- il y a 7 semaines
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, était l'invité du "Face à Face" ce mercredi 17 décembre, sur BFMTV et RMC.
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00:00Il est 8h29 sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Pierre Farandou.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin.
00:06Vous êtes le ministre du Travail et des Solidarités, ancien président, directeur général de la SNCF.
00:12De très nombreuses questions à vous poser sur le SMIC, sur les allocations, sur la prime de Noël, sur l'emploi, sur le budget bien sûr.
00:18Mais en préparant cette interview, je me suis demandé si finalement vous n'étiez pas mieux à la tête de la SNCF.
00:23C'était presque plus confortable, non ?
00:25C'est différent, c'est sûr que la SNCF, je la connaissais très bien, j'ai passé 45 ans de ma vie.
00:30Mais je suis content d'avoir accepté de m'engager pour le pays.
00:33Vous savez, moi je suis là pour les Françaises et les Français.
00:35Travail, solidarité, il y a beaucoup de choses.
00:36Je crois que tous les Français se sentent concernés par ces sujets.
00:39Si je peux être utile pour eux, je le ferai bien volontiers.
00:42Et c'est ce qu'on va voir justement.
00:43Utile, comment ?
00:44Alors d'abord dans un contexte évidemment où on attend de savoir si le budget de la France sera voté ou non.
00:49Je vous interrogerai là-dessus.
00:50Mais il y a une question évidemment très précise sur la prime de Noël, parce que c'est dans quelques jours.
00:55Et peut-être c'est même là-dessus qu'il y a eu une question presque, j'allais dire, de philosophie autour de votre arrivée au ministère, au ministère du Travail et des solidarités.
01:05Parce que lorsque vous êtes arrivé il y a donc quelques semaines, vous déclariez, je vous cite,
01:10« L'État français a été très généreux et vous disiez au fond qu'il serait difficile de continuer à l'être.
01:17Vous envisagiez en particulier sur cette prime de Noël de la restreindre pour ne plus la donner aux ménages sans enfants ou aux célibataires sans enfants.
01:25Au moment où on se parle, est-ce que vous avez changé d'avis ? Est-ce que les choses ont évolué ?
01:29Et la prime de Noël sera-t-elle versée à tous ? »
01:31D'abord elle a été versée hier, la prime de Noël.
01:33Donc ça y est, c'est fait.
01:34Ça c'est fait. Voilà.
01:35Donc c'est une bonne chose, c'est une bonne nouvelle.
01:36Mais y compris à ceux qui n'ont pas d'enfants.
01:38– Oui, oui. Elle a été versée dans les conditions habituelles.
01:41Donc on est des enfants, qu'on n'est pas des enfants.
01:43Du moment qu'on est bénéficiaires du RSA, on a reçu la prime de Noël.
01:46Personne seul, personne avec enfant.
01:48Tout le monde a reçu la prime de Noël.
01:49L'année prochaine, donc là ça renvoie à ce que vous avez indiqué,
01:52c'est le débat sur le budget pour l'année prochaine.
01:55Ce budget pour l'année prochaine, pour l'État, on cherche à l'équilibrer.
01:58Vous savez qu'on voulait même partir dans la copie initiale à 4,7% de déficit.
02:02Parce que c'est très important que l'État français sorte progressivement ce problème de déficit
02:07qui accroît la dette, taux d'intérêt de plus en plus élevé,
02:09la charge de la dette des temps plus lourde.
02:11C'est ça. Dans cette copie initiale, c'est vrai, je l'ai dit,
02:14il y avait effectivement la proposition de réduire les bénéficiaires de la prime de Noël.
02:19C'était une proposition.
02:20Tout de suite, j'ai dit aussi que j'étais prêt à en discuter.
02:23Et d'ailleurs, c'est le Parlement qui va le faire.
02:24Donc pour le moment, rien n'est encore tranché.
02:26Le Parlement et notamment à l'Assemblée nationale,
02:29décidera de la manière dont tu veux appliquer la prime de Noël dans ce pays l'année prochaine.
02:33– Donc il reste quelques jours effectivement pour en décider.
02:35À titre personnel, vous estimez toujours que l'État n'a plus les moyens d'être aussi généreux ?
02:41– Alors sur la question de fond, c'est tout le débat un peu du financement de la sécurité sociale,
02:44de notre système de protection sociale.
02:46C'est un vrai sujet.
02:47On sait que ça consomme de plus en plus de part de notre richesse.
02:50Je pense que moi, il faut ouvrir le débat.
02:52Je pense que ce n'est pas l'occasion d'un projet de loi de finances qui est un peu technique,
02:55qui va vite, on est au Parlement.
02:57Moi, je suis prêt à engager un débat de fond,
02:59comme je l'ai fait sur les retraites à travers une conférence qu'on a lancée dans le pays
03:02avec des partenaires sociaux.
03:04Je suis prêt à réunir toutes les parties prenantes pour discuter
03:06c'est quoi notre modèle social, notre système de protection et comment on le finance.
03:10Je pense que c'est un débat qu'il faut mettre sur la table.
03:12On est un peu aux limites, un peu au système.
03:13Il est né, vous savez, après la guerre,
03:15on a un système de la sécurité sociale qui a 80 ans.
03:19Le temps est peut-être venu maintenant de remettre à plat
03:21les conditions de financement de notre système de protection sociale.
03:23Ça veut dire, vous parliez à l'instant de la sécurité sociale,
03:26la semaine dernière, certains socialistes, Jérôme Getsch par exemple, disaient
03:29« Moi, je suis pour une grande sécu ».
03:32C'est-à-dire qu'il n'y ait plus le reste à charge d'un côté,
03:34les mutuelles de l'autre, en fait, qu'il y ait une grande sécu.
03:36Est-ce que ça fait partie des pistes de réflexion pour vous ?
03:38Moi, je suis très doué.
03:39On voit là que la mutuelle, les prix des mutuelles vont encore augmenter.
03:43Est-ce qu'au fond, on n'arrive pas justement à ce bout du système
03:46où c'est les vases communicants, où quand l'État ne veut plus,
03:48ils se déversent sur les autres ?
03:50Aujourd'hui, le système de la sécurité sociale en France,
03:52la protection sociale, les retraites, la maladie,
03:54il est payé par le travail, par des cotisations patronales,
03:57donc il renvoie au coût du travail,
03:59et salariales, qui renvoie d'ailleurs à la différence
04:01entre salaire bruit et salaire net,
04:02qui est aussi un débat dans ce pays sur le pouvoir d'achat.
04:04Et de l'autre côté, il est payé de plus en plus aussi par l'État
04:07qui comble le trou, puisqu'il manque encore de l'argent,
04:10les cotisations ne sont pas suffisantes.
04:12C'est ça qu'il faut mettre sur la table.
04:13Il n'y a pas de solution évidente, mais en tout cas,
04:15discutons-en, regardons les formules possibles,
04:18et je pense que ce débat sera très utile.
04:20Je suis en train de dire que la prochaine campagne présidentielle,
04:22elle sera sociale.
04:23Il faudra parler retraite, il faudra parler sécurité sociale,
04:26et on peut penser que le débat démocratique
04:28tranchera le modèle de protection que les Français souhaitent pour leur pays.
04:31Ça veut dire que d'ici là, on a quand même le sentiment
04:33qu'à chaque fois qu'on essaye de toucher à un débat de fond,
04:36comme on le fait à l'instant avec vous, Jean-Pierre Farrandou,
04:38on nous renvoie à 2027.
04:40Ça veut dire que d'ici là, au fond,
04:42ce sera une sorte de gestion des affaires courantes ?
04:44Ah non, on est prêt à faire beaucoup de choses.
04:46Moi d'ailleurs, je rense sur mon ministère à moi,
04:47emploi des jeunes, emploi des seniors, accident du travail,
04:51voilà, il y a beaucoup de choses à faire,
04:53et je suis prêt à les engager.
04:54Et honnêtement, il me tarde que la période budgétaire soit terminée,
04:57ça me consomme beaucoup de temps.
04:58Moi je suis sur les starting blocks, je suis prêt à partir,
05:01je rencontre beaucoup de patrons de fédérations,
05:03par exemple professionnels,
05:04et je vois bien avec eux comment on peut les aider à mieux fonctionner.
05:06Moi il me tarde de me mettre au service de mon pays,
05:08au service des entreprises, pour le travail et pour l'emploi.
05:10Donc ça veut dire que pour ça, il faudrait que le budget soit voté et vite,
05:13on n'a pas l'impression qu'il sera voté en Noël ?
05:15Moi j'espère, je suis un optimiste,
05:17je crois beaucoup au dialogue, je crois beaucoup au compromis.
05:20Ce qui va être très important, c'est ce qu'on appelle
05:21cette commission mixte paritaire de vendredi,
05:24avec 7 sénateurs et 7 députés,
05:26ils ont en main, quelque part, peut-être,
05:28le succès de ce projet de loi de finances pour la France,
05:31ce budget pour la France.
05:32Espérons qu'ils arrivent à converger.
05:33S'ils convergent, ensuite il faudra que ce soit voté.
05:36Mais moi, on fait tout côté État pour leur donner tout le matériau,
05:38tous les éléments, pour qu'ils arrivent à converger vendredi ou samedi.
05:41Certains, au sein même de la famille politique du Bloc central,
05:44alors on ne sait plus très bien où est-ce qu'il commence,
05:45où est-ce qu'il s'arrête,
05:46mais quelqu'un comme Elisabeth Borne, l'ancienne première ministre,
05:49ancienne ministre du gouvernement,
05:53elle dit aujourd'hui, on ne peut pas s'en sortir 149.3.
05:56Il vaut mieux un 49.3 que pas de budget.
05:58Est-ce que vous faites partie de cela ?
06:00Ah non, là-dessus, moi je suis très aligné sur mon Premier ministre
06:02qui a décidé de ne pas utiliser 49.3,
06:05de donner la responsabilité au Parlement de faire la loi,
06:08la fabrique de la loi, parce que ce sont des lois dont on parle,
06:10à la fois la sécurité sociale et le budget de l'État,
06:12ce sont des lois.
06:13Nous apprenons, c'est très innovant,
06:15effectivement, peut-être dans la Ve République,
06:17le pouvoir est donné au Parlement,
06:19le gouvernement participe bien sûr dans les négociations,
06:21dans les débats, dans la recherche de compromis.
06:23On a réussi pour la sécurité sociale, au fond,
06:26même si c'est peut-être plus difficile,
06:27il n'y a pas de raison qu'on ne réussisse pas non plus
06:29pour donner un budget à l'État français.
06:31Donc, tant pis si ça doit prendre du temps ?
06:34Tant pis, ça doit prendre du temps,
06:35mais pas trop de temps non plus,
06:36parce qu'on a besoin d'un budget,
06:37c'est important, par exemple, pour les armées,
06:39on est prêt à mettre 6,7 milliards d'euros supplémentaires
06:42pour mieux se défendre,
06:43c'est dans le projet de loi.
06:45On parlait de la prime de Noël,
06:46la prime de Noël aussi, elle est dans le budget.
06:48Donc, c'est très très important de donner un budget,
06:50et j'espère, moi je suis toujours optimiste,
06:52et je crois à la capacité de compromis,
06:54qu'on peut y arriver d'ici la fin de l'année.
06:55Le SMIC, la hausse du SMIC,
06:57est-ce que vous confirmez ce que les syndicats ont annoncé
06:58la semaine dernière ?
07:00Est-ce qu'un décret sera effectivement présenté
07:02pour augmenter le SMIC, et à quelle hauteur ?
07:04Je peux vous dire qu'aujourd'hui,
07:06c'est aujourd'hui normalement que ça se décide
07:07en Conseil des ministres,
07:08c'est ça la procédure,
07:09le SMIC sera augmenté un peu plus que l'inflation.
07:12L'inflation est à 0,9%,
07:13c'est les derniers calculs sur un an,
07:15le SMIC sera augmenté de 1,18%,
07:17donc avec un petit supplément par rapport à l'inflation.
07:211,18%,
07:22donc il y a une sorte de petit coup de pouce.
07:24C'est un coup de pouce intégré au mode de calcul,
07:27parce que le mode de calcul fait qu'on donne souvent
07:29un peu plus que l'inflation,
07:31et d'ailleurs, depuis 2021,
07:33le SMIC a déjà été augmenté de 17%,
07:35alors que l'inflation est à 15%,
07:36elles ont été augmentées de 15%,
07:38les salaires de 15%,
07:39donc on voit, le SMIC se tient bien,
07:41et via les mécanismes d'indexation,
07:42on arrive bien à le maintenir à un niveau suffisant.
07:45Jean-Pierre Farandou,
07:46depuis lundi,
07:47750 salariés de Brant
07:50qui ont perdu leur emploi,
07:53est-ce que vous avez des précisions à nous donner sur leur avenir ?
07:57Est-ce que le gouvernement va s'en charger ?
08:00Est-ce que vous avez un peu d'espoir à leur donner ?
08:02Oui, d'abord, c'est un drame humain,
08:03je viens de l'entreprise, vous le savez,
08:05donc une entreprise qui ferme,
08:06c'est un drame,
08:07c'est d'abord un drame humain,
08:08c'est un drame économique,
08:08mais c'est d'abord un drame humain.
08:10750 salariés vont perdre leur emploi
08:12sur le site de Saint-Ouen et sur le site d'Orléans,
08:14on va les aider,
08:15et le ministère du Travail en particulier,
08:16c'est notre travail,
08:17c'est notre job,
08:18on va les accompagner un par un,
08:20pendant 12 mois,
08:21on va les aider à retrouver un emploi.
08:23Ça veut dire quoi ?
08:24Ça veut dire financièrement ?
08:25Ça veut dire en termes de formation ?
08:27En termes de recherche d'emploi ?
08:29D'abord, on leur assure au minimum
08:3075% de rémunération de leur salaire brut
08:32pendant 12 mois,
08:34donc c'est une période assez longue
08:35où ils sont sécurisés au plan économique,
08:36et deuxièmement,
08:37des conseillers,
08:38des conseillers emploi
08:38vont être mis à leur disposition
08:39pour des diagnostics individuels,
08:41pour chacun,
08:41l'histoire de chacun est différente,
08:43qu'un nouveau projet professionnel,
08:44disons,
08:45on va les aider à réussir,
08:46et à Saint-Ouen et à Orléans.
08:48Il y a deux plans sociaux,
08:51j'allais dire silencieux,
08:52dans le pays,
08:53l'un dans le bâtiment,
08:55et d'autres dans le commerce,
08:56et notamment le commerce de l'habillement.
08:58On apprend que IKKS,
09:00l'enseigne de vêtements français,
09:03va se retrouver en redressement,
09:04350 magasins qui pourraient fermer,
09:07là aussi,
09:07c'est à chaque fois des emplois.
09:10Quel regard vous portez là-dessus,
09:11et est-ce qu'il y a un moyen
09:13de stopper cette hémorragie ?
09:14– Il y a deux sujets,
09:15il y a effectivement le traitement de fonds,
09:18on est envahi de produits chinois,
09:19c'est ça le problème,
09:20il faut qu'on arrive à se protéger
09:21de ce plan d'invasion massive
09:24de produits chinois,
09:24très bas coût,
09:25avec du dumping social,
09:26des normes sanitaires
09:27qui ne sont pas respectées,
09:28il faut absolument qu'on se protège,
09:29au niveau français,
09:30au niveau européen,
09:31ça c'est central,
09:31c'est stratégique.
09:32– On s'est fait avoir,
09:33franchement sur cette histoire,
09:34on s'est fait avoir comme des bleus.
09:35– Peut-être que l'Europe a été un peu naïve,
09:37je pense qu'il y a une forme de naïveté de l'Europe,
09:39c'est fini,
09:39il faut que l'Europe se prenne en main,
09:41on a d'un côté les Chinois
09:42qui veulent nous envahir,
09:43et de l'autre côté les Américains
09:44qui se protègent par leurs tarifs douaniers,
09:46voilà, c'est ça la réalité du monde,
09:47dans cet environnement-là,
09:49l'Europe doit devenir plus solide,
09:50et se protéger davantage.
09:51– L'Europe et la France,
09:52pardon,
09:52je fais une insertion sur cette question
09:55des petits colis,
09:55je recevais ce matin sur RMC
09:57l'un des députés en charge du rapport
09:59qui sera dévoilé ce matin,
10:01qui disait que sur ces petits colis,
10:03seuls 0,008% de contrôles,
10:08et lorsqu'ils sont contrôlés,
10:109 produits sur 10 ne respectent pas les normes.
10:13Quand on sait ça,
10:14est-ce qu'il ne faut pas stopper de net ?
10:16– Après ce sont des discussions
10:17qu'il faut avoir là aussi au niveau français
10:19et au niveau européen quand même,
10:20il faut être sérieux parce que…
10:21– Mais en termes de concurrence,
10:23pour ceux qui dans notre pays
10:25respectent les normes lorsqu'ils fabriquent,
10:27c'est insupportable.
10:28– Oui, on est bien d'accord,
10:29je suis absolument d'accord,
10:30c'est bien pour ça qu'il est temps
10:31de se défendre,
10:31il est temps de mettre en place
10:32des mécanismes solides,
10:33de se protéger.
10:35Il faut se protéger de produits
10:36qui ne sont pas aux normes,
10:37de produits qui sont dangereux,
10:38de produits qui sont en dumping social,
10:40il faut se protéger.
10:41Ça c'est l'amont,
10:41c'est absolument vital,
10:42c'est une forme de guerre économique,
10:44il faut bien voir,
10:45donc il faut se protéger.
10:46Et deuxièmement,
10:47bien évidemment,
10:47après c'est la balle,
10:48quand il y a des conséquences
10:50sur l'emploi en France,
10:51là mon ministère intervient à fond
10:52et France Travail,
10:53on a une superbe agence,
10:5455 000 conseillers
10:55qui sont mobilisés
10:56pour aider les Français
10:57à retrouver du travail.
10:58J'ai visité un France Travail
10:59à Seine-Lunie
11:00il n'y a pas très longtemps,
11:01c'est très impressionnant,
11:01ce sont des grands professionnels
11:02qui accompagnent chacun
11:03et on trouve des solutions.
11:05On a un système de retour
11:06vers l'emploi
11:06qui fonctionne bien dans ce pays,
11:08heureusement,
11:08mais franchement,
11:09ça fonctionne.
11:10Voilà, donc,
11:11protection en amont
11:12et très bon à la belle.
11:12– Donc les 350 magasins IKKS,
11:14donc effectivement
11:1540 000 emplois
11:16qui ont été détruits
11:20vous ne redoutez pas
11:21que le chômage
11:23à nouveau se réinstalle
11:24comme un chômage de masse ?
11:25– Non, d'abord,
11:25on est résilients,
11:26il faut voir les chiffres
11:26pour le moment.
11:27Alors, on voit bien
11:27que cette situation économique
11:28est terrible quand même,
11:29on est pris en sandwich
11:30quelque part
11:31entre l'agression des Chinois
11:32et le protectionnisme
11:32des Américains.
11:33Voilà, on ne résiste pas
11:34trop mal en France,
11:35je ne sais pas si vous le savez,
11:36mais la France a fait
11:37la moitié la croissance européenne
11:39à elle toute seule.
11:41Dans notre modèle,
11:41il est résilient.
11:42Et si il est résilient,
11:43c'est peut-être d'ailleurs
11:43que les politiques
11:44qu'on a conduites
11:45ces dernières années,
11:45elles ne sont pas trop mauvaises.
11:46Cet équilibre entre
11:47politique de l'offre,
11:48politique de la demande,
11:49on a des grands champions,
11:50on a l'aéronautique,
11:51je crois que le carnet
11:52de commande d'Airbus
11:52n'a jamais été aussi plein,
11:54on a le nucléaire,
11:55on a le BTP,
11:56on a l'armement,
11:57on a des grandes filières
11:58qui fonctionnent très bien
11:59et qui tirent
11:59toute l'économie française.
12:01Voilà, donc tout ça,
12:02nous l'avons en main.
12:03Donc certes,
12:03tout n'est pas parfait,
12:04mais honnêtement,
12:05notre pays résiste bien
12:06et on a des atouts
12:07pour résister
12:08dans cette grande concurrence
12:09mondiale qui s'organise.
12:10Jean-Pierre Farandou,
12:11la question des allocations familiales,
12:13le projet de loi
12:14de finances
12:15sur la sécurité sociale
12:16qui a donc été adopté
12:17prévoit de décaler
12:18l'âge de majoration
12:19des allocations familiales
12:21de 14 à 18 ans.
12:22Aujourd'hui,
12:22quand votre enfant
12:23avait 14 ans,
12:25votre allocation familiale
12:26était revalorisée,
12:28considérée
12:28qu'il vous coûtait plus cher.
12:30Ça ne sera qu'à 18 ans.
12:31Est-ce que vous n'allez pas lier
12:32à cette question-là
12:33pour les Français,
12:35pour le manque à gagner
12:35que ça serait pour les familles ?
12:37Ça, c'est le Parlement
12:38qui l'a décidé,
12:38la loi va s'appliquer.
12:40Là encore,
12:41il ne faut pas oublier
12:41qu'il y a une notion
12:42de recherche d'économie
12:43quand même.
12:44C'est l'équilibre
12:44entre l'économie et la sociale.
12:45Sur l'eau des familles en ce moment,
12:46honnêtement,
12:47déjà que les gens
12:47ne font pas de bébés...
12:48Il faut que tout le monde
12:49fasse des efforts.
12:49C'est bien le problème.
12:50On voit bien que chaque fois
12:51qu'on demande des efforts
12:52dans ce pays,
12:52c'est compliqué à accepter.
12:53Comment on fait ?
12:54On ne peut pas à la fois
12:54équilibrer ou chercher
12:55à équilibrer la sécurité sociale
12:57et refuser tous les efforts.
12:58Alors les efforts,
12:59c'est compliqué,
12:59c'est difficile.
13:00Difficile à assumer aussi,
13:01bien sûr,
13:02pour un gouvernement.
13:03Mais c'est notre devoir aussi
13:03de trouver ses équilibres
13:04économiques,
13:05sociaux.
13:06Surtout qu'on s'en est pas
13:06trop mal sorti.
13:07Ce budget,
13:07il est pas mal.
13:08Il a évité le dérapage
13:10des comptes
13:10de la sécurité sociale
13:11avec un chiffre
13:13qui reste raisonnable,
13:14même toujours en déficit.
13:15Mais vous ne pouvez pas
13:15rétablir l'équipe
13:16d'un seul coup.
13:17Il apporte beaucoup
13:17de bonnes choses aux Français
13:18sur la santé,
13:19sur les retraites.
13:20Vous l'assumez,
13:20ce budget.
13:20Oui, je l'assume.
13:21Et moi, honnêtement,
13:21ma lecture,
13:22je trouve que c'est pas
13:22un mauvais budget.
13:23J'entends beaucoup de critiques
13:24que je trouve excessives.
13:26Il arrange la retraite
13:27des femmes, par exemple,
13:27depuis le temps qu'on a parlé.
13:29Les femmes qui ont des enfants
13:30verront leur retraite améliorée.
13:32Il arrange aussi
13:32tout ce qui est
13:33l'accès aux soins
13:33dans les territoires.
13:35Donc il y a plein de bonnes choses
13:36dans le budget.
13:37Regardons ce qui va bien.
13:38Attention à ne pas tomber
13:39dans la catastrophe
13:40dans ce pays.
13:40On voit toujours ce qui va mal,
13:41on le bourre souple,
13:42on ne voit pas ce qui va bien.
13:44Or, il y a beaucoup de choses
13:44qui vont bien dans ce pays.
13:45L'allocation sociale unique,
13:47ça faisait partie des choses
13:48auxquelles vous croyez beaucoup.
13:49Vous avez encore dit
13:50il y a dix jours
13:51que vous aviez
13:52un projet d'allocation sociale unique
13:54pour décembre 2025.
13:56Est-ce qu'on y sera ?
13:57Alors, l'allocation sociale unifiée,
13:59c'est rendre notre système d'aide
14:00plus lisible, plus simple,
14:01plus accessible, plus équitable.
14:02Voilà.
14:03Donc c'est ça l'objet.
14:04Et on ne renonce pas,
14:05bien évidemment.
14:06Ça veut dire qu'au lieu
14:06d'avoir des multiples guichets
14:08ou plusieurs lignes,
14:09on aura...
14:09Expliquez-nous vraiment
14:10ce que ça changera au quotidien.
14:12Vous aurez un compte social unique
14:13où chacun pourra savoir
14:14exactement ce à quoi il a droit.
14:16Aujourd'hui, c'est très compliqué.
14:17Et on sait d'ailleurs
14:18des gens dont on n'accède pas
14:19à leur droit
14:19parce qu'ils ne savent pas bien
14:20s'y retrouver dans la jungle
14:21des systèmes qui existent.
14:23Et deuxièmement,
14:24vous avez aussi
14:24un revenu social de référence
14:26où par foyer,
14:27on saura exactement
14:28finalement le niveau
14:30de revenu d'un foyer
14:31ou par le travail
14:31ou par les aides.
14:32Et à partir de là,
14:33c'est beaucoup plus équitable
14:33pour allouer
14:34un certain nombre d'aides.
14:35Voilà.
14:36C'est plus...
14:36Et deuxièmement,
14:37je le redis,
14:37tout ça, bien évidemment,
14:38ça rentre dans le cadre
14:39de la lutte contre la pauvreté.
14:41Il y a un plan
14:41des solidarités dans ce pays.
14:42On a de la pauvreté.
14:44Ce n'est pas nouveau.
14:44Il y a dix ans,
14:45il y avait neuf millions de pauvres,
14:46il y en a dix millions.
14:47Donc, ce n'est pas nouveau
14:47qu'il est pour dans ce pays.
14:48Par contre,
14:48nous nous battons
14:49contre la pauvreté
14:50avec beaucoup d'énergie.
14:51Ce système d'aide,
14:51il est là pour ça.
14:53Je voudrais aussi
14:53vous interroger
14:54sur la démographie
14:55parce qu'on l'a appris hier,
14:56ça y est,
14:56pour la première fois
14:57depuis la fin
14:58de la Seconde Guerre mondiale,
14:59il y a plus de morts
15:00que de naissances
15:01dans ce pays.
15:01Ça aura forcément
15:02des conséquences
15:03sur notre modèle social,
15:04comme vous le disiez,
15:05qui est à revoir.
15:07En gros,
15:07à un moment ou à un autre,
15:08il faudra soit
15:09qu'il y ait davantage
15:10d'immigration,
15:11soit qu'il y ait
15:13des gens qui travaillent
15:14plus longtemps,
15:15soit qu'on renonce
15:16à un certain nombre
15:17d'aides
15:18qui ne seront plus financées
15:19entre les actifs
15:20et les retraités.
15:21Qu'est-ce qu'on fait ?
15:22C'est vrai que la démographie,
15:23c'est ce qui secoue le plus
15:25tous nos systèmes de protection,
15:26bien évidemment.
15:27Nos systèmes de protection,
15:29il a été conçu,
15:29comme on le disait,
15:30après la guerre.
15:31Il y avait quatre actifs
15:32pour un retraité,
15:32maintenant il y a 1,4 actifs
15:34pour un retraité.
15:35Et là, on voit que ça ne va pas
15:36s'améliorer.
15:37À l'époque,
15:38l'espérance de vie
15:38était beaucoup plus courte.
15:40Heureusement,
15:40grâce à le progrès de la médecine,
15:41les gens vivent plus vieux.
15:42Vivant plus vieux,
15:43on sait que le coût en maladie
15:44est plus élevé.
15:45Donc vous l'avez dit,
15:46la démographie vient questionner
15:48tous nos systèmes d'aide.
15:49Voilà, donc comment il faut faire ?
15:51D'abord, il faut l'admettre.
15:53Il faut ouvrir les yeux.
15:54Vous savez, la lucidité,
15:55ce n'est pas toujours facile
15:56d'admettre les choses.
15:57Après, on voit bien
15:58qu'effectivement,
15:58il va falloir certainement
16:00travailler plus de travail.
16:02Alors plus de travail,
16:02ça veut dire aussi
16:03que les seniors travaillent davantage.
16:05Même si ça va mieux, là encore.
16:06Commençons par regarder
16:06la bouteille à moitié pleine.
16:08Le taux d'emploi des seniors,
16:09le taux d'emploi des jeunes
16:10n'a jamais été aussi élevé
16:11dans ce pays.
16:11On progresse.
16:12Mais on a encore
16:13des marges de progrès
16:14par rapport à la moyenne européenne.
16:15Moi, je veux travailler
16:16sur ces deux sujets.
16:17Taux d'emploi des jeunes,
16:18taux d'emploi des seniors.
16:19Un mot sur la colère agricole.
16:20En tant que patron de la SNCF,
16:22vous sillonnez
16:23tout le territoire français.
16:28Imaginez qu'elle puisse se calmer.
16:30Moi, d'abord, j'allais dire
16:30que je comprends
16:32la colère agricole
16:32parce que, voilà,
16:33c'est mon histoire personnelle,
16:34ce n'est pas très important,
16:34mais mes grands-parents
16:35étaient les paysans du Sud-Ouest
16:36dans les zones qui sont concernées.
16:37Exactement.
16:38Voilà, et des vaches,
16:39j'en ai connues dans les fermes
16:40et je connais l'attachement
16:41des paysans à leurs vaches.
16:42Ils les appellent par le prénom.
16:43Vous voyez,
16:44elles ont des prénoms, les vaches.
16:44Donc, le lien affectif,
16:45il est très important.
16:46Voilà, donc, je fais court,
16:48mais je comprends tout à fait.
16:50Ce que le gouvernement a décidé,
16:51c'est de massifier,
16:52d'accélérer la vaccination
16:53dans le Grand Sud-Ouest
16:54pour non seulement
16:55les zones infectées,
16:56mais au-delà.
16:57Donc, il y a 5 départements
16:58concernés par des infections.
17:00C'est très contagieux,
17:01c'est une maladie qui est terrible.
17:02Donc, il faut vraiment
17:03mettre le paquet,
17:03il faut les isoler.
17:04Et il y a un cordon sanitaire,
17:066 départements autour
17:07pour faire vraiment
17:08un cordon sanitaire
17:08avec tout le reste du pays.
17:09L'enjeu, c'est d'éviter
17:11que cette maladie
17:11ne se propage pas
17:12aux 16 millions de bovins
17:13dans notre pays.
17:15Donc, on met le paquet.
17:16750 000 vaccinations
17:17vont être faites.
17:18On mobilise tous les vétérinaires,
17:19les actuels, les retraités,
17:21ceux de l'armée,
17:21ceux de l'État,
17:22les étudiants.
17:23On met le paquet.
17:24On commence par l'Ariège.
17:25Il y a 1000 fermes en Ariège
17:26où la vaccination sera faite
17:28d'ici la fin de l'année.
17:29Voilà, c'est un effort
17:30de mobilisation générale.
17:31Je remercie d'ailleurs
17:32les vétérinaires
17:33qui se mobilisent tous.
17:34Vraiment, tout le monde
17:34se mobilise pour éradiquer
17:36cette maladie,
17:37notamment par un effort
17:38massif de vaccination
17:39accéléré dans le Grand Sud-Ouest.
17:40Avec cet effort,
17:41vous vous dites
17:41qu'il faut lever
17:42les blocages désormais ?
17:44Ça, il appartient
17:45aux organisations
17:46syndicales agricoles
17:47de voir ce qu'elles veulent faire.
17:48Moi, l'expression de la colère,
17:49on l'entend.
17:50Après, je crois que l'État,
17:53une fois de plus,
17:53face aux difficultés,
17:54l'État répond présent.
17:56On a parlé de Brent,
17:57on parle de la vaccination.
17:58On fait face
17:59à des dangers
18:00pour les Français.
18:01On est là pour protéger
18:02les Français.
18:02On est là pour agir
18:03et apporter des solutions.
18:04Merci beaucoup,
18:05Jean-Pierre Farandou,
18:06ministre du Travail
18:07et des Solidarités.
18:08Ancien président,
18:09directeur général
18:10de la S7CF.
18:12Il est 8h47
18:13sur AMCB FM TV.
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