00:02Bonjour à tous, bonjour Jean-Pierre Farandou, merci de passer par le plateau des 4V.
00:07Hier, à votre place, Laurent Wauquiez estimait que l'État avait gagné entre 2 et 3 milliards d'euros
00:12grâce avec la TVA supplémentaire, grâce à la hausse des prix du pétrole.
00:16Ça rapporte beaucoup moins, a répondu la porte-parole du gouvernement.
00:20Ça rapporte combien cette hausse des taxes ?
00:23Ça se compte en millions, en milliards, en dizaines de millions ?
00:26Surtout la crise économique qui est consécutive à ce qui se passe en Iran,
00:31elle va coûter de l'argent au pays, notamment par les taux d'intérêt.
00:35Les taux d'intérêt vont monter, vous savez que c'est quasiment le premier poste maintenant budgétaire de l'État.
00:39Donc au grand total, les finances publiques vont perdre de l'argent, bien sûr, par cette crise économique.
00:43Donc ce sont des mauvaises querelles.
00:45Et en plus, de l'argent, s'il faut en mettre, il faut en mettre pour aider les entreprises à
00:49traverser cette crise,
00:49de manière ciblée.
00:50Et puis aussi, il faut mettre de l'argent pour accélérer, il faut arrêter la dépendance aux énergies.
00:56Les tarifs fossiles, on le voit bien, on est trop dépendants du pétrole, on est trop dépendants du gaz,
00:59il faut accélérer l'électrification de l'industrie, l'électrification des usages,
01:03et la programmation pluriannuelle de l'énergie va nous aider à le faire.
01:08Jean-Pierre Farandou, ça rapporte à court terme, puisque Sébastien Lecornu lui-même, le Premier ministre,
01:13a dit à vous, les ministres, que d'éventuels surplus de recettes fiscales
01:17devaient effectivement servir pour un plan d'électrification.
01:21L'électrification, c'est bien, mais c'est à long terme.
01:23Ça veut dire que l'État va quand même voir un peu ses recettes augmenter
01:27et ne va pas s'en servir pour aider les Français qui vont travailler là tout de suite.
01:32Les Français, on les aide.
01:33D'ailleurs, le ministère du Travail a contribué tout de suite,
01:36dès que la crise est arrivée, à soulager les entreprises sur leur trésorerie,
01:39puisque j'ai accepté que les entreprises diffèrent le paiement des cotisations patronales,
01:43donc c'est un effort important de trésorerie.
01:45Vous savez que la BPI va consertir des prêts, c'est aussi important.
01:48La Banque publique d'investissement ?
01:49Oui, la Banque publique d'investissement.
01:51Moi aussi, j'ai accepté que, sur les entreprises des secteurs les plus concernés,
01:54on mette en place des mesures de chômage partiel.
01:56Ça, c'est pour aider l'emploi, aider les salariés,
01:59et ne pas perdre les compétences dans les entreprises qui vont repartir
02:02dès que la crise sera terminée.
02:03Donc il y a un gros effort qui est fait.
02:04Et en fait, il y a des lois qui sont structurelles,
02:07qui vont dégager des économies, notamment la loi sur la fraude
02:09ou la loi sur les ruptures conventionnelles.
02:11Donc il y a un gros effort qui est fait par l'État pour dégager des finances publiques.
02:14Il y a quand même un petit surplus de recettes.
02:16Le Premier ministre l'a dit lui-même.
02:18Et vous assumez le fait qu'on s'en sert pour du long terme,
02:21mais pas pour du court terme.
02:25On veut investir.
02:26Je crois que la solution de fond, c'est effectivement de changer
02:29le mix énergétique de notre pays.
02:31D'ailleurs, c'est tout le sens de la programmation pluriannuelle.
02:34C'est davantage d'électricité.
02:35Grâce au nucléaire, on a de la chance.
02:36Mais ça, ça ne va pas aider, je le comprends très bien,
02:38mais ça ne va pas aider celui qui fait 40 km par jour pour aller travailler
02:41et qui voit son plein augmenter, là, tout de suite.
02:45Je rappelle les mesures qui ont été prises.
02:47On a pris des mesures pour les entreprises, les plus touchées, les plus simulées.
02:50Quand on prend des mesures pour les entreprises,
02:52on prend des mesures pour les salariés de ces entreprises.
02:54Il ne faut pas l'oublier.
02:55Mais quand on prend des mesures pour les salariés,
02:57on prend aussi des mesures pour les salariés.
03:00On ne sait pas vraiment ce qui va se passer en Iran.
03:02On a compris que le détroit d'Ormuz pourrait rester bloqué longtemps.
03:06Est-ce que vous avez commencé à essayer de chiffrer les conséquences
03:10de cette crise internationale sur la croissance et sur l'emploi ?
03:14Pour le moment, les nouvelles prévisions de l'INSEE
03:17montrent un petit fléchissement de la croissance,
03:19mais qui n'est pas énorme.
03:20On est passé de 1 point à 0,9, donc ce n'est pas énorme.
03:24Vous ne craignez pas que ça soit pire ?
03:25C'est toute l'incertitude sur la durée.
03:28Il y a deux facteurs, deux paramètres très importants
03:30pour essayer d'évaluer la crise et l'impact de la crise.
03:33C'est la durée, tout simplement.
03:34Il y a bien malin qu'il peut savoir combien de temps ça va durer.
03:36On voit les déclarations un peu erratiques du président Trump.
03:39Un coup, ça s'arrête, un coup, ça continue.
03:41On ne sait pas exactement où elle en est.
03:43Et deuxièmement, c'est le coût du baril du pétrole,
03:44selon qu'il est à 100 dollars, à 120 dollars, à 150 dollars.
03:47Ça ne fait pas le même effet sur notre économie, bien sûr.
03:50Mais franchement, vous, ministre du Travail,
03:51vous redoutez qu'à la fin, il y ait des conséquences sur l'emploi ?
03:54On est attentifs, bien évidemment.
03:56Ça n'avait pas eu l'Iran.
03:57On était plutôt confiants.
03:59On savait qu'on avait une petite poussée du chômage,
04:01on l'avait vu à la fin de l'année dernière,
04:03à des niveaux qui restent quand même très raisonnables,
04:05puisqu'on était autour de 8 points.
04:06Souvenons-nous que 8 points en France, c'est bien.
04:08On était plutôt à 10 en chômage structurel.
04:10Mais le plein emploi, c'est 3-4.
04:11Le plein emploi, avec d'un côté les Américains
04:14qui ne veulent pas qu'on exporte chez eux,
04:15et de l'autre côté les Chinois qui veulent nous amener plein de produits,
04:18c'est difficile.
04:18Le chômage à 8%, vous craignez qu'il augmente à cause de la guerre ?
04:22On va voir, on va voir.
04:23C'est sûr que tout dépendra, bien évidemment,
04:25de la durée de la crise et de l'ampleur de la crise.
04:27Si ça s'arrête vite, il n'y aura pas trop d'effet sur l'activité.
04:31Si ça devrait durer plus longtemps, oui, au bout d'un moment,
04:33il peut y avoir un effet sur l'activité.
04:35Hier, le Sénat a modifié les règles d'indemnisation
04:37concernant les ruptures conventionnelles.
04:39Ce sera 15 mois maximum au lieu de 18.
04:43Est-ce que vous voulez faire des économies
04:44au détriment de ceux qui cherchent un emploi ?
04:47Non, d'abord, de quoi on parle ?
04:48On parle d'un accord pris par les partenaires sociaux.
04:52Trois organisations patronales, trois organisations syndicales,
04:55dont la plus importante, se sont mis d'accord
04:57en gestion paritaire, d'ailleurs, de l'assurance chômage
05:00pour, effectivement, deux choses.
05:02Un, effectivement, réduire le déficit de l'assurance chômage
05:06en réduisant la durée d'indemnisation des chômeurs
05:10venant d'une rupture conventionnelle.
05:11Et deuxièmement aussi, et France Travail, d'ailleurs, va aider,
05:14intensifier l'accompagnement, notamment des seniors,
05:16pour qu'ils retrouvent plus rapidement un emploi.
05:18Parce que c'est ça, l'enjeu principal.
05:20C'est que quand vous avez négocié une rupture conventionnelle,
05:22c'est qu'on vous aide à retrouver le plus vite possible un emploi.
05:25Donc ça, c'est les termes de cet accord.
05:26Cette loi, elle ne fait que transposer cet accord social.
05:29Et je rends hommage aux 100 des responsabilités
05:31des organisations sociales.
05:32Combien d'économies pour le régime ?
05:35C'est de l'ordre de 1 milliard, 900 millions ?
05:37Oui, l'accord au grand total, c'est pas loin d'un milliard d'euros par an
05:42en régime de croisière, dont c'est considérable.
05:43On a bien besoin de cet argent pour soulager le régime de l'assurance chômage
05:47et pour établir la maîtrise de la sécurité sociale.
05:51Parallèlement à l'Assemblée, se discute le projet sur les fraudes sociales et fiscales.
05:56Pourquoi faites-vous davantage la chasse aux fraudes sociales,
05:59c'est-à-dire les indemnités indues ?
06:01C'est pas très bien, mais bon.
06:03Alors que la fraude fiscale est considérée comme beaucoup plus coûteuse
06:08pour les finances de l'État.
06:09J'en ai corrigé peut-être votre expression.
06:14Dans la fraude sociale, c'est celle-là que je gère.
06:15L'effort principal, il est sur les entreprises qui fraudent.
06:18Il n'est pas sur les personnes.
06:19Dans les entreprises qui fraudent, vous avez deux grands motifs.
06:22Vous avez le motif historique, mais toujours là, du travail dissimulé,
06:26où les entreprises ne paient pas les cotisations.
06:29Des entreprises qui emploient des gens au noir.
06:31Au noir, exactement.
06:32Ils n'en déclarent pas assez ou pas assez d'heures.
06:34Il y a différentes manières de tricher.
06:36C'est très très important parce que ça prive la sécurité sociale des cotisations.
06:39Les cotisations, c'est ça qui permet de payer des retraites,
06:42de rembourser les gens quand ils sont malades.
06:43C'est très très important.
06:44Et on a des instruments nouveaux dans cette loi
06:46qui nous permettront d'être plus efficaces.
06:48Et puis, une nouvelle forme de fraude, c'est la fraude à la formation
06:50qui est d'ailleurs doublement critiquable.
06:53Critiquable parce qu'elle trie sur l'argent public.
06:55Plus grave, elle fait des mauvaises formations pour les jeunes
06:57qui, à l'issue de leur formation, n'ont pas leur diplôme
06:59et n'arrivent pas à s'insérer dans la vie professionnelle.
07:02Moi, j'ai déjà décidé de fermer un centre de formation d'apprentis
07:05en région parisienne.
07:06On va en fermer d'autres s'il le faut.
07:08Et là encore, cette loi nous permettra d'éviter cette fraude,
07:10je vous dis, doublement critiquable,
07:12fraude à l'argent public et sur le dos des jeunes.
07:13Merci infiniment, Jean-Pierre Farandou,
07:16ministre du Travail et des Solidarités,
07:18qui fait la chasse aux fraudes sociales des entreprises.
07:21Surtout, merci, bonne journée à tous.
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