- il y a 6 heures
Air&Défense, c’est l’émission qui décrypte les grands enjeux industriels de L'aéronautique, du spatial et de la défense...trois secteurs au coeur des stratégies économiques mondiales. Réarmement, souveraineté, innovation… comment conserver une supériorité technologique et garantir la sécurité de tous dans un monde de plus en plus complexe ?
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00:02BFM Business avec la tribune et Air et Cosmos présente
00:08Air et Défense, Jean-Baptiste Huet.
00:14Air et Défense sur BFM Business, vous le savez, on décrypte l'actualité dans l'aéronautique, dans la défense en
00:18spatiale.
00:19Et cette semaine, nous sommes à Toulouse, chez Airbus, et on a le plaisir d'accueillir, c'est vous qui
00:24nous accueillez,
00:24qui nous accueillez Guillaume Faury, président exécutif d'Airbus. Bonjour.
00:28Bonjour.
00:29Merci beaucoup de nous accorder ces quelques minutes.
00:32Vous avez le cuir épais, je ne suis donc pas venu seul.
00:35Avec moi, Michel Cabirol, rédacteur en chef du pôle aérospatial, défense, transport, à la tribune.
00:42Bonjour Michel.
00:43Bonjour Guillaume, bonjour Jean-Baptiste.
00:45Guillaume Faury, vous avez publié vos résultats annuels 2025, une année solide.
00:50Quels enseignements et quels points saillants vous tirez, vous relevez de ces résultats 2025 ?
00:57Effectivement, on vient de publier ce matin des résultats qui, sur le plan financier, sont conformes à nos objectifs, même
01:04un petit peu meilleurs.
01:05Donc ça, c'est toujours une bonne chose.
01:06Surtout qu'on a eu une année très compliquée, avec beaucoup, beaucoup d'événements qui n'étaient pas prévus,
01:12essentiellement géopolitiques, mais aussi des événements sur le plan industriel.
01:16Et en fin d'année, un problème qualité qu'on a dû adresser et qui nous a impacté sur notre
01:21capacité à livrer.
01:22Donc, un des enseignements, il n'est pas totalement nouveau, mais il est probablement renforcé par ce qui s'est
01:27passé l'année dernière.
01:28C'est qu'il faut beaucoup de résilience, beaucoup d'agilité, beaucoup de capacité à traiter des problèmes qu'on
01:34n'avait pas pu venir,
01:36et être capable de s'organiser en équipe, équipe interne Airbus, nos partenaires, et souvent aussi les gouvernements dans le
01:43monde entier,
01:44pour trouver des solutions aux problèmes.
01:46Donc, un, résilience.
01:47La deuxième, c'est qu'on continue à avoir une très grosse demande pour nos produits.
01:51Et on a fait une très bonne année en termes de prise de commande sur l'aviation commerciale,
01:56alors qu'on a déjà fait des très grosses années les années précédentes.
01:59Donc, on continue à prendre en commande plus d'avions qu'on en livre.
02:02Donc, on a le carnet de commande qui continue à augmenter, alors qu'il est déjà énorme, il est plus
02:06de 10 ans d'activité.
02:08Mais aussi, et surtout peut-être, dans l'activité défense, satellite et hélicoptère.
02:14Les deux divisions, Airbus Defence and Space et Airbus Helicopters, ont battu leur record historique de prise de commande.
02:21Ça montre le besoin du marché et la pertinence de nos produits.
02:26Ça renforce aussi le besoin de faire la montée en cadence et d'animer l'ensemble de la chaîne de
02:31fournisseurs pour répondre à cette demande.
02:34Et puis, peut-être, je mentionnerai également les difficultés qu'on a eues dans la branche Defence and Space,
02:41en particulier les grosses difficultés de 2023-2024 dans le domaine spatial,
02:44et le fait que le retournement, le « turnaround », comme on dit chez nous, est en train de fonctionner,
02:51puisqu'on voit qu'on a un redressement très rapide, très pertinent,
02:55et qui nous positionne aussi pour la suite, à savoir l'intégration de nos activités spatiales
02:59dans une entité plus grosse avec celle de Thales et de Leonardo.
03:04Et donc, on pense qu'on va rentrer dans cette coopération en force, mais positivement,
03:09c'est-à-dire pour renforcer cette entité et lui donner le maximum de chances d'être un acteur mondial
03:14de premier plan.
03:14Dans votre bureau, il doit y avoir gravé en lettres d'or, cadence de production, ramp-up.
03:20Depuis la crise Covid, vous avez quand même Airbus traversé une désynchronisation de la supply chain assez incroyable.
03:27Elle n'est toujours pas resynchronisée d'ailleurs.
03:29Mais là, vous avez un problème supplémentaire, si je veux dire, et de taille avec les moteurs,
03:34et en particulier avec les moteurs américains de Pratt et Whitney.
03:37Qu'est-ce qui se passe très concrètement et quels impacts ça va avoir pour vous sur 2026 ?
03:42Où ça pourrait avoir ?
03:44Il faut se souvenir que dans la crise du Covid, on a ralenti très fortement la production.
03:50Et à certains endroits, elle a même été arrêtée pendant un certain temps.
03:53Les entreprises se sont adaptées et beaucoup de gens sont partis de l'industrie
03:56parce que le format de l'activité a baissé pendant un an, deux ans, parfois trois ans.
04:01La remise en route, elle est très difficile.
04:03En fait, moi j'aime bien dire, dans un avion il y a trois millions de pièces, on ne livre
04:08pas l'avion s'il en manque quelques-unes.
04:10On ne livre pas un avion presque fini.
04:12Donc il faut que l'ensemble de la chaîne de fournisseurs soit à l'heure, au bon niveau de qualité,
04:16et on va au rythme du plus lent.
04:18Donc quand on remet en route une chaîne de fournisseurs, c'est difficile.
04:22Et quand en plus on le fait dans une montée en cadence, c'est-à-dire les besoins dont j
04:26'ai parlé tout à l'heure,
04:26qui sont bien supérieurs à l'offre aujourd'hui, on est en permanence en train de tirer sur une chaîne
04:32de fournisseurs qui fait le mieux qu'elle peut.
04:34Effectivement, cette année, de façon pas totalement inattendue, mais assez décevante,
04:39on fait face à une situation où un des deux fournisseurs de moteurs de la famille A320 fait défaut par
04:45rapport à ses engagements précédents,
04:46à court terme, sur le nombre de moteurs qui va nous ouvrir cette année.
04:50Et donc, alors qu'on est en pleine montée en cadence, on a dû annoncer une guidance,
04:55c'est-à-dire une indication au reste du monde d'un nombre d'avions à livrer pour cette année,
05:02pour 2026,
05:03moins élevé que ce qu'on avait comme ambition et ce qu'on avait d'une certaine façon indiqué précédemment,
05:07avec des impacts assez significatifs sur le plan financier,
05:10parce que les avions qu'on ne va pas livrer ne généreront pas de revenus, évidemment, et ni de marge.
05:15Mais surtout, on a toute la chaîne de fournisseurs qui est lancée.
05:18On ne veut pas l'arrêter parce que le ramp-up, il continue derrière.
05:20Et donc, on va être amené à gérer des situations d'inventaire, de stock et d'ajustement de la production
05:26qui va vraiment être compliqué.
05:27Et donc, on a fait une guidance au marché dans un environnement de production compliqué sur la A320
05:33pour cette raison particulière.
05:35Juste un mot avant de dérouler la suite, vous avez réaccueilli au bercail, si j'ose dire,
05:39depuis le 1er janvier, Lars Wagner, qui était chez MTU, qui était avant chez Airbus, qui revient chez vous.
05:44Vous aviez avec Christian Scherer un super vendeur et vous avez avec Lars Wagner un super industriel.
05:51Ça va être quoi son rôle, très précisément, dans la machine Airbus, dans les chaînes d'assemblage ?
05:57Peut-être quelques points avant de passer à votre question.
06:02Il y a beaucoup de changements dans l'équipe cette année, des changements importants,
06:05des changements qu'on avait prévus.
06:06C'est des choses qu'on a fait de longue date et de façon structurée et organisée.
06:10Mais quand même, on change de patron de la partie aviation commerciale, Christian Scherer, qui est remplacé par Lars Wagner.
06:16On change aussi, au mois d'avril, le patron de la division hélicoptère, qui met très cher.
06:23Après 8 ans où Bruno a fait un super boulot, c'est Mathieu Louveau qui va prendre la main.
06:27On a changé l'année dernière de directeur des ressources humaines ou de directrice des ressources humaines.
06:33Mathieu Louveau est patron de la stratégie.
06:34Donc, on va avoir un nouveau patron ou patronne de la stratégie qui va arriver.
06:37Donc, c'est beaucoup de gens qui changent.
06:39Mais c'est beaucoup de gens de grandes valeurs qui arrivent.
06:41C'est ça qui est très important pour moi, c'est qu'on arrive à faire monter ou attirer des
06:44gens de très grandes valeurs.
06:45Lars en est clairement un.
06:47Il a une histoire chez Airbus.
06:49Il connaît Airbus de l'intérieur.
06:51Il va aussi avoir une vision de quelqu'un qui vient de l'extérieur et en particulier du monde des
06:56moteurs,
06:56ce qui est très important pour nous parce qu'on voit que c'est un des enjeux principaux qu'on
06:59a adressé.
06:59Et c'est effectivement un vrai industriel.
07:01Sa feuille de route, elle n'est pas différente de celle de Christian.
07:04Il va venir avec des atouts, des savoir-faire, des forces différentes.
07:07Et il a une équipe autour de lui qui est une très bonne équipe.
07:10Mais évidemment, la montée en cadence dont je parlais précédemment est très importante.
07:14La préparation de la succession de la 320 est très importante aussi puisqu'on va avoir dans trois jours l
07:21'anniversaire du premier vol du premier A320.
07:25C'était le 22 février 1987.
07:27Le temps passe.
07:28Ce produit qui est un succès extraordinaire est aussi un produit qui a l'âge de ses artères ou je
07:33ne sais pas, de ses commandes de vol ou peu importe.
07:36Mais il faut préparer la suite et c'est aussi un des enjeux très importants de ce qu'on fait
07:39chez Airbus, préparer la suite.
07:41Et puis dans le domaine de la défense, de l'espace, des hélicos, c'est créer la taille critique et
07:46la puissance de feu dont on a besoin,
07:47sans mauvais jeu de mots, pour monter en cadence, pour équiper l'Europe, pour trouver des solutions qui soient des
07:54solutions performantes, économiquement viables,
07:56dans un environnement qui est contraint sur ses ressources.
07:59Les pays ont des difficultés budgétaires, mais ils ont des grands besoins militaires.
08:03Et notre rôle, nous acteurs européens, c'est d'apporter le plus possible de solutions à ces questions.
08:07Alors, on a toujours parlé du match Airbus-Boeing.
08:10Aujourd'hui, la compétition se resserre.
08:13Boeing revient un peu dans le jeu.
08:16Est-ce que c'est bénéfique pour Airbus, de façon à aller plus haut, plus loin et plus fort ?
08:21Et pour le marché, est-ce que c'est quelque chose de bien ?
08:25Pour le marché, la réponse est claire.
08:27Oui, c'est beaucoup mieux d'avoir de la concurrence, de la compétition et que cette compétition soit active,
08:32qu'elle ne soit pas déstabilisée par un des acteurs qui a des grosses difficultés.
08:36Pour nous, ça nous rend les choses plus difficiles.
08:39Alors oui, c'est positif dans le sens où ça nous oblige à être plus innovants,
08:44à être plus économiquement performants, à regarder les choses, être meilleurs en stratégie, en politique de produits.
08:50Donc, ça nous stimule.
08:52Maintenant, le retour de Boeing, c'est aussi un concurrent très fort sur les marchés.
08:57Et effectivement, pour la première fois depuis 7 ou 8 ans, je ne sais plus exactement,
09:01ils sont devant nous en termes de prise de commande.
09:03Alors, il y a un grand rattrapage à faire parce qu'on a aujourd'hui tellement devant en termes de
09:07carnet de commande
09:07qu'on ne peut pas toujours être devant en termes de prise de commande.
09:11On reste très significativement devant en termes de livraison.
09:15On a des produits très compétitifs, mais on est aussi limité par notre propre chaîne d'approvisionnement.
09:20Et on a des chances assez fortes de voir Boeing continuer à se rapprocher.
09:24C'est à nous de continuer à avancer dans les produits pour innover et retrouver des marges de progrès.
09:30Aussi pour rester à distance du nouvel entrant dans le marché qu'est Comac,
09:33qui pour l'instant est à petite échelle, avec un produit qui n'est probablement pas exactement
09:39ou pas encore à la hauteur des autres dans le marché,
09:42mais avec des Chinois qui ont beaucoup d'ambition et dont on a vu dans d'autres industries
09:45qui sont capables d'aller très vite et parfois de dépasser de façon plus ou moins inattendue
09:50les constructeurs occidentaux.
09:52Donc il faut rester très très humble. Il faut savoir que c'est un jeu de long terme,
09:55mais où la vitesse compte et où la créativité, l'innovation, l'inventivité font des grosses différences.
10:02Alors justement, vous êtes un groupe mondial et pas seulement européen,
10:05même si vous avez un ADN européen.
10:07Est-ce que vous avez l'impression, dans votre empreinte industrielle mondiale,
10:11vous avez des pays à risque ?
10:13Évidemment, on pense à la Chine à l'avenir ou même aux États-Unis.
10:16Est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui, votre empreinte industrielle est dans certains pays
10:21et à risque ?
10:23Alors, en fait, on a une empreinte industrielle qui est effectivement très globale.
10:28Et par rapport aux autres acteurs de l'aéronautique et de la défense,
10:32je crois qu'on est les plus globaux.
10:34Si on se compare par rapport à Boeing, c'est clair.
10:37Boeing est un acteur qui produit aux États-Unis et qui exporte dans le reste du monde.
10:41Nous, on produit en Europe, en Amérique du Nord, États-Unis, Canada.
10:45Si on prend les hélicos aussi au Brésil et évidemment beaucoup en Asie
10:49et particulièrement en Chine en ce qui concerne l'aviation commerciale.
10:52Ça vient avec des avantages et des inconvénients.
10:54Des avantages, c'est qu'on est très présent localement,
10:56qu'on a une proximité avec les clients, avec les gouvernements, les régulateurs
11:01et qu'on a une proximité, une intimité avec ces joueurs-là qui est forte
11:05et qu'ils ont aussi envie qu'on réussisse.
11:08Maintenant, ça vient avec des risques aussi, puisqu'on est leader mondial.
11:11Il y a beaucoup de gens qui nous regardent et qui aimeraient bien faire à notre place ce qu'on
11:14fait.
11:15Et donc, il ne faut pas être naïf sur le fait que les clients, les partenaires
11:19sont aussi potentiellement des concurrents.
11:21Et donc, il faut être capable de trouver, de naviguer le mieux possible
11:24pour tirer parti des opportunités et arriver à limiter les risques dans le temps.
11:29Le modèle change.
11:30Le monde est très différent de ce qu'il était il y a quelques années.
11:32Donc, on est amené à dupliquer pas mal de choses en termes d'approvisionnement
11:36pour être moins fragile à des vulnérabilités, ce qu'on appelle des single point of failure,
11:40des points uniques de vulnérabilité.
11:42Et on essaie aussi plus de faire du local pour local,
11:45c'est-à-dire de moins dépendre des flux internationaux.
11:48Mais ça, c'est un changement qui prend beaucoup de temps.
11:49Il n'y a pas vraiment de gagnant et de perdant dans tout ça,
11:52mais c'est plus résilient en termes de système.
11:54Et puis, on est attentif aux changements dans le monde.
11:57Ce que j'ai dit d'ailleurs vaut pour l'aviation commerciale et l'aviation civile.
12:00Dans le domaine militaire, c'est très différent.
12:01Dans la défense, on est très européen.
12:03On exporte à l'extérieur, mais on n'a pas envie d'être trop dépendant d'autres acteurs
12:09sur la partie défense, parce que les États, qui sont nos clients
12:11et qui souvent sont les donneurs d'ordre de développement,
12:15ils veulent des solutions qui sont souveraines.
12:16Un mot sur l'empreinte industrielle dont parlait Michel, effectivement.
12:19Vous avez inauguré, en tout cas Catherine Vautrin et son homologue,
12:22en Inde il y a quelques jours, une ligne d'assemblage pour les hélicoptères dans le pays.
12:27Qu'est-ce que ça veut dire en termes de signal stratégique ?
12:30Vous n'allez pas ouvrir évidemment de lignes d'assemblage pour les avions en Inde,
12:33à court terme en tout cas, sauf si vous nous le dites.
12:36Mais comment vous regardez l'Inde et qu'est-ce que stratégiquement,
12:40déjà l'ouverture d'une ligne d'assemblage sur place signifie pour Airbus ?
12:43L'Inde est vraiment un terrain de jeu extraordinairement fascinant en ce moment.
12:48Ils sont 1,5 milliard, ils vont en termes de croissance très vite.
12:52Il y a des gens extrêmement brillants en Inde.
12:54Il y a des grandes entreprises maintenant qui ont beaucoup de moyens
12:57et il y a une vision du pays dans beaucoup de domaines
13:01et en particulier dans le domaine industriel.
13:03Donc l'Inde est typiquement aujourd'hui un client, un partenaire émergent
13:06à la fois comme marché, comme partenaire et comme source d'approvisionnement
13:12et de trouver des bons fournisseurs là-bas.
13:15Ce qu'on fait en Inde, c'est de se développer.
13:19Et on se développe essentiellement par de l'activité commerciale,
13:22mais aussi par de l'activité de production locale.
13:26Et on l'a fait dans le domaine militaire, le projet Make in India,
13:30avec le C295 plutôt, localisé en Inde.
13:34C'est le premier grand projet Make in India qui est devenu une réalité.
13:39Et ça nous a fait apprendre beaucoup de choses.
13:41Ça nous a permis de travailler avec Tata de façon très intégrée,
13:45d'apprendre à les connaître et eux d'apprendre à nous connaître.
13:47Et on est très contents du résultat.
13:49On n'est pas au bout, mais bon.
13:49Et donc on continue à avoir d'autres initiatives, en particulier dans le domaine des hélicoptères,
13:54parce qu'on pense que localiser la production là-bas va nous permettre d'être plus efficace
13:58pour le marché indien, mais aussi d'être un constructeur local dans une certaine mesure
14:03et donc d'accéder à des marchés auxquels on aurait eu beaucoup plus de difficultés à accéder.
14:07Et puis au fur et à mesure, de trouver des fournisseurs avec lesquels on va pouvoir travailler
14:10et donc d'augmenter notre panel de fournisseurs dans le monde et gagner en compétitivité.
14:15Donc c'est vraiment un marché pour lequel on est très engagé.
14:19C'est aussi un marché très important dans l'aviation commerciale.
14:22On a signé au moment du Bourget 2023 des contrats vraiment historiques avec Indigo ou avec Air India.
14:28Et donc c'est un pays où on va souvent, où on est très présent.
14:31On a une équipe locale de très bonne qualité.
14:33Et on a des contacts vraiment de plus en plus fréquents et de plus en plus intimes
14:37avec l'ensemble des activités civiles ou militaires là-bas.
14:40Donc c'est un terrain de jeu très intéressant.
14:41Et puis on voit qu'il nous apporte des choses.
14:43C'est vraiment dans les deux sens.
14:44Et c'est ça qui est très positif.
14:46On parlait de défense et précisément du SCAF.
14:49Il y a eu beaucoup de déclarations ces derniers jours sur le SCAF, des déclarations politiques.
14:54Moi j'avais une question quand même.
14:55Est-ce que les ponts sont définitivement coupés entre Airbus et Dassault Aviation
15:02sur le SCAF tel qu'il a été imaginé jusqu'à présent ?
15:06Les ponts coupés, ils ne le sont pas.
15:08Il ne faut pas transformer ça en un sujet presque personnel.
15:14Ce n'est pas le cas.
15:14Ce qui est sûr, c'est qu'on a du mal à trouver le chemin vers l'avant
15:17et que la complexité de la gouvernance dans le temps d'un programme très large
15:25servant des États, l'Allemagne, la France, l'Espagne,
15:28qui viennent avec des attentes qui sont parfois compétitives, concurrentes,
15:33ou de faire la même chose ensemble,
15:35et puis parfois sur des objets de nature et d'emploi différents,
15:39le besoin d'être sûr que dans le temps, ces objets complexes,
15:43un avion d'armes, va pouvoir être modifié par chacune des parties
15:48quand elle voudra y mettre des systèmes spécifiques, des armements spécifiques.
15:52Ça met un niveau de contrainte, un champ de contraintes qui est important.
15:55Et donc on a du mal à faire le passage de la phase 1B à la phase 2
15:58d'une façon qui corresponde aux attentes de nos gouvernements.
16:02Il faut se souvenir qu'il y a 3-4 ans, on avait eu des difficultés
16:06à la rentrée dans la phase 1B.
16:08Il y a des gens qui disaient que ça n'aura jamais lieu,
16:10et puis on avait fini par trouver des solutions.
16:12Moi, j'appelle de mes voeux qu'on finisse par trouver des solutions
16:14qui ne seront peut-être pas celles qui étaient imaginées il y a un an,
16:17mais des solutions qui permettent, un, d'avoir un programme européen
16:20de défense pour ce système très complexe,
16:23qui est si important pour, je dirais, la stratégie de protection de l'Europe.
16:30C'est un programme entre l'Allemagne, la France et l'Espagne,
16:33qui sont des pays qui sont très très chers à Airbus,
16:35puisque c'est nos trois pays actionnaires,
16:37et des pays dans lesquels on a des très grosses activités industrielles,
16:40beaucoup d'employés, et on sert ces clients-là.
16:43Ce qui est important pour nous, c'est de faire quelque chose
16:45qui fonctionne pour nos clients à la fin, qui soit efficace.
16:48On est convaincu qu'il faut une coopération européenne,
16:51et que c'est quelque chose à l'échelle européenne.
16:52Et c'est vrai que sur ces sujets-là, parfois, les avis ne sont pas les mêmes.
16:56Et donc, il faut que les solutions fonctionnent pour chacune des parties,
16:59pas juste pour une seule des parties.
17:00Ça veut dire quoi ? Ça veut dire deux avions différents ?
17:03C'est un scénario qui est aujourd'hui envisagé,
17:05sachant que deux avions différents,
17:08le 350-900 et le 350-1000, c'est deux avions différents.
17:12Mais ils ont un niveau de communauté qui est extrêmement élevé.
17:14Ils ont deux moteurs différents, il ne faut pas l'obliger.
17:16Mais c'est quand même des technologies très très similaires.
17:18Après, on connaît des avions de chasse en Europe
17:21qui n'ont pas une seule pièce en commun.
17:22Donc voilà, c'est ça, je dirais, le champ des possibles.
17:25Est-ce qu'on va vouloir et pouvoir garder un niveau de communauté important
17:29dans un programme en commun ?
17:30Ou est-ce que les divergences vont être telles
17:32que finalement, c'est des développements qui vont suivre chacun leur voie séparée ?
17:37Moi, j'espère qu'on va trouver une solution
17:39qui continue à permettre de travailler ensemble.
17:41Je pense que c'est ce dont l'Europe a besoin.
17:43D'ailleurs, je pense que cette partie-là ne fait pas débat.
17:46On l'entend de tous les acteurs, presque.
17:49Après, c'est comment on le rend possible.
17:51Aujourd'hui, on n'a pas la solution
17:52et on est effectivement dans une difficulté,
17:54dans une vraie difficulté sur l'équilibre,
17:59gouvernance, compétitivité et servir l'ensemble des besoins.
18:03Airbus saurait faire un avion tout seul, un avion de chasse tout seul ou pas ?
18:06On sait plutôt faire des avions tout seul.
18:08Oui, ça, il n'y a pas de problème.
18:09Et il ne faut pas l'oublier,
18:10on est l'acteur principal ou co-acteur principal de l'Eurofighter
18:16qui n'est pas toujours très bien connu en France.
18:19Mais il y a en Europe deux avions nationaux et un avion européen.
18:24Et l'avion européen, c'est l'Eurofighter.
18:25C'est un très grand succès.
18:26C'est le plus grand succès commercial de l'aviation de chasse en Europe.
18:29Il ne faut pas l'oublier quand on regarde de Paris.
18:32Et c'est aussi un avion déjà en coopération.
18:36Airbus est un des acteurs entre la Grande-Bretagne,
18:39l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne.
18:42Donc c'est déjà un programme européen.
18:43Nous, on sait faire des programmes européens.
18:44Donc on a les technologies,
18:45on a le savoir-faire de coopération en Europe
18:47et on a la volonté de servir un programme européen
18:50qui soit à la bonne échelle et au bon niveau pour le futur.
18:53Il nous reste cinq minutes pour parler du spatial.
18:56Le projet Bromo,
18:57alors qu'on appelle Bromo de ce nom de volcan,
18:59qui est votre nom de code, on le sait,
19:00pour ce nom de ce volcan indonésien,
19:02le projet Bromo est actuellement,
19:04si je ne dis pas de bêtises,
19:05sous les fourches codines, on va dire,
19:07de l'antitrust à Bruxelles.
19:09Est-ce que vous avez le sentiment
19:11que les autorités de la concurrence bruxelloises
19:14ont bien pris en compte,
19:15ont le sentiment, ont bien pris en compte
19:17que le spatial est plus important que jamais,
19:19qu'ils vont en tenir compte
19:19dans l'étude du dossier
19:22qui, je rappelle, vous lie avec Thalès
19:24et avec Leonardo, ce dossier.
19:27Alors, effectivement, Bromo,
19:29c'est le nom de code à l'origine
19:31du projet de rapprochement des activités
19:34de fabrication de satellites
19:35et de services satellitaires
19:38d'Airbus, de Thalès et de Leonardo.
19:42Et ce nom de code, il est devenu connu.
19:44Et je dis maintenant,
19:44Bromo n'est pas un gros mot,
19:46parce que Bromo, ça devient quasiment
19:47le nom de la société.
19:49Je ne sais pas si on gardera ça à la fin.
19:51En tout cas, je ne sais même pas.
19:53Je sais que c'est le nom d'un volcan en Indonésie,
19:55mais c'est tout ce que je sais.
19:56Ce qui est important, c'est que,
19:58un, les trois partenaires,
19:59on est absolument convaincus
20:00que c'est la bonne chose à faire.
20:02On l'était il y a deux ans,
20:03on l'était il y a un an,
20:04on l'est aujourd'hui.
20:04Et je pense qu'on continuera à l'être,
20:06parce qu'on voit que la mise en commun
20:07de ces savoir-faire, de ces compétences,
20:09dans une industrie qui a besoin d'échelle,
20:11parce que c'est des très gros investissements
20:13pour un petit nombre de produits,
20:15ça fait toute la différence
20:16en matière de compétitivité.
20:18Je pense que c'est bien compris en Europe,
20:20de nos clients, des gouvernements,
20:21et il y a une vraie volonté
20:22de voir ce projet réussir.
20:24Maintenant, les autorités antitrust à Bruxelles,
20:26elles travaillent dans le cadre
20:28d'un règlement
20:29et d'un certain nombre de contraintes.
20:32Donc c'est à nous
20:32d'être suffisamment convaincants,
20:35de démontrer que notre dossier
20:36est un bon dossier
20:37et d'obtenir leur approbation.
20:39C'est clair que dans ce monde
20:40qui se polarise
20:42et où les enjeux militaires
20:44et les enjeux de souveraineté
20:45sont très importants,
20:46le raisonnement
20:47qui amène à faire bromeau,
20:49il est bien compris de tout le monde.
20:50Une fois encore,
20:51les autorités antitrust,
20:52qu'elles soient européennes ou pas,
20:53elles ont des règles,
20:55elles doivent se conformer à ces règles.
20:58Et c'est à nous de démontrer
20:59qu'on a un bon dossier,
21:01que ce dossier est justifié.
21:02Et loin de moi,
21:03l'intention de tordre la main
21:05des autorités antitrust,
21:07parce que je pense
21:07que ce serait contre-productif.
21:08Il faut au contraire
21:09les convaincre et leur montrer
21:10que notre dossier
21:11est un excellent dossier.
21:12Ce que je pense fondamentalement.
21:14Néanmoins,
21:14il y a le niveau des remèdes
21:15qui pourraient être demandés
21:17par la Commission européenne
21:18qui pourrait entraîner
21:19un veto de la part des industriels
21:21d'aller faire
21:23effectivement cette consolidation.
21:25C'est comme dans tout dossier
21:26de rapprochement.
21:28Aujourd'hui,
21:28nous, on voit les raisons
21:29pour lesquelles on veut le faire.
21:31Si les remèdes,
21:32comme ça s'appelle,
21:33font un redécoupage
21:34dans un autre sens
21:35de l'objet qu'on essaye de créer
21:37et que ça perd la substance,
21:40oui, ça fait échouer le projet.
21:41Moi, je pense qu'aujourd'hui,
21:42on a suffisamment de concurrents
21:44autour de nous,
21:45dans le reste du monde,
21:46et des très gros concurrents américains
21:47qui vont très vite
21:48et qui ont des capacités
21:49qu'on n'a pas
21:49pour justifier
21:50que ce qu'on essaye de créer
21:51est une façon d'être compétitif
21:53et de subsister
21:55dans cet environnement.
21:56Si on ne le fait pas,
21:56il faut quand même être honnête
21:58avec nous-mêmes,
21:58et même si ça va un petit peu mieux
22:00ces derniers temps,
22:01on a un risque très fort
22:02de, non pas seulement
22:03de déclassement,
22:04mais de voir un certain nombre
22:05de ces activités disparaître,
22:06parce qu'on n'aura pas
22:07l'effet d'échelle nécessaire
22:08pour survivre.
22:09C'est des industries
22:10où seuls les tout meilleurs
22:12survivent,
22:12et les autres,
22:13au mieux,
22:14vivotent,
22:15mais souvent disparaissent
22:16ou sont absorbés.
22:17Si on veut une activité spatiale
22:19souveraine et compétitive,
22:21aussi compétitive
22:22sur le plan militaire,
22:23incapable de protéger l'Europe,
22:24il faut s'en occuper,
22:25et c'est ce qu'on est en train
22:26de faire,
22:26donc j'espère qu'on va être
22:27suffisamment convaincant
22:27de ce point de vue-là.
22:28On a parlé des cadences
22:29de production
22:29dans l'aéronautique civile,
22:31est-ce qu'il y a un sujet
22:32pour vous,
22:32cadence de production
22:33dans le spatial ?
22:33Je pense notamment
22:34au contrat que vous avez passé
22:36avec Hôtelsat,
22:36qui vous a livré
22:38plus de 400 satellites
22:39dans les années qui viennent.
22:40Vous avez rapatrié
22:41la production de OneWeb,
22:43enfin une partie en tout cas
22:44ici à Toulouse
22:44depuis les Etats-Unis.
22:46Est-ce que vous êtes prêt
22:47à sortir dans les années
22:47qui viennent,
22:48des satellites
22:49comme des petits pains ?
22:50En tout cas en orbite basse,
22:51pas des...
22:53Je ne suis pas boulanger,
22:55je ne m'en rends pas bien compte
22:57de ce que ça veut dire
22:57de sortir les choses
22:58comme des petits pains.
22:59Ce qui est sûr,
22:59c'est qu'on accède très fortement
23:01à la chaîne,
23:01il va falloir aller vite.
23:02Je plaisante,
23:03on comprend bien l'image
23:04effectivement d'une accélération
23:06très très importante
23:07des cadences de production
23:08sur des objets
23:08beaucoup plus industrialisés
23:09et des défis
23:11que ça représente.
23:12On l'a déjà fait
23:13parce que les satellites
23:14OneWeb,
23:14on en a déjà fait beaucoup,
23:15il y en a des centaines
23:16qui sont en orbite aujourd'hui.
23:19Ce qui est important
23:21sur ce point-là,
23:22c'est que, en fait,
23:22tous nos métiers
23:23sont en montée en cadence.
23:24Il y avait quelques exceptions.
23:25Le spatial en était un
23:26ces dernières années
23:26et puis là,
23:27on voit le rebond
23:27de l'activité spatiale.
23:28Quand on a des bonnes technos
23:30et qu'il y a des besoins,
23:30on vient vers nous.
23:32Et en fait,
23:32on a une montée en cadence
23:33à faire dans l'aviation commerciale
23:35pour tous nos produits,
23:36dans les hélicoptères
23:37pour tous nos produits,
23:39dans l'aviation militaire
23:40quasiment pour tous nos produits,
23:41dans le domaine de l'espace
23:42pour quasiment tous nos produits
23:43et dans le domaine des services
23:45pour le soutien aux flottes en service
23:46ou aux utilisateurs.
23:48Ça monte aussi très fortement.
23:49Donc, nous,
23:49on a les bons problèmes
23:50de la croissance,
23:51mais ça reste des problèmes.
23:52Et effectivement,
23:53on voit que croître très vite
23:55dans le domaine industriel,
23:56dans le domaine des objets physiques,
23:57c'est quelque chose de difficile.
23:59Et donc,
23:59on a du recrutement,
24:00de la formation,
24:01de l'accès à la chaîne
24:02de fournisseurs,
24:03des infrastructures,
24:05des bâtiments,
24:06de l'IT,
24:07tout ça à gérer en même temps.
24:08Et oui,
24:08ça ne se fait pas tout seul.
24:10Peut-être une dernière question,
24:11Jean-Baptiste.
24:12On va peut-être finir
24:13sur la préférence européenne,
24:14que ce soit évidemment
24:15aussi bien sur le militaire
24:16que sur le spatial.
24:18Vous êtes un groupe,
24:19évidemment, européen.
24:21Pour vous,
24:22la préférence européenne,
24:23c'est super important,
24:24mais on a l'impression
24:25que ça ne marche pas en Europe.
24:27Qu'est-ce que vous en pensez ?
24:30Je pense qu'il faut être honnête
24:31et constater
24:32qu'on n'a pas du tout en Europe
24:34aujourd'hui une préférence européenne,
24:36comme les États-Unis
24:37ont une préférence américaine
24:39ou comme les Chinois
24:40ont une très forte préférence chinoise.
24:43quand il y a des solutions en place.
24:45On est effectivement
24:46assez mauvais collectivement
24:47pour faire ça
24:48parce que la réalité
24:49dans laquelle on a été jusque-là
24:50était très différente.
24:51On était dans un monde ouvert
24:53de level playing field
24:54où des règles s'appliquaient
24:56à tout le monde,
24:56y compris les règles de l'OMC,
24:58de l'Organisation mondiale du commerce.
24:59Et on pouvait penser
25:00qu'un marché ouvert,
25:01si les autres faisaient la même chose,
25:02était la façon la plus efficace
25:04de faire de l'activité économique.
25:06Ce n'est plus le cas, clairement.
25:08Et on voit que le basculement en Europe,
25:10qui est une Europe des 27,
25:12où il n'y a pas toujours
25:13des intérêts alignés
25:14et puis il n'y a pas un chef
25:15qui commande tout le monde,
25:15mais il y a 27 chefs
25:16qui voient midi à leur porte
25:18et qui sont élus par leurs citoyens,
25:21ça rend la coopération
25:22beaucoup plus compliquée.
25:23On a clairement...
25:24Il faut changer de vitesse.
25:26Nous, on est chez Airbus,
25:27une entreprise européenne,
25:28on travaille par-delà les frontières.
25:31C'est extrêmement frustrant
25:32de voir comment la somme
25:34des optimums locaux
25:35nous met très, très, très loin
25:37de ce que serait l'optimum global
25:39d'une Europe intégrée
25:40et la puissance de feu
25:42que pourrait avoir une Europe intégrée.
25:43Et dans le domaine de la défense,
25:44c'est difficile
25:45parce que chaque pays est souverain.
25:47Il assure sa sécurité et sa défense.
25:49C'est dans les textes européens.
25:51Et donc, céder de la souveraineté
25:53pour la faire monter au niveau européen,
25:55ça veut dire perdre de la souveraineté
25:56pour gagner de la souveraineté
25:57au niveau d'au-dessus.
25:58Et ça, on voit qu'aujourd'hui,
25:59c'est très difficile.
26:00On est aussi à un moment
26:01où les pays dépensent plus d'argent
26:03donc ont le sentiment
26:04d'avoir plus de marge de manœuvre
26:05en national
26:06et d'avoir moins besoin
26:07d'aller en coopération
26:08alors qu'en fait,
26:09je pense que ce serait une opportunité
26:10d'aller en coopération.
26:12Bruxelles essaye de créer
26:13les conditions de plus de coopération
26:14en Europe dans le domaine de la défense
26:16mais chaque projet
26:17se heurte à des difficultés.
26:19On essaie de faire notre part
26:20du boulot dans le spatial
26:21en créant un acteur intégré
26:22pour rendre beaucoup plus facile
26:23pour les pays
26:24de venir vers nous,
26:25vers un acteur intégré
26:26avec des demandes communes.
26:28Quand les acteurs ne sont pas intégrés,
26:29il y a en plus
26:30des bagarres entre industriels.
26:31On a beaucoup de chemin à faire
26:33nous les Européens.
26:33On dit que l'Europe
26:34progresse par les crises.
26:35Je pense qu'on a une bonne crise.
26:37Il va falloir
26:38qu'on surmonte cette crise positivement
26:40et qu'on crée des solutions
26:41qui n'existent pas aujourd'hui.
26:42Guillaume Faury,
26:43merci beaucoup.
26:44Président exécutif d'Airbus,
26:45merci de nous avoir accueillis chez vous
26:47et de nous avoir accordé
26:47beaucoup de temps.
26:48On a bien profité.
26:49Un grand merci.
26:50Et puis on se retrouve nous
26:51dans Réa Défense
26:52avec Michel la semaine prochaine
26:53et on sera de retour à Paris.
26:54Peut-être au soleil
26:55parce qu'il pleut ici à Toulouse.
26:58Réa Défense
26:59sur BFM Business
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