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  • il y a 19 heures
Air&Défense, c’est l’émission qui décrypte les grands enjeux industriels de L'aéronautique, du spatial et de la défense...trois secteurs au coeur des stratégies économiques mondiales. Réarmement, souveraineté, innovation… comment conserver une supériorité technologique et garantir la sécurité de tous dans un monde de plus en plus complexe ?

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00:02BFM Business avec la Tribune et R&Cosmos présente
00:09R&Défense, Jean-Baptiste Huet.
00:14Bienvenue dans R&Défense, une semaine particulièrement dense avec bien sûr le déclenchement de la guerre en Iran.
00:21Le discours aussi du président de la République sur la dissuasion nucléaire.
00:25On va d'ailleurs évoquer tous ces sujets avec notre invité, le député Jean-Louis Thieriot.
00:30Qui est ancien ministre délégué auprès du ministre des Armées.
00:32Qui est aussi membre de la Commission de la Défense et des Forces Armées à l'Assemblée Nationale.
00:36Ça y est, on connaît aussi les résultats financiers des Big Four.
00:40Airbus, Safran, Thalès, Dassault, analyse avec Léo Barnier d'Air et Cosmos.
00:45Et puis enfin, dans Signes aux faibles, on va écouter Eric Trapier, le PDG de Dassault Aviation.
00:49Qui était cette semaine l'invité d'Eddie Chevrillon.
00:51Savez-vous que Dassault Aviation a songé, il y a un an, à délocaliser son activité jet d'affaires aux
00:59Etats-Unis ?
00:59On écoutera ça en fin d'émission.
01:02R&Défense, l'interview.
01:07Jean-Louis Thieriot, bonjour.
01:08Bonjour.
01:09Ancien ministre délégué auprès du ministre des Armées.
01:11Vous êtes aujourd'hui député de Seine-et-Marne et membre de la Commission de la Défense et des Forces
01:15Armées à l'Assemblée Nationale.
01:17Merci beaucoup d'être avec nous.
01:19Un des sujets majeurs cette semaine, il y en a beaucoup et on va en parler notamment évidemment l'Iran.
01:24Mais c'était le discours du chef de l'État sur la dissuasion nucléaire, modification de la doctrine nucléaire, augmentation
01:32du stock de têtes nucléaires.
01:34Et ce nouveau concept de dissuasion avancée qui a été proposé, en tout cas expliqué par le chef de l
01:40'État,
01:41en entre-ouvre en France, enfin en Europe, un parapluie nucléaire français sur l'Europe.
01:46Est-ce que ça va pour vous dans le sens de l'histoire ?
01:51En tout cas, c'est à la fois le respect des principes et les évolutions qu'impose la conflictualité.
01:58Les principes, c'est que la dissuasion, elle doit être souveraine dans son pouvoir de décision.
02:03C'est évidemment maintenu souveraine dans sa planification et sa conduite et son ciblage.
02:09Là, les principes sont saufs.
02:11On avait eu des populistes de tout acabit qui avaient dit on va brader la dissuasion.
02:15Ce n'est évidemment pas le cas.
02:17On a aussi un autre principe fondamental qui est qu'il y a dans la défense de nos intérêts vitaux,
02:23et c'est ce que doit assurer la dissuasion, le rappel de cette dimension européenne
02:27que le général de Gaulle avait évoqué dès 1964 en parlant de l'Allemagne et du Benelux.
02:33Donc, on est dans cette continuité.
02:35Les deux nouveautés qu'on peut retenir, il y en a même trois.
02:38Alors, la première, c'est peut-être le moins important,
02:44l'augmentation du nombre de têtes nucléaires malgré le principe de la stricte suffisance.
02:50Ça répond à une réalité, c'est le durcissement des défenses solaires de nos compétiteurs.
02:56On veut la certitude que les missiles puissent passer.
02:58Donc, il en faut plus et c'est positif de l'avoir dit.
03:01La question qui reste en suspens, c'est aurons-nous une augmentation du nombre de vecteurs,
03:06c'est-à-dire du nombre d'avions, parce que sinon, on mobilise des avions pour l'aspect dissuasion,
03:12et donc c'est d'autres missions qu'on ne pourra pas accomplir.
03:15Ça, ça devrait être clarifié.
03:16Deuxième point en termes de doctrine, l'idée de dissuasion avancée,
03:22c'est-à-dire être capable en clair de projeter des plots rafales porteurs de l'arme nucléaire chez nos
03:28alliés
03:28en fonction de la situation et pour faire du signalement stratégique.
03:33Tout cela est assez cohérent et ne me semble pas poser de problème.
03:38Et c'est un geste fort dans une dissuasion de l'Europe qui additionne des dissuasions.
03:45La dissuasion française d'un côté, ce qui se veut la dissuasion américaine via l'OTAN,
03:50mais avec des doctrines différentes, c'est un ensemble.
03:53Et le troisième point, qui est finalement au moins aussi important,
03:58c'est l'insistance mise sur l'épaulement conventionnel de la dissuasion.
04:03Le but, c'est de remonter le seuil du nucléaire.
04:06Et remonter le seuil du nucléaire, ça ne se fera que s'il y a une défense conventionnelle forte.
04:12Les trois points évoqués, alerte avancée, frappe dans la profondeur,
04:16où c'est des capacités où on était entièrement dépendant des Américains,
04:20et défense solaire robuste, tout cela a du sens.
04:24Après, il faut que les moyens soient derrière les paroles
04:27et voir concrètement ce que ça donne, bien sûr.
04:30Avec nous, comme chaque semaine, Michel Cabirol,
04:32rédacteur en chef du pôle aérospatial défense à la tribune.
04:36Michel, bonjour.
04:37Bonjour Jean-Baptiste, bonjour M. Thiriot.
04:38M. Thiriot, le chancelier MERS avait dit il y a quelques temps
04:42qu'il était prêt, en tout cas à accepter,
04:45que des avions de l'armée de l'air allemande portent la bombe atomique française.
04:50Est-ce que vous êtes favorable à cette proposition allemande ?
04:56À ce stade, je vais dire, messieurs les Allemands,
05:00tirez les premiers, achetez du Rafale.
05:02C'est une boutade, mais ça n'en est qu'à moitié.
05:05Je crois que dans le principe de souveraineté de notre dissuasion
05:09qu'on a évoqué au préalable,
05:11c'est la totalité de la chaîne de conduite et de commandement
05:14qui doit rester sous contrôle national.
05:18Demain, après-demain, je ne sais pas ce qui se passera.
05:20À ce stade, c'est totalement prématuré.
05:23Ça n'est pas revenu dans le débat.
05:25La France a fait le choix, et c'est très bien,
05:27de ne pas rentrer dans la planification nucléaire de l'OTAN
05:30parce que les doctrines ne sont pas les mêmes.
05:33Nous, notre dissuasion nucléaire,
05:34c'est créé des dommages insupportables,
05:39des dommages insoutenables,
05:42disait le président Macron dans son discours.
05:45C'est éventuellement une frappe d'ultime avertissement
05:48pour montrer qu'on a franchi ce seuil.
05:50Ça n'est pas conduire la bataille nucléaire.
05:53Les Américains sont dans une logique de doctrine graduée,
05:57donc accepter d'une certaine manière
05:59de rentrer dans cette logique-là
06:01signifierait un amoindrissement de notre dissuasion.
06:03– Vous avez évoqué, avec l'augmentation des têtes nucléaires,
06:08une éventuelle augmentation des porteurs,
06:11c'est-à-dire du Rafale ou des SNLE 3G qui vont arriver.
06:15De quoi est-on capable, nous, Français,
06:18avec le budget qu'on a aujourd'hui ?
06:21Est-ce qu'on peut acheter une vingtaine de Rafale de plus
06:24pour les forces aériennes stratégiques ?
06:26Est-ce qu'on peut se payer un SNLE de plus ?
06:29C'est quoi votre opinion là-dessus ?
06:31À isobudget, ou même dans le budget qui sera celui de la LPM post-actualisation,
06:39c'est extrêmement compliqué.
06:41On part sur un certain nombre de programmes coûteux et nécessaires,
06:44je pense au porte-avions nouvelle génération, par exemple.
06:48Je crois qu'il faut être conscient que l'actualisation
06:51de la loi de programmation militaire sera une loi de cohérence.
06:54En clair, on bouge des trous capacitaires parce qu'on avait sous-calibré la première LPM.
07:01Honnêtement, nous l'avions dit à la tribune en disant que c'était le minimum.
07:07Le format ne peut bouger qu'à la marge.
07:09Le vrai enjeu, ça sera 2027.
07:12On aura forcément besoin d'une nouvelle LPM qui sera une loi de format
07:18et pas une loi de cohérence.
07:21Il y a quelques urgences, des avions en plus, vous l'évoquiez.
07:24Évidemment, et les événements de l'Iran le montrent,
07:27davantage de navires de premier rang pour la flotte.
07:31Ça fait 10 ans qu'on dit à 15 navires de premier rang,
07:35on n'y arrive pas, on ne tiendra pas les contrats opérationnels.
07:39Aujourd'hui, trois frégates de plus, c'est un minimum minimum.
07:42Ce que j'espère au moins qu'on obtiendra dans l'actualisation de la LPM,
07:46c'est d'avoir ces ambitions supplémentaires mentionnées
07:52sans forcément que ce soit dans l'année et demie qui vient,
07:55parce que de toute façon, on n'aurait ni le temps de les produire,
07:58ni le temps de les avoir, mais que les cliquets soient marqués.
08:00Et ces cliquets, c'est une vingtaine de rafales probablement de plus
08:04pour arriver à terme à une flotte de 150 avions qui serait le bon format.
08:08C'est trois frégates de plus, sans oublier aussi qu'on a une armée de terre
08:15qui a besoin de pouvoir s'entraîner, qui a besoin d'avoir des capacités corps d'armée
08:18qui aujourd'hui ne les a pas.
08:20Donc je crois vraiment qu'on est à un moment de vérité pour les Français,
08:24à un moment où les dépenses de défense, c'est des dépenses pour les protéger,
08:29ce n'est pas pour le plaisir d'avoir davantage de moyens,
08:33et il faudra une vraie opération vérité des prix.
08:36Oui, la défense, ça les touche au quotidien.
08:40Aujourd'hui, le détroit d'Ormouz bloqué, c'est le prix à la pompe qui va flamber,
08:46demain de l'inflation, et tout ce qui peut s'en suivre.
08:50Juste un mot sur les vecteurs.
08:52La France n'a plus depuis maintenant quelques années de composantes terrestres.
08:56Est-ce qu'à votre avis, il y aurait une réflexion apportée de ce côté-là,
08:59où on est dans un monde aujourd'hui où la composante aéroportée
09:02et les navires, les sous-marins, suffisent largement ?
09:05Je pense que la question ne doit pas être exclue,
09:08mais la nécessité ne m'en semble pas absolument évidente.
09:13Les sous-marins aujourd'hui ont une capacité de dilution
09:16que personne ne remet en cause.
09:18L'aviation stratégique, les faces, ont une capacité de projection
09:24et de déploiement, c'est l'idée de la dissuasion avancée.
09:27L'un des intérêts d'avoir une composante terrestre,
09:31c'était de pouvoir diluer sur le territoire européen.
09:35On peut aussi diluer des avions.
09:38Donc j'ai tendance à croire qu'on a d'autres priorités,
09:43parce que dans des budgets contraints,
09:45même si on arrive à ce qui est nécessaire,
09:47qu'évoquait le ministre des Armées,
09:49et que j'évoquais déjà dans un rapport de 2022,
09:51c'est-à-dire un poids de forme à 100 milliards et de manière durable,
09:54c'est vers ça qu'il faut tendre.
09:56On aura des choix à faire,
09:57je ne suis pas sûr que ce soit un seuil à franchir.
10:01L'ancien Premier ministre François Bayrou,
10:03vous avez confié un rapport sur la base industrielle
10:06et technologique de défense,
10:07un travail que vous avez remis il y a peu de temps.
10:12Vous pointez beaucoup dans ce rapport
10:14le rôle parfois trouble de l'Europe,
10:17qui selon vous prendrait peut-être trop de décisions
10:21à la place des États ?
10:23Est-ce que vous pouvez nous en dire ?
10:24Non, ce n'est pas le rôle trouble de l'Europe.
10:26Chacun doit faire ce pour quoi il est fait.
10:28En vertu des traités,
10:30la défense, c'est la compétence des États.
10:33On a des organes européens qui sont faits pour ça,
10:36c'est le Conseil, c'est l'intergouvernemental
10:38et c'est l'Agence européenne de défense.
10:40La Commission, et c'est effectivement ce que je pointe,
10:43qu'il ne faut pas faire communautariser la défense,
10:45elle a une mission essentiellement économique.
10:48Donc ce que doit faire l'Union européenne,
10:51la Commission,
10:52ce que doit faire le commissaire à la défense,
10:54Cubilius,
10:55c'est d'être en fait un commissaire à l'industrie de défense.
10:58Tout ce qu'on pourra faire
10:59pour favoriser ces coopérations,
11:02pour développer l'industrie européenne de défense,
11:05aura du sens.
11:06À condition de respecter
11:09quelques principes pour lesquels on se bat,
11:11c'est une forme de Buy European Act,
11:13c'est-à-dire de dire,
11:14ce qui, on en est très loin,
11:16mais ce qui est financé
11:18avec de l'argent
11:21communautaire
11:21doit servir à avoir des produits
11:24qui ont un design européen
11:25et une production européenne.
11:27La Commission est encore habitée,
11:29même si elle développe progressivement
11:31une pensée stratégique
11:32par une vision un peu idyllique
11:34du libre-échange
11:35ou du marché intérieur.
11:38Ce sont des marchés spécifiques,
11:40on est dans un domaine
11:41où on ne peut pas fonctionner
11:43de la même manière
11:44que sur un marché
11:46qui porterait sur des jouets.
11:48Et d'ailleurs,
11:49c'est pour ça que vous êtes opposé
11:50à la création d'un marché unique
11:51de la défense en Europe
11:53qui diluerait
11:55la responsabilité de la France.
11:57Non, le marché,
11:58pas que de la France.
11:59Alors, évidemment,
12:00ce sont les intérêts français
12:01qui m'intéressent en premier.
12:03Mais un marché unique de défense,
12:05ça veut dire une obligation
12:06de faire des appels d'offres.
12:07Donc, il y a un certain nombre
12:08de capacités
12:08qu'on veut conserver
12:10de manière souveraine
12:11et ça n'a pas de sens.
12:13La défense,
12:13ça n'est pas des véhicules
12:15de tourisme.
12:15Première raison.
12:17Deuxième raison
12:18qui dit
12:20marché unique
12:21de la défense,
12:22dit la volonté
12:23de la Commission,
12:24non de ce marché unique,
12:25de contrôler
12:26des priorités.
12:27Ça veut dire
12:28qu'il y aurait un doute
12:29sur la capacité
12:31d'exportabilité
12:32de nos produits.
12:32Et on sait
12:33que notre base industrielle
12:34et technologique
12:35de défense française
12:36tient son modèle
12:37grâce au succès
12:39à l'export
12:40dans le domaine naval,
12:41dans le domaine aérien
12:42avec le Rafale
12:44et puis
12:44l'exportation
12:46d'armement
12:46et c'est pour moi
12:47l'une des dérives
12:49qui menace
12:50aujourd'hui,
12:52ne doit être contrôlée
12:53par les États.
12:54La Commission
12:55ou l'Europe
12:56auraient envie
12:57d'y regarder,
12:58là,
12:59on touche
12:59à la souveraineté,
13:01on doit pouvoir
13:02avoir nos alliances
13:03de défense
13:04comme on l'entend
13:05et on n'a pas envie
13:06que soit ratifié
13:07par l'Europe
13:07le fait de coopérer
13:08aujourd'hui
13:09avec l'Inde,
13:10avec l'Égypte.
13:11C'est une prérogative nationale
13:13qui doit le rester.
13:14Il y a une mission
13:16récente
13:16qui vous a été confiée
13:17sur les investissements
13:18étrangers en France.
13:20Il y a quelques temps,
13:21en tout cas,
13:22il y a quelques jours
13:22ou quelques semaines,
13:23il y a eu
13:23le dossier LMB
13:25à Aerospace.
13:26C'est
13:27quel est l'équilibre
13:28à trouver
13:28entre l'attractivité
13:30de la France
13:30et justement
13:31la défense
13:32des intérêts
13:34de souveraineté
13:35industrielle français ?
13:37Les termes
13:38de l'équilibre
13:39sont théoriquement
13:39simples sur le papier.
13:41Un,
13:41il faut protéger
13:42nos pépites
13:43et nos technologies
13:44et ne pas accepter
13:45que des fonds
13:46d'investissement étrangers
13:48qui peuvent être
13:48les faunés
13:50d'États étrangers
13:51ne captent
13:52les singularités françaises
13:54et les technologies françaises.
13:55Il y a un autre besoin
13:56impératif
13:57de l'ensemble
13:58de nos entreprises
13:59de la BITD,
14:00c'est de pouvoir
14:01lever des fonds
14:02sur le marché
14:03du capital investissement
14:04et lever des fonds
14:06sur le marché
14:06du capital investissement
14:07ça veut dire
14:08que des investisseurs
14:09doivent pouvoir sortir
14:10et revendre
14:11avec une plus-value
14:13les investissements
14:14qu'ils ont faits.
14:16Trop de contrôle
14:16tuerait cette capacité
14:18d'investissement
14:18donc l'avenir
14:19trop peu de contrôle
14:20nous ferait perdre
14:21nos pépites.
14:22Le véritable enjeu
14:23et ça doit être aussi
14:24un sujet de la présidentielle
14:26de 2027
14:27c'est qu'il manque
14:27à la France
14:28des fonds
14:29d'épargne
14:30patient
14:30sur le modèle
14:31des fonds souverains
14:32alors on n'a pas la chance
14:33d'avoir du pétrole
14:34comme les Norvégiens
14:35mais qui puissent conserver
14:36durablement des entreprises
14:38sans forcément
14:39les vendre
14:39à des fonds
14:40d'investissement étrangers
14:41et pour ça
14:43il n'y a
14:44qu'une seule réponse
14:45possible
14:45il nous faut
14:46une épargne
14:47retraite
14:48patiente
14:49une épargne
14:50de retraite
14:52pour l'investissement
14:53en clair
14:54en clair
14:542027
14:54devrait être
14:55de dire
14:56aux français
14:56pour votre retraite
14:58à côté du fonds
14:59de répartition
14:59il faut
15:00des fonds
15:01de capitalisation
15:02pour un investissement
15:04durable
15:04ça répond
15:05à une partie
15:06des enjeux démographiques
15:07ça répond
15:08à des enjeux
15:08industriels
15:09c'est bon
15:10pour la sécurité
15:11et pour l'emploi
15:12je crois
15:13que c'est
15:13l'une des batailles
15:14de fonds
15:15quand on sait
15:16la part
15:16que représente
15:17la dépense sociale
15:18en général
15:18et la dépense
15:19retraite
15:19en France
15:20pour passer
15:21à l'échelle
15:22supplémentaire
15:23je rappelle
15:23que sur
15:241000 euros
15:25de dépenses publiques
15:26en France
15:27il n'y en a
15:27aujourd'hui
15:28que 31
15:28qui est consacré
15:30à la défense
15:31dernière question
15:32enfin en tout cas
15:33dernier thème
15:34qu'on va évoquer
15:34avec vous
15:36on va même essayer
15:37d'en faire deux
15:38le SCAF
15:39et l'Iran
15:39le SCAF
15:40bon on suit ce sujet
15:41depuis 2017
15:42ça n'avance pas
15:42on a compris
15:43que les industriels
15:44ne s'entendaient pas
15:44est-ce que vous estimez
15:46est-ce que vous jugez
15:46que ce programme
15:47est définitivement enterré
15:49est-ce qu'il faut passer
15:49à autre chose
15:51je crois qu'il est
15:51à tout le moins
15:52en état
15:53de coma dépassé
15:55vous ne pouvez pas
15:56pour du symbolique
15:57faire travailler ensemble
15:58des industriels
15:59qui ne le veulent pas
16:00Airbus
16:01les syndicats allemands
16:02le BDV
16:03a dit qu'il n'en voulait pas
16:05je pense qu'il faut constater
16:07que
16:09ça n'a pas marché
16:10nous acharnons pas
16:11recherchons
16:12d'autres coopérations
16:13et posons-nous la question
16:14comment
16:15on finance le plan B
16:16qu'est-ce que vous
16:17conseilleriez
16:18à Emmanuel Macron
16:20pour sortir
16:21par le haut
16:21sur cette histoire
16:22de SKAF
16:23je ne me permettrai pas
16:24de lui donner des conseils
16:26parce que je n'ai pas
16:26tous les éléments
16:28du dossier
16:29je crois
16:30simplement
16:31une prise d'acte
16:33une parole
16:34de vérité
16:35quand quelque chose
16:36n'a pas fonctionné
16:37je crois
16:37est plutôt positive
16:38et surtout
16:39une prise d'acte
16:41qui se transforme
16:42d'une volonté d'action
16:43c'est-à-dire
16:44mettre en place
16:45de nouvelles coopérations
16:46par exemple
16:47avec la Suède
16:48je ne sais pas
16:48si c'est faisable
16:49mais le Gripen
16:50arrive aussi
16:51en fin de vie
16:51donc il pourrait y avoir
16:52un projet
16:54fait avec eux
16:55et puis évidemment
16:57il y a quand même
16:58par rapport
16:59aux échanges
17:00qu'on a eu
17:01sur la
17:04dissuasion avancée
17:05de se poser
17:06la question
17:07de comment on fait
17:08pour mettre
17:09tous nos partenaires
17:10autour de la table
17:11pour développer
17:11un vrai européen de bail
17:12Un dernier mot
17:13sur le conflit
17:14qu'on est en train
17:15de voir en Iran
17:15il ne s'agit pas
17:15de faire le but par but
17:16parce que c'est impossible
17:17il y a quand même
17:18quelque chose
17:18qui apparaît
17:20les munitions
17:20l'utilisation
17:22intensive de munitions
17:23que ce soit
17:24de la part
17:24des Américains
17:25des Israéliens
17:26ou bien de l'Iran
17:27ça nous rappelle
17:27un petit peu
17:28ce qui s'est passé
17:28en Ukraine
17:29ces dernières années
17:29on voit que la munition
17:30est au centre de tout
17:32c'est là que ça va se jouer
17:34on est dans une guerre
17:35d'attrition
17:36donc celui qui industriellement
17:38pourra tenir le plus longtemps
17:40et celui qui atteindra
17:41ses buts de guerre
17:42je voudrais dire
17:42qu'on sache exactement
17:44quels ils sont
17:45mais c'est un des enseignements
17:46mais ça fait des années
17:47que nous le disons
17:49de la guerre en Iran
17:51actuellement
17:52c'est le stock de munitions
17:53et c'est aujourd'hui
17:55un des éléments
17:55de l'actualisation
17:56de la loi de programmation militaire
17:58c'est vraiment
18:00reconstituer
18:00les stocks de munitions
18:01et de développer
18:03le stock de munitions
18:04quitte à avoir
18:05des outils financiers innovants
18:06alors vous savez
18:07que je m'étais battu
18:08pour qu'on crée
18:09des SPV
18:11c'est à dire
18:11qu'on fasse financer
18:12par des fonds privés
18:12des stocks de munitions
18:13qui pourraient être vendus
18:15à l'export
18:15ou utilisés par les armées
18:17en cas de besoin
18:18je crois qu'aujourd'hui
18:18il faut faire feu de tout bois
18:20si on ne peut pas
18:22changer le format
18:23au moins faisons en sorte
18:24d'avoir des caissons pleins
18:26j'ajoute que
18:27quand on parle des munitions
18:28je parle évidemment
18:29des munitions bonne de guerre
18:30mais aussi des munitions
18:31d'entraînement
18:32parce que nos armées
18:33manquent cruellement
18:34de munitions
18:35pour s'entraîner
18:36sur le terrain
18:36et un soldat ne s'use
18:38que s'il ne s'entraîne pas
18:40parce que c'est son métier
18:41et qu'il aime faire ça
18:41Jean-Luc Thieriot
18:42merci beaucoup
18:43d'avoir été avec nous
18:44cette semaine
18:45ancien ministre délégué
18:46auprès du ministre des armées
18:47vous êtes député de Seine-et-Marne
18:48et membre de la commission
18:50de la défense
18:50et des forces aux armées
18:51à l'Assemblée nationale
18:52merci beaucoup
18:52et je remercie aussi
18:54Michel Cabirol
18:55un rédacteur en chef
18:55de la tribune
18:56et qu'on retrouvera
18:57Michel on se retrouve
18:58la semaine prochaine
18:58et tout de suite
18:59c'est l'heure du décryptage
19:01avec Léo Barnier
19:01d'Air et Cosmos
19:03Air et Défense
19:04le décryptage
19:06c'est l'heure du décryptage
19:09dans Air et Défense
19:09avec comme chaque semaine
19:10Léo Barnier
19:11bonjour Léo
19:11bonjour Jean-Baptiste
19:12vous êtes rédacteur en chef
19:14de Air et Cosmos
19:15et ça y est
19:16on connaît désormais
19:17les résultats financiers
19:19des Big Four
19:20Airbus
19:21Thalès
19:22Safran
19:23Dassault
19:25quels enseignements
19:26vous en tirez
19:27alors tout d'abord
19:29on voit que
19:29ces Big Four
19:31sont tous progressés
19:32cette année
19:33leurs résultats
19:342025
19:35sont en progression
19:36que ce soit
19:37en termes de profit
19:38mais aussi de rentabilité
19:39et ça
19:40ils le doivent
19:40notamment
19:41à une dynamique
19:42bien précise
19:43c'est celle
19:43de leurs activités
19:44de défense
19:45on le voit
19:46même si les proportions
19:47sont différentes
19:48d'un acteur à l'autre
19:49forcément Airbus
19:50est tiré par le civil
19:51il y a une partie civile
19:52très importante
19:52alors que Thalès
19:53va être plus défense
19:55mais la tendance
19:56quand même
19:56de la croissance
19:57de ces activités
19:58de défense
19:58est générale
19:59pour citer quelques chiffres
20:00quand on voit
20:01sur les activités
20:02justement la part
20:03du chiffre d'affaires
20:03lié à la défense
20:06chez Thalès
20:07donc ces activités
20:08de défense
20:08ont progressé
20:09de 12%
20:10en 2025
20:10par rapport à 2024
20:12chez Airbus
20:13c'est plus 15%
20:14chez Dassault
20:15c'est plus 17%
20:16chez Safran
20:17c'est un peu plus compliqué
20:18de savoir
20:18parce que ces activités
20:19sont réparties
20:20entre les différentes branches
20:21du groupe
20:21mais clairement
20:22Olivier Andriès
20:23a insisté
20:24sur les dynamiques
20:24de ces activités
20:25de défense
20:26sur notamment
20:26l'électronique
20:27de défense
20:28et a assuré
20:29que dans les prochaines années
20:30la part des activités
20:31de défense
20:32devrait légèrement
20:33augmenter
20:34voire augmenter
20:34alors même
20:35que les activités
20:36civiles
20:36sont elles
20:37en très forte progression
20:38on a des progressions
20:39à deux chiffres
20:40effectivement
20:40entre 12 et 17%
20:42ce qui est quand même
20:42assez important
20:43est-ce que ce mouvement
20:44alors je pense
20:45que la réponse
20:47est dans la question
20:47mais est-ce que ce mouvement
20:49d'une participation
20:50comme ça
20:51très importante
20:51de la défense
20:52dans les résultats
20:53va se poursuivre
20:54dans les années qui viennent
20:55oui je pense
20:55qu'on peut
20:56on peut le confirmer
20:58même s'il ne faut
20:59jamais parier là-dessus
21:00mais voilà
21:01quand on le voit
21:02quand on voit
21:03les commandes
21:03qui ont été passées
21:04en 2025
21:05ou les années précédentes
21:07forcément ça va se retrouver
21:08dans la production
21:09des prochaines années
21:09on voit aussi
21:11les perspectives
21:12qui sont offertes
21:12par le marché
21:13de la défense
21:13aujourd'hui
21:14il y a un exemple
21:15qui est très parlant
21:16c'est celui de l'Inde
21:17l'Inde qui a ouvert
21:18des négociations
21:19avec Dassault Aviation
21:20et avec des négociations
21:23de gouvernement
21:23à gouvernement
21:24mais pour acheter
21:25jusqu'à 114 rafales
21:26dans les prochaines années
21:28le contrat ne sera signé
21:29sans doute que l'année prochaine
21:30mais voilà
21:30la perspective est là
21:31et elle est forte
21:33donc
21:33est-ce que
21:34oui
21:35une perspective
21:36qui est très forte
21:37mais qui s'inscrit
21:38vraiment dans un contexte
21:39de forte tension internationale
21:40est-ce que
21:42c'est un peu la même chose
21:43pour nos voisins
21:44en Europe
21:44et dans le monde
21:44où on a un mouvement
21:45comme ça
21:45qui n'est pas évidemment
21:46que français ou européen
21:47mais vous le voyez
21:48s'étendre ailleurs
21:49dans le monde
21:49ce mouvement
21:49oui effectivement
21:51ça s'inscrit
21:52voilà
21:53cette hausse
21:53des activités de défense
21:54s'inscrit très clairement
21:55dans le contexte international
21:57de forte tension internationale
21:59enfin on voit
21:59ce qui s'est passé
22:00encore
22:00ce qui se passe
22:01cette semaine
22:02depuis ce week-end
22:03voilà
22:03donc forcément
22:05ça pousse
22:05les Etats
22:06à renforcer
22:09leur budget de défense
22:09et on le voit
22:11notamment en Europe
22:11c'est partout
22:13dans le monde
22:13c'est partout
22:13à travers l'Europe
22:14mais en Europe
22:15on peut citer
22:15notamment la Pologne
22:16qui a affiché son ambition
22:18de devenir
22:19une des plus grosses armées
22:20du vieux continent
22:21notamment face à la menace russe
22:23on voit en Allemagne
22:24qui a possé
22:24100 milliards sur la table
22:25mais on le voit aussi en France
22:27où on l'a vu
22:29il y a quelques semaines
22:30on a confirmé
22:31les surmarches budgétaires
22:33dans la loi de programmation militaire
22:35et ce
22:36alors même
22:36que le contexte budgétaire
22:37est quand même très tendu
22:38et d'ailleurs
22:40Patrick Payot
22:41le nouveau délégué général
22:42de l'armement
22:43s'exprimait là-dessus
22:44il disait qu'entre
22:462025 et 2026
22:47ce serait 80 milliards de plus
22:49voire même 100 milliards de plus
22:50qui arriveraient
22:51dans les caisses
22:52des sociétés d'armement françaises
22:55après il y a une partie
22:56qui vient de la France
22:57mais aussi une partie d'export
22:58est-ce qu'il y a des limites
23:00à tout ça ?
23:01Oui forcément il y a des limites
23:02parce que
23:03quand on voit
23:04quand on prend un peu
23:05la big picture
23:06en fait cette hausse
23:07des dépenses d'armement
23:08elle profite certes
23:09aux industriels européens
23:10aux industriels français
23:11qu'on a cités
23:12mais forcément
23:14elle profite largement
23:15aussi aux industriels américains
23:16toujours aux industriels américains
23:17et ce même
23:18quand ce sont
23:19les pays européens
23:19qui achètent
23:20alors il y a une petite évolution
23:22c'est là
23:23depuis un an
23:24enfin qui va
23:24là s'exprimer
23:25notamment cette année
23:26c'est le programme SAFE
23:27donc qui introduit
23:28un premier pas
23:30de préférence européenne
23:31donc c'est dans le cadre
23:32du grand plan
23:32de la commission européenne
23:34Rearm Europe
23:35mais voilà
23:36pour l'instant
23:37c'est encore un peu tôt
23:37pour en tirer
23:38les conclusions
23:40voilà
23:40mais c'est un premier pas
23:42Léo Barnier
23:43un grand merci
23:44vous êtes rédacteur en chef
23:45d'Air et Cosmos
23:46j'en profite
23:47pour vous montrer
23:47la une d'Air et Cosmos
23:48cette semaine
23:49qui est évidemment
23:50au coeur de l'actualité
23:51avec le conflit en Iran
23:52et l'opération
23:53Epic Fury
23:55Léo Barnier
23:55un grand merci
23:56on se retrouve
23:57la semaine prochaine
23:58et tout de suite
23:59ce sont
23:59les signaux faibles
24:01dans les signaux faibles
24:06on a eu cette semaine
24:08la présentation
24:08des résultats
24:09de Dassault Aviation
24:10Eric Trappier
24:11le PDG
24:12de Dassault Aviation
24:12était invité
24:13sur BFM Business
24:14avec Edwige Chevrillon
24:16il en a profité
24:17pour taper
24:18on va le dire
24:19comme ça
24:19sur cette surtaxe
24:21qui touche
24:22les entreprises
24:2296 millions d'euros
24:24voilà ce que ça a coté
24:25à Dassault
24:26sur l'année 2025
24:27ça coûte cher
24:28et Eric Trappier
24:30n'est pas content
24:30écoutez-le
24:32on nous a dit
24:33il faut mettre la main
24:34à la poche
24:34pendant un an
24:35bon on a accepté
24:37enfin on a accepté
24:38on n'a pas le choix
24:39c'était un an
24:40promis juré
24:41craché
24:42c'est un an
24:42maintenant on nous dit
24:44compte tenu des difficultés
24:46budgétaires
24:46on est obligé
24:47de rester un an de plus
24:48et puis on nous dit
24:49peut-être 2027 aussi
24:51donc ça fera trois ans
24:52donc notre crainte
24:53nous les grandes entreprises
24:54c'est que cette surtaxe
24:56s'installe
24:57et si elle s'installe
24:58elle taxe d'abord
25:00ceux qui sont en France
25:01qui travaillent en France
25:03elle taxe le chiffre d'affaires
25:04fait en France
25:04moi je paye 100%
25:06d'impôts
25:07en France
25:08parce que j'ai beaucoup
25:09d'activité
25:10en France
25:11celui qui a moins d'activité
25:12en France
25:12va payer moins d'impôts
25:14donc
25:15le mauvais réflexe
25:16serait de quitter la France
25:18pour payer moins d'impôts
25:20le mauvais réflexe
25:21mais est-ce que ça sera
25:22un réflexe
25:23que vous pourriez avoir
25:24pas moi
25:25parce que je suis
25:25principalement dans la défense
25:27mais tous ceux
25:28qui peuvent le faire
25:29oui mais je ne sais pas
25:30par exemple
25:30vous avez toute la partie
25:32avion d'affaires
25:34vous pourriez la délocaliser
25:36aux Etats-Unis
25:36oui on peut
25:37donc on y a réfléchi
25:39il y a un an
25:39en l'instant
25:40on a décidé
25:41de rester en France
25:42parce qu'on trouve
25:43une synergie
25:44entre la fabrication
25:45des avions militaires
25:46et la fabrication
25:47des avions civils
25:48c'est le même bureau d'études
25:49donc c'est tout notre intérêt
25:50de rester ancré
25:51en France
25:52avec nos sous-traitants
25:53parce que si la grande
25:54entreprise quitte
25:55on dit mais c'est que
25:56les grandes entreprises
25:57qui vont payer plus
25:58si la grande entreprise
26:00rééquilibre son chiffre
26:01d'affaires à l'extérieur
26:02c'est moins
26:03d'activité en France
26:04et donc
26:05la supply chain
26:06faite de TI
26:07de PME
26:08souffrira
26:09en cascade
26:10donc je pense
26:11que c'est une
26:12mauvaise mesure
26:13et que la bonne mesure
26:14c'est ce qui avait été pris
26:15pour la politique
26:16de l'offre
26:17dans le premier
26:17quinquennat Macron
26:18c'était Eric Trappier
26:19le PDG
26:20de Dassault Aviation
26:21qui était au micro
26:22d'Edwige Chevrillon
26:23cette semaine
26:24vous pouvez retrouver
26:24d'ailleurs l'intégralité
26:25de l'interview
26:26sur une bonne vingtaine
26:27de minutes
26:27sur le site internet
26:28de BFM Business
26:29bfmbusiness.com
26:30c'est la fin
26:31de cette émission
26:32R&Défense
26:33pour cette semaine
26:33on se retrouve
26:34la semaine prochaine
26:35même lieu
26:36même heure
26:38R&Défense
26:40sur BFM Business
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