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  • il y a 20 minutes
Le 24 mars, la mission d’information sur la souffrance psychique au travail du Sénat organisait une table ronde avec des associations de victimes d’épuisement professionnel. Rattachée à la commission des affaires sociales du Sénat, cette mission d’information a réuni des responsables des associations : Les ailes de soi, Stop Burn Out, l’UNAFAM et France Prévention la Suite. Tous sont revenus sur la difficile compréhension et prise en charge de la souffrance psychique au travail, tant par les entreprises que par les professionnels de santé. Les associations plaident pour une prévention élargie et une sensibilisation accrue des entreprises. Année de Production : 2025

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Transcription
00:00:10Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro de 100% Sénat,
00:00:14l'émission qui vous fait vivre les travaux de la Haute Assemblée.
00:00:17La mission d'information du Sénat sur la souffrance psychique au travail poursuit ses auditions.
00:00:22Les sénateurs ont entendu des associations de victimes d'épuisement professionnel pour mieux comprendre les causes du burn-out.
00:00:28Je vous laisse écouter cette audition.
00:00:31Nous allons commencer ces auditions. Je vous remercie à toutes et tous d'être là.
00:00:38Nous reprenons donc aujourd'hui les travaux de notre mission d'information sur la souffrance psychique au travail,
00:00:44après la suspension parlementaire en nous intéressant à ces victimes, à leur vécu et à la façon dont leur expérience
00:00:51peut éclairer notre réflexion.
00:00:53Voilà, elle n'était pas loin.
00:01:09Nous avons jusqu'à présent auditionné une sociologue du travail, madame Danielle Linard,
00:01:14et une psychanalyste, madame Marie Pesé, dont le réseau souffrance et travail a développé une expertise inégalée dans l'assistance
00:01:21aux personnes en souffrance professionnelle.
00:01:24La rapporteure a également conduit une série d'auditions d'experts, chercheurs, statisticiens et organismes de prévention pour affiner son
00:01:33diagnostic.
00:01:34Il était donc temps de recueillir la parole de celles et ceux qui ont traversé un burn-out
00:01:38et ont donc été les victimes de formes d'organisation du travail maltraitante et souvent d'un management déficient.
00:01:46Nous recevons aujourd'hui des représentants de quatre associations qui accompagnent et représentent les victimes de l'épuisement professionnel.
00:01:54Pour l'association France Prévention, la suite, madame Sylvie Brière, présidente, et monsieur Andy Barret.
00:02:03Pour l'association Les Ailes de Soie, madame Virginie Aufroy-Guignard et monsieur Olivier Forger, coprésident.
00:02:11Pour l'association Stop Burnout, mesdames Margaret Barkouda, présidente, et Edith Galli, administratrice.
00:02:18Pour l'UNAFAM, l'Union nationale des familles et amies de personnes malades et ou handicapées psychiques,
00:02:25madame Emmanuelle Raymond, présidente, et monsieur Jacques Depesquidoux, administrateur.
00:02:29Le constat d'une forte croissance de la souffrance psychique au travail ces dernières années est unanimement partagé et démontré
00:02:37par plusieurs études.
00:02:38Quelles en sont selon vous les causes ? Surtout, toutes les victimes se ressemblent-elles ?
00:02:44Notre mission s'interroge sur l'efficacité des mesures de prévention mises en place dans les entreprises.
00:02:50Malgré une réglementation robuste, la vigilance de la médecine du travail, l'action d'acteurs comme l'ANACT ou l
00:02:57'INRS,
00:02:57elles apparaissent le plus souvent défaillantes.
00:03:00Quel regard portez-vous sur la question ?
00:03:03Un autre de nos questionnements porte sur la prise en charge des victimes par le système sanitaire et le suivi
00:03:09dont elles bénéficient.
00:03:10Est-il à la hauteur des difficultés qu'elles rencontrent ?
00:03:15Les conditions de reconnaissance de l'épuisement professionnel en maladie professionnelle font aussi débat.
00:03:21Nous confirmez-vous que la procédure actuelle hors tableau s'apparente à un parcours du combattant.
00:03:28Nous nous interrogeons enfin sur les conditions de la réinsertion professionnelle des victimes de burn-out.
00:03:35Comment, selon vous, pourrait-elle être facilitée ?
00:03:38Voici quelques-unes de mes interrogations qui sont partagées par mes collègues et auxquelles vous pourrez peut-être, chacun à
00:03:46votre façon, répondre.
00:03:48Je donne maintenant la parole à un représentant de chaque association pour une présentation liminaire d'environ 10 minutes
00:03:56avant que notre rapporteur et nos collègues réagissent à vos interventions.
00:04:01Donc, en premier lieu, je vais donner la parole à Mme Sylvie Brière et M. Andy Barré,
00:04:11respectivement présidents et membres de France Prévention à la suite.
00:04:23Vous appuyez là.
00:04:30J'ai été caché par le godet.
00:04:35Donc, Mme la Présidente, Mme la rapporteure, bonjour et merci à vous pour vos invitations.
00:04:41Alors, France Prévention, la suite, je vous en prie.
00:04:47France Prévention, la suite, prend la main sur le burn-out depuis plusieurs années, carrément plus de 10 ans, 15
00:04:56ans.
00:04:57Donc, je vais vous donner le cadre de notre association qui a été créée en 2010 et nous sommes une
00:05:07association de loi 1901.
00:05:11Notre exercice est en général de faire de l'information sur les risques psychosociaux,
00:05:19mais on ne les appelle pas forcément directement risques psychosociaux.
00:05:22Alors, donc, nous n'avons pas d'engagement politique.
00:05:27Nous sommes dans une situation civique, j'insiste, parce que c'est souvent un peu difficile de rester dans ce
00:05:34cadre.
00:05:34Et puis, nous avons déjà travaillé avec beaucoup d'élus.
00:05:40Parfois, nous venons vous chercher.
00:05:42Et en général, on essaye d'être agréable parce qu'en fait, le but, c'est de faire de la
00:05:49prévention.
00:05:50Et en général, nous essayons d'avoir une pédagogie avant tout qui installe plutôt des solutions.
00:06:01Et nous, après avoir lancé une alerte ou carrément été faire une campagne.
00:06:08Donc, les principales campagnes que j'ai menées à partir de 2011 sont sur la pédocriminalité.
00:06:17C'était la première, ce qui n'est pas si simple.
00:06:19On ne nommait pas ça comme ça.
00:06:22Et ensuite, le suicide, ça a été simultané.
00:06:25Donc, en fait, nous avons participé à rendre les numéros d'accueil et de secours visibles sur les réseaux.
00:06:35Et en fait, on est très présent sur les réseaux pour élaguer les fausses informations à ce jour.
00:06:42On en est à des fausses informations.
00:06:44À l'époque, il n'y avait pas d'informations du tout.
00:06:46Donc, on était un peu nouveau.
00:06:48Alors, donc, notre financement est autofinancé.
00:06:53On n'a absolument fait aucun appel à des financements extérieurs, que ce soit des sociétés ou...
00:07:03Voilà.
00:07:05On ne fait plus de demande d'adhésion.
00:07:07J'insiste sur le fait qu'on considère que nous sommes dans un profil de risque psychosocial.
00:07:13Donc, des gens atteints souvent par des difficultés assez âpres.
00:07:16Donc, on continue quand même.
00:07:21Et donc, on n'a pas changé de sens.
00:07:26C'est toujours le même.
00:07:27On tient toujours le même discours.
00:07:29Donc, le discours principal, c'est l'information, la solidarité, le conseil.
00:07:37Et on estime qu'il est facile de donner un numéro de secours comme le 31-14.
00:07:43Et on insiste à ce que ce soit un automatisme.
00:07:47Et ça ne l'est toujours pas, même dans des associations répertoriées, dont les risques psychosociaux.
00:07:56Alors, on a aussi un petit souci depuis quelques années de cooptation sévère, dans le sens que des associations n
00:08:10'ont pas une capacité à être totalement libres de leurs actions.
00:08:14Et on essaye aussi de nous proposer des déviations de notre sens premier.
00:08:21Ce n'est pas trop facile.
00:08:24Et ça donne le résultat de la désinformation que nous connaissons tous et sur laquelle on lutte également.
00:08:30Ces derniers temps, j'ai écrit plusieurs articles sur le sujet pour inciter à faire comprendre la transformation des mots
00:08:39et surtout, après, la transformation des situations et des intentions.
00:08:44Donc, dans le registre de l'épuisement professionnel ou du harcèlement, on fait bien la distinction chez moi, en tout
00:08:54cas, entre les deux.
00:08:55Et on met beaucoup de circonscription, de prudence, on va dire, de prudence dans les termes qu'on va utiliser
00:09:03auprès de vous.
00:09:04Parce qu'entre un harcèlement et un épuisement professionnel, il peut y avoir un grand delta.
00:09:13Donc, le harcèlement est une intention de nuire à l'autre, alors que l'épuisement professionnel peut être lié qu
00:09:21'à la tâche et à son incapacité à la réaliser,
00:09:25à la transformation du poste de travail, au vieillissement du travailleur, il y a beaucoup de circonstances que vous connaissez
00:09:34déjà, qui empêchent un travailleur d'exécuter sa tâche.
00:09:38Donc, on distingue l'intention négative, qui est vraiment un risque psychosocial, et l'intention du travailleur de continuer à
00:09:51travailler, mais qui ne peut pas assumer sa tâche.
00:09:55Donc, on assiste souvent à des gens qui arrivent en panique, qui ont beaucoup de mal à s'orienter, qui
00:10:05ne déterminent pas leur situation, qui ne savent pas s'expliquer sur leur ressenti.
00:10:11C'est quasi chronique sur un épuisement déjà bien enclenché, qui n'a pas été maîtrisé, qui n'a pas
00:10:19été relevé, ou qui a tenté de s'expliquer,
00:10:25mais en réalité, l'épuisé, lui, il arrive généralement à s'exprimer quand c'est dû trop tard.
00:10:31C'est assez chronique comme situation.
00:10:35Et donc, nous, en tant qu'association, on a toujours médité, entre guillemets, sur le fait de faire de la
00:10:44prévention.
00:10:45Et on détermine que la prévention aujourd'hui, enfin, on la cherche.
00:10:51Voilà, on va dire ça comme ça.
00:10:54Je suis très optimiste, donc je pense qu'on trouvera des solutions, puisque vous nous invitez, c'est pour les
00:10:59mettre en place.
00:11:00Et même, on pense que ça ne va pas encore être très court à réaliser.
00:11:04Mais la bienveillance veut que chacun de nous va s'expliquer pour pouvoir faire enclencher un processus concret.
00:11:11Et la prévention, elle passe par le fait que tout le monde doit se mêler de quelque chose, mais en
00:11:16étant toujours très discret et bienveillant.
00:11:20Dans le cadre d'un épuisement concret par la tâche, que ce soit psychique ou physique, et la détermination des
00:11:27deux éléments est très difficile, parfois.
00:11:29On ne sait pas lequel des deux a commencé.
00:11:32Est-ce que ça se met en place avec de la bienveillance par rapport au salarié qui, lui, sa première
00:11:40crainte, sa première idée est de perdre son emploi ?
00:11:44On a quasi 90% des personnes que j'ai auditionnées au fil du temps et que M. Barré, lui,
00:11:51dans son expérience, ont aussi entendu le problème de l'emploi,
00:11:56qui, donc, va encourager à cacher la situation.
00:12:00Et donc, il y a une autre chose qui encourage à cacher la situation, c'est que la personne qui
00:12:08est généralement battante,
00:12:10qui a un profil battant, investie dans le travail, ou ne voulant pas faire défaut, enfin, quelque chose qui est
00:12:17dans la sincérité assez profonde,
00:12:18c'est un engagement et ne peut pas se désengager.
00:12:23La troisième, c'est de médicaliser une relation au travail.
00:12:28Pourquoi je vais chez le docteur ? Parce que je travaille.
00:12:32Cette disproportion, c'est de la santé mentale dont je parle, là, parce que la personne était vaillante,
00:12:41se disait avoir une carrière et finalement, dans son expression concrète et quotidienne,
00:12:47elle voit qu'elle dépérit, qu'elle n'assume pas,
00:12:51et elle se dit, il va falloir que j'aille le dire à un médecin.
00:12:54Alors, si c'est le médecin de famille, ce n'est pas plus simple qu'un médecin inconnu.
00:12:59Et ensuite, il y a aussi une espèce de nébuleuse de déni où, je ne sais pas trop,
00:13:05les psychiatres donnent des noms plus précis que les miens,
00:13:07à savoir que la personne dit, je ne suis pas malade.
00:13:10C'est catégorique, quasiment.
00:13:12Quand il dit qu'il est malade, c'est que c'est trop tard, là aussi.
00:13:18Donc, les prémices d'un épuisement sont toujours la fatigabilité, l'irritation,
00:13:24des conduites addictives, des refus de prendre une pause,
00:13:28des justifications qui sont bizarres.
00:13:31Il y a toute une panoplie.
00:13:33Et cette panoplie de comportements, de postures,
00:13:38c'est très reconnaissable même par des gens qui ne sont pas spécialistes.
00:13:42Aujourd'hui, on a un petit peu avancé
00:13:45parce que les gens en santé mentale commencent à s'intéresser au sujet.
00:13:49Et les collègues, s'ils sont bienveillants, vont chercher des solutions.
00:13:53Là où on est un peu embêté, c'est que si on avertit le N plus 1,
00:13:58ça ne passe pas souvent la barrière du N plus 2.
00:14:01Ça doit tenir.
00:14:03Il faut fournir de la cadence, il faut fournir un travail.
00:14:07Et puis, on tire sur la corde.
00:14:10Alors, comme des deux côtés, ça tire sur la corde,
00:14:12le salarié, lui, décrochera totalement de lui par...
00:14:17Alors, son état relationnel, il est souvent quand même un peu difficile,
00:14:21autant envers lui qu'avec les autres.
00:14:23Mais là où il est le plus dangereux, c'est vis-à-vis de lui-même.
00:14:29Donc, si on voit un salarié qui commence à ne plus manger,
00:14:32ni à prendre sa pause, aller simplement dans des fonctions naturelles,
00:14:37s'il ne fait plus de break de tout ça, s'il veut toujours rester plus tard, etc.,
00:14:41c'est déjà un salarié.
00:14:42Soit il fait de l'excès de zèle et là, il n'est pas fatigué, il est content,
00:14:46mais il peut aussi être dans un circuit de vouloir garder son travail à tout prix.
00:14:52Bon, ça, on a des exemples, je crois que c'est quasi tous les exemples, c'est ça ?
00:14:57Oui, hein ?
00:14:59Nous, ce qu'on rencontre, c'est ça.
00:15:01Alors, il y a plusieurs professions impactées.
00:15:03J'ai une petite liste, je serai plus longue certainement par un PDF pour vous,
00:15:08parce que j'ai une petite liste de métiers manuels en BTP,
00:15:12agents affiliés aux soins à la personne,
00:15:14les soignants, les enseignants, les agriculteurs, éleveurs, maraîchers,
00:15:18les politiciens et les délégués syndicaux,
00:15:23les entrepreneurs sans délégation,
00:15:25les métiers ubérisés,
00:15:28comme un chauffeur de taxi, un chauffeur routier à son compte,
00:15:31les sportifs,
00:15:33les personnes travaillant dans la finance.
00:15:35Et puis, en fait, au final, on a une liste qui, maintenant, s'est étendue totalement.
00:15:39Et on ne sait même plus, parfois, où est le privé et le professionnel.
00:15:44Et ça, c'est plus embêtant pour déterminer une cause, enfin, une maladie professionnelle.
00:15:50Ensuite, est-ce qu'on a des événements extérieurs qui jouent dans la situation ?
00:15:55Oui, évidemment.
00:15:57Moi, j'ai enlevé qu'au fil du temps, dans les 15 dernières années,
00:16:02au fil du temps, chaque fois, on me rajoute des choses du genre,
00:16:05il y a la guerre, il y a l'électricité augmente.
00:16:10Enfin, c'est chacun son rapport à la vie courante.
00:16:16Il faut que j'aille chercher ma fille et puis j'ai l'autre qui est là-bas.
00:16:19Et vous voyez, il y a une espèce de...
00:16:21Alors moi, ce que j'entends dans la part de ces gens qui ont témoigné,
00:16:25c'est que c'est un peu en vrac.
00:16:27Et c'est assez représentatif de la personne désorientée
00:16:32parce que la désorientation est un grand problème chez la personne épuisée,
00:16:35qui s'épuisait, qui devient gravement malade.
00:16:38Et puis, en général, j'assiste énormément sur le phénomène suicidaire
00:16:44qui est dramatique parce qu'il n'y a pas d'avertissement, souvent.
00:16:55Et ça, c'est plutôt difficile à vivre, c'est incompatible.
00:17:00Et donc, on a d'un seul coup une famille qui allait bien
00:17:03et qui s'éclate d'elle-même parce qu'un père de famille ou une mère de famille...
00:17:09Et alors, je vais rajouter des choses qui sont désagréables,
00:17:12mais les modes de suicide sont assez gores, comme on dit vulgairement.
00:17:17Ils sont souvent très inventifs.
00:17:20Alors donc, on a un effet de répercussion sur les secours,
00:17:26sur les familles, sur les enfants.
00:17:28Et ça, c'est quand même extrêmement important.
00:17:34Je vous en prie.
00:17:36Je vous en prie.
00:17:39On ne se rend pas très bien compte.
00:17:40Vous inquiétez pas.
00:17:42Donc ensuite, je vais...
00:17:44Ah, pardon.
00:17:45Oui.
00:17:46Je vais passer la parole à l'association Les Ailes de Soie,
00:17:49Mme Virginie-Aufroy-Guignard et M. Olivier Forger.
00:17:53Merci, en tout cas, Mme la Présidente, Mme les rapporteurs,
00:17:59Mesdames et Messieurs les sénateurs, Mesdames et Messieurs.
00:18:02Merci de nous recevoir, en tout cas aujourd'hui.
00:18:04Nous, on est plutôt fiers de venir partager notre expérience de terrain.
00:18:09Nous sommes une association loi 1901, créée il y a à peine un an et demi.
00:18:16Nous avons aujourd'hui...
00:18:18Nous exerçons sur le territoire de la communauté urbaine de Grand-Poîtier.
00:18:22Nous avons aujourd'hui une quinzaine de bénévoles investis auprès de nous,
00:18:29que ce soit des pères d'expérience.
00:18:32Nous appelons comme ça des...
00:18:33Voilà, c'est plutôt assez joli.
00:18:36Des personnes qui sont effectivement en sortie de situations de burn-out.
00:18:42Des experts professionnels, anciens managers, anciens psychologues du travail,
00:18:47comme mon collègue qui s'est joint à moi aujourd'hui, Olivier.
00:18:52On a une soixantaine aujourd'hui déjà de bénisses fissières, après à peine un an et demi d'exercice,
00:18:58et une dizaine de professionnels aussi auprès de nous, avec une approche plutôt pluridisciplinaire.
00:19:07Nous exerçons à travers quatre...
00:19:09Enfin, en tout cas, il y a quatre verbes d'action importants pour nous,
00:19:12et qui sont un peu notre fil d'Ariane.
00:19:17À la fois, nous procédons à un travail autour de la prévention.
00:19:22Nous orientons.
00:19:24Nous créons les conditions pour partager et accompagner les bénéficiaires qui intègrent l'association.
00:19:32Nous avons un tout petit budget.
00:19:34À ce jour, nous n'avons pas de financement extérieur.
00:19:37Nous avons eu quelques mécénats.
00:19:40Un budget de 1 500 euros environ.
00:19:46D'où, effectivement, en tout cas, on a le sentiment d'être assez fiers d'être là aujourd'hui.
00:19:52Et ce qu'on a constaté, et la dernière enquête de l'empreinte humaine de 2024 le dit,
00:19:59c'est un salarié sur deux qui serait en souffrance psychique au travail.
00:20:05Derrière ces chiffres, finalement, il y a des parcours plutôt invisibles
00:20:08qui conduisent parfois jusqu'à l'épuisement et l'effondrement total.
00:20:13Un jour, vous vous retrouvez à l'arrêt, tel que j'ai pu l'être.
00:20:17Vous vous sentez littéralement vidé.
00:20:19Vos capacités cognitives s'effondrent.
00:20:23Lire, vous concentrer.
00:20:24Parfois même, vous lever deviennent impossibles pendant des mois.
00:20:29Vous pleurez chaque jour.
00:20:31Vous vous sentez dans l'incapacité de vous relever.
00:20:35Vous vous sentez perdu face aux démarches administratives que vous connaissez mal
00:20:39et que vous parvenez à peine à réaliser tant vous êtes épuisé.
00:20:45Vous vous sentez seul, car votre médecin ne met pas les mots sur ce qui vous arrive.
00:20:50Vous vous voyez inscrit sur votre arrêt de travail anxio-dépression.
00:20:55Alors qu'au fond, vous vous sentez bien en vie, que la vie est toujours là,
00:21:00mais que le rapport au travail, c'est ce qui a été, en tout cas, qui vous a conduit là.
00:21:05Vous vous sentez parfois mis à distance par votre entreprise,
00:21:09comme si vous étiez devenu un problème.
00:21:11On se dépêche éventuellement de vous proposer une rupture conventionnelle.
00:21:17Et peu à peu, vous vous sentez coupable, coupable de ne pas aller mieux,
00:21:22malgré les professionnels que vous rencontrez.
00:21:25Vous finissez par penser que le problème, c'est vous.
00:21:29Vous vous sentez incompris, voire culpabilisés,
00:21:33par votre entourage, par les institutions,
00:21:35alors même que vous ne voulez qu'une chose,
00:21:38reprendre le travail.
00:21:39Mais la reconstruction est longue, complexe, coûteuse
00:21:44et souvent insuffisamment accompagnée.
00:21:48C'est cette réalité, en tout cas, que nous, associations,
00:21:52nous tentons d'accompagner au quotidien.
00:21:55Chaque jour, nous rencontrons des personnes en situation d'épuisement,
00:21:59souvent perdues, isolées, sans repères.
00:22:03Nous ne prétendons pas remplacer les dispositifs existants,
00:22:07mais nous jouons un rôle essentiel de trait d'union, de facilitateur.
00:22:13Concrètement, nous orientons vers des professionnels identifiés,
00:22:17formés à la souffrance au travail,
00:22:19que nous avons pu nous-mêmes rencontrer et sélectionner.
00:22:24Nous orientons également vers des espaces relais reconnus,
00:22:30CHR, médecine du travail, assistants sociaux.
00:22:34Nous accueillons la parole et rompons l'isolement,
00:22:38à travers, bien sûr, des groupes de travail,
00:22:40des groupes de parole, pardon, des permanences,
00:22:43et nous accompagnons dans la durée sur des parcours pluridisciplinaires
00:22:47et articulés entre du collectif, de l'individuel,
00:22:50entre de la paire et d'ense et l'appui de professionnels.
00:22:55Nous proposons des espaces collectifs pour comprendre,
00:22:58comprendre ce qui nous arrive, mais aussi se reconstruire,
00:23:04se re-sociabiliser et reprendre confiance à travers l'action bénévole.
00:23:11Nous observons que, malgré la diversité des situations,
00:23:15les difficultés rencontrées sont récurrentes.
00:23:18Problème de connaissance, de compréhension de ce qu'est le burn-out,
00:23:23problème de manque de soutien, de lisibilité, de coordination et de reconnaissance.
00:23:30C'est à partir de cette expérience que nous souhaitions vous partager aujourd'hui
00:23:34cinq axes prioritaires que nous avions principalement envie de relayer.
00:23:39L'enjeu, en tout cas, pour nous, est essentiel de mieux reconnaître et accompagner le burn-out.
00:23:44Le burn-out nécessite du temps et un accompagnement adapté.
00:23:47Aujourd'hui, les parcours restent fragmentés, peu lisibles et insuffisamment coordonnés.
00:23:53S'ajoute à cela une reconnaissance en maladie professionnelle, vous l'avez dit,
00:23:58complexe, longue et incertaine, et qui souvent invisibilise des situations pourtant liées au travail.
00:24:04Pour cela, nous, on soutient, en tout cas, la nécessité de renforcer la médecine du travail
00:24:10et ses moyens de mieux former les professionnels également de santé
00:24:14et de développer de véritables parcours pluridisciplinaires et coordonnés.
00:24:20Effectivement, sur cette dernière mesure, rendre les parcours lisibles et accessibles
00:24:24parce que trop de personnes ne savent pas où, vers qui se tourner.
00:24:29Et il est essentiel, selon nous, d'avoir une approche globale et pluridisciplinaire,
00:24:34aussi bien physique, physiologique, psychologique, relationnelle, professionnelle, voire juridique.
00:24:43Et d'ailleurs, de commencer par l'approche physique avant de l'orientation psychologique.
00:24:50Et il est également nécessaire, effectivement, pour nous, en tout cas, de structurer des parcours clairs,
00:24:56coordonnés et financés, qui permettent de sécuriser des trajectoires et de réduire les ruptures.
00:25:02La troisième proposition pour nous importante, c'est bien sûr de s'appuyer sur les associations et l'expérience de
00:25:10terrain.
00:25:10Les associations que nous représentons, malheureusement, nous compensons,
00:25:15nous tentons, en tout cas, de compenser parfois des manques.
00:25:19Mais nous permettons d'intervenir tôt, de prévenir l'aggravation des situations
00:25:24et de proposer des réponses concrètes.
00:25:27Nous permettons aux personnes aussi de se relier à leur paire, P-A-I-R-S,
00:25:33apportant reconnaissance, sécurité et apaisement face à l'isolement et l'incompréhension.
00:25:41Cette expérience sensible devient également un outil et un atout pour nous,
00:25:46selon nous, pour les entreprises et les organisations.
00:25:49Pourtant, nous restons insuffisamment soutenus financièrement.
00:25:55Notre quatrième proposition, c'est agir sur les organisations du travail.
00:26:01Cessons la psychologisation individuelle.
00:26:04Le burn-out est souvent lié à des signaux non pris en charge,
00:26:09à une intensification de travail excessive,
00:26:11des conflits éthiques,
00:26:13des pratiques de management délétères
00:26:16et une dégradation de la qualité de vie au travail.
00:26:20La prévention passe par une réelle transformation des organisations.
00:26:25Et enfin, notre dernière proposition,
00:26:27faire de la prévention une réalité,
00:26:30qu'elle soit primaire, bien sûr, secondaire ou tertiaire.
00:26:34Les outils existent, mais ils restent trop souvent formels
00:26:37et peu intégrés dans les pratiques d'entreprise.
00:26:40Il est nécessaire de passer d'une logique de conformité
00:26:45à une culture de la prévention,
00:26:47qui s'intègre effectivement dans les politiques RH et managériales.
00:26:56Donc, à travers ces cinq propositions,
00:26:58mieux reconnaître et accompagner le burn-out,
00:27:01s'appuyer sur les acteurs,
00:27:02favoriser la mise en œuvre de parcours libres,
00:27:04agir sur le travail et renforcer la prévention.
00:27:07Il nous semble, en tout cas,
00:27:09qu'il y a des enjeux majeurs
00:27:12sur ces cinq domaines.
00:27:14Mais au fond, la question,
00:27:16en tout cas nous qui nous taraude,
00:27:18c'est combien de personnes
00:27:19devront encore s'effondrer
00:27:23et errer
00:27:24sans que ces réalités soient pleinement prises en compte.
00:27:27Nous parlons ici de santé,
00:27:29mais aussi de travail,
00:27:30de dignité
00:27:31et de trajectoire de vie brisée.
00:27:33Je vous remercie.
00:27:45Donc ensuite,
00:27:46je donne la parole à l'association Stop Burnout,
00:27:51mesdames Margaret Barkouda et Edith Ghali.
00:27:55Je vous remercie de votre invitation.
00:27:59Donc, il est vrai que Edith Ghali
00:28:04qui, dans l'association,
00:28:06fait de la recherche.
00:28:07Je ne commencerai pas par elle,
00:28:08mais je la présente rapidement.
00:28:11Donc, l'association Stop Burnout
00:28:14agit depuis 11 ans,
00:28:1511 ans d'existence.
00:28:17Donc, nous avons une certaine expérience,
00:28:21je dirais, d'accueil.
00:28:23et on a décidé d'être une équipe pluridisciplinaire.
00:28:32C'est-à-dire qu'on a des professionnels de santé,
00:28:35des médecins, des psychiatres
00:28:36qui connaissent la santé mentale au travail.
00:28:40On a des psychologues.
00:28:42Moi-même, je suis psychothérapeute et psychoanalyste.
00:28:47Grâce, donc, à cette équipe pluridisciplinaire,
00:28:53nous avons donc des experts de l'accompagnement,
00:28:57ainsi que des coachs, des médecins coachs.
00:29:00Et on a un pôle d'avocats,
00:29:03qui est très important,
00:29:04puisqu'on s'occupe des salariés,
00:29:08des agriculteurs, des chefs d'entreprise,
00:29:10des chefs d'entreprise en difficulté.
00:29:12Et s'ils sont en difficulté,
00:29:13bien évidemment, leurs collaborateurs
00:29:16seront eux-mêmes aussi en difficulté.
00:29:20Donc, on agit avec toutes ces personnes.
00:29:24Et nous développons des actions de prévention,
00:29:31des soutiens de sensibilisation
00:29:33auprès des publics exposés.
00:29:36Donc, les salariés, en priorité aussi,
00:29:39et aussi les agriculteurs.
00:29:40En lien avec la recherche en santé mentale
00:29:45menée avec l'ARS,
00:29:47puisque l'ARS nous subventionne
00:29:48et l'ARS nous confie des groupes de travaux
00:29:52pour la santé mentale.
00:29:55Et nous travaillons avec les chercheurs
00:29:59de l'Université de Nisco d'Azur.
00:30:01L'association s'appuie aussi sur des outils
00:30:04et d'évaluation issus aussi
00:30:07de la recherche en santé mentale
00:30:08que Mme Edith Galli vous exposera,
00:30:14notamment sur son outil de mesure.
00:30:19Donc, nous avons un engagement de terrain
00:30:23d'expertise, de clinique et de recherche scientifique.
00:30:28Alors, notre association est fondée
00:30:31sur une approche globale
00:30:33et profondément humaine.
00:30:35Stop Burnout oeuvre pour accompagner
00:30:38les personnes en situation
00:30:40d'épuisement professionnel
00:30:42ou en perte de sens,
00:30:44s'appuyant sur un travail
00:30:45en transversalité
00:30:47avec le réseau d'experts.
00:30:49Nous avons, dans notre association,
00:30:52et j'ai oublié de vous dire,
00:30:53et c'est très important,
00:30:56nous avons des coachs, bien évidemment,
00:30:58mais nous avons des personnes
00:30:59qui font des bilans de compétences
00:31:01et nous avons un pôle recrutement.
00:31:04Parce que si on ne montre pas
00:31:06un petit point d'horizon
00:31:07aux personnes atteintes de burn-out,
00:31:11elles ne peuvent pas espérer
00:31:13s'en sortir comme ça
00:31:14parce qu'elles ont peur
00:31:16de perdre leur travail.
00:31:17Parce que, et très souvent,
00:31:19ils ne veulent plus retourner
00:31:20dans leur travail,
00:31:21les gens atteints de burn-out.
00:31:23Donc, notre accompagnement
00:31:25débute par un accueil bienveillant.
00:31:29Lorsque cela est nécessaire,
00:31:30nous orientons la personne
00:31:31vers un psychiatre
00:31:32que nous connaissons.
00:31:33Si elle en a un,
00:31:34on lui laisse son psychiatre.
00:31:36Si tout va bien,
00:31:37il n'y a aucun problème là-dessus.
00:31:40Donc, afin de sécuriser son parcours
00:31:43et de poser aussi
00:31:44un cadre thérapeutique adapté.
00:31:47La personne est donc accompagnée
00:31:49par un psychothérapeute,
00:31:51un psychologue,
00:31:52dans un espace dédié,
00:31:54dédié à l'écoute,
00:31:56à la compréhension,
00:31:57à l'éveil de soi.
00:31:59Ce temps permet un travail
00:32:00en profondeur,
00:32:01favorisant la prise de conscience,
00:32:03la reconstruction
00:32:04et la clarification des besoins.
00:32:06Alors, il arrive aussi
00:32:08que la personne exprime le souhait
00:32:10de ne plus retourner
00:32:12dans son entreprise,
00:32:13de ne plus pouvoir supporter,
00:32:16regarder l'enseigne de l'entreprise.
00:32:18c'est l'origine
00:32:20de son burn-out.
00:32:23Donc, elle ne s'y sent plus alignée.
00:32:26Elle n'y a plus sa juste place.
00:32:28Parce qu'aussi,
00:32:29il faut savoir que
00:32:30quand on fait un burn-out,
00:32:31souvent, ce sont les gens
00:32:32qui aiment le travail
00:32:34plus que tout,
00:32:35mais qui ne sont pas forcément
00:32:36à leur place.
00:32:38Voilà.
00:32:39Vient alors le temps du coaching
00:32:41orienté vers la projection,
00:32:43la restauration de la confiance
00:32:44et l'élaboration
00:32:46d'un nouveau projet professionnel.
00:32:47Ce travail est complété
00:32:49lorsque cela s'avère nécessaire
00:32:52d'un bilan de compétences
00:32:54permettant d'identifier les talents.
00:32:56Les talents,
00:32:57parce que tout le monde
00:32:58a du talent.
00:33:00Et les ressources,
00:33:02les aspirations profondes,
00:33:04le cas échéant,
00:33:05d'orienter vers une formation adaptée
00:33:07et leur rendre surtout confiance.
00:33:09C'est assez durant les thérapies.
00:33:12Enfin, grâce à notre pôle recrutement,
00:33:14nous accompagnons la personne
00:33:15dans la concrétisation
00:33:17d'un nouveau projet.
00:33:18Soit il veut créer une entreprise,
00:33:22soit il veut retourner
00:33:23dans un autre emploi,
00:33:25donc on l'aide,
00:33:26soit il a des aspirations profondes.
00:33:29Et donc, nous l'orientons,
00:33:31bien évidemment.
00:33:33Et on le met en place,
00:33:36enfin,
00:33:38on le met en lien
00:33:41avec des personnes
00:33:43qui en fait
00:33:45peuvent être
00:33:48et des formations
00:33:49qui peuvent être en cohérence,
00:33:51excusez-moi,
00:33:52avec leur parcours,
00:33:54leur valeur
00:33:55et leur équilibre.
00:33:57Ainsi,
00:33:57l'association
00:33:59Stop Burnout
00:33:59propose, bien sûr,
00:34:01un parcours
00:34:04sécurisé.
00:34:05Je voulais vous parler aussi
00:34:06des avocats que nous avons.
00:34:08Nous avons des avocats
00:34:08et nous avons surtout
00:34:09un avocat
00:34:10en droit de la santé.
00:34:12Et cet avocat
00:34:14en droit de la santé,
00:34:15bien évidemment,
00:34:17on incite
00:34:18certaines personnes
00:34:19à aller vers
00:34:21la maladie professionnelle.
00:34:22Il faut voir
00:34:23dans quel état
00:34:24on les accueille.
00:34:25Donc,
00:34:26on les aide
00:34:27à faire
00:34:28cette demande.
00:34:30Même l'avocat
00:34:31en droit de la santé
00:34:32fait les lettres,
00:34:33bien chargé
00:34:35avec des documents,
00:34:35les documents annexes,
00:34:36etc.,
00:34:37ça part à la Sécu,
00:34:38ça part à Marseille
00:34:40pour nous.
00:34:41Et lorsque ça passe
00:34:42en commission,
00:34:43quatre mois après,
00:34:44quelquefois,
00:34:45c'est refusé.
00:34:46Donc,
00:34:46il y a contestation
00:34:47et on aide
00:34:50à faire la contestation
00:34:51auprès de la CPRM
00:34:53et ensuite,
00:34:54vient le temps
00:34:55d'une procédure
00:34:57que l'avocat
00:34:58de droit de la santé
00:34:59dépose
00:35:00au tribunal administratif.
00:35:02Et là,
00:35:03c'est le juge
00:35:04qui tranche.
00:35:06il y a des reconnaissances
00:35:08à ce titre-là.
00:35:10Voilà.
00:35:10Donc,
00:35:11ça,
00:35:11c'est notre nouvelle
00:35:14façon d'aborder
00:35:15et d'aider
00:35:16les patients
00:35:18qui sont
00:35:18en burn-out.
00:35:20Et au moins,
00:35:22pour eux,
00:35:23ça ressemble
00:35:24à une justice.
00:35:26Pour eux,
00:35:27c'est une justice.
00:35:28C'est rendre justice
00:35:30à la personne
00:35:31qui souffre.
00:35:32Voilà.
00:35:33Donc,
00:35:33je vais laisser
00:35:34la parole
00:35:34à Edith.
00:35:35de façon
00:35:36à ce qu'elle
00:35:37puisse
00:35:38présenter
00:35:39son outil
00:35:39de recherche.
00:35:44Oui,
00:35:45bonjour.
00:35:46Merci de nous accueillir
00:35:47aujourd'hui.
00:35:49Donc,
00:35:50alors,
00:35:51moi,
00:35:51je suis
00:35:51effectivement
00:35:52à l'association
00:35:53Stop Burnout
00:35:54et que j'ai rejoint
00:35:56il y a deux ans
00:35:58un petit peu
00:35:58par hasard.
00:35:59On s'est retrouvés
00:36:00avec Margaret
00:36:01dans une réunion
00:36:04sur la santé mentale
00:36:07parce qu'il se trouve
00:36:08que je suis enseignant-chercheur
00:36:09à l'université Côte d'Azur
00:36:10et donc,
00:36:11je travaille sur le burn-out
00:36:12dans le cadre
00:36:13de mes recherches
00:36:13depuis déjà
00:36:16de nombreuses années
00:36:18et en particulier,
00:36:19j'aborde les choses
00:36:20sous l'angle
00:36:21de la charge mentale
00:36:23et il se trouve
00:36:25que j'ai développé
00:36:27un outil
00:36:27d'identification
00:36:28en fait
00:36:29des facteurs
00:36:30dans les situations
00:36:30de travail
00:36:31qui peuvent conduire
00:36:33à moyen terme,
00:36:34on va dire,
00:36:36à des burn-out.
00:36:38et c'est dans ce cadre-là
00:36:42que j'oeuvre
00:36:43dans l'association
00:36:44puisque du coup,
00:36:46l'association déploie
00:36:48cet outil
00:36:49sur le terrain
00:36:50pour faire
00:36:51de la prévention
00:36:52pour que les entreprises
00:36:54qui veulent avoir
00:36:55des actions
00:36:56de prévention
00:36:57puissent poser
00:36:57des diagnostics
00:36:58sur les situations
00:36:59de travail
00:36:59qui sont vécues
00:37:00par leurs salariés
00:37:03et donc envisager
00:37:04des pistes d'action
00:37:06en amont
00:37:10pour justement
00:37:11éviter
00:37:12en fait
00:37:12que les situations
00:37:14deviennent
00:37:14trop critiques
00:37:17et puissent engendrer
00:37:19une souffrance
00:37:20au travail.
00:37:24Voilà.
00:37:25Donc,
00:37:25il y a déjà
00:37:26plusieurs personnes
00:37:27à l'association
00:37:28qui sont formées
00:37:29à l'usage
00:37:29de cette échelle
00:37:30puisque,
00:37:31voilà,
00:37:31il faut savoir
00:37:32un petit peu,
00:37:33ce n'est pas simplement
00:37:34des additions de scores,
00:37:36il faut comprendre
00:37:37un petit peu
00:37:37ce que représente
00:37:38les facteurs,
00:37:39être en mesure
00:37:40de les mettre
00:37:42en correspondance
00:37:44pour comprendre
00:37:45ce que vit réellement
00:37:46la personne
00:37:48parce que,
00:37:48comme dans n'importe
00:37:49quelle situation,
00:37:50au travail,
00:37:51il existe des facteurs
00:37:53qui sont délétères,
00:37:54bien évidemment,
00:37:55c'est souvent
00:37:56de ces facteurs-là
00:37:56qu'on parle,
00:37:57mais il existe aussi
00:37:58des facteurs protecteurs
00:37:59et donc,
00:38:00il est bon
00:38:01de les identifier
00:38:02aussi
00:38:03pour de la prévention
00:38:05histoire de s'appuyer
00:38:06sur ces facteurs protecteurs,
00:38:08voire de les développer
00:38:09pour faire en sorte
00:38:11d'améliorer
00:38:11les situations
00:38:12de travail,
00:38:13voilà,
00:38:13en amont.
00:38:15Donc,
00:38:15voilà,
00:38:16c'est le travail
00:38:17qu'on s'applique
00:38:20à faire
00:38:21et je dois dire
00:38:22que,
00:38:22enfin,
00:38:23bon,
00:38:23voilà,
00:38:23pour moi,
00:38:24après des années
00:38:25de recherche,
00:38:26se dire que
00:38:29les éléments
00:38:29et les connaissances
00:38:30scientifiques
00:38:31que l'on a développées,
00:38:33que ça puisse servir
00:38:33à la société civile
00:38:34et à faire avancer
00:38:35les choses,
00:38:36voilà,
00:38:37c'est plutôt
00:38:38une satisfaction
00:38:39professionnelle.
00:38:41Merci,
00:38:42merci,
00:38:43de toute façon,
00:38:43je pense qu'on reviendra
00:38:44après avec les questions
00:38:45sur...
00:38:47Je rajouterai
00:38:48quelque chose,
00:38:49c'est qu'en fait,
00:38:50Édith,
00:38:50actuellement,
00:38:51est en train
00:38:52de travailler
00:38:52sur le,
00:38:53je dirais,
00:38:54l'outil de mesure
00:38:55pour les agriculteurs.
00:38:56D'accord,
00:38:57voilà,
00:38:58on pense qu'on y reviendra
00:38:58dessus.
00:38:59Merci beaucoup
00:39:00et donc maintenant,
00:39:02la parole à l'UNAFAM.
00:39:04Merci,
00:39:05Madame la Présidente,
00:39:06Madame la Rapporte.
00:39:07Merci de nous donner
00:39:09la parole
00:39:09dans cette...
00:39:12Il n'y a pas de micro ?
00:39:15Ah,
00:39:18il est devant.
00:39:21À gauche.
00:39:23Merci.
00:39:24D'accord.
00:39:26Donc,
00:39:27merci de nous donner
00:39:28la parole
00:39:28dans cette mission
00:39:30d'information
00:39:31concentrée
00:39:32à la souffrance
00:39:33psychique au travail.
00:39:35Alors,
00:39:35l'UNAFAM,
00:39:36nous sommes une association
00:39:37familiale de loi 1901.
00:39:39Nous avons été créés
00:39:41en 1963.
00:39:42Nous sommes reconnus
00:39:43d'utilité publique
00:39:44depuis 1968.
00:39:46Nous sommes habilités
00:39:47à représenter
00:39:48les usagers
00:39:48dans les établissements
00:39:49sanitaires,
00:39:50psychiatriques
00:39:50et médico-sociaux
00:39:51depuis 2008.
00:39:53nous comptons
00:39:5416 500 adhérents.
00:39:56Mais nous avons
00:39:57354 lieux d'accueil
00:39:59partout en France
00:40:00métropolitaine,
00:40:01outre-mer également,
00:40:02pas à Saint-Pierre-et-Miquelon,
00:40:03hélas,
00:40:04mais à l'île de la Réunion,
00:40:06en Guadeloupe,
00:40:06en Martinique.
00:40:07Nous sommes organisés
00:40:08en 113 délégations
00:40:10départementales et régionales.
00:40:12Nous avons un site internet,
00:40:14une ligne d'écoute
00:40:14anonyme et gratuite
00:40:16tenue par des psychologues
00:40:17cliniciens,
00:40:18une soixantaine
00:40:19de salariés
00:40:20et surtout
00:40:212000 bénévoles
00:40:23formés pour leur mission,
00:40:25tous confrontés
00:40:26à la maladie psychique
00:40:27d'un proche
00:40:28ou ayant eux-mêmes
00:40:29un parcours de soins
00:40:31en psychiatrie.
00:40:33L'UNAFAM
00:40:34de ce fait
00:40:35est en lien
00:40:35chaque année
00:40:36avec plus de
00:40:3755 000 familles
00:40:38confrontées
00:40:39à la maladie
00:40:40d'un proche
00:40:40et ces familles
00:40:42deviennent ainsi
00:40:43des aidants.
00:40:44Ce chiffre important
00:40:45reflète la vigueur
00:40:47de notre association
00:40:48comme la fréquence
00:40:49des maladies psychiques.
00:40:51On peut ici rappeler
00:40:52que 20%
00:40:53de la population
00:40:54sera dans sa vie
00:40:55confrontée
00:40:56à un problème
00:40:56de santé mentale.
00:40:58Parmi eux,
00:40:595% ont une maladie
00:41:01chronique,
00:41:02soit près de
00:41:023,5 millions
00:41:03de personnes.
00:41:05Face à ces situations
00:41:07qui causent
00:41:08bien du désarroi,
00:41:09voire de la détresse
00:41:10dans les familles,
00:41:11la mission
00:41:12de l'UNAFAM
00:41:13énoncée
00:41:14dans ses statuts
00:41:14depuis les origines,
00:41:16c'est de défendre
00:41:17les intérêts communs
00:41:18des familles
00:41:19et des usagers
00:41:20de la psychiatrie.
00:41:22En découlent
00:41:23plusieurs missions.
00:41:24Tout d'abord,
00:41:25l'aide aux aidants.
00:41:26Car l'expérience
00:41:27de l'UNAFAM,
00:41:28étayée par des données
00:41:29scientifiques probantes,
00:41:31c'est qu'aider les aidants,
00:41:32c'est permettre
00:41:33à toute la famille
00:41:34d'aller mieux,
00:41:35aidant comme aidé.
00:41:37pour cette raison,
00:41:38nous avons plus
00:41:38de 450 groupes
00:41:40de parole
00:41:40dans nos délégations
00:41:43départementales
00:41:43et organisons
00:41:44de nombreuses formations
00:41:45dédiées aux aidants,
00:41:47gratuites
00:41:47et soutenues
00:41:48par la CNSA.
00:41:50En 2025,
00:41:51plus de 10 000 personnes
00:41:52ont ainsi été formées.
00:41:55Ces groupes
00:41:56de parole
00:41:56comme ces formations
00:41:57sont modérés
00:41:59et animés
00:41:59par un binôme
00:42:01père-aidant,
00:42:02expert du vécu
00:42:03et un psychologue.
00:42:06Une autre mission
00:42:07tout aussi importante
00:42:08est pour nous
00:42:09le respect des droits
00:42:10et de la dignité
00:42:11des personnes
00:42:12confrontées
00:42:13à un problème
00:42:14de santé mentale.
00:42:16Ces droits
00:42:17tels qu'ils sont énoncés
00:42:18dans le préambule
00:42:19de la Constitution
00:42:20et dans la Charte
00:42:21sociale européenne
00:42:22ratifiée par la France
00:42:24en 1999.
00:42:26Parmi eux,
00:42:27l'emploi.
00:42:29L'UNAFAM
00:42:30défend et promeut
00:42:31l'accès à l'emploi
00:42:32car l'accès
00:42:33à une activité
00:42:34professionnelle
00:42:35est un véritable
00:42:37tremplin
00:42:37pour permettre
00:42:38aux personnes
00:42:39concernées par une maladie
00:42:41psychique au long cours
00:42:42d'avoir une vie
00:42:43plus épanouie
00:42:44à condition
00:42:45qu'ils soient
00:42:46bien accompagnés
00:42:47évidemment.
00:42:48Dans notre baromètre
00:42:50que nous avons publié
00:42:51en 2023,
00:42:5272% des répondants
00:42:54déclarent
00:42:55que leurs proches
00:42:56a déjà eu
00:42:56l'occasion
00:42:57de travailler.
00:42:57cependant
00:42:59ils ne sont
00:43:00que 21%
00:43:02à avoir
00:43:03un travail
00:43:03que ce soit
00:43:04en milieu
00:43:04ordinaire
00:43:05en entreprise
00:43:06adaptée
00:43:07ou en entreprise
00:43:09en atelier
00:43:10protégé
00:43:11en ESAT.
00:43:12Ce différentiel
00:43:13très important
00:43:1472%
00:43:15versus
00:43:1621%
00:43:17révèle
00:43:18que la problématique
00:43:19n'est pas seulement
00:43:20pour les personnes
00:43:21qui ont un problème
00:43:22de santé mentale
00:43:22celle de l'accès
00:43:24à l'emploi
00:43:24mais davantage
00:43:25celle du maintien
00:43:26dans l'emploi.
00:43:28Seulement 44%
00:43:30sont en poste
00:43:30depuis plus de 5 ans.
00:43:32C'est une véritable
00:43:33désinsertion
00:43:34de l'emploi
00:43:34qui se produit.
00:43:36Les personnes
00:43:36n'étant pas accompagnées
00:43:38souffrent de burn-out
00:43:40en plus
00:43:40de la maladie psychique
00:43:42se désinsèrent
00:43:43ensuite de l'emploi
00:43:45faute d'accompagnement
00:43:46et d'encouragement
00:43:48sont éligibles
00:43:49à la reconnaissance
00:43:50de travailleurs handicapés
00:43:52et à l'obtention
00:43:54de l'allocation
00:43:54adulte handicapé
00:43:55ce qui produit
00:43:56un coût social
00:43:58et personnel
00:43:59car elles ont
00:44:00tout un désir
00:44:01d'accéder au travail.
00:44:02Dans notre enquête
00:44:03c'est le premier droit
00:44:05qui pour elles
00:44:06n'est pas respecté
00:44:07c'est le droit
00:44:08à un emploi.
00:44:11Donc c'est pour nous
00:44:12une question
00:44:12tout à fait fondamentale
00:44:14mais qui concerne
00:44:15également les aidants
00:44:16car les aidants
00:44:17en tant qu'aidants
00:44:19familiaux
00:44:20et ayant
00:44:20une vie professionnelle
00:44:23sont aussi confrontés
00:44:24à des risques
00:44:25de burn-out.
00:44:26Je vais laisser la parole
00:44:27à mon collègue
00:44:29administrateur
00:44:30et spécialiste
00:44:31d'Alunafam
00:44:32pilote du groupe
00:44:33national sur l'emploi.
00:44:38Oui, merci Emmanuel.
00:44:43Je voudrais vous faire part
00:44:44très rapidement
00:44:46déjà d'un premier chiffre
00:44:48qui vient d'un
00:44:50baromètre
00:44:51de Malakoff Humanis
00:44:52de 2025.
00:44:54Les causes
00:44:55de la dégradation
00:44:55de la santé mentale
00:44:56liées
00:44:57à la sphère professionnelle
00:44:59ou personnelle.
00:45:00Donc 26% des personnes
00:45:02répondent que c'est strictement
00:45:04pour des raisons professionnelles
00:45:06qu'elles ont une surcharge
00:45:09ou une dégradation
00:45:11de leur santé mentale.
00:45:1232% des raisons
00:45:14tant professionnelles
00:45:16que personnelles.
00:45:17Et enfin,
00:45:1735% des raisons
00:45:19strictement personnelles.
00:45:22Donc on voit
00:45:22que le côté
00:45:25professionnel
00:45:26et personnel
00:45:27est très souvent lié.
00:45:2932%.
00:45:30Et c'est là
00:45:32qu'on évoquait
00:45:34notre rôle
00:45:35vis-à-vis
00:45:36des aidants,
00:45:37des aidants familiaux
00:45:38qui sont pour la plupart
00:45:39nos bénévoles.
00:45:40Un premier point.
00:45:42Un autre point,
00:45:44c'est que
00:45:47les troubles psychiques
00:45:50peuvent souvent
00:45:51être entre guillemets
00:45:53masqués
00:45:53par une déclaration
00:45:55ou un diagnostic
00:45:56de burn-out.
00:45:57C'est-à-dire que
00:45:58le burn-out
00:45:59est peut-être considéré,
00:46:01alors je parle
00:46:01avec beaucoup de guillemets,
00:46:03comme plus socialement
00:46:04acceptable
00:46:05que d'évoquer
00:46:06vis-à-vis
00:46:07de son employeur,
00:46:08par exemple,
00:46:09un trouble psychique
00:46:10de type
00:46:11dépression,
00:46:12bipolarité
00:46:13ou schizophrénie.
00:46:14Donc on suppose
00:46:16qu'un certain nombre
00:46:17de personnes
00:46:17qui ont déclaré
00:46:18un burn-out,
00:46:19en fait,
00:46:20de manière sous-jacente,
00:46:22plus ou moins claire,
00:46:23on souffre
00:46:25d'un trouble psychique.
00:46:28Ensuite,
00:46:29le burn-out
00:46:30peut lui-même
00:46:31être un déclencheur
00:46:32de troubles psychiques.
00:46:34C'est-à-dire qu'une personne
00:46:35qui s'est surinvestie
00:46:36dans son travail,
00:46:38qui a eu des responsabilités,
00:46:40peut,
00:46:41à cause d'une fatigue excessive,
00:46:43à cause d'un stress,
00:46:46arriver à ce qu'on appelle
00:46:46la décompensation,
00:46:47c'est-à-dire la révélation
00:46:48d'un trouble psychique
00:46:51latent.
00:46:52Inversement,
00:46:53un trouble psychique
00:46:54qui n'est pas visible
00:46:56dans le cadre professionnel
00:46:57parce qu'il est bien compensé,
00:46:59parce que la personne
00:46:59est stabilisée,
00:47:00comme on dit,
00:47:01peut conduire
00:47:02à un burn-out
00:47:02si la personne
00:47:04s'est évidemment
00:47:06surinvestie
00:47:08et n'a pas su
00:47:09maîtriser
00:47:10son investissement
00:47:11professionnel.
00:47:12On peut penser,
00:47:13par exemple,
00:47:13aux troubles bipolaires
00:47:15dans leur phase
00:47:16maniaque,
00:47:17leur phase
00:47:19très dynamique,
00:47:20très positive,
00:47:21qui peut conduire
00:47:22à un surinvestissement
00:47:23professionnel.
00:47:23Donc,
00:47:24vous voyez que
00:47:25les deux notions
00:47:26ne sont pas
00:47:28équivalentes,
00:47:28mais elles peuvent
00:47:29être tout à fait liées.
00:47:32Un autre élément
00:47:33que nous souhaiterions
00:47:34aborder aujourd'hui
00:47:35avec vous,
00:47:38c'est deux choses.
00:47:39La première,
00:47:40c'est le fait
00:47:41que l'an dernier,
00:47:43au mois de novembre,
00:47:44à l'occasion
00:47:44de la SEPH,
00:47:45la Semaine Européenne
00:47:46pour l'Emploi
00:47:46des Persons
00:47:47Handicapées,
00:47:48a eu lieu
00:47:49une manifestation
00:47:49sur la santé mentale,
00:47:51sur le parvis
00:47:51de Montparnasse
00:47:52pendant trois jours
00:47:53et qu'à cette occasion
00:47:54a été proposée
00:47:55à des entreprises
00:47:56une charte santé mentale
00:47:57au travail.
00:47:59170 entreprises
00:48:00l'ont signée
00:48:01à cette occasion
00:48:02grâce à l'action
00:48:03de l'Alliance santé mentale
00:48:05dont fait partie
00:48:05l'UNAFAM
00:48:06qui a été créée,
00:48:08cette alliance,
00:48:09à l'occasion
00:48:10de la grande cause
00:48:11santé mentale
00:48:12décrétée par
00:48:13Michel Barnier
00:48:14l'an dernier
00:48:14et prorogée
00:48:15de manière
00:48:16fort heureuse
00:48:17cette année.
00:48:19Il nous semble
00:48:20qu'il serait intéressant
00:48:22que cette charte,
00:48:23qui n'est pas très engageante
00:48:25pour les entreprises
00:48:25puisqu'elle repose
00:48:26sur quatre principes
00:48:29avec des engagements
00:48:30mais non chiffrés,
00:48:32par contre,
00:48:33s'engager à faire
00:48:34de la sensibilisation,
00:48:35s'engager à écouter,
00:48:37s'engager à accompagner
00:48:39sur trois ans
00:48:40pourrait être
00:48:41très largement
00:48:43promu
00:48:43auprès
00:48:44des différents réseaux
00:48:45d'entreprises
00:48:46de manière
00:48:47à diffuser
00:48:47la culture
00:48:48de la prévention
00:48:50et de l'accompagnement
00:48:51sur la santé mentale
00:48:52et donc sur le burn-out
00:48:53également
00:48:54dans notre esprit
00:48:56d'ici la fin de l'année
00:48:57puisque à la fin
00:48:58de cette année
00:48:59la grande cause
00:48:59santé mentale
00:49:00aura cessé
00:49:02ses effets.
00:49:04Par ailleurs,
00:49:06il a été évoqué
00:49:07tout à l'heure
00:49:09deux secondes
00:49:12excusez-moi
00:49:14il a été évoqué
00:49:15tout à l'heure
00:49:16la reconnaissance
00:49:17de cette
00:49:18du burn-out
00:49:19comme maladie professionnelle.
00:49:21c'est un vrai sujet
00:49:22actuellement
00:49:23les troubles psychiques
00:49:24et le burn-out
00:49:25en particulier
00:49:26sont hors tableau
00:49:27effectivement
00:49:31pour que
00:49:32un conseil médical
00:49:33reconnaisse
00:49:34cette maladie
00:49:35enfin le burn-out
00:49:37comme une maladie
00:49:37professionnelle
00:49:38il faut un taux
00:49:38d'IPP
00:49:39de 25%
00:49:40ce qui est
00:49:41beaucoup trop élevé
00:49:42puisque ça correspond
00:49:43très souvent
00:49:44à une incapacité
00:49:45totale
00:49:45de se rendre
00:49:47même à son travail.
00:49:48Donc il nous semble
00:49:49qu'il y aurait
00:49:51un examen à faire
00:49:52de ce taux
00:49:54qui selon
00:49:55le type de trouble
00:49:56pourrait être modulé
00:49:57à la baisse
00:49:58évidemment
00:50:00selon qu'on est
00:50:01sur un burn-out léger
00:50:02excusez-moi
00:50:03pour l'expression
00:50:04ou sur un trouble psychique
00:50:05avéré et grave
00:50:07puisque aujourd'hui
00:50:09et en particulier
00:50:10bizarrement
00:50:10dans la fonction publique
00:50:11il est beaucoup plus difficile
00:50:13de faire reconnaître
00:50:14une affection
00:50:15de type burn-out
00:50:16ou trouble psychique
00:50:17que dans le privé
00:50:18où c'est déjà pas facile
00:50:19donc il y a aussi
00:50:22à je pense
00:50:24comment dire
00:50:25moduler
00:50:26revoir
00:50:28pardon
00:50:32revoir le tableau
00:50:33des maladies professionnelles
00:50:34reconnues
00:50:35et redéfinir
00:50:36l'accident du travail
00:50:38pour le privé
00:50:38ou l'accident
00:50:39dit de service
00:50:40pour le secteur
00:50:41public
00:50:42en écrivant clairement
00:50:44qu'un choc émotionnel
00:50:45peut être reconnu
00:50:46comme accident
00:50:47même s'il n'entraîne pas
00:50:48de lésions physiques
00:50:49puisque souvent
00:50:50ce qui est opposé
00:50:51aux demandeurs
00:50:53c'est l'absence
00:50:54de lésions physiques
00:50:55ce qui est tout à fait
00:50:56dommageable
00:50:58voilà
00:50:58on a dépassé légèrement
00:51:00notre temps de parole
00:51:02très bien
00:51:03je vous remercie
00:51:04madame la rapporteure
00:51:06oui je vais faire
00:51:07assez rapidement
00:51:08et je m'excuse
00:51:09j'avais noté
00:51:1014h30
00:51:10démarrage de nos travaux
00:51:11donc j'ai fait perdre du temps
00:51:12à tout le monde
00:51:13donc je vais aller assez vite
00:51:13merci beaucoup
00:51:14de votre présence
00:51:16vous l'avez dit vous-même
00:51:17grande cause
00:51:19la santé mentale
00:51:20depuis maintenant
00:51:20deux ans
00:51:21il était donc normal
00:51:22qu'on s'y intéresse
00:51:24et qu'on s'y intéresse
00:51:25à travers effectivement
00:51:26les souffrances psychiques
00:51:27au travail
00:51:28en ce qui concerne
00:51:28le travail
00:51:29que nous menons
00:51:31on souhaitait effectivement
00:51:32entendre
00:51:33les différentes associations
00:51:35qui oeuvrent
00:51:35sur le terrain
00:51:37il fallait faire une sélection
00:51:37merci à chacun
00:51:38d'être là
00:51:39petites et
00:51:40et grosses associations
00:51:42anciennes
00:51:43et plus récentes
00:51:44pour pouvoir mieux
00:51:45parce que c'est
00:51:46ce qu'on cherche à faire
00:51:47de mieux mesurer
00:51:49le système
00:51:50et on a l'impression
00:51:51qu'il intervient
00:51:52souvent trop tard
00:51:53et pourquoi il intervient
00:51:54trop tard
00:51:55et du coup
00:51:55identifier les leviers
00:51:56à travers vos
00:51:58vos remarques
00:51:59les plus utiles
00:52:01à la prévention précoce
00:52:02dans mes constats
00:52:03ou dans ce que je vous renvoie
00:52:04ça fait partie
00:52:05de questions
00:52:06effectivement
00:52:08qui vont venir
00:52:09permet d'élargir aussi
00:52:10le sujet
00:52:10avec vos interventions
00:52:12dans un parcours
00:52:14plus global
00:52:14et d'identifier
00:52:16effectivement
00:52:16les moments
00:52:17de rupture
00:52:20nous dire aussi
00:52:22ce que vous pensez
00:52:23de l'accompagnement
00:52:24du retour à l'emploi
00:52:26parce que c'est une vraie
00:52:26préoccupation
00:52:27que nous avons
00:52:28et vous l'avez
00:52:29abordé
00:52:31et de pouvoir
00:52:32identifier
00:52:33effectivement
00:52:33les maillons
00:52:34principaux
00:52:35à réformer
00:52:36donc moi j'ai envie
00:52:36de vous dire
00:52:37enfin vous poser
00:52:38quelques questions
00:52:39d'abord sur la charte
00:52:40santé mentale
00:52:41au travail
00:52:41que vous avez évoqué
00:52:42est-ce que vous sentez
00:52:43même si ici
00:52:44vous êtes la parole
00:52:45des victimes
00:52:46est-ce que vous sentez
00:52:46un vrai engagement
00:52:47une vraie volonté
00:52:48des entreprises
00:52:49depuis que vous êtes
00:52:51installés
00:52:52ou que vous travaillez
00:52:53aux côtés
00:52:54de victimes
00:52:55de souffrance
00:52:56au travail
00:52:58vous avez
00:52:59aussi évoqué
00:53:00c'est intéressant
00:53:01et vous l'avez
00:53:02je crois que c'est vous
00:53:02juste sur la formation
00:53:03des managers
00:53:05ou la formation
00:53:07des cadres
00:53:08qui peuvent
00:53:10effectivement
00:53:10être peut-être
00:53:11remis en cause
00:53:12on l'a évoqué
00:53:13plusieurs fois
00:53:13peut-être revenir
00:53:14sur ce sujet
00:53:15vous avez
00:53:16parlé du parcours
00:53:18les parcours
00:53:18qui doivent être financés
00:53:20comment vous voyez
00:53:20le financement
00:53:21de ces parcours
00:53:22à travers quoi
00:53:23de nombreux outils existent
00:53:24nous avons des préconisations
00:53:26à faire
00:53:28quand on aura fini
00:53:29nos auditions
00:53:29d'ici le mois de juin
00:53:30vous voyez bien
00:53:31que ce que vous nous dites
00:53:32est important
00:53:33en la matière
00:53:34et notamment
00:53:36effectivement
00:53:36ce point d'horizon donné
00:53:37et ce travail
00:53:39que vous faites aussi
00:53:40sur
00:53:40il y a une autre vie
00:53:41après l'emploi
00:53:42que vous avez eu
00:53:42et cette autre vie
00:53:44comment nous l'accompagnons
00:53:45avec les dispositifs existants
00:53:46ou avec de nouveaux dispositifs
00:53:49vous êtes les seuls
00:53:49à avoir évoqué
00:53:50la fonction publique
00:53:51ça m'intéressait
00:53:51parce que
00:53:52c'est beaucoup plus difficile
00:53:53effectivement
00:53:54ce sujet
00:53:55dans la fonction publique
00:53:56me semble-t-il
00:53:57pour avoir été ministre
00:53:58de la fonction publique
00:53:58me semble-t-il
00:54:00et pas avoir réussi
00:54:01à faire bouger grand chose
00:54:01en la matière
00:54:04semble-t-il
00:54:04est une question
00:54:05sur laquelle il faut revenir
00:54:07et peut-être prendre un exemple
00:54:09sur la manière
00:54:10dont le privé
00:54:12a pris en charge
00:54:13ces difficultés
00:54:14et ces affections
00:54:18parce qu'il faut qu'on redéfinisse
00:54:20effectivement
00:54:21l'ensemble de nos mots
00:54:22sur ces questions
00:54:23vous avez évoqué
00:54:25vous avez évoqué aussi
00:54:25tous les dégâts collatéraux
00:54:26et comment on peut
00:54:28prévoir effectivement
00:54:29un accompagnement
00:54:30plus large
00:54:30en la matière
00:54:31également
00:54:31et puis vous avez terminé
00:54:32sur comment on peut
00:54:34moduler ce 25%
00:54:36ce taux reconnu
00:54:38comment on facilite
00:54:40peut-être aussi
00:54:41ce parcours du combattant
00:54:42pour y arriver
00:54:42vous avez parlé de juriste
00:54:43c'est pas à la portée
00:54:44de tout le monde
00:54:45et donc à travers
00:54:47tout ce que je vous ai dit
00:54:48voilà vous répondez
00:54:48comme vous voulez
00:54:49et puis la question aussi
00:54:50du coup
00:54:51du manque de professionnels
00:54:52et notamment
00:54:53sans doute
00:54:54de médecins du travail
00:54:57sur l'ensemble
00:54:57des territoires
00:54:59je ne vous parlerai pas
00:55:00plus particulièrement
00:55:00ou pas de questions
00:55:01plus particulières
00:55:02sur l'outre-mer
00:55:02mais la situation
00:55:03est largement plus complexe
00:55:05encore en outre-mer
00:55:06en manque d'acteurs
00:55:07merci pour le travail
00:55:08que vous faites
00:55:09et merci de compléter
00:55:12avec les éléments
00:55:13que vous aurez
00:55:13à partir des quelques remarques
00:55:15que j'ai pu faire
00:55:18vous avez fait l'attention
00:55:19sur le fait
00:55:21vous parlez des médecins du travail
00:55:23ça fait écho
00:55:23ça fait écho
00:55:24puisque dans notre association
00:55:26nous avons
00:55:26dans notre équipe pluridisciplinaire
00:55:29des médecins du travail
00:55:30nous avons une convention
00:55:32avec la médecine du travail
00:55:33enfin pas que la médecine du travail
00:55:35de Nice
00:55:36mais d'autres médecines du travail aussi
00:55:37parce qu'on travaille ensemble
00:55:40ils travaillent sur la prévention
00:55:41c'est les premiers préventeurs
00:55:43donc il ne faut pas
00:55:44qu'ils se découragent
00:55:45ensuite à l'université de Nice
00:55:47Côte d'Azur
00:55:48nous avons un médecin du travail
00:55:50qui est parfaitement
00:55:52qui est très efficace
00:55:55dans la détection du burn-out
00:55:57et qui en fait
00:56:02si elle en juge
00:56:04et bien elle met aussi
00:56:08la personne en accident de service
00:56:11ou en maladie pro
00:56:13ça c'est très important
00:56:14je pense qu'on a
00:56:16de toutes ces années
00:56:17depuis ces 11 années
00:56:18on a construit ça
00:56:21on a construit vraiment
00:56:22une équipe forte
00:56:23tout à l'heure
00:56:24je n'ai pas tout dit
00:56:24parce que
00:56:25des choses ont été dites
00:56:26mais il est important
00:56:29de
00:56:29je vois
00:56:30la CPAM
00:56:32parfois nous subventionne
00:56:34et on prend
00:56:35des adhérents
00:56:39de la CPAM
00:56:41chez nous
00:56:42on les reconstruit
00:56:44alors je voudrais vous dire
00:56:45quand même
00:56:45qu'une reconstruction
00:56:46c'est 18 mois
00:56:47au bas mot
00:56:48au bas mot
00:56:51et en revanche
00:56:53le taux
00:56:55le taux de 25%
00:56:56je pense qu'il est nécessaire
00:56:59et il ne faut pas le revoir
00:57:01à la baisse
00:57:02non plus
00:57:02parce qu'il est nécessaire
00:57:04il y a des gens
00:57:05qui restent abîmés
00:57:06il faut savoir aussi
00:57:07qu'il y a des familles
00:57:08abîmées
00:57:09parce qu'en fait
00:57:10une personne
00:57:11qui se suicide
00:57:12un papa
00:57:13qui est chargé de famille
00:57:15et bien
00:57:17ça met la famille
00:57:18en péril
00:57:19donc en fait
00:57:21c'est pas rien
00:57:22un burn-out
00:57:23il n'y a pas qu'un burn-out
00:57:24il y a
00:57:25des burn-out
00:57:26et des formes
00:57:27de burn-out
00:57:28donc
00:57:29pour moi
00:57:30c'est vraiment
00:57:31c'est un danger
00:57:32mais c'est un danger
00:57:34les entreprises
00:57:35à mon sens
00:57:38ne font pas suffisamment
00:57:40enfin
00:57:41je ne dirais pas
00:57:42ne font pas suffisamment
00:57:43de prévention
00:57:43ou ne sont pas
00:57:44on n'a pas le temps
00:57:45de nous écouter
00:57:46c'est pour cette raison
00:57:47que notre association
00:57:49a pris une adhésion
00:57:50à l'union patronale
00:57:52parce qu'en fait
00:57:53il faut aussi
00:57:54que l'on travaille
00:57:55auprès des chefs
00:57:56d'entreprise
00:57:56qui eux aussi
00:57:58ont une charge mentale
00:57:59qui eux aussi
00:58:00font aussi du burn-out
00:58:01font un burn-out
00:58:03et aussi
00:58:04ça descend dans les équipes
00:58:06donc quand
00:58:07les équipes
00:58:08ne sont pas bien
00:58:09même avec un management
00:58:11donc on a
00:58:12on a beaucoup
00:58:13élargi
00:58:15notre
00:58:16enfin notre réseau
00:58:17on travaille en réseau
00:58:18et c'est très important
00:58:20très très très très important
00:58:22et malheureusement
00:58:23on ne sauve pas
00:58:24toutes les vies
00:58:24mais on en sauve
00:58:25quelques-unes
00:58:27monsieur Barré
00:58:27vous vouliez intervenir
00:58:28après monsieur Forger
00:58:30je suis avant monsieur Forger
00:58:32ou après ?
00:58:32ok merci
00:58:34alors je vous remercie
00:58:35de nous accueillir aujourd'hui
00:58:37et enfin je vais rentrer
00:58:38tout de suite
00:58:39dans le vif du sujet
00:58:39alors moi je suis Andy Barré
00:58:41je suis aussi avec
00:58:42madame Briard
00:58:42à France Prévention
00:58:43et je suis aussi
00:58:44le responsable
00:58:45de la CGT de Rouen
00:58:46qui me permet aussi
00:58:47de rencontrer
00:58:48pas mal de salariés
00:58:48qui subissent
00:58:50qui subissent
00:58:51tous les méfaits
00:58:51du burn-out
00:58:52je crois qu'il faut
00:58:53qu'on s'interroge
00:58:54c'est que
00:58:55quand il y a un plan social
00:58:56dans une entreprise
00:58:57par exemple
00:58:59souvent il y a un plan social
00:59:00par rapport à la compétitivité
00:59:01de l'entreprise
00:59:02la compétitivité derrière
00:59:05comment on peut l'obtenir
00:59:06sur les salariés
00:59:07qui restent
00:59:08on rentre tout de suite
00:59:09dans le vif du sujet
00:59:10parce que
00:59:11non remplacement
00:59:12des départs
00:59:12on a une multitude
00:59:14de tâches
00:59:14en plus à accomplir
00:59:15à son poste de travail
00:59:17et tout de suite
00:59:18on commence à plus pouvoir
00:59:19faire le boulot
00:59:20pour lequel on a signé
00:59:21un contrat de travail
00:59:21voilà
00:59:22on remplace une partie
00:59:2320% du collègue
00:59:25qui est parti à côté
00:59:26le collègue reprend
00:59:27une autre partie
00:59:2820%
00:59:29et ça je le vois
00:59:29c'est un
00:59:30c'est un léger glissement
00:59:31en départ
00:59:33et on a aussi
00:59:34par exemple
00:59:36je vais vous prendre
00:59:36un cas concret
00:59:37que j'ai pu
00:59:38que j'ai pu suivre
00:59:40c'est une entreprise
00:59:42investie sur une machine
00:59:43voilà
00:59:43la machine est neuf
00:59:44on demande
00:59:452000 pièces
00:59:46à la journée
00:59:46aux salariés
00:59:48sauf que
00:59:4820 ans après
00:59:49on n'est plus à 2000 pièces
00:59:50on est à 2200 pièces
00:59:52voilà
00:59:52on a voulu augmenter
00:59:53la compétitivité
00:59:55et le rendement
00:59:56de la machine
00:59:56le salarié a pris
00:59:57aussi 20 ans
00:59:58donc il a vieilli
00:59:59la machine a pris 20 ans
01:00:01l'investissement
01:00:02aussi dans le parc machine
01:00:04est moindre
01:00:04la direction
01:00:05avait décidé de dire
01:00:06voilà
01:00:06on va moins investir
01:00:07dans le parc machine
01:00:08donc on se retrouve
01:00:09j'ai envie de vous dire
01:00:10est-ce qu'on va gagner
01:00:11le Paris-Dakar
01:00:11avec une deux chevaux
01:00:12par exemple
01:00:12j'en suis pas convaincu
01:00:13autour de la table
01:00:14c'est exactement ça
01:00:15en fait
01:00:16c'est que
01:00:16on pourrait se dire
01:00:17qu'avec les années
01:00:18la machine va être
01:00:19moins performante
01:00:20le salarié peut l'être aussi
01:00:21d'où son âge
01:00:22qui va aller
01:00:24vers un âge vieillissant
01:00:25et c'est des factures
01:00:27qui pour moi
01:00:28ne sont pas forcément
01:00:29pris en compte
01:00:30la deuxième chose
01:00:31où je voulais amener
01:00:32un point de vigilance
01:00:33c'est que
01:00:34je me rends compte
01:00:35que le salarié
01:00:35généralement
01:00:36le burn-out
01:00:37arrive plus vite
01:00:37chez un salarié
01:00:39en 3-8
01:00:40qu'à la journée
01:00:41pourquoi ?
01:00:42parce qu'à la journée
01:00:43quand on est 8 heures
01:00:44sur son poste de travail
01:00:46on peut encore se dire
01:00:47pour faire sa production
01:00:48je vais arriver
01:00:49un quart d'heure avant
01:00:50je vais finir
01:00:50une demi-heure après
01:00:51donc voilà
01:00:52c'est un peu noyé
01:00:52dans la masse
01:00:53je dois travailler 8 heures
01:00:54mais j'ai fait 8 heures 45
01:00:56ou 9 heures
01:00:56voilà
01:00:57mais j'ai fait ma production
01:00:58en 3-8
01:00:59c'est pas possible
01:01:00parce qu'on a un salarié
01:01:01qui est avant
01:01:01alors celui qui embauche
01:01:04du matin à 5 heures
01:01:05il y a le salarié
01:01:06qui est nuit
01:01:07donc on ne peut pas
01:01:07arriver avant
01:01:08on ne peut pas faire plus
01:01:09parce qu'il y a le salarié
01:01:10d'après-midi
01:01:11qui va arriver
01:01:12posté à 13 heures
01:01:13on a juste sa pause
01:01:14en fait
01:01:14on le voit souvent
01:01:16c'est quand on commence
01:01:16à glisser dans le burn-out
01:01:17c'est qu'on commence
01:01:18à avoir du temps de travail
01:01:19sur sa pause
01:01:20pour moi
01:01:21dans l'industrie
01:01:21c'est déjà le premier pas
01:01:24dans le burn-out
01:01:25et on se dit
01:01:25voilà
01:01:25on ne va plus pouvoir
01:01:27bientôt faire son travail
01:01:28et bien faire son travail
01:01:31alors c'est vraiment bien
01:01:33de parler du burn-out
01:01:34mais c'est comment on peut
01:01:36l'éviter le burn-out
01:01:36en fait
01:01:37moi je crois que c'est ça
01:01:38la véritable question
01:01:39c'est comment on peut
01:01:40éviter d'arriver
01:01:41dans le burn-out
01:01:42je l'ai entendu tout à l'heure
01:01:43et je suis content
01:01:45parce que je dis
01:01:45mais je pense
01:01:47qu'on devrait avoir
01:01:48un peu plus de prévention
01:01:49sur les managers
01:01:50et les responsables
01:01:51je pense que
01:01:51c'est pas assez suffisant
01:01:53je pense que
01:01:53c'est pas assez suffisant
01:01:55je trouve aussi
01:01:56que l'écoute
01:01:57enfin une réelle écoute
01:01:58et la prise en compte
01:01:59des salariés
01:02:00dès la première alerte
01:02:02au niveau de la direction
01:02:02voilà
01:02:03je trouve que c'est
01:02:04beaucoup trop léger
01:02:05il y a beaucoup trop
01:02:06de laxisme
01:02:07au niveau des directions
01:02:08en disant
01:02:09bon c'est pas grave
01:02:09on va s'adapter
01:02:10à la limite
01:02:11il va y avoir
01:02:11le médecin du travail
01:02:12une infirmière du travail
01:02:13c'est généralement ça
01:02:14ce que dit une direction
01:02:16à ses salariés
01:02:16c'est pas normal
01:02:17on devrait tout de suite
01:02:18avoir une alerte
01:02:20et avoir
01:02:21une vigilance doublée
01:02:23et
01:02:24on a des secouristes
01:02:25au travail
01:02:26je pense que
01:02:26alors je sais
01:02:27qu'il y a des choses
01:02:28qui se font
01:02:28qu'il y a des formations
01:02:29mais on devrait presque
01:02:30avoir une obligation
01:02:31au niveau des entreprises
01:02:32d'avoir des secouristes
01:02:33mentaux aussi
01:02:33voilà
01:02:34avoir des collègues
01:02:35qui pourraient détecter
01:02:36tout de suite
01:02:36des facteurs
01:02:37chancérés
01:02:37en disant
01:02:38il change de comportement
01:02:39il y a quelque chose
01:02:40qui va plus
01:02:40il m'a alerté
01:02:41et que la direction
01:02:42prenne vraiment conscience
01:02:43que quand le secouriste
01:02:44mental vient porter
01:02:46un élément factuel
01:02:47avoir une réelle prise en compte
01:02:48moi je pense que des gens
01:02:49pourraient peut-être
01:02:50déjà éviter
01:02:51d'avoir des burn-out
01:02:52par la suite
01:02:53si on se mettait
01:02:54tous autour de la table
01:02:55mais généralement
01:02:57alors pourquoi pas aussi
01:02:58imaginer
01:02:58mais quand une entreprise
01:03:00en France
01:03:00fait un plan de licenciement
01:03:02je pense que
01:03:03l'état à un moment
01:03:04devra mettre aussi
01:03:05les moyens
01:03:05en disant
01:03:05voilà
01:03:06c'est des salariés
01:03:06ceux qui vont rester
01:03:07on devrait les regarder
01:03:08avec un peu plus d'attention
01:03:09parce qu'ils vont avoir
01:03:11plus de charges de travail
01:03:11naturellement
01:03:12pour maintenir la compétitivité
01:03:13moi je crois que c'est déjà
01:03:15un premier facteur
01:03:15déjà si on pouvait suivre
01:03:17un peu plus sérieusement
01:03:19les entreprises
01:03:19qui licencient en France
01:03:20parce que la compétitive
01:03:22va toujours avoir lieu
01:03:24pour l'entreprise
01:03:25c'est normal
01:03:25parce qu'il faut
01:03:26qu'elle puisse vivre
01:03:27mais elle se fera sur le dos
01:03:28de ceux qui restent en fait
01:03:29et je pense que là
01:03:30on devrait avoir
01:03:30un gros point de vigilance
01:03:32dès qu'il y a des licenciements
01:03:33en masse
01:03:34dans des entreprises en France
01:03:35voilà j'en ai fini
01:03:36et je vous remercie encore
01:03:37de l'intention
01:03:38que vous nous avez apporté
01:03:39aujourd'hui
01:03:39merci
01:03:40merci à vous
01:03:41monsieur Forger
01:03:42oui je voulais revenir
01:03:43sur deux questions
01:03:46la première
01:03:47sur les parcours
01:03:48de retablissement
01:03:49et puis la deuxième
01:03:51sur le débat
01:03:52autour de la reconnaissance
01:03:53en maladie professionnelle
01:03:54donc sur la première
01:03:56effectivement
01:03:56on l'a souligné
01:03:57on est plusieurs
01:03:58à l'avoir souligné
01:03:59la reconstruction
01:04:00post-born à route
01:04:01post-born à route
01:04:02pardon pour les personnes
01:04:02c'est une vraie errance
01:04:03c'est une vraie solitude
01:04:04les personnes sont seules
01:04:05ils sont seules avant
01:04:06ils sont seules après
01:04:07ils sont seules tout le temps
01:04:09et là le rôle des associations
01:04:11avec la mise en lien
01:04:12qui se fait
01:04:13notamment avec la connexion
01:04:14avec les pairs
01:04:15elle est essentielle
01:04:16et nous on le mesure
01:04:17vraiment sur le terrain
01:04:18il y a une plus-value
01:04:19mais c'est énorme
01:04:20donc bien sûr
01:04:21qu'il faut des experts
01:04:22sur le sujet
01:04:23et c'est pour ça que nous
01:04:24on a essayé de construire
01:04:25un modèle alliant les deux
01:04:26moi je suis psychologue
01:04:27du travail de formation
01:04:28et ma collègue
01:04:29a vécu un burn-out
01:04:30et donc c'est comme ça
01:04:31qu'on essaie d'approcher
01:04:32cette question-là
01:04:34en hybridant un peu
01:04:36nos savoirs sur le sujet
01:04:37et donc la personne est seule
01:04:39elle doit construire
01:04:39son parcours
01:04:40toute seule
01:04:40son parcours de soins
01:04:42de rétablissement
01:04:42toute seule
01:04:43et imaginez
01:04:43la situation d'épuisement
01:04:45qui a été décrite
01:04:45sur le plan physiologique
01:04:47neurologique
01:04:48sur le plan psychique
01:04:49sur le plan physique
01:04:50c'est administratif
01:04:52juridique
01:04:53etc
01:04:53c'est terrible
01:04:54c'est terrible
01:04:55et ça rajoute
01:04:56de l'épuisement
01:04:57à l'épuisement
01:04:58donc il faut absolument
01:05:00comme certains pays scandinaves
01:05:02vous allez me dire
01:05:02les pays scandinaves
01:05:05peut-être que c'est mal placé
01:05:06mais bon
01:05:07ils sont effectivement
01:05:08très en avant
01:05:09c'est notamment
01:05:10par exemple
01:05:10l'exemple du Danemark
01:05:11qui met en place
01:05:13des parcours
01:05:13comme ça
01:05:14sur deux années
01:05:15des parcours pluridisciplinaires
01:05:17donc qui couvrent
01:05:17toutes ces disciplines
01:05:18que j'ai évoquées
01:05:19en lien
01:05:20avec au centre
01:05:22le travail
01:05:23bien sûr
01:05:23en lien
01:05:25à voir
01:05:26en fonction
01:05:26de l'évolution
01:05:27du parcours
01:05:27avec l'employeur
01:05:28ou pas
01:05:29parce que des fois
01:05:30le lien avec l'employeur
01:05:30il n'est pas souhaitable
01:05:31des fois il est souhaitable
01:05:32c'est ce que tu soulignais
01:05:34tout à l'heure
01:05:34les personnes sont
01:05:35quelque part
01:05:36elles se sont beaucoup investies
01:05:37c'est les combattants
01:05:38comme on dit
01:05:39elles ont été jusqu'au bout
01:05:40elles ont lutté
01:05:43avec beaucoup de déni
01:05:44pas vu les signaux faibles
01:05:45pas vu les signaux forts
01:05:46et un jour
01:05:46c'est l'effondrement
01:05:47c'est l'effondrement
01:05:48et elles sont laissées
01:05:49complètement libres
01:05:52et elle est zère
01:05:53donc la
01:05:54proposer des parcours
01:05:55pluridisciplinaires
01:05:56financés par les pouvoirs
01:05:58publics
01:05:58via les opérateurs
01:06:00de l'état
01:06:00France Travail
01:06:01etc
01:06:02et puis les études
01:06:04l'ont montré
01:06:05ça accélère
01:06:06le retour
01:06:06au travail
01:06:07donc
01:06:08aujourd'hui
01:06:10notre système
01:06:10finance
01:06:11beaucoup la réparation
01:06:12et beaucoup moins
01:06:14la prévention
01:06:14et on met
01:06:15des milliers
01:06:16d'euros
01:06:16voire des
01:06:17millions d'euros
01:06:19sur les indemnités
01:06:20journalières
01:06:20des rentes
01:06:22des pensions
01:06:23etc
01:06:24peut-être
01:06:25que voilà
01:06:25peut-être qu'il faut
01:06:27revoir
01:06:27et encore une fois
01:06:30enrichir
01:06:31ce mot
01:06:32de prévention
01:06:34qui est super important
01:06:35pour justement
01:06:36intégrer
01:06:37des parcours
01:06:38pluridisciplinaires
01:06:39d'accompagnement
01:06:39etc
01:06:40donc c'est ce qu'on
01:06:41essaie de faire
01:06:42à notre petite échelle
01:06:42au niveau de l'association
01:06:43mais on n'a aucun
01:06:44financement
01:06:44on a été voir
01:06:45l'ARS
01:06:46zéro
01:06:46l'ACPM
01:06:47zéro
01:06:47c'est pas la priorité
01:06:48la santé mentale
01:06:49au travail
01:06:49donc du coup
01:06:50on fait avec
01:06:51on fait avec
01:06:52les cotisations
01:06:53des adhérents
01:06:53etc
01:06:54sur le deuxième point
01:06:55sur la maladie professionnelle
01:06:57effectivement
01:06:58c'est une réparation
01:06:59symbolique
01:06:59et financière
01:07:01importante
01:07:02mais c'est aussi
01:07:03une charge
01:07:03administrative
01:07:04importante
01:07:05et ça rajoute
01:07:07encore une fois
01:07:08une charge
01:07:09à l'épuisement
01:07:10et nous on voit
01:07:11les personnes
01:07:11qui montent
01:07:13souvent avec
01:07:14l'aide d'un avocat
01:07:14sinon c'est un peu compliqué
01:07:15qui montent
01:07:16des dossiers
01:07:17de maladie pro
01:07:18elles sont dans
01:07:19des états
01:07:20encore plus
01:07:20voilà
01:07:21ça les fragilise
01:07:23encore plus
01:07:24donc on a un peu
01:07:26plus nuancé
01:07:28en reprenant
01:07:29un petit peu
01:07:30ce que les spécialistes
01:07:31comme Marie Pesé
01:07:32que vous avez entendu
01:07:33il n'y a pas longtemps
01:07:34évoquent sur ce sujet
01:07:35et en questionnant
01:07:38les pouvoirs publics
01:07:39sur la reconnaissance
01:07:40en maladie professionnelle
01:07:41pourquoi on n'a pas
01:07:42la même approche
01:07:43que pour les maladies
01:07:44physiques
01:07:45avec
01:07:47les risques
01:07:48psychosociaux
01:07:48ils sont connus
01:07:49le rapport
01:07:50GOLAC
01:07:50a mis en évidence
01:07:51il y a un certain
01:07:52nombre d'années
01:07:52des grandes classes
01:07:53de risque
01:07:53etc
01:07:54on pourrait très bien
01:07:55parce qu'aujourd'hui
01:07:56la charge de la preuve
01:07:57elle revient
01:07:58au salarié
01:07:58qui est lui-même
01:07:59en grande difficulté
01:08:00et qui doit monter
01:08:01des dossiers
01:08:02de fou
01:08:03pour justement
01:08:05accompagner
01:08:05pour arriver
01:08:07à souvent
01:08:09pas grand chose
01:08:10puisqu'il y a beaucoup
01:08:11de refus
01:08:12pour les maladies
01:08:15type
01:08:16risque-amiante
01:08:17TMS
01:08:18etc
01:08:18la charge
01:08:19de la preuve
01:08:20elle revient
01:08:20à l'employeur
01:08:22et c'est l'employeur
01:08:23qui doit montrer
01:08:24qu'il a bien fait
01:08:25les choses
01:08:25de telle manière
01:08:26à ce que
01:08:28ça ne se produise pas
01:08:29donc
01:08:31c'est plus
01:08:32le lien
01:08:33entre
01:08:34souffrance
01:08:35psychique
01:08:36et travail
01:08:37dès le médecin généraliste
01:08:39qui a du mal
01:08:40à indiquer
01:08:41sur le certificat
01:08:43médical initial
01:08:45le lien
01:08:46avec le travail
01:08:46nous on le voit
01:08:47tous
01:08:47on leur demande
01:08:48la première question
01:08:48qu'on leur demande
01:08:49c'est
01:08:50qu'a indiqué
01:08:51le médecin généraliste
01:08:52sur votre certificat
01:08:52médical initial
01:08:53parce que ça commence là
01:08:54le processus
01:08:56et très souvent
01:08:56c'est ce que tu disais
01:08:58trouble anxio-dépressif
01:08:59aucun lien
01:09:00avec le travail
01:09:02très
01:09:02je schématise un peu
01:09:03mais très très très
01:09:04très souvent
01:09:04donc ça commence là
01:09:06la reconnaissance
01:09:07et le lien
01:09:08entre
01:09:10travail
01:09:10et souffrance psychique
01:09:11ça commence dès là
01:09:12et ça commence même avant
01:09:14ça commence bien sûr
01:09:15avant
01:09:15ça commence dans l'entreprise
01:09:16bien sûr
01:09:17meilleure formation
01:09:18des médecins du travail
01:09:19des acteurs de santé
01:09:20etc
01:09:20donc voilà
01:09:22c'est plus ce lien là
01:09:23et peut-être un mode
01:09:25d'appréhension
01:09:26différent
01:09:27merci
01:09:28c'est dommage
01:09:28on ne peut pas discuter
01:09:29plus longtemps
01:09:30mais c'est peut-être
01:09:31aussi compliqué
01:09:32pour le médecin
01:09:32dans un premier temps
01:09:35de dire
01:09:35que c'est lié
01:09:36au travail
01:09:37je ne sais pas
01:09:37je me fais l'avocat
01:09:39du diable
01:09:39je me dis
01:09:40non non
01:09:40il faut que je passe
01:09:41la parole aux autres
01:09:42excusez-moi
01:09:44madame Galli
01:09:47oui merci
01:09:49donc je vais rebondir
01:09:50sur ce qui vient
01:09:51d'être dit
01:09:51et puis sur vos
01:09:53dernières paroles
01:09:54aussi
01:09:55oui il peut être
01:09:56difficile je pense
01:09:57effectivement
01:09:58pour les médecins
01:10:00de savoir
01:10:00si de prime abord
01:10:01c'est lié au travail
01:10:03ou non
01:10:06même si en fait
01:10:07on a quand même
01:10:07quelques outils
01:10:09diagnostiques
01:10:10pour évaluer
01:10:11le burn-out
01:10:12c'est-à-dire
01:10:12l'état réel
01:10:13de la personne
01:10:16et je pense
01:10:17qu'en fait
01:10:17le gros problème
01:10:19c'est que
01:10:19les professionnels
01:10:20de santé
01:10:20ne sont pas
01:10:21formés
01:10:22à ça
01:10:23c'est-à-dire
01:10:24que voilà
01:10:25pour moi déjà
01:10:26dans les études
01:10:27de médecine
01:10:27s'il y avait
01:10:28des modules
01:10:29d'enseignement
01:10:30obligatoires
01:10:31sur
01:10:32les spécificités
01:10:33de la santé
01:10:34au travail
01:10:36on aurait déjà
01:10:38fait un grand pas
01:10:39aussi
01:10:39sur la manière
01:10:40de prendre en charge
01:10:41et donc
01:10:43moi j'enseigne
01:10:44je suis en psychologie
01:10:46donc spécialisé
01:10:47en psychologie
01:10:48du travail
01:10:49mais de la même manière
01:10:51je le vois
01:10:51les personnes
01:10:53en fait
01:10:53en souffrance psychique
01:10:55même quand c'est
01:10:56dû au travail
01:10:57se tournent vers
01:10:59des psychiatres
01:11:01on l'a dit
01:11:01bon voilà
01:11:01les psychiatres
01:11:03ne sont pas
01:11:04formés à ça
01:11:04mais les psychologues
01:11:05cliniciens
01:11:06la plupart du temps
01:11:07non plus
01:11:07et en fait
01:11:08on a besoin
01:11:09véritablement
01:11:10de professionnels
01:11:10qui comprennent
01:11:12les enjeux
01:11:13qui se jouent
01:11:14et qui sont
01:11:14très particuliers
01:11:15dans les situations
01:11:16de travail
01:11:17et dans les milieux
01:11:17professionnels
01:11:20et finalement
01:11:22les professionnels
01:11:23que ce soit
01:11:23du côté
01:11:25des médecins
01:11:26les médecins du travail
01:11:27ou
01:11:29les psychologues
01:11:30du travail
01:11:31sont finalement
01:11:32à l'heure actuelle
01:11:33dans la société
01:11:34et dans la prise
01:11:35en charge des choses
01:11:35mis dans une position
01:11:37qui fait qu'ils
01:11:38ne sont pas
01:11:39prescripteurs
01:11:41ils ne font pas
01:11:41de suivi
01:11:42ils sont là
01:11:43juste pour poser
01:11:43des diagnostics
01:11:44en fait
01:11:44sur l'état
01:11:45de la personne
01:11:46à un moment donné
01:11:46mais ils ne prennent
01:11:47pas véritablement
01:11:48en charge
01:11:49et en soin
01:11:51alors même
01:11:52que ce sont
01:11:53ces personnes-là
01:11:54qui ont les connaissances
01:11:55pour ça
01:11:56et donc
01:11:57je pense que
01:11:58pour le coup
01:11:59ça ne sera pas
01:11:59du jour au lendemain
01:12:00mais il y a une réflexion
01:12:01vraiment en profondeur
01:12:04à mener
01:12:04pour réformer
01:12:06ces formations
01:12:06aussi
01:12:07et qu'elles répondent
01:12:09véritablement
01:12:10à l'enjeu sociétal
01:12:11qui se pose
01:12:12sur le deuxième
01:12:15point
01:12:15qui est
01:12:16le côté
01:12:16réglementation
01:12:18clairement
01:12:19la réglementation
01:12:20elle n'est pas
01:12:20à la hauteur
01:12:21du problème
01:12:21sinon
01:12:22si la réglementation
01:12:23suffisait
01:12:24on ne serait pas
01:12:25là aujourd'hui
01:12:25je pense
01:12:26voilà
01:12:27puisqu'il y a
01:12:28quand même
01:12:28des réglementations
01:12:29qui existent
01:12:30depuis déjà
01:12:31un certain temps
01:12:32c'est pas à la hauteur
01:12:33pourquoi ?
01:12:34parce qu'il n'y a pas
01:12:34d'obligation réelle
01:12:35bon ok
01:12:36il peut y avoir
01:12:36des choses
01:12:37et des engagements
01:12:37marqués
01:12:38sur un document
01:12:39unique
01:12:39etc
01:12:41on peut
01:12:41mais
01:12:42je veux dire
01:12:44alors même
01:12:45que le travail
01:12:45est normalisé
01:12:46à l'heure actuelle
01:12:46pour tout
01:12:48que les entreprises
01:12:50doivent montrer
01:12:51pâte blanche
01:12:51pour pratiquement
01:12:54toutes les procédures
01:12:55de l'entreprise
01:12:56quand elles veulent
01:12:57des certifications
01:12:58ISO
01:12:58etc
01:12:59pour soi-disant
01:13:00de la qualité
01:13:01alors qu'on est plus
01:13:02sur du management
01:13:03de management
01:13:04qui souvent
01:13:04est quand même
01:13:05à l'origine aussi
01:13:07du burn-out
01:13:07de beaucoup d'individus
01:13:08à l'heure actuelle
01:13:09avec justement
01:13:10cette normalisation
01:13:11du travail
01:13:12je trouve qu'il serait
01:13:13légitime en fait
01:13:14d'imposer aussi
01:13:16aux entreprises
01:13:17que par exemple
01:13:18tous les 3, 4 ans
01:13:195 ans
01:13:20allez 5 ans
01:13:21ils soient obligés
01:13:23de faire un diagnostic
01:13:24RPS
01:13:25mais véritablement
01:13:26un diagnostic
01:13:27pas dire
01:13:27on s'engage
01:13:28à faire telle et telle chose
01:13:29que des professionnels
01:13:31de la santé
01:13:33au travail
01:13:34des personnes
01:13:36qui interviennent
01:13:36tels que des ergonomes
01:13:38des psychologues
01:13:38du travail
01:13:39viennent faire
01:13:39un diagnostic
01:13:40dans l'entreprise
01:13:42et puis se dire
01:13:43c'est bon
01:13:44cette entreprise
01:13:45au niveau
01:13:46des RPS
01:13:47c'est sain
01:13:48et il n'y aura
01:13:48pas de soucis
01:13:50et à l'heure actuelle
01:13:51tous ces professionnels
01:13:53là ils interviennent
01:13:53dans les entreprises
01:13:54quand le mal
01:13:54est déjà fait
01:13:56quand la direction
01:13:57est saturée
01:13:59et qu'ils se disent
01:14:00waouh
01:14:00en fait là
01:14:01on a trop de cas
01:14:02ils font intervenir
01:14:03des professionnels
01:14:04mais en fait
01:14:04c'est trop tard
01:14:06parce qu'après
01:14:07casser totalement
01:14:08une organisation
01:14:09du travail
01:14:09pour récupérer
01:14:11les choses
01:14:12c'est hyper compliqué
01:14:13donc il faut
01:14:15intervenir
01:14:16en amont
01:14:17de mon point de vue
01:14:18la seule solution
01:14:20c'est qu'il y ait
01:14:22cette obligation
01:14:22de diagnostic
01:14:23régulièrement
01:14:24et pour qu'on puisse
01:14:25mêler le doigt
01:14:26sur ce qui pose problème
01:14:27et agir de suite
01:14:29très bien
01:14:31Madame
01:14:32Monsieur
01:14:33on va vous parler
01:14:35de la charte
01:14:35de santé mentale
01:14:36alors la charte
01:14:38de santé mentale
01:14:38elle est très intéressante
01:14:40pour nous
01:14:41pourquoi
01:14:41parce qu'elle part
01:14:42d'un principe
01:14:44ça c'est un effet
01:14:45collatéral positif
01:14:46du Covid
01:14:46depuis la pandémie
01:14:48on sait tous
01:14:48que nous avons
01:14:49une santé mentale
01:14:50donc une charte
01:14:51de la santé mentale
01:14:52au travail
01:14:52c'est reconnaître
01:14:53que nous avons
01:14:54tous une santé mentale
01:14:55et c'est lutter
01:14:57contre la psychologisation
01:14:58des difficultés
01:14:59qui a été mentionnée
01:15:01par ailleurs
01:15:02pour dire que
01:15:03c'est l'environnement
01:15:04on peut créer
01:15:06un environnement
01:15:06favorable
01:15:07à une bonne santé mentale
01:15:08donc certes
01:15:10cette charte
01:15:10ne comprend pas
01:15:11d'indicateurs
01:15:12ne comprend pas
01:15:14de
01:15:16enfin il n'y a pas
01:15:17d'obligation
01:15:18financière
01:15:18mais c'est un engagement
01:15:20qui nous semble
01:15:20pour nous
01:15:21très important
01:15:22un
01:15:23on a tous
01:15:24une santé mentale
01:15:24et deuxièmement
01:15:27pour les aidants
01:15:28qui sont dans
01:15:29des situations
01:15:30familiales complexes
01:15:31c'est important
01:15:31qu'il y ait
01:15:32une bonne santé
01:15:34que l'environnement
01:15:35au travail
01:15:36par les managers
01:15:37et la direction
01:15:37soit
01:15:38le meilleur possible
01:15:40et pour les proches
01:15:41qui ont un handicap
01:15:42psychique
01:15:43elles seront
01:15:45en bonne santé mentale
01:15:46au travail
01:15:47à deux conditions
01:15:49qu'ils se signalent
01:15:50comme ayant
01:15:51une RQTH
01:15:52et donc ayant
01:15:53une maladie psychique
01:15:53chronique
01:15:54beaucoup ne le signalent
01:15:55pas car ils ont peur
01:15:56de perdre leur emploi
01:15:57et si on crée
01:15:58on annonce
01:15:59qu'on fait une charte
01:16:00de santé mentale
01:16:00au travail
01:16:01on va libérer la parole
01:16:02cesser de stigmatiser
01:16:03donc nos proches
01:16:05pourront aller voir
01:16:06leur référent handicap
01:16:07et demander
01:16:08en accord avec
01:16:09le médecin du travail
01:16:10un aménagement
01:16:10de leur poste
01:16:12et deuxièmement
01:16:13cet aménagement
01:16:14de leur poste au travail
01:16:15pourra bien se produire
01:16:16grâce à un environnement
01:16:17au travail
01:16:19favorable pour tous
01:16:20nous on dit toujours
01:16:21que c'est gagnant-gagnant
01:16:22si le référent
01:16:24handicap
01:16:26accompagne bien
01:16:27une personne
01:16:27qui a un handicap
01:16:28psychosocial
01:16:29tout
01:16:30l'environnement
01:16:31au travail
01:16:31pour tous
01:16:32les employés
01:16:33du collectif
01:16:34de travail
01:16:35sera amélioré
01:16:36voilà
01:16:39oui juste pour compléter
01:16:40je voulais citer
01:16:41un certain nombre
01:16:42de très rapidement
01:16:43de dispositions
01:16:44qui existent déjà
01:16:45mais qui conviendraient
01:16:46de renforcer
01:16:47l'obligation
01:16:48pour toute entreprise
01:16:49ou employeur
01:16:50ayant plus de 250 salariés
01:16:51d'avoir un correspondant
01:16:53handicap
01:16:53ou un référent handicap
01:16:55elle est effective
01:16:57simplement
01:16:57de par mon expérience
01:16:59très souvent
01:17:01c'est une personne
01:17:01qui est désignée
01:17:02pour faire ça
01:17:03en plus de son travail
01:17:05donc elle aura
01:17:06au mieux
01:17:0710% de son temps
01:17:08à consacrer
01:17:09à vos problématiques
01:17:10de handicap
01:17:11donc
01:17:11elle n'aura pas le temps
01:17:13de s'investir
01:17:13dans la mise en place
01:17:15d'actions
01:17:15de détections
01:17:16de formations
01:17:18etc
01:17:19deuxièmement
01:17:20il y a une formation
01:17:21qui s'appelle
01:17:21PSSM
01:17:22les premiers secours
01:17:23en santé mentale
01:17:24qui a un certain succès
01:17:26qui c'est sur deux jours
01:17:28ça permet de détecter
01:17:31les signaux
01:17:31et de savoir
01:17:32comment réagir
01:17:33en cas de crise
01:17:34donc pour l'avoir
01:17:35faite moi-même
01:17:36c'est bien
01:17:38mais c'est vraiment
01:17:39pour gérer les crises
01:17:41ce qui est déjà pas mal
01:17:42par contre
01:17:43pour détecter
01:17:44au mieux
01:17:45les signaux faibles
01:17:45et savoir
01:17:47comment anticiper
01:17:48la crise
01:17:48comment accompagner
01:17:49la personne
01:17:50vers
01:17:50la méthode
01:17:52ça s'appelle
01:17:52ARR
01:17:53et le R
01:17:54c'est orienter
01:17:55vers un professionnel
01:17:56donc très bien
01:17:57mais néanmoins
01:17:58je pense qu'elle devrait
01:17:59être élargie
01:18:00à un accompagnement
01:18:01pour le maintien
01:18:02en emploi
01:18:03pour l'accompagnement
01:18:04du collègue
01:18:05du salarié
01:18:06pour qu'il évite
01:18:08justement
01:18:08d'en arriver
01:18:09à une crise
01:18:10ou une décompensation
01:18:11néanmoins
01:18:11c'est une formation
01:18:12qui mérite d'être
01:18:14davantage développée
01:18:15ensuite je voulais citer
01:18:16les pères aidants
01:18:17ça a été évoqué
01:18:20s'agissant de la santé mentale
01:18:22et des troubles psychiques
01:18:22et du burn-out
01:18:23c'est vraiment très précieux
01:18:25parce que
01:18:25une personne qui souffre
01:18:27de ce genre de difficultés
01:18:29si elle sait qu'elle a
01:18:30pas loin
01:18:31un collègue
01:18:32qui est officiellement
01:18:35désigné
01:18:36comme ayant déjà
01:18:37eu ce genre
01:18:38de difficultés
01:18:39et bien
01:18:40elle sera plus encline
01:18:41à se confier à lui
01:18:42plutôt qu'à
01:18:44un responsable de service
01:18:46même une DRH
01:18:47ou même un médecin du travail
01:18:48pour ce faire
01:18:49il y a des DU
01:18:50un peu partout en France
01:18:52des DU
01:18:52de formation de pères aidants
01:18:54simplement
01:18:54ils ne sont pas gratuits
01:18:57ils sont entre 2 et 3 000 euros
01:18:58donc tout le monde
01:19:00ne peut pas y accéder
01:19:01tout le monde n'a pas
01:19:02un CPF
01:19:02qui peut mobiliser
01:19:03tout le monde
01:19:04n'a pas les moyens
01:19:05d'accéder
01:19:06pour autant
01:19:07c'est vraiment
01:19:08je pense
01:19:09une fonction d'avenir
01:19:11dans le domaine
01:19:12de l'entreprise
01:19:12dans le domaine du travail
01:19:15quatrièmement
01:19:16il y a un dispositif
01:19:17qui s'appelle
01:19:18l'emploi accompagné
01:19:19qui est réputé
01:19:21pour permettre
01:19:22l'accès à l'emploi
01:19:22de personnes handicapées
01:19:24mais également
01:19:25le maintien en emploi
01:19:26et s'agissant
01:19:27des troubles psychiques
01:19:28du burn-out
01:19:28on a vu
01:19:29qu'un des enjeux
01:19:29c'était le maintien
01:19:30éviter
01:19:31la désinsertion professionnelle
01:19:33donc l'emploi accompagné
01:19:36se développe
01:19:37simplement
01:19:38il a des limites
01:19:38en termes de budget
01:19:40mais également
01:19:40en termes de coach
01:19:42puisqu'on parle de job coach
01:19:43de coach bien formé
01:19:45il y a des régions
01:19:46où il est difficile
01:19:46de trouver
01:19:47la structure
01:19:48qui a les bons
01:19:50coachs compétents
01:19:51néanmoins
01:19:52ça reste
01:19:53un dispositif
01:19:54qui n'est pas très vieux
01:19:55qui a 5 ans maximum
01:19:56qui a fait ses preuves
01:19:58à l'étranger
01:19:58qui commence à faire
01:19:59ses preuves en France
01:20:00et qu'il faudrait pouvoir
01:20:01développer davantage
01:20:04dernier point
01:20:05il y a un dispositif
01:20:06qui a été mis en place
01:20:07par Pôle emploi
01:20:07qui s'appelle
01:20:08Andimatch
01:20:09Andimatch
01:20:10c'est le fait
01:20:10que des entreprises
01:20:12se déclarent
01:20:13officiellement
01:20:14favorables
01:20:14à recruter des personnes
01:20:16en situation
01:20:17de handicap
01:20:18il s'agirait
01:20:19que ça soit
01:20:20un peu plus développé
01:20:21ça permet
01:20:22à des personnes
01:20:22demandeuses d'emploi
01:20:23d'afficher sur leur CV
01:20:25qu'elles ont
01:20:25un handicap
01:20:26voire une RQTH
01:20:27sans risquer
01:20:28d'être tout de suite
01:20:29que leur CV
01:20:31aille tout de suite
01:20:31à la corbeille
01:20:33donc c'est un dispositif
01:20:35qui mériterait
01:20:36d'être développé
01:20:37je voudrais également
01:20:39rebondir
01:20:40sur les axes
01:20:41qu'on pourrait imaginer
01:20:42pour une prévention réelle
01:20:44du burn-out
01:20:45donc j'en ai
01:20:47indiqué
01:20:48un certain nombre
01:20:48je ne prétends pas
01:20:49qu'ils sont
01:20:50exhaustifs
01:20:51mais le premier axe
01:20:52ça serait la régulation
01:20:53de la charge de travail
01:20:54comme disait
01:20:55monsieur Barré
01:20:55c'est à dire
01:20:56qu'à un moment
01:20:57les personnes
01:20:58sont surinvesties
01:20:59dans leur travail
01:21:00ou alors
01:21:00elles sont contraintes
01:21:01d'être surinvesties
01:21:02par la productivité
01:21:04attendue
01:21:04sur leur poste
01:21:05et il faut
01:21:07que l'employeur
01:21:09arrête de demander
01:21:10plus avec moins
01:21:11évidemment
01:21:11mais également
01:21:12qu'il y ait
01:21:13des alertes
01:21:13qui soient mises en place
01:21:14par exemple
01:21:15il y a des points
01:21:16hebdomadaires
01:21:17avec le chef
01:21:19de service
01:21:19le contre-maître
01:21:20enfin ça dépend
01:21:21de l'organisation
01:21:21dès qu'un salarié
01:21:23ne parvient plus
01:21:24à remplir les tâches
01:21:25attendues
01:21:25c'est qu'il y a un signal
01:21:26a priori
01:21:27il veut bien faire
01:21:27s'il n'y arrive plus
01:21:29c'est qu'il a peut-être
01:21:31un début
01:21:31de difficulté sérieuse
01:21:34ensuite
01:21:34c'est le soutien
01:21:35managérial
01:21:36évidemment
01:21:38et ça
01:21:39ça vaut pour les troubles
01:21:39psychiques
01:21:40aussi bien
01:21:40que pour le burn-out
01:21:42quand nous
01:21:43une femme
01:21:44faisons des sensibilisations
01:21:45on vise avant tout
01:21:46les chefs de service
01:21:47on vise les DRH
01:21:48on vise les services
01:21:50ressources humaines
01:21:51et les correspondants
01:21:52handicap
01:21:52et on vise
01:21:53beaucoup les chefs
01:21:54de service
01:21:55on a même édicté
01:21:56avec l'aide
01:21:57du FIPHFP
01:21:58si je me souviens bien
01:21:59un guide
01:22:00à l'usage des chefs
01:22:01de service
01:22:02pour le ministère
01:22:02de l'intérieur
01:22:03voilà pour vous donner
01:22:04une idée
01:22:05parce que c'est par eux
01:22:06que ça va passer
01:22:06ceux qui sont plus
01:22:07proches du terrain
01:22:08et qui voient
01:22:09au quotidien
01:22:10les salariés
01:22:12donc il faut
01:22:13les former à l'empathie
01:22:14aux signaux faibles
01:22:15pour repérer
01:22:16un changement
01:22:17de comportement
01:22:17et il faut
01:22:19qu'il y ait également
01:22:19un droit à l'erreur
01:22:21aujourd'hui
01:22:22en particulier
01:22:22avec le télétravail
01:22:24il y a une distance
01:22:26qui s'est mise
01:22:27entre les collègues
01:22:28et avec la hiérarchie
01:22:30qui fait
01:22:30qu'on est plus
01:22:31sur du process
01:22:32le process
01:22:33a priori
01:22:35n'autorise pas
01:22:35les écarts
01:22:36et les droits
01:22:37à l'erreur
01:22:38ensuite
01:22:39l'autonomie
01:22:39le pouvoir d'agir
01:22:40le fait que
01:22:42le travail
01:22:43est de plus en plus
01:22:43normé
01:22:44dans l'industrie
01:22:45c'est le cas
01:22:46depuis longtemps
01:22:46mais ça commence
01:22:47à l'être
01:22:47sérieusement
01:22:48dans le secteur tertiaire
01:22:50où les personnels
01:22:52commencent à avoir
01:22:53l'impression
01:22:53qu'ils sont des robots
01:22:54et ça engage
01:22:57ça crée
01:22:58un des symptômes
01:23:00du burn-out
01:23:01c'est-à-dire
01:23:01le désinvestissement
01:23:02le retrait
01:23:04qui va conduire
01:23:05à une forme
01:23:06d'isolement social
01:23:07et professionnel
01:23:08donc leur laisser
01:23:10aux salariés
01:23:11la possibilité
01:23:12d'organiser le travail
01:23:13alors il y a
01:23:14quelques entreprises
01:23:14qu'on peut trouver
01:23:16qui ont fait
01:23:17qui ont mis en place
01:23:18ce genre
01:23:18d'autonomie
01:23:21du collectif
01:23:22de travail
01:23:22je pense à Michelin
01:23:23par exemple
01:23:24qui a créé
01:23:25ce qu'on appelle
01:23:25des îlots
01:23:26c'est un groupe
01:23:27d'ouvriers
01:23:29de travailleurs
01:23:30qui peuvent s'organiser
01:23:31avec certaines limites
01:23:32sur l'organisation
01:23:33du travail
01:23:34sur le temps de travail
01:23:35etc
01:23:37il faut essayer
01:23:38d'expliquer
01:23:38le pourquoi
01:23:39des décisions
01:23:39souvent les décisions
01:23:40tombent d'en haut
01:23:41que ce soit
01:23:42dans le privé
01:23:42ou dans le public
01:23:43et le salarié
01:23:45même le cadre
01:23:46n'a pas son mot à dire
01:23:47et n'est plus
01:23:48qu'un exécutant
01:23:49enfin il y a la culture
01:23:51de la reconnaissance
01:23:53valoriser le travail invisible
01:23:55valoriser l'assistance
01:23:56à des collègues
01:23:57le fait de
01:23:59résoudre un sujet complexe
01:24:00en dehors de son strict travail
01:24:02tel qu'il est demandé
01:24:03et développer le feedback
01:24:06constructif
01:24:06c'est à dire
01:24:07le fait de
01:24:08de dire oui oui
01:24:09le travail était fait
01:24:10bien fait
01:24:11et ça c'est souvent
01:24:12un peu oublié
01:24:12puisque la hiérarchie
01:24:14a tendance à considérer
01:24:15que ce qu'elle donne
01:24:16qui est fait
01:24:17c'est normal
01:24:17il n'y a pas spécialement
01:24:19à avoir une reconnaissance
01:24:20pour ça
01:24:21merci beaucoup
01:24:22je suis désolée
01:24:23je suis obligée
01:24:24d'être maître des horloges
01:24:26parce que nous avons
01:24:26une deuxième audition
01:24:28après
01:24:30pour les collègues
01:24:43je crois qu'on a
01:24:46on a une autre
01:24:47ouais
01:24:48alors vraiment
01:24:49mais c'est
01:24:49c'est une minute chacun
01:24:51je suis désolée
01:24:51sur la question
01:24:52sur la formation des cadres
01:24:55bon j'en ai monté
01:24:56pas mal
01:24:56dans ma longue carrière RH
01:24:58c'est vrai que
01:24:59schématiquement
01:25:00elles sont trop
01:25:01théoriques
01:25:02et trop hors sol
01:25:03trop désincarnées
01:25:04et pas suffisamment
01:25:05proches
01:25:06du travail réel
01:25:08du travail vivant
01:25:09et une manière
01:25:11on commence à l'expérimenter
01:25:13à notre niveau
01:25:14une manière
01:25:15de s'en rapprocher
01:25:17du travail vivant
01:25:18et de pouvoir
01:25:18aider les cadres
01:25:19à mesurer
01:25:19ce qui se joue
01:25:20dans le travail
01:25:21sur le plan psychique
01:25:22c'est effectivement
01:25:24d'introduire
01:25:25l'expérience sensible
01:25:26c'est à dire
01:25:27de
01:25:27par exemple
01:25:29la pérédance
01:25:30via les témoignages
01:25:31dans des formations
01:25:34d'arriver à trouver
01:25:36des articulations
01:25:37on voit
01:25:38effectivement
01:25:39la portée
01:25:40du témoignage
01:25:40qui crée
01:25:42de l'émotion
01:25:43et qui crée
01:25:44des passerelles
01:25:44avec
01:25:45les managers
01:25:46alors on en est
01:25:48au début
01:25:49encore une fois
01:25:50mais peut-être
01:25:52que c'est une modalité
01:25:53à explorer
01:25:54très bien
01:25:56vraiment
01:25:57les deux dernières minutes
01:25:58je vais faire très court
01:25:59j'essaye en tout cas
01:26:01voilà
01:26:01ça c'est ce que j'ai
01:26:02fait paraître
01:26:03il y a dix ans
01:26:04qui est un protocole
01:26:05de prévention
01:26:06et malheureusement
01:26:07je me suis
01:26:09retrouvée en but
01:26:10du financement
01:26:11pour les rééditions
01:26:13pour la diffusion
01:26:14j'ai fait 50 dédicaces
01:26:15je suis venue
01:26:16à l'Assemblée nationale
01:26:17j'ai participé
01:26:18aux travaux
01:26:18du burn-out
01:26:19de la commission
01:26:20de l'époque
01:26:21et voilà
01:26:22on a fait
01:26:22ce qu'on a
01:26:23on s'est investi
01:26:24on fait de la prévention
01:26:25on ne traite pas
01:26:26que le burn-out
01:26:27ensuite j'ai relevé
01:26:28que les maladies
01:26:30psychologiques
01:26:30et psychiatriques
01:26:32neurologiques
01:26:33sont très différentes
01:26:34c'est peut-être là
01:26:35qu'il y a quelque chose
01:26:36à chercher également
01:26:39neurologiquement
01:26:39c'est physique
01:26:40c'est détectable
01:26:41et c'est quantifiable
01:26:43et c'est déjà installé
01:26:44mais souvent
01:26:45et puis il y a des maladies
01:26:47qui se développent
01:26:48au niveau de la santé mentale
01:26:49à un certain stade
01:26:50à l'âge
01:26:52et aussi par des psychotropes
01:26:54drogue etc
01:26:55la drogue
01:26:56ça peut aussi
01:26:57être de l'alcool
01:26:58et de la cigarette
01:26:59ensuite on a
01:27:01vraiment une évidence
01:27:03c'est que quand
01:27:04vous n'avez plus
01:27:05d'essence dans votre voiture
01:27:06vous ne la faites pas démarrer
01:27:08l'épuisement
01:27:09c'est exactement ça
01:27:10quand on arrive
01:27:11au burn-out
01:27:12on en est là
01:27:12donc ne demandez pas
01:27:14à cette personne
01:27:14d'aller sur le médecin
01:27:15elle y arrive
01:27:16et encore moins
01:27:17chez un avocat
01:27:18si une maladie
01:27:22n'est pas reconnue
01:27:22professionnelle
01:27:24la démarche
01:27:25du salarié
01:27:26ne peut pas aller
01:27:27vers sa sauvegarde
01:27:28professionnelle
01:27:28et la dernière
01:27:30c'est que le burn-out
01:27:31est malheureusement
01:27:32un sujet de conflit
01:27:33sur le terrain
01:27:34entre les employeurs
01:27:35et les employés
01:27:36et c'est quand même
01:27:37ce qui rebute
01:27:38la prévention
01:27:40voilà pour cette audition
01:27:41de la mission
01:27:42d'information du Sénat
01:27:43sur la souffrance
01:27:43psychique au travail
01:27:44les sénateurs ont entendu
01:27:46des associations
01:27:46de victimes
01:27:47d'épuisement professionnel
01:27:48et qui leur ont permis
01:27:49de mieux comprendre
01:27:50les causes du burn-out
01:27:51c'est la fin de cette émission
01:27:52merci de l'avoir suivie
01:27:53continuez à suivre
01:27:54l'actualité politique
01:27:55et parlementaire
01:27:56sur notre site internet
01:27:57publicsénat.fr
01:27:58je vous souhaite
01:27:58une très bonne suite
01:27:59des programmes
01:27:59sur Public Sénat
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