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  • il y a 9 heures
Élus par les territoires, les sénatrices et les sénateurs connaissent le terrain et côtoient les acteurs de notre patrimoine agricole et nourricier, tout ce qui fait de la France un pays où le contenu de l'assiette relève d'un engagement quotidien.
Vincent Ferniot rencontre ces hommes et ces femmes, en compagnie d'un sénateur ou d'une sénatrice, sur son territoire. Année de Production :

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00:01Retrouvez, mangez, c'est voter avec le concours général agricole.
00:30En tout cas, parce qu'elle fait frisquet et puis elle nous a fait le véto.
01:05Bonjour madame la sénatrice. Bonjour Vincent. Oh là là. Ah, incroyable. Je ne m'attendais pas à ça en montant
01:15là. C'est ici que je viens me ressourcer. Je comprends. C'est votre terre là ? Oui, complètement. C
01:22'est mon berceau là. Et ça participe beaucoup à mon énergie ce lieu.
01:27On peut s'asseoir pour parler un petit peu ensemble ? Ici, j'aime beaucoup revenir, me poser et me
01:37sentir minuscule. Ce paysage est là depuis des millénaires, des millions d'années et nous ne sommes vraiment que de
01:48passage.
01:48Vous, vous êtes natif d'ici. Vous avez fait des études plus dans les chiffres que dans les lettres puisque
01:57vous êtes comptable de formation.
01:58Oui, j'ai commencé en réalité pour faire des études de pharmacie. Ensuite, j'ai fait des études d'expertise
02:06comptable. Je suis rentrée dans l'équipe municipale en 1995.
02:12Ici, à Cernan ? Ici, à Cernan, dans mon village. Et mon maire est décédée brutalement en 1999.
02:20Et je ne me prédestinais absolument pas à être maire pour une bonne raison, c'est que j'étais enceinte
02:27de jumeaux.
02:28Ah.
02:28Je devais devenir maman et pas maire et maire. Et sauf que l'ensemble du conseil municipal a voté pour
02:36moi en expliquant que j'avais eu un grand-père maire pendant 43 ans à Cernan.
02:42Et donc, je serais la même et qu'il fallait que ce soit moi. Ça a été une période un
02:47peu compliquée.
02:48Maire et maire.
02:49Voilà. Maire et maire. Et je vais continuer. Je vais rentrer au conseil régional. Et ensuite, je vais devenir présidente
02:54de l'association des maires du Jura pendant 10 ans.
02:57Et c'était ça, pour moi, le plus beau de mes mandats, c'est celui-là.
03:02Et vous portez leur voix, leurs aspirations.
03:04Oui. Et quand je les accueille à Paris, c'est merveilleux aussi. Voilà.
03:08C'est important pour vous, cet ancrage, justement, territorial très fort ?
03:11C'est fondamental. Et se rappeler chaque fois ce qu'on est allé faire à Paris. Alors, bien sûr qu
03:17'on travaille dans l'intérêt général et dans l'intérêt de la nation, mais on est quand même là pour
03:23défendre nos territoires quand on est à Paris.
03:25Et donc, il se trouve quand même au Sénat que l'esprit rural est quand même entendu. Et ça, ça
03:32fait du bien. Ça, ça fait du bien.
03:34J'ai l'impression, quand vous parlez des maires du Jura, vous en parlez avec tendresse, avec une grande tendresse.
03:41Oui, et de l'émotion. En allant au Sénat, je voulais aussi revenir vers eux.
03:47Prolonger ça ?
03:48Oui, c'est ça.
03:49Alors, aujourd'hui, vous nous accueillez avec Manger, c'est voter dans votre beau Jura, que j'adore.
03:54Donc, on va quitter les deux forts dans le paysage et on va au troisième fort, celui des Rousses ?
03:58Oui, avec un autre homme fort, Jean-Charles Arnault.
04:02Et avec un peu de chance, vu que c'est l'heure, on aura peut-être une petite pône de
04:05comté qui nous attendra.
04:06Avec plaisir.
04:10Nous démarrons cette belle journée en allant rencontrer Stéphane au milieu de ses vaches, devant la fromagerie des Moussières, la
04:16plus haute du Jura.
04:17Puis ensuite, direction Poligny, capitale du comté, où nous rendons visite en cuisine et en salle aux jeunes élèves du
04:23lycée hôtelier Yassin de Friand.
04:25De là, nous irons croquer les succulentes pommes de Nicolas dans son verger des Celières,
04:29avant de terminer la journée au pied de Château-Chalon, dans les vignes d'Hélène.
04:32Puis, on retrouvera dans la cave du domaine Christian Villaume, l'encyclopédie des vins jaunes, avant de terminer la journée
04:38par un casse-croûte de rêve.
04:40Mais d'abord, direction le fort des Rousses, la cathédrale du comté, à la rencontre du grand Jean-Charles Arnault.
04:45Allez, on plonge sous terre.
04:57Bienvenue dans la cave Charles Arnault.
05:00Sûrement une des plus particulières.
05:03214 mètres de longueur, un demi-ceintre en pierre.
05:07Et en fait, elle est beaucoup plus longue que ça.
05:09Si on l'utilisait totalement, elle ferait à peu près 400 mètres.
05:13Jean-Charles, c'est quoi cette galerie ?
05:15C'est un fort militaire à l'origine.
05:17Alors bien sûr, on est en fait du côté où on attendait l'attaque de l'ennemi.
05:21Parce que le fort qui a été démarré par Napoléon va être complètement rasé par les Prussiens.
05:26Et donc, on va reconstruire derrière.
05:29Les Prussiens vont tout raser.
05:30On a ici une merveille qui a succédé à la guerre.
05:34Et je trouve que ça donne de l'espoir.
05:37Combien de kilomètres de caves dans ce fort ?
05:41C'est beaucoup plus de 10 kilomètres.
05:43Beaucoup plus de 10 kilomètres de galerie ?
05:45Mais le fort, c'est 215 000 mètres carrés à l'intérieur de la forteresse.
05:50Et on a des souterrains.
05:52Par exemple, on en a là-dessous.
05:53J'y suis allé une seule fois, qui est assez incroyable.
05:55Actuellement, on utilise à peu près 15% de la surface.
05:59Et combien de meules de comté ici ?
06:01Alors, pour l'instant, on a 170 000 fromages.
06:05Ça va jusqu'à quel âge ?
06:06Ouh, on est dans une forteresse où il faut garder ses secrets secrets.
06:11Mais il y en a quelques-uns, soit pour de la consommation de petits groupes réservés,
06:16ou aussi pour de l'expérimentation qui peuvent aller très loin.
06:19Quoi ? 5-6 ans ?
06:22Oui.
06:24Puis de temps en temps, on s'en sort un, enfin un ou un petit peu plus.
06:28Sur des petits mélésimes un peu spéciaux.
06:30Mais qui nous servent surtout à essayer de comprendre un peu mieux notre métier de révélateur de saveurs et de
06:37textures.
06:37Donc on fait aussi, oui, des vieillissements, mais plus pour les analyser, pour essayer de comprendre ce que la nature
06:43nous permet de faire.
06:44Parce que finalement, on n'a que du lait, on a ces voûtes de pierre sans une gaine textile, mouvement
06:50d'air naturel.
06:52Voilà, un petit peu de présure, du vivant, et puis de l'observation.
06:56Pour moi, le comté, c'est un monument, c'est une œuvre d'art.
07:01C'est une culture.
07:02Et je suis ravi d'avoir effectivement un garçon qui continue.
07:06Voilà, c'est une culture.
07:22Vous voyez ce fromage qui est...
07:25Il a perdu beaucoup d'eau.
07:27Et normalement, il devrait être très dur ce fromage.
07:30Il est hyper onctueux.
07:31Waouh.
07:33Et tu vois, même à cet âge-là, je trouve qu'il a encore un toucher, parce que j'aime
07:36bien, moi, velours.
07:38Et j'aime bien, pour mes jeunes, là, je leur dis, mais touchez vos fromages, cherchez le velours.
07:42Si vous avez le velours, vous avez un bon soin.
07:48Dis donc, Jean-Charles, on a sacrément bonté pour venir ici.
07:51C'est la fromagerie la plus haute du département du Jura.
07:54Et on va découvrir un de ses éleveurs passionnés, Stéphane Barbe.
07:59Salut, les filles.
08:03Bonjour, Jean-Charles.
08:04Stéphane, bonjour.
08:06Comment vas-tu ?
08:06Ça va et toi ?
08:37Ils sont drôlement tranquilles, vos vaches.
08:37Faînir des jeunes, fixer des jeunes, c'est pas facile.
08:40C'est un enjeu majeur.
08:42Vous avez jamais bougé d'ici ?
08:45Non, j'ai repris la ferme de mes parents.
08:47Ça fait 29 ans que je suis dans le métier.
08:50Actuellement, je suis en société avec mon épouse et mon garçon.
08:54J'ai eu la chance aussi d'avoir un de mes garçons
08:57qui est passionné de l'élevage, qui s'est installé avec nous.
09:02C'est un triste pour les gens qui vivent ici.
09:05C'est rude.
09:06C'est rude parce que les gens ont aussi pris l'habitude ici
09:10de vivre sincèrement en termes de service public
09:14avec beaucoup moins que les autres.
09:15Et pourtant, c'est une des causes que je défends,
09:18payent les mêmes impôts que les autres.
09:20Notre département du Jura, je parle sous votre contrôle,
09:22mais il se maintient à peu près en population
09:26grâce à l'allongement de la durée de vie.
09:29Mais si on regarde les moins de 20 ans et la population active,
09:32c'est en décroissance.
09:33Dans des zones particulièrement comme ici,
09:36il faut qu'on soit attentif à la transmission.
09:39On ne peut pas laisser des paysages de cette nature
09:42se fermer, abandonner.
09:45Parce qu'il y a ça aussi.
09:46Quand on interdit les constructions, etc., ça et là,
09:50et qu'on veut nous mettre sous cloche,
09:52mais à un moment donné, l'agriculteur,
09:54c'est aussi celui qui entretient le paysage.
09:57C'est aussi ça.
09:58Il le fait vivre, il l'entretient.
10:00Et donc, voilà, il faut aussi des habitants partout.
10:06Stéphane, combien vous avez de vaches ici ?
10:08Donc, nous, sur l'exploitation, on a 70 vaches laitières,
10:11toutes en rassement bailliarde.
10:12Après, on élève les jeunes pour renouveler le troupeau.
10:15Donc, en tout, on a 150 animaux.
10:17Et on produit le lait pour faire le comté.
10:21Franchement, je pense que la filière comté,
10:22elle est exemplaire.
10:24Alors, certes, il peut y avoir des améliorations à faire,
10:26mais moi, je sais que c'est une belle filière
10:30où, du producteur au consommateur,
10:32tout le monde s'y retrouve
10:34et qu'elle a les moyens de mettre en œuvre
10:37la préservation de l'environnement.
10:39Stéphane, est-ce que, comme vos confrères savoyards,
10:45vous avez été touchés par la dermatose ici ?
10:47Bon, il y a un petit peu une anxiété.
10:49Le stress, quoi ?
10:49Un petit peu, oui.
10:50On ne va pas le cacher.
10:53Mais je pense, bon, déjà,
10:54en ayant vacciné l'ensemble du troupeau,
10:57ça nous réconforte un petit peu.
10:59Madame la Sénatrice,
11:00est-ce qu'on n'a pas été un petit peu vite en besogne ?
11:02Est-ce que le ministère de l'Agriculture
11:04et les services vétérinaires
11:05n'ont pas abattu trop vite
11:06avant de vacciner,
11:07avant de largement contenir la maladie
11:10sans tout de suite détruire les troupeaux ?
11:12Moi, je pense que les services de l'État
11:14ont été remarquables
11:16pour ce qui concerne le Jura,
11:18mais pour avoir échangé avec les éleveurs.
11:20Eux, ils vont dire qu'il faut vacciner
11:22le plus vite possible.
11:23Après, abattre, je suis désolée,
11:26mais si certains ne l'ont pas compris,
11:29les vaches, elles allaient mourir
11:31dans des conditions épouvantables.
11:33Donc ça, ce n'est pas négociable.
11:37Aucun éleveur n'aurait supporté
11:38de voir une souffrance
11:41telle que celle qui était prévue.
11:44Merci beaucoup, Stéphane.
11:45Oui, de rien, merci.
11:46Je vous laisse avec vos bêtes, là,
11:48pour cette belle journée qui démarre.
11:49Jean-Charles, si je voulais apprendre
11:51à faire du comté, tu m'enverrais où ?
11:54Dans la capitale, depuis au moins
11:57huit siècles et beaucoup plus que ça,
11:59Pauligny, capitale du comté.
12:01Salut Jean-Charles, merci beaucoup.
12:08Madame la sénatrice, vous m'emmenez où, là ?
12:10Je vous emmène, Vincent,
12:12rencontrer Nathalie Pelligan,
12:14l'approviseur du lycée hôtelier.
12:16C'est le lycée Yacin-Friand.
12:20Bonjour.
12:21Bonjour, Madame la proviseur.
12:31Dès que c'est chaud, je vous présente
12:34M. Masson, professeur de cuisine.
12:36Bonjour, chef.
12:38Vous êtes combien en cuisine, ici ?
12:40Alors là, j'ai 11, 12, 11 élèves ce matin.
12:43Ils sont en première année,
12:45donc en l'équivalent d'une classe
12:46de première bac techno,
12:48où ils font de la cuisine au même titre
12:51que du restaurant et de l'hébergement.
12:52On a une chance exceptionnelle, ici, à Polynie,
12:54c'est d'avoir des élèves quand même
12:57issus d'un milieu assez rural, je dirais,
13:00et encore confrontés à ce genre de réalité
13:03en termes de produits, en termes de filières.
13:05Mais c'est vrai qu'ils ont encore beaucoup à apprendre,
13:07ce qui est normal, là, ils sont tout jeunes.
13:09On a des passionnés.
13:11Et c'est très intéressant de discuter avec ces élèves-là.
13:14Dans ce lycée, ce que j'apprécie aussi,
13:16c'est que ce sont des jeunes courageux.
13:19Au-delà des apprentissages de savoir-faire,
13:21ils sont exceptionnels.
13:23C'est aussi une école de la vie magnifique.
13:26On a des élèves qui sont super.
13:28C'est génial, c'est un plaisir.
13:30Je commence à...
13:31C'est la fin de ma carrière, mais c'est...
13:32C'est le début de la leur.
13:33C'est eux qui vont me manquer le plus,
13:35et c'est le début de la leur.
13:36Et en parlant de carrière,
13:37on a quand même pas mal de meilleurs ouvriers de France.
13:40À la dernière édition,
13:41on a deux meilleurs ouvriers de France, quand même,
13:43qui sortent d'ici.
13:45L'enseignement que vous apportez,
13:47il est sous l'égide de l'éducation nationale.
13:50Donc, ça veut dire que c'est un enseignement gratuit ?
13:53Oui.
13:54Alors après, oui, oui, oui.
13:56La formation n'est pas payante.
13:58Alors après, sur la gratuité,
14:00il faut qu'on s'entende,
14:00par rapport à l'équipement...
14:02Bien sûr, bien sûr.
14:03Non, non, mais je veux dire,
14:03en tout cas, l'enseignement lui-même.
14:04Et on n'oublie pas les financements du conseil régional.
14:08C'est vraiment très important
14:11que le conseil régional reste aux côtés des lycées de métier.
14:15Ces lycées de métier permettent aussi d'apprendre,
14:19de transmettre, et c'est vraiment fondamental.
14:21Ma grande fierté, c'est quand je me retrouve au Sénat,
14:25sur les belles tables du Sénat,
14:27et de retrouver des élèves du lycée hôtelier.
14:30Et je suis vraiment fière.
14:33On a actuellement, à la caissure du Sénat,
14:35un élève du lycée Friand.
14:37Ah oui ?
14:37Oui, je suis très fière.
14:37Que vous avez emmené dans vos bagages ?
14:39Ah oui, je suis très fière.
14:49Ah, magnifique.
14:55Moi, je la trouve fameuse, cette tarte.
14:57Les pommes, elles sont locales ?
14:59Ah oui.
14:59Elles proviennent des bergers de cette guerre.
15:01C'est une exploitation agricole
15:03qui se situe à 10, 12 kilomètres de Poligny.
15:08Vous ne voulez pas m'y emmener ?
15:09Seulement si j'ai le droit de terminer ma tarte.
15:11Oh, mais bien sûr.
15:12Oh là là, je ne vais pas vous priver de votre tarte.
15:25Bonjour, Nicolas.
15:27Bonjour, Nicolas.
15:28Monsieur.
15:28Qu'est-ce que vous faisiez pendant qu'on était en train de remonter ce champ ?
15:32Écoutez, j'étais en train de regarder mes vieux arbres qu'on va arracher.
15:36Vous allez arracher les arbres qui sont là, les pommiers ?
15:38Oui, absolument, oui.
15:39C'est envisagé, en tout cas, bien sûr.
15:41Mais ça ne peut pas vivre 100 ans, un pommier ?
15:43Alors, d'un point de vue agronomique, si.
15:44Mais d'un point de vue productif, beaucoup moins.
15:47Ces arbres, ils ont de 1968.
15:49Ah bon, alors moi aussi, je vais être arraché bientôt, alors, parce que je suis d'avant 68.
15:52Mais quand vous regardez ces arbres, déjà, vous êtes capable de dire que la production va être insuffisante ou qu
16:00'il y a une dégénérescence ?
16:01Oui, bien sûr, oui, tout à fait.
16:02On voit déjà l'induction florale qui s'est mise en place sur le mois de juin.
16:05Et on estime déjà à peu près le potentiel de récolte qu'il peut y avoir sur l'année prochaine.
16:09Ils sont plus sensibles aux maladies ?
16:11Exactement, tout à fait.
16:12Donc, ils demandent aussi, voilà, plus d'intervention.
16:15Ça s'entend aussi.
16:16Un arbre touffu, humidité, maladies fongiques qui peuvent être corrélées derrière, etc.
16:20C'est pour ça qu'on voit de plus en plus de vergers de pommes de poire qui sont palissées,
16:26enfin, qui sont à plat.
16:27Absolument.
16:28C'est ce qu'on appelle aujourd'hui des vergers deux dimensions, des murs fruitiers même, maintenant.
16:32Oui, c'est la norme principale en arboriculture fruitière en France, oui.
16:36Quelle variété dans votre verger ? Combien de variétés de pommes et quelle variété ?
16:40Sur les vergers de Célia, il y a aujourd'hui 25 variétés de pommes.
16:4325 ?
16:4425.
16:44De pommes à couteau ?
16:45De pommes à couteau, absolument.
16:46D'accord.
16:47Tout à fait.
16:48Vous êtes en bio ?
16:49Oui, clairement.
16:50Après, on n'est pas en bio pour l'étiquette ou par opportunisme économique, on l'est aussi par conviction,
16:55puisque j'habite sur place.
16:58Et c'est beaucoup plus technique, je trouve, que le conventionnel, il faut vraiment aussi l'avoir en tête.
17:02Il y a beaucoup plus de préventif que de curatif.
17:04On a moins de moyens pour rattraper, on parlait de maladie juste avant, on a moins ces outils-là.
17:09Donc on observe, on progresse aussi d'année en année, on réadapte le verger.
17:13D'où l'idée aussi, parfois, de restructurer des vergers, comme ça va être le cas sur celui-ci.
17:18Vous êtes sur un couteau.
17:20Est-ce que le cycle de l'eau est sensiblement pareil que celui que l'on considère pour la vigne,
17:27ici ?
17:27Contrairement à ce qu'on s'imagine, on n'a pas beaucoup d'eau.
17:30On a beaucoup d'eau qui vient du ciel, mais on a très peu d'eau dans le sol.
17:33Qui est retenue.
17:34Qui est retenue, voilà.
17:35C'est à mon avis, c'est une des vraies problématiques d'avenir du Jura.
17:38À cause du réchauffement climatique, quelles sont les conséquences ?
17:42Du dérèglement, en tout cas.
17:43Alors nous, la principale conséquence, ça reste le gel.
17:46Depuis qu'on a repris il y a 7 ans, je vous prends des chiffres simples, on a gelé une
17:48année sur deux.
17:49Donc il y a une année sur deux, on a perdu la moitié de la production.
17:51C'est vrai que le Jura est très impacté par ce dérèglement et qu'on peine à trouver les solutions.
17:59Au-delà des aides financières ponctuelles, parce que comme le dit Nicolas,
18:03pour des jeunes qui viennent de s'installer, geler un an sur deux, ce n'est pas possible.
18:08Finalement, nos arbres dans le Jura ne sont pas adaptés à un changement aussi brutal.
18:14C'est notre agriculture qui n'est pas adaptée parce que ça va trop vite.
18:18Pourquoi est-ce qu'on n'a pas les mêmes dommages en zone méditerranéenne ?
18:21Pas tout simplement parce que ça fait longtemps qu'ils sont...
18:24Qui fait chaud.
18:24Qui fait chaud.
18:25Et ici, ça arrive très brutalement et notre forêt est décimée.
18:30Et évidemment, il y a des conséquences sur l'agriculture.
18:32Elle est verger.
18:32Voilà.
18:33Sylvie Vermeillet, je sais que vous avez envie de croquer une pomme
18:35parce qu'on parle, on parle et ça donne soif.
18:48Donc belle fille de Salin.
18:50Belle fille de Salin ?
18:51Exactement.
18:52Une pomme typique du Jura.
18:53Ah oui, elle est vraiment locale.
18:56Absolument.
18:56Alors celle-ci, oui, elle n'existe pas trop ailleurs.
19:02Elle est ferme mais elle est très très douce.
19:06Il n'y a presque pas d'acidité sur une pomme.
19:09Non, très juste, elle n'est pas très acidulée, c'est vrai.
19:12Et combien de temps est-ce qu'on va pouvoir la conserver ?
19:14Vous voyez ici sur la Dalin Sweet, conservation 6 à 8 mois.
19:17Voilà, c'est une variété qui a une très longue conservation.
19:20Donc tout l'hiver ?
19:20Tout l'hiver.
19:22Nicolas, il y a un particularisme ici, c'est qu'ici on peut cueillir les pommes soi-même.
19:26Oui, complètement, oui.
19:27Et c'est assez apprécié puisqu'on a en moyenne 200 personnes par jour
19:31qui viennent sur les deux mois de septembre à octobre cueillir leurs fruits.
19:34C'est un vrai acte aussi de venir cueillir ses fruits, d'encourager une production locale,
19:39d'encourager tout un modèle qu'il y a derrière, toute une approche, toute une philosophie.
19:43Et l'idée, elle est de la mettre dans le creux de la main.
19:45On fait une coupelle.
19:46Voilà, pas mettre ses doigts dessus et le tourner vers l'eau.
19:49Oui, et puis en même temps, ça muscle.
19:52Quand on le fait mille fois, la récolte peut être assez sportive.
20:08Sylvie, on descend du splendide village de Château-Chalon
20:11et c'est le plus grand cru des vins jaunes.
20:15C'est le cru emblématique du vin jaune, oui.
20:18Alors j'imagine qu'on va rendre visite à un vigneron.
20:20Une vigneron.
20:21Ah, très bien.
20:25Bonjour Hélène.
20:26Bonjour.
20:27Bonjour Hélène, dans son...
20:29On est sur du savagnien, là.
20:31Oui, c'est ça, savagnien, oui.
20:32Cépage du vin jaune de Château-Chalon.
20:34Qu'est-ce qu'il a de particulier, ce cépage savagnien ?
20:37C'est un cépage, on va dire, assez rustique, génétiquement apparemment assez proche de la vigne sauvage.
20:43Et ce qu'il a de particulier, c'est son acidité, en fait, sa vivacité qui va lui permettre de
20:50tenir l'élevage très long qu'on pratique sur le vin jaune.
20:53Hélène, combien de générations chez Vertébondé ?
20:56Eh bien, je suis seulement la deuxième génération, figurez-vous.
20:59Voilà, c'est une histoire assez récente que mon père a démarrée en 85.
21:0385.
21:04Et vous êtes en bio, parce que je vois qu'il y a pas mal d'herbes.
21:07Oui, tout à fait.
21:07En général, c'est le signe.
21:08C'est une conviction personnelle, à la fois par rapport à l'environnement, la question écologique dans son ensemble.
21:16Et puis c'est une question humaine aussi par rapport au respect des salariés qui travaillent dans les vignes,
21:20et puis des produits avec lesquels ils peuvent être en contact.
21:23Hélène, on comprend que les parcelles sont petites, elles sont très convoitées.
21:27Vous avez combien d'hectares chez Vertébondé ?
21:29Alors, le domaine, actuellement, c'est 14 hectares.
21:32Et vous comptez vous agrandir, vous, au cours de votre vie de vigneronne ?
21:36Non, c'est pas du tout dans mes objectifs.
21:39C'est vrai qu'aujourd'hui, le côté foncier de Château-Chalon est un peu saturé, on va dire.
21:45On ne peut pas trouver une parcelle comme ça du jour au lendemain.
21:47C'est vrai que ce que mon père a fait dans les années 80, monter entièrement un domaine,
21:51ce n'est plus du tout possible aujourd'hui.
21:53C'est un autre contexte.
21:55Oui, la prédation étrangère est quand même inquiétante.
22:01Il faut absolument que les reprises familiales continuent de se faire
22:05et que ça continue d'être possible, en fait, de reprendre des domaines sur Château-Chalon.
22:09Moi, j'aimerais bien continuer cette discussion autour d'un verre de Château-Chalon.
22:13Avec plaisir.
22:13Ça ne vous ennuie pas ?
22:14Pas du tout.
22:15On y va alors.
22:16Allez.
22:23Alors, Christian Vuillot nous a rejoint, grand spécialiste et ambassadeur du vin jaune
22:28et particulièrement de Château-Chalon, Christian.
22:30Oui.
22:30On est ici, donc...
22:32Et là, qu'est-ce qu'on va goûter ?
22:34On va goûter un Château-Chalon, millésime 2017.
22:38Oui, parce qu'on le rappelle, il faut plus de 6 ans, 6 ans et 3 mois,
22:41passer en fût, en fût de chêne, avant d'être un vin jaune.
22:47Tout à fait.
22:50Ici, le jaune a des saveurs.
22:54C'est une couleur qui a des saveurs.
22:57Et quand, en plus, on prend le temps d'aller chercher tout ce qu'il nous envoie comme arôme,
23:06on a compris que le jaune était complexe.
23:10On est dans l'or, ici.
23:13Quand on nous sert ce type de vin, un peu de patience.
23:18Madame la sénatrice, alors, c'est le goût du pays, ça ?
23:23Ah oui, ça, c'est du Jura.
23:27Ça, c'est le cœur du Jura.
23:30Allez.
23:33Hé, le jaune, il a un arôme, mais il a aussi un son.
23:42Un petit morceau de comté, une petite lamelle.
23:45Ça, c'est le mariage divin.
23:48Vin jaune et comté, on n'a pas fait mieux et ça illustre bien le département.
23:53Ah oui, c'est nos produits phares.
23:57C'est notre emblème, ce sont nos ambassadeurs.
24:01Et je ne suis pas la seule à le...
24:04Ah là, il y a une petite chatte qui s'est pointée, elle a repéré le comté, ça doit être
24:08une chatte jurassienne.
24:09Et qui pense que tout ça est très bon.
24:12Dans le Jura, les plus grandes villes sont quand même des villes entourées de campagne.
24:16Et c'est ce que les gens, les touristes viennent apprécier ici, c'est le fait que le Jura soit
24:23resté un territoire assez sauvage.
24:26Nos produits alimentaires de qualité sont taxés partout à l'export.
24:33Parfois, il y a une, on va dire, une inégalité devant le marché.
24:38Vous en pensez quoi ?
24:39Mais il faut faire pareil.
24:41Je pense que seul le rapport de force est écouté.
24:45Et je pense que lorsqu'on est matraqué fiscalement par des pays étrangers, il faut faire exactement la même chose.
24:52Je trouve que l'Europe a été nulle.
24:57Je vous le dis très franchement, mais je pense que l'Europe a les moyens de riposter plus fort.
25:04Il faut qu'elle reste unie, il faut qu'elle reste soudée, mais je ne crois qu'à cette méthode.
25:10Quitte à ce qu'il y ait une désescalade ensuite, mais on ne peut pas se laisser matraquer fiscalement comme
25:16c'est le cas aujourd'hui.
25:18Être absolument boycotté de cette manière-là, c'est une concurrence déloyale sans nom.
25:23Ce rapport de force, il est dur, mais je suis désolée, on doit être dur en face.
25:29Quand je vous vois au perchoir, au Sénat, quand vous dirigez des séances, vous les menez un peu à la
25:35baguette, tous vos sénateurs ?
25:36J'ai été à bonne école.
25:38J'ai un patron qui fait que, voilà, on essaye de lui ressembler, on ne peut pas l'égaler, mais
25:45on essaye de lui ressembler.
25:46Et c'est vrai que quand on est vice-président, il y a effectivement des règles et un timing à
25:54tenir.
25:55Et ça, moi, je me fais un devoir de répondre aux attentes de mon président.
26:01Vous tenez combien de temps à Paris, avant de revenir ici vous ressourcer ?
26:05Trois jours.
26:06Trois jours, c'est le maximum ?
26:10Tracons alors dans les verres.
26:12J'espère que vous avez passé une belle journée radieuse comme nous, ici dans le Jura.
26:17On se retrouve bientôt sur la plateforme publicsana.fr ou directement sur le canal 8.
26:23À bientôt.
26:37C'était Manger, c'est voter avec le concours général agricole.
26:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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Baks_otaku
il y a 23 heures