11Le surlendemain, j'y suis allé.
19:13Je me suis assise sur le coin du bureau chez Souplet.
19:15J'ai chanté mes 14 chansons.
19:17Il m'a dit, « Bon, ben, on signe là. »
19:19C'est comme ça, ça s'est fait.
19:20Mais aussi bêtement, aussi facilement,
19:24aussi magiquement aussi.
19:25Parce que c'était incroyable.
19:26Je crois que Jacques Souplet, en plus, aimait le violon.
19:28Il jouait le violon.
19:29Il était violoncelliste.
19:31Il avait une passion pour...
19:32Alors moi, j'avais fait un petit air de violon.
19:34J'avais joué avec ma guitare.
19:36Je trouvais ça rigolo, tout ça.
19:37Mais lui, il m'a prise très au sérieux.
19:39Il a dit, « Mais oui, rentrez chez nous.
19:43Vous êtes la bienvenue. »
19:44Et le premier album est sorti.
19:46Et il a mis les moyens qu'il fallait pour cette chanson.
19:49« Demain, je serai l'ombre de ma mort
19:52Du fond de votre éternité
19:54Je n'entends plus résonner le glas
19:57Te porter comme un enfant
19:59Pour voir mes sœurs de l'amour
20:01La choritourie des sacs de l'eau »
20:04Cette chanson, « Moritourie » qui a été un gros succès.
20:07Je crois que 50 000 exemplaires ont été vendus en quelques semaines.
20:10Ce qui était inattendu.
20:11Vous avez eu les moyens de faire cet album.
20:14Ce qu'on ne peut pas imaginer aujourd'hui, Catherine Lara.
20:15Ah oui, impossible.
20:17À l'époque, on avait beaucoup plus de moyens
20:19Pour faire nos albums
20:21Beaucoup plus de temps
20:23C'était vraiment beaucoup plus intéressant
20:27Qu'aujourd'hui
20:28Où c'est un petit peu
20:29Les carrières d'abord sont trop éphémères
20:32Il y a très peu de temps pour faire les choses
20:34Très peu de moyens
20:35On vous donne un petit budget
20:38Débrouille-toi avec
20:39Et fais-moi le Philharmonique de Berlin
20:41Avec 3 francs 6 sous
20:43C'est malheureux
20:45Mais il est vrai qu'on a eu une période très privilégiée
20:48Que ce soit Véronique Sanson
20:50Julien Clerc
20:51Tous les chanteurs de cette époque
20:53On avait beaucoup de chance
20:54D'avoir des très beaux budgets pour faire nos albums
20:56On avait 200 000, 300 000 euros
20:58Des fortunes
20:59Oui, en plus je crois qu'il y avait un orchestre symphonique
21:01Il y avait des chœurs
21:02C'était extraordinaire pour cet album
21:04J'avais les chœurs de l'opéra
21:06C'était incroyable
21:08L'orchestre symphonique
21:11C'était vraiment un monde de rêve
21:14Voilà, un monde de rêve
21:16Et qui a viré au cauchemar pour Denise Glazer
21:17Parce que moi je me souviens à la fin de sa vie
21:19Elle traînait les soirées
21:20Elle n'avait plus un rond
21:21On l'invitait à dîner
21:22Elle sortait des morceaux de jambon de son sac
21:25C'est absolument hallucinant
21:26C'était affreux
21:27Affreux parce qu'elle a fabriqué la carrière de nombreux artistes
21:33Et je peux vous dire qu'à la levée du corps
21:37À 7h30 du matin, il y avait deux personnes
21:40Il y avait la grande Barbara et la petite Catherine
21:44C'est tout, nous étions deux
21:46Il faut ne pas l'oublier parce qu'elle a beaucoup apporté
21:48À un monde qui aurait bien besoin des Denise Glazer aujourd'hui
21:51Ça c'est sûr
21:53Autre date, le 7 avril 1984
21:55A tout de suite sur Sud Radio avec Catherine Lara
21:58Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis
22:01Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Catherine Lara
22:04Nous parlerons tout à l'heure d'identité
22:06Ce spectacle miracle pratiquement
22:08Que vous tournez depuis 4 saisons
22:10On a évoqué vos débuts
22:12On a évoqué vos premiers succès
22:13Et j'ai trouvé une date étonnante
22:15Le 7 avril 1984
22:17Vous rentrez pour la première fois de votre vie
22:19Au hit parade avec cette chanson
22:29Alors vous êtes 6e 8 parade cette semaine-là
22:32Derrière Indochine avec Miss Paramount
22:34Et devant Sardou avec Vladimir Iitch
22:36C'est drôle non ?
22:38Ce que vous n'auriez jamais imaginé
22:39Jamais
22:39Puis en plus vraiment avec
22:41Moi j'ai fait vraiment cette chanson
22:43Nous l'avons écrite
22:46Au 75e degré
22:47Parce que c'était la croqueuse de diamants
22:49Je dis qu'on va faire la croqueuse de diamants
22:51Pour s'amuser
22:52Puis moi qui viens du conservatoire
22:54Qui n'ai pas du tout cette culture-là
22:55Je rentre dans le rock'n'roll
22:57À pieds joints
22:58En me disant
22:59Mais qu'est-ce que c'est marrant
23:00On va faire ça
23:00Avec les grattes électriques
23:02Et puis ça a marché
23:04En fait je crois que vous avez composé
23:06En quelques minutes
23:06Avec une coupe de champagne à la main
23:08Oui
23:09Et il y avait Elisabeth Anaïs
23:11Qu'on ne connaissait pas à l'époque
23:12Que j'ai découverte
23:15Parce que j'adorais Claude Angèle
23:18Et c'était la fiancée de Claude Angèle
23:20Et je ne savais pas qu'elle écrivait
23:22Des textes aussi chouettes
23:23Il me l'a présenté
23:24Puis on a tout de suite énormément sympathisé
23:27C'est une femme extraordinaire
23:28Elle écrit des merveilles
23:30Elle m'a écrit
23:31La Roqueuse de Diamant
23:32En deux temps trois mouvements
23:33Et elle a écrit aussi
23:35Des très belles choses
23:35Des chansons comme Gatsby
23:37Des chansons
23:38Elle a beaucoup de poésie
23:39C'est une femme extraordinaire
23:41Elisabeth
23:42Mais cette chanson est un tournant
23:43Parce que je crois que vous avez
23:44Dans la musique
23:44Touché absolument à tous les genres
23:46Catherine Lara
23:46Oui parce qu'au fond
23:48Moi je crois que je ne m'aime pas assez
23:49Pour écrire la même chanson
23:50Pendant 50 ans
23:51J'entends pas mal de chanteurs
23:54Que je ne nommerai pas non plus
23:55Mais qui écrivent un peu
23:56La même chanson depuis 30 ans
23:59Avec les accords un peu différents
24:00Mais pas trop non plus
24:02Donc on a la sensation
24:03D'écouter un peu la même chanson
24:05Qui est un tube éternel
24:06Ce qui est formidable pour eux
24:07Mais moi je ne pourrais pas
24:08Donc j'ai fait plein d'expériences
24:10Des rencontres
24:11Ce sont les gens que j'ai rencontrés
24:12Qui m'ont donné envie
24:14D'écrire autre chose
24:15Le seul point commun je crois
24:16C'est la présence du violon
24:17C'est vrai
24:18Ça c'est mon lien permanent
24:21Entre ma réalité et la musique
24:23Alors on va voir l'évolution
24:25Justement dans ce répertoire
24:27Alors les premières chansons
24:28Moi je m'en souviens très bien
24:29Il y avait
24:30La craie dans l'encrier
24:31T'as pas le temps
24:32Qui étaient des chansons
24:34Presque aspirées par la musique classique
24:35Tout à fait
24:36Et puis il y en a une aussi
24:37Alors moi c'est l'une de mes préférées
24:39Dans toute l'histoire de la chanson
24:40C'est celle-ci
24:53Les années poussières
24:57Moi je pense que c'est l'une des plus belles chansons du monde
24:59J'adore cette chanson aussi
25:00On a le même goût
25:03C'est vrai j'ai adoré cette chanson
25:06Elle avait cette espèce de valse un peu
25:09Comme la valse de Sibélius
25:12Ou des choses lancinantes comme ça
25:15Peut-être que c'est Sibélius qui m'a inspirée
25:17C'est pas un peu ça
25:18Oui d'ailleurs toutes vos premières chansons
25:19Sont inspirées par la musique classique
25:21Ah oui tout à fait
25:22Et puis il y a un tournant un jour
25:23Un coup de téléphone de Barbara
25:28Barbara au téléphone
25:29Alors déjà sur le moment
25:30Je pensais que je me suis pincé quand même
25:34En me disant
25:34Est-ce que c'est bien la Barbara ?
25:35Est-ce que c'est une farce ?
25:37Non
25:38Voilà
25:39Je vous ai écouté
25:40Puis elle parlait très vite
25:40Et vraiment je vous adore
25:44Il faut qu'on se voit
25:46Et puis venez le jour à telle heure
25:47L'été
25:48Clac clac clac comme ça un peu
25:49Et j'y avais grand plaisir
25:52Je suis tellement honoré
25:53De vous rencontrer
25:55Je vais rue Michel-Ange
25:57A l'époque je crois
25:58Et je suis arrivé chez elle
25:59Et elle était comme sur scène
26:00Avec presque le bras en l'air
26:02Habillée et tout de noir
26:03Vêtue
26:04Dans une ambiance
26:05Raleigh sombre
26:06Avec des murs noirs
26:07Tout était noir
26:08Je rentrais dans un théâtre
26:10Dans son appartement
26:11C'était assez fascinant
26:13Et puis la femme est fascinante
26:15C'est une magicienne extraordinaire
26:18Et vous avez travaillé avec elle
26:20Comment ça s'est passé ?
26:21À un moment donné
26:22Elle a eu envie
26:23Si elle m'a invité
26:23C'est parce qu'elle avait envie
26:24Que nous fassions une chanson ensemble
26:26C'était probablement son souhait
26:29Et on a
26:30Ça s'est fait très naturellement
26:32Elle a écrit un texte
26:33Et puis moi j'ai écrit une musique
26:35Sur ce texte
26:36Il y a eu deux chansons
26:37Dont celle-ci
26:57Accident
26:59Quelle interprète extraordinaire cette femme
27:01Elle me donne encore la chair de poule
27:03Elle a enregistré la chanson
27:05Mais très vite
27:06Tout était prêt
27:06Il n'y avait pas 15 prises
27:08Une prise ça suffisait
27:09Ah oui
27:10One shot comme on dit
27:11Et là aussi
27:12On sent l'inspiration classique
27:14Dans la musique Catherine Lard
27:15Oh je ne peux pas nier
27:18Mes origines musicales
27:20Elles sont
27:21Celles-là
27:22Bon il est vrai
27:23Qu'à un moment donné
27:24On a aussi envie
27:25D'oublier un peu
27:27Cet endoctrinement
27:28En quelque sorte
27:30Pour peut-être
27:31Trouver tout à fait
27:32Son identité
27:34On en parle d'ailleurs
27:36De l'identité
27:36Et trouver mon identité musicale
27:39Donc
27:39On oublie
27:41D'examiner les accords
27:43Tiens je suis en sol majeur
27:44Ou je suis en domineur
27:45On oublie ça
27:46Pour essayer d'avoir
27:47Quelque chose d'instinctif
27:49Et j'y suis quelque part arrivé
27:52Et je crois que c'est grâce
27:53A Barbara
27:54Que vous avez rencontré
27:55Georges Moustaki
27:56Oui
27:56C'est Barbara
27:58Qui m'a présenté
28:00Jo
28:01On a passé
28:02Des nuits
28:04Des nuits
28:04Des nuits
28:05Des nuits
28:05A faire de la musique
28:06Ensemble
28:06Avec Barbara
28:07Avec Jo
28:08On était dans son
28:08Grenier là-haut
28:10Dans l'île Saint-Louis
28:13Et
28:13Qu'est-ce qu'on a pu rire
28:15Qu'est-ce qu'on
28:16On était très très heureux
28:18D'être ensemble
28:19Oui car c'était
28:19Un faux paresseux
28:20Georges Moustaki
28:21Il s'appelait
28:22Monsieur Zérovolte
28:23Et il travaillait énormément
28:24Oui il avait plutôt
28:25Deux tensions quoi
28:26C'était un peu
28:27Très calme
28:28Très cool
28:28Avec le petit pétard
28:30Le machin
28:30Tout ça
28:31C'était calme
28:32Mais
28:32C'est pas un paresseux
28:34C'est un très courageux
28:35Qui écrit des chefs-d'oeuvre
28:36Et
28:37Mais il était lent
28:38Voilà
28:38Une grande lenteur
28:40Mais je sais qu'il a vécu
28:41Un moment avec Barbara
28:42Alors il était tout le temps
28:43Devant la télé
28:43Ce qui énervait Barbara
28:45Elle lui dit
28:45Ou tu m'écris une chanson
28:46Ou tu te tires
28:47Et tu rentres chez toi
28:48Et ça a été
28:49La dame brune
28:50Qui l'a composée
28:50Qui l'a écrit
28:51Avec Barbara
28:52C'est ça
28:53Alors vous avez même fait
28:54Je crois
28:54Le festival d'Avignon
28:55A moto
28:56Avec Georges Moustaki
28:58Oui on allait
29:00C'était long le voyage
29:01C'était terrible
29:04Oui les mouches
29:05Se transforment en dards
29:07Parce que c'est
29:08A cette allure
29:09En plus il allait
29:10Par contre il allait
29:11Assez vite en moto
29:12Et c'était très long
29:13C'est beaucoup
29:14800 km de moto
29:15J'ai un peu regretté
29:17L'idée
29:17Idiote de partir en moto
29:19Avec Joe
29:20Mais bon
29:21Ça me faisait rêver
29:21C'était amusant
29:22Alors je reviens
29:23A votre parcours
29:24Je crois que l'un de vos
29:25Premiers fans
29:26Quand vous avez débuté
29:26Sur scène
29:27Catherine Lara
29:28C'était François Mitterrand
29:29Qui est venu vous voir
29:30Avec sa femme
29:30Il venait très souvent
29:31J'avais cette chance
29:33Parce que c'est un homme
29:34Pour qui j'ai beaucoup
29:35D'admiration
29:38Chaque concert
29:39Il y avait toujours
29:41François
29:42Et Daniel
29:43Ils venaient me voir
29:43Tous les deux
29:44Et ils venaient me voir après
29:46Je crois qu'il aimait bien
29:48Mon travail
29:49Il m'aimait bien
29:50Et je crois que les premières fois
29:51Il était par terre
29:52Assis
29:54Au théâtre Campagne Première
29:55Campagne Première
29:56Et j'étais avec Zouk
29:57A l'époque
29:58C'est une femme extraordinaire Zouk
30:00Totalement oubliée aujourd'hui
30:01Qui était extraordinaire
30:02Vraiment extraordinaire
30:04Grand, grand, grand talent
30:05Et Zouk était en première partie
30:08Du spectacle
30:09Et puis moi
30:09En seconde partie
30:10Il était assis par terre
30:11Parce que
30:12Campagne Première
30:12On ne peut pas dire
30:13Que ce soit
30:13La salle très confortable
30:16Mais il était par terre
30:17Assis en tailleur
30:18Et il m'écoutait
30:19Pendant une heure
30:19Alors ce qui est extraordinaire
30:21C'est la variété des scènes
30:22Que vous avez occupé
30:23Campagne Première
30:24Assis par terre
30:24Et les plaines d'Abraham
30:26A Québec
30:26Devant 40 000 personnes
30:27Voilà
30:28400 000
30:29400 000
30:29400 000
30:30Il y a un zéro de plus
30:31C'est incroyable
30:33Là on s'aperçoit
30:34Que la terre est ronde presque
30:35On voit le monde
30:38Comme extraordinaire
30:40Mais finalement
30:41On n'a plus peur
30:41Il y a tellement de monde
30:42Que c'est comme une entité
30:44Il y a une immense personne
30:46C'est-à-dire que c'était au Québec
30:48Et au Québec
30:48Vous êtes très populaire
30:50Et vous avez fait ce spectacle
30:51Qui a été un événement
30:52A l'époque
30:53Il y avait je crois
30:53Il y a toujours un hôtel-restaurant
30:55Et au dernier étage
30:57Il y a un restaurant qui tourne
30:59Ce qui fait qu'on aperçoit
30:59Les plaines d'Abraham régulièrement
31:01Oui je me souviens de cet endroit
31:03Je ne sais plus le nom
31:03Mais c'était
31:04J'ai 40 ans
31:0645 ans
31:07Que je vais au Québec
31:09Et j'ai un morceau de cœur là-bas
31:10J'ai rencontré Luc Plamondon
31:12On a fait Nuit Magique
31:14Enfin il s'est passé plein de choses
31:15Justement Nuit Magique
31:16On va en parler
31:17Le rire au fond des yeux
31:19Nuit Magique
31:20Une histoire dure
31:23Qui tourne à l'âme
31:26Quand vient le jour
31:30Nuit Magique
31:31On perd la mémoire
31:33Nuit Magique
31:34Nuit Magique nous a emmené au Moulin Rouge
31:35Pour recevoir une victoire de la musique
31:37Oui Nuit Magique c'est une belle histoire
31:40Elle a été créée à Lausanne
31:42Avec Sébastien Santamaria
31:45Qui n'est plus là malheureusement
31:46Qui était un formidable compositeur aussi
31:48On a écrit cette chanson tous les deux
31:50L'album était terminé
31:51Puis on se met au piano
31:53Puis on fait un peu de yaourt
31:59J'appelle Luc
32:00J'ai dit Luc on a fait une petite dernière chanson
32:03Est-ce que tu veux écrire le texte ?
32:05Il m'a dit bien sûr j'arrive
32:06Il vient à Lausanne nous rejoindre
32:08On part en voiture à Haute-Ninda
32:12Dans les montagnes pour s'inspirer
32:14On arrive dans une chambre horrible
32:16Avec une espèce de licorne
32:17Je ne sais pas ce qu'il y avait
32:19Accroché au mur
32:20Avec des grandes cornes
32:21Les cornes il n'y en avait qu'une d'ailleurs
32:23Et c'était très amusant
32:26Parce qu'on s'est souvenu de cette nuit magique
32:28C'était une boîte de nuit à Montréal
32:30Où évidemment on finissait à pas d'heure
32:32On sortait et il faisait jour
32:34Et il m'a dit tu te souviens de cette boîte ?
32:36Qu'est-ce qu'on était bien
32:37On va l'appeler Nuit Magique
32:39Et puis la chanson est née comme ça
32:41Elle a été faite en 5 minutes
32:43C'était vraiment la cerise sur le gâteau
32:46C'est la chanson qui a porté l'album
32:48Je ne voulais pas la mettre
32:49Et les nuits n'étaient pas toujours magiques
32:51Pour vos collaborateurs
32:52Car vous avez toujours l'habitude
32:53De les appeler à n'importe quelle heure
32:55Du jour ou de la nuit
32:56Ah oui c'est tout
32:58Oui ça a été comme ça
32:59Maura me disait toujours
33:00Que je l'appelais à 2-3 heures du matin
33:03Allo tu dors ?
33:06Mais Jean Dacin faisait la même chose
33:08Avec Pierre Delano et Claude Lemel
33:09Quand il manquait un mot à une chanson
33:11Mais oui mais c'est comme ça
33:12Il n'y a pas d'heure pour les braves
33:14Et je crois que vous avez collectionné les téléphones
33:18Ah oui c'est possible
33:20Je collectionne tout en fait
33:22C'est à dire que je suis assez gadget
33:23C'est vraiment la reine de l'inutile
33:26Donc j'achète des trucs qui servent à rien
33:29Mais je les achète
33:30Parce que ça m'amuse
33:31C'est ma fièvre acheteuse
33:33La fièvre acheteuse c'est vraiment
33:35Et c'est Aznavour qui disait toujours
33:37J'ai la fièvre acheteuse
33:38Il partait faire des courses l'après-midi
33:40Et il revenait avec tout ce qu'il pouvait trouver
33:42Alors il se trouve aussi
33:43Qu'il y a des musiques de films
33:46Que vous avez composées
33:47On a oublié
33:48Mais Capitaine Marleau
33:49Le générique
33:50C'est vous Catherine Lara ?
33:52Ah mais oui
33:52Mais je continue
33:54Depuis près de 10 ans
33:55Je continue à faire
33:56Près de José Dayan
33:59Qui est une femme que j'adore
34:00Et qui est un personnage tellement passionnant
34:04Je fais avec elle
34:05Elle me confie toujours
34:07Ses musiques
34:09Sur Capitaine Marleau
34:10Et puis il y a eu aussi
34:11Je crois
34:11Docteur Françoise Gaillant
34:13Oui
34:13Il y a eu un film
34:14Les hommes préfèrent les grosses
34:16Exactement
34:16On s'est trompé de l'histoire d'amour
34:18Et oui
34:18Et à chaque fois des musiques de films
34:20Et vous auriez peut-être aimé jouer dans ces séries
34:23Oh j'aurais bien aimé jouer
34:24Mais je crois que c'est un choix
34:26Qu'il faut faire au départ
34:27Je crois pas qu'on s'improvise pas
34:30Acteur ou actrice
34:31C'est un vrai métier
34:33Il faut apprendre à porter sa voix
34:35À porter ses sentiments
34:37Apprendre à ne rien faire
34:38À écouter
34:39Il y a du travail
34:40Je trouve qu'il y a trop d'acteurs aujourd'hui
34:43Qui sont des acteurs improvisés
34:45Comme ça de dernière seconde
34:46Et qui sans être mauvais
34:48Sont pas non plus formidables
34:49Ah non
34:50On a pu y avoir le travail
34:51Et de toute façon pour vous ça continue
34:52Il faut surtout pas arrêter
34:53Oui
34:54Je crois que la retraite
34:55C'est un mot que vous avez banni de votre vocabulaire
34:57Ça c'est sûr
34:58Et on va le démontrer à travers une date
35:00Qui est le début d'une autre aventure
35:02Le 21 juillet 2023
35:04A tout de suite sur Sud Radio
35:06Avec Catherine Lara
35:08Sud Radio
35:08Les clés d'une vie
35:09Jacques Pessis
35:10Sud Radio
35:11Les clés d'une vie
35:12Mon invité Catherine Lara
35:13Alors on a évoqué votre long parcours
35:16Et je crois qu'on pourrait faire 3-4 émissions
35:17Avec tout ce que vous avez fait
35:18Mais le 21 juillet 2023
35:21C'est il y a presque 3 ans
35:23Il y a une aventure qui a commencé
35:25Je crois à la Scala Provence à Avignon
35:27Et ça c'est une aventure totalement incroyable
35:30Que vous n'auriez pas imaginé
35:31Catherine Lara
35:32C'est une rencontre
35:37Oui
35:39Totalement
35:40Totalement
35:41Invraisemblable
35:42Parce que moi j'ai 4 fois 20 ans
35:45Eux sont 4 personnages
35:47Ils ont entre 25 et 30 ans
35:494 danseurs
35:494 danseurs
35:51Une danseuse et 3 danseurs
35:53Et ils s'appellent les Kumo
35:55C'est un groupe constitué de musique
35:59De danse je dirais urbaine
36:02Parce que je n'ai pas envie de dire hip-hop, trip-hop
36:05C'est réducteur
36:06Donc c'est plutôt de la danse contemporaine
36:08C'est très sophistiqué comme travail
36:16Les chorégraphies sont très recherchées
36:18Ils travaillent sur des rythmiques
36:20Qui sont parfois des quarts de temps
36:22Des temps
36:23C'est très basé sur la rythmique de la musique
36:26Et c'est fabuleux
36:27Quand je les ai vus
36:28Pardon Jacques
36:29Je finis juste ça
36:31La première fois que je les ai vus
36:32J'ai eu les larmes aux yeux
36:34C'est ça mon déclic
36:35Et comment vous les avez rencontrés justement ?
36:38Je les ai rencontrés parce que
36:39Un des deux producteurs
36:41Florian Blach et Pierre Boiteux
36:44Qui ont produit ce spectacle
36:46Florian m'appelle
36:46Lui dirige un théâtre
36:47Il dirigeait à Garges-les-Gonesses
36:49Un théâtre
36:50Il m'a dit
36:50Il faut absolument que tu vois
36:52Ce groupe
36:52Toi qui adore la danse
36:53Tu vas craquer
36:54Donc il organise une espèce d'audition
36:57Un peu pour moi
36:57Il leur fait faire une demi-heure
37:00Une bonne demi-heure de danse
37:01Je suis toute seule dans le théâtre
37:03Et je les regarde danser
37:05Et je sens que j'ai les larmes qui montent
37:07Parce que non seulement c'est
37:09Très performant
37:10Parce qu'ils sont des performeurs extraordinaires
37:12Mais en plus
37:13J'avais une émotion mais énorme
37:15Je ne sais pas pourquoi
37:16C'est comme ça
37:16Ils dégageaient quelque chose de très intense
37:18De très puissant
37:20De très pensé
37:21De très réfléchi
37:22Et je suis tombé en amour
37:24Voilà
37:24Et pourtant tout vous oppose
37:26Puisque vous venez de la musique classique
37:27Eux viennent des danses contemporaines
37:30Oui mais finalement ce sont nos différences
37:34Qui nous ont réunis
37:35Moi je suis une passeuse de passion
37:38Je ne suis que ça
37:39J'ai la passion au fond du cœur
37:42Et je n'ai que ça à donner
37:43Et eux aussi
37:46Avec leur jeunesse
37:48Et moi avec ma maturité
37:50Mon expérience
37:51Donc on avait quelque chose à se raconter
37:53Au fond j'ai appris plein de choses
37:54Avec eux ils m'ont appris plein de choses
37:56Donc tout commence par trois jours à Avignon
37:59A titre de ballon d'essai
38:01Oui
38:01Après des répétitions
38:02Et ici nous
38:03Vous avez vraiment fait connaissance
38:04Et trouvé votre place
38:05Oui on a beaucoup travaillé
38:07C'est beaucoup de travail
38:08Il fallait que je trouve ma place
38:09Moi
38:10Je ne danse pas mais presque
38:13Et finalement
38:15À un moment donné
38:16À force de flirter ensemble
38:19D'être l'un près de l'autre
38:21On a fini par trouver notre alchimie
38:23Et ça a fonctionné
38:26On est heureux d'être sur scène ensemble
38:28Les gens nous ont reçus
38:29Il n'y a pas un spectacle
38:30Où les gens ne se lèvent pas
38:32Où n'arrivent pas
38:33Avec eux aussi
38:34Les larmes aux yeux
38:34En nous disant
38:35On est touchés
38:36Il y a des très beaux textes
38:37De Jean-Jacques Thibault
38:38Il y a des petits mini films
38:40Des espèces de petits courts métrages
38:42Avec eux
38:43C'est tout un monde
38:44On emmène les gens dans un voyage
38:46Donc ça a commencé là
38:47Au Festival d'Avignon
38:48Et ça ne s'arrête toujours pas
38:51Trois ans plus tard
38:52Vous êtes au milieu d'eux
38:54Ils sont en train de danser
38:55Ils vous jouent du violon
38:56Oui
38:56Sur ma musique
38:57Pas sur de la musique hip-hop
38:58Non
38:58C'est votre intérêt
38:59C'est une musique je dirais
39:01Plutôt d'inspiration
39:02Musique du monde
39:04Avec des doudouques
39:05Avec des sons qui viennent
39:06Un peu de partout
39:07D'Afrique
39:09Et cette musique
39:10Un peu world music
39:12Elle se mélange merveilleusement
39:14Avec la danse urbaine
39:15Voilà
39:16Mais il a fallu la composer
39:17Trouver votre place au milieu
39:19Et presque improviser
39:20À un certain moment
39:21C'est ça exactement
39:21Ça a commencé avec de l'improvisation
39:24Et là
39:26Jamison me disait
39:27Ce qui est le maître en scène
39:28Et chorégraphe
39:29Il me disait
39:30Voilà
39:30Là c'est ça
39:31Tu es là
39:32Au cœur du sujet
39:34De l'identité
39:35Je vais dire
39:36Qu'on prend
39:37Les thèmes
39:38De la vie
39:38Que ce soit
39:40La violence
39:40Que ce soit
39:41Le racisme
39:44Des thèmes
39:45Qui font partie
39:45De la vie aujourd'hui
39:46Mais au lieu
39:47De les politiser
39:48On les poétise
39:49En fait
39:50Il y a quatre parties
39:51Je crois
39:52Dans ce spectacle
39:52A chaque fois
39:53Il y a un thème
39:54Et ce sont les sujets
39:55D'actualité
39:56Du moment
39:56Tout à fait
39:57Alors il se trouve
39:58Qu'il y a une
40:00Une musique
40:01Permanente
40:01Effectivement
40:02Et on va en écouter
40:03Un extrait
40:24Si on écoute bien
40:25Finalement
40:25C'est la synthèse
40:26De toute votre culture
40:27Musicale et classique
40:28Tout à fait
40:29Jacques
40:29Tout à fait
40:31C'est vraiment
40:32Toutes les inspirations
40:33Parce que ça
40:34C'est d'origine
40:35Un peu classique
40:36Quand même
40:36Mais dans l'orchestration
40:38C'est contemporain
40:39Il y a une modernité
40:40Je ne sais pas
40:41C'est toutes ces influences
40:43Parce que moi
40:43Je n'arrête pas
40:45De me nourrir
40:46De la musique
40:47Des autres
40:47Et de
40:48Pour essayer
40:49De faire la mienne
40:50Alors il s'appelle
40:52Jamson
40:52Chichi
40:53Vincent et Comé
40:54Mais ils viennent
40:55D'univers très différents
40:56Je crois que
40:56Aujourd'hui c'est Dylan
40:57Ça n'est plus Vincent
40:58Vincent
40:59Merveilleux danseur
41:00Qui n'est plus là
41:01Aujourd'hui
41:01Mais Dylan
41:02L'a remplacé
41:03C'est aussi un personnage
41:04Très passionnant
41:05Ils ont travaillé
41:06Dans des univers très différents
41:07Ils ont été à Disneyland
41:08Ils ont été dans le Roi Lion
41:09Avant de vous retrouver
41:10Et il a fallu trouver
41:11Ces thèmes là
41:11Parce que je crois qu'au départ
41:12Le spectacle s'appelait
41:13Identité sans S
41:14Et que maintenant
41:15Il y a un S
41:15Et oui
41:16Peut-être que voilà
41:17C'était pour un peu aussi
41:20Donner la notion
41:21De toutes ces inspirations
41:23Différentes
41:24Dans notre monde
41:25L'identité
41:26C'est une immense richesse
41:27Qu'on a tous en nous
41:28Et il n'y en a pas un
41:29Qui ressemble à l'autre
41:31Et ce sont nos différences
41:32Qui font notre identité
41:34Nos différences
41:35Et puis des danseurs
41:36Que vous comparez à des chats
41:37Oui
41:38Sans mes petits félins
41:39Moi je suis maman chat
41:42Et j'ai plein de petits chats
41:43Autour de moi
41:44Parce qu'ils sont
41:44D'une souplesse
41:45D'une beauté
41:47Ils sautent
41:48Ils font des bons
41:48C'est magnifique
41:50De les voir évoluer
41:51Moi je suis fasciné
41:53Sur scène
41:53A chaque fois
41:54Je regarde ce spectacle
41:55C'est d'ailleurs
41:56Pour cette raison aussi
41:57Parce que c'est extrêmement performant
41:58Que ça ne dure qu'une heure vingt
42:00Parce que les gens disent
42:01Ah oui c'est un peu court
42:02Mais oui mais
42:03Les faire des bons
42:04Comme ça pendant une heure vingt
42:05Au bout d'un moment
42:06Il faut aussi que le corps
42:07Puisse tenir
42:08Oui et puis c'est pas seulement
42:09Un spectacle de danse
42:10Comme on l'a vu
42:11Puisqu'il y a des textes
42:12Il y a trois actes
42:13Virtualité
42:14Idées dansées
42:15Et dansites
42:15D-A-N-S-I-T-E-S
42:18D-A-N-S-I-T-E-S
42:20Dansité
42:21C'est ça dansité
42:21Voilà tout à fait
42:22Parce que justement
42:24Il y a une histoire
42:24Et des histoires
42:25Concernent aussi bien
42:26Le monde d'aujourd'hui
42:27Le racisme
42:28Les réseaux sociaux
42:29C'est ça
42:29Tous les problèmes d'aujourd'hui
42:30Mais oui
42:31Mais c'est ça l'identité
42:34C'est quelle que soit ton ethnie
42:35Quelle que soit ta couleur
42:36On s'en fout
42:37Je crois que l'important
42:39C'est d'être bien ensemble
42:41Et de
42:43Notre message à nous
42:44Il est pacifique
42:45On a juste envie
42:46D'apporter un peu de paix
42:47On vit dans un monde
42:48Très brutal
42:49Très violent
42:50Que ce soit les réseaux sociaux
42:51Où tout le monde
42:52Se fait incendier
42:53Où il y a
42:53Les noms d'oiseaux
42:55Sont très courants
42:57Nous on a envie
42:58De quelque chose
42:59De pacifique
42:59Ça nous fait du bien
43:00En tous les cas
43:01Nous déjà
43:02Et on peut justement
43:03Parler de ces sujets
43:04Par la musique
43:05Et par la danse
43:06Tout à fait
43:07On peut aborder
43:08Je crois tous les sujets
43:08Même les plus durs
43:09Les plus violents
43:10En les abordant
43:13Avec
43:13En les transcendant
43:14Dans quelque chose
43:15De plus
43:16De plus poétique
43:18En disant
43:18Qu'on peut aussi comprendre
43:19Pourquoi les gens sont comme ça
43:21Pourquoi est-ce que
43:22On est agressif
43:23Pourquoi est-ce que
43:24Cette violence
43:25On peut l'expliquer
43:26Pour essayer de mieux
43:27La contrer
43:28Il y a 47 ans d'écart
43:30Entre vous et les danseurs
43:31Et pourtant
43:32Vous avez 15 ans
43:32Et je crois qu'enfant
43:33D'ailleurs
43:34Vous vous sentiez
43:34Beaucoup plus adulte
43:35Qu'aujourd'hui
43:37Dieu merci
43:38J'ai gardé mon âme d'enfant
43:40J'ai gardé mon âme d'enfant
43:41Parce que
43:42Déjà
43:43J'ai passé ma vie à jouer
43:44J'ai joué du violon
43:46On me dit
43:46Qu'est-ce que tu joues ?
43:47Tu joues quoi en ce moment ?
43:49Qu'est-ce que tu
43:49Le mot jouer
43:50Le mot jouer
43:51Et fait partie
43:53C'est l'ADN de ma vie
43:55Je joue
43:56En permanence
43:57Et je joue avec la vie
43:59Je joue
44:00Je joue avec la musique
44:02Je joue avec mon violon
44:03Je joue du piano
44:04Je joue avec ceux
44:06Qui sont près de moi
44:07C'est un jeu la vie
44:08C'est un théâtre
44:09L'histoire de ce spectacle
44:10Est étonnante
44:11Puisque la première saison
44:12Démarre tranquillement
44:13Doucement
44:14Et vous allez aller
44:15Jusqu'à la salle Gavaud
44:16A Paris
44:16Oui
44:17On est allé à la salle Gavaud
44:18Cet hiver
44:19On a fait 3 concerts
44:22Formidables
44:23Dans cette salle mythique
44:25Qui est faite davantage
44:27Pour le quatuor à cordes
44:28Que pour la danse
44:29Mais le parquet
44:30Est un peu défoncé
44:33Mais c'est une belle salle
44:34Tout de même
44:35Donc on a profité
44:36Des grandes orgues
44:37Qui sont dans cette salle
44:38Pour faire des projections
44:39Sur les orgues
44:40Alors il y avait
44:41Une espèce de magie
44:42Il y avait quelque chose
44:43De chouette
44:44Une salle qui a 120 ans
44:45Puisqu'elle a été construite
44:46En 1906
44:47Tout à fait
44:47Et qui est toujours d'actualité
44:48Et il se trouve que
44:49Petit à petit
44:50Donc c'est monté en puissance
44:51Ce que vous n'auriez jamais imaginé
44:52Comment c'est né tout ça ?
44:54Je pense que
44:57Le succès de ce spectacle
45:00C'est sa sincérité
45:02C'est l'intime conviction
45:04Que nous avons tous ensemble
45:06D'avoir raison d'être là
45:07Et d'avoir raison de le faire
45:09Et d'être heureux de le faire
45:11Et ce bonheur là
45:12Il est communicatif
45:13Et on donne ça
45:15On offre ça
45:16Comme un présent
45:16A ceux qui nous font l'honneur
45:18De venir nous voir
45:19Et c'est un échange
45:21Il y a toutes les générations
45:23Dans la salle
45:23Ah oui
45:24C'est un teint quoi
45:25C'est de 7 à 77 ans
45:27Et qu'est-ce qui touche justement ?
45:29Est-ce que c'est ce message ?
45:30Est-ce que c'est le mélange ?
45:31Mélange totalement inédit ?
45:33C'est la musique
45:34C'est que eux comme moi
45:36Nous sommes des passeurs
45:37Comme je vous l'ai dit
45:38De passeurs de passion
45:40Des passeurs de passion
45:41Et cette passion là
45:42Elle est communicative
45:43C'est tout
45:43Les gens la reçoivent
45:44Comme
45:45On leur donne énormément
45:46De notre peau
45:47On sort de là
45:48On est trempé
45:49On est en eau
45:50On a donné notre âme
45:52On a donné notre peau
45:53A ceux qui viennent nous voir
45:55C'est vraiment
45:55Un chouette spectacle
45:57Moi vraiment je l'aime
45:59Particulièrement
45:59Alors je crois qu'il y a Aix-en-Provence
46:01Enfin avril
46:02Le 29 avril
46:02Le 22 mai
46:04Et surtout
46:04La Chine en juin 2026
46:07Probablement
46:07Parce que moi je ne sais pas encore
46:08Si je veux avoir la pêche
46:09Je vais aller là-bas
46:10Il y a 12 heures de décalage horaire
46:12Je suis en train d'y réfléchir
46:13On nous a invités
46:14C'est assez certain
46:15Mais moi je suis allé en Chine
46:16Faire un spectacle
46:17Il faut le voir une fois dans sa vie
46:19C'est extraordinaire
46:20Ah certainement
46:21Évidemment que j'ai la curiosité
46:23D'aller là-bas
46:23Mais est-ce que je peux le faire encore
46:25Je ne sais pas
46:26Avec la jeunesse que vous avez
46:27C'est évident
46:27Mais qu'est-ce qui a attiré
46:28Les Chinois sur ce spectacle ?
46:30Parce qu'ils en ont entendu parler
46:32Ils sont toujours au fait
46:33De ce qui se passe
46:34En France
46:35Ou de ce qui fonctionne
46:38Et Édouard nous a téléphoné un jour
46:40En disant
46:41Voilà je serai intéressé
46:41Par votre spectacle
46:42Et là peut-être le Québec aussi
46:45Oui
46:45Alors il y a ce spectacle
46:47Et puis il y a vos propres concerts
46:48Car il y a un orchestre trio
46:49Ah je continue
46:50Vous continuez ?
46:51Vous continuez ?
46:51Oui un peu
46:52Très peu
46:53Parce que je n'ai pas envie
46:54De faire des grandes tournées
46:55Ça j'ai un petit peu laissé de côté
46:56Mais il m'arrive encore
46:59Ponctuellement
46:59De faire en trio
47:01Avec deux pianos à queue
47:02J'ai deux pianistes fabuleux
47:04De concertistes
47:05On joue du Schubert
47:06C'est presque de la musique de chambre
47:10Et je fais encore quelques concerts
47:11Voilà mais très très très peu
47:13Je sais qu'il y a le 5 mai Nevers
47:14Le 31 mai Le Havre
47:16Et puis finalement
47:17Vous avez décidé de faire vos adieux
47:19Et finalement le Covid vous a empêché
47:21De faire vos adieux
47:21Merci Covid
47:23Je te remercie infiniment
47:25Vous êtes bien la seule à le dire
47:26Non mais franchement c'est joke
47:28Je dis ça au 75ème degré
47:30On ne peut pas le remercier
47:31Mais effectivement
47:33On a dû s'arrêter presque deux ans
47:35C'était horrible
47:36Je n'avais pas fini le voyage
47:38Que j'avais commencé avec mon trio
47:40Et puis entre temps est arrivé
47:43Identité
47:44Voilà la vie m'a emporté ailleurs
47:47Et puis bravo la vie
47:48Oui parce que finalement
47:49Vous rajeunissez d'année en année
47:51Grâce à ces spectacles
47:53Voilà mon public rajeunit
47:55Moi je vieillis mais
47:57Mon public rajeunit
47:58Et puis moi au fond
47:59Je crois que j'en rajeunis aussi
48:00Oui le secret c'est justement le travail
48:03C'est que le travail
48:05Et l'avenir maintenant Catherine Lara ?
48:07L'avenir je ne sais pas
48:10Moi je vis heure par heure
48:11Jour au jour le jour
48:13Ça ne se passe jamais comme on a prévu
48:15Donc j'ai fini de faire des grands projets
48:16Je n'aime pas les projets
48:18Je sais que j'ai envie de faire un autre spectacle de danse
48:21Je sais déjà le nom du spectacle
48:23Mais on va voir
48:26On va voir
48:27Mais au début quand vous avez débuté
48:29Vous imaginiez un tel parcours ?
48:30Une telle variété ?
48:32On ne peut pas imaginer ça
48:33Parce que ça aurait été
48:34J'aurais l'impression d'être dans la prétention
48:37Non, non
48:39Je me suis laissé guider par mon instinct
48:43Par mon intime conviction
48:44Mon amour de la musique
48:46Et vous continuez
48:47Le public apprécie cet amour de la musique
48:49Je rappelle donc qu'il y aura
48:51Aix-en-Provence le 29 avril
48:53Rennes le 22 mai
48:54Et peut-être la Chine en juin
48:56Avant d'autres dates
48:57Parce qu'une saison 5 est en préparation
48:59Absolument
49:00C'est votre identité si j'ose dire
49:02Et une carte maîtresse de votre parcours
49:05Continuez ainsi Catherine Lara
49:06Ne changez rien
49:07Et restez le plus longtemps possible
49:09Dans cet univers qui est le vôtre
49:10Merci Jacques
49:11Ne changez pas non plus
49:12Parce que vous êtes vraiment formidable
49:14Je vais essayer
49:15Merci Catherine Lara
49:16Les Clés d'une vie c'est terminé pour aujourd'hui
49:18On se retrouve bientôt
49:19Restez fidèles
49:19A l'écoute de Sud Radio
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