00:01Tout pour investir, le placement à suivre.
00:05On va se reconnecter un petit peu au marché, on voyait l'euro qui reprend un petit peu de vigueur
00:08quand même face au dollar ce matin.
00:10On va parler un petit peu des devises avec Benoît Fernandez-Riou qui est avec nous.
00:13Bonjour Benoît, merci d'être avec nous, consultant spécialiste marché de devises et taux.
00:19Oui, on le disait, il se passe des choses depuis quelques jours sur les marchés.
00:23On voit notamment le dollar qui reprend un petit peu de vigueur depuis 2-3 séances,
00:28surtout lundi et mardi, face au Yen, face à l'euro, face à la livre australine.
00:34On a l'impression que le dollar, dont le statut de valeur refuge avait peut-être été un petit peu
00:39émoussé,
00:40là redevient un petit peu la salle du moment.
00:42Comment vous voyez ça, vous Benoît ?
00:43Oui, exactement.
00:44On avait l'habitude d'avoir des valeurs refuge en devise sur le franc-suisse, effectivement, sur le Yen.
00:52Le dollar avait cette valeur refuge historique.
00:56Oui.
00:57Mais là, ce qui s'est surtout passé, c'est un risk-off, en fait.
01:00Et effectivement, les investisseurs américains, à partir du moment où ils ont vu ce qui s'est passé ce week
01:04-end,
01:06ont rapatrié, en fait, et ont surtout allégé leur position.
01:08Certains disent, pardon, enfin, le dollar a eu historiquement ce statut de valeur refuge,
01:13et puis, notamment, de ce qui s'est passé depuis avril dernier,
01:16les droits de douane additionnels de Trump et la politique,
01:19ce statut était un petit peu écorné.
01:21Et puis, d'un seul coup, finalement, on revient aux fondamentaux.
01:23On revient aux fondamentaux, exactement.
01:25Et c'est ce qui se passe.
01:26Et on voit bien, d'ailleurs, sur les paires, typiquement, comme USDJPY,
01:32le dollar contre le Yen,
01:34qu'on n'a pas eu ces effets de décalage très forts.
01:37C'est-à-dire que ces deux valeurs refuge ont fonctionné.
01:40Et de fait, on a une sorte d'équilibre, en fait, sur la paire avec le Yen.
01:45Pareil pour le franc-suisse.
01:46Alors que l'euro-dollar, lui, a fortement décalé en défaveur de l'euro,
01:50et donc en faveur du dollar américain.
01:52Donc, on dit que le dollar est le grand gagnant du moment.
01:54Le dollar est le grand gagnant, effectivement.
01:56Il donne toujours le là, malgré la dédollarisation en toile de fond.
02:01On a quand même le dollar qui reste la devise majeure la plus traitée au monde et la plus demandée.
02:08On va parler de la dédollarisation, effectivement.
02:10Il y a aussi des devises perdantes dans l'histoire, bien sûr.
02:14On remarque au passage que le dollar fort, ce n'était pas le but de Trump.
02:18Sa politique, il l'a axée justement sur un dollar faible pour favoriser l'exportation.
02:22Là, on est un petit peu à contre-courant, quand même.
02:23Oui, tout à fait.
02:24Et ça s'est joué, effectivement, les six premiers mois de l'année dernière.
02:27Ensuite, ça s'est calmé.
02:29On est resté sur la fameuse parité des pouvoirs d'achat entre l'euro-dollar,
02:32c'est-à-dire autour des 1,18, 1,20.
02:34Et on est désormais retourné sur la bande basse de cette zone, de ce canal en quelque part,
02:40ou de ce range, avec ce petit décalage des deux premières séances de la semaine.
02:45Là, c'est en train de se calmer, puisqu'effectivement, on a une bonne nouvelle en quelque part,
02:49puisque les États-Unis sont prêts à accompagner les bateaux dans le détroit d'Hormuz.
02:54Et c'est surtout ça que les investisseurs regardent essentiellement sur les devises.
02:57Cette déclaration de Donald Trump, effectivement, qui a donné un petit peu de baume au cœur aux investisseurs,
03:02qui permet au marché de refaire un petit peu surface aujourd'hui.
03:05Voilà, le dollar faible, c'était le mantra de Donald Trump,
03:07ouvertement assumé lors des premiers mois de sa présidence.
03:09Et puis, les événements sont ce qu'ils sont.
03:12Les devises perdantes dans cette histoire, quelles sont les devises perdantes fondamentales ?
03:16Alors, on a l'euro principalement, mais ça, évidemment, on le voit.
03:20Alors, on va voir, parce qu'on a aussi le PIB quand même européen qui sera publié ce vendredi.
03:25Et donc, si les choses tiennent, peut-être qu'on aura un petit retour, une meilleure fortune sur l'euro.
03:30Absolument.
03:31Ce n'est pas bon pour nos importations énergétiques, au passage.
03:33Voilà, c'est double facture, prix des importations énergétiques, plus hausse forte du dollar,
03:37vu que ces importations sont libérées en dollars, évidemment.
03:40Je referme la parenthèse, pardon.
03:41Et au-delà de l'euro, on a aussi une autre devise, notamment côté Asie-Pacifique.
03:48Enfin, deux devises, on a le dollar australien et le dollar néo-zélandais,
03:53avec un dollar australien qui, malgré tout, baisse, certes, mais moins que le dollar néo-zélandais,
03:59parce que lui est beaucoup plus exposé aux matières premières, aux soft commodities de l'Asie,
04:06notamment, ils ont pas mal d'importations de Chine.
04:10Et ils sont plus dépendants par rapport à tout ce qui est matières premières et énergie
04:17que le dollar australien.
04:18Donc, le dollar néo-zélandais est un petit peu plus, malheureusement, marqué à la baisse.
04:24On va voir comment ça évolue dans les prochaines séances.
04:26Mais c'est vrai qu'on voit bien un décrochage sur la paire NZD-USD, typiquement.
04:32Et on a aussi, en toile de fond, la RBNZ, qui est la banque centrale néo-zélandaise,
04:38qui, de manière générale, est plus doviche que la banque australienne.
04:43Plus accommodante.
04:44Plus accommodante.
04:44Et donc, elle est moins enclin à tout ce qui est caritrade.
04:48Et donc, on a, effectivement, les opérateurs, les cambistes,
04:51qui se retirent volontiers, davantage, de la paire NZD qu'AUD.
04:56Vous parliez tout à l'heure de dédollarisation.
04:58Alors, comment vous qualifiez le rythme de cette dédollarisation de l'économie mondiale, finalement ?
05:03Bon, ben, finalement, ça se fait de manière très ordonnée, très...
05:07Alors, ça se fait de manière très ordonnée, certes,
05:10mais surtout, ça se fait de manière très très longue.
05:11Donc, c'est-à-dire que c'est un grand mouvement de fond qui va dépasser la génération, en quelque
05:16part.
05:17Donc, moi, je ne vois pas du tout d'accélération à ce rythme.
05:20Parce qu'il n'y a pas de sud global, enfin, chacun essaie...
05:23Et c'est ça, oui, il n'y a pas de sud global, voilà, c'est ça.
05:25Donc, chacun essaie quand même d'imposer sa devise, en quelque part.
05:30Et les devises exotiques sont quand même pas mal pégées ou contrôlées.
05:35Donc, on n'est pas sur des devises 100% flottantes que le marché adopterait en masse.
05:41Donc, la dédollarisation, c'est une tendance de fond longue,
05:45mais qui se fait à un rythme très très faible, en fait, en réalité.
05:47On pense, évidemment, au premier lieu, en yuan chinois, voilà, en RMB chinois.
05:52Quelle part de marché, aujourd'hui, sur les échanges internationaux, le RMB ?
05:56C'est très faible, en fait.
05:58C'est très faible.
05:58C'est très très faible, et on passe plutôt par le yuan offshore, le CNH, en fait, en réalité.
06:04Mais on est très très loin de l'objectif ultime, effectivement, des Chinois,
06:08qui est d'avoir cette devise dans le panier des devises des majeurs.
06:12Pour l'instant, ça n'est pas le cas, mais ils ont un avantage, qui est le temps long.
06:16Et c'est pour ça, d'ailleurs, que ça se fait sur un temps long, en quelque part.
06:19Je ne vous parle même pas de l'euro.
06:21Qu'est-ce qu'on a raté avec l'euro ?
06:23Moi, je trouve qu'on n'a pas raté grand-chose avec l'euro.
06:25Vous trouvez qu'on n'a pas raté grand-chose ?
06:26L'euro est une réussite technique, en quelque part, dès son origine.
06:30Même s'il y a eu, dès le départ, à son introduction, il y a maintenant plus de 20 ans,
06:36une baisse sous les 1, il faut se rappeler.
06:38C'est vrai, on s'en souvient absolument.
06:40Sous la parité mathématique, en quelque part, qui n'a pas grand-chose à voir d'un point de vue
06:43économique.
06:44Mais là, on est sur deux extrêmes, 0,80 et en gros 1,60, autour des 1,20, la parité
06:51des pouvoirs d'achat.
06:52On est quand même sur une devise qui, malgré tout, tient la route.
06:56Et robuste, et demandée dans le monde, et a acquis une vingtaine de pourcents de parts de marché, tout de
07:01même.
07:01Comme 20% aujourd'hui.
07:04C'est une part grandissante, évidemment.
07:06C'est une part grandissante, oui.
07:07Peut-être qu'il manque, qu'est-ce qui manque derrière ? Un projet politique ou autre, finalement ?
07:10Ah ça, oui, parce qu'effectivement, une devise commune, normalement, s'accompagne d'une fédération.
07:15Et on est, malheureusement, une confédération.
07:17Donc, c'est un peu le bas qui blesse.
07:20Et on court après ce projet politique depuis beaucoup d'années.
07:23En tout cas, c'est le dollar pour l'instant qui reste la place forte.
07:25Voilà pour ce point sur les devises ce matin.
07:27Merci beaucoup Benoît, merci de passer nous voir.
07:29Benoît Fernandez-Rio, consultant spécialiste marché, devise et taux avec nous sur BFMISES.
07:34Merci beaucoup, à très vite, avec plaisir.
07:35Merci beaucoup, à très vite.
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