00:00Tout pour investir, le placement à suivre.
00:05Allez 11h42 sur BFM Business, on se reconnecte un petit peu au marché, on va parler des devises,
00:10parce qu'il se passe des choses en ce moment sur les devises, on va en parler avec Benoît Fernandez
00:13-Riou
00:14qui est avec nous en visio. Bonjour Benoît, bienvenue, merci d'être avec nous,
00:18consultant spécialiste marché devise et taux chez BNPP CIB.
00:23Voyons, on regarde le dollar en ce moment, là qui fait un petit peu causer du côté des salles de
00:27marché.
00:27Qu'est-ce qui se passe exactement Benoît, expliquez-nous.
00:31Alors ce qui se passe, c'est qu'on a toujours notre euro-dollar qui est plutôt baissier
00:37sur une tendance de fond. Depuis le début notamment du conflit, on est passé effectivement d'une zone
00:45autour des 1,20 pour redescendre vers les 1,15, voire même les 1,14 sans toutefois toucher 1,14.
00:54Et on remonte vers 1,16 actuellement au moment où on parle.
00:58Donc voilà ce qui se passe sur la paire majeure du forex, l'euro-dollar.
01:01Voilà ce qui se passe à l'heure actuelle.
01:03Il y a des corrélations dont vous vouliez nous parler, notamment entre l'euro, le dollar,
01:09surtout le dollar et le pétrole.
01:11On avait l'habitude de dire qu'il y a une corrélation directe entre les variations du dollar et le
01:14pétrole.
01:15Est-ce que ce qui se passe en ce moment du côté du Moyen-Orient rebas un petit peu les
01:18cartes quelque part, Benoît ?
01:19Oui, un petit peu, parce que historiquement, on avait l'habitude d'avoir une corrélation plutôt positive,
01:25assez modérée mais positive, entre l'euro-dollar, donc en gros le dollar américain,
01:31et ce qui se passe sur le pétrole.
01:36Et on a désormais, en intraday notamment, ces derniers temps, depuis le début du conflit,
01:41une corrélation négative inverse, donc entre ce qui se passe sur l'euro-dollar et le pétrole.
01:50Notamment le WTI, mais pareil sur le Brent, quand le WTI ou le Brent montent,
01:56eh bien ça fait plutôt baisser l'euro-dollar et on a effectivement aussi cette corrélation
02:04qui est sur l'indice phare américain, donc le S&P, mais on l'a également sur le Dow et
02:11sur le Nasdaq.
02:12Mais sur le S&P, c'est assez flagrant.
02:14Quand le baril monte, eh bien c'est le S&P qui en pâtit.
02:19Et inversement, en intraday, on voit ça dans les séances de mars,
02:24et là désormais, on devrait le voir aussi en avril.
02:28C'est un peu la nouveauté qui est bien appuyée par rapport à ce qu'il se passait historiquement.
02:35Qui, les entreprises évidemment, mais qui doit prendre en compte cette nouveauté,
02:39s'adapter à cette nouvelle donne pour vous fondamentalement aujourd'hui ?
02:43Eh bien tous ceux qui interviennent, et notamment tous ceux qui sont exposés aux indices américains.
02:51Et on a pas mal d'investisseurs en France qui le sont désormais,
02:55puisque c'est là-bas que les choses se passent.
02:58Donc effectivement, on a cette prise en compte qu'il faut absolument regarder.
03:04En fait, typiquement sur le S&P, on était bien monté depuis un peu moins d'un an.
03:08En fait, depuis avril dernier, on est passé de 5 000 sur le S&P à près de 7 000
03:15au plus haut début de cette année.
03:18On était sur un plateau en début d'année.
03:20Et puis avec ce qu'il s'est passé fin février et puis en mars,
03:27donc le conflit au Moyen-Orient, on a une baisse qui s'accélère sur les indices américains.
03:33Et le S&P, même s'il a corrigé un petit peu, on est loin d'une grosse correction évidemment.
03:39Mais tout de même, on est à 6 500 au moment où on parle.
03:42On est donc sous les 7 000 alors que les 7 000 étaient quand même atteints, quasiment atteints en tout
03:49cas en février.
03:50Est-ce que ça dit quelque chose tout ça fondamentalement ?
03:53Parce qu'il y a un petit débat qui monte autour de, peut-être pas la remise en cause du
03:57statut du dollar,
03:58mais le changement de regard peut-être autour du dollar et ce qu'on appelle le mouvement rampant,
04:03très lent de dédollarisation de l'économie.
04:05Est-ce qu'il y a quelque chose pour vous à aller gratter de ce côté-là, à aller chercher
04:08?
04:10Alors ça, c'est un mouvement de très long terme, vraiment un mouvement de fond.
04:14C'est un mouvement très lent aussi, très très lent.
04:15Oui, très très lent, effectivement.
04:18Et un mouvement que les Américains essayent évidemment de contrer.
04:22Alors c'est un vent dominant, donc c'est difficile à contrer tout de même.
04:25Mais l'idée, c'est de repousser au maximum l'échéance pour que ce soit, pas tout de suite,
04:30mais pourquoi pas dans une ou deux générations.
04:32Donc l'idée, c'est surtout qu'il n'y ait pas d'accélération dans ce mouvement.
04:35Et ce qu'il se passe effectivement du côté du Détroit d'Hormuz est aussi en quelque part lié à
04:41ça.
04:42Ce n'est pas la principale raison, évidemment, mais en quelque part, en toile de fond,
04:46le fait que l'on ait des barils de pétrole échangés dans une autre devise que le dollar embête un
04:54petit peu les Américains.
04:55Maintenant, ce qu'il compte au-delà des échanges, c'est surtout dans quelle devise est cotée la matière première.
05:04Et toutes les matières premières étant encore cotées en dollars américains, il n'y a pas réellement de danger immédiat.
05:11Mais c'est vrai qu'on le voit, il y a de plus en plus de pays de la zone
05:14Hormuz, effectivement,
05:16qui vendent leur pétrole en yuan, en l'occurrence.
05:20Là, la Chine est en train de marquer des points incontestablement.
05:23On est d'accord, Benoît.
05:25On est d'accord, on est d'accord.
05:26Mais en fait, je reviens sur les corrélations.
05:29Ce qui est très important au niveau des corrélations, c'est de bien voir que le triptyque entre la paire
05:36euro-dollar,
05:36la paire phare, évidemment, et en plus qui nous intéresse puisqu'on est européen,
05:41le WTI ou le Brent, si on est européen, on regarde plutôt le Brent,
05:44mais le WTI et le Brent étant corrélés, on peut regarder les deux.
05:47Et les indices qui donnent un petit peu le niveau de l'économie américaine,
05:54de la bonne santé de l'économie américaine, typiquement le S&P, qui est l'indice le plus large,
05:58ou le Nasdaq, un peu plus pointu, ou le Dow, l'indice historique.
06:03Et on a ces corrélations qui sont très importantes.
06:07Et en quelque part, j'ai envie de dire qu'on a, au-delà des investisseurs,
06:13aussi un impact dans notre vie quotidienne.
06:15Aujourd'hui, on se plaint beaucoup du prix de l'essence à plus de 2 euros le litre à la
06:22pompe.
06:23En réalité, quand on regarde bien, en 2008, on avait déjà eu effectivement un baril
06:28qui était monté assez rapidement et assez subrepticement,
06:34puisqu'il n'était pas resté longtemps à 147 dollars côté WTI,
06:38mais on était monté près de 150 dollars le baril.
06:40Par contre, à l'époque, nous avions un euro-dollar qui cotait 1,60, près de 1,60.
06:49Donc, ça veut dire que ce qu'il se passait à l'époque n'avait, on va dire,
06:54beaucoup moins d'impact à la pompe, puisqu'on avait finalement ce taux de change
06:58qui était en notre faveur.
06:59Et aujourd'hui, avec un euro-dollar à 1,15, donc un euro fortement décoté,
07:04eh bien, on a près de 40 % de décote, en quelque part, par rapport à l'époque.
07:08Et donc, si on refait le calcul, à l'époque, c'était monté à 1,50, 1,50 euro le
07:16litre à la pompe,
07:17eh bien, 1,50 euro plus les 40 %, ça nous fait du 2,10.
07:20Donc, c'est exactement le prix d'aujourd'hui.
07:22On est raccord.
07:22Et donc, voilà, on est raccord, et en quelque part, c'est ça qui fait qu'on est dedans.
07:30Si on avait une reprise de la baisse du dollar américain, ce qui est demandé par Trump,
07:35et ce qui sera fait au printemps, certainement, avec Kevin Warsh, à la tête de la Fed,
07:40eh bien, ça devrait aller dans notre sens et peut-être nous apaiser au niveau de la pompe.
07:45Kevin Warsh, qui sera donc le futur patron de la Fédérale Réserve américaine dans quelques semaines, effectivement.
07:50Merci beaucoup, Benoît.
07:51Benoît Fernandez-Riou, consultant spécialiste marché de vis et taux chez BNPP.
07:54C'est avec nous ce matin sur BFM Business.
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