- il y a 2 jours
Ce mercredi 1er avril, Guillaume Paul a reçu Géraldine Métifeux, associée gérante chez Alter Egale, et Bastien Baron, fondateur de Justae, conseil en gestion de fortune, dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Tout pour investir, le déchiffrage.
00:07Nos déchiffreurs qui, vous nous racontez qu'il faut avoir les nerfs solides en ce moment
00:12pour expliquer jour après jour ce qui se passe, les réactions de marché à ses clients.
00:17C'est pas simple, Géraldine Mettifeu est avec nous.
00:19Bonjour Géraldine.
00:20Bonjour Guillaume.
00:20Bienvenue, associée Gérante chez Alter Egal et puis Bastien Baron qui est avec nous.
00:24Bonjour Bastien.
00:25Bonjour Guillaume.
00:25Bienvenue, fondateur de JusteA.
00:27Comment on gère ces fluctuations de marché ?
00:29Qu'est-ce qu'on explique tous les jours à ces clients, Géraldine ?
00:32Je crois que vous vous embarquez un petit peu dans vos secrets de fabrication du moment-là, finalement.
00:36Exactement.
00:37Ce qu'on explique d'abord, c'est que c'est pas complètement une énorme surprise
00:40d'avoir des mouvements de marché assez violents, même si la cause,
00:45la cause immédiate qu'on peut identifier comme étant la troisième guerre du Golfe
00:48ou la guerre en Iran, peu importe comment on l'appelle,
00:50ça c'est relativement récent et inédit.
00:52Donc, on a des clients qui sont même assez habitués aux crises récurrentes.
00:56On a eu la guerre en Ukraine, auparavant on a eu le Covid,
00:58on a eu d'autres problématiques.
01:00Ce qu'il faut dire en ce moment, c'est qu'il faut tenir bon.
01:03C'est-à-dire que quand on a pris une décision,
01:04qui est de rester sur les marchés ou dans l'équité,
01:08c'est de tenir cette décision jusqu'au seuil qu'on s'était nous-mêmes fixé.
01:11On avait beaucoup sécurisé nos clients,
01:13c'était mis plutôt sur des fonds d'arbitrage obligataires.
01:15Certains fonctionnent bien, d'autres fonctionnent un peu moins bien.
01:18C'est un peu l'intérêt de la diversification et d'avoir plusieurs gérants.
01:21C'est-à-dire qu'on n'est pas au casino,
01:22on ne va pas tout mettre sur le rouge en espérant que ça fonctionne.
01:24On est sur une gestion long terme, patrimoniale,
01:27et les nouvelles donnes de l'inflation sont parfois à l'avantage
01:30sur certains de nos arbitrages,
01:33et certains un peu moins.
01:35Voilà ce qu'on peut dire.
01:36Et pour les clients qui ont souhaité rester,
01:38bon, le premier trimestre est très très chahuté,
01:40mais on ne s'en tire pas si mal.
01:42Le début de trimestre depuis ce matin est exceptionnel.
01:45Il est encore temps de pouvoir peut-être faire quelques arbitrages,
01:49le cas échéant.
01:50Mais on essaie d'avoir une longueur de vue.
01:52Pour les clients qui ont voulu rester,
01:53beaucoup sont partis ou pas ?
01:55Il y en a beaucoup.
01:56Oui, nous, notre taux d'exposition sur le portefeuille global,
02:00sans transpariser les fonds,
02:01on va être aux alentours des 11-12% d'actions.
02:04Donc on a beaucoup sécurisé.
02:06Peut-être trop, vous me direz Guillaume,
02:07mais comme je dis souvent,
02:08c'est compliqué de sécuriser trop tard.
02:09Donc on a fait ce choix-là.
02:11Et l'obligataire délivre quand même un peu de rendement.
02:13Donc ce n'est pas complètement nul.
02:15Il y en a quelques structurés.
02:16Certains fonctionnent très bien, d'autres un peu moins bien.
02:18Donc on essaie d'équilibrer tout ça.
02:20Mais en tout cas, on est très présent.
02:21On est à l'écoute.
02:22Si je vous demande vos secrets de fabrication,
02:23en deux mots, de votre côté, Bastien ?
02:26Les sujets, c'est toujours les mêmes.
02:28Qu'est-ce qu'on dit aux clients ?
02:29En fait, on a toujours des approches long terme.
02:31La partie géopolitique,
02:32c'est souvent des épiphénomènes, finalement,
02:34qui, sur des durées assez longues,
02:35ont assez peu d'impact.
02:36On voit que la partie business reprend ses droits à chaque fois.
02:41On l'a vu avec le Covid.
02:42On l'a vu avec la guerre en Ukraine.
02:43Finalement, les belles sociétés qui ont des fondamentaux,
02:45elles arrivent à passer ces capes-là.
02:48Le sujet, on va dire,
02:49les gens réellement qui perdent de l'argent sur le marché d'action,
02:53pour nous, il n'y en a que deux.
02:54Il y a ceux qui ont pris un risque trop important
02:57par rapport à ce qu'ils sont capables de supporter
02:59et qui vont vendre à un moment donné.
03:01Et les autres, c'est ceux qui n'ont pas respecté
03:03un certain horizon d'investissement
03:05et qui, potentiellement,
03:06ont placé de l'argent sur le marché d'action
03:07sur des horizons très courts
03:08et qui sont obligés de céder à un moment donné.
03:10En dehors de ça,
03:11les gens qui sont plutôt bien accompagnés,
03:13on est plutôt dans des phases où...
03:14Alors nous, on ne sécurise pas forcément.
03:16On a sécurisé, je ne sécurise plus.
03:18Non, mais nous, on n'est pas trop en mode de sécuriser.
03:21En amont, quand les marchés sont hauts,
03:23on est plutôt dans un mode où d'essayer,
03:25quand il y a des baisses qui sont assez importantes,
03:27qu'on n'a pas forcément vécues finalement aujourd'hui,
03:28elles n'ont pas été très importantes sur le conflit.
03:31Quand on arrive à moins 15, moins 20 %,
03:33finalement, on va renforcer le marché d'action
03:35et ressortir X.
03:37Si les clients ont au moins 18 mois d'horizon encore devant eux,
03:40on va réduire par la suite.
03:42CAC 40 qui a perdu 8,9% sur le mois de mars,
03:45c'est la plus forte baisse mensuelle depuis 6 ans.
03:49Si on fait les calculs de 2026,
03:51ça nous ramène aux premières semaines du Covid,
03:53où la première semaine avait été catastrophe.
03:55On parle de l'inflation,
03:56on va parler de l'inflation dans un instant.
03:57Juste une question,
03:57parce que dans la lignée de la première question que je vous posais,
03:59c'est, est-ce que vous expliquez désormais à vos clients,
04:02à moins que ça soit déjà intégré pour eux,
04:03que de toute façon, des crises internationales,
04:05maintenant, c'est devenu la nouvelle normalité ?
04:07Moi, je rejoins à Sébastien,
04:12c'est-à-dire que je ne pense pas que la crise boursière,
04:15elle n'est rarement,
04:16elle peut naître d'un événement exogène type le risque géopolitique,
04:20mais il est souvent lié à un cycle de marché aussi,
04:23c'est-à-dire qu'à partir du moment où vous avez des marchés
04:24qui ont parfois besoin de souffler,
04:25un bon prétexte, n'importe lequel, fonctionne.
04:27Là, la différence, c'est vrai que ça peut impacter des chaînes,
04:30comme le Covid a pu impacter des chaînes d'approvisionnement,
04:33donc on peut avoir une réalité économique à un moment ou à un autre,
04:35ça peut impacter également des prix,
04:38et donc des marges, et ainsi de suite, et ainsi de suite.
04:40Il peut y avoir des épiphénomènes comme ça
04:42qui ont des impacts durablement,
04:43mais au global, les crises boursières,
04:45parfois, sont assez indépendantes de tout cela.
04:48Ce qu'on peut dire, en tout cas,
04:49c'est qu'il faut rendre des stratégies pour des termes assez longs,
04:51alors c'est vrai qu'on peut essayer de ne pas trop bouger,
04:54nous, on sait que d'expérience,
04:56nos clients ne supportent pas très très bien
04:58les grosses baisses de 20%,
05:00en rapport à une boîte qui a 21 ans,
05:01on a un peu l'habitude.
05:03Moi, j'aurais dit que dès 24 ans,
05:05on a toujours une recovery, on peut rester,
05:06mais comme ce n'est pas forcément ce que les gens veulent subir,
05:09ce que je peux comprendre,
05:10on préfère sécuriser et pouvoir revenir.
05:12Le problème de pouvoir revenir,
05:14c'est qu'il faut qu'on ait cette...
05:15C'est-à-dire que sur quelque chose comme le Covid,
05:18ce n'est pas très compliqué,
05:19parce qu'on a eu deux grandes phases où on pouvait revenir.
05:21C'est-à-dire qu'avril,
05:24juste après les premiers confinements,
05:25et puis septembre,
05:26il y a des périodes assez faciles pour revenir,
05:27on avait des temps assez lourds pour pouvoir réinvestir.
05:29Parfois, sur certaines crises,
05:31c'est plus violent, plus court,
05:32et si on regarde ce qui s'est passé
05:33sur les tout petits effets vénènes
05:34de ce fameux Libération Day de notre ami Donald Trump,
05:39c'était très court.
05:40C'était extrêmement court, extrêmement violent.
05:42Sur 15 jours, quand on est sur des contrats d'assurance vie,
05:44même si on est avec des clients en compte-tis,
05:45sur des OPC, etc.
05:46Ce n'est pas notre rôle d'être en intra-trading,
05:48donc c'est plus compliqué.
05:49C'est pour ça qu'il faut tenir assez longuement.
05:53Nouvelle normalité, voilà.
05:55Sachez-le, il y aura une crise tous les ans maintenant.
05:57On ne dit pas tous les ans,
05:59mais historiquement, c'était tous les 3-4 ans,
06:01où il se passait quelque chose.
06:01Il y avait une baisse de l'ordre de 15 à 20 %,
06:03donc d'au moins 15 à 20 %.
06:05C'est effectivement une normalité.
06:06Quand on explique aux clients qu'au tout début,
06:08quand nous, on fait une allocation stratégique,
06:10on leur explique qu'il va y avoir cette volatilité-là.
06:12C'est vrai que sur la partie actif-privé,
06:14qui s'est énormément développée,
06:15on la voit moins,
06:16parce que naturellement,
06:17ce n'est pas coté quotidiennement,
06:18mais en réalité, elle est identique.
06:20C'est juste qu'on ne la cote pas.
06:22Et après, derrière, les clients,
06:24ils l'entendent,
06:24ils sont un petit peu habitués.
06:26Il faut comprendre aussi, je pense,
06:27que c'est vraiment de la géopolitique.
06:28On était dans un monde qui était ultra mondialisé,
06:30donc finalement, il y avait peut-être moins de tensions
06:33entre les pays,
06:34surtout sur la partie économique.
06:36Depuis qu'on a un peu un phénomène inverse,
06:38où chacun essaye d'être autosuffisant,
06:40etc., sur certaines zones,
06:41il y a forcément des tensions qui sont accrues.
06:43Et on le voit maintenant.
06:45On n'aurait pas imaginé
06:46qu'on pourrait avoir des tensions comme ça
06:48avec les États-Unis il y a encore 10-15 ans.
06:50Absolument.
06:50Il faut désormais l'intégrer.
06:52Bien.
06:52Alors, un des sujets du moment, évidemment,
06:54on a vu encore les chiffres qui sont tombés hier,
06:56c'est l'inflation qui revient dans la zone euro.
06:59Enfin, qui revient à des niveaux
07:01qu'on n'avait pas vus depuis un certain temps.
07:02Donc, 1,7% en France fin avril,
07:052,5% en mars au niveau de la zone euro.
07:09Comment vous l'avez accueilli, ce chiffre ?
07:12D'abord, on va voir,
07:13on a une expression d'une hirondelle
07:15qui ne fait pas le printemps.
07:15Donc, on va voir si ça fonctionne
07:19vraiment dans le temps ou pas.
07:20Parce qu'il y a un effet sur le prix de l'énergie
07:23qui a quand même explosé
07:24sur les trois dernières semaines.
07:25Et on voit bien la volatilité
07:26autour du baril de pétrole
07:28que vous commentez régulièrement.
07:29Bon, on va voir si ça tient.
07:30Mais effectivement, sans surprise,
07:32cette inflation de 1,7% en France,
07:34elle est beaucoup liée au prix de l'énergie.
07:36Là, un peu sur les prix de l'alimentaire.
07:39De l'alimentaire aussi.
07:40Et là où certains produits manufacturiers
07:42ou certains services
07:43ont beaucoup moins participé à la hausse.
07:45Donc, on va voir si tout ça
07:46est très conjoncturel ou très pérenne.
07:49Si le conflit dure,
07:50ce sera forcément un peu plus pérenne.
07:52Si le conflit ne dure pas trop,
07:53alors j'essaye de lire un peu
07:55et d'écouter ce que dit Donald Trump
07:57quotidiennement,
07:57il me donne un peu le vertige.
07:58Donc, j'ai un peu du mal
07:58à savoir exactement la direction précise.
08:02Je ne sais pas si c'est demain
08:02ou dans trois semaines.
08:03Mais s'il dure,
08:05cette inflation, ça restera.
08:06Mais 1,7%,
08:08la CIP BCE, c'est 2.
08:09Donc, même si on est à 2,4% ou 2,5%
08:11comme Christine Lagarde l'anticipait
08:13il y a, je crois,
08:13aux alentours du 18 mars,
08:15on est un peu dans les nouvelles prévisions.
08:17C'est là où, moi, je pense
08:18que les taux sont très élevés
08:19par rapport aux prévisions.
08:19J'ai l'impression qu'ils surjouent un peu.
08:21Les taux court terme, notamment,
08:22je pense à le rebord.
08:23Ce n'est pas seulement.
08:24Je trouve que ça surjoue beaucoup
08:25ce qui se passe en ce moment.
08:26Là, ce n'est pas tant le niveau d'1,7%.
08:28Effectivement, vous le dites,
08:29on est en dessous de la cible
08:30baissée à 2%.
08:31Ce n'est pas tant le niveau
08:32que la hausse sur un mois.
08:33On était à 0,9% fin février.
08:35On passe à 1,7%.
08:36C'est ça un petit peu
08:37qui a refroidi les ardeurs
08:37de tout le monde hier.
08:39Je peux l'entendre,
08:40mais on ne peut pas non plus
08:40considérer que c'est une surprise.
08:42J'imagine.
08:42Bien sûr.
08:43Parce que personne n'est surpris.
08:44On va voir comment ça va durer,
08:47comment ça va fonctionner.
08:48Il y a l'Union européenne
08:49qui s'est réunie
08:50pour avoir une réponse
08:51qu'on espère coordonnée.
08:53Mais au fond, face à cela,
08:55il n'y a pas non plus 50 options.
08:56Bastien, comment vous regardez
08:57ces chiffres ?
08:59On l'a plutôt accueilli bien.
09:01Ça a été plutôt bien accueilli.
09:02En fait, les chiffres sont
09:03quand même assez faibles.
09:04On est toujours à 1,7%.
09:05Donc, ce n'est pas vraiment un sujet.
09:07Au niveau de l'Europe,
09:07quand on décompose un petit peu
09:08comment est faite l'inflation,
09:10on remarque finalement
09:11l'inflation sous-jacente.
09:12Donc, c'est hors énergie alimentaire.
09:14C'est quand même
09:15les tendances les plus volatiles
09:16en même temps actuellement.
09:17Elle a baissé sur un mois.
09:19C'est vrai.
09:19Donc, on est passé de 2,40%
09:22en février à 2,30%.
09:24Donc, la tendance,
09:24elle est assez lisible.
09:26Je pense que le vrai sujet,
09:27c'est l'énergie.
09:28Je pense que c'est des bonnes choses
09:28qu'on ait ce genre de choc
09:30aussi en Europe
09:30parce que sinon,
09:31on n'est pas capable
09:31de prendre certaines décisions.
09:33On disait déjà ça
09:34il y a 4, 5 ans.
09:36Oui, mais on est en 2022.
09:37On est en 2022.
09:38On n'a pas tiré les enseignements,
09:39notamment de la dépendance au gaz.
09:42Là, je pense qu'il commence
09:42à y avoir quand même
09:43certains sujets
09:44qui commencent à intervenir
09:45sur les un ou deux derniers mois.
09:47On voit quand même
09:47qu'il y a Emmanuel Macron
09:48qui relance le sujet
09:49sur le nucléaire civil.
09:50Il y a quand même
09:51Ursula von der Leyen
09:52qui a fait son bia culpa
09:53qui a fait son bia culpa
09:54en disant que potentiellement
09:56on avait sûrement fait
09:56une erreur stratégique
09:58de se retirer de ces sujets-là.
10:00Je pense qu'on est en train d'avancer
10:02et finalement que l'Europe,
10:03tant qu'il ne se passe pas
10:04ce genre de choc,
10:05elle n'est pas capable
10:06de le faire.
10:07C'est peut-être une bonne chose
10:08pour la suite.
10:10On avance un peu
10:10en ordre dispersant.
10:11Non, vous n'avez pas l'air
10:12qu'on va...
10:12Si, j'adorerais
10:13que l'Europe ait de la mémoire
10:16mais j'ai le sentiment
10:17d'avoir eu cette conversation
10:18en 2020
10:18quand la démondialisation
10:20commence à s'opérer
10:21en dehors
10:21de volonté politique.
10:23Juste par nécessité.
10:26On avait l'envie
10:28d'être indépendant,
10:29d'être autonome,
10:29de machin, etc.
10:30De plus dépendre.
10:31Il arrive 22.
10:32Du coup, on rouvre les vannes à tout
10:33parce que finalement
10:34on n'a plus l'énergie pas chère.
10:35Et donc, j'ai l'impression
10:36que par choc successif,
10:38on n'a pas cette ligne droite
10:39que nous,
10:41on plaide auprès de nos clients.
10:42Et j'ai l'impression
10:42que cette ligne directrice,
10:43elle existe moi.
10:44J'espère que ce choc-là
10:45servira réellement
10:46de leçon à l'Europe.
10:47Par exemple, on peut être indépendant.
10:48Je vous rappelle
10:49que la France est exportatrice
10:50d'électricité.
10:54Donc, on peut le faire.
10:55On a les moyens en Europe
10:56de le faire.
10:57Donc, je pense qu'il faut y aller.
10:59Moi, je pense qu'il y a
11:00un double sujet.
11:01Il y a le sujet,
11:01on va dire géopolitique.
11:02Donc, on le voit en fait
11:03sur la partie énergie.
11:04Aujourd'hui, on l'a vu
11:05il y a quatre ans déjà
11:07avec le sujet avec la Russie.
11:09On le voit avec finalement
11:10les US qui sont très bien positionnés
11:11pour exporter leur GNL aussi.
11:13Et de l'autre côté,
11:14il y a tous les sujets IA
11:15qui demandent énormément d'énergie
11:16sur lesquels on est en retard.
11:18Donc là, on est un peu
11:19sur un sujet un peu coup près
11:20où finalement,
11:21il y a une doublette de facteurs
11:23qui vont tous dans le même sens
11:24et on se dit,
11:25en fait, il n'y a pas le choix.
11:25Si on ne fait rien,
11:27ça ne fonctionnera pas.
11:28Je crois qu'Emmanuel Macron
11:29qui est au Japon
11:31pour les sujets justement aussi.
11:33Il doit aborder ces sujets
11:34un peu nucléaires
11:34qui sont en train d'être relancés.
11:36Absolument.
11:36Après, ils ont un mauvais souvenir
11:37les Japonais.
11:38Oui, justement,
11:38c'est en train de repartir quand même.
11:40Oui, ça repart toussement.
11:41Mais ça repart du côté du...
11:42Non, mais je peux comprendre
11:43qu'après un choc,
11:45ils sont moins chocs.
11:45Oui, mais ça fait 15 ans déjà
11:46et pourtant, ça repart au Japon.
11:47C'est quand même, ça repart.
11:48En fait, tout simplement,
11:48c'est qu'il n'y a pas le choix.
11:49Si on est en train de rédécter,
11:50c'est le retour en grâce du nucléaire.
11:52Bon, donc, en conclusion.
11:53Puis après, Bastien,
11:54il veut quand même parler
11:54un peu de tech.
11:55Je lui ai dit,
11:55il faut parler un petit peu
11:56d'autres choses que de l'inflation.
11:58On va parler un peu de tech.
11:58Donc, la ligne directrice
11:59à vos clients,
12:00c'est on tient le cap pour l'instant.
12:01Moi, oui.
12:02Oui, c'est on tient le cap
12:03et on attendait potentiellement
12:04des baisses plus importantes
12:05pour renforcer.
12:06Très bien.
12:07Exactement.
12:08On est là-dessus.
12:08On est là-dessus.
12:09Voilà pour la règle définie.
12:10Bastien, vous voulez me dire
12:10un petit mot de tech quand même ?
12:11Vous avez raison.
12:12Il faut parler un petit peu
12:13de ce qui se passe à côté.
12:15La dette fonds de Mistral,
12:18830 millions d'euros en dette
12:20pour acheter des puces Nvidia.
12:21Ça, ça vous a marqué ce compte-là ?
12:23Oui, ça, c'est intéressant.
12:24C'est la première fois
12:24que Jacques lève de la dette.
12:26Mistral, c'est quand même...
12:27Je pense qu'il y a deux sujets
12:28qui sont assez intéressants.
12:29C'est d'une part,
12:30on voit qu'ils sont très bien positionnés
12:31sur le sujet, évidemment.
12:33Et l'autre, en plus,
12:34c'est pour faire quelque chose en France.
12:35Ces puces,
12:36ce sont pour une ville
12:37qui a à peu près 12 kilomètres de Paris
12:39dont j'ai oublié le nom.
12:40Brouillère, je ne sais pas quoi.
12:41Exactement.
12:41Brouillère, exactement.
12:42Le Châtel ?
12:43Oui, c'est ça.
12:44C'est une ville très connue, là.
12:46Oui, qui va exactement.
12:48Donc, c'est pour acheter, je crois,
12:4913 000 puces Nvidia, etc.
12:52C'est intéressant
12:52parce que potentiellement,
12:53c'était aussi le collatéral du prêt.
12:56Donc là, on voit quand même
12:57une puce Nvidia a quand même
12:58un pouvoir assez important.
13:00Il y a déjà aux USA,
13:00ça existe déjà.
13:01Il y a déjà ce genre
13:02les gros acteurs
13:04qui font de l'infra-IA
13:06mettent déjà en collatéral
13:07ce genre de puces, etc.
13:10Donc là, c'est intéressant.
13:11Et puis, il y avait d'autres annonces
13:12qui sont passées aussi
13:12ces derniers temps
13:13que je trouvais intéressantes.
13:14C'était plus par rapport
13:15à l'immobilier en règle générale.
13:17Quand on voit,
13:18on sait que souvent,
13:19c'est quand même les US
13:20qui drive
13:21et qui sont généralement
13:22en avance sur nous.
13:23En tout cas, pas en retard.
13:24On est plutôt en retard.
13:26Et là, sur les dernières semaines,
13:27il y a quand même Amazon
13:28qui annonçait 200 milliards
13:29d'investissements dans l'IA.
13:30Bon, ça, c'est classique.
13:32qu'ils allaient supprimer
13:3349 000 postes.
13:34Assez classique aussi,
13:35finalement, on va dire,
13:36dans le milieu.
13:37Mais surtout qu'ils allaient,
13:38d'ici la fin de l'année,
13:40abandonner 1,3 million
13:41de mètres carrés de bureaux
13:43dans le monde.
13:44Et ça, je trouvais ça important.
13:45On a une petite idée,
13:46une idée qui était indiquée.
13:47Ça représente à peu près
13:4725 tours Montparnasse.
13:5025 tours Montparnasse.
13:51Donc, ça représente quand même
13:51des montants importants.
13:53Et on pouvait se dire,
13:54là, il y a Microsoft,
13:54pareil,
13:55qui a un gros campus
13:55à Rennes-Monde.
13:58ils ont gelé,
14:00on va dire,
14:00la construction
14:00des cinq derniers bâtiments
14:01pour les bureaux.
14:03Donc, on commence à avoir
14:03une certaine tendance
14:04qui est en train
14:05de se mettre en place.
14:06Je précise quand même,
14:07on en parlait un peu
14:07en off tout à l'heure,
14:08que pour le Prime,
14:09on est un peu moins inquiet.
14:10Je voyais Amazon
14:11dans le même temps
14:12qu'annonçait finalement
14:13qu'ils augmentaient
14:14la taille de leurs bureaux
14:15à Washington et à Manhattan.
14:16Donc, on voit
14:17qu'il y a quand même
14:17un sujet peut-être Prime
14:18qui devrait continuer
14:19à bien se positionner.
14:21Mais je n'ai pas l'impression
14:22que dans le secteur
14:23de tout ce qui est CPI,
14:25etc.,
14:25notamment, nous,
14:26on n'en propose pas
14:27à nos clients,
14:27mais qu'on en parle beaucoup
14:29en France et en Europe
14:30de manière générale.
14:32Alors que je pense
14:32que c'est un vrai sujet
14:33et que c'est en train
14:34d'arriver petit à petit
14:35ici, en Europe.
14:37Géraldine ?
14:37C'est ta jeunesse
14:38qui parle, Bastien,
14:39parce qu'en réalité,
14:40les CPI,
14:41pour les plus anciens,
14:42ont quand même connu
14:43une bienfait bastonnée
14:44si tu veux,
14:45justement en 1922.
14:46Alors, c'est à la suite
14:47de Covid, etc.,
14:48mais les baisses de prix,
14:49par exemple,
14:50à Prignanale Reim,
14:51par exemple,
14:52à la française,
14:52par exemple, à Mundi,
14:53parlons-en à des clients
14:54et que je ne leur avais pas vendu.
14:55C'est un héritage,
14:56je ne sais pas le nôtre,
14:57de parcs dont ils ne peuvent plus
14:59se départir
15:00parce qu'on organise
15:01des fonds de retrait,
15:02etc.
15:03Donc, non, c'est déjà
15:04un moyen intégré.
15:05Après, il y a des CPI récents
15:06de jeunes
15:06qui fonctionnent mieux,
15:07qui ne sont plus liquides,
15:08qui n'avaient pas trop collecté,
15:10qui n'étaient pas aussi
15:10d'acheter tout
15:11et n'importe quoi
15:11à n'importe quel prix.
15:13Et après,
15:14un peu en charge du CGT
15:15de faire attention
15:16d'acheter plutôt
15:16sur les métropoles,
15:17plutôt du prime,
15:18comme tu pouvais l'indiquer.
15:23A l'inverse,
15:24Jimmy Dimon
15:25ne fait qu'annoncer partout
15:26dès qu'il a un déplacement,
15:27dès qu'il croise quelqu'un,
15:27que c'est le retour au bureau,
15:29c'est la fin du télétravail.
15:30Donc, il y a des points,
15:32alors qu'il va peut-être
15:32un peu en contradiction
15:33avec le problème
15:33de se déplacer
15:34avec le prix de l'énergie,
15:34mais globalement,
15:36et quand tu es chef d'entreprise,
15:37le télétravail,
15:38on sent que c'est un peu
15:39la fin de l'ère du télétravail.
15:40Donc, je suis partagé.
15:41Maintenant, oui,
15:42il est certain que,
15:44je ne suis pas sûr
15:44que tout le monde ait envie
15:45de revivre à la défense
15:46ou ainsi de suite.
15:47C'est mon droit de réponse.
15:48Oui, bien sûr.
15:50Alors, pour la fin du télétravail,
15:51je pense que c'est ton âge
15:52aussi qui parle,
15:53parce que je pense
15:53que ma génération,
15:54elle ne reviendra jamais
15:54à 100% au bureau.
15:56Quand tu auras 15% de chômage
15:57dont tu me parlais,
15:58je peux t'assurer
15:58qu'il ira au bureau
15:59quand tu me parlais mon droit.
16:00Mais forcément.
16:01Oui, mais je pense,
16:02du coup,
16:03ça revient un peu sur le sujet,
16:03on ne va pas en parler,
16:04mais le sujet de l'inflation,
16:05je pense que l'inflation
16:05ne sera pas un sujet
16:06dans quelques années,
16:06parce que finalement,
16:08moi, j'en parlais,
16:08je pense qu'il y aura
16:09énormément de chômage
16:10dans les années qui viennent.
16:11Quand on commencera
16:11à rationner le carburant,
16:13comme certains pays asiatiques,
16:15vous avez vu,
16:15comme certains pays asiatiques,
16:16on réinstaure du télétravail
16:17au moins pour les fonctionnaires
16:19et dans les entreprises privées
16:19quand c'est possible,
16:20vous dites,
16:20oui, effectivement,
16:21c'est un sujet qui a peut-être
16:22une guerre.
16:22Oui, complètement.
16:23Le télétravail,
16:23c'est le sujet numéro un.
16:25Je pense qu'en fait,
16:26tout simplement,
16:26il va y avoir moins de personnes
16:27qui vont être salariées,
16:28donc il y aura besoin
16:29de moins de bureaux
16:29dans le futur.
16:31Et donc, naturellement,
16:31la valeur des bureaux aujourd'hui,
16:34dans le secteur prime,
16:34je pense que tout le monde,
16:35et on le voit en fait à Paris
16:36dans le triangle d'or,
16:37entre guillemets,
16:38les prix ne baissent pas du tout.
16:39Même à la défense.
16:40Oui, parce que ce soit
16:41dans le secteur prime...
16:42La défense, c'est un peu différent,
16:43parce qu'il y a beaucoup d'écoles
16:44qui ont pris les carriens.
16:45Oui, mais le secteur prime
16:46à Paris,
16:47autour de Saint-Lazare,
16:48etc.,
16:48ça a vraiment changé,
16:49c'est-à-dire que les prix
16:50sont plutôt toujours à la hausse,
16:51que ce soit à l'achat
16:52ou que ce soit en location.
16:54Et par contre,
16:55on voit qu'autour,
16:57par contre,
16:57il y a une vraie différence.
16:59C'est-à-dire que les prix
16:59ont largement baissé
17:00dans certains endroits,
17:01et nous, on regardait
17:02pour avoir des bureaux plus grands,
17:03on nous propose des bureaux,
17:04alors il faut s'excentrer un petit peu,
17:06mais même il y a des endroits
17:07où on nous dit,
17:07pendant six mois,
17:08vous ne payez rien
17:09à part les charges,
17:09parce qu'il faut vendre,
17:11il faut trouver...
17:12Il faut louer,
17:13il n'y a personne qui est intéressé.
17:14Après, je pense que
17:15la pyramide des âges
17:16fera le reste aussi,
17:16parce que c'est ça que...
17:18Globalement,
17:19la réalité,
17:20c'est que peut-être
17:21qu'on n'aura peut-être
17:27je pense que ça fait quand même sens,
17:28mais on verra,
17:28puisque l'avenir nous donnera raison
17:30à l'un ou l'autre.
17:31Time will tell,
17:32comme on dit.
17:32Tiens, puisqu'il nous reste
17:32quelques secondes
17:33et que vous parliez
17:33des valeurs de la tech,
17:34est-ce que vous dites,
17:35le petit trou d'air
17:36qu'on a connu
17:36sur le mois de mars,
17:37notamment sur les indices américains,
17:39ça a peut-être été propice
17:40pour dégonfler un petit peu
17:42la bulle de l'IA
17:43sur les marchés ?
17:44Est-ce que pour vous,
17:44c'était l'événement
17:45qu'il fallait,
17:46qui allait bien ?
17:47C'est une bonne question.
17:48Bon timing !
17:48C'est une bonne question.
17:49Il n'y a pas si simple à répondre.
17:51Je pense qu'il y a
17:51différentes annonces
17:52en dehors de ça.
17:53Je pense à TurboQuant
17:54avec Alphabet
17:55qui a annoncé
17:55qu'en gros,
17:56il allait sortir des puces
17:57qui allaient être,
17:59pour faire simple,
18:00qu'il allait consommer
18:00six fois moins,
18:01etc.,
18:01pour avoir la même puissance
18:02en termes de calcul.
18:04Et tout ça,
18:05c'est en train d'arriver
18:05assez vite
18:06et finalement,
18:06il y a beaucoup de changements
18:07et on voit qu'NVIDIA
18:08est extrêmement bien valorisé.
18:10Mais ce qui est logique
18:11aujourd'hui,
18:12par rapport au carnet de commandes
18:13qui est complètement plein,
18:14ils sont full
18:14et si aujourd'hui,
18:15vous voulez avoir des puces
18:15NVIDIA,
18:16on vous dit
18:16qu'il va falloir attendre
18:18au moins au mieux
18:19fin d'année prochaine.
18:20Donc, c'est assez logique
18:21mais on peut estimer
18:23qu'il y avait peut-être
18:23effectivement une bulle.
18:24Tout le monde le savait.
18:25Est-ce qu'elle est en train
18:26d'éclater ou pas
18:26ou de se dégonfler progressivement ?
18:28Ça, c'est un autre sujet
18:29mais je pense qu'il y a
18:29des nouveaux acteurs
18:30qui sont en train
18:30de se positionner
18:31qui étaient moins visibles
18:33que NVIDIA par exemple.
18:34Par la force des choses,
18:34on ne parle plus de la bulle
18:35de l'IA depuis un mois
18:36forcément.
18:38On en parlerait
18:39à un moment donné.
18:39auprès de la consommation
18:40de l'énergie
18:41ou de l'approvisionnement.
18:42C'est pour ça
18:43qu'à mon avis,
18:44il y a peut-être un enjeu.
18:45C'est là où le business
18:46et la géopolitique
18:47vont se télescoper.
18:48Et c'est pour ça
18:48que je pense que le business
18:49l'emportera sur la géopolitique.
18:51Voilà, en tout cas,
18:51nous en sommes.
18:52On tient le cap.
18:53C'est votre message
18:53en tout cas ce matin
18:54et on l'a bien compris.
18:55Merci à tous les deux
18:56d'être venus aujourd'hui.
18:57Géraldine Métifeux,
18:59associée gérante
18:59chez Alter Egal
19:00et puis Bastien Baron,
19:02fondateur de Justey.
19:03Merci à tous les deux.
19:04Merci.
Commentaires