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  • il y a 8 heures
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.

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Transcription
00:02Bonjour Jean-Noël Barraud, vous êtes effectivement ministre des affaires étrangères.
00:07Un avion d'Air France parti d'Oman est arrivé cette nuit pour apatrier des Français bloqués au Moyen-Orient.
00:13Y aura-t-il d'autres avions dans la journée ?
00:16Il y en aura d'autres. Les équipes du ministère des affaires étrangères à Paris comme à Dubaï
00:23sont en train de procéder aux opérations d'affrêtement, c'est-à-dire de contacter nos compatriotes
00:29et notamment les plus vulnérables pour qu'ils puissent rentrer le plus rapidement possible dans notre pays.
00:34Mais vous pouvez nous dire un peu combien d'avions, quand ?
00:36Il y aura plusieurs vols aujourd'hui, notamment l'un qui partira des Émirats arabes unis,
00:42un autre qui partira de l'Égypte pour pouvoir emporter certains de nos compatriotes,
00:46une nouvelle fois les plus vulnérables en provenance d'Israël.
00:48En provenance d'Israël, le vol des Émirats, il partira directement des Émirats
00:53ou par Oman comme celui de cette nuit ?
00:56Vous serez informé en temps utile, il partira en tout cas d'Abu Dhabi.
01:01Le président de la République a parlé hier de 400 000 Français sur zone.
01:05La France souhaite en rapatrier combien ?
01:07Nous souhaitons que les Françaises et les Français qui sont dans la région
01:11et qui s'inquiètent puissent rentrer en France dans les meilleurs délais.
01:16Pour cela, la meilleure des choses, c'est évidemment que les hostilités cessent
01:20et que les espaces aériens puissent se réouvrir.
01:23Dans cette attente, nous facilitons par tout moyen, avec le déploiement de nos équipes sur place,
01:30l'accès par les Français qui le souhaitent aux aéroports notamment,
01:34que ce soit en Jordanie et en Égypte pour les Françaises et les Français qui sont aujourd'hui en Israël,
01:38ou que ce soit en Omane pour les Françaises et les Français qui sont aujourd'hui à Abu Dhabi ou
01:44à Dubaï.
01:45Ça représente combien de personnes ? J'imagine qu'il n'est pas question d'évacuer 400 000 personnes.
01:49C'est quoi ? C'est de l'ordre de quelques centaines, de quelques milliers de personnes que la France
01:53souhaite faire revenir ?
01:56La question n'est pas de savoir le nombre de personnes que la France souhaite faire revenir.
02:01La question est de savoir comment nous pouvons répondre aux attentes des Françaises et des Français sur place
02:06qui souhaitent rentrer. Et c'est tout l'objet du déploiement exceptionnel de moyens à Paris
02:12comme dans les pays de la région pour pouvoir faciliter leur retour dans les meilleures conditions.
02:17Les gardiens de la Révolution ont dit ce matin avoir le contrôle total du détroit d'Hormuz,
02:22par lequel passe 20% du pétrole mondial, on le sait.
02:24Est-ce que la France confirme ? Est-ce que vous confirmez que l'Iran maîtrise le détroit d'Hormuz
02:29?
02:29Le Président de la République l'a dit hier. De fait, dans les faits, le détroit d'Hormuz est fermé
02:35à la circulation des navires en raison des risques.
02:37Et qu'un bateau ne passe ?
02:38Les risques sont trop grands pour que la circulation puisse se faire.
02:42Ce que le Président de la République a également annoncé, c'est que nous allions proposer à un certain nombre
02:48de partenaires
02:49de former, comme c'est le cas en mer Rouge, une coalition pour pouvoir sécuriser la navigation,
02:55la circulation des navires dans cette région du monde, qui est un point névralgique du commerce international.
03:02Sécuriser un détroit, ça veut dire que nous, des forces françaises sont susceptibles de tirer sur des navires iraniens
03:09ou sur des forces iraniennes qui empêcheraient la circulation dans le détroit.
03:12Vous savez, depuis plusieurs années maintenant, une opération européenne qui s'appelle Aspides
03:18réalise en mer Rouge des opérations de sécurisation de la circulation des navires.
03:22Puisque vous vous souvenez qu'un groupe terroriste, qui est d'ailleurs soutenu par l'Iran,
03:26les outisent pour, je dirais, intimider les navires ou entraver leur circulation,
03:33envoyer des drones ou parfois des missiles.
03:35Eh bien, nous avons, depuis quelques années, des capacités militaires en mer Rouge
03:40qui visent à prévenir les attaques des outils contre les navires.
03:43C'est dans ce même esprit que nous voulons sécuriser la circulation dans le détroit d'un monde.
03:47Mais vous vous féminisez. Sécuriser, ça veut dire qu'on est susceptible de tirer.
03:49Ça veut dire qu'on intercepte les vecteurs qui sont envoyés par ceux qui veulent agresser
03:54les navires en circulation ou qui veulent bloquer la libre navigation dans cette zone du monde.
03:59Nous avons des accords militaires avec les Émirats assez contraignants.
04:03S'ils nous demandent de l'assistance, la France participera-t-elle à des opérations militaires contre Lyon ?
04:10Le Président l'a encore une fois rappelé hier.
04:12Nous avons d'ores et déjà répondu à la demande de nos partenaires,
04:18et en particulier des Émirats arabes unis, avec des capacités militaires qui ont pu leur être fournies,
04:23des rafales, des systèmes de défense antiaérienne,
04:27mais aussi des capacités de radar aéroportées.
04:31Tout cela, dans une optique simple, qui est strictement défensive,
04:35permettre à nos amis, pays alliés, ou en tout cas pays partenaires,
04:39de se défendre contre cette agression qu'ils n'ont pas sollicité.
04:42Ce qui veut dire que des rafales français pourraient tirer contre des avions ou des missiles iraniens.
04:48Ce qui veut dire que des rafales français ont d'ores et déjà neutralisé des drones
04:52qui visaient le ciel des Émirats arabes unis,
04:55et donc d'ailleurs potentiellement la base militaire française qui est sur place,
05:00et que ces rafales auront vocation à faire la même chose,
05:02c'est-à-dire à protéger le ciel émirien.
05:05Est-ce que vous avez compris les buts de guerre américains ?
05:07Ce que je sais en tout cas, c'est que la prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis
05:13soulève un risque majeur d'engrenage qui pourrait entraîner une période de grande incertitude
05:21et de grande instabilité.
05:22Il faut le dire, la guerre ne crée pas en elle-même les conditions de la paix.
05:27Et le déploiement de la force ne permet pas en lui-même de restaurer la stabilité et la sécurité.
05:33Et c'est pourquoi il faut que, le plus rapidement possible, les armes se taisent pour que la diplomatie reprenne
05:38ses droits
05:39et pour qu'une solution politique puisse émerger qui permette la coexistence de l'Iran,
05:45qui est une grande nation, avec son environnement régional, avec la communauté internationale,
05:50et qui tienne compte des aspirations légitimes des Iraniens de leur droit à disposer d'eux-mêmes.
05:55Si vous dites qu'il faut que les armes se taisent et que la négociation commence,
05:58ça veut dire que la France n'est pas pour un changement de régime ?
06:01Ce que nous voulons, je le dis, c'est d'éviter ce qui se produit trop souvent à l'issue
06:06de guerres,
06:06surtout lorsqu'elles commencent à l'écart du droit international,
06:10c'est-à-dire des pays fragmentés qui s'installent dans des périodes d'instabilité
06:16où prospèrent tous les trafics et toutes les formes de terrorisme.
06:19Et c'est à cela que nous voulons oeuvrer aujourd'hui.
06:21On a beaucoup entendu, y compris le chef de l'État, quand même se féliciter de la fin d'un
06:27tyran et de la mort d'un dictateur.
06:28Vous, j'ai l'impression que ce matin, vous insistez davantage sur le fait que cette guerre est illégale
06:34et qu'elle porte en elle des dangers.
06:35Non, nous ne pleurons pas les bourreaux du peuple iranien,
06:38que nous avons condamnés avec la plus grande fermeté
06:40lorsqu'ils ont tourné leurs armes contre un peuple qui se révoltait de manière pacifique avec un courage inouï.
06:47Cependant, nous voyons bien tous les risques que peuvent entraîner des guerres,
06:52je dirais, dont les buts ne sont pas précisément définis.
06:55Et nous voyons bien combien un pays de 90 millions d'habitants
06:59qui serait livré à une instabilité majeure
07:03peut avoir de conséquences pour la région et pour nous-mêmes,
07:07puisque nous sommes presque voisins.
07:08C'est la Méditerranée.
07:09Et donc, le scénario que privilégie la France, maintenant, c'est quoi ?
07:12C'est la reprise d'un dialogue entre qui et qui ?
07:14Le scénario que privilégie la France, c'est la désescalade,
07:18puisque chacun le voit, on a parlé des ressortissants,
07:21on a parlé du détroit d'Hormuz,
07:23puisque c'est par là que circule l'essentiel du pétrole,
07:25ou une partie importante du pétrole et du gaz,
07:27et donc qui peut avoir une conséquence,
07:30nous espérons la moins grande possible,
07:33sur les prix de l'énergie au niveau mondial.
07:35Tout cela a des conséquences sur nos vies quotidiennes.
07:37Donc, tout cela doit cesser, et le plus rapidement possible,
07:41que la diplomatie reprenne ses droits.
07:42Ça veut dire qu'il faut discuter avec ce qui reste du régime iranien.
07:47On parle du fils de l'ayatollah Khamenei,
07:52qui l'aurait remplacé comme dite suprême.
07:54Il faut discuter avec ses autorités.
07:56Il faut que le régime consente à des concessions majeures
08:02et à un changement radical de posture.
08:04Et les attendus sont clairs.
08:05C'est d'abandonner l'idée de disposer d'un programme nucléaire
08:12qui n'est d'autre fin qu'une vocation civile.
08:16C'est de renoncer par ses moyens balistiques,
08:18c'est-à-dire ses missiles, à déstabiliser sa région.
08:20C'est tout lien et tout soutien aux groupes terroristes
08:24qui ont créé tant de dommages dans cette région et au-delà.
08:30Et c'est bien sûr de respecter les droits fondamentaux du peuple iranien.
08:34Merci beaucoup d'être passé par France 2 et les 4V ce matin.
08:37Jean-Noël Barraud, ministre des Affaires étrangères.
08:40Merci.
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