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  • il y a 9 heures
Les clefs d'une vie d'Aurélien Recoing

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-03-16##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Au théâtre comme au cinéma, vous êtes régulièrement passé d'un genre à l'autre.
00:10Vous avez joué des classiques à la scène et des personnages à l'écran dans des films qui sont devenus
00:15des classiques.
00:16Vous connaissez toutes les ficelles de votre métier, et pas seulement parce que vous avez débuté comme marionnettiste.
00:21Bonjour Aurélien Recois.
00:23Bonjour, bonjour Jacques.
00:24Alors, vous êtes un acteur complet dont on connaît le nom, les films, les pièces, mais peu la vie.
00:29Donc, le parcours qu'on va évoquer, c'est le vôtre dans les clés d'une vie, à travers des
00:34dates clés.
00:35On évoquera aussi votre actualité au théâtre et à la télévision tout à l'heure.
00:39Mais les dates, c'est important, c'est la première que j'ai trouvée, elle n'est pas liée à
00:42vous.
00:44Le 11 avril 1957, c'est le dernier épisode, le jeudi après-midi, de cette série de télévision.
00:51Bonjour les amis.
00:52Je m'appelle Martin.
00:54Moi, merci.
00:56Martin et Martine, c'est la dernière émission d'une série pour enfants qui a débuté en 1953, le jeudi
01:02à 10h45, à l'époque où il y avait 400 000 spectateurs à la télévision.
01:06Et cette série de dessins animés, c'était des enfants qui traversaient les rues de Paris.
01:11Je crois que votre père, Alain Recoing, y est pour beaucoup.
01:15Mais vous allez me faire pleurer, là.
01:17Commencez bien.
01:19Cette émission, c'est l'un de mes rares souvenirs d'enfance à la télévision.
01:22C'est extraordinaire.
01:24Toute une génération a connu Martin et Martine.
01:26Et c'était une animation de marionnettes.
01:29Et votre père était l'un des marionnettistes, je crois.
01:32Absolument, absolument.
01:34Et je ne sais pas si vous le savez, mais c'est dans cette émission que Johnny Hallyday, enfant, a
01:38chanté pour la première fois dans les plaines du Far West.
01:41My God ! Non, je ne savais pas.
01:43Bien avant, il s'appelait encore Jean-Philippe Smet.
01:45Donc votre père était le premier à voir Johnny en scène.
01:48Voilà, donc il y a juste deux étapes entre lui et moi.
01:53Alors, avant de parler de vous, justement, on parle de votre père parce que finalement, votre parcours est lié.
01:58Alain Recoing, c'était d'abord un pionnier de la télévision.
02:01Il a travaillé avec Jean-Christophe Averti, avec Pierre de Charnier à ses débuts.
02:04Je pense qu'il vous en a parlé.
02:05Absolument, oui, oui.
02:06Un grand moment de la télévision à l'ERTF.
02:10Et tous les films qu'il a pu faire, Le Chien Tabard.
02:15Enfin, voilà, c'est des souvenirs qui sont liés à ma petite enfance, évidemment.
02:22Et ensuite, il y a eu le live de La Vie des Marionnettes.
02:28La Vie des Marionnettes, où je voyais mon père et ma mère répéter des spectacles dans leur salle de répétition,
02:35dans un petit village qui s'appelait Aigreville, en Seine-et-Marne.
02:40Il y avait un café, d'ailleurs.
02:41Il y avait un café.
02:42On vivait dans ce café.
02:44Mes parents avaient acheté ce vieux café avec des fresques sur les murs.
02:48Et derrière, il y avait une très grande salle de balle extraordinaire.
02:52Vraiment très grande.
02:53Parce que je suis retourné, quand j'étais adulte, elle était vraiment grande.
02:56avec l'orchestre, avec cette petite estrade où il y avait les orchestres à l'époque qui donnaient le balmusette,
03:06sans doute.
03:07Donc, un lieu formidable pour les enfants.
03:11Nous étions quatre frères.
03:12Et là, on jouait, on regardait nos parents répéter, on refaisait les films que nous regardions dans le village, dans
03:24le cinéma à côté,
03:27dont la programmation était tenue par le curé du village, où j'ai vu les plus grands films de l
03:33'époque,
03:33comme les films d'Armangati, de tous les... Jerry Lewis, énormément de KPDP, Baby de Cécile B2000, etc.
03:48Et on refaisait, nous, avec les frères, dans le jardin, dans cette grande salle de répétition, dans la cour,
03:55où il y avait un magnifique marronnier.
03:57On rejouait, on refaisait la vie de ces personnages.
04:02Alors, votre parcours, comme celui de votre père, vous le devez en partie à quelqu'un qui a fondé le
04:07théâtre de marionnettes françaises, Gaston Batty.
04:10Absolument. Et donc, Gaston Batty, grand metteur en scène de théâtre, mais aussi grand marionnettiste.
04:19Et c'est Maurice Garel qui a présenté mon père à Gaston Batty.
04:27Gaston Batty cherchait un assistant, mon père avait fait de la philo,
04:30où il était très, très, très cultivé, il avait fait ses humanités.
04:35Et donc, ça a collé, ça a matché, et ils se sont retrouvés ensemble.
04:40Et petit à petit, Gaston Batty a appris à mon père à jouer de la marionnette.
04:46C'est comme ça qu'il est devenu le marionnettiste que l'on connaît.
04:49Et Maurice Garel a aussi été très utile à d'autres.
04:51Il a été le professeur de Michael Lonsdal et de Jean-Louis Trintignant.
04:55Et surtout, on le connaît parce qu'il a joué le rôle de De Gaulle plusieurs fois dans sa vie.
05:01Oui. Alors ça, je dois dire que je ne l'ai pas vu.
05:05Mais j'ai rencontré souvent, évidemment, Maurice Garel,
05:08puisque Philippe Garel, son fils, est mon parrain.
05:13Voilà.
05:14Et donc, la famille Garel et la famille Recoing étaient extrêmement liées pendant des années.
05:21Il y avait quatre frères d'un côté, trois frères de l'autre.
05:24Et on a été ensemble très, très, très, très, très souvent.
05:28À tel point, d'ailleurs, que Philippe Garel, dernièrement, dans le film Le Grand Chariot,
05:33m'a demandé de jouer dans ce film le directeur de théâtre,
05:38un théâtre de marionnettes pour enfants, dans lequel ces enfants jouent mes propres enfants.
05:44Oui, la boucle est bouclée.
05:45La boucle est bouclée.
05:46Et je jouais, d'une certaine manière, à la fois mon père, en tant que marionnettiste,
05:51parce qu'évidemment, j'ai joué avec lui en tant que marionnettiste,
05:53donc je n'avais ça dans le sang, mais aussi Maurice Garel.
05:58Il y a une sorte de dédoublement de la représentation familiale
06:02entre Maurice Garel et mon père, Alain Recoing.
06:05Il se trouve justement que tout ça est à l'origine de votre vocation,
06:09puisque enfant, d'abord, vous avez vu beaucoup de spectacles de marionnettes,
06:12et de l'autre côté du Castellet, c'est-à-dire que vous étiez dans les coulisses,
06:16et même, vous étiez régisseur très jeune, je crois.
06:19Oh là là, mais vous avez bien cherché.
06:21Effectivement, mon père adorait emmener ses enfants,
06:25et moi en particulier, dans les colonies de vacances.
06:28Donc je me souviens, je ne sais pas si c'est vrai ou faux,
06:32mais je me vois brancher les appareils électriques
06:37derrière le Castellet pour la préparation,
06:41mais aussi appuyer sur le magnétophone,
06:46au top, aux différents cues qu'il fallait faire pendant le spectacle.
06:52Oui, et avant le spectacle, puisqu'on diffusait des musiques avant le spectacle,
06:56je crois qu'à l'époque, c'était surtout Walt Disney,
06:58les génériques de Walt Disney,
07:00et aujourd'hui, on diffuse, quand on voit des spectacles de guignols et de marionnettes
07:03sur les plages l'été,
07:05c'est Chantal Goya à chaque coup.
07:09Oui, et c'est vrai que vous venez d'une époque
07:11où les marionnettistes et les théâtres de marionnettes,
07:14les nombreux, il y en avait au Champs-Élysées,
07:15il y en avait au Luxembourg, partout,
07:17beaucoup plus qu'aujourd'hui, Aurélien Recoin.
07:19Oui, et mon père a rendu hommage au théâtre, au guignol,
07:26parce qu'il a appris énormément du guignol, en fait,
07:30du théâtre du Luxembourg, je crois que c'était là,
07:33ou à Vincennes, je ne sais plus, peut-être Luxembourg,
07:36où il a appris les rudiments de l'art de la marionnette.
07:40C'est pour ça que, d'une certaine manière,
07:43il est resté le maître de la marionnette again,
07:47de la manipulation again,
07:49c'est-à-dire les trois doigts dans la tête et les bras.
07:54Il a appris énormément,
07:56donc il a toujours été très respectueux,
07:59même si son parcours en tant que marionnettiste
08:03s'est développé vers les textes contemporains,
08:08vers la sortie du marionnettiste de Derrière le Castelet.
08:13Il a inventé, comme ça, de nouvelles formes en France.
08:17Bien avant Philippe Gentil,
08:19il est passé dans les cabarets comme à l'écluse.
08:21Il est passé dans les cabarets comme à l'écluse, oui.
08:24Moi, je ne l'ai pas vu, mais je sais, avec ses camarades,
08:29il y avait Maurice Garel, mais il y avait aussi Antoine Vitesse.
08:32Donc, on m'a reparlé.
08:33Il se trouve que vous aviez, vous, Aurélien Recoin,
08:36des marionnettes dans votre chambre.
08:38C'étaient vos compagnons d'enfance.
08:40Oui, beaucoup.
08:41Là, je vais rougir,
08:43parce que ça a été mes premiers émois érotiques aussi,
08:45d'une certaine manière.
08:47Quand on manipule une poupée avec une robe,
08:50il y a quelque chose qui se passe
08:52et qui vous révèle comme ça.
08:55C'était très doux.
09:01J'ai ce souvenir-là, de cette importance-là,
09:03cette importance de pouvoir rêver comme je pouvais rêver
09:06en lisant tous les contes possibles, imaginables,
09:10qu'il y avait dans ma bibliothèque.
09:13Il y avait aussi ces marionnettes-là qui me tenaient compagnie.
09:17Oui, et c'est un point commun que vous avez avec ce chanteur.
09:28C'est vrai que Christophe, sa mère, était couturière.
09:32Il jouait avec les tissus et les chiffons
09:34et il faisait des marionnettes.
09:35Eh oui.
09:38L'art de construire, de fabriquer,
09:41et donc d'inventer des personnages.
09:44C'est en ça que je suis aussi marionnettiste,
09:50même si je ne pratique pas comme tant d'autres
09:54qui sont devenus de véritables virtuoses.
09:57Mais je suis marionnettiste, fondamentalement, oui.
10:00D'ailleurs, c'est un jour, je crois,
10:01dans la camionnette de votre père,
10:03que vous avez annoncé, Aurélien Recoing,
10:05que vous vouliez être marionnettiste
10:06et qu'il vous a donné une autre idée.
10:09Oui.
10:09Alors là, c'est une séquence
10:11que je tournerai un jour dans un film.
10:14Dans cette vieille camionnette Citroën,
10:17on avait joué les contes perçants.
10:20Je devais avoir 15-16 ans.
10:22J'étais revenu des Etats-Unis, je crois.
10:25J'avais passé trois mois
10:26à essayer de me décider un petit peu
10:29sur ce que je voulais faire.
10:31Je faisais du piano, mon frère aussi.
10:34Et puis, d'un coup, j'ai décidé de faire autre chose.
10:38Et dans la cabine de la camionnette,
10:41mon père, avec sa pipe, sa barbe.
10:44On avait bien travaillé à Vélizy, je crois,
10:47dans le mall de Vélizy,
10:48le grand centre commercial.
10:51Et tout d'un coup, je lui dis,
10:52oui, papa, je veux devenir marionnettiste comme toi.
10:57silence dans la cabine.
11:00Il me conduisait.
11:01Il pleuvait.
11:02Il y avait les essuie-glaces
11:05qui balayaient la vitre.
11:07Et il attend.
11:09Une minute se passe.
11:11Une minute.
11:12Qu'est-ce qu'il pense ?
11:14Je connaissais mon père.
11:15C'était un silencieux.
11:18Il passait beaucoup de temps comme ça.
11:20On pouvait en se dire,
11:21est-ce qu'il m'a entendu, pas entendu.
11:23Et puis, au bout d'une minute,
11:25il me dit,
11:27d'accord,
11:30mais tu apprends à devenir acteur.
11:35Waouh !
11:36C'est-à-dire que pour lui,
11:39le marionnettiste
11:40devait être aussi un acteur.
11:42Et ça, ça a été essentiel
11:43dans son cheminement
11:44et ça a bouleversé
11:46tout l'art de la marionnette
11:48jusqu'à nos jours.
11:49Cette idée que
11:51le marionnettiste
11:52était un interprète.
11:54Et justement,
11:55c'est lié à une autre date
11:56qu'on va évoquer dans quelques instants
11:58sur Sud Radio,
11:58le 6 avril 1976.
12:01A tout de suite sur Sud Radio
12:02avec Aurélien Recoing.
12:04Sud Radio,
12:05les clés d'une vie.
12:06Jacques Pessis.
12:07Sud Radio,
12:08les clés d'une vie.
12:09Mon invité Aurélien Recoing.
12:10Nous parlerons tout à l'heure
12:11de En attendant Godot
12:12que vous reprenez au théâtre.
12:14Mais en attendant,
12:15justement,
12:15nous évoquons votre parcours.
12:17On a évoqué votre père marionnettiste
12:19et puis bien sûr,
12:20la vocation qui est née
12:22en passant par le métier d'acteur.
12:25Et justement,
12:25ce métier d'acteur
12:26est le métier de marionnettiste.
12:28Le 6 avril 1976,
12:30il prend toute sa dimension
12:32sous la direction artistique
12:34de celui dont vous allez
12:35reconnaître la voix.
12:36Il y a eu beaucoup d'ennuis,
12:37comme vous le savez,
12:38avec le régime dit des colonels.
12:41Antoine Vitesse.
12:43Car ce jour-là,
12:44c'est la première
12:44au théâtre des quartiers d'Ivry
12:46de la balade de Mr. Punch
12:48d'un certain Éloi Recoing.
12:50Oui.
12:51Et oui,
12:51mon frère a écrit
12:53la balade de Mr. Punch.
12:55Sous un pseudonyme, d'ailleurs.
12:57Oui, Paul Éloi.
12:59Voilà.
13:00Paul Éloi.
13:00Pendant un temps,
13:01il s'est dit
13:01peut-être qu'il faudrait arrêter
13:04d'avoir la généalogie
13:07Recoing affichée.
13:09Il vaudrait mieux
13:09peut-être changer de nom.
13:10Et je me souviens
13:11de lui avoir dit
13:13tu as tort,
13:15tu devrais revenir
13:17à ton nom.
13:18Et il est revenu à son nom.
13:19Et il est revenu à son nom.
13:20Il m'a écouté.
13:21Peut-être qu'il a écouté d'autres,
13:22mais il m'a écouté.
13:23Alors la balade de Mr. Punch,
13:24en fait,
13:25c'était le plus célèbre
13:26des marionnettes britanniques.
13:28Une sorte de Superman
13:29absurde et déchaîné.
13:31une sorte de clown.
13:32Et c'est la base
13:34de ce spectacle
13:34qu'Antoine Vitesse
13:36a mis en scène
13:37et qui est un spectacle
13:38de marionnettes.
13:39Un spectacle de marionnettes.
13:41Et de théâtre en même temps.
13:42Et de théâtre,
13:42bien sûr.
13:43On avait justement
13:45cette idée
13:47que le marionnettiste
13:48était interprète.
13:49Donc on est dans
13:50une sorte de maison
13:53fantôme
13:54où un vieux maître
13:56de la marionnette
13:58sort des poupées
14:00ici ou là
14:01d'une armoire
14:02et raconte
14:04l'histoire
14:04de la balade
14:05de Mr. Punch.
14:06Et ce sont vos débuts
14:07au théâtre finalement
14:08sur cette scène
14:09que l'Antoine Vitesse
14:10connaît bien
14:11puisqu'il l'a créée.
14:13En 71,
14:14c'est lui
14:14qui l'a ouverte.
14:15Il a demandé
14:15une subvention
14:16et il a obtenu
14:17cette subvention
14:18pour créer ce théâtre.
14:19Absolument.
14:20À savoir aussi
14:21qu'il donnait
14:23des cours
14:23aux ce qu'on appelait
14:25les ateliers
14:26des quartiers d'Ivry
14:27où des amateurs,
14:30des citoyens
14:31de la ville,
14:32des acteurs
14:33en devenir,
14:34des acteurs professionnels
14:36se réunissaient
14:37disons tous les samedis
14:39soirs
14:39autour d'un cercle
14:41pour faire du théâtre
14:43du théâtre ensemble.
14:44Et il y a eu
14:45évidemment
14:47le théâtre
14:47des quartiers d'Ivry
14:48où on a joué
14:49la balade
14:49de Mister Punch.
14:51Alors ça c'était après
14:52parce que vous avez commencé
14:53à faire du théâtre
14:54au cours Florent
14:55comme beaucoup de gens
14:56et ensuite vous avez
14:57eu le conservatoire
14:58mais presque à l'ancienneté.
15:01Oui,
15:02mais oui,
15:03exactement.
15:04Oh,
15:04c'est des merveilleux
15:06souvenirs
15:07parce que
15:07à la fois
15:08j'étais au cours Florent
15:10et François Florent
15:10m'a accueilli
15:13merveilleusement.
15:14Vraiment merveilleusement.
15:15ça a été mon premier cours.
15:16C'était le plus grand cours
15:17de l'époque.
15:18Oui,
15:18et il m'a demandé
15:20de faire une improvisation
15:22et là devant
15:22les 50 élèves
15:24qui existaient
15:25les grandes de l'époque
15:26il y avait
15:26Jean-Pierre Daroussin
15:30Sam Carmane
15:30Elisabeth Bourgine
15:32Magali Renoir
15:34et j'en passe
15:35et pour la première fois
15:36de ma vie
15:37sur un plateau
15:39les gens ont ri
15:40de ce que je faisais.
15:42Donc ça a été
15:42ça a cristallisé
15:45tout mon parcours
15:46après.
15:47J'ai même fait
15:48ma première mise en scène
15:50avec Jean-Pierre Daroussin
15:51avec qui j'ai joué
15:53dernièrement
15:54sur
15:56Alice dans les jardins
15:58du Luxembourg
15:59de Romain Vengarten
16:00j'avais 17 ans.
16:01J'avais 17 ans.
16:02Donc vraiment
16:02il m'a ouvert
16:04beaucoup de portes
16:05et aussi en invitant
16:07Francis Huster
16:07avec qui on avait fait
16:09un atelier
16:10sur Jouvet
16:12extraordinaire
16:13sur les cours
16:14de Jouvet
16:14et Daniel Mesguif
16:17sur Hamlet
16:19Hamlet Bajazet
16:20où je jouais
16:21et Bajazet
16:22et Hamlet
16:23donc ça a été
16:23vraiment extraordinaire
16:24et en même temps
16:25je suivais les cours
16:26d'Antoine Vitesse
16:27au quartier d'Ivry
16:28donc j'étais vraiment
16:29bien accompagné
16:30j'avais vraiment
16:31des faits
16:33autour de
16:33de bonnes faits
16:34autour de moi.
16:34Et le conservatoire
16:35ça a mis trois ans.
16:36Et le conservatoire
16:38mais oui
16:38mais le conservatoire
16:39tout de suite
16:40j'avais 16 ans
16:4116 ans
16:414 mois
16:42quand j'ai décidé
16:42de faire du théâtre
16:44il y avait Jacques de Cour
16:45le lycée Jacques de Cour
16:46qui était juste à côté
16:46donc j'avais juste
16:47à descendre la rue Rodier
16:51pour prendre les cours
16:52chez François Florent
16:53et donc
16:55dès mes 17 ans
16:57donc l'année d'après
16:59l'année d'après
17:00c'est ça
17:01j'ai passé une première fois
17:02où j'ai passé l'échange
17:03mais j'étais
17:04oh j'étais
17:05j'étais un joli jeune homme
17:07vraiment adorable
17:09à croquer sans doute
17:11et c'était parfait
17:13mais un peu jeune
17:14malgré tout
17:15et je me souviens
17:16que
17:16Rossner
17:17Jacques Rossner
17:18et
17:19Vitesse
17:20m'avaient reçu
17:21dans leur bureau
17:22pour me
17:25en quelque sorte
17:26me faire passer
17:27à la pilule
17:28la pilule quoi
17:29me soulager
17:30m'expliquer
17:31et moi
17:32à l'époque
17:33je savais
17:34je savais
17:35que j'étais trop jeune
17:36ça ne me posait pas
17:37un problème
17:37de revenir
17:38l'année suivante
17:39ce que j'ai fait
17:41alors là
17:42cette fois
17:42je me suis
17:43un peu plus armé
17:44j'avais les cheveux longs
17:46jusqu'ici
17:46etc
17:47j'étais un peu
17:48un peu provocateur
17:51et
17:51Daniel
17:53m'a fait travailler
17:55une scène
17:56du misanthrope
17:57la première scène
17:59avec
17:59avec Célimène
18:01mais
18:02sur mon idée
18:03je l'avais monté
18:04en burlesque
18:06en burlesque
18:07et évidemment
18:08ça a été un bide total
18:09quand j'ai passé
18:09le concours
18:10parce que les chants
18:11n'ont pas du tout
18:13du tout aimé
18:13ça ne marchait pas
18:14c'était pas
18:15c'était pas bien
18:16c'était sans doute
18:16pas bien du tout
18:17et je me souviens
18:18que Vitesse
18:19était fâché
18:20contre moi
18:21il m'a dit
18:22enfin je ne sais pas
18:23je ne comprends pas
18:25pourquoi
18:26enfin
18:27en gros
18:27qu'est-ce que tu as fait
18:28un sous-entendu
18:29et je lui ai dit
18:31mais Antoine
18:32on se connaissait bien
18:34c'était un ami
18:35de la famille
18:36depuis toujours
18:38il était venu
18:39en scooter
18:41quand ma mère
18:43m'a fait naître
18:44il était tombé
18:45je crois
18:46il était tombé
18:46donc il me connaissait bien
18:48il était un peu fâché
18:49enfin je ne sais pas
18:50je lui ai dit
18:50Antoine
18:51c'est pas grave
18:52je le passe l'année prochaine
18:54et l'année suivante
18:56j'ai beaucoup
18:57beaucoup
18:57beaucoup travaillé
18:58je présentais
19:00cette fois-ci
19:01un programme
19:01plus sérieux
19:03plus classique
19:04plus
19:05mais en même temps
19:07mais en même temps
19:08avec un projet
19:10c'était
19:10je présentais
19:12la scène
19:13l'inconnu
19:15des vieilles fenêtres
19:16d'un texte
19:17de Miloche
19:18et il y avait
19:19George Wilson
19:20qui était président
19:21président du jury
19:22de premier tour
19:24et qui m'a parlé
19:25qui m'a dit
19:26voilà
19:27qui m'a posé des questions
19:29manifestement
19:29j'avais
19:30j'avais
19:30j'avais marqué
19:33mais
19:34en même temps
19:35comme a pu dire
19:35Antoine Vitesse
19:36un de mes oncles
19:38Aurélien
19:38n'était peut-être pas
19:39le meilleur acteur
19:40qui soit
19:42à ses débuts
19:43mais je présentais
19:44un projet
19:45je présentais un projet
19:46je présentais
19:47quelque chose
19:48qui a
19:48qui a
19:49qui a
19:49qui a embarqué
19:50donc là j'ai eu
19:50le premier tour
19:51et le deuxième tour
19:52a été un tout petit peu
19:53plus difficile
19:53parce que je ne pouvais pas
19:54m'empêcher
19:55d'être un peu provocateur
19:57je vais me présenter
19:58une scène
19:59de Marivaux
20:01et bon voilà
20:02mais
20:02mais c'est passé
20:03mais c'est passé
20:04et résultat
20:05vous avez travaillé
20:06avec Antoine Vitesse
20:06très souvent
20:07quand il a repris
20:08le théâtre de Chaillot
20:09de 80 à 88
20:10vous avez souvent
20:11été sur cette scène
20:14oui
20:15de tous les classiques
20:17qui sont passés
20:17alors oui
20:18et je me souviens
20:20d'une conversation
20:21avec lui
20:22au café
20:24en face de Chaillot
20:25le coq
20:25il m'a engagé
20:26et j'avais une proposition
20:28de film
20:29à côté
20:30déjà
20:30il m'a dit
20:31je sais bien
20:32c'est rentré
20:33un peu
20:35au monastère
20:37que de
20:38de venir avec moi
20:39à Chaillot
20:40ce n'était pas une troupe
20:42il y avait
20:42c'est pas
20:42il y avait
20:44des fidélités
20:44disons
20:45mais ce n'était pas une troupe
20:46et là
20:47on a commencé
20:48par
20:50par
20:51par
20:51Britannicus
20:52où j'ai joué le rôle
20:53de Britannicus
20:54merveilleux
20:55avec
20:55feu
20:56Jeannie Gastaldi
20:59qui est
21:00un magnifique
21:00Juni
21:01et puis
21:02le Faust
21:03dans lequel
21:04Antoine Vitesse
21:05jouait
21:06et Jean-Claude Durand
21:07il jouait
21:07Jean-Claude Durand
21:08jouait le jeune Faust
21:09et Antoine jouait
21:10le vieux Faust
21:11jouait Valentin
21:12dedans
21:13et puis il y a eu aussi
21:15Tombeau pour 500 000 soldats
21:16Oui et puis surtout
21:17le soulier de Satin
21:19il n'était pas le collet
21:20Alors le soulier de Satin
21:21c'est venu vraiment
21:22à la toute fin
21:23mais entre temps
21:23il y a eu
21:24Hamlet
21:24dans lequel je jouais
21:25Claudius
21:26puis il y a eu
21:28il y a eu
21:29Hernani
21:31en 86
21:32et puis
21:33en 87
21:34le soulier de Satin
21:35dans lequel je jouais
21:36l'ange gardien
21:38Diego Rodriguez
21:39l'architecte
21:42et surtout l'ange gardien
21:43l'ange gardien
21:44était fondamental
21:45Et vous avez joué
21:46à Avignon aussi
21:47dans sa version intégrale
21:48Et on a joué
21:50les 10 heures
21:52ça a duré 10 heures
21:54plus 2 heures
21:55d'entracte en gros
21:56donc on commençait
21:56à 9 heures du soir
21:58à la tombée du jour
21:59et puis on se réveillait
22:01à 9 heures du matin
22:03ou sous la pluie
22:04ou avec le soleil
22:07le merveilleux soleil
22:08d'Avignon
22:09au-dessus des remparts
22:11Et c'est
22:11Jean-Louis Loireau
22:12l'avait monté en 1943
22:13la Commédie française
22:15pendant l'occupation
22:16et il y a une phrase
22:18alors on ne sait pas
22:18s'il y a le Cocteau
22:19le lendemain Cocteau
22:20dit heureusement
22:21il n'y avait pas la paire
22:23Nous on a peut-être
22:24joué la paire
22:25Exactement
22:26On est je crois
22:28les seuls
22:28peut-être Olivier Pie
22:29je n'ai pas vu
22:30la version d'Olivier Pie
22:32Je ne sais pas
22:34s'il a joué l'intégrale
22:35mais nous on a joué
22:36l'intégrale
22:36vraiment
22:36Ruff n'a pas joué
22:38l'intégrale
22:39il a fait des coupes
22:41mais voilà
22:42c'est la première fois
22:43que
22:44mais voilà
22:45chacun a porté
22:46Barreau
22:46a porté sa pierre
22:49en quelque sorte
22:49son soulier
22:51Vitesse aussi
22:52Pie aussi
22:53Ruff aussi
22:54et c'est formidable
22:55que le texte
22:58puisse être
22:59entendu
23:00de mille façons
23:02des variantes
23:03l'art de la variante
23:05comme disait
23:05Antoine Vitesse
23:06il était pour
23:07l'art de la variante
23:08Alors ça
23:09c'est le côté théâtre
23:10et puis il y a
23:10un autre côté
23:11qu'on va évoquer
23:12dans quelques instants
23:13avec la date
23:14du 12 juin 2003
23:15à tout de suite
23:16sur Sud Radio
23:17avec Aurélien Recoing
23:19Sud Radio
23:20Les Clés d'une vie
23:21Jacques Pessy
23:21Sud Radio
23:22Les Clés d'une vie
23:23mon invité
23:24Aurélien Recoing
23:25nous parlerons tout à l'heure
23:26de vos deux spectacles
23:28à l'affiche
23:29et puis de ce téléfilm
23:31qui a été primé
23:32à La Rochelle
23:32on revient à votre parcours
23:34qui a débuté
23:34dans la marionnette
23:35qui a continué
23:36par le théâtre classique
23:37mais il y a eu aussi
23:38le cinéma
23:39et le 12 juin 2003
23:40Vous recevez
23:41le lutin du meilleur acteur
23:43au lutin du court-métrage
23:45pour Lou de Zoé Galeron
23:46Ça c'est aussi
23:48quelque chose
23:48d'un très beau souvenir
23:49Très beau souvenir
23:51et figurez-vous
23:52que je viens de revoir
23:54ce court-métrage
23:55Oui
23:56Car j'ai repris contact
23:58avec Zoé
23:59qui est une scénariste
24:01exemplaire
24:02une artiste
24:04magnifique
24:05et elle est venue
24:07voir le misanthrope
24:10dernièrement
24:10et donc j'ai revu
24:12je lui ai demandé
24:12j'ai les DVD
24:14mais ils sont
24:16aux Etats-Unis
24:16là où j'habite
24:17et donc je voulais
24:18le revoir tout de suite
24:19et j'ai revu
24:20c'est un petit chef-d'oeuvre
24:22tout simplement
24:22Et alors c'est l'histoire
24:23d'un photographe
24:24qui dans une station
24:25Val d'air
24:26va rencontrer
24:27une jeune femme Lucie
24:28et il va y avoir
24:29une histoire
24:30parce qu'ils sont attirés
24:31l'un par l'autre
24:32elle est enceinte
24:32et vous vous êtes un ogre
24:34et puis Lucie
24:35c'est une jeune comédienne
24:37qui est Cécile de France
24:38C'est Cécile de France
24:39qui débutait
24:41qui débutait
24:41mais qui était déjà
24:42bien je crois
24:44bien en route
24:46mais oui oui
24:47c'était ses premiers
24:48ses premiers films
24:49mais elle avait déjà
24:50fait des longs métrages
24:52le cinéma pour vous
24:54ça a débuté presque
24:55après Chaillot
24:56avec un film
24:57qui s'appelait
24:57Les exploits
24:58d'un jeune Don Juan
24:59de Gianfranco Mingozzi
25:01qui a été l'assistant
25:01de Fellini
25:02dans la Lucevita
25:041987
25:07exactement
25:071987
25:09dans un scénario
25:12de Jean-Claude Carrière
25:15exactement
25:15mais quand passer
25:18du théâtre au cinéma
25:19c'est pas si fréquent
25:20pour un acteur
25:21qui joue les classiques
25:22alors là
25:23je crois que
25:23c'est vraiment
25:24parce que je suis tombé
25:25dedans
25:26comme je le rappelais
25:27je voyais ces films
25:28quand j'avais
25:296, 7, 8, 9, 10 ans
25:31dans ce ciné club
25:33de mon petit village
25:35de mon village
25:35à Aigreville
25:36à qui je rends hommage
25:41et voilà
25:43le jeu
25:43à la fois
25:45à la fois
25:46la marionnette
25:47à la fois
25:48le cinéma
25:50à la fois
25:51le théâtre
25:54j'avais envie
25:55de tout ça
25:55j'avais envie
25:56de tous ces modes
25:57de représentation
26:00en fait
26:00d'expression
26:04et je me souviens
26:05de la première fois
26:06où j'ai vu
26:07alors
26:07j'aurais un problème
26:09là pour
26:09retrouver les noms
26:11mais vous le saurez
26:12certainement
26:13c'était le brave
26:14soldat Schweik
26:15dans un théâtre
26:18parisien
26:18et où je voyais
26:20les acteurs
26:20qui
26:20à la fin
26:22parce que
26:22Schweik va être pendu
26:24il laisse ses camarades
26:25derrière lui
26:26petit à petit
26:27et il faisait du surplace
26:28il marchait sur
26:29et moi ça
26:30ça m'avait alors
26:31je me dis
26:32on peut faire ça
26:32au théâtre
26:33oui comme les mimes
26:34finalement
26:34comme les mimes
26:35et on peut
26:36donc faire rêver
26:38le spectateur
26:38nous faire croire
26:40que l'on est
26:41en marche
26:41sur un chemin
26:43c'est merveilleux
26:44et mais alors
26:45le cinéma
26:46c'est arrivé
26:46avec un cinéma
26:48très spécialisé
26:48un cinéma d'auteur
26:50c'est venu petit à petit
26:51parce que ce film
26:52est le premier
26:52d'une longue série
26:54oui
26:57quand on parle
26:58vous parlez de loup
26:59de loup
27:00et puis
27:01don juan
27:01et tout ce qui a suivi
27:02ah oui oui
27:03les exploits d'un jeune
27:04don juan
27:04et les courts métrages
27:07mais aussi
27:08je dois le dire
27:09je rends hommage
27:10à tous les téléfilms
27:12que j'ai pu faire
27:13notamment
27:14un très grand film
27:16de Jean-Dominique
27:17de la Rochefoucault
27:18qui était l'assistant
27:19de Rossellini
27:21qui s'appelait
27:22L'an 1000
27:22là c'est un peu
27:24en 86
27:26et comment vous êtes
27:27arrivé au cinéma
27:28c'est venu
27:29par le théâtre
27:29ou c'est du casting ?
27:31c'est venu
27:32petit à petit
27:33à la fois
27:34par le théâtre
27:34à la fois
27:35par le cinéma
27:37je prends l'exemple
27:38d'Andrzej Joulavski
27:4090-91
27:41la note bleue
27:43avec Marie-France Pizier
27:44Sophie Marceau
27:46sans doute
27:47qu'il m'avait vu
27:48au théâtre
27:49ou qu'il avait entendu
27:50parler de moi
27:51parce que j'avais joué
27:52Hernani
27:53parce que j'avais joué
27:53Britannicus
27:54parce que j'avais
27:55tous ces grands rôles
27:57où la jeunesse
27:59s'exprimait
28:00mais d'une façon
28:01extrême
28:03avec beaucoup
28:03de puissance
28:05donc je crois
28:06que le théâtre
28:07et le cinéma
28:08ont été mêlés
28:09il y avait une envie
28:11de la part de ces
28:12d'ailleurs
28:14une adéquation
28:15je pense
28:16entre certains
28:17cinéastes
28:18de l'époque
28:20et le théâtre
28:22et Joulavski
28:23qui a vécu
28:24avec Sophie Marceau
28:25l'histoire est étonnante
28:26au départ
28:26il tourne
28:27l'amour bras
28:28qu'il engage
28:28Emmanuel Béart
28:29et huit jours
28:30avant le début
28:31du film
28:32il croise
28:32Sophie Marceau
28:33il remplace
28:34Emmanuel Béart
28:35par Sophie Marceau
28:36et on connait la suite
28:37c'est fou
28:38comme quoi le destin
28:39peut changer
28:40un parcours
28:41oui
28:42on change
28:43on change
28:45tous les jours
28:46et notre identité
28:48justement
28:50change tous les jours
28:52à la
28:53à la
28:54à la
28:54à la
28:54à la friction
28:55à la rencontre
28:56des gens
28:57avec qui on fait
28:58ce métier
28:59avec qui on
29:00avec qui on vit
29:02bien sûr
29:03et il y a un autre film
29:03qui a marqué
29:04votre parcours
29:05c'est la vie moderne
29:06de Laurence Ferreira
29:07Barbosa
29:08avec
29:08vous étiez le mari
29:09d'Isabelle Huppert
29:10parce que dans ce moment
29:11c'était Isabelle Huppert
29:11mais ce film
29:12vous a ouvert
29:13vers un autre film
29:14vous avez eu
29:14un grand rôle
29:15et ce grand rôle
29:17et ce film
29:18on va en écouter
29:19à la bande annonce
29:19évidemment ça se passe pas
29:20comme je voulais
29:23je pensais pas que ça
29:24c'est si dur
29:25l'emploi du temps
29:27de Laurent Canté
29:27qui est le grand rôle
29:29au cinéma
29:30de votre parcours
29:31Aurélien Recoigne
29:31oui
29:32et c'est vrai que
29:33le film de Laurence Ferreira
29:35Barbosa
29:36à qui je rends hommage
29:37aussi
29:38qui m'a engagé
29:39dans la vie moderne
29:40avec Isabelle Huppert
29:43a été très importante
29:45je me souviens très bien
29:46de Laurence Ferreira
29:47qui me filmait
29:49j'avais passé un casting
29:50et je la voyais rire
29:52derrière sa caméra
29:53je la voyais sourire
29:54je la voyais
29:55et puis ensuite
29:56c'est plus elle qui a souri
29:58c'est Isabelle
29:59Isabelle se marrait
30:00tout le temps avec moi
30:01elle était
30:03on s'était très très très
30:05très bien entendu
30:06je jouais son mari
30:08je lui préparais des pâtes
30:10et je crois que
30:11Laurent Canté
30:13a vu ce film
30:15et a décidé
30:16de me rencontrer
30:18et ça a été
30:19une très longue
30:20un très long casting
30:22en fin de compte
30:23pour mille raisons
30:24pour des questions
30:26sans doute financières
30:27de production
30:27mais aussi de préparation
30:30puisque
30:32moi et
30:34Karine Viard
30:35nous étions les seuls
30:36professionnels
30:36du film
30:38et donc nous rencontrions
30:39des amateurs
30:41qui correspondaient
30:43selon le métier
30:45qu'ils faisaient
30:45dans la vie
30:46au rôle
30:46dans le scénario
30:49alors le scénario
30:50justement
30:50c'est une histoire
30:52vraie
30:52celle de Jean-Claude Romand
30:53qui a été un imposteur
30:54qui a fait croire
30:55à sa famille
30:56qu'il était médecin
30:57et le jour
30:58où tout a été découvert
30:58il a assassiné tout le monde
31:00Oui
31:01si ce n'est que
31:02évidemment
31:03il y a toujours
31:03un peu
31:04une sorte
31:05de malentendu
31:07très intéressant
31:08sur le film
31:09donc l'adversaire
31:11qui est le fait d'hiver
31:12qui raconte
31:14l'histoire
31:15de Jean-Claude Romand
31:15et le film
31:17de l'emploi du temps
31:17le film de l'emploi du temps
31:18finalement
31:19raconte
31:22ce qu'est
31:23la recherche
31:24de liberté
31:25quand on porte
31:27un costume
31:27une cravate
31:28et que l'on
31:30on a un travail
31:32chaque jour
31:33et comment être
31:35redevenir libre
31:36comment être libre
31:37soi-même
31:38comment
31:39se reconnaître
31:41et le film parle
31:42vraiment
31:42de cette
31:43recherche d'identité
31:45il en a assez
31:46de ce travail
31:47il préfère conduire
31:48il est fatigué
31:50il quitte son travail
31:52il est viré
31:52peut-être
31:53et il va mentir
31:55mon personnage
31:56donc le personnage
31:57de Laurent
31:59Vincent
32:00pardon
32:01va
32:04essayer de trouver
32:05une autre voie
32:06pour vivre sa vie
32:07et puis il s'aperçoit
32:08petit à petit
32:09que les contingences
32:10sont aussi
32:11très importantes
32:13ailleurs
32:13la rencontre
32:14avec l'escroc
32:15c'est un vrai
32:16finalement
32:16c'est un vrai travail
32:17et au bout du compte
32:18ce vrai travail
32:19il n'en veut pas non plus
32:20en même temps
32:21Jean-Claude Romand
32:22a été condamné
32:23à peine
32:24à une tension perpétuée
32:25il en est sorti
32:26il vit aujourd'hui
32:27je crois
32:27dans un village de l'Isère
32:28vous l'avez rencontré
32:29vous avez lu des documents
32:30pour jouer ce rôle
32:32non
32:33parce qu'encore une fois
32:35j'ai lu
32:36j'ai lu l'adversaire
32:38avant de jouer le rôle
32:40parce que j'ai quand même
32:41voulu
32:42je m'intéressais
32:43à la rencontre
32:44de Jean-Claude Carrière
32:45avec
32:47de
32:47de
32:47de
32:48de le rencontrer
32:49non non
32:50de
32:51de
32:51de
32:51de Jean-Claude Romand
32:52avec
32:53avec
32:54notre cher auteur
32:56et
32:57et donc
32:57je
32:58je
32:59je me disais
33:00oui mais
33:00c'est
33:02Jean-Claude Romand
33:05ça confine
33:06à la folie
33:06qu'il tue
33:07toute sa famille
33:09ce mensonge là
33:10dure pendant
33:1118 ans
33:13et
33:14et
33:14et donc
33:16alors que
33:16l'histoire de l'emploi du temps
33:17c'est sur quelques mois
33:18bien sûr
33:19et j'ai rencontré
33:19beaucoup de gens
33:21sur
33:21pendant le tournage
33:23sur le
33:23sur le plateau
33:24qui me disaient
33:24mais c'est arrivé
33:25c'est arrivé
33:26à
33:26à ma famille
33:28c'est arrivé à mon oncle
33:29c'est arrivé à mon père
33:30c'est arrivé
33:31ou
33:32qui
33:33personnes qui ont menti
33:34pendant quelque temps
33:37et
33:37et donc je me disais
33:38oui
33:38c'est quelque chose
33:39qui
33:39qui a pu nous arriver
33:40qui peut être en train de nous arriver
33:42ou qui va nous arriver
33:44et
33:45et
33:46et donc
33:46je
33:47j'ai construit mon personnage
33:48sur cette idée là
33:49sur ce
33:50dérapage
33:51de
33:52quelqu'un qui veut
33:54garder sa vie
33:55bourgeoise
33:56sa vie
33:56sa belle vie bourgeoise
33:58et
33:58et en même temps
33:59qui
33:59cherche
34:00à
34:01à retrouver
34:02sa
34:02sa
34:03sa liberté
34:05donc voilà
34:07ça
34:08ça
34:08c'est un film de société
34:09sur un sujet de société
34:11et en même temps
34:12il y a un autre film
34:12qui a marqué votre parcours
34:15inspiré
34:16de faits réels aussi
34:17et qui est lié aussi
34:19à l'actualité
34:19c'est deux femmes
34:20où vous incarnez
34:21le commissaire
34:22André Forens
34:23car finalement
34:23c'est un film
34:24sur les femmes
34:25qui ont du mal
34:26à sortir
34:27des griffes
34:28de certains hommes
34:28et on ne peut pas dire
34:30que ce soit pas d'actualité
34:31Aurélien Roquin
34:32oui
34:33alors c'est un
34:34c'est
34:35c'est très beau film
34:37l'un que j'ai pu faire
34:38dernièrement
34:38le film d'Isabelle Doval
34:39donc
34:40deux femmes
34:41mais aussi
34:44Monsieur
34:45de Méliane
34:46Marcadji
34:47on va sans doute
34:48parler
34:50sur l'emprise
34:51patriarcale
34:52dans ces années là
34:54dans ces années 60
34:57qui ont été
34:58très douloureuses
35:00comment
35:00comment
35:02vivre
35:03là aussi
35:03sa vie de femme
35:05dans ces années 70
35:08alors que
35:11c'est venu très tard
35:13la possibilité
35:14de faire
35:15de signer des chèques
35:16de pouvoir
35:19d'avoir la contraception
35:21de vivre normalement
35:23le droit
35:25à l'avortement
35:25etc
35:26tout ça
35:27c'était pas gagné
35:28et donc
35:29ça c'est quelque chose
35:31de très important
35:31dans mon parcours
35:33et dans les projets
35:34que j'accepte
35:36c'est raconter
35:41l'histoire des femmes
35:42comment
35:43elles peuvent
35:44encore aujourd'hui
35:45se battre
35:47pour être
35:48à l'égalité
35:49des hommes
35:50pour vous
35:51le théâtre
35:52et le cinéma
35:52il y a aussi
35:53une forme
35:53de combat
35:53que vous menez
35:55au regard
35:55au point
35:56oui
35:56un combat
35:58je crois que c'est
35:59vitesse
36:00qui disait
36:00il y a deux représentations
36:03du monde
36:03ce sont
36:04c'est le théâtre
36:06et la politique
36:08théâtre et politique
36:09sont
36:11intimement liés
36:12pour des raisons
36:13je crois
36:14simples
36:14c'est que
36:15en réalité
36:16que ce soit
36:17la politique
36:18ou le théâtre
36:19il y a un don de soi
36:21il n'y a rien
36:22de commercial
36:22à faire
36:25du théâtre
36:26même
36:26théâtre privé
36:27théâtre privé
36:28théâtre public
36:28c'est quand même
36:29un art artisanal
36:31et la politique aussi
36:32oui
36:33de toute façon
36:34c'est pour le bien
36:35normalement
36:36c'est pour le bien
36:37des autres
36:38normalement
36:39et le bien
36:40justement
36:40vous le faites au public
36:42et on va l'évoquer
36:43à travers la date
36:43du 25 mars
36:442026
36:45à tout de suite
36:46sur Sud Radio
36:46avec Aurélien Recoing
36:48Sud Radio
36:49les clés d'une vie
36:50Jacques Pessis
36:51Sud Radio
36:52les clés d'une vie
36:53mon invité
36:53Aurélien Recoing
36:54nous avons évoqué
36:56votre parcours
36:57avec les marionnettes
36:58avec le théâtre
37:00le cinéma
37:01tous ces combats
37:02que vous menez
37:02à travers
37:03ce métier d'acteur
37:04qui vous est si cher
37:05et l'actualité
37:06elle est double
37:07au théâtre
37:08puisque
37:08vous faites une année
37:09classique
37:10d'abord le 25 mars
37:122026
37:13vous reprenez
37:14au théâtre de l'atelier
37:15En attendant Godot
37:16de Samuel Beckett
37:17alors là aussi
37:18c'est un classique
37:18je crois que vous ne l'avez pas joué
37:19jusqu'à maintenant
37:20non
37:21jamais
37:21jamais de Beckett
37:23je l'ai vu
37:23bien des fois
37:24évidemment
37:25que ce soit
37:26fin de partie
37:26que ce soit
37:27En attendant Godot
37:29mais
37:30j'en avais jamais joué
37:32et c'est un classique
37:33de l'absurde
37:34c'est une pièce
37:35sur l'absurdité
37:36de la vie
37:36et c'est le genre de sujet
37:37que vous aimez traiter
37:38au théâtre
37:39Aurélien Recoing
37:39oui
37:41peut-être que le terme
37:43d'absurde
37:44n'est pas le bon terme
37:45pardonnez-moi
37:47c'est lui qui le disait
37:48oui c'est lui qui le disait
37:50mais en fin de compte
37:55d'après mon expérience
37:57parce que c'est toujours comme ça
37:58en fait
37:58quand on prend un texte
38:01c'est qu'est-ce qu'il disait à l'époque
38:03qu'est-ce qu'il peut dire
38:05aujourd'hui encore
38:07et je trouve que
38:09
38:09dans cette
38:10dans cette
38:11très très très belle
38:12mise en scène
38:12de Jacques Osinski
38:13je trouve qu'il y a
38:14beaucoup d'humanité
38:15il y a beaucoup
38:16de narration
38:18il y a beaucoup
38:18on assiste à une histoire
38:21alors que souvent
38:24je ne sais pas
38:25je me souviens
38:25de la mise en scène
38:26de Kreschka
38:27au Palais des Papes
38:28en 77
38:33ou dans la mise en scène
38:35de Françon
38:36dernièrement
38:37la langue
38:38est vraiment
38:39au rendez-vous
38:40et elle a été
38:41ciselée
38:44parfaitement
38:44mais
38:45on a
38:46avec bonheur
38:47d'ailleurs
38:48parce que j'ai eu
38:48beaucoup de plaisir
38:49à voir ces mises en scène là
38:51on est face
38:52à une langue
38:53comme très stricte
38:55vous voyez
38:56très
38:58très abstraite
38:59peut-être
39:00qui joue
39:01qui joue
39:02beaucoup sur les mots
39:02qui joue
39:03beaucoup sur
39:03sur l'absurdité
39:05de la situation
39:07et là
39:08Jacques Osinski
39:10apporte
39:11une pierre
39:12à
39:14l'histoire
39:14de la mise en scène
39:15en
39:17jouant des personnages
39:18qui sont
39:20ancrés
39:22dans une époque
39:23alors on sait
39:24que
39:25en attendant Godot
39:26ça a été écrit
39:26pendant la guerre
39:27oui c'est ça
39:28et en français au départ
39:29et en français
39:30et que
39:33sans doute
39:34que les deux personnages
39:35sont sur la ligne
39:37de démarcation
39:38et qu'ils attendent
39:39ils attendent
39:40je pense que
39:40Baudieu on n'a jamais su
39:41qui c'était
39:42et il semble que l'auteur
39:44ne le savait pas non plus
39:44il ne le savait pas non plus
39:45il ne voulait pas le savoir
39:46mais
39:47malgré tout
39:48il y a
39:50énormément
39:51de petits signes
39:52qu'il laisse
39:54et il ne veut pas le dire
39:55et je comprends
39:56c'est pas
39:56c'est pas à l'auteur
39:57de dire c'est ça
39:58que ça veut dire
39:58mais nous
39:59on a intégré
40:00toutes ces informations
40:01malgré tout
40:02ce qui fait que
40:04j'ai le sentiment
40:05que les acteurs
40:06personnages
40:07Denis Lavant
40:08dans Estragon
40:09ou Jacques Bonafé
40:10dans Vladimir
40:11ou moi-même
40:12dans Pozzo
40:13et Jean-François Lapalut
40:15dans Lucky
40:16on a intégré
40:20le fait
40:21que ce sont
40:21de vraies personnes
40:23que ce n'est pas seulement
40:24la langue
40:25mais ce sont
40:25qu'il y a une incarnation
40:27qu'il y a des personnages
40:29et donc il y a ce miracle
40:31je trouve
40:32dans la mise en scène
40:34la rencontre
40:35de nous quatre
40:36en fait
40:37qui fait que
40:38on assiste
40:39à une histoire
40:40alors une histoire
40:42au théâtre de l'atelier
40:42et surtout un classique
40:44et c'est presque
40:44un devoir
40:45pour vous
40:46de reprendre
40:47des classiques
40:47qui ont déjà touché
40:48plusieurs générations
40:50Ah oui
40:51c'est l'art
40:52de la variante
40:53encore une fois
40:55bien sûr
40:56si on a joué
40:57Britannicus
40:57en 1981
40:59ou Caligula
41:00ou Prince de Hombourg
41:02ou Hernani
41:03bien sûr
41:03qu'il faut les
41:05rejouer aujourd'hui
41:06parce qu'il y a
41:06plein de générations
41:07qui ne les ont pas vues
41:08Oui mais en l'adaptant
41:09aux générations d'aujourd'hui
41:10c'est-à-dire qu'il faut
41:11à la fois garder le classique
41:13mais trouver un rythme
41:13un peu différent
41:14de la création
41:16Sans doute
41:17sans doute
41:18il faut
41:20mais c'est toujours
41:21la même chose
41:21je pense à ces paroles
41:24d'Edouard Bond
41:24il faut trouver
41:27ce dialogue invisible
41:28avec le public
41:29et avec le public
41:30d'aujourd'hui
41:31et avec
41:32ce qui se passe
41:34aujourd'hui
41:34avec l'actualité
41:36du monde
41:37l'acteur envoie
41:38des signifiants
41:39dans la salle
41:40et
41:41des signifiés
41:42qui viennent
41:43des spectateurs
41:45se mélangent
41:46et on raconte
41:47une histoire
41:48d'aujourd'hui
41:49c'est pour ça
41:49que le théâtre
41:50est aussi important
41:51aujourd'hui
41:52pourquoi il rassemble
41:54autant
41:54et c'est presque
41:55un combat
41:56que vous menez
41:57pour que ce théâtre
41:58persiste
41:59parce que
41:59c'est pas évident
42:00aujourd'hui
42:01les classiques
42:01il y en a plus beaucoup
42:02et je crois qu'Avignon
42:03a été aussi important
42:04pour la reprise
42:05de ce
42:05oui ça a été très bien
42:07ça a été vraiment
42:08au théâtre des Halles
42:09dirigé par Alain Timard
42:12et aujourd'hui
42:13par Alexandra Timard
42:16c'était très important
42:18ils nous ont reçu
42:20nous avons fait
42:2215 jours
42:23je crois
42:23ou 10 jours
42:24de répétition
42:26et une première
42:28en juin
42:28avant de revenir
42:30au mois de juillet
42:31ça a été 25
42:3326 représentations
42:35exceptionnelles
42:36oui dans la foire
42:37que représente Avignon
42:38avec plus de 1700 spectacles
42:40il faut s'imposer
42:41surtout avec un classique
42:42surtout avec un classique
42:44moderne
42:45avec un classique
42:46qui nous parle encore
42:48qui nous parle encore aujourd'hui
42:50comment l'expliquez-vous d'ailleurs
42:51qu'il parle encore aujourd'hui
42:53Beckett
42:54mais c'est parce que
42:55il y a
42:56il y a cette
42:57d'abord une
42:59une idée
43:01formidablement humaniste
43:04d'échange
43:05de partage
43:08d'amour
43:10de l'humain
43:12et il les confronte
43:14il confronte
43:16les contradictions humaines
43:18Pozzo évidemment
43:19peut être considéré
43:21comme un salaud
43:21et en même temps
43:22voilà
43:23il apporte aussi
43:24toute son humanité
43:25et lui-même change
43:26je pense que
43:27Beckett raconte beaucoup ça
43:28c'est-à-dire que
43:29la confrontation
43:31de personnages
43:32permet
43:32à ce qu'on puisse changer
43:34et qu'on ne puisse
43:36n'être plus tout à fait
43:37le même
43:38le lendemain
43:39alors ce qui est étonnant
43:40aussi avec vous
43:41Aurélien Recoing
43:42c'est que
43:42et c'est pas si fréquent
43:43vous jouez deux pièces
43:44différentes la même année
43:45là il y a le misanthrope
43:47qui se joue
43:48jusqu'à la fin du mois de mars
43:50au théâtre de la Ténée
43:51c'est aussi un classique
43:53mais ce sont deux univers
43:54très différents
43:54Molière et Beckett
43:57oui c'est sûr
43:59et là on est dans
44:01le pur alexandrin
44:02avec le misanthrope
44:04un pur alexandrin
44:05oui vraiment
44:07à la syllabe près
44:09au e muet près
44:11à la diérèse près
44:13c'est un texte
44:15qui nous parle aussi
44:17encore aujourd'hui
44:17qu'est-ce que
44:18racontait ce texte
44:20qu'est-ce qu'il voulait dire
44:21il y a quatre siècles
44:23et qu'est-ce qu'il dit
44:24qu'est-ce qu'il dit aujourd'hui
44:26c'était un portrait du monde
44:27au départ
44:27qu'avait voulu Molière
44:28et aujourd'hui
44:29vous l'avez adapté
44:30à votre façon
44:32au monde d'aujourd'hui
44:33oui
44:34mais
44:36naturellement
44:36c'est-à-dire que
44:37la mise en scène
44:37de Georges Lavaudan
44:38il n'aime pas
44:41et je le comprends
44:42tout à fait
44:43il n'aime pas
44:46donner du sens
44:48en disant
44:48c'est ça que ça veut dire
44:49aujourd'hui
44:51bien sûr
44:51on a le personnage
44:52de Célimène
44:53qui est
44:54une image
44:56d'une femme
44:56qui se veut libre
44:57elle est veuve
44:58elle a 20 ans
45:01elle veut vivre
45:03elle veut s'amuser
45:04elle veut
45:05mais
45:07tout en s'amusant
45:08elle est amoureuse
45:09d'un misanthrope
45:11voilà
45:11exactement
45:11et c'est l'histoire
45:12classique de Molière
45:13qu'on apprend à l'école
45:14et qui est toujours
45:15dans la qualité aujourd'hui
45:16voilà
45:16et peut-être
45:17qu'elle n'est pas
45:17non seulement amoureuse
45:19d'Alceste
45:21mais aussi
45:21d'Oronte
45:22et donc
45:23voilà
45:24c'est toute l'ambiguïté
45:25du comédien
45:26et de la mise en scène
45:27de la mise en scène
45:28et on ne choisit pas
45:30mais on donne à entendre
45:31tous ces possibles
45:33et puis votre partenaire
45:34c'est Eric Elmosnino
45:36qui a commencé par des classiques
45:38et qui a joué aussi
45:39Gainsbourg
45:39par hasard
45:40je ne sais pas si vous le savez
45:41il va un jour
45:42au Café de la Paix
45:42pour l'audition
45:43et le metteur en scène
45:44le regarde
45:45et il dit
45:45mais vous êtes Gainsbourg
45:46et c'est comme ça
45:46qu'il a créé le film
45:47et lui c'est aussi
45:48un comédien
45:49qui a le rythme
45:50la réplique
45:50Oui
45:51Eric
45:52il a fait
45:53comme moi
45:54le conservatoire
45:56un tout petit peu plus tard
45:57il a eu tout un parcours
45:59très classique
46:00avec de grands metteurs en scène
46:02avec Françon
46:03avec Lavodan
46:06avec Mesguiche
46:08il a eu
46:09avec Vincent
46:10il a joué avec tout le monde
46:12avec Jean-Pierre Vincent
46:13comme moi
46:14mais il a eu un parcours
46:16à un moment donné
46:17il a bifurqué
46:18un tout petit peu plus
46:18vers le cinéma
46:20et vers le théâtre privé
46:22il a fait aussi un peu
46:23de théâtre privé
46:23voilà
46:24il arrive avec
46:25toute cette expérience
46:26là aujourd'hui
46:27et il est absolument
46:28merveilleux
46:28on espère pouvoir
46:29reprendre le spectacle
46:31bientôt
46:32Justement moi aussi
46:33dans vos divergences
46:35si j'ose dire
46:35il y a la télévision
46:36et il y a un téléfilm
46:38qui a été primé à La Rochelle
46:39qu'on verra
46:39j'espère un jour
46:40très vite à la télévision
46:41c'est Monsieur
46:42une histoire qui se déroule
46:43en 1969
46:44et là aussi
46:45c'est une histoire
46:46très particulière
46:48Oui
46:48elle est
46:50particulière
46:50parce que
46:51elle raconte
46:54Monsieur
46:54c'est donc le titre
46:56je joue
46:57ce monsieur là
47:00est-ce que je suis vraiment
47:01d'ailleurs
47:02le monsieur de ce film
47:03c'est ce qu'on va
47:04peut-être apprendre
47:04dans le film
47:05qui est fermier
47:07mais qui est un
47:09un exploitant
47:11un grand exploitant
47:14un agriculteur
47:15mais qui rachète
47:16toutes les terres
47:16autour de lui
47:17toutes les fermes
47:18autour de lui
47:18c'est l'image
47:20du patriarche
47:23absolu
47:24des années 60
47:25et moi ça m'a intéressé
47:26parce que
47:26toute mon enfance
47:28entre 5 et 10 ans
47:29j'étais justement
47:30à Aigreville
47:31dans les labours
47:32où j'allais jouer
47:33avec les paysans du coin
47:35avec les enfants
47:36des paysans
47:37et donc
47:39j'ai eu
47:40en lisant le scénario
47:41j'ai eu cette
47:43cette odeur là
47:46des labours
47:48et de ce monde
47:49un peu
47:52fermé
47:53entre soi
47:55et ça
47:56c'est le côté
47:57justement
47:57acteur
47:58mais dans la vraie vie
47:59curieusement
47:59vous êtes installé
48:00aux Etats-Unis
48:01dans le Maine
48:01pourquoi
48:03avoir choisi
48:04de quitter la France
48:04et de vivre
48:05une autre vie
48:06et bien
48:08mon épouse
48:09est américaine
48:11nos enfants
48:12étaient
48:14allés rentrer
48:14au collège
48:15mon aîné
48:16notre aîné
48:17et on s'est dit
48:18peut-être que
48:19ça serait bien
48:20
48:21en 2014
48:22ce serait bien
48:23de leur faire toucher
48:25un peu
48:25la culture américaine
48:28mais donc
48:29on a vu
48:29une photo
48:30dans le New York Times
48:32très belle photo
48:33d'une maison
48:34et puis on a décidé
48:35d'aller la visiter
48:37finalement
48:37c'est pas celle-là
48:38qu'on a prise
48:38on en a visité
48:39bien d'autres
48:41et on s'est installé
48:42dans le Maine
48:45sur la côte
48:46pas loin du Québec
48:47finalement
48:47pas très loin du Québec
48:48beaucoup de francophones
48:49beaucoup de francophones
48:52j'ai tourné d'ailleurs
48:53au Québec
48:53plusieurs fois
48:55et aujourd'hui
48:56d'ailleurs
48:57je travaille aussi
48:58avec une actrice
48:58québécoise
48:59Anne-Sophie Archa
49:01qui a joué
49:03avec moi
49:04le fèdre
49:05de Yanis Ritsos
49:06dernièrement
49:07à la librairie
49:08C'est elle
49:08et je pense que
49:09la francophonie
49:10c'est bien justement
49:11pour moi
49:11pas très loin
49:13du Maine
49:13parce que ça me permet
49:14aussi
49:15d'aller travailler
49:16la culture française
49:18dans ce merveilleux
49:20pays
49:20qu'est le Québec
49:21Oui
49:21et qui est le pays
49:22de la langue française
49:23et qui défend plus que jamais
49:24la langue française
49:25mais vivre entre les Etats-Unis
49:26et la France
49:27pour travailler
49:27c'est pas toujours simple
49:28c'est pas toujours simple
49:30mais ce qui est extraordinaire
49:31au Québec justement
49:32c'est qu'on prend
49:33une ville comme Montréal
49:34et on s'aperçoit
49:36qu'il y a
49:38plus de 100 langues
49:39qui sont parlées
49:41un melting pot
49:42avec 31%
49:45d'immigration
49:45et où justement
49:47la culture française
49:48la langue française
49:50est enseignée
49:55et donc ça
49:55c'est un
49:56c'est
49:58je trouve
49:59ça correspond
49:59sans doute
50:00au Canada
50:01au Québec
50:01mais je trouve
50:02que c'est une très
50:03très très belle idée
50:04de ce mélange là
50:07Et la langue française
50:08vous la défendez
50:09donc à la fois
50:10avec le misanthrope
50:11qui est à l'affiche
50:12à l'Athénée
50:12puis à partir du 25 mars
50:15avec ce classique
50:16qui est en attendant
50:17Godot
50:17au théâtre de l'atelier
50:18en attendant
50:19monsieur
50:19qui sera diffusé
50:20à la télévision
50:21quand les directeurs
50:22et les directrices
50:23décideront de le programmer
50:24Voilà
50:25ça sera sans doute
50:26j'espère
50:26pour très bientôt
50:28Et bien je le souhaite
50:29en tout cas
50:29continuer ainsi ce parcours
50:30un parcours classique
50:32dont on a plus que jamais besoin
50:33Merci
50:34Merci beaucoup Jacques
50:35Merci Aurélien Recoing
50:36Les clés d'une vie
50:36c'est terminé pour aujourd'hui
50:38On se retrouve bientôt
50:39Restez fidèles
50:40à l'écoute de Sud Radio
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