- il y a 14 heures
Phénomènes climatiques dévastateurs, conflits géopolitiques, menaces cyber, incertitudes économiques : nos sociétés font face à une multitude de crises qui renforcent notre sentiment de vulnérabilité. Comment le secteur de l'assurance peut-il nous protéger ? Va-t-on vers un monde de plus en plus inassurable notamment en matière de risques climatiques ? Réponses avec Mathieu Godart, directeur général d'Axa France. Et puis comment nous prémunir du retrait-gonflement des argiles, un phénomène qui menace plus de 60 % des maisons françaises ? Reportage dans le Sud-Ouest. Enfin d'autres risques tout aussi inquiétants émergent en 2026. Le monde de l'assurance est-il prêt à les prendre en charge ? Réponse avec Adrien Couret, directeur général d'Aéma Groupe. Année de Production :
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00:01Pourvu que ça dure avec le groupe Caisse des dépôts.
00:04Engagés au cœur des territoires pour accélérer la transformation écologique
00:08et contribuer à une vie meilleure pour toutes et tous.
00:43Bonjour, nouveau numéro de Pourvu que ça dure, l'émission qui rend les co-responsables sur Public Sénat.
00:48Phénomènes climatiques dévastateurs, conflits géopolitiques, menaces cyber ou encore incertitudes politiques et économiques.
00:54Nos sociétés font face à une multitude de crises qui renforcent notre sentiment de vulnérabilité.
01:01Alors comment le monde de l'assurance peut-il nous protéger ?
01:04Va-t-on vers un monde de plus en plus inassurable, notamment en matière de risque climatique ?
01:10Nous poserons la question à Mathieu Godard, le directeur général d'Axa France,
01:15avec qui nous reviendrons bien sûr sur l'impact des tempêtes Pedro et Nils.
01:19Et puis comment nous prémunir du retrait gonflement argile ?
01:23C'est un phénomène qui menace plus de 60% des maisons en France.
01:27Reportage dans cette émission.
01:29Enfin, d'autres risques tout aussi inquiétants émergent en 2026.
01:32Le monde de l'assurance est-il prêt à les prendre en charge ?
01:35Réponse avec Adrien Courret, le patron d'Aima Group, ce sera en fin d'émission.
01:42En début d'année, nous n'avons pas été épargnés par les tempêtes Nils et Pedro,
01:46qui ont fait des dégâts considérables dans notre pays.
01:48Bonjour Mathieu Godard.
01:49Bonjour.
01:50Directeur général d'Axa France, ce ne sont malheureusement ni les premières,
01:54ni les dernières tempêtes évidemment qu'on a subies et qu'on va subir en France.
01:58Comment vous, vous avez géré ça dans l'urgence ?
02:01Est-ce que vous avez été débordé par toutes ces demandes d'aide ?
02:05Alors, ce n'est pas la première tempête que l'on gère,
02:08mais il y a effectivement une recrudescence de ce type d'événements.
02:11Et puis deux ans maintenant, d'ailleurs, on a mis en place un dispositif
02:14qui s'appelle Climagir, dont la vocation est d'anticiper avec nos assurés
02:20le fait de se préparer à ce type d'événements, mais aussi de se mobiliser.
02:24Comment on se prépare ?
02:25Écoutez, en fait, on se prépare en envoyant des SMS à nos assurés
02:29et en leur indiquant un certain nombre de gestes de prévention
02:32sur lesquels on les invite à s'engager.
02:36et ça permet de réduire les dégâts et puis surtout de les mettre en sécurité.
02:42Il y a eu, j'imagine évidemment, des situations qui ont été compliquées
02:44parce que ce sont des dégâts, beaucoup de dégâts,
02:47ce sont des drames matériels et humains aussi.
02:50Absolument, on a toujours un certain nombre d'opérations
02:53de relogement d'urgence, notamment dans le cadre des inondations.
02:56On a malheureusement des assurés qui doivent quitter leur domicile
02:59et on les accompagne dans ce sens.
03:00Comme à chaque catastrophe naturelle, il faut en parler de ce régime 4NAT,
03:04catastrophe naturelle, qui vient à la rescousse
03:07dès que ce qu'on appelle l'arrêté ministériel est pris.
03:10Cette année, là encore, ça a bien fonctionné ?
03:12Oui, alors il faut souligner que c'est un dispositif
03:14qui est une singularité de la France
03:17et bon nombre de pays nous l'envient, ce dispositif.
03:20C'est un système où vous, moi, sur notre assurance automobile,
03:25sur notre assurance habitation, nous versons chacun
03:28une cinquantaine d'euros en moyenne pour l'assurance habitation,
03:31à peu près 25 euros sur une assurance auto.
03:34Et ces fonds viennent alimenter des moyens
03:39qui nous permettent, pour l'ensemble des assureurs,
03:41de procéder aux remboursements.
03:42C'est ce qui nous permet de tenir dans la durée
03:45face à la montée de ce risque climatique
03:48qui, année après année...
03:50Il y a assez d'argent, avec toutes ces cotisations,
03:52pour indemniser, encore une fois...
03:54Le système a été renforcé récemment.
03:58Ah oui, oui, 1er janvier 2025.
03:59Elle a été augmentée, la taxe catnate.
04:01Absolument. Les 50 euros auxquels je faisais référence,
04:04c'est à peu près une vingtaine d'euros supplémentaires
04:06qui ont été prélevés sur chacune des cotisations
04:09multirisques habitation et une dizaine d'euros supplémentaires
04:12sur les assurances auto.
04:13Et ça, c'était au 1er janvier 2025.
04:15L'objectif, c'était justement de venir renforcer ce régime
04:18face à la recrudescence et à l'intensité toujours plus importante
04:22de ces catastrophes naturelles.
04:23Et donc, ce qui fait sa force, au-delà du fait que ça n'existe pas à l'étranger ?
04:27Ce qui fait sa force, c'est le système de solidarité nationale.
04:30C'est ça.
04:30Vous, moi, si vous êtes dans un appartement parisien,
04:33vous êtes probablement peu exposé à une catastrophe naturelle.
04:36Néanmoins, le montant que vous versez dans ce régime
04:39vient au secours.
04:41C'est une forme de solidarité ?
04:42C'est absolument ça. C'est de la solidarité nationale.
04:44Pedro et Nils, cette année, tempête Benjamin, c'était en 2025,
04:48des tempêtes dévastatrices qui se répètent.
04:50Mais là, on a atteint un niveau inédit
04:52en matière de jours de pluie en février.
04:55Oui, vous avez raison.
04:56Les jours de pluie s'enchaînent les uns après les autres.
05:00Mais ce qui est important, c'est que si on dézoome un peu,
05:03on regarde depuis le début de ce siècle,
05:04les catastrophes naturelles.
05:06Le rythme moyen, le coût moyen annuel,
05:09c'était environ 3 milliards par an sur la première décennie.
05:12Sur la seconde décennie, on était à 4 milliards par an.
05:15Et dans la décennie actuelle,
05:16on est sur un rythme d'environ 6 milliards par an.
05:18Donc, on voit...
05:20Donc, il y a une accélération.
05:20Exactement.
05:21Sur ce début 2026, la facture va être salée.
05:25France Assureur parle, pour les sinistres du mois de février,
05:29les tempêtes, 1,2 milliard d'euros.
05:31Absolument.
05:33Pour AXA France, c'est à peu près une vingtaine de milliers de sinistres
05:36qu'on a d'ores et déjà enregistrés,
05:38avec notre code part dans ce milliard d'euros environ.
05:41Donc, vous voyez, c'est un phénomène sur lequel, en fait,
05:44il faut qu'on puisse agir pour aider les Français à diminuer les impacts.
05:50Et là, c'est la prévention qui a toute sa place.
05:53Sachant que la facture, Mathieu Godard, la facture,
05:55elle va gonfler encore parce qu'il y a les dommages matériels,
05:58les véhicules, évidemment, les maisons,
06:00mais aussi après des pertes économiques indirectes.
06:02Et ça prend du temps aussi, évidemment, à estimer et à quantifier.
06:06Absolument.
06:06Mais c'est le point auquel je faisais référence tout à l'heure.
06:08On a une concentration de sinistres dans une zone géographique donnée.
06:11Donc, il s'agit ensuite, avec nos partenaires,
06:14de procéder à l'évaluation des dommages le plus rapidement possible.
06:18Parce que vous l'évoquiez tout à l'heure,
06:19ce sont des situations anxiogènes.
06:22Les assurés légitimement s'attendent à ce qu'on soit le plus rapide possible.
06:26Donc, il y a une très forte mobilisation de toutes les parties prenantes,
06:29avec nos agents généraux, notamment sur le terrain,
06:31pour venir auprès des...
06:33Avec une facture de ces tempêtes qui double, on l'a dit,
06:35donc quasiment maintenant par décennie.
06:37Absolument.
06:38En s'accélérant.
06:39Absolument.
06:39Mais encore une fois, l'impact sur les polices d'assurance,
06:43elles vont grimper inexorablement.
06:45On n'aura pas le choix, si on veut continuer à être assuré,
06:47de payer plus cher.
06:48C'est inexorable.
06:49Les sous-jacents l'indiquent.
06:52Plus de sinistres.
06:54Une inflation des coûts de réparation.
06:56Et donc, c'est une tendance longue à l'augmentation.
06:58Mais je voudrais quand même rappeler qu'en France,
07:01on a un marché de l'assurance qui est extrêmement compétitif.
07:04Beaucoup d'acteurs.
07:06Et j'aime bien comparer le montant d'une prime multirisque habitation en France et aux Etats-Unis.
07:11Le facteur est d'environ de 10.
07:13Hein ?
07:14Absolument.
07:14Environ de 10.
07:15C'est 10 fois plus cher aux Etats-Unis ?
07:16À peu près, en moyenne.
07:17La police d'assurance habitation ?
07:18Absolument.
07:19Et donc, on a un système, je soulignais le régime catastrophe naturelle,
07:23et on a des assureurs qui sont présents sur tout le territoire,
07:27un système de solidarité.
07:28Donc, en fait, on a un niveau d'assurance en France
07:30qui nous permet d'accéder à des prix qui sont somme toute raisonnables.
07:34Certes, mais pour certains, ça peut devenir insoutenable année après année
07:36parce que ça coûte trop cher.
07:37Absolument.
07:38Mais au total, on déploie beaucoup d'efforts.
07:41Et c'est là où je reviens à mon sujet de la prévention,
07:44qui est un élément extrêmement important
07:46pour nous permettre de contenir cette inflation du coût.
07:49Après, il y a un autre sujet de préoccupation dont il faut qu'on parle,
07:52Mathieu Godard, c'est les risques sur l'assurabilité des maisons
07:55les plus exposées, aux inondations, aux tempêtes, aux submersions marines.
07:59Il faut rappeler que 47%, c'est quasiment une commune sur deux
08:03qui se trouve en zone inondable.
08:0517 millions de Français sont concernés.
08:08Est-ce qu'on peut imaginer à l'avenir un refus de prise en charge par les assureurs ?
08:12Est-ce que ça vous est déjà arrivé de refuser d'assurer une maison
08:15parce que zone inondable, parce que trop risquée ?
08:18Tout doit rester assurable.
08:19Mais pour que tout reste assurable, il nous faut déployer,
08:23exactement, il nous faut déployer de la prévention.
08:26Et il nous faut travailler sur la résilience d'une collectivité locale
08:32qui est, comme vous l'évoquez, potentiellement exposée à des inondations.
08:35Comment est-ce qu'on profite du fonds Barnier,
08:38qui est un des éléments constitutifs du régime CatNap ?
08:40Ah oui, on n'en a pas parlé, vous avez raison.
08:41Le fonds Barnier, quelle différence avec le fonds CatNap, catastrophe naturelle ?
08:44En fait, une partie des fonds qui sont collectés,
08:46les 25 et 50 euros que j'évoquais tout à l'heure,
08:48une partie de cette surprime catastrophe naturelle
08:52est déviée vers un fonds Barnier dont l'objectif est justement
08:55de financer la résilience pour les particuliers,
08:59pour les communes, pour les collectivités locales,
09:01face à la reconnaissance de ces catastrophes naturelles.
09:04Qu'est-ce qu'on fait pour sauver le système sur l'assurance habitation ?
09:07Il faut des tarifs différents en fonction des zones d'habitation,
09:10mais c'est déjà un petit peu le cas, non ?
09:11En fait, un tarif, c'est quoi ?
09:13C'est de la mutualisation, de la solidarité nationale,
09:16comme on l'a évoqué tout à l'heure,
09:17mais c'est aussi un signal prix,
09:18parce que le principe de l'assurance,
09:20c'est de mettre en adéquation une prime d'assurance
09:23qui reflète un niveau de risque.
09:25Et donc, dans l'exemple habituel,
09:27si vous êtes dans une zone inondable,
09:29la maison qui est en bas de la rue en pente
09:32a nécessairement un tarif en général.
09:34C'est déjà le cas aujourd'hui ?
09:35C'est déjà le cas aujourd'hui,
09:36il y a toujours un signal prix qui est différent.
09:38Mais j'en reviens au sujet de la prévention.
09:40Pour pouvoir contenir le montant des primes dans la durée...
09:44Il faut arrêter de construire dans les zones les plus exposées, déjà.
09:46Absolument.
09:47Il faut arrêter de construire dans les zones inondées.
09:50Il faut utiliser le fonds Barnier
09:52pour rendre les zones plus résilientes,
09:57plus résilientes face à ces catastrophes naturelles.
10:01Et puis, il nous faut, chacun d'entre nous,
10:03nous mobiliser face à ce sujet,
10:05avec plus de prévention.
10:06Oui, c'est le mot que j'entends chaque fois, le mot prévention.
10:09Mais c'est quoi, en gros, pour un particulier,
10:11la prévention, concrètement ?
10:13C'est l'amont, c'est ce qui se passe avant, évidemment.
10:15C'est se préparer, c'est avoir des bâtards d'eau pour...
10:19Des bâtards d'eau, ce sont des dispositifs
10:22qui permettent d'étanchéifier une maison
10:25et d'éviter de voir l'eau s'infiltrer dans la maison.
10:27C'est efficace.
10:28Ce sont des coûts supplémentaires pour l'assurer.
10:31Absolument, mais je pense que quand on est assuré,
10:34on est en zone inondable.
10:36Quand on connaît ces dispositifs,
10:38c'est un bon investissement.
10:40Quand on est dans une zone qui fait l'objet,
10:42vous savez, des retraits, gonflements d'argile
10:44avec les fissures, ça peut être aussi...
10:48Pas les bâtards d'eau, mais il y a un certain nombre
10:49de mesures qu'on peut prendre
10:50pour rendre sa maison plus résiliente.
10:54Ce risque climatique,
10:55on comprend bien que c'est l'affaire de tous.
10:58Évidemment, mais est-ce que le grand public
11:00en a pris la mesure ?
11:01Est-ce que les Français, pour le coup,
11:02commencent un petit peu à avoir ces réflexes
11:04de ne pas acheter un logement dans une zone à risque,
11:08de mettre des bâtards d'eau autour de sa maison,
11:11quand une tempête arrive,
11:12de ne pas se dire que c'est tant pis,
11:13c'est la sueur qui va payer,
11:15de la mettre dans un parking protégé
11:17d'une intempérieure, d'une tempête, de la grêle ?
11:19Je pense que la prise de conscience progresse
11:22avec AXA Prévention, notamment...
11:24On part de loin.
11:24Oui, on part de loin.
11:25C'est français ?
11:27Oui, c'est assez français.
11:28On a une culture de la prévention
11:29qui est assez peu développée,
11:30parce qu'on est souvent extrêmement protégé
11:32par son assureur, par l'État.
11:34Et il faut qu'on progresse.
11:35Tout à l'heure, j'évoquais aux États-Unis.
11:37Compte tenu du montant des primes,
11:39justement, le développement...
11:40C'est vraiment sûr que c'est dix fois plus cher.
11:42Vous irez regarder.
11:43Je vous fais confiance.
11:43C'est dingue.
11:44Mais effectivement, il faut qu'on progresse
11:45sous cet angle, sur le volet de la prévention.
11:47Et donc, il faut qu'on passe à l'action.
11:49Ça, c'est notre grand défi des prochaines années.
11:51Il faut qu'on arrive à faire en sorte
11:53que les Français passent davantage à l'action
11:55qu'avec les collectivités locales.
11:58Pour que ça coûte moins cher derrière.
11:59Pour que ça coûte moins cher
12:00et que ça reste assurable partout sur le territoire.
12:02Allez, merci à vous, Mathieu Godard,
12:04directeur général d'AXA France.
12:05Merci.
12:06Merci beaucoup.
12:07On vient d'en parler.
12:07Parmi tous les risques climatiques,
12:09le retrait gonflement d'argile
12:10inquiète de plus en plus ses assureurs.
12:12Et pour cause, près de 60% des maisons
12:14sont en risque,
12:15alors quelles sont les pistes
12:16pour se prémunir et se protéger ?
12:18Reportage signé Manuel Legre.
12:21Inondations plus fréquentes,
12:23sécheresses plus fortes,
12:24orages de grêle plus intenses.
12:26Avec le réchauffement climatique,
12:28le coût des catastrophes naturelles
12:30pourrait augmenter fortement d'ici 2050.
12:36Les premières petites fissures que j'ai vues,
12:38c'est ici où le crépit était tombé.
12:41Et puis bon, après,
12:42il y en a eu un peu là,
12:43derrière.
12:44Sans raison apparente,
12:46ce propriétaire voit sa maison
12:47se fissurer un peu plus chaque mois.
12:50Certaines font même plusieurs mètres.
12:52L'homme est désemparé.
12:54Vous voulez acheter une maison comme ça,
12:56avec des fissures partout où vous ?
12:57Non, ça ne vous intéresserait pas.
12:59Qui voulez-vous ?
13:01Ou alors si on l'a vend,
13:02on la donne, quoi.
13:03Et puis il faut l'amender 50% de son bruit
13:05et peut-être que tourner un client.
13:07Ce propriétaire est victime de ce qu'on appelle
13:10le retrait gonflement des argiles.
13:13C'est un phénomène de mouvement de terrain
13:15qui est dû à l'alternance de périodes sèches
13:19pendant lesquelles le sol se rétracte
13:21et de périodes humides
13:22pendant lesquelles le sol se gonfle.
13:26Et en cas de mouvement très important,
13:29ce phénomène peut causer des fissures
13:30sur les habitations.
13:32Aujourd'hui, le phénomène gagne du terrain.
13:35Avec des sécheresses à répétition,
13:37plus de la moitié du territoire français
13:39est désormais classée à risque.
13:41Au total, plus de 12 millions de maisons individuelles
13:44sont exposées au retrait gonflement des argiles,
13:47soit 61,5% du parc.
13:50Pour donner quelques ordres de grandeur,
13:52sur la période 2000-2015, en moyenne,
13:55le coût des sinistres était évalué à 400 millions d'euros par an.
13:58Et depuis 2016, on a dépassé le milliard d'euros.
14:03Le montant des dégâts atteint des sommets,
14:05à tel point qu'il est désormais le premier poste d'indemnisation
14:08du régime catastrophe naturel devant les inondations,
14:11faisant craindre le pire.
14:13Selon les projections,
14:15le coût du phénomène pourrait tripler d'ici 2050.
14:18Face à l'urgence,
14:19l'État multiplie les initiatives
14:21en misant sur la prévention
14:22avec notamment un fonds de 30 millions d'euros
14:25pour aider les propriétaires à prévenir les fissures.
14:29En attendant,
14:31comment protéger sa maison ?
14:32Quelles sont les techniques
14:33pour éviter les mouvements de terrain ?
14:35Dans le sud-ouest,
14:37il y a un expert qui n'a pas attendu
14:38ses hausses de température
14:40pour se spécialiser en la matière.
14:42On va les envoyer creuser directement,
14:44on va voir s'il y a de l'eau dedans ou pas.
14:46Alain-Franc Béchade
14:47expertise chaque année
14:49des dizaines de maisons fissurées
14:50et sort les gros moyens
14:52pour sauver les fondations.
14:54Quand on voit ça
14:55le long des fondations,
14:56en général,
14:57c'est pas bon signe.
14:58Ici,
14:59Alain-Franc Béchade
15:00fait face à un cas d'école.
15:02À l'aplomb des fissures
15:03cachées sous quelques centimètres
15:05de terre et d'argile,
15:06il découvre de l'humidité
15:07due à des tuyaux percés
15:09et des racines
15:10qui viennent puiser dedans.
15:12Souvent, les gens,
15:13quand ils voient la taille des radicelles,
15:15ils me disent
15:16mais c'est rien.
15:17Enfin, c'est que dalle, quoi.
15:18Ils se rendent pas compte
15:19que c'est ça qui pompe
15:20et c'est ça qui peut pomper
15:22jusqu'à 200 litres d'eau par jour.
15:24Lorsque les sols argileux sont humides,
15:26la maison se soulève
15:27et quand la végétation les assèche,
15:30elle redescend.
15:31C'est en faisant le yo-yo
15:32que la bâtisse se fissure.
15:34Là, si on fait rien,
15:35on revient dans deux ans,
15:36la maison, elle est cassée en deux.
15:37Le maître mot,
15:38c'est d'adapter la construction
15:40à son environnement.
15:42Et il faut bien maîtriser l'environnement.
15:45Renforcer la construction,
15:46c'est bien,
15:47encastrer les fondations,
15:48c'est bien,
15:48mais c'est pas l'essentiel.
15:49L'essentiel, c'est vraiment
15:50d'avoir des ouvrages
15:51pour capter les eaux
15:53autour de la construction
15:54et faire en sorte
15:55que l'eau ne vienne pas
15:57contre les fondations.
15:57Une voiture,
15:59si vous n'y mettez pas
15:59d'essence dedans,
16:00elle ira nulle part.
16:01Il n'y aura aucun mouvement.
16:02Et avec les argiles,
16:03c'est exactement pareil.
16:04S'il n'y a plus
16:05de variation de tonneurs en eau,
16:07il n'y a plus de mouvement
16:07et la maison,
16:08les constructions de manière générale
16:10ne bougent plus.
16:11Ici,
16:11pour confiner les fondations
16:13et les garder au sec,
16:14Alain-Franc Béchade
16:15va couper les arbres trop proches,
16:17installer un écran anti-racines,
16:19réparer la tuyauterie
16:20et éloigner l'eau de la maison.
16:22Autant de solutions
16:23qui peuvent éviter
16:24que les fissures ne s'aggravent
16:25et qui sont actuellement testées
16:27dans la mission d'expérimentation
16:29mise en place
16:30par la CCR
16:31et France Assureur.
16:32Objectif,
16:33passer d'une logique
16:34d'indemnisation
16:35à une logique de prévention.
16:40Le risque retrait gonflement argile,
16:43un risque pris très au sérieux
16:44évidemment par les pouvoirs publics
16:45mais aussi par les assureurs.
16:47Adrien Courret, bonjour.
16:48Bonjour David Jacot.
16:48Merci d'être avec nous
16:49sur Public Sénat.
16:50C'est le directeur général
16:51d'Aima Group
16:52qui comprend Aesio Massif
16:53avec Assurance et d'autres sociétés.
16:56Quel regard vous portez
16:57sur ce reportage
16:58et sur ce risque
16:59retrait, gonflement, argile ?
17:01Est-ce que vous êtes inquiet ?
17:01Est-ce que c'est
17:02l'un des plus gros risques
17:03aujourd'hui en France ?
17:04Oui, et le reportage
17:05montre bien
17:06la nouvelle réalité
17:07des assureurs.
17:08C'est une explosion
17:09du risque climatique
17:10puisque le RGA
17:11mais aussi les tempêtes
17:12et d'autres sujets.
17:13C'est trois fois plus
17:14d'indemnisation
17:14pour les 30 prochaines années
17:16que les 30 dernières années.
17:17Pour nous, c'est une réalité
17:18mais qu'on arrive quand même
17:19à gérer.
17:20On le gère
17:21si on nous laisse faire
17:21notre métier d'assureur.
17:23Les tarifs d'assurance
17:24vont devoir augmenter
17:25pour mieux indemniser.
17:27Mais il n'y a pas
17:27de baguette magique non plus
17:28contre le RGA
17:29que l'on a pu voir.
17:30Retrait, gonflement, argile.
17:31Le RGA,
17:31retrait, gonflement d'argile
17:32puisqu'on parle
17:33de dizaines de millions
17:34de maisons en France
17:35qui sont exposées,
17:36qui sont construites
17:37et qu'on ne va pas détruire
17:38pour les reconstruire.
17:39Donc il y a des solutions
17:40techniques
17:40qui peuvent être
17:41l'adaptation du logement,
17:43l'adaptation des terrains
17:44autour des maisons.
17:45C'est des choses
17:45qu'on teste scientifiquement
17:46en tant que France Assureur.
17:48Et puis il y a des réglementations
17:54pour ces maisons
17:54qui sont exposées
17:55à ce risque.
17:56Les primes d'assurance
17:57vont augmenter.
17:58C'est inéluctable.
17:59Oui, mais pour plus
18:01d'indemnisation en face.
18:02Et il faut voir quelque chose.
18:03C'est qu'en France,
18:03on a une assurance
18:04dans le fond qui n'est pas chère.
18:05On a l'assurance habitation
18:06la moins chère d'Europe.
18:07Pourquoi ?
18:08Parce qu'il y a ces 17 millions
18:09de Français exposés
18:10mais il y a tous les autres
18:10qui ne le sont pas
18:11et donc l'assureur
18:12organise une péréquation.
18:14On a aussi un régime
18:15public-privé
18:15catastrophe naturelle
18:16qui permet d'apporter
18:18une forme de solidarité.
18:20Donc la France
18:20est un pays
18:20qui est très exposé
18:21mais la France
18:22c'est un pays
18:22qui est bien armé.
18:23Par contre,
18:24si on ne touche pas
18:24le bâti et la construction
18:26qui va venir,
18:26on aura un problème
18:27dans le temps
18:28et nous c'est des choses
18:28qu'on appelle.
18:29Bon, malheureusement
18:30le risque climatique
18:31ce n'est pas le seul
18:32qui inquiète aujourd'hui
18:33Adrien Courret.
18:33En ce début d'année,
18:34d'autres risques
18:35ont fait une entrée fracassante
18:36dans le baromètre
18:37et des assureurs.
18:38Si on prend la cartographie
18:39des risques pour 2026
18:41de France assureurs,
18:42le risque qui préoccupe le plus
18:44c'est quoi ?
18:45Ce sont les cyberattaques.
18:48Exactement.
18:49Largement devant le risque climatique.
18:51Oui, mais ce n'est pas un hasard.
18:52C'est qu'on constate aujourd'hui
18:53qu'on a une hausse
18:54des cyberattaques.
18:55C'est lié à la dimension géopolitique
18:58mais pas que.
18:58C'est qu'aujourd'hui
18:59il y a toute une cybercriminalité
19:00qui s'est organisée
19:01par rapport à ça.
19:02Pour nous,
19:03c'est une voie possible
19:04de développement
19:04pour l'assurance
19:05puisque l'évolution
19:07de ce risque
19:08correspond à une évolution
19:09de la cyberassurance.
19:10Il y a encore une couverture
19:11qui est insuffisante
19:12dans les entreprises.
19:13Les grandes entreprises
19:14sont très bien couvertes.
19:15Les ETI sont couvertes
19:16à 10% seulement
19:18en assurance cyber
19:19et les petites entreprises
19:20très peu.
19:20Nous, on a des propositions
19:21par rapport aux entreprises
19:23mais ce dont on se rend compte
19:24c'est qu'il faut que là aussi
19:25les entreprises progressent.
19:26Vous savez,
19:27en assurance auto
19:27on n'assure pas
19:28à quelqu'un
19:28qui n'a pas son permis.
19:30Une entreprise
19:30qui n'a pas son permis cyber
19:32difficile de l'assurer.
19:33C'est quoi ?
19:34Avoir des bons outils
19:35et surtout avoir formé
19:36ses salariés
19:37à avoir les bons gestes
19:38parce qu'on le sait
19:39qu'en cyber
19:40la première faille
19:41c'est la faille humaine
19:42c'est la personne
19:43qui clique sur le mauvais lien
19:44et donc nous on milite
19:45pour qu'il y ait
19:47et l'État d'ailleurs
19:47développe des outils intéressants
19:49par rapport à ça
19:50les bonnes approches
19:51de prévention
19:51qui derrière
19:52font que le risque
19:53devient insurable.
19:54C'est toujours
19:54cette articulation
19:55entre l'éducation
19:57et la capacité
19:58à avoir derrière
19:58une réponse assurantielle.
20:00Et le marché du cyber
20:01il se structure
20:01il a beaucoup progressé
20:02il va continuer à l'être
20:03et pour nous
20:04c'est un élément
20:05qui est très intéressant.
20:06Parce que personne
20:06n'est à l'abri
20:07je veux dire
20:07aujourd'hui
20:08on a vu la Poste
20:09France Travail
20:09SFR
20:10des grands groupes
20:11des PME
20:12des institutions
20:13beaucoup ont été hackés
20:15voilà c'est un risque
20:16qui est réel
20:17C'est vrai pour nos clients
20:19et moi je peux témoigner
20:20en tant qu'AMA groupe
20:21mais on n'est pas du tout
20:21exceptionnel
20:22on est attaqué
20:23des milliers de fois par jour
20:24mais en face
20:25on a mis des batteries
20:27des ingénieurs
20:29des experts
20:29de plus en plus important
20:30des prestataires
20:31avec lesquels on travaille
20:31qui nous permettent
20:32de compenser par rapport à ça
20:33c'est la nouvelle réalité du monde
20:35elle est vraie pour nos clients
20:36et pour nos assurés
20:37donc on réfléchit
20:38à leur apporter
20:38des nouvelles solutions
20:39elle est vraie pour nous
20:40en tant qu'entreprise
20:41parce que c'est la confiance
20:43en fait
20:43que nos clients apportent
20:45Ce risque cyber
20:46ces polices d'assurance cyber
20:48elles sont facultatives
20:49un jour
20:49elles deviendront
20:51obligatoires ?
20:51Alors ça je ne sais pas
20:53mais ce qui devrait
20:53devenir obligatoire
20:54c'est ce que j'évoquais
20:55c'est la prévention
20:56le fait que quand on est
20:57une entreprise
20:57on a une obligation
20:58de former ses salariés
21:00de protéger son fonds de commerce
21:02protéger les données
21:02et ça ça passe
21:04par des kits de base
21:05et des réflexes de base
21:06nous on propose
21:06des services
21:07pour accompagner les entreprises
21:08je pense qu'il faut commencer
21:09par ça
21:10avant l'assurance
21:11d'ailleurs en général
21:12l'assurance
21:13c'est une deuxième étape
21:14dans la réflexion
21:14il faut toujours réfléchir
21:15les gens l'oublient
21:16les gens l'oublient
21:16bien sûr
21:17mais pour revenir
21:19au risque climatique
21:19tout à l'heure
21:21le sujet c'est pas
21:21d'assurer la maison
21:22c'est est-ce que la maison
21:23est à risque
21:23et ses habitants
21:24pareil pour le cyber
21:25c'est est-ce que l'entreprise
21:26est à risque
21:27est-ce qu'on a mis
21:27les bons outils de prévention
21:28comment vous intervenez
21:29quand une entreprise
21:30est victime d'une attaque cyber
21:31concrètement
21:32en termes de prise en charge
21:33alors on intervient
21:34à plusieurs niveaux
21:35il y a deux grands sujets
21:37très souvent
21:37il y a un sujet
21:37de perte d'exploitation
21:38c'est-à-dire l'activité
21:40est interrompue
21:40pendant un certain temps
21:41et donc vous avez des garanties
21:42qui permettent de couvrir
21:43ces éléments-là
21:43et en ça
21:44ça ressemble à des assurances
21:45relativement traditionnelles
21:47et puis vous avez ensuite
21:48une capacité à indemniser
21:50la récupération des systèmes
21:52le retour à meilleure fortune
21:53donc c'est essentiellement
21:54de l'indemnitaire
21:55et plus on avance
21:56plus on a un historique
21:58de sinistre
21:58comme on dit
21:59et plus on est en capacité
22:00de califier ces sujets-là
22:01parmi les risques
22:03qui inquiètent
22:03il y a bien sûr
22:04c'est l'actualité
22:05les tensions géopolitiques
22:06on est servi évidemment
22:07avec la guerre au Proche-Orient
22:09est-ce que vous couvrez
22:11aussi ces risques
22:12quand des touristes
22:13sont bloqués
22:14des travailleurs
22:14sont menacés
22:16les activités
22:17d'entreprises aussi
22:18sont en berne
22:19ou des usines
22:20qui sont fermées
22:21alors en fait
22:22quand une crise
22:23comme au Moyen-Orient
22:24se déroule
22:26ça mobilise
22:27plein de sujets
22:27d'assurance
22:28on a tout de suite
22:28parlé de l'assurance
22:29des bateaux
22:30à l'assurance marine
22:31alors on n'intervient pas
22:32sur ce sujet-là
22:33mais vous avez effectivement
22:34la question du rapatriement
22:35par exemple des français
22:36qu'on peut se retrouver bloqués
22:38dans différents pays
22:39donc là on intervient
22:40vous avez la question
22:42de la perte d'exploitation
22:42parce que des chaînes
22:43d'approvisionnement
22:44qui sont interrompues
22:45c'est des entreprises
22:46qui ne peuvent plus travailler
22:46donc on intervient
22:47donc on parle aussi
22:48Adrien Courret
22:49des risques d'émeute
22:49on l'a vu
22:50en Nouvelle-Calédonie
22:51en 2024
22:52ou encore en 2023
22:53lors des émeutes urbaines
22:54après la mort de Naël
22:55on a eu la crise
22:56des gilets jaunes
22:57comment on prend
22:58à bras le corps
22:59ces risques sécuritaires
23:00qui sont emmenés potentiellement
23:01même si on ne le souhaite pas
23:03à se répéter
23:04moi j'ai deux choses
23:05à dire là-dessus
23:05c'est que d'abord
23:06le risque émeute
23:07il est couvert
23:07dans les contrats d'assurance
23:08quand il y a eu NAL
23:09il y a eu des destructions
23:11notamment des entreprises
23:12ou même tout simplement
23:13des voitures
23:13qui ont été brûlées
23:14l'assureur il intervient
23:16dans ces cas-là
23:17par contre
23:17quand on arrive sur des cas
23:19trop fréquents
23:20là il y a des vrais problèmes
23:22qui se posent
23:22il faut savoir qu'aujourd'hui
23:23les réassureurs
23:24estiment que la France
23:25est dans le même pôle
23:26de risque
23:27la même intensité
23:28de risque émeute
23:28que le Nigeria
23:29et l'Afrique du Sud
23:30c'est que dans le fond
23:31le problème n'est pas l'assurance
23:32dans le fond
23:33c'est le problème
23:33c'est qu'il y a trop d'émeutes
23:34et nous ce que nous disons
23:35aujourd'hui comme assureurs
23:36c'est qu'on pourra
23:37continuer à assurer
23:38les conséquences des émeutes
23:40si l'ordre public
23:41est mieux respecté
23:42en France
23:43c'est-à-dire que
23:43quand vous faites de l'assurance
23:44vous ne pouvez pas
23:45tout couvrir
23:45vous couvrez beaucoup de choses
23:47mais il faut qu'il y ait
23:47un contrat de base
23:49qui soit posé
23:50et on n'y est plus là en France
23:51en France
23:52on commence à dériver
23:53sur quelque chose
23:53de difficile
23:54sur le climat
23:55c'est l'aménagement du territoire
23:56sur l'émeute
23:57c'est le respect
23:58de l'ordre public
23:58il y a depuis maintenant
23:59une vingtaine d'années en France
24:00une doctrine de l'ordre public
24:02qui quand il y a
24:03je dirais un événement
24:04laisse la casse se faire
24:05pour éviter
24:06des drames humains
24:08au bout d'un moment
24:09ça finit par poser un problème
24:10parce que pour nous assureurs
24:11ça n'est plus un aléa
24:12c'est une doctrine
24:14franco-française
24:15quand je dis doctrine
24:16le mot est peut-être
24:17un petit peu fort
24:17mais en tout cas
24:18c'est un état de fait
24:18c'est une précaution
24:20que prennent les pouvoirs publics
24:22le problème à un moment
24:23c'est que pour nous
24:23ce n'est plus un incident aléatoire
24:24on est amené à couvrir
24:25les conséquences
24:26d'une action
24:27des pouvoirs publics
24:28nous les messages
24:29qu'on en voit aujourd'hui
24:30c'est qu'on peut couvrir
24:31énormément de choses
24:31l'assurance
24:32elle a des capacités à faire
24:33mais à un moment
24:34il y a une limite
24:35et cette limite
24:36elle sera d'autant plus vite atteinte
24:38que l'intérêt général
24:40le travail avec la puissance publique
24:42sur la prévention des risques
24:43ne se fera pas
24:44oui après encore d'autres risques
24:45on pourrait passer des heures
24:45à en parler
24:46mais il y a aussi un risque
24:47qui passe un peu sous le radar
24:48pour autant il est structurel
24:49c'est le vieillissement
24:50de la population
24:51ce mur démographique
24:53et donc forcément
24:54de manière induite
24:55des coûts de santé
24:56qui vont augmenter
24:58c'est un gros risque aussi
24:59pour vous
25:00qui est sous-estimé d'ailleurs
25:02alors c'est plus qu'un gros risque
25:03c'est une réalité
25:03il faut savoir que
25:04du fait du vieillissement
25:05de la population
25:08les dépenses de santé en France
25:09c'est plus 4
25:10plus 5% par an
25:13et pour le coup
25:14ce n'est pas soutenable
25:14dans le temps
25:15d'ailleurs
25:15on se plaint souvent
25:16de la hausse des tarifs
25:17des complémentaires santé
25:18des assurances santé
25:19mais elles ne sont que le miroir
25:20des déficits de la sécu
25:22alors il y a une part là-dedans
25:23qu'il faut accompagner
25:24et puis il y a une part
25:25où il faut regarder là encore
25:26l'origine du risque
25:27et quelle est la vérité
25:28derrière ça
25:29c'est que la population française
25:30est de moins en moins
25:31en bonne santé
25:32on nous demande
25:32de mieux en mieux couvrir
25:33une population
25:34qui va de moins en moins bien
25:35et ça
25:36la France
25:37elle est très particulière
25:38sur ce sujet
25:38quand on se compare
25:39aux autres pays européens
25:40on voit qu'on fait
25:41moins de diagnostics
25:42sur les grandes maladies
25:44les grandes infections
25:44comme les cancers
25:45etc
25:46moins de vaccination
25:48on voit qu'on a
25:48une pénétration
25:49de sujets comme la malbouffe
25:50qui devient de plus en plus
25:51significatif
25:52on voit que les déterminants
25:54environnementaux
25:54de la santé
25:55sont de plus en plus prégnants
25:56je ne reviens pas
25:56sur la logique
25:57de loi Duplomb
25:58qu'on a entendu
26:00qui signale quelque chose
26:01de fort
26:02et donc là
26:02ce que l'on dit
26:03en tant qu'assureur
26:03c'est nous on peut indemniser
26:04mais il faut faire
26:05une vraie politique
26:07publique
26:07de prévention en santé
26:08qui trouve tous les sujets
26:10en amont
26:10et sur lesquels la France
26:11n'est vraiment pas bonne
26:11on consacre en France
26:122 à 3 fois moins d'argent
26:13à la prévention en santé
26:14que dans d'autres pays
26:15nous on appelle
26:16à ce que se crée
26:17un peu comme ça a été le cas
26:18sur la prévention routière
26:19qui a été un vrai succès
26:20en France
26:20sur ces 30 dernières années
26:21il y a 3 fois moins de morts
26:22en France sur la route
26:24qu'il y a 30 ans
26:24il faut faire la même chose
26:25en santé
26:26créer une grande association
26:27France Prévention Santé
26:29autour des pouvoirs publics
26:30mais avec les assureurs
26:31les usagers
26:31les professionnels de santé
26:32les industriels
26:33pour se dire
26:33quelles sont les 2-3 thématiques
26:35sur lesquelles on met le paquet
26:35aussi curieux que ça puisse paraître
26:37cette démarche-là en France
26:38elle n'existe pas
26:39parce que chacun
26:41est un peu enfermé
26:41dans ses silos
26:42traiter un risque
26:43comme la santé
26:44c'est global
26:45et donc pour ça
26:46il faut déployer
26:47des actions globalement
26:48dans un cadre
26:49qui est concerté
26:49Adrien Couré
26:50on a listé ensemble
26:51de manière assez exhaustive
26:53beaucoup de risques nouveaux
26:54qui se superposent
26:57tout ça est un peu anxiogène
26:58et on se dit
27:00on est dans un monde
27:01on entre dans un monde
27:02de moins en moins assurable
27:03de plus en plus inassurable
27:04et qui va coûter
27:06de plus en plus cher
27:07aux assurés
27:08on y va tout droit
27:10et je ne veux pas finir
27:11sur une note négative
27:11évidemment en disant ça
27:12non
27:13moi j'aurais un message
27:14plus positif
27:14l'assurance
27:15elle peut faire plein de choses
27:16et souvent l'assureur
27:17il a un peu l'image
27:18d'avoir les poches profondes
27:19moi souvent je prends un chiffre
27:20les fonds propres
27:21la richesse
27:21propre des assurants
27:22en France
27:23c'est 200 milliards d'euros
27:24et 200 milliards d'euros
27:25ça a été exactement
27:27tout le quoi qu'il en coûte
27:28pour régler le Covid
27:29donc ça veut dire
27:30qu'on peut faire beaucoup de choses
27:30mais face à une crise extrême
27:32il y a besoin de mobiliser
27:33d'autres sujets
27:33le monde de demain
27:34je crois qu'il est assurable
27:35mais si on s'occupe de nous
27:36si on s'occupe de l'exposition
27:38au risque
27:38si on arrête de construire
27:39n'importe où
27:40si on adapte le territoire français
27:42au changement climatique
27:43et on sait où sont les zones
27:44qui sont en train de souffrir
27:45très fort
27:45si on s'occupe de notre santé
27:48qui est un sujet globalement
27:49dont on parle quand même
27:50assez peu dans le débat public
27:51qui est souvent relégué
27:52après les questions économiques
27:53donc le monde de demain
27:54est assurable
27:55si on s'occupe de nous
27:56Allez, merci à vous
27:57pour cet entretien
27:58Adrien Courreux
27:58directeur général d'AIMA Group
28:00Merci
28:00Merci David
28:01Voilà, c'est la fin de
28:02Pourvu que ça dure
28:03l'émission qui rend
28:03les co-responsables
28:04l'émission tournée
28:05depuis le bivouac
28:06de L'Oréal France
28:07Pourvu que ça dure
28:07c'est aussi du replay
28:09sur Public Sénat
28:10A très vite
28:10C'était Pourvu que ça dure
28:26avec le groupe Caisse des dépôts
28:28engagé au cœur des territoires
28:30pour accélérer la transformation écologique
28:32et contribuer à une vie meilleure
28:34pour toutes et tous
28:34Sous-titrage Société Radio-Canada
28:37Sous-titrage Société Radio-Canada
28:38Merci
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