- il y a 1 jour
« En direct du Sénat » est de retour après la pause parlementaire imposée par les élections les municipales. A la une cette semaine : le débat 50-1 sur la guerre au Moyen-Orient qui a eu lieu hier soir au Senat. Le Premier ministre a fait des annonces notamment sur l'achat de munitions et c'était aussi l'occasion de rappeler la position de la France dans ce conflit et d'en débattre avec les parlementaires. A la une également, la commission d'enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution. Les travaux se poursuivent avec l'audition des dirigeants de la multinationale Lactalis. Autre sujet au Sénat cette semaine : la sécurité. Avec l'audition par la commission des lois du préfet de police de Paris Patrice Faure.
Et enfin, les médias en ligne Brut, Konbini et Loopsider ont été questionnés par les élus de la chambre haute. Les sénateurs veulent identifier les menaces qui pèsent sur l'information en ligne et proposer des pistes pour une meilleure régulation. Année de Production :
Et enfin, les médias en ligne Brut, Konbini et Loopsider ont été questionnés par les élus de la chambre haute. Les sénateurs veulent identifier les menaces qui pèsent sur l'information en ligne et proposer des pistes pour une meilleure régulation. Année de Production :
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00:00:11Bonjour à tous, soyez les bienvenus, vous êtes en direct du Sénat.
00:00:14Après la pause parlementaire imposée par les élections municipales,
00:00:18les travaux ont repris ici au Palais du Luxembourg
00:00:20et comme tous les jeudis, on décrypte les moments forts de la semaine avec les sénateurs.
00:00:25Voici les titres.
00:00:26On commence avec le débat sur la guerre au Moyen-Orient.
00:00:30Il a eu lieu hier soir, des annonces du Premier ministre,
00:00:33notamment sur l'achat de munitions et l'occasion de rappeler la position de la France
00:00:36et d'en débattre avec les sénateurs.
00:00:38On parlera également de la commission d'enquête sur les marges des industriels
00:00:42et de la grande distribution.
00:00:43Les travaux se poursuivent avec l'audition des dirigeants de la multinationale Lactalis.
00:00:48La sécurité revient à la une du Sénat cette semaine
00:00:51avec l'audition par la commission des lois du préfet de police de Paris, Patrice Faure.
00:00:55Et enfin, les médias en ligne Brut, Combini et Loopsider ont été questionnés
00:01:00par les élus de la Chambre haute.
00:01:01Les sénateurs veulent identifier les menaces qui pèsent sur l'information en ligne
00:01:05et proposer des pistes pour une meilleure régulation.
00:01:12Tout de suite, on prend la direction de l'hémicycle.
00:01:15Pour le débat sans vote sur la guerre au Moyen-Orient,
00:01:17le gouvernement a pu éclairer la représentation nationale
00:01:20sur le rôle de la France dans cette guerre qui dure depuis un mois.
00:01:24Le Premier ministre a également annoncé un effort militaire supplémentaire.
00:01:28Avec les sénateurs, il a été aussi question de la crise énergétique
00:01:31alors que les prix du carburant ont augmenté de 20% depuis le début du conflit.
00:01:35On regarde un extrait et on en parle juste après.
00:01:37Aujourd'hui, plus de 5 000 soldats, marins et aviateurs,
00:01:42sont engagés au Proche et au Moyen-Orient.
00:01:45Au Sud-Liban, 700 militaires français sont engagés
00:01:49au sein de l'opération de maintien de la paix de la Finule.
00:01:51Nous sommes aussi présents en Irak et en Jordanie
00:01:55avec l'opération Chamal de lutte contre Daesh
00:01:58et de formation de nos partenaires.
00:02:00Nous avons des accords de défense avec le Qatar, le Koweït
00:02:03et les Émirats arabes unis.
00:02:06Dans ce dernier pays, où la ministre était récemment,
00:02:091 000 militaires sont déployés au sein d'un régiment curassier,
00:02:12d'une base navale et d'une base aérienne.
00:02:15Dès le début de la crise,
00:02:17des capacités aériennes et des moyens de défense sol-air
00:02:20ont été envoyés en renfort.
00:02:21Ils ont contribué à la protection de l'espace aérien,
00:02:24notamment des Émirats.
00:02:25Enfin, la Marine nationale engage un volume de bâtiments importants
00:02:30articulés autour du groupe aéronaval Charles de Gaulle,
00:02:33de frégates et de portes-hélicoptères amphibies.
00:02:37Ils sont déployés en Méditerranée orientale,
00:02:39en mer Rouge et dans l'océan Indien.
00:02:41Ils assurent des missions de renseignement,
00:02:43de surveillance et de protection en mer et dans les airs,
00:02:46c'est-à-dire de réassurance au profit de nos alliés
00:02:50et partenaires de la région.
00:02:52La France est un partenaire fiable,
00:02:55on le dit souvent.
00:02:56Nos armées sont réactives.
00:02:59Peu d'armées, mesdames et messieurs les sénateurs,
00:03:01sont capables de se déployer comme les nôtres.
00:03:03La France l'a fait.
00:03:05Et si la France est écoutée,
00:03:06c'est parce qu'elle est sur place.
00:03:08Et bien souvent, on finit, en de pareilles circonstances,
00:03:12par n'écouter que ceux qui sont effectivement sur place.
00:03:16Ce choix a un sens,
00:03:18mais il a aussi clairement un prix.
00:03:20Et c'est précisément pour cela
00:03:21que nous devons en tirer toutes les conséquences.
00:03:24Je veux ici remercier le Parlement
00:03:27d'avoir adopté, il y a trois ans,
00:03:30la loi de programmation militaire.
00:03:32Entre 2017 et 2027,
00:03:35le budget de nos armées, vous le savez,
00:03:37aura doublé.
00:03:38Ce n'est pas un détail.
00:03:39C'est un choix stratégique.
00:03:41C'est un choix structurant.
00:03:43Mais ce choix doit être aujourd'hui amplifié.
00:03:46La guerre aux Proches et au Moyen-Orient,
00:03:48comme celle en Ukraine,
00:03:50nous montre une chose simple.
00:03:51Le retour des conflits de moyenne et haute intensité.
00:03:54Et avec lui, le retour des exigences de masse,
00:03:57d'agilité, de vitesse, d'endurance,
00:04:00mais aussi, en même temps,
00:04:02de sauts technologiques aussi brutaux qu'essentiels,
00:04:05sans oublier les fonctions de soutien et de préparation des forces
00:04:08qui ont hélas trop fait les frais
00:04:10des décisions prises au début des années 2000.
00:04:14Mesdames et Messieurs les sénateurs,
00:04:16il faut accélérer l'examen de la loi de programmation militaire.
00:04:19C'est pourquoi elle sera actualisée dès le mois d'avril.
00:04:22Elle sera présentée par la ministre des Armées
00:04:24au Conseil des ministres du 8 avril prochain,
00:04:27inscrite la semaine du 4 mai à l'Assemblée nationale
00:04:29et ici même, le 1er juin, au Sénat.
00:04:32Je remercie les parlementaires
00:04:34et particulièrement vous, M. le Président Cédric Perrin,
00:04:37d'accepter cette accélération
00:04:39et cette modification du calendrier,
00:04:42mais vous le savez,
00:04:43nous ne pouvons pas faire autrement
00:04:45et surtout, nous ne pouvons pas attendre.
00:04:47L'urgence, ce sont évidemment les munitions.
00:04:51Nous prévoyons d'investir
00:04:528,5 milliards d'euros supplémentaires de commandes
00:04:56entre 2026 et 2030,
00:04:58qui s'ajoutent aux 16 milliards d'euros
00:05:00de la loi de programmation militaire votée en 2023,
00:05:04M. le rapporteur Christian Cambon.
00:05:05C'est indispensable et c'est colossal.
00:05:09Au total, c'est comme si le budget annuel des armées
00:05:13au début des années 2000
00:05:14avait été exclusivement consacré
00:05:17à l'achat des seules munitions.
00:05:20Cette programmation militaire
00:05:22aura ainsi consacré aux munitions
00:05:24un effort financier 4 fois plus important
00:05:27que la précédente.
00:05:29L'effort portera aussi sur la défense sol-air,
00:05:32avec le meilleur système de défense au monde,
00:05:35sur l'alerte avancée, sur les drones,
00:05:37et en particulier la lutte anti-drones,
00:05:39dont les drones intercepteurs
00:05:41et les munitions téléopérées,
00:05:43qui doivent pouvoir être enfin produits
00:05:45en masse et à coût maîtrisés.
00:05:47Car nous devons revoir désormais
00:05:49profondément nos modèles.
00:05:52Quand un drone à quelques milliers d'euros
00:05:54mobilise un missile à plusieurs millions d'euros,
00:05:58c'est toute notre conception de l'armement
00:06:00qu'il faut repenser.
00:06:02C'est un des enseignements de cette guerre,
00:06:04comme pour l'Ukraine.
00:06:05Plusieurs sociétés innovantes françaises
00:06:07sont en capacité de produire
00:06:09des drones intercepteurs.
00:06:10J'inaugurais avec la ministre des Armées
00:06:12dans l'Essonne, dans les prochaines semaines,
00:06:15une nouvelle usine de production
00:06:16d'où sortiront des milliers de drones par mois.
00:06:19C'est un des effets des décisions
00:06:20que nous avons prises.
00:06:22Nous en voyons enfin le résultat.
00:06:23Quantité et qualité, coût et efficacité,
00:06:28innovation et rapidité,
00:06:30munition de saturation,
00:06:32mais aussi munition de précision
00:06:33et donc de décision.
00:06:35C'est un enjeu militaire,
00:06:37c'est aussi un enjeu industriel
00:06:39et donc un enjeu de souveraineté.
00:06:42Et, mesdames et messieurs les sénateurs,
00:06:44cette priorité appelle désormais
00:06:46de nouveaux investissements urgents.
00:06:49D'abord, pour aider à la transformation
00:06:51de notre industrie civile.
00:06:53Avec un nouveau plan industrie dual
00:06:55de 300 millions d'euros.
00:06:57Pour relocaliser des chaînes de production
00:06:59de composants critiques utiles à la défense.
00:07:02Pour en moderniser d'autres.
00:07:04Et pour aider les industries civiles
00:07:05à investir dans l'innovation de défense.
00:07:07Les industriels prennent des risques
00:07:09pour la défense du pays.
00:07:11Donc l'Etat doit les aider davantage.
00:07:14Les ministres présenteront précisément ce plan
00:07:17dans les tout prochains jours.
00:07:18Ensuite, avec la création imminente
00:07:22de la plateforme France Munition,
00:07:24qui sera un grossiste de munitions
00:07:26pour répondre aux besoins des armées françaises,
00:07:29mais aussi de nos alliés et clients à l'export.
00:07:32Elle permettra de massifier les commandes
00:07:34aux industriels,
00:07:35donc d'accélérer enfin la transformation
00:07:37de l'outil de production industrielle.
00:07:39Et finalement, d'augmenter la production
00:07:41de munitions en France,
00:07:42c'est indispensable.
00:07:43Le financement devra être assuré
00:07:46à la fois par l'Etat de l'argent public,
00:07:48mais aussi par des investisseurs privés,
00:07:50car ils ont aussi une responsabilité
00:07:53dans l'effort de réarmement.
00:07:55D'autres mesures seront présentées
00:07:58par les ministres de l'Economie
00:07:59et des Armées dès demain.
00:08:00C'est la première fois depuis très longtemps
00:08:02que les ministères civils
00:08:03se mobilisent autour de celui des armées.
00:08:06C'était une des conditions pour réussir.
00:08:09Nous y sommes enfin arrivés.
00:08:10Cet effort passera aussi
00:08:12par une mobilisation européenne,
00:08:14car si la défense est une affaire de souveraineté
00:08:16et donc relève de la seule compétence des États,
00:08:19il serait par ailleurs absurde
00:08:21dans un marché commun
00:08:22de ne pas organiser entre États européens
00:08:25une stratégie industrielle
00:08:26et financière cohérente.
00:08:28La base industrielle et technologique
00:08:30de défense européenne est une nécessité.
00:08:31Elle est aussi une opportunité pour la France,
00:08:33car nos industries doivent se montrer
00:08:35plus offensives auprès de nos voisins immédiats.
00:08:38Il n'y a pas de fatalité
00:08:39et elles doivent adapter une bonne fois pour toutes
00:08:43leur stratégie vis-à-vis de nos voisins
00:08:45et clients potentiels.
00:08:47Alors pourquoi ces décisions comptent-elles aujourd'hui ?
00:08:49Parce que si la France est présente en Méditerranée,
00:08:52dans le Golfe, au Liban, à Djibouti,
00:08:54en Roumanie, dans la Baltique,
00:08:55c'est parce que des décisions ont été prises hier
00:08:58par nos grands anciens.
00:09:00Nous ne décidons jamais seulement pour aujourd'hui.
00:09:03Nous décidons pour les crises de demain.
00:09:05Nous ne décidons jamais pour le temps
00:09:07d'une gestion de crise ou d'une guerre,
00:09:09mais aussi pour les suivantes et pour le temps long.
00:09:11Au fond, la conclusion est simple.
00:09:13Si nous voulons être indépendants,
00:09:16conformément à l'héritage gaulliste,
00:09:18nous devons être capables de nous défendre par nous-mêmes.
00:09:21Et si nous voulons être capables de nous défendre,
00:09:23nous devons investir encore davantage pour maintenant et pour demain.
00:09:28Mais cette réponse ne peut pas être seulement budgétaire.
00:09:32Elle est aussi organisationnelle,
00:09:35elle est aussi juridique,
00:09:37elle est aussi nationale,
00:09:38et donc politique, intellectuelle et culturelle.
00:09:43Car la réalité des crises contemporaines est claire.
00:09:47Elles sont rapides, hybrides, imprévisibles.
00:09:50Elles mêlent le militaire, l'économique,
00:09:52le cyber, l'informationnel.
00:09:54Elles visent nos intérêts,
00:09:56mais aussi notre capacité collective à réagir.
00:09:59Elles se cumulent plus qu'elles ne se succèdent.
00:10:02Face à cela, l'État doit être prêt.
00:10:05C'est le sens du nouveau régime d'état d'alerte de sécurité nationale
00:10:09que nous vous proposerons dans la loi de programmation militaire.
00:10:13Un nouveau cadre qui permettra,
00:10:15en cas de menace et lorsque les circonstances l'exigent,
00:10:18d'adapter temporairement nos règles
00:10:20pour accélérer les décisions,
00:10:22simplifier les procédures
00:10:24et lever les blocages qui ralentissent aujourd'hui
00:10:26la conduite de nos projets stratégiques.
00:10:29C'est le sens d'autres mesures
00:10:31qui vous seront proposées par le gouvernement
00:10:33sur la lutte anti-drône,
00:10:34la gestion des stocks stratégiques ou des réserves
00:10:37pour lesquelles nous poursuivrons nos efforts.
00:10:39Car, mesdames et messieurs les sénateurs,
00:10:41il ne serait pas acceptable
00:10:43que face à une menace imminente,
00:10:45la nation soit entravée
00:10:47par ses propres lenteurs.
00:10:49Nos compétiteurs ne s'imposent pas ces contraintes.
00:10:51Nous ne pouvons pas être les seuls à nous les imposer
00:10:54lorsque notre sécurité est en jeu.
00:10:57Il ne s'agit certainement pas
00:10:59de remettre en cause l'État de droit.
00:11:01Il s'agit de lui donner les moyens
00:11:02d'être efficace en temps de crise.
00:11:05Cela vaut pour la production de munitions.
00:11:07Cela vaut pour les programmes industriels de défense.
00:11:09Cela vaut aussi pour la mobilisation
00:11:12de nos capacités civiles et militaires.
00:11:13Au fond, il s'agit d'une même exigence.
00:11:18Adapter un État conçu pour le temps de paix
00:11:21à un monde qui ne l'est plus tout à fait.
00:11:24La mise à jour de la programmation militaire
00:11:26ne sera donc pas que budgétaire.
00:11:29Elle viendra tirer aussi des conclusions
00:11:31plus profondes sur notre propre organisation,
00:11:35notamment entre l'État militaire et l'État civil,
00:11:38pour nous adapter aux crises actuelles et futures.
00:11:41En février 2022, un fou dangereux,
00:11:44ivre de grandeur, a allumé en Ukraine
00:11:47une mèche qui a fait exploser un baril de poudre
00:11:50et bouleverser l'ordre mondial.
00:11:52La guerre devait durer une semaine.
00:11:54Elle entre dans sa cinquième année.
00:11:57En février 2026, un autre fou dangereux
00:12:00a allumé au Proche-Orient une autre mèche
00:12:02qui remet à nouveau en cause l'équilibre international.
00:12:06La guerre devait-elle aussi durer une semaine.
00:12:09Un mois plus tard, le monde entier
00:12:10se pose la question
00:12:12« Qu'est-ce qui va se passer ? »
00:12:14La réponse simple, courte et précise est la suivante.
00:12:19Dieu seul le sait.
00:12:21Il y a un an, ici même,
00:12:23je comparais la présidence de Trump
00:12:25à la cour de Néron.
00:12:26Je me trompais, c'est la cour des miracles.
00:12:30Un anti-vax, ancien héroïnomane et ministre de la Santé.
00:12:34Un climato-sceptique, ministre de l'Économie.
00:12:37Un animateur télé-alcoolique, ministre des Armées.
00:12:41Une ancienne agent du Qatar, ministre de la Justice.
00:12:44Une groupie de Poutine, ministre de la Sécurité nationale.
00:12:49Un proverbe turc dit « Quand un clown s'installe dans un palais,
00:12:52il ne devient pas roi,
00:12:54c'est le palais qui devient un cirque ».
00:12:56Cette fine équipe a décidé
00:12:58de créer un concurrent de l'ONU.
00:13:00Depuis que son conseil de la paix existe,
00:13:02Trump a déclenché plus de frappes militaires
00:13:04que Biden durant tout son mandat.
00:13:07Chaque fois que l'affaire Epstein
00:13:08ressurgit,
00:13:09les bombes explosent quelque part dans le monde
00:13:11et font diversion.
00:13:14Bombarder plus pour gagner plus.
00:13:16Il n'y a pas un pays où Trump n'est profité de la situation
00:13:19pour s'enrichir sans jamais oublier sa famille.
00:13:23Boeing personnel offert par le Qatar,
00:13:25investissement dans tous les projets du Golfe ou d'ailleurs,
00:13:28manipulation des cours de bourse
00:13:30dont bénéficient quelques initiés.
00:13:32Un seul de ces conflits d'intérêts
00:13:34aurait provoqué ici une procédure immédiate de destitution.
00:13:39Mais nous ne sommes pas ici.
00:13:40Nous sommes dans l'Amérique MAGA,
00:13:43la conduite des affaires publiques
00:13:44au service des intérêts privés.
00:13:47Après les doigts de douane,
00:13:49le Groenland,
00:13:50le lâchage de l'Ukraine,
00:13:52l'humiliation des alliés,
00:13:54l'aller-retour inefficace au Venezuela
00:13:55et tant d'autres,
00:13:57une nouvelle aventure insensée commence.
00:13:59Qu'on me comprenne bien,
00:14:01je suis le dernier à me plaindre
00:14:03de la décapitation du régime des Mollahs
00:14:05et le premier à réclamer la liberté
00:14:07pour le peuple iranien.
00:14:08Mais quelle est la stratégie pour y parvenir
00:14:11et les dégâts collatéraux,
00:14:13y compris pour les Iraniens,
00:14:14ont-ils été mesurés ?
00:14:17La réponse est,
00:14:18il n'y a pas de stratégie
00:14:20et les dégâts collatéraux
00:14:21sont passés par pertes et profits.
00:14:23Tout comme lorsqu'en janvier,
00:14:25Trump a appelé les Iraniens
00:14:26à descendre dans la rue
00:14:27pour les laisser ensuite
00:14:29être massacrés par les Basidji.
00:14:31Après le prétexte
00:14:33de la bombe atomique iranienne imminente,
00:14:35contredite par la directrice
00:14:36du renseignement américain elle-même,
00:14:38puis l'argument du changement de régime,
00:14:41c'est Marco Rubio qui finalement crache le morceau,
00:14:45nous y sommes allés parce que nous avons suivi Netanyahou.
00:14:48Autrement dit, nous n'avons aucun objectif propre.
00:14:52Trump s'est assis sur les avertissements des rares
00:14:54qui ont eu le courage de lui dire
00:14:56ce qui allait à l'évidence se passer.
00:14:59Le blocage du détroit d'Hormuz,
00:15:01l'extension de la guerre à tout le Proche-Orient
00:15:02et enfin les contre-coûts dans le mondatier.
00:15:05Dans une dernière intox
00:15:07dont le seul but est de calmer le prix du pétrole
00:15:09et les bourses qui chutent,
00:15:12il annonce que des négociations sont en cours.
00:15:15Le président du Parlement iranien
00:15:17dément dans les heures qui suivent.
00:15:18C'est la première négociation internationale
00:15:21où une des parties découvre qu'elle négocie
00:15:23en regardant le journal télévisé.
00:15:26Les pétroliers sont bloqués dans le Golfe,
00:15:29les Émirats ferment leur espace aérien,
00:15:31les influenceurs sur la plage à Dubaï
00:15:33supplient qu'on vienne les rapatrier,
00:15:35les raffineries et les champs de pétrole sont en feu.
00:15:38Après avoir rassemblé la plus puissante armée du monde,
00:15:42échoué à gagner une guerre contre une puissance moyenne,
00:15:45explosé le prix du pétrole et du gaz
00:15:47et tenu des discours sans queue ni tête,
00:15:50le golfeur de Mar-a-Lago avoue sans honte
00:15:53être stupéfait par la riposte iranienne,
00:15:56pourtant parfaitement prévisible,
00:15:57et appelle à l'aide ses alliés qui l'insultaient hier.
00:16:01Et ceux-ci lui répondent
00:16:03« Vous n'avez consulté personne,
00:16:05vous n'avez pas de plan
00:16:06et nous n'avons aucune raison de vous suivre
00:16:09à l'aveugle dans le brouillard ».
00:16:11Trump, le seul éléphant au monde
00:16:14qui se promène avec son propre magasin de porcelaine,
00:16:17n'a plus le choix qu'entre deux solutions,
00:16:19aussi mauvaises l'une que l'autre.
00:16:22Se retirer piteusement en prétextant sans convaincre personne
00:16:25avoir atteint ses objectifs
00:16:27ou déclencher l'escalade
00:16:29avec les résultats connus d'avance
00:16:31depuis le Vietnam, l'Irak ou l'Afghanistan,
00:16:34l'enlisement
00:16:35et à la fin le départ honteux
00:16:37en laissant le champ libre à l'époque
00:16:39aux communistes, à Daesh ou aux talibans.
00:16:43Le problème de l'Europe,
00:16:45c'est qu'on ne peut stopper un désastre
00:16:47avec de belles phrases
00:16:48en suppléant Israël et le Hezbollah
00:16:51de ranger leurs armes
00:16:52et en déclarant qu'Hormuz n'est pas notre guerre.
00:16:55C'est vrai,
00:16:56mais cela ne fait que souligner notre impuissance.
00:16:59À court terme,
00:17:00la position de la France est la bonne.
00:17:02Nous ne participons pas à une offensive
00:17:04sans but, sans stratégie
00:17:06et sans visibilité,
00:17:08mais nous tenons nos engagements internationaux
00:17:10en protégeant nos alliés dans le Golfe
00:17:12et en Méditerranée
00:17:13et en étant prêts à concourir
00:17:16à la libre navigation dans le Détroit,
00:17:18car nous sommes le seul pays européen
00:17:20à avoir conservé des forces aéronavales opérationnelles.
00:17:24Cette position doit être soutenue.
00:17:26Mais il va bien falloir aussi
00:17:28que les 27 commencent à résoudre
00:17:29leurs problèmes urgents et graves.
00:17:32Les guerres en Ukraine et au Proche-Orient
00:17:34nous envoient un message simple et clair.
00:17:36Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes.
00:17:38De Gaulle l'avait compris le 1er,
00:17:40à voici 60 ans,
00:17:41son message a été oublié par les Européens.
00:17:44Il est plus que temps d'en tenir en fin compte.
00:17:47L'Europe a trois défis majeurs.
00:17:49Garantir sa propre sécurité,
00:17:52produire un système de décision efficace
00:17:54et s'inscrire dans la grande révolution
00:17:56technologique, cognitive et financière
00:17:58du XXIe siècle.
00:18:00Sinon, l'alternative sera simple,
00:18:02la vassalisation par nos alliés
00:18:04ou la soumission à nos ennemis.
00:18:07L'objectif ?
00:18:08Devenir une Europe puissance militaire
00:18:11par un réarmement qui se pose
00:18:12une réindustrialisation
00:18:13et des investissements massifs.
00:18:16Devenir une Europe puissance politique
00:18:18avec, entre autres,
00:18:19l'extension des décisions
00:18:20à la majorité qualifiée.
00:18:22Enfin, redevenir une Europe puissance
00:18:24économique et commerciale
00:18:25par la mise en œuvre
00:18:26des rapports Draghi et l'État.
00:18:28Tout le monde le sait,
00:18:28mais peu de choses se passent.
00:18:31En 2022, on nous a dit
00:18:32que l'Europe en traite
00:18:33en économie de guerre.
00:18:34Quatre ans plus tard,
00:18:36les commandes ne sont pas à la hauteur.
00:18:37La grande œuvre européenne,
00:18:39le marché unique,
00:18:39reste loin des objectifs de 1993.
00:18:42Quant à la révolution technologique,
00:18:44nous sommes à des années-lumière
00:18:45de la mise en place
00:18:46des instruments financiers
00:18:48indispensables
00:18:49pour rattraper les économies
00:18:50des États-Unis et la Chine.
00:18:52La France occupe une place paradoxale
00:18:54dans cette problématique.
00:18:56Elle est le pays européen
00:18:57qui comprend mieux la situation,
00:18:58le seul qui ait conservé
00:19:00une armée autre que symbolique
00:19:02et une force de dissuasion.
00:19:03Mais elle est aussi,
00:19:05aujourd'hui,
00:19:05après 40 années de démagogie
00:19:07et de promesses intenables,
00:19:08en grande difficulté budgétaire.
00:19:10John Adams,
00:19:11le deuxième président des États-Unis,
00:19:13disait
00:19:13« Il y a deux façons
00:19:15d'asservir une nation.
00:19:16La première par les armes,
00:19:17la deuxième par la dette. »
00:19:20Malgré ces difficultés,
00:19:21vous nous avez annoncé,
00:19:22M. le Premier ministre,
00:19:23une augmentation sensible
00:19:24des budgets de la loi
00:19:25de la programmation militaire
00:19:26et une actualisation
00:19:27de ces objectifs
00:19:29après que vous l'ayez déjà fait
00:19:31il y a trois ans.
00:19:32C'est un effort que je tiens à saluer,
00:19:34mais c'est aussi un défi.
00:19:36La campagne pour l'élection présidentielle
00:19:38commencera bientôt.
00:19:39La démagogie des deux extrêmes
00:19:41qui ne vont cesser d'appeler
00:19:42à la gabegie financière
00:19:43et d'expliquer qu'on peut avoir
00:19:45le beurre et l'argent du beurre
00:19:47fera peser sur les candidats raisonnables
00:19:49un terrible handicap.
00:19:51Pourtant, il est impératif
00:19:52de relever le double défi
00:19:53de notre sécurité
00:19:55et la remise en ordre
00:19:57de nos dépenses publiques.
00:19:58La question cruciale
00:20:00qui se pose aujourd'hui
00:20:00est la suivante.
00:20:01Comment en convaincre
00:20:03nos concitoyens ?
00:20:04Depuis trois semaines,
00:20:06le Moyen-Orient
00:20:06s'embrasse de nouveau.
00:20:08Trois semaines d'escalade
00:20:09continuent.
00:20:10Trois semaines
00:20:10durant lesquelles
00:20:11la situation
00:20:12n'a cessé de se dégrader,
00:20:14faisant peser
00:20:15des risques considérables
00:20:16sur la stabilité
00:20:17de toute une région
00:20:18et au-delà,
00:20:19sur l'équilibre du monde.
00:20:21Dans ce contexte,
00:20:22les prises de parole
00:20:23de l'exécutif
00:20:24ont permis d'exprimer
00:20:25la position de la France.
00:20:26Mais il est essentiel
00:20:28et même nécessaire
00:20:29que le Parlement
00:20:30puisse pleinement
00:20:31jouer son rôle,
00:20:32débattre,
00:20:33éclairer,
00:20:34contribuer au choix
00:20:35qui engage notre pays.
00:20:37Ce qui se joue aujourd'hui
00:20:39dépasse de loin
00:20:40une crise régionale.
00:20:41C'est une rupture profonde,
00:20:44une rupture
00:20:45dans l'équilibre du monde,
00:20:46une rupture aussi
00:20:47dans le respect du droit,
00:20:49une rupture
00:20:50dont nous mettrons
00:20:51des années
00:20:51à mesurer
00:20:52toutes ses conséquences.
00:20:54Face à cela,
00:20:55notre groupe souhaite
00:20:56parler clairement
00:20:56et avec responsabilité.
00:20:59Nous condamnons
00:21:00sans ambiguïté
00:21:01la guerre d'agression
00:21:02menée par les Etats-Unis
00:21:03et Israël
00:21:04contre l'Iran.
00:21:05Quel que soit
00:21:07notre collègue
00:21:08Khaddi qui est parti,
00:21:09mais je ne doute pas
00:21:09que ça lui sera
00:21:11rapporté.
00:21:12Notre collègue Khaddi,
00:21:13écoutez,
00:21:13je vais le dire.
00:21:14Quel que soit
00:21:15notre opposition
00:21:16intransigeante
00:21:16avec le régime iranien,
00:21:18quels que soient
00:21:19les combats
00:21:19que nous menons
00:21:20depuis toujours
00:21:21et nous étions
00:21:22parfois bien seuls
00:21:23pour les libertés,
00:21:25les droits humains
00:21:25et plus particulièrement
00:21:26le droit des femmes,
00:21:28rien ne saurait justifier
00:21:29une telle violation
00:21:30du droit international.
00:21:32La notion
00:21:33de guerre préventive
00:21:34invoquée aujourd'hui
00:21:35ne repose
00:21:35sur aucun fondement solide.
00:21:37L'histoire pourtant
00:21:38nous enseigne
00:21:39une chose simple.
00:21:40On n'impose pas
00:21:41la démocratie
00:21:42par la guerre.
00:21:43On ne construit
00:21:44jamais la liberté
00:21:45sur la destruction.
00:21:46La remise en cause
00:21:48des règles communes
00:21:49par les Etats-Unis
00:21:50et Israël
00:21:50est une attaque
00:21:51en règle
00:21:51à la construction
00:21:52d'un monde
00:21:53moderne,
00:21:54pacifié.
00:21:55Ce qui se déroule
00:21:56sous nos yeux
00:21:57est une agression
00:21:58qui franchit
00:21:58des lignes rouges
00:21:59extrêmement graves.
00:22:00Les éliminations
00:22:02ciblées de dirigeants
00:22:03constituent
00:22:04des exécutions
00:22:06extrajudiciaires.
00:22:07Elles remettent
00:22:08en cause
00:22:08les principes fondamentaux
00:22:10du droit international.
00:22:11Mais plus grave,
00:22:13elles privent
00:22:14le peuple iranien,
00:22:16celui qui vit en Iran
00:22:17comme celui
00:22:18qui vit en exil,
00:22:19celui qui a dû fuir
00:22:21le régime islamiste.
00:22:22Elles le privent
00:22:23de jugement,
00:22:25elles le privent
00:22:25de vérité
00:22:26et elles le privent
00:22:27de réparation
00:22:29et donc
00:22:29de reconstruction.
00:22:31Elles fragilisent
00:22:32ainsi
00:22:33l'avenir
00:22:34et repoussent
00:22:35au lointain
00:22:35la construction
00:22:36d'un Iran
00:22:37pacifié
00:22:38et démocratique.
00:22:39Elles ouvrent
00:22:40de fait
00:22:41une période
00:22:41d'instabilité
00:22:42dont nous ne pouvons
00:22:44aujourd'hui
00:22:44mesurer l'ampleur.
00:22:46En trois semaines,
00:22:47le conflit
00:22:48a changé de nature,
00:22:49il s'est étendu,
00:22:50le Liban est touché,
00:22:51l'Irak est déstabilisé,
00:22:52les tensions gagnent
00:22:53l'ensemble du Golfe.
00:22:55La logique
00:22:56est celle
00:22:57d'une escalade
00:22:57mais d'une escalade
00:22:58sans fin.
00:22:59Et comme toujours,
00:23:00ce sont les peuples
00:23:01qui paient le prix.
00:23:02Des milieux de morts,
00:23:03des centaines d'enfants tués,
00:23:05des millions de déplacés,
00:23:07des villes détruites,
00:23:08des infrastructures
00:23:09essentielles
00:23:10anéanties.
00:23:11A cela s'ajoutent
00:23:12des risques écologiques
00:23:13majeurs,
00:23:14notamment après
00:23:15les frappes
00:23:16sur des installations
00:23:16sensibles.
00:23:17Nous sommes donc
00:23:18bien face
00:23:19à un danger global,
00:23:20un danger qui dépasse
00:23:22cette région du monde.
00:23:23Et la fermeture
00:23:24du détroit d'Ormuz
00:23:25en est une illustration
00:23:26immédiate.
00:23:27Les prix de l'énergie
00:23:28augmentent,
00:23:29les conséquences
00:23:30se font sentir
00:23:30jusque dans notre pays.
00:23:32Et une question demeure,
00:23:34qui paie,
00:23:35qui en profite ?
00:23:37Nous refusons
00:23:39que la guerre
00:23:39devienne une opportunité
00:23:41de spéculation.
00:23:43Spéculation
00:23:43sur l'essence,
00:23:44le gaz,
00:23:45les engrais,
00:23:46de la pêche
00:23:47à l'agriculture
00:23:48en passant par la plasturgie,
00:23:49ce sont des pans
00:23:50entiers de notre économie
00:23:52qui sont menacés.
00:23:53Une menace
00:23:54dont personne ne peut
00:23:55prédire la durée,
00:23:56une menace
00:23:56qui pèse sur le long terme,
00:23:58car rien ne peut garantir
00:23:59que les spéculateurs
00:24:00d'aujourd'hui
00:24:01seront les bienfaiteurs
00:24:03de demain,
00:24:03faisant revenir
00:24:04les prix
00:24:05à ceux
00:24:05de fin février 2026.
00:24:07Voilà pour ce débat
00:24:08sur la guerre
00:24:09au Moyen-Orient.
00:24:09On en parle tout de suite
00:24:10avec le sénateur LR,
00:24:11Christian Cambon.
00:24:12Bonjour,
00:24:12monsieur le sénateur.
00:24:13Bonjour.
00:24:13Vous êtes également
00:24:14l'envoyé spécial
00:24:15du président Larcher
00:24:16pour les relations internationales.
00:24:17Tout à fait.
00:24:18Hier,
00:24:18le Premier ministre
00:24:19a rappelé en séance,
00:24:20séance à laquelle
00:24:21vous avez participé,
00:24:22la phrase du président
00:24:23Emmanuel Macron
00:24:23« Pour être craint,
00:24:24il faut être puissant ».
00:24:25Il a fait des annonces,
00:24:27en ce sens,
00:24:278,5 milliards d'euros
00:24:29d'achats de munitions
00:24:30supplémentaires,
00:24:30en plus des 16 milliards
00:24:32déjà prévus
00:24:32par la loi
00:24:33de programmation militaire.
00:24:34Il a aussi annoncé
00:24:34le lancement
00:24:35d'une plateforme,
00:24:35France Munition.
00:24:37Est-ce que ces annonces
00:24:38sont de nature
00:24:38à compenser
00:24:39les consommations
00:24:40de munitions
00:24:41dans le cadre
00:24:41des actions de défense
00:24:42de la France
00:24:43au Moyen-Orient,
00:24:44auxquelles on prend part,
00:24:45auxquelles notre armée
00:24:46prend part ?
00:24:47Déjà,
00:24:47sur le principe,
00:24:48c'était bien
00:24:48que le Premier ministre
00:24:49lui-même
00:24:50et les ministres
00:24:50des Affaires étrangères
00:24:51et des Forces armées
00:24:52viennent ici
00:24:54devant le Sénat
00:24:54parce qu'on est quand même
00:24:55confronté à un conflit
00:24:56de grande ampleur
00:24:57dans lequel la France
00:25:00est indirectement concernée.
00:25:03Bien évidemment,
00:25:04les annonces
00:25:05étaient attendues
00:25:06et elles vont bien sûr
00:25:08dans le bon sens.
00:25:09Moi-même,
00:25:10j'ai été rapporteur
00:25:11de la loi
00:25:11de programmation militaire
00:25:12qui avait porté
00:25:13l'effort
00:25:13de nos forces armées
00:25:14à 413 milliards
00:25:16en cinq ans,
00:25:17mais on s'aperçoit
00:25:18que malheureusement,
00:25:19les tensions internationales
00:25:21et notamment
00:25:22à la fois l'Ukraine
00:25:23mais les risques
00:25:24d'extension
00:25:25au Moyen-Orient
00:25:27interpellent la France,
00:25:29membre du Conseil
00:25:29de sécurité
00:25:30qui est quand même
00:25:31une des armées
00:25:32les plus puissantes
00:25:33d'Europe.
00:25:33Donc,
00:25:35le Premier ministre
00:25:36qui a été
00:25:37ancien ministre
00:25:38des Armées
00:25:38avait fait le constat
00:25:39depuis longtemps
00:25:40qu'il fallait rattraper
00:25:41le retard
00:25:42que nous avions subi
00:25:44pendant 20,
00:25:4525 ans
00:25:48pendant lesquels
00:25:49on avait plutôt
00:25:49sacrifié les forces armées.
00:25:50Donc,
00:25:51ça va dans le bon sens.
00:25:52Maintenant,
00:25:52il y a une question
00:25:53de calendrier
00:25:53parce que tout ça
00:25:54va très vite.
00:25:55on envoie
00:25:57notamment des munitions
00:25:58en Ukraine.
00:25:59Nous sommes
00:26:01un petit peu
00:26:02légers
00:26:02en profondeur,
00:26:03en épaisseur
00:26:04et donc,
00:26:05il faut aller très vite
00:26:06et que les industriels
00:26:08se sentent motivés
00:26:09par le gouvernement.
00:26:10Est-ce que vous pensez
00:26:10que ces annonces
00:26:11vont justement
00:26:11motiver les industriels ?
00:26:13C'est en tout cas
00:26:13l'objectif du gouvernement ?
00:26:14Je pense que c'est
00:26:15l'objectif du gouvernement
00:26:15et je pense qu'il y a
00:26:16un véritable devoir moral
00:26:17à contribuer
00:26:19à sécuriser notre pays.
00:26:21Encore une fois,
00:26:22on ne sait pas
00:26:23et ça a été dit
00:26:23hier soir
00:26:24par plusieurs orateurs,
00:26:25on ne sait pas
00:26:25comment tout ça
00:26:25peut déboucher.
00:26:26La France peut se trouver
00:26:27impliquée d'une manière
00:26:28ou d'une autre
00:26:28et donc,
00:26:29il faut absolument
00:26:30que nous renforcions
00:26:31notre armement,
00:26:32nos munitions
00:26:33et nos moyens
00:26:34de défense
00:26:35pour faire face
00:26:35à toute éventualité.
00:26:36Alors justement,
00:26:37le Premier ministre,
00:26:38hier devant vous
00:26:39ici au Sénat,
00:26:40a rappelé
00:26:40que la France
00:26:41n'était pas partie
00:26:42prenante à ce conflit
00:26:44mais que la France
00:26:45pourrait participer
00:26:46à une mission internationale
00:26:47pour défendre
00:26:48la liberté de naviguer
00:26:49dans le détroit d'Hormuz
00:26:50qui est aujourd'hui
00:26:50sous la coupe de l'Iran.
00:26:52Est-ce que justement,
00:26:53ce n'est pas prendre le risque
00:26:54de devenir partie prenante
00:26:55en participant
00:26:56à ce genre d'action défensive ?
00:26:57Alors,
00:26:58écoutez,
00:26:58de ce que nous comprenons
00:26:59de la position du gouvernement
00:27:00que globalement,
00:27:01moi j'approuve
00:27:02et nous sommes un certain nombre
00:27:03à approuver,
00:27:04à savoir que cette guerre
00:27:05n'implique pas en direct
00:27:07la France.
00:27:08Ce n'est pas nous
00:27:08qui l'avons déclenché.
00:27:09Nous n'avons pas été concernés
00:27:10ni par la planification,
00:27:11ni par les objectifs,
00:27:12ni par les solutions
00:27:14à la fin du conflit.
00:27:16Donc,
00:27:17il est tout à fait normal
00:27:18que le gouvernement
00:27:19et le président de la République
00:27:20aient rappelé
00:27:20que nous ne sommes
00:27:22que dans des positions
00:27:23défensives.
00:27:24À partir de là,
00:27:25la France,
00:27:26membre du Conseil de sécurité,
00:27:27qui est dotée
00:27:28d'une marine importante,
00:27:29a fait mouvement
00:27:30d'un certain nombre
00:27:31de ses bâtiments
00:27:32parce que nous sommes
00:27:32quand même concernés
00:27:33par les effets
00:27:34de la crise au Moyen-Orient
00:27:36et notamment
00:27:37par le blocage
00:27:37du détroit d'Hormuz.
00:27:39Donc,
00:27:40je pense que la proposition
00:27:42est raisonnable
00:27:42qui consiste à dire
00:27:43nous ne nous engageons pas
00:27:44dans le conflit.
00:27:45Maintenant,
00:27:46si le conflit s'apaise,
00:27:47il y a un cessez-le-feu,
00:27:48il est tout à fait acceptable
00:27:50que la France,
00:27:51avec ses moyens
00:27:52de marine nationale,
00:27:54puisse escorter
00:27:55des navires
00:27:56qui risqueront
00:27:57encore longtemps
00:27:58d'être en danger.
00:27:59On pense qu'il y a des mines,
00:28:01on pense qu'il peut y avoir
00:28:01ces fameuses vedettes rapides
00:28:03qui peuvent encore
00:28:05faire beaucoup de dégâts.
00:28:06Donc,
00:28:07la France devra,
00:28:08avec d'autres,
00:28:09que nous ne soyons pas
00:28:10toujours les seuls,
00:28:11apporter ces efforts.
00:28:12Mais je pense
00:28:13qu'il est assez normal
00:28:13que la France puisse participer.
00:28:15Assez rapidement,
00:28:15on parlait du blocage
00:28:16du détroit d'Hormuz,
00:28:17qui a une conséquence
00:28:18très directe
00:28:18pour les Français,
00:28:19l'augmentation des prix
00:28:20à la pompe,
00:28:20plus 20%
00:28:21de ses prix
00:28:22en un mois.
00:28:23Hier,
00:28:24le Premier ministre
00:28:24a balayé
00:28:25les demandes
00:28:26de l'opposition,
00:28:27à la fois une baisse
00:28:28de la TVA
00:28:28sur les produits énergétiques,
00:28:29une taxe flottante
00:28:30ou encore le blocage
00:28:31des prix,
00:28:31voilà ce qui peut être
00:28:32proposé au gouvernement.
00:28:34Est-ce que vous pensez
00:28:35que le gouvernement
00:28:36a raison
00:28:37de préférer
00:28:37les mesures ciblées
00:28:38sur les chauffeurs,
00:28:39sur les transporteurs,
00:28:40sur les pêcheurs,
00:28:41qui elles sont dénoncées
00:28:42comme insuffisantes
00:28:43par les professions visées ?
00:28:44Écoutez,
00:28:45je pense effectivement
00:28:46que c'est assez raisonnable
00:28:47dans la mesure
00:28:47où nous n'avons plus d'argent.
00:28:48Nous avons déjà
00:28:49une dette de 3 400 milliards,
00:28:51peut-être même plus,
00:28:52et nous avons déjà
00:28:54essayé par le passé
00:28:55au moment du Covid
00:28:55de faire des chèques
00:28:57qui visaient
00:28:57à amortir
00:28:58le coût de l'énergie.
00:28:59Je pense qu'effectivement
00:29:00nous sommes dans une crise
00:29:01des coûts
00:29:01et non pas une crise
00:29:02des approvisionnements
00:29:03car l'approvisionnement
00:29:04demeure,
00:29:05mais il y a un effort
00:29:06et cet effort
00:29:07il doit être ciblé.
00:29:08Vous pensez bien
00:29:08que si on prend une mesure
00:29:09sur la TVA,
00:29:10ça concerne tout le monde
00:29:11y compris des gens
00:29:12qui, comme moi par exemple,
00:29:14je peux tout à fait supporter
00:29:15sur mes fonds personnels
00:29:16un petit effort
00:29:17parce que nous sommes en crise.
00:29:18Ce qu'il faut en revanche,
00:29:19c'est que le gouvernement
00:29:20insiste bien
00:29:21en multipliant les contrôles
00:29:23et en faisant en sorte
00:29:24que lorsque ça baissera,
00:29:25que l'impact
00:29:26soit immédiatement
00:29:28compréhensible
00:29:28et saisi
00:29:29par les usagers.
00:29:30Merci beaucoup
00:29:30Christian Cambon
00:29:31d'avoir été avec nous
00:29:32pour débriefer ce débat
00:29:33sur la guerre au Moyen-Orient
00:29:34qui a eu lieu
00:29:35hier soir au Sénat.
00:29:39Allez, on continue
00:29:40avec les travaux
00:29:41de la commission d'enquête
00:29:42sur les marges
00:29:43des industriels
00:29:43et de la grande distribution.
00:29:45Les sénateurs
00:29:46ont reçu
00:29:46les dirigeants
00:29:47du groupe Lactalis,
00:29:49multinationales spécialisées
00:29:50dans les produits laitiers,
00:29:51le secteur du lait
00:29:52où les prix sont
00:29:54très volatiles.
00:29:55On regarde
00:29:55un extrait
00:29:56de cette audition.
00:29:57Madame la Présidente,
00:29:58Madame la Rapporteure,
00:29:59Mesdames et Messieurs,
00:30:00les sénatrices
00:30:01et les sénateurs,
00:30:03tout d'abord,
00:30:04je vous remercie
00:30:05Madame la Présidente
00:30:06et les membres
00:30:06de cette commission d'enquête
00:30:07pour cette invitation
00:30:08et l'opportunité
00:30:09qui nous est donnée
00:30:10de présenter
00:30:11les enjeux
00:30:12liés à la chaîne
00:30:14de valeur
00:30:14de la filière laitière.
00:30:15Moi, je suis
00:30:16Jean-Marc Bernier,
00:30:16effectivement,
00:30:17directeur général
00:30:17du groupe Lactalis
00:30:18depuis un peu plus
00:30:19de 30 ans
00:30:19dans le groupe Lactalis.
00:30:20Et avec mes collègues
00:30:21ici présents,
00:30:22on fera en sorte
00:30:23de répondre
00:30:23à l'ensemble
00:30:24de vos questions.
00:30:25Alors, on se présente
00:30:26effectivement devant vous
00:30:27aujourd'hui
00:30:28avec la volonté
00:30:29de contribuer
00:30:30à éclairer
00:30:30les réflexions
00:30:30du Sénat
00:30:31sur la fabrication
00:30:32des prix,
00:30:33sur la rentabilité,
00:30:34les marges
00:30:35de notre industrie,
00:30:35de notre entreprise.
00:30:36Et donc,
00:30:37je vous propose
00:30:38un petit propos liminaire
00:30:40pour parler déjà
00:30:41de cette entreprise.
00:30:43Donc, je sais
00:30:44que la spécificité
00:30:45du modèle
00:30:46de la filière laitière
00:30:47qui est fondée
00:30:48sur de gros volumes
00:30:49et de faibles marges,
00:30:52contenue aussi
00:30:53avec un prix du lait
00:30:54qui représente
00:30:54environ 70%
00:30:56de nos coûts
00:30:58de production,
00:30:58vous a déjà été
00:30:59largement présenté
00:31:00par nos organisations.
00:31:01Mais un mot rapide
00:31:02sur le groupe Lactalis.
00:31:04Donc, Lactalis,
00:31:05c'est une société
00:31:06100% familiale
00:31:07qui a été créée
00:31:08en 1933
00:31:09par André Béni
00:31:10à Laval
00:31:10où elle a toujours
00:31:11son siège social.
00:31:13Sa mission,
00:31:14on a l'habitude de dire
00:31:15à partir d'une matière unique
00:31:16qui est le lait,
00:31:18une mission qui est double
00:31:18pour nous.
00:31:19Premièrement,
00:31:20c'est de proposer
00:31:21des produits sains,
00:31:23savoureux
00:31:23et accessibles
00:31:24à nos consommateurs.
00:31:25Et on a la particularité
00:31:27d'être présents
00:31:27sur l'ensemble
00:31:28des catégories
00:31:29de la filière laitière.
00:31:31Donc, à commencer
00:31:32par les fromages
00:31:33qui pèsent environ
00:31:3440% du chiffre d'affaires
00:31:36devant le lait de consommation
00:31:38qui fait environ 20%.
00:31:39Ensuite,
00:31:40on a les yaourts
00:31:41à 15%,
00:31:42le beurre,
00:31:43la crème,
00:31:448%
00:31:44et les ingrédients.
00:31:45Les ingrédients
00:31:46pour aussi 8%.
00:31:47Les ingrédients,
00:31:48c'est aussi essentiel
00:31:49pour bien comprendre
00:31:51cette activité.
00:31:53Donc, ça,
00:31:53c'est la première mission.
00:31:55La deuxième,
00:31:55c'est de trouver
00:31:56des débouchés du lait
00:31:57qui est issu
00:31:58de la production
00:31:59aux quatre coins
00:31:59de l'Hexagone.
00:32:00Donc,
00:32:01la France
00:32:02qui reste cette année
00:32:04un pays
00:32:04en surproduction laitière
00:32:06sur le territoire national,
00:32:07nous,
00:32:08on collecte
00:32:08près de 5 milliards
00:32:09de litres de lait
00:32:10en France.
00:32:11La production laitière,
00:32:12c'est environ 23 milliards
00:32:13de litres de lait
00:32:14pour faire simple.
00:32:16Et on est donc
00:32:17le premier collecteur
00:32:19de lait en France.
00:32:20On collecte chaque jour,
00:32:227 jours sur 7,
00:32:23le lait de 10 000 producteurs
00:32:25sur l'ensemble du territoire.
00:32:27Donc, aujourd'hui,
00:32:29le groupe,
00:32:29c'est le premier groupe
00:32:30agroalimentaire français,
00:32:31c'est le premier groupe
00:32:32laitier mondial.
00:32:32En quelques chiffres,
00:32:34on emploie 15 000 collaborateurs
00:32:36en France
00:32:36et un peu plus
00:32:38de 85 000 dans le monde.
00:32:40Et on a
00:32:41une transformation laitière
00:32:43en France
00:32:44avec 70 laiteries
00:32:45et fromageries,
00:32:46donc une implantation forte.
00:32:49Et cette industrie laitière
00:32:51nécessite beaucoup
00:32:51d'investissement.
00:32:53On investit
00:32:54tous les ans
00:32:54environ 200 millions
00:32:55d'euros
00:32:56en France
00:32:57pour pérenniser
00:32:58nos outils industriels,
00:32:59pour assurer
00:33:00la transition écologique.
00:33:01Et d'ailleurs,
00:33:02en septembre dernier,
00:33:03en 2025,
00:33:04on a d'ailleurs aussi
00:33:05annoncé un engagement
00:33:06d'un milliard d'euros
00:33:07d'investissement
00:33:08pour les cinq prochaines années.
00:33:09Donc, vous voyez,
00:33:09on maintient ce niveau
00:33:10d'investissement
00:33:10des 200 millions d'euros
00:33:11par an
00:33:12et bien évidemment
00:33:13dans l'ensemble
00:33:14de nos sites
00:33:15sur tout le territoire.
00:33:17Donc, Lactalis,
00:33:17c'est aussi
00:33:18le premier exportateur
00:33:19français laitier.
00:33:20En France,
00:33:21on a plus de 40 %
00:33:22du lait
00:33:23qui est produit
00:33:24par les producteurs
00:33:25qui est transformé
00:33:26sur le territoire
00:33:26pour être exporté
00:33:28sous une forme ou une autre.
00:33:29Produits finis,
00:33:30fromage,
00:33:31lait de consommation,
00:33:32yaourt,
00:33:32beurre,
00:33:33crème,
00:33:34ingrédients.
00:33:35Et donc,
00:33:35on exporte en Europe
00:33:36ou même sur le grand export
00:33:38selon les produits.
00:33:39On a aussi à cœur
00:33:40de maintenir,
00:33:41c'est important de signaler,
00:33:42les savoir-faire
00:33:42et les traditions.
00:33:43nous sommes présents
00:33:44sur 38 AOP et IGP
00:33:46en Europe,
00:33:4725 en France
00:33:49et on les développe,
00:33:50bien sûr,
00:33:51ces IGP et ces AOP
00:33:52dans l'ensemble
00:33:52de nos circuits commerciaux.
00:33:55Sur l'exercice 2024,
00:33:57on a un chiffre d'affaires
00:33:58global groupe
00:33:58qui s'est élevé
00:33:59à 30,1 milliards d'euros
00:34:02et dont 5,7 milliards d'euros
00:34:04en France.
00:34:06L'industrie laitière,
00:34:07je vous le disais
00:34:07en préambule,
00:34:08c'est une industrie
00:34:08à gros volume
00:34:09avec des résultats faibles.
00:34:11Lactalis n'échappe pas
00:34:12à ce modèle économique
00:34:13puisqu'on a réalisé
00:34:14en 2024
00:34:151,2% de résultats nets.
00:34:19Les entreprises
00:34:19d'ailleurs du secteur,
00:34:20je pense que ça vous a
00:34:21déjà été dit,
00:34:22c'est souvent entre
00:34:231 à 2% de résultats
00:34:24dans cette industrie laitière.
00:34:27Donc on a l'habitude
00:34:27de dire chez nous
00:34:28que dans cette filière,
00:34:29il n'y a pas de laitrie
00:34:29sans lait,
00:34:30mais il n'y a pas non plus
00:34:31de lait sans laitrie.
00:34:33C'est un sujet important
00:34:34parce qu'on estime
00:34:35qu'on est aussi
00:34:35un maillon essentiel
00:34:36de la chaîne de valeur
00:34:37entre la matière première
00:34:39périssable
00:34:39qui est produite
00:34:40tous les jours
00:34:41avec des amplitudes
00:34:43saisonnières
00:34:43qui sont fortes
00:34:45et une consommation
00:34:46qui n'a pas
00:34:47la même temporalité
00:34:48et dont les évolutions
00:34:50de consommation
00:34:50nous obligent d'ailleurs
00:34:51à continuer
00:34:52d'innover chaque année.
00:34:54Nos entreprises
00:34:55du groupe
00:34:55ont permis
00:34:56bien sûr
00:34:57aux éleveurs laitiers
00:34:57de trouver
00:34:58de nombreux débouchés
00:34:58sur les marchés
00:34:59internationaux
00:35:00en France
00:35:01et d'y prendre
00:35:02des positions fortes
00:35:03même bien évidemment
00:35:04si nous sommes
00:35:05contraints aussi
00:35:06par les aléas
00:35:07des cours mondiaux
00:35:07sur certaines catégories.
00:35:10Donc important
00:35:11de bien comprendre
00:35:12après avoir parlé
00:35:13du groupe
00:35:13la formation
00:35:14des prix du lait.
00:35:17Je vous le disais
00:35:18avant
00:35:18on a un prix
00:35:19qui repose
00:35:19en grande partie
00:35:20sur le coût
00:35:20de la matière première.
00:35:22Les prix du lait
00:35:22en France
00:35:23ça se détermine
00:35:24en fonction
00:35:25du mix produit
00:35:25avec la matière
00:35:26première agricole
00:35:28et à laquelle
00:35:29on ajoute
00:35:29bien sûr
00:35:30nos coûts de production
00:35:30donc les MPA
00:35:31et les MPI.
00:35:34Revenons deux secondes
00:35:35si vous le permettez
00:35:35sur le mix produit
00:35:36de lactalis
00:35:37en France
00:35:37puisque chaque transformateur
00:35:39a son propre mix
00:35:41et donc sa formule
00:35:42de prix du lait.
00:35:43Nous notre mix
00:35:44il a une singularité
00:35:45par rapport
00:35:46à nos concurrents
00:35:47c'est que
00:35:49nous prenons
00:35:50les surplus
00:35:52de lait
00:35:52de nos producteurs
00:35:54les excédents
00:35:54et ça c'est une vraie différence.
00:35:56Certains concurrents
00:35:57ne prennent du lait
00:35:58que pour faire des PGC
00:36:00certains comme nous
00:36:01on prend du lait
00:36:02pour faire du PGC
00:36:02mais aussi de l'exportation
00:36:04et aussi
00:36:04on gère les excédents laitiers
00:36:05sous forme de poudre de lait.
00:36:08Donc pour l'actalis
00:36:09en France
00:36:09la première formule
00:36:11de prix
00:36:11qui intègre
00:36:12les coûts de production
00:36:13remonte à 2019
00:36:14au démarrage des galines
00:36:16et la formule
00:36:17qu'on utilise actuellement
00:36:18elle a fait l'objet
00:36:18d'un accord
00:36:19en avril 2024
00:36:21avec notre principale
00:36:22organisation de producteurs.
00:36:24Donc cette nouvelle formule
00:36:26visait à augmenter
00:36:27le prix du lait
00:36:28tout en réduisant
00:36:29l'exposition au marché
00:36:31des produits industriels
00:36:32les fameux ingrédients
00:36:33qui sont soumis
00:36:34à des fluctuations
00:36:35de marchés mondiaux
00:36:36et qui sont souvent
00:36:38à la baisse
00:36:39et donc qui
00:36:40baissent le prix moyen
00:36:41du lait
00:36:42au producteur.
00:36:43Donc depuis 2024
00:36:45on a donc
00:36:45une formule
00:36:46du prix du lait
00:36:47et on le définit
00:36:48donc encore une fois
00:36:48avec eux
00:36:4950% du lait
00:36:51et ça correspond
00:36:51à notre mix produit
00:36:5250% du lait
00:36:53est vendu en France
00:36:54sous forme de produits PGC
00:36:5620% du lait
00:36:58est considéré
00:37:01dans les produits
00:37:01de grande consommation
00:37:02PGC aussi
00:37:03mais vers l'export
00:37:03et 30%
00:37:05d'ingrédients industriels
00:37:06donc marché
00:37:07des communautés
00:37:08telles que je vous l'évoquais.
00:37:10Donc
00:37:12ces ingrédients
00:37:13industriels
00:37:13ils sont
00:37:14encore une fois
00:37:15fabriqués
00:37:15à partir de ces excédents
00:37:16laitiers
00:37:16la France produit
00:37:18plus de lait
00:37:18qu'elle n'en consomme
00:37:20donc
00:37:20c'est soumis
00:37:22à des marchés
00:37:22qui sont très volatifs
00:37:23et qui peuvent
00:37:24impacter négativement
00:37:25le prix du lait
00:37:25donc
00:37:26j'insiste là-dessus
00:37:27parce qu'on nous compare
00:37:29souvent aux concurrents
00:37:30alors que les prix du lait
00:37:31ne sont pas comparables
00:37:34pour autant
00:37:36quand on regarde
00:37:37notre partie
00:37:38qui est plus comparable
00:37:39qui est le prix du lait
00:37:41vendu en PGC France
00:37:42et quand on le compare
00:37:43sur cette partie
00:37:45à nos concurrents
00:37:46nous sommes
00:37:47systématiquement
00:37:47dans la moyenne
00:37:48haute du marché
00:37:50en 2025
00:37:50pour la quatrième année
00:37:51consécutive
00:37:52le prix du lait
00:37:53payé aux producteurs
00:37:54en France
00:37:54donc a poursuivi
00:37:55sa progression
00:37:56on a atteint d'ailleurs
00:37:57un prix record
00:37:57en 2025
00:37:59avec un prix moyen
00:38:00total
00:38:00donc qui tient compte
00:38:01de toute la formule
00:38:03qui
00:38:03tout type de lait de vache
00:38:05incluant aussi
00:38:06les volumes destinés
00:38:07à l'export
00:38:07donc ingrédients industriels
00:38:08donc on a
00:38:09on a payé 509 euros
00:38:10les mille litres
00:38:11en 2025
00:38:12contre 479 euros
00:38:14les mille litres
00:38:15en 2024
00:38:16pour une collecte
00:38:17totale de lait de vache
00:38:18qui est de 4,85 milliards
00:38:21de litres de lait
00:38:21donc on est bien évidemment
00:38:23et on reste le premier acheteur
00:38:25de la ferme laitière française
00:38:27donc c'est des prix du lait
00:38:28qui ont atteint des niveaux
00:38:29historiques
00:38:29sur l'année 2025
00:38:30on est à peu près
00:38:31à plus 45%
00:38:32entre 2025 et 2020
00:38:34et plus 7%
00:38:35entre 2025 et 2024
00:38:38la filière
00:38:38elle a toutefois été affectée
00:38:39l'année dernière
00:38:40par de multiples crises
00:38:41notamment la dermatose
00:38:42nodulaire
00:38:43vous avez sûrement entendu parler
00:38:44qui est survenue
00:38:45au second semestre
00:38:46qui ont assombré un peu
00:38:47le bilan de l'année 2025
00:38:48pour les producteurs
00:38:49et l'ensemble de la filière
00:38:51donc une fois qu'on a fixé
00:38:52le prix
00:38:52avec nos producteurs
00:38:54et bien
00:38:55avec ce premier maillon
00:38:56de la chaîne
00:38:57on joue bien sûr
00:38:58notre rôle de transformateur
00:38:59avec notre savoir-faire
00:39:00notre expertise
00:39:01et on propose
00:39:02notre prix
00:39:03à la distribution
00:39:04donc on estime
00:39:05que pour cette chaîne
00:39:06de valeur soit verteuse
00:39:07il faut que tout le monde
00:39:08joue le jeu
00:39:09et en effet
00:39:10par rapport à ce qui est
00:39:11un sujet de préoccupation
00:39:12de votre commission
00:39:15j'aimerais qu'on prenne le temps
00:39:16de vous expliquer
00:39:17les raisons
00:39:17qui nous ont effectivement
00:39:19incité à alerter
00:39:20les pouvoirs publics
00:39:21sur le phénomène
00:39:22des centrales d'achat européennes
00:39:25les centrales d'achat
00:39:26et de services
00:39:27nous imposent
00:39:28maintenant
00:39:28de négocier
00:39:29hors de France
00:39:30le lait produit
00:39:31transformé
00:39:32et commercialisé
00:39:33sur le territoire français
00:39:35dans certains cas
00:39:36elles ont adapté
00:39:37des comportements
00:39:37qui sont manifestement
00:39:38contraires à leurs propres
00:39:39engagements
00:39:40et à la loi française
00:39:41en exigeant d'ailleurs
00:39:42des baisses de tarifs
00:39:43qui sont souvent déconnectées
00:39:44des réalités économiques
00:39:46de cette filière
00:39:46laitière française
00:39:47donc on a effectivement
00:39:50refusé
00:39:50comme ça a été indiqué
00:39:52par voie de presse
00:39:53de telles demandes
00:39:54de déflation
00:39:56et certaines centrales
00:39:57ont décidé
00:39:59unilatéralement
00:39:59de déréférencer
00:40:00certains de nos produits
00:40:01laitiers
00:40:01dans les supermarchés
00:40:02ce qui bien évidemment
00:40:03a fait peser un risque
00:40:04immédiat sur l'équilibre
00:40:06économique de la filière
00:40:07des agriculteurs
00:40:08jusqu'à notre outil
00:40:09industriel
00:40:11on a également subi
00:40:13des déréférencements
00:40:14d'un grand nombre
00:40:15de nos produits
00:40:15qu'ils soient exportés
00:40:17depuis la France
00:40:18ou fabriqués localement
00:40:19mais aussi en Allemagne
00:40:20en Espagne
00:40:20en Portugal
00:40:21en Suisse
00:40:22en Pologne
00:40:23alors c'est vrai
00:40:24que j'ai bien écouté
00:40:25le PDG d'Everest
00:40:26qui a joué un peu
00:40:28sur la sémantique
00:40:30mais je peux vous assurer
00:40:31que la réalité du terrain
00:40:33c'était bien
00:40:33pour nous
00:40:34de se retrouver
00:40:35avec des situations
00:40:36extrêmement tendues
00:40:37l'arrêt des commandes
00:40:38du jour au lendemain
00:40:39avec des produits
00:40:39qui sont fabriqués
00:40:40depuis des semaines
00:40:42et que nous nous sommes
00:40:43retrouvés
00:40:44à devoir écouler
00:40:46je tiens d'ailleurs
00:40:47à souligner
00:40:48qu'en responsabilité
00:40:49pendant toute cette période
00:40:50on a continué
00:40:50à collecter
00:40:52l'ensemble du lait
00:40:53de nos producteurs
00:40:54et qui ont d'ailleurs
00:40:55eux-mêmes appelé
00:40:56la centrale
00:40:57au bon sens
00:40:57et à la responsabilité
00:40:59donc nos usines
00:41:00ont été soumises
00:41:01à des surplus de stock
00:41:03pour lesquels
00:41:03on a eu une grande difficulté
00:41:04à trouver des alternatives
00:41:05pour le lait collecté
00:41:06c'est bien pour éviter
00:41:08ce type de pression
00:41:09que le droit français
00:41:11à travers le code du commerce
00:41:13interdit ce type de pratique
00:41:14donc ces déréférencements
00:41:15sont illégaux en France
00:41:16et donc un seul objectif
00:41:17c'était d'obliger
00:41:19à accepter
00:41:19les conditions
00:41:20des tarifaires
00:41:20qui mettent
00:41:21on estime
00:41:22en danger
00:41:22toute la filière
00:41:24et cette conséquence
00:41:25elle est directe
00:41:25pour les producteurs
00:41:26parce que si le prix du lait
00:41:28est déterminé
00:41:28en amont
00:41:29selon des indicateurs français
00:41:31mais que la négociation
00:41:32commerciale
00:41:33intervient
00:41:33dans un cadre juridique
00:41:35différent
00:41:35la chaîne de valeur
00:41:37se rend
00:41:37et c'est bien
00:41:38toute la filière
00:41:39qui s'en trouve
00:41:39fragilisée
00:41:42donc EGALIM
00:41:43pour nous
00:41:43a bien sanctuarisé
00:41:44la matière première agricole
00:41:45et on ne peut
00:41:46que s'en réjouir
00:41:49force est de constater
00:41:50quand même
00:41:50que ces règles
00:41:51n'ont sans doute
00:41:51pas suffisamment
00:41:52protégé
00:41:53le maillon
00:41:54intermédiaire
00:41:54que nous sommes
00:41:55qui lui subit
00:41:57depuis plusieurs années
00:41:57des négociations
00:41:59difficiles
00:41:59avec des demandes
00:42:00de déflation
00:42:01importantes
00:42:04j'attire aussi
00:42:06votre attention
00:42:07sur un autre élément
00:42:08qui est la nécessité
00:42:10de pouvoir
00:42:11tous bénéficier
00:42:12du même cadre légal
00:42:13on s'interroge
00:42:15sur le fait
00:42:15que
00:42:16les coopératives
00:42:17les tiers
00:42:18en France
00:42:19qui font
00:42:20le même métier
00:42:21que nous
00:42:21ne sont
00:42:22elles
00:42:22pas concernées
00:42:23et tant mieux
00:42:24pour elles
00:42:25par les centrales
00:42:26d'achat européennes
00:42:27ni toujours
00:42:28par les règles EGALIM
00:42:29donc pourquoi
00:42:30les distributeurs
00:42:31ont-ils choisi
00:42:32d'épargner
00:42:32les coopératives
00:42:33de la négociation
00:42:34commerciale
00:42:34et non pas
00:42:35les entreprises
00:42:36privées
00:42:36laitières
00:42:36c'est une question
00:42:38donc nous
00:42:39on est aussi là
00:42:40pour formuler
00:42:41devant vous
00:42:42son élément
00:42:42une demande
00:42:43très simple
00:42:44et très claire
00:42:46qui est de rapatrier
00:42:47en France
00:42:48la négociation
00:42:48des achats
00:42:49et des services
00:42:50pour les produits
00:42:50à fortes composantes
00:42:51agricoles
00:42:52comme la filière
00:42:52laitière
00:42:52c'est assez simple
00:42:53pour nous
00:42:54ce qui est
00:42:55collecté en France
00:42:56produit en France
00:42:57doit être négocié
00:42:59en France
00:43:00et on pense franchement
00:43:02que dans un secteur
00:43:03où les marges
00:43:04sont structurellement faibles
00:43:05il faut prendre garde
00:43:07à ne pas affaiblir
00:43:08durablement
00:43:09le maillon industriel
00:43:11l'érosion des marges
00:43:13réduit notre capacité
00:43:14d'investissement
00:43:15limite l'innovation
00:43:16contraint les moyens
00:43:17consacrés
00:43:18à nos engagements
00:43:18environnementaux
00:43:19et sociaux
00:43:19qui sont de plus en plus
00:43:20demandés
00:43:20y compris par les consommateurs
00:43:22par les distributeurs
00:43:23donc ça ne peut que ralentir
00:43:25aussi la modernisation
00:43:26de nos sites industriels
00:43:27et les données récentes
00:43:28publiques
00:43:29confirment cette fragilisation
00:43:32je suis proche de la fin
00:43:33mais pour vous dire
00:43:34que le reste du monde
00:43:35n'attend pas
00:43:35le secteur laitier
00:43:37européen
00:43:37ou français
00:43:39en 30 ans
00:43:40la production mondiale
00:43:41de lait
00:43:41elle a augmenté
00:43:42de 77%
00:43:44elle est passée
00:43:44de 592 milliards de litres
00:43:46à 930 milliards de litres
00:43:50l'Inde est désormais
00:43:51le premier producteur
00:43:52mondial de lait
00:43:53avec 23%
00:43:54de la production mondiale
00:43:55et un objectif
00:43:56d'ailleurs annoncé
00:43:57à 600 milliards de litres
00:43:58suivi par les Etats-Unis
00:43:59le Pakistan
00:44:00la Chine
00:44:01et le Brésil
00:44:02ces 12 dernières années
00:44:03la production laitière
00:44:04européenne
00:44:04elle a progressé
00:44:05de 25%
00:44:07et atteint
00:44:08155 milliards de litres
00:44:10avec un solde commercial
00:44:11fragile
00:44:12du secteur
00:44:13qui est à 15 milliards
00:44:14d'euros
00:44:14et un niveau de consommation
00:44:16qui est
00:44:16on est vraiment
00:44:17en Europe
00:44:17sur un marché stable
00:44:20donc le solde commercial
00:44:21de la France
00:44:22d'ailleurs
00:44:22se trouve actuellement
00:44:24de la filière laitière
00:44:25se maintient
00:44:26difficilement autour
00:44:27de 3 milliards d'euros
00:44:28il est d'ailleurs
00:44:29en baisse
00:44:29cette année
00:44:30significativement
00:44:31d'une vingtaine de pourcents
00:44:32nous allons autour
00:44:33de 2,5 milliards d'euros
00:44:35donc on considère
00:44:37que seule notre compétitivité
00:44:38seul un cadre juridique
00:44:39équilibré
00:44:40peut nous aider
00:44:41à nous positionner
00:44:41de manière performante
00:44:43le marché des produits laitiers
00:44:44est un marché dynamique
00:44:45en croissance
00:44:46au niveau mondial
00:44:49et donc il faut
00:44:50que l'on puisse
00:44:50en profiter
00:44:51alors la France
00:44:52a du fait
00:44:53de son conclusion
00:44:55du fait de sa géographie
00:44:56de son climat
00:44:57de ses traditions laitières
00:44:59tous les atouts
00:45:00pour produire du lait
00:45:02de manière
00:45:03tout à fait compétitive
00:45:04et tout en garantissant
00:45:06un bon revenu
00:45:06aux agriculteurs
00:45:08donc ce manque
00:45:09de compétitivité
00:45:10si on n'y prend pas garde
00:45:11finira
00:45:12pour poser
00:45:12sur le modèle économique
00:45:14de la filière laitière
00:45:15française
00:45:19la sécurité
00:45:20est revenu
00:45:21sur le haut
00:45:22de la pile
00:45:22des dossiers
00:45:23du gouvernement
00:45:23avec le projet
00:45:24de loi
00:45:24du ministre
00:45:25de l'intérieur
00:45:25baptisé
00:45:26riposte
00:45:27il a été présenté
00:45:28hier en conseil
00:45:29des ministres
00:45:29et il prévoit
00:45:30la création
00:45:30de plusieurs sanctions
00:45:32contre les rodéos urbains
00:45:33contre la consommation
00:45:34de protoxyde d'azote
00:45:35contre les mortiers
00:45:36d'artifice
00:45:37ou encore
00:45:37contre les rave parties
00:45:39autant de sujets
00:45:40dont les sénateurs
00:45:40ont pu parler hier
00:45:41avec le préfet de police
00:45:42de Paris
00:45:43en poste depuis 5 mois
00:45:45on regarde l'audition
00:45:46de Patrice Faure
00:45:47et on en parle juste après
00:45:48avec le sénateur
00:45:49Guy Benaroche
00:45:50qui l'a interrogé hier
00:45:50quand on a fait
00:45:52la loi de programmation
00:45:53de la LOPMI
00:45:54du ministère de l'intérieur
00:45:56on a proposé
00:45:58plusieurs amendements
00:45:59ici
00:45:59je vous dis ça
00:46:00monsieur le préfet
00:46:00parce que
00:46:03les législateurs
00:46:04font leur boulot
00:46:04on a durci
00:46:06les sanctions
00:46:06sur les rodéos urbains
00:46:09sur les refus
00:46:10d'obtempérait
00:46:11etc
00:46:11etc
00:46:12on a proposé
00:46:13des saisies
00:46:14comme vient de le dire
00:46:15mon collègue Watteblay
00:46:16sauf qu'à un moment donné
00:46:18quand on va un peu plus loin
00:46:19le conseil constitutionnel
00:46:20nous dit
00:46:21ah oui mais attention
00:46:22etc
00:46:23avec des jurisprudences
00:46:25et des interprétations
00:46:26que je ne vous demande
00:46:26pas de commenter
00:46:27bien évidemment
00:46:27mais qui quelque part
00:46:29sont sujets à commentaire
00:46:30de la part des législateurs
00:46:32qui jusqu'à preuve du contraire
00:46:33font quand même la loi
00:46:34et donc
00:46:35et donc nous sommes
00:46:36face à ce problème là
00:46:38qui n'est pas que
00:46:38le problème du juge
00:46:39nous sommes face
00:46:41à l'interprétation
00:46:42entre un équilibre
00:46:44qui tend vers la sécurité
00:46:45d'un côté
00:46:45et de l'autre côté
00:46:47protecteur des libertés
00:46:48ou du droit de propriété
00:46:49comme dit ma président
00:46:49mais
00:46:52le problème
00:46:53vient de tout en haut
00:46:54et peut-être
00:46:55faut-il
00:46:56changer pas que la loi
00:46:57mais aussi la constitution
00:47:01je crois que ça n'appelle
00:47:02pas de réponse
00:47:02monsieur le préfet de police
00:47:07alors
00:47:10madame Florelle
00:47:11vous avez des questions
00:47:12à poser
00:47:12très bien
00:47:13oui et je crois
00:47:14monsieur Bourgi
00:47:15également
00:47:15on va peut-être
00:47:16les faire
00:47:16j'y vais
00:47:17alors j'avais
00:47:19une question
00:47:20qui concernait
00:47:21l'extension
00:47:21du mécanisme
00:47:22de l'amende
00:47:23fairfaitaire délectuelle
00:47:24sur la partie
00:47:26rodéo
00:47:26motorisée
00:47:28est-ce que vous pensez
00:47:29que
00:47:29en l'état actuel
00:47:31du droit
00:47:32les conditions
00:47:34de la caractérisation
00:47:35de l'infraction
00:47:36se prêteraient
00:47:37pour les rodéurs urbains
00:47:39se prêteraient
00:47:40à une AFD
00:47:41et est-ce que
00:47:41cela vous semble
00:47:42intéressant
00:47:43et utile
00:47:53alors je laisserai
00:47:56le DESPAP
00:47:57répondre
00:47:57puisqu'il connaît
00:47:58bien mieux
00:47:59que moi
00:47:59ce dispositif
00:48:00puisque moi
00:48:01je viens d'arriver
00:48:01mais lui
00:48:01il a depuis
00:48:02suffisamment
00:48:02longtemps
00:48:03et dans le métier
00:48:04mais effectivement
00:48:05l'AFD
00:48:06pourrait être
00:48:07une solution
00:48:07à condition
00:48:09que nous puissions
00:48:10encore saisir
00:48:11les véhicules
00:48:12puisque
00:48:13en fait
00:48:13vous pouvez
00:48:15effectivement
00:48:16infliger
00:48:16une amende
00:48:17fairfaitaire délectuelle
00:48:18faut-il encore
00:48:20qu'elle soit recouvrée
00:48:21ce qui
00:48:23n'est pas
00:48:24le cas
00:48:25de façon systématique
00:48:26premièrement
00:48:27et deuxièmement
00:48:28si elle n'est pas recouvrée
00:48:30bien évidemment
00:48:31l'impact psychologique
00:48:33immédiat
00:48:34n'existe pas
00:48:35et en fait
00:48:37une infraction
00:48:37nécessite une sanction
00:48:38et la sanction immédiate
00:48:40qui est
00:48:40même si elle est temporaire
00:48:42pour les raisons
00:48:43que nous avons évoquées
00:48:44tout à l'heure
00:48:44quand vous saisissez la moto
00:48:46même si c'est que temporaire
00:48:47le temps
00:48:48de l'enquête judiciaire
00:48:50et des auditions
00:48:50il y a un impact
00:48:52il y a surtout
00:48:53un effet
00:48:53c'est à dire
00:48:54que vous n'avez plus
00:48:54votre véhicule
00:48:55pour les travailler
00:48:56pour vous déplacer
00:48:57etc
00:48:57l'AFD
00:48:58oui vous avez une AFD
00:48:59dans ce cas là
00:49:00pour autant
00:49:01vous gardez votre moto
00:49:02vous pouvez recommencer
00:49:03à faire un rodéo
00:49:04dans la foulée
00:49:05et donc je ne pense pas
00:49:06que dans ce cas là
00:49:07ce soit utile
00:49:09sauf
00:49:10à ce que l'AFD
00:49:11s'ajoute
00:49:12à la possibilité
00:49:13de saisir
00:49:14le véhicule
00:49:15là
00:49:16ça peut être
00:49:18encore plus coercitif
00:49:19mais je pense
00:49:20que les deux
00:49:20ne doivent pas
00:49:21être disjoint
00:49:22il doit être cumulatif
00:49:24voilà madame
00:49:25la signatrice
00:49:33tout est dit
00:49:34manifestement
00:49:34y a-t-il d'autres questions
00:49:36sur ce sujet
00:49:37des rodéos
00:49:38puisque l'on a compris
00:49:38que les rêves partis
00:49:39n'étaient pas véritablement
00:49:40le problème
00:49:41qui se posait
00:49:43à Paris
00:49:43le préfet de police
00:49:45rêve que ça reste comme ça
00:49:47quel jeu de mots
00:49:48monsieur le préfet de police
00:49:49monsieur Vongy
00:49:50merci madame la présidente
00:49:51monsieur le préfet
00:49:52je voudrais vous interroger
00:49:54sur éventuellement
00:49:55un retour d'expérience
00:49:56sur les relations
00:49:57que vous auriez
00:49:58avec les associations
00:50:00de prévention
00:50:01je m'excuse
00:50:01de parler des rêves partis
00:50:02parce qu'effectivement
00:50:04lors des auditions
00:50:04que nous avons conduites
00:50:05nous avons constaté
00:50:06qu'il y avait
00:50:07des associations
00:50:08spécialisées en matière
00:50:09de prévention
00:50:10sur les conduites addictives
00:50:12en région parisienne
00:50:13et francilienne
00:50:14qui nous disent
00:50:15parfois être missionnés
00:50:17ou avoir conventionné
00:50:18avec les préfectures
00:50:19pour pouvoir agir
00:50:20sur les sites
00:50:21d'organisation
00:50:22des rêves partis
00:50:23pour sensibiliser
00:50:25informés
00:50:25sur la consommation
00:50:27d'alcool
00:50:28voire de substances
00:50:29illicites
00:50:30la seconde chose
00:50:31sur laquelle je souhaite
00:50:32vous interroger
00:50:33c'est éventuellement
00:50:34la quantification
00:50:35du nombre
00:50:35d'accidents corporels
00:50:37ou d'accidents mortels
00:50:38en lien avec
00:50:39des rodéos urbains
00:50:42Alors
00:50:43s'agissant de la première question
00:50:45il y a tout un dispositif
00:50:47qui existe
00:50:48au sein
00:50:49des préfectures
00:50:51avec le FIPD
00:50:52par exemple
00:50:53qui permet de financer
00:50:54un certain nombre
00:50:54d'associations
00:50:55pour faire de la prévention
00:50:56de l'accompagnement
00:50:57bien évidemment
00:50:58l'ensemble
00:51:00des personnels
00:51:01préfectoraux
00:51:02de l'agglomération parisienne
00:51:03sont investis
00:51:04sur ces sujets
00:51:05avec le monde associatif
00:51:06qui fait d'ailleurs
00:51:07particulièrement bien
00:51:08ce travail
00:51:08pour autant
00:51:09s'agissant de la plaque parisienne
00:51:11ou de son agglomération
00:51:12comme le nombre
00:51:13de rêves parties
00:51:13n'est quand même
00:51:14pas extrêmement important
00:51:16sur ce sujet là
00:51:18évidemment
00:51:18nous n'avons pas
00:51:20peut-être
00:51:20une action
00:51:21moins visible
00:51:22que ce qui peut être fait
00:51:23dans le reste
00:51:24du territoire national
00:51:24en même temps
00:51:26un certain nombre
00:51:27de situations
00:51:28extrêmement d'ailleurs
00:51:29importantes et pertinentes
00:51:30dans leur action
00:51:32travaillent
00:51:32dans les boîtes de nuit
00:51:33à la sortie des boîtes de nuit
00:51:34justement pour
00:51:35essayer de sensibiliser
00:51:36à l'entrée
00:51:37sur les risques
00:51:38des produits
00:51:39qui peuvent être
00:51:39supéfiants
00:51:40qui peuvent être
00:51:40glissés dans les verres
00:51:41etc.
00:51:42comme vous le savez
00:51:42et donc évidemment
00:51:43nous tenons à continuer
00:51:45à financer ce type
00:51:46d'association
00:51:46qui est un élément
00:51:48additionnel
00:51:48à ce que nous faisons
00:51:49en termes de prévention
00:51:51et de répression
00:51:52un élément
00:51:53extrêmement important
00:51:54et efficace
00:51:55également
00:51:56s'agissant de la deuxième question
00:51:58alors là
00:51:58j'avoue qu'avec 5 mois
00:52:00de présence
00:52:00à la tête de la préfecture
00:52:01de police
00:52:01je suis incapable
00:52:02de vous donner
00:52:02le nombre
00:52:04de victimes
00:52:04mais je demande
00:52:05au directeur
00:52:06si lui
00:52:07il a les chiffres
00:52:10non je viens
00:52:11de les demander
00:52:12j'avoue que je ne les ai pas là
00:52:14je viens de les demander
00:52:17donc nous espérons
00:52:17que d'ici
00:52:18la fin de la séance
00:52:19nous pourrons
00:52:20vous donner les chiffres
00:52:22et rassurez-vous
00:52:23nous ne les demandons pas
00:52:23à l'IA
00:52:24mais à nos personnels
00:52:27ça devrait fonctionner
00:52:28alors d'ici la fin
00:52:29de l'audition
00:52:32madame de la Gontry
00:52:35merci madame la présidente
00:52:36en vous priant
00:52:37de m'excuser
00:52:38pour mon retard
00:52:39ça n'a pas grand intérêt
00:52:40pour vous
00:52:40mais si ce n'est que
00:52:41du coup je n'ai pas
00:52:42entendu en direct
00:52:43les propos que vous avez
00:52:44pu tenir
00:52:45sur le point
00:52:45que je vais évoquer
00:52:47je crois que vous avez
00:52:49fait allusion
00:52:49indirectement
00:52:50à l'utilisation
00:52:52de systèmes algorithmiques
00:52:55alors concernant
00:52:56les drones
00:52:57les caméras
00:52:58que sais-je
00:52:58mais plus largement
00:53:00avec ma collègue
00:53:02que je vois
00:53:03oui
00:53:04Françoise Dumont
00:53:05et précédemment
00:53:06avec ma collègue
00:53:07Agnès Canaillé
00:53:08nous avions mené
00:53:09une mission
00:53:09sur la sécurité
00:53:10des JO
00:53:11avant
00:53:12après
00:53:14et il s'avérait
00:53:15qu'à l'époque
00:53:15nous avions constaté
00:53:16que
00:53:17tout ça
00:53:18je résume
00:53:19n'était pas au point
00:53:22donc
00:53:24nous savons
00:53:25puisque
00:53:26les JO
00:53:27n'étaient pas terminées
00:53:28que Laurent Nounès
00:53:29à l'époque
00:53:29préfet de police
00:53:30disait qu'il fallait
00:53:32pérenniser le mécanisme
00:53:33le ministre de l'Intérieur
00:53:34de l'époque
00:53:35Bruno Retailleau
00:53:36disait la même chose
00:53:36donc on connaît
00:53:37l'appétence
00:53:38des forces de l'ordre
00:53:39pour ce système
00:53:41mais
00:53:42considérez-vous
00:53:43à l'heure où nous parlons
00:53:44que ce système
00:53:46est au point
00:53:47ou pas
00:53:49sans trahir
00:53:49voilà
00:53:50c'est dans nos rapports
00:53:51d'ailleurs
00:53:52c'était pas
00:53:53le cas
00:53:54avant les JO
00:53:55et c'est très important
00:53:56parce qu'évidemment
00:53:57d'abord il ne faut pas
00:53:58se raconter d'histoire
00:53:58en disant qu'on va faire
00:53:59quelque chose
00:54:00qui va être formidable
00:54:00alors que ça ne marche pas
00:54:01et puis ça peut poser
00:54:03des problèmes
00:54:04je mets de côté
00:54:05la question des libertés publiques
00:54:06on aura l'occasion
00:54:07mais
00:54:08voilà
00:54:10donc
00:54:11quel est votre regard
00:54:12à ce jour
00:54:13j'ai cru comprendre
00:54:14que
00:54:15d'ailleurs
00:54:15ça serait peut-être
00:54:16pris en compte
00:54:17dans le projet de loi
00:54:18qui doit être examiné
00:54:19à l'heure où nous parlons
00:54:20par le conseil des ministres
00:54:22proposé par le ministre
00:54:23de l'intérieur
00:54:25merci beaucoup
00:54:25madame la cintresse
00:54:26de poser cette question
00:54:27qui est extrêmement intéressante
00:54:28voyez-vous
00:54:28j'ai pris mes fonctions
00:54:29il y a 5 mois
00:54:30et j'avoue que
00:54:32là où j'étais avant
00:54:33et après j'ai fait
00:54:34beaucoup d'outre-mer
00:54:34et donc
00:54:35vous imaginez bien
00:54:36que
00:54:37à la fois les moyens
00:54:38humains et matériels
00:54:39sont totalement différents
00:54:40et dans une échelle
00:54:41totalement différente
00:54:42de ce que nous connaissons
00:54:44sur la plaque parisienne
00:54:45et à la préfecture de police
00:54:46de Paris
00:54:47en particulier
00:54:48force est de constater
00:54:49et j'ai découvert
00:54:50avec plaisir et bonheur
00:54:52que
00:54:53il y avait eu
00:54:55depuis les gilets jaunes
00:54:56une forte évolution
00:54:59pertinente
00:55:00de la gestion
00:55:01de l'ordre public
00:55:02et que
00:55:03l'apport
00:55:04par exemple
00:55:05des drones
00:55:05et de la
00:55:06vidéosurveillance
00:55:07a permis
00:55:09d'apporter des solutions
00:55:10alors
00:55:11je précise
00:55:12il n'est pas question
00:55:14pour la DOPC
00:55:15par exemple
00:55:17de demander
00:55:18de la vidéosurveillance
00:55:19pour essayer
00:55:19de détecter
00:55:20une personne
00:55:21en particulier
00:55:21quand on fait
00:55:22la gestion
00:55:22de l'ordre public
00:55:23mais
00:55:23en fait
00:55:24d'anticiper
00:55:24sur les mouvements
00:55:25de foule
00:55:26qui permet
00:55:27d'anticiper
00:55:27le prépositionnement
00:55:28ou le positionnement
00:55:29en urgence
00:55:30de telle ou telle
00:55:31force
00:55:32soit une compagnie
00:55:33d'intervention
00:55:34soit une unité
00:55:35de force mobile
00:55:35qui permet
00:55:36justement
00:55:36d'éviter
00:55:37les heurts
00:55:38et
00:55:39s'agissant
00:55:39de l'intelligence
00:55:40artificielle
00:55:41et de l'expérimentation
00:55:42dont vous faites état
00:55:43pendant les JO
00:55:44en fait
00:55:45tout ce dispositif
00:55:47se nourrit
00:55:48de l'expérience
00:55:50au quotidien
00:55:51pour qu'on puisse
00:55:52faire entrer
00:55:53dans l'intelligence
00:55:53artificielle
00:55:54le type
00:55:54justement
00:55:55de mouvements
00:55:56anodins
00:55:56que nous souhaitons
00:55:57détecter
00:55:58et c'est en fait
00:55:59c'est pour ça
00:56:00que le dispositif
00:56:01ne peut pas
00:56:01nativement
00:56:02parfaitement
00:56:03fonctionner
00:56:04puisque nous devons
00:56:04rentrer
00:56:05des données
00:56:06au fil de l'eau
00:56:07pour que
00:56:08par exemple
00:56:08sur les rodéos
00:56:09les caméras
00:56:11avec intelligence
00:56:12artificielle
00:56:13associée
00:56:14sachent
00:56:14que quand il y a
00:56:15des véhicules
00:56:17qui roulent
00:56:17qui démarrent vite
00:56:18qui vont vite
00:56:19etc.
00:56:20en grappe
00:56:21ou pas
00:56:21ce sont des mouvements
00:56:22potentiellement
00:56:23de rodéos urbains
00:56:24et que du coup
00:56:25il faut nous alerter
00:56:26et donc c'est pour ça
00:56:27que effectivement
00:56:30les JO
00:56:31ont permis
00:56:31de tester
00:56:33on a vu
00:56:34qu'en fait
00:56:34il y avait
00:56:35des possibilités
00:56:36énormes
00:56:37mais aujourd'hui
00:56:38ça se construit
00:56:39alors
00:56:40dans le plan stratégique
00:56:41que nous avons mis en place
00:56:42avec l'ensemble
00:56:43de mon équipe
00:56:44bien évidemment
00:56:46nous allons faire
00:56:47et nous sommes en train
00:56:48de faire un travail
00:56:48sur ce sujet
00:56:49mais surtout
00:56:49on va faire du benchmark
00:56:50avec d'autres pays
00:56:51qui utilisent déjà
00:56:52de l'intelligence artificielle
00:56:54et donc bien évidemment
00:56:55nous allons nourrir
00:56:55de l'expérience des autres
00:56:56qui sont parfois
00:56:57plus en avance que nous
00:56:59parce qu'ils ont débuté
00:57:00ces expérimentations
00:57:00bien avant nous
00:57:01mais je pense
00:57:02très sincèrement
00:57:04que l'intelligence artificielle
00:57:05nous permettra
00:57:06dans les mois
00:57:07et dans les avenis
00:57:08qui viennent
00:57:08à améliorer encore
00:57:10la pertinence
00:57:11de traction
00:57:12j'en veux pour preuve
00:57:12c'est que
00:57:14nous avons
00:57:15des vidéopatrouilleurs
00:57:16peut-être que vous êtes venus
00:57:17chez nous
00:57:18visiter la salle
00:57:19des vidéopatrouilleurs
00:57:20qui sont en fait
00:57:20des personnels
00:57:21en chair et en os
00:57:23qui sont derrière des écrans
00:57:25mais ils n'ont
00:57:26pas 90 000 écrans
00:57:27devant eux
00:57:28qui correspondent au nombre
00:57:29de caméras
00:57:29mais qui ont la connaissance
00:57:31de l'implantation géographique
00:57:33des caméras
00:57:33et qui lorsqu'on les sollicite
00:57:36suite à un fait
00:57:38ou qu'ils voient en direct
00:57:40un fait
00:57:40parviennent rapidement
00:57:42à retrouver celui ou celle
00:57:44qui est l'auteur du fait
00:57:46parce qu'ils connaissent
00:57:48l'implantation
00:57:48et c'est exactement
00:57:49ce que l'intelligence artificielle
00:57:50est capable de faire
00:57:51ou sera capable de faire
00:57:52dès lors qu'on l'aura apprivoisé
00:57:54dans le système
00:57:55et qu'on lui aura dit
00:57:56ce que nous cherchons
00:57:56donc effectivement
00:57:58c'est pas totalement pertinent
00:57:59mais aujourd'hui
00:58:01ça se construit
00:58:02et j'y crois
00:58:03beaucoup
00:58:04mais je vais laisser
00:58:05peut-être le DOPC
00:58:06qui lui a expérimenté cela
00:58:08et vous dire
00:58:09quelles sont
00:58:10les perspectives
00:58:11Antoine
00:58:13Monsieur le Préfet
00:58:14Monsieur le Préfet
00:58:15Madame la Présidente
00:58:16Mesdames et Messieurs
00:58:17les Sénateurs
00:58:19je n'ai pas
00:58:20d'opinion
00:58:21qui diffère
00:58:22de celle
00:58:23du Préfet de Police
00:58:24quant à l'intelligence artificielle
00:58:26effectivement
00:58:27ce qui a été
00:58:29expérimenté
00:58:30pendant les JO
00:58:32portait uniquement
00:58:34sur des matchs
00:58:36de football
00:58:37pour la plupart
00:58:38avec des résultats
00:58:39qui étaient
00:58:42mitigés
00:58:43me semble-t-il
00:58:44alors
00:58:44en tout cas
00:58:45c'est ce sur quoi
00:58:46nous avons plus
00:58:47travaillé
00:58:47ici à la DOPC
00:58:50et
00:58:51voilà
00:58:52techniquement
00:58:52on a eu
00:58:53les caméras
00:58:55étaient paramétrées
00:58:55de telle sorte
00:58:56que nous étions
00:58:58avisés
00:58:58de mouvements
00:59:00de foule
00:59:01auxquels nous
00:59:01ne nous attendions pas
00:59:02de personnes
00:59:02qui étaient par terre
00:59:03de véhicules
00:59:03qui n'avaient pas dû
00:59:04se trouver
00:59:05à tel ou tel endroit
00:59:06et voilà
00:59:07ça donnait
00:59:08des résultats
00:59:09inégaux
00:59:10je pense que
00:59:12pour nous
00:59:12ça aura un intérêt
00:59:13ça sera
00:59:13je pense
00:59:14la deuxième partie
00:59:16de cette réunion
00:59:18de cette audition
00:59:19c'est en maintien
00:59:20de l'ordre
00:59:20en matière
00:59:21de manifestation
00:59:22où là
00:59:22effectivement
00:59:22il y a certainement
00:59:24à réfléchir
00:59:25sur l'avenir
00:59:27de l'intelligence
00:59:28artificielle
00:59:28couplée aux caméras
00:59:31je pense
00:59:32notamment aussi
00:59:33aux très grands
00:59:33rassemblements
00:59:34tels que le
00:59:3431 décembre
00:59:35qui sont
00:59:37le préfet de police
00:59:38on est parfaitement
00:59:40conscient
00:59:40des moments
00:59:41de la préfecture
00:59:43de police
00:59:43et des moments
00:59:44du maintien de l'ordre
00:59:44où nous courons
00:59:45le plus grand risque
00:59:46avec des très gros
00:59:47rassemblements
00:59:47de personnes
00:59:48avec des risques
00:59:49de mouvements de foule
00:59:51des risques
00:59:51d'étouffement
00:59:53donc je pense
00:59:54que
00:59:54voilà
00:59:57l'avenir
00:59:58nous montrera
00:59:59ce qu'on peut attendre
00:59:59de l'intelligence
01:00:00artificielle
01:00:00et effectivement
01:00:01je pense qu'il y a
01:00:02du benchmark
01:00:03à faire
01:00:04comme le disait
01:00:04le préfet de police
01:00:06voir ce qui se passe
01:00:07chez nos voisins
01:00:10Voilà pour cette audition
01:00:11de Patrice Fort
01:00:12préfet de police de Paris
01:00:13on en parle
01:00:13avec Guy Bénaroche
01:00:15sénateur
01:00:15les écologistes
01:00:16vous étiez présent
01:00:16à l'audition hier
01:00:17bonjour monsieur sénateur
01:00:18bonjour
01:00:18l'audition du préfet
01:00:19de police de Paris
01:00:20elle a alimenté
01:00:21les discussions
01:00:21autour du projet
01:00:22de loi Riposte
01:00:23présenté par le ministre
01:00:24de l'intérieur
01:00:25Laurent Nunez
01:00:26qu'est-ce que vous avez
01:00:27pensé de cette audition
01:00:29de Patrice Fort
01:00:30notamment sur le maintien
01:00:31de l'ordre
01:00:31est-ce qu'il vous a convaincu
01:00:33dans ce qu'il a pu avancer
01:00:34écoutez
01:00:34d'abord je trouve
01:00:36qu'il n'a pas avancé
01:00:37grand chose de nouveau
01:00:38en fait
01:00:38Patrick Fort
01:00:39deux sujets en particulier
01:00:42sur lesquels il a assisté
01:00:43le premier en fait
01:00:44c'est
01:00:45on va dire
01:00:46la tendance
01:00:46la logistique en fait
01:00:47de l'utilisation
01:00:48des forces mobiles
01:00:50pour les manifestations
01:00:52bien entendu
01:00:53la localisation initiale
01:00:55la façon de les utiliser
01:00:56ils considèrent
01:00:57qu'il faut la modifier
01:00:58parce qu'elle ne correspond plus
01:00:59en fait
01:01:00à l'endroit où se déroule
01:01:01aujourd'hui
01:01:02les manifestations
01:01:02à l'endroit où il en a besoin
01:01:03ça on peut comprendre
01:01:05et accepter
01:01:06que c'est légitime
01:01:07que c'est normal
01:01:08et qu'il faut le faire
01:01:09voilà
01:01:09la deuxième
01:01:11c'est
01:01:13cette vocation
01:01:13à penser
01:01:14aujourd'hui
01:01:14que les manifestations
01:01:15ont changé
01:01:17totalement
01:01:17depuis quelques années
01:01:19et que donc
01:01:19il faut développer
01:01:20un certain nombre d'actions
01:01:21qui ne l'étaient pas
01:01:22jusqu'à présent
01:01:22parce qu'en phase 2
01:01:23ils n'ont pas
01:01:24des interlocuteurs
01:01:25comme ils avaient pu l'avoir
01:01:26qui étaient des organisateurs
01:01:28très structurés
01:01:29comme par exemple
01:01:30les syndicats
01:01:30ou les partis politiques
01:01:31c'est beaucoup plus diffus
01:01:32il y a beaucoup plus
01:01:32de manifestations
01:01:33donc c'est beaucoup plus
01:01:34compliqué à gérer
01:01:35dit-il
01:01:36et donc il faut adapter ça
01:01:37d'où l'utilisation
01:01:38de la vidéosurveillance
01:01:40des drones
01:01:40de vidéosurveillance
01:01:41et voilà
01:01:41je voulais vous parler de ça
01:01:42parce que c'est des mesures
01:01:43qui sont contenues
01:01:44dans le projet de loi
01:01:45du ministre de l'Intérieur
01:01:46Laurent Nunez
01:01:47prolongation jusqu'en 2030
01:01:48de l'expérimentation
01:01:49des caméras
01:01:50de vidéosurveillance
01:01:51algorithmiques
01:01:52est-ce que selon vous
01:01:53il fallait prolonger
01:01:54cette expérimentation
01:01:55dont certaines limites
01:01:56avaient déjà été soulevées
01:01:57après les JO de Paris 2024
01:01:58oui pour l'instant
01:01:59les résultats
01:01:59de ces expérimentations
01:02:00ne sont pas bons
01:02:01donc comme
01:02:02l'objectif du gouvernement
01:02:03et même l'objectif
01:02:04de la loi
01:02:05qui permettait
01:02:05les expérimentations
01:02:06et de faire en sorte
01:02:07que ces expérimentations
01:02:08soient généralisées
01:02:10de toute façon
01:02:10c'est l'objectif
01:02:11on sait très bien
01:02:12que toutes les expérimentations
01:02:13qui ont été vénées
01:02:14jusqu'à présent
01:02:14dans tous les domaines
01:02:16finalement
01:02:16se terminent toujours
01:02:18par des généralisations
01:02:19et donc
01:02:19comme pour l'instant
01:02:20l'expérimentation
01:02:21elle n'est pas satisfaisante
01:02:22la décision qui a été prise
01:02:24c'est de la prolonger
01:02:25sera-t-elle satisfaisante
01:02:27plus satisfaisante
01:02:28dans 6 mois
01:02:281 an 2 ans
01:02:29permettra-t-elle surtout
01:02:30c'est ça qui est important
01:02:31d'avoir un meilleur
01:02:32métier de l'ordre
01:02:33et qu'est-ce que c'est
01:02:34qu'un meilleur métier de l'ordre
01:02:35je rappelle que
01:02:36pour nous
01:02:37le meilleur métier de l'ordre
01:02:38c'est celui qui permet
01:02:39à la fois de préserver
01:02:39les forces de police
01:02:41et de préserver
01:02:41les manifestants
01:02:42que la manifestation
01:02:43est quelque chose
01:02:44de parfaitement légal
01:02:45et que même s'il y a
01:02:45des manifestations
01:02:46des fois
01:02:47qui peuvent dépasser
01:02:48le champ de la légalité
01:02:49parce qu'elles se trouvent
01:02:50dans des endroits
01:02:51qui n'ont pas été autorisés
01:02:52ou parce qu'elles n'ont pas
01:02:52été déclarées
01:02:53il n'empêche que ça reste
01:02:55des manifestations
01:02:55et que ces manifestations
01:02:56doivent être protégées
01:02:58les manifestants protégés
01:02:59et que la proportionnalité
01:03:01de l'intervention
01:03:03de métiers de l'ordre
01:03:04doit toujours être tenue
01:03:05et si j'ai parlé des ZAD
01:03:06pendant cette réunion
01:03:08où ont été utilisés
01:03:09un certain nombre
01:03:10de drones
01:03:11etc. également
01:03:12c'est simplement
01:03:13parce que nous
01:03:14ce que nous avons trouvé
01:03:15à ce moment-là
01:03:15c'est que les moyens
01:03:16utilisés
01:03:17en particulier
01:03:18les ripostes
01:03:19n'étaient pas proportionnés
01:03:20à l'expression
01:03:23de la manifestation
01:03:24elle-même
01:03:24ça peut être le cas
01:03:25je comprends très bien
01:03:26qu'il peut y avoir
01:03:27des cas particuliers
01:03:28où par exemple
01:03:30il est nécessaire
01:03:31de faire intervenir
01:03:32il n'y a pas de possibilité
01:03:33d'évitement
01:03:35et donc il faut en aller
01:03:36à la confrontation
01:03:37mais pendant un certain temps
01:03:39n'oublions pas
01:03:40que la doctrine
01:03:41du métier de l'ordre
01:03:41en France
01:03:42ou des ministres
01:03:42très récemment
01:03:43c'était plutôt
01:03:44la logique de l'affrontement
01:03:45que celle de l'évitement
01:03:46voilà
01:03:46et donc il faut être très
01:03:47voilà
01:03:48et donc dans ce cadre-là
01:03:49comment utiliser
01:03:50les caméras
01:03:51et algorithmiques
01:03:53bien entendu
01:03:53s'il s'agit uniquement
01:03:55et si ça fonctionne
01:03:56à un moment donné
01:03:57de détecter
01:03:58des mots de votre foule
01:03:59ça peut se discuter
01:04:00s'il s'agit d'aller plus loin
01:04:01en particulier
01:04:02dans la reconnaissance
01:04:04des manifestants
01:04:05ou des journalistes
01:04:06par exemple
01:04:06bien entendu
01:04:07c'est pas concevable
01:04:07et justement
01:04:08ce qui m'amène
01:04:08à cette question
01:04:09parce qu'il a été question
01:04:10d'intelligence artificielle
01:04:11lors de cette audition
01:04:12Patrice Fort a dit
01:04:13que lui était
01:04:13très favorable
01:04:14à son utilisation
01:04:15notamment
01:04:16dans la vidéosurveillance
01:04:17est-ce qu'il y a des rives
01:04:18qui vous inquiètent
01:04:19et surtout
01:04:19est-ce que la loi
01:04:20peut encadrer suffisamment
01:04:22l'intelligence artificielle
01:04:23utilisée dans ce cadre-là
01:04:24alors bien sûr
01:04:25que c'est inquiétant
01:04:26une société
01:04:27de la surveillance
01:04:28généralisée
01:04:29quelle qu'elle soit
01:04:30le meilleur des morts
01:04:311984 d'Orwell
01:04:32on sait sur quoi
01:04:33ça peut aboutir
01:04:34surtout quand ces sociétés-là
01:04:35on va vers ça
01:04:36on va vers 1984
01:04:37vous savez
01:04:38les reines du pouvoir
01:04:39en l'occurrence
01:04:39et de l'exécutif en France
01:04:41peuvent ne pas être
01:04:43totalement
01:04:43entre les mains
01:04:44de partis
01:04:44totalement démocratiques
01:04:46et respectueux
01:04:47des libertés publiques
01:04:47à un moment donné
01:04:48et donc toutes les lois
01:04:49ou toutes les décisions
01:04:50qui se sont mises en place
01:04:51bien entendu
01:04:52n'importe quel gouvernement
01:04:53peut s'en emparer
01:04:54quel qu'il soit
01:04:54donc il faut toujours
01:04:56tenir compte
01:04:56de cette dangerosité
01:04:57la dangerosité
01:04:58du contrôle
01:05:00généralisé
01:05:00et
01:05:02réellement
01:05:02c'est un projet
01:05:03de société
01:05:03c'est un modèle
01:05:04de société
01:05:05je vous donne un autre
01:05:06petit exemple
01:05:07qui est tout à fait
01:05:08lié à ça
01:05:08la justice criminelle
01:05:10aujourd'hui
01:05:10veut étendre
01:05:11les fichiers génétiques
01:05:14à tout un tas
01:05:15d'infractions
01:05:16y compris
01:05:17par exemple
01:05:18un foie administratif
01:05:19on va vous prendre
01:05:19vos empreintes génétiques
01:05:21alors on se dit
01:05:22bien sûr
01:05:22c'est pour permettre
01:05:23une meilleure détection
01:05:24de toutes les empreintes
01:05:26et un meilleur rapprochement
01:05:27mais ça veut dire quoi
01:05:28ça veut dire que
01:05:29chacun d'entre nous
01:05:30peut être sous contrôle
01:05:32ou d'une caméra
01:05:33ou par exemple
01:05:33d'une empreinte génétique
01:05:34à tout moment
01:05:35c'est un autre modèle
01:05:36de société
01:05:36que celui qui est le modèle
01:05:37français jusqu'à présent
01:05:38merci beaucoup
01:05:39Guy Benaroche
01:05:39sénateur
01:05:40les écologistes
01:05:40à notre micro
01:05:41et on va terminer
01:05:46cette émission
01:05:46avec une question
01:05:47que se posent
01:05:48les sénateurs
01:05:48comment éviter
01:05:49la propagation
01:05:50de fausses informations
01:05:51ou de manipulations
01:05:53de l'information
01:05:53en ligne
01:05:54pour répondre
01:05:55à cette question
01:05:55les parlementaires
01:05:56se plongent dans le sujet
01:05:57à travers plusieurs auditions
01:05:59ils ont échangé hier
01:06:00avec trois médias en ligne
01:06:01très suivis
01:06:02sur les réseaux sociaux
01:06:03Combini
01:06:04Loopsider
01:06:05et Brut
01:06:05regardons un extrait
01:06:07et on en parle
01:06:07juste après
01:06:08avec la rapporteure
01:06:10de la mission d'information
01:06:10Sylvie Robert
01:06:11Comme vous le savez
01:06:13l'information circule
01:06:14aujourd'hui plus vite
01:06:14que jamais
01:06:15dans ce nouvel écosystème
01:06:17les médias en ligne
01:06:17ne sont pas seulement
01:06:18des relais
01:06:19ils structurent le débat public
01:06:21ils façonnent
01:06:22la compréhension du monde
01:06:23ils touchent des publics
01:06:24qui échappaient jusqu'ici
01:06:25aux médias traditionnels
01:06:26en particulier
01:06:27les plus jeunes
01:06:29c'est précisément
01:06:30l'enjeu
01:06:31qui est au cœur
01:06:31de vos travaux
01:06:32c'est d'ailleurs
01:06:33pour les jeunes
01:06:33que Brut
01:06:34a été lancé en 2016
01:06:36nous sommes un média
01:06:37d'information basé
01:06:38dès l'origine
01:06:39vous l'avez dit
01:06:39sur le digital
01:06:40et les plateformes sociales
01:06:42dix ans plus tard
01:06:43Brut s'est imposé
01:06:44comme une référence
01:06:45pour les 18-35 ans
01:06:46en France
01:06:46nous touchons aujourd'hui
01:06:48l'immense majorité
01:06:49de cette génération
01:06:50avec une responsabilité
01:06:51particulière
01:06:52celle d'informer
01:06:53un public jeune
01:06:54exigeant
01:06:55et massivement exposé
01:06:56au contenu en ligne
01:06:58cette responsabilité
01:06:59nous la prenons
01:07:00très au sérieux
01:07:02permettez-moi
01:07:03d'en dire
01:07:03un tout petit peu plus
01:07:04sur Brut
01:07:04nous proposons
01:07:05une information
01:07:06qui est factuelle
01:07:07accessible
01:07:07et compréhensible
01:07:08sans renoncer
01:07:09à la rigueur
01:07:11éditoriale
01:07:11qui nous incombe
01:07:13en tant que
01:07:13média d'information
01:07:14nous avons
01:07:16une organisation
01:07:16qui est structurée
01:07:17autour de deux
01:07:18pôles
01:07:19clairement distincts
01:07:20une rédaction
01:07:21des journalistes
01:07:23en détenteur
01:07:23tous de quart de presse
01:07:24qui est garant
01:07:25de l'indépendance
01:07:26et de l'exigence éditoriale
01:07:28de notre côté
01:07:28nous avons
01:07:29une équipe
01:07:30de brain content
01:07:31clairement identifiée
01:07:32qui permet
01:07:33de financer
01:07:34notre modèle
01:07:34tout en préservant
01:07:35l'intégrité
01:07:36de l'information
01:07:36nous reviendrons
01:07:37sur le modèle économique
01:07:38des médias en ligne
01:07:39un peu plus tard
01:07:41notre ambition
01:07:42est de rendre
01:07:42l'information
01:07:43accessible à tous
01:07:44sans barrière sociale
01:07:45ni culturelle
01:07:46tout en contribuant
01:07:47à une forme de régulation
01:07:48par la responsabilité
01:07:49et cette responsabilité
01:07:51elle est indispensable
01:07:53nous avons développé
01:07:54une écriture spécifique
01:07:55fondée sur des formats
01:07:56très différents
01:07:57une actualité
01:07:58en temps réel
01:07:58donc à travers du live
01:08:00ou des formats très courts
01:08:01des contenus explicatifs
01:08:03qui donnent des clés
01:08:03de compréhension
01:08:04et des formats plus longs
01:08:06documentaires
01:08:06enquêtes ou interviews
01:08:07pour prendre du recul
01:08:09nous traitons aussi
01:08:10des sujets
01:08:11trop peu visibles
01:08:12dans le débat public
01:08:13la place des femmes
01:08:14dans la société
01:08:15la santé mentale
01:08:16des jeunes
01:08:17ou encore
01:08:18les enjeux
01:08:18environnementaux
01:08:19ou sociaux
01:08:20enfin notre développement
01:08:21à l'international
01:08:22nous sommes pris en Inde
01:08:23en Afrique
01:08:24et aux Etats-Unis
01:08:25témoignent de la pertinence
01:08:27de ce modèle
01:08:28depuis l'automne 2025
01:08:30Brut a rejoint
01:08:31CMA Média
01:08:32ce rapprochement
01:08:33nous permet de renforcer
01:08:34des capacités technologiques
01:08:36et publicitaires
01:08:36tout en conservant
01:08:38notre identité
01:08:39c'est à dire
01:08:39notre rigidité
01:08:40notre exigence
01:08:41et notre indépendance éditoriale
01:08:43en ce qui concerne
01:08:44le cadre juridique
01:08:45et la responsabilité
01:08:47des médias en ligne
01:08:48vous le savez sûrement
01:08:49nous sommes soumis
01:08:50à la loi
01:08:50du 29 juillet
01:08:531881
01:08:53on a donc
01:08:55la nomination
01:08:56d'un directeur
01:08:56de publication
01:08:57une responsabilité
01:08:58éditoriale
01:08:59et le respect
01:09:00du droit de la presse
01:09:01depuis 2005
01:09:02Brut est aussi reconnu
01:09:04comme service de presse
01:09:05en ligne
01:09:05par la commission paritaire
01:09:07des publications
01:09:07et agences de presse
01:09:10Brut bénéficie également
01:09:11d'une reconnaissance
01:09:12professionnelle
01:09:12dans le cadre
01:09:13de cette certification
01:09:15qui nous donne l'accès
01:09:17à des avantages
01:09:17directs
01:09:18ou indirects
01:09:19enfin aussi
01:09:20cette responsabilité
01:09:21ce cadre
01:09:22s'appuie sur une exigence
01:09:23déontologique forte
01:09:24donc nous avons
01:09:24des journalistes
01:09:26titulaires d'une carte de presse
01:09:28qui répondent
01:09:29qui sont soumis
01:09:30au standard de la profession
01:09:31et nous avons également
01:09:31signé une charte déontologique
01:09:33signée au niveau du groupe
01:09:34CMA Media
01:09:36la production de l'information
01:09:37repose sur un travail
01:09:38de terrain
01:09:38une conférence de rédaction
01:09:40qui est quotidienne
01:09:42une hiérarchie
01:09:43de validation
01:09:44une garantie
01:09:45de la fiabilité
01:09:46des contenus
01:09:46dans un contexte
01:09:47marqué particulièrement
01:09:48par la désinformation
01:09:50nous avons
01:09:51je vous l'ai dit
01:09:51une indépendance éditoriale
01:09:53ce ne sont pas
01:09:53les mêmes équipes
01:09:54qui produisent
01:09:55du contenu d'information
01:09:56que celles
01:09:56qui produisent
01:09:57du contenu
01:09:57pour nos partenaires
01:09:58commerciaux
01:09:59et nous avons aussi
01:10:00une indépendance
01:10:01vis-à-vis des autres
01:10:01activités
01:10:02de CMA Media
01:10:04nous sommes
01:10:05Brut et très attachés
01:10:06au pluralisme
01:10:07en tant que tel
01:10:08nous l'avons démontré
01:10:09à chaque élection
01:10:10nous recevons l'ensemble
01:10:11des candidats
01:10:13en 2022
01:10:14nous avons reçu
01:10:15les 12 candidats
01:10:16à l'élection présidentielle
01:10:17sous le même format
01:10:18question-réponse
01:10:20enfin
01:10:21la gestion
01:10:21des interactions
01:10:22ce qu'on appelle
01:10:23les conversations sociales
01:10:24est un enjeu majeur
01:10:25en tant que médias
01:10:26d'information en ligne
01:10:27on génère plus de
01:10:28250 000 commentaires
01:10:30par semaine
01:10:31Brut met en oeuvre
01:10:32une politique
01:10:33de modération hybride
01:10:34on s'appuie
01:10:35sur des outils
01:10:36automatisés
01:10:37sur les outils
01:10:38de modération
01:10:39qui sont mis à disposition
01:10:40par les plateformes
01:10:41et par une modération
01:10:42humaine
01:10:43afin de garantir
01:10:44un espace d'échange
01:10:45respectueux
01:10:46et sécurisé
01:10:47l'objectif pour Brut
01:10:49c'est de maintenir
01:10:50la confiance
01:10:50avec son public
01:10:51au-delà des audiences
01:10:53on évalue régulièrement
01:10:54le taux de confiance
01:10:55qui est accordé
01:10:56à notre média
01:10:57la dernière étude
01:10:58date de 2025
01:11:00par comptard
01:11:00et on a un taux
01:11:01de confiance
01:11:02en notre média
01:11:02qui est de 86%
01:11:03en France
01:11:04quand la moyenne
01:11:05des médias traditionnels
01:11:06est autour de 30%
01:11:08alors quels seraient
01:11:09les enjeux
01:11:09de la régulation
01:11:11Brut
01:11:11et comme d'autres
01:11:12médias en ligne
01:11:13on évolue
01:11:13dans un environnement
01:11:14qui est complexe
01:11:15qui est marqué
01:11:16par une dépendance
01:11:17aux plateformes
01:11:19dans ce contexte
01:11:20l'information
01:11:21elle est mise
01:11:21en concurrence
01:11:22avec d'autres formats
01:11:23sa visibilité
01:11:25la visibilité
01:11:25de nos formats
01:11:26dépend aussi
01:11:27des règles
01:11:28algorithmiques
01:11:29dans cette spécificité
01:11:31cela
01:11:31cette spécificité
01:11:33elle a des conséquences
01:11:33directes
01:11:34sur notre business model
01:11:35sur la façon
01:11:36dont on est rémunéré
01:11:38la production
01:11:39aujourd'hui d'informations
01:11:40même si c'est au coeur
01:11:41de notre média
01:11:44ça ne suffit pas
01:11:45à garantir
01:11:46la rentabilité
01:11:47de Brut
01:11:48pour cela
01:11:48on doit s'appuyer
01:11:49sur des activités
01:11:50complémentaires
01:11:50pour financer
01:11:51notre activité
01:11:52journalistique
01:11:53et préserver
01:11:54cette indépendance
01:11:55éditoriale
01:11:56donc plus largement
01:11:57on sait que
01:11:58les médias en ligne
01:11:59ont un business model
01:12:00qui est fragile
01:12:02dépendant aux plateformes
01:12:04qui captent
01:12:05une part importante
01:12:06de la valeur
01:12:07et aussi
01:12:08on est soumis
01:12:08à des règles
01:12:09algorithmiques
01:12:10qui changent
01:12:11régulièrement
01:12:13dans ce contexte
01:12:14l'enjeu
01:12:14pour votre commission
01:12:15d'enquête
01:12:15consiste à déterminer
01:12:16un équilibre
01:12:17de régulation
01:12:18adapté aux spécificités
01:12:20des médias
01:12:21au format hybride
01:12:22aux prises
01:12:23avec des participations
01:12:24qu'on appelle
01:12:24gatekeeper
01:12:25qui captent
01:12:27les revenus
01:12:28avec des modèles
01:12:30économiques
01:12:30encore instables
01:12:32pour moi
01:12:33c'est une situation
01:12:34qui appelle davantage
01:12:35à de l'accompagnement
01:12:36plutôt qu'à nous mettre
01:12:37des contraintes nouvelles
01:12:38pour nous permettre
01:12:39de réussir
01:12:40à produire
01:12:41une information
01:12:41de qualité
01:12:42c'est pourquoi
01:12:43une régulation
01:12:44qui serait inadaptée
01:12:46risquerait de freiner
01:12:47l'innovation
01:12:48et aussi la compétitivité
01:12:49internationale
01:12:50des acteurs français
01:12:51comme Brut
01:12:53le rattachement
01:12:54de Brut
01:12:54au service
01:12:55de presse en ligne
01:12:55apparaît cohérent
01:12:56dès lors
01:12:57qu'il s'agit
01:12:58d'un média
01:12:58produisant
01:12:59des contenus originaux
01:13:00créés par des journalistes
01:13:02enfin des dispositifs
01:13:03ciblés
01:13:04tels que les chars
01:13:04déontologiques
01:13:05peuvent utilement
01:13:07renforcer la confiance
01:13:07avec le public
01:13:09tandis qu'un alignement
01:13:11complet
01:13:12vous en parliez
01:13:12tout à l'heure
01:13:13au régime audiovisuel
01:13:14nous paraît peu pertinent
01:13:15au regard des spécificités
01:13:17liées notamment
01:13:18à la diffusion
01:13:18sur un réseau souverain
01:13:20nous nous sommes
01:13:21sur des plateformes
01:13:22qui nous sont non souveraines
01:13:23le format vidéo
01:13:24dans un contexte
01:13:24d'usage hybride
01:13:25ne justifie pas
01:13:26à lui seul
01:13:27notre rattachement
01:13:28à ce système audiovisuel
01:13:30en définitive
01:13:31l'enjeu prioritaire
01:13:32est de permettre
01:13:33aux acteurs vertueux
01:13:34de se développer
01:13:36durablement
01:13:37en garantissant
01:13:38leur visibilité
01:13:39sur les plateformes
01:13:40en leur donnant
01:13:41des moyens
01:13:42permettant
01:13:42d'accéder à une rémunération
01:13:43équitable
01:13:44de leur contenu
01:13:46je vous remercie
01:13:47pour votre attention
01:13:48je me tiens évidemment
01:13:49à vos dispositions
01:13:50pour vos questions
01:13:50merci madame
01:13:51monsieur Fnegel
01:13:56monsieur le président
01:13:56la fond
01:13:58mesdames les rapporteurs
01:13:59mesdames les salariés
01:14:00tous les députés
01:14:01pardon
01:14:02merci beaucoup
01:14:04je suis donc
01:14:05cofondateur
01:14:05et directeur
01:14:06de la rédaction
01:14:07de l'Oopsider
01:14:08je suis passé
01:14:09une première partie
01:14:09de ma carrière
01:14:10dans la presse
01:14:10traditionnelle
01:14:12à une époque
01:14:13où le web
01:14:13n'existait pas
01:14:14je suis sans doute
01:14:15un peu un des dinosaures
01:14:16de cette salle
01:14:18et un jour
01:14:18j'ai regardé
01:14:19les chiffres
01:14:20les chiffres de diffusion
01:14:20les chiffres de vente
01:14:22et je me suis dit
01:14:24que les gens
01:14:24qu'on voulait toucher
01:14:26n'achetaient plus
01:14:28les journaux
01:14:28et qu'il fallait
01:14:29aller les chercher ailleurs
01:14:30donc j'ai fait un choix
01:14:31justement
01:14:32aller les chercher
01:14:33là où ils étaient
01:14:33sans jamais sacrifier
01:14:35ce qui fait
01:14:35la valeur du journalisme
01:14:37la rigueur
01:14:37l'honnêteté
01:14:38l'intérêt général
01:14:39le terrain
01:14:40le temps long
01:14:40et la nuance
01:14:42j'ai notamment
01:14:43cofondé
01:14:43le magazine en ligne
01:14:44Slate
01:14:45en 2009
01:14:46Loopsider
01:14:46en 2018
01:14:48et au cours de ma carrière
01:14:49dans ces médias
01:14:50mais aussi à Libération
01:14:50il y a 20 minutes
01:14:51j'ai toujours suivi
01:14:52cette ligne directrice
01:14:53aller chercher
01:14:54les publics
01:14:55là où ils sont
01:14:56et aujourd'hui
01:14:57les personnes
01:14:58sans en parler
01:14:59qui veulent s'informer
01:15:00vont sans
01:15:00sur les plateformes sociales
01:15:02avec Loopsider
01:15:03nous avons créé
01:15:04un média
01:15:05qui leur parle
01:15:06et qui compose
01:15:07avec les algorithmes
01:15:08mais on ne veut pas
01:15:09et on refuse
01:15:10d'en être captifs
01:15:11et surtout
01:15:12ce qu'on maintient absolument
01:15:13c'est de respecter
01:15:14les standards
01:15:14de notre métier
01:15:16Loopsider
01:15:16aujourd'hui
01:15:17c'est 20 salariés
01:15:18la moitié
01:15:18sont titulaires
01:15:19d'une carte de presse
01:15:20ils sillonnent la France
01:15:21plusieurs fois par semaine
01:15:22pour filmer le réel
01:15:23à hauteur d'humain
01:15:25je donne des exemples
01:15:26nous ne parlons pas
01:15:27du secteur industriel
01:15:28nous filmons Matisse
01:15:2919 ans
01:15:30ouvrier sur un chantier
01:15:32on ne parle pas
01:15:32de l'inflation
01:15:34nous suivons Aïcha
01:15:35qui est boulangère
01:15:35à Paris
01:15:36la règle
01:15:37que nous nous sommes fixés
01:15:38est simple
01:15:38si on ne peut pas
01:15:39mettre un prénom
01:15:40dans le titre d'un sujet
01:15:41on ne traite pas ce sujet
01:15:44l'Oopsider est un média rentable
01:15:46notre modèle repose
01:15:47sur deux piliers
01:15:48on en a parlé aussi
01:15:49tout à l'heure
01:15:49le brand content
01:15:50c'est-à-dire le public reportage
01:15:52le contenu de marque
01:15:53en bon français
01:15:54et une partie studio
01:15:55la production de programmes
01:15:57pour des marques
01:15:57des titres de presse
01:15:59ou des médias
01:15:59comme T18
01:16:00ou le magazine L
01:16:02nous ne dépendons pas
01:16:03des revenus
01:16:04des réseaux sociaux
01:16:05c'est une décision fondatrice
01:16:06qui nous permet aujourd'hui
01:16:08d'être totalement indépendants
01:16:09dans nos choix éditoriaux
01:16:11un petit mot
01:16:12justement sur la structure
01:16:14de l'Oopsider
01:16:15les fondateurs
01:16:16sont également actionnaires
01:16:17à 45%
01:16:18et le groupe CMI
01:16:19entré au Capital en 2023
01:16:21détient également 45%
01:16:23les 10% restants
01:16:24sont des actionnaires
01:16:25qui nous ont accompagnés
01:16:26dès le début
01:16:26de l'aventure de l'Oopsider
01:16:27et qui sont aujourd'hui dormants
01:16:30précision d'importance
01:16:31notre pacte d'actionnaires
01:16:32justement garantit
01:16:33aux fondateurs
01:16:34de garder la main
01:16:35sur les décisions éditoriales
01:16:36sans droit d'intervention
01:16:37des autres actionnaires
01:16:38et notre déontologie
01:16:40nous impose
01:16:41une transparence totale
01:16:42sur ce qui est journalistique
01:16:43et ce qui est public reportage
01:16:45avant même de scroller
01:16:46l'utilisateur
01:16:47est informé
01:16:47de toute intervention commerciale
01:16:49c'est une règle
01:16:50non négociable
01:16:51et c'est notre contrat
01:16:52de confiance
01:16:52avec notre audience
01:16:54nous avons également
01:16:55rédigé une charte déontologique
01:16:56au lancement de l'Oopsider
01:16:58parce que la confiance
01:16:59pour nous
01:16:59elle est évidemment essentielle
01:17:00elle est avec la question
01:17:02des algorithmes
01:17:02et je reviendrai plus tard
01:17:03au cœur de nos préoccupations
01:17:04et au cœur de cette audition
01:17:05si j'ai bien compris
01:17:06et lui en creux
01:17:07vos questions
01:17:08la confiance passe
01:17:10par notre capacité
01:17:10à créer de la valeur
01:17:11à construire une communauté
01:17:13une communauté
01:17:14qui se reconnaît
01:17:14dans notre travail
01:17:15et à trouver des revenus
01:17:16qui ne nous rendent
01:17:17dépendants de personne
01:17:18ni d'un actionnaire
01:17:19ni d'un algorithme
01:17:20ni de l'État
01:17:22la question algorithmique
01:17:23est complexe
01:17:24grâce à des suites
01:17:25de calculs
01:17:25un seul individu
01:17:26peut aujourd'hui
01:17:27toucher plus d'audience
01:17:27que tous les journalistes
01:17:28d'une chaîne d'information
01:17:29continue
01:17:30c'est grâce à eux
01:17:31que Loopsider
01:17:31Brut
01:17:32Combini
01:17:33Hugo
01:17:34Décrypt
01:17:34Micot
01:17:35touche des dizaines
01:17:35de millions de français
01:17:36et de français
01:17:36chaque jour
01:17:37ces français et ces françaises
01:17:39ne lisent pas le monde
01:17:39ou le Figaro
01:17:40elles n'écoutent pas
01:17:40France Inter ou RTL
01:17:42elles ne regardent plus
01:17:43les JT
01:17:43ou alors occasionnellement
01:17:44pas parce qu'ils se fichent
01:17:45de l'information
01:17:46ça c'est important
01:17:46mais parce que les médias
01:17:47traditionnels
01:17:48ne leur parlent plus
01:17:49ou parce qu'ils s'informent
01:17:50autrement
01:17:51la double révolution
01:17:52de 2006-2007
01:17:54qui est le lancement
01:17:55de l'iPhone en 2007
01:17:55et les principaux réseaux sociaux
01:17:58notamment Facebook
01:17:59puis ensuite Instagram
01:18:01Twitter X
01:18:02et Youtube
01:18:03a permis un abaissement
01:18:05incroyable du coût d'entrée
01:18:06dans la production
01:18:07d'informations
01:18:07et une multiplication
01:18:08phénoménale
01:18:09de nouvelles voix
01:18:11le pluralisme
01:18:12c'est un mot important
01:18:13ne s'est sans doute
01:18:14jamais aussi bien porté
01:18:15en France qu'aujourd'hui
01:18:16au moins sur les réseaux sociaux
01:18:18il existe des centaines
01:18:19que dis-je
01:18:20des milliers de créateurs
01:18:20de contenu
01:18:21certains revendiquent
01:18:22de faire du journalisme
01:18:23vous en avez parlé hier
01:18:24d'autres refusent
01:18:25d'étiquette
01:18:26certains produisent
01:18:27des programmes innovants
01:18:27et qualitatifs
01:18:28d'autres moins
01:18:30oui
01:18:30comme dans les médias télé
01:18:31ou écrits
01:18:32il existe sur les réseaux sociaux
01:18:33des producteurs de programmes
01:18:34moins fiables que d'autres
01:18:36davantage portés sur l'anecdote
01:18:37sur les petites phrases
01:18:38il y a des entités
01:18:39dont l'agenda
01:18:39est la déstabilisation
01:18:41de la démocratie
01:18:42par intérêt financier
01:18:43ou par intérêt politique
01:18:44ils sont russes
01:18:45chinois
01:18:45ou français
01:18:47et nous sommes de plus en plus
01:18:48nombreux à essayer
01:18:49de nous infiltrer avec eux
01:18:50sous les pouces des français
01:18:51à jouer avec les algorithmes
01:18:53des plateformes
01:18:53pour tenter de capter
01:18:54leur attention
01:18:55c'est pas tous les jours facile
01:18:56comme le rappelait Elsa
01:18:58aucune position
01:18:59n'est vraiment acquise
01:19:01surtout dans ce monde
01:19:01de données
01:19:02et de plateformes
01:19:02qu'on a du mal à maîtriser
01:19:04parce que qu'elles soient
01:19:05chinoises ou américaines
01:19:06elles sont à la fois
01:19:06sans aucun état d'âme
01:19:07et en même temps
01:19:08hyper éditorialisées
01:19:10non seulement ce sont elles
01:19:11qui créent leur propre loi
01:19:12mais en plus
01:19:13elles bénéficient du statut
01:19:14d'hébergeur
01:19:14qui leur permet d'échapper
01:19:15à toute responsabilité éditoriale
01:19:18ce qui est essentiel
01:19:19de comprendre ici
01:19:20c'est que pour nous
01:19:21pour Loopsider
01:19:21pour Brut
01:19:22sans doute pour Combini
01:19:23ou Hugo
01:19:23l'information n'est pas
01:19:24une zone grise
01:19:25nos médias sociaux
01:19:26répondent aux lois en vigueur
01:19:27celles de nos tribunaux
01:19:28évidemment
01:19:29mais aussi celles
01:19:30des plateformes
01:19:31alors chez Loopsider
01:19:32dès le premier jour
01:19:33faute de pouvoir obtenir
01:19:34un accès au code
01:19:35des plateformes
01:19:35c'est pas faute
01:19:36de leur avoir demandé
01:19:37quand on s'est lancé
01:19:38nous avons recruté
01:19:39des data scientists
01:19:40pour comprendre
01:19:41et devancer
01:19:41les tendances algorithmiques
01:19:43c'est d'ailleurs
01:19:43la clé de notre survie
01:19:44aujourd'hui
01:19:45nous avons même conçu
01:19:46un outil
01:19:46qui s'appelle Sherpaille
01:19:47qui les reproduit
01:19:48pour en comprendre
01:19:49le fonctionnement
01:19:50et nous proposons même
01:19:51à nos confrères
01:19:51de l'utiliser
01:19:53en revanche
01:19:53ce que nous refusons
01:19:54de faire avec les algorithmes
01:19:55c'est pas d'image réelle
01:19:56générée par des IA
01:19:58pas de voix clonée
01:19:59pas de personnage synthétique
01:20:00l'IA est chez nous
01:20:01un outil au service
01:20:02des journalistes
01:20:02jamais un substitut
01:20:03d'ailleurs nous avons rédigé
01:20:05un guide de bonne pratique
01:20:06un document vivant
01:20:07plutôt qu'une charte figée
01:20:09pour continuer à réfléchir
01:20:10en pratiquant
01:20:10et nous produisons
01:20:11une veille permanente
01:20:12via le média Upster
01:20:13sur ce que l'IA
01:20:14fait déjà au marché
01:20:14on peut en parler
01:20:15notamment sur la question
01:20:16des emplois
01:20:17le marché du travail
01:20:18le marché des développeurs
01:20:19et des créateurs
01:20:20enfin dans les questions
01:20:21que vous nous avez posées
01:20:22vous nous interrogez
01:20:23sur les aides à la presse
01:20:24et c'est là
01:20:24que les choses
01:20:25deviennent vraiment inconfortables
01:20:27se confronter
01:20:27à ce nouveau réel
01:20:28c'est tout ce que le système
01:20:29des aides aujourd'hui
01:20:30n'encourage pas
01:20:30au contraire
01:20:31il perpétue les anciens modèles
01:20:33les aides à la presse
01:20:34c'est environ
01:20:35si je ne me trompe pas
01:20:36un milliard d'euros
01:20:36qui pèsent sur le budget
01:20:37de l'Etat
01:20:38elles financent des médias
01:20:39traditionnels
01:20:40sans contrepartie réelle
01:20:41ni sur leur impact
01:20:42ni sur la modernisation
01:20:43de ces organisations
01:20:46qui bouge à la vitesse
01:20:47de la lumière
01:20:47d'ailleurs elle s'appelle
01:20:48toujours aide à la presse
01:20:50et surtout
01:20:51elles ne répondent pas
01:20:52aux vrais enjeux du moment
01:20:52la manipulation d'informations
01:20:54la domination algorithmique
01:20:55et le tsunami
01:20:56de l'IA à venir
01:20:58mais la question
01:20:59mérite d'être posée franchement
01:21:00ce milliard d'euros
01:21:00ne serait-il pas plus utile
01:21:02à former les cerveaux
01:21:03à la culture scientifique
01:21:04aux data et aux IA
01:21:05à financer une plateforme
01:21:07d'informationnelle souveraine
01:21:08française-européenne
01:21:09alignée sur les usages
01:21:11avec un algorithme
01:21:11au service de l'intérêt général
01:21:13on peut imaginer des réformes
01:21:15j'ai plein d'idées
01:21:15mais sommes-nous certains
01:21:16que c'est là que se jouent
01:21:17les batailles de demain
01:21:19et pour terminer
01:21:22cette petite introduction
01:21:23après pour répondre
01:21:24à vos questions
01:21:25je voudrais parler
01:21:26de deux journalistes
01:21:27parce que c'est aussi ça
01:21:27la réalité de notre métier
01:21:28en 2026
01:21:31la journaliste
01:21:32Nassira El Mouadem
01:21:32vient de publier
01:21:33Main basse sur la ville
01:21:34une enquête sur la commune
01:21:35du Blanc-Ménil
01:21:37mardi dans les colonnes du monde
01:21:38le sénateur
01:21:38LR Thierry Meignan
01:21:40ancien maire de la ville
01:21:41l'a menacé de mort
01:21:43un sénateur de la République française
01:21:44a dit d'une journaliste
01:21:45je vais la fouetter
01:21:46j'irai jusqu'au bout
01:21:48elle va mourir
01:21:49je la tue
01:21:51qu'un parlementaire menace de mort
01:21:52une journaliste
01:21:52pour avoir fait son travail
01:21:53c'est une rupture fondamentale
01:21:55dans notre fonctionnement démocratique
01:21:57et je n'entends pas
01:21:58assez de voix s'élever
01:21:59contre les propos
01:22:00de M. Meignan
01:22:00votre collègue
01:22:02l'autre journaliste
01:22:03s'appelle Christophe Gleize
01:22:04il a été condamné
01:22:05à 7 ans de prison en Algérie
01:22:06pour avoir réalisé un reportage
01:22:07sur un club de football
01:22:09il est toujours là-bas
01:22:10merci de penser à lui
01:22:12voilà pour cette audition
01:22:13dont on va parler
01:22:14avec Sylvie Robert
01:22:14sénatrice socialiste
01:22:16rapporteur de la mission
01:22:17d'information
01:22:17sur les zones grises
01:22:18de l'information
01:22:19bonjour madame la sénatrice
01:22:20bonjour
01:22:20cette audition
01:22:21elle a été très riche
01:22:22en retour d'expérience
01:22:23notamment de ces trois médias
01:22:24en ligne que vous avez interrogés
01:22:26Brut, Combini, Loopsider
01:22:27qu'est-ce qui vous a le plus
01:22:29marqué dans ces auditions
01:22:30et dans leurs récits
01:22:31notamment sur leur modèle économique
01:22:32mais pas que
01:22:33qu'est-ce que vous retenez
01:22:34de cette audition ?
01:22:35alors d'abord
01:22:36c'est vrai qu'on a commencé
01:22:37les auditions
01:22:37depuis déjà quelques semaines
01:22:40je le dis parce que
01:22:41c'est important
01:22:41dans le processus
01:22:43qui est le nôtre
01:22:44donc une mission
01:22:45d'information
01:22:45qui se transforme
01:22:46en commission d'enquête
01:22:47il faut aussi le dire
01:22:48puisqu'on s'est donné
01:22:49les pouvoirs
01:22:50de la commission d'enquête
01:22:51nous avons donc commencé
01:22:53à auditionner
01:22:54des médias traditionnels
01:22:55des universitaires
01:22:56des chercheurs
01:22:58également
01:22:59l'Arcom
01:23:00Viginum
01:23:01et également
01:23:02donc on a commencé
01:23:03hier
01:23:03vous l'avez
01:23:05énoncé
01:23:06à
01:23:07donc
01:23:08vraiment
01:23:09auditionner
01:23:09des médias en ligne
01:23:11pour essayer
01:23:12à la fois
01:23:12de caractériser
01:23:13ce qu'on pourrait appeler
01:23:14les zones grises
01:23:15dans l'information
01:23:16mais surtout
01:23:16de voir comment
01:23:17ces médias
01:23:20fonctionnent
01:23:20et travaillent
01:23:21et ce qui m'a
01:23:21le plus impressionnée
01:23:22et ils l'ont dit
01:23:23tous les trois
01:23:24c'est leur capacité
01:23:25à s'adapter
01:23:26en permanence
01:23:26à l'évolution des usages
01:23:28à l'évolution
01:23:29du contexte
01:23:30à la fois
01:23:31des plateformes
01:23:32mais aussi algorithmiques
01:23:33parce que derrière
01:23:34partout
01:23:35et ils nous l'ont dit
01:23:35il y a la question
01:23:36du modèle économique
01:23:37il y a la question
01:23:38de leur indépendance
01:23:39par rapport aux plateformes
01:23:40et forcément
01:23:41il y a la question derrière
01:23:42et c'est ça que nous
01:23:43on cherche
01:23:44à travers
01:23:45ces travaux
01:23:46de la qualité
01:23:47de l'information
01:23:48de l'indépendance
01:23:49et bien sûr
01:23:49du pluralisme
01:23:50et justement
01:23:51sur la qualité
01:23:51de l'information
01:23:52lors de cette audition
01:23:53il a été question
01:23:53pourquoi pas
01:23:54d'instaurer un label
01:23:55pour différencier
01:23:56les créateurs de contenu
01:23:57et ces médias
01:23:58qui travaillent
01:23:59avec des journalistes
01:24:00c'est une question
01:24:00qui fait débat
01:24:01le label
01:24:01parce qu'on se demande
01:24:02toujours
01:24:02qui désigne
01:24:04tel est un média
01:24:05tel n'est pas un média
01:24:07quelle est votre position
01:24:08là-dessus
01:24:08est-ce que vous êtes
01:24:08favorable à un label ?
01:24:10Alors c'est vrai
01:24:10qu'à travers déjà
01:24:12les quelques auditions
01:24:13que l'on a faites
01:24:14on voit que c'est un débat
01:24:15c'est-à-dire
01:24:15tout le monde
01:24:16n'est pas d'accord
01:24:17et en même temps
01:24:18tout le monde
01:24:18est d'accord
01:24:19pour convenir
01:24:21que la vraie question
01:24:22qui se pose aujourd'hui
01:24:23c'est la question
01:24:24de la confiance
01:24:25de nos concitoyens
01:24:26dans ces médias
01:24:27et donc derrière
01:24:28la confiance
01:24:28va se poser
01:24:30forcément la question
01:24:31de comment
01:24:32on crée
01:24:33cette confiance
01:24:34et comment on garantit
01:24:35cette confiance
01:24:35et la question
01:24:36d'une certification
01:24:37d'un label
01:24:39permettrait peut-être
01:24:40de leur dire
01:24:41ça a été certifié
01:24:43ça a été labellisé
01:24:44donc vous pouvez avoir
01:24:45confiance
01:24:45par contre
01:24:46ceux qui ne le sont pas
01:24:47il peut y avoir derrière
01:24:49parce que derrière
01:24:49vous savez
01:24:50on travaille aussi
01:24:51sur la question
01:24:51de la démocratie
01:24:52et bien de la manipulation
01:24:54de la désinformation
01:24:55et donc forcément
01:24:56dans certains contextes
01:24:58et on le voit
01:24:58dans les séquences politiques
01:24:59que l'on a vécues
01:25:00avec les municipales
01:25:02mais qui s'annoncent
01:25:02avec les présidentielles
01:25:03que ça va être
01:25:04un enjeu démocratique
01:25:05absolument majeur
01:25:06vous en parlez
01:25:07ces plateformes
01:25:07elles sont aux prises
01:25:08avec des algorithmes
01:25:09qu'elles ne maîtrisent pas
01:25:09d'ailleurs
01:25:10c'est ce qu'elles vous ont dit hier
01:25:11qu'elles ne peuvent pas savoir
01:25:12quand l'algorithme change
01:25:13mais que cet algorithme
01:25:14globalement
01:25:15il met en avant
01:25:15des contenus émotionnels
01:25:17au détriment
01:25:17de contenus informatifs
01:25:19est-ce que vous identifiez
01:25:20déjà des pistes
01:25:21stades pour favoriser
01:25:22pour mettre en valeur
01:25:23des contenus informatifs
01:25:24plutôt que des contenus émotionnels ?
01:25:26Alors
01:25:26quand je disais
01:25:28que c'était des modèles économiques
01:25:29c'est que
01:25:29en fait le buzz
01:25:31forcément derrière
01:25:32c'est des clics
01:25:34et donc
01:25:34ce sont des ressources
01:25:36et vous avez raison
01:25:37c'est un vrai sujet
01:25:39cette question
01:25:40de l'algorithme
01:25:41moi je dis
01:25:42que l'algorithme
01:25:44devient politique
01:25:45parce qu'il éditorialise
01:25:46quelque chose
01:25:47en quelque sorte
01:25:48l'information
01:25:48et forcément
01:25:50puisqu'on peut être
01:25:51happé
01:25:52par la première image
01:25:53par le premier
01:25:53propos de quelqu'un
01:25:55la question cognitive
01:25:56de l'émotion
01:25:57arrive
01:25:57et du coup
01:25:58forcément
01:25:59ça peut être
01:26:00complètement
01:26:01on va dire
01:26:03non conforme
01:26:04à ce qui pourrait être
01:26:06finalement une qualité
01:26:07d'information sourcée
01:26:09donc
01:26:10notre problème
01:26:11enfin notre question
01:26:12c'est la régulation
01:26:14le label
01:26:15peut être une solution
01:26:16mais on voit bien
01:26:17que derrière
01:26:18la transparence
01:26:19des algorithmes
01:26:20pourquoi
01:26:21et comment
01:26:22finalement
01:26:22cet algorithme
01:26:24et bien
01:26:25travaille
01:26:26et comment
01:26:27à un moment
01:26:27on fait la distinction
01:26:28entre ce qui est
01:26:29de l'ordre de la
01:26:30formation
01:26:30ou ce qui est
01:26:31de l'ordre de la
01:26:31communication
01:26:32ce qui n'est pas
01:26:33la même chose
01:26:33parce que derrière
01:26:34ces médias
01:26:35il y a aussi
01:26:35des créateurs
01:26:35de contenu
01:26:36il y a aussi
01:26:36des influenceurs
01:26:37on va les auditionner
01:26:39vous voyez
01:26:39il y a dans
01:26:40dans toute cette
01:26:41on va dire
01:26:42sur le numérique
01:26:44vraiment des
01:26:45on veut distinguer
01:26:47je crois
01:26:47dans le cadre
01:26:49du processus
01:26:50démocratique
01:26:50ce qui va être
01:26:51important
01:26:52à forcément
01:26:54à qualifier
01:26:55c'est-à-dire
01:26:56derrière
01:26:56une information
01:26:57fiable
01:26:58sourcée
01:26:59vérifiée
01:27:00et non pas seulement
01:27:01forcément poussée
01:27:02par un algorithme
01:27:03émotionnel
01:27:04merci Sylvie Robert
01:27:05rapporteur de la
01:27:06mission d'information
01:27:07sur les zones grises
01:27:07de l'information
01:27:08on continuera à suivre
01:27:09vos travaux
01:27:09évidemment sur Public Sénat
01:27:11merci à vous
01:27:16voilà en direct
01:27:17du Sénat
01:27:17c'est fini
01:27:18pour aujourd'hui
01:27:19merci beaucoup
01:27:19de nous avoir suivi
01:27:20un grand merci
01:27:21à Mathilde Noutarelli
01:27:22et Chloé Vaquette
01:27:23qui ont préparé
01:27:24tous les extraits
01:27:25que nous avons diffusés
01:27:26l'émission est à revoir
01:27:28sur notre site
01:27:28publicsénat.fr
01:27:29où vous retrouvez
01:27:30également
01:27:30tous les articles
01:27:31les décryptages
01:27:32de nos journalistes
01:27:33sur les sujets
01:27:33politiques et parlementaires
01:27:35ne bougez pas
01:27:36dans un instant
01:27:36c'est Sens Public
01:27:37le magazine de l'information
01:27:38présenté par Thomas Hugues
01:27:40très bonne soirée
01:27:41sur les chaînes
01:27:41parlementaires
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