- il y a 12 heures
Le 25 mars, la commission d’enquête du Sénat sur les “zones grises de l’information” organisait une table-ronde en présence de Brut, Konbini et Loopsider. Cette instance, créée en mars 2026, étudie les nouveaux acteurs du numérique désormais incontournables dans le paysage de l’information, mais difficilement régulés. Elsa Darquier pour Brut, Johan Hufnagel pour Loopsider et Amir Bendjaballah pour Konbini ont présenté leur modèle économique tout en insistant sur l’indépendance éditoriale de leurs journalistes. Ils ont mis en garde sur leur grande dépendance aux plateformes et à leurs algorithmes, gardés secrets. Revivez ces échanges. Année de Production : 2025
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00:01Générique
00:10Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans 100% Sénat.
00:14La commission de la culture recevait il y a deux jours les médias Brut, Loopsider et Combini
00:19dans le cadre d'une mission d'information sur la régulation de l'information dans l'espace numérique.
00:26On réécoute ensemble cette audition.
00:28Comme vous le savez, l'information circule aujourd'hui plus vite que jamais.
00:32Dans ce nouvel écosystème, les médias en ligne ne sont pas seulement des relais.
00:36Ils structurent le débat public, ils façonnent la compréhension du monde,
00:40ils touchent des publics qui échappaient jusqu'ici aux médias traditionnels, en particulier les plus jeunes.
00:46C'est précisément l'enjeu qui est au cœur de vos travaux.
00:48C'est d'ailleurs pour les jeunes que Brut a été lancé en 2016.
00:52Nous sommes un média d'information basé dès l'origine, vous l'avez dit, sur le digital
00:57et les plateformes sociales.
00:59Dix ans plus tard, Brut s'est imposé comme une référence pour les 18-35 ans en France.
01:03Nous touchons aujourd'hui l'immense majorité de cette génération avec une responsabilité particulière,
01:09celle d'informer un public jeune, exigeant et massivement exposé au contenu en ligne.
01:15Cette responsabilité, nous la prenons très au sérieux.
01:19Permettez-moi d'en dire un tout petit peu plus sur Brut.
01:21Nous proposons une information qui est factuelle, accessible et compréhensible,
01:25sans renoncer à la rigueur éditoriale qui nous incombe en tant que médias d'information.
01:31Nous avons une organisation qui est structurée autour de deux pôles clairement distincts.
01:37Une rédaction de journalistes, des journalistes en détenteurs tous de quart de presse,
01:41qui est garante de l'indépendance et de l'exigence éditoriale.
01:44De notre côté, nous avons une équipe de « brain content » clairement identifiée,
01:49qui permet de financer notre modèle tout en préservant l'intégrité de l'information.
01:53Nous reviendrons sur le modèle économique des médias en ligne un peu plus tard.
01:57Notre ambition est de rendre l'information accessible à tous, sans barrière sociale ni culturelle,
02:02tout en contribuant à une forme de régulation par la responsabilité.
02:07Et cette responsabilité, elle est indispensable.
02:10Nous avons développé une écriture spécifique fondée sur des formats très différents,
02:13une actualité en temps réel, donc à travers du live ou des formats très courts,
02:18des contenus explicatifs qui donnent des clés de compréhension,
02:21et des formats plus longs, documentaires, enquêtes ou interviews, pour prendre du recul.
02:26Nous traitons aussi des sujets trop peu visibles dans le débat public,
02:30la place des femmes dans la société, la santé mentale des jeunes,
02:33ou encore les enjeux environnementaux ou sociaux.
02:37Enfin, notre développement à l'international,
02:39dont nous sommes pris en Inde, en Afrique et aux Etats-Unis,
02:42témoigne de la pertinence de ce modèle.
02:45Depuis l'automne 2025, Brut a rejoint CMA Média.
02:49Ce rapprochement nous permet de renforcer des capacités technologiques et publicitaires,
02:53tout en conservant notre identité, c'est-à-dire notre rigidité,
02:57notre exigence et notre indépendance éditoriale.
03:00En ce qui concerne le cadre juridique et la responsabilité des médias en ligne,
03:05vous le savez sûrement, nous sommes soumis à la loi du 29 juillet 1881.
03:10On a donc la nomination d'un directeur de publication,
03:14une responsabilité éditoriale et le respect du droit de la presse.
03:17Depuis 2005, Brut est aussi reconnu comme service de presse en ligne
03:22par la commission paritaire des publications et agences de presse.
03:26Brut bénéficie également d'une reconnaissance professionnelle,
03:29dans le cadre de cette certification,
03:32qui nous donne l'accès à des avantages directs ou indirects.
03:36Enfin, aussi, cette responsabilité et ce cadre s'appuient sur une exigence déontologique forte.
03:40Donc nous avons des journalistes titulaires d'une carte de presse
03:45qui sont soumis aux standards de la profession
03:47et nous avons également signé une charte déontologique signée au niveau du groupe CMA Média.
03:52La production de l'information repose sur un travail de terrain,
03:55une conférence de rédaction qui est quotidienne,
03:59une hiérarchie de validation,
04:01une garantie de la fiabilité des contenus
04:03dans un contexte marqué particulièrement par la désinformation.
04:07Nous avons, je vous l'ai dit, une indépendance éditoriale.
04:09Ce ne sont pas les mêmes équipes qui produisent du contenu d'information
04:12que celles qui produisent du contenu pour nos partenaires commerciaux.
04:16Et nous avons aussi l'indépendance vis-à-vis des autres activités de CMA Média.
04:20Nous sommes brut et très attachés au pluralisme en tant que tel.
04:25Nous l'avons démontré à chaque élection.
04:26Nous reçoivons l'ensemble des candidats.
04:30En 2022, nous avons reçu les 12 candidats à l'élection présidentielle
04:34sous le même format question-réponse.
04:37Enfin, la gestion des interactions,
04:39ce qu'on appelle les conversations sociales,
04:40est un enjeu majeur en tant que médias d'information en ligne.
04:44On génère plus de 250 000 commentaires par semaine.
04:48Brut met en œuvre une politique de modération hybride.
04:51On s'appuie sur des outils automatisés,
04:53sur les outils de modération qui sont mis à disposition par les plateformes
04:58et par une modération humaine,
04:59afin de garantir un espace d'échange respectueux et sécurisé.
05:04L'objectif pour Brut, c'est de maintenir la confiance avec son public.
05:08Au-delà des audiences,
05:09on évalue régulièrement le taux de confiance qui est accordé à notre média.
05:14La dernière étude date de 2025 par comptard
05:17et on a un taux de confiance en notre média qui est de 86% en France,
05:21quand la moyenne des médias traditionnels est autour de 30%.
05:24Alors, quels seraient les enjeux de la régulation ?
05:27Brut, et comme d'autres médias en ligne,
05:29on évolue dans un environnement qui est complexe,
05:32qui est marqué par une dépendance aux plateformes.
05:35Dans ce contexte, l'information est mise en concurrence avec d'autres formats.
05:40La visibilité de nos formats dépend aussi des règles algorithmiques.
05:46Cette spécificité a des conséquences directes sur notre business model,
05:52sur la façon dont on est rémunéré.
05:55La production aujourd'hui d'informations,
05:57même si c'est au cœur de notre média,
06:01ça ne suffit pas à garantir la rentabilité de Brut.
06:04Pour cela, on doit s'appuyer sur des activités complémentaires
06:07pour financer notre activité journalistique
06:09et préserver cette indépendance éditoriale.
06:12Donc, plus largement, on sait que les médias en ligne
06:16ont un business model qui est fragile,
06:19dépendant aux plateformes,
06:20qui captent une part importante de la valeur,
06:23et aussi, on est soumis à des règles algorithmiques
06:27qui changent régulièrement.
06:29Dans ce contexte, l'enjeu pour votre commission d'enquête
06:32consiste à déterminer un équilibre de régulation
06:35adapté aux spécificités des médias au format hybride,
06:38aux prises avec des participations
06:40qu'on appelle gatekeeper,
06:42qui captent les revenus,
06:45avec des modèles économiques encore instables.
06:49Pour moi, c'est une situation qui appelle davantage à de l'accompagnement
06:52plutôt qu'à nous mettre des contraintes nouvelles
06:54pour nous permettre de réussir à produire une information de qualité.
06:59C'est pourquoi une régulation qui serait inadaptée
07:02risquerait de freiner l'innovation
07:04et aussi la compétitivité internationale des acteurs français,
07:07comme Brut.
07:09Le rattachement de Brut aux services de presse en ligne
07:12apparaît cohérent,
07:13dès lors qu'il s'agit d'un média produisant des contenus originaux
07:16créés par des journalistes.
07:18Enfin, des dispositifs ciblés,
07:20tels que les chars déontologiques,
07:22peuvent utilement renforcer la confiance avec le public.
07:26Tandis qu'un alignement complet,
07:28vous en parliez tout à l'heure,
07:29au régime audiovisuel,
07:31nous paraît peu pertinent
07:32au regard des spécificités liées,
07:34notamment à la diffusion sur un réseau souverain.
07:36Nous, nous sommes sur des plateformes
07:38qui nous sont non souveraines.
07:40Le format vidéo dans un contexte d'usage hybride
07:42ne justifie pas à lui seul
07:43notre rattachement à ce système audiovisuel.
07:47En définitive, l'enjeu prioritaire
07:49est de permettre aux acteurs vertueux
07:51de se développer durablement
07:54en garantissant leur visibilité sur les plateformes,
07:57en leur donnant des moyens
07:58permettant d'accéder à une rémunération équitable
08:01de leur contenu.
08:03Je vous remercie pour votre attention
08:05et je me tiens évidemment à vos dispositions
08:06pour vos questions.
08:07Merci, madame.
08:08Monsieur Fneiguel.
08:12Monsieur le Président Lafon,
08:15mesdames les rapporteurs,
08:16mesdames les sénatrices,
08:17les sénateurs, pardon.
08:19Merci beaucoup.
08:20Je suis donc cofondateur
08:22et directeur de la rédaction
08:23de Loopsider.
08:24J'ai passé une première partie
08:26de ma carrière
08:26dans la presse traditionnelle,
08:29à une époque
08:29où le web n'existait pas.
08:31Je suis sans doute un peu
08:32un des dinosaures de cette salle.
08:34et un jour,
08:35j'ai regardé les chiffres,
08:36les chiffres de diffusion,
08:37les chiffres de vente
08:39et je me suis dit
08:40que les gens qu'on voulait toucher
08:42n'achetaient plus les journaux
08:45et qu'il fallait aller les chercher ailleurs.
08:47Donc j'ai fait un choix,
08:48justement,
08:49aller les chercher là où ils étaient
08:50sans jamais sacrifier
08:51ce qui fait la valeur du journalisme,
08:53la rigueur,
08:54l'honnêteté,
08:55l'intérêt général,
08:56le terrain,
08:57le temps long
08:57et la nuance.
08:59J'ai notamment cofondé
09:00le magazine en ligne Slate en 2009,
09:02Loopsider en 2018.
09:04Et au cours de ma carrière
09:05dans ces médias,
09:06mais aussi à Libération,
09:07il y a 20 minutes,
09:08j'ai toujours suivi
09:09cette ligne directrice
09:10à aller chercher les publics
09:11là où ils sont.
09:13Et aujourd'hui,
09:14les personnes,
09:14elles sont en parler,
09:15qui veulent s'informer,
09:16vont sans sur les plateformes sociales.
09:19Avec Loopsider,
09:20nous avons créé un média
09:21qui leur parle
09:22et qui compose
09:23avec les algorithmes.
09:25Mais on ne veut pas
09:25et on refuse
09:26d'en être captifs
09:27et surtout,
09:29ce qu'on maintient absolument,
09:30c'est de respecter
09:30les standards de notre métier.
09:32Loopsider,
09:33aujourd'hui,
09:33c'est 20 salariés,
09:34la moitié sont titulaires
09:35d'une carte de presse.
09:37Ils sillonnent la France
09:38plusieurs fois par semaine
09:39pour filmer le réel
09:40à hauteur d'humain.
09:41Je donne des exemples.
09:43Nous ne parlons pas
09:43du secteur industriel.
09:45Nous filmons Matisse,
09:4619 ans,
09:47ouvrier sur un chantier.
09:48On ne parle pas
09:49de l'inflation.
09:50Nous suivons Aïcha
09:51qui est boulangère à Paris.
09:53La règle que nous nous sommes fixées
09:54est simple.
09:55Si on ne peut pas mettre
09:56un prénom
09:57dans le titre d'un sujet,
09:58on ne traite pas ce sujet.
10:00Loopsider est un média rentable.
10:03Notre modèle repose
10:04sur deux piliers.
10:05On en a parlé aussi tout à l'heure.
10:06Le brand content,
10:07c'est-à-dire le public reportage,
10:08le contenu de marque,
10:09en bon français,
10:11et une partie studio,
10:12la production de programmes
10:13pour des marques,
10:14des titres de presse
10:15ou des médias
10:16comme T18
10:16ou le magazine Elle.
10:19Nous ne dépendons pas
10:20des revenus
10:20des réseaux sociaux.
10:21C'est une décision fondatrice
10:23qui nous permet aujourd'hui
10:24d'être totalement indépendants
10:25dans nos choix éditoriaux.
10:28Un petit mot
10:29sur la structure
10:30de Loopsider.
10:32Les fondateurs
10:32sont également actionnaires
10:33à 45%
10:34et le groupe CMI,
10:36entré au Capital en 2023,
10:38détient également 45%.
10:39Les 10% restants
10:40sont des actionnaires
10:41qui nous ont accompagnés
10:42dès le début
10:43de l'aventure de Loopsider
10:44et qui sont aujourd'hui dormants.
10:47Précision d'importance,
10:48notre pacte d'actionnaires
10:49justement garantit
10:50aux fondateurs
10:50de garder la main
10:51sur les décisions éditoriales
10:53sans droit d'intervention
10:54des autres actionnaires.
10:55Et notre déontologie
10:56nous impose
10:57une transparence totale
10:58sur ce qui est journalistique
10:59et ce qui est public reportage.
11:01Avant même de scroller,
11:03l'utilisateur
11:03est informé
11:04de toute intervention commerciale.
11:06C'est une règle
11:06non négociable
11:07et c'est notre contrat
11:08de confiance
11:09avec notre audience.
11:10Nous avons également
11:11rédigé une charte déontologique
11:12au lancement de Loopsider.
11:14parce que la confiance
11:15pour nous
11:16elle est évidemment essentielle.
11:17Elle est avec la question
11:18des algorithmes
11:19et j'y reviendrai plus tard
11:20au cœur de nos préoccupations
11:21et au cœur de cette audition
11:22si j'ai bien compris
11:23et lui en creux
11:23vos questions.
11:25La confiance passe
11:26par notre capacité
11:27à créer de la valeur,
11:28à construire une communauté,
11:29une communauté
11:30qui se reconnaît
11:31dans notre travail
11:31et à trouver des revenus
11:33qui ne nous rendent
11:33dépendants de personne
11:34ni d'un actionnaire
11:36ni d'un algorithme
11:37ni de l'État.
11:38La question algorithmique
11:40est complexe.
11:40Grâce à des suites
11:41de calculs,
11:42un seul individu
11:43peut aujourd'hui
11:43toucher plus d'audience
11:44que tous les journalistes
11:45d'une chaîne d'information
11:45continue.
11:46C'est grâce à eux
11:47que Loopsider,
11:48Brut, Combini,
11:50Hugo,
11:50Hugo Descript,
11:51Micote touche
11:51des dizaines de millions
11:52de Français
11:52et de Français
11:53chaque jour.
11:54Ces Français
11:55et ces Français
11:55ne lisent pas le monde
11:56ou le Figaro,
11:56elles n'écoutent pas
11:57France Inter ou RTL,
11:59elles ne regardent plus
11:59les JT ou alors
12:00occasionnellement.
12:01Pas parce qu'ils se fichent
12:02de l'information,
12:02ça c'est important,
12:03mais parce que les médias
12:04traditionnels
12:04ne leur parlent plus
12:05ou parce qu'ils
12:06s'informent autrement.
12:07La double révolution
12:08de 2006-2007
12:10qui est le lancement
12:11de l'iPhone en 2007
12:12et les principaux
12:13réseaux sociaux,
12:15notamment Facebook
12:16puis ensuite Instagram,
12:18Twitter X et YouTube
12:20a permis un abaissement
12:21incroyable du coût
12:22d'entrée dans la production
12:23d'informations
12:24et une multiplication
12:25phénoménale
12:25de nouvelles voies.
12:28Le pluralisme,
12:29c'est un mot important,
12:30ne s'est sans doute
12:30jamais aussi bien porté
12:31en France qu'aujourd'hui,
12:33au moins sur les réseaux
12:34sociaux.
12:35Il existe centaines
12:36que, dis-je,
12:36des milliers de créateurs
12:37de contenu,
12:37certains revendiquent
12:38de faire du journalisme,
12:40vous en avez parlé hier,
12:41d'autres refusent
12:42l'étiquette,
12:43certains produisent
12:43des programmes
12:43innovants et qualitatifs,
12:45d'autres moins.
12:46Oui, comme dans les médias
12:48télé ou écrits,
12:48il existe sur les réseaux
12:49sociaux des producteurs
12:50de programmes moins fiables
12:51que d'autres,
12:52davantage portés sur
12:53l'anecdote,
12:54sur les petites phrases.
12:54Il y a des entités
12:55dont l'agenda
12:56est la déstabilisation
12:58de la démocratie
12:58par intérêt financier
13:00ou par intérêt politique.
13:01Ils sont russes,
13:02chinois ou français.
13:04Et nous sommes
13:04de plus en plus nombreux
13:05à essayer de nous infiltrer
13:06avec eux,
13:07sous les pousses des français,
13:08à jouer avec les algorithmes
13:09des plateformes
13:10pour tenter de capter
13:10leur attention.
13:12Ce n'est pas tous les jours
13:12facile,
13:13comme le rappelait Elsa.
13:14Aucune position
13:15n'est vraiment acquise,
13:17surtout dans ce monde
13:18de données et de plateformes
13:19qu'on a du mal à maîtriser.
13:20Parce que,
13:21qu'elles soient chinoises
13:22ou américaines,
13:22elles sont à la fois
13:23sans aucun état d'âme
13:24et en même temps
13:25hyper éditorialisées.
13:26Non seulement ce sont elles
13:27qui créent leur propre loi,
13:29mais en plus,
13:29elles bénéficient
13:30du statut d'hébergeur
13:31qui leur permet d'échapper
13:32à toute responsabilité éditoriale.
13:35Ce qui est essentiel
13:36de comprendre ici,
13:36c'est que pour nous,
13:37pour Loopsider,
13:38pour Brut,
13:38sans doute pour Combini
13:39ou Hugo,
13:40l'information n'est pas
13:40une zone grise.
13:42Nos médias sociaux
13:43répondent aux lois en vigueur,
13:44celles de nos tribunaux,
13:45évidemment,
13:46mais aussi celles des plateformes.
13:48Alors,
13:48chez Loopsider,
13:49dès le premier jour,
13:50faute de pouvoir obtenir
13:51un accès au code des plateformes,
13:52ce n'est pas faute
13:52de leur avoir demandé
13:54quand on s'est lancé,
13:55nous avons recruté
13:56des data scientists
13:57pour comprendre
13:57et devancer
14:00la clé de notre survie aujourd'hui.
14:01Nous avons même conçu
14:02un outil
14:03qui s'appelle Sherpaille
14:04qui les reproduit
14:05pour en comprendre
14:05le fonctionnement
14:06et nous proposons même
14:07à nos confrères
14:08de l'utiliser.
14:09En revanche,
14:10ce que nous refusons
14:10de faire avec les algorithmes,
14:12ce n'est pas d'image réelle
14:13générée par des IA,
14:14pas de voix clonée,
14:15pas de personnage synthétique.
14:17L'IA est chez nous
14:18un outil au service
14:18des journalistes,
14:19jamais un substitut.
14:20D'ailleurs,
14:21nous avons rédigé
14:21un guide de bonne pratique,
14:22un document vivant
14:23plutôt qu'une charte figée
14:25pour continuer à réfléchir
14:26en pratiquant
14:27et nous produisons
14:27une veille permanente
14:28via le média Upster
14:29sur ce que l'IA fait déjà
14:31au marché.
14:31On peut en parler notamment
14:32sur la question des emplois,
14:33le marché du travail,
14:34le marché des développeurs
14:35et des créateurs.
14:37Enfin,
14:37dans les questions
14:38que vous nous avez posées,
14:39vous nous interrogez
14:39sur les aides à la presse
14:40et c'est là
14:41que les choses
14:41deviennent vraiment inconfortables.
14:43Se confronter
14:44à ce nouveau réel,
14:45c'est tout ce que le système
14:46des aides aujourd'hui
14:46n'encourage pas.
14:47Au contraire,
14:48il perpétue
14:49les anciens modèles.
14:50Les aides à la presse,
14:51c'est environ,
14:52si je ne me trompe pas,
14:52un milliard d'euros
14:53qui pèsent sur le budget
14:54de l'État ?
14:54Elles financent
14:55des médias traditionnels
14:56sans contrepartie réelle,
14:58ni sur leur impact,
14:59ni sur la modernisation
15:00de ces organisations.
15:01L'estolante a évolué
15:02dans un monde
15:02qui bouge
15:03à la vitesse de la lumière.
15:04D'ailleurs,
15:04elle s'appelle toujours
15:05aide à la presse.
15:07Et surtout,
15:07elles ne répondent pas
15:08aux vrais enjeux du moment,
15:09la manipulation d'informations,
15:11la domination algorithmique
15:12et le tsunami
15:12de l'IA à venir.
15:14Mais la question
15:15mérite d'être posée franchement.
15:16Ce milliard d'euros
15:17ne serait-il pas plus utile
15:18à former les cerveaux
15:19à la culture scientifique,
15:21aux data et aux IA,
15:22à financer une plateforme
15:23d'informationnelle souveraine,
15:25française-européenne,
15:26alignée sur les usages
15:27avec un algorithme
15:28au service de l'intérêt général ?
15:29On peut imaginer des réformes,
15:31j'ai plein d'idées,
15:32mais sommes-nous certains
15:33que c'est là
15:33que se jouent
15:33les batailles de demain ?
15:36Et pour terminer
15:38cette petite introduction,
15:40après,
15:40pour répondre à vos questions,
15:41je voudrais parler
15:42de deux journalistes,
15:43parce que c'est aussi ça
15:44la réalité de notre métier
15:45en 2026.
15:47La journaliste
15:48Nassira El-Mohadem,
15:49vient de publier
15:50« Main basse sur la ville »,
15:51une enquête sur la commune
15:52du Blanc-Ménil.
15:53Mardi,
15:54dans les colonnes du Monde,
15:54le sénateur LR Thierry Meignan,
15:57ancien maire de la ville,
15:58l'a menacé de mort.
15:59Un sénateur de la République française
16:01a dit d'une journaliste
16:02« Je vais la fouetter,
16:03j'irai jusqu'au bout,
16:05elle va mourir,
16:05je la tue ».
16:07Qu'un parlementaire menace de mort,
16:09une journaliste
16:09pourra avoir fait son travail.
16:10C'est une rupture fondamentale
16:11dans notre fonctionnement démocratique.
16:14Et je n'entends pas
16:14assez de voix s'élever
16:15contre les propos
16:16de M. Meignan,
16:17votre collègue.
16:18L'autre journaliste
16:19s'appelle Christophe Gleize.
16:21Il a été condamné
16:21à 7 ans de prison en Algérie
16:22pour avoir réalisé
16:23un reportage
16:24sur un club de football.
16:25Il est toujours là-bas.
16:26Merci de penser à lui.
16:29Merci à vous.
16:29Je suis à vos dispositions
16:30pour les questions.
16:33M. Benjabala
16:35pour Combini.
16:40M. le Président,
16:42messieurs et mesdames
16:43les rapporteurs,
16:44sénateurs,
16:45mes chers homologues.
16:49Donc, je vais vous parler
16:50de Combini, évidemment.
16:51Combini est un média
16:52né sur Internet
16:54en 2007.
16:56Donc, on est un petit peu âgé
16:58pour un média jeune.
17:00À un moment où une partie
17:01des jeunes générations
17:02ne se reconnaissaient plus
17:04pleinement dans les formats
17:05traditionnels de l'information,
17:07notamment audiovisuel.
17:09Notre ambition a été
17:10dès l'origine
17:11de recréer un lien
17:11avec ces publics
17:13en proposant des contenus
17:14qui leur parlent
17:14dans leurs codes
17:15sans renoncer
17:16aux exigences journalistiques.
17:19Notre modèle repose
17:20sur deux piliers
17:21clairement distincts.
17:22Piliers qui ont d'ailleurs
17:22été évoqués par mes chers homologues.
17:24Le premier,
17:25notre activité éditoriale.
17:28Combini s'appuie
17:29sur une rédaction structurée
17:30composée notamment
17:31d'une vingtaine de journalistes
17:33titulaire d'une carrière
17:34de presse
17:34qui produisent
17:35des contenus originaux,
17:36reportages, interviews,
17:37formats de société
17:38et de culture.
17:39Nous ne sommes pas
17:40un média d'agrégation.
17:42Nous produisons
17:43nos propres contenus
17:44avec une écriture adaptée
17:45aux usages contemporains
17:47mais avec des exigences
17:48journalistiques constantes.
17:51Vérification de l'information,
17:52regroupement des sources,
17:54respect du contradictoire,
17:55indépendance éditoriale.
17:56Ces principes sont formalisés
17:58dans une charte déontologique
17:59signée par l'ensemble
17:59de la rédaction
18:00et appliquée au quotidien.
18:02Le second pilier
18:03est notre activité
18:04de création de contenu
18:05pour les marques
18:05qu'on appelle donc
18:06le brain content.
18:07Nous avons développé
18:09une réelle expertise
18:09dans ce domaine
18:10en concevant
18:10et en produisant
18:11des contenus
18:12pour les annonceurs
18:13adaptés aux mêmes
18:14environnements de diffusion
18:15mais là aussi
18:16la règle est claire
18:17et non négociable.
18:18Une séparation stricte
18:19entre les équipes éditoriales
18:21et les équipes commerciales.
18:22Les contenus de marques
18:23sont produits
18:23par les équipes dédiées
18:24distinctes de la rédaction
18:25et sont systématiquement
18:26identifiées comme telles.
18:27Un journaliste
18:28n'intervient jamais
18:29sur un contenu commercial
18:30et inversement.
18:31Cette organisation
18:32est essentielle
18:32pour garantir
18:33la clarté de notre offre
18:34et la confiance
18:35de notre audience.
18:37La zone grise
18:37souvent évoquée
18:38à propos des médias en ligne
18:40tient selon nous
18:40moins à un manque de règles
18:42qu'à une évolution
18:42des formats et des modèles.
18:43Nous produisons des contenus
18:45qui peuvent être
18:46plus courts,
18:46plus incarnés,
18:48plus accessibles
18:49dans leur ton
18:49mais la forme
18:49ne doit pas être confondue
18:51avec le niveau d'exigence.
18:52Un contenu diffusé
18:53sur les réseaux sociaux
18:55peut parfaitement respecter
18:56les standards du journalisme
18:57dès lors que les méthodes
18:58de travail sont rigoureuses.
19:00Et enfin,
19:00nous revendiquons
19:01un positionnement éditorial
19:02centré sur la culture
19:03et les sujets de société.
19:04La culture n'est pas
19:05un sujet périphérique,
19:06c'est un point d'entrée
19:07vers la compréhension du monde,
19:09un levier pour intéresser
19:10des publics
19:10qui se tiennent parfois
19:11à distance de l'information.
19:12Notre rôle est donc
19:13de recréer des passerelles,
19:14rendre l'information accessible
19:16sans la simplifier
19:17et contribuer
19:18à une meilleure compréhension
19:18des enjeux contemporains.
19:20C'est dans cet équilibre
19:21entre création originale,
19:22exigence déontologique
19:23et adaptation d'usage
19:24que nous inscrivons notre action.
19:27Je vous remercie.
19:31Merci, M. le Président.
19:39Merci, M. le Président.
19:40Première question,
19:40d'abord merci
19:41pour la présentation,
19:44vos présentations respectives.
19:49J'ai une première question
19:50qui finalement vous concerne
19:53tous les trois
19:53parce que vous avez mis l'accent
19:54sur d'abord l'indépendance
19:57par rapport aux réseaux sociaux,
19:59la séparation très claire
20:01entre ce que vous faites
20:04en matière de production d'informations,
20:08on va le dire comme ça,
20:08et puis ce que vous venez de dire,
20:11monsieur,
20:12sur finalement ce brain content
20:14qui permet aussi
20:15d'avoir un certain nombre de revenus.
20:18Parce que derrière tout ce que vous avez dit,
20:20au-delà de ça,
20:20c'est la question par l'indépendance
20:22de votre modèle économique.
20:25Et d'ailleurs, vous avez cité,
20:27on a eu des auditions hier
20:30où ça a été beaucoup évoqué,
20:32la question des aides à la presse.
20:35À ce jour,
20:36par rapport à vos modèles économiques,
20:38les modèles économiques respectifs
20:40dans le contexte actuel,
20:42qui n'est pas quand même très simple,
20:44que ce soit pour les médias traditionnels
20:46qui sont dans une très grande fragilité,
20:49mais également,
20:50on voit bien aussi dans le numérique
20:54pour des raisons de captation
20:56de la publicité et d'asymétrie aussi,
20:59on va dire réglementaire,
21:01quel serait pour vous,
21:03pour solidifier vos modèles économiques,
21:07finalement,
21:09quelles seraient pour vous les réponses,
21:11alors nous sommes législateurs,
21:12que nous pourrions apporter
21:14pour à la fois assurer
21:18un modèle économique viable,
21:21garantir votre indépendance,
21:23tout ça,
21:24et notamment,
21:24vous avez parlé, madame,
21:26pluralisme,
21:26c'est-à-dire finalement,
21:29ce qu'on attend aussi
21:30d'un producteur d'informations,
21:32et non pas de manipulation
21:35ou de désinformation,
21:36et vous avez bien mis l'accent là-dessus,
21:39et puis derrière,
21:40finalement,
21:41d'équilibre entre
21:43ce qu'on appelle peut-être
21:44communication,
21:46et puis information,
21:48parce que vous êtes au croisement
21:49de toutes ces problématiques-là,
21:53donc,
21:53quel serait pour vous,
21:55alors j'ai bien entendu,
21:56monsieur qui dit,
21:57on va revoir
21:58les critères d'aide à la presse,
22:01après tout le monde a des idées,
22:03donc,
22:04mais est-ce qu'il y a d'autres,
22:07et je pense à la question algorithmique,
22:09derrière,
22:10et des plateformes,
22:12est-ce que vous avez
22:13d'autres propositions,
22:15en tout cas,
22:16à nous soumettre ?
22:19C'est un vaste sujet.
22:25Effectivement,
22:25comme le disait Johan,
22:27il y a un vrai sujet
22:29concernant la manière
22:30dont les médias en ligne
22:31sont accompagnés
22:32dans le cadre de subventions,
22:34il y a effectivement
22:37un niveau d'exigence
22:38qui est le même pour tous,
22:39dans le cadre de tout ce qui peut être lié
22:42à la fiabilité de l'information,
22:44à la vérificité de cette information,
22:45mais néanmoins,
22:46il y a un sujet qui est
22:47qu'on ne dispose pas forcément
22:49des mêmes moyens,
22:49et on est sur un modèle
22:52concernant les médias en ligne
22:53qui est quand même très dépendant
22:54de la publicité,
22:54ce qui peut évidemment créer
22:56un certain nombre
22:57d'effets collatéraux.
22:59Évidemment,
23:01le paradigme,
23:02c'est à la fois
23:02de continuer
23:03à se financer,
23:04mais également
23:05de continuer
23:05à proposer une promesse
23:07qui soit viable,
23:08fiable,
23:08de sorte à ce que
23:09l'audience,
23:11qui est la nôtre,
23:12ne puisse continuer
23:13à être engagée auprès de nous.
23:14Donc,
23:14c'est vraiment deux équilibres
23:15qu'il faut respecter,
23:16et donc l'un ne va pas
23:17sans l'autre.
23:17Sans financement,
23:18les médias n'existent pas,
23:19mais en même temps,
23:19si on est happé
23:21par un souci
23:22qui est uniquement
23:22un souci économique,
23:23il y a un souci
23:25de légitimité,
23:26de crédibilité
23:26qu'on perd derrière.
23:27Donc,
23:27le fait de pouvoir
23:29être entre guillemets
23:30logé à la même enseigne
23:31que d'autres médias
23:32plus traditionnels
23:32nous permettrait déjà,
23:34je pense,
23:34d'avoir une certaine assise
23:36et d'être peut-être
23:36moins publicité dépendant.
23:37L'autre point,
23:39c'est la manière
23:40dont on est jugé
23:41et dont on est régi
23:43par les plateformes.
23:44Aujourd'hui,
23:45il y a quand même
23:46un sujet assez global
23:47quand on parle des plateformes,
23:49de course à l'audience,
23:50et ces plateformes,
23:52de manière générale,
23:53favorisent plutôt
23:53des contenus
23:54qui sont des contenus
23:56émotionnellement intéressants,
23:56pertinents.
23:57On va parler de buzz
23:58à ce moment-là.
23:59Et donc,
24:00c'est compliqué
24:01pour des médias,
24:04notamment,
24:04qui ont une vocation
24:05à traduire dans l'information
24:07qui soit fiable,
24:08vérifiée,
24:09et donc qui ont des journalistes.
24:10Là où,
24:10dans certains cas,
24:11on a plutôt affaire
24:11à des créateurs de contenus
24:12qui ne sont pas des journalistes,
24:14d'être dans une configuration
24:16de recherche au buzz
24:18ou à recherche à l'effet
24:20un petit peu au haut.
24:21Et à ce moment-là,
24:22c'est vrai que c'est essentiel
24:25pour nous d'être valorisés
24:26en tant que tels
24:27au sein de ces plateformes
24:28et dans la manière
24:29dont on va traiter l'information
24:30ou dans la manière
24:31dont on va porter notre contenu,
24:32d'avoir des éléments
24:34de différenciation
24:34ou de valorisation
24:35qui tendent à valoriser
24:37notre modèle
24:37et notre travail
24:38puisqu'aujourd'hui,
24:38un média,
24:40dans la manière
24:40dont il est constitué,
24:41est beaucoup plus coûteux
24:43structurellement
24:44que des créateurs
24:45ou des personnes
24:45qui n'intègrent pas
24:47des fonctions
24:47comme celles de journalistes.
24:49Donc là-dessus,
24:49effectivement,
24:51il y a un sujet
24:52ou en tout cas,
24:53il y a une nécessité
24:54d'être identifié
24:56tel quel
24:56ou en tout cas,
24:57de pouvoir permettre
24:58au public
24:59de distinguer
25:00l'approche d'un média
25:01avec tout ce que ça implique
25:02avec l'approche
25:03de créateurs de contenus
25:04qui ne sont pas forcément
25:05des médias.
25:06Donc un label,
25:07une certification ?
25:09Oui.
25:09Un label,
25:10une certification,
25:11je ne sais pas,
25:12vous pensez à ça ?
25:14D'accord.
25:14Ça peut être dans,
25:15après,
25:15à voir quels sont les critères,
25:16à voir quels sont
25:17les médias en ligne
25:18qui souscrivent,
25:19parce que je pense
25:20que les règles,
25:20c'est plutôt à nous
25:21de les définir,
25:21mais il y a effectivement
25:23un sujet
25:23qui est qu'on ne doit pas,
25:26en tout cas,
25:26il faut qu'on arrive
25:27à ne pas se faire rapper
25:28par la nécessité
25:29de produire du contenu
25:31en passant à côté
25:32de quelques biais qualitatifs
25:33ou déontologiques.
25:39Nous,
25:40aujourd'hui,
25:42effectivement,
25:43Johan le disait,
25:44on n'a pas de dépendance
25:45financière aux plateformes.
25:46C'est moins de 5%
25:48de notre chiffre d'affaires,
25:49moins de 4%.
25:50Donc c'est tout petit
25:51ce que ça représente
25:52sur l'ensemble
25:53de notre chiffre d'affaires.
25:54Ça, je pense que c'est important
25:56et c'est aussi un critère,
25:59c'est aussi finalement
26:00notre indépendance financière
26:02de s'affranchir effectivement
26:03des codes des plateformes
26:04d'un point de vue rémunération.
26:07Moi, je suis assez ouverte
26:09et je ne sais pas
26:09si un jour,
26:10il y aura un comité
26:11qui nous réunira tous ensemble
26:12les plateformes,
26:13les médias en ligne
26:14et les créateurs,
26:15ce qui serait intéressant aussi
26:16de discuter un peu
26:17parce qu'on a évidemment
26:18demandé le code des plateformes.
26:20Nous,
26:20on ne l'a pas eu non plus.
26:21Donc voilà,
26:23on apprend
26:23et donc effectivement,
26:25c'est de...
26:25Je pense,
26:26on apprend en marchant
26:28et on essaie,
26:29je pense,
26:29tous les trois
26:29d'anticiper au mieux
26:30les mutations
26:31à la fois algorithmiques
26:32et à la fois sociétales
26:34pour voir où va l'audience,
26:36où est l'usage,
26:37qu'est-ce qu'ils veulent consommer.
26:39Sur le...
26:39Votre question, madame,
26:40c'était sur le plan financier.
26:42Vous parlez d'un modèle
26:43qui est fragile
26:43et vous avez raison.
26:45Je pense que finalement,
26:46cette fragilité,
26:48elle nous pousse tous...
26:49Aujourd'hui,
26:49on est rentable,
26:50je ne sais pas,
26:50on le disait.
26:51Ça nous a tous aussi poussé
26:53à nous diversifier,
26:54à être très pertinents
26:56pour notre audience
26:56et à proposer aussi
26:58des solutions
26:58qui ne sont pas uniquement
26:59du brand content
27:01parce qu'on ne peut pas vivre
27:02que du brand content,
27:03on ne peut pas vivre
27:04que du revenu généré
27:05par les plateformes,
27:06donc il faut produire
27:07d'autres types de contenus
27:08à d'autres acteurs.
27:10Brut a fait notamment
27:11le pari d'aller
27:12à l'international.
27:13Aujourd'hui,
27:14c'est 50%
27:15de notre rentabilité.
27:17L'international.
27:18L'international.
27:2220% du chiffre d'affaires,
27:2450% de la rentabilité.
27:28Donc je pense que c'est aussi
27:29ce qui nous lie,
27:32c'est cette obsession
27:34de l'audience,
27:35des formats.
27:36On est né sur...
27:37On a été natif
27:38dans un environnement
27:39qui est très incertain,
27:40qui est très complexe,
27:41et donc on a dû sans cesse
27:42s'adapter
27:43et on doit sans cesse adapter.
27:44Donc tous les 6 mois,
27:45on vit une révolution,
27:46nos rédactions,
27:46parce que les algorithmes
27:47ont changé,
27:48parce que les modes
27:49de convention changent,
27:50parce que les sujets
27:51que les gens ont envie
27:52de parler changent,
27:53parce qu'il y a des élections,
27:54il y a des échéances nationales.
27:56Donc en fait,
27:56on est sans cesse
27:57en train de s'adapter.
27:59En tant que directrice générale,
28:01je vais vous dire
28:01que cet environnement,
28:03finalement,
28:04il nous pousse à être meilleur
28:05et à aller chercher
28:06sans cesse
28:07à se remettre en question.
28:08On ne peut pas être
28:08comme les médias traditionnels.
28:10On n'est pas assis
28:10sur un modèle
28:11qui est régulé depuis 1986,
28:13qui est toujours le même modèle.
28:15Donc moi,
28:15c'est plutôt ça.
28:16La question de la régulation,
28:17c'est attention,
28:18on va pas avoir
28:18une régulation
28:20qui est désuée
28:20dans 6 mois
28:21ou dans 12 mois,
28:22parce que nous,
28:22ça va très, très, très vite.
28:24Donc il ne faudrait pas
28:25que nous,
28:26les médias en ligne,
28:26on soit empêchés d'innover
28:29à la différence
28:30des créateurs
28:30qui n'ont pas le même statut
28:32de rémunération
28:32auprès des plateformes.
28:34Donc je n'ai pas
28:34de réponse concrète
28:35à vous faire.
28:36Je pense qu'il faut,
28:36si on veut avoir
28:37une approche culturelle
28:38un peu différente
28:39en France et en Europe,
28:40il faut peut-être créer
28:41un orgasme aussi
28:43de réflexion commun.
28:45Ça peut être quelque chose
28:46qui est amené à évoluer.
28:47Ça peut être peut-être
28:49un label,
28:50je ne sais pas.
28:51Pareil,
28:52le label,
28:52moi,
28:52ma seule crainte,
28:53c'est que je ne veux pas
28:53qu'il nous éloigne
28:54de l'audience.
28:55Parce qu'un label,
28:57qui va le donner ?
28:58Voilà,
28:59donc c'est toutes ces questions.
29:01Je ne sais pas.
29:02Voilà,
29:02on cherche avec vous.
29:04mais voilà,
29:05donc peut-être qu'il faut
29:06avoir une discussion
29:06plus large.
29:08Peut-être que ça passe déjà
29:09par la publication
29:10de notre charte déontologique.
29:11Personnellement,
29:12bon,
29:12je n'ai pas publié
29:12sur notre site.
29:13Peut-être qu'on peut la publier.
29:15Joanne le disait,
29:16c'est un document
29:16qui doit être vivant
29:17parce que régulièrement,
29:20les choses évoluent,
29:20l'IA arrive,
29:22les algos changent,
29:22il y a des nouvelles plateformes
29:23qui se lancent.
29:24Donc voilà,
29:25il faut voir.
29:26Je pense que le cas de confiance,
29:27l'exigence,
29:27on se l'impose tous.
29:29Il faut la faire savoir.
29:31Après,
29:31je pense que l'audience
29:31n'est pas dupe
29:32et elle suit aussi
29:33des médias de référence.
29:39Pour rajouter,
29:39je suis vraiment d'accord
29:40avec ce que dit Elsa.
29:42Moi non plus,
29:42je ne suis pas très fan
29:43des labels.
29:44D'abord parce qu'effectivement,
29:45elles ont un effet
29:46très repoussoir.
29:47Et puis,
29:48c'est un enfermement
29:50aussi pour les nouveaux entrants.
29:53Aujourd'hui,
29:53on voit le monde
29:54des créateurs aujourd'hui
29:55qui est un monde
29:56qui nous bouscule un peu
29:57alors qu'on a l'impression
29:58qu'il est arrivé très récemment.
29:59Ça fait quand même longtemps
30:00qu'il est là
30:00et il nous bouscule
30:01parce qu'il font des formats
30:03qu'on n'aurait jamais
30:03sans doute imaginé,
30:04des formats extrêmement longs,
30:05des vidéos qui durent 4 heures.
30:06On n'aurait jamais pensé
30:07à un moment
30:08que ça pouvait marcher.
30:09Donc,
30:09ils avancent presque parfois
30:10devant nous
30:11pour un certain nombre
30:13de thématiques
30:14et ils sont
30:15d'une qualité
30:16assez exceptionnelle.
30:18Donc,
30:19imposer un label
30:20à des médias
30:21qui existeraient
30:21depuis 4 ou 5 ans
30:22parce qu'il y aurait
30:23des journalistes à l'intérieur
30:24me semble être
30:24assez contre-productif.
30:27Sur la question des aides,
30:28quand je parlais des aides,
30:29ce n'était pas pour en avoir.
30:30C'était juste pour éviter
30:31les distorsions
30:32de concurrence éventuelles.
30:35Il y a quelque chose
30:36que je trouve
30:37assez fondamental
30:38et magnifique
30:38dans ce qu'on fait
30:39depuis
30:41Combini depuis 20 ans,
30:42Brut depuis 10,
30:43nous depuis 8,
30:44c'est cette formidable
30:46remise en question permanente.
30:48Quand nous,
30:49on s'est lancé
30:49en 2018,
30:50il y avait une plateforme
30:51dominante,
30:51c'était Meta,
30:52c'était globalement Facebook.
30:53Il y avait une deuxième
30:54qui était YouTube,
30:55mais c'était un peu compliqué,
30:57il a son truc
30:58dans son coin.
31:003 ans plus tard
31:00arrive Instagram,
31:014 ans plus tard
31:02arrive TikTok,
31:03puis aujourd'hui,
31:03une nouvelle révolution,
31:05une nouvelle évolution
31:06de YouTube,
31:07tout le monde cherche
31:07à aller sur YouTube.
31:08Ça nous oblige en permanence
31:10à nous poser des questions
31:10sur à la fois
31:12les formats,
31:13comment est-ce qu'on touche
31:13ces nouveaux publics,
31:14est-ce que ces publics
31:15ont évolué
31:16dans leurs envies,
31:17dans leurs besoins
31:17et dans leurs âges ?
31:18Moi, ce qui m'a beaucoup frappé,
31:21l'Obsider naît en 2018.
31:22On avait comme fantasme,
31:25comme le disait Ilsa,
31:27et comme tu dis tout à l'heure,
31:29de nous adresser aux jeunes.
31:30Puis on s'est rendu compte,
31:31parce que 2018,
31:32c'est les gilets jaunes,
31:33on s'est rendu compte
31:33qu'en vrai,
31:34sur Facebook,
31:35il y avait tout le monde.
31:37Aujourd'hui,
31:37on se rend compte
31:37de la même chose
31:38avec TikTok.
31:38TikTok est une plateforme
31:41extrêmement âgée.
31:42Et donc, tout ça,
31:43c'est des remises en question
31:44qui sont permanentes,
31:44qui fait qu'on doit
31:45adapter notre écriture
31:48à ces nouveaux publics
31:49qui sont en train d'arriver,
31:49mais aussi,
31:50on doit les adapter
31:51aux différentes plateformes.
31:52On ne va pas informer
31:53et mettre les mêmes sujets
31:54sur TikTok
31:54ou les écrire de la même façon
31:55sur TikTok ou sur YouTube.
31:57Et donc, forcément,
31:58la question du modèle d'affaires,
31:59elle évolue.
32:00On le savait depuis très longtemps.
32:02Moi, je vous le dis,
32:02voilà, ça fait 30 ans
32:03que je travaille sur Internet.
32:07À un moment,
32:08on cherchait tous
32:08le modèle unique.
32:09On ne l'a jamais trouvé.
32:11Il y a des bouts de modèle.
32:12Mediapart a un modèle.
32:13Le monde a un modèle.
32:14Les échos ont un modèle.
32:15L'équipe a un modèle.
32:16D'autres n'en ont pas.
32:17Nous, on sait que ce modèle
32:18n'existe pas,
32:19qu'on va devoir aller le chercher partout.
32:21Et donc, c'est en permanence
32:22une exigence de...
32:23qui n'existe pas.
32:25Sans doute,
32:26qui n'existe pas.
32:27C'est ça que vous voulez avoir
32:28comme une expérience.
32:31Agnès.
32:32Merci beaucoup.
32:33Alors, je vous ai écouté
32:33avec beaucoup,
32:34beaucoup d'intérêt.
32:35Madame, vous avez parlé
32:37de garantie
32:38de la fiabilité
32:40de vos contenus.
32:41Bon, ça, c'est important
32:42parce que la semaine dernière,
32:43on a entendu
32:44beaucoup de personnalités
32:45qu'on a auditionnées.
32:46et ce chiffre
32:47m'a vraiment
32:50impressionnée.
32:5070% des Français
32:52disent se méfier
32:54des réseaux sociaux,
32:54mais ils s'informent
32:55par les réseaux sociaux.
32:57Et donc,
32:57ma question était la suivante.
32:59Comment est-ce que vous gérez,
32:59en fait,
33:00la correction
33:01de contenus inexacts
33:03ou d'erreurs ?
33:04Est-ce que vous avez
33:04des dispositifs internes
33:06de fact-checking ?
33:07Et quel rôle
33:08vous pensez jouer
33:09dans la construction,
33:10en fait,
33:10de l'opinion des jeunes ?
33:11Et notamment,
33:12les enjeux
33:13de désinformation.
33:14Ça, c'est la première question.
33:15La deuxième question
33:16porte sur les algorithmes
33:18et vous avez vous-même dit
33:19que vos contenus
33:20sont soumis
33:21à des règles algorithmiques.
33:23Donc,
33:23dans quelle mesure
33:24est-ce que vos choix éditoriaux
33:25sont-ils influencés
33:26par les algorithmes ?
33:27Est-ce qu'il n'y a pas
33:28une tentation
33:29d'adapter vos contenus
33:31pour maximiser,
33:32en fait,
33:32la viralité
33:33au détriment
33:33de la complexité
33:34de l'analyse ?
33:35Et enfin,
33:36comment est-ce que
33:37vous pouvez garantir
33:39une hiérarchisation
33:39de l'information
33:40dans un flux
33:42algorithmique
33:43comme on le sait
33:44monsieur ?
33:44Vous avez parlé
33:45d'une économie du clash
33:46et ça,
33:46c'est intéressant.
33:47C'est-à-dire que
33:47ce qui marche bien
33:48sur les réseaux sociaux,
33:49c'est cette économie du clash,
33:50tout ce qui est outrancier.
33:52Donc,
33:52comment est-ce que
33:53vous gérez tout ça ?
33:54Voilà.
33:55Merci.
33:58Trois questions.
34:00Donc,
34:00je vais répondre
34:01à la première question
34:02qui est relative
34:03à la correction.
34:05Avant même
34:05de faire de la correction,
34:06nous,
34:07on est dans un environnement
34:09qui est extrêmement viral.
34:10Donc,
34:11dès qu'on poste un contenu
34:12en temps réel,
34:13on a du fact-checking
34:14de l'audience.
34:15Tout le monde répond.
34:16Si vous regardez,
34:17c'est quel est le contexte ?
34:19Est-ce que vous pouvez
34:19m'en dire plus sur ça ?
34:20Ce chiffre,
34:21est-ce qu'il est exact
34:21ou inexact ?
34:22Donc,
34:23on est soumis quand même
34:24en temps réel.
34:26avant même de publier,
34:27on doit être sûr
34:28de l'information
34:29qu'on va sortir.
34:31Donc,
34:32on n'est pas une chaîne
34:32d'information en ligne,
34:34en linéaire.
34:36Donc,
34:37nous,
34:37il vaut mieux prendre le temps
34:38sur des conflits,
34:39notamment le 7 octobre.
34:41On prend le temps.
34:42Il vaut mieux prendre le temps
34:43et ne pas publier tout de suite
34:46que sortir une information
34:48qu'on devrait rectifier
34:49quelques minutes
34:50ou quelques heures après.
34:52Déjà,
34:52on prend le temps.
34:54quand on s'assure
34:56au minimum deux...
34:57Enfin,
34:57c'est un travail journalistique
34:58et classique.
34:58Il faut deux ou trois,
35:00au minimum deux,
35:00trois sources différentes.
35:02Aujourd'hui,
35:03le sujet de l'image
35:04est important,
35:04notamment dans les conflits
35:05internationaux.
35:06Donc,
35:07on a aussi des outils
35:08qui nous permettent
35:08de fact-checker
35:09l'image que l'on reçoit.
35:11Donc,
35:11on travaille avec des agences
35:12de presse
35:12qui sont certifiées.
35:13On a aussi des outils
35:14qui nous permettent
35:15de voir si l'image,
35:16elle date bien de 2016
35:18et pas de 2014,
35:20comme ça a été le cas
35:21dans certains médias récemment.
35:23et on a aussi
35:23des outils
35:25qui nous permettent
35:25de vérifier
35:27l'autre champ de l'image.
35:29D'accord ?
35:30Donc,
35:31tout ça.
35:31Également,
35:32il y a une hiérarchie,
35:32évidemment,
35:33dans la validation.
35:34Sur des sujets
35:35dits complexes,
35:37comme les conflits internationaux,
35:40on peut aller jusqu'à
35:40trois validations hiérarchiques
35:42avant que le sujet sorte.
35:43En moyenne,
35:44c'est deux,
35:44mais on peut rembourser
35:45jusqu'à trois.
35:46Avec des points de vue aussi...
35:48C'est de l'humain,
35:49donc il faut avoir
35:49des points de vue aussi
35:50différents dans une rédaction,
35:52pour pouvoir valider
35:53un seul sujet.
35:55Aujourd'hui,
35:57la correction des sujets,
35:58nous,
35:58c'est vraiment quelque chose
35:59qu'on regarde
36:00et avec laquelle
36:01on a beaucoup d'importance.
36:02En 2025,
36:03Brut a dû dépublier
36:04en France
36:05un seul sujet.
36:07Il y avait une erreur
36:09dans un sujet.
36:11On avait repris
36:12une dépêche AFP
36:12qui était sortie très vite
36:13et on n'avait sûrement pas
36:16eu d'autres sources
36:17qui allaient à l'encontre
36:18du sujet qu'on avait publié.
36:20En fait,
36:21nous,
36:21c'est la pire chose
36:21qui peut nous arriver,
36:22c'est de dépublier un sujet.
36:24Parce que là,
36:24c'est vraiment,
36:25vous mettez en jeu
36:26votre crédit.
36:27un seul en 2025.
36:28Et s'il manque du contexte,
36:31c'est aussi le pouvoir
36:32quand même des réseaux sociaux,
36:32on répond aux commentaires.
36:34Nous,
36:35comme tous,
36:35comme tous,
36:36mais comme mes homologues,
36:37on interagit avec l'audience.
36:39Ce n'est pas le JT
36:40où vous donnez une info.
36:42Là,
36:42les gens,
36:43en temps réel,
36:43commentent.
36:44C'est pour ça
36:45que je vous parlais
36:45de fact-checking
36:46en temps réel de l'audience.
36:47C'est que l'audience
36:47vous répond.
36:48Il vous dit
36:49je suis d'accord,
36:49je ne suis pas d'accord,
36:50c'est faux,
36:51quel est le contexte.
36:53Donc nous,
36:54on répond en temps réel.
36:55Mais en tout cas,
36:55la fiabilité,
36:56c'est ce qui fait
36:57finalement notre longévité.
36:59Si on se trompe
37:01trop de fois,
37:02déjà qu'on a un business model
37:03qui n'est pas simple,
37:04on en parlait juste avant.
37:06Voilà.
37:06Donc ça,
37:07c'était plutôt sur la partie
37:08et si on s'est trompé,
37:09on le dit
37:09et on met un erratum
37:11en commentaire
37:11ou on dépublie.
37:14La deuxième question,
37:15c'était sur les règles
37:17algorithmiques.
37:19Alors,
37:20déjà,
37:20on ne les reçoit pas
37:21ces règles algorithmiques.
37:23Donc on ne nous dit pas
37:24je suis méta,
37:25je change l'algorithme
37:26dans deux semaines,
37:28je vais valoriser
37:29plutôt les formats statiques
37:30plutôt que les contenus
37:31vidéo.
37:32Vous disiez,
37:32vous étiez soumis à ça.
37:33Oui,
37:33mais en fait,
37:35comme méga-sodomologue,
37:36j'ai créé une équipe,
37:37une plateforme de data,
37:38donc des data scientists,
37:40des data engineers,
37:41des data analysts
37:41qui analysent toute la journée
37:43qu'est-ce qui se passe.
37:44Donc on est connecté,
37:45désolé,
37:45je vais être un peu technique,
37:47mais on est connecté
37:49à ce qu'on appelle
37:49aux API.
37:50Donc si vous voulez,
37:51c'est des tuyaux
37:52où on récupère la data
37:53de nos propres comptes
37:55des réseaux sociaux
37:56sur toutes les plateformes.
37:57D'accord ?
37:58Donc Facebook,
37:59Instagram,
37:59Snapchat,
38:00YouTube.
38:01Et on regarde,
38:02donc on a accès
38:03à notre data.
38:04Combien de brutes
38:05génèrent de vues,
38:06combien de brutes
38:06génèrent de conversations,
38:07etc.
38:08Et en fait...
38:09Vous êtes propriétaires
38:10de la data ?
38:11Ben, on les copropriétaires,
38:13c'est eux qui nous la mettent
38:14à disposition.
38:15Mais vous avez...
38:15C'est nos contenus.
38:16Oui, oui, bien sûr.
38:19Mais ce que je voulais vous dire,
38:20c'est que c'est là qu'on voit
38:22comment l'algorithme peut changer.
38:24Récemment, je ne sais pas si...
38:25Enfin, en tout cas,
38:25c'est comme on remonte mon équipe
38:26sur Facebook.
38:27Le statique fonctionne
38:29plutôt très bien.
38:31Ça, c'est vraiment
38:31ce qu'on observe en temps réel.
38:33On se dit,
38:33attends, depuis deux jours,
38:34le statique, ça marche.
38:36Qu'est-ce qui se passe ?
38:36Et donc on ajoute
38:37comme ça nos formats.
38:38D'accord ?
38:41Donc, aujourd'hui,
38:42c'est pas tellement...
38:43Je réponds plutôt aussi
38:44à la troisième question.
38:45On n'est pas...
38:46On atteint une telle taille,
38:47je pense,
38:48et une telle crédibilité
38:49qu'honnêtement,
38:50la course à l'audience,
38:51quand je vais vous dire,
38:52on fait 3 milliards
38:53de vidéos vues par mois,
38:54ça veut dire oufou,
38:55et rien du tout.
38:57D'accord ?
38:58Ça vous montre juste
38:59la puissance du média.
39:01Par mois.
39:02Ouais, par mois.
39:03Sur l'ensemble des marchés.
39:04Mais, donc aujourd'hui,
39:06la France,
39:06c'est 55% d'entre eux.
39:08Et 45%
39:09on l'a fait à l'international.
39:11Il y a des contenus
39:13qui vont buzzer
39:13parce qu'il y a des sujets
39:14qui vont buzzer.
39:15Le contenu sur les fémens,
39:17sur les réseaux sociaux,
39:17marche toujours très très fort.
39:19Je ne vais pas vous expliquer
39:20pourquoi vous en voulez.
39:22En revanche, nous,
39:23on pense que la course à l'audience,
39:25en fait,
39:25ce n'est pas celle-là
39:27qui va nous faire gagner
39:28l'étape d'après,
39:28c'est la course en engagement plutôt.
39:30Enfin, c'est plutôt
39:30la qualité de l'engagement,
39:32la qualité des conversations
39:33sociales qu'on va engager,
39:34le partage,
39:35le like.
39:36C'est ça qui va faire
39:37qu'on va être sur une audience,
39:38on va dire,
39:39plus qualifiée.
39:41Donc, aujourd'hui,
39:41par exemple,
39:42on a fait le choix
39:43d'avoir des contenus
39:44qui ne marchent pas
39:45en termes d'audience,
39:45qui marchent beaucoup moins.
39:46On a deux formats,
39:47notamment,
39:48qui sont très qualitatifs,
39:49très appréciés
39:50d'une certaine audience niche.
39:52Brutphilo,
39:53Brutbook.
39:53On parle de philosophie
39:54et de littérature
39:56pendant 10-15 minutes.
39:58En audience,
39:59Ça ne marche pas.
40:00Non, mais ce n'est pas l'objectif.
40:02C'est faire la qualité.
40:03Voilà, c'est notre mission aussi.
40:05C'est ce que je disais
40:06dans la construction
40:07de l'opinion des jeunes.
40:08Voilà.
40:09Dans notre oeuvre éditoriale,
40:10on a souhaité
40:11adresser aussi ce sujet.
40:12C'est bien.
40:13Donc, vous dire que...
40:15Et enfin,
40:15on a un outil
40:16qui s'appelle
40:16Brutradar.
40:17Là, on utilise...
40:20Si vous voulez,
40:21on analyse
40:21les 250 000 commentaires
40:23générés chaque semaine.
40:25Donc, tous les lundis matins,
40:26la concurrence
40:26de nos rédactions
40:27commence ainsi
40:28dans tous les pays.
40:29Et donc, moi,
40:29je reçois
40:30les Brutradar
40:30de chaque pays.
40:31Les 10 grandes questions
40:32que se pose l'audience.
40:34Et je pense que
40:35c'est ce qui fait...
40:35Je veux en parler,
40:36mais la différence
40:36avec aussi les médias traditionnels.
40:38Nous, c'est vraiment
40:39répondre à des questions
40:40qui intéressent vraiment
40:41l'audience
40:42et se mettre
40:42à hauteur d'homme.
40:43Et alors, par exemple...
40:44Donc, je vous donne un exemple.
40:45Il y a 10 jours,
40:46on se rend compte
40:47que dans les commentaires,
40:48il y avait une phrase
40:48qui revenait tout le temps.
40:49Nous sommes assis
40:50sur une mine d'or.
40:51En France,
40:52ça tournait partout.
40:53Donc, on a cherché
40:53à comprendre
40:54qu'est-ce que c'est
40:54cette mine d'or.
40:56En fait,
40:56c'était parce que
40:57la Caisse des dépôts
41:00avait rénové son site
41:01qui nous permettait
41:02de vérifier
41:02si on avait
41:03des comptes cachés.
41:04Je vous m'explique.
41:05Ce n'est pas...
41:05Vous n'êtes pas milliardaire.
41:06C'est juste qu'à une époque,
41:08quand vous aviez votre bac,
41:09les municipalités
41:10ou les banques
41:10pouvaient vous offrir
41:12un compte en banque
41:13avec 20 euros.
41:14Vos grands-parents
41:14avaient pu ouvrir
41:15un compte
41:15ou vos parents,
41:16tantes et oncles
41:17avaient pu ouvrir
41:17un compte en banque.
41:18Vous n'avez plus de 18 ans,
41:20vous en avez 40 aujourd'hui
41:21et ce compte a pu aussi
41:22fructifier avec des intérêts,
41:23etc.
41:24Et donc,
41:24plein de gens ne savaient pas
41:25qu'ils avaient ces fameux comptes
41:26et donc,
41:26ce site permettait
41:27de vérifier
41:28si vous aviez accès
41:29ou pas à ces comptes-là.
41:30Donc, ça,
41:30c'est des questions
41:30qui ne sont généralement
41:31pas traitées
41:32dans les médias traditionnels.
41:34Voilà.
41:34Un autre exemple,
41:35il y avait un projet de loi
41:36sur des nouveaux radars,
41:41clasheraient
41:42sur la distance de sécurité.
41:44Donc, les gens,
41:45ce n'est pas tellement
41:45il va y avoir
41:46de nouveaux radars.
41:47C'était plutôt
41:47mais en fait,
41:48c'est quoi une bonne distance
41:48de sécurité ?
41:49Moi, j'habitais
41:50en milieu rural,
41:51je ne suis pas sur des autoroutes.
41:52Nos autoroutes,
41:53on sait que c'est deux bandes
41:53mais nous,
41:55c'est comment sur les routes
41:56départementales
41:56où il n'y a pas de bandes,
41:57en fait.
41:58Donc, en fait,
41:59on est parti avec
42:00un moniteur auto-école
42:01en Normandie
42:02et là,
42:02vous faites des dizaines
42:03de millions de vues
42:04parce que vous répondez,
42:05vous êtes pertinent.
42:06C'est le quotidien.
42:07Donc, c'est plutôt
42:08l'angle du sujet
42:09plus que...
42:10Et donc, évidemment,
42:11c'est grâce aussi
42:12à la remontée
42:13de ces conversations sociales
42:14qu'on est pertinent
42:16et je pense
42:17que ce qu'on vous disait,
42:18c'est qu'on est tellement
42:18dans un environnement mouvant
42:20aussi que
42:22ces conversations sociales
42:23aussi,
42:23elles nous nourrissent,
42:24elles nous permettent,
42:24je pense,
42:24d'être pertinents
42:25en termes d'informations,
42:26de ne pas être à côté,
42:27en fait,
42:27de ce qui intéresse vraiment
42:28les préoccupations des Français
42:30et en plus...
42:31Mais qui collecte ces datas ?
42:32C'est la question...
42:32C'est...
42:33Alors là, c'est nos équipes.
42:34Là, c'est notre équipe.
42:35J'ai aussi une équipe data.
42:36Donc, c'est mon équipe data
42:37qui a créé cet outil
42:39d'analyse des commentaires.
42:40Donc, on n'analyse pas
42:41tous les commentaires
42:42pour que ça soit qualifié
42:42à une méthodologie.
42:43Mais c'est ça qui vous permet
42:43d'être performant, en fait.
42:45Oui, exactement.
42:48Qui nous permet
42:49d'être au plus près
42:49des conversations sociales.
42:52Si vous voulez ajouter un truc.
42:54Non, mais je ne me suis pas...
42:56Sur la question...
42:58Elle est intéressante,
42:58la question de la correction.
43:01C'est vrai qu'un contenu
43:02qu'on va retirer,
43:03ça nous est arrivé à plusieurs reprises
43:05pour parfois des erreurs
43:06d'incompréhension,
43:07d'une formule mal dite,
43:09d'une faute d'orthographe.
43:10C'est le pire.
43:10C'est quand on va retirer un sujet.
43:12Parce qu'une fois que le sujet
43:12est retiré,
43:14il disparaît.
43:15On ne peut plus le reposer.
43:16C'est un peu rageant.
43:18On n'a jamais eu de...
43:21On n'a jamais commis
43:22de grosses erreurs
43:23qui nécessitaient
43:24un erratum monstrueux
43:26et une mise...
43:27Je vais dire...
43:28Une mise au point
43:30du directeur de la rédaction
43:31pour dire
43:31qu'on s'est complètement trompé.
43:32D'abord, on publie assez peu.
43:34Nous, on publie à peu près
43:35entre deux et trois sujets
43:36par jour
43:36qu'on choisit vraiment
43:39de façon
43:39le plus artisanale possible
43:41et qui sont des sujets...
43:42Alors, c'est intéressant
43:43ce que dit Elsa
43:44sur comment est-ce qu'elle les choisit.
43:45Nous, on a une approche
43:46qui est très thématique
43:47et qui, in fine,
43:48rejoint un peu
43:50sur ces questions du quotidien.
43:52Nous, ce dont on se rend compte
43:53dans les sujets qui fonctionnent,
43:55c'est les sujets du quotidien.
43:56C'est les sujets qui sont
43:58les questions d'emploi.
44:00Évidemment, aujourd'hui,
44:00il y a des questions d'IA,
44:02mais il y a des sujets
44:02de revenus,
44:04j'ai parlé d'inflation,
44:05de coût de la vie,
44:06de logement,
44:07de santé, de santé mentale
44:08chez les jeunes,
44:09mais pas qu'eux.
44:10On se rend compte
44:10parce que ces sujets
44:12surperforment par rapport
44:12à d'autres.
44:13Alors, on pourrait avoir
44:14une tendance à se dire
44:14« Tiens, on ne va plus faire
44:16que les sujets qui marchent. »
44:18Mais ce n'est pas non plus
44:18notre approche.
44:19C'est-à-dire qu'il y a des sujets
44:19qu'on doit les faire
44:20parce qu'on est aussi journaliste
44:21et qu'on considère
44:21sur certains sujets.
44:22On doit les faire.
44:23Et on les fait,
44:24pas parce que ça nous fait
44:26plaisir de les faire,
44:27mais parce qu'on pense
44:27que c'est important
44:28en tant que journaliste
44:29et qu'une réaction
44:29de passer du temps
44:30et de prendre du temps.
44:32Et que ça répond aussi
44:32beaucoup à des questions.
44:33Moi, ça m'a beaucoup frappé.
44:35Il y a quelques années,
44:36on avait lancé un show
44:37sur Snapchat
44:41qui recensait un peu
44:42les actualités
44:42un peu oubliées du monde.
44:43Et on s'est rendu compte
44:44que l'actualité internationale
44:47intéressait énormément
44:47les plus jeunes.
44:48Et ça, ça fait aussi
44:49beaucoup parler
44:51dans les commentaires
44:53pourquoi est-ce que
44:53vous ne parlez pas
44:54de la situation à Gaza,
44:55pourquoi est-ce que
44:56vous ne parlez pas de...
44:56Donc, il faut aussi
44:58qu'on anticipe
44:59ces sujets-là.
45:00Et puis,
45:01et ça, je crois
45:02que c'est Econbini
45:04et Brut
45:04qui nous ont précédés,
45:06on sait que
45:07quand on veut parler
45:08à ces personnes-là
45:10qui ne vont plus
45:10s'informer
45:11de façon traditionnelle,
45:12c'est parce qu'il leur manque
45:13quelque chose.
45:13Soit parce que c'est des sujets
45:14qu'ils ne voient plus
45:15à la télévision
45:16ou dans les journaux,
45:17des gens qu'on ne voit pas.
45:19Donc, nous, on essaie
45:19de faire parler des gens
45:20qu'on ne voit pas
45:20ou qu'on voit rarement
45:21à la télévision.
45:22Et puis aussi,
45:23un cadre culturel
45:24très particulier.
45:24On parlait de la vidéo.
45:25Pourquoi est-ce que nous,
45:26on s'est lancé sur la vidéo ?
45:27C'est parce qu'on est
45:28dans un monde d'images,
45:29mais un monde d'images XXL.
45:31Donc, on peut se poser
45:32la question.
45:33Nos collègues
45:33d'Ouzbek et Rika
45:34qui appartiennent,
45:35eux, à CMI,
45:36donc nos cousins,
45:36s'étaient posé la question
45:37il y a quelques mois
45:38sur la fin de l'écriture.
45:41On doit aussi,
45:41aujourd'hui,
45:42se poser des questions.
45:42Donc, comment est-ce qu'on continue
45:44à maintenir une information
45:45de qualité
45:45en utilisant l'image,
45:47en utilisant des codes culturels
45:48qui sont ceux,
45:49là encore,
45:50pas uniquement des jeunes,
45:51mais aussi des jeunes ?
45:52C'est difficile.
45:53Et puis aussi,
45:54il y a effectivement
45:54la question algorithmique
45:56que pour accrocher
45:58notre lectorat
45:59ou notre audience,
46:00on sait qu'on a droit
46:01à un quart de seconde.
46:02Le temps que,
46:03voilà,
46:04vous avez tous fait l'expérience
46:05d'utiliser votre téléphone
46:06pour scroller,
46:07tout se joue sur la première image,
46:09le premier mot,
46:09la première seconde.
46:10Et que donc,
46:11il faut que dans notre écriture,
46:13et c'est là où,
46:14on parlait tout à l'heure
46:15de la question de la viralité,
46:16c'est comment est-ce
46:16qu'on utilise ces codes,
46:17comment est-ce qu'on essaie
46:18d'avoir le maximum d'impact
46:20sur les premières millisecondes
46:21pour amener les gens
46:22à aller chercher de l'information
46:24et la plus pousser.
46:25Et puis ensuite,
46:26nous,
46:27on est assez spécialistes
46:28des formats courts.
46:29Aujourd'hui,
46:29on se développe
46:29sur des formats plus longs
46:30qui permettent YouTube.
46:32Et puis aussi,
46:32peut-être demain,
46:33de travailler dans un écosystème
46:35qui est aussi un écosystème,
46:36on parlait tout à l'heure
46:37de la hiérarchie de l'information.
46:39Je sais que,
46:39d'abord,
46:40un, mes contenus,
46:40ils peuvent apparaître
46:41dans les feeds
46:42une semaine,
46:43dix jours,
46:43un mois plus tard.
46:44La hiérarchie de l'information,
46:46on va apparaître,
46:47un sujet sur l'Iran
46:48peut apparaître
46:49entre un sujet
46:50sur l'autoroute,
46:52sur un sujet
46:53sur Justin Bieber,
46:55etc.
46:55Donc,
46:56la hiérarchie en tant que telle,
46:57elle est plutôt
46:58la hiérarchie
46:58dans ce qui intéresse
47:00les audiences.
47:01Et donc,
47:01il faut qu'on fasse attention à ça.
47:03On peut s'appeler
47:04Combinis,
47:04Brut ou Loopsider
47:05sur TikTok.
47:06On peut,
47:07parce que le contenu
47:08va être pertinent
47:09pour TikTok,
47:10faire des millions de vues
47:11comme faire des centaines
47:12de vues le lendemain.
47:13Alors que sur Instagram,
47:14il y a quand même
47:15un prérequis
47:16qui est d'installer la marque,
47:17d'installer sa ligne éditoriale,
47:19habituer les audiences.
47:20Et donc,
47:21même si on peut constater
47:22des disparités,
47:23des différences
47:24en termes de performance
47:25de contenu,
47:26il y a moins d'accidents
47:26industriels
47:27que ce qu'on peut retrouver
47:28sur TikTok,
47:29par exemple.
47:29Donc ça,
47:29ça demande
47:30de comprendre
47:31ces plateformes
47:31pour nous permettre
47:33demain
47:33de rester
47:34les médias
47:35que nous sommes
47:36parce que
47:36le sujet de la ligne
47:37dito
47:37est vraiment central
47:38tout en proposant
47:39des contenus
47:40qui soient adaptés
47:40à ces plateformes.
47:42Sur la propriété
47:43de la data ?
47:43Oui.
47:44Alors sur la propriété
47:45de la data,
47:45elle appartient
47:46aux plateformes.
47:47Aujourd'hui,
47:47on récupère cette data.
47:49Enfin,
47:50c'est nous qui la générons
47:51à travers nos contenus,
47:52mais on la prend
47:54des plateformes.
47:55Mais vous la prenez
47:56des plateformes
47:57laisse-faire ?
47:57Oui,
47:58des plateformes
47:58laisse-faire.
47:58Donc,
47:59les plateformes
47:59les sphères
48:00avec elle ?
48:02Non,
48:02mais c'est évidemment
48:03en lien.
48:04Aujourd'hui,
48:04on est en France,
48:05donc il faut respecter
48:06la RGPD.
48:07Je ne sais pas
48:07comment vous vous appelez.
48:09Je sais juste
48:10qui vous êtes.
48:11Est-ce que vous êtes
48:11un homme ou une femme,
48:12votre âge,
48:12et plus ou moins
48:13dans quel environnement
48:14géographique vous vivez ?
48:15Est-ce que c'est urbain,
48:16pas urbain,
48:17Île-de-France,
48:18pas Île-de-France ?
48:19Donc ça,
48:20c'est le sujet.
48:20Après,
48:21c'est une data
48:21qui est sur nos contenus.
48:22Je ne peux pas analyser
48:24la data de mes homologues.
48:25Moi,
48:25je pense qu'il y a un sujet
48:26puisque vous parlez
48:27de lignes éditoriales
48:27des plateformes.
48:29On a la chance
48:30d'avoir un terrain
48:31d'expérimentation
48:32qui est large
48:32puisque,
48:33je vous l'ai dit,
48:34on a une rédaction brute
48:35aux US,
48:36en Inde et en Afrique,
48:38et nous,
48:38on fait du contenu politique.
48:42Aujourd'hui,
48:43je ne pense pas
48:44qu'il y ait
48:44de lignes éditoriales
48:45des plateformes.
48:46Je pense qu'il y a un sujet
48:47qui n'a pas été posé
48:48d'ailleurs dans cette commission.
48:49C'est le sujet
48:50de l'ingérence.
48:53Et nous,
48:53c'est plutôt brut,
48:55en tout cas,
48:55ça qui nous préoccupe
48:57aujourd'hui,
48:58c'est-à-dire que,
48:59notamment sur les sujets
49:00politiques et notamment
49:01les sujets politiques
49:02internationaux,
49:04en quelques secondes,
49:05on peut avoir un bot
49:06qui nous publie
49:07500 commentaires.
49:09Donc là,
49:09c'est un bot pro-iranien.
49:12Vous êtes, du coup,
49:13en surmodération
49:14du contenu.
49:14Donc je vous l'ai dit
49:15en début,
49:16en intro,
49:16on a une modération
49:17qui est faite
49:17par les plateformes,
49:18qui est faite
49:18par un outil
49:19qu'on a automatisé
49:20et par nos community managers.
49:22Sauf que,
49:22quand vous avez
49:23autant de surmodération,
49:25la plateforme peut bloquer,
49:26ça nous est arrivé,
49:27notre contenu.
49:29Le conflit
49:32Iran.
49:33Ça nous est arrivé
49:34il y a deux semaines.
49:35Donc,
49:35la plateforme bloque
49:36le contenu
49:37parce qu'il y a
49:37trop de modération.
49:39Et en fait,
49:39là,
49:39c'est le sujet
49:40des bots
49:41et des robots.
49:42Donc nous,
49:42on est clairement
49:43exposés à ça.
49:44en octobre,
49:45on a été la cible
49:46avec un grand
49:46média français
49:47de presse
49:48d'une attaque russe.
49:50Donc ils ont créé
49:51un faux site brut
49:51qui s'appelait
49:52Info Brut
49:52qui a relayé
49:53des fausses informations.
49:54Donc voilà.
49:54Donc moi,
49:55c'est plutôt ça
49:55ma préoccupation.
49:56Et un autre sujet
49:57sur l'ingérence,
49:58je pense qu'elle vient
49:59plutôt des États
50:00plutôt que des plateformes
50:01sont en elles-mêmes.
50:02C'est qu'aujourd'hui,
50:03on a aussi nos équipes
50:03américaines
50:04quand on leur demande
50:05depuis les États-Unis
50:05de regarder le contenu
50:07de Brut officiel,
50:08donc Brut France
50:09depuis les États-Unis,
50:10ils ne voient pas
50:11le même contenu
50:13que si vous êtes en France.
50:16Donc on a remonté ça
50:17aux plateformes
50:18qui, personne ne sait
50:19vraiment l'expliquer.
50:21Mais nous,
50:22là, c'est un sujet.
50:22Donc heureusement
50:23qu'on est aussi
50:23maintenant dans le groupe
50:24CMA Media.
50:27En fait,
50:29désolé,
50:29c'est beaucoup d'anglicisme.
50:30Vous avez un feed.
50:31Donc vous allez...
50:32Là, c'était sur TikTok.
50:33Vous allez sur le site
50:34de Brut.
50:35On a 20 millions d'abonnés
50:36en France bientôt, là.
50:37Et en fait,
50:38on ne voyait pas toujours
50:40la vidéo qu'on publie en France.
50:41Donc vous êtes en France,
50:42vous la voyez.
50:43Vous êtes aux États-Unis.
50:45C'est une vidéo
50:45que vous n'allez pas forcément voir.
50:48Mais quel an était ?
50:50C'est tout le sujet.
50:52C'était sur quel sujet ?
50:53C'était le conflit
50:56Iran-US.
51:00Donc nous,
51:00il y a un sujet là
51:01de cybersécurité
51:02et d'ingérence
51:03qui est vraiment important
51:05pour nous
51:06parce que nous,
51:07on fait du contenu politique
51:08pour le coup.
51:09On a un média d'information
51:10qui est quand même...
51:11qui a une taille,
51:12une part d'audience importante.
51:14On n'est pas qu'en France.
51:16Donc voilà.
51:17Donc c'est aussi ce sujet-là
51:18sur lequel,
51:19heureusement,
51:20maintenant qu'on est dans le groupe
51:21aussi CMA Media
51:21où il y a énormément
51:22de cybersécurité
51:24qui peut aussi travailler
51:26avec nous sur ces sujets.
51:27Le sujet de l'ingérence,
51:27c'est quand même un sujet.
51:38Est-ce que vous avez constaté
51:44des ingérences
51:45qui ne viennent pas
51:45de l'étranger,
51:46ce sont des acteurs français ?
51:48Et si oui,
51:49quelle est la nature
51:50de ces ingérences ?
51:51C'est évidemment difficile
51:52de savoir d'où viennent
51:54notamment les commentaires
51:56qui nous ciblent
51:58parfois de façon
51:58assez violente.
52:00Menaces de mort,
52:03bottes diverses et variées,
52:04insultants dans les commentaires,
52:05etc.
52:07Ce qu'on note,
52:08c'est que la polarisation
52:10du débat
52:12qu'on voit aujourd'hui
52:13sur les plateformes
52:14se passe beaucoup,
52:15beaucoup,
52:15beaucoup dans les commentaires.
52:17Ça peut être
52:17beaucoup de signalements
52:18et effectivement des sujets
52:19qui vont moins bien marcher
52:20parce qu'ils vont être
52:21extrêmement signalés
52:21par des commentaires
52:24qui sont toujours les mêmes,
52:26des émojis
52:27qui sont toujours les mêmes.
52:28Ça, c'est un vrai sujet
52:30pour nous aussi
52:32presque de santé mentale
52:34parce qu'il faut quand même
52:36pouvoir gérer,
52:36notamment quand on modère
52:38les menaces et les insultes.
52:41Et puis, il y a surtout,
52:42moi, ce que je vois beaucoup,
52:43c'est quand on s'est lancé
52:45il y a une dizaine d'années,
52:46je ne dirais pas
52:47qu'on était un peu
52:48les seuls à faire ce qu'on faisait,
52:50mais on était les seuls
52:51à avoir une capacité
52:52à produire du contenu
52:53et du volume du contenu
52:54et du contenu de qualité.
52:56Aujourd'hui,
52:56comme je le disais,
52:57que ce soit via TikTok
52:58et un téléphone,
52:58n'importe qui peut produire
52:59du contenu
53:00et avec les IA,
53:01n'importe qui peut produire
53:02du contenu
53:02et beaucoup,
53:03beaucoup de contenu.
53:03On voit arriver aujourd'hui
53:05et notamment dans les feeds
53:07de TikTok,
53:08des contenus qui sont
53:09générés à la volée.
53:12Il suffit de deux promptes
53:13sur des IA génératives
53:15pour générer énormément,
53:16énormément de contenu.
53:17notre reach baisse
53:19à la fois parce qu'il y a
53:19de plus en plus de monde
53:20mais aussi parce qu'il y a
53:21de plus en plus de gens
53:21qui sont en train de produire
53:23du contenu de faible qualité,
53:24qui dupliquent des contenus
53:25divers et variés,
53:26qui les volent,
53:27etc.
53:27Et ça,
53:28c'est quelque chose
53:28qu'on voit aujourd'hui
53:29parce qu'on sent bien
53:30que notre reach baisse.
53:34Qu'est-ce que vous entendez
53:36par agrégateur de contenu ?
53:41Oui,
53:42la TINFO,
53:44CERFIA,
53:44des choses comme ça.
53:46C'est des médias
53:47qui existent plutôt pas mal
53:48sur X,
53:50qui sont nés de X
53:52et qui ont une audience
53:53non négligeable,
53:55qui sont essentiellement sur X.
53:56Ils font des tentatives
53:57sur Insta
53:58qui aujourd'hui,
53:59à la fois parce que
54:00l'algorithme d'Insta
54:01n'est pas forcément
54:02un algorithme du news.
54:04Voilà.
54:05Bon, peut-être qu'ils vont
54:07grossir dans les semaines
54:08et les mois à venir
54:08mais aujourd'hui,
54:09on ne les voit pas,
54:09en tout cas sur les plateformes
54:10qui sont les plateformes
54:11à très, très, très, très hautes audiences.
54:14Moi, ce qui me frappe beaucoup,
54:15c'est de voir des contenus
54:18qui sont des contenus
54:19qui vont être utilisés sur X,
54:22qui font assez peu d'audience
54:24mais que tous les rédacteurs en chef
54:26vont reprendre
54:26parce qu'ils vont considérer
54:27qu'avoir été vu
54:2810 000 fois, 20 000 fois,
54:29c'est beaucoup.
54:30Dans notre monde à nous,
54:31c'est rien.
54:32Les chiffres de brut
54:33sont évidemment énormes.
54:35Loopsider,
54:36c'est 1,5 milliard
54:37de vidéos vues par an.
54:39On est un média plus petit
54:40mais c'est par rapport
54:41à ce que moi,
54:41j'ai connu
54:42quand j'étais à Libération
54:43ou à Slight,
54:43c'est absolument énorme.
54:45C'est aussi la difficulté
54:46de notre contrat,
54:47c'est qu'on a passé
54:47un contrat avec des machines
54:48qui nous permettent
54:49d'avoir des audiences
54:51absolument phénoménales.
54:52Et c'est le cas
54:52pour tout le monde,
54:53y compris ceux
54:53qui nous désinforment.
54:57Vous avez un contrat
54:59avec les...
55:00Non, non, non,
55:01c'est un contrat.
55:02C'est un contrat donnant,
55:03on va dire donnant-donnant.
55:05Contrat win-win
55:06comme on disait
55:07il y a quelques années.
55:09Moi, je dois vous quitter,
55:11pardonnez-moi,
55:11parce que j'ai un rendez-vous
55:12mais je voulais vous demander
55:13votre audience
55:15est plutôt...
55:15On a beaucoup parlé
55:16des jeunes.
55:17Vous avez un peu parlé
55:18des vieux aussi.
55:20Notamment en disant
55:21qu'Insta, maintenant,
55:22il y avait tout le monde.
55:23TikTok, pardon,
55:24pas Insta, TikTok.
55:26Ce qui est assez étonnant
55:28parce que moi,
55:29TikTok est toujours
55:30plutôt lié au jeune.
55:32C'est important
55:34parce que derrière,
55:35c'est aussi
55:36qui regarde
55:37et comment ils regardent
55:39et ce qu'ils en retiennent.
55:41C'est tout là.
55:42C'est quoi votre...
55:43Vous avez des études
55:44de Brut,
55:46Combini ?
55:48C'est plutôt jeune
55:49ou c'est plutôt
55:50tout catégorie ?
55:51On est plutôt plus jeune
55:52que les médias traditionnels.
55:54On est assez large
55:55et c'est variable
55:56en fonction des plateformes.
55:57Si je prends le cas
55:58de Combini,
55:58donc on a été créé en 2008,
56:00quand on a été créé,
56:02je vais en parler tout à l'heure,
56:03le seul réseau social
56:05qui était viable
56:06et qui existe encore aujourd'hui,
56:08c'est Facebook.
56:09Donc les gens
56:09qui avaient 20 ans en 2007
56:11ont une bonne quarantaine
56:12d'années aujourd'hui.
56:13Donc on a évolué
56:14avec ces plateformes.
56:15Aujourd'hui, TikTok,
56:16c'est plutôt des gens
56:17qui ont une vingtaine d'années,
56:18entre 20 et 30 ans,
56:19on va dire,
56:19si on doit être un peu large.
56:20Donc on a la capacité,
56:22justement,
56:23de par les informations
56:24qui nous sont transmises
56:24par les plateformes,
56:25de découper les tranches d'âge
56:26en fonction de ces plateformes.
56:28Sur Facebook,
56:28on va être plus vieux.
56:29TikTok,
56:29on va être plus jeune.
56:31Je dirais que
56:32la plateforme médiane,
56:34c'est Instagram.
56:35Je crois qu'on est d'accord là-dessus.
56:36Là, on est sur une population
56:37plutôt 25-35 ans.
56:40Donc on est généralement,
56:42je pense,
56:43entre 20 et 40-45 ans
56:44avec une concentration
56:46peut-être un peu plus forte
56:47autour des 25-35 ans.
56:49Mais on peut toucher tout le monde.
56:51On a une audience
56:52extrêmement variée.
56:53Nous,
56:54on a 45 millions de followers
56:55en France
56:55si vous faites le cumul
56:56des plateformes.
56:59Effectivement,
56:59quand je vous disais
57:00le cœur de cible
57:00il y a 18-35 ans,
57:01c'est qu'aujourd'hui,
57:02on estime qu'il y a 10 millions
57:05de...
57:05aujourd'hui,
57:05on touche les 10 millions.
57:07Mais on a une audience
57:08qui s'est énormément élargie
57:10puisque les réseaux sociaux,
57:11dans leur mode de consommation,
57:12ne sont plus consommés
57:13uniquement par des jeunes.
57:14Et on l'a vu
57:15dans les derniers mouvements sociaux aussi.
57:18Les partis politiques l'ont compris.
57:20Donc voilà.
57:21Donc nous,
57:22effectivement,
57:22même sur TikTok,
57:24aujourd'hui,
57:24en vrai,
57:24c'est un peu
57:25un média de masse pour nous.
57:27On a toutes les tranches d'âge
57:28aujourd'hui sur TikTok.
57:29On va attendre
57:3020 millions d'abonnés.
57:31C'est vraiment
57:32une audience très, très large.
57:33Donc la première plateforme
57:34chez Brut,
57:34c'est Insta.
57:36TikTok,
57:38la deuxième plateforme,
57:39elle grandit très vite.
57:41Facebook,
57:41on pensait que c'était un réseau
57:42qui était moins visible.
57:44Pas du tout.
57:45Mais ça reprend
57:46et est très ancré
57:47dans les territoires,
57:48dans les régions.
57:48Exactement.
57:49Donc voilà.
57:49Et c'est lu et dessus.
57:51YouTube,
57:51la première chaîne de télé.
57:53Donc voilà.
57:54Donc on s'adapte.
57:54En tout cas,
57:55on a une audience
57:55extrêmement variée.
57:56Dire qu'on est des médias
57:57pour les jeunes,
57:58ça serait vraiment daté.
58:00Ça serait un discours
58:01d'il y a 10 ans.
58:02Donc voilà.
58:03qu'aujourd'hui,
58:03on touche tout le monde.
58:05Et dans les sujets,
58:06je vous en verrai
58:07dans le détail.
58:10Mais 28% des sujets
58:11les plus regardés,
58:12c'est sur la société.
58:13La culture et les arts,
58:14c'est 15%.
58:15La santé, c'est 5%.
58:16Le sport, c'est 5%.
58:19Après, par rapport
58:19à toute notre offre éditoriale
58:21à nous,
58:22ça dépend des lignes,
58:23enfin des offres éditoriales.
58:24Mais on vous en verra
58:25le détail.
58:27Voilà.
58:28Merci à toutes et à tous
58:29d'avoir suivi cette audition.
58:31pour plus d'informations,
58:33rendez-vous sur notre site
58:34publicsena.fr.
58:35Belle journée à vous.
58:37À très vite sur les chaînes parlementaires.
58:38Sous-titrage Société Radio-Canada
58:41Sous-titrage Société Radio-Canada
58:46Sous-titrage Société Radio-Canada
58:48Sous-titrage Société Radio-Canada
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